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 L'humanité c'est pour quand ??

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MessageSujet: L'humanité c'est pour quand ??   Dim 22 Aoû - 14:58

Action en faveur des prisonniers corses : des milliers de touristes retardés
De Murielle KASPRZAK (AFP) – Il y a 1 jour
AJACCIO — Les indépendantistes corses ont frappé fort samedi matin en bloquant l'aéroport d'Ajaccio et le port de Bastia, retardant des milliers de touristes en transit, une action inédite destinée à exiger le rapprochement dans l'île des prisonniers incarcérés sur le continent.
A Ajaccio, une centaine de militants indépendantistes ont empêché l'accès à l'unique route menant à l'aéroport Napoléon-Bonaparte, contraignant certains touristes, souvent excédés, à s'y rendre à pied, en tirant leurs valises sur plusieurs kilomètres. Quelques vols ont été retardés.
Une "poignée de personnes" n'ayant pas pu prendre l'avion samedi soir s'est vu offrir de la nourriture et de quoi boire, a-t-on appris de source aéroportuaire. Une salle de l'aéroport a par ailleurs été mise à leur disposition pour la nuit.
A Bastia, l'accès au port de commerce a également été inaccessible toute la matinée, bloquant près de 3.000 personnes, à qui un médecin et des pompiers ont distribué de l'eau afin de prévenir toute déshydratation.
Les deux manifestations ont entraîné des embouteillages de plusieurs kilomètres aux abords des deux villes jusqu'en fin d'après-midi. "A 17H00, les quatre bateaux qui étaient à quai avaient tous quitté le port", a-t-on précisé à la préfecture de Haute-Corse.
"Nous exigeons le retour de tous les prisonniers politiques comme le stipulent les lois françaises et comme le souhaitent 100% des Corses et des responsables politiques", a affirmé à l'AFP un porte-parole de la Commission anti-répressive (Car), Jean-Philippe Antolini.
Jusqu'à présent, les associations de défense des prisonniers corses incarcérés sur le continent multipliaient les actions symboliques, telles que distributions de tracts aux automobilistes ou rassemblements à proximité de la prison de Casabianda (Haute-Corse).
"Aujourd'hui, les familles sont désespérées et elles ont décidé de mener des actions qui vont monter en intensité dans les jours et les semaines qui viennent", affirme ainsi à l'AFP Dominique Tafani, de l'association Sulidarità.
Elles réclament que soit appliquée la loi pénitentiaire de novembre 2009, qui prévoit que "les prévenus dont l'instruction est achevée et qui attendent leur comparution devant la juridiction de jugement peuvent bénéficier d'un rapprochement familial".
Lors d'une session de l'Assemblée territoriale de Corse en juillet, Jean-Guy Talamoni (Corsica Libera) avait contesté les chiffres encourageants de la Chancellerie concernant le transfèrement des prisonniers dans les prisons corses et rappelé les engagements pris par Nicolas Sarkozy en 2003.
Alors ministre de l'Intérieur, M. Sarkozy s'était engagé à procéder au rapprochement de tous les condamnés corses incarcérés sur le continent sans restriction par rapport à la longueur de la peine.
Par ailleurs, lors des Journées internationales de Corte début août, les indépendantistes ont posé comme préalable à une solution politique globale de la question corse le rapprochement des prisonniers.
La question de l'incarcération des détenus corses dans les prisons insulaires recueille l'unanimité au sein de la société et de la classe politique corses, au-delà du mouvement indépendantiste.
L'Assemblée de Corse, majoritairement à gauche depuis les élections de mars 2010, a voté en mai à l'unanimité une motion demandant le transfèrement dans les prisons insulaires de tous les condamnés corses tandis que le député UMP de Haute-Corse, Sauveur Gandolfi-Scheit, a déposé un projet de loi en ce sens.
La Chancellerie a indiqué samedi que Michèle Alliot-Marie recevrait début septembre les élus corses à ce sujet.
"Nous n'attendons plus de réponse, nous voulons des actes! La France fait des charters pour les Roms, qu'elle en fasse pour les Corses", s'est emporté M. Tafani.


Dernière édition par Admin le Jeu 20 Jan - 13:05, édité 1 fois
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MessageSujet: La Cour européenne des droits de l'Homme condamne la France    Ven 24 Déc - 16:02

La Cour européenne des droits de l'Homme condamne la France



La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné la France, mardi, pour traitements inhumains envers une détenue qui n'a pas bénéficié des soins, ni de l'environnement adaptés à son anorexie.
Virginie Raffray Taddei, qui purge, depuis 1998, une série de peines, souffre d'asthme, d'insuffisance respiratoire, d'anorexie et du syndrome de Münchhausen, un trouble caractérisé par le besoin de simuler une maladie. La juridiction du Conseil de l'Europe constate, dans un arrêt, que si les troubles respiratoires ont fait l'objet d'un suivi médical, l'anorexie de cette femme de 48 ans, qui ne pèse plus qu'une trentaine de kilos, n'a pas été prise en compte. Plusieurs avis médicaux préconisant son transfert dans un établissement spécialisé sont restés sans effet. "La Cour est frappée par la discordance entre les soins préconisés, par les médecins, et les réponses qui y sont apportées, par les autorités nationales, celles-ci n'ayant pas envisagé un aménagement de peine qui eût pu concilier l'intérêt général et l'amélioration de l'état de santé de la requérante", lit-on dans l'arrêt. La condamnation de la France, par la Cour européenne des droits de l'Homme, intervient, alors que les autorités françaises ne cessent de se poser comme l'avocat des droits de l'Homme et ce, uniquement, dit-on, pour assurer leurs propres objectifs politiques. Les dysfonctionnements de la justice française ont été condamnés, plusieurs fois, au niveau européen, comme sur le plan national, ces dernières années. Trois grands dossiers sont ouverts. Le parquet français ne remplit pas "l'exigence d'indépendance, à l'égard de l'exécutif", a estimé mardi la Cour européenne des droits de l'Homme. Autrement dit, les procureurs sont les subordonnés du ministre de la Justice: la séparation des pouvoirs n'est pas garantie. Un sentiment partagé par 64% des magistrats, selon le rapport 2008 du Conseil supérieur de la magistrature. Absence de ventilation, insalubrité, surpopulation, suicides, meurtres et même cannibalisme. Les conditions de détention, dans les prisons françaises, sont épouvantables. En novembre 2008, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe tire la sonnette d'alarme et pointe, dans un rapport, des "conditions inacceptables de vie".

Vendredi 24 Décembre 2010
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MessageSujet: La France condamnée pour traitements inhumains et dégradants sur deux détenus   Jeu 20 Jan - 13:04

Prisons: La France condamnée pour traitements inhumains et dégradants sur deux détenus
Mis à jour le 20.01.11 à 13h46
Les conditions de détention d'un détenu et les fouilles à nu subies par un autre ont valu, jeudi, à la France deux condamnations pour traitements inhumains et dégradants devant la Cour européenne des droits de l'homme. La juridiction du Conseil de l'Europe affirme également que le placement d'un détenu en cellule disciplinaire ne peut pas faire l'objet aujourd'hui en France d'un «recours effectif».

Les deux requérants sont des «détenus particulièrement signalés» ressortant du grand banditisme. Philippe el Shennawy, condamné à plusieurs reprises depuis 1977 pour des vols avec armes et séquestrations, dénonçait devant la Cour de Strasbourg les fouilles répétées dont il a fait l'objet lors de son dernier procès d'assises, du 9 au 18 avril 2008 à Pau. Quatre à huit fois par jour, il devait subir des fouilles à nu avec inspection anale par des agents cagoulés de l'Eris (Equipes régionales d'intervention et de sécurité) qui filmaient l'opération avec un caméscope. Sans contester la dangerosité du détenu, la Cour européenne estime que ces fouilles ne reposaient pas «sur un impératif convaincant de sécurité». Elles ont également pu provoquer chez lui «un sentiment d'arbitraire, d'infériorité et d'angoisse».

Pascal Payet, le second requérant, purge plusieurs peines pour meurtre d'un convoyeur de fond, vols à main armée et pour deux évasions par hélicoptère. Il se plaignait des changements fréquents de lieu de détention qui lui sont imposés pour déjouer toute tentative d'évasion et de son placement en cellule disciplinaire durant 45 jours en 2007 au centre de détention de Fleury-Mérogis. Les juges de Strasbourg l'ont débouté sur le premier point mais estiment que sa détention dans une cellule d'à peine 5 mètres carré sans lumière, ni aération, ni conditions sanitaires appropriées, a porté atteinte à sa dignité.

La Cour Européenne des droits de l'homme a ainsi accordé 9.000 euros au titre du dommage moral à Pascal Payet et 8.000 euros à Philippe el Shennawy.
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MessageSujet: La France condamnée   Mer 2 Fév - 6:51

Prisons: La France condamnée pour traitements inhumains et dégradants sur deux détenus
Mis à jour le 20.01.11 à 13h46
Les conditions de détention d'un détenu et les fouilles à nu subies par un autre ont valu, jeudi, à la France deux condamnations pour traitements inhumains et dégradants devant la Cour européenne des droits de l'homme. La juridiction du Conseil de l'Europe affirme également que le placement d'un détenu en cellule disciplinaire ne peut pas faire l'objet aujourd'hui en France d'un «recours effectif».

Les deux requérants sont des «détenus particulièrement signalés» ressortant du grand banditisme. Philippe el Shennawy, condamné à plusieurs reprises depuis 1977 pour des vols avec armes et séquestrations, dénonçait devant la Cour de Strasbourg les fouilles répétées dont il a fait l'objet lors de son dernier procès d'assises, du 9 au 18 avril 2008 à Pau. Quatre à huit fois par jour, il devait subir des fouilles à nu avec inspection anale par des agents cagoulés de l'Eris (Equipes régionales d'intervention et de sécurité) qui filmaient l'opération avec un caméscope. Sans contester la dangerosité du détenu, la Cour européenne estime que ces fouilles ne reposaient pas «sur un impératif convaincant de sécurité». Elles ont également pu provoquer chez lui «un sentiment d'arbitraire, d'infériorité et d'angoisse».

Pascal Payet, le second requérant, purge plusieurs peines pour meurtre d'un convoyeur de fond, vols à main armée et pour deux évasions par hélicoptère. Il se plaignait des changements fréquents de lieu de détention qui lui sont imposés pour déjouer toute tentative d'évasion et de son placement en cellule disciplinaire durant 45 jours en 2007 au centre de détention de Fleury-Mérogis. Les juges de Strasbourg l'ont débouté sur le premier point mais estiment que sa détention dans une cellule d'à peine 5 mètres carré sans lumière, ni aération, ni conditions sanitaires appropriées, a porté atteinte à sa dignité.

La Cour Européenne des droits de l'homme a ainsi accordé 9.000 euros au titre du dommage moral à Pascal Payet et 8.000 euros à Philippe el Shennawy.
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MessageSujet: le caractère destructeur de l’univers carcéral. À commencer par la privation de relations affectives et sexuelles    Mar 29 Mar - 12:50

Jacques Lesage de La Haye, 72 ans, ex-taulard et doctorant en psychologie, dénonce depuis plus de quarante ans le caractère destructeur de l’univers carcéral. À commencer par la privation de relations affectives et sexuelles en détention qu’il considère comme “une castration pure et simple de l’être humain”.

Assimilée aux châtiments corporels, dénoncée par la Commission européenne des droits de l’Homme, le comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains et dégradants, la privation de sexe engendre chez les détenus des dégâts considérables, identifiés et connus depuis bien longtemps par les autorités publiques.

Et pourtant, la France, dans ce domaine, fait toujours figure de lanterne rouge. Une actualité toute relative (une entreprise qui voulait offrir mille sextoys à des taulardes pour leur Saint-Valentin) nous a donné envie de remettre le sujet sur la table.

Et pour en parler, on s’est évidemment adressé au grand spécialiste de la question. Rencontre avec l’auteur de La Guillotine du sexe et de L’Homme de métal, et l’animateur de l’émission Ras-les-murs, diffusée chaque mercredi à 20h30 sur Radio-Libertaire.

Zélium : Pour la Saint-Valentin, une entreprise a voulu offrir 1.000 sextoys à des détenues, mais l’administration pénitentiaire a rétorqué “que le recours à cet accessoire relève de la sphère privée” et que “l’administration n’a pas à le proposer elle-même hors cadre de demandes expresses”.
Cette réponse, ça vous inspire quoi ?
Jacques Lesage de La Haye : En l’occurrence, il s’agit d’un coup médiatique d’une entreprise qui a voulu tirer profit de la misère sexuelle en prison pour essayer de récolter un nouveau marché. Déjà ça, c’est crapuleux.

Mais ce qui me scandalise le plus, c’est que l’administration pénitentiaire ose donner une réponse aussi lénifiante, hypocrite et ambiguë, laissant entendre que ce type de commerce était possible dans l’enceinte de la prison.

L’administration n’a donc pas évolué sur la question du sexe en prison ?
J. L. de La H. : Les seuls progrès enregistrés à ce jour sont extrêmement partiels et insuffisants. On est pourtant quelques-uns à harceler l’administration sur cette question depuis quatre décennies, mais la France en est toujours à un point qui est désespérément grotesque et ridicule.

La problématique de la sexualité en prison a été mise sur le tapis en 1971. À cette époque, il y avait déjà 25 où 30 pays qui s’étaient emparés du sujet à bras le corps.

Avec Michel Foucault et d’autres, intellectuels et taulards, on a créé le Groupe Information Prison, qui a posé le problème. Surtout moi, puisque c’était mon sujet de thèse de doctorat de psychologie et que je voulais qu’on en parle pour que ça change.

Je n’étais pas le seul à avoir constaté les dégâts causés par la frustration affective et sexuelle. Déjà, à ce moment-là, il était urgent de trouver des solutions qui permettraient une prévention et une neutralisation de la souffrance pour que les dégâts ne soient pas aussi considérables qu’ils ne l’étaient.

C’était pas trop compliqué de mettre le dossier sur la table ?
J. L. de La H. : La sexualité en prison, ça a toujours été un sujet tabou qui met tout le monde mal à l’aise. J’ai même des copains qui par souci de dignité me disent “moi j’ai fait 18 ans, j’ai pas eu de problèmes”. Je trouve ça idiot, ce n’est parce qu’on est un homme, qu’on a pas de problèmes.

Et celui qui le tait est un imposteur. Ça peut paraître dévalorisant de dire qu’on a souffert, qu’on a été cassé, qu’on a eu du mal à s’en sortir mais ce n’est qu’en disant la vérité qu’on pose le problème et qu’on peut trouver des remèdes.

Qu’est-ce que vous avez entrepris ?
J. L. de La H. : J’ai continué à m’occuper et à débattre de cette question-là, j’ai publié la première édition de La Guillotine du sexe en 1978 qui reprenait l’essentiel de ma thèse. Il y a eu ensuite la commission architecture prison, où Badinter m’avait chargé en 1984-85 d’interviewer des prisonniers pour savoir s’ils souhaitaient l’équivalent des parloirs intimes. Autant dire qu’on enfonçait une porte ouverte, mais c’était une étape de plus qui amenait cette fois-ci le problème au niveau gouvernemental.

Je me souviens notamment du directeur du centre pénitentiaire de Mauzac en Dordogne qui avait appliqué nos recommandations. Il avait demandé de son propre chef aux gardiens de regarder par terre ou en l’air mais surtout pas à l’intérieur lorsqu’ils surveillaient les parloirs. Derrière cette consigne, il y avait le respect de l’intimité des gens. Sachant qu’il n’y avait pas de regards inquisiteurs, les gens ont pu faire l’amour. Je le sais parce que de septembre 86 à juin 89, il y eu la naissance de huit “bébés parloirs”.

Ça s’est ensuite arrêté avec l’arrivée d’une nouvelle directrice ultra-conservatrice qui s’est empressée de suivre les directives de la droite. De nouveau et comme partout ailleurs, s’ils étaient surpris, les prisonniers risquaient d’être privés de parloir ou d’être mis au quartier disciplinaire.

Pourtant, depuis, il y a bien eu la mise en place des parloirs intimes, les unités de vie familiale ?
J. L. de La H. : La première unité de vie familiale a été mise en route pour la première fois en 2003. Pour l’occasion, j’ai été invité sur un plateau télé où on m’a demandé si j’étais content.

À ce moment là il y avait 187 prisons et une seule équipée. On lance le combat en 1971. C’est déjà urgent et ça devrait être fait depuis longtemps. On commence seulement à les mettre en place en 2003 et on ose me demander si je suis content ? Non, je ne suis pas content, je suis indigné, je suis révolté, je suis scandalisé. Et aujourd’hui, on est en 2011, et les choses ont très peu avancé.

C’est une très belle vitrine, mais ce n’est pas la panacée dont on parle. Soyons clairs, les unités de vie familiale ne concernent que très peu d’établissements et elles ne bénéficient qu’à un pourcentage infime de détenus. La majorité n’en profite pas et la France continue de faire figure de lanterne rouge.



Vous comparez la privation affective et sexuelle à la castration pure et simple de l’être humain ?
J. L. de La H. : Enfermer des hommes et des femmes dans les prisons et les priver officiellement et matériellement de relations affectives et sexuelles est un acte criminel. C’est quelque chose qui les castre, qui les détruit et qui en fait, pour une partie d’entre eux, des obsédés sexuels et affectifs.

Quand j’ai réalisé mon enquête à Caen, la privation engendrait des conséquences incroyables. Un détenu sur trois avait eu une ou plusieurs relations homosexuelles. Évidemment, l’homosexualité me semble être une des choses les plus naturelles, par contre je reste très réservé sur une homosexualité de “circonstance” et donc forcée.

Quand on ne peut pas aller vers le sexe qui nous est habituellement complémentaire, il est bien légitime de retrouver ses partenaires sexuels chez des personnes du même sexe. Il y en a qui y trouvent leur bonheur, mais pour beaucoup, ça se fait dans un climat de honte, de colère, avec une culpabilité prégnante et massive et, à l’intérieur de soi, une haine, une rage et un réel désir de vengeance qui ne présagent pas de lendemains qui chantent à la libération.

Quelles sont les autres conséquences ?
J. L. de La H. : J’ai relevé qu’il y avait aussi 97 % des détenus qui recourraient de manière systématique à l’onanisme. J’ai des témoignages de détenus qui se masturbent huit, dix fois en une journée, pendant des mois et des années. Il faut voir à la longue dans quel état ils se retrouvent.

D’autres avaient développé à l’intérieur de la prison un comportement déviant que l’on va retrouver ensuite à l’extérieur. Il y en avait qui faisaient de l’exhibitionnisme à travers les barreaux en se persuadant qu’on les observait, d’autres qui espionnaient des femmes avec des lunettes optiques.

Je me suis aperçu qu’il existait des tas de moyens de compensation et de substitution pour faire face à cette frustration. Il y avait notamment un jardinier qui était devenu le proxénète d’une truie et qui la louait aux détenus. Il y avait aussi l’histoire d’un jeune qui avait attrapé une chatte et qui avait agrandi son vagin avec un canif pour pouvoir la violer, sans parler de celui qui avait éduqué un serpent pour qu’il lui fasse des fellations…

Quand la relation qu’il peut y avoir entre deux êtres humains prend la forme d’une simple éjaculation dans la gueule d’un serpent, c’est bien que la personne en est réduite psychologiquement, affectivement et émotionnellement à quelque chose de l’ordre d’une désorganisation totale de son psychisme.

En gros, au lieu de réinsérer les détenus dans la société, on crée des monstres ?
J. L. de La H. : C’est sûr que si on veut décapiter symboliquement les être humains, les décérébrer et les détruire émotionnellement et affectivement, il suffit de les enfermer et de les priver de sexualité pendant des années. C’est comme ça qu’on produit des robots et des espèces de monstres détraqués.

Quand ils sortent, les détenus ne sont plus dans le désir, mais dans le besoin. Le désir, c’est la rencontre de l’autre, le besoin, c’est un manque viscéral qui détruit le corps humain, qui écartèle le psychisme et qui rend la relation pathologique.

Si on regarde les sujets “normaux”, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas des criminels sexuels, donc la grande majorité des détenus, cette espèce de destruction psychologique va créer un état permanent de surexcitation et de frustration, que moi j’ai appelé le “syndrome de sursollicitation”.

En fait, ils sont tellement sous-sollicités sur le plan affectif, émotionnel et donc sexuel, qu’une fois sortis du contexte de l’isolement carcéral et remis en circulation dans la société, ils ont l’impression d’être sursollicités : une fille qui passe dans la rue, une publicité avec un corps dénudé, un film avec une scène érotique, ça les perturbe énormément, parce que ça les renvoie à leur frustration.

Et pour les criminels sexuels alors ?
J. L. de La H. : Si le sujet est de surcroît perturbé au départ, parce que c’est un psychopathe, un paranoïaque ou un pervers, non seulement il ne sera pas guéri en sortant, parce que quoi qu’on raconte dans les médias, il ne sera pas suivi, mais en plus, cela va aggraver ces désirs de vengeance et de haine.

Il faut d’ailleurs s’étonner qu’il y en ait si peu qui récidivent. Bien souvent, ils sont dans l’incapacité de recommencer, non pas parce qu’ils sont guéris, mais parce qu’ils sont bien trop traumatisés, dans un état grave d’angoisse, de désespoir, voire d’implosion psychologique.

Il y en a néanmoins qui récidivent et on ne cite que ceux-là, pour nous faire croire que les prisons en sont peuplées. Mais si on regarde la moyenne des peines, en France, c’est huit mois et quelques jours, ce qui prouve bien que ce ne sont pas eux qui sont les plus nombreux en prison.



Tout ce que vous racontez, les politiques le savent très bien. Pourquoi les choses n’avancent pas ?
J. L. de La H. : Pour considérer les choses au point de vue politique, il faut s’intéresser au sens politicien et non pas au sens de gestion de la cité, qui serait une prise de conscience qui nous amène à réfléchir collectivement sur la façon dont on va s’organiser socialement.

La politique, c’est un désir de pouvoir, d’argent, de notoriété et de reconnaissance. C’est quelque chose qui monte à la tête, qui donne du prestige et un quotidien sans le moindre souci matériel. Pour se faire élire et garder le pouvoir, les politiciens savent qu’ils ont intérêt à caresser dans le sens du poil une humanité peureuse, conservatrice et moralisante. En gros, leur discours c’est : “Vous avez peur ? J’en ai conscience, mais ne vous inquiétez pas, je vais vous protéger. Avec moi, vous serez en sécurité et d’ailleurs ce qui crée l’insécurité, ce sont les jeunes, les étrangers, les drogués, les homosexuels”, et tout un tas de gens qui sont des boucs émissaires désignés.

Donc diviser pour mieux régner, mettre de la discorde et ensuite apparaître comme le sauveur. Ces stratégies font que sont élus successivement des droites très réactionnaires et des gauches conservatrices obligées de s’aligner sur le moule sécuritaire pour s’attirer les faveurs des électeurs.

C’est pas ça qui va aider à faire baisser le taux de récidive…
J. L. de La H. : Si au lieu d’augmenter les effectifs de surveillants dans les prisons pour faire plaisir à l’opinion publique, on se disait, il faut multiplier les alternatives à la prison, prévoir davantage d’éducateurs, de psychologues et de travailleurs sociaux pour les aider à surmonter leurs problèmes psychologiques, à acquérir de la culture, à préparer des professions, c’est sûr qu’il y aurait beaucoup moins de récidive.

On a des exemples d’expériences menées dans d’autres pays, où les taux de récidives ont dégringolé. Manque de chance, ce sont des solutions humanistes, progressistes et futuristes, donc on va les décréter “utopistes”. Peut-être qu’elles le sont aujourd’hui, mais comme toujours avec l’utopie, c’est ce qui est impossible aujourd’hui et possible demain.

À partir de là, ceux qui sont élus sont représentatifs d’une opinion publique caressée dans le sens de sa propre peur. C’est pour ça qu’on se retrouve avec des gens très agressifs, rigides et autoritaires comme Hortefeux, Sarkozy, MAM, Rachida Dati… Des gens qui n’ont aucune réflexion, aucune prospective, aucune espérance en l’être humain, aucun sens de l’entraide et de la solidarité. L’inconvénient, c’est que ces politiques à courte vue sont celles qui fabriquent de la récidive.

Et c’est mal parti pour s’arranger…
J. L. de La H. : Effectivement. Les États-Unis, qui détiennent le record du monde, avec plus de 2 millions de détenus, nous proposent un modèle qu’on est en train d’enfourcher comme un dada : les prisons privées, un formidable système pour permettre que les prisons soient rentables.

En gros, on laisse la construction, la gestion, la logistique et l’intendance à des entreprises type Bouygues, La Lyonnaise des eaux ou la Sodexo et il n’y a au fond plus que la surveillance qui reste la propriété de l’administration pénitentiaire.

Autant dire que si les prisons sont confortées par des idées capitalistes de rentabilité, c’est évident que la logique moralisante et sécuritaire ne va pas s’arrêter comme ça. Au contraire. Alors c’est sûr que les centres privés apportent un confort incontestable par rapport aux prisons classiques. Mais, c’est encore moins la prise en compte de l’intérêt des individus, parce que c’est de la recherche de rentabilité.

On a l’impression d’avoir des conditions plus favorables parce qu’il y a un frigo et une douche dans la chambre ou parce qu’il y a une carte d’identité interne bidon, mais pour moi, cet enfermement, c’est le même, sauf qu’il est plus pervers, parce qu’il est moins brutal et moins frontal.

En vérité, l’incarcération devient totalement inhumaine, puisque tout est informatisé et électronique, et à la fin les types ne s’en sortiront pas mieux que ceux qui sont passé par les prisons d’État, parce que ce n’est qu’une espèce de soumission à l’autorité par le biais d’un confort économique.

Propos recueillis par Linda Maziz
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MessageSujet: Quand la France d'en bas découvre les crimes d'en haut   Dim 26 Juin - 16:04

Quand la France d'en bas découvre les crimes d'en haut
Par Mouloud Akkouche | Ecrivain | 26/06/2011 | 13H02
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En juin, la saga Bettencourt dévoilait les arrangements de nos dirigeants. Ces temps-ci, les déboires juridico-sexuels de certains offrent un éclairage sur la violence – cette fois pas symbolique – de la France d'en haut.

Les citoyens des classes populaires – ou issus d'elles, comme Franck Ribéry – ne sont pas les seuls susceptibles de finir devant un tribunal. Certes, pas un scoop ; mais rares sont encore les édiles et peoples soupçonnés de viols qui franchissent la porte du bureau d'un juge.

Protégés par de nombreux filtres, leurs agissements sont beaucoup moins visibles et bruyants que dans les milieux populos. Les coups donnés avec un Who's Who laissent-ils moins de traces qu'avec le bottin ? Cuisines et chambres d'anonymes sont autant d'espaces potentiel de violence, mais c'est aussi le cas sous les dorures de la République.

« Beaufitude » et violence de la France d'en haut
N'en déplaise à certains, les diplômes, l'érudition, l'argent, le pouvoir, ne sont pas un rempart contre la bêtise – parfois la bête – sommeillant en chacun de nous. Sous le coup de la colère ou d'une tentative d'humour, nul n'est à l'abri d'un « défiltrage » verbal dans un repas entre collègues ou à la terrasse d'un bistrot. Ou pire encore, de commettre un crime. Personne n'est infaillible.

Valeurs et convictions disparaissent à cette seconde où tout bascule, l'intellect écrasé par l'affect. Haine, sexisme, racisme, antisémitisme, pulsions sexuelles non contrôlées… n'appartiennent pas uniquement aux « criminels menottés » sur l'écran de LCI.

De Fontenay à New-York, l'accusé d'un crime n'est pas un extra-terrestre ; juste un de nos semblables. La rubrique « faits divers » peut s'ouvrir à tous.

Heureusement que l'éducation à l'école ou en autodidacte, la culture, les rencontres… font barrage à nos éventuels démons, sans se révéler toujours efficace contre les pétages de plombs.

Tous potentiellement criminels ?
Pourquoi les personnalités accusées de viols – si elles sont coupables – n'avoueront jamais ? Plus perverses et calculatrices que les accusés lambda ? Non. Outre le refus d'apparaître tels des monstres, leurs aveux révéleraient les comportements inavouées de toute une tribu de politiques, jet-setters, industriels…

Soutenus par leurs pairs, elles feront tout pour occulter les partouzes et autres jeux sexuels – pratiqués du haut en bas de l'échelle sociale. Pourtant pas un crime, tant que ça se passe entre adultes consentants. Peur que les masques de bon père de famille croyant en Dieu tombent… devant les électeurs.

Combien de fois ai-je entendu des huiles affirmer : « Nous sommes entre gens de bonne compagnie. » Heureux de croiser la fourchette avec leurs clones. Comme si une bonne tenue de table et un langage châtié empêchaient le harcèlement sexuel d'une employée communale ou la destruction d'une chambre de palace.

A notre époque, grâce entre autre à Internet, le public se rend compte qu'une catégorie de dirigeants brillants ont aussi leurs fragilités. Le « tous pourris », lié aux fric et passe-droit, s'en trouve remplacé par le « tous violeurs ».

Un amalgame aussi regrettable que le premier. Tous les hommes de pouvoir ou pas ne sont menés par le bout de leur queue. Même si sexe et ambition sont souvent proches.

Un examen psy pour les élus et hauts responsables ?
Pourquoi pas un examen psy préalable pour les citoyen(ne)s appelés à d'importantes responsabilités ? Un entretien d'embauche avec plusieurs experts psychiatriques.

Imaginons-nous, avec nos névroses, maire d'une ville ou d'un village, ministre ou patron de presse. Euphorisés par ce nouveau pouvoir et confortés par des lèche-pompes, nous serions peut-être pires que ceux que nous dénonçons. Aveugles et dominateurs.

Pour conclure sur la psy : aujourd'hui les prisons françaises n'ont jamais été aussi surpeuplées. Des détenus entassés dans des conditions déplorables. Une grande partie de cette population carcérale souffre de troubles psychiatriques. Mais eux ne bénéficient pas d'armée d'avocats. Et leur « folie » est moins protégée que celles des « séducteurs » avec carnet d'adresses et immunité.
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L'humanité c'est pour quand ??
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