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 Les micropolluants de plus en plus nombreux et mal traités

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MessageSujet: Les micropolluants de plus en plus nombreux et mal traités   Sam 23 Jan - 9:01

Une partie des micropolluants présents dans les eaux usées sont éliminés par les stations d'épuration classiques. Mais pas tous. Des solutions techniques existent pour obtenir de meilleurs résultats. Mais elles sont coûteuses. Telles sont les conclusions d'une étude de grande ampleur - la plus vaste conduite en Europe sur ce sujet - réalisée par le Cemagref (établissement public de recherche en sciences et technologies de l'environnement), Suez Environnement et l'université de Bordeaux-I.

En France, les effluents domestiques et industriels sont traités par un parc de 17 700 stations d'épuration, dont le ministère de l'écologie a lancé, en 2007, un plan de mise aux normes, 146 d'entre elles ayant été épinglées pour non-conformité avec la réglementation. "Nous sommes en passe de gagner la bataille de l'assainissement", s'est récemment félicitée la secrétaire d'Etat à l'écologie, Chantal Jouanno. La victoire n'est pourtant pas acquise.

La directive-cadre européenne sur l'eau de 2000 exige que soit assuré, à l'horizon 2015, un "bon état écologique et chimique" de tous les milieux aquatiques naturels. En particulier, 33 substances classées "prioritaires", parce que potentiellement nocives, devront avoir disparu des ruisseaux, des rivières et des eaux souterraines, ou y être présentes en moindres quantités qu'aujourd'hui.

Ces produits font partie des multiples micropolluants issus de l'industrie, de l'agriculture, des transports ou des usages domestiques, dilués en quantités infimes (de l'ordre du millionième de gramme par litre), dans les eaux usées. On y trouve, en vrac, des dérivés du pétrole, des pesticides, des solvants, des détergents et des métaux. Sur ces 33 substances, 13, jugées "dangereuses", comme le cadmium et le mercure, devront avoir été totalement supprimées, une réduction étant imposée pour les 20 autres.

En complément d'une baisse des émissions à la source, le rôle des stations d'épuration est crucial. Or, les installations actuelles ont été conçues pour traiter les macropolluants, c'est-à-dire les matières azotées, phosphorées et carbonées. Pour déterminer si elles dégradent aussi les micropolluants, et avec quelle efficacité, le Cemagref et Suez Environnement ont analysé les performances de 21 stations représentatives des différentes filières. En élargissant le panel à plus de 100 substances, très répandues ou suspectées de nocivité.

"Aller plus loin"

Parmi elles, une trentaine de molécules provenant des industries pharmaceutiques. Les résidus médicamenteux, rejetés par ces industries, mais aussi par les hôpitaux (dont les effluents contiennent beaucoup d'anticancéreux), par les élevages industriels (gros consommateurs d'antibiotiques et d'hormones de croissance) ou par les foyers domestiques (avec les urines et les selles), représentent en effet une proportion importante - 15 % - des polluants contenus dans les eaux arrivant en station d'épuration.

L'enquête montre que "85 % des substances prioritaires sont éliminées à plus de 70 %". Le score tombe à "environ 35 %" pour les autres molécules passées au crible. Un examen plus détaillé révèle que les stations conventionnelles ont une bonne capacité d'élimination pour des substances biodégradables comme l'aspirine, le paracétamol ou l'ibuprofène, ou d'autres, retenues dans les boues d'épuration, comme des plastifiants, des hydrocarbures aromatiques et la plupart des métaux. Mais, du fait de leur forte concentration originelle, 50 % des produits restent présents (à l'état de traces) dans l'eau traitée : c'est le cas de détergents, de plastifiants, de solvants et de l'aspirine. En outre, 25 % des molécules restent réfractaires au traitement biologique : ainsi de certains pesticides et certains antidépresseurs.

"Ces premiers résultats sont rassurants, commentent les auteurs de l'étude. On peut aller plus loin." Des procédés d'épuration plus poussés existent : par filtration sur charbon actif, passage par des membranes ultrafines, ou ozonation. Ces techniques pourraient améliorer sensiblement l'efficacité du traitement. Mais leur mise en oeuvre "peut doubler le coût de l'épuration".

Il faudra donc arbitrer, entre coût économique et risques sanitaires et environnementaux. Il est établi que même à très faibles doses, certains polluants peuvent affecter les poissons (en provoquant parfois leur changement de sexe), les mollusques et les plantes aquatiques. En 2008, l'Académie de pharmacie avait estimé que les résidus médicamenteux, qui se retrouvent dans les réseaux d'eau potable et à la sortie du robinet, nécessitaient une surveillance, "notamment pour les personnes sensibles comme les enfants ou les femmes enceintes".


Source : Pierre Le Hir - Le Monde
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MessageSujet: Nos eaux usées n'arrivent pas à éliminer les micropolluants   Lun 8 Fév - 16:25

Nos eaux usées n'arrivent pas à éliminer les micropolluants

Par Laurence-Aboneobio le dimanche 7 février 2010, 12:54 - Planète - Lien permanent

* bonnes pratiques écologiques
* eau
* empreinte écologique
* environnement
* mer
* médicaments
* ménage écologique
* pesticides
* planète
* pollution
* produits écologiques pour la maison

A la maison il est si simple de tirer la chasse d'eau, et hop c'est parti dans les égouts. De même pour l'évier, le lavabo ou la douche. Vous me direz que les stations d'épuration font leur travail de filtrer, nettoyer l'eau avant de la rejeter dans les rivières. En réalité ce n'est pas si simple. Des micropolluants ne sont pas éliminés et se retrouvent dans les milieux naturels. C'est le cas des médicaments, pesticides et détergents mal traités. Dans les eaux des rivières, on retrouve des molécules anticancéreux, antibiotiques, hormones féminisantes, antidépresseurs, antiépileptiques, et analgésiques, mais aussi du glyphosate (herbicide Rond Up Monsanto, ...), des phtalates, bisphénol A, des résidus d'origine pétrochimique utilisés dans les détergents, ...Il faut savoir que la loi impose seulement une biodégradabilité de 60 % uniquement sur les tensio-actifs (bases lavantes) mais rien pour les autres additifs (conservateur, anti calcaire, parfums,...). D'où l'importance d'utiliser des vrais produits d'entretien écologiques utilisant uniquement des bases végétales.

station épuration

Il faut savoir que plus 100000 molécules chimiques sont sur le marché et sont déversés dans l'eau sans bilan sur l'écosystème !. Le temps de les connaitre, de mettre en place les outils pour les traiter correctement et en voilà déjà de nouvelles arrivées. Impossible à suivre, compte tenu des coûts nécessaires pour définir de nouveaux processus de traitement. Les traitements à base de boues donnent de bons résultats, mais partiels. Il est urgent d'agir car déjà plus de la moitié de nos nappes phréatiques sont empoisonnées et en Chine 80 % des grands axes fluviaux sont tellement pollués que les poissons n’y vivent plus !

En 2015 une trentaine de polluants et de métaux lourds devra disparaitre selon une directive européenne de 2000, parmi les plus nocifs : pesticides, solvants, plastifiants, mercure, cadium, plomb, arsenic....Il faut savoir qu'on retrouve encore dans l'eau des traces de pesticides pourtant interdits en France, comme l'aldrine, la drieldrine, l'heptachlore ! Reste encore le cas de 53 stations d'épurations qui ne sont pas aux normes (sur 18000, on avance quand même). .

phénomène d'eutrophisation

Outre les problèmes sur la santé (voir l'article eau et cancer : quelle eau faut il boire ?), ces rejets dans les rivières ont des conséquences graves sur l'environnement :

* Limiter les échanges d'oxygène entre l'air et l'eau quand ils sont en surface
* Intensifier l'eutrophisation des eaux (c'est un phénomene courant dans les rivières et en Méditerranée : l'eau est altérée par un manque d'oxygène dû à la prolifération des algues, en modifiant la faune et la flore)
* Modifier le comportement des animaux (changement de sexe des poissons qui deviennent trop nombreux à prendre un sexe féminin, difficulté d'ouverture, de fermeture ou d'enfouissement des coquillages, ...)
* Inhiber la croissance des végétaux (ils se déposent sur les végétaux et forment des nécroses qui entrainent leur mort)




Il faut entre 100 et 300 siècles pour que l'eau d'une nappe phréatique se renouvelle complètement. Alors attention à utiliser de vrais produits d'entretien écologiques et à ne pas rejeter des polluants dans nos égouts qui ne seront pas totalement éliminés par les stations dépuration et qui se retrouveront dans nos rivières et nos nappes phréatiques. L'eau que nous polluons aujourd'hui est celle que nous boirons demain ! ...
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