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 L'occident des mensonges et du double langage

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MessageSujet: L'occident des mensonges et du double langage   Mer 9 Juil - 16:07

La commission de planification urbaine israélienne, qui relève du ministère de l'intérieur, a approuvé, mercredi 9 juillet, la construction de 920 logements à Har Homa, un quartier de Jérusalem-Est annexé à l'Etat israélien. Ces nouvelles habitations font partie d'un projet de construction de 40 000 logements au cours des dix prochaines années à Jérusalem, pour certains dans des quartiers de colonisation de Jérusalem-Est. Ce projet avait été approuvé en juin par le ministère de l'intérieur, après l'avoir été par la municipalité.

La mise en chantier du quartier de Har Homa, en mars 1997, avait suscité la colère des Palestiniens et conduit à un blocage durable du processus de paix. Plus de 10 000 colons y habitent d'ores et déjà.


L'Autorité palestinienne a dénoncé ce projet d'extension qui menace la poursuite du processus de paix israélo-palestinien. "Cette politique met en doute la crédibilité d'Israël dans les négociations et celle de l'administration américaine qui n'a pas exercé suffisamment de pression pour mettre fin à cette politique destructrice", a déclaré le porte-parole de la présidence de l'Autorité palestinienne. Mark Regev, le porte-parole du premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a indiqué que le gouvernement n'était "pas au courant de nouveaux appels d'offres" pour ces constructions.

200 000 ISRAÉLIENS À JÉRUSALEM-EST


Les limites municipales de Jérusalem ont été considérablement étendues vers l'est après la guerre de juin 1967, pour englober la partie arabe de la Ville sainte et des secteurs avoisinants, tous situés en Cisjordanie. Plus de 200 000 Israéliens se sont installés dans une douzaine de quartiers de colonisation construits à Jérusalem-Est depuis 1967. Ces annexions n'ont jamais été reconnues par la communauté internationale. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, en visite dans la région en juin, avait critiqué la poursuite de la colonisation.


Pour les Palestiniens, qui veulent faire du secteur oriental de Jérusalem la capitale de leur futur Etat, la colonisation est le principal obstacle à la paix. Son gel fait d'ailleurs partie de l'une des trois étapes de la "feuille de route", le plan international de paix lancé en 2003 et à nouveau accepté par Israël et les Palestiniens lors de la réunion internationale du 27 novembre à Annapolis sur le Proche-Orient.
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MessageSujet: L'imposture européenne   Mar 15 Juil - 6:16

L'environnement, dernier alibi de l'Union européenne ?
Par Aurélien Bernier, Secrétaire National du Mouvement pour l'Education populaire.



Trois ans après le non français au référendum sur le Traité constitutionnel, le peuple irlandais vient de refuser la copie quasiment conforme du traité de Lisbonne. Si, pour certains optimistes comme le Premier ministre polonais M. Donald Tusk, il ne s'agirait que d'un «incident référendaire», beaucoup de commentateurs estiment que la construction européenne est en panne. Mais la réalité est bien pire. Il serait plus juste d'admettre que cette nouvelle étape ne fait qu'aggraver une crise profonde dans laquelle les institutions communautaires s'enfoncent un peu plus chaque jour. S'il en était besoin, le vote irlandais prouve une nouvelle fois que l'Union européenne ne fait plus illusion. Libérale, atlantiste, antidémocratique, l'Europe que l'on construit sous nos yeux n'est définitivement pas celle des peuples. Dans ces conditions, que reste-t-il pour sauver les apparences ? Bien peu de choses, sans doute. A moins de trouver une crise plus grave encore que celle de la construction européenne. Un problème majeur, d'avenir, grâce auquel l'Europe pourrait facilement redorer son blason... Un problème comme celui du changement climatique.

Des lobbies industriels tout puissants
Rien de tel que l'écologie, en effet, pour faire oublier le désastre social des politiques européennes et laisser croire au citoyen que l'on se soucie de son bien-être et de celui des générations futures. M. José Manuel Barroso ne dit pas autre chose lorsqu'il estime le sujet «important sur le plan politique, parce que cela peut réconcilier l'Europe avec les nouvelles générations qui parfois ne se reconnaissent pas dans notre action ». C'est ainsi que les délégués européens, puisant leur inspiration dans le succès de M. Al Gore, ne ménagent pas leur peine pour paraître «en pointe du combat pour le climat» à chaque sommet où ces questions figurent à l'ordre du jour. Il y a fort à parier que le camouflet du traité de Lisbonne annonce un redoublement d'activité en la matière, et ce dès le début de la présidence française de l'Union.
Malheureusement, les déclarations d'intention ne peuvent se substituer à un bilan objectif des politiques menées. Et c'est bien là que le bât blesse. Si l'Europe avait à subir un audit environnemental, ce dernier montrerait à quel point ses choix ont contribué à la destruction des écosystèmes en donnant une priorité absolue à la concurrence libre et soi-disant non faussée.

Très bien structurés, les lobbies ont en effet su forger la règlementation communautaire en fonction de leurs intérêts, l'institution répondant avec un zèle remarquable à leurs attentes. Pour la table ronde des industriels européens (ERT), puissante organisation patronale, il est évident que «les meilleurs accords sont ceux proposés par l'industrie». Dès lors, on comprend mieux la grande timidité de certains textes, à l'image du programme REACH sur les produits chimiques, remodelé par les grands groupes privés pour échapper à une contrainte trop forte. On comprend aussi que le programme de développement des transports adopté par l'UE reprenne très largement le rapport de l'ERT sur le sujet, qui prône un développement autoroutier massif, la création de nouveaux aéroports et de lignes à grande vitesse, afin de satisfaire « le marché ». Ou que le brevetage du vivant soit maintenant autorisé pour le plus grand bonheur des marchands d'organismes génétiquement modifiés (OGM).

L'imposture écologique européenne
C'est d'ailleurs dans le domaine agricole que l'imposture écologique de l'Union est sans doute la plus criante. En dépit de sa croisade pour le climat, elle continue à consacrer 50 milliards d'euros à une Politique Agricole Commune destructrice de l'environnement, engraissant toujours les exploitations intensives. Non contente de promouvoir le productivisme, l'UE s'attache par ailleurs à dénaturer l'agriculture biologique. Le règlement 834/2007 qui entrera en application le 1er janvier 2009 introduit dans la bio un seuil de contamination par les OGM (0,9%) qui s'imposera à tous les Etats ! Dans le même temps, les annexes de la directive encadrant l'utilisation d'OGM sont toujours inappliquées pour ce qui touche à leur évaluation, les parodies d'études présentées par les multinationales étant encore, à l'heure actuelle, acceptées les yeux fermés.
Enfin, pour ne laisser aucune illusion sur ses réelles motivations, l'Union défend avec ardeur la bourse des droits à émettre des gaz à effet de serre, déjà théâtre de nombreuses manoeuvres spéculatives. Entre le marché libre et la contrainte règlementaire, le choix est ainsi fait. Tant pis si l'efficacité n'est pas au rendez-vous, les rejets des entreprises concernées par ce système ne cessant de croître.
Face à cette réalité, la conclusion s'impose d'elle-même. L'Europe sociale n'existe pas ; l'Europe écologique non plus. Fondamentalement libre-échangiste, l'Union fonce dans le mur de la concurrence effrénée, où le pire est toujours gagnant d'un point de vue commercial, qu'il s'agisse de conditions de travail ou d'impacts écologiques.
Malheureusement, personne sur la scène politique française n'ose encore établir ce constat. Le tout nouveau Mouvement Politique d'Education Populaire (M'PEP) veut briser ce tabou et montrer la construction européenne telle qu'elle est : un outil au service des puissances financières. Alors, de deux choses l'une. Soit il est possible de la réformer rapidement, en profondeur, et ceux qui le pensent doivent nous expliquer comment. Soit il est trop tard, et il nous faudra sortir de cette Europe-là pour en construire une autre, radicalement différente, fondée sur des valeurs de solidarité, de coopération et de préservation des équilibres écologiques.


Lundi 14 Juillet 2008 - 09:17 in Maranne 2
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MessageSujet: Ban Ki-moon demande aux USA d'annuler une exécution   Mar 5 Aoû - 17:02

Ban Ki-moon demande aux USA d'annuler une exécution
NOUVELOBS.COM | 05.08.2008 | 18:04
1 réaction
Le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-moon exige le respect d'une décision de la Cour internationale de justice, qui a ordonné à Washington de surseoir à l'exécution d'un Mexicain, condamné pour viol et meurtre en 1993.


En marge de la 17e conférence internationale sur le sida à Mexico, le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-moon a demandé expressément aux Etats-Unis, mardi 5 août, de respecter une décision de la Cour internationale de justice (CIJ) selon laquelle l'exécution d'un Mexicain condamné à mort ne doit pas avoir lieu comme prévu mardi.
"Toutes les décisions et ordres de la Cour internationale de justice doivent être respectés par les Etats. Les Etats-Unis doivent prendre toutes les mesures pour garantir que l'on surseoira à l'exécution de ce citoyen mexicain", a déclaré le Ban Ki-Moon lors d'un entretien avec une chaîne de télévision locale.
Le Secrétaire général de l'Onu a ajouté que toutes les démarches nécessaires à l'empêchement de cette exécution prévue mardi au Texas avaient été faites, notamment via une lettre adressées aux Etats-Unis. Il a affirmé sa "confiance" dans le fait d'être entendu.

Séparation des pouvoirs

Jose Ernesto Medellin, un Mexicain de 33 ans, a été condamné à mort au Texas pour le viol et le meurtre d'une adolescente en 1993. Ses avocats ont déposé un recours auprès de la Cour suprême des Etats-Unis pour qu'elle sursoie à son exécution, prévue mardi.
En 2004, la CIJ avaient ordonné à Washington la révision des procès de 51 Mexicains qui n'avaient pu bénéficier de cette assistance.
Certains des Etats américains avaient appliqué cette décision et revu les situations au cas par cas, à la demande du président Bush, mais pas le Texas.
L'Etat sudiste avait opposé à l'ordre de la CIJ la séparation des pouvoirs, et assuré ne pas être lié aux décisions de la Cour internationale, ce qu'a depuis confirmé la Cour suprême des Etats-Unis.
La cour d'appel du Texas avait rejeté vendredi un recours de Jose Medellin contre son exécution, opposant une fin de non-recevoir aux arguments de ses défenseurs.
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MessageSujet: trop tard   Mer 6 Aoû - 9:55

José Ernesto Medellin a finalement été exécuté au Texas, mardi 5 août. Ce Mexicain de 33 ans, condamné pour le viol et le meurtre d'une adolescente, a été déclaré mort en fin de soirée par l'administration de la justice criminelle du Texas. Son exécution a eu lieu malgré l'appel du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à suivre les recommandations de la Cour internationale de justice (CIJ), qui avait demandé la suspension de sa peine ainsi qu'une révision de son cas et de ceux d'autres Mexicains condamnés à mort.

LaCour suprême a refusé le recours déposé par les avocats de José Medellin. La CIJ avait ordonné le 16 juillet, à Washington, la suspension de son exécution, ainsi que celle de quatre autres ressortissants mexicains, car ils n'avaient pu profiter en temps voulu d'une assistance consulaire durant la procédure judiciaire, comme le prévoit la Convention de Vienne. Par ailleurs, le Mexique s'était plaint que ses ressortissants dans le couloir de la mort n'étaient pas informés de leurs droits.

Le ministère des affaires étrangères états-unien a dit, mardi, avoir fait tout son possible pour venir en aide à José Ernesto Medellin. "C'est une situation difficile", a déclaré un porte-parole, Kurtis Cooper, qui ajoute : "Nous avons une obligation légale internationale indiscutable qui entre en contradiction avec la loi de l'Etat" texan.


Un modèle d'hypocrisie et de fausse démocratie
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MessageSujet: Impérialisme américain   Jeu 21 Aoû - 9:56

Un nouveau sujet oppose la Russie aux Etats-Unis et à leurs alliés après l’intervention militaire russe en Géorgie: l’accord signé hier par la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice et les autorités polonaises sur le bouclier antimissile américain passe mal à Moscou.

Dans un communiqué, le ministère russe des affaires étrangères affirme que ce système est dirigé contre la Russie. Celle-ci menace de réagir par des moyens autres que diplomatiques.

D’après un analyste russe proche du Kremlin, “quand Washington affirme au sujet du bouclier antimissile que son déploiement en République tchèque et en Pologne est destiné à protéger l’Europe du programme nucléaire de l’Iran, ce n’est rien d’autre qu’un écran de fumée.

Maintenant, nous pouvons voir que c’est une réponse aux actions de la Russie en Ossétie du Sud et cela prouve que tous ces éléments du bouclier antimissile visent en réalité la Fédération de Russie.”

Washington a pourtant rappelé hier que la Russie ne devait pas considérer comme une menace, ce dispositif qui sera installé d’ici trois ou quatre ans dans le nord de la Pologne et à Brdy en République tchèque.

D’après Moscou, ce système pousse à la course aux armements. Le Kremlin ajoute que le bouclier n’apportera aucune protection contre un danger iranien qu’il qualifie d’imaginaire
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MessageSujet: Des entreprises occidentales responsables de la guerre en RDC   Mer 12 Nov - 16:36

?
La guérilla qui déchire l’est du Congo se déroule au Kivu. Pour mettre la main sur les minerais précieux de cette province, il est aujourd’hui avéré que des entreprises occidentales ont bel et bien participé au financement des groupes armés.
Coltan
Il y a un an, une Organisation Non Gouvernementale (ONG) anglaise, Global Witness, déposait une plainte contre la société britannique Afrimex. Elle l’accusait d’avoir contribué au conflit dans l’est de la République Démocratique du Congo en se livrant au commerce des minerais. En effet, si Afrimex avait réussi à se fournir en coltan et en étain depuis le début des deux premières guerres du Congo (1996-2003), c’est parce qu'elle versait des « impôts » au Rassemblement congolais pour la démocratie-Goma (RCD-GOMA), un groupe armé rebelle proche du Rwanda, et responsable de massacres de civils et d’actes de torture.

Le 28 août dernier, au moment même où les combats redoublaient de violence en RDC — cette fois-ci entre les rebelles tutsis, les hutus et l’armée — le gouvernement anglais a confirmé les allégations l’ONG, jugeant qu’Afrimex avait « enfreint des directives internationales en s’approvisionnant en minerais provenant d’une zone congolaise en guerre. »

Tant qu’il y aura des acheteurs… il y aura la guerre
Enfin, un gouvernement admet qu’une entreprise ne peut impunément exploiter les richesses du Congo car elle participe ainsi indirectement au financement du conflit. Global Witness crie victoire. « Le commerce des minerais sous-tend la guerre depuis 1998. La quasi-totalité des principaux groupes armés impliqués ainsi que des soldats de l’armée congolaise nationale font le commerce de ces minerais de manière illégale depuis des années, dans la plus totale impunité. Nombre d’entre eux imposent des taxes à la population civile et extorquent des minerais ou de l’argent le long des routes ou aux postes frontaliers » explique l'organisation sur son site internet .

En juillet dernier, Global Witness allait encore plus loin et rendait compte de l’implication importante de groupes armés et d’unités militaires congolaises dans le commerce de la cassitérite et de l’or au Nord et au Sud Kivu, déplorant que les acheteurs et les compagnies qui font le commerce des minerais en provenance de l'est de la RDC ne prennent pas la responsabilité de mettre un terme au lien entre ce commerce et la violence persistante : « Tant qu’il y aura des acheteurs prêts à participer à ce commerce, directement ou indirectement, avec des groupes responsables de graves atteintes aux droits de l’homme, ces groupes n’auront aucune raison de déposer leurs armes » commente Patrick Alley, le directeur de Global Witness. Les récriminations de cette ONG font suite à un rapport de l’ONU de 2003 (voir le document ci-dessous) qui montrait clairement comment le commerce du minerai alimente les groupes armés.

Le PDG d'une des plus grandes raffineries de coltan était vice-secrétaire au commerce de George W. Bush jusqu’en 2003 !
« On connaît très bien les sociétés qui profitent du pillage du Kivu, en particulier du coltan, l’un des minerais les plus recherchés », explique Alain Bischoff, consultant pour l’Afrique Centrale et auteur d'une étude géopolitique sur le Congo de 1997 à 2007 *. De fait, le coltan est très prisé depuis qu'il entre dans la fabrication des… téléphones portables. « Il y a un embargo moral sur le commerce du coltan au Congo dont on sait pertinemment qu’il est pillé et transite par le Rwanda, le pays entrepôt. Puis la production est envoyée au Kazakhstan, en Thaïlande et au Japon. Ensuite, ces pays renvoient le coltan vers des raffineurs occidentaux, comme l'américain Cabot Corporation et l'allemand HC Starck qui raffinent 80% de la production mondiale de coltan. or, le PDG de Cabot corporation, Samuel Bodman, était le vice secrétaire au commerce de George W. Bush jusqu’en 2003 ! Autant dire que le soutien des Etats-unis au Rwanda n’est pas totalement désintéressé », conclut Alain Bischoff. Officiellement la société Cabot Corporation affirme avoir arrêté de raffiner du coltan provenant de RDC.


Le groupe Bolloré a plusieurs sociétés de transport rien que dans la province du Kivu. Mais aucune n'aurait transporté de coltan venant du Congo...
Et les entreprises françaises? Elles ne sont pas en reste. Le rapport de L’ONU de 2003 cite deux sociétés françaises de transport qui n'ont pas répondu aux sollicitations des experts des Nations Unies . L'une d'elles, la SDV Transintra, appartient au groupe Bolloré.


Ces sociétés ont-elles participé directement ou indirectement au financement des groupes rebelles ? Ont-elles commercialisé le coltan ? Dominique Lafont, directeur général Afrique du groupe Bolloré, nie en bloc.

Dominique Lafont : Nous avons 4-5 agences présentes dans l’est du Congo pour l’export de matières naturelles comme le tabac, le café, et le thé. Nous nous occupons du transport, et nous sous-traitons à l’import et à l’export.

Marianne2 : Le groupe Bolloré a-t-il permis le transport de coltan provenant du Congo ?

D.L. : Non. Quand on apprête un camion, on développe tous les contrôles pour que nos produits ne fassent l’objet d’aucun détournement.

M2.fr : Avez-vous financé directement ou indirectement des groupes armés qui exploitent des mines?

D.L. : Je m’inscris en faux sur le fait que nous ayons quelque part fait un profit indirect, ou participé au profit de guerre, c’est absolument faux.

M2.fr : Pourquoi vos sociétés ont-elles refusé de répondre aux questions des experts de l’ONU à ce sujet?

D.L. : Nous y avons répondu mais trop tard pour que nos réponses soient prises en compte dans le rapport. C’est Luc Tonneau, ancien manager Afrique du groupe qui pourra vous renseigner.



Nous avons donc joint Luc Tonneau qui n’occupe plus son poste de manager depuis fin 2007. Ses réponses sont beaucoup moins affirmatives que celles de son ancien patron. Non seulement il admet que le groupe a pu participer au transport de coltan, mais en plus il confirme que ce transport pouvait transiter par les comptoirs de Kigali (Rwanda) dont nous a parlé Alain Bischoff.

Marianne2 : Saviez vous que le commerce de coltan alimente les groupes armés au Congo ?

Luc Tonneau: Il y a coltan et coltan. Le même coltan peut être récolté et exporté de manière illicite et servir à financer les bandes armées et les achats d’armes bien sûr. Et en même temps, ce même coltan peut passer par des circuits traditionnels et se retrouver dans l'industrie sans pour autant servir à financer les groupes armés (…) On ne peut pas avoir des traçabilité totalement fiables, à un moment donné nous faisons confiance à nos clients pour avoir certaines règles éthiques.

M2.fr : Savez-vous si vous l'une des entreprises de transport du groupe Bolloré a chargé du coltan ?

L.T. : Des exportateurs que nous ne connaissions pas nous ont sollicités. Nous avons refusé. Mais nous avons aussi été sollicités par des exportateurs traditionnels qui nous ont demandé d’en transporter. On l’a fait un petit peu. Très vite, les exportateurs dont parlait le rapport de l’ONU se sont abstenus. Car effectivement, ils ne pouvaient avoir de garanties quant à l’origine exacte du coltan acheté auprès des bureaux de transformation de Kigali.


Ainsi, si le directeur général Afrique du groupe Bolloré jure qu'aucune de ses sociétés de transport n’a jamais chargé du coltan venant du Congo, le moins que l’on puisse dire est que son ancien manager n’en mettrait pas sa main à couper.


* Alain Bischoff, Congo-Kinshasa - la décennie 1997-2007, éd. du Cygnes, 2008.

in Marianne sur le net
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MessageSujet: Afghanistan: plusieurs pays rançonnés ?   Jeu 15 Oct - 14:54

Afghanistan: plusieurs pays rançonnés ?
AFP
15/10/2009 | Mise à jour : 15:15 | Commentaires 5 | Ajouter à ma sélection
"Beaucoup de pays de l'Otan" engagés en Afghanistan, dont l'Italie, payent les insurgés pour que leurs soldats ne soient pas attaqués, a indiqué aujourd'hui un haut gradé afghan, pour qui cette pratique est répandue à grande échelle, sauf chez les Britanniques et les Américains.

"Je peux certainement confirmer que nous savions que les forces italiennes payaient l'opposition (armée) en Saroubi pour ne pas être attaquées. Nous avons des informations sur des accords similaires dans la province de Herat (ouest) par les forces italiennes de l'Otan basées là-bas"

Selon le quotidien britannique The Times, les 10 soldats français tués en Afghanistan en août 2008 avaient mal évalué les risques parce que les Italiens ne leur avaient pas dit qu'ils payaient les talibans pour maintenir la paix dans leur zone. Le gouvernement italien a affirmé n'avoir "jamais autorisé ni consenti aucune forme de paiement d'argent aux membres de l'insurrection talibane en Afghanistan" et le gouvernement français a jugé ces informations "non fondées".
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MessageSujet: Le faux scandale des talibans soudoyés par les armées / DR   Ven 16 Oct - 5:45

Le faux scandale des talibans soudoyés par les armées / DR

Rome, Paris et l’Otan s’empêtrent dans de poussifs démentis. Sur le terrain, la réalité d’une guerre amène à une analyse plus circonspecte.

Affluence des grands jours jeudi, au ministère de la Défense. Le ban et l’arrière-ban de la presse s’étaient déplacés pour le traditionnel point de presse hebdomadaire. Il faut dire que le sujet du jour fera couler de l’encre puisqu’il mêle le sang à l’argent. Le quotidien britannique The Times venait de révéler que les services secrets italiens auraient versé des dizaines de milliers de dollars à des chefs talibans en Afghanistan, croyant ainsi acheter une très relative tranquillité. Pire, selon nos confrères d’outre-Manche, les barbouzes transalpins auraient oublié d’informer les Français de leurs singulières pratiques avant que ceux-ci n’assurent la relève dans la province de Surobi.

Le Times en déduit que l’armée tricolore aurait « mal évalué » le risque lors d’une mission qui s’est soldée par la mort de 10 soldats, tombés lors d’une embuscade dans la vallée d’Uzbin le 18 août 2008. Est-ce à dire que les militaires français se seraient interdits toute sortie et seraient restés planqués dans leurs baraquements s’ils avaient eu connaissance de l’entreprise d’arrosage des insurgés par les Italiens ? Ou, mieux, qu’ils auraient à leur tour dû verser leur obole pour s’épargner une embuscade sanglante ? Bien sûr, c’est si simple… La vie humaine n’a pas de prix mais la guerre a un coût, et il suffit de soudoyer l’ennemi pour s’attirer ses bonnes grâces.
Le prix du sang

Le gouvernement italien a formellement démenti les assertions du Times. De son côté, l’Otan déclare ne « pas être au courant » de telles pratiques. On a connu démenti plus cinglant. Les responsables français, quant à eux, se sont livrés à un bel exercice de contorsionnisme et à un concours de langue de bois. Le porte-parole du ministère de la Défense se contente de renvoyer aux dénégations italiennes. Un peu court. L’amiral Christophe Prazuck, représentant de l’état-major, a, lui, répété avec une belle constance « ne disposer d’aucun élément permettant de confirmer les informations » du Times qu’il a jugées « totalement infondées ». Cette cascade de déclarations doit sans doute vouloir signifier que tout est faux.

Reste que l’on saisit mal le sens de cette polémique. A Paris comme à Washington, il se trouve des politiques qui se disent prêts à prendre langue avec des « talibans modérés ». Une espèce rarissime, certes. Par ailleurs, les militaires, qui connaissent mieux que quiconque le terrain, s’évertuent à expliquer qu’un paisible agriculteur le matin peut se muer en taliban l’après-midi et faire allégeance à un chef de guerre le soir, au gré de ses intérêts et des pressions. Dès lors, que signifie « payer un taliban » ? Mystère.
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MessageSujet: Les mensonges de Blair   Sam 28 Nov - 5:24

Irak: Blair savait qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive

Après trois jours d'audience, la Commission d'enquête sur la participation du Royaume-Uni en Irak a déjà permis d'éclaircir quelques points, notamment celui des armes de destruction massive dont la supposée existence a servi à justifier l'invasion de l'Irak en mars 2003.

128 réactions

JUSTINE LAFON
John Chilcot, le responsable de la commission Chilcot, à Londres, le 20 juillt 2009.

J

Tony Blair savait que l'Irak n'avait plus d'armes de destruction massive (ADM) avant d'envoyer ses troupes dans le pays. C'est ce qu'a indiqué mercredi William Ehrman, haut responsable au ministère britannique des Affaires étrangères entre 2000 et 2002, alors qu'il témoignait devant la commission Chilcot, qui va enquêter durant plusieurs mois sur les relations entre le Royaume-Uni et l'Irak de 2001 à 2009.

William Ehrman a affirmé que Londres avait reçu, dans les jours précédant le début du conflit, des informations selon lesquelles Saddam Hussein avait renoncé à son programme d'ADM. «Nous obtenons dans les derniers jours avant l'engagement militaire quelques renseignements (selon lesquels) les armes chimiques et biologiques avaient été détruites et (l'Irak) pourrait ne pas avoir les munitions pour les lancer». «Il y avait des renseignements contradictoires», a-t-il toutefois tempéré. L'ancien responsable aux Affaires étrangères a finalement reconnu que les connaissances occidentales sur le programme d'ADM irakien étaient extrêmement parcellaires.
L'Irak pas en tête de liste des préoccupations

Un autre témoignage remet sérieusement en cause la raison invoquée par la coalition Bush-Blair pour envahir l'Irak, celui de Tim Dowse, chef du service de contre-prolifération nucléaire au ministère des Affaires étrangères entre 2001 et 2003. Ce dernier a expliqué que l'Irak n'était pas en 2001 «en tête de liste» des préoccupations britanniques pour le risque de prolifération nucléaire. Des propos corroborés par William Ehrman, qui témoignait en même temps: «Pour ce qui était de mes préoccupations quand je suis entré en fonction en 2001, je dirais que la Libye et l'Iran devançaient l'Irak».

Les deux anciens diplomates ont également nié l'existence de liens approfondis entre le régime de Saddam Hussein et le réseau terroriste Al Qaeda, avancée par l'ex-président américain pour mieux justifier l'intervention. «Nous avons trouvé des preuves de contacts entre des responsables irakiens et des membres d'Al Qaeda à la fin des années 1990», a expliqué Tim Dowse, «mais nous en sommes arrivés à la conclusion qu'il s'agissait de contacts très sporadiques (...), qu'il n'y avait rien qui s'apparente à une relation entre les Irakiens et Al Qaeda».
Influence de Bush sur Blair

Jeudi, la commission Chilcot a évalué comment une rencontre privée entre Bush et Blair dans le ranch de Crawford (Texas) en avril 2002 aurait influencé l'ancien résident de Downing Street. Christopher Meyer, ex-ambassadeur britannique à Washington a reconnu qu'il ne savait pas précisément «quel degré de convergence a été en quelque sorte signé au ranch de Crawford», mais a évoqué une coïncidence troublante puisque dès le lendemain, Tony Blair prononçait un discours mentionnant un «changement de régime en Irak». «A ma connaissance, je peux me tromper, mais c'était la première fois que Tony Blair parlait de changement de régime en public», a-t-il poursuivi.

S'il est possible d'envisager que les deux hommes se soient mis d'accord un an avant l'intervention militaire pour renverser Saddam Hussein, ce ne sont pour l'heure que des hypothèses. Et pour cause, la Commission manque de preuves pour mener son enquête. Les médias britanniques ont dénoncé l'existence de «documents diplomatiques cruciaux qui n'ont toujours pas été remis à la commission»: cinq télégrammes diplomatiques auraient été envoyés à Londres entre 2001 et 2003 dont un message destiné à Tony Blair juste avant sa rencontre en tête-à-tête avec le président américain, souligne le Times.

La légitimité même de la commission est toujours controversée. «Sir John Chilcot perpétue le sentiment que le Royaume-Uni ne peut tout simplement pas entendre la vérité quand cela revient à dévoiler la culpabilité du gouvernement britannique dans la fabrication délibérée d'une affaire de guerre contre l'Irak, dont tout le monde savait, ou aurait du savoir, qu'elle était fausse», s'est insurgé dans le Guardian Scott Ritter, ex-inspecteur des Nations-Unies en Irak.
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MessageSujet: Les occidentaux censurent la pratique courante de la torture dans les prisons afghanes   Jeu 3 Déc - 15:49

Après avoir réclamé des documents pendant des semaines au gouvernement, les membres du comité parlementaire sur l'Afghanistan, qui se penchent présentement sur le sort des prisonniers afghans, en ont reçu des copies, mercredi.

Mais les conservateurs n'ont pas fourni tous les rapports demandés et ils ont censuré les pages à outrance, a immédiatement dénoncé l'opposition.

"Les documents qu'on vient d'avoir aujourd'hui (mercredi) sont presque tout en noir, sont caviardés. Alors on nous cache des choses là-dedans. (...) Pourquoi continuent-ils (les conservateurs) de se barricader derrière leur mutisme et de ne rien nous dire?", s'est indigné le porte-parole du Bloc québécois en matière de défense, Claude Bachand.

Le traitement des prisonniers afghans monopolise le Parlement depuis 15 jours, lorsque le diplomate canadien Richard Colvin a affirmé en comité parlementaire qu'Ottawa avait été mis au courant des risques de torture dès 2006.

Les partis d'opposition réclamaient depuis de pouvoir consulter les rapports envoyés par M. Colvin à de hauts dirigeants politiques et militaires, ainsi que des documents du ministère des Affaires étrangères et tout autre texte y étant lié.

Or les dossiers qui ont été déposés au comité sont à ce point censurés qu'il est difficile d'y décoder quoique ce soit, ont soutenu les députés de l'opposition. Certaines pages sont même entièrement noircies.

Raison de plus pour croire, selon eux, que le gouvernement tente de camoufler des informations quant au traitement qu'ont subi les prisonniers afghans capturés par les Canadiens et transférés aux mains des autorités afghanes.

Depuis les révélations de M. Colvin en comité, David Mulroney, ancien sous-ministre délégué aux affaires étrangères et aujourd'hui ambassadeur du Canada en Chine, ainsi que le ministre de la Défense, Peter MacKay, ont corroboré que le gouvernement connaissait les risques dès son arrivée au pouvoir, en 2006.

Mais comme l'ont plaidé les conservateurs pendant des mois aux Communes, en 2007, trois fonctionnaires venus comparaître devant le comité mercredi ont réitéré n'avoir reçu aucune preuve crédible de torture avant le printemps de cette même année. C'est à ce moment qu'Ottawa a modifié son protocole de transfert des prisonniers.

Les déclarations des témoins présents au comité, mercredi, ont cependant une fois de plus laissé incrédules les députés de l'opposition, qui maintiennent que le Canada était au courant des risques de torture et qu'il a donc continué de transférer ses détenus en toute connaissance de cause, ce qui représente une violation du droit international.

Citant un rapport du ministère des Affaires étrangères, le porte-parole libéral en matière d'affaires étrangères, Bob Rae, a rapporté que des câbles électriques tressés avaient été retrouvés, le 5 novembre 2007, dans le bureau d'un directeur de prison. Ce dernier a par la suite été congédié de ses fonctions.

Questionnée à savoir à quoi pouvait bien servir ce type d'instrument, une représentante de Service correctionnel Canada, Linda Garwood-Filbert, qui a supervisé la réforme des prisons afghanes à cette époque, a reconnu à demi-mots que les Afghans s'en servaient souvent à des fins de torture.

"Nous avons commencé à voir un thème quand les prisonniers ou les détenus parlaient de l'utilisation de câbles", a-t-elle concédé, précisant qu'elle n'était pas présente au moment des faits relatés.

Mais Mme Garwood-Filbert avait pourtant souligné, un peu plus tôt au cours de son témoignage, n'avoir jamais vu de ses propres yeux des actes de torture ou d'abus physique, au cours de la trentaine de visites qu'elle a menées dans des prisons afghanes en 2007.

"S'il y a un instrument de torture dans le bureau de quelqu'un qui est responsable pour le traitement des prisonniers, on a un problème important. Et c'est la raison pour laquelle nous disons toujours que le risque était plus grand que ce que le gouvernement est prêt à admettre", a résumé M. Rae, à sa sortie du comité.

Quant aux allégations de torture soulevées par M. Colvin, aucune d'entre elles ne se rapportait précisément à des détenus capturés par des Canadiens, a plaidé l'ancienne sous-ministre adjointe aux Affaires étrangères, Colleen Swords (aujourd'hui aux Affaires indiennes).

Mme Swords, qui était elle aussi de passage devant le comité parlementaire, a souligné que lorsque le Canada a reçu des preuves fondées de torture de détenus, le gouvernement a agi.

"M. Colvin a soulevé des préoccupations d'ordre général. Aucune d'entre elles ne se rapportait à des allégations précises de torture, qu'il aurait vues ou connues de première main", a-t-elle maintenu, à l'instar du discours des conservateurs.

Les troupes de Stephen Harper affirment depuis des semaines n'avoir jamais reçu d'allégations de torture touchant précisément des détenus capturés par les Canadiens et transférés dans les prisons afghanes.

Mais l'opposition fait valoir, depuis le début de son enquête sur ce sujet, que puisque la torture était omniprésente dans les prisons afghanes, il est pratiquement impossible pour Ottawa de certifier hors de tout doute qu'aucun de nos détenus a lui-même été victime d'abus
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MessageSujet: L'histoire est l'ennemi alors que de brillantes opérations de guerre psychologique deviennent l'information   Ven 22 Juin - 15:29

L'histoire est l'ennemi alors que de brillantes opérations de guerre psychologique deviennent l'information

John Pilger
John Pilger
ven., 22 juin 2012 06:25 CDT
Traduit par Résistance 71

En arrivant dans un village du sud-Vietnam, je remarquais deux enfants qui étaient des témoignages vivants de la plus longue guerre du XXème siècle. Leurs terribles difformités étaient familières. Tout le long du fleuve Mékhong, là où les forêts étaient pétrifiées, de petites mutations humaines vivaient du mieux qu'elles le pouvaient.

Aujourd'hui, à l'hôpital pédiatrique Tu Du de Saïgon, un ancien bloc opératoire est connu sous le nom de "musée" et de manière non-officielle comme le "musée des horreurs". Cette pièce a des étagères où se tiennent de grands bocaux en verre contenant des fœtus grotesques. Pendant l'invasion du Vietnam, les Etats-Unis ont pulvérisé un puissant herbicide sur la végétation et les villages afin de "retirer sa planque à l'ennemi". Ceci était l'agent orange, qui contient de la dioxine, un poison si puissant qu'il cause mort fœtale, fausses-couches, dégâts chromosomiques et cancers.

En 1970, un raport du sénat américain révéla que "les Etats-Unis avaient déversé (sur le sud-vietnam) une quantité du produit toxique équivalent en volume à 3kg de la substance par personne de la population, ceci incluant femmes et enfants". Le nom de code de cette opération à coup d'arme de destruction massive, l'opération Hades, fut changé en un nom plus amical: Operation Ranch Hand. Il est estimé aujourd'hui que 4,8 millions des victimes de cet agent orange sont des enfants.

Len Aldis, secrétaire de la société de l'amitié anglo-vietnamienne, est revenu récemment du Vietnam en possession d'une lettre à délivrer au Comité Olympique International de la part de l'Union des Femmes Vietnamiennes. Le président de l'union, Nguyen Thi Thanh Hoa, y décrit "les sévères difformités congénitales (causées par l'agent orange) de génération en génération". Elle demande au COI de reconsidérer sa décision d'accepter comme sponsor officiel la compagnie Dow Chemical, qui fut une des compagnies responsables de la production du poison et qui a refusée de compenser les victimes.

Aldis a délivré la lettre personnellement au bureau de Lord Coe, le président du comité organisateur des JO de Londres. Il n'a eu aucune réponse. Quand Amnesty International mit en lumière le fait qu'en 2001 Dow Chemical acheta "la compagnie responsable de la terrible fuite de gaz de Bhopal en Inde en 1984, qui tua de 7 000 à 10 000 personnes immédiatement et environ 15 000 les vingt années qui suivirent", David Cameron décrivit Dow comme "étant une entreprise réputée". Santé à tous donc, lorsque les caméras balaieront les décors valant 7 millions de Livres britanniques qui habillent le stade olympique: le produit d'un "contrat" de 10 ans entre le COI et un tel destructeur réputé.

L'histoire est enterrée avec les morts et les déformés du Vietnam et de Bhopal. Et l'histoire est l'ennemi. Le 28 Mai, le président Obama a lancé une campagne de falsification de l'histoire de la guerre du Vietnam. Pour Obama, il n'y a pas eu d'agent orange, pas de zones de tirs libres, pas de tirs au lapin, pas de couverture des massacres, pas de racisme rampant, pas de suicides (alors que plus d'Américains se sont suicidés que ne sont morts durant la guerre), pas de défaites aux mains d'une armée de résistance levée d'une société apauvrie. Ce fut, a dit Mr Prometteur de beaux jours, "une des histoires les plus extraordinaires de bravoure et d'intégrité de l'histoire de l'armée américaine".

Le lendemain, le New York Times publiait un long article documentant comment Obama sélectionne personnellement les victimes de ses attaques de drones de par le monde. Il fait cela les "Mardis de la terreur" quand il parcourt les noms d'une "kill list", certains étant des adolescents, incluant une "fille qui fait bien plus jeune que ses 17 ans". Beaucoup sont inconnus ou simplement d'âge militaire. Guidés par des "pilotes" assis devant un écran ordinateur à Las Vegas, les drones tirent des missiles Hellfire (NdT: qu'on peut traduire par "feu de l'enfer"), qui pompent l'air des poumons et pulvérisent leurs victimes. En Septembre dernier, Obama a tué un citoyen américain, Anouar El-Alaki, sur la simple rumeur qu'il incitait au terrorisme. "Celui-là est facile", a t'il été dit de sa déclaration par ses aides alors qu'il signait l'arrêt de mort de l'intéressé. Le 6 Juin, un drone a tué 18 personnes dans un village d'Afghanistan incluant des femmes et des enfants ainsi que des personnes âgées qui célébraient un mariage.

L'article du New York Times n'était pas une fuite ou un exposé. C'était une pièce de relation publique, de propagande, créée par le gouvernement Obama pour montrer à quel point le "commandant en chef" peut-être un dur à cuire dans une année électorale. S'il est réélu, la marque Obama va continuer à servir docilement les riches et puissants, à poursuivre ceux qui disent la vérité, à menacer les nations, à disséminer des virus informatiques et à assassiner des gens tous les Mardis.

Les menaces contre la Syrie, coordonnées depuis Washington et Londres, marquent un nouveau sommet de l'hypocrisie. Contrairement à la propagande brute présentée sous forme d'information, le journalisme d'enquête du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung identifie ceux responsables du massacre de Houla comme étant les "rebelles" soutenus par Obama et Cameron. Les sources du quotidien incluent les rebelles eux-mêmes. Ceci n'a pas été complètement ignoré en Grande-Bretagne. Ecrivant dans son blog personnel, toujours si discrètement, Jon Williams, l'éditeur en chef de l'information de la BBC, sert de manière effective sa "couverture" de l'évènement, citant des officiels occidentaux qui décrivent l'opération de guerre psychologique contre la Syrie comme étant "brillante". Aussi brillante que la destruction de la Libye, de l'Irak et de l'Afghanistan.

Tout aussi brillante que la dernière promotion de propagande du Guardian d'Alistair Campbell, le collaborateur en chef de Tony Blair pour l'invasion criminelle de l'Irak. Dans ses "carnets", Campbell essaie d'éclabousser le sang irakien sur le diable Murdoch. Il est vrai qu'il y en a suffisamment pour les tremper tous. Mais la reconnaissance du fait que les médias respectables, libéraux, et flatteurs de Blair, furent un accessoire vital pour que soit perpétrer une telle épidémie de crimes, est bien sûr omise et demeure un singulier test d'honnêteté intellectuelle et morale en Grande-Bretagne.

Pendant encore combien de temps devrons-nous nous soumettre à un tel "gouvernement invisible" ? Ce terme pour une propagande insidieuse, a été utilisé pour la première fois par Edward Bernays, le neveu de Sigmund Freud et inventeur de la relation publique moderne, n'a jamais été plus à propos. "La fausse réalité" demande une amnésie historique, le mensonge par omission et le transfert du signifiant vers l'insignifiant. De cette façon, les systèmes politiques promettant sécurité et justice sociale ont été remplacés par la piraterie, l'austérité et la "guerre perpétuelle": un extrémisme dédié à renverser la démocratie. En appliquant ceci à un individu, nous identifierions un psychopathe. Pourquoi l'acceptons-nous ?
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