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 Les nouveaux camps de concentration

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MessageSujet: Les nouveaux camps de concentration   Lun 23 Juin - 7:29

Un important incendie a endommagé le centre de rétention administrative parisien de Vincennes. Les retenus ont été transférés vers quatre autres centres mais quatorze manquaient à l'appel.



Quatorze retenus du centre de rétention administrative de Vincennes (CRA) ont finalement pris la fuite après l'incendie qui a détruit ses deux bâtiments, selon un nouveau bilan fourni lundi 23 juin par la préfecture de police (PP) qui avait dimanche soir avancé le chiffre d'une cinquantaine.
Après des opérations de recomptage effectuées dimanche dans la soirée, sur les 249 retenus présents dans le centre d'une capacité de 280 places au moment de l'incendie, seules 14 personnes manquaient à l'appel lundi matin et se seraient enfuies.
Dimanche, la préfecture de police avait tout d'abord évoqué le chiffre "d'au moins une trentaine" avant de parler d'une "cinquantaine".
Dans le nuit de dimanche à lundi les retenus, qui avaient été regroupés dans le gymnase de l'école de police proche du CRA, ont été transférés vers d'autres centres en France situés à Lille (Nord), Nîmes (Gard), Palaiseau (Essonne) et Oissel (Seine-Maritime).
Sur les dix-huit blessés légers dénombrés lors de cet incendie et qui avaient été conduits à l'hôpital parisien de l'Hôtel-Dieu, dix s'y trouvaient toujours lundi matin. Ils devaient sortir dans la matinée, selon la PP.

Piste criminelle


Un important incendie a "gravement" endommagé, dimanche, le grand centre de rétention administrative parisien de Vincennes qui a dû être évacué. Le sinistre, qui pourrait être criminel, a éclaté alors qu'un retenu de nationalité tunisienne a été retrouvé mort la veille dans sa chambre. L'incendie a été circonscrit en fin d'après-midi.
L'incendie serait lié à une manifestation de protestation organisée au lendemain du décès d'un retenu tunisien de 41 ans, a-t-on indiqué de source policière. Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris note que cette manifestation "non déclarée" s'est déroulée à partir de 15h25 à proximité immédiate du centre et que, vingt minutes plus tard, "plusieurs foyers d'incendie volontaire ont été détectés". Ils ont touché les centres CR1 et CR2, d'une capacité de 140 places chacun, selon des témoins joints sur place.
Les deux centres ont dû être évacués, dans une ambiance tendue, vers le gymnase de l'école de police toute proche. Sur les quelque 240 retenus enregistrés dans les deux centres en milieu de journée, environ 160 ont été évacués, une quinzaine ont été hospitalisés et 35 se trouvaient dans des tribunaux au moment du sinistre. Une trentaine de retenus manqueraient donc à l'appel, selon ce décompte communiqué par des observateurs présents à l'intérieur du centre.

Arrêt cardiaque

D'après les éléments avancés par une source policière, le retenu tunisien décédé samedi serait mort d'un arrêt cardiaque. Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris assure que "tant les premières constatations médicales que l'autopsie, réalisée dans le cadre de l'enquête en cours menée par la police judiciaire, écartent la présence de traces anormales".
A l'annonce de son décès samedi, les autres retenus "ont légitimement souhaité connaître la situation précise mais les centres sont demeurés globalement calmes toute la soirée, malgré la tentative d'incendie d'un matelas", reconnaît la préfecture.
Alors que les conditions de rétention sont régulièrement dénoncées par les associations de soutien aux sans-papiers et demandeurs d'asile, Pierre Henry, directeur général de France Terre d'asile, a déclaré à l'Associated Press que "la situation qui prévaut à Vincennes était prévisible". "Après des tentatives de suicide, des automutilations, cette situation n'est pas acceptable dans un pays démocratique", a-t-il fustigé.
Pierre Henry rappelle qu'il avait demandé en janvier la création d'une commission d'information parlementaire, qui n'a vu le jour que le 16 avril dernier. "C'est à la représentation parlementaire de se saisir de cette question qui est une véritable tache" en France, selon lui. (avec AP)
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MessageSujet: Mieux que les farcs ?   Lun 7 Juil - 15:21

Alors que l'occident se pâme devant la "bétancourt " il ferait mieux de balayer devant sa porte

ans une affirmation retentissante du rôle des juges dans le système institutionnel américain, la Cour suprême a remis en cause, jeudi 12 juin, le fondement des décisions du président George Bush et du Congrès sur la conduite de la "guerre antiterroriste". "Les lois et la Constitution sont conçues pour survivre et rester en vigueur même en des circonstances extraordinaires", a rappelé la Cour.


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les précédentes décisions de la Cour suprêmeC'est la troisième fois que la Cour suprême conteste le processus mis en place pour juger les détenus de la "guerre antiterroriste".
Juin 2004 (Rasul versus Bush) : la Cour décide que les "ennemis combattants" ont le droit de contester leur détention devant un juge civil.
Plusieurs centaines de détenus déposent des demandes devant le tribunal fédéral à Washington. Au mois d'août, des avocats sont admis à Guantanamo.
Octobre 2005 : le Congrès adopte le Detainee Treatment Act (comportant l'amendement McCain). Il interdit les traitements cruels, inhumains et dégradants, mais prive les détenus du droit de recours à l'habeas corpus.
Juin 2006 : la Cour déclare que cette loi ne peut pas supprimer les recours déjà engagés (Hamdan versus Rumsfeld).
Octobre : le Congrès vote la loi sur les Commissions militaires qui réaffirme que les étrangers, y compris ceux qui résident aux Etats-Unis, n'ont pas droit à l'habeas corpus dès lors qu'ils sont désignés comme "ennemis combattants".
12 juin 2008 : la Cour décide de rétablir l'habeas corpus.
Saisie pour la troisième fois depuis 2004 de la question de la légalité des détentions à Guantanamo, la Cour a décidé que les prisonniers ne pouvaient pas être privés de leur droit à contester leur captivité devant un juge civil. Sous la pression de l'administration, le Congrès avait passé deux lois en 2005 et 2006 privant les détenus de recours en habeas corpus, un droit qui existe en Angleterre depuis 1215.

La décision a divisé la Cour. Dans l'opinion rédigée au nom de la majorité, le juge Anthony Kennedy a récusé l'idée que la protection de la Constitution américaine ne s'applique pas sur la base navale de Guantanamo, louée depuis 1903 à Cuba, les Etats-Unis n'en ayant pas la souveraineté. "La Charte fondamentale de la nation ne peut pas être ainsi sous-traitée", écrit-il.

La Cour a aussi déterminé que la procédure de révision du statut des détenus par la justice militaire, prévue dans la loi sur le traitement des détenus de 2005 et la loi sur les commissions militaires de 2006, ne fournissait en aucun cas un substitut "adéquat" à l'habeas corpus. Le risque d'erreur est trop grand, a souligné le juge Kennedy. "Et sachant que les conséquences peuvent être la détention pour la durée des hostilités, lesquelles pourraient durer une génération ou plus, ce risque est trop significatif pour être ignoré." Les avocats des détenus et les défenseurs des droits de l'homme se sont félicités d'une décision qui "rétablit l'Etat de droit", estime le professeur Jamin Raskin, et pourrait "sonner le glas" de la prison de Guantanamo, selon Kenneth Roth, le directeur de Human Rights Watch. Pour Charles Swift, l'ancien avocat militaire qui a obtenu le premier jugement en faveur de Salim Ahmed Hamdan en 2004, l'administration Bush avait choisi Guantanamo en 2001 dans l'idée que les "garanties constitutionnelles ne s'y appliquent pas". "Or la Cour dit que la Constitution s'applique. Ils ont un gros problème", souligne-t-il.

A Rome, où il poursuit sa tournée européenne, le président Bush a indiqué que son administration allait respecter l'opinion de la Cour mais il s'est déclaré "en plein accord" avec les quatre juges conservateurs qui ont cosigné deux opinions dissidentes. Il n'a pas exclu de proposer une nouvelle législation mais à cinq mois de l'élection de son successeur, et avec un Congrès démocrate, cette possibilité paraît largement hypothétique.

Dans leurs opinions dissidentes, le président de la Cour, John Roberts, et le juge Antonin Scalia s'en prennent violemment à leurs collègues. Pour M. Roberts, la majorité de la Cour a décidé d'invalider "un système soigneusement étudié par les représentants du peuple" sans avancer de procédure de remplacement. Il en déduit que ses collègues cherchent à donner au judiciaire "le contrôle de la politique fédérale sur les ennemis combattants".

A son habitude, le juge Scalia est cinglant. Lui aussi reproche aux magistrats de vouloir se substituer, en temps de guerre, à la volonté populaire. "Quelle compétence a la Cour pour mettre en cause le jugement du Congrès et du président? Aucune. Au bout du compte, le traitement des prisonniers ennemis dans cette guerre va être confié à la branchequi en sait le moins sur les préoccupations de sécurité nationale."


"ARROGANCE JUDICIAIRE"


Le juge Scalia regrette que l'on demande aux militaires "l'impossible tâche de montrer à un tribunal civil qu'il existe des preuves justifiant le confinement de chacun des prisonniers". Dressant la liste des 30 anciens de Guantanamo qui "sont retournés au combat" après leur libération, il affirme que la décision de ses collègues va entraîner "la mort d'un plus grand nombre d'Américains".

Le sénateur Lindsey Graham, l'un des artisans, avec le futur candidat John McCain, de la loi de 2005 cassée par la Cour, s'est insurgé, lui aussi, contre l'ingérence de la justice dans les affaires antiterroristes. "La Cour a donné à des juges civils le droit de prendre des décisions sur le plan militaire, a-t-il réagi. Des juges, dans les districts les plus progressistes du pays, vont avoir la faculté de déterminer qui constitue une menace pour les Etats-Unis." David Rifkin, un ancien conseiller de George Bush père, a dénoncé "l'arrogance judiciaire" : "Ce que les juges ont signifié, c'est : nous aussi, nous avons notre mot à dire ." Sur le plan concret, les conséquences de la décision sont encore difficiles à évaluer; 270 suspects se trouvent à Guantanamo, dont 80 seulement sont en attente de poursuites. Quelque 200 requêtes en habeas corpus, déposées depuis plusieurs années au tribunal du District of Columbia, vont être ranimées. "Le chaos", a prédit un chroniqueur. La décision de la Cour n'exclut pas que le juge fédéral puisse ordonner des remises en liberté.
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MessageSujet: Pire que les Farc l'occident !   Lun 7 Juil - 15:23

Peu à peu, le voile se lève sur le recours à la torture pratiqué par l'armée américaine depuis 2001. La première audition de la commission sénatoriale sur l'origine des méthodes d'interrogatoire utilisées sur la base américaine de Guantanamo et dans la prison d'Abou Ghraib a dévoilé que des techniques controversées ont été utilisées malgré les vives objections soulevées en novembre 2002 par des avocats au sein de l'armée.

"Si nous utilisons ces techniques (...), cela indique au monde qu'elles ont l'approbation de l'Amérique", a souligné le sénateur démocrate du Michigan Carl Levin, président de la commission des services armés. "Cela expose nos soldats à un plus grand risque d'être victimes d'abus s'ils sont capturés. Cela affaiblit également notre autorité morale et nuit à nos efforts pour attirer des alliés à nos côtés dans la lutte contre le terrorisme." Selon les investigations de la commission, l'ancien responsable juridique du Pentagone William ''Jim'' Haynes, qui devait témoigner, s'est intéressé aux méthodes dures d'interrogatoire à partir de juillet 2002.

PRATIQUE ÉTENDUES À L'ENSEMBLE DES FORCES ARMÉES


Ses services se sont renseignés sur la formation baptisée ''Survie, esquive, résistance et évasion'' (SERE) dispensée aux militaires. Ce programme porte sur la résistance à la privation sensorielle et de sommeil, à des positions inconfortables, au simulacre de noyade ("waterboarding") et aux gifles. Carl Levin estime que ces pratiques ne relèvent pas de "quelques brebis galeuses", comme l'avaient affirmé plusieurs responsables américains. La commission a également publié des notes de service auparavant confidentielles datant du début, en 2002, du programme d'interrogatoires durs à Guantanamo. Dans l'une d'elles, le lieutenant-colonel Diane Beaver, principal avocat militaire de Guantanamo, explique que le département de la défense impose de dissimuler les prisonniers traités durement au Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le sénateur républicain Lindsey Graham a fustigé l'analyse juridique de l'administration de George W. Bush sur les détenus et les interrogatoires, qui restera selon lui ''comme l'une des plus irresponsables et de courte vue jamais données à l'armée et aux communautés du renseignement de notre pays''. Susan Collins, sénatrice républicaine du Maine, a estimé "troublant" que des responsables de la défense aient demandé des techniques d'interrogatoire à l'agence même qui était chargée d'aider les soldats américains à résister à des actes de barbarie en captivité. "Le paradoxe, c'est que l'entraînement SERE devait aider nos soldats à résister à des méthodes interdites, inhumaines", a-t-elle souligné. "En ce qui me concerne, il est clair que ces pratiques se sont étendues à l'ensemble des forces armées", a souligé le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsay Graham, accusant les avocats du Pentagone, alors dirigé par l'ex-secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, d'avoir "employé des théories juridiques étranges afin de justifier l'emploi de méthodes d'interrogatoire cruelles".
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MessageSujet: Guantanamo   Mer 16 Juil - 4:39

Les prisons "bastilles" de l'occident où l'on peut être enfermé sans jugement et torturé à volonté ...après on critiquera les Farc !!! Laughing

Scènes volées à Guantánamo : Omar, ado soldat terrorisé

Cet adolescent complètement au bout du rouleau, qui s’effondre en sanglots, supplie, se plaint d’avoir perdu ses yeux et ses pieds et demande même qu’on le tue, c’est Omar Khadr, un Canadien de 16 ans, le seul Occidental détenu à ce jour à Guantánamo. Dans une vidéo de dix minutes, le premier enregistrement en provenance de la tristement célèbre base américaine, le jeune prisonnier, quasiment un enfant soldat, exprime une détresse telle que le gouvernement canadien est aujourd’hui dans le plus grand embarras.

La vidéo n’est pas récente. Elle a été filmée en février 2003, en secret. La caméra semble avoir été cachée derrière une grille de ventilation, ce qui expliquerait sa qualité médiocre et son plan fixe permanent. Les agents qui l’interrogent appartiennent aux services de renseignements canadiens, le SCRS. Ils sont venus collecter des informations le concernant - sa famille était proche de celle d’Oussama Ben Laden - et sa vie en Afghanistan. Ils ont l’humour pesant et sont dépourvus de la moindre compassion.

Quand l’adolescent pleure, se tire les cheveux de désespoir, montre ses blessures à ses interlocuteurs, l’un des flics canadiens lui lance : «Mange quelque chose […] Je comprends que cela soit stressant.» Dans un autre extrait, un flic canadien, encore plus lourdaud, ricane en faisant référence aux bonnes conditions météorologiques dans cette île des Antilles : «Je veux rester à Cuba avec toi. Peux-tu m’aider ?»

«Tes pieds sont au bout de tes jambes»

L’adolescent avait été arrêté en Afghanistan durant l’été 2002 et accusé du meurtre d’un soldat américain, sur lequel il aurait lancé une grenade. Il avait alors 15 ans. Depuis, il est l’un des 265 détenus que compte la base et dont les conditions de détention semblent des plus difficiles.

Recevant, en février 2003, les agents canadiens sur la base de Guantánamo, Omar Khadr avait d’abord cru qu’ils étaient venus l’aider à rentrer chez lui. D’où ses cris de désespoir : «Aidez-moi ! Aidez-moi !» répète, ad nauseam, le jeune prisonnier dans la vidéo. La tête entre ses mains, on l’entend même murmurer : «Kill me ! [tuez-moi].» On le voit aussi enlever le haut de sa tenue orange pour montrer les mauvais soins prodigués à la suite des blessures reçues en Afghanistan. C’est au cours de ces combats que le soldat américain - un infirmier -- avait été tué.

«J’ai perdu mes yeux. J’ai perdu mes pieds», lance-t-il à ses interlocuteurs venus s’enquérir aussi de son état de santé. «Non. Tu as toujours des yeux et tes pieds sont au bout de tes jambes» , réplique l’un des trois agents canadiens dont les visages ont été masqués au montage. «Ça ne sert à rien d’utiliser cette stratégie devant nous», ajoute l’un d’eux, qui insiste pour que le jeune homme prenne une «pause» et «se relaxe», avant de poursuivre l’interrogatoire. Un autre lui demandera s’il pensait que des vierges l’attendaient au paradis.

Transféré toutes les trois heures

Selon les avocats de Omar Khadr, les extraits de la vidéo couvrent quatre jours d’interrogatoire. C’est à la faveur d’une décision de la Cour fédérale canadienne, et après une longue bataille juridique avec le gouvernement canadien, qu’ils ont pu être diffusés hier par ses défenseurs. La Cour fédérale les a finalement autorisés à remettre à la presse plus de sept heures d’enregistrements, réalisés à Guantánamo à l’insu du jeune homme.

La diffusion de cette vidéo intervient peu après la publication de documents officiels montrant qu’Ottawa savait, dès 2004, qu’Omar Khadr était victime de mauvais traitements. Selon ces documents, un responsable du ministère canadien des Affaires étrangères avait rendu visite à Khadr, le 30 mars 2004, à Guantánamo. Les responsables américains lui avaient alors indiqué que l’adolescent avait été privé de sommeil pendant trois semaines, afin qu’il soit plus docile lors des interrogatoires. «Toutes les trois heures, il est transféré dans une autre cellule, le privant ainsi de sommeil ininterrompu», précisait le compte-rendu officiel canadien.

Menacé de viol par ses geôliers

Selon ses avocats, ses geôliers américains ont aussi menacé de le violer ou de le faire violer dans un autre pays. Les organisations de défense des droits de l’homme avaient appelé en vain le Premier ministre canadien - le parti Libéral était alors au pouvoir - à demander aux Etats-Unis son extradition. Elles faisaient valoir que le prisonnier devrait être traité comme un enfant soldat. Un refus que la vidéo, témoignage exceptionnel sur la vie des prisonniers de la base américaine, rend aujourd’hui très difficile à justifier.

------------------

Pour la première fois, un enregistrement vidéo montrant l'interrogatoire d'un détenu à Guantanamo a été rendu public, mardi 15 juillet. Les avocats d'Omar Khadr, un ressortissant canadien détenu depuis 2002 et accusé d'avoir tué un soldat américain, ont diffusé cette vidéo d'une dizaine de minutes montrant le jeune détenu, aujourd'hui âgé de 21 ans, questionné par les services secrets canadiens en février 2003.


Omar Khadr, qui n'avait alors que 16 ans, est bombardé de questions sur son appartenance ou sa connaissance du réseau islamiste Al-Qaida. Alternant moments de résignation et moments de désespoir, le jeune détenu pleure, se tire les cheveux et se plaint de tortures infligées après son arrestation en Afghanistan en 2002.

"J'AI PERDU MES YEUX"


"J'ai perdu mes yeux. J'ai perdu mes jambes", s'écrie-t-il notamment dans cette vidéo, apparemment filmée depuis un conduit d'aération de la base américaine. "Non, tu as encore tes yeux. Tes pieds sont encore au bout de tes jambes", lui répond calmement l'agent canadien, qui l'accuse de se cacher derrière ses blessures pour ne pas répondre aux questions.

A un moment, Khadr enlève le haut orange de son uniforme de prisonnier pour montrer les traces de violences qu'il aurait subies, affirmant qu'il ne reçoit aucune aide médicale malgré des demandes répétées. "Ça m'a l'air de bien cicatriser", lance l'agent. "Non. Vous n'êtes pas ici [à Guantanamo]", murmure Khadr en guise de réponse.


La justice canadienne a récemment autorisé les médias à diffuser certains documents destinés à assurer la défense d'Omar Khadr, et jusque-là classés secret défense. Cette vidéo serait un extrait d'une version longue de plus de sept heures. Omar Khadr est le seul Occidental encore détenu dans la base américaine. Son procès pour meurtre, soutien au terrorisme et espionnage doit s'ouvrir en octobre.

Pour ses défenseurs, le jeune détenu, qui a fréquenté les camps islamistes dès l'âge de 11 ans, devrait être considéré comme un enfant soldat. L'ancien ministre de la justice français Robert Badinter avait cosigné un mémoire, dont Le Monde avait publié des extraits, dans lequel il affirmait que, conformément au droit international des mineurs, "en tant qu'enfant soldat, Omar Khadr n'est pas un ennemi combattant volontaire, il est d'abord une victime".

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MessageSujet: Guantanamo ( suite)   Mer 16 Juil - 4:49

Dans le silence des repus en vacances et qui fond du lard sur la souffrance des autres

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MessageSujet: Droits de l'homme: l'ONU dénonce les prisons secrètes dans 66 pays   Mer 27 Jan - 16:23

Droits de l'homme: l'ONU dénonce les prisons secrètes dans 66 pays

Des dizaines de pays ont détenu des personnes soupçonnées de terrorisme dans des centres de détention secrets, affirme un rapport de l'ONU publié mercredi. Un total de 66 pays, dont les Etats-Unis, se sont livrés à cette pratique condamnable.

Le rapport de 222 pages, rédigé pendant un an par quatre experts de l'ONU, sera discuté par le Conseil des droits de l'homme lors de sa session de mars. Il porte sur les neuf dernières années et se fonde sur des entretiens avec 30 individus et des questionnaires auxquels 44 Etats ont répondu. Le rapport considère que les victimes et leurs familles ont droit à des indemnités et que les responsables des actes incriminés doivent être poursuivis.

Les experts de l'ONU concluent que la détention secrète est une violation irréfutable des normes internationales des droits de l'homme, y compris pendant un état d'urgence ou un conflit armé. Elle viole aussi le droit international humanitaire.

D'anciens détenus ont déclaré aux enquêteurs qu'ils avaient subi des tortures qui consistaient à les obliger à rester nus, à les soumettre à des bruits assourdissants ou à les priver de sommeil pendant leur période de détention secrète.

L'Algérie, la Chine, l'Egypte, l'Inde, l'Iran, la Russie, le Soudan et le Zimbabwe sont notamment au nombre des Etats qui maintiennent en détention des suspects ou des opposants dans des lieux secrets, affirme le document.

Les enquêteurs saluent l'engagement du président Barack Obama de fermer les centres de détention de la CIA, mais ils jugent que des éclaircissements sont nécessaires sur le sort de personnes détenues par la CIA en Irak ou en Afghanistan.
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MessageSujet: Afghanistan.Les droits de l’homme à la porte des prisons   Mar 2 Fév - 6:45

Afghanistan.Les droits de l’homme à la porte des prisons
Les témoignages de ces Afghans détenus sans raison pendant des années sur la base aérienne de Bagram, près de Kaboul, contrôlée par l’armée américaine, ou à Guantanamo reposent la question des prisons secrètes.

Kaboul (Afghanistan), envoyé spécial.

La conférence de Londres qui s’est tenue la semaine dernière a été à la mesure de l’échec des États-Unis et de l’Otan en Afghanistan. À entendre les différents protagonistes, il suffirait de tout effacer et de recommencer à zéro. Oubliés les milliers de morts de cette guerre qui ne dit pas son vrai nom. Effacées ces centaines de maisons détruites par les bombardements. Rayés d’un trait de plume ces milliers de prisonniers, emmenés de force, détenus dans des cellules secrètes, sans aucun droit, conduits d’abord à Bagram, cette base aérienne américaine à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul, puis emmenés loin, très loin, à Guantanamo.

Guantanamo fonctionne toujours

Les témoignages recueillis (lire ci-contre) ne sont pas isolés. Et si le changement d’administration à Washington s’est traduit par de nouvelles annonces, elles ne sont pas vraiment suivies d’effets  : Guantanamo fonctionne toujours. Et rien ne permet de penser que les prisons secrètes, les « black jails », ont vraiment disparu à Bagram. Selon le quotidien américain New York Times, celles-ci seraient gérées par les forces spéciales américaines. « Les gens se posent beaucoup de questions », souligne Mohammad Farid Hamidi, qui travaille pour le comité afghan des droits de l’homme (AHRC). « Pourquoi ce double standard s’agissant des droits humains et de la justice  ? » S’il pense que « les conditions de détention sont meilleures qu’auparavant », c’est uniquement sur la base de témoignages de prisonniers récemment libérés, parce que « l’AHRC n’est pas autorisé à entrer à Bagram ». Le docteur Hashiim, qui participe aux enquêtes sur les violations des droits de l’homme, regrette pour sa part que « les changements annoncés ne sont pas suffisants au regard des principes de base des droits humains ». En Afghanistan, tout le monde connaît le cas de Mohammed Jawad. Arrêté par l’armée américaine alors qu’il n’avait que quatorze ans, accusé de faits qui n’ont jamais été prouvés, il a passé sept ans à Guantanamo avant d’être relâché sans aucune condamnation.

«  Les Américains font ce qu’ils veulent  »

Les témoignages que nous publions sont identiques. Après des années à croupir dans des geôles, loin de leurs familles, les détenus sont relâchés avec un vague papier prouvant leur innocence. « Je trouve cette situation lamentable, s’insurge Rohullah Qarizada, bâtonnier à Kaboul. Les citoyens afghans devraient être traités selon nos lois. Mais les Américains font ce qu’ils veulent. Ils disent qu’ils se battent pour la démocratie, mais ils mentent. Ils violent les droits de la personne. » Sans relâche, autour de Qarizada, les avocats afghans tentent de défendre ces hommes privés de liberté et d’obtenir des dédommagements. « Nous n’avons pas accès aux prisons de Bagram. Cela fait trois ans que nous battons pour avoir l’autorisation de rencontrer les prisonniers sur place, et nous n’y arrivons toujours pas, proteste le bâtonnier. Alors, nous essayons de les rencontrer quand ils sortent. Nous les aidons à constituer des dossiers, à porter plainte. Beaucoup de cas ont déjà été transférés devant la justice afghane. » Et l’avocat de prévenir  : « Si les autorités ne font rien, nous, nous le ferons. »

La « guerre contre le terrorisme », lancée par George W. Bush après les attaques du 11 septembre 2001, a engendré, selon des experts nommés par l’ONU, « la mise en place progressive mais déterminée d’un vaste système coordonné de détentions secrètes de personnes soupçonnées de terrorisme, impliquant non seulement les autorités américaines mais aussi d’autres États dans presque toutes les régions du monde ». Pour eux, « la détention secrète peut constituer en tant que telle une forme de torture ou de mauvais traitement pour les victimes directes ainsi que leurs familles », écrivent-ils. Mais l’objectif réel de la détention secrète est de faciliter et de dissimuler la torture et d’autres traitements inhumains et dégradants afin d’obtenir des renseignements ou de réduire des personnes au silence, ajoute le rapport. Amnesty International demande que les responsables de ces pratiques « rendent réellement des comptes », aux États-Unis comme dans les pays qui ont collaboré avec les services secrets américains. Mais à Bagram les portes sont toujours fermées pour les défenseurs des droits de l’homme.

Pierre Barbancey
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