Agora de l'Ermitage

Libres propos d'un ermite sur les faits de société
 
AccueilS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 L'alibi de l'humanitaire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: L'alibi de l'humanitaire   Sam 6 Mar - 6:04

DE HAITI AU CHILI : Les enjeux cachés de l’aide humanitaire

Les deux séismes récents, dont l’actualité a abondamment rendu compte, parfois d’ailleurs de façon un peu pleurnicharde et compassionnelle, nous invitent à nous pencher de façon plus attentive sur les enjeux et les conséquences.

Alors que les jours se suivent, le bilan du tremblement de terre au Chili se fait plus lourd, ce qui n’est en fait pas très étonnant dans ce pays connu pour sa haute sismicité. Il probable, au demeurant, qu’on ne parviendra pas aux 3000 morts du tremblement de terre du 22 mai 1960 qui reste marqué d’une pierre noire dans la mémoire nationale. De plus, comme chacun sait, en raison précisément des risques énormes, les constructions sont ainsi faites au Chili pour éviter au maximum une tragédie meurtrière, même si celle-ci demeure pourtant en partie inévitable. Il faut cependant noter qu’au Chili pour une secousse beaucoup plus forte que celle qui a dévasté Haiti, on compte beaucoup moins de morts. Autrement dit l’égalité de départ face aux caprices de dame nature est faussée par des inégalités de moyens économiques, surtout de prévention. A supposer même que de nouvelles découvertes macabres viennent en quelque sorte compléter le bilan déjà lourd du Chili il est impossible d’établir une commune mesure avec Haiti. Tant les situations sont différentes.

Certes il y a dans cette inégalité une part de hasard. Tout ne dépend certes point de la secousse mais encore de l’endroit exact où elle connaît son épicentre.En effet, en Haiti, l’épicentre était seulement à 25 km de la capitale Port-au-Prince. Une ville très peuplée. Au Chili il se situait à une distance plus grande des deux principales villes du pays : à 115 kilomètres de Concepcion et à 325 kilomètres de Santiago. Cela tient aussi au fait que le Chili a une population plus éparse et une configuration générale toute particulière. Avec des maisons généralement peu élevées, sauf dans la Capitale. De plus, bien entendu, un niveau de vie plus élevé permet la construction de demeures plus solides.

On doit se souvenir également que Haiti est moins habitué aux tremblements de terre que le Chili ou d’autres pays, comme par exemple le Nicaragua. Le dernier grand séisme haïtien remonte au XVIIe siècle. Si le Chili a perdu une très large part de son patrimoine historique, en matière de monuments, depuis 1928, par contre la législation s’est mise en place pour prévenir les tremblements de terre : première législation antisismique après celle, bien sûr, de l’état américain de Californie.

A l’évidence, le Chili est un pays plus stable qu’Haïti. Les institutions ont donc pu réagir plus vite, et surtout mieux, que dans un pays au bord du gouffre et du chaos. A Port-au-Prince, le séisme a également un tremblement de terre politique et social. Image suggestive, et terrifiante : quelques jours après le séisme le Président René Préval pouvait déambuler dans les rues se plaignant de ne pas ... savoir où dormir ! On n’imagine pas une telle scène, ubuesque, sous nos latitudes ni même en Amérique du Sud. Un Président devenu SDF ! Au contraire, au Chili, quelques heures après le tremblement de terre, la présidente Michelle Bachelet occupait les écrans de télévision encore en marche pour dresser un bilan, même provisoire, de la situation, et répartir la présence des autorités gouvernementales dans les différentes régions touchées. Une Présidente d’ailleurs fort populaire dans son pays mais qui n’ayant pu se représenter devra céder la place à opposant politique de la droite libérale, Sebastian Pinera.

Malgré cette capacité du Chili à faire face. il ne faut aucun doute que le pays devra subir un certain nombre de conséquences économiques, à commencer par un ralentissement de son envol.Ce qui pourrait favoriser, surtout en considération de la couleur politique du nouveau Président Pinera, un leader américain renforcé. Le virage à droite qu’imprimera le nouveau Président Chilien, beaucoup moins radical et conservateur qu’il ne l’eût été avec Joaquin Lavin, catholique proche de l’Opus Dei, qui va tout-de-même devenir dans ministre de l’éducation.

A l’évidence, Pinera entend former avec le Président colombien Alvaro Uribe Velez, un axe destiné à contrer l’influence de Chavez. Ce ne sera cependant pas si simple. En effet, alors que le tremblement de terre secouait le Chili, la Colombie apprenait le rejet par la Cour Constitutionnel de Bogota du projet de referendum avancé justement par le Président Uribe pour lui permettre une troisième candidature consécutive. Ce qui en l’état n’est pas possible. Au grand dam de cet homme d’état populaire auxquels les sondages prêtent volontiers une victoire avec 70% des suffrages s’il avait été en mesure de se présenter. Autant dire une douche froide avec un tel espoir. La décision de la Cour est motivée par les dépenses excessives de campagne des partisans de Uribe dans la quête des signatures de soutien ! Il est vrai que des supporters trop motivés finissent par nuire. S’ouvre alors la question délicate de la succession d’Uribe. Etant entendu que le dauphin en piste, l’ancien ministre de la défense Juan Manuel Santos, n’est certainement pas assuré de l’emporter. A défaut d’une continuité politique, en raison du départ forcé du sortant Uribe, la Colombie verra son énergie absorbée dans des luttes politiques. Alors que le Chili se reconstruira suite au séisme. Chavez n’a donc guère à craindre de cet axe même renforcé.

D’autant plus que celui-cia obtenu lors du Sommet de Cancun la constitution d’une nouvelle organisation continentale seulement latino-américaine, sans les Etats Unis ni le Canada. Pour damer le pion à l’OSA, l’ancienne organisation des Etats américains, toujours en vigueur mais accusée parfois de favoriser l’impérialisme de Washington. Mais si à l’extérieur les choses vont bien pour Chavez, la situation intérieure lui est moins favorable. En effet, le Venezuela traverse une crise économique et politique.

Quant aux Etats Unis, la découverte de pétrole en Atlantique du Sud constitue certainement pour eux une très bonne nouvelle. A partir de laquelle bien des reconstructions sont à envisager.

Limes - Maurizio Stefanini (traduction et adaptation de Dominique Vibrac)
- Dans la rubrique: /International
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
 
L'alibi de l'humanitaire
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Marcel Michel ( inventeur humanitaire )
» Association Humanitaire Catholique JCM TOGO
» Côte d'Ivoire : l'ONU débloque 10 millions de dollars pour l'aide humanitaire
» Dans l'humanitaire ???
» Humanitaire

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Agora de l'Ermitage :: Sur la place du marché :: Les dérives de l'occident-
Sauter vers: