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 Cap sur Rapa qui aspire à l'autosuffisance

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MessageSujet: Cap sur Rapa qui aspire à l'autosuffisance   Ven 22 Jan - 17:02

Cap sur Rapa qui aspire à l'autosuffisance
le 18 janvier 2010 à 17:07 | source: Tahitipresse | 3 commentaires


Située à 1420 km de Tahiti, l’île Oparo où Rapa aspire à son autosuffisance, comme l'explique à Tahitipresse son maire, Narii Tuanainai. Lequel évoque la fin de l'exode des jeunes, sa colère contre les gouvernements successifs qui depuis 2004 n'ont fait avancer aucun projet, ses espoirs dans la culture du café, la piste d'aviation, ou encore le pouvoir du Conseil des Sages. Rencontre.



À l’écart du monde occidental, Rapa, l'île bordée de falaises, ne possède aucune piste d'atterrissage et n'est desservie que tous les trimestres par un cargo. Internet (mais sans l'ADSL) n'est arrivé qu’en 2007. Mais Rapa, c'est aussi des terres vierges, un climat frais qui favorise la culture des pêchers, orangers, avocatiers, qui cohabitent avec les "taro", maniocs, pommes de terre, et autres choux ou salades. Des boeufs et chèvres sauvages en liberté sur les reliefs, une profusion de langoustes et d'oursins... À Rapa, on est à la fois pêcheurs, cultivateurs et chasseurs. À Rapa, la terre appartient à la communauté. Ici, toute décision importante est prise après concertation de la population et du Conseil des Sages, explique son maire, Narii Tuanainai qui additionne son troisième mandat. Interview.




Tahitipresse : Rapa est le paradis le plus méridional de Polynésie française, alors quand on vit au paradis que peut bien vouloir de plus son maire ?


Narii Tuanainai : Ce que je souhaiterais pour cette population et pour cette île, c'est devenir le plus autonome possible au niveau alimentaire déjà. Créer un système propre à l'île où personne ne sera mis au bord de la route. Un système mis en place par les Rapa, pour tous les Rapa, sans exception.


Tahitipresse : Quelles ont été vos demandes à la délégation gouvernementale qui est venue à Rapa ?


Narii Tuanainai : Depuis 2004, tous les projets importants, c'est-à-dire la construction d'un hangar portuaire pour les hydrocarbures, le bétonnage de la route, le remblai d'Area, et autres, rien n'a abouti. Rien n'avance ! Nos demandes à la délégation du gouvernement conduite par le vice-président Édouard Fritch portaient essentiellement sur la mise en place du développement de l'agriculture, de la pêche, de l'élevage et de l'artisanat, et d'autres domaines purement locaux. L'agriculture et la pêche ne permettent pas l'autosuffisance. Il y a des produits qu'il faut développer, telle que la pomme de terre qui est importée sur Rapa de Tubuai ou de Tahiti, alors qu'elle pourrait très bien être cultivée à Rapa, ainsi que bien d'autres produits comme le café. Et si il y a surproduction, envisager l'exportation du café sur Rurutu où se situe une usine de torréfaction de café, quand on sait que 400 tonnes de café sont importées de l'extérieur, alors qu'elles pourraient être produites dans l'ensemble des Australes. Mon idée est d'arriver à produire le maximum au lieu d'importer pour arriver ainsi à l'autosuffisance.


Tahitipresse : Le café semble être l'espoir économique de l'île...


Narii Tuanainai : Le café, on y croit ! Il faut passer à la vitesse supérieure. Nous avons d'ores et déjà mis en place une pépinière chargée de multiplier les plants. Jusqu'à présent, chacun fait son jardin potager et derrière, cultive son champ de café où poussent également les bananiers. C'est ainsi dans la vie quotidienne. Par contre, demain, et tout en maintenant le système actuel, il faut passer à une vitesse supérieure, à une échelle de développement qui permettrait de rapporter un peu de sous dans les foyers. Aujourd'hui, on a besoin d'argent pour payer le téléphone, l'électricité et autres.


Tahitipresse : L'atout de Rapa est que le foncier n'est pas en indivision, mais appartient à la population, c'est bien ça ?


Narii Tuanainai : Le foncier est géré en communauté. Il est managé par le Conseil des Sages. La terre n'appartient à personne, et en même temps a tout le monde. Celui qui s'installe à Rapa, on lui attribue une terre. Enfin, à celui qui peut apporter la preuve qu'il a une filiation avec l'île, c'est-à-dire des ascendants Rapa. Dans ce cas-là, on n'a pas le droit de lui refuser une parcelle de terre. Quand la personne décède et s’il n'a pas d'héritier, la terre revient à la communauté.


Tahitipresse : Le Conseil des Sages (Tohitu) est-il plus puissant que le conseil municipal ?


Narii Tuanainai : Avant d'être à la tête de la commune, je faisais partie du Tohitu. J'étais membre du Conseil des Sages et en 1995, quand j'ai été élu maire, j'ai démissionné du Conseil des Sages pour ne pas influencer les décisions du Conseil. Malgré tout, il y a plusieurs membres du conseil municipal qui font toujours partis du Tohitu. Le Tohitu, c'est 14 personnes avec 14 suppléants. Les membres du conseil sont issus des grandes familles originelles de l'île. Chacune famille élit deux "Tiaau" (élus) qui intègrent le Tohitu, l'un comme membre titulaire et l'autre comme suppléant. Une fois dans le Conseil des Sages, on ne parle plus individuel. On remet toute l'île en commun. Elle est gérée d'une seule façon valable pour tout le monde. En ce qui concerne le foncier, le Tohitu est plus puissant que le conseil municipal. Il serait bien d'ailleurs de laisser au Tohitu la gestion de tout ce qui concerne la communauté, par exemple les zones de pêche autorisées ou pas, ou encore la gestion du troupeau de boeufs qui appartient a la coopérative.


Tahitipresse : Qu'en est-il de l'aéroport de Rapa dont il est régulièrement question ?


Narii Tuanainai : L'aéroport, l'île n'est pas demandeur. Ce qui est marrant dans ce dossier de piste d'avion, c'est toujours ceux qui n'habitent pas sur l'île, qui réclament une piste. Peut-être est-ce pour leur permettre l'accès à Rapa. Alors que celui qui habite l'île n'est pas vraiment demandeur. On a une solution pour les évacuations sanitaires : c'est par Super Puma. Le problème de la piste est lié au problème du foncier. Nous avons peur qu'il facilite les va-et-vient des Rapa qui ont résidé très longtemps à Tahiti et qui ne perçoivent plus la même gestion du foncier que nous. Ils ont changé de mentalité, et en mal ! Les rares cas que nous avons eus, arrivent sur place et disent, ici, c'est la propriété de mon grand-père alors que nous à Rapa, on ne tient pas ce langage !


Tahitipresse : On entend dire que le phénomène de l'exode des jeunes à Rapa s'est inversé. C'est exact ?


Narii Tuanainai : Les jeunes reviennent à Rapa et c'est tant mieux. Je préfère les savoir dans l'île que de trainer en ville, à Papeete où ils grossissent les bidonvilles de Tahiti. Les jeunes reviennent parce qu'ils ont été confrontés à des problèmes lorsqu'ils ont été faire leurs études à Tahiti. Ils sont obligés de se faire héberger dans les familles et ça ne tient pas longtemps. Alors, ils reviennent à Rapa.


Tahitipresse : Est-ce "confortable" d'être maire à Rapa ?


Narii Tuanainai : Les maires ont les compétences, mais pas les moyens financiers ! Ils devraient toucher un salaire plus conséquent. Si on énumère les responsabilités d'un maire et d'un représentant à l'Assemblée, entre le temps travaillé par un maire qui est appelé quotidiennement par ses citoyens et celui d'un représentant à l'Assemblée, les deux indemnités ne collent pas du tout avec les réalités du terrain.


Tahitipresse : Politiquement, vous êtes un inconditionnel du Tahoaeraa huiraatira avec une fidélité à toute épreuve ! Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?


Narii Tuanainai : Je suis à fond Tahoaeraa ! Et ce, jusqu'à ce que Gaston Flosse se retire de la scène politique. Il m'a tellement aidé, pas politiquement, ni financièrement, mais sur le plan personnel. Lorsque je suis tombé malade, j'ai été évacué en Super Puma sur Papeete. Selon les médecins, j'étais un cas perdu. Gaston Flosse m'a rendu visite et a fait en sorte de trouver un spécialiste en métropole qui m'a soigné. Non seulement il est intervenu pour me trouver un professeur pouvant me soigner, mais il est venu me voir en métropole. Nos liens d'amitié ne peuvent pas être rompus. Politiquement, quand je vois ce qui se passe, je me dis qu'il n'y a plus de valeur. Il faut changer la loi électorale. Mais ce n'est pas cette loi qui va empêcher les girouettes d'agir !
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