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 Les prisons modernisées sont déshumanisées... simple lieu de gardiénage...le contraire de ce qu'elles devraient être

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MessageSujet: Les prisons modernisées sont déshumanisées... simple lieu de gardiénage...le contraire de ce qu'elles devraient être   Dim 7 Fév - 6:53

Visite à Corbas
Une prison « déshumanisée »

Une prison tout automatisée où l’humain n’a pas sa place. Voilà le constat dressé par trois eurodéputées d’Europe Écologie après leur visite à Corbas, vendredi matin. Selon elles, cette maison d’arrêt entièrement rationalisée pose la question du coût pour la société du tout sécuritaire.

Après avoir visitée deux prisons anciennes, celle (toute délabrée) des Baumettes à Marseille, et la maison d’arrêt de Valence, Michèle Rivasi, Malika Benarab-Attou et Eva Joly se sont rendues au centre pénitencier flambant neuf de Corbas. Mis en service en mai 2009, cette prison de 700 places est présentée comme « un outil extraordinaire », propre et moderne, tranchant net avec l’insalubrité des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph à Perrache qu’elle remplace.

« Les détenus auraient préféré rester dans leur cloaque », affirme cependant Eva Joly, qui qualifie la prison de Corbas de « déshumanisée ». « Il y a 50% de surveillants en moins. On a remplacé des gardiens par des caméras », s’étrangle l’ancienne juge. « Est-ce qu’une caméra fait de la réinsertion ? » « S’il n’y a pas de lien social, vous devenez fou », embraie Michèle Rivasi. « C’est de la torture ! »

Au-delà de la vacance de rapports humains entre détenus et surveillants, les trois députées pointent l’absence d’activités pour les prisonniers. « On doit leur proposer des occupations physiques et intellectuelles, de l’apprentissage », clame Michèle Rivasi. « Servons-nous de ce lieu au moins pour leur apprendre à écrire. Ici ils tournent en rond, d’où les suicides », enchaînent ses collègues. « On oublie qu’il faut que les détenus retournent en société (une fois leur peine purgée, ndlr) », souligne Malika Benarab-Attou.

Pour les trois femmes se pose alors la question : « à quoi sert la prison ? ». « Le rôle de la société est de réintégrer », plaide Philippe Meirieu, tête de liste aux régionales qui a accompagné les eurodéputées. Pour lui, « le populisme tout répressif est un échec qui a un coût social énorme. » En matière de récidive notamment.

Autre point : la prison a été construite sous forme d’un partenariat public-privé. Son propriétaire n’est donc pas l’État mais la société Eiffage qui la loue 750 000 euros par mois à l’administration pénitentiaire. « Est-ce le rôle de l’État d’engraisser les géants du BTP ? » s’interroge Eva Joly. Et de pointer le peu de vertu dont ces groupes font preuve, selon elle. En rappelant le scandale suscité par la construction du pont de Normandie, surfacturée de 40% par Bouygues en raison d’une entente sur les prix avec ses concurrents. « Si Europe Ecologie arrive au pouvoir, nous mettrons fin aux partenariats public-privé », a annoncé l’ancienne juge financière.

Suite à leur visite, les trois députées compte écrire au ministre de la justice pour faire part de leur réclamations.

Photo : lyon-info.fr

Publié le : samedi 6 février 2010, par Tony Truand
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MessageSujet: Inquiétantes prisons modèles   Ven 12 Mar - 5:58

Inquiétantes prisons modèles

Le contrôleur des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, a présenté hier un rapport très critique envers le fonctionnement des nouveaux établissements pénitentiaires. Un dédale de portes, de clés, de couloirs, de sas ou de contrôles… Un cheminement sans fin, au sens premier du terme : dans les nouveaux établissements pénitentiaires, entre un quart et un tiers des détenus qui sortent de leur cellule pour se rendre à une activité ou un rendez-vous sont contraints de faire demi-tour avant d’avoir atteint leur objectif, horaire oblige. « Il y a dans ces prisons une multiplication des frustrations, et par conséquent un accroissement inévitable de l’agressivité, engendrant une violence contre soi et contre autrui », détaille le contrôleur des lieux de privation de libertés, Jean-Marie Delarue, qui commentait hier, devant une presse venue nombreuse, son second rapport annuel depuis la création de l’institution. « Sans polémiquer, ni rien céder à ce qui me semble devoir être dit », a-t-il cru bon d’insister.

UNE MULTIPLICATION DES FRUSTRATIONS

Cette année, le contrôleur a donc développé un point spécial consacré aux établissements construits dans le cadre du programme dit des « 13 000 » places, conçu en 2002 : trois de ses équipes, parties simultanément entre fin août et début septembre 2009 pour les visiter, sont revenues « pessimistes ». Mais « le coup est parti », regrette le contrôleur pour qui, il sera désormais difficile de revenir sur une architecture dont la définition est déjà fixée.

POUR LA MAJORITÉ, UN « ENNUI MORTEL »

Outre la multiplication des grilles et du béton, le problème de ces « prisons modernes » réside dans la diminution des contacts humains, avec par exemple la mise en place de « vitres sans tain dans les postes de surveillance ». Les gardiens y sont « débordés » : « Leur nombre est à peine suffisant pour accomplir leurs tâches. » Certains n’ont d’ailleurs pas le temps d’ouvrir la porte des détenus qui doivent se rendre à une activité, « et disent ensuite que c’est le détenu qui a refusé de venir », complète le contrôleur, qui dit récuser « les faux clivages » : « Si nous nous intéressons aux détenus, est-ce que nous ignorons les conditions de travail des surveillants ? » En prison, précise encore Jean-Marie Delarue, les activités, ateliers, formations, ou emplois, sont « réservés à une minorité privilégiée ». Le lot des autres, c’est « un ennui mortel ». Autre objet d’inquiétude du contrôleur qui rappelle que « l’exigence de sécurité ne remplacera jamais les nécessaires relations humaines » : la mise en place de la vidéosurveillance. Sans y être opposé, il recommande que des limites « très précises » soient fixées : aucune caméra dans les lieux d’intimité, les cabinets de médecins, d’avocats, les chambres d’hôpital ou la cellule. « On ne peut pas substituer la vidéosurveillance à la surveillance », appuie Jean-Marie Delarue. Et de livrer une anecdote qui résume bien les limites d’une lecture parfois délicate et imprécise des images. En visite dans un centre de rétention, le contrôleur voit à l’image ce qu’on lui décrit comme étant « quinze personnes assises sagement devant un poste de télévision ». Arrivé dans la pièce en question, il découvre que les quinze personnes sont en fait « en train d’attendre qu’on consente enfin à allumer le poste ».

ANNE ROY
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