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 IMPLIQUE DANS DES AFFAIRES DE CORRUPTION, LE CARDINAL ARCHEVÊQUE DE NAPLES, MGR SEPE, N’EST PAS UN CADEAU POUR LE PAPE

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MessageSujet: IMPLIQUE DANS DES AFFAIRES DE CORRUPTION, LE CARDINAL ARCHEVÊQUE DE NAPLES, MGR SEPE, N’EST PAS UN CADEAU POUR LE PAPE   Mar 22 Juin - 5:08

IMPLIQUE DANS DES AFFAIRES
DE CORRUPTION, LE CARDINAL ARCHEVÊQUE DE NAPLES, MGR SEPE, N’EST PAS UN CADEAU
POUR LE PAPE RATZINGER...
Par Romano Libero

Le cardinal Crescenzio Sepe, archevêque de Naples, vient d’être mis en examen samedi 19 juin par le parquet de Pérouse (capitale de l’Ombrie) dans le cadre d’une vaste affaire de corruption et de trafic d’influences dans les marchés publics. Agé de 67 ans, jadis haut responsable de la Secrétairerie d’Etat et ancien Préfet de la très puissante congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, Crescenzio Sepe aurait reçu 2,5 millions d’euros de financements publics en 2005 pour une série de restructurations qui auraient dû être accomplies par l’entrepreneur en BTP Diego Anemone, au centre du scandale. A l’origine, cette somme importantissime était destinée à la restauration de l’ex-siège de Propaganda Fide, un palais du XVIIe dessiné par Le Bernin place d’Espagne à Rome. Des travaux qui en réalité n’aboutirent jamais !

En outre, le cardinal Sepe est accusé d’avoir vendu fin 2004 au quart de sa valeur un immeuble de la Congrégation dans le centre de Rome au député du PDL Pietro Lunardi, alors ministre des Travaux publics de Silvio Berlusconi. Cet appartement aurait été entièrement restauré aux frais de Diego Anemone. Les magistrats italiens y verraient un acte de corruption.

Les deux personnages incriminés, Mgr Sepe et l’ex-ministre Lunardi nient pour l’heure toute irrégularité.

Si le Vatican se déclare solidaire du cardinal de Naples, il s’est cependant bien gardé d’invoquer une clause d’extraterritorialité comprise pourtant dans le Concordat de 1984 signé entre le cardinal Agostino Casaroli et le Premier Ministre italien Craxi qui la concède aux sièges cardinalices dans la péninsule. De plus, manifestement sur ordre, tout en appuyant moralement Sepe, le Père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège se garde d’accorder un blanc-seing au cardinal très controversé. Selon lui, la justice civile devra suivre son cours.

Cette affaire implique la Congrégation vaticane dont Sepe fut le chef de 2001 à 2006. Cette année-là, le Pape Benoît XVI éloigna de cette charge en le transférant à Naples un homme dont il suspectait dit-on l’honnêteté. Et il y nomma l’archevêque de Bombay, le cardinal Ivan Dias, un spirituel et un pasteur, totalement étranger à ce genre d’intrigues. Aujourd’hui Mgr Dias serait en mauvaise santé et sur le point de laisser sa charge à Mgr Fernando Filoni, un italien de 64 ans, actuel Substitut de la Secrétairerie d’Etat.

La Congrégation pour l’Evangélisation gère un patrimoine immobilier évalué à 9 milliards d’euros, dont plusieurs dizaines d’immeubles dans la Ville éternelle, provenant d’investissements et de donations effectués au fil des siècles.

"J’ai toujours agi dans la plus grande transparence", a déclaré le cardinal Sepe au sujet de son action en qualité de préfet. C’est bien aujourd’hui ce qui est en question. "J’ai toujours agi en ayant des bilans à chaque fois approuvés par la Secrétairerie d’Etat qui à la fin de mon mandat m’avait envoyé une lettre exprimant son estime pour la gestion" des biens de Propaganda Fide, a continué Crescenzio Sepe.

Il faut savoir que le cardinal Sepe n’a jamais été en odeur de sainteté auprès de Joseph Ratzinger. Et qu’il est haï par des franges rivales de la Curie romaine. Né en 1943, il a commencé sa carrière sous Paul VI. Il est d’abord protégé par les plus conservateurs, comme le cardinal argentin Umberto Mozzoni mais s’éloignera de cette ligne dure. Considéré comme un "conservateur à l’italienne", avec une certaine fluctuation idéologique, Crescenzio Sepe est parfois présenté à tort ou à raison comme un pur carriériste.D’aucuns vont jusqu’à prétendre que Benoît XVI lui aurait décoché un trait empoisonné à l’occasion de la messe d’ordination de 14 nouveaux prêtres du diocèse de Rome, dimanche 20 juin en dénonçant les ecclésiastiques qui voient le sacerdoce comme un moyen de "conquérir une position sociale" ou de satisfaire leurs propres ambitions. Un propos général, sans lien avec l’actualité ? Vraiment ? Citons le Pape :

“Le sacerdoce ne peut jamais représenter un moyen d’atteindre la sécurité ou de conquérir une position sociale... Qui aspire au sacerdoce pour accroître son prestige personnel et son propre pouvoir a mal interprété le sens même de son ministère...Ceux qui veulent surtout réaliser leur propre ambition, atteindre un succès personnel, seront toujours esclaves d’eux-mêmes et de l’opinion publique.”

Il est notoire que Sepe aspire depuis des années à devenir Secrétaire d’Etat. Son influence n’était pas mince sur le Pape Wojtyla, surtout lors des dernières années de Pontificat et de vie de ce dernier. Qui décidément est aujourd’hui critiqué pour une clairvoyance douteuse à l’endroit des dérives ayant cours. On sait qu’il n’inquiéta jamais Paul Casimir Marcinkus, archevêque américain au moins très imprudent (malgré les conseils réitérés en ce sens de son premier Secrétaire d’Etat, le cardinal Agostino Casaroli) et qu’il déclarait voir dans le Père Maciel, sulfureux fondateur des Légionnaires du Christ, "un saint homme". Comme lucidité, on a vu mieux !

Doué pour la communication à large échelle, grand voyageur, Cresecenzio Sepe a toujours joui de la confiance sans faille de Don Stanislas Dziwisz, le secrétaire polonais de Jean-Paul II. Et ce malgré les mises en garde émanant de nombreux hauts prélats de l’Eglise. C’est Dziwisz qui le fit nommer en 1992, à seulement 49 ans, archevêque et Secrétaire de la congrégation du clergé, avec l’aval du préfet du dicastère, un Philippin, le cardinal José T. Sanchez, complètement dépassé par les évènements. Crescenzio Sepe fut ensuite la cheville ouvrière de l’organisation du Grand Jubilé de l’an 2000, ce qui lui valut en 2001 la pourpre de cardinal. Depuis son étoile a bien pâli.
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