Agora de l'Ermitage

Libres propos d'un ermite sur les faits de société
 
AccueilS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Déforestation

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Rapport de la FAO : la déforestation s’enracine   Ven 27 Mar - 17:09

Rapport de la FAO : la déforestation s’enracine

L’actu : le déboisement qui ravage les forêts d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine devrait se maintenir à un rythme élevé durant les 20 prochaines années, selon un rapport publié le 16 mars par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).
Le contexte

Tous les deux ans, la FAO publie un rapport consacré à la situation mondiale de la forêt et du secteur forestier. Thème retenu pour l’édition 2009 : « Société, forêts et foresterie : s’adapter pour l’avenir ». L’enjeu

La santé des forêts varie d’un continent à l’autre. Analyse de la situation dans les 5 grandes régions du monde.

- Afrique

Entre 2000 et 2005, ce continent a perdu 4 millions d’hectares de forêts par an, « ce qui représente près d’un tiers de la superficie déboisée dans le monde », selon la FAO. La conversion des zones forestières en zones d’agriculture permanente est la cause principale de ce déboisement.

Aujourd’hui, l’Afrique ne représente plus que 16% de la superficie forestière mondiale. Un pourcentage qui pourrait encore baisser à l’avenir. « Les pertes de forêts devraient se poursuivre au rythme actuel. La demande croissante de denrées alimentaires et d’énergie ainsi que la hausse de leurs prix aggravera la situation », prévoit la FAO.

Les défis environnementaux pèseront également sur le sort des forêts africaines. Sécheresses, inondations, diminution des ressources en eau… Le changement climatique devrait entraîner un besoin d’expansion des zones de pâturage. Et de plus en plus d’Africains vont avoir recours au bois de feu pour se chauffer.

Dans ce contexte négatif, la FAO voit dans l’écotourisme et la demande pour les services environnementaux (biodiversité, fixation du carbone) des « opportunités exceptionnelles » pour assurer l’avenir des forêts africaines. Elle préconise également la mise en œuvre, à l’échelle du continent, de projets comme la Grande muraille verte au Sahara, qui a permis de faire reculer la désertification dans une zone qui s'étend de la Mauritanie à Djibouti.

- Asie et Pacifique

En 2005, la région comptait 734 millions d’hectares de forêts, 3 millions de plus que cinq ans plus tôt. Ces bons chiffres, qui s’expliquent par le plan de reboisement lancé par la Chine, cachent la perte de 3,7 millions d’hectares de forêt par an dans l’ensemble de la région, entre 2000 et 2005.

Comme en Afrique, la déforestation devrait se poursuivre en Asie à ce rythme durant au moins 20 ans. Selon la FAO, « l’expansion des cultures commerciales à grande échelle sera le principal facteur de déforestation dans la région ». En Indonésie et en Malaisie, les forêts sont notamment dévorées par les plantations de palmier à huile, pour satisfaire la demande mondiale en biocarburants.

Autre menace qui pèse sur les forêts d’Asie et du Pacifique : la perte de biodiversité. Elle s’explique par le changement climatique, l’essor de l’agriculture, mais aussi le « trafic d’animaux et de parties d’animaux », qui « monte en flèche », selon la FAO.

- Amérique latine et Caraïbes

Entre 1990 et 2005, la région a perdu près de 64 millions d’hectares, « soit 7% de sa superficie forestière », souligne le rapport de la FAO. Les pays d’Amérique du Sud sont les plus touchés, à l’exception de l’Uruguay et du Chili, qui ont mis en place des programmes de reboisement à grande échelle ces dernières années.

Si l’urbanisation en cours dans les Caraïbes pourrait permettre de ralentir le rythme de la déforestation, les forêts d’Amérique du Sud ont encore du souci à se faire. En cause : le besoin de terres pour l’élevage et la culture de denrées alimentaires.

Selon la FAO, « la fourniture de biens publics mondiaux – par exemple, des crédits carbone – peut aider jusqu’à un certain point ». Mais l’organisation souligne le besoin de mettre en place un « mécanisme capable d’inciter à ralentir le défrichage des forêts ».

- Europe

Sans surprise, la santé des forêts européennes est bien meilleure. La législation en vigueur dans l’UE « rend extrêmement difficile le déboisement et la conversion des forêts à d’autres usages », selon la FAO.

Si les forêts ont tendance à gagner du terrain à l’échelle du continent, c’est également grâce à « une moindre dépendance à l’égard de la terre, l’augmentation des revenus et le souci de la protection de l’environnement ».

- Amérique du Nord et Mexique

A cause de l’expansion agricole du Mexique, la région représente 2% de la déforestation mondiale annuelle entre 2000 et 2005. Aux Etats-Unis, en revanche, la FAO note « un petit accroissement net de la superficie forestière ».

Les forêts d’Amérique du Nord restent cependant sous la menace du changement climatique et des feux de forêts, particulièrement destructeurs dans la région.


Source : http://www.geo.fr/environnement/actualite-durable/deforestation-fao-33893
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Les forêts d'Asie du Sud-Est en fragile sursis   Lun 6 Avr - 12:11

Par Sylvain Angerand


L'Indonésie et la Malaisie ont des taux de déforestation parmi les plus élevés dans le monde : chaque année 1,5 million d'hectares de forêts primaires disparaissent en Indonésie selon la FAO.

En 1950, les forêts d'Indonésie couvraient environ 160 millions d'hectares alors qu'aujourd'hui elles ne couvrent plus qu'environ 48 millions d'hectares soit une diminution de près de 70%. À Sumatra et à Bornéo, les forêts sont détruites si rapidement qu'elles auront disparu à 98% en 2022 si des actions urgentes de préservation ne sont pas entreprises. Il y a cinq ans, le Programme des Nations Unis pour l'Environnement (PNUE) estimaient que ce seuil fatidique ne serait atteint qu'en 2032

(source : rapport The Last Stand of the Orangutan, PNUE, 2007).

Les impacts sociaux et environnementaux de cette déforestation sont très forts.

Les forêts d'Asie du Sud-Est rendent à l'humanité de nombreux services notamment grâce à leur capacité de stockage du carbone et à leur capacité à réguler le climat. Elles constituent surtout le lieu de vie des populations locales et des peuples autochtones, qui en dépendent aussi bien pour leur alimentation, leur approvisionnement en eau potable, leur médecine ou leur spiritualité. L'archipel indo-malaisien abrite des centaines de communautés indigènes qui vivent de la forêt depuis des milliers d'années. Sur 216 millions d'indonésiens, 100 millions de personnes qui dépendent des forêts sont directement menacés par la déforestation.

Cette déforestation met en danger la survie des orangs-outans mais aussi d'autres espèces menacées comme le tigre de Sumatra, le rhinocéros de Sumatra ou l'éléphant d'Asie. Il n'y aurait plus que 45.000 à 69.000 orangs-outans vivant à l'état sauvage à Bornéo et pas plus de 7.300 à Sumatra. Au rythme actuel, les orangs-outans sauvages pourraient disparaître d'ici une dizaine d'années.

L'extension de la culture de palmier à huile est considérée comme la principale menace actuelle et à venir pour les forêts d'Asie du Sud-Est : en Malaisie, le développement des plantations de palmier à huile est responsable de 87% de la déforestation entre 1985 et 2000.

En 2020, en Indonésie, la superficie des plantations de palmiers à huile pourrait avoir triplé et atteindre 16,5 millions
d'hectares.

La culture du palmier à huile est une culture d'exportation : l'Europe est le premier importateur mondial d'huile de palme, un ingrédient discret que l'on retrouve dans de très nombreux produits alimentaires ou d'utilisation courante.

L'extension massive des cultures de palmier à huile pour la fabrication d'agrocarburants pourrait entraîner la destruction
des dernières forêts primaires d'Asie du Sud-Est.

http://www.amisdelaterre.org/


Roddier Céline
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: les réserves cachées de la forêt tropicale   Mer 29 Avr - 15:18

Aux bois dormants… les réserves cachées de la forêt tropicale


Dans la forêt tropicale au Panama, une équipe de botanistes américains a découvert que les graines de plusieurs espèces végétales peuvent survivre plus de trente ans dans le sol avant de germer.

Les chercheurs de l’Université de l’Illinois ont étudié trois espèces, Croton billbergianus (Euphorbiaceae), Trema micrantha (Celtidaceae) et Zanthoxylum ekmannii (Rutaceae). Pour ces espèces pionnières, capables de coloniser un milieu récemment perturbé, par exemple après une coupe forestière, un incendie ou un glissement de terrain, les études démographiques montraient pourtant que la persistance des graines était réduite à quelques années seulement.

Premiers arbres à s’installer sur un site, les « pionniers » croissent puis laissent progressivement la place à d’autres essences, initiant ainsi une reconquête dont les groupes végétaux marquent les étapes vers la reconstitution de la forêt. Au court de cette succession, les arbres pionniers disparaissent, ne laissant à la prédation des insectes, ou à la pourriture, que leurs graines à même le sol. Les scientifiques doutaient dès lors que ces semences puissent se conserver longtemps. Mais les résultats obtenus au Panama dépassent de plus de dix ans les précédentes estimations.

Datation au radiocarbone

Pour les obtenir, les chercheurs ont utilisé une technique de datation au radiocarbone. Connue des archéologues, cette méthode est ici adaptée. Tous les organismes présentent, de leur vivant, la même radioactivité que le gaz carbonique de l’atmosphère. Quand par exemple un arbre meurt, les échanges gazeux cessent et le radiocarbone n’est plus renouvelé dans ses tissus. Ainsi sa radioactivité décroît lentement, selon une courbe régulière de désintégration du radiocarbone. La mesure du carbone 14, un isotope radioactif du carbone, de sarcophages ou de pièces archéologiques en bois, permet ainsi de connaître la date à laquelle l’arbre avec lequel ces objets ont été fabriqués a été coupé. Selon le même principe, les scientifiques disposent d’un marqueur radioactif daté pour travailler sur le temps court. Il fut généré par les essais atmosphériques d’engins nucléaires à la fin des années cinquante. Frénétiques à l’époque de la guerre froide, les essais nucléaires ont produit un très fort signal, visibles dans les échantillons contemporains. A partir de 1963, avec l’entrée en vigueur d’un traité international interdisant tous essais nucléaires dans l’air, le taux de radiocarbone de l’atmosphère a commencé à diminuer. Cette courbe de concentration décroissante, qui s’observe aussi dans les tissus organiques, est utilisée pour la datation. L’âge d’une graine peut alors être précisément déterminé.

Une « banque du sol » pour la diversité génétique

Les résultats obtenus en forêt panaméenne, publiés dans la revue The American Naturalist, viennent confirmer que les semences contenues dans le sol représentent un important réservoir de diversité, en dormance. Mais les chercheurs montrent surtout que ce stock vivant, en attente de conditions favorables pour germer, comprend également des espèces pionnières. D’après les scientifiques, la « banque du sol » pourrait bien être aussi importante que les dispersions longues distances pour maintenir la diversité génétique dans les habitats fragmentés.

Elisabeth Leciak

Source : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3719
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Amazonie : la fièvre de l’or fait monter le mercure   Mar 5 Mai - 8:19

De Catherine - 03 mai 2009

C’est une histoire qui se passe dans la forêt amazonienne, au carrefour de la Guyanne française, du Surinam, du Brésil, sur les territoires de peuples amérindiens qu’on continue d’exploiter et d’exterminer au nom de la cupidité. Un théâtre de “tolérances” dans un département français pourtant soumis aux lois de la République. Avec son cortège d’exploitation de la forêt, poumon de la planète, des hommes, des femmes par la prostitution, des enfants par la contamination alimentaire.

“La terre de Guyane ne sera plus violée impunément“, c’est ce que promettait Nicolas Sarkozy, il y a un an, lors de son discours de Camopi, un village amérindien d’Amazonie. Pour cela il annonçait le déploiement du plan Harpie, une opération “exceptionnelle” destinée à renforcer le dispositif de lutte contre l’orpaillage clandestin. Pourtant, si les actions entreprises depuis lors ont permis de saisir 63 kilos d’or et 323 kilos de mercure au cours de l’année 2008, la situation reste alarmante (source Novethic).

Or et mercure

Chaque année, 300 tonnes d’or quittent la forêt d’Amazonie et 120 tonnes de mercure y pénètrent.

Le mercure sert à agglomérer la poudre d’or. Il fait l’objet d’un trafic clandestin, pollue les cours d’eau et contamine sévèrement la faune et la flore locales.

Le poisson - le poisson est la seule source de protéine disponible dans ces régions. Toutes les rivières sont contaminées. Les associations en place ont évalué la dose de mercure ingérée à 4 fois la norme mondiale autorisée, dénonçant une catastrophe sanitaire sans précédent et un nouveau génocide des populations autochtones.

Les chiffres sont édifiants. Le temps de voir ce film : La fièvre de l’or, réalisé par Olivier Weber, 51 kilos d’or ont été récoltés, 20 kilos de mercure ont été déversés, et l’équivalent de 700 terrains de football ont été déforestés

En temps de crise, on préfère recycler son or plutôt que d’acheter de nouveaux bijoux. Aux Etats-Unis, on appelle déjà ça la Gold party.

Alors, en ces mois de mai et de juin propices aux fiançailles et aux mariages, préférez un bijou en or recyclé. Il existe des sociétés spécialisées dans le recyclage des bijoux. On peut aussi aller dans les ventes aux enchères, chez les antiquaires, moderniser un bijou de famille ancien… Soyons créatifs.

La fièvre de l’or, réalisé par Olivier Weber

Ce film, sorti en salle en novembre 2008, est aujourd’hui proposé à la vente à partir du 6 mai.

Extraits du dossier de presse:

L’Amazonie est au coeur d’une nouvelle ruée vers l’or. Pour cette course vers les pépites et les paillettes jaunes, les hommes et les femmes s’enchaînent. Et détruisent l’un des derniers paradis, le poumon de la planète, la plus vaste forêt tropicale du monde, où tout se paie désormais en or.

Un cycle du lingot s’est ainsi constitué, avec son lot d’endettés, de prostituées, de parrains, de trafiquants, que ce soit en Guyane française, au Brésil ou au Surinam.

L’or a amené les maladies, le mercure, les crimes, l’alcoolisme, et a transformé les criques et les fleuves en poubelles.

Ce cycle est celui de la destruction de l’homme par l’homme. 300 tonnes d’or sortent chaque année de la forêt et 120 tonnes de mercure y entrent. Un échange inégal, trésors contre poison. Avec en toile de fond de cette catastrophe écologique le trafic d’êtres humains, d’armes et de drogues.

Au coeur de cette jungle sans frontières, le drame des Amérindiens Wayanas, côté Guyane française, pollués par le mercure nécessaire à l’or et voués à une disparition prochaine. Déjà, on constate des malformations chez les enfants, des séquelles neurologiques et des cancers chez les plus âgés. Avec le scandale du mercure, on assiste à un nouveau massacre des Indiens.

Au coeur des ténèbres, le nouvel Eldorado est ainsi devenu l’un des pires théâtres de la mondialisation.

http://ecoloinfo.com/2009/05/03/amazonie-la-fievre-de-l%E2%80%99or-fait-monter-le-mercure/
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Bornéo : la forêt assassinée   Dim 24 Mai - 8:26

Sur cette grande île de l’Insulinde, partagée entre le Kalimantan indonésien, la Malaisie et le minuscule et richissime sultanat de Brunei, il ne reste plus que 30% de la couverture forestière tropicale d’origine. Reportage au cœur de Bornéo, dans l’empire absolu du palmier à huile.
C’est un petit supermarché comme il en existe plusieurs à Palangkaraya, la capitale de la province centrale du Kalimantan, la partie indonésienne de l’île de Bornéo. Dhani, l’un des chargés de mission de Kalaweit, une ONG spécialisée dans la protection des gibbons qu’un Français a créé voici une dizaine d’années, montre un rayon entier où sont rangés les emballages disparates et les bouteilles en plastique qui contiennent de l’huile de palme. " Voilà pourquoi ma forêt part en fumée ", dit-il en saisissant un gros sachet jaune canari de deux litres sur lequel s’affichent des cuisses de poulet pané.

Dans cette ville fourmilière de près de 200.000 âmes, où l’on cuisine quasiment tous les plats au wok, l’huile de l’élaeis est une matière première essentielle et la principale ressource économique de toute la région.

Pour comprendre pourquoi et comment Bornéo se transforme en une immense palmeraie, il suffit de s’engager sur la TransKalimantan, un axe routier goudronné qui irrigue le cœur de la province. Dès la sortie de l’agglomération, des dizaines de pépinières où s’exposent des milliers de jeunes plants de palmiers, annoncent la couleur et les premières monocultures. " Comme les compagnies d’huile de palme n’arrêtent pas de s’étendre, elles ont toujours besoin de semis ", commente le militant écologiste. Cette course à la production est omniprésente dans le paysage. Là où, il y a encore quatre ou cinq ans, s’élevait une forêt luxuriante, il ne reste plus qu’un chaos de troncs, de grosses branches calcinées et de brandons, signe que le feu a été mis tout récemment. La méthode d’éradication de la canopée tropicale est toujours la même : on draine le sol, car la majorité de la forêt du Kalimantan a les pieds dans l’eau, puis on brûle et on plante. " La technique du brûlis est la plus employée car elle permet d’économiser beaucoup de main d’œuvre. Si la parcelle est défrichée, cela coûte 500 euros à l’ha, 250 euros si on la brûle. Le choix est vite fait ". Au final, il ne reste rien, un terrain sec, vide et silencieux que les compagnies laissent en jachère durant une année ou deux avant de semer les plants.

Une cinquantaine de km déjà parcourus et toujours le même spectacle affligeant : des zones de savanes pelées insipides qui alternent avec les alignements des troncs cylindriques coiffés des longues feuilles pennées de l’Arécacée originaire d’Afrique de l’Ouest. Seuls les villages, mais aussi les portes monumentales qui commandent l’accès aux concessions d’huile de palme, interrompent le déroulé monotone du trajet. Voilà justement l’un de ces édifices à l’architecture aussi imposante que kitch placé légèrement en retrait de la route. Barrières amovibles, poste de garde, sentinelles armées et regards soupçonneux immédiats. Un Blanc à l’entrée, ça sent le journaliste ou l’emmerdeur envoyé par une ONG occidentale. Derrière la vitre de sa loge, le type au contrôle ne connaît qu’un mot en anglais : " dégagez… ". Inutile d’insister, d’autant que les cerbères ont paraît-il la gâchette facile.

Gare aux cobras !
Dhani soupire : " ils fonctionnent en totale autarcie. A l’exception de ceux qui ont un laissez-passer délivré par la compagnie, personne ne peut entrer. En général, l’usine est située au centre de la concession, à plusieurs km de la route puisque la surface moyenne d’une plantation est de 25000 ha ". La compagnie veille donc férocement sur son outil de production et pour cause : l’élaeis est un formidable modèle de rentabilité. Sécheresses, intempéries à rallonge, sols pauvres ou riches, maladies…ce végétal a peu d’exigences et résiste à tout. Autre avantage, il fructifie vite : les premiers régimes de noix apparaissent au bout de trois ans et comme l’intéressé dispose d’une durée de vie d’une trentaine d’années, le retour sur un primo-investissement dérisoire est phénoménal. Seul un rongeur, le rat palmiste, peut contrarier cette croissance en s’attaquant aux noix dont il raffole. Pour lutter contre la bestiole, les compagnies ont mis au point une riposte implacable : elles élèvent et lâchent des cobras dans les palmeraies au risque d’exposer aussi leurs ouvriers à une morsure fatale. " Comme rien ne filtre à l’extérieur, on ne connaît pas le nombre exact de cas de mortalité, un ou deux décès par an et par concession selon nos informations ". Par peur de perdre leur job, les travailleurs ne parlent pas, y compris quand ils ont - rarement - l’occasion de sortir de leur univers de misère. " Ce sont tous des Javanais qui préfèrent cette vie à celle qu’ils avaient dans leur bidonville de Jakarta. Les Dayaks ne veulent pas travailler dans des conditions si rudes ".

Un ouvrier est payé 2 euros par jour et pour avoir toujours son personnel à l’œil, Big Brother lui offre le logement et scolarise ses enfants dans l’enceinte de la plantation. Impossible de se plaindre : pas de syndicat, encore moins de couverture sociale et un boulot de forçat qui démarre à l’aube et s’achève vers 16 h. " Une seule personne suffit pour entretenir 9 ha et extraire de la base du tronc à la machette les régimes de noix qui pèse entre 50 et 60 kg l’unité ". La récolte est ensuite transférée par camion à l’huilerie où la chaîne de fabrication est entièrement mécanisée. Dans le palmier à huile, tout est bon ou recyclable : les feuilles ou les déchets des grappes sont réutilisés comme engrais naturel dans la plantation, les fibres servent de combustible pour alimenter la fabrique en énergie et les noyaux, la matière noble, produisent la précieuse huile. Avec un double jackpot : le fruit et sa drupe charnue qui recèle 50% de lipides fournit l’huile de palme plutôt destinée à l’alimentation, tandis que l’amande contenue dans le noyau, plus concentrée et plus riche en lipides, est vendue à l’industrie des cosmétiques.

Machine infernale
A l’usine, tout le staff d’encadrement, du manager à la secrétaire, est malais. Comme le reste du personnel est entièrement javanais, les retombées locales sur l’emploi sont nulles. Pas de taxe professionnelle non plus, ni de taxe tout court…l’élaeis est un tiroir-caisse défiscalisé, généreux et pérenne qui enrichit les strates d’une pyramide opaque. " En Indonésie, le gouvernement a toutefois fixé des règles pour les concessions : elles ne doivent pas légalement dépasser 25000 ha par plantation, mais les compagnies se regroupent en consortium de 5 ou 6 sociétés pour contourner l’obstacle ", explique Aurélien Brulé, le Français qui a créé et dirige Kalaweit. Toutes sous enseignes malaises, ces entreprises font le travail sur le terrain, mais ceux qui moissonnent les dividendes se trouvent au Sri Lanka, en Chine, en Inde, mais aussi dans la Vieille Europe : plusieurs banques et pas des moindres comme ING Direct, BNP Paribas ou la Société Générale ont investi dans ce palmier qui ne connaît pas la crise. Sans le crier sur les toits, évidemment, car cela ferait trop désordre en ces temps de développement durable où le marketing vert est une force de vente.

La monoculture de ce palmier de pays pauvres gonfle donc les poches de quelques gros négociants de pays dits émergents et les actifs financiers d’un tissu de multinationales de pays riches. Comme il n’est pas question de tarir un tel gisement, l’élaeis est devenu une machine infernale qui ronge tout et le phénomène s’intensifie depuis 4 ou 5 ans pour répondre à une demande mondiale en plein boom. Prenez un simple paquet de chips dans le rayon d’une grande surface européenne. Il contient en moyenne 60% " d’oléine de palme ", comme l’indique la composition détaillée sur l’étiquette. Chips, biscuits apéritifs, glaces, soupes, pâtes à tartiner, biscottes…un produit de consommation courante sur deux recèle de l’huile de palme, et voilà que se profile la nouvelle menace de son utilisation dans les réservoirs des bagnoles, comme agrocarburant ! Bilan : une ONG, les Amis de la terre, a calculé qu’une superficie équivalente à un terrain de football disparaît en Indonésie toutes les 10 secondes.

Sur place, les autochtones ne réagissent pas ou peu, déjà parce que l’on prend soin de ne pas les informer. Démonstration dans un petit village Dayak rencontré sur la route. Assise à l’ombre sous le toit d’une remise de grains construite sur pilotis en bordure de la poignée d’ares de riz paddy qu’elle cultive, Maryati se repose un instant au côté de sa fille Yudi. A quelques pas de là, des statues de bois aux traits expressifs et multicolores veillent sur l’ossuaire de la famille. Les traditions animistes et les rites magiques sont encore bien enracinés dans l’âme de cette ethnie au passé farouche. Les Dayaks étaient réputés pour leur art du décollage de tête…Plus rien de tout cela aujourd’hui. Le gouvernement a sédentarisé ce peuple de nomades qui vivait autrefois de chasse, de pêche et de la générosité de leur ladang, les cultures sur brûlis. Le visage émacié et tanné par le soleil, Maryati n’a rien à dire : tant que les compagnies malaises ne viennent pas la virer de ses maigres lopins de terre pour y planter des palmiers, tout va bien. Elle n’a jamais entendu parler de réchauffement climatique, de gaz à effet de serre, de déforestation. Sa fille Yudi est allée à l’école, mais les enseignants n’ont pas évoqué ces problèmes d’une autre planète. Son horizon à elle ? La route, les eaux brun chocolat du fleuve qui passe pas loin, sa rizière, le marché du bourg tout proche où elle vend ses produits et sa maison en bambou devant laquelle baguenaudent poules et cochons. "

Les Dayaks ont toujours eu une relation de peur avec la jungle. Leur culte regorge de prières qui s’adressent aux esprits de la forêt afin qu’ils les épargnent ", observe Aurélien Brulé, " c’est pourquoi ils pratiquaient jadis le brûlis sur de grandes surfaces, pour mettre le plus d’espace possible entre leur village et la lisière des arbres. Ce ne sont donc pas eux qui risquent de se plaindre des abattages ".

Indifférence politique
Dans ce contexte, les compagnies n’ont rien à craindre d’une éventuelle réaction épidermique des autochtones et comme le mécanisme d’acquisition des terres auprès des autorités est parfaitement huilé, elles disposent d’un boulevard pour continuer leur expansion.

Première étape, obtenir l’autorisation administrative de s’implanter. Au Kalimantan, elle est donnée par le gouverneur de la province. Elu démocratiquement pour 5 ans, il est le maître après Allah - on est en terres musulmanes - et possède forcément sa propre compagnie d’huile de palme, comme d’ailleurs tous les chefs des districts qui quadrillent le territoire. Les gouverneurs ont hérité de ce pouvoir énorme en 1998, après la chute de l’ex-président Suharto, décédé en janvier 2008. A l’époque, ballotté entre incertitudes politiques et crise économique, l’Etat a confié aux provinces de l’archipel le soin de s’autofinancer : " comme le commerce de bois et l’huile de palme sont les seules sources de revenus, les dirigeants locaux ont immédiatement profité de leur quasi indépendance pour développer ces deux filières à grande échelle ". Le rush des entreprises malaises sur le filon a été instantané, d’autant qu’en Malaisie, pays frontalier avec le Kalimantan, la forêt n’était déjà plus qu’un souvenir à l’aube de ce XXI° siècle…Il existe pourtant des garde-fous dans la loi indonésienne. Ainsi, pour chaque arbre coupé, un autre doit être planté.

Mais - subtilité toute asiatique - le texte ne précise pas quel type d’essence il convient de repiquer. Toujours selon la loi, les concessions ne peuvent être accordées que dans les zones les plus dégradées et elles ont aussi l’obligation de préserver 10% du couvert forestier originel : " ce n’est que du vent. Dans la réalité, les lois ne sont jamais appliquées ", ironise Aurélien, " et les compagnies savent parfaitement caresser le gouverneur ou ses représentants dans le sens du poil, une mallette bien garnie à l’appui. Le feu vert est vite donné ".

Aujourd’hui, 70% de la forêt tropicale humide des quatre provinces du Kalimantan est détruit et ce qui subsiste est en sursis, puisque personne ne semble en mesure de stopper l’hémorragie. Le monde politique ? A Bornéo comme dans tout l’archipel, il regarde ailleurs et se fout que la forêt brûle. A preuve les élections législatives du 9 avril dernier : sur les 40 partis et les quelque 11900 candidats en lice dans ce pays de 237 millions d’habitants, aucun ne s’est présenté sous une quelconque bannière écologiste, malgré l’incroyable pollution qui étouffe l’atmosphère ou souille les rues de Jakarta et de toutes les grandes villes. Reste les ONG et l’opinion mondiale. En décembre 2007, lors d’une énième conférence sur le réchauffement climatique qui s’est déroulée sur l’île de Bali, toutes les délégations internationales s’étaient émues de la déforestation en Indonésie, pays hôte de la réunion, et en Malaisie, les deux principaux producteurs d’huile de palme de la planète.

Les reproches de la communauté mondiale n’ont pas empêché l’Indonésie de monter sur la troisième marche du podium des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, derrière la Chine et les Etats-Unis en 2008. Cette même année, les autorités de Jakarta offraient un nouvel eldorado aux palmeraies en leur attribuant un territoire de 4 millions d’ha à Irian Jaya, la partie indonésienne de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les Papous, dont beaucoup de tribus vivent encore à l’état primitif, n’auront très bientôt plus que leurs yeux pour pleurer leur canopée.

Patrice COSTA

Source : http://www.estrepublicain.fr/une/nature/art_1085209.php
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Transformation de la forêt française   Dim 24 Mai - 8:30

Comment le réchauffement va transformer la forêt française





De notre envoyée spéciale à Nancy, Marielle Court



«La forêt est moins sensible à la chaleur qu'au manque ou au trop plein d'eau » analyse un écophysiologiste.

Des essences méridionales comme le pin maritime devraient envahir les forêts d'Ile-de-France. Le hêtre et le charme ne devraient plus pousser que dans l'extrême nord du pays.



Ils sont une trentaine, campés dans leurs bottes, les yeux rivés sur la paroi d'une profonde tranchée creusée au pied d'un chêne centenaire de la forêt domaniale de Languimbert (Moselle). Comprendre quelle est la vulnérabilité des arbres au changement climatique suppose que forestiers et chercheurs examinent les feuilles, les branches, les troncs mais également ce qui se passe deux mètres sous terre. «La forêt est moins sensible à la chaleur qu'au manque ou au trop plein d'eau » analyse André Granier, écophysiologiste à l'Inra (Institut national de recherche agronomique). Ce jour-là, les couches pédologiques (la pédologie est la science des sols) sont riches d'enseignements.



Venus de toute la France, ils sont réunis depuis deux jours au centre Inra de Nancy dans le cadre du projet Dryade (2006), pour croiser leurs recherches, faire part de leurs observations et tenter d'avancer des réponses à la question désormais récurrente : comment faut-il gérer la forêt ? «C'est la grande interrogation de tous les propriétaires forestiers», poursuit André Granier.



Les premiers effets constatés des changements climatiques sur les arbres ne sont pas forcément néfastes. Ils se traduisent notamment par des fleurs et des feuilles qui apparaissent en moyenne dix jours plus tôt qu'il y a une quarantaine d'années, par une montée en altitude de certaines essences montagnardes et, surtout, par «une hausse de 30 % à 40 % de la productivité de la forêt depuis le début du siècle», précise Myriam Legay, représentante de l'Office national des forêts (ONF) au sein de l'Inra. En plus du réchauffement et des surplus d'azote, la croissance des arbres est stimulée par le gaz carbonique de l'atmosphère, dont ils se nourrissent.



Côté pathologie, «on devine quelques incidences sur les écosystèmes, mais, pour l'heure, il n'y a pas réellement de problème phytosanitaire que l'on puisse attribuer au réchauffement climatique», commente Louis Michel Nageleisen, en charge du département santé des forêts. Il est vrai que l'on manque encore trop souvent de données anciennes permettant d'établir des comparaisons. Lorsqu'on en a, ce qui est le cas depuis quarante ans pour la chenille processionnaire du pin, «alors on voit l'effet du réchauffement qui - avec l'aide de l'homme - la pousse toujours plus au nord», explique encore le représentant du ministère de l'Agriculture.



Les prévisions, en revanche, sont beaucoup plus sombres. «Un réchauffement moyen de 2 à 4 °C est attendu sur la France au cours de ce siècle, surtout en été et dans le sud du pays », rappelle Myriam Legay, avec un nombre de sécheresses en hausse constante. Au XXe siècle, la hausse des températures a été de 0,9 °C.



Alors que faire ? Anticiper en plantant d'ores et déjà des essences susceptibles de mieux résister au stress hydrique ou attendre au contraire pour mesurer la capacité de résilience des arbres ? Dans les deux cas, les risques existent. Il y a quelques années, afin d'accroître leur production, des propriétaires du Sud-ouest ont planté de l'eucalyptus. Un arbre qui résiste à la chaleur. Mais, à la suite d'un hiver un peu trop rigoureux, toute la plantation a gelé. A contrario, trop attendre et des sécheresses à répétition auront des effets dévastateurs. «C'est tout le débat qu'il y a aujourd'hui sur l'intérêt de planter des chênes pédonculés qui résistent mieux à la chaleur qu'à l'eau ou des chênes sessiles aux propriétés inverses», insiste un expert.



«Le pari de Pascal»



La Caisse des dépôts et consignations, qui est le premier gestionnaire privé de France, avec 235 000 hectares, fait le pari du renouvellement. Après des études à l'étranger et un examen attentif des conséquences des précédentes sécheresses, dont celle de 2003, sa société forestière a dressé une liste «d'essences de transition capables au moins jusqu'en 2050 de résister au climat actuel comme au climat futur : tilleul, châtaignier, aulne, érable, pin maritime…», commente Laurent ­Piermont, son directeur. «C'est un peu le pari de Pascal. Au vu des énormes incertitudes, nous pensons qu'il vaut mieux agir», explique-t-il. «Avant de se focaliser sur des essences, il y a d'autres mesures à prendre qui éviteront de trop changer la physionomie de la forêt française», estime pour sa part Myriam Legay. Ainsi l'ONF prône-t-il une diversification des espèces et l'idée qu'il faut plus éclaircir les forêts afin de diminuer la pression sur les réserves d'eau dans le sol.



Les enjeux sont primordiaux. La France est un des premiers États forestiers d'Europe en termes de superficie mais est à la traîne en termes d'exploitation. La forêt française occupe 30 % du territoire.



Source: http://www.lefigaro.fr/sciences/2009/05/20/01008-20090520ARTFIG00046-comment-le-rechauffement-va-transformer-la-foret-francaise-.php
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Les forêts primaires d’Australie stockent plus de CO2 que les forêts tropicales   Mar 16 Juin - 15:57

Les forêts primaires d’Australie stockent plus de CO2 que les forêts tropicales





(Par Sandra BESSON)



Contrairement à ce que l’on pensait, les forêts primaires situées dans le sud-est de l’Australie stockent plus de dioxyde de carbone (CO2) que les forêts tropicales humides de l’Amazonie par exemple, parce qu’elles sont arrivées à une plus grande maturité.



Les forêts primaires d’Australie sont essentielles pour lutter contre le changement climatique et représentent le puits à dioxyde de carbone (CO2) le plus dense du monde, surpassant largement les forêts tropicales dans leur rôle d’absorbant naturel de gaz à effet de serre, d’après ce que des scientifiques ont déclaré mardi.



Les régions montagneuses de l’Etat de Victoria, recouvertes de forêt impressionnantes composées d’Eucalyptus regnans, retiennent quatre fois plus de CO2, soit environ 1900 tonnes par hectare, que les forêts tropicales, d’après ce qu’ont déclaré les scientifiques de l’Université Nationale d’Australie.



« Les arbres dans ces forêts peuvent vivre vraiment très longtemps, au moins 350 ans, et ils peuvent devenir très grands, très gros, et ont un bois très dense et lourd » explique Brendan Mackey, professeur de sciences environnementales.



Les forêts primaires du sud-est de l'Australie stockeront 460 millions de tonnes de CO2 par an pendant les 100 prochaines années, avec 9,3 milliards de tonnes de carbone stockés au total.



Les chercheurs ont étudié les données concernant la biomasse provenant de 132 forêts du monde pour découvrir quelles étaient les régions stockant le plus de CO2. Leurs résultats ont été publiés dans le magazine américain Proceedings of the National Academy of Sciences.



La forêt d’Australie a été comparée à d’anciennes courbes de croissance de forêts de la côte pacifique des Etats-Unis, de Sibérie, d’Amazonie centrale, de Thaïlande, du Cambodge, du Venezuela, de Finlande et d’autres pays du monde.



Les découvertes contredisent la croyance populaire concernant la densité de CO2 des différents types de forêt, qui jusqu’à présent considérait que les forêts tropicales humides étaient celles qui étaient les plus denses en dioxyde de carbone, d’après Brendan Mackey.



La forêt Victoria, en Australie, qui est une des sources en eau de la deuxième plus grande ville australienne, Melbourne, est un puits à CO2 important parce que la région a été protégée de la déforestation, ce qui met en avant le lien existant entre le déboisement des anciennes forêts et le changement climatique.



« Une des raisons pour laquelle ces arbres stockent tant de dioxyde de carbone et qu’ils ont atteint leur maturité. Les arbres ne stockeront jamais la même quantité de dioxyde de carbone si on brûle les forêts tous les quarante ans » a expliqué Brendan Mackey.



« Cela renforce l’idée que nous avons besoin de penser à la valeur en carbone de ces forêts, que nous avons jusqu’à présent considérées comme une réserve de bois » a-t-il déclaré.



Une deuxième raison expliquant l’efficience en carbone de la forêt d’Australie est que les taux de croissance des arbres ont été équilibrés par la vitesse à laquelle la biomasse se décompose, les forêts froides de Victoria conduisant à une croissance élevée et à des taux lents de décomposition.



Tous ces éléments font que le CO2 stocké par la forêt de Victoria en Australie représente environ 1900 tonnes par hectare, par rapport aux 650 tonnes stockées par les forêts tempérées du Pacifique américain, et aux 140 à 250 tonnes par hectare que l’on trouve dans les forêts tropicales du monde.



Les forêts de Victoria se trouvent dans des montagnes escarpées à la source du fleuve Yarra, qui s’écoule jusqu’au centre de Melbourne, et qui est entouré par un parc national.



Brendan Mackey a déclaré que ces découvertes pourraient représenter une véritable aide à la planification et à l’organisation de la lutte contre le changement climatique dans d’autres régions du monde.



« Si nous mettions en place des politiques concernant le changement climatique qui reconnaissaient la valeur des stocks de dioxyde de carbone dans les forêts, alors cela donnerait une autre portée à la gestion des forêts » a-t-il indiqué.



La Wilderness Society d’Australie a déclaré que le dioxyde de carbone stocké dans les forêts primaires du sud-est de l’Australie était équivalent à 460 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an pendant les 100 prochaines années, avec 9,3 milliards de tonnes de carbone stockés.



« Cette recherche montre à quel point il est important pour le gouvernement de prendre au sérieux le dioxyde de carbone stocké dans nos forêts primaires restantes » a déclaré Virginia Young, Coordinatrice des Campagnes Stratégiques pour Wilderness Society.



Source: http://www.actualites-news-environnement.com/20829-forets-primaires-Australie-CO2.htmlac
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Déforestation au Brésil   Mer 17 Juin - 11:01

Déforestation au Brésil


La forêt amazonienne continue de souffrir d'une exploitation intense pour laquelle les pays développés ne sont pas innocents.

Greenpeace a enquêté sur cette déforestation massive :

Après 3 années d'enquête détaillée au cœur de la filière de l'élevage brésilien, Greenpeace publie un rapport en forme de réquisitoire contre ce qui est le 1er moteur actuel de la déforestation au Brésil et dans le monde. Ce rapport démontre l'urgence d'actions – à tous les niveaux - sur la filière bovine brésilienne pour préserver la forêt amazonienne et le climat.

L'élevage brésilien : 1er criminel forestier et climatique en pleine expansion

L'élevage est en effet responsable de 80% de la déforestation amazonienne, ce qui représente 14% de la déforestation annuelle de la planète. La destruction progressive de la forêt amazonienne, par abattage et brulis, fait du Brésil le 4ème émetteur mondial de gaz à effet de serre. Le pays possède le plus grand cheptel commercial du monde. Il est le premier exportateur mondial de bœuf et de cuir et son gouvernement entend voir sa part sur le marché mondial doubler d'ici à 2018. « Mais cette expansion se fait sur l'avancée des frontières de la déforestation où les éleveurs profitent d'un manque patent de gouvernance », explique Grégoire Lejonc, chargé de campagne forêts chez Greenpeace France.

Le gouvernement brésilien supporte l'élevage et légalise la déforestation illégale

Le gouvernement brésilien a lui-même une attitude plus qu'ambiguë vis-à-vis de la préservation de la forêt amazonienne et du climat. D'un coté, le président Lula a annoncé récemment un plan d'action contre le changement climatique qui doit voir ce pays réduire de 72% le déboisement illégal d'ici 2018. « Or, ce rapport prouve clairement que 90% de la déforestation annuelle en Amazonie est illégale tandis que des lois régularisant de facto des terres accaparées illégalement pour l'élevage ont été adoptées récemment », explique Grégoire Lejonc. « Le gouvernement est l'un des principaux bailleurs de fonds et actionnaires du secteur de l'élevage en Amazonie, ce qui fait de lui un véritable promoteur de la déforestation amazonienne », poursuit-il.

Le tour du monde des marques complices indirectes de la déforestation

Au bout d'une filière complexe, Greenpeace a pu remonter jusqu'aux produits de l'élevage et donc de la déforestation amazonienne. Du cuir des baskets Nike, Reebok ou Adidas, aux produits Louis Vuitton ou Gucci en passant par la viande des plats préparés servis sur le réseau SNCF, ou les produits commercialisés par Carrefour ou Casino au Brésil, le rapport fait un véritable « tour du monde » des marques impliquées indirectement dans la déforestation amazonienne. Répondant à l'interpellation de Greenpeace, nombre de ces marques déclarent ne pas avoir connaissance de l'implication de leurs fournisseurs dans la déforestation. « On a affaire à une filière aveugle et tentaculaire. Nous appelons toutes les entreprises impliquées à moraliser leurs approvisionnements », conclut Grégoire Lejonc.

Le rapport a été salué par le ministre de l'environnement brésilien lui-même, Carlos Minc, lors d'une conférence de presse le mardi 2 juin.

Greenpeace demande que :

- les nombreuses entreprises et marques citées dénoncent leurs contrats avec leurs fournisseurs et cessent d'alimenter la déforestation
- le gouvernement brésilien cesse de cautionner l'avancée de la déforestation en subventionnant et en légalisant le développement anarchique de l'élevage
- un fonds international de lutte contre la déforestation tropicale soit adopté, dans le cadre des négociations internationales sur le changement climatique (conférence de Copenhague), prévoyant un mécanisme de contribution obligatoire des pays industrialisés.

http://lanvert.hautetfort.com/archive/2009/06/11/deforestation-au-bresil.html
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Déforestation : Eaux troubles en Amazonie   Mer 17 Juin - 15:46

Déforestation : Eaux troubles en Amazonie


Alors que le Congrès péruvien a fait un premier pas en suspendant un décret sur l’exploitation forestière, la fronde des indiens d’Amazonie continue après les violents affrontements avec les forces de l’ordre des 5 et 6 juin. Le gouvernement, défenseur du développement économique se heurte à la volonté de préservation des richesses naturelles.

Le Premier ministre du Pérou, Yehude Simon, s’est rendu lundi dans le nord du pays pour tenter d’établir un dialogue avec les communautés d’indiens qui paralysent les voies de communication depuis maintenant deux mois. Malgré la suspension mercredi 10 juin par le Congrès d’un décret encadrant l’exploitation forestière, dénoncée par les indiens d’Amazonie comme favorable à la privatisation des terres, leur mobilisation ne faiblit pas. Jeudi 11 juin, des milliers d’habitants sont descendus dans les rues de la capitale Lima et de plusieurs villes du nord du pays pour protester contre l’attitude du gouvernement dans la gestion du conflit avec les indiens. Les députés d’opposition ont quant à eux siégé toute la nuit en signe de soutien aux manifestants. Mardi dernier déjà, la ministre de la femme et du développement social, Carmen Vildoso avait démissionné pour marquer son « désaccord » avec ses collègues. L’Association interethnique pour le développement de la forêt péruvienne (Aidesep), instigatrice du mouvement, demande simplement le respect de la Constitution et de la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail, en vertu de laquelle les peuples indigènes doivent être « consultés chaque fois qu’une mesure législative est susceptible de les affecter directement ». Signe encourageant, le ministre de l’Environnement Antonio Brack a promis jeudi aux indiens qu’ils seraient associés à la rédaction du décret amendé. En attendant, ces derniers continuent de bloquer routes, voies fluviales et aérodromes dans le nord du pays.

Affrontements sanglants

Ces tensions font suite à l’épisode sanglant des 5 et 6 juin provoqué par l’assaut des forces de l’ordre contre 2500 indiens qui bloquaient un important axe routier à proximité de Bagua, à 1000 km au nord de Lima. En représailles à cette agression, un millier de manifestants avaient pris en otage 38 policiers qui protégeaient une station de pompage de pétrole, entraînant une nouvelle intervention, de l’armée cette fois. Bilan : vingt-trois policiers, au moins et une trentaine d’indiens tués, et plus de 150 blessés. Depuis le 9 avril, les indiens de l’Amazonie péruvienne paralysent les rares axes de communication qui traversent la forêt pour protester contre les décrets d’exploitation adoptés par le gouvernement entre 2007 et 2008. Il aura toutefois fallu en arriver à cette escalade de violence pour que le gouvernement du Pérou cesse d’être sourd à leurs appels. Reste qu’après ces affrontements, le gouvernement persiste à défendre le « développement » très peu dirable du pays, et le président de l’Aidesep, Alberto Pizango, poursuivi pour « rébellion », a dû se réfugier à l’ambassade du Nicaragua.


Au brésil, même combat

Cette protestation des populations qui vivent de la forêt rappelle que le poumon de la planète, régulateur essentiel du climat terrestre et refuge pour la biodiversité recule chaque année en raison soi de l’exploitation des ressources du sous-sol, soi de l’expansion agricole. Ainsi, en plein conflit au Pérou, Greenpeace a publié le 10 juin un rapport accablant sur la gestion de la forêt Amazonienne par le Brésil. Le document dénonce l’incohérence du lancement en 2008 par le président brésilien Lula d’un fonds de 20 milliards de dollars pour la conservation du massif amazonien et de 41 milliards de dollars de crédits pour le développement de l’agriculture et de l’élevage, alors même que « le bétail est responsable de près de 80 % de la déforestation » selon le gouvernement. Toujours d’après le rapport de l’organisation, « le gouvernement brésilien détient 2,65 milliards de dollars dans des entreprises multinationales de transformation du bœuf et du cuir qui profitent du faible coût du bétail élevé dans des zones de l’Amazonie ». L’étude montre une nouvelle fois que le développement économique prime sur les préoccupations environnementales. Une mauvaise équation selon une étude scientifique internationale publiée jeudi dans la revue Science, qui montre qu’un tiers des zones déboisées depuis 1990 pour être converties en pâturage ont été abandonnées une fois les ressources épuisées.

16 juin 2009, Johannes Braun


Source : http://www.developpementdurablelejournal.com/spip.php?article4756
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: La richesse générée localement par la déforestation ne perdure qu'une quinzaine d'années   Jeu 16 Juil - 11:59

La richesse générée localement par la déforestation ne perdure qu'une quinzaine d'années




Un modèle élaboré par des scientifiques de l'Etat du Pará a récemment
été publié dans la revue Science. L'étude menée par Adalberto
Verissimo, chercheur à l'Imazon (Institut de l'Homme et de
l'Environnement de l'Amazonie), et ses collègues, affirme que le
modèle actuel de développement de l'Amazonie génère une forme de
richesse initiale, mais fait ensuite replonger les municipalités dans
la pauvreté, et ce, au terme d'une période inférieure à deux décennies.

Le modèle, appelé "boom-colapso" ("boom-and-bust" en anglais), est né
de l'analyse de données de la qualité de vie sur 286 territoires
municipaux de la forêt Amazonienne pendant l'année 2000. Ces données
ont permis de mettre en évidence que la déforestation améliore
réellement l'Indice de Développement Humain (IDH). Néanmoins, ces
bénéfices ne sont constatés que sur une période de 12 à 16 ans, avant
que ne s'arrête l'exploitation forestière (après 10 ans environ) et la
productivité de l'élevage (après 5 ans).

Ana Rodrigues, l'auteur principal de l'article publié dans Science,
explique qu'en premier lieu, les personnes pauvres et sans terre
affluent de tout le Brésil vers les endroits où a lieu la coupe
massive d'arbres. Ils reçoivent alors rapidement une somme d'argent
qui améliore leur qualité de vie. Le commerce du bois laisse ensuite
place à l'agriculture et à l'élevage. Au début, la terre est fertile
et productive, puis cette phase décline. Les habitants de la région
choisissent alors entre rester sur les terres, s'il le peuvent encore,
ou se déplacer vers un autre front de déboisement.

Après le "boom" en question, la municipalité présente un indice de
qualité de vie semblable à celui qu'elle avait avant la déforestation.
Au final, les personnes qui habitent dans un territoire qui a connu un
épisode de déforestation ne vivent pas dans de meilleures conditions
que celles qui vivent dans un endroit préservé. Selon Verissimo, ce
schéma économique est basé sur un usage prédateur des ressources
naturelles et ne peut être modifié sans arbitrage du gouvernement. Il
explique : "Si l'on laisse le marché décider, le "boom-colapso" va se
maintenir, parce que certains y gagnent à court terme". Or, l'étude
montre que la déforestation n'amène pas de compensation du point de
vue socio-économique.

La politique actuelle du gouvernement en Amazonie, en particulier la
récente approbation de la Mesure Provisoire de la réforme agraire,
favorise le maintien du modèle décrit par Verissimo (Nota : ceci n'a
pas fait l'objet de l'étude publiée dans Science). Cette mesure
permettrait que 67,4 millions d'hectares que possède le Brésil en
Amazonie - équivalents à la surface de l'Allemagne et de l'Italie
réunies - pourraient être donnés ou vendus sans licitation, dans une
limite de 1500 hectares. Il estime que cette Mesure Provisoire est un
mécanisme qui stimule l'occupation des forêts publiques et leur
destruction. Par ce biais, le gouvernement envoie un message clair
qu'il tolère la situation.

L'Imazon avait déjà publié une étude sur ledit phénomène de "boom-
colapso", en 2007. Cependant, selon Ana Rodrigues, la méthode a été
affinée dans la récente étude. Elle explique que "chaque territoire
municipal a été classifié en utilisant les données d'images
satellitaires, basées sur l'étendue de la forêt restante et sur
l'intensité de l'activité de déforestation. Le résultat est une image
plus détaillée de la trajectoire de développement humain en relation à
l'avancée du front (de déboisement)."

L'étude est le résultat d'un partenariat entre l'Institut Supérieur
Technique du Portugal et des chercheurs de l'Imazon, du Centre
d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, en France, et des universités
britanniques de Cambridge, Imperial College London et East Anglia. Les
chercheurs estiment qu'"il n'y a pas de solution unique". Ils
proposent une meilleure utilisation des surfaces déjà décimées, des
restrictions à de nouveaux déboisements, la replantation des surfaces
dégradées, en plus de l'encouragement à des activités durables.

Pour en savoir plus, contacts :
- Références de l'article publié dans Science : "Boom-and-Bust
Development Patterns Across the Amazon Deforestation Frontier" -
Rodrigues et al. - Science 12 June 2009: 1435-1437 - DOI: 10.1126/
science.1174002
- Extrait gratuit de l'article publié dans Science :

http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/324/5933/1435

Rédacteur : Faustine Fourdinier

Sources : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/59862.htm
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-.htm?&rub=14&xml=newsmlmmd.b8f8e603069c5114614c716665135a5d.161.xml
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Forêts tropicales et tourbières : des puits de carbone essentiels   Sam 18 Juil - 17:04

Forêts tropicales et tourbières : des puits de carbone essentiels

L'actu : la restauration et la protection des grands écosystèmes planétaires (forêts, tourbières, mangroves.) pourraient permettre de lutter plus efficacement contre le réchauffement climatique, selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) publié début juin.

Le contexte

Intitulé « The Natural Fix ? The Role of Ecosystems in Climate Migration », le rapport du PNUE a été présenté le 5 juin à Mexico, à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement. Pour limiter à 2°C le réchauffement de la planète en 2100, il faudra réduire de 85% les émissions mondiales de gaz à effet de serre, d'après les prévisions du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

L'enjeu

Plusieurs dizaines de milliards de dollars sont aujourd'hui investis dans des programmes de recherche sur le
captage et le stockage de CO2 dans des centrales thermiques ou son enfouissement sous terre.

Le rapport PNUE propose de privilégier une piste beaucoup moins coûteuse : la restauration de la biosphère.

- Les forêts

La déforestation est responsable d'un cinquième des émissions mondiales de gaz à effet serre, soit plus que le secteur des transports. Selon le rapport du PNUE, 14,8 millions d'hectares de forêts tropicales disparaissent chaque année, l'équivalent de la superficie du Bangladesh.

Pourtant, ces forêts tropicales constituent les principaux puits de carbone terrestres, avec près d'1,3 gigatonnes de carbone absorbé chaque année, soit 15% du total des émissions liées aux activités humaines.

D'après le PNUE, si le taux de déforestation à l'échelle mondiale est réduit de moitié d'ici 2100, cela permettrait d'éviter l'émission de 50 gigatonnes de carbone dans l'atmosphère.

- L'agriculture

Selon le PNUE, l'agriculture est le secteur où "les possibilités de stockage du carbone seront les plus faciles à mettre en ouvre", à condition de généraliser des pratiques culturales plus respectueuses de l'environnement, notamment dans les pays en développement.

Pour rendre l'agriculture durable, le PNUE préconise de généraliser l'agroforesterie, un mode d'exploitation qui associe une culture avec une plantation d'arbres et permet de stocker d'importantes quantités de carbone à l'hectare (10 tonnes/hectares dans les zones semi-arides, 50 tonnes/hectare dans les zones humides).

- Les océans

Ils constituent le deuxième puits de carbone mondial après l'atmosphère. Mais la capacité des océans à absorber du CO2 baisse un peu plus chaque année, à cause de la réduction rapide de la végétation côtière.

Pour le PNUE, la priorité est de réhabiliter les écosystèmes côtiers (marécages, mangroves), dont la capacité à séquestrer et stocker du carbone est très importante. En revanche, "s'ils continuent d'être utilisés et exploités comme maintenant, les marécages côtiers et les mangroves finiront par se transformer en source de carbone", souligne l'organisation.

- Les tourbières

Environ 65 millions d'hectares de tourbières sont dégradés dans le monde.

Dans plusieurs régions, notamment en Asie du Sud-Est, elles sont converties en zones de production des biocarburants.
Pourtant, selon le PNUE, ces zones humides riches en matière végétale constituent "les meilleures réserves de carbone de tous les écosystèmes", avec une capacité moyenne de stockage de 1400 tonnes de carbone par hectare.

L'objectif

La restauration et la protection des grands écosystèmes naturels doit permettre de réaliser 15% des efforts nécessaires pour atteindre l'objectif de réduction des gaz à effet de serre fixé par le GIEC, assure le rapport du PNUE.

Selon Achim Steiner, Directeur exécutif de l'organisation, la réhabilitation de la biosphère et l'adoption de pratiques agricoles durables auraient d'autres avantages, comme l'amélioration des réserves en eau, la stabilisation des
sols et la préservation de la biodiversité, à travers la création de "nouveaux emplois verts dans la gestion et la conservation des ressources naturelles."

Le rapport du PNUE préconise également une réflexion sur la mise en place d'un système de rémunération des services fournis par les écosystèmes : "Il faut que ceux qui définissent les politiques économiques et de développement eçoivent des signaux de prix clairs qui les incitent à préserver et gérer efficacement nos forêts, pâturages, tourbières et terres agricoles pour que les stratégies d'atténuation du changement climatique réussissent."

Grâce à un financement du Fonds pour l'environnement mondial, le PNUE a mis en place dans plusieurs pays (Kenya, Niger, Nigeria, Chine) un programme d'évaluation de la quantité de carbone piégé par différents types d'écosystèmes. Cette enquête doit permettre d'établir d'ici à la fin 2010 des normes sur lesquelles les programmes d'investissement pourront s'appuyer.

Blaise Mao


Source : http://www.geo.fr/environnement/actualite-durable/rechauffement-foret-carbone-43270
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Protéger les forêts et réorienter l'agriculture   Mer 22 Juil - 16:55

Protéger les forêts et réorienter l'agriculture


Selon le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (Pnue) publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, protéger forêts et tourbières qui "piègent" le CO2 et améliorer les méthodes agricoles limiterait efficacement et à moindre coût le réchauffement climatique.

Achim Steiner, directeur exécutif du Pnue, souligne que "Selon certaines estimations, les écosystèmes de la planète pourraient permettre de capturer plus de 50 gigatonnes (Gt) de carbone au cours des prochaines décennies".

Réduire la déforestation de 50 % d’ici 2050 et la maintenir à ce niveau jusqu’en 2100, permettrait d’éviter des émissions de 50 Gt de carbone au cours du siècle, estime le Pnue. Les forêts tropicales constituent le plus important "puits" de carbone, absorbant actuellement environ 1,5 Gt de C02 par an, soit 15 % des émissions dues aux activités humaines. Au rythme actuel (14 millions d’hectares par an, soit la superficie du Bangladesh), la déforestation est responsable de près d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, soit plus que le secteur du transport.

Améliorer l’abattage des arbres permettrait de réduire de 30 % les pertes de CO2 que ces opérations génèrent en détruisant la végétation. Le secteur agricole, qui génère environ 2 Gt de carbone par an, pourrait de son côté devenir neutre en carbone d’ici 2030 si des méthodes de culture plus favorables à l’environnement comme l’utilisation d’engrais naturels, compost ou fumier, étaient adoptées.

L’agroforesterie, associant cultures ou pâturages et plantations d’arbres, permettrait également d’éviter des émissions de carbone dans les régions tropicales - entre 10 et 50 tonnes par hectare, selon le rapport. Le climatologue réputé Philippe Ciais souligne pour sa part qu’un ha de forêt tropicale plantée sur un sol nu permet en moyenne de stocker 350 tonnes de carbone en incluant le carbone dans le sol.

Cette étude vient confirmer les conclusions d’une autre étude de référence : l’étude Mac Kinsey, publiée en janvier 2009. Celle-ci montre que les mesures de lutte contre le réchauffement basées sur la sauvegarde de forêts tropicales, le reboisement et l’évolution des pratiques agricoles peuvent permettre de réduire d’au moins 30 % les émissions mondiales de gaz à effet de serre, pour un coût bien inférieur, à quantité de carbone égale, à celui des technologies propres et des énergies renouvelables mises en oeuvre par les pays développés pour limiter leurs émissions de CO2. Mais, pour cela, il faut changer les pratiques des paysans des pays en développement, ce qui suppose de mettre en place de nouvelles politiques de rémunération de leur travail.

Alors que le G8 d’Aquila, en Italie, vient de reconnaître pour la première fois le seuil maximal des 2°C de réchauffement, déjà approuvé par plus d’une centaine de pays dont l’Union européenne, ces études récentes confirment que la communauté internationale doit modifier sa hiérarchie des priorités et des moyens à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique. Elle doit mettre au premier rang du futur traité qui remplacera le Protocole de Kyoto à partir de 2012 la préservation des forêts tropicales, le reboisement et la réorientation de l’agriculture mondiale vers des productions et des pratiques sobre en émissions de gaz à effet de serre.

René Tregouët

Source : http://www.enerzine.com/648/proteger-les-forets-et-reorienter-l-agriculture/participatif.html
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: La disparition des conifères   Mar 28 Juil - 7:43

Nous sommes habitués à considérer les arbres comme des parapluies naturels. Les sapins, notamment, assurent une bonne protection : ils peuvent retenir jusqu'à la moitié de l'eau qui se déverse du ciel. Mais à proximité des zones industrielles ayant une activité polluante, mieux vaut éviter de s'abriter sous eux. Les eaux de pluies qu'ils contribuent à acheminer jusqu'au sol sont particulièrement polluées en bout de course. Ce phénomène a été étudié en détail par deux chercheurs de l'Institut des problèmes de l'écologie industrielle du Nord dépendant du Centre scientifique de Kola de l'Académie des sciences russe.

De 1991 à 1997, deux scientifiques, V. Nikonov et N. Loukina, ont étudié en détail l'acidité et la composition des précipitations dans les forêts de pins et de sapins de la presqu'île de Kola, où se trouve, entre autres, l'usine de cuivre et de nickel Severonikel, qui constitue l'une des plus grosses sources de pollution industrielle aérienne de l'Europe septentrionale. Elle est à l'origine de pluies acides sur une immense étendue de forêts de conifères, tandis que la poussière contenant des métaux lourds (essentiellement du cuivre et du nickel, donc) est dispersée au loin et se dépose sur la cime des arbres.

L'eau de pluie qui descend le long d'un arbre change de composition. D'ordinaire, elle absorbe au passage de la poussière, des excréments d'insectes et des produits végétaux provenant de l'arbre, ainsi que divers éléments tels que du carbone, du calcium, du manganèse. Ainsi, l'eau des précipitations qui parvient par ruissellement directement sous les conifères est plus chargée en une foule d'éléments que l'eau des précipitations que l'on trouve dans les zones situées entre les arbres. Dans les forêts de pins, cette loi s'observe de manière moins marquée.

Dans les forêts de la presqu'île de Kola proches des zones industrielles, il n'est pas rare que les pluies acides rongent littéralement les aiguilles des conifères, leur retirant des quantités additionnelles d'ions de calcium, de magnésium et de manganèse. L'eau de pluie qui dégouline du sommet des sapins est donc encore plus acide. Sa teneur en nickel et en cuivre augmente de l'ordre d'une cinquantaine à une centaine de fois. C'est la raison pour laquelle la végétation et la terre situées sous les arbres de ces régions - et notamment sous les sapins aux longues branches - souffrent beaucoup plus de la pollution. Et c'est pour la même raison, également, que ces arbres meurent peu à peu, les forêts devenant de plus en plus clairsemées.

V. Nikonov et N. Loukina ont également constaté une anomalie. Lorsqu'ils étudient l'impact des précipitations atmosphériques sur les forêts nordiques, les écologistes n'évaluent généralement que les espaces "ouverts" des forêts (autrement dit, les espaces entre les arbres), et non le dessous des arbres. Les deux chercheurs de l'Institut de Kola considèrent que ces évaluations donnent des résultats inférieurs au niveau de pollution réel. Ils préconisent donc d'analyser la pollution directement sous la cime des arbres.

Par Nicolas Quenez
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: L'élevage est le grand problème de l'Amazonie   Ven 7 Aoû - 15:43

Quelque 80% des terres déboisées en Amazonie sont destinées à l'élevage de bovins et le plus grand défi des autorités brésiliennes est aujourd'hui d'empêcher que de la viande ou du cuir en provenance de zones détruites illégalement n'arrivent au consommateur.

BRASILIA, Brésil ; 6 août 2009.- «L'élevage est le grand problème de l'Amazonie», la plus grande forêt tropicale de la planète, reconnaît le ministre brésilien de l'Environnement, Carlos Minc.

Le Brésil possède le plus grand cheptel bovin commercial du monde avec 200 millions de têtes et est le principal exportateur du secteur avec 30% du marché mondial, dont 22% en provenance d'Amazonie.

Mais «l'élevage en Amazonie brésilienne est le plus grand facteur de déforestation», dénonce l'organisation écologique internationale Greenpeace.

La production de soja, qui contribuait le plus aux déboisements il y a quelques années, «n'est plus un facteur important de la déforestation en Amazonie», grâce à l'engagement pris par l'industrie de ne plus acheter d'oléagineux en provenance des zones déboisées, affirme le ministre.

Comment obtenir un compromis similaire dans la chaîne de l'élevage beaucoup plus étendue et difficile à contrôler, alors que 30% du bétail est abattu clandestinement dans le pays?

Un camion chargé de billots de bois quitte la forêt amazonienne. L'élevage de bovins est la principale cause de sa déforestation. Photo archives La PresseLa réponse pourrait se trouver dans la pression chaque fois plus grande exercée par l'opinion publique brésilienne et internationale et les consommateurs.

Le ministère public du Brésil a poursuivi en juin treize groupes de transport frigorifique et vingt-deux grandes fermes accusées de contribuer à la déforestation dans l'État amazonien du Para. Il menace d'en faire autant avec 72 autres compagnies (supermarchés, fabriques de cosmétiques et de chaussures) si elles acquièrent des produits en provenance de zones déboisées illégalement.

De son côté, Greenpeace vient de diffuser un rapport, fruit de plusieurs années d'enquête, dans lequel il dénonce l'infiltration dans les grandes usines de traitement du sud du Brésil de viande et cuir de vache provenant de «fazendas» qui déboisent clandestinement.

Ces usines les revendent à des entreprises qui approvisionnent les grandes marques mondiales de chaussures (Adidas, Nike et Gucci), de voitures (BMW, Ford, Honda et Toyota) ou d'aliments et d'autres grandes enseignes comme Carrefour, Ikea, Kraft et Wal-Mart.

Les actions du ministère public brésilien et le rapport de Greenpeace ont eu des résultats immédiats.

Les géants de la chaussure Nike et Timberland viennent d'annoncer qu'ils n'utiliseront plus de cuir de vache d'Amazonie, s'ils n'ont pas la garantie que leurs éleveurs n'ont pas contribué à la déforestation.

Les trois grandes chaînes de supermarchés brésiliens (Pao de Açucar-Casino, Carrefour et Wal-mart) se sont engagés à ne pas acheter de produits bovins sans garantie de leur provenance.


08.6.09 - Leído 22 veces. Enviar esta nota

Yana Marull
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Déforestation endiguée au Chili ?   Ven 14 Aoû - 7:32

Rosa Castro utilise du bois pour faire la cuisine et chauffer sa maison, tout comme 60 pour cent de la population rurale au Chili. Mais la surcoupe de bois de chauffage a accéléré la déforestation, particulièrement dans sa région semi désertique de Coquimbo, dans le nord du Chili, desséchant des terres déjà arides. Mais Rosa Castro et 200 de ses voisins ont appris à construire et à utiliser des fours solaires, dans le cadre d’un plan de sauvetage des arbres et de préservation de la végétation, mis en œuvre par le PNUD et ses partenaires.

Pour répondre aux besoins urgents d’introduction de combustibles alternatifs, le PNUD, le Fonds pour l'environnement mondial et l’Union européenne ont formé un partenariat avec le gouvernement chilien et les communautés du Nord du pays pour remédier à cette situation grâce à l’application d’une solution inventive et écologique : l’exploitation de l’énergie solaire.

« Nous aurions pu simplement acheter les fours et les distribuer, mais cela n’aurait pas marché », explique Alejandra Alarcon, coordinatrice nationale du partenariat entre le PNUD et le Programme de microfinancements du FEM (GEF-SGP) . « La seule manière d'obtenir des résultats probants à long terme est d’impliquer directement les habitants dans la construction de leur four solaire et de les engager à partager ce savoir avec d’autres communautés ».

Une nouvelle activité écologique

Le projet a stimulé l’esprit d’entreprise et les élèves sont vite passés maîtres en l’art de vendre des fours et d’enseigner les techniques de construction y afférentes à d'autres communautés dans différentes régions. Dans une précédente initiative de même type, menée dans le désert d’Atacama au Chili, la population locale avait réussi à construire des fours spéciaux qui avaient l’apparence d’antennes paraboliques réfléchissantes. Miguel Perez, l’un des bénéficiaires de ce programme, enseigne à présent à son tour les techniques de construction de fours solaires aux populations locales des communautés avoisinantes.

« J’ai même aidé un groupe d’habitants dans un autre bourg à soumettre une demande pour un projet similaire, afin qu’ils puissent recevoir suffisamment de fonds pour démarrer leur propre production de fours », a déclaré Perez au cours d’un entretien avec les employés du PNUD chargés des services de proximité. « Ils m’ont à présent engagé comme enseignant ».

Lucila Rojas, une autre habitante de la région, a enseigné aux communautés de Coquimbo les techniques de construction de fours solaires qu’elle avait apprises à l’occasion du lancement du premier projet de ce type, en 1994. « Ma vie a complètement changé depuis, non seulement parce que je ne dépends plus du bois de chauffage et que je n’ai plus besoin de perdre mon temps à rechercher des bûches, mais je ne sens plus l'odeur de la fumée toute la journée », ajoute Lucila. « En tant que femme habitant une zone rurale, ma vie a changé du jour au lendemain, et je suis motivée pour continuer d’apprendre aux autres à construire leur propre four, et améliorer leur existence ». Outre les dommages causés à la nature, le bois de chauffage qui brûle dans un espace confiné peut causer une intoxication chronique, entraînant des maladies pulmonaires obstructives, qui représentent la quatrième cause de mortalité dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Outre l’utilisation de fours solaires, les villageois de Coquimbo ont entrepris de replanter 30 hectares de forêts pour contribuer à la restauration d’une partie de leur végétation native détruite. Dans cette seule région, plus de 99 % de la végétation naturelle de Quillau a été complètement dévastée par les méfaits de l’exploitation forestière. Le programme fait partie d’une initiative mondiale destinée à inverser le cours de la désertification, qui induit la transformation de terres en zones arides et semi-arides. Les activités humaines et les variations climatiques sont les causes principales de ce phénomène mondial qui affecte directement la vie de plus de 250 millions de personnes dans le monde et met celles d'un milliard d'individus en danger dans une centaine de pays.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Danger de mort pour la forêt indonésienne   Lun 24 Aoû - 15:03

Les forêts humides de Bornéo et Sumatra pourraient avoir complètement disparu avant 2020 si la déforestation se poursuit au rythme actuel. Le World Wide Fund for Nature (WWF) et Greenpeace sonnent l'alarme.

La déforestation sur les îles indonésiennes de Bornéo et Sumatra, deux des zones de forêt humide parmi les plus importantes de la planète, se poursuit sans diminution, a indiqué lundi à Francfort l'organisation de protection de la nature World Wide Fund for Nature (WWF), sur base d'images satellites. Entre 2003 et 2007, Bornéo aurait ainsi perdu 1,15 million d'hectares de forêt. Sumatra, de son côté, aurait perdu la moitié de sa surface boisée entre 1985 et 2007.

Si le déboisement continue d'avancer à cette vitesse, les forêts humides des deux îles indonésiennes seront dévastées d'ici 2020, selon les experts.

Les bois sont notamment transformés en plantations d'huile de palme et d'acacias. Une grosse partie de la production est destinée aux pays industrialisés, selon WWF.

Cauchemar écologique

L'huile de palme, qualifiée parfois de "cauchemar écologique", est un produit qui connaît un boom sans précédent dans l'industrie agro-alimentaire et dans la restauration collective. Peu onéreuse, elle entre dans la composition d'une gamme très étendue de produits de consommation courante: biscuits, céréales, pain, margarine... C'est une huile qui a une teneur très élevée en acides gras saturés, considérés comme mauvais pour la santé et susceptibles d'augmenter les risques de maladie cardiaque. En réalité, il ne s'agit pas réellement d'une huile mais plutôt d'une graisse, solide à température ambiante étant donné la part très importante d'acides gras saturés qu'elle contient (45% contre 15% pour l'huile d'olive et 10% pour l'huile de noix).

Sa production a été largement subsidiée à l'origine par certains pays occidentaux, comme les Pays-Bas, qui ont vu dans l'huile de palme un biocombustible bon marché. Partant d'une démarche écologique, le rêve s'est toutefois transformé en cauchemar. Car les experts ont vite compris que le subventionnement avait entraîné dans toute l'Asie du sud-est une spirale de déboisement et de reconversion des paysans locaux en planteurs de palme.

Evolution d'autant plus rapide que l'industrie agro-alimentaire découvrait les "vertus" de cette graisse bon marché, l'accommodant à toutes les sauces.

Indonésie, troisième émetteur mondial de CO

Autre conséquence, le déboisement par le feu d'espaces de forêts et de tourbières a propulsé en peu de temps l'Indonésie au rang de troisième émetteur de carbone après la Chine et les Etats-Unis, explique le site Agence Science-Presse.

"Et pourtant, le gouvernement indonésien laisse aller les choses", constate Greenpeace de son côté. L'organisation écologiste remarque que, comme chaque année à la saison sèche, les feux reprennent de manière intensive. "Rien qu'à Riau, 2800 foyers d'incendie ont été dénombrés en juillet. C'est un problème annuel récurrent en saison sèche. En 1999, une loi a été éditée contre les incendies, prévoyant des peines très lourdes pour les contrevenants. Mais elle est peu mise en pratique, à cause de la corruption des fonctionnaires et des procédures légales très lourdes", explique l'organisation.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: l'Espagne a besoin de planter deux milliards d'arbres   Ven 25 Sep - 7:34

L'organisation écologique WWF estime que l'Espagne a besoin de planter deux milliards d'arbres pour restaurer ses forêts menacées par les activités humaines et l'appauvrissement de la diversité.

"La moitié de la superficie forestière est déboisée, en même temps que la qualité biologique des forêts qui se maintiennent est menacée par l'activité humaine", déplore l'organisation.

WWF s'est associée à l'Université autonome de Madrid pour réaliser cette étude intitulée "les bois qu'ils nous reste, proposition pour leur restauration".

Elle recense trois espèces de chênes et des sabines aux Canaries qui sont presque en danger d'extinction, et relève que les pins sont les arbres les plus représentés en Espagne.

"La politique de reboisement menée dans notre pays au cours de la deuxième moitié du XXe siècle a favorisé l'extension des pinèdes - utilisées pour leur extension rapide et leur frugalité -, parfois de manière très pertinente pour favoriser le rétablissement de la végétation, et parfois non, puisqu'elles ont remplacé d'importantes étendues végétales de grandes valeur".

Ces pins réduisent la diversité et de ce fait sont vulnérables aux maladies ou aux incendies, selon WWF.

De plus, "la multiplication d'espèces exotiques sur les façades cantabrique (nord) et atlantique, réduisent la présence des bois autochtones", selon l'étude.

WWF déplore la faible planification gouvernementale, relevant que seulement 13% de la superficie forestière est régie par un plan de gestion.

Pour inverser la tendance, l'organisation préconise de planter deux milliards d'arbres et arbustes, un investissement de 4 milliard d'euros d'ici à 2030, qui générerait 150.000 emplois.

Selon une étude de la Société espagnole des sciences forestières citées mardi par El Pais, le nombre total d'arbres en Espagne a augmenté depuis 1975, d'environ 10 millions par an. La superficie boisée serait de 18,3 millions d'hectares, selon cette source. WWF l'estime pour sa part à 13,1 millions, en se basant sur l'inventaire forestier national.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Grignotées par les activités humaines, les forêts vierges du Grand Nord sont en danger de disparition rapide.   Jeu 8 Oct - 16:48

Grignotées par les activités humaines, les forêts vierges du Grand Nord sont en danger de disparition rapide. Des chercheurs sonnent l’alarme.

Les dernières forêts de la Terre que l’on peut encore qualifier d’originelles, vierges et inviolées sont les forêts boréales de Russie, du Canada et d’autres pays nordiques. Une équipe internationale de chercheurs dirigée par l’Australien Corey Bradshaw a étudié leur état et les facteurs qui le déterminent, arrivant à la triste conclusion qu’elles courent à brève échéance un danger fatal, le pire auquel elles aient jamais été confrontées.

Le résultat de ces travaux est paru dans le périodique Trends in Ecology and Evolution, vol. 24, n° 10. Ces scientifiques demandent que soient adoptées d’urgence des mesures de sauvegarde des forêts boréales, afin de préserver la biodiversité de la planète et de protéger la multitude d’arbres qui absorbent du dioxyde de carbone, l’un des principaux gaz à effet de serre.

“Depuis trente ans, les chercheurs du monde entier se penchent sur le déclin et la disparition des forêts équatoriales. Aujourd’hui, les forêts boréales risquent de subir le même sort que celle de l’Amazonie”, estime Corey Bradshaw.

La Russie abrite environ 70 % des forêts boréales de la planète (plus des trois quarts se trouvent en Sibérie, le reste dans sa partie européenne). On en trouve également au Canada, aux Etats-Unis (en Alaska) et en Scandinavie. Ces forêts constituent à peu près un tiers de la surface forestière de la Terre et absorbent donc le tiers du gaz carbonique rejeté dans l’atmosphère.

Elles ont été relativement épargnées jusqu’à ce jour, peu de gens vivant à proximité. Mais, à en croire les scientifiques, la situation a énormément évolué ces dernières années. Pour ces écosystèmes, la dynamique naturelle venait des incendies et des insectes. Mais, avec l’augmentation de la demande en énergie et l’urbanisation, l’intérêt de l’homme pour ces forêts s’est accru, et d’importantes surfaces ont disparu.

Selon ces chercheurs, c’est en Russie que l’on constate la plus forte diminution de la surface des forêts boréales, qui serait due à l’intensification des coupes, au développement rapide des villes, à l’augmentation de la quantité de feuillus, à la construction de barrages, à l’exploitation des tourbières et des ressources fossiles, ainsi qu’à la multiplication des incendies.

Ce dernier point est fortement souligné par l’équipe de Bradshaw, qui affirme que, dans notre pays, ces feux résultent pour la plupart de l’activité humaine. Le changement climatique serait également responsable.

L’origine humaine des feux est indirectement confirmée par le fait qu’ils se déclenchent le plus souvent le long des routes et aux abords des localités. D’après une analyse des ressources en forêts boréales et forêts de la zone tempérée menée sous l’égide des Nations unies, c’est en Russie que les surfaces boisées disparaissent le plus vite, avec 1,1 million d’hectares anéantis par an. Malgré tout, il nous en resterait près de 9 millions de kilomètres carrés [environ seize fois la superficie de la France].

Les auteurs de l’article avancent plusieurs suggestions pour changer les choses et protéger les forêts boréales. Ils proposent entre autres de créer un système de contrôle, en consacrant certaines zones à l’observation de l’influence de l’homme sur la forêt. Pour pérenniser l’absorption de dioxyde de carbone par la végétation, la Russie devrait aussi fixer des limites à l’abattage lors de coupes industrielles, dans les zones où travaillent des compagnies minières, en cas de construction de barrages et d’exploitation de gisements pétroliers ou gaziers.

L’article s’achève sur le constat suivant : à la différence de nombreuses régions de la planète dont les écosystèmes ont été largement mis à mal, les pays nordiques ont encore une chance de conserver leurs forêts boréales et d’assurer ainsi une véritable absorption du gaz carbonique. Mais il faudrait pour cela que la société civile, les économistes, sociologues, biologistes, personnalités influentes et figures politiques coopèrent plus étroitement sur cette question.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Reforestation possible   Dim 25 Oct - 17:42

Les forêts tropicales dégradées par l’exploitation peuvent récupérer en 15 ans seulement leur capacité à absorber le carbone et leur biodiversité. C’est ce que viennent de prouver des chercheurs de l’Université de Leeds (Grande-Bretagne).

Les arbres des forêts tropicales absorbent de grandes quantités de CO2 atmosphérique et font de ces milieux forestiers un des principaux puits de carbone terrestres. Selon, David Edwards, de la faculté des Sciences Biologiques de l’Université de Leeds, la restauration des zones exploitées peut rendre à ces milieux leur capacité de stockage du CO2 et donc profiter des financements destinés à la compensation carbone. Mais plus encore, précise t-il, cette stratégie peut, et doit, inclure le volet Biodiversité pour que cette compensation du carbone soutienne, au lieu de saper, la richesse écologique des forêts tropicales.

Souvent, les replantations pour les projets de compensation carbone reposent sur une seule espèce d’arbre, des eucalyptus ou des palmiers à huile, car ceux-ci génèrent des retombées commerciales (bois, agrocarburant). Malheureusement, ces peuplements monospécifiques (d’une seule espèce) sont des déserts extrêmement pauvres en biodiversité.

Des oiseaux de bon augure

Pourtant, David Edwards a montré qu’une restauration raisonnée des forêts exploitées, compatible avec un projet de compensation carbone, s’accompagnait d’un retour à la biodiversité de l’avifaune (ensemble des oiseaux) antérieure à l’exploitation. Ceci en quinze ans, c’est-à-dire plus rapidement qu’en laissant faire la régénération naturelle.

« Nos recherches montrent qu’il est possible d’obtenir à la fois une compensation des émissions de carbone et des bénéfices pour la biodiversité avec le même programme, précise Edwards. Les oiseaux sont des indicateurs assez fiables de la réponse d’autres groupes, comme les plantes ou les insectes, à la gestion des habitats, ce qui suggère que d’autres groupes pourraient aussi en profiter ».

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont analysé et comparé la biodiversité de l’avifaune de trois secteurs différents. L’un était une forêt de 10.000 hectares, exploitée vingt ans auparavant et activement réhabilitée au cours des quinze dernières années, l’autre une forêt exploitée au même moment et régénérée naturellement et le dernier une zone protégée, jamais exploitée. Les effectifs et la variété des espèces d’oiseaux constatés dans la forêt réhabilitée sont à des niveaux très proches de ceux de la zone préservée. A contrario, la diversité était moindre dans la forêt qui s’était régénérée naturellement.

L'absence d'arbre cache quand même la forêt

« Ces observations pourraient être de fortes motivations pour protéger même les forêts tropicales exploitées qui sont menacées de déforestation complète pour la production d’huile de palme ou d’autres cultures ». En effet, les forêts qui font l’objet d’une exploitation sélective sont souvent vulnérables car elles sont perçues comme dégradées. Les travaux de David Edwards tendent cependant à montrer que ces forêts ne sont pas condamnées à n'être que les fantômes d'elles-mêmes.

Il conclut qu’« il y a maintenant des signes que les crédits carbone et la compensation de la biodiversité devraient être combinés, ce qui débloquerait des finances supplémentaires pour les projets qui offriraient un bénéfice en biodiversité ». Une telle démarche serait plus durable que celles qui ont cours actuellement et rendrait plus efficaces les programmes de restauration des forêts tropicales humides. Face à la déforestation de ces milieux qui figurent parmi les hotspots de la biodiversité, l'émergence de tels projets intégrés pourrait être un ferment de solution
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Des ONG se mobilisent pour tenter de sauver l’une des dernières forêts tropicales de l'île indonésienne de Sumatra   Sam 31 Oct - 17:57

Des ONG se mobilisent pour tenter de sauver l’une des dernières forêts tropicales de l'île indonésienne de Sumatra. « C'est une forêt sur tourbières, un écosystème très particulier », explique Bustar Maitar, un responsable de Greenpeace Indonésie.

Si cette forêt est déboisée, cela aggraverait encore le réchauffement climatique. Lorsque les tourbières sont rasées ou brûlées, elles rejettent de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère. Si l’on ajoute la déforestation à ce phénomène, on comprend mieux comment l'Indonésie est devenue le troisième pays émetteur de gaz à effet de serre. Un rapport gouvernemental affirme que 80 % des 2,3 milliards de tonnes de dioxyde de carbone relâchées chaque année par le pays sont liées à la forêt.

Le gouvernement prévoit d’installer une importante plantation d‘acacias sur la presqu’île de Kampar qui deviendrait donc une zone de déboisement. Il a déjà accordé une concession au groupe April. Si le géant indonésien promet une gestion « durable » de la péninsule, certains habitants de la région n’ont pas accueilli cette nouvelle avec enthousiasme.

La population locale a peur de perdre leurs moyens de survie avec la disparition de la forêt. Greenpeace estime que les pays développés doivent « débloquer de l'argent pour contrebalancer les pertes financières liées à l'abandon du projet ». « Les mécanismes existent, comme les crédits REDD, mais les financements ne sont pas encore à la hauteur », explique Paul Winn, spécialiste du climat chez Greenpeace.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Amazonie :7000 km2 de forêt ont encore été détruits cette année.   Lun 16 Nov - 16:51

La déforestation en Amazonie a chuté de 45% sur les douze derniers mois. "Extraordinaire", s’est félicité le président brésilien Lula, à l’approche du sommet de Copenhague sur les changements climatiques (du 7 au 18 décembre). Pour l’association Greenpeace, il serait dangereux de crier victoire trop tôt alors que 7000 km2 de forêt ont encore été détruits cette année.

Depuis que l’Institut national des Etudes spatiales a commencé à surveiller la forêt amazonienne, il y a 21 ans, jamais une telle baisse n’avait été enregistrée. De juillet 2008 à août 2009, "seuls" 7 000 kilomètres carrés de forêt ont été détruits. Une nouvelle réjouissante pour le gouvernement brésilien, 4e plus gros pollueur de la planète, qui mise énormément sur la limitation de la déforestation dans son combat contre les changements climatiques.

Le poumon de la planète est pourtant loin d’être sauvé, estiment les militants de Greenpeace qui sont loin de sauter au plafond comme Lula. C’est ce qu’explique à Fluctuat Grégoire Lejonc, chargé de campagne forêt pour Greenpeace France.

La destruction de la forêt amazonienne en baisse de 45% au Brésil, c’est une bonne nouvelle pour Greenpeace ?

La déforestation diminue, on ne peut que s’en féliciter. Même si le vrai objectif reste zéro déforestation. Juste avant le sommet de Copenhague, c’est intéressant pour le Brésil, mais il faut voir d’où ils partent. La forêt amazonienne est toujours en péril. 7000 kilomètres carrés sont encore partis cette année et 20% de sa superficie totale a déjà disparu. Il faut continuer à lutter contre les moteurs de la déforestation qui sont le commerce du bois, la culture du soja et l’élevage bovin.

Certains estiment que cette baisse de la déforestation pourrait surtout être liée à la crise économique. Vous partagez ce point de vue ?

La courbe de la déforestation diminue, mais il faudra dix ans de recul pour en connaître les raisons exactes. En attendant de savoir si c’est dû à des mesures structurelles ou à la crise économique, il ne faut pas relâcher l’effort. Mais on peut voir sur la carte de la déforestation que nous avons mise à jour qu’on continue à construire des routes au milieu de l’Amazonie, ce qui n’augure rien de bon.

Qu’est-ce que Greenpeace attend du sommet de Copenhague sur la question de la déforestation ?

La communauté internationale doit mettre en place un fond pour aider les pays qui ont des forêts à les conserver. Selon nous, il faudrait investir 30 milliards d'euros par an pour ce programme. La déforestation étant à l’origine de 20% des gaz à effets de serre, c’est un enjeu fort pour la lutte contre le réchauffement climatique.

La déforestation sera une des priorités de Copenhague ?

La lutte contre la déforestation est une des priorités de Copenhague. Mais il faut à la fois réduire les gaz à effets de serre, notamment dans les pays industrialisés, et lutter contre la déforestation dans des zones comme le bassin du Congo et l’Indonésie. L’un ne peut pas aller sans l’autre si on veut être efficace.

On met souvent en opposition la volonté écologique des pays du Nord à la réalité des populations locales qui jouent leur survie au jour le jour et n’ont pas toujours les moyens de répondre à nos critères environnementaux. Qu’en est-il selon vous ?

Les grands groupes qui exploitent le bois ou mettent en place de grands élevages bovins sont les principaux responsables de la déforestation en Amazonie. Pas les populations locales qui n’ont pas vocation à détruite leur habitat et leurs ressources. Ça, c’est ce que certains lobbys essaient de nous faire croire. Pour Greenpeace, reconnaître le droit de ses populations locales à vivre de leur environnement est fondamental.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: L’exploitation du bois en Russie tombe entre les mains d’organisations criminelles,   Dim 29 Nov - 13:07

L’exploitation du bois en Russie tombe entre les mains d’organisations criminelles, rapporte un article de BBC News du 27 novembre. Plus du tiers du bois coupé en Russie est exporté, principalement vers la Chine, par des organisations criminelles.

Entre 2005 à 2007, les coupes illégales ont doublé, d’après les statistiques officielles. Près de 10 millions de mètres cube de bois sont récoltés chaque année en Russie, ce qui équivaut au tiers de toute la production amazonienne.

Les mafias envoient de petits groupes d’hommes armés très mobiles dotées de téléphones et de tronçonneuses peu bruyantes chercher les essences les plus rares. Grâce aux sommes récoltés par ce commerce, les organisations criminelles peuvent corrompre aisément les autorités et ne sont donc pas inquiétés. En Sibérie, dans les régions les plus reculées, la déforestation détruit l’écosystème, Anatoly Lebedev ex-agent du KGB devenu militant écologiste explique "ici, les forêts semblent vivantes, mais en réalité elles sont mortes.

Ils viennent prendre les espèces les plus vendues comme le pin de Corée, le chêne ou bien le tilla qui maintiennent l’écosystème". Si la tendance se poursuivait la forêt russe disparaîtrait dans une trentaine d’année selon le consortium d’associations écolo et d’exploitants forestiers Forest Trends.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: La déforestation en Indonésie détruit chaque année 1,1 million d'hectares de forêts,   Lun 30 Nov - 10:02

La déforestation en Indonésie détruit chaque année 1,1 million d'hectares de forêts, alors que le gouvernement n'est seulement capable de restaurer que 500.000 acres chaque année, a rapporté samedi la presse locale.

Lors de son discours prononcé vendredi à Banjarmasin, le chef-lieu de la province du Kalimantan du Sud, le ministre indonésien de l'Environnement, Gusti Muhammad Hatta, a déclaré que si cette situation continue d'avoir lieu, elle mettra en péril de 30 à 40 millions de personnes vivant autour des forêts détruites.

"Le smog des incendies de forêts, l'extrême changement climatique, les inondations, les glissements de terrain, ainsi que d'autres catastrophes naturelles, menacent ceux qui vivent autour des forêts détruites", a souligné M. Gusti, cité par Kompas.com.

La chaleur entraînée par les incendies de forêts sévissant en Indonésie a augmenté la température de quatre degrés, élevant le niveau de la mer de 80 centimètres.

"Etant donné cette situation, je demande à toute la population du pays de reboiser, au moins un arbre par personne. C'est une tentative essentielle pour atténuer l'impact du changement climatique", a déclaré M. Gusti.

Le futur de l'Indonésie dépend des efforts pour préserver les forêts, non du prix de bois, a-t-il souligné, ajoutant que le gouvernement a attribué chaque année 2 milliards de roupies (environ 212,7 millions de dollars américains), et augmentera ce montant à 2,6 milliards de roupies (environ 276,5 millions de dollars) pour financer le reboisement.

L'industrie du bois et du papier dévorent les forêts indonésiennes, selon le ministre, ajoutant que beaucoup de régions forestières se sont transformées en zones minières ou de plantation sans avoir obtenu l'autorisation du gouvernement.

La déforestation non autorisée est rampante dans le Kalimantan du Sud, alors qu'elle touche un million d'hectares dans la province voisine du Kalimantan central, selon le ministre. Des situations similaires ont lieu dans les forêts de Sumatra.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Prise de conscience indonésienne   Ven 4 Déc - 7:58

Au fin fond de l'île de Sumatra, en Indonésie, la péninsule de Kampar est en train de devenir le symbole de la lutte contre la déforestation. Dans ce sanctuaire de 400 000 hectares, terre de jungles, de forêts vierges et de tribus indigènes, Greenpeace a installé son camp de "défenseurs du climat". Hostile à un projet industriel de plantations d'acacias, l'organisation mène la résistance face à un géant de la pâte à papier.

"On va droit au désastre écologique, alerte Yuyun Indradi, représentant de Greenpeace en Asie du Sud-Est. Kampar est l'un des puits de carbone les plus importants de la planète. Ses tourbières de 15 mètres de profondeur peuvent stocker jusqu'à 2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre. Si on les brûlait, les conséquences sur l'environnement seraient dramatiques."

Pour préserver cet écosystème en péril, les militants multiplient les opérations coup-de-poing, quitte à défier les bulldozers ou à s'enchaîner aux arbres. Leur mobilisation a fini par payer : "Le ministre des forêts a ordonné à la compagnie April d'interrompre temporairement ses opérations de déboisement, le temps de vérifier les permis d'exploitation et de contrôler la légalité de ses activités", se félicite Nur Hidayati, responsable de Greenpeace Indonésie.

Effet probable du sommet de Copenhague, ce sursis accordé aux forêts de Kampar témoigne-t-il d'une prise de conscience des enjeux du changement climatique ? Montrée du doigt, l'Indonésie, qui conteste être le troisième émetteur mondial de gaz à effet de serre, veut rompre avec ses vieux démons, incarnés par les feux de tourbières et une déforestation à outrance : 800 000 hectares chaque année, ce qui cause le rejet de 1,8 milliard de tonnes de CO2.

"Le pays reconnaît sa responsabilité et a annoncé pour 2020 une baisse de 26 % de ses émissions de gaz à effet de serre. Pour y parvenir, il faudra brûler moins de forêts, replanter plus et assurer une meilleure maintenance", estime Joël Daligault, directeur à Jakarta de l'Agence française de développement (AFD), chargée d'accompagner cette démarche climatique. Une agence dédiée aux tourbières doit être créée prochainement, ainsi que trente-trois unités de gestion des forêts dont la mission sera de surveiller et d'encadrer l'attribution des licences d'exploitation.

A Sumatra ou à Kalimantan, la partie indonésienne de Bornéo, les projets de reforestation ne manquent pas. Vingt-cinq chantiers ont déjà été lancés, encouragés par le programme REDD (Réduction d'émissions issues de la déforestation et de la dégradation des sols). L'objectif est de protéger les dernières réserves naturelles du pays et de constituer de nouveaux puits de carbone.

1,9 million de palétuviers

En face du détroit de Malacca, l'association Planète Urgence a déjà planté 1,9 million de palétuviers sur le littoral de la province nord de Sumatra. Le but est d'atteindre les 5 millions d'arbres en 2012 et de restaurer des mangroves dégradées par une pratique intensive de l'aquaculture. "Les mangroves ont un gros potentiel de séquestration du CO2, en moyenne 18 tonnes par hectare et par an. En les reboisant, on recrée une biodiversité et un lieu de stockage du carbone", souligne Fabien Garnier, coordinateur des projets de reforestation. Ce sont ainsi 1 100 hectares qui ont été réhabilités dans le cadre d'un programme global, baptisé Couloir côtier carbone, qui prévoit de restaurer 670 kilomètres de mangroves jusqu'à la province d'Aceh, afin de préserver l'habitat naturel des côtes.

Menacées d'extinction par la production massive de papier, de teck ou d'huile de palme, les forêts de l'archipel ont perdu 40 % de leur surface en un demi-siècle. Selon Greenpeace, la sauvegarde des 70 millions d'hectares restants doit passer par un moratoire. "Il faut protéger notre écosystème et planter plus, clame Yuyun Indradi. Sinon, on court le risque de voir disparaître la forêt indonésienne d'ici à soixante-dix ans."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: un milliard d’hectares   Ven 4 Déc - 8:00

Face au péril que représente la déforestation pour l’équilibre climatique, des scientifiques ont mené une étude satellite des zones à reforestation possible autour de la planète. Une zone de plus d’un milliard d’hectares a ainsi été délimitée, selon l'IUCN (International union for conservation of nature).

6% des terres de la planète, anciens territoires forestiers ou territoires dégradés, pourrait ainsi être replantés. C’est beaucoup plus que ce qu’avaient prévu les experts travaillant à ce projet. Ce reboisement ne serait en outre pas préjudiciable au développement économique des régions concernées, et serait réalisé sans mordre sur les zones destinées à la production agricole alimentaire. Les droits et besoins des peuples indigènes, qui pour certains ont les lieux en usage, devraient néanmoins être respectés, rappelle The Global Partnership on Forest Restoration (GPFLR). Œuvrer à ce que ces nouvelles forêts soit rentables pourrait constituer un compromis acceptable.

Privilégier la reforestation en zones tropicales

Toutefois, la conversion de zones marginales en forêt, expérimentée notamment aux Etats-Unis ou dans les zones tropicales, n’est pas une panacée. Explication : certaines études tendent à montrer que replanter des forêts sous des latitudes tempérées par exemple aurait plutôt tendance à accentuer le réchauffement climatique. La forte absorption de rayonnement solaire non réfléchi par la forêt, due à sa densité pigmentaire, en serait la cause (Govindasamy Bala de laboratoire national de Lawrence Livermore). Le reboisement tropical, lui, au contraire permet un refroidissement du climat, parce que ces forêts absorbent beaucoup de carbone mais favorisent en paralèlle, en raison de leur humidité, la production de nuages réfléchissant eux, la lumière solaire. Il s'agit donc d'être attentif aux choix opérés en matière de reforestation.

De plus, rappelons-nous que si "penser global", c'est replanter les forêts tropicales par exemple, pour rééquilibrer la balance des émissions de CO2 sous des latitudes plus tempérées, cela ne résout pas les problèmes immédiats des rejets. Les émissions de dioxyde de carbone s’accompagnent souvent d’autres rejets, de métaux lourds par exemple. Ceux-ci sont particulièrement nocifs pour la santé dans leur environnement immédiat. Excentrer ou compenser ces rejets ne constitue donc pas une solution entièrement curative.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Déforestation   

Revenir en haut Aller en bas
 
Déforestation
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» PEFC et déforestation au napalm en Tasmanie.
» Pétition(lettre) contre la déforestation
» La déforestation de l'Amazonie s'est accélérée en 2007
» www.synergy-space.com Déforestation
» Pétition contre la déforestation en Indonésie

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Agora de l'Ermitage :: L'état de notre planète :: Prises de conscience-
Sauter vers: