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 les limites de l'expansion humaine

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MessageSujet: les limites de l'expansion humaine   Mar 1 Juil - 13:00

La crise est mondiale. elle touche les 5 continents et les perspectives sont sombres.

En 2050, nous serons 9 milliards sur terre et il faudra produire 2 fois plus de nourriture qu'actuellement. Mais des populations entières n'auront pas accès aux produits de base et une génération entière pourrait être sacrifiée. Car les prix resteront à des niveaux très élevés au cours de la prochaine décennie. C'est ce que viennent d'annoncer la FAO et l'OCDE.

Il y a sur terre 860 millions d'affamés. Mourir de faim reste, pour moi, le plus grand scandale de ce XXI siècle, car alors que des êtres humains meurent de mal nutrition, dans nos hypermarchés la nourriture débordent des étalages, alors que les aliments périmés sont jetés, au lieu d'être donnés, car la plupart du temps ils peuvent être encore consommés après vérification, selon les produits. Dans certains pays, avec un seuil élevé de pauvreté, la sécheresse s'abat sur les familles, où, les mères devenues trop faibles pour allaiter, voient mourir leurs enfants affamés. Une autre cause est la guerre et ses millions de refugiés, puis arrivent les séismes comme les tsunamis, à cette longue liste, il faut rajouter, les réfugiés climatiques.

Une partie de la planète fait des régimes grâce à coup de spectaculaires budgets publicitaires, pendant que l'autre partie souffre d'une mal nutrition silencieuse.

Telle une écume sur la mer des indifférences, la préoccupation écologique est dévoyée par la publicité commerciale, le discours des politiciens et des communicateurs professionnels : " le climat se dérègle, le pétrole va manquer et surtout l'eau, le cadre de vie des humains se détériore et les déchets s'accumulent ".

Un terrien sur six souffre de ce fléau des temps modernes, les cataclysmes ou les guerres, ne sont pas seuls incriminés, mais faute seulement de ne rien avoir à manger, la mort est au rendez vous inexorablement. Comme si cette fatalité qui n'avait pas de nom désignerait ces solitaires comme cibles, égarés, abandonnés du reste de l'humanité. Ces pauvres erres cachés ou mendiants au milieu de la foule, deviennent invisibles aux regards des autres !

Il faut savoir que mourir de faim c'est mourir dans d'atroces souffrances, souvent c'est être contraint et forcé de manger des feuilles, et des racines. De plus, mourir de faim est une longue agonie faite de souffrance.
Un raz de marée sans caméra ni élan de générosité submerge le Niger, celui de la faim. Sous l'action cumulée d'une sécheresse qui rappelle celle des années 1980 et d'une invasion de criquets destructeurs de récoltes, la famine sévit dans l'ouest de ce pays sahélien, aux confins du Mali et du Burkina Faso. Des paysans privés de céréales pour cause de prix inabordables mangent des racines, certains creusent les termitières pour y extraire des grains de mil stockés par les insectes. Des millions de pauvres sans médicaments

Les enfants atteints par le manque de nourriture cessent de grandir leurs cheveux et leurs dents tombent, et leurs petits ventres gonflent. Une longue et douloureuse destruction du corps débute pour mener à la mort.
Les directeurs du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ont lancé en Juin 2008 un appel devant le Congrès américain pour éliminer la faim et la malnutrition des enfants dans le monde, rappelant que 18.000 enfants mourraient chaque jour pour ne pas avoir été suffisamment nourris, " un affront à la conscience ".
Sur notre belle planète déjà si petite 1 enfants meurt de faim toutes les 5 secondes d'après la FAO.

Imaginez un tout petit enfant qui souffre au moindre de ses mouvements. Les muscles atrophiés et sa peau déshydratée se craquelle, beaucoup d'enfant meurent de cette façon sous le regard impuissant de leurs parents.

Egalement, les deux tiers des personnes sous alimentées se trouvent en Asie et dans le pacifique. A elle seule l'Inde compte 200 millions d'individus affamés. Même si c'est bien en Afrique que proportionnellement la famine fait le plus grand nombre de victimes.

Sur 10 victimes de la faim dans le monde 7 sont des femmes et des fillettes.
Et pourtant autant de mères qui mettent au monde 20 millions de bébés au poids trop faible toujours d'après la FAO. Un des cercles vicieux de la faim dans le monde c'est aujourd'hui le risque numéro 1 pour la santé mondiale. Un risque bien plus important que le SIDA le paludisme et la tuberculose réunis.

Michel Tarrier s'est déjà penché sur ce problème avec son livre très polémique : " Faire des enfants tue la Surpopulation : la vraie vérité qui dérange ".

Revenons sur les émeutes de la faim quand la planète se révolte. C'est la révolution des ventres vides qui est en marche. Un cri de colère mondial. Les " crèves" la faim se font entendre. On constate une Flambée des cours des produits alimentaires, la spéculation des banques sur les denrées rares et l'augmentations du coût du transport et de la fabrication à cause d'une planète qui se " shoote " au pétrole.

Déjà on observe une vingtaine de pays sur le bord du cataclysme humanitaire.
En ligne de mire par là où tout a commencé : Haïti ou devant le palais présidentiel les casques bleus perdent patience et finissent par tirer dans la foule résultat : 6 morts et une centaines de blessés .Haïti fini donc par s'embraser, par les prix du riz et du lait dans ce pays la majorité pauvre augmente de 50%. Dans ce pays, chacun survit avec une moyenne de 1$ par jours. La rue a même obligé son premier ministre à se destituer. Le début de la guerre mondiale de la faim, le premier gouvernement est touché directement. Puis, le pouvoir se trouve à son tour menacé par les révoltés de la faim.

Au Cameroun, l'armée vient au secours de son gouvernement au bort de la chute. Des morts avec cette fois plus d'une quarantaine de morts, officiellement. Puis le pays des pharaons à son tour rentre dans cette danse macabre Où la mafia égyptienne arrive à spéculer sur le pain que le peuple ne peut que réclamer face à un gouvernement sans moyen d'actio éfficaces. Les boulangeries font l'objet d'assaut car le pays est menacé de pénurie.

L'inflation du cours du prix du blé aurait mis le feu à cette poudrière déjà bien chargée. La rue affronte les forces de l'ordre dans un pays où la répression et très redoutée. Puis le Sénégal, le Burkina ou la Côte d'Ivoire avec ses manifestations des petites classe sociales qui se multiplient, et jusqu'en Somalie, même, où avec des gros billets de banque on ne peut plus s'offrir le minimum vital. En Afghanistan des personnes sont sous perfusions alimentaires permanentes. L'aide internationale est loin de pouvoir nourrir tout ce peuple ravagé par la guerre. Alors n'y aurait t'il enfin pas une raison de penser qu'il y a un choc alimentaire ? On aurait pu croire que si.

Dans une quarantaine d'année il y aura 9 milliards de bouches à nourrir, cette crise ne fait que commencer.

Le riz est devenu un luxe au Burkina Faso, où, paradoxalement il y n'y aurait pas de pénurie alimentaire mais une spéculation boursière mondiale. Pour exemple le sac de 50 kilos de riz a triplé, il coûte sur place 21 milles francs CFA, alors, que le SMIC local et a 30 milles francs CFA Même si le gouvernement fait des efforts et indexe des produits ceci ne se répercute pas sur la majorité des étalages.

Mais surtout tout continu d'augmenter dans le monde, encouragé par les spéculations alimentaires :
La Viande + 20 %
Le Sucre + 30 %
Le Blé + 40 à 60 %
Le Beurre + 60 %
Les Huiles Végétales + 80 %
(Src= FAO)
Il faut noter que le prix des céréales est côté en bourse.
Par exemple un céréalier peut vendre ses céréales au gré des ventes et il peut même, regarder dans quelles endroits où quelle période il peut en tirer le meilleur bénéfice.

Cependant qu'acheteurs et vendeurs se mettent d'accord pour vendre à la crié dans une bourse. Trader boursiers producteurs sont des spéculateurs qui font grimper les prix …

Ces dérèglements intéressent les banques d'affaires et les fonts de pensions, et de plus près les boursiers. Et on trouve là, des acteurs qui n'ont plus aucun lien avec le monde agricole sauf qu'ils n'ont plus qu'un seul soucis c'est celui de faire grossir les gros portefeuilles. Les matières premières agricoles deviennent une denrée rare, donc un bon investissement pour certains, tout comme des actions, des obligations ou des actions immobilières. Et puis on rajoute la crise des sub-primes, ou la crise du sub-prime, (en anglais subprime mortgage meltdown) est une crise financière et boursière mondiale, déclenchée en 2006 par un krach des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis (les " subprimes "), révélée au monde en février 2007, puis transformée en crise financière mondiale à partir de l'été 2007.

Avec celles-ci, les investisseurs cherchant des placements plus rentables se sont rués vers les matières premières déversant des centaines de milliards de dollars ce qui a fait une explosion spéculative qui a participé grandement à perturber le cours des bourses des céréales.

Les banquiers, les fonts de pension sont les décideurs pour le monde agricole. D'après le professeur M.Greenberger qui nous dit que pour ces acteurs là il est préférable que les prix montent au plus haut. Nous voilà de plein pied dans la Word Compagny.
La hausse des prix de la bourse de Chicago aurait fait flamber le prix des céréales. L'agriculture répercute une situation de crise qui se fait ressentir dans une bonne partie du monde.

Et puis il ne faut pas oublier une fois encore la chine avec ces nouveaux riches qui eux aussi ont le droit de consommer comme tout pays développé. On remarque que l'on consomme davantage de viande maintenant. Même si les chinois ont fini par rejoindre les modes alimentaires occidentaux une partie de ce pays s'auto satisfait encore. Moins de riz mais davantage de viande, poulet œuf...

Mais tout ça n'est évidement pas sans conséquence si on fait les petits calculs,ce qui pose problème, c'est qu'en chine pour 1 Klg de Viande il faudrait 8kLg de céréales. Et la consommation de viande a été multipliée par 2, par habitant depuis 1980. On montre du doigt la chine pour essayer d'expliquer la flamber des prix alimentaires dans le monde, mais, l'impact sur les marchés mondiaux n'est encore qu'assez limité sur les marché mondiaux car en céréale l'auto suffisance de ce pays reste sa force. Mais voilà chez eux aussi les surfaces cultivables ne cessent de perdre du terrain. Une fois de plus l'urbanisation galopante et l'avancée du désert font perdre chaque année 1% des terre agricole Chinoise. Le gouvernement chinois fait déjà face à des problèmes de sécheresse dans une grande partie du pays. Alors comment ces 20% de la population mondiale vont pouvoir vivre avec seulement 7% des terres cultivables ? Un équilibre de plus en plus fragile. Ne pas oublier que les événements de la place Tian'anmen avait pour point de départ une augmentation des prix en 89 de 25%. Ce mécontentement avait généré le tragique dénouement historique, de cet homme écrasé par un char sur cette place. Encore une fois un enjeu politique devrait maintenir une stabilité sociale.

Et parlons des USA le pays ou l'on mange le plus au monde et oui ça ce passe comme ça chez …

Les quantités ingurgitées par les américains ne cessent d'augmenter.
Le pays des hamburgers est passé a celui des doubles, triples, quadruples hamburgers les portions augmentent encore. Des hamburgers atteignent même les 2000 calories. Et la nourriture américaine est dopée pas seulement aux OGM mais aux stéroïdes.

Une industrie alimentaire qui fait de leurs habitants des obèses, complètement influencés par les publicitaires. Des assiettes remplies de nourriture industrielles, à ce propos me fait penser à Tricatel ( film : L'aile ou la cuisse) et aurait pu devenir le maître du monde.

Dans ce pays on confond quantité et qualité il faut des proportions gigantesques là-bas pour en avoir pour son argent.

Et sans oublier les sodas ou les quantités ne doublent pas mais triples. Et l'abondance, le rêve américain ne serait-il pas plutôt devenu la gloutonnerie.

La moitié des aliments fabriqués au USA finissent à la poubelle.

Alors quand l'on ne contente plus de consommer les céréales maintenant on veut nourrir notre parc automobile.

Les céréaliers d'aujourd'hui me font penser au nababs du pétrole d'un autre temps. Au Minnesota il y aurait l'équivalent de la Suisse en champs rien que pour nourrir les voitures.

20 Litres au cent en moyenne pour les gros 4*4 américains voilà le premier marché bien juteux pour ces nouveaux agricoles devenus prince du pétrole qui transforment le maïs en éthanol. Les distilleries géantes tournent 24h/24 mais ne suffisent déjà plus à satisfaire la demande.

1 tiers de la récolte qui servait avant à l'alimentation humaine est aujourd'hui engloutie dans les réservoirs d'essence.

Le scandale à mon avis est que la quantité de maïs pour remplir ces 4*4 énergivore suffirait à nourrir un homme pendant un an (Src L.Brown-Directeur de l'environnement)

Autre scandale la production d'un litre d'éthanol à partir du maïs nécessite 4 milles litres d'eau, toutes les nappes phréatiques des Etas Unis n'y suffiront pas.

Et pendant ce temps la population Africaine va doubler dans les 40 années à venir ce qui veut dire qu'elle va passer à 1 milliard 800 Millions d'habitants rien que pour ce continent.

Les pays riches tendront-il la main ?

D'après J.Diouf -Directeur général de l'organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations Unis, Il faudrait revoir les investissements pour la matière de l'eau en Afrique il y aurait que 4% des terres arables qui seraient irriguées contre 38 % en Asie et donc cette agriculture de dépendrait uniquement que de la pluviométrie , ce qui reste encore aléatoire.

( suite en dessous)
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MessageSujet: les limites de l'expansion humaine 2 ( suite)   Mar 1 Juil - 13:01

Et avec tout ça ne pas oublier que dans son propre pays on a faim sur les trottoirs quand d'autres sont toujours pressés. On supprime même des aides au resto du cœur, et on zappe quand ça nous dérange.

Qu'un homme dorme sur le bitume
ça n'a pas l'air d'inquiéter
Les cardinaux en costume
Derrière les vitres teintées
(Francis Cabrel - Les Cardinaux En Costume)

Le sommet de la FAO a Rome na semble t'il rien donner que du BLA BAL BAL BLA.

Des il " faudrait faire " ou encore des " Ils faudrait que ça change "
Le sommet de Rome de la FAO a permis de recueillir plus de 6,5 milliards de dollars de promesses de dons pour lutter contre la faim et la pauvreté. Mais plusieurs points de désaccords persistent. Sur les biocarburants, le texte joue la carte du consensus mou, en affirmant seulement qu'il est " essentiel d'aborder les défis et les opportunités liées à leur culture ". Autrement dit, ni condamnation, ni encouragement, il faut continuer d'en discuter. (Src :RFI)

A noter, dans le même temps, l'absence de toute référence aux engagements pris lors de la conférence des Nations unies de Bali sur les changements climatiques, ou encore sur les subventions accordées par les pays riches à leurs agriculteurs.

Jean Ziegler est l'ancien rapporteur de l'ONU sur le droit à l'alimentation. Il est aujourd'hui membre du comité consultatif du conseil des droits de l'homme des Nations unies et auteur du livre L'Empire de la honte (édition Le Livre de poche). Il a déclaré dans le Monde du 06.06.08 a propos du sommet de Rome :

" C'est un échec total, c'est extraordinairement décevant, et très inquiétant pour l'avenir des Nations unies. Le sommet est assez unique dans l'histoire de cette organisation : plus de 50 chefs d'Etat et de gouvernement se sont réunis pour discuter de solutions concrètes à apporter à l'effroyable massacre quotidien de la faim, qui s'aggrave encore avec l'explosion des prix mondiaux des matières premières agricoles depuis cinq ou six mois. Mais le résultat de cette conférence est totalement scandaleux : l'intérêt privé s'est imposé, au lieu de l'intérêt collectif. Les décisions prises à Rome risquent d'aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre. "

La surpopulation face à la spéculation il faudra bien du temps pour trouver un juste milieu.

Et les OGM soit disant pour lutter contre ce genre de crise se vendent à coup de semences à gêne auto suicide afin de racheter continuellement tout les ans ces achats qui eux aussi ne sont plus des produits agricoles mais uniquement boursiers. Pour les grosses sociétés qui profitent de la situation pour s'installer définitivement sur le marché et contaminer un maximum de plantations afin de revendiquer plus tard un brevet et d'ici là les agriculteurs ne seront même plus prioritaires de leurs propres champs.


Le monde est aux mains de stratèges
Costume noir, cravate beige
Ou turban blanc comme la neige
Qui joue de bien drôles de jeux.
(Francis Cabrel - Le Chêne Liège)





Félicien Michaut

FAO =Food and agriculture organization, soit « Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture » , une organisation des Nations unies.

OCDE =L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, en anglais OECD : Organisation for Economic Co-operation and Development) est une organisation internationale d'études économiques, dont les pays membres, principalement des pays développés, ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché.

http://evolutionnaire.free.fr:80/faim.php
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MessageSujet: Réflexion faite   Lun 11 Aoû - 17:48

Premier jet d'un article à paraitre sur http://terresacree.org


Réflexion faite


Nous vivons depuis longtemps sur la Terre, une accueillante petite planète d’un système stellaire parmi des milliards de milliards d’autres. Dans un univers qui vient de rien (on parle de fluctuation du vide) et qui a explosé il y a 13,7 milliards d’années, d’après notre dernière datation.

Nous en avons conscience et nous nous posons des questions essentielles.

Qu’est-ce que la vie ?

Est-elle extrêmement répandue dans notre galaxie et dans les cent milliards d’autres, répondant à des lois chimiques universelles ou bien est-ce un phénomène rarissime au point que la Terre soit finalement la Mecque du monde, héritière d’une somme incalculable de hasards tous aussi improbables les uns que les autres?

Mène-t-elle toujours à la conscience ? N’est-ce pas son rôle ?

Tout irait bien dans le meilleur des mondes possibles si nous ne faisions pas les terribles observations suivantes :

L’espèce dominante, Homo sapiens, a vaincu toutes les étapes de l’adaptation à toutes sortes de milieux souvent hostiles. Bravo ! On applaudit. Maintenant l’homme en est au stade où il transforme radicalement le milieu lui-même, au point de le rendre irrespirable en saturant l’atmosphère de gaz à effet de serre. L’humanité, à cause de ses activités prédatrices, a bien généré un dérèglement climatique à l’échelle planétaire qui risque de rendre la Terre tout simplement presque inhabitable pour les siècles à venir.

Sur notre planète, il ne reste déjà plus que quelques lambeaux de la forêt primitive qui recouvrait jadis la plupart des terres. Les espèces disparaissent à un rythme mille fois plus élevé que durant les disparitions naturelles. La moitié des primates est en train de s’éteindre définitivement. Et ce ne sont pas nos zoos qui changeront quoi que ce soit. L’empreinte de l’homme sur son environnement atteint un stade qui dépasse l’entendement. Les campagnes ne sont plus que des cultures à perte de vue, arrosées en permanence par des pesticides qui laissent peu de chance à la biodiversité et nuisent à notre santé. Les grandes villes se transforment en mégalopoles, fourmilières de 25 millions d’habitants, qui élèvent leurs tours de béton vers le ciel. 50% de la population mondiale vit déjà en milieu urbain. En Chine, 90% en 2050 !

A priori, quelque chose ne tourne plus rond du tout sur cette planète.

9 milliards d’habitants prévus en 2050. Mais comment nourrir tous ces gens-là ? Surtout qu’on aura plus une goutte de pétrole à cette époque et que les agro-carburants auront sûrement envahi les terres habituellement réservées à nous nourrir. Or les rendements que nous obtenons actuellement sont dû à l’or noir (engrais, pesticides, pétrole pour faire tourner les moissonneuses et transporter les récoltes).

La Terre n’est pas extensible. On ne peut pas mettre de rallonge à la table des milliards de convives. Donc certains crèveront de faim. Les plus pauvres agoniseront. C’est par là que nous devrons en passer pour que notre population se réduise. C’est ce qui nous attend. Quelle perspective ! Vive l’humanité !

A moins… A moins que nous ne prenons d’ici là des mesures radicales! Que nous changions de système.

Et c’est sans parler des guerres ! Parce que il y aura bien sûr de nouvelles bonnes raisons de se faire des guerres. Devant l’appauvrissement des richesses naturelles mondiales telles que l’uranium (fin en 2040), le pétrole (fin en 2050), le gaz (fin en 2072), les métaux rares et même non précieux tels que le fer dont la fin est annoncée –eh oui !- pour 2087 (tous les gisements métalliques et énergétiques, qui constituent la base de nos progrès technologiques actuels, auront été pillés entre 2021, date de la fin de l’argent de l’or et du zinc et 2158, date de la fin du charbon), les pays les mieux armés seront peut-être tentés de s’approprier les dernières ressources non renouvelables.

L’avenir est noir pour notre civilisation. Plus de vert. Le bleu sera devenu gris. Et trouver à manger accaparera tous nos instants.

Alors on se dit, à ce compte-là, est-ce que la vie en vaut la peine, si c’est pour arriver à ce terrible résultat ? A cette déchéance ?

Mais nous pouvons encore faire en sorte que ce passage inéluctable entraîne moins de CO2, moins de souffrance, moins de disparition d’espèces et d’individus.

Bien sûr il faut que tous les pays du monde s’y mettent immédiatement et agissent dans l’urgence.

Nous n’avons plus le temps. Le processus est en train de se produire sous nos yeux. Cela ne concerne pas seulement nos petits enfants, mais nos propres enfants, oui eux et nous-mêmes qui, pour les plus jeunes, allons vivre des périodes de terreur, nous demandant vraiment à quoi bon vivre si c’est pour courir toute la journée après un bol de céréales…

Mais il n’est pas facile de changer d’un coup la plupart de nos habitudes, toutes les habitudes des pays les plus riches. D’autant plus que les pays émergeants demandent leur part du gâteau, aggravant inévitablement la pollution globale de l’air et des sols.

Et les questions se posent. Encore et encore. C’est peut-être le propre de l’homme ?

Comment se fait-il que l’espèce qui se dit la plus intelligente en soit arrivée à cette guerre totale contre la nature ? A ce meurtre démentiel de la Terre-mère dont il dépend entièrement? Homo sapiens qui jusqu’à présent a surmonté avec brio toutes les épreuves de l’évolution et ne s’est pas encore autodétruit…

Nous pourrions pourtant vivre en paix sur cette planète si nous étions des millions, pas des milliards ! Nous partagerions alors les richesses naturelles sans les épuiser et nous pourrions même nous payer le luxe d’une technologie non polluante. Bref nous aurions du respect. Et la vie vaudrait vraiment le coup pour tous les êtres vivants qui vivraient en parfaite harmonie, s’interrogeant sur les mystères extraordinaires du monde fabuleux dans lequel ils vivraient. Et qui friserait la perfection.

Cette Terre serait un paradis parmi les myriades de paradis. Il règnerait ici l’équilibre entre l’homme et la nature pour les sept milliards et demi d’années de vie de notre Soleil (sous sa forme actuelle).

Mais peut-être cela aura-t-il lieu après la chute de notre civilisation telle que nous la connaissons ? Surtout qu’ayant tout épuisé autour de nous, d’ici deux petits siècles, on ne pourra plus polluer l’environnement.

Il faudra quand même quelques millions d’années pour que la nature se reconstitue et poursuive sa merveilleuse évolution.

Mais là, pour le coup, on a le temps !



Michel WALTER pour Terre sacrée le 11 août 2008

Merci de réagir à cet article sur sos-planete@terresacree.org
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MessageSujet: Nouvelle version revue et corrigée   Mer 13 Aoû - 17:59

NOUVEAU : "Réflexion faite", de Michel Walter, NOUVELLE VERSION améliorée suite à vos très nombreuses réactions dont nous vous remercions.

Merci de faire circuler ce message sous cette forme sur les listes de diffusion auxquelles vous êtes abonnés, à vos amis et connaissances. Pourquoi pas à la presse et aux politiques? Quelqu'un veut-il se charger de cette mission?



Réflexion faite

Nous vivons depuis longtemps sur la Terre, une accueillante petite planète d’un système stellaire parmi des milliards de milliards d’autres. Dans un univers qui vient de rien (on parle de fluctuation du vide) et qui a explosé il y a 13,7 milliards d’années, d’après notre dernière datation.

Nous en avons conscience et nous nous posons des questions essentielles.

Qu’est-ce que la vie ?

Est-elle extrêmement répandue dans notre galaxie et dans les cent milliards d’autres, répondant à des lois chimiques universelles ou bien est-ce un phénomène rarissime au point que la Terre soit finalement la Mecque du monde, héritière d’une somme incalculable de hasards tous aussi improbables les uns que les autres?

Mène-t-elle toujours à la conscience ? N’est-ce pas son rôle ?

Tout irait bien dans le meilleur des mondes possibles si nous ne faisions pas les terribles observations suivantes :

L’espèce dominante, Homo sapiens, a vaincu toutes les étapes de l’adaptation à toutes sortes de milieux souvent hostiles. Bravo ! Elle a envahi tous les écosystèmes. On applaudit. Maintenant l’homme en est au stade où il transforme radicalement le milieu lui-même, au point de le rendre irrespirable en saturant l’atmosphère de gaz à effet de serre. L’humanité, à cause de ses activités prédatrices, a bien généré un dérèglement climatique à l’échelle planétaire qui risque de rendre la Terre tout simplement presque inhabitable pour les siècles à venir.

Sur notre planète, il ne reste déjà plus que quelques lambeaux de la forêt primitive qui recouvrait jadis la plupart des terres. Les espèces disparaissent à un rythme mille fois plus élevé que durant les disparitions naturelles. La moitié des primates est en train de s’éteindre définitivement. Et ce ne sont pas nos zoos qui changeront quoi que ce soit. L’empreinte de l’homme sur son environnement atteint un stade qui dépasse l’entendement. Les campagnes ne sont plus que des cultures à perte de vue, arrosées en permanence par des pesticides qui laissent peu de chance à la biodiversité et nuisent à notre santé. Les grandes villes se transforment en mégalopoles tentaculaires, fourmilières de 25 millions d’habitants, qui élèvent leurs tours d'acier, de verre et de béton vers le ciel. 50% de la population mondiale vit déjà en milieu urbain. En Chine, 90% en 2050 !

A priori, quelque chose ne tourne plus rond du tout sur cette planète.

9 milliards d’habitants prévus en 2050. Mais comment nourrir correctement tous ces gens-là ? Surtout qu’on aura plus une goutte de pétrole à cette époque et que les agro-carburants auront sûrement envahi nombre de terres habituellement réservées à notre alimentation. Or les rendements que nous obtenons actuellement sont dû à l’or noir (engrais, pesticides, pétrole pour faire tourner les moissonneuses et transporter les récoltes).

La Terre n’est pas extensible. On ne peut pas mettre de rallonge à la table des milliards de convives. Donc certains crèveront de faim. Les plus pauvres agoniseront. C’est ce qui nous pend au nez. Quelle perspective ! Vive l’humanité !

A moins… A moins que nous ne prenons d’ici là des mesures radicales! Que nous changions complètement de mode de vie, de système.

Et c’est sans parler des guerres ! Parce que il y aura bien sûr de nouvelles bonnes raisons de se faire des guerres. Devant l’appauvrissement des richesses naturelles mondiales telles que l’uranium (fin en 2040), le pétrole (fin en 2050), le gaz (fin en 2072), les métaux rares et même non précieux tels que le fer dont la fin est annoncée –eh oui !- pour 2087 (tous les gisements métalliques et énergétiques, qui constituent la base de nos progrès technologiques actuels, auront été pillés entre 2021, date de la fin de l’argent de l’or et du zinc et 2158, date de la fin du charbon), les pays les mieux armés seront peut-être tentés de s’approprier par la force les dernières ressources non renouvelables.

L’avenir est noir, très noir, pour cette civilisation gloutonne, pour l'humain et la nature en général. Faire l'autruche n'a pas de sens. Plus de vert. Le bleu sera devenu gris. Et trouver à manger accaparera tous nos instants.

Alors on se dit, à ce compte-là, est-ce que la vie en vaut la peine, si c’est pour arriver à ce terrible résultat ? A cette déchéance ?

Mais tout n'est quand même pas perdu, ce n'est pas l'apocalypse. Il ne faut pas baisser les bras et sombrer dans le pessimisme. Le défaitisme. Nous pouvons encore limiter la casse, faire en sorte que ce passage inéluctable se fasse plus en douceur et entraîne moins de pollution, moins de souffrance, moins de disparition d’espèces et d’individus. Il y a encore de l'espoir et l'homme a fait la preuve dans le passé qu'il est un être parfois doué et plein de ressources.

Bien sûr il faut que toutes les nations du monde s’y mettent immédiatement et agissent dans l’urgence. En développant par exemple massivement les énergies renouvelables, en piégeant les polluants à la sortie des cheminées et des pots d'échappement, en cessant totalement la déforestation des zones tropicales, en reboisant, en recyclant tout ce qui est recyclable y compris les métaux encore abondants, en mangeant le moins de viande possible, en réduisant les naissances au niveau mondial... Que sais-je?

Les solutions ne manquent pas. Mais certaines ne vont pas convenir à tout le monde.

En tout cas, nous n’avons plus le temps de tergiverser. Le processus est en train de se produire sous nos yeux. Cela ne concerne pas seulement nos petits enfants, mais nos propres enfants, oui eux et nous-mêmes qui, pour les plus jeunes, allons vivre des périodes de grand désarroi, nous demandant vraiment à quoi bon vivre si c’est pour courir toute la journée après un bol de céréales…

Mais il n’est pas facile de changer d’un coup la plupart de nos habitudes, toutes les habitudes néfastes des pays les plus riches. D’autant plus que les pays émergeants demandent leur part du gâteau en voulant vivre à l'occidentale, au-dessus de leurs moyens, comme nous, aggravant inévitablement la pollution globale de l’air et des sols. Et qui pourrait le leur reprocher puisqu'il n'y a, pour l'heure, parait-il, pas d'alternative concurrentielle?

Et les questions se posent. Encore et encore. Elles font des bonds dans le plus gros cerveau animal. Peut-être est-ce le propre de l’homme que de s'interroger?

Comment se fait-il que l’espèce qui se dit la plus intelligente en soit arrivée à cette guerre totale contre la nature ? A ce meurtre démentiel de la "Terre-mère" dont elle dépend pourtant entièrement? Homo sapiens qui jusqu’à présent a surmonté avec brio l'ensemble des épreuves de l’évolution et ne s’est pas encore autodétruit…

Nous pourrions pourtant vivre en paix sur cette planète si nous étions des millions, pas des milliards ! Nous partagerions alors les richesses naturelles sans les épuiser et nous pourrions même nous payer le luxe d’une technologie non polluante. Bref nous aurions du respect. Et la vie vaudrait vraiment le coup pour tous les êtres vivants qui vivraient en parfaite harmonie, s’interrogeant sur les mystères extraordinaires du monde fabuleux dans lequel ils vivraient.

Cette Terre serait un paradis parmi les myriades de paradis. Il règnerait ici l’équilibre entre l’homme et la nature pour les sept milliards et demi d’années de vie de notre Soleil (sous sa forme actuelle).

Mais peut-être cela aura-t-il lieu après la chute de notre civilisation telle que nous la connaissons ? Surtout qu’ayant tout épuisé autour de nous, d’ici deux petits siècles, on ne pourra plus polluer l’environnement.

Il faudra quand même quelques millions d’années pour que la nature se reconstitue et poursuive sa merveilleuse aventure.

Mais là, pour le coup, on a le temps !
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MessageSujet: Nous nous menaçons nous-mêmes   Lun 18 Aoû - 12:36

15/06/2008

«La survie de l'espèce humaine dépend de sa capacité à trouver de nouvelles terres dans l'Univers.» (Stephen Hawking)

Pas d'accord. Hawking veut coloniser l'espace. Procédons par ordre. Où en sommes-nous sur Terre? Dans l'histoire de l'humanité, des nouvelles terres ont déjà été trouvées par des explorateurs, habitées ou non, et l'humanité les occupe à toutes les latitudes habitables. Nous en connaissons le résultat. Pas terrible.

Si nous avons le même comportement, les nouvelles planètes, à supposer qu'elles existent, qui nous accueilleraient, deviendraient vite malades de notre civilisation.

Pour l'instant, l'essentiel est d'abord que nous nous rendions tous compte que nous pillons les ressources non renouvelables de la Terre, que nous exterminons des milliers d'espèces qui nous ont précédés dans l'histoire du vivant et que, nous privant d'elles, nous nous menaçons nous-mêmes.

Ensuite, il faut trouver les remèdes à la situation dans laquelle nous nous sommes mis afin que le départ de notre planète mère ne soit pas nécessaire, même si on trouve une planète Terre bis. On sait ce qu'on quitte, mais serait-ce pour le meilleur ou pour le pire? Car enfin, imaginons le voyage. Des milliards de personnes à évacuer à des millions ou des milliards de kilomètres...

«Il faut que quelqu'un commence»

À bien y réfléchir, nous pouvons changer de planète sans quitter la nôtre. Il suffit de commencer, même tout seul, dans son quartier ou dans sa famille. D'ailleurs, beaucoup d'entre nous ont commencé, comme dans les petits contes philosophiques tels celui de la montagne qui cache le soleil ou celui du colibri. Les deux histoires disent la même chose.

Une montagne enserre une vallée de ses escarpements si hauts que jamais le soleil n'éclaire les habitants. Et ils se lamentent des siècles durant, implorant en vain toutes les divinités possibles. Les récoltes sont maigres, les enfants faméliques. Près de la mort, un vieillard qui a beaucoup réfléchi s'en va chaque jour avec un pic, au petit matin, et ôte quelques cailloux du sommet. À ceux qui l'interrogent, il répond: «Si vous voulez rester là, que faire d'autre pour faire venir le soleil?»

Un terrible incendie s'est déclaré dans la jungle. Les animaux se sont tous réfugiés de l'autre côté du grand fleuve. Ils regardent leur maison qui brûle. Ils attendent.

Seul un petit colibri fait des allers-retours, de la berge du fleuve à la forêt en flammes, et de la forêt en flammes à la berge du fleuve. Il transporte une ou deux gouttes d'eau chaque fois et les lâche sur les arbres transformés en torches.

Chacun doit faire sa part

Grâce à ceux qui minimisent leurs déplacements en voiture chaque fois que c'est possible, l'atmosphère devient moins favorable au sureffet de serre. Grâce à ceux qui trient et recyclent au maximum, la planète ne croulera pas sous les déchets. Grâce à ceux qui économisent l'eau, ceux qui renoncent aux pesticides, ceux qui choisissent les panneaux solaires, isolent leur maison... grâce à tous ceux qui changent eux-mêmes, la planète change.

Plus vite nous changerons, plus vite la planète sera différente.

Et elle sera guérie pour les quelque cinq milliards d'années où le Soleil existera encore, avant de devenir une naine blanche. La vie, ici sur la petite planète Terre, pourrait encore durer presque autant...

http://www.canoe.com/infos/chroniques/hubertreeves/archives/2008/06/20080615-085101.html

Toutes les chroniques d'Hubert Reeves : http://www.canoe.com/chroniques/hubertreeves.html

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MessageSujet: Réduction de la population mondiale : faire face à l’inévitable   Lun 3 Nov - 8:40

par J.Kenneth Smail
traduit de World Watch

Si l’on regarde au-delà des inquiétudes à court terme qui ont empoisonné les débats sur la population au niveau politique, il apparaît de plus en plus clairement que la viabilité de la civilisation à long terme nécessitera non seulement une stabilisation du nombre d’êtres humains, comme on l’a estimé, sur les 50 prochaines années, mais également une réduction colossale à la fois de la population et de la consommation.


La tension grandissante entre deux tendances apparemment irréconciliables est devenue de plus en plus visible ces 50 dernières années. D’un côté, les projections démographiques modérées à conservatrices indiquent que le nombre d’habitants sur la planète atteindra, presque avec certitude, 9 milliards, peut-être plus, d’ici le milieu du 21ème siècle. De l’autre, des estimations scientifiques prudentes et de plus en plus fiables laissent entendre que la capacité de charge de la terre à long terme, à un niveau de vie qui pourrait être défini comme allant de "adéquat" à "modérément confortable", selon les standards des pays développés, pourrait ne pas dépasser deux ou trois milliards. Cela pourrait être considérablement moins, particulièrement si le style de vie de référence (niveau de consommation) auquel les gens aspirent se rapproche de celui des Etats-Unis.

En réaction à ce "dilemme malthusien" des temps modernes, il est grand temps de penser sérieusement au futur à moyen terme et d’envisager des alternatives qui vont plus loin que le simple ralentissement ou l’arrêt de la croissance démographique mondiale. L’espèce humaine doit développer, et rapidement mettre en application, des programmes bien conçus, clairement articulés, flexibles, équitables et coordonnés au niveau international, pour réduire la population humaine de façon significative sur les deux prochains siècles ou plus. Cet effort demandera probablement une réduction de la population mondiale d’au moins deux tiers à trois quarts, des 9 à 10 milliards d’individus prévus pour la seconde moitié du 21ème siècle à une "population optimale" future (à partir du 23ème siècle) ne dépassant pas les 2 à 3 milliards.

Visiblement, un changement démographique de cette amplitude nécessitera une réorientation majeure de la pensée, des valeurs, des attentes et des modes de vie de l’humanité. Il n’y a pas de garanties quant au succès d’un tel programme. Mais si l’humanité échoue dans sa tentative, la nature imposera certainement une réalité encore plus dure. En tant qu’anthropologue physique et biologiste spécialisé dans l’évolution humaine, je crains que cette crise démographique et environnementale métastasant rapidement (bien qu’elle soit partiellement cachée) ne se révèle être la plus grande impasse évolutionnaire/écologique jamais rencontrée par notre espèce.

Bien que la nécessité de réduire la population puisse prêter à controverse, elle peut être testée scientifiquement. Cette hypothèse peut être réfutée si on peut clairement montrer que les estimations actuelles de la population mondiale sur les prochaines centaines d’années n’excèderont pas les projections de plus en plus fiables des capacités terrestres maximales présentes et futures. Elle sera par contre confirmée si la taille de la population mondiale future continue de dépasser cette capacité maximale d’une marge importante. Et même si les estimations de capacité optimale de 2 ou 3 milliards se révèlent inexacte, disons d’un facteur de deux, il faudra quand même, pour arriver à une population maximale de 4 à 6 milliards, une réduction substantielle par rapport à la projection de 9 milliards ou plus pour le milieu du siècle.

En dessous des radars ?

Il est surprenant de constater le peu d’intérêt scientifique et public qu’a éveillé la mise en place de paramètres quantifiables, testables et acceptés socio-culturellement, propres à déterminer la capacité limite à long terme de la planète. Malheureusement, à quelques exceptions près, un grand nombre de chercheurs scientifiques, par ailleurs très qualifiés, et d’experts en politiques publiques ont plutôt rechigné à adopter une position claire et franche sur ce sujet profondément important. On peut se demander pourquoi - prudence inhérente, inquiétude à propos de leur réputation professionnelle, effets secondaires des structures de plus en plus spécialisées des institutions tant politiques que scientifiques, ou toutes autres raisons. Etant donné la nature et les ramifications globales du problème, la principale raison est peut-être simplement la "paralysie par l’échelle", ce sentiment débilitant d’impuissance collective et individuelle face à des problèmes dont la taille semble insurmontable.

Les estimations sommaires de la capacité limite faite par le passé varient considérablement, allant de moins d’1 milliard à plus de 20 milliards. Et il est évident qu’il sera difficile d’apporter une réponse efficace à cette crise si les objectifs démographiques pour le futur continuent à être mal compris et mal exprimés. Il est cependant intéressant de noter que plusieurs chercheurs et organisations ont développé des positions plutôt bien pensées sur la population mondiale future optimale, ces estimations s’échelonnent de 1 à 3 milliards.

J’espère que mon hypothèse est fausse et que les diverses théories démographiques plus optimistes avançant que la population mondiale commencera à se stabiliser et à décliner plus vite que prévu vont s’avérer exactes. Mais cet optimisme ne peut se justifier que si des données viennent les corroborer, c’est-à-dire uniquement si les "chiffres irréconciliables" mentionnés précédemment arrivent à tendre de manière plus convaincante vers une certaine congruence.

Il est clair que les affirmations selon lesquelles la Terre pourrait être capable de supporter une population de 10, 15 ou même 20 milliards d’individus pour une durée indéterminée et à un niveau de vie supérieur au niveau actuel sont non seulement terriblement trompeuses mais aussi presque certainement fausses. En dépit de notre dépendance actuelle à une croissance économique continue et ininterrompue, l’humanité doit reconnaître que la capacité maximale de la Terre à des limites physiques, biologiques et écologiques finies. Et si l’on en juge par les inquiétudes grandissantes sur le maintient de la qualité, de la stabilité et/ou de la durabilité de l’atmosphère, de l’eau, des forêts, des terres agricoles, des zones de pêche et de bien d’autres choses encore sur la planète, il y a peu de doutes quant au fait que beaucoup de ces limites seront bientôt atteintes, si elles n’ont pas déjà été dépassées. Dans la mesure où les dégâts causés par une reproduction humaine excessive et la surconsommation, dont les effets s’amplifient mutuellement, pourraient provoquer une pénurie irréversible de certaines ressources, et puisqu’il n’y a qu’une planète pour se livrer à cette expérience, il serait préférable pour notre espèce de choisir la prudence, adoptant à chaque fois que cela est possible une attitude réfléchie et responsable.

Il est peut être temps que les preuves sur le sujet, que l’on a longtemps demandées aux soi-disant pessimistes néo-malthusiens, soient fournies par les "optimistes de la corne d’abondance". Laissons-les répondre : quelles preuves avons-nous que la Terre puisse supporter, sans dégâts irréparables, encore deux siècles ou plus de présence humaine, pendant lesquels la population mondiale et la consommation par tête excéderont toujours davantage sa capacité limite optimale (durable) ?

Dans tous les cas, une fois établi un cadre de référence "quantifiable et falsifiable", il est temps d’affirmer que la rhétorique actuelle sur la réduction de la croissance ou même la stabilisation de la population, est clairement insuffisante. Les données empiriques et une logique implacable laissent entendre que notre position par défaut pour les deux ou trois siècles à venir devrait être de chercher une réduction significative du nombre d’êtres humains.

Reconnaître notre dilemme

Est-il naïf d’espérer que lorsqu’un nombre important de chercheurs préoccupés commenceront à considérer sérieusement cette réduction, il deviendra plus facile pour les scientifiques, les écologistes, les politiciens, les économistes, les moralistes et les autres citoyens du monde inquiets de parler ouvertement du besoin critique pour l’humanité d’une stabilisation et d’une réduction de la population ? Ils devraient au moins ne pas avoir le sentiment de commettre un suicide politique, professionnel ou moral en abordant ces problèmes. Le temps est de plus en plus précieux, et notre marge de manœuvre pour prendre des mesures efficaces pourrait se réduire rapidement - en admettant qu’il ne soit pas trop tard.

Jusqu’à preuve du contraire, j’affirmerai donc qu’une croissance démographique insuffisamment ralentie devrait être considérée comme la caractéristique la plus importante dans un paysage physique, écologique, bio-culturel et socio-politique complexe (et synergique). Réguler la population humaine, et faire face aux nombreux problèmes qui seront engendrés par son inévitable rétrécissement, devrait être une priorité du dilemme moderne, et en tant que telle, elle devrait être traitée beaucoup plus sérieusement et rapidement qu’elle ne l’a été jusqu’à présent.

Il y a plus d’un demi-siècle, à l’aube de l’ère nucléaire, Albert Einstein avait suggéré que nous aurions besoin d’une nouvelle façon de penser pour que l’humanité survive. Même si l’explosion de la population n’est pas aussi brusque et spectaculaire qu’une explosion nucléaire, ses conséquences finales pourraient être tout aussi réelles (et tout aussi dévastatrices) que le scénario d’hiver nucléaire envisagé au début des années 1980.

Une réduction à grande échelle de la population mondiale sur les deux ou trois siècles prochains apparaît inévitable. Le problème majeur semble être de savoir si ce processus s’accomplira sous un contrôle humain conscient et (espérons-le) de manière relativement bénigne, ou si cela s’avérera être imprévisible, chaotique et (peut-être) catastrophique. Nous devons commencer à penser différemment à ce problème mondial d’une importance capitale, pour que les inquiétudes prescientes et légitimes d’Einstein sur la survie de l’espèce humaine et de la civilisation au 21ème siècle, et d’après, soient abordées aussi rapidement, pleinement et humainement que possible.

Ne me parlez pas de pénurie. Mon monde est vaste et a plus qu’assez - pour un nombre limité. Il n’y a pénurie de rien, à part de volonté et sagesse ; mais il y a un surplus de gens. Garrett Hardin (1975)

Ken Smail est professeur au département d’anthropologie du Kenyon College, et l’auteur de plusieurs articles et essais sur la population parus dans Population and Environment, Politics and the Life Sciences, et d’autres journaux. Cet essai est dédié à la mémoire de Kenneth Boulding et de Garrett Hardin.


EN COLLABORATION AVEC LE BIMESTRIEL WORLD WATCH

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MessageSujet: quand les humains se marchent dessus Il est temps d'AGIR   Lun 3 Nov - 8:43

Population Mondiale : quand les humains se marchent dessus Il est temps d'AGIR

Le nombre d'individus ne cesse d'accroître et les scientifiques estiment que le cap des 7 milliards d'êtres humains sera atteint en 2012-2013 ; autrement dire 'demain'. Il serait temps de se pencher sur le problème de surpopulation avant qu'il ne soit trop tard...

Récapitulatif de l'histoire de la croissance démographique

10 000 ans avant JC, la population était estimée entre 1 et 10 millions d'individus.

En 1804, elle avait atteint le cap de 1 milliard de personnes.
En 1930, elle était de 2,07 milliards.
En 1970, elle passait à 3,690 milliards.
En 2005, la population mondiale était de 6,5 milliards.
Si les choses continuent comme cela, on estime la population mondiale en 2050 à 9,075 milliards.


Réflexion au sujet de l'évolution de la croissance démographique mondiale

C'est au siècle dernier que l'avancée dans le domaine de la science a permis la création des moyens de contraception. Et en même temps que la maîtrise des naissances, l'avancée de la médecine permettait une mortalité infantile moins importante ainsi que le rallongement de l'espérance de vie. Tout comme il fût le cas en matière d'environnement et d'écologie, il serait idiot et dangereux d'attendre que tout aille mal et qu'il soit trop tard pour réagir et commencer à penser aux solutions envisageables en matière de démographie mondiale.

Déjà plus de 6 milliards d'êtres humains qui ne parviennent pas à vivre ensemble sur la même planète, qu'en sera t'il lorsqu'il n'y aura plus suffisamment de place et de ressources naturelles pour tout le monde?
Avant qu'il ne soit trop tard, il est de notre devoir d'AGIR !

Esquisses de solutions envisageables
- Contrôle réel des naissances partout dans le monde
- Généralisation mondiale de l'ccès aux moyens de contraception (et ce malgré le religion... pas facile... )
- Campagnes mondiales d'information sur le sujet
- Mise en place d'organisation internationale de la démographie mondiale (organe indépendant et neutre)
http://citizenjournalism.blogs.

2 rapports Meadows , celui de 1972 et celui de 2002 dont vous pouvez trouver les résumé ici : http://www.societal.org/docs/cdr1.htm et http://www.societal.org/docs/cdr2.htmLa seule solution pour sauver la planète (et "nous" sauver par la même occasion), passe par une réduction drastique de la population: volontaire ou involontaire.

AJ Holbecq



17 août 2008 :

"Un des plus graves problèmes du monde est sa surpopulation"
Dalai Lama

En 50 ans d'existence (1950-2000), nous sommes passés de 2.5 Milliards à 6,5 Milliards d'êtres humains sur Terre.

Pour l'instant, seule la Chine a le mérite de chercher des solutions, même si l'actuelle est controversée.

Entre la politique politicienne, les religieux qui se réfèrent à l'injonction biblique "croissez et démultipliez-vous ", les pauvres qui enfantent pour avoir un bâton de vieillesse,... trouverons-nous des solutions pour atténuer les souffrances (manque de ressources, pollutions accrues, agressivités occasionnées par les promiscuités grandissantes,...) qu'occasionnerait inévitablement une surpopulation éfreinée ?

Tous ces religieux qui voudraient interdire contraception, avortement, ... n'arrangeront pas les choses.

Même les loups (nous leur serions prétendûment supérieurs) maîtrisent la croissance de leurs naissances.

Ne serait-il pas suicidaire à long terme de ne pas réfléchir courageusement, sérieusement, aux risques que nous fait encourir cette épée de Damoclès et à des solutions préventives ?

Eveilleur
sur : http://www.forumfr.com/


7 septembre 2008 :

10 000 ans avant JC, la population était estimée entre 1 et 10 millions d'individus.

En 1804, elle avait atteint le cap de 1 milliard de personnes.

En 1930, elle était de 2,07 milliards.

En 1970, elle passait à 3,690 milliards.

En 2005, la population mondiale était de 6,5 milliards.

Si les choses continuent comme cela, on estime la population mondiale en 2050 à 9,075 milliards.

Ce sujet semble tabou ,très délicat à aborder ethiquement parlant car l'humanisme et les droits de l'homme et les religions interdisent de parler de régulation de naissances.Cependant la planète va être incapable de nourrir de telles populations et déjà la demande de nourriture supplémentaire fait décoller les prix!On ne parle même pas des énergies dont les prix montent à la veille de la raréfaction du pétrole et du gaz.Ce problème sera le défi de ce nouveau siècle ,pour ma part un défi insurmontable associé a la désertification qui s'accentue au fil des ans suite au changement climatique ou alors très meurtrier si les populations commencent à se déchirer pour survivre.

Sur forum : http://general.jepolitique.com



Réduction de la population mondiale : faire face à l’inévitable
Si l’on regarde au-delà des inquiétudes à court terme qui ont empoisonné les débats sur la population au niveau politique, il apparaît de plus en plus clairement que la viabilité de la civilisation à long terme nécessitera non seulement une stabilisation du nombre d’êtres humains, comme on l’a estimé, sur les 50 prochaines années, mais également une réduction colossale à la fois de la population et de la consommation.La tension grandissante entre deux tendances apparemment irréconciliables est devenue de plus en plus visible ces 50 dernières années. D’un côté, les projections démographiques modérées à conservatrices indiquent que le nombre d’habitants sur la planète atteindra, presque avec certitude, 9 milliards, peut-être plus, d’ici le milieu du 21ème siècle. De l’autre, des estimations scientifiques prudentes et de plus en plus fiables laissent entendre que la capacité de charge de la terre à long terme, à un niveau de vie qui pourrait être défini comme allant de "adéquat" à "modérément confortable", selon les standards des pays développés, pourrait ne pas dépasser deux ou trois milliards. Cela pourrait être considérablement moins, particulièrement si le style de vie de référence (niveau de consommation) auquel les gens aspirent se rapproche de celui des Etats-Unis.
Lire la suite : http://www.delaplanete.org/Reduction-de-la-population.htm
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MessageSujet: La surpopulation mondiale et l’agrocarburant faminogène (1)   Lun 3 Nov - 8:45

Mardi 6 mai 2008

par Guillaume

Les défis auxquels l’homme devra faire face en ce 21e siècle menacent la survie même de l’espèce humaine. Rien que leur énumération donne la chair de poule : le réchauffement climatique, la désertification (2), la pollution de l’air, de la terre et de l’eau, la pénurie d’eau potable, la surpopulation, la disparition du pétrole en 2040, le gaz et l’uranium en 2050, la pénurie de matières premières, les guerres religieuses et le terrorisme religieux au nom de Dieu, d’Allah, de Mahomet, de Jésus et tous les autres gourous qui rendent les gens « fous ».

L’énumération de ces diverses catastrophes qui menacent la planète entière, qu’elles soient naturelles ou provoquées par l’homme, nous fait penser que la deuxième moitié du 21e siècle risque d’être apocalyptique.

On aurait dû pratiquer le « malthusianisme » (3) depuis au moins cinquante ans, pour éviter la surpopulation, cause « principale » des catastrophes actuelles, afin de sauvegarder assez de matières premières et d’énergies non renouvelables pour les générations futures. Mais comment faire une politique démographique restrictive avec les curés, les imams, les rabbins, etc., tous opposés à la contraception, préférant que les enfants meurent de faim, plutôt que d’empêcher leur naissance ?


Le 3e Congrès du WWF admettait déjà en 1973 que l’explosion démographique était la cause principale de la crise de l’environnement et affirmait sa conviction que tous les gouvernements avaient le devoir d’envisager les mesures à prendre sur le plan mondial pour stabiliser et finalement ramener la population humaine à un niveau adapté à la capacité de charge des terres et des océans. Ces mesures devaient être prises de toute urgence, non seulement en vue d’assurer la conservation des ressources naturelles, mais également pour permettre à l’humanité de jouir d’une qualité optimale de vie (4). Rien de cela ne s’est réalisé.

Chaque jour il y a environ 400.000 personnes en plus sur la terre et la population actuelle de 6,5 milliards d’êtres humains s’accroît chaque année de plus de 80 millions de personnes. À ce rythme, on estime qu’en 2050 il y aura 4 milliards d’êtres humains en plus. La population de l’Inde a dépassé le milliard d’habitants et s’accroît chaque année de 19 millions de personnes. En un an l’Inde s’accroît de plus d’habitants que la population totale des Pays-Bas, pays surpeuplé de presque 17 millions d’habitants.

La France elle-même fait une politique de natalité. C’est une politique dangereuse et irresponsable. Le chanoine Sarkozy s’est vanté de l’accroissement démographique en France dans son interview à France 3 le 21.4.2008. Est-ce que la France avec une population de 64.473.140 personnes (1.1.2008-Wikipedia) n’a pas assez d’habitants ? Le président de tous les croyants catholiques, Sarkozy, veut-il que la France devienne « Hong Kong » et que les bidonvilles s’agrandissent ?

L’Égypte, dont le territoire est à 94 % désertique, compte 78.887.007 d’habitants. En 2050 ils seront 120 millions. Un enfant y naît toutes les 23,5 secondes (évaluation de 1995). Comment trouver une solution à ce fléau démographique, dans un pays si pauvre, miné par l’islam, qui empêche l’émancipation de la femme égyptienne ? Cette émancipation est la condition sine qua non à tout progrès culturel, social et économique ou à toute politique restrictive en matière démographique dans cette république pauvre et surpeuplée.

Si l’on ne veut pas comprendre que la population au lieu d’augmenter doit diminuer, il n’y a aucun espoir de voir la situation dans le monde s’améliorer. Comment l’Inde pourrait - elle trouver le nécessaire pour entretenir chaque année 19 millions de personnes en plus ? Chaque année les terres cultivables se rétrécissent tandis que la population augmente. L’Inde, contrairement à la Chine, n’a aucune politique de planning familial pour la population, malgré sa situation démographique désastreuse.

Le Cirad (6) estime que 40 % ou 5, 2 milliards d’hectares sur 13 milliards de terres émergées sont menacées par la désertification (7). La Chine avec sa population de 1,3 milliard d’habitants a perdu 2,6 millions de km2 de terres désertifiées, soit 27,3 % de la superficie totale de son territoire.

On considère qu’en 2040 il n’y aura plus de pétrole alors qu’il intervient dans la fabrication de quelques centaines de produits indispensables. Beaucoup de ces produits disparaîtront. En 2050, il n’y aura plus de gaz ni d’uranium (énergie nucléaire). Les pénuries se feront sentir évidemment bien plus tôt et la guerre pour l’énergie s’amplifiera.

On a cru que la biomasse allait remplacer le pétrole et le gaz, après la première crise pétrolière en 1973. Les écolos voyaient d’un bon œil ces énergies dites renouvelables appelées agroénergie, agrocarburants, biocarburants, bioéthanol, biodiesel, biogaz, biométhane, etc. fabriqués avec de la nourriture humaine ou animale (palmier à huile, betterave, colza, soja, tournesol, canne à sucre, orge, maïs, seigle, riz, etc.). Il n’a pas fallu longtemps pour constater que les agrocarburants ne sont pas du tout la solution à nos problèmes énergétiques futurs, ni à nos problèmes de pollution ou de CO2.

La Fédération Internationale des Amis de la Terre (groupe du Sud) déclare que les « agrocarburants sont une catastrophe écologique et sociale ». L’Europe a décidé de continuer sa politique en matière de biomasse édictée par la directive 2003/30/EC, malgré les signes alarmants de famine dans le monde. La flambée des prix des denrées alimentaires a créé des émeutes violentes en Égypte, en Indonésie, en Mauritanie, au Cameroun, etc.

On ne peut détourner la nourriture humaine et animale, à l’usage de biocarburants, sans une flambée des prix dans le secteur alimentaire et sans augmenter la famine dans le monde. Ce que le moteur consomme n’est plus disponible pour l’homme ou l’animal. Actuellement, des millions d’hectares de terrains agricoles sont déjà confisqués pour alimenter les usines d’éthanol. En Chine, il faut 2.400 litres d’eau et en Inde 3500 litres d’eau pour produire un litre d’éthanol à partir du maïs, alors que la moitié des habitants sur Terre seront probablement sans eau dans environ 30 ans.

La famine augmentera rapidement à cause de tous les facteurs néfastes qui se conjuguent :

1° la désertification continue chaque jour (moins de terres cultivables et moins de forêts) ;

2° l’utilisation scandaleuse des terres agricoles pour les agrocarburants ;

3° l’augmentation dramatique de la population humaine ;

Les climatologues et autres savants organisent régulièrement des « colloques internationaux ». Ce qui est le plus frappant, c’est que ces savants laissent complètement de côté le problème essentiel, cause principale de la destruction de la nature, de la surchauffe climatique, de la disparition des forêts, etc., à savoir : la démographie galopante, la surpopulation. Non seulement ils devraient pousser un cri d’alarme et inviter toutes les nations à faire du planning familial à l’échelle mondiale pour enrayer l’accroissement démographique catastrophique, mais aussi exhorter les politiciens à prendre des mesures tendant à réduire la population mondiale au lieu de la laisser augmenter de façon criminelle (nouveau-nés qui meurent de faim).

On sait combien certains milieux essaient de minimiser le problème de la surpopulation qui détruit notre écosystème et donc notre planète. Il faut croire que l’on ne peut pas aborder la vraie cause de l’apocalypse qui s’annonce et à l’ONU la « croyance » l’emporte sur la « science ».

Seule une diminution draconienne de la population mondiale permettra de récréer des espaces naturels, pouvant servir à l’agriculture, au reboisement, etc. Il ne sert à rien de parler de notre environnement si l’on accepte encore des milliards d’êtres humains en plus. Les écolos ne parlent jamais du problème de la surpopulation, cela semble tabou.

On dit qu’on doit moins polluer, moins consommer, moins se chauffer et porter un gros pull, isoler son toit, faire moins de kilomètres en voiture, mais à quoi tout cela sert-il s’il y a chaque année 80 millions d’habitants en plus pour augmenter la consommation et la pollution ? Les religions ont une attitude criminelle dans le problème de la surpopulation mondiale. Comment arrêter la famine, alors que la population augmente, que les terres cultivables se désertifient de plus en plus, que des millions d’hectares de terres destinées à l’alimentation humaine, sont utilisées à des fins industrielles pour la production d’éthanol ?

Mais que faire s’il faut renoncer à l’agrocarburant ?

Tous les pays qui ont les moyens matériels et ceux qui ont aussi les savants nécessaires devraient mettre ces moyens ensemble pour la création d’un gigantesque laboratoire international de recherche en matière d’énergie renouvelable, chargé de trouver de « nouvelles énergies durables » qui peuvent remplacer le gaz, le pétrole, l’uranium. Cette énergie ne peut être créée à l’aide des denrées alimentaires animales ou humaines, cette pratique étant faminogène. Il est temps, il est urgent que les politiciens agissent parce que ce n’est pas le « Dieu » mythique qui nous sauvera de l’apocalypse, il n’a jamais apporté à une population affamée ne fut-ce qu’une seule « tartine ».

Guillaume

---------

1. Néologisme que j’ai formé par « famine » et le grec « gennan » (engendrer).

2. Selon la Convention des Nations Unies, le terme « désertification » désigne la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines.

3. Le malthusianisme est une politique prônant la restriction démographique, inspirée par Thomas Malthus.

4. 5.10.1973- 3e Congrès international du World Wildfife Fund (WWF) sur le thème « Toute vie sur Terre. » Voir ici.

6. Centre de Coopération internationale en recherche agronomique pour le développement. (Wikipedia)

7. Selon la Convention des Nations Unies le terme « désertification » désigne la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines.
Source : http://www.fairelejour.org

Surpopulation mondiale
On fait quoi?

Nous recueillons votre avis sur sos-planete@terresacree.org et nous le publierons sur cette page http://terresacree.org/surpopulationmondiale.htm , s'il est pertinent.

Merci à tous de participer à ce débat vital.


Page active : http://terresacree.org/surpopula
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MessageSujet: L'utopie de la croissance infinie   Jeu 6 Nov - 10:38

Par Laurent Laurent, qui retourne l'argument des détracteurs de la décroissance selon lequel celle-ci serait illusoire.

Furieux, la semaine dernière, (j'ai failli casser un vase de rage), lorsque j'ai entendu Élie Cohen, économiste faisant autorité, parler de « l'utopie de la décroissance » et balayer d'un revers de la main avec un grand « pffffouh », un avenir qui pourrait ne pas être basé sur la croissance. Ah, mon Dieu !

Avec bien d'autres parleurs du moment, ils se renfrognent en leur double menton, comme s'il était absolu que notre salut dépende d'une croissance. Comme on dirait qu'une pomme lancée retombe à terre et qu'après la nuit vient le jour, toujours. Qui en disconviendrait selon eux ? Ah malheur ! (je casse le vase)

Pourquoi ce courroux ? Parce que la décroissance, nous y sommes dedans jusqu'au genou ! Pas la peine de la prédire, elle a déjà commencé, là, partout.

Que ce soit par notre moindre consommation constatée, soit parce que c'est trop cher, soit parce qu'on a moins de revenus, soit parce qu'on fait des économies, inquiet de l'avenir, soit par civisme écologique. Nous voilà, chers amis, dans la décroissance.

Nous avons des chiffres : moins 10 % d'essence consommée en France entre juin 2007 et juin 2008 (avant la méga-crise) : ça, c'est de la décroissance de toute façon. Ensuite, le prix du pétrole qui retombe, du fait, entre autres de la diminution de la demande qui fait baisser les cours. C'est aussi de la décroissance. Ensuite, la fin du crédit facile parce que demain nous n'aurons pas de croissance pour rembourser en confiance, c'est encore de la décroissance en barre.

Globalement, l'utopie a changé de camp. C'est aujourd'hui la croissance infinie qui est irréaliste. Les années 80 où l'on « flambait » sont finies. Fini aussi l'après-guerre, et les deux siècles de développement industriel lourd.

Jacques Attali et le « retour à l'âge de pierre »
Hier matin encore, Jacques Attali, (qui n'en loupe pas une) prêchait la croissance… à moins de vouloir le « retour à l'âge de pierre ». C'est ce discours qui est passéiste, réducteur, obsolète et donc néfaste aujourd'hui.

Faudra-t-il que nous cassions tous des vases ? Regardons cette croissance.

Elle se mesure, on le sait, par l'augmentation de points de PIB. PIB qui n'est autre que le résultat des énergies dépensées, au bout du compte. Pour vivre et croître à tous les niveaux, tous et chacun. Alors tout d'abord, si ce PIB restait constant à population constante ? Puis, s'il diminuait même de quelques point pour réduire la dépense de CO2 et l'effet de serre qui nous menace ? Enfin, si le PIB était mieux réparti, notamment pour remonter le niveau de vie du quart de la population la plus démunie ? Non pas en consommant tous plus, mais en rééquilibrant un tant soit peu les richesses et les consommations ?

L'un des projets de cette société de décroissance serait de dépenser de l'énergie dans le but… de dépenser moins d'énergie. Et au vu de ce que l'on gaspille, nous n'aurons pas de mal.

La décroissance globale ne veut pas dire un retour en arrière. Mais plutôt comme un accroissement de civilisation. Un moindre gaspillage. Un raffinement au lieu d'un raffinage… (ok). Un pays moins consommateur mais plus habile pour aller vers notre rêve commun : un maximum de bonheur avec un minimum d'énergie.

Oui, tant mieux : adieu nos rêves de croissance, nos trois voitures, nos trois maisons dont deux avec piscines et les voyages fréquents autour du monde. On entend aussi, çà et là, des balivernes à casser des vases comme : « les gouvernements Sarkozy, et puis Obama ne pourront rien, car ils n'ont pas de marges de manœuvre, les caisses sont vides ». Non, on pense encore croissance, constructions, nouveaux équipements… Non pas forcément. Ces gouvernements ont des marges de manœuvre très simple : changer les normes. C'est gratuit. C'est gratuit de faire des lois. De changer le taux d'imposition. Augmenter les impôts des plus riches. Comme Roosevelt l'a fait à partir de 1933. Oui, de taxer le capital. Ça ne coûte rien et ça rapporte à l'État. Taxer les 100 milliards de bénéfices des entreprises du CAC40. Et bien d'autres normes encore. Récupérer, au passage des niches fiscales sans objet de nos jours.

La décroissance, ce sont les consommateurs qui sont en train de la faire, tous seuls. Lorsqu'ils cassent des vases, il n'en rachètent plus car il y en a déjà trop.

Retrouvez Laurent Laurent sur son blog .


Jeudi 06 Novembre 2008 - 08:22
Laurent Laurent
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MessageSujet: Nécessaire dépopulation   Mar 2 Déc - 8:35

Eloge de la dénatalité

Le 1er décembre 2008 par Michel Tarrier

« En permettant l’homme, la nature a commis beaucoup plus qu’une erreur de calcul ; un attentat contre elle-même. »

Emil Cioran.

Un précepte en guise de préliminaire et d’avertissement

Les civilisations qui ont sombré d’elles-mêmes furent pour le moins victimes de deux errances majeures : une gestion abusive de leurs ressources et une totale absence de régulation démographique. Ce phénomène paradoxal peut se nommer autogénocide. Ces deux comportements erronés sont si absurdes qu’on ne les appliquerait même pas à la maison ! Ce sont pourtant ces modes qui régissent et définissent l’actuelle période « pétrolivore » que nous nommerons oléocène de notre anthropocène, nouvelle ère géologique succédant à l’holocène.

La Terre n’est pas extensible, c’est un truisme. L’avenir ne nous commande plus l’expansion, mais la récession sous forme de décroissance natale (et économique !). Moins nous serons nombreux, plus nous serons prospères, voire heureux.


La bombe P

On aura tout essayé : vaines religions, morales oiseuses, altruisme pieu, humanisme à sens unique, mises en garde objectives, modélisées et « statistiquées »... Georges Bush père l’avait bel et bien avoué : « Notre mode de vie n’est pas négociable ! ». Et quel mode, les Nord-Américains (pas tous !) ne veulent pas partager leur big burger...

En dépit de ses capacités cognitives, notre drôle d’espèce semble dans la plus indigente incapacité de se contrôler, de ne plus tout détruire, tout envahir, tout décimer, de ne plus faire la guerre aux autres hommes, de ne plus faire la guerre à la nature. C’est presque trop tard, c’est même trop tard. La planète est en déliquescence, de plus en plus de contrées sont touchées, de plus en plus de gens ont une vie pourrie, on le constate, on en témoigne dans de savants symposiums et au café du commerce, on le dit, on le répète, ce n’est plus niable et ce n’est donc plus évitable. Du silex à Hiroshima, notre progrès n’aura été que technologique, si peu humain. Nous utilisons Internet mais nous avons conservé des reflexes médiévaux, si tant est que le Moyen-âge fut la période sombrement rustique à laquelle on nous fait accroire. Notre fameuse intelligence : pure idiotie !? Ou bien serions-nous simplement des milliards d’imbéciles obéissant toujours à de sinistres pouvoirs, des hordes de gueux gavés ou faméliques mais éblouis par une ploutocratie tyrannique ? Qui sont ces gens de pouvoir, quelles sont leurs malsaines inspirations ? La folie ? Tous Napoléon-Hitler-Pot-Bush ? Sauf Saint-Louis (...) et Obama ?! Probablement et c’est en tout cas la seule et unique réponse disponible.


Des chiffres tourmentés et commentés

Homo sapiens est la pire espèce invasive.

5,2 milliards d’hectares sur 13 milliards (40 %) de terres émergées sont menacées d’une irréversible désertification.

Notre monde est passé de 250 millions à quasiment 6,7 milliards d’habitants depuis l’an 1 de l’ère chrétienne.

Pour détailler un peu et prendre le pouls démographique de chaque grande contrée, donnons quelques chiffres comparatifs depuis l’incontournable Jésus-Christ jusqu’à l’an 2000 (date du bug avorté !) : Chine (et Corée) de 70 millions à 1,280 milliard ; Inde (Pakistan et Bangladesh compris) de 45 millions à 1,320 milliards ; Japon de 300 000 à 126 millions ; Europe (et Russie) de 40 à 782 millions ; Afrique (sans l’Afrique du Nord) de 12 à 660 millions ! ; Océanie de 1 à 30 millions ; Amérique du Nord de 2 à 307 millions ! ; Amérique latine de 1 à 600 millions.

Derrière ces chiffres se cache un grave problème : celui de la fracture sociale entre pays riches et pays pauvres.

En augmentant de 4 milliards, la population planétaire a triplé depuis 1950.

Chaque jour, il y a environ 400 000 personnes en plus sur la Terre et la population actuelle de 6,7 milliards d’êtres humains s’accroît chaque année de plus de 80 millions de personnes.

Nous ne totalisions que 3 milliards de terriens en 1960 pour presque 7 milliards aujourd’hui.

Les cinq ou six dernières décennies ont vu le triplement de la population humaine : de 220 millions en 1950 à 800 millions en 2000 pour le continent Africain, de 330 à 800 pour l’Américain, de 1 400 à 4 000 pour l’Asiatique et de 400 à 600 millions enfin pour l’Europe. Les chiffres sont exponentiels partout, sauf pour l’Europe qui n’a enflé que de 50 %.

Quoi qu’on en dise, nous avons toutes les preuves que la planète ne pourra pas nourrir 9 milliards de terriens en 2050 ou 17 milliards en 2100, à moins que, miracle, le monde occidental n’adopte la philosophie vitale de la simplicité volontaire, cesse de manger de la viande, de recourir aux transports coûteux et parvienne à une incontournable iniquité, celle qui consisterait à juguler le développement de la Chine, de l’Inde et du Brésil !

La France elle-même dénote un désir nataliste, dangereux et irresponsable. Dans les années 1960, le gaulliste Michel Debré, vertueux parmi les vertueux, suggérait un effectif de 100 millions de français (« Et moi, et moi, et moi... ! »). En 1988 dans sa Lettre aux Français, François Mitterrand se référait à « Une France pauvre d’enfants dans une Europe plus pauvre encore », et Jacques Chirac donnait de la voix quand il déclarait en 1994 que « Le recul de la natalité porte en germe la baisse de notre compétitivité ». Il n’est pas sûr que ce rêve-cauchemar soit mis au rancart quand le chanoine Sarkozy se vante de l’accroissement démographique franco-franchouillard dans une interview à France 3 le 21 avril 2008. Avec 64 473 000 de personnes recensées au 1er janvier 2008, la France accuserait-elle une carence démographique et souffrirait-elle d’un complexe de Hong-Kong ? Faut-il sauver la planète ou seulement les caisses de retraite ?

Paradoxalement aux idées religieuses et au machisme toujours en vigueur, avec 1,29 enfants par femme, l’Espagne atteste un subit effondrement des naissances qui place ce pays dans le peloton de tête de la dépopulation européenne avant même l’Allemagne lucide (1,36) et aux côtés de bien des pays de l’Est (1,20 à 1,33). L’indicateur de fécondité conjoncturelle de l’Europe des vingt-cinq est de 1,51. Autre paradoxe pour une société longtemps rendue bigote par le franquisme et ses séquelles, les allocations familiales n’y existaient pas. Inquiet de cet effondrement nataliste, le gouvernement de Zapatero les a instaurées en 2007. C’est plutôt kitch !

Un bel et édifiant exemple est germanique. En 2035, l’Allemagne sera le pays à la population la plus âgée. Une femme sur quatre y renonce à avoir des enfants et, pour les diplômées universitaires, c’est une sur deux ! « L’élite de la République ne se reproduit plus » rapportait le magazine Der Spiegel en 2005.

La population de l’Inde a dépassé le milliard d’habitants et engendre chaque année 19 millions de personnes. En un an, l’Inde s’accroît de plus d’habitants que la population totale des Pays-Bas, pays surpeuplé de presque 17 millions d’habitants. Comment l’Inde pourrait- elle trouver le nécessaire pour entretenir chaque année 19 millions d’habitants supplémentaires, alors que les terres cultivables se rétrécissent drastiquement ? Contrairement à la Chine et nonobstant sa situation démographique tout à fait dramatique, l’’Inde n’observe ni politique de planning familial, ni la moindre mesure coercitive de régulation nataliste.

Avec un territoire à 94 % aride et désertique, l’Égypte (79 000 000 d’habitants) comptera une population humaine de 120 millions en 2050 !! Un enfant y naît toutes les 23,5 secondes (évaluation de 1995). Cette grande nation est ruinée par un islam bloquant tout progrès culturel, barrant toute émancipation de la femme et toute option restrictive en matière démographique, condamnant les citoyens assujettis à une pauvreté sociale, culturelle et économique à nulle autre pareille

( à suivre)
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MessageSujet: Nécessaire dépopulation (2)   Mar 2 Déc - 8:37

Depuis le XXe siècle, le continent Africain connaît un boom démographique exceptionnel : 302 millions d’habitants en 1975, 591,3 millions en 2001, 855 millions en 2004, 922 millions en 2005. 45 % de la population africaine vit dans quatre pays : le Nigeria, l’Éthiopie, la République démocratique du Congo et l’Afrique du Sud.

En République populaire de Chine (1,3 milliard d’habitants) « L’État encourage la planification familiale pour assurer l’harmonie entre la croissance démographique et les plans de développement économique et social », c’est l’article 25 de la constitution chinoise et du malthusianisme ainsi constitutionalisé. Mais rappelons que la Chine est tout de même une dictature et que le palliatif de l’enfant unique imposé est discutable parce qu’il se traduit par un infanticide des filles. Depuis 2002, le versement d’une somme de 5000 yuans (510 euros) permet la naissance légale d’un deuxième enfant. Le salaire moyen urbain n’étant que de 1200 yuans, l’amende est évidemment dissuasive. La Commission chinoise pour la population et la planification familiale se félicite pourtant d’une économie de 400 millions de naissances puisque le taux de fécondité est passé de 5,8 enfants par femme dans les années 1970 à 1,8 actuellement.


Vers une vie invivable

En 2050, il n’y aura plus ni pétrole, ni gaz, donc plus de transports viables (marchandises, produits alimentaires...), ni d’agriculture productiviste. Sans la révolution verte conférée par les engrais azotés provenant de la pétrochimie, nous n’aurions pu alimenter et donc générer une telle surpopulation. Il a été dit et redit qu’une agriculture naturelle, strictement induite par le soleil et l’eau ne pouvait nourrir davantage que 2 ou 3 milliards de terriens. Mais après nous avoir empoisonnés avec une alimentation bourrée de résidus chimiques et médicamenteux, après avoir conféré la mort biologique du sol par une agrochimie démentielle, on nous assure maintenant qu’une agriculture biologique serait susceptible de nourrir 12 milliards de personnes. Soit ! Mais au-delà de ces 12 milliards qui interviendront bien avant la fin du siècle, que fera-t-on ?

Après avoir géré sur un mode minier les ressources, à la veille des disettes et des tarissements, alors que les derniers filons commencent à poindre à l’horizon de ce millénaire, nous voici pathétiquement angoissés par des dates fatidiques : 2040 : fin de l’uranium / 2050 : fin du pétrole / 2072 : fin du gaz naturel / 2087 : fin du fer / 2158 : fin du charbon, entre autres fins de ressources inscrites en ce début de millénaire (d’après le magazine Science et Vie hors série N° 243 de juin 2008 : Construire un monde durable). Ajoutons que le pic forestier est déjà dernière nous et que nous inaugurons la sixième phase d’extinction massive des espèces, la première pour cause anthropique.

Au fur et à mesure que ces carences vont survenir, dans la totale incapacité que nous sommes de les compenser à hauteur de l’incommensurable besoin, la vie deviendra progressivement invivable, les pénuries engendreront les pires conflits, notamment une guerre mondiale pour l’appropriation des ultimes sources alimentaires et énergétiques.

On a cru que la biomasse (agroénergie, agrocarburants, biocarburants, bioéthanol, biodiesel, biogaz, biométhane...), imaginée comme renouvelable, allait remplacer les énergies fossiles, mais nous savons déjà qu’il s’agit d’un chemin erroné. Palmier à huile, betterave, colza, soja, tournesol, canne à sucre, orge, maïs, seigle, riz... ne peuvent être cultivés à grande échelle qu’en défrichant des terres qui n’avèrent déjà insuffisantes pour nourrir la population planétaire. Leur raffinage nécessite des quantités astronomiques d’eau. Faminogènes pour les pays du Sud, l’avènement de tels nécrocarburants serait un crime contre l’humanité. On sait aussi que leur utilisation ne réduirait en rien nos problèmes de pollution et des émissions de CO2. Quant à la biomasse de seconde génération, de source ligno-cellulosique non comestible (bois, feuilles, paille...), sa production est à l’image des énergies douces et reste aléatoire à l’échelon des besoins planétaires.

D’ici 2050, deux milliards de personnes, c’est-à-dire 20 % des terriens, souffriront d’une carence d’eau. 3,2 milliards d’humains en manqueront totalement en 2080. On dénombre déjà plus de trois cents zones de conflits potentiels pour la maîtrise des fleuves internationaux, comme le Nil ou l’Euphrate, ou celle des nappes phréatiques. 1,1 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à une eau de boisson provenant d’une source améliorée et seulement 10 milliards de dollars permettraient chaque année l’accès à l’eau à ce 1,1 milliard de personnes. 2,6 milliards de gens ne sont pas raccordés à un service d’assainissement de base. Certains rapports avancent que 15 000 personnes meurent quotidiennement de maladies transmises par l’eau, soit 10 fois plus que de tués par la guerre.


À qui profite le crime démographique ?

« N’est-ce pas le seul espoir de la planète que les civilisations industrielles s’écroulent ? N’est-ce pas notre responsabilité d’y travailler ? », déclarait Maurice Strong, à la tête du Sommet de la Terre de Rio 1992 pavant la voie au Protocole de Kyoto. « La cause immédiate de la crise écologique est le capitalisme qui est un cancer dans la biosphère », ajoute Murray Bookchin, de l’Institut for Social Ecology (USA).

Derrière la bonne parole nataliste, à masque paternaliste, sont tapies d’immondes arrière-pensées économiques, militaires, nationalistes, racistes, handicapées d’une myopie écologique hypothéquant tout futur universel. Avec ce que l’on sait maintenant, encourager la surpopulation, c’est cautionner un crime volontaire contre l’humanité. Les ressources n’étant pas élastiques, l’appropriation des plus forts ne peut qu’entraîner une famine des plus faibles.

« Travail-famille-patrie » et ses variantes du style « dieu-patrie-roi », telles sont les trilogiques recettes des peuples voués au lapinisme, corvéables à merci, disponibles sur un geste, pour le plus grand profit des marchands d’armes (de bible et de coran réunis), soutenus par les dogmatismes religieux. On fit même construire à une multitude forcée et pour la multitude soumise, de pharaoniques cathédrales, sous les coups de fouet et au prix du sang. Il faut faire des petits pour fournir la clientèle au lobby du travail (main d’œuvre, nouveaux esclavagistes, travailler plus et jusqu’à 70 ans pour gagner moins / choisir son dimanche en travaillant pour le même salaire que le lundi, ou bien pour dilapider son gain au temple hypermarché qui ne ferme plus). Il faut engendrer au plus grand profit du lobby consumériste en tous genres, pour celui de la santé (le même qui nous rend malades promet de nous soigner), pour ses filières médicopharmaceutiques, vaccinales..., pour celui agrochimique et semencier auquel il faut rendre grâce de nous nourrir au meilleur rapport vie/mort (plus de bouches à nourrir, plus de corps à soigner, davantage de profits en perspectives).

Les guerres, les cataclysmes, les pandémies sauraient écrémer les populations et faire respirer la Terre si politiques, religieux, industriels et banquiers ne suggéraient à chaque fois aux survivants de bonne volonté de remettre le couvert, de féconder davantage pour une énième remise à niveau. Finalement, procréer c’est peupler les cimetières.


Quelques écogitations politiquement incorrectes

Nous feignons d’ignorer la finitude d’un monde dans laquelle notre multitude puise allègrement et sans relâche.
Il faut quelque chose de plus qu’un couple pour faire un enfant, il faut au moins une planète viable.
Le problème n’est pas tant d’engendrer un bébé que de faire subséquemment un adulte.
Posséder une famille nombreuse n’est-il pas un délit environnemental, une grave atteinte à la planète et à l’avenir commun ?
Pour un ami de la Terre, toute abstinence à la procréation humaine, toute pénurie des naissances sont reçues comme de bonnes nouvelles.
Sans peur ni reproche du métissage, le renouvellement des générations des pays développés devra se faire par les immigrants.
Contrairement à toute logique, la décroissance démographique reste un problème épineux, un énorme tabou qui n’ose pas dire son nom, un scandale qui provoque tous les courroux.

( à suivre)
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MessageSujet: Nécessaire dépopulation (3)   Mar 2 Déc - 8:38

Suggérer de modérer la démographie d’un monde en proie à la surpopulation semble relever de l’outrage, de l’infamie, tant le thème appartient à la langue de bois.

Si vous estimez que nous n’avons aucune responsabilité ni vis-à-vis des 11 millions d’enfants qui meurent chaque année avant d’atteindre leur cinquième anniversaire, ni à l’endroit des 900 millions de personnes sous-alimentées, encore moins des espèces végétales et animales qui disparaissent à la vitesse grand V, que notre reproduction n’est pas excessive ou en tout cas acquittée de telles accusations, alors oui, faites encore et encore des enfants. Mais faites vite !

La fécondité humaine est une malédiction.

Quelques générations vouées à seulement un enfant par femme, voire assurer un soutien financier aux couples qui n’enfanteraient pas, serait cependant le programme d’une politique volontariste, courageuse et écoconsciente.

La survie de l’humanité dépend du possible, et non de l’impossible.

L’impossible, on l’a dit, c’est une meilleure gestion et une plus juste répartition des ressources. On a tout essayé depuis des lustres et même la morale égalitaire professée par les grands livres n’a pas donné les résultats escomptés.

Le possible pour cultiver les futurs, c’est d’encourager une mondialisation de la dénatalité.

Tout pacte écologique devrait sous-tendre l’idée d’un pacte antinataliste et le souci démographique devra être imbriqué à celui écologique, les deux thèmes étant incontestablement rétroactifs.



Les handicaps, le front des vertueux, une vraie vérité qui dérange

La propagande nataliste est rampante, sournoise et insidieuse. Elle est généralement le fait des partis politiques les plus rétrogrades et liberticides qui soient, ceux qui prônent simultanément des valeurs fétides, comme le racisme, le sexisme et le spécisme, ceux qui évidemment n’inscrivent l’écologie qu’à contrecœur à leur programme et n’en font qu’un hochet électoral, une occasion de blanchiment vert au profit d’un marché de dupes. Le populationnisme est frère de lait du populisme, c’est toujours une doctrine de masse niant toute dignité, toute légitimité. Chez ces chantres patriotiques et jamais mondialistes (dans le sens universaliste du mondialisme et non mercantiliste de la mondialisation !), la dépendance des hommes est celle d’une providence divine, la souffrance n’est pas vue comme misère, mais comme une épreuve de force génératrice de santé. Une population croissante stimule l’orgueil et le prestige national (Front National !). Pour les colporteurs du dogme, fascinés par le troupeau, s’abstenir d’enfanter est à la limite du péché. On se reproduit ou on se confesse.

Comment vaincre et convaincre les curés, les rabbins, les imams et tous les autres dictateurs religieux, aveuglément opposés à la contraception, préférant que les enfants meurent de faim ou sautent sur des mines antipersonnel, plutôt que d’empêcher leur naissance ? Où le dogme blesse, c’est qu’il interdit la réflexion. Les autorités religieuses forment une véritable association de malfaiteurs avec les nouveaux marchands du temple générés par un néolibéralisme en proie à un instinct forcené du profit. À leur service, les pouvoirs publics se refuseront toujours à adopter une politique démographique restrictive. N’en déplaise à l’ignoble propagande des vertueux, il n’y a qu’une raison légitime et éco-malthusienne de ne pas avoir d’enfant, c’est de ne pas surpeupler davantage la seule planète dont nous disposions. Les discours vertueux sont toujours acclamés, notamment par ceux qui n’y perçoivent pas l’irréalisme, voire le cynisme, bien que la mise en pratique de ces discours soit la cause de leur misère quotidienne. Si elles acceptent de régresser, les sociétés obèses détiennent la clé budgétaire pour assister celles faméliques. L’Occident aura alors moins à redouter des ventres pleins que de ceux vides, les gens qui sont à l’aise chez eux n’ont aucune envie d’aller chercher des eldorados. Ce n’est pas le cas des Haïtiens, des Cariocas, des Cairotes ou des Bangladais, des Thaïs et des Malais, qui, l’estomac resserré, ne se découragent pas de reproduire pour envoyer leurs enfants chercher des pépites d’or dans les immondices ou proposer leur corps à la transgression morale du tourisme sexuel (ce sont chaque année 85 millions de touristes occidentaux qui choisissent leur destination selon l’offre sexuelle).


Les briseurs de tabou et quelques éloquences

Depuis Malthus le maudit, pasteur anglican de la fin du XVIIIe siècle, et David Ricardo, économiste du XIXe siècle, peu de personnalités se sont aventurées sur le chemin de la dépopulation, tant le risque d’anathème et de lynchage intellectuel est grand. Les déclarations éco-malthusiennes exigeant du courage ou un brin de folie, elles se comptent donc sur les doigts de la main.

C’est en 1968 que le Club de Rome charge une équipe d’experts du Massachusetts Institute of Technology d’un rapport ambitieux susceptible de préconiser des solutions pratiques aux problématiques planétaires. Sorti en 1972 sous le nom de Limits of Growth (Halte à la croissance ?), l’étude met en exergue les dangers écologiques de la croissance économique et surtout démographique. Avec un second rapport publié en 1974, ces travaux sont connus sous le nom de rapports Meadows et défendent la croissance zéro, soit un équilibre au lieu d’une croissance réelle. A l’époque, la démographie s’accélèrerait d’une année sur l’autre, atteignait 3,6 milliards d’habitants en 1970 après avoir doublé tous les 32 ans. Quant à la croissance économique, elle favorisait les pays développés, accroissant ainsi les disparités de développement : « Les riches s’enrichissent et les pauvres font des enfants ».

La seule ONG qui se soit immiscée sur le terrain dénataliste fut le WWF lors de son 3e congrès de 1973 qui avançait que l’explosion démographique était la cause principale de la crise de l’environnement. Le WWF affirmait alors sa conviction que tous les gouvernements avaient le devoir d’envisager les mesures à prendre sur le plan mondial pour stabiliser et finalement ramener la population humaine à un niveau adapté à la capacité de charge des terres et des océans. Ces mesures devaient être concrétisées de toute urgence, non seulement en vue d’assurer la conservation des ressources naturelles, mais également pour permettre à l’humanité de jouir d’une qualité optimale de vie. Il semblerait bien qu’une telle sortie n’ait pas eu l’heur de séduire et si le WWF fait la légitime promotion de l’empreinte écologique susceptible de culpabiliser dans le bon sens tout un chacun, l’association internationale se contente de brandir le besoin d’une seconde planète à l’horizon 2030, sans s’appesantir davantage sur la sacro-sainte procréation responsable de la fourmilière humaine.

Ken Smail, professeur au département d’anthropologie du Kenyon College (Ohio, USA), auteur de plusieurs articles et essais sur la population parus notamment dans Population and Environment, Politics and the Life Sciences, est un dénataliste convaincu. On pourra lire un article de lui, traduit de World Watch et disponible sur la toile : Réduction de la population mondiale : faire face à l’inévitable.

Bernard Werber, auteur culte, est l’actuel communicant majeur en matière de limitation démographique. Il désigne la surpopulation comme la cause de nos malheurs dans la plupart de ses interviews sur le sujet écologique qui lui tient à cœur. Il interpella Nicolas Hulot lors de l’émission Riposte du 5 octobre 2008, mais ce dernier esquiva l’embarrassante question (embarrassante quand il s’agit de ne pas déplaire aux maîtres du monde, très douteux sponsors).

« L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution. »
Arne Naess, 1973

« Ne me parlez pas de pénurie. Mon monde est vaste et a plus qu’assez - pour un nombre limité. Il n’y a pénurie de rien, à part de volonté et sagesse ; mais il y a un surplus de gens. »
Garrett Hardin, 1975.

« Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre. »

Claude Lévi-Strauss, 1968

« Notre société devient une société de consommation effrénée. C’est un cercle vicieux que je compare au cancer... Devrions-nous éliminer la souffrance, les maladies ? L’idée est belle, mais peut-être pas profitable à long terme. Notre peur des maladies ne doit pas mettre en danger le futur de notre espèce. C’est une chose terrible à dire. Mais pour stabiliser la population mondiale, nous devons éliminer 350.000 personnes par jour. C’est une chose horrible à dire, mais ne rien dire l’est encore plus. »

Jacques-Yves Cousteau, interview publiée par le Courrier de l’Unesco, novembre 1991.

« Nous périrons sous les berceaux. Nous sommes le Cancer de la Terre ; la pullulation de l’espèce humaine est responsable d’une pollution ingérable par la nature. Cela est tellement évident qu’on se demande de quel aveuglement sont frappés nos dirigeants. La nature, dans sa grande sagesse, essaie de nous aider ; les cas de stérilité sans cause apparente s’accroissent - comme d’ailleurs s’accroissent les orphelins et enfants abandonnés et maltraités ! »

Jacques-Yves Cousteau, citation extraite du livre Le réveil de la conscience de Jacqueline Bousquet et Sylvie Simon, 2003.

( à suivre)
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MessageSujet: Nécessaire dépopulation (4)   Mar 2 Déc - 8:39

« Dans les bidonvilles, j’avais chargé un docteur de prescrire la pilule, afin que les femmes n’aient pas un bébé tous les dix mois. J’avais vu une femme enceinte allaiter deux bébés ; je ne pouvais laisser perdurer cette situation. J’ai envoyé une lettre directe au Pape pour lui expliquer. Je n’ai jamais eu de réponse... »

Sœur Emmanuelle, 2003

La récente publication de mon livre pamphlétaire Faire des enfants tue, éloge de la dénatalité, fit bien des remous et me valut une fatwa catholique des plus détestable. Certaines citations en ont été tirées et sont largement reprises par des analystes bienveillants.
« La surpopulation est un crime contre l’humanité. »
« Faire des enfants nuit gravement à la planète. »
« Si on aime les enfants, il ne faut pas en faire. »
Michel Tarrier, 2008



Eh bien, décroissez maintenant (que le mal est fait) !

Petit retour à la pataphysique transcendantale... !

Ou comment, sur un rêve plombé par un dogme, on a fini par détruire notre maison du quaternaire.

Dieu (qui n’existe pas) aurait dit à Adam et à Eve (qui n’ont pas davantage existés) : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la Terre et soumettez-là ; ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, sur tout ce qui est vivant et qui remue sur la Terre. » (Genèse 1, 28). A partir de ces prémices, le pape Jean Paul II s’engouffrera dans un populationnisme exacerbé dans son discours du 18 mai 1990 à l’Académie pontificale des sciences : « La pression de la population est très souvent citée comme une des causes majeures de la destruction des forêts tropicales. Quoi qu’il en soit, il est essentiel d’établir que l’expansion démographique n’est pas seulement un problème de statistiques ; c’est une question profondément morale. En condamner les pressions, y compris économiques, auxquelles les gens sont soumis, spécialement dans les pays les plus pauvres, pour qu’ils acceptent des programmes de contrôle des naissances, l’Eglise soutient inlassablement la liberté des couples de décider du nombre de leurs enfants selon la loi morale et leur foi religieuse. » Et de surenchérir en 1999, des fois que l’on puisse croire en un anachronique éco-malthusianisme de papauté : « Il semble que ce qui est le plus dangereux pour la création et pour l’homme soit le manque de respect pour les lois de la nature et la disparition du sens de la vie. Comment est-il possible de défendre de façon efficace la nature si l’on justifie les initiatives qui frappent au cœur de la création, qui est l’existence même de l’homme ? Est-il possible de s’opposer à la destruction du monde, si au nom du bien-être et de la commodité, l’on admet l’extermination des enfants à naître, la mort provoquée des personnes âgées et des malades ». Pas plus de pilule que de préservatif, pas plus d’IVG que d’euthanasie, l’homme doit s’accrocher à la vie en troupeau surnuméraire, à n’importe quel prix. Dans le rébarbatif écosystème vaticanesque, vrai repoussoir du vivant, il n’y a point de corrélation entre la pression démographique et les chocs écologiques. Ce que veut l’Église, autant le dire tout de suite, c’est une Chine de plus de 2 milliards d’habitants souffrant de tous les maux de la Terre.

Le mal est fait, le troupeau humain a plus ou moins obéi, y compris lorsqu’il était mené par la religion communiste, nous avons été féconds, nous avons remplis une Terre désormais exsangue. Maintenant que nous avons tout bousillé, reste à décroître, à reconstruire les écosystèmes ou à suivre les conseils du WWF en cherchant une seconde planète aux mêmes vertus que Gaïa.


Les mesures mondiales d’une politique volontariste qui n’adviendra jamais

Faute d’un recours démocratiquement accepté à la simplicité volontaire, à une économie de frugalité, à un recul des disparités en vue d’un meilleur partage, tous vœux louables mais relevant du plus idéaliste scoutisme qui ne ferait que de nous berner pendant qu’on se marche les uns sur les autres, une attitude de bienveillante dictature verte se devrait d’imposer d’urgence quelques mesures coercitives encore loin de la stérilisation des femmes et de la castration des hommes.

L’idée d’un coïtus interruptus planetarius n’était qu’un mot plaisant que j’avais lancé.

Nous disposons d’une gamme très variée de parades contraceptives disponible pour les deux sexes afin de continuer à jouir sans procréer, sur une planète qui brûle !

En dernier recours curatif, il convient d’exorciser l’IVG, n’en déplaise aux mouvements intégristes qui nous suggèrent qu’il ne faut pas tuer Mozart dans l’œuf et auxquels nous répondons que c’est peut-être seulement Hitler que nous tuons, la musique n’étant pas plus héréditaire que la mégalomanie criminelle !

Mais il n’y aura pas dépopulation sans contraintes.

La sagesse futurible doit nous conduire à inverser les tendances, à proclamer caduques pour nuisibilité les allocations familiales, à les proscrire partout, maintenant et tout de suite.

À l’opposé, il conviendrait de décréter comme crime environnemental la tentative de fonder une famille nombreuse, de grever d’une lourde et progressive amende toute naissance au-delà d’un seul enfant par femme, voire d’assurer des avantages sociaux aux couples ayant renoncé à procréer.
Une certaine honte de ne pas avoir enfanté doit devenir fierté, c’est laisser son égo-conscience au vestiaire et revêtir une éco-conscience.

La revendication d’une Terre-patrie, notion tant espérée des citoyens de la Terre, autoriserait l’abolition des barrières et des frontières, mettrait à bas bien des disparités et c’est une démographie métisse et fortement régulée qui assumerait le destin d’un Homo sapiens enfin devenu raisonnable et « humain ».

Tout handicap à l’adoption s’en trouverait biffé : chaque enfant est mon enfant.

C’est en mettant le Sud dans le Nord que l’écologie humaine cesserait de stagner en son stade alpha qui fait que nous continuons à ressentir plus d’empathie pour l’enfant d’ici que pour celui de là-bas.

La jeunesse vive résultant du trop plein des pays que nous avons sciemment appauvris pourrait ainsi venir rajeunir nos vieilles nations et en qualité de jeunes travailleurs donner un coup de pousse aux caisses de retraite. À moins que nos nations en déconfiture parce que ravagées par la faillite du système en chute libre ne connaissent un chômage exponentiel, entretenu sciemment en proposant à des vieillards de travailler jusqu’à leur mort !
Mais certains conservateurs cruels et kleptocrates invétérés préfèrent peut-être maintenir le racket sur les ex-colonies ravagées et spoliées par nos soins, dits pays en voie de développement, et ne pas baisser la garde à l’endroit de la dette extérieure, insolvable et pour cause, issue de prêts souverains d’états avancés, de la Banque mondiale, du FMI...

Enfin, toutes recherches médicales intentées dans le sens de l’allongement de la durée de la vie serait proscrite et privée de crédits. Il est maintenant question d’une longévité de l’homme et de la femme occidentales qui devrait atteindre 100 et 110 ans ! Où va-t-on ?

La grande question est : par où commencer, et subsidiairement : comment imposer ce nouveau point de vue aux pays émergents. Il faudrait d’abord faire voter cette nouvelle politique démographique et familiale par le Parlement européen, de façon à pouvoir l’appliquer dans tous les pays de l’Union. Au même titre que l’on devra envisager l’ingérence écologique, il faudra instituer l’ingérence démographique. Sachant qu’un Grenelle de la démographie serait aussi absurde que l’est le Grenelle de l’écologie, pour n’avoir qu’une trop exigüe grille d’application géographique, ce sont des organismes rompus à la mondialisation qui devront s’en charger (Unesco, FMI, OMS...). Les pays industrialisés doivent sans plus tarder soutenir les pays pauvres dans le financement d’une politique contraceptive et anti-démographique imposée, car c’est le seul moyen de limiter cette démographie incontrôlée qui gangrène la Terre entière.
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MessageSujet: Nécéssaire dépopulation (5)   Mar 2 Déc - 8:40

Finissons par une bonne nouvelle, tout n’étant pas négatif...

Il s’agit d’une hypofertilité du mâle humain (dégradation de 30 % du sperme) comme conséquences au stress, mais surtout au stockage dans notre physiologie de tous les résidus médicamenteux et autres pesticides que notre bonne société nous fait ingurgiter, si ce n’est respirer. Voilà donc le stérilisateur enfin stérilisé !

Louons donc Monsanto & Co et suggérons aux empoisonneurs patentés le lancement sur le marché d’un biocide extrême que nous nommerons « Toujours plus » et qui aurait la vertu finale de rendre stérile les consommateurs actifs ou passifs, pauvres ou riches, croyants ou athées, de gauche comme de droite, végétariens ou viandards, du Nord au Sud, en long, en large, en travers et dans tous les sens.


Vivre moins nombreux pour que tout le monde puisse tout simplement vivre.

Et acceptons notre nombrilisme, quand on dit enfant de l’amour, c’est davantage de l’amour du couple que de celui du futur terrien dont il s’agit. Une preuve en est que l’accouchement sans douleur pour soulager la maman fut inventé bien avant celui sans violence pour préserver le nouveau-né. Charité bien ordonnée... C’est édifiant.

--------------

P.S. : Les quelque cinq heures utiles à rédiger ce texte ont vu la population mondiale passer de 6 776 518 532 (5 novembre 2008, 13h40) à 6 776 565 212 humains (18h58), soit un apport d’effectif de 46 680 personnes (Source : compteur de l’Ined).
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MessageSujet: Sommes-nous trop nombreux ?   Lun 12 Jan - 15:07

Sommes-nous trop nombreux ?

LE MONDE | 09.01.09

Mardi 23 septembre 2008, retenez cette date. Ce fut "le jour du dépassement", le earth overshoot day de l'année. La date où la population humaine a épuisé les ressources produites en un an par le mince manteau vivant qui enveloppe la Terre, la biosphère ou écosphère. Depuis, nous allons au-delà de ce que la planète nous offre * de sa biocapacité.

Comment identifions-nous ce mardi fatal si précisément ? Grâce à l'organisation non gouvernementale canadienne Global Footprint Network, fondée en 2003, qui travaille à quantifier l'"empreinte écologique" des activités humaines. Cet outil d'analyse, sorte de " panier de la ménagère " global, ou de PIB à l'envers, a été mis au point dans la foulée du Sommet de la terre de Rio, en 1992, par les universitaires William Rees et Mathis Wackernagel. Il est aujourd'hui reconnu par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) * quoique sans cesse critiqué, réévalué. Pour le calculer, Global Footprint Network compare le rythme auquel, chaque année, la nature produit des ressources * aliments, combustibles, etc. * et assimile les déchets, et le rythme auquel l'humanité consomme ces ressources et produit des déchets. Quand nous excédons les possibilités terrestres, nous atteignons "le jour du dépassement". Le premier, selon l'ONG, est tombé le 31 décembre 1986. En 1996, il se situait début novembre. En 2007, le 6 octobre. Aujourd'hui, le 23 septembre. Et dans dix ans ? Notre crédit terrestre s'épuise * après le crédit bancaire.

Une représentation frappante valant mieux qu'un long discours, les chercheurs évaluent l'"empreinte écologique" d'Homo sapiens en hectares terrestres. l'OCDE en donne cette définition : "la mesure de la superficie biologiquement productive nécessaire pour pourvoir aux besoins d'une population humaine de taille donnée". Les derniers calculs montrent que nous avons largement dépassé notre quota * globalement. La Terre ne peut aujourd'hui offrir que 1,78 hectare global (hag) par habitant, pas un centimètre carré de plus. Or la consommation mondiale actuelle exige 2,23 hag productifs per capita. Et les calculs montrent que si l'ensemble de la population humaine adoptait aujourd'hui le mode de vie des Européens et des Américains * voitures, eau chaude à volonté, viande chaque jour, énergies fossiles à la demande* *, il lui faudrait disposer en surface de quatre à cinq planètes Terre.

Ne riez pas ! Les nouvelles classes moyennes chinoises et indiennes ont commencé de vivre à l'occidentale * qui oserait le leur reprocher ? Ajoutez les pollutions de toutes sortes associées à ce train de vie. En octobre 2007, quatre chercheurs suisses rattachés à Futuribles, un centre indépendant d'étude et de réflexion prospective sur le monde contemporain, ont ajouté les polluants et la "charge en carbone" à l'empreinte écologique des populations : ils en déduisent, au regard de la capacité d'assimilation des émissions de CO2 par la biosphère, que onze planètes Terre seraient nécessaires pour satisfaire les besoins d'une humanité qui aurait adopté le mode de vie occidental.

Sombres prédictions

Comment s'étonner alors que beaucoup s'interrogent : et si nous étions trop nombreux, déjà, pour cette Terre ? Notre démographie n'est-elle pas la cause de nos malheurs écologiques, mais aussi politiques, sociaux, militaires, comme l'affirmait déjà l'austère Thomas Malthus* en 1798 ? Les "émeutes de la faim" qui ont secoué en avril 2008 des pays très peuplés * Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Egypte, Haïti, Indonésie, Maroc, Philippines, Nigeria, Sénégal* * ne lui donnent-ils pas raison ? Le pasteur britannique Thomas Malthus, économiste, affirmait que la population humaine croît de façon exponentielle (2, 4, 8, 16, 32*) et les ressources, de manière arithmétique (1, 2, 3, 4, 5*). Inévitablement, nous irions vers l'épuisement des biens, la famine, la guerre de tous contre tous.

Le Prix Nobel d'économie 2008, Paul Krugman, a montré que Malthus avait raison en son temps : les paysans français de 1789 vivaient dans une pénurie chronique, 20 % d'entre eux étaient affaiblis par la malnutrition. Mais au XIXe siècle, ses sombres prédictions ont été démenties par l'accroissement des rendements agricoles, l'essor des échanges internationaux et des biens de subsistance, sans oublier l'immigration. Autrement dit, l'esprit aventureux et les progrès des techniques, le génie humain, ont désavoué Malthus.

Las. Nous savons aujourd'hui qu'il faut relativiser les succès du "progrès" et du rendement. L'empreinte écologique, le réchauffement qui s'accélère combinés à une croissance forte de la population ne ramènent-ils pas l'humanité à une situation "malthusienne" * une spirale tragique ? Beaucoup le pensent, et pas seulement les militants de la décroissance ou les radicaux du mouvement néomalthusien Negative Population Growth (NPG). Prenez Ted Turner, fondateur de la chaîne d'actualités CNN, grand financier de la Fondation des Nations unies. Cet homme informé déclarait en avril 2008 sur la chaîne PBS : "Nous sommes trop nombreux. Voilà pourquoi nous avons le réchauffement climatique. [*] Tous les habitants de la planète doivent s'engager à avoir un ou deux enfants, c'est tout. [*] Ne pas contrôler la population est un suicide." Ouvrez notre-planete.info, un site proche de l'ONG Les Amis de la Terre, tapez "surpopulation". Parmi les premiers articles : "Homo sapiens est la pire espèce invasive." Extraits : "Nous feignons d'ignorer la finitude d'un monde dans laquelle notre multitude puise allègrement et sans relâche. Il faut quelque chose de plus qu'un couple pour faire un enfant, il faut au moins une planète viable. Posséder une famille nombreuse n'est-il pas un délit environnemental, une grave atteinte à la planète et à l'avenir commun ?"

Ecoutons maintenant l'inquiétant directeur de la CIA de George W. Bush, le général Michael V. Hayden, autre homme informé. S'appuyant, en avril 2008, sur les chiffres de l'ONU qui annoncent une population de 9 milliards d'humains en 2050, il prévoit un dangereux déséquilibre démographique entre l'Afrique et l'Europe vieillissante * synonyme de tensions aux frontières et d'une immigration à risque *, ainsi que des "troubles" et des "violences" dans les pays où la population va tripler * Afghanistan, Liberia, Niger, République démocratique du Congo * ou doubler * Ethiopie, Nigeria, Yémen.

Propos angoissés

Dès qu'on évoque la surpopulation, on ouvre la boîte de Pandore. Vieux démons, angoisse du futur, fantasmes collectifs * peur de l'invasion, du pullulement * jaillissent pour se mêler à des peurs très concrètes. En 1932 déjà, quand la population humaine a atteint 2 milliards, le philosophe Henri Bergson écrivait : "Laissez faire Vénus, elle vous amènera Mars." En 1948, Albert Einstein mettait solennellement en garde l'Abbé Pierre contre les "trois explosions" menaçant notre "monde mortel" : la bombe atomique, la bombe information, la bombe démographique. En 1971, dans la lignée du Club de Rome, l'écologiste Paul R. Ehrlich, spécialiste des populations d'insectes, publiait le best-seller La Bombe P (Fayard). Il y dénonçait "la prolifération humaine", qu'il assimile à un "cancer" : "Trop de voitures, trop d'usines, trop de détergents, trop de pesticides, [*] trop d'oxyde de carbone. La cause en est toujours la même : trop de monde sur la Terre." Aujourd'hui, il suffit d'écouter les émissions "de société" à la télévision, de parcourir les sites écologiques ou les chats d'actualité des médias pour retrouver ces propos angoissés. On lisait par exemple dans les débats du monde.fr, après un article consacré au "jour du dépassement" : "Quand, dans trente ans, nous serons 1,5 milliard de plus sur Terre, je ne donne pas cher du concept d'acquis sociaux, de progression du pouvoir d'achat et autres balivernes du même tonneau. " (25 septembre 2008).

Cette angoisse peut aussi être amplifiée par des mensonges modernes sur l'invasion venue du Sud surpeuplé. Mais, contredisant cette démagogie, un rapport publié en 2004 par le département des affaires économiques et sociales de l'ONU (World Population to 2300) indique que les immigrés venus des pays pauvres contribueront pour 4 % à la croissance démographique des pays développés d'ici à 2050 * aujourd'hui pour 3 % *, ce qui rajeunira une Europe vieillissante. Toutes les études confirment que, dans leur immense majorité, les populations du Sud veulent continuer à vivre où elles sont nées. Même dans les situations de crise * guerre civile, sécheresse, inondations* *, les habitants émigrent à proximité ou dans un pays voisin, puis reviennent toujours. Ce ne sont pas des "envahisseurs". Ils souhaitent vivre mieux, en paix, chez eux * comme le reste de l'humanité.

C'est patent, la question dite de la surpopulation remue des peurs irrationnelles. Prenons un autre exemple, moins politique. J'ai rencontré plusieurs Parisiennes de 30 ans, en couple ou célibataires, qui se disent bien décidées à ne pas avoir d'enfant. Sans prétendre ici donner une explication univoque * certaines veulent préserver leur "capacité de création", d'autres leur relation de couple, ou leur liberté, ou les trois *, force est de constater : la surpopulation est revenue à chaque fois dans nos entretiens, mêlée à des analyses inquiètes sur l'état de la planète. Tout comme dans le livre best-seller de Corinne Maier, No Kid. Quarante raisons de ne pas avoir d'enfant (Michalon, 2007), où une des raisons invoquées est : pourquoi ajouter un enfant à un monde surpeuplé ?

L'une de ces femmes, attachée de presse, explique qu'à force de vivre en ville, elle n'a plus l'impression de participer "aux processus naturels" * elle ne voit plus le renouvellement de la vie, l'arrivée du printemps, "à peine le ciel". Elle ne se sent plus "une femme archaïque" : avec des enfants. La deuxième, ingénieur, n'espère plus rien de l'avenir de l'humanité. Elle garde en mémoire les massacres du XXe siècle, persuadée que le réchauffement, combiné à la surpopulation, va apporter de nouvelles guerres, des famines ou pire. Alors, faire des enfants* Une autre s'indigne : "Il existe déjà tant d'enfants pauvres autour du monde. Je préfère adopter." Une quatrième, voyageuse, a vu les hindous et les musulmans s'affronter en Inde, les riches s'armer dans des ghettos protégés en Amérique latine. "C'est affreux, dit-elle, une autre guerre vient, la guerre de la surpopulation. La haine de l'autre devient une réaction de survie. Toutes les valeurs s'inversent. Espérer que les Africains meurent du sida, ou s'entre-tuent, tourne à la blague de bureau : Comme ça, ils seront moins ! " Sombres visions. Alors, faut-il redevenir malthusiens ?

( suite post suivant)
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MessageSujet: Sommes nous trop nombreux (2)   Lun 12 Jan - 15:08

La "bombe P" n'explosera pas

"La démographie a toujours été associée à la fin du monde, à la disparition de l'Homme, au Jugement dernier, note le démographe Hervé Le Bras. Procédant par projections, on l'interprète comme des prédictions, toujours catastrophistes. Au début du siècle, en Europe, on s'inquiétait surtout de la dépopulation ! Les Français devaient procréer, il ne fallait pas laisser les Allemands être plus nombreux que nous. Les économistes associaient natalité et prospérité. Dans les années 1970, tout a changé avec les écologistes comme René Dumont, qui prédisaient l'épuisement rapide des ressources. Certains démographes annonçaient alors une population de 12 milliards en 2100. Aujourd'hui, nous revoyons tous ces chiffres à la baisse."

Hervé Le Bras, directeur d'études à l'Institut national d'études démographiques (INED), raconte avec humour comment toutes les prédictions à long terme, bien étayées, sur le peuplement humain * le démographe américain Joel Cohen en a relevé 68 * se sont révélées fausses. Soit, mais aujourd'hui ? Qu'en est-il des prévisions à court terme * à l'horizon 2030, 2050 ? De fait, en moins de 200 ans, l'humanité est passée de 1 milliard d'habitants (au début du xixe siècle) à 6 milliards (en 1999). Entre 1987 et 1999, soit en treize ans, de 5 à 6 milliards. Aujourd'hui, beaucoup des prévisions pour 2050 tournent autour de 8,4 à 9,5 milliards de Terriens * soit 3 milliards d'hommes en plus. Cet accroissement exponentiel qui effrayait tant Malthus s'arrêtera-t-il un jour ? Aurons-nous assez de ressources pour nous nourrir ? Oui et oui. Voilà la grande nouvelle des études récentes. Aujourd'hui, démentant les alarmistes, les démographes décrivent tous, partout autour du monde, une forte baisse de la fécondité des femmes * donc, à terme, de l'accroissement de la population. Selon eux, comme d'après l'ONU, la " bombe P " n'explosera pas. Que s'est-il passé ? Simplement, sur les cinq continents, les femmes font moins d'enfants.

"Personne n'avait anticipé la baisse rapide de la fécondité dans les pays en voie de développement, explique Hervé Le Bras. Prenez l'Iran. D'une fécondité de 6,5 enfants par femme en 1985, le pays est désormais à 2 enfants, comme en France ! En Chine, beaucoup pensaient qu'il allait être difficile d'imposer l'enfant unique à cause de la tradition de l'héritier mâle, de leur civilisation , etc. Mais cela a été relativement aisé, et rapide. On compte aujourd'hui 1,75 enfant par femme. Ainsi, 400 millions de Chinois annoncés par les courbes démographiques n'ont pas vu le jour. On peut penser que les Chinois étaient prêts à l'accepter. En Inde, cette politique de contrôle des naissances a été moins bien reçue. Dans le nord du pays, il y a encore 4,5 enfants par femme. Mais, en moyenne, l'Inde est passée au-dessous de 3 enfants par famille."

Quelles qu'aient été les politiques menées, tous les effets d'annonce catastrophistes sur la spirale des naissances des pays pauvres, parfois teintés de racisme ou d'une conception agressive du "choc des civilisations", ont été démentis.

" Aujourd'hui, précise Hervé Le Bras, le taux de croissance démographique mondial ralentit. 1,21 % par an en 2006, 0,37 % attendu en 2050. Pourquoi ? Le nombre d'enfants par femme baisse sur les cinq continents. Au Mexique, au Brésil, on tourne autour de 2,2 à 2,3 enfants par famille, 2,4 en Indonésie. En Afrique, si les femmes du Rwanda et d'Ouganda font encore 7 à 8 enfants, au Kenya par exemple, de 8 enfants par femme dans les années 1970, elles sont passées à 4 aujourd'hui. Les renversements de tendance se font très vite."

Partout, les femmes enfantent moins. Le phénomène s'universalise. Souvent, pour que la natalité baisse, il faut selon les démographes un "élément déclencheur" qui transforme les m*urs. Par exemple, en Algérie, dans les années 1970, les femmes se mariaient très jeunes, enfantaient tôt et portaient en moyenne plus de 7 enfants au cours de leur vie. Aujourd'hui, toujours en moyenne, elles se marient à 29 ans et font 2,4 enfants. En Europe du Sud (Italie, Espagne, Grèce), on compte 1,4 enfant par femme * et cette tendance gagne toute la Méditerranée. Dans leur étude sur la démographie du monde musulman, Le Rendez-vous des civilisations (Seuil, 2007), Youssef Courbage et Emmanuel Todd montrent que la fécondité des femmes est passée de 6,8 enfants en 1975 à 3,7 aujourd'hui * 2,2 au Maroc, 2,1 en Tunisie. Cette baisse, remarquent-ils, suit partout l'alphabétisation des femmes. Cette prise de contrôle inaugure, nous disent les auteurs, un bouleversement des mentalités "qui irradie les rapports d'autorité, les structures familiales, les références idéologiques (et religieuses), le système politique". Sur ces questions le "choc des civilisations" annoncé par les conservateurs américains n'aura pas lieu.

Si la "bombe P" des malthusiens n'explosera pas, c'est que dans toutes les cultures, sur tous les continents, contredisant nombre d'idées sur l'islam, l'acceptation du modèle de la famille à deux enfants gagne rapidement. Aujourd'hui, si cette révolution des m*urs se poursuit, les démographes de l'ONU tablent sur une population humaine à 8,2 milliards en 2030, 9 milliards en 2050 * et une stabilisation à 10,5 milliards en 2100. La population humaine aura alors achevé sa "transition démographique" : le ralentissement de la fécondité prendra effet en dépit du vieillissement général. Certains chercheurs, comme Mike Davis, auteur d'une étude inquiétante sur la prolifération des bidonvilles (Le Pire des Mondes possibles, La Découverte, 2007), relativisent cependant cet enthousiasme. " Je m'étonne, écrit-il au Monde 2, que les prévisions des démographes de l'ONU pour le siècle varient de quelque 3,5 milliards d'habitants entre les évaluations basses et hautes : c'est-à-dire la population mondiale quand j'étais enfant*" En effet, il suffirait d'une variation de 0,25 % par rapport au scénario de 2,1 enfants par femme (2,35), pour se retrouver 30 milliards avant 2050. Mais, toutes les études le confirment : la baisse de la fécondité féminine autour de deux enfants est générale.

Nourrir 9 milliards d'humains

Au-delà des angoisses et des peurs, la véritable grande question posée par le peuplement sera celle des ressources : les pays, les sols, la Terre pourront-ils nourrir * et supporter * une population de 9 ou 10 milliards d'habitants ? Ici, un détour s'impose. Dans les faits, parler de population "globale" comme d'un grand cheptel n'a pas grande signification. Comment comparer le mode de vie des habitants du Laos et de la Finlande, à population égale ? De l'Algérie, terre d'émigration, et du Canada, d'immigration ? Aujourd'hui la natalité des pays les moins développés progresse six fois plus vite que celle des pays développés * qui vieillissent et se stabilisent. En 2050, 86 % de la population mondiale habitera un pays pauvre ou émergent * la moitié en Chine et en Inde, dotés d'une politique antinataliste. Les répercussions d'un tel peuplement varieront fortement d'une région et d'un pays à l'autre, selon la fertilité des sols, l'eau, la qualité des terres. Mais surtout selon les politiques des gouvernements * économiques, agricoles, sociales. Le Prix Nobel d'économie 1998, l'Indien Amartya Sen, a bien montré combien la pauvreté et les famines découlent avant tout, non d'une population trop nombreuse, mais du manque de vitalité démocratique et de l'absence d'Etat social. L'Inde, par exemple, a connu des grandes famines jusqu'en 1947, date de son indépendance. Ensuite, le multipartisme, l'existence d'une opposition et d'une presse libre ont permis de prévenir et circonvenir les désastres. Qui plus est, l'Inde nourrit aujourd'hui une population de 1 milliard d'habitants parce qu'elle a réussi sa "révolution verte" * irrigation, conservation des sols, engrais, rendements * grâce à une politique d'Etat résolument tournée vers l'autosuffisance.

Aujourd'hui, 850 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde. La plupart vivent dans les pays du Sud qui ont été secoués par les émeutes du pain du printemps 2008. Est-ce parce qu'ils sont trop peuplés ? En juin, réagissant dans l'urgence, les responsables de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont tenu un sommet. Ses experts n'ont pas accusé la surpopulation, mais avant tout l'augmentation de 50 % du prix des céréales. Ils ont aussi dénoncé une production agricole mondiale insuffisante. Pas à cause de l'épuisement des terres, mais de leur mauvais usage.

Les agronomes rappellent combien, depuis un demi-siècle, sans se soucier des populations locales, les pays du Nord ont financé les cultures d'exportation des pays du Sud (notamment en Amérique latine) * le coton, l'herbage d'élevage * au détriment des cultures vivrières. A l'inverse de ce qui s'est passé en Inde, ces politiques néocoloniales ont ruiné l'agriculture de ces pays, avec l'aide de gouvernements autoritaires et corrompus. Résultat : l'Afrique subsaharienne, hier autosuffisante, se trouve contrainte d'importer ses produits de subsistance. Ici encore, comme l'analyse Amartya Sen, rien ne sert d'accuser la croissance démographique. Il faut s'en prendre aux politiques. Voilà pourquoi la FAO appelle maintenant à une gouvernance agricole mondiale, sous l'égide de l'OMC, aidée par la Banque mondiale, pour relancer les productions vivrières et de céréales * jusque dans les jachères d'Europe. Avec une politique agricole concertée, la planète pourrait tout à fait survenir aux besoins d'une population de 10 milliards d'habitants .

Le rapport 2008 de l'OCDE, Perspectives de l'environnement à l'horizon 2030, est aussi alarmiste que la FAO. Il nous promet, en l'absence d'une politique mondiale volontariste, un avenir très désagréable. Nous en connaissons le refrain. Un réchauffement de 1,7 oC à 2,4 oC en 2050 * prévision basse. Sécheresse, tempêtes, inondations, destruction des infrastructures. Un appauvrissement considérable des " précieux services des écosystèmes ". L'accroissement du " stress hydrique " pour 3 milliards d'humains * une eau mal répartie. Une pollution accrue de l'air. La croissance de la population humaine est-elle la cause première des fléaux annoncés ? Dans une lettre au Monde 2, des experts de l'OCDE répondent : "La population ne pose pas un problème en soi. Les pressions exercées sur les ressources naturelles et l'environnement ne proviennent pas du nombre d'habitants mais de leurs habitudes de consommation."

( suite sur le post suivant)
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MessageSujet: Sommes nous trop nombreux (3)   Lun 12 Jan - 15:08

Politiques irresponsables

Notre malheur viendra des modes de vie dépensiers, des politiques industrielles, des égoïsmes nationaux * de comportements que nous pourrions changer. Quelques exemples frappent. Selon le rapport 2008 de l'Agence internationale de l'énergie (World Energy Outlook 2008), des millions de voitures rouleront encore au pétrole en 2030, émettant quantités de CO2. Pourquoi au pétrole ? Parce que les grands constructeurs automobiles résistent pour changer leurs chaînes de montage et fabriquer des voitures "vertes" * comme les y engagent les gouvernements qui les renflouent depuis la crise financière de 2008. Le rapport de la FAO, L'Etat de l'insécurité alimentaire dans le monde (novembre 2008), note qu'avec l'amélioration du niveau de vie des pays émergents, des millions de personnes mangeront plus de viande. Ce qui nécessitera un bétail plus nombreux, buvant quantité d'eau, paissant sur des terres dévolues aux herbages * donc perdues pour les cultures vivrières. Ici encore, n'y a-t-il rien à faire ? Ou faut-il mener campagne pour que les Occidentaux contiennent leur "boulimie de viande", comme le préconise l'économiste Jeremy Rifkin ?

Autre remarque des experts de l'OCDE au Monde 2. Nous savons parfaitement que, par leurs vertus régénératrices, les écosystèmes nous sauvent d'une pollution terrestre accélérée et d'un appauvrissement général. Mais gouvernements et industriels, aux Etats-Unis comme dans les pays émergents, poursuivent encore des politiques irresponsables : subventions à l'agriculture intensive, aux pétroliers pollueurs, laisser-faire à l'emploi de produits chimiques, à la pêche industrielle * sans oublier les émissions massives de CO2. "Si aucune action nouvelle n'est entreprise, nous risquons de modifier de façon irréversible les conditions environnementales sur lesquelles repose le maintien de la prospérité économique" : les conclusions du rapport 2008 de l'OCDE sont encore plus inquiétantes que celles du rapport Stern (L'Economie du changement climatique, 2006), qui appelait à consacrer 1 % du PIB mondial à "décarboner" l'industrie. A nouveau, les politiques sont en cause. Pas le nombre d'habitants.

Frédéric Joignot

A lire

> Le Rendez-vous des civilisations, de Youssef Courbage et Emmanuel Todd. La République des Idées, Seuil, 2007, 159 p., 12,50 €. Une étude à rebours de tous les clichés sur la démographie du monde musulman.

> Nourrir l'humanité, de Bruno Parmentier, La Découverte, 2007, 274 p., 22 €. L'agriculture pourra-t-elle nourrir 9 milliards d'humains ?

> L'Enfermement planétaire, d'André Lebeau, "Le Débat", Gallimard, 2008, 304 p., 19 €. Quand les besoins dépassent les ressources, comment gérer la survie sur Terre ?

> Le Crépuscule de Prométhée, de François Flahault, Mille et une Nuits, 2008, 290 p., 16 €. Pourquoi l'homme doit oublier l'idéal prométhéen, qui lui fait perdre la raison.
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MessageSujet: Hubert Reeves : « L'Homme est menacé d'extinction »   Jeu 12 Fév - 19:37

Hubert Reeves : « L'Homme est menacé d'extinction »

Jeudi 12 février 2009

L'astrophysicien était à Nice mardi pour une conférence au profit des enfants hospitalisés. A l'invitation du Comité des dames de Lenval, que préside sa belle-soeur.

Une planète verte rencontre une planète blanche.

- « Tu as mauvaise mine. Que se passe-t-il ? »

- « Je ne me sens pas très bien, répond la planète blanche. J'ai attrapé une maladie : l'humanité. »

- « L'humanité ? Oh, ne t'inquiète pas. Je l'ai déjà eue, ça part tout seul... »

Cette histoire, Hubert Reeves la raconte de plus en plus souvent. Moins pour faire sourire que pour nous inciter à réfléchir sur les conséquences de nos actes. L'astrophysicien franco-canadien (marié à une Niçoise) prévient : « Si nous ne faisons rien, notre espèce est menacée de disparition. » L'Homme sera peut-être la victime de la sixième extinction. Succédant aux dinosaures, évincés de la planète il y a 65 millions d'années par une météorite de la taille du Mont-Blanc. Cette lugubre prophétie doit être prise au sérieux. « Selon les biologistes, les grands arbres et tous les mammifères de plus de trois kilos sont dans le collimateur », insiste Hubert Reeves. « La vie continuera probablement sur la Terre. Mais sans nous. »

Vous dites qu'au XXIe siècle, la température s'élèvera de 2 à 3 degrés. Est-ce si grave ?

Dans le pire des scénarios, le réchauffement pourrait atteindre six degrés. Or, la limite à ne pas dépasser serait de deux degrés. Même dans ce cas, l'eau de la mer continuera de monter d'un mètre au moins, et la dérégulation climatique se poursuivra. Augmentation de la puissance des cyclones et de la fréquence des canicules, succession de périodes de sécheresse et de grand froid : ces manifestations ont déjà commencé.

Quelles en seront les conséquences ?

La désertification s'accentuera dans les zones tropicales et équatoriales. Tandis que les régions du nord recevront de plus en plus de pluie. On voit déjà que des maladies associées aux tropiques, comme la malaria ou le paludisme, s'étendent sur des territoires plus vastes. Le virus du Nil, par exemple, se retrouve désormais dans plusieurs régions des États-Unis.

La géographie peut-elle s'en trouver modifiée ?

Les Maldives, ou Vanuatu, seront de moins en moins habitables en raison de la montée de l'eau, de la force des tempêtes et de la tendance des nappes phréatiques à devenir de plus en plus salées. Les migrations ont d'ailleurs commencé dans plusieurs îles du Pacifique.

En quoi l'humanité est-elle menacée d'extinction ?

C'est la leçon que l'on peut tirer de l'apparition et de la disparition d'innombrables espèces, tout au long de l'histoire de la vie. Celles qui s'éteignent sont celles qui ne savent pas s'adapter à des conditions nouvelles, souvent extrêmes.

Pourquoi l'Homme aurait-il plus de difficulté à s'adapter ?

Les êtres humains sont beaucoup moins robustes que les fourmis ou que les bactéries, par exemple. Et de nouveaux dangers se dessinent. Comme le bioterrorisme, beaucoup plus dangereux que le nucléaire parce qu'il réclame infiniment moins de moyens. Des épidémies fracassantes font partie des menaces.

Quelle est l'échéance ?

Du point de vue de la détérioration de l'environnement, elle est de l'ordre de quelques décennies. La Terre n'est pas infinie, on est en train de manger notre capital. Un exemple : on pêche davantage de poissons qu'il ne s'en reproduit. Ce n'est pas vivable.

Pour vous, qui aviez signé le « pacte écologique » de Nicolas Hulot, le Grenelle a-t-il été une réponse suffisante ?

La bonne nouvelle, c'est que le parlement a donné une réponse favorable.

Partout, des signes positifs se multiplient, que ce soit aux États-Unis, en Europe, au Japon ou en Chine. Est-ce assez rapide ? C'est toute la question.

Pourquoi ne pas vous engager en politique afin de peser davantage ?

J'ai toujours refusé d'entrer dans un clivage gauche-droite. Je préfère n'avoir aucune étiquette et rester en dehors pour mieux faire pression. En France, les Verts se bouffent le nez et n'ont aucune influence, sauf peut-être dans les villes.

Vous a-t-on déjà proposé un ministère, au Canada ou en France ?

Non, et j'aurais refusé. Comme Nicolas Hulot qui a eu mille fois raison de le faire. Je tiens beaucoup à ma liberté.
Propos Recueillis Par Franck Leclerc

Source Nice Matin du jeudi 12 février 2009

http://www.nicematin.com/ra/culture/173063/nice-hubert-reeves-l-homme-est-menace-d-extinction
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MessageSujet: Deux maux : la surpopulation des pays pauvres et la surconsommation des pays riches   Jeu 12 Fév - 19:39

Bonsoir,

Oui il y a deux problèmes essentiels qui menacent l'humanité. Le premier c'est l'excés de naissances des pays pauvres et de culture "fellah". Le second c'est l'excés de consommation des pays riches. Il N' Y A PAS d'autres difficultés majeures. Le reste : le terrorisme ethnico- religieux, les guerres de connotation religieuses, idéologiques ou économiques, la destruction de l'environnement, ne sont que les conséquences de ces deux maux.

Alors oui il faut apprendre à consommer moins de la part des Occidentaux, et il faudra probablement leur serrer la ceiture pour qu'ils comprennent. Mais il faut aussi imposer la limitation des naissances à certains peuples. Il suffit peut être pour cela de supprimer les aides à ceux qui s'y opposent et utilisent l'argent qui leur est donné pour acheter des armes afin de nous faire la guerre. L'éducation hélas semble un voeux pieux, trop tard !

Et puis il ne suffit plus de dire YA KA ! Michel Tarrier et bien d'autres nous ont déjà longuement alertés sur le danger mortel que nous fait courrir l'excédent de population et de consommation. Il est temps de passer aux actes, c'est à dire d'exiger de nos politiciens, de nos entrepreneurs, de nos chercheurs, de nos sociologues et autres "penseurs" qu'ils s'emparent de ces problèmes et cessent de les occulter. Nous devons lutter contre notre confort intellectuel et matériel et notre propension à la compassion et à cette absurde idée de repentance et de culpabilité qui sert à ceux qui souhaitent et répendent l'idée de notre mort en tant que groupe et en tant que civilisation.

Dans le cas contraire c'est "l'apocalypse" qui nous attend tous, pas seulement pour les occidentaux, et nous l'aurons bien mérité . Alors oui, entrons en résistance et d'abord envers nous même, soyons résistants à la désespérance, à l'idée que nous sommes déjà morts et enterrés. Résistons pour conserver nos valeurs, nos cultures qui valent bien celles des autres. Retrouvons nos sources, régionales, locales et étendons notre compréhension du monde extérieur au notre. Penser global pour agir local, penser au futur en agissant au présent. Cultivons notre jardin si nous ne voulons pas de maïs transgénique et donnons un coup de main au voisin, s'il veut bien participer à l'effort collectif. Dénonçons les profiteurs, les parasites et les prédateurs économiques. Refusons d'écouter les siènes défaitistes de ceux et de celles qui veulent faire cadeau aux masses grondantes qui sont à nos portes l'esentiel de ce que nos ancètres ont capitalisé pour nous. Oui entrons en résistance et, croyez moi, nous saurons, aussi, descendre dans la rue pour défendre notre héritage s'il le faut.

Raison et bonne chance à tous !

Cordialement

Francis NERI

http://terresacree.org/francisneri.html

et sur le flux RSS : http://terresacree.org/fildinfo.htm
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MessageSujet: Non au 3ème ventre !   Jeu 9 Avr - 9:49

LA MARÉE HUMAINE & LE TABOU DÉMOGRAPHIQUE



En 5 minutes, il naît 67 enfants aux États-Unis, 274 en Chine, 395 en Inde, etc.



« Pendant que vous lisez cette phrase, onze enfants naissent sur cette Terre. Pendant le même temps cinq personnes meurent. Ces six vivants supplémentaires en quelques secondes représentent pour l’humanité le plus grand danger qui l’ait jamais menacée depuis qu’elle existe : le surpeuplement.



Il a fallu des millénaires à l’humanité pour atteindre son importance actuelle : 3,5 milliards. Dans trente ans, elle l’aura doublée : 7 milliards.



La funeste trinité du surpeuplement, famine, misère, chômage, divisera demain le monde en deux camps ennemis. C’est la nouvelle fin du monde qui nous est promise. »

L’Express nº 958 du 17 novembre 1969



Objecteurs de naissances : "Alertez les bébés !"



« Pour un enfant de réussi, on en trouve cent de bâclés. Les bâclés prennent ensuite le pouvoir et voici le résultat. Ne vous vengez pas sur vos enfants de la pire vacherie que vous ont faite vos parents : vous faire naître. »

Bernard WERBER



Chers 12078 lecteurs,



Que s’est-il passé depuis la parution du livre FAIRE DES ENFANTS TUE ... ?

Pas grand-chose : le système est bien verrouillé, la droite comme la gauche, les chrétiens comme les socialistes ont leurs folles raisons de vouloir faire de la Terre une fourmilière humaine malheureuse, invivable, exsangue de beauté écologique et de ressources, en proie aux guerres et aux famines. Ainsi, bien que lucide, le message antinataliste est jugé irrecevable par la pensée unique. La France s’enorgueillit même d’être le premier pays européen reproducteur. En pleine crise, avec 50 millions de chômeurs de plus pour 2009, on comprend mal !



Un livre plait, c’est NO KID, quarante raison de ne pas avoir d’enfant, de Corinne Maier. Il y est question des nuisances qu’implique l’enfant au sein du couple, nullement du futur planétaire. Tout au contraire et bien que l’aspect pamphlétaire ait fait monter au créneau certains vertueux qui ne l’ont pas lu, mon livre prétend que la meilleure façon d’aimer les enfants, c’est de ne pas en faire, ou de n’en faire qu’un ou deux, voire de se préoccuper de ceux déjà si malheureux qui peuplent les pays du Sud.



Quelques repères :



Dimanche 5 avril 2009, une satisfaction : sans détours, le thème était au programme de l’émission Planète 2049 de Maïtena Biraben, sur la télévision Planète :

http://www.planete.tm.fr/planete2049/mag2049.html

(Visionner : Pas d’enfant, merci ! / En prenant soin d’ouvrir le haut-parleur du site !)



Un récent article dans la revue Philosophie (Pourquoi fait-on des enfants ?) ne fait que survoler les vraies causes de ne pas en faire et s’appesantit sur l’aspect nombriliste du couple procréateur. Comme si les parents ne décident de ne donner naissance qu’à un bébé, sorte de peluche, qui ne deviendra jamais un adulte dans un monde qui s’assombrit chaque jour un peu plus. C’est bien là le comble de l’égoïsme qui triomphe, ce qui, dans le monde que l’on sait, est lamentablement normal.



Fin 2008, une association antinataliste s’est crée sous le nom de démographie responsable :

http://www.demographie-responsable.org:80/

Ses affiches éloquentes couvrent fréquemment certaines rues des quartiers les plus prolifiques de Paris.



Dans un supplément, Le Monde du 10 janvier 2009 posait la question : Sommes-nous trop nombreux ?



Dans le numéro de février 2009, Faire des enfants tue reçoit les éloges de la revue Psychologies :

http://www.psychologies.com/livres.cfm/livre/5310/Michel-et-Daisy-Tarrier/Faire-des-enfants-tue.html



Dans une interview de la revue Science et Vie d’avril 2009, Pierre-Henri GOUYON, généticien et professeur à l'école polytechnique et du Muséum d'histoire naturelle de Paris, déclarait : « Le scénario optimiste de la disparition des humains de la Terre : ils deviendraient assez riches pour ne plus faire d'enfants que par désir et descendraient au-dessous de la barre des deux enfants par femme, ce qui conduirait l'espèce vers l'extinction, sans souffrance pour les individus. Le scénario pessimiste : les conditions écologiques ne permettraient plus l'existence de cette espèce ».



Le 16 mai 2009 se tiendra à Bruxelles la Fête des non-parents :

http://nonparents.skynetblogs.be:80/

« Vous n’avez pas d’enfant ? Soyez-en fier ! Que cette absence de progéniture résulte d’un choix ou d’une fatalité, vous n’imaginez pas quel précieux service votre stérilité rend à l’humanité ! »



Le tabou démographique tient bon !



La plupart des tabous ont été vaincus, sauf un : celui-là !

La surpopulation humaine est l’ultime vraie vérité qui dérange, à tel point qu’il est même estimé outrageant de poser la question : sommes-nous trop nombreux ?

Les reportages, les articles projetés ou réalisés sur ce sujet, par des journalistes se pensant libres, ont pour la plupart été censurés et privés de diffusion.



« Croissez et multipliez, et remplissez la Terre » (Genèse 9,1). La population humaine d’alors n’était que de quelques millions ! Nous sommes quasiment 7 milliards, donc, c’est fait ! Et même si l’on nous assure que la planète bleue (ou ce qui en reste) pourrait nourrir jusqu’à 12 milliards d’humains : et après ? Pourquoi donc se voiler la face ?





Michel Tarrier







http://www.amazon.fr/Faire-Enfants-Surpopulation-Tarrier-Michel/dp/2842744403

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1494.php



Yves Cochet, Pour la grève du troisième ventre :

http://www.liberation.fr/societe/0102560404-reaction-sur-yves-cochet-pour-la-greve-du-troisieme-ventre
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MessageSujet: surpopulation   Mar 7 Juil - 15:54

Parlons de surpopulation...


Cette lettre a été adressée à trois quotidiens importants : Le Monde, Le
Figaro, Sud-Ouest.

« Monsieur le Rédacteur en Chef

Je fais partie d'un groupe de scientifiques (http://gpso.wordpress.com),
répartis dans 24 Pays, qui s'est engagé à convaincre les médias de faire
cesser le tabou qui s'oppose à toute discussion relative aux problèmes posés
par la taille et la croissance de la population humaine en relation
notamment avec la dégradation de l'environnement. Nous maintenons ce tabou à
notre péril et à celui de millions d'autres espèces.

La surpopulation est étroitement liée à toutes les formes de dégradation de
l'environnement dont nous prenons conscience maintenant : disparition d'espèces,
modifications du climat, pollutions, désertifications, diminution des
réserves aquatiques, déforestations etc., or la croissance démographique
mondiale est préoccupante. Rappelons quelques chiffres, ils sont éloquents.
Il a fallu attendre longtemps pour que la population humaine franchisse le
cap du milliard d'individus. C'était en 1800. Cent ans après environ, en
1930, nous étions deux milliards. Tout s'est accéléré ensuite : en 30 ans le
troisième milliard a été atteint, 15 ans après le quatrième. Nous sommes
actuellement six milliards sept cent millions d'êtres humains avec, en
projection, deux milliards supplémentaire d'ici 2050.

Pour nourrir ces deux milliards supplémentaires on estime qu'il faudra
augmenter les surfaces agricoles de 18%. Faire de l'agriculture c'est «
affecter un espace à une espèce animale ou végétale utile à l'homme et
exclure de cet espace toute autre espèce concurrente » à cet effet d'exclusion
il faut ajouter toutes les pollutions liées aux pratiques agricoles. Il
faudra aussi loger cette population c'est-à-dire recouvrir d'importantes
surfaces nouvelles avec des matériaux inertes incompatibles avec la vie qui
y préexistait. Il faudra développer les voies de transport et de
communication, les échanges, les industries, les moyens d'élimination des
déchets, il faudra accroître la fourniture d'énergie.

Il est illusoire de penser qu'en réduisant notre consommation (même s'il
est bon de le faire) nous arriverons à corriger les excès dus à la
croissance ininterrompue de la population humaine ; personne ne peut réduire
ses besoins organiques à zéro, il faut pour cela ne pas exister.

Il est temps de réfléchir à ces problèmes démographiques et de préparer l'opinion
à une perception nouvelle de leur évolution.
Le problème de la limitation des naissances est difficile dans les pays en
voie de développement où de grossières erreurs ont été commises dans le
passé. Mais les erreurs doivent être utiles pour progresser.
Il faudra dans ces pays, par recours aux médias sans doute, mieux y éduquer
les femmes en exposant de nouvelles options concernant la taille des
familles ; il faudra mieux protéger l'enfance pour qu'une forte mortalité ne
soit plus la justification des familles nombreuses ; il faudra enfin rendre
les moyens de contraception facilement accessibles à tous.

Le projet d'aboutir rapidement à un pallier de croissance de la population
humaine et, par la suite, à sa décroissance est une option dont dépend l'avenir
de notre espèce et du reste du monde vivant.

En espérant que vous voudrez vous intéresser au sujet que je vous expose et
que, convaincu de son importance, vous voudrez bien nous aider à en faire
prendre conscience (en publiant cette lettre par exemple), veuillez agréer,
Monsieur le Rédacteur en Chef etc. »

Via le site BlogHardi


Source : http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/parlons-de-surpopulation-58508
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MessageSujet: Plus on est de fous...   Ven 24 Juil - 6:07

Plus on est de fous...

Quand mon père est né, en 1953, il y avait presque trois milliards d'humains sur Terre.

Quand sa première petite-fille naîtra en octobre 2009, nous
serons 6,7 milliards d'individus. Et quand le père de la première
petite-fille de mon père, c'est-à-dire moi-même, prendra sa retraite en
2042, nous serons presque 9 milliards sur cette planète.

C'est fou. Entre la naissance de mon père et l'année où je prendrai ma
retraite, la population mondiale aura triplé. Trois fois plus de bouches à
nourrir, trois fois plus de gens à loger, trois fois plus de buveurs d'eau,
trois fois plus de tout.

Et une seule planète qui n'a rien de plus à offrir que ce qu'elle contient
déjà.

La semaine dernière, on se réjouissait de la publication d'une étude de
l'Institut de la statistique du Québec qui concluait que la population
québécoise n'amorcerait pas son déclin de sitôt. Même que la province
comptera un peu plus de 9 millions d'individus en 2056.

Radio-Canada est allée jusqu'à qualifier la nouvelle d'"embellie
démographique".

Au Québec, on est content de se multiplier. La surpopulation, croit-on,
c'est le problème des "autres": de la Chine, de l'Inde, de l'Afrique.

Bien sûr, le peuple québécois étant un cheveu dans la soupe mondiale, qu'on
soit neuf ou dix-huit millions ne change pas grand-chose. Cela ne devrait
cependant pas nous faire oublier que la surpopulation nous concerne aussi.

Parce qu'on habite tous la même planète.

Si les Indiens sont trop nombreux, si les Chinois consomment autant que les
Américains, tout le monde en paiera le prix.

En 1968, Paul Ehrlich publiait The Population Bomb. Le bouquin détaillait
les problèmes que causera l'explosion démographique: famines, pandémies,
épuisement des ressources naturelles, nommez-les. À l'époque, on a traité
son livre de catastrophiste. Plusieurs des prédictions d'Ehrlich ne se sont
d'ailleurs jamais avérées.

Il n'en demeure pas moins que le bogue soulevé par The Population Bomb est
réel.

On est de plus en plus trop. Et c'est le grand tabou de notre ère.

Certains commencent malgré tout à agiter le drapeau rouge.

En février dernier, le commissaire au développement durable du Royaume-Uni,
Jonathon Porritt, qualifiait d'irresponsables les parents qui décidaient
d'avoir plus de deux enfants. D'irresponsables, oui.

Le magazine Scientific American vient de publier une édition spéciale
portant sur l'environnement et la population. On y lit, entre autres, que
tous nos efforts pour réduire nos déchets ou notre consommation d'énergie et
de ressources naturelles seront pratiquement vains si la croissance de la
population demeure la même.

Le magazine pose la question qui tue: "Pouvons-nous éviter de limiter le
nombre d'individus?"

Il est justement là, le tabou dont je vous parlais tantôt.

On croit à tort que la question de la surpopulation vient avec des sujets
inadmissibles: contrôle des naissances, politiques d'enfant unique comme en
Chine. On pense aux écolos-fascistes qui prônent le suicide et l'avortement.
On imagine des sociétés sans enfants comme dans le film Children of Men.

Comme c'est épouvantable, on évite le sujet.

Comment, alors, des sociétés peuvent-elles contrôler la croissance de la
population sans avoir l'air de la contrôler? Il est là le gros défi.

La solution, indique l'article de Scientific American, pourrait venir des
résolutions prises par 179 pays à la Conférence internationale des Nations
Unies sur le Développement et la population qui s'est tenue au Caire, en
1994. À l'époque, les nations s'étaient engagées à aider chaque femme qui
souhaite être mère à mettre au monde en enfant en santé.

Curieuse stratégie pour contrôler la multiplication des humains? Pas tant
que ça.

On sait que l'éducation est directement liée au nombre d'enfants. Une femme
sans éducation a en moyenne 2,6 fois plus d'enfants qu'une femme qui détient
un diplôme collégial.

Les femmes sans éducation sont souvent confinées à la maison, dans des
cultures qui interdisent la contraception, dans des carcans religieux qui
les transforment en machines à faire des bébés.

Des centaines de millions de femmes dans le monde sont dans cette situation.
Elles n'ont pas le contrôle de leur corps.

Or, plutôt que de tenter de contrôler les populations, l'idée serait de
donner à chaque femme l'éducation nécessaire pour qu'elle puisse reprendre
le contrôle de son corps, de sa vie, travailler et fonder la famille (moins
nombreuse) qu'elle désire...

Ce que les démographes nous disent, au fond, c'est que seules des femmes
libres nous feront éviter le cauchemar de la surpopulation.

StSteve Proulx

Source : http://www.voir.ca/blogs/steve_proulx/archive/2009/07/22/plus-on-est-de-fous.aspx
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MessageSujet: Démographie Mondiale : 9 milliards d’habitants sur la planète… - Projection 2050   Dim 16 Aoû - 15:40

Démographie Mondiale : 9 milliards d’habitants sur la planète… - Projection 2050

Alors que la population augmente considérablement, celle-ci fait peser un poids croissant sur la planète. La démographie prend ainsi une dimension écologique. Cette problématique fait l’objet de nombreux débats.

En 1800, la planète comptait un peu moins d’un milliard d’habitants. Entre 1800 et 1925, la population a doublé, grâce notamment aux progrès médicaux et sanitaires réalisés au cours de cette période (diminution de la mortalité infantile et augmentation de la l’espérance de vie). La population mondiale a ensuite augmenté de 4 milliardsen 1975 à 6 milliards en 1999 puis à 6,6 milliards en 2008.

Ralentissement durable ?
La croissance démographique atteint son niveau le plus élevé au milieu des années 90 avec une augmentation de 82 millions d’individus par an. Les chiffres font état d’une croissance annuelle de 70 millions en 2007 (Lester R. Brown, Le Plan B). Le nombre moyen d’enfants est passé de six par femme en 1960 à trois environ aujourd’hui. Il pourrait atteindre deux enfants par femme dans les prochaines décennies, au niveau de remplacement de la population.

Selon les prévisions des Nations Unies, la population mondiale atteindra environ 9 milliards à l’horizon 2050 puis se stabilisera. Il s’agit d’un chiffre inférieur à celui des 12 milliards que projetaient la plupart des spécialistes il y a une dizaine d’année.

Situations contrastées
Les situations démographiques peuvent être très diverses d’une zone géographique à l’autre. Les pays occidentaux ont achevé leur “transition démographique”, c’est-à-dire que la mortalité a considérablement diminué grâce de la médecine, or la natalité a également chuté parfois en dessous du seuil de renouvellement. Leur population vieillit et diminue même parfois en valeur absolue, même lorsque l’on compte les nouveaux habitants issus de l’immigration.

A l’inverse, une grande partie du monde connait encore une croissance démographique forte. Dans les décennies à venir, 96% de cette croissance prendra place dans les pays en développement. Selon le FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la Population), la population des 49 pays les moins avancés va presque tripler.

Aujourd’hui, l’âge moyen dans le monde est de 28 ans et il devrait passer à 38 ans en 2050 du fait l’augmentation de l’espérance de vie.

Le rôle des femmes
La baisse de la fécondité est principalement contrôlée par les femmes. Or, leur fécondité baisse significativement avec l’urbanisation grâce à l’accès à une meilleure éducation, aux méthodes de contrôle des naissances (planning familial), à une vie professionnelle et à un environnement qui, loin d’encourager des familles nombreuses, les décourage.

Toutefois, dans les pays où les petits garçons sont préférés aux filles, comme en Inde ou en Chine, et où les échographies sont disponibles pour déterminer le sexe des enfants avant leur naissance, les parents favorisent les bébés mâles et avortent des filles. Il y aurait aujourd’hui un déficit de plusieurs dizaines de millions de femmes dans ces pays.
Migrations

Les évidentes différences de niveau de vie conduisent un nombre important de personnes à chercher à émigrer vers les pays plus riches – en Europe occidentale et aux Etas-Unis, notamment, des conditions parfois très difficiles. Certains y laissent la vie, la plupart sont la proie de trafiquant d’hommes. Une part croissante des migrations se fait aujourd’hui entre les différents “suds”.

“Population bomb”
Dans les années 60, de nombreux intellectuels écologistes pensaient que l’accroissement de la population mènerait l’humanité à la catastrophe. Le plus célèbre d’entre eux, Paul R. Ehrlich, un entomoliste américain, publia en 1968 un livre à grand succès : “The population bomb“. Il prédisait notamment que des centaines de millions de personnes allaient mourir de faim prochainement dans les plus grandes famines de l’histoire de l’humanité. Celles-ci ne sont pas survenues, en particulier parce que la production agricole a augmenté considérablement.

Empreinte écologique et épuisement des ressources
Même si les famines prédites n’ont pas eu lieu, l’accroissement de la population implique l’augmentation des besoins en alimentation et en biens de consommation courante. La population mondiale exerce une pression croissante sur l’environnement et sur les ressources. Lorsqu’on mesure l’empreinte écologique de l’humanité, on s’aperçoit qu’elle dépasse la taille de notre planète : notre modèle de vie à l’échelle du monde n’est plus durable. Toutefois, il existe de grandes différences entre les populations. Un Australien ou un Etasunien consomment bien plus qu’un Burkinabé : l’empreinte des premiers est 10 fois plus élevée que les derniers.

Face à cette crise, la plupart des écologistes prônent une diminution drastique de l’empreinte écologique moyenne de l’humanité – et principalement la réduction de celle des pays occidentaux. D’autres défendent un point de vue plus malthusianiste et parfois misanthrope : ils pensent qu’il faut aussi réduire la taille de la population mondiale et considèrent qu’il ne faut pas avoir d’enfant (même s’ils ne mettent pas toujours leurs idées en accord avec leurs actes).

Source : Good Planet - 13.08.09
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MessageSujet: Distribuer des contraceptifs dans les pays en développement ...et arrêter les politiques familiales en occident !   Dim 20 Sep - 7:16

Distribuer des contraceptifs dans les pays en développement pourrait aider à lutter contre le changement climatique en ralentissant la croissance démographique mondiale, expliquent des experts dans la revue médicale britannique "The Lancet" publiée vendredi.

Plus de 200 millions de femmes dans le monde voudraient des contraceptifs mais n'y ont pas accès, soulignent les auteurs dans un éditorial.

Le résultat, ce sont 76 millions de grossesses non désirées chaque année, expliquent-ils.

On pourrait ralentir le taux de croissance de la population, et peut-être atténuer la pression démographique sur l'environnement, en donnant accès à ces femmes à des préservatifs gratuits et à d'autres méthodes de contrôle des naissances, précise l'éditorial.

"Il y a maintenant un débat et un intérêt émergents sur les liens entre la dynamique démographique, la santé sexuelle et reproductive et les droits, et le changement climatique."

Dans les pays qui ont accès aux préservatifs et à d'autres contraceptifs, la taille moyenne de la famille tend à baisser de manière importante en l'espace d'une génération.

Jusqu'à récemment, de nombreux programmes de santé financés par les Etats-Unis n'encourageaient pas l'utilisation des préservatifs dans les pays pauvres, même pour combattre des maladies comme le SIDA.

La population mondiale devrait grimper à 9 milliards de personnes d'ici 2050, et les pays en développement représenter plus de 90% de cette croissance.

L'éditorial cite un rapport britannique selon lequel le planning familial revient cinq fois moins cher que les technologies courantes utilisées pour lutter contre le changement climatique.

Selon cette étude, chaque tranche de sept dollars dépensée dans le planning familial de base permettrait de réduire les émissions mondiales de dioxyde de carbone de plus d'une tonne.

La croissance normale de la population ne devrait pas aggraver de manière importante le problème du réchauffement.

Mais la surpopulation dans les pays en développement pourrait conduire à une demande accrue de nourriture et logements susceptible de menacer l'environnement alors qu'il est en proie au réchauffement, estiment les experts.
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MessageSujet: La croissance non régulée de la population accélère le changement climatique, endommage les écosystèmes et condamne de nombreux pays à la pauvreté,   Mer 23 Sep - 11:49

La croissance non régulée de la population accélère le changement climatique, endommage les écosystèmes et condamne de nombreux pays à la pauvreté, concluent 42 experts dans une série d'études publiées lundi, prônant un contrôle des naissances pour la ralentir.

Actuellement, chaque semaine 1,5 million d'êtres humains supplémentaires grimpent à bord du vaisseau Terre, ce qui pourrait conduire à un désastre planétaire, préviennent-ils.

"Il faut mettre davantage l'accent sur la nécessité d'un contrôle des naissances - toutes les femmes devraient être protégées pour éviter des naissances non désirées", déclarent les chercheurs dans un éditorial collectif publié également dans la revue British Royal Society journals.

A moins de réduire de manière draconienne les taux de natalité grâce à des programmes de planning familial, la population mondiale peut atteindre 11 milliards de personnes au milieu du siècle, préviennent-ils.

Les Nations unies prévoient que la population mondiale passera de 6,8 milliards de personnes actuellement à 8 à 10,5 milliards d'ici à 2050.

"Dans de nombreux pays (parmi) les moins développés, une croissance rapide et continue de la population pourrait entraîner famine, échec du système éducatif et conflit", selon Malcom Potts du Centre Bixby pour la population, la santé et le développement durable (Université de Californie).

"Il ne fait aucun doute que le taux actuel de croissance de la population mondiale est impossible à supporter sur la durée", estime Roger Short (Université de Melbourne, Australie).

"La quasi-totalité de cette croissance - 98% - devrait, selon les prévisions, se produire dans les pays en développement, particulièrement en Afrique, dont la population doit doubler pour atteindre 1,93 milliard d'habitants d'ici à 2050".

"Comment le Niger fera-t-il pour nourrir une population passant de 11 millions actuellement à 50 millions en 2050, dans un pays semi-aride qui pourrait être confronté à des problèmes climatiques", écrit Lord Adair Turner, ancien chef du patronat britannique, qui préside l'autorité des marchés financiers (FSA) .

Dès 1798, quand la Terre n'abritait qu'un milliard d'êtres humains, le mathématicien britannique Thomas Malthus avait déjà mis en garde contre les risques potentiels d'une croissance de la population.
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