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 Déforestation

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MessageSujet: Déforestation   Sam 28 Juin - 8:33

L'ONU appelle les nations asiatiques à cesser la deforestation

Comme un arbre dans la ville ne sera bientôt plus qu'un mythe, on n'en trouvera plus que dans les livres... électroniques.

En proposant aux dirigeants asiatiques un plan pour mettre fin à la déforestation massive, l'ONU espère réellement endiguer cette pratique désastreuse d'ici à 2020. En détruisant arbres, plantes et écosystème, c'est également à l'habitat de la faune que l'on s'attaque.

80 % de la biodiversité pourrait se trouver dans les forêts, dont environ 1,6 milliard de personnes dépendent pour leur survie, déclare Ahmed Djoghlaf, directeur exécutif au centre biologique de la biodiversité à l'ONU. « L'ambition d'arrêter la déforestation en 2020 est possible, c'est réalisable », a-t-il déclaré dans une conférence à Manila.

Au cours d'une réunion en Allemagne, 65 pays se sont engagés à soutenir un appel lancé par le Worldwide Funds for Nature, pour une déforestation complètement jugulée d'ici à 2020, mais seuls le Cambodge et le Vietnam représentaient l'Asie. Selon Sjoghlaf, le monde perd chaque année 13 millions d'hectares de forêts, soit 36 terrains de football (américain) par minute. Et 95 pays ont complètement perdu leurs anciennes zones boisées.

Une région qui ignore la menace

En Asie du Sud-est, les incendies ont également ravagé 10 millions d'hectares entre 1997 et 2006. On abat plus d'arbres pour permettre l'agriculture, et le commerce illégal de bois se développe à grande échelle. Pour Rodrigo Fuentes, directeur du centre de biodiversité de la région, l'Asie du Sud-est perdra 3/4 de ses 47 millions d'hectares et 42 % de sa biodiversité d'ici 2100.

Djghalf et Fuentes précisent qu'une telle situation serait dramatique, ainsi une incidence évidente sur la sécurité écologique, mais aussi économique mondiale. Une concurrence plus âpre sur les matières premières...


Rédigé par Clément S., le dimanche 22 juin 2008

http://www.actualitte.com:80/actualite/3012-deforestation-Asie-ecologie-menace-biodiversite.htm
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MessageSujet: La demande accrue en carburants et aliments menace les forêts (rapports   Lun 14 Juil - 18:28

14.07.08

La demande accrue en biocarburants, en bois et en produits alimentaires menace de destruction les forêts de la planète, avertissent deux rapports américains publiés lundi à Londres.

Il faudra exploiter 515 millions d'hectares supplémentaires d'ici à 2030 afin de satisfaire les besoins agricoles et énergétiques, estime l'organisation américaine Rights and Resources Initiative (RRI) dans deux rapports présentés à la Chambre des Communes. Cette surface représente près du double des terres actuellement exploitées.

"A moins que des mesures soient prises, les propriétaires traditionnels de la forêt et les forêts elles-mêmes vont être les plus grands perdants", a mis en garde Andy White, coordinateur de RRI.

"Cela va signifier une plus grande déforestation, plus de conflits, plus d'émissions de CO2, plus de réchauffement climatique et moins de prospérité", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué.

"La double crise des carburants et des produits alimentaires attire de nouveaux investissements significatifs et une importante spéculation foncière. Seule la protection des droits des personnes qui vivent dans et aux environs des forêts les plus vulnérables peut empêcher la dévastation que ces forces provoqueront sur les pauvres", a poursuivi l'expert.

Le RRI, une coalition d'organisations internationales de défense des forêts, appelle à la reconnaissance des droits fonciers et civiques de ceux qui vivent dans les forêts et une gestion plus démocratique des régions forestières afin de protéger les habitants, l'écologie et le climat.

La coalition appelle en particulier à des réformes des droits fonciers dans les pays qui émettent d'importantes quantités de CO2 en raison de la déforestation, notamment le Brésil, l'Indonésie, la République démocratique du Congo et la Malaisie.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-36188917@7-37,0.html
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MessageSujet: Coupes claires dans les forêts primaires   Lun 14 Juil - 18:30

Les forêts plieront-elles devant notre boulimie pétrolière ou notre soif de produire toujours plus pour nourrir plus? Exploitation illégale du bois, concurrence avec les cultures, explosion des cultures de plantes à pétrole, ..., les menaces planant sur les forêts de la planète n'en finissent pas. Ce n'est pas neuf, mais deux rapports publiés cette semaine braquent les projecteurs sur ces ressources.

Environ 1,54 milliards d'hectares sont actuellement cultivés dans le monde. Mais pour satisfaire les besoins énergétiques et agricoles de la population en 2030, il faudra exploiter 515 millions d’hectares supplémentaires. L'organisation américaine Initiative pour les droits et ressources milite pour la reconnaissance des droits fonciers et civiques de ceux qui vivent dans les forêts et pour une gestion plus démocratique des régions forestières. Elle publie cette semaine deux rapports concernant la gestion des forêts mondiales.

“A moins que des mesures soient prises, les propriétaires traditionnels de la forêt et les forêts elles-mêmes vont être les plus grands perdants”, a mis en garde Andy White, coordinateur de RRI. “Cela va signifier une plus grande déforestation, plus de conflits, plus d’émissions de CO2, plus de réchauffement climatique et moins de prospérité”, a-t-il ajouté, cité dans un communiqué. Il faut dire que rogner sur les forêts pour produire de la nourriture et/ou de quoi faire rouler nos voitures va exacerber le réchauffement climatique: la déforestation, c'est 20% des émissions de gaz à effet de serre. “La double crise des carburants et des produits alimentaires attire de nouveaux investissements significatifs et une importante spéculation foncière. Seule la protection des droits des personnes qui vivent dans et aux environs des forêts les plus vulnérables peut empêcher la dévastation que ces forces provoqueront sur les pauvres”, poursuit Andy white.

On lui accorde le droit d'y croire, mais vus les montants en jeu, la protection des droits des personnes vivant de près ou de loin des forêts reste un doux rêve. En Indonésie, la forêt tropicale a été littéralement rasée pour laisser place aux plantations de palmiers à huile (agrocarburants); en République démocratique du Congo, les essences rares et l'explosion du prix du bois conduit de nombreuses compagnies forestières à exploiter légalement, mais surtout illégalement, des milliers d'hectares sans contrôle; au Brésil, les plantations de soja -transgénique- remplacent d'énormes surfaces de forêts primaires, ...


Pourtant, l'Homme a besoin de ces étendues végétales qui couvrent 30% de la surface terrestre. Plus d'un milliard de personnes dépendent directement et indirectement de ces écosystèmes pour leur nourriture, leurs revenus, leur énergie, ... On estime à 350 millions le nombre de peuples autochtones ou tribaux dépendant en partie des forêts, dont 60 millions quasi intégralement.

http://environnement.blogs.liberation.fr/noualhat/2008/07/forts-menaces.html
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MessageSujet: La déforestation de l'Amazonie brésilienne se poursuit à un rythme accéléré   Mer 16 Juil - 5:14

La déforestation de l'Amazonie brésilienne s'est poursuivie en mai à un rythme accéléré, la forêt ayant encore perdu 1.096 km2, a annoncé mardi l'Institut national brésilien de recherches spatiales (Inpe).

(Publicité)
Plus de la moitié de cette déforestation (646 km2) a eu lieu dans l'Etat du Mato Grosso do Sul (sud de l'Amazonie), là où les pressions sont les plus fortes pour convertir la forêt en champs pour le bétail et le soja.

Ces chiffres, encore provisoires, sont à peu près identiques à ceux d'avril quand l'Inpe avait enregistré une déforestation s'étendant sur 1.123 km2, une superficie équivalente à la taille de la ville de Rio de Janeiro.

L'Inpe, qui utilise un système de détection par satellite, ne repère que les grandes surfaces déboisées en raison de la couverture nuageuse.

"La déforestation, comme toujours, continue à être très importante", a déploré lundi le ministre de l'Environnement Carlos Minc, avant de connaître les nouvelles données.

Celles-ci montrent que la déforestation a repris à grande échelle depuis la fin de l'année dernière après avoir progressivement diminué au cours des dernières années, passant de 27.000 km2 en 2004 à quelque 11.000 km2 en 2007.

Selon l'Inpe, depuis 20 ans, une surface de la taille d'un terrain de football est détruite toutes les 10 secondes en Amazonie, considérée comme "le poumon vert" de la planète.
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MessageSujet: Témoignage dramatique des Hommes de la forêt   Sam 26 Juil - 17:55

Le témoignage dramatique des Hommes de la forêt. Un film tourné et réalisé par Chanee, car la forêt doit être sauvée pour les animaux, mais aussi ces hommes...

https://www.dailymotion.com/playlist/xjf5z_kalaweitprogram_orang-rimba

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MessageSujet: suite du film sur les victimes de l'huile de palme   Sam 26 Juil - 17:59

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MessageSujet: Forest love   Sam 9 Aoû - 7:04

Un clip "érotique" de greenpeace pour saver le forêt

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MessageSujet: Reforester   Jeu 21 Aoû - 6:54

Eric Eustache pour Planète Urgence (France)

Le 24-03-2006 (Publié sur internet le 22-03-2006 )

Des solutions pour sauver la Planète : Reforestons la planète

L’idée de replanter les forêts du monde est en train de faire son chemin.

Certain se sont lancés dans l’aventure, comme Wangari Mathaï au Kenya (prix Nobel de la Paix 2005), depuis 30 ans déjà. Son organisation a permis la replantation de plus de 30 millions d’arbres, dans un pays ou le couvert forestier joue, comme souvent, un rôle essentiel : il fournit de l’ombre aux plantes et cultures annuelles, protège le sol des pluies trop violentes, retient la terre et l’humidité, fournit des fruits et du bois de cuisson aux hommes et des habitats pour de nombreuses espèces animales et végétales.

On le voit, la reforestation peut jouer un rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire des populations les plus fragiles.

Le super-dividende de la reforestation

Il est aujourd’hui incontestable que le problème majeur du XXIe siècle sera de limiter le réchauffement climatique. Les moyens pour ce faire sont essentiellement de limiter les rejets de gaz à effet de serre (économies d’énergie sous toutes ses formes et développement des énergies renouvelables non polluantes), la captation et le stockage du CO2 à la source et la création de puits de carbone.

Les forêts constituent, avec les océans, l’un des principaux puits de carbone disponible à la surface de la Terre. Il est donc nécessaire, non seulement de stopper la déforestation, mais de reconstituer les stocks de carbone piégé dans les forêts. En lançant de vastes programmes de reforestation, basés sur des principes rigoureux tels que l’usage de multiples essences locales (il faut éviter de replanter des champs d’eucalyptus ou d’autres de ces essences utilisées pour les « plantations forestières » destinées rapidement à la coupe), implication des populations locales dans les replantations et respect de leurs droits ancestraux sur les terres replantées.

De cette façon, nous pouvons rétablir quelques-uns des grands équilibres terrestres (cycle de l’eau, maintien de la biodiversité, absorption du carbone, etc..), fournir de nouvelles perspectives pour les populations les plus pauvres et une avenir pour les générations à venir. Qu’attendons-nous ?

Eric Eustache pour Planète Urgence (France)

http://www.planete-urgence.org/planete-info/article.php?ID=415
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MessageSujet: La préservation des forêts tropicales est une priorité mondiale   Mar 9 Sep - 15:18

Merci de nous aider à améliorer le dossier sur la fin de seize ressources énergétiques et métalliques (en ligne à partir de http://terresacree.org/ressources.htm ) avant que nous l'envoyions à la presse.

_________________________________________________________________


La préservation des forêts tropicales est une priorité mondiale

Selon le GIEC, la part de la déforestation représente environ 2O % des émissions de carbone mondiales et les émissions directes issus de l’exploitation des terres et de la forêt ont cru de 40% entre 1970 et 2004 (combustion, dégradation de la biomasse, de la tourbe et déforestation). Une des recommandations du Groupement d’experts climatiques pour atténuer le réchauffement planétaire est donc de réduire les émissions issues de la déforestation, notamment sous les tropiques, dans les pays en voie de développement comme le Brésil, en Afrique subsaharienne et en Indonésie, où la croissance démographique et le développement économique vont continuer d’exercer une pression croissante sur la forêt.

Les forêts tropicales couvrent 1,681 millions d’hectares dont environ 900 millions en Amérique du Sud, 500 millions en Afrique et 260 millions en Asie.Les taux de déforestation actuels varient de 1,1% en Asie à 0,7% en Amérique latine et en Afrique. Les forêts primaires constituent des réservoirs stables de carbone, alors que les jeunes plantations et forêts en reconstruction fixent le dioxyde de carbone de l’air sous forme de carbone organique. D’autre part, les incendies et la combustion du bois correspondent à des libérations de carbone dans l’atmosphère tandis que les usages qui prolongent l’existence du bois en retardent la restitution. Les forêts tropicales renferment 45 % des 958 milliards de tonnes de carbone présents dans les écosystèmes forestiers. Le climatologue réputé Philippe Ciais souligne qu’un ha de foret tropicale plantée sur un sol nu permet en moyenne de stocker 350 tonnes de carbone en incluant le carbone dans le sol.

Une étude publiée par la revue Science en 22 juin 2007 (cosignée également par P Ciais) a montré que les forêts de l’hémisphère Nord n’absorberaient qu’ 1,5 milliard de tonnes de CO2 contre 2,4 milliards calculés par les modèles. Ce qui signifie que les concentrations de CO2 dans l’hémisphère Nord seraient plus importantes que prévu. En revanche, malgré les brûlis agricoles, les forêts tropicales ne relargueraient pas dans l’atmosphère 1,8 milliard de tonnes de CO2, mais seulement 100 millions.

Une autre étude publiée en avril 2007 dans le PNAS a montré que planter et préserver des forêts tropicales pourraient ralentir le réchauffement climatique, alors que planter des forêts dans les hautes latitudes pourrait contribuer au réchauffement. Cette étude, menée par des chercheurs du Lawrence Livermore National Laboratory (LLNL), prouve que seules les forêts tropicales sont fortement bénéfiques au ralentissement du réchauffement global car non seulement elles absorbent le gaz carbonique mais elles favorisent également les nuages qui aident à refroidir la planète.

Enfin une étude publiée le 23 juillet 2008 dans le PNAS estime qu’un milliard de dollars par an pourrait permettre de réduire de 10 % la déforestation tropicale, évitant l’émission d’environ un demi-milliard de tonnes de carbone par an pour les 25 prochaines années. Le rapport coût/efficacité d’une telle mesure de préservation de la forêt tropicale serait, selon cette étude, bien supérieure à celui des technologies propres mises en oeuvre par les pays développés pour limiter à grand frais leurs émissions de CO2.

Les forêts plantées et préservées sous les tropiques contribuent donc de manière puissante à ralentir le réchauffement de l’atmosphère, alors que planter des arbres en d’autres endroits de la planète pourrait aggraver le réchauffement. Ces études remarquables et complémentaires convergent pour confirmer le rôle majeur des forêts tropicales sur l’atmosphère et le climat. Selon le climatologue Ken Caldeira, "les forêts tropicales agissent comme un véritable climatiseur de la Terre".

Il faut en outre rappeler le rôle essentiel des forêts tropicales, et plus particulièrement les forêts denses humides, dans la préservation de la biodiversité : ces forêts abritent plus de 80 % de la diversité spécifique terrestre. Aujourd’hui, cette richesse est menacée. Selon la FAO, le quart de la diversité biologique de la planète risque de disparaître d’ici à 2020.

L’urgence des mesures à prendre contre le changement climatique et pour la préservation de la biodiversité commence heureusement à faire évoluer l’opinion et les positions de la communauté internationale sur cette question complexe de la réduction des émissions liée à la déforestation et la dégradation des forêts tropicales.

Un pas décisif a été franchi en 2006, avec les contributions de la Banque Mondiale, de Sir Nicholas Stern et enfin du GIEC cette année, dans son 4ème rapport qui souligne que : « 65% du potentiel d’atténuation globale du carbone se situe sous les tropiques et 50% de l’ensemble pourrait être réalisé en réduisant les émissions de déforestation ». Dans son rapport révolutionnaire de 2006, Nicolas Stern désignait la réduction de la déforestation comme une mesure " rentable du point de vue économique" pour atténuer le changement climatique. Ainsi estimait-il qu’il en coûterait entre 10 et 15 milliards de dollars (6,4 à 9,7 milliards d’euros) chaque année pour diminuer de moitié la déforestation d’ici à 2030.

L’idée d’émettre des REDD (réduction d’émissions issues de la déforestation et de la dégradation tropicale) sur les marchés du carbone fait donc son chemin. La Bolivie a été la première à présenter des résultats mesurables et certifiés à la manière des MDP (Mécanismes de développement propre du protocole de Kyoto) sur le projet expérimental du Parc Noël Kempff.

Depuis le sommet de Bali, le principe de la Réduction des Emissions liée à la Déforestation et la Dégradation des forêts tropicales (REDD) et de son intégration dans le cadre de la Convention Cadre Changement Climatique est admis. Les pays tropicaux vont ainsi pouvoir valoriser à travers les différents marchés du carbone leurs efforts REDD.

Le projet des REDD est très novateur car il permet simultanément, et de manière synergique, de lutter contre le changement climatique, de réduire la pauvreté et de sauvegarde de la biodiversité. Les arbres plantés ne comptent que pour 0,1% des projets enregistrés dans le cadre du Protocole de Kyoto notamment pour cause de difficultés méthodologiques et administratives pour certifier le stockage de carbone. « Hormis la difficulté de calculer le carbone stocké dans les arbres et le sol, se pose le problème de garantie de pérennité ainsi que la rapidité de mise en œuvre : quand on plante des arbres, les tonnes de carbones seront compensées dans 30 ans. Les énergies renouvelables ont nettement plus de succès dans les MDP (53 % des projets) surtout auprès des pays européens, car le marché européen du carbone n’accepte qu’1% de projets de reforestation par pays.

Une des réticences à donner trop d’importance à la forêt dans le marché carbone est liée à la peur de voir les pays industrialisés diminuer leurs efforts dans leurs propres réductions d’émissions, en achetant des crédits à bas prix, issus de la forêt tropicale. Mais depuis 1990, la situation a changé : le Protocole de Kyoto prend fin en 2012 et les objectifs de 2020, 2030 et 2050 définis à Bali sont bien plus ambitieux et vont inclure tous les pays émergents qui seront attendus sur leurs engagements. Les objectifs de réduction fixés impacteront alors le prix de la tonne de carbone.

Une étude récente du Centre européen d’études économiques (ZEW) montre que la limitation des émissions de gaz à effet de serre permise par la protection de grandes zones de forêts tropicales permet de préserver le climat non seulement efficacement mais aussi économiquement. Une intégration de ces forêts dans le marché international des droits d’émissions profiterait, à long terme, aussi bien aux pays industrialisés qu’aux pays en développement. Ainsi, la prise en compte de la protection des forêts tropicales après l’expiration du protocole de Kyoto en 2012 augmenterait nettement l’efficacité et la rentabilité de la future politique du climat.

L’idée d’intégrer la protection des forêts tropicales dans les marchés mondiaux et européens du carbone à l’aide du mécanisme REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Degradation) est donc en train de s’imposer mais sera difficile à mettre en oeuvre. Il faudra trouver un accord sur le système qui régulera et financera les REDD. Laurence Tubiana, directrice de l’IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales) croit à « un marché parallèle de droits sur la déforestation évitée », pour ne pas déstabiliser le marché actuel.

Le déboisement destiné à l’obtention de bois tropicaux fait disparaître des forêts stockant le carbone, ce qui accélère le réchauffement du climat. Le mécanisme REDD permettrait de reconnaître et de chiffrer la réduction des émissions de gaz à effet de serre permise en évitant le déboisement des forêts tropicales. Les pays en développement pourraient ainsi limiter les émissions de CO2 en protégeant leurs forêts, faire enregistrer ces émissions évitées dans des certificats et les vendre aux pays industrialisés. Ces derniers pourraient comptabiliser ces émissions évitées dans leurs objectifs de protection du climat.

Les pays industrialisés pourraient faire des économies grâce au mécanisme REDD, car éviter des émissions en protégeant les forêts tropicales est moins coûteux que de développer des innovations techniques. En effet, les pays industrialisés ont déjà développé de nombreuses technologies innovantes pour réduire leurs émissions. La mise au point d’innovations supplémentaires nécessiterait de très fortes dépenses.

Les régions tropicales profiteraient aussi particulièrement fortement du mécanisme REDD. Comme le montre l’étude, les revenus apportés par la vente des droits d’émission couvriraient largement les coûts d’opportunité de la protection des forêts, c’est-à-dire la perte des gains liés à l’utilisation des forêts (vente du bois ou conversion en surfaces agricoles) due à la protection. Les pays en développement feraient donc une bonne affaire en protégeant les forêts tropicales. L’intégration de cette protection dans les systèmes de droits d’émission et de quotas carbone pourrait, en outre, permettre aux pays industrialisés de gagner l’adhésion des pays en développement à la mise en place d’un nouvel accord sur le climat.

Jean Louis Borloo entend avec raison placer la préservation des forêts tropicales parmi les priorités de sa présidence de l’Union Européenne. Il souhaite notamment "que les textes relatifs aux compléments législatifs de la certification européenne FLEGT et à la déforestation évités trouvent le meilleur consensus et aboutissent rapidement. " Il s’est également prononcé pour une interdiction totale du bois non certifié en Europe.

La mise en place de mécanismes internationaux pour fournir une compensation aux pays qui protégeraient leurs forêts au détriment de leurs impératifs économiques et l’évaluation économique des actions de "déforestation évitée" sont à présent reconnues comme des priorités mondiales et doivent devenir, au même titre que le développement des énergies renouvelables et des technologies propres, es axes majeurs de la politique européenne en matière d’environnement et d’aide au développement.

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1753.php
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MessageSujet: Les forêts anciennes, constituées de vieux arbres, continuent de prélever du carbone de l'air.   Mer 17 Sep - 15:26

Les forêts anciennes, constituées de vieux arbres, continuent de prélever du carbone de l'air.
Cette découverte, publiée dans Nature le 11 septembre le 11 septembre, contredit la théorie en vigueur depuis 40 ans, qui stipulait que seules les forêts en croissance - "jeunes" - stockent du carbone, ralentissant ainsi le renforcement de l'effet de serre en raison des émissions de gaz à effet de serre par les hommes.

C'est une équipe internationale, à laquelle participe Philippe Ciais, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (CEA/CNRS), qui a réalisé cette découverte.
L'idée du scientifique américain Eugène Odum semblait pourtant logique. Dans une "vieille" forêt, inchangée depuis 150 ans et exempte d'intervention humaine, le bilan carbone - émissions versus stockage - est neutre. La croissance des jeunes arbres étant compensée par la décomposition des arbres

morts. Et le réservoir de carbone du sol devait ainsi rester stable. Du coup, dans tous les modèles climatiques simulant l'évolution du cycle géochimique du carbone, les anciennes forêts étaient considérées comme des acteurs muets, sans intervention sur le futur climatique. D'ailleurs, le protocole de Kyoto avait adopté ce point de vue et ne les prends pas en compte dans ses calculs. Conclusion seconde : leur conservation n'était considérée que sous l'angle d'une protection contre la déforestation. Comme les forets anciennes représentent environ "30% de la surface forestière mondiale, dont la moitié dans les régions tempérées de l'hémisphère nord", selon Philippe Ciais, le sujet n'a rien d'anecdotique.

Tout faux, explique l'article publié dans Nature. Selon une étude minutieuses des bases de données combinées des réseaux CarboEurope et AmeriFlux, les forêts anciennes séquestrent chaque année entre 0,8 et 1,8 milliard de tonne de carbone. Bonne nouvelle ?

Cela dépendra, bien sûr, de l'avenir de ces forêts. D'abord de l'éventuelle intrusion de l'homme dans leur cycle de vie. L'appétit chinois de bois, par exemple, se traduit par de gigantesques opérations de coupes en Sibérie. Ces coupes vont-elles être suvies d'une régénération forestière... ce qui aurait comme conséquence d'intensifier le stockage de carbone ? Ou à l'inverse d'une transformation de l'usage des sols et d'une réduction de la surface forestière ?

Même interrogation pour le devenir du carbone stocké dans les sols. Tant l'intervention humaine que le changement climatique sont susceptibles de modifier sa vie microbienne et donc de modifier son rôle dans le cycle du carbone. Soit pour stocker plus... soit, c'est plus probable, pour émettre plus, en particulier par l'accélération des cycles microbiens sous l'effet d'un climat plus chaud. Or, comme les quantités de carbone stockées dans les sols sont énormes - bien plus grandes que celles stockées dans les arbres - l'effet climatique serait important. D'où la recommandation finale des auteurs de l'article : il vaudrait mieux laisser intactes ces vieilles forêts.
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MessageSujet: L'Amazonie aura disparu en 2030   Mar 30 Sep - 15:07

La forêt amazonienne, poumon de la planète, a perdu au mois d'août 756 kilomètres carrés de bois, en grande partie à cause de l'abattage et les incendies qui s'en suivent. Cela représente plus du double de la superficie disparue au mois de juillet (113%), ce qui fait craindre le pire pour l'avenir de cette forêt immense.

L'année 2008 aura été particulièrement destructrice puisque la disparition des arbres y a augmenté de 229% - en comparaison avec 2007. Ces chiffres proviennent de l'Institut brésilien pour l'Environnement et la Gestion de l'Espace (INPE).

Un territoire gigantesque
A ce rythme, la forêt amazonienne aura disparu d'ici 2030. Ce territoire, d'une superficie de 6,7 millions de kilomètres carrés, est la plus grande forêt tropicale du monde et la majeure partie de celle-ci se trouve au Brésil (environ 65%). Une crise qui s'accélère puisque plus d'un demi million de kilomètres carrés (un territoire aussi grand que la France) ont disparu durant seulement les vingt dernières années.

Domino
Bien entendu, ce n'est pas directement l'abattage qui risque de causer la disparition de la forêt d'ici 2030, mais il existe un effet domino: l'Amazonie doit dorénavant faire face à de nombreux incendies, car une fois les bois coupés, les éleveurs et les agriculteurs mettent le feu afin de transformer ces espaces en champs ou en pâturages.

Contrairement aux arbres évoluant dans un climat plus tempéré, les arbres d'Amazonie ne se relèvent pas d'un incendie: ce qui disparaît, ne reprend pas vie.

Causes
Plusieurs causes sont à l'origine de cette disparition: l'agriculture massive (notamment le soja), l'extension des pâturages pour le bétail et le bois consommé par une population en constante augmentation dans ce territoire.

Effet de serre
Les arbres et le sol de l'Amazonie forment le plus grand réservoir de CO2 au monde, gaz contribuant à l'effet de serre. Pour rappel: les arbres absorbent le C02 et lorsque ceux-ci sont coupés et que le sol s'assèche, le CO2 se libère.

D'ici 2030, 55,5 à 96,6 milliards de tonnes de CO2 seront libérés suite au déboisement de l'Amazonie. Une augmentation égale aux rejets mondiaux de gaz à effets de serre durant deux ans (au rythme actuel). Ce qui signifie une augmentation paralèlle de la température moyenne mondiale de un à un degré et demi .

Condamné
Le Centre britannique Hadley a indiqué que même si l'abattage des arbres s'arrêtait dès aujourd'hui, le territoire amazonien est de toute façon condamné à devenir un désert d'ici à la fin du siècle. Pour éviter cette catastrophe écologique, le réchauffement planétaire doit rester sous les deux degrés (nous nous situons actuellement à 1 degré en Europe). Mais cet objectif semble impossible à réaliser, même si nous diminuons drastiquement nos rejets de CO2.

20%
Le déboisement de la forêt amazonienne participe aussi à l'assèchement des rivières qui alimentent l'Amazone, ce qui au final aura pour conséquence une diminution des précipitations dans la région, et donc moins de neiges sur les Andes, qui apportent l'eau aux rivières. La boucle est bouclée. Rien de beau en perspective puisque l'Amazone représente 20% de l'apport en eau des océans.

Impuissance
La semaine dernière, le ministre brésilien de l'Environnement, Carlos Minc, a rappelé l'urgence face au manque de moyens pour lutter contre le déboisement: 80% de la déforestation au Brésil est illégale, d'après le WWF.

Selon Carlos Minc, les bourgmestres et gouverneurs ont diminué leurs contrôles et la répression face au déboisement. Avec les élections du 5 octobre en ligne de mire, il serait en effet mal venu pour eux de se mettre à dos ceux qui se rendent coupable de déforestation.

Pressions
Carlos Minc est le successeur de Marina Silva qui avait démissionné suite à des pressions politiques et industrielles. Dans une interview, celle-ci a récemment expliqué que son administration avait baissé la déforestation de 59% entre 2004 et 2007. Un combat qui avait fait grincer de nombreuses dents au Brésil. En attendant, la forêt continue de partir en fumée...

Caroline Albert

http://www.7sur7.be/7s7/fr/2665/Rechauffement-Climatique/article/detail/434334/2008/09/30/L-Amazonie-aura-disparu-en-2030.dhtml

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Brésil: la déforestation de l'Amazonie s'accélère

AP | 29.09.2008

La déforestation de l'Amazonie se poursuit à un rythme plus de deux fois supérieur à celui de l'an dernier, ont annoncé les autorités brésiliennes lundi, reconnaissant un brutal inversement de tendance après trois ans de baisse du rythme de déforestation.

La destruction de l'Amazonie a augmenté de 228% en août, comparé au mois d'août 2007, selon un rapport de l'Institut national brésilien pour la recherche spatiale. Quelque 756 kilomètres carrés de forêt tropicale ont ainsi été rayés de la carte en août, contre 230 kilomètres carrés en août 2007.

L'institut, qui utilise des images satellites pour ses observations, estime que les dommages subis par l'Amazonie sont probablement pires que ne le révèlent les chiffres, car ses chercheurs n'ont pu recueillir aucune donnée pour 25% de la region en raison de la couverture nuageuse.

Selon le ministre de l'Environnement Carlos Minc, cette forte aggravation de la déforestation s'explique en partie par les élections nationales à venir, les maires dans la région de l'Amazonie se montrant complaisant envers les exploitants forestiers illégaux dans l'espoir de gagner des voix.

Mais les défenseurs de l'environnement pointent surtout du doigt la hausse des cours mondiaux des denrées alimentaires, qui incite les producteurs de soja et les éleveurs à couper la forêt pour avoir de nouvelles terres à exploiter.

Les élections jouent sans aucun doute un rôle, mais "la tendance (...) est profondément liée au fait que les prix des denrées augmentent", souligne Paulo Adario, qui coordonne la campagne Amazonie de Greenpeace. "En période d'élections, la détermination des autorités à faire appliquer les lois est réduite", note-t-il. "Mais le gouvernement fédéral doit intervenir et faire son travail." AP

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/ameriques/20080929.FAP8484/bresil_la_deforestation_de_lamazonie_saccelere.html
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MessageSujet: L'Indonésie détruit ses forêts pour remplir les pompes du Nord   Jeu 2 Oct - 6:12

Le pays compte déjà 7,3 millions d'hectares de palmiers à huile soit deux fois la superficie des Pays-Bas. Témoignage.

L'Indonésie est le premier producteur mondial d'huile de palme. Pour répondre à l'énorme demande des firmes étrangères, américaines ou européennes qui utilisent l'huile de palme comme agrocarburant, le gouvernement déforeste à grande échelle. Ginting Tongena, membre des Amis de la Terre en Indonésie, témoigne.

« En Indonésie, l'huile de palme était utilisée pour l'alimentation humaine, pour la fabrication de cosmétiques pour l'alimentation animale. Désormais, elle l'est aussi pour les agrocarburants. Il ya une énorme demande, une énorme pression pour la production d'huile de palme à destination des pays du Nord. Le gouvernement prévoit que la production devrait doubler dans les vingt prochaines années.

Aujourd'hui, l'Indonésie est le plus gros producteur mondial. Aec la Malaisie, elle fournit 90% du marché mondial.

7,3 millions d'hectares sont déjà consacrés à la production d'huile de palme pour les carburants. Et le gouvernement en a d'ores et déjà alloué 20 millions supplémentaires - soit la surface de l'Angleterre, de la Suisse et des Pays-Bas réunis-, pour que ces cultures puissent se développer encore.

Ce qui signifie que la déforestation déja très importante, et la pollution des sols et des eaux va s'accroître encore. Or l'Indonésie est déjà le le troisième contributeur en gaz à effet de serre derrière les Etats-Unis et la Chine, non pas à cause des transports, mais à cause du relargage entraîné par la déforestation.

La déforestation est une catastrophe en matière de biodiversité. Elle aboutit à la disparition des habitats naturels d'espèces déjà menacées comme les tigres ou les orang-outangs.

L'impact sur les populations est déastreux. En Indonésie, 60% à 90% de la population dépend de la forêt. Ils en tirent des matériaux de construction, des plantes médicinales, des denrées alimentaires et des sources de revenus. La déforestation les laisse sans moyens de subsistance et coupés de leur mode de vie traditionnel.

On leur a fait miroiter les emplois liés au développement des agrocarburants mais en fait ces cultures en créent peu et ce sont surtout des emplois précaires, avec peu de technologie."

http://www.liberation.fr/terre/0101120159-l-indonesie-detruit-ses-forets-pour-remplir-les-pompes-du-nord
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MessageSujet: A qui profite le désastre (1)   Dim 5 Oct - 9:58

Déforestation : à qui profite le désastre ?

vendredi 3 octobre 2008

L’ampleur de la déforestation – 130 000 km² par an – s’apparente à un désastre écologique et social. Particulièrement concernées : l’Amazonie, l’Afrique centrale et l’Indonésie. En cause, la survie des pauvres, l’industrie agroalimentaire et forestière, le consumérisme des riches. La protection de la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques passent nécessairement par un questionnement radical des logiques productivistes et des inégalités.
Par Bernard Duterme

Problématique complexe aux causes et aux effets multiples, la déforestation correspond d’abord à une évolution mondiale alarmante. Crise alimentaire, changements climatiques, impasses énergétiques… les tendances lourdes de l’actualité de ce début de 21e siècle, de par leurs connexions plus ou moins manifestes avec le déboisement et la dégradation des forêts, obligent la communauté internationale à enfin donner l’importance qu’il mérite au phénomène. Le déclin rapide des superficies boisées ne date pourtant pas de ce millénaire. A la faveur d’autres lames de fond – l’urbanisation, les pollutions, l’agroindustrialisation, la pauvreté… – aux liens implicites ou explicites avec la déforestation, le constat aurait déjà dû mobiliser les consciences. Sans doute les risques apparaissaient-ils plus éloignés.

Toujours est-il, on le devine, que la diminution avancée du couvert forestier à l’échelle mondiale s’avère intimement liée, dans ses logiques et dans sa portée, aux modèles de production et de consommation privilégiés ces dernières décennies, voire ces derniers siècles.

S’en tenir ici à une approche strictement descriptive ou technique de la problématique ne pourra donc suffire, même si, dans un premier temps, il convient d’en prendre la mesure. Qu’entend-on par déforestation ? Quelle est son ampleur ? Quelles régions et populations du monde concerne-t-elle ? En quoi pose-t-elle problème ? Dans un deuxième temps, nous traiterons des causes évidentes et sous-jacentes de la déforestation, ainsi que de ses principaux moteurs et acteurs, pour ensuite débattre des enjeux cruciaux et des politiques auxquels elle renvoie.

Importance des forêts et ampleur de la déforestation

Aujourd’hui, les forêts naturelles couvrent encore un quart des terres émergées du globe (CIRAD, 2008) et remplissent toujours de multiples fonctions, tant écologiques qu’économiques, sociales et culturelles. Des fonctions notamment environnementales donc, qui, à la faveur des progrès des connaissances scientifiques, apparaissent chaque jour plus précieuses, à la fois innombrables et inestimables, indispensables à la perpétuation de la vie sur terre.

Contribution au cycle de l’eau, à la régulation du climat, à la protection des sols, au stockage de carbone et plus globalement au maintien et à l’entretien de la biodiversité…, le rôle vital des forêts est avéré. Sans elles, les sécheresses ou les inondations s’amplifient, les terrains s’érodent, le climat se réchauffe, les espèces végétales et animales disparaissent.

Les fonctions sociales, économiques et culturelles du couvert forestier sont elles aussi manifestes… et documentées.

Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, 2008) – la principale agence des Nations unies active sur cette problématique –, les forêts hébergeraient quelque 350 millions de personnes dans le monde.
Pour la Banque mondiale, « dans les pays en développement, 1,2 milliard de personnes dépendent de systèmes d’exploitation agroforestiers qui favorisent la productivité agricole et assurent des revenus » (Banque mondiale, 2004).

Et selon le Pnud, plus de 2 milliards d’humains tireraient, à des degrés divers, leurs moyens d’existence, leur bois de feu, leurs plantes médicinales et leurs aliments, des forêts (Pnud, 2000). Non seulement les produits forestiers fournissent des protéines, des matières grasses, des vitamines et des minéraux que ne contiennent pas la plupart des aliments de base, mais ils permettent aussi de combattre la faim lorsque la sécheresse, les inondations, les ravageurs ou les maladies déciment les cultures.

A la dendroénergie (énergie tirée du bois) sont imputables de 7 à 9% de l’énergie consommée dans le monde. Ce chiffre atteint 80% dans plusieurs pays du Sud et dépasse même les 90% au Burundi, en République dominicaine, au Bhoutan, au Népal… (FAO, 2007). Autre rôle crucial de zones boisées souvent négligées : les mangroves, ces forêts de palétuviers que l’on trouve sur les côtes tropicales et qui n’occupent plus qu’environ 150 000 km² de superficie, sont considérées comme « essentielles aux cycles de vie de la majorité des espèces piscicoles vendues sur les marchés mondiaux » (Banque mondiale, 2004).


Au-delà, l’importance du secteur forestier dans l’économie et le commerce international (330 milliards de dollars, près de 4% des échanges de l’ensemble des matières premières, 14 millions d’emplois…) est une réalité bien établie.

Qu’en est-il dès lors de l’évolution du couvert forestier ?

De l’ampleur de la déforestation ?

Si « le monde possède aujourd’hui un peu moins de 4 milliards d’hectares de superficie boisée » (ce total inclut les nouvelles plantations de monocultures d’arbres, quel que soit leur déficit en biodiversité par rapport aux forêts primaires), le déboisement « se poursuit au rythme alarmant d’environ 13 millions d’hectares par an », c’est-à-dire quelque 130 000 km² annuels, plus de quatre fois la superficie de la Belgique, un quart de la France (FAO, 2007). Perte nette estimée, après régénération et nouvelles plantations (sans tenir compte donc de la qualité des « forêts » comptabilisées) : 8 millions d’hectares par année, soit 220 km² par jour…

Pour alarmant qu’il soit, le phénomène est inégalement réparti. Globalement, si les superficies des forêts boréales et tempérées ont stagné ou ont légèrement progressé ces dernières décennies (après avoir plongé ces derniers siècles, particulièrement en Europe occidentale et aux Etats-Unis), c’est d’abord dans les régions tropicales que les forêts reculent à un rythme soutenu depuis le milieu du 20e siècle, rythme qui s’est encore accru au tournant des années 2000.

En témoigne notamment l’évolution récente des superficies boisées des quatre pays qui possèdent à eux seuls pratiquement la moitié de toutes les forêts de la planète : alors que la Russie (1er pays forestier) perd annuellement 0,1 million d’hectares, que le Canada (3e) affiche un solde pratiquement nul et que l’étendue des forêts aux Etats-Unis (4e) progresse de 0,2 million d’hectares, celles du Brésil (2e pays forestier) en revanche régressent de 3,1 millions d’hectares chaque année.

Depuis 1990, on calcule que le Brésil a perdu de la sorte quelque 50 millions d’hectares de forêts, plus de 10% de son couvert total. Les deux autres grands bassins forestiers intertropicaux – la zone Malaisie/Indonésie et l’Afrique centrale – ne sont pas en reste. Ainsi, sur la même période, l’Indonésie a perdu environ 32 millions d’hectares de surfaces boisées, plus d’un tiers de son couvert actuel. Et l’Afrique centrale, 14 millions d’hectares, quelque 6% de ses forêts.

Le Soudan, la Birmanie, la Zambie, la Tanzanie, le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et le Venezuela figurent, derrière le Brésil et l’Indonésie, dans les dix pays dont la diminution nette annuelle du couvert forestier en chiffres absolus est la plus importante. Au rythme actuel, sept Etats perdent chaque année plus de 3% de leurs forêts : les Comores (-7,4%), le Burundi (-5,2%), le Togo (-4,5%), la Mauritanie (-3,4%), le Nigeria (-3,3%), l’Afghanistan (-3,1%) et le Honduras (-3,1%). Trente autres pays affichent des reculs supérieurs à 1% par an (FAO, 2007).

Cas particulier et de taille : la Chine.

A lui seul, son reboisement soutenu explique le faible ralentissement de la déforestation planétaire enregistré entre 2000 et 2005 par rapport aux années 1990. Le couvert forestier chinois s’accroît en effet au taux annuel de 2,2% depuis 2000, ce qui équivaut tout de même à 4 millions d’hectares par an. En 2005, les nouvelles plantations de production s’étendaient déjà en Chine sur plus de 700 000 km²…

Cela étant, le solde mondial annuel reste, on l’a vu, largement négatif et d’autant plus préoccupant que dans nombre de cas, les replantations qui atténuent dans les chiffres l’ampleur de l’hémorragie, diminuent de fait sur le terrain la qualité et l’utilité intrinsèques des forêts, quand elles n’aggravent pas les déséquilibres écologiques.

Autre aspect non reflété par ces tendances générales : la dégradation des forêts sur pied elles-mêmes, du fait des différentes formes de pollution, des coupes sélectives mais destructrices du voisinage, etc. (World Rainforest Movement, 2007).

Causes de la déforestation

L’élucidation des causes de la déforestation est difficile et controversée. A fortiori lorsqu’il s’agit de désigner les responsabilités et, au-delà, les acteurs qui tirent effectivement profit de la tendance. Celle-ci étant désormais considérée universellement comme un « désastre » ou, pour le moins, comme un « sujet de préoccupation majeur », la mise au jour de ses logiques et le dévoilement de ses gagnants et perdants sont devenus l’enjeu politique, plus ou moins assumé, de nombre d’études et de rapports, de prises de position multiples et de luttes d’influence. La complexité du phénomène, la difficulté de le mesurer dans ses formes diverses et l’hétérogénéité des données produites ne facilitent pas le défi de l’explication causale.

Pour autant, une idée fausse semble en perte de vitesse. Celle, malthusienne, qui attribue invariablement et exclusivement au fléau de la pression démographique le recul des espaces vierges.
L’image dichotomique avait l’avantage de la simplicité : nous sommes tous responsables au même titre de la dégradation irrémédiable d’une nature jusque-là « intacte ». C’est elle ou nous ! Elle sans nous (Rossi et André, 2006).

Conséquence logique pour les courants « conservationnistes » : il faut délimiter des « aires protégées », mettre le capital « naturel » sous cloche, le rendre imperméable aux perturbations de l’homme. Premières victimes de cette conception figée, édénique et désanthropisée de la biodiversité : les populations agroforestières, privées d’accès à leur propre environnement parce que considérées comme principales coupables de sa dégradation. Comme nous le verrons plus loin, c’est se tromper et de diagnostic et de remède.

Une autre idée reçue, moins fondamentale mais répandue dans l’opinion, est à nuancer d’emblée : celle qui confond déboisement et extraction industrielle des « bois précieux ». Or les ressorts de la déforestation ne se limitent pas à l’exploitation commerciale des forêts tropicales. Légale ou illégale, elle n’en est pas même la principale cause. _ Elle est en quelque sorte, oserait-on dire, « l’arbre qui cache la forêt ». Certes importante et hautement problématique lorsqu’elle n’est pas durable et que les populations locales ne bénéficient pas de ses retombées, la coupe pour l’exportation vers le Nord de grumes d’Indonésie, d’Afrique centrale et d’ailleurs arrive en réalité loin derrière le moteur le plus actif du déboisement qu’est l’agriculture.

L’agriculture sous toutes ses formes : agriculture vivrière bien sûr, mais surtout agroindustrie d’exportation, utilisation croissante du sol pour produire ce que réclame le marché mondial, pour l’approvisionner en céréales, en viande, en huile, en pâte à papier, en carburants...
L’expansion agricole serait ainsi responsable de plus de la moitié des destructions de forêts (Delacote, 2008 ; FAO, 2007).

( suite sur le post suivant)
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MessageSujet: A qui profite le désastre (2)   Dim 5 Oct - 9:59

Agriculture de subsistance, agrobusiness et « fast wood »

Dans certaines régions du monde, en particulier en Afrique subsaharienne, cette expansion, ce déplacement continu de « la frontière agricole » est d’abord le fait des petits paysans, en quête de parcelles à cultiver.
Non pas que ceux-ci soient par nature les prédateurs inconséquents d’écosystèmes dont ils sont les premiers à payer la dégradation, mais là où le manque de perspectives, de terres et de ressources est tel qu’il n’y a pas d’autres solutions, la pression des pauvres sur les forêts s’accroît inexorablement.

De situations de « cohabitation équitable » avec le milieu forestier – où l’empreinte des communautés locales sur la biodiversité participe à son nécessaire renouvellement – on passe à des situations où la marginalisation des paysans engendre une utilisation non durable des forêts. La technique itinérante du brûlis qui, dans des systèmes agraires à l’équilibre, permet de renouveler la fertilité par la friche, devient dans ces conditions de rareté un vecteur performant de destruction des forêts.

Le lien pauvreté-déforestation, assimilable à un cercle vicieux – le déboisement générant lui-même une série de conséquences dramatiques pour les populations locales –, est modulé par un faisceau de facteurs contextuels, plus ou moins opérants selon les régions. Parmi ceux-ci : l’orientation des politiques agraires, d’accès à la terre, de développement, la variation des prix agricoles, le droit foncier, l’état des infrastructures, les circuits commerciaux locaux et nationaux… et au-delà, les formes d’insertion dans le marché mondial et les ajustements macroéconomiques auxquels ont été soumis ces dernières années la plupart des pays dans lesquels la pauvreté est devenue « le terreau de la déforestation » (Alternatives économiques, 2008).

Prendre ces facteurs en considération, c’est admettre que « l’action de développement durable doit se concentrer sur l’évolution économique des populations, sur la réduction des situations de pauvreté et de vulnérabilité », plutôt que sur des « solutions d’ordre strictement écologique » et des « politiques de conservation qui s’attaquent aux symptômes et pas aux causes » (Rossi et André, 2006).

Si la pauvreté prend donc sa part dans la quête de terres agricoles au détriment du couvert forestier tropical, les usages industriels axés sur l’exportation et l’accumulation de profits sous-tendent les pratiques les plus prédatrices. « Il y a déforestation parce que des usages autres sont financièrement plus rentables que l’utilisation durable de la forêt, tout au moins pour les acteurs qui déboisent », explique l’économiste Alain Karsenty du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, le CIRAD. « Là où les conditions économiques le permettent, il est plus profitable de faire des plantations de palmier à huile, de cacao ou de soja que d’exploiter durablement la forêt, et a fortiori de la conserver. Il est également souvent plus rentable de convertir la forêt naturelle en plantations d’arbres à croissance rapide pour la fabrication de pâte à papier. » (Karsenty, 2007)

En ligne de mire, l’agroindustrie, particulièrement florissante en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, qui alimente depuis plusieurs décennies le marché mondial en maïs et en soja (brésilien, argentin…) pour l’élevage européen, en viande pour les fast-foods nord-américains, en huile de palme (indonésienne, malaise, nigériane…) pour l’industrie alimentaire et cosmétique, en pâte de bois et en cellulose pour la fabrication du papier, etc.

L’expansion de l’ensemble du secteur – et par conséquent la pression sur les forêts – est boostée aujourd’hui par la montée en puissance de la demande en agrocarburants, dérivés eux-mêmes, dans leurs différentes formes, de la plupart de ces cultures intensives, qu’elles soient oléifères (soja, palmiers à huile…), riches en sucre (maïs, canne…) ou autres encore (cellulose…).

Si cette industrie génère d’importants bénéfices pour les Etats producteurs et les grands groupes nationaux et transnationaux de l’agrobusiness, la logique et les effets de son mode de production dominant ouvrent sur de sérieuses impasses.

Des impasses qui débordent la seule problématique de la déforestation, pour embrasser notamment celle de la sécurité alimentaire.

Le schéma type est celui de la monoculture homogène à perte de vue, sur d’immenses propriétés foncières, aux méthodes de travail de plus en plus mécanisées, peu coûteuses en main-d’œuvre, mais gourmandes en pesticides et généralement en eau. Socialement, elle présuppose la concentration de la terre et vise la concentration des revenus, le plus souvent au détriment d’importants secteurs du monde rural (paysans sans terre, autochtones, populations agroforestières…), parfois expropriés ou expulsés, le plus souvent laissés en marge, tenus à distance ou intégrés à la force de travail dans des conditions aléatoires, en termes de salaire, de rythme d’activité, d’exposition aux épandages chimiques…

En matière d’impact environnemental, la plupart des études – militantes ou académiques, officielles et non officielles – convergent dans leurs grandes lignes : l’agroindustrie et la monoculture d’arbres à croissance rapide, ce que le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) appelle très pertinemment le fast wood, participent à la dégradation accélérée du milieu ambiant et à l’érosion de la biodiversité.

Le fait est que, de multiples façons et souvent de manière irréversible, ces cultures portent atteinte aux forêts, aux prairies, à la qualité des sols, aux ressources hydriques, à la diversité biologique. Le World Rainforest Movement, principale coalition mondiale d’organisations mobilisées contre la déforestation, parle à juste titre de la création de « déserts verts » à propos de l’extension de ce type de production à haute rentabilité, mais dont les externalités négatives, en termes de pollution, d’épuisement des terres, de consommation en eau, de contamination des nappes phréatiques et de la chaîne alimentaire…, font au mieux l’objet de compensations symboliques de la part des grands noms de l’agrobusiness.

A la logique du profit, le secteur sacrifie volontiers la raison écologique, en plantant par exemple nombre d’espèces exotiques hors de leur région d’origine ou de leur habitat naturel, pourvu que les rendements suivent, que les conditions favorables à la croissance rapide et au développement de l’agroindustrie soient réunies : climat atmosphérique (selon la latitude, la vitesse de pousse peut être multipliée par cinq) et social (malléabilité des acteurs sociaux et politiques) propice, facilité d’accès à la terre et aux forêts, qualité des sols, approvisionnement en eau aisé, résistance aux pollutions, réglementation locale laxiste en matière de cultures transgéniques…

Ces dernières connaissent en effet une progression constante, en dépit des incertitudes et des risques. Sous la pression des multinationales du secteur, plus de la moitié du soja cultivé aujourd’hui est génétiquement modifié. Cela pourrait réduire la demande en pesticides grâce à l’utilisation de variétés moins exposées aux maladies, mais la résistance de ces variétés aux herbicides peut également encourager leur épandage massif. La tendance touche aussi les arbres et en particulier les plantations en rang d’oignons de fast wood, celles-là mêmes que les grands recensements du couvert forestier dans le monde, notamment ceux de la FAO, continuent à comptabiliser au même titre que les forêts naturelles ou primaires, à la richesse en faune et en flore pourtant incomparable.

Ainsi, au Brésil, la recherche s’est portée sur la modification génétique de l’eucalyptus et des essais ont été réalisés sur le terrain, avec pour objectif d’exacerber certaines caractéristiques de l’essence : la vitesse de croissance, la contenance en cellulose et la tolérance au glysophate, cet herbicide de triste réputation pour ses effets secondaires nocifs sur le vivant. Au Chili, deux défis sont en passe d’être relevés : la manipulation des gènes des pins pour les rendre résistants à un insecte (la mite du bourgeon) qui affecte les plantations ; et la modification génétique des eucalyptus pour leur permettre de mieux affronter le froid et pour pouvoir ainsi étendre les plantations – auxquelles s’opposent les indigènes mapuches – vers le Sud et plus haut dans la cordillère (World Rainforest Movement, 2008).

Plus globalement, on l’aura compris, l’expansion de l’agroindustrie exportatrice au préjudice des forêts s’inscrit au centre de la double problématique de la sécurité alimentaire et de la faim dans le monde, que l’on a vue resurgir en 2007 à la faveur de la forte hausse des prix agricoles. Hausse essentiellement provoquée par la demande accrue des économies émergentes, la faiblesse des stocks, l’envolée de la production des agrocraburants et la flambée des prix du pétrole, le tout exacerbé par la spéculation.

Mais hausse qui met surtout en lumière, à travers les crises sociales qu’elle génère en Afrique, en Asie et en Amérique latine, les impasses du modèle – longtemps préconisé par le FMI et la Banque mondiale – du « tout à l’exportation » au détriment des cultures vivrières et des marchés locaux, ainsi que les aberrations de la mise en concurrence des paysans du Sud à la productivité faible, avec les exportations des surplus du Nord, souvent subventionnées, qui inondent les villes des pays en développement (Berthelot, 2008 ; Zacharie, 2008).

Sur fond de crise alimentaire, la pression sur la terre et donc sur les forêts tropicales a tendance à s’accroître encore. Davantage cependant pour approvisionner le marché mondial en produits agricoles, en viande, en pâte à papier et depuis peu en carburants, que pour privilégier l’agriculture paysanne locale dont dépendent pourtant plusieurs centaines de millions de familles dans les pays du Sud. Derrière le modèle productiviste dominant et non durable qui hypothèque la survie des populations agroforestières, érode la biodiversité et dope les émissions de carbone liées au déboisement, un modèle consumériste se perpétue dans les pays riches et là où la croissance économique permet aux plus fortunés de s’aligner sur les standards occidentaux.

Extraction de bois de feu et de bois rond industriel

Si l’affectation des terres boisées à l’agriculture, à l’élevage et à l’industrie du fast wood constitue donc de fait le principal ressort de la déforestation, d’autres causes directes et indirectes ne peuvent être sous-estimées.

Parmi celles-ci, bien sûr, l’usage non durable des forêts elles-mêmes, qui renvoie lui aussi, pour les régions tropicales, tantôt à la récolte de bois de feu (ou bois de chauffe) par les habitants locaux, tantôt à l’exploitation et au commerce national et international de bois rond industriel.

La première serait de loin la principale consommatrice des ressources ligneuses dans les pays en développement. En Afrique, selon la FAO, 90% du bois prélevé sert de combustible, essentiellement pour le chauffage et la cuisson dans les zones rurales et les quartiers pauvres des villes. Le prélèvement qui se fait d’ordinaire par abattage d’arbres ou ramassage de branches tombées à terre, dépasse largement la coupe annuelle autorisée et apparaît comme « illégal » au regard du cadre juridique existant dans la plupart des pays…

La tendance, similaire en importance dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Asie du Sud (entre 80% et 90% du bois prélevé y sert de bois de chauffe) et moins nette en Asie de l’Est et en Amérique du Sud (+- 50%), correspond à la géographie de la pauvreté dans le monde et appelle moins des explications démographiques, techniques ou ethniques que des analyses politiques des conditions socioéconomiques et culturelles qui amènent des pans entiers des populations nationales à participer activement à la disparition de leurs forêts. Si la dendroénergie est appelée à devenir, face à l’épuisement des combustibles fossiles, une composante significative des politiques énergétiques des pays riches, force est de reconnaître que dans ses formes dominantes actuelles (bois de chauffe dans les pays pauvres), elle crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Le cas d’Haïti, développé plus loin dans ce numéro d’Alternatives Sud par Ilionor Louis, illustre bien l’impact calamiteux de l’inégale répartition des richesses et du dénuement d’une majorité de la population sur des forêts qui ne couvrent déjà plus que 3,7% du territoire national et continuent à disparaître au rythme d’environ 1% par an. Ces pauvres qui déboisent et produisent du charbon de bois pour alimenter les cuisines populaires de tout un pays sont aussi les premières victimes des effets de pareil désastre écologique, en particulier des dégâts des inondations qui en résultent. Au-delà, Ilionor Louis souligne le manque d’efficacité des alternatives techniques ou partielles – promotion de réchauds améliorés, utilisation de gaz de pétrole liquéfié… – et fait de la lutte contre la pauvreté et de la redistribution, les conditions préalables à un reboisement durable.

A côté de la pauvreté, l’autre grand motif d’extraction réside dans l’alimentation du marché mondial par l’industrie de l’exploitation forestière. Si l’Europe, l’Amérique du Nord et le Japon, rejoints par la Chine ces dernières années, dominent de la tête et des épaules le commerce international du bois en tant que principaux producteurs, exportateurs et importateurs des produits de la sylviculture, là où les problèmes les plus aigus se posent en matière de déforestation, de dégradation ou de gestion non durable des forêts, c’est dans l’abattage abusif, destructeur et illégal tel qu’il a tendance à être pratiqué dans les régions tropicales.

Souvent, la coupe elle-même fait déjà plus de dégâts qu’elle ne le devrait. « Partout en région tropicale, les pratiques inappropriées continuent largement de prévaloir, au détriment du bien-être de la main-d’œuvre et de la population locale, de l’efficacité et de la durabilité de l’environnement » (FAO, 2007). En cause donc, les dommages collatéraux de l’abattage sélectif de « bois précieux », l’absence de plans d’exploitation, les débardages dévastateurs, le manque de contrôle, la construction anarchique de routes de pénétration, etc. Les organisations internationales, comme l’OIBT (Organisation internationale des bois tropicaux) et la FAO, ainsi que les principaux centres d’étude indépendants (CIRAD, CIFOR…) en conviennent : malgré le poids relatif minoritaire des forêts tropicales dans l’approvisionnement en bois du commerce mondial , leur surexploitation est une réalité et l’illégalité des pratiques atteint des proportions démesurées.

Le pourcentage de grumes prélevées illicitement, usinées sur place ou propulsées sur le marché international, dépasserait régulièrement les 50% (au Brésil, au Cameroun, au Ghana…), voire les 75% (en Indonésie…). Globalement, l’exploitation illégale représenterait au moins un tiers du volume du bois tropical échangé chaque année. La tendance, selon Alain Karsenty du CIRAD, connaîtrait même un essor soutenu. Si cet accroissement provient sans doute du comportement prédateur des compagnies forestières, il serait d’abord le résultat de l’introduction par les Etats locaux de tentatives de régulation de l’exploitation par des contraintes de gestion et d’organisation territoriale, les nouvelles lois créant logiquement de nouveaux hors-la-loi... Mais l’essor de l’illégalité renvoie aussi à des dynamiques plus complexes, variables selon les pays et les niveaux de développement.
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MessageSujet: A qui profte le désastre (3)   Dim 5 Oct - 10:02

Ainsi par exemple, là où les Etats ont mené des politiques volontaristes de développement de l’industrie locale du bois, appuyées sur l’interdiction d’exporter des grumes non usinées, les surcapacités de transformation atteintes « produisent un effet d’irréversibilité : le coût social et politique du désinvestissement est trop élevé pour être une option retenue, et la fuite en avant dans l’exploitation illégale est une solution implicitement admise. » (Karsenty, 2003) C’est notamment le cas en Indonésie et en Malaisie où les niveaux officiels de prélèvements soutenables sont constamment et copieusement dépassés pour pouvoir alimenter l’industrie à satiété.

Ailleurs, c’est d’abord la quasi-absence de l’Etat ou son caractère mafieux ou les deux à la fois – absence de moyens et forte corruption – qui laissent les coudées franches aux entreprises forestières détentrices de confortables concessions. En Afrique, le secteur demeure largement dominé par les groupes européens (Rougier, Pasquet, Danzer, Alpi, Fipcam…), mais aussi malais, libanais et chinois (la Chine, premier importateur mondial de bois rond industriel depuis 2004 – et premier exportateur de meubles… –, importe à elle seule la moitié des grumes en provenance des régions tropicales). Des réformes importantes ont toutefois été entreprises ces quinze dernières années visant à doter les Etats nationaux de codes forestiers plus contraignants, de modalités d’adjudication plus équitables, d’outils de surveillance, de quotas de coupe à transformer localement, etc. Avec des résultats inégaux et parfois contradictoires.

En effet, l’introduction de nouvelles exigences pour les compagnies forestières a entraîné des restructurations et une concentration accrue du secteur. D’où une marginalisation et une « informalisation » croissante des filières d’approvisionnement pour les usages nationaux. « Ce phénomène est, en partie, lié à l’extraversion de l’industrie du bois, notamment en Afrique centrale, où les grandes entreprises exportent de 80% à 100% de leur production. Les consommateurs africains désargentés doivent se rabattre sur un secteur semi-artisanal en pleine expansion (il représente près du double de la production du secteur industriel au Ghana et au moins le quadruple en RDC), dont l’impact écologique peut être redoutable. Enfin, les niveaux élevés de corruption et l’implication personnelle fréquente du milieu politique et administratif dans l’économie forestière minent les systèmes de régulation. » (Karsenty, 2006)

Deux rapports publiés en 2008 confirment, pour la République démocratique du Congo, l’échec des réformes du domaine de la foresterie. Le premier, élaboré par Global Witness en charge de l’Observation indépendante des forêts (OIF), souligne, dans ses conclusions, « l’absence complète de contrôles significatifs, une ambiguïté juridique et un manque de pratiques standardisées, laissant le secteur dans une situation d’anarchie et conférant un terrain propice aux pratiques abusives et frauduleuses ». Le second, produit par le Panel d’inspection de la Banque mondiale, stigmatise surtout le manque de considération pour les populations locales et l’environnement dont ont fait preuve les réformes de l’exploitation industrielle du bois, soutenues par la Banque elle-même. Ailleurs, les experts de Greenpeace décrivent par le détail « le pillage » des forêts d’Afrique centrale par les multinationales, au mépris des autochtones, de la faune et de la flore, et du droit local...

En Europe et en Amérique du Nord surtout, en amont ou en aval de la sensibilité en hausse des opinions publiques à cette facette de la déforestation – « la main basse des consommateurs des pays riches sur les bois précieux tropicaux » –, de multiples initiatives publiques et privées ont vu le jour, destinées à favoriser une exploitation forestière durable dans les pays du Sud. Notamment par le biais de la « certification ». Toutes ne se valent cependant pas. Elles varient en crédibilité selon les méthodes de vérification mises en oeuvre, selon les critères retenus quant à l’origine et la nature des produits, selon qu’elles émanent des entreprises du secteur, des Etats ou des ONG, ou encore de combinaisons de ces différents acteurs … Les plus opportunistes de ces initiatives sont peu convaincantes, les plus officielles sont peu contraignantes, les plus contraignantes sont peu respectées. Certaines toutefois ont permis des améliorations sensibles.

Urbanisation, exploitation minière, barrages, tourisme, pollutions, incendies…

Outre la consommation non durable de bois et la pression de l’agriculture et de l’élevage sur les forêts, d’autres causes de la déforestation sont encore à mentionner. Et d’abord, d’autres usages du sol qui grignotent sensiblement le couvert forestier tropical.

Des phénomènes aussi globaux et évidents que l’urbanisation et la construction d’infrastructures bien sûr – dans le sud et l’est de l’Amazonie brésilienne et le long de l’Amazone et de ses affluents, d’immenses étendues sont désormais classées « zones urbaines » et peuplées aujourd’hui d’environ 70% des 14 millions d’habitants que compte la région –, mais aussi des intrusions et des impacts plus précis et dévastateurs liés à la prospection et aux exploitations minières et pétrolières, à la construction de grands barrages, à l’établissement d’implantations touristiques, ou encore, dans les mangroves, à l’élevage industriel de crevettes…

En la matière, les exemples abondent où les opérations sont conçues et réalisées par des investisseurs extérieurs, non seulement au détriment des forêts et des écosystèmes locaux, mais aussi à l’insu des populations des lieux concernés, dépossédées de leurs terres et de leurs ressources ou victimes directes des nuisances et des pollutions occasionnées.

Eléments clés de ces diverses formes de pénétration dans les forêts : les routes. Encouragée par les autorités pour « mettre en valeur » de nouvelles régions, leur construction, privée ou publique, planifiée ou anarchique, signe l’arrêt de mort à terme de forêts jusque-là préservées, par les effets en chaîne qu’elle déclenche. Les conséquences d’une exploitation ciblée – d’acajou, d’or, d’argent ou d’autres ressources précieuses – sont souvent plus destructrices que l’exploitation elle-même.

Ainsi, en Amazonie, une fois les premiers exploitants passés, « les routes servent de voies d’accès à un mélange détonant d’occupants sans titre, de spéculateurs, de grands propriétaires terriens et, invariablement, de bandits armés. Tous ces requins atteignent le cœur jusque-là impénétrable de la forêt, puis détruisent les pistes et changent la disposition des lieux pour faire croire qu’ils sont chez eux. L’appropriation des terres par la corruption, l’intimidation et la falsification de titres de propriété est tellement répandue qu’elle porte un nom : ‘grilagem’, du mot portugais ‘grilo’, ‘criquet’. Ceux qui s’y adonnent, les ‘grileiros’, sont depuis longtemps connus pour leur talent à faire ‘vieillir’ prématurément de prétendus titres de propriété dans un tiroir où ont été placés des criquets affamés » (National Geographic, 2007). A l’exception d’un petit nombre d’autoroutes nationales et fédérales, la quasi-totalité des routes d’Amazonie ont été construites illégalement.

Les feux de forêts constituent une autre menace permanente pour les régions tropicales boisées.

Près de la moitié seraient volontaires, pour déboiser et par la suite, on l’a vu, pour cultiver. L’autre moitié sont accidentels et ont tendance à s’accroître, en raison de la diminution des pluies, consécutive au… déboisement des forêts pluviales. L’aggravation des sécheresses liées au réchauffement de la planète amplifie encore les risques et les effets d’incendies susceptibles de dévaster des régions entières.

Les effets destructeurs de certaines pollutions, des pluies acides, des attaques de ravageurs – insectes, maladies, nématodes, parasites… – entrent aussi en ligne de compte. Selon la FAO, s’il est difficile de quantifier les impacts réels, il est avéré que « la rapidité des transports et la libéralisation du commerce », ainsi que l’expansion des « monocultures » au préjudice de la biodiversité « ont favorisé la diffusion des ravageurs » (FAO, 2007). Encore une fois donc, les causes de la déforestation apparaissent intimement liées aux modèles productivistes et consuméristes dominants.
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MessageSujet: A qui profite le désastre (4)   Dim 5 Oct - 10:03

Des critiques qui portent d’abord sur la prééminence des approches globales fondées sur le marché… et ses vertus philanthropiques.

« Bien que la Banque mondiale favorise un financement mixte pour la déforestation évitée, elle est in fine une importante pionnière et partisane de l’échange de carbone. Les économistes de la Banque insistent sur le fait que seuls les marchés pourront rapporter assez de fonds pour assurer l’efficacité des efforts mondiaux d’atténuation des changements climatiques. De fait, le plan de financement de son Fonds de partenariat pour le carbone forestier suppose que celui-ci sera financé presque entièrement par des fonds commerciaux à partir de 2014 » (Griffiths, 2007).

Les populations tributaires des forêts d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et leurs organisations représentatives nourrissent quant à elles de vives craintes à l’égard du peu de cas que les initiatives de la Banque en matière de foresterie du carbone, font des questions sociales et de droits humains.

« Comment une organisation si favorable ces dernières années aux industries d’extraction, à l’exploitation forestière marchande, à l’agrobusiness et aux plantations à croissance rapide tiendrait-elle compte des droits, des réalités et de l’avis des peuples autochtones ? ». Plus d’un indice technique permet en effet de comprendre que, dans leurs formes actuelles, les Déforestation et changements climatiques

Depuis le début des années 2000, pratiquement chaque semaine nous apporte de nouvelles données qui indiquent comment les changements climatiques affectent déjà profondément et affecteront davantage encore le couvert forestier mondial (Alternatives Sud, 2006).

Ainsi, il nous a été donné de voir comment la prolifération de certains insectes consécutive à des canicules répétées en régions tempérées ou à des hivers exceptionnellement doux en zones boréales pouvait hypothéquer la survie des principaux massifs forestiers de la planète. La propagation du dendroctone du pin ponderosa dans l’ouest du Canada, par exemple, constitue l’infestation la plus importante jamais enregistrée en Amérique du Nord. Si en 2005 elle avait déjà fait perdre, en volume de bois tué, l’équivalent de six ans de récolte à la Colombie britannique, elle pourrait affecter d’ici à 2013, 80% des pins à maturité de cette province canadienne, et s’étendre vers le Nord (The Canadian Chamber of Commerce, 2007).

A l’inverse des impacts du réchauffement de la terre sur les forêts, le rôle de ces dernières dans l’atténuation des changements climatiques, et en particulier dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre, a également pris beaucoup de relief ces dernières années. Pour devenir peut-être la bouée de sauvetage d’une communauté internationale en quête de solutions efficaces et consensuelles. Dès lors, la future politique climatique mondiale, discutée lors du Sommet de Bali en décembre 2007, va-t-elle permettre en retour de renverser la tendance en matière de déforestation ? Réussir, au nom de la réduction globale des émissions de carbone, là où les scientifiques, les mouvements écologistes, indigènes ou paysans et certaines politiques publiques ont échoué ces dernières décennies ?

Bien qu’elles aient longtemps été sous-estimées, voire ignorées ou contredites, les estimations convergent enfin : la déforestation, à son rythme actuel, est responsable d’environ 20 à 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, principales causes du réchauffement de la planète. Plus précisément, la destruction de la forêt tropicale provoque chaque année plus de rejet que l’ensemble du secteur des transports à travers le monde. Dans les pays du Sud, 35% des émissions sont dues au déboisement et jusqu’à 65% dans les régions les plus pauvres.

D’une part donc, c’est connu, les forêts absorbent et stockent naturellement du carbone en grande quantité , d’autre part, sous les tropiques, elles permettent aussi la formation de nuages qui contribuent à limiter le réchauffement en réfléchissant la lumière du soleil. Elles jouent un rôle crucial dans le refroidissement et l’assainissement de l’atmosphère, dans la provision d’eau douce et de pluie. La forêt amazonienne, à elle seule, emmagasine le plus grand volume d’eau douce de la planète et rejetterait dans l’air 20 milliards de tonnes de vapeur en une seule journée.

Bref, la préservation des forêts apparaît aujourd’hui essentielle à l’efficacité des efforts mondiaux entrepris pour atténuer les changements climatiques.

D’autant plus depuis que le rapport Stern, du nom de l’ancien vice-président de la Banque mondiale, est venu corroborer en 2006 que les initiatives de réduction de la déforestation étaient dans l’ensemble moins coûteuses que celles entreprises dans d’autres secteurs. Quatre stratégies au moins sont envisagées : la diminution de la déforestation et de la dégradation des forêts ; la reforestation ; l’augmentation de la densité de stockage de carbone du couvert forestier existant ; et enfin, la revalorisation des produits issus des forêts, visant à rendre cette forme d’occupation des sols plus rentable que d’autres…

Le Protocole de Kyoto - établi par les Nations unies en 1998 et entré en vigueur en 2005 - permettait déjà aux pays développés, via le mécanisme de développement propre, de « réduire leurs émissions » en finançant des projets de reforestation dans les pays du Sud (Alternatives Sud, 2006).

Si, à en croire la FAO, les retombées sur le secteur forestier en sont encore à ce jour très modestes, la qualité environnementale des projets financés est également pour le moins controversée. L’idée débattue fin 2007 lors du Sommet mondial de Bali sur le climat, pour donner suite au Protocole de Kyoto au-delà de 2013, consiste à ajouter à ce mécanisme des dispositifs récompensant les Etats qui luttent contre la déforestation. « Il s’agirait de rémunérer ainsi les tonnes de carbone qui ne seront pas parties en fumée » (Alternatives économiques, 2008). De rétribuer les « déforestations évitées ».

De nouveau, le projet prête le flanc à plusieurs niveaux de critiques. Techniques d’abord, de faisabilité. Comment mesurer la « déforestation évitée » ? R. Pirard et A. Karsenty identifient trois difficultés : « la légitimité de l’extrapolation à partir des tendances historiques ; la capacité d’estimation des scénarios de référence de type prédictif ; enfin, la possibilité réelle d’imputer à différentes politiques publiques la baisse du taux de déforestation et, plus encore, d’en mesurer l’effet net » (2007).

Le risque est grand en effet qu’un tel dispositif incite à accélérer le déboisement avant l’entrée en vigueur du mécanisme, récompense de fait les pays qui ont déjà déboisé tout ce qui pouvait l’être, génère des réductions fictives d’émissions, rémunère des diminutions de déforestation qui auraient de toutes façons eu lieu, ouvre la porte à diverses formes de chantage à la coupe et nourrisse un nouveau marché d’expertise et de consultance forestières…

Au-delà des problèmes de faisabilité en effet, il est à craindre que les mesures préconisées exonèrent à moindres frais les pays du Nord de leurs responsabilités et avantagent plus les entreprises forestières, leurs plantations et leurs consultants que les forêts tropicales elles-mêmes et leurs habitants.

Ce point de vue, partagé par la plupart des organisations sociales internationales actives contre la déforestation, comme la Global Forest Coalition, le World Rainforest Movement, le Forest Peoples Programme et l’International Alliance of Indigenous and Tribal Peoples of the Tropical Forest, va de pair avec l’analyse selon laquelle ce nouveau système mondial d’incitants financiers à réduire la déforestation, plutôt qu’identifier et freiner ses véritables moteurs et ses principaux responsables – la pauvreté dans les régions tropicales, les intérêts de l’industrie et le consumérisme des pays riches –, risque en réalité de finir par récompenser, dans sa mise en application, les entreprises et les gouvernements qui la stimulent (Reyes, 2008).

Parmi les grands promoteurs d’initiatives et de nouveaux mécanismes visant à la « réduction des émissions dues à la déforestation (RED) », figure la Banque mondiale, mobilisée elle aussi pour une « meilleure gestion forestière », susceptible d’« accroître les revenus en milieu rural » et d’« aider l’ensemble de la planète à atténuer le changement climatique de façon plus énergique ».

Moyens préconisés : une activation des « marchés du carbone actuels (qui) n’exploitent que très peu les bénéfices potentiels du CO2 lié aux forêts » et des incitants publics et privés au déboisement évité et au reboisement (Banque mondiale, 2007). Mais, que ces politiques soient menées dans le cadre du projet de « Partenariat mondial pour les forêts », imaginé par la Banque dès 2006 de concert avec les grandes ONG conservationnistes, les Etats et les entreprises, ou à travers le « Fonds de partenariat pour le carbone forestier », lancé à Bali fin 2007, elles font aussi l’objet de sévères critiques.

nouveaux dispositifs de primes aux pratiques prétendument durables, à l’extraction à impact réduit et aux activités de reboisement finiront par profiter d’abord à de grands concessionnaires commerciaux, aux sociétés d’exploitation forestière et de plantation industrielle (Forest People Programme, 2008 ; Lovera, 2007).

C’est désormais une évidence, l’apparent consensus dans la mobilisation mondiale pour atténuer le réchauffement climatique en préservant les forêts est lourd de contradictions et d’intérêts antagoniques, lorsqu’il n’aggrave pas lui-même le problème.

Solutions politiques locales, nationales ou mondiales ?
Quelles politiques dès lors mettre en œuvre aux niveaux nationaux et international pour renverser la tendance périlleuse de la déforestation, au bénéfice prioritaire tant des populations locales que de l’équilibre environnemental global ? D’apparence ingénue, la question en contient d’autres.
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MessageSujet: A qui profite le désastre (5)   Dim 5 Oct - 10:04

Le principal défi à relever se situe sans doute moins dans la formulation technique idéale de ce en quoi devrait consister une gestion « durable » des forêts – une gestion qui assure leur renouvellement – que dans la désignation des espaces réels de souveraineté. A qui revient-il d’énoncer, d’exécuter ou de garantir une exploitation raisonnée des terres et des ressources forestières ? A qui appartiennent-elles et au nom de quels intérêts sont-elles gérées ?

Dans ce débat comme dans d’autres, une première ligne de fracture oppose les tenants d’une privatisation des forêts – au motif que le propriétaire privé est plus enclin que l’autorité étatique à garantir la reconstitution d’un bien dont il tire son revenu (libres) – aux défenseurs d’une gestion publique théoriquement seule à même d’orchestrer l’accès aux richesses forestières en privilégiant l’intérêt national.
Si les premiers semblent faire peu de cas du comportement essentiellement prédateur des grands concessionnaires forestiers, particulièrement là où les velléités de régulation ne font pas le poids, les seconds nourrissent cependant peu d’illusions sur les capacités réelles d’intervention de bon nombre d’Etats du Sud et, dans les pays où les gouvernements disposent des moyens de leur politique, sur l’orientation effective des arbitrages opérés entre les intérêts de l’industrie forestière, de l’agrobusiness, des communautés locales et de l’environnement.

Un deuxième clivage distingue les niveaux de pouvoir : régime international, souveraineté nationale ou gestion communautaire ?
« Les forêts ne sont pas considérées comme des biens publics mondiaux alors qu’elles fournissent plusieurs de ces biens publics comme le maintien de la biodiversité ou l’atténuation des changements climatiques », regrette le CIRAD. « Elles sont soumises à la stricte souveraineté des Etats. Un pays peut actuellement laisser détruire ses forêts pour la production de biocarburants ou par l’exploitation illégale du bois. La question d’une gouvernance mondiale des forêts se pose de manière de plus en plus pressante » (CIRAD, 2007).

Ce à quoi certains pays du Sud ont tendance à répondre aujourd’hui sur le mode des déclarations du président brésilien Lula : « Les pays riches sont malins, ils édictent des normes contre la déforestation, après avoir détruit leurs propres forêts » (Le Monde, 1er mars 2007). Et de s’appuyer sur une étude réalisée par l’Institut brésilien de recherche agronomique (Embrapa), où il est démontré que l’Europe n’a conservé que 0,3% des forêts existant il y a huit mille ans, contre 69% au Brésil…

Cela étant, malgré les réformes des codes forestiers nationaux et les réglementations environnementales engagées ces dernières années, souvent à l’instigation des grands bailleurs internationaux, les politiques de plusieurs Etats tropicaux restent sous le feu des critiques des défenseurs de la nature et des mouvements populaires locaux.

En particulier les politiques forestières du Brésil qui, en dépit de mesures draconiennes prises par le gouvernement Lula (interdiction d’abattage dans certaines zones, conditionnalités environnementales au crédit public…), continuent à donner priorité aux appétits du secteur agroindustriel, grand pourvoyeur de devises, spécialement en période de hausse des cours mondiaux des denrées alimentaires et des carburants... En face, les associations de lutte contre la déforestation y trouvent de nouvelles raisons d’appuyer l’idée d’une transmission de la propriété des forêts des Etats vers les communautés locales, probablement plus sensibles à la nécessité de maintenir leur pérennité ; « les hommes qui vivent de la forêt étant ceux qui la font vivre ».

C’est dans cet esprit que s’inscrivent les douze principes de l’« Initiative de Mumbai – Porto Alegre pour les forêts », lancée en 2004 et 2005 par une convergence d’organisations sociales des cinq continents. On y plaide bien sûr pour la préservation des forêts et le respect des droits et des intérêts des populations qui les habitent ou en sont tributaires, mais on y invite aussi les gouvernements à fournir un environnement politique, juridique et social favorable à la gouvernance des forêts par les communautés elles-mêmes. On y dénonce enfin la marchandisation de la nature, l’exploitation forestière et les plantations industrielles, ainsi que les dénommés projets de développement et de conservation de certaines ONG et institutions internationales, « qui provoquent la déforestation et la dégradation des forêts, le déplacement des populations forestières ou la perte de leurs moyens de subsistance ».

Il n’y a cependant pas de solution simple pour, à la fois, lutter contre la pauvreté qui entretient un cercle vicieux avec la déforestation, et brider les intérêts des industries d’exportation et le consumérisme des pays riches. La démarche implique « un ensemble de politiques locales et globales qui doivent par ailleurs être cohérentes entre elles. Cela va de la valorisation des produits issus de l’agriculture et de l’exploitation forestière durables » à des politiques structurelles de redistribution foncière, de soutien aux marchés locaux, d’appui technique à l’agriculture de subsistance et à l’agroforesterie, de développement des rendements agricoles par des méthodes écologiques, de régulation drastique des fronts pionniers dédiés aux cultures d’exportation, de sécurisation juridique du statut des forêts et de leur intégration dans l’aménagement du territoire et la planification de sa gestion, de renforcement des systèmes de contrôle, etc. (Delacote, 2008).

De multiples études indiquent que la productivité des forêts gérées durablement suffirait largement à couvrir l’ensemble de nos besoins. A condition bien sûr, touchons du bois, d’oser mettre en cause les configurations actuelles du commerce mondial, les modes de production sur lesquels il s’appuie et les modèles de consommation qu’il alimente...

Le chantier est immense et complexe, mais, on l’aura compris, la lutte contre la déforestation n’a de sens que couplée aux défis de la crise alimentaire, des changements climatiques, des impasses énergétiques et des inégalités dans le monde.

Bibliographie

Alternatives économiques (2008), « La pauvreté, terreau de la déforestation », Paris, n°265.
Alternatives Sud (2006), « Changements climatiques : impasses et perspectives », Paris-Louvain-la-Neuve, Syllepse-CETRI, Vol. XIII, n°2.
Banque mondiale (2004)
Banque mondiale (2007), « La Banque mondiale recommande une meilleure gestion de la forêt et une utilisation plus soutenue des marchés de CO2 », Communiqué de presse n°2007/114/DEC.
Berthelot J. (2008), « Démêler le vrai du faux sur la flambée des prix agricoles mondiaux », france.attac
Carrere R. et Colchester M. (2005), « The World Bank and forests : a tissue of lies and deception », wrm
CIFOR (2008), cifor
CIRAD (2007), Atelier international sur les politiques forestières et la « déforestation évitée », cirad
CIRAD (2008), cirad
Delacote Ph. (2008), « La pauvreté, terreau de la déforestation », Alternatives économiques, n°265.
Duterme B. (1999), « Comment la déforestation a aggravé l’ouragan Mitch », Amérique centrale, édition spéciale.
FAO (2007), Situation des forêts du monde 2007, Rome.
FAO (2008), fao
Forest People Programme (2008), Le Fonds de partenariat pour le carbone forestier, Moreton-in-Marsh, Briefing de FPP, février.
Global Forest Watch (2008),globalforestwatch
Griffiths T. (2007), ‘ RED’ Alerte rouge ? La ‘déforestation évitée’ et les droits des peuples autochtones et des communautés locales , Moreton-in-Marsh, FPP.
Houtart F. (2008), Les agrocarburants, manuscrit à paraître.
Karsenty A. (2003), « Les causes sous-jacentes de l’essor de l’exploitation illégale des bois tropicaux », Actes du XIIe Congrès forestier mondial, Québec, Bibliothèque nationale du Québec.
Karsenty A. (2006), « Enjeux méconnus de l’économie du bois », Le Monde diplomatique, juillet.
Karsenty A. (2007), « La conférence de Bali sur le climat – interview », pacte-ecologique
Lamotte Ph. (2008), « Main basse sur les forêts tropicales », Le Vif/L’Express, 4-10 avril.
Lovera S. (2007), « La disminucion de la deforestación en el Convenio sobre el Clima : ¿se trata de financiar bosques, plantaciones o empresas forestales ? », Cobertura Forestal, globalforestcoalition
National Geographic (2007), « Amazonie : que reste-t-il de la forêt ? », n°89, février.
OIBT (2006), itto 25 mai.
Pirard R. et Karsenty A. (2007), « Changement climatique : faut-il récompenser la ‘déforestation évitée’ ? », Nature sciences sociétés, 15(4).
Pnud (2000), undp
Reyes O. (2008), « Cuando el dinero crece en los arboles », tni
Rossi G. et André V. (2006), « La biodiversité : questions de perspectives », Annales de géographie, vol. 115, n°651.
United Nations (2008), Non-legally binding instrument on all types of forests, Resolution adopted by the General Assembly, 62/98.
The Canadian Chamber of Commerce (2007),chamber
World Rainforest Movement (2007), Transgenic Trees, Montevideo, WRM Briefing.
World Rainforest Movement (2008), wrm
Zacharie A. (2008), « Investir dans la souveraineté alimentaire », Imagine, n°67, mai-juin.
Éditorial de Alternatives Sud, Paris – Louvain-la-Neuve, Syllepse – CETRI, 2008

michelcollon

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article8247
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MessageSujet: Le Brésil mise sur la technologie pour protéger sa forêt tropicale en Amazonie   Jeu 16 Oct - 15:53

16/10/2008 (Par Sandra BESSON)

Le Brésil a choisi de tout miser sur la technologie et l’intelligence artificielle pour protéger sa forêt tropicale en Amazonie. La surveillance permanente de la zone par des satellites et autres capteurs devrait permettre notamment de réduire les taux de déforestation.

Lorsque le pilote d’un avion colombien transportant de la drogue a atterri sur une piste d’atterrissage clandestine dans la vaste forêt tropicale d’Amazonie, chacun de ses mouvements était surveillé depuis le ciel.

Guidée par un avion espion high-tech planant au-dessus des nuages, la police brésilienne a arrêté le pilote quelques minutes plus tard et a pu confisquer 300 kg de cocaïne.

La police espère que cette prise, qui a eu lieu il y a quelques semaines, permettra bientôt de démanteler la totalité des cartels internationaux.

Nous ne pouvons pas être partout, la région est gigantesque. C’est pourquoi nous avons besoin de l’intelligence et de la technologie pour concentrer nos ressources.

Confronté à une pression internationale croissante au sujet de la préservation de l’Amazonie, le Brésil mise de plus en plus sur la technologie pour lutter contre les activités illégales, telles que le trafic de drogues mais également le déboisement et la déforestation.

« Nous ne pouvons pas être partout, la région est gigantesque. C’est pourquoi nous avons besoin de l’intelligence et de la technologie pour concentrer nos ressources » a déclaré Marcelo de Carvalho Lopes, directeur du Système de Protection de l’Amazonie, baptisé Sipam.

Avec le Sipam, qui a été lancé en 2003 pour un coût de 1,4 milliards de dollars, les autorités luttent contre la déforestation, les feux de forêts et le trafic de drogues en analysant des images satellites et des photographies aériennes.

Des centaines de capteurs climatiques, des téléphones satellites et des connexions Internet sont installés sur les 5,2 millions de km² de forêt tropicale en Amazonie, soit une surface plus grande que celle couverte par l’Union Européenne.

« L’Etat avait besoin de plus de présence là-bas » a indiqué Marcelo de Carvalho Lopes.

Sur les murs d’une grande salle de conférence aux quartiers du Sipam à Brasilia, sont accrochées les dernières images des zones les plus affectées par la déforestation illégale, prises avec des appareils photos infrarouges des avions de l’Armée de l’Air.

Les images seront utilisées comme preuves dans des procès contre des centaines de déboiseurs illégaux.

Actuellement, seulement 8% de l’ensemble des sanctions et amendes contre la déforestation illégale sont perçues par le gouvernement, d’après le ministère de l’environnement.

Les images de haute résolution permettront également de voir les endroits où les déboiseurs prévoient de couper les arbres, donnant aux autorités une chance de prévenir la déforestation avant qu’elle ne se produise.

« Envoyer des individus à pied pour qu’ils prennent ces images coûte cher, prend du temps et est dangereux. Ces images sont une avancée importante » a déclaré Wougran Soares Galvao, Directeur des Opérations pour le Sipam.

D’ici la fin de l’année, le Brésil aura scanné 86% de l’Amazonie. Avec les images de haute-résolution, le Brésil pourra mieux faire appliquer la loi et devrait mieux réussir à protéger la forêt tropicale en Amazonie.

L’amélioration des contrôles de trafic aérien et une loi entrée en vigueur en 2004 qui permet à l’Armée de l’air d’abattre les avions suspects, ont permis de réduire le trafic de drogue aérien, d’après Ricardo Augusto Silverio dos Santos de l’agence des services secrets du Brésil, Abin.

Le problème est que les cartels trafiquant de la cocaïne pour la vendre au Brésil ou sur des marchés en Europe arrivent maintenant depuis la Colombie par bateau plutôt que par avion.

« Ils ont changé leur mode opératoire » a expliqué Ricardo Augusto Silverio dos Santos.

Le Sipam installe actuellement de nouveaux équipements de surveillance le long des grandes voies fluviales et préparent des opérations contre les réseaux de narcotiques.

Mais les ressources et la coordination qui rendent possible une intervention rapide sont encore insuffisantes.

Les taux de déforestation ont été divisés par deux depuis 2004 mais certaines zones de la taille de l’état du Connecticut aux Etats-Unis sont toujours déboisées chaque année.

« Nous n’avons pas les hommes, les véhicules ou même les routes pour faire ce qui doit être fait » a indiqué Marcelo de Carvalho Lopes.


http://www.actualites-news-environnement.com:80/18397-Bresil-foret-tropicale-Amazonie.html


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MessageSujet: Déforestation : un phénomène qui aggrave le réchauffement climatique   Mer 5 Nov - 16:38

Déforestation : un phénomène qui aggrave le réchauffement climatique

On appelle déforestation la régression des surfaces couvertes de forêt. L'exploitation anarchique et inconsidérée de certaines essences forestières concoure à la réduction considérable des forêts équatoriales. Selon une récente étude américaine, 80% de la couverture forestière mondiale originelle à été abattue au cours des trente dernières années. La déforestation actuelle concerne essentiellement les forêts tropicales, comme celle d'Amazonie. Les causes principales sont humaines. Plus de la moitié de la déforestation est due aux cultures sur brûlis pour permettre une exploitation agricole comme la culture du soja et l'élevage de boeuf au Brésil. L'exploitation du bois à une vitesse supérieure à celle de sa régénération naturelle est aussi une conséquence directe du marché international des bois tropicaux. Enfin, l'urbanisation est une raison non négligeable. Les facteurs naturels, comme les maladies et les champignons, les proliférations d'espèces, les feux de forêts, les tempêtes ou les éruptions volcaniques ne sont pas contrôlables. Les conséquences de cette déforestation anarchique sont nombreuses.

Les émissions de gaz à effet de serre qui causent le réchauffement climatique seraient une conséquence de cette déforestation. Elle pourrait également engendrer des conséquences sur le climat ou sur la biodiversité. Les sols sont plus exposés aux rigueurs du climat, des milliers d'habitats d'espèces animales et végétales sont condamnés à disparaître. Les forêts ont une action importante sur le cycle de l'eau et elles retiennent la majorité de l'eau de pluie. La déforestation augmente les problèmes de manque d'eau potable.

Chacun, à son niveau, peut choisir un mode de consommation en accord avec un contrôle de la déforestation. Pour éviter la consommation abusive d'essences menacées, les consommateurs occidentaux peuvent opter pour des bois éco-certifiés. Ces bois exotiques bénéficient d'une éco-certification comme le PEFC ou le FSC (Forest Stewardship Council) et garantissent que la forêt est gérée de façon durable. En octobre 2008 la Commission européenne a envisagé des mesures pour lutter contre la déforestation et vient de présenter le « Paquet forêt ». Ces mesures concernent le commerce illégal de bois et prévoient une communication sur les changements climatiques et la biodiversité. Ces mesures vont imposer de prouver la légalité du bois mis sur le marché européen et permettre une traçabilité. Selon Greenpeace, ces propositions de la Commission européenne ne sont pas à la hauteur de l'urgence écologique. Le WWF, une organisation environnementaliste, propose de stopper la déforestation à l'échelle mondiale. Pour l'ONG, la coupe des forêts anciennes, réservoir essentiel de la biodiversité, doit être interdite. Une bonne gestion, d'un bois certifié, se fait par des coupes sur des arbres issus de forêts gérées à cet effet.

C'est donc une série d'habitudes de consommation que nous allons devoir modifier, en réduisant par exemple notre fabrication de pâte à papier par le développement de la filière de récupération et la réutilisation des vieux papiers.

Le Mercredi 05 Novembre 2008

Article écrit par Frédérique

http://www.web-libre.org/dossiers/deforestation,5170.html
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MessageSujet: L'Amazonie a perdu 12.000 km2 de forêt en 2007-2008,   Dim 30 Nov - 9:36

L'Amazonie a perdu 12.000 km2 de forêt en 2007-2008, une hausse de près de 4%

RIO DE JANEIRO (source vérifiée) — L'Amazonie brésilienne a encore perdu 11.968 km2 de forêt d'août 2007 à juillet 2008 à cause des déboisements et des incendies, un chiffre qui montre que "le poumon vert" de la planète continue à reculer sous les coups de la déforestation illégale.

La déforestation de l'année 2007-2008 est supérieure de 3,8% à celle de l'année précédente, selon les données publiées vendredi par l'Institut national d'études spatiales (INPE).

Les Etats les plus touchés par la déforestation sont le Para (nord), qui a perdu 5.180 km2 de forêt en raison de l'avancée des exploitants forestiers, et le Mato Grosso (centre-ouest), un grand producteur de soja qui a perdu 3.259 km2.

Le Brésil avait réussi à réduire de 59% la déforestation lors des trois dernières années, après un pic de 27.423 km2 de forêt détruite d'août 2003 à juillet 2004.

Le résultat de la dernière année 2007-2008, équivalant à la moitié du Salvador, de la Slovénie ou d'Israël, représente une augmentation de 3,8% par rapport à la même période de l'année précédente (11.524 km2).

Le gouvernement avait prévenu en début d'année qu'il y aurait une hausse sensible de la déforestation et avait ainsi lancé une nouvelle série de mesures pour la combattre, notamment une augmentation des amendes.

Simultanément, le gouvernement a passé des accords avec les filières de production du soja, de la viande, du bois et des minerais pour que celles-ci n'achètent pas de productions illégales.

Le ministre de l'Environnement, Carlos Minc, a affirmé récemment que, sans ces mesures, la déforestation aurait été deux fois plus importante

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gKK2R8YYy0SpnFXuLpQm68-5xT-g

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MessageSujet: Le Brésil s'engage à réduire la déforestation de 70% d'ici à 2018   Mar 2 Déc - 8:32

Jefferson Ruddy (source vérifiée)

Une zone de déforestation dans la forête amazonienne en octobre 2008

RIO DE JANEIRO - Le gouvernement brésilien a annoncé lundi un plan national sur les changements climatiques dans lequel il se fixe comme objectif, pour la première fois, de réduire de 70% la déforestation d'ici à 2018, a annoncé le ministère de l'Environnement.

C'est la première fois que les autorités du Brésil, qui possède la plus grande forêt tropicale du monde, surnommée le "poumon de la planète", acceptent de se fixer des objectifs précis de réduction des déboisements.

Le plan qui a été annoncé lundi par le président Luiz Inacio Lula da Silva sera présenté par le ministre de l'Environnement Carlos Minc dans le cadre de la conférence de l'ONU sur le changement climatique à Poznan, en Pologne, qui s'est ouverte lundi.

"Avec la seule diminution de la déforestation en Amazonie, le plan prévoit une réduction de 4,8 milliards de tonnes de C02 qui cesseront d'être émises d'ici à 2018 (dans l'atmosphère), ce qui plus important que les efforts que veulent faire tous les pays riches", a affirmé M. Minc à la presse.

M. Minc a annoncé que le Brésil avait l'intention par le biais de ce plan d'"augmenter le nombre de contribuables au Fonds pour l'Amazonie" créé par Lula en août dernier et destiné à recevoir des dons en argent du monde entier pour lutter contre la déforestation.

http://www.lexpress.fr/actualites/1/le-bresil-s-engage-a-reduire-la-deforestation-de-70-pourcent-d-ici-a-2018_716762.html
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MessageSujet: Les altermondialistes font de l'Amazonie un symbole de leur combat   Dim 25 Jan - 17:35

BELEM (Brésil) - En décidant de se réunir au coeur de l'Amazonie, les altermondialistes veulent faire de cette immense forêt menacée par l'agro-industrie le symbole de leur lutte pour la protection de l'environnement et des peuples indigènes, selon les organisateurs.

Quelque 100.000 militants se retrouvent du 27 janvier au 1er février pour la 8ème édition du Forum Social Mondial (FSM) dans la ville de Belem (nord du Brésil) située sur le fleuve Para, à plusieurs milliers de kilomètres de Porto Alegre (sud), la ville qui a vu naître le premier sommet altermondialiste en 2001.

Le FSM a choisi de consacrer sa première journée de débats, mercredi, à la sauvegarde de l'Amazonie, "le poumon de la planète, que le marché, dans son aveuglement, cherche à posséder et à anéantir", a déclaré à l'AFP Graça Costa, responsable de l'Amazonie pour l'ONG brésilienne FASE.

Dans un document, l'ONG souligne que, "face à la disparition accélérée de la biodiversité et à la crise climatique, la préservation de l'Amazonie et de ses populations sont un défi pour l'ensemble des peuples de la planète".

La plus grande forêt tropicale de la planète s'étend sur 5,5 millions de km2, dont 60% au Brésil, et est partagée entre neuf pays sud-américains (Bolivie, Brésil, Colombie, Equateur, Guyana, Pérou, Surinam, Venezuela et Guyane française).

Mais cette forêt, qui abrite le plus grand réservoir de biodiversité au monde - un dixième de la faune connue et plus de 40.000 espèces végétales - et joue un rôle essentiel dans l'équilibre climatique de la planète, a déjà perdu 17% de sa surface originelle, selon l'Institut national de recherches spatiales brésilien. Elle est amputée tous les ans de milliers de km2 (12.000 km2 en 2007/2008 au Brésil) sous la pression de la puissante agro-industrie (culture intensive du soja, élevage), et de l'exploitation forestière illégale.

Le gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva s'est toutefois engagé, pour la première fois en décembre dernier, à réduire de 70% la déforestation d'ici à 2018.

Le Brésil est le quatrième principal émetteur de gaz à effet de serre, responsable du réchauffement climatique, et la déforestation représente 75% de ces émissions.

Le choix de Belem témoigne ainsi, selon Graça Costa, "de la volonté de donner plus de visibilité à cette région et aux peuples indigènes" qui tentent de préserver leur mode de vie traditionnel.

Dans la seule partie brésilienne de l'Amazonie où vivent 80% des indiens du pays, ils ne sont plus qu'une toute petite minorité: quelque 600.000 au milieu de 25 millions de personnes. Ils vivent le plus souvent dans de vastes réserves protégées, mais leur terres sont néanmoins grignotées par l'avancée de colons fuyant souvent la misère.

Cette difficile cohabitation provoque des conflits entre fermiers blancs et Indiens cherchant à protéger leur habitat naturel.

La FASE souligne que de puissants groupes privés brésiliens et multinationaux se disputent les ressources de la région en s'appropriant les terres, en détruisant la faune et la flore et en anéantissant les modes de vie des populations indigènes "au nom du progrès et du développement".

Pour l'ONG, il faut donc "trouver les moyens de préserver la forêt pour les générations à venir et d'accepter les défis de l'innovation technologique" afin de proposer un modèle de développement de l'Amazonie fondé sur l'utilisation durable des ressources.

(Source vérifiée / 25 janvier 2009)

http://www.romandie.com/ats/news/090125052021.j5n5mced.asp
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MessageSujet: La forêt amazonienne toujours plus dévastée   Lun 2 Fév - 10:06

samedi 31 janvier 2009

LE MONDE 29.01.09

Source : des.ucdavis.edu

Mieux que n’importe quel discours, un chiffre résume l’ampleur du choc auquel est soumise l’Amazonie : 17 % de la forêt ont été détruits en cinq ans, entre 2000 et 2005. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) l’affirme dans le rapport sur l’"Environnement en Amazonie" qu’il s’apprête à publier et qui constitue probablement le travail le plus complet sur le sujet depuis dix ans.

Ce chiffre donne la mesure, à l’échelle des huit pays qui se partagent le plus vaste massif forestier de la planète (Bolivie, Brésil, Colombie, Equateur, Guyana, Pérou, Surinam, Venezuela), d’un bouleversement qui n’est, la plupart du temps, appréhendé qu’à travers le prisme du géant brésilien. Au cours de cette période, 857 000 km2 d’arbres - l’équivalent de la surface du Venezuela - sont partis en fumée ou ont été passés à la coupe rase sur une superficie de 5 148 millions de kilomètres carrés correspondant à la définition la plus stricte de l’Amazonie. Celle qui, selon les spécialistes, répond aux trois critères hydrographique, écologique et politique.

L’essentiel du défrichement s’est produit au Brésil, mais les autres pays, à l’exception du Pérou et du Venezuela, sont aussi confrontés, à leur échelle, à une disparition rapide du couvert végétal. "La progression des fronts pionniers en Amazonie et les transformations qu’elle introduit sont telles que le mouvement d’occupation de ces dernières "frontières de la planète" paraît irréversible", constatent les auteurs.

Partout derrière la déforestation, se joue une vaste course pour s’approprier les gigantesques réserves de terre et de matières premières de la région. "La dynamique économique en réponse à la demande des marchés étrangers alimente une pression forte sur les ressources naturelles. Le modèle de production dominant, qui ne prend en compte aucun critère de développement durable, conduit à la fragmentation des écosystèmes et à l’érosion de la biodiversité", déplorent-ils en dénonçant un système prédateur. Exploitation forestière souvent illégale, conquête de nouvelles terres pour l’élevage ou les cultures vouées à l’exportation comme le soja, extraction minière et pétrolière, construction de routes et d’infrastructures...

La colonisation de l’Amazonie s’accompagne d’une multiplication des conflits avec les populations locales dans un contexte où les droits de propriété restent peu clairement définis. Le PNUE ne condamne pas seulement l’exploitation de l’Amazonie au nom du désastre écologique auquel elle conduit. Il stigmatise aussi un modèle de développement déplorable socialement, alors que la population - en majorité concentrée dans des villes - dépasse plus de 33 millions d’habitants, contre 5 millions dans les années 1970 et augmente plus vite que dans le reste des pays de la zone. "Le revenu élevé par habitant affiché par certaines localités ne doit pas masquer une situation générale de grande pauvreté. La richesse tirée de l’exploitation des ressources naturelles n’est, dans la majorité des cas, pas réinvestie sur place", met en garde le rapport. En Equateur, dans les villes pétrolières d’Orellana et de Sucoubios, le revenu par habitant dépasse 25 000 dollars par an, huit fois plus que la moyenne nationale, mais les indicateurs de développement humain y restent plus mauvais qu’ailleurs. Le rapport souligne aussi l’impact de la dégradation de l’environnement, de la pollution des cours d’eau sur l’accroissement des carences alimentaires ou la propagation de certaines maladies comme la dengue ou le paludisme. La disparition de certaines espèces, qui faisaient fonction de prédateurs naturels sur les agents de transmission de ces maladies, facilite la diffusion des épidémies.

Face à ce tableau accablant, des initiatives pour introduire un développement plus soutenable existent. Mais elles restent marginales. Les plans de développement durable adoptés par la plupart des pays, le classement en zones protégées d’environ 15 % du territoire amazonien ne semblent pas non plus, aux yeux du PNUE, des raisons suffisantes de se montrer rassuré sur l’avenir. Un avenir pour lequel l’institution de l’ONU envisage quatre scénarios possibles. D’une mise en valeur contrôlée à la disparition du paradis vert : toutes les options sont explorées, sauf celle qui consisterait à transformer l’Amazonie en une gigantesque réserve naturelle. Néanmoins, le PNUE estime que la nécessité de préserver la biodiversité et de lutter contre le réchauffement climatique en donnant un coût d’arrêt à la déforestation doit être au coeur des politiques. L’enjeu est régional mais aussi planétaire.

Ce qui conduit le PNUE à plaider pour que la communauté internationale prenne sa part du fardeau en appuyant financièrement l’effort demandé aux pays amazoniens. La création du fonds brésilien pour l’Amazonie est une des pistes possibles.

Laurence Caramel Article paru dans l’édition du 30.01.09

(c’est nous qui soulignons)

http://internationalnews.over-blog.com/article-27371408.html

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article79429
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MessageSujet: Amazonie... première guerre écologique   Mer 25 Fév - 18:52

!

Le Brésil est en flammes. Entre juillet 2007 et août 2008, la déforestation a presque doublé. Plus de 8.000 km2 sont partis en fumée. L’équivalent de 2.700 terrains de football par jour…

En cause ? Les bucherons, les chercheurs d’or, mais aussi les éleveurs et les agriculteurs qui anéantissent la forêt pour gagner de nouvelles terres pour cultiver des céréales et du soja pour l’exportation.

Depuis 5 ans, la situation devient alarmante. Sous la pression internationale, le gouvernement brésilien réagit, en février 2008, par une opération coup de poing, à fort impact médiatique, l’opération « Arc de Feu »...

Il s’agit de ratisser la forêt, de traquer et de verbaliser tous ceux qui pillent l’Amazonie. Au cours de descentes "musclées", il s’agît d’inspecter les exploitations forestières, les scieries, sur un territoire aussi vaste que l’Europe.

A Altamira, la moitié des scieries ont été fermées et des tonnes de bois saisies. Mais le mécontentement est grand tant l’économie de la région dépend du secteur forestier. A cela s’ajoutent les Indiens, comme les Kayapo, qui font désormais la police eux-mêmes dans leur réserve. Greenpeace agit aussi dans la région par des actions musclées contre les groupes agroalimentaires implantés dans le secteur...

Mais outre la protection du "poumon du Monde", il en va aussi de la protection de nombreuses tribus, elles aussi, en voie de disparition. Les Indiens Awas, l’un des derniers peuples nomades de chasseurs-cueilleurs de l’Amazonie, sont en danger. Jeudi 5 février, Survival International, l’organisation qui, depuis 1969, milite pour la défense des peuples indigènes, a lancé un cri d’alerte à la communauté internationale et au gouvernement brésilien en lui demandant d’expulser les bûcherons et les fermiers installés dans leurs réserves au mépris des lois.

Entre lutte contre la déforestation et développement économique, les autorités brésiliennes ont fort à faire... En décembre dernier, le Brésil a pris l’engagement de réduire le rythme des déboisements de 70% d’ici à 2018

A voir : Brésil : l’Amazonie à feu et à sang. Un reportage de Melissa Monteiro et Jérôme da Silva - ARTE GEIE / Melting Pot – France 2008, 23mn.

Pour en savoir + sur la déforestation en Amazonie : www.deforestation-amazonie.org

GC.

@The Green PostBox.com

Greg - The Green PostBox.com

http://www.naturavox.fr/Amazonie-premiere-guerre-ecologique.html
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MessageSujet: Les forêts tropicales absorbent davantage de CO2 qu'on ne le croyait   Mer 25 Fév - 19:00

Au chapitre des bonnes nouvelles, une étude internationale vient de démontrer que les forêts humides stockent plus de carbone qu'elles n'en libèrent. Elles absorberaient actuellement près d'un cinquième des émissions humaines de gaz carbonique.

Chaque année, les êtres humains et leurs activités rejettent 32 milliards de tonnes de gaz carbonique (ou dioxyde de carbone), d'après les données du Giec. Pourtant, on n'en trouve que 15 milliards dans l'atmosphère, qui contribuent au réchauffement du climat. Que devient le reste ? Les scientifiques discutent toujours de la mécanique générale du cycle de
carbone et certains de ses rouages sont encore bien mal connus. Après les océans, les forêts tropicales d'Afrique et d'Amérique (dans ce dernier cas, on parle de forêt néotropicale) jouent bien sûr un grand rôle, par leur étendue et leur activité biologique intense. Mais, quantitativement, la question de leur influence est toujours posée.

Quand un arbre pousse, il fabrique son bois en utilisant le gaz carbonique de l'air et stocke ainsi du carbone. Il respire et perd des feuilles ou des branches, donc renvoie rapidement une partie de ce carbone. Que se passe-t-il quand il est vieux ?

Il pousse moins vite voire plus du tout. Et quand il meurt ? Il tombe et des milliards de bactéries, de champignons et d'insectes se chargent de croquer le bois mort, réexpédiant le carbone dans l'atmosphère. L'augmentation de la teneur atmosphérique en gaz carbonique due à l'activité humaine, qui favorise la croissance des végétaux, augmente-t-elle la capacité de stockage des arbres ? Finalement, la forêt est-elle un puits de carbone ? Et si oui, de quelle taille ?

Manifestement, le problème se pose différemment selon la latitude. Pour les régions au climat tempéré, une étude récente montrait même qu'un reboisement pourrait réchauffer l'atmosphère.

La réduction de la déforestation devient un enjeu déterminant

En 1998, une équipe avait montré que la forêt amazonienne amassait davantage de carbone qu'elle en relâchait à la mort des arbres. Cette fonction de puits à carbone avait été démontrée sur 38 des 50 sites étudiés. Résultat chiffré annoncé par l'équipe : durant les quelques décennies précédentes, chaque hectare de forêt néotropicale aurait absorbé 0,71 +/- 0,34 tonne de carbone chaque année.

La question restait posée pour les forêts tropicales d'Afrique. Une équipe internationale menée par Simon Lewis, de l'université de Leeds, vient d'y apporter une réponse. Oui, les forêts africaines absorbent une partie du surplus de carbone largué dans l'atmosphère par les activités humaines.

L'affirmation repose sur un suivi effectué durant 40 ans, entre 1968 et 2007, sur 250.000 arbres de 79 sites, répartis dans dix pays africains. Cette étude montre que les troncs des vieux arbres continuent de croître en diamètre et le font davantage aujourd'hui qu'il y a quarante ans. Cette augmentation de masse représente un captage de 0,6 tonne de gaz carbonique par hectare et par an. La réponse – compensatrice – de la croissance des arbres en Afrique à l'augmentation de la teneur en CO2 est donc du même ordre que celle des forêts d'Amérique centrale et du sud.

Les forêts africaines stockeraient chaque année 1,2 milliard de tonnes de CO2 par hectare, ce qui conduit au chiffre de 4,8 milliards de tonnes pour les forêts d'Afrique et d'Amérique. Selon les auteurs, l'ensemble des forêts tropicales du monde absorberaient environ 18% des émissions de gaz carbonique d'origine humaine.

L'un des co-auteurs, Lee White, a pragmatiquement calculé la valeur financière de ces 4,8 millards de tonnes, compte tenu d'un « prix réaliste de la tonne » : 13 milliards de livres par an, soit environ 15 milliards d'euros. La lutte contre la déforestation paraît donc, encore plus qu'on ne le pensait, un moyen efficace de réduire l'impact des activités humaines sur le climat planétaire. Simon Lewis en conclut que les pays les plus riches, qui émettent les plus grandes quantités de gaz carbonique, devraient consacrer « des ressources importantes à aider les pays tropicaux à éviter les déforestations ».


© 2001-2009 Futura-Sciences.

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/climatologie-1/d/les-forets-tropicales-absorbent-davantage-de-co2-quon-ne-le-croyait_18346/
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