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 Méthane et Co2 seront libérés par la banquise

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MessageSujet: Méthane et Co2 seront libérés par la banquise   Sam 28 Juin - 8:25

Le méthane et le CO2 enfermés dans la banquise seront libérés par la fonte des glaces

Publié le vendredi 20 juin 2008

Le réchauffement climatique réduit la surface de la banquise : le permafrost et le pergélisol, qui sont les sols et sous-sols perpétuellement gelés de la zone arctique voient leur englacement diminuer considérablement.

La banquise arctique contient dans ses glaces d'énormes quantité de méthane et de dioxyde de carbone.

Il y a 750 millions d'années, la Terre était intégralement recouverte de glace. Une augmentation assez soudaine des températures aurait fait fondre en grande quantité ces glaces, laissant ainsi s'échapper ces deux puissants gaz à effet de serre, qui à l'époque auraient contribué massivement à l'évolution brutale du climat.

La fonte de la banquise arctique provoque également la modification de l'indice de réflexivité de la Terre : elle absorbe plus de rayonnements lumineux, donc plus de chaleur.

L'été dernier, entre le mois d'août et le mois d'octobre, l'englacement de l'océan arctique a été de 40 % inférieur à la moyenne de son englacement pendant les années 80. Les températures mesurées dans les terres pendant cette période ont été de 2°C supérieures aux moyennes relevées ces 10 dernières années.

"Lorsque le pergélisol, riche en biomasse, commence à dégeler, l'activité microbienne démarre" explique Gerhard Krinner, du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement, selon des propos rapportés par Le Monde.

"Or ce métabolisme développe de la chaleur qui, elle-même, accélère le réchauffement du sol et ainsi la décomposition de la biomasse, et donc l'émission de dioxyde de carbone ou de méthane", précise-t-il.

Le pergélisol stockerait près de quatre fois le carbone contenu dans l'ensemble des réserves de pétrole, et pourrait être libéré en totalité en l'espace de 50 à 100 ans, ce qui inquiète fortement les scientifiques spécialistes du climat.

http://www.vedura.fr:80/actualite/3968-methane-CO2-banquise-libere-fonte-glaces
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MessageSujet: Méthane arctique : le retour de la "bombe climatique" ?   Jeu 2 Oct - 6:14

Méthane arctique : le retour de la "bombe climatique" ?

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Deux expéditions dans l'océan Arctique viennent, indépendamment, de découvrir d'importantes émanations de méthane, provenant de stocks jusque-là enfermés dans le sous-sol. Imputées au réchauffement, ces émissions d'un puissant gaz à effet de serre pourraient l'accélérer brutalement. Mais ces fuites sont-elles vraiment récentes et quel serait leur effet ?

L'affaire a commencé par un e-mail du chercheur suédois Örjan Gustafsson, travaillant à bord du navire océanographique russe Jacob Smirnitskyi. Transmis au journal The Independent, il expliquait que l'expédition ISSS-08 (International Siberian Shelf Study 2008) avait découvert dans l'océan Arctique, au niveau du plateau continental sibérien, des suintements de méthane s'échappant du fond en de nombreux endroits. Enfermé dans le sous-sol gelé, ce gaz y est retenu prisonnier sous forme de clathrates, ou hydrates de méthane. Le même phénomène existe dans le pergélisol (permafrost en anglais), sol gelé des hautes latitudes.

Ces poches de méthane sont un souvenir de la dernière glaciation et constituent d'ailleurs une source d'énergie fossile potentielle. On connaît de nombreux gisements de ce genre, y compris au fond de l'océan comme à Santa Barbara, au large de la Californie. L'effet de serre du méthane est considéré comme au moins vingt fois plus important que celui du CO2 et le dégazage rapide des pergélisols que pourrait entraîner le réchauffement climatique a depuis longtemps été présenté comme une « bombe climatique à retardement ». Ce phénomène aurait d'ailleurs peut-être joué un grand rôle dans le passé, précipitant des basculements de climat.

Un phénomène encore très mal connu


Dans son e-mail, envoyé du bateau, Örjan Gustafsson dévoilait sa surprise devant l'intensité du phénomène. « Hier, pour la première fois, nous avons étudié une zone où le rejet était si intense que le méthane n'avait pas le temps de se dissoudre dans l'eau mais montait sous forme de bulles jusqu'à la surface. Ces cheminées de méthane ont été repérées au sonar et avec des instruments sismologiques. » Selon l'article de The Independent, les teneurs en méthane mesurées dans l'eau de mer seraient en ces endroits jusqu'à cent fois supérieures à la concentration moyenne.

Dans les jours qui ont suivi, une autre expédition, britannique celle-là, confirmait le phénomène. Les océanographes travaillant à bord du James Clark Ross annonçaient à leur tour avoir identifié dans l'océan Arctique 250 cheminées de méthane.

Un scénario cataclysmique a alors commencé à se dessiner. Les poches de méthane prisonnières des sous-sol gelés représentent en effet des quantités très grandes. Le réchauffement climatique entraînant leur libération pourrait donc s'accélérer brusquement, à l'échelle des décennies, au cours de ce siècle.

Mais quelle est l'ampleur du phénomène et quelles pourraient en être les causes ? Des émanations de ce genre ont déjà été observées et les sous-sols gelés ne semblent pas constituer un réservoir bien étanche. Durant ces millénaires de prison depuis la dernière glaciation, de nombreuses évasions ont donc déjà dû avoir eu lieu. Par ailleurs, une étude américaine sur les suintements de méthane de Santa Barbara avait montré que le méthane dissous peine à atteindre l'atmosphère et que 99% du gaz reste dans l'océan. Plus récemment, les carottes du forage Epica, sur le continent antarctique, ont permis d'étudier finement les évolutions du climat terrestre à la fin de la dernière glaciation en parallèle avec les variations de concentrations atmosphériques en méthane. La conclusion des auteurs de cette étude était que le méthane des fameux clathrates, rapidement libéré après le début du réchauffement, n'avait joué aucun rôle sur le climat. Du méthane est bien venu renforcer l'effet de serre mais c'est celui des marécages tropicaux, fuyant rapidement dans l'atmosphère dès que les températures ont commencé à grimper, accélérant ainsi le réchauffement déjà engagé.

Nul doute, cependant, que ces cheminées nouvellement découvertes attireront désormais l'attention des océanographes car il faudra bien chercher à savoir si leur nombre a augmenté ces dernières décennies ou le fera à l'avenir.

http://www.futura-sciences.com:80/fr/news/t/climatologie-1/d/methane-arctique-le-retour-de-la-bombe-climatique_16891/
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MessageSujet: la bombe à retardement du méthane est enclenchée   Mer 15 Oct - 16:17

Les scientifiques ont découvert la preuve que les fonds marins de l’Arctique commencent à libérer dans l’atmosphère des millions de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Les chercheurs ont pu observer le bouillonnement provoqué par le gaz à la surface de la mer.

The Independent a pris connaissance d’une partie des premiers résultats obtenus, qui suggèrent que le gaz méthane contenu dans d’énormes gisements sous-marins en Arctique s’échappe vers la surface en raison du réchauffement et de la disparition des glaces.

Le comportement de ces réserves souterraines de méthane revêt une importance majeure car les scientifiques pensent que leur libération subite dans l’atmosphère a provoqué par le passé une augmentation rapide de la température terrestre, entraînant des bouleversements du climat et même une extinction massive d’espèces. Les scientifiques embarqués à bord d’un bateau scientifique qui a navigué sur toutes les côtes nord de la Russie ont découvert des concentrations intenses de méthane - allant parfois jusqu’à 100 fois les niveaux habituels - sur plusieurs zones, couvrant des milliers de kilomètres carrés sur le plateau continental sibérien.

Durant ces derniers jours, les chercheurs ont observé des zones où la mer bouillonnait sous l’effet des bulles de gaz remontant des « cheminées de méthane » émergeant dans les fonds marins. Ils estiment que la couche de pergélisol sous-marin qui agissait comme un « couvercle », empêchant le gaz d’être libéré, a fondu par endroits et permet au méthane de s’échapper des dépôts qui s’étaient formés avant le dernier âge glaciaire.

Les chercheurs mettent garde sur le fait que ce phénomène pourrait être lié au réchauffement rapide qu’a connu la région au cours des dernières années.
Le méthane est un gaz dont l’effet de serre est environ 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone et de nombreux scientifiques craignent que sa libération pourrait accélérer le réchauffement de la planète par le biais d’un gigantesque processus de rétroaction dans lequel le méthane répandu dans l’atmosphère provoquerait une élévation des températures, ce qui aggraverait la fonte du pergélisol et libérerait encore plus de gaz.
On estime que la quantité de méthane piégée sous l’Arctique est supérieure à la quantité totale de carbone contenue dans des réserves mondiales de charbon. Il est donc de toute première importance que ces réservoirs restent stables au moment où cette région se réchauffe à un rythme plus rapide que d’autres parties de la terre.

Orjan Gustafsson, l’un des responsables de l’expédition, décrit l’ampleur des émissions de méthane observées dans un émail envoyé depuis le navire scientifique russe Smirnitskyi Jacob.

« Nous avons travaillé fiévreusement pour terminer le programme de prélèvement d’échantillons hier et la nuit dernière », écrit le Dr Gustafsson. « Une vaste zone d’intense libération de méthane a été découverte. Sur les précédents sites nous avions observé de fortes concentrations de méthane dissous. Hier, pour la première fois, nous avons observé une zone où la libération est si intense que le méthane n’a pas eu le temps de se dissoudre dans l’eau de mer, mais arrive sous forme de bulles de méthane à la surface. Ces « cheminées de méthane » ont été observées sur échosondeur et avec les [instruments] sismiques. »
À certains endroits, les concentrations de méthane atteignaient 100 fois les niveaux habituels. Ces anomalies ont été constatées dans la mer de Sibérie orientale et la mer de Laptev. Elles portent sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés, et totalisent des millions de tonnes de méthane, a déclaré le Dr Gustafsson. « Cela pourrait être du même ordre de grandeur que ce que l’on estime actuellement pour l’ensemble des océans. » indique-t-il. « Personne ne sait combien d’autres zones existent sur le grand plateau continental de la Sibérie orientale.

« L’hypothèse habituelle était que le « couvercle » de pergélisol sur les sédiments sous-marins du plateau continental Sibérien pouvait retenir ces énormes gisements de méthane. L’augmentation des observations de libération de méthane dans cette région inaccessible peut donnent à penser que le pergélisol, le couvercle, commence à être perforé et laisse donc fuir le méthane ... Le pergélisol présente maintenant des petits trous. Nous avons constaté des niveaux élevés de méthane au-dessus de la surface de l’eau et plus encore dans l’eau juste en dessous. Il est évident que la source provient des fonds marins. »

Les résultats préliminaires de l’étude du plateau sibérien 2008, en cours de préparation pour publication par l’American Geophysical Union, sont supervisés par Igor Semiletov du département de l’Extrême-Orient de l’Académie Russe des Sciences. Depuis 1994, il a dirigé environ 10 expéditions dans la mer de Laptev. Durant les années 1990, il n’avait pas détecté de niveaux élevés de méthane, mais depuis 2003, il a fait état d’une augmentation du nombre de « points chauds » de méthane, qui sont désormais confirmés par les instruments plus sensibles qui sont présents à bord du Jacob Smirnitskyi.

Le Dr Semiletov suggère plusieurs raisons pouvant expliquer pourquoi le méthane d’Arctique s’échappe désormais, dont l’augmentation du volume des eaux relativement plus chaudes qui sont rejetées des cours d’eau Sibériens en raison de la fonte du pergélisol terrestre.

La région de l’Arctique dans son ensemble a connu une hausse des températures moyennes de 4 degrés centigrades au cours des dernières décennies, avec un déclin spectaculaire de l’étendue recouverte par la banquise durant l’été. De nombreux scientifiques craignent que la disparition de la banquise ne puisse accélérer la tendance au réchauffement climatique car l’océan absorbe plus la chaleur du soleil que ne le fait la surface réfléchissante de la glace.


Sur le web :

La page personnelle d’Orjan Gustafsson sur le site de l’Université de Stockholm
Le Devoir, Canada : La bombe méthane est amorcée
Rejoint hier à ses bureaux de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski, le professeur Émilien Pelletier, chimiste et écotoxicologue marin, voit dans ce phénomène « l’extension en milieu marin de ce qui se passe dans le permafrost terrestre ». Si les constats des scientifiques suédois annoncent le début d’un dégel du permafrost sous-marin, dit-il, l’humanité doit s’attendre à une libération massive de gaz à effet de serre susceptible de lancer le climat dans un changement potentiellement irréversible.

Les hydrates de méthane, dit-il, sont présentes dans plusieurs grandes mers. Sous l’effet des eaux très froides et aux pressions inimaginables des grandes profondeurs, le fonds, le méthane s’y solidifie parfois sous forme d’énormes cristaux. Des sociétés commerciales cherchent même à exploiter ces combustibles stockés à grande profondeur.

Dans les mers arctique, un autre phénomène semble se produire, dit-il, d’après les constats rapportés par The Independant.

Encyclopédie Britannica article Global Warming

The current average atmospheric methane concentration of 1,750 ppb is equivalent to 3.5 gigatons (3.5 billion tons) of carbon. There are at least 400 gigatons of carbon equivalent stored in Arctic permafrost and as much as 10,000 gigatons (10 trillion tons) of carbon equivalent trapped on the continental margins of the oceans in a hydrated crystalline form known as clathrate. It is believed that some fraction of this trapped methane could become unstable with additional warming, although the amount and rate of potential emission remain highly uncertain.


Publication originale The Independent : http://www.independent.co.uk/environment/climate-change/exclusive-the-methane-time-bomb-938932.html

Traduction Contre Info : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2200
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MessageSujet: Le méthane, qu'est-ce que c'est?   Ven 31 Juil - 10:18

Le méthane, qu'est-ce que c'est?


Le méthane est présent à l’état naturel sur la Terre. La formule chimique de cette hydrocarbure de la famille des alcanes se note CH4 (un atome de carbone et quatre atomes d’hydrogène). Découvert en 1776 par Alessandro Volta, le méthane se trouve dans des régions naturelles peu ou pas oxygénées, comme les marais. Il est produit par les organismes vivants (végétaux, animaux…) sous l’effet de la fermentation ou de la digestion. Incolore et inodore, le méthane constitue 90% du gaz naturel, qui est la troisième ressource énergétique mondiale utilisée après le pétrole et le charbon. Le méthane est le seul hydrocarbure qui puisse être obtenu par un procédé naturel. Il représente un risque pour l’environnement, car le méthane est l’un des principaux gaz à effet de serre.


Pour ou contre le méthane?



Avantages :


- d’abord appelé « gaz des marais », le méthane est un gaz produit de façon naturelle et biologique.
- la production de méthane est relativement facile : aujourd’hui, le méthane utilisé dans la production d’énergie est du gaz fossile. Grâce à la fermentation artificielle, il est possible de produire du « biométhane », une énergie renouvelable.
- le méthane produit par les déchetteries ou les zones marécageuses peut être récupéré et transformé en électricité ou en chaleur. Ce processus en est encore au stade expérimental.

Inconvénients :


- le méthane est un gaz hautement inflammable, qui doit être transporté à des températures négatives très basses. C’est notamment ce gaz qui est responsable des coups de grisou dans les mines.
- le méthane a une capacité d’absorption des rayonnements infrarouges supérieure à celle du dioxyde de carbone. Sa combustion produit du CO2 et de la vapeur d’eau, deux gaz contribuant à l’effet de serre.
- les activités humaines émettent de grandes quantités de méthane. C’est notamment le cas de l’élevage ou de l’agriculture, qui produisent une masse très importante de matière organique et donc de fermentation potentielle.
- la production de méthane est difficilement contrôlable. De récentes études montrent que l’océan produirait 10 à 10 000 fois plus de méthane que ce qui avait été mesuré jusqu’ici.



Actualité du méthane

Une des pratiques environnementales actuelles est de réduire les émissions de méthane en tarissant ses sources principales : agriculture et élevage. Cette entreprise passe aussi par des actions individuelles, comme réduire la consommation de viande ou de riz. Le traitement des émissions de méthane est également une solution envisagée : en captant le gaz produit « accidentellement », il serait possible d’en tirer de l’énergie de chauffage ou d’en faire de l’électricité, si les technologies évoluent dans ce sens. Le méthane est au centre de certaines préoccupations astrophysiques : il ne serait pas impossible qu’une atmosphère composée de méthane puisse abriter de l’eau, et donc de la vie.



Le méthane en un chiffre

25. Sur une période de 100 ans, le méthane aurait un potentiel de réchauffement climatique 25 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone, jusqu’ici en tête de liste des gaz à effet de serre.

méthane | © Corbis

Source : http://www.geo.fr/environnement/les-mots-verts/methane-gaz-effet-de-serre-45778
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MessageSujet: Suintements de méthane   Mar 18 Aoû - 15:49

Les preuves montrant que les gisements de méthane sous forme de clathrates en Arctique sont en train de se déstabiliser se multiplient. Une récente campagne océanographique a découvert pas moins de 250 suintements de méthane dans cette région du globe. La menace d’une accélération brutale du réchauffement climatique se précise donc.

Cela fait des dizaines d’années que les géologues et les océanographes savent qu’il existe en bordure des continents de gigantesques zones où s’accumulent des clathrates. Il s’agit de glaces contenant, en plus de l’eau habituelle, des quantités non négligeables de méthane. Ce dernier est un puissant gaz à effet de serre puisqu'un seul kilogramme de CH4 équivaut à 25 kilogrammes de CO2 dans l’atmosphère.

Or, si le méthane piégé dans les clathrates est stable dans des conditions de température et de pression données, il suffit que les océans se réchauffent un peu pour qu’il se libère. On comprend aisément, vu le pouvoir d’amplification de l’effet de serre du méthane, que le processus pourrait s’emballer avec libération de plus en plus massive de ce gaz, au fur et à mesure que la température de la planète augmenterait. Les prédictions les plus pessimistes du GIEC pourraient donc devenir non seulement une réalité mais être dépassées, en gravité mais aussi du point de vue de la chronologie.

Malheureusement, depuis quelques temps déjà, on a bel et bien détecté des suintements de méthane en Arctique et l’incertitude règne quant à savoir si ces derniers étaient déjà présents il y a des dizaines d’années ou pas et sur l’impact du phénomène sur le climat. En effet, une bonne partie de ce méthane se dissout dans l’eau de mer et ne rentre donc pas massivement dans l’atmosphère. Il n’en reste pas moins qu’une évaluation et une surveillance du phénomène est nécessaire pour mieux en comprendre les implications sur le climat de notre planète à court terme.

Dans le cadre des recherches sur cet important problème, des scientifiques du National Oceanography Centre Southampton, des Universités de Birmingham et de Royal Holloway (Londres) ont effectué une campagne océanographique en Arctique avec le RRS James Clark Ross. Avec leurs collègues allemands du IFM-Geomar, les océanographes britanniques ont découvert pas moins de 250 panaches de bulles de méthane s’élevant de la marge continentale du Spitzberg occidental.

Les suintements de méthane détectés sont répartis dans des zones dont les profondeurs sont comprises entre 150 et 400 mètres. Il y a 30 ans, un courant arctique dans la région a commencé à ce réchauffer et aujourd’hui sa température a augmenté de 1°C, ce faisant, il accélère le taux de libération du méthane piégé dans les clathrates. Alors que ces derniers étaient parfaitement stables à une profondeur de 360 mètres il faut désormais descendre à 400 mètres pour retrouver une stabilité. Un article sur la découverte vient d’être publié dans Geophysical Research Letters.

Espérons malgré tout que nous ne sommes pas en présence d’une véritable bombe à retardement climatique.

Note de JM : je crois que si, et qu'elle est en train d'exploser (lentement, mais ça va s'accélérer)
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MessageSujet: Les services américains du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) viennent d’annoncer avoir détecté des concentrations de gaz à effet de serre (GES) anormalement élevées au-dessus de l’Alaska.   Dim 30 Aoû - 17:32

D’après Colm Sweeney, de la NOAA Earth System Research Laboratory, la toundra, située au sud de la chaîne de montagne de Brooks (Alaska), est partiellement en fonte alors que celle située au nord est toujours totalement gelée. Selon la NOAA, des milliards de tonnes de carbone sont enfouis dans la toundra glacée de l’Arctique. Sous les effets du réchauffement climatique global, le carbone jusqu’à lors piégé pourrait engendrer de très importantes émissions de méthane (CH4) et de dioxyde de carbone (CO2).

Avec l’aide d’un avion des garde-côtes de l’île de Kodiak, la NOAA va mener, au mois de novembre, une mission d’étude afin de répertorier et de mesurer les sources naturelles de méthane et de dioxyde de carbone de cette région.

En novembre dernier, la dernière publication des concentrations de GES, de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), avait fait état d’une forte remontée des concentrations de méthane pour l’année 2007. Depuis quelques années, les concentrations de méthanes étaient stables et cette soudaine remontée peut être le signe d’une augmentation du nombre des zones humides et notamment du début du dégel des terres des régions boréales.

Avec cette mission dans l’Alaska, la NOAA apportera peut-être un élément de réponse à ce qui pourrait être le début d’un emballement du climat. D’autant que les chiffres provisoires de l’année 2008, confirment l’augmentation des concentrations atmosphériques de méthane.
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MessageSujet: CH4   Dim 21 Mar - 17:43

La fonte des sols arctiques gelés crée des lacs qui émettent massivement du méthane. Ce gaz menace d'accélérer le réchauffement climatique. Quelle est l'ampleur du danger et comment y faire face ?

Un cinquième de la surface terrestre est congelé. Ce sol mêlé de glace, nommé pergélisol ou permafrost, se trouve surtout en Arctique ; il représente 25 millions de kilomètres carrés, soit deux fois et demie la superficie de l'Europe. Or il semble que l'augmentation de la température terrestre moyenne entraîne la fonte de masses toujours plus grandes de pergélisol arctique.

Après la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, le méthane (ch4) est, en quantités présentes dans l'atmosphère, le troisième gaz à effet de serre. Toutefois, son effet de serre est bien plus puissant, car cette molécule absorbe 25 fois plus de rayonnement infrarouge que la molécule de dioxyde de carbone !

Quand il fond, le pergélisol émet énormément de méthane. Pourquoi ? Dans le Nord, il arrive souvent qu'en raison du gel, une plante ou un animal ne pourrisse pas à l'issue de sa vie. C'est une des raisons pour lesquelles les premières dizaines de mètres d'épaisseur du pergélisol arctique – dont l'épaisseur dépasse souvent des centaines de mètres – contiennent quelque 950 milliards de tonnes de carbone. Ces restes végétaux ou animaux se sont accumulés des dizaines de milliers d'années durant, et tant qu'ils restent gelés sous la surface, le carbone qu'ils représentent ne parvient pas dans l'atmosphère.

Du carbone piégé par le froid

Tout change quand le pergélisol fond. Les micro-organismes peuvent dégrader la matière organique du sol, ce qui produit des gaz. Le même phénomène se produit si on laisse ouverte la porte d'un congélateur. Au bout d'un certain temps, la nourriture dégèle et commence à pourrir. Toutefois, dans ce cas, la putréfaction qui s'enclenche se déroule...


Par Katey Walter Anthony - Source : pourlascience.fr
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MessageSujet: La bombe au méthane est amorcée   Jeu 10 Juin - 4:58

Pour la première fois, une équipe de scientifiques a pu noter et mesurer la libération de millions de tonnes d'hydrures de méthane, enfouies dans le permafrost sous-marin de l'Arctique, un phénomène que les théoriciens du climat appréhendaient parce qu'il pourrait rendre incontrôlable le réchauffement du climat par des apports de gaz à effet de serre inimaginables jusqu'ici.

La nouvelle a été publiée hier par le journal britannique The Independant à partir d'informations transmises par une équipe de chercheurs suédois en mission sur le navire de recherche russe, le Jacob Smirnitskyi.

Orjan Gustafsson, de l'Université de Stockholm, a écrit un courriel au journal britannique dans lequel il fait état de la découverte d'une vaste zone de libération de méthane sous-marin.

Jusqu'ici, les chercheurs avaient identifié des zones des océans arctiques où on trouvait d'inquiétantes concentrations de méthane dissous dans l'eau.

«Mais hier, a écrit Orjan Gustafsson, pour la première fois, nous avons identifié un champ de relargage où les émissions étaient si intenses que le méthane n'avait pas le temps de se dissoudre dans l'eau de mer et qu'il atteignait plutôt la surface en grosses bulles.

Ces cheminées de méthane ont été localisées avec un écho-sondeur et avec des instruments de détection sismiques.»

À certains endroits, les concentrations atmosphériques dépassaient de plus de 100 fois les concentrations dites du «bruit de fond» naturel.

Partout où les chercheurs en ont trouvé, soit plus particulièrement dans l'est de la mer de Sibérie et dans la mer Laptev, les zones de relargage couvraient non pas des dizaines, mais des milliers de kilomètres carrés.

.../...

Mais, a-t-il précisé, le nombre de points de relargage a été multiplié par cinq depuis 2003, ce que confirment les relevés de l'équipe suédoise sur le Jacob Smirnitskyi.

La communauté scientifique s'inquiète, d'autant plus de cette libération de méthane que ce gaz est de 20 à 22 fois plus actif comme gaz à effet de serre que le gaz carbonique. Or, les quantités de méthane stockées sous les fonds sous-marins de l'Arctique dépasseraient en importance la totalité du carbone contenu dans les réserves mondiales de charbon, le combustible fossile le plus abondant sur la planète jusqu'à présent.

Une bombe à retardement

.../...

Dans les mers arctique, un autre phénomène semble se produire, dit-il, d'après les constats rapportés par The Independant.

Il y a «quelque» millions d'années, explique le professeur Pelletier, le continent arctique était émergé. À l'île d'Elsemere, on trouve d'ailleurs aujourd'hui une forêt ancienne totalement fossilisée, que fréquentaient sans doute des dinosaures.

Puis survint la grande glaciation, la dernière, qui a gelé les sols de l'Arctique en profondeur au point qu'il n'a pas dégelé, même quand ce territoire a été de nouveau enseveli par la mer.

La pression et le grand froid qui sévit dans ces eaux glacées — souvent liquides même à quelques degrés sous notre point de congélation à cause de la salinité — ont gardé étanche le fonds marin, agissant comme un couvercle de marmite sur le méthane présent dans le permafrost engendré par la dernière glaciation.

Pour le professeur Pelletier, les constats de l'équipe suédoise semblent indiquer que certaines zones des mers arctiques se perforent par endroits, créant des cheminées par où le méthane s'échappe vers la surface.

Le phénomène n'est pas différent, dit-il, de ce qui se passe dans le permafrost terrestre, qui ne dégèle pas partout également.

Il suffit, ajoute Émilien Pelletier, d'un changement de quelques dixièmes de degrés centigrades pour amorcer le relarguage d'un gaz solidifié comme le méthane.

Cette hausse pourrait s'expliquer par les apports croissant d'eau douce en provenance des rivières russes, une hypothèse avancée par les chercheurs suédois. Et toute cette eau, dit-il, résulte de la fonte accélérée du permafrost.

Quant au méthane ainsi libéré, il va lui-même accélérer le réchauffement du climat, qui va faire fondre plus rapidement le reste du permafrost, ce qui pourrait enclencher une «réaction en boucle fatale» pour le climat, à laquelle s'ajoute l'impact sur la température de l'océan d'une calotte polaire de plus en plus petite.

Au fond, dit-il, ce qui se passe, c'est une extension — jusqu'ici théorique — du dégel du permafrost terrestre jusqu'aux milieux marin, ce que les modèles prévisionnels n'ont pas inclus dans leurs calculs.

Les surprises, à son avis, pourraient s'avérer «potentiellement catastrophique» en raison de la magnitude des apports supplémentaires en GES si le phénomène, marginal pour l'instant, devait s'étendre à la plupart du sous-sol marin des mers arctiques.
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MessageSujet: comme prévu : Arctique, la découverte inquiétante de véritables fontaines de méthane d’1 km de diamètre..   Lun 19 Déc - 9:56

Arctique, la découverte inquiétante de véritables fontaines de méthane d’1 km de diamètre..
17 décembre 2011 Posté par voltigeur sous Écologie, environnement et animaux
27 commentaires
Avec la fonte du permafrost, nous étions prévenus…



Le réchauffement global est peut-être en train de s’emballer. Une expédition scientifique russe a observé plus de 100 fontaines de méthane d’une ampleur jamais vue émergeant de l’océan Arctique, au nord de la Russie, rapporte le journal britannique The Dailymail.

Il faut rappeler que le méthane est un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le gaz carbonique.

Dans le passé, nous avions déjà observé des structures comme celles-ci, mais elles ne faisaient que quelques dizaines de mètres de diamètre, a affirmé le chef de l’expédition, Igor Semiletov. Cette fois, nous en avons trouvé des beaucoup plus impressionnantes, elles font plus de 1000 mètres de diamètre.

Sur une superficie relativement petite, nous en avons trouvé plus de 100, à l’échelle de la région il doit y en avoir des milliers. Ces fontaines se sont formées avec la fonte des fonds marins de l’Arctique qui s’accélère à cause du réchauffement climatique.

C’est le navire de recherche Russe « Académie Lavrentiev » qui en a fait la découverte. Il a mené ses recherches dans un périmètre d’environ 10.000 miles carrés au large de la côte Est de la Sibérie .

« C’est terrifiant » explique le Dr Igor Semiletov

Nous supposons que les quantités qui s’échappent actuellement de la région sont équivalentes à celles que la totalité des océans mondiaux libèrent normalement.

« D’énormes panaches de bulles de méthane remontent des fonds marins à la surface dans des zone de plus d’ 1 Km de diamètre, c’est maintenant par de véritables cratères que s’échappe le méthane dans l’atmosphère . »

« C’est la première fois que nous observons des fontaines de bulles aussi impressionnantes, elles font plus de 1000 mètres de diamètre et recrachent du méthane gazeux en continu, c’est incroyable et terrifiant »

Nous craignons que ces quantités de méthane libérées transforment radicalement les modèles actuels de nos estimations sur le réchauffement climatique

Sources dailymail.co.uk trad Nature Alerte

Voir aussi the New York Times
et le journal britannique The Independent

lien utile :

http://lesmoutonsenrages.fr/2011/12/17/arctique-la-decouverte-inquietante-de-veritables-fontaines-de-methane-d%E2%80%991-km-de-diametre/
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MessageSujet: Le méthane, la vraie bombe climatique   Sam 7 Jan - 18:27

Le méthane, la vraie bombe climatique
Les scénarios pessimistes se confirment: des bulles de méthane enfermées sous le permafrost se libèrent sous l'effet du réchauffement dans l’atmosphère et risquent d'accélérer encore ce réchauffement...


- Nord de la Sibérie en 2007. REUTERS/Dmitry Solovyov -
L’année 2011 ne restera peut-être pas longtemps l’année la plus chaude depuis le début des relevés, selon Météo France, c'est-à-dire depuis 1863. 2011 dépasse en effet le record de 2003 avec une température moyenne de 13,6°C contre 13,4°C pour l’année de la dernière canicule.

Nous voilà donc en plein réchauffement climatique, même si le Giec affiche toujours la même prudence en matière d’analyse des phénomènes météorologiques actuels. Il n’empêche. Environ 12°C dans la nuit du réveillon, le 31 décembre 2011 à Paris, cela ne s’était jamais vu, de mémoire de grenouille…

Et pourtant, ce qui se prépare pour les prochaines années pourrait encore amplifier ce réchauffement qui fait le bonheur des amateurs de douceur hivernale. Pour l’instant, si l’on suit bien les climatologues du Giec, c’est essentiellement aux émissions de CO2 provoquées par les activités industrielles de l’homme que l’on doit la vague de chaleur qui saisit la planète.

Or, il ne s’agit peut-être que d’un simple pétard d’amorçage de la véritable bombe climatique à venir: le méthane. La digestion des ruminants et, surtout, les activités humaines en produisent une quantité qui a sensiblement augmenté au cours de l’ère industrielle. Mais le véritable problème vient du «gisement» naturel de méthane enfoui dans les sols gelés de la Sibérie ou du nord du Canada et sous les océans.

Sous le permafrost le gaz
Des milliards de milliards de végétaux et d’organismes vivants ont été piégés par la glace pendant des dizaines de milliers d’années dans le sol gelé, le permafrost (ou pergélisol en français), comme le note le journaliste Justin Gillis dans le New York Times du 16 décembre 2011. Or, avec le réchauffement climatique en cours, ce carbone «fossile» pourrait se transformer en gaz carbonique et en méthane sous l’action de bactéries et de microbes…

Un second «effet Kiss Cool» pouvant provoquer une sorte de réaction en chaîne: le CO2 réchauffe assez l’atmosphère, la terre et les mers, pour que des bulles de méthane soient libérées dans l’atmosphère; ces bulles accélèrent encore le réchauffement; cette chaleur provoque l’émission de toujours plus de méthane, etc…

Seule bonne nouvelle, la durée de la présence de ce méthane dans l’atmosphère est plus limitée que celle du CO2. Néanmoins, son impact sur l’effet de serre est considéré comme 20 à 25 fois supérieur à celui du CO2 sur un cycle de 100 ans.

Le journaliste du New York Times relate le travail d’une scientifique, Katey Walter Anthony, de l’université d’Alaska à Fairbanks qui, dans les années 2000, est partie à la chasse aux bulles de méthane sur différents lacs de Sibérie. Elle est alors revenue pratiquement bredouille. En octobre 2011, en revanche, elle a pu observer de véritables panaches de méthane s’échappant de la surface de ces lacs. «On pouvait voir partout des gerbes de bulles», déclare-t-elle.

Des rejets plus rapides que prévus
Ce constat rejoint celui du scientifique russe Igor Semiletov, qui travaille au Centre de recherche arctique international de la même université d’Alaska. Interrogé par The Independant, le 13 décembre 2011, il témoigne de la découverte d’une concentration importante de panaches de méthane jaillissant du fond océanique arctique:

«Nous avions déjà trouvé des rejets sous forme de torche mais ils ne s’étendaient que sur quelques dizaines de mètres de diamètre. Pour la première fois, nous avons observé des écoulements continus et puissants sur 1.000 mètres de diamètre. Et nous en avons découvert plus de 100 sur une zone assez limitée. Il doit donc en exister des milliers… »

Ces observations vont dans le sens de l’étude internationale publiée par 41 chercheurs du Réseau de recherche sur le permafrost le 1er décembre 2011 dans la revue Nature. Les deux auteurs principaux, Edward Schuur (Université de Floride) et Benjamin Abbott (Université d’Alaska) révèlent des résultats qui seront pris en compte dans le prochain rapport du Giec, le cinquième, prévu pour 2014.

Les chercheurs estiment que leurs travaux montrent que les rejets de carbone issus du permafrost seront plus rapides que ceux prévus par les modèles actuels. Selon les dernières estimations, les quelque 18,8 millions de km2 de sols gelés dans le grand Nord retiennent environ 1.700 milliards de tonnes de carbone organique. «Soit 4 fois la quantité de carbone émise par l’activité humaine dans les temps modernes et 2 fois plus que celle qui est présente dans l’atmosphère aujourd’hui», indiquent les chercheurs.

Cette nouvelle estimation est trois fois supérieure aux précédentes. Une différence due à une beaucoup plus grande profondeur de piégeage du carbone dans le sol. Auparavant, les calculs ne portaient que sur le premier mètre d’épaisseur. «La succession des cycles de gel et de dégel et des dépôts de sédiments sur des milliers d’années ont enterré le carbone sur une profondeur bien plus importante», notent les auteurs de la publication.

Mieux étudier la fonte
Autre incertitude: la répartition entre gaz carbonique et méthane qui résultera de la fonte du permafrost. Les environnements pauvres en oxygène favorisent le développement de microbes produisant du méthane mais ils retiennent également plus de carbone dans le sol. Une présence plus importante d’oxygène provoque la prolifération de bactéries qui, elles, produisent du gaz carbonique. Le mix final de ces deux gaz aura un impact important sur le réchauffement climatique.

L’étude publiée dans Nature prend en compte les deux scénarios extrêmes du quatrième rapport du Giec: +2°C ou + 7,5°C en 2100 dans la région arctique. Le réchauffement le plus élevé provoquerait, selon les chercheurs, la fonte de 9 à 15% des 3 premiers mètres d’épaisseur du permafrost d’ici 2040 et de 47 à 61% d’ici 2100. En équivalent CO2, cela représente l’émission de 30 à 60 milliards de tonnes d’ici 2040 et de 232 à 380 milliards de tonnes d’ici 2100. Des résultats de 1,7 à 5,2 fois supérieurs à ceux des modèles précédents.

Dans le même temps, les scientifiques plaident pour l’intensification des mesures sur le terrain afin d’affiner leurs calculs. Les prévisions sur la vitesse de la fonte des glaces de la banquise se sont déjà révélées très sous-estimées par les modèles des climatologues. Ces derniers résultats montrent qu’il reste encore beaucoup de progrès possibles pour mieux évaluer des phénomènes aussi complexes de la fonte du permafrost. Le risque d’accélération du réchauffement sous l’effet de rejets massifs de méthane justifie sans doute de s’y intéresser de près.

Michel Alberganti
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