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 Intelligence animale

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MessageSujet: Intelligence animale   Jeu 31 Déc - 19:50

L'intelligence des animaux

L'intelligence des animaux est un sujet qui a donné lieu à de nombreux travaux dont les résultats offrent non seulement une meilleure compréhension du monde animal mais aussi, par extension, des pistes pour l’étude de l’intelligence humaine. Des expériences scientifiques ont par exemple révélé que les bébés humains se trouvent sur un pied d’égalité avec les animaux lorsqu’il s’agit d’arithmétique simple : une découverte étonnante qui met en évidence l’intérêt de la recherche sur l’intelligence animale.

Différents groupes d'espèces se démarquent par leurs aptitudes intellectuelles lors des recherches sur l'éthologie cognitive. Les grands singes, les dauphins et les éléphants, qui peuvent se reconnaître dans un miroir, les chimpanzés et les corvidés (pies, corbeaux) qui fabriquent des outils, les perroquets qui peuvent tenir une conversation structurée, comprendre la notion de zéro et communiquer avec plus de 800 mots, les éléphants qui ont un comportement singulier face à leurs morts et les cétacés au langage complexe ne sont que des exemples d'intelligences manifestés. D'autres animaux tels les rats, les cochons et les pieuvres ont intéressé les chercheurs par leur capacité de raisonnement.
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Certains animaux à l’organisation sociale particulière, dits animaux eusociaux, ont une intelligence individuelle limitée mais forment cependant des communautés sociales capables d'adaptation intelligente lorsqu'ils sont en groupe : on parle alors d'Intelligence collective, comme c'est le cas chez les insectes sociaux.

Il existe une distinction entre « l’intelligence », concept abstrait, et le « comportement intelligent », phénomène observable et mesurable. L'intelligence n'est pas une propriété biologique comme la taille du cerveau, mais une abstraction fondée sur des jugements de valeur au sujet du comportement d'un organisme. Les résultats plus ou moins élevés à des expérimentations déterminent en quelque sorte le « degré » d’intelligence. Si l'observateur estime qu'une espèce possède une quantité suffisante des caractéristiques comportementales qui caractérisent selon lui l'intelligence, il classera cette espèce comme plutôt intelligente.

Une grande partie de ce qui a été considéré jusqu’à maintenant comme relevant du domaine de l’intelligence animale est dorénavant placé sous la dénomination de « cognition animale ». Aussi appelée éthologie cognitive, cette discipline correspond à l’étude moderne des capacités mentales des animaux non humains. Elle a été développée à partir de la psychologie comparative, également connue sous le nom de psychologie différentielle, et a été fortement influencée par les approches de l’éthologie, de l’écologie béhavioriste et de la psychologie évolutionniste.

L'un des intérêts de l'étude de la cognition animale est d'essayer d'appréhender ses effets sur la sélection de l’habitat, les invasions ou la biodiversité, par exemple. Différentes manifestations de la cognition, comme l’exploration, la néophobie, l’innovation, l’apprentissage individuel et social, l’utilisation d’outils, la réciprocité et les coalitions ont des effets sur les relations sociales, le choix d’aliments ou la réponse aux perturbations du milieu causées par l’homme.

En ce qui a trait à l’alimentation, les recherches d’Alex Kacelnik, écologiste béhavioriste à l’Université d’Oxford, ont dévoilé une faculté observable chez certains oiseaux : la capacité à se remémorer un événement du passé. Dans un reportage de Virginia Morell ("Inside Animal Minds", National Geographic, mars 2008), Kacelnik explique comment le geai buissonnier semble pouvoir se rappeler la nature des aliments qu’il cache et déterminer à quel moment il doit les récupérer pour éviter qu’ils ne pourrissent. Les psychologues cognitifs, qui travaillent auprès d’humains, appellent cette capacité la mémoire épisodique.

La cognition varie d’une espèce à l’autre, allant de simples apprentissages chez plusieurs invertébrés à des formes beaucoup plus complexes chez les abeilles, les pieuvres, les corvidés, les primates et les odontocètes. Quand des animaux sont examinés pour déterminer leur capacité à apprendre une règle, les meilleurs points sont obtenus par les humains et, dans une moindre mesure, par leurs cousins primates.
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On utilise souvent comme exemples d’intelligence animale des cas de comportements extrêmement complexes ou fortement appropriés. Certains comportements collectifs des insectes , celui de la construction de nid d'oiseaux ou encore la fabrication d'outils (vidéo) entrent dans ce cadre. Aussi impressionnants soient-ils, ces exemples ne sont pas nécessairement représentatifs de comportements intelligents. Ils peuvent n’être que les manifestations de programmes sensorimoteurs sophistiqués. La caractéristique du comportement intelligent, tel que défini par l’humain, devrait correspondre à la réaction de l'individu devant un nouveau défi pour sa survie et, éventuellement, sur la façon dont il transmet sa connaissance à ses congénères. Toutefois, Clive Wynne, qui a étudié la cognition des pigeons à l’Université de Floride, affirme que cette définition peut être limitative et impropre à représenter l’intelligence animale (autre qu’humaine). Dans le National Geographic de mars 2008 (p. 53), il affirme que « les psychologues spécialistes de la cognition humaine sont parfois si arrêtés sur leurs définitions qu’ils oublient à quel point les découvertes des animaux sont fabuleuses. »

Il n'en demeure pas moins que l'étude de la cognition animale se concentre, en partie, sur l'étude des problématiques suivantes : l’animal peut-il adapter ses techniques (construire des nids complexes, par exemple) en utilisant de nouveaux matériaux pour pallier l'absence des matériaux habituels ? Peut-il se procurer une source nouvelle de nourriture qui serait relativement inaccessible, quand les sources traditionnelles se tarissent ? Peut-il rapidement acquérir de nouvelles méthodes d'action pour éviter les prédateurs, ou pour réagir à l'apparition soudaine d'une forme de prédation inédite ?

Des observations étonnantes
En laboratoire, des études menées auprès d’oiseaux et de mammifères ouvrent d’autres voies à l’étude de la cognition animale. Au cours des années passées, les scientifiques cognitifs ont révélé, selon l’article Inside Animal Minds, publiée dans le National Geographic de mars 2008, que la capacité d’imitation de certains animaux pourrait en fait être une démonstration d’intelligence. En effet, Louis Herman, psychologue cognitif, affirme que les dauphins démontrent leur capacité à former une image mentale lorsqu’ils imitent, par exemple, la pose de leur entraîneur.

Depuis la fin des années 60, Herman étudie les dauphins. Pour communiquer avec eux, il a développé, avec son équipe, un langage codé transmis par le bras et la main des entraîneurs. À des mots de vocabulaire tels que "panier" ou "ballon" se sont ajoutés des termes abstraits qui font référence à une connaissance grammaticale de base : gauche, droite, à l’intérieur, etc.

Au-delà de l’habileté des dauphins à répondre aux demandes des entraîneurs, Herman a démontré que ces animaux pouvaient créer des mouvements qui n’avaient pas fait l’objet d’un entraînement. Au cours d’une expérience, des mots comme planche de surf, nageoire dorsale, toucher sont transmis à l'un des dauphins de Herman. Au signal, l’animal nage vers la planche, se tourne sur le côté et le touche de sa nageoire dorsale – une réponse qu’on ne lui avait jamais enseignée. À la suite de cette observation, le chercheur et son équipe ont conçu un signe pour demander aux dauphins d’inventer un mouvement de leur choix.

Capacité d’adaptation et esprit créateur

L'un des aspects de la recherche actuelle sur l'intelligence animale repose donc sur la définition même du concept d'intelligence. Aussi, il est nécessaire de se pencher sur la question d'appréciation des résultats d'expérimentations et des conceptions usuelles de l'intelligence humaine. Pour plusieurs personnes, l'intelligence animale ne réfère pas à la production d’idées[8], comme c'est le cas chez l'humain instruit par ces cultures. Il ne serait donc pas question de réfléchir pour contourner certains obstacles, pas plus que d’« esprit créateur », tel qu'observé chez les dauphins de Herman. Des chercheurs affirment que l'intelligence animale serait plutôt la faculté d’un animal à s’adapter aux pressions nouvelles de son environnement. Dans cette optique, être intelligent consisterait uniquement à apprendre à s'adapter et à tirer profit des changements du milieu.

Problèmes particuliers [modifier]
La problématique de l'intelligence animale est étudiée par différentes voies, qui chacune présentent des problèmes particuliers, parmi elles : l'utilisation d'outils, la mémoire et le langage.
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Le biologiste Rémy Chauvin s'est par exemple intéressé à l'utilisation d'outils développés par les animaux en fonction de situations particulières: des nids de feuilles cousues par certaines fauvettes, la construction de barrages par les castors et les outils proprement dits utilisés par les primates pour la pêche aux fourmis et termites; tout cela démontre qu'il ne s'agit pas d'instincts aveugles, mais de constructions pensées répondant à un but.[9]

Quant à la mémoire, contrairement à ce que l'on pourrait penser, celle des animaux est très développée. Les animaux vivent et se développent par un processus d'apprentissage et de traitement de l'information permettant de résoudre un problème posé par l'environnement. C'est ce qu'on appelle la cognition. [10] En effet, grâce à la cognition, un animal réussit à faire face à des situations nouvelles. De plus, lorsqu'une ancienne situation se reproduit, l'ancien réflexe rejaillit de sa mémoire et de cette manière, l'animal agira selon le processus de stimuli-réponse.

Enfin, la question du langage repose sur le mauvais choix de terme utilisé. Faudrait-il parler de langage ou de communication quand il est question d'animaux?[11] Des expériences avec des singes, des oiseaux et des dauphins, dont il est question plus loin, ont démontré chez eux une capacité à apprendre un langage ou quelque chose qui ressemble au langage. Mais des controverses subsistent quant à ce que ces animaux ont vraiment appris.[12]

Tests [modifier]
Pour comparer l'intelligence de différentes espèces, il est difficile d'imaginer un test qui ne soit pas biaisé d'une façon ou d'une autre. Nombre de tests sur la capacité des animaux de résoudre des problèmes n'étaient, au début, pas fiables[13]. Le même test, utilisé avec la même espèce, donnait parfois des résultats différents selon le type d'appareil employé. Parfois aussi, le même test, avec le même appareil, donne des résultats étonnamment différents.

Les scientifiques ont fait diverses tentatives pour découvrir si des animaux pouvaient maîtriser des problèmes qui requièrent l'apprentissage d'une règle générale. On peut apprendre à des animaux à choisir dans un lot de choses un objet qui correspond à un échantillon. Les primates apprennent très vite à résoudre ce genre de problèmes, mais un pigeon a besoin de nombreux essais. Harry Harlow [14] avait conçu un test pour mesurer la capacité des animaux à suivre des règles et à faire des inférences valides. Au lieu de tester des singes par une simple discrimination visuelle, Harlow leur présentait une série de tests pour lesquels il fallait appliquer chaque fois la même règle. Si l’animal s’améliore lors d’une telle série, on dit qu’il a acquis un certain ensemble d’apprentissage en série (learning set). Ainsi, on pouvait donner à l'animal une suite de problèmes de discrimination et le classer, ensuite, selon son taux d’amélioration.

Lorsqu'on classe les animaux selon leur taux d'amélioration sur une série de problèmes, on peut prédire leur rang d'après un index de développement du cerveau[15],[16]. Cet index est une estimation du nombre de cellules nerveuses dans le cerveau qui s'ajoutent à celles qui sont nécessaires pour le contrôle des fonctions corporelles[17]. Il semble qu'on puisse concevoir des tests pour l’intelligence animale qui soient semblables à ceux appliqués à l’intelligence humaine et qui différencient les membres d'espèces différentes.

Aspects culturels du comportement [modifier]
L'évolution est un résultat de la sélection naturelle, et la transmission héréditaire des caractéristiques acquises n’est normalement pas possible. Quelle que soit l’adaptation d'un animal individuel à son environnement, que cette adaptation soit apprise ou physiologique, les adaptations acquises ne peuvent se transmettre à la descendance par voie génétique. C'est une notion largement acceptée parmi les biologistes. Cependant, l'information peut se transmettre de parent à enfant par imitation et par imprégnation. En général, le passage d'informations d'une génération à la suivante par des voies non génétiques s'appelle échange culturel [18].

L'imitation n’est pas forcément un signe d'intelligence supérieure[19]. Des animaux peuvent se copier l'un l'autre du simple fait de la facilitation sociale. De nombreux animaux mangent plus quand on les nourrit en groupe que lorsqu'ils sont seuls. On a démontré cela expérimentalement aussi bien chez les poussins, les chiots et les poissons que chez les opossums.

Langage [modifier]
Article détaillé : langage animal.
La communication animale possède certains points commun avec le langage humain. Ici, deux chiens communiquant en face à face.Parler de langage animal pose un problème de définition du terme langage. On utilise souvent le terme langage au sens large, incluant celui de communication : en ce sens, les animaux communiquent plus ou moins bien, par diverses voies[20], et certains animaux ont une communication remarquable (sans l'aide de l'homme, comme chez les abeilles étudiées par Karl von Frisch, ou acquise grâce à l'homme, comme chez les grands singes par exemple[21]).

Le linguiste Émile Benveniste, dans son article de 1952 Communication animale et langage humain, pose clairement la différence entre communication et langage, différence toujours d'actualité pour la linguistique. Il reprend et rend hommage à Karl von Frish pour ses travaux sur la communication des abeilles (la « danse » qui indique la direction du pollen), qui permettent de définir en retour ce qu'est le langage. Le célèbre linguiste définit la communication des abeilles comme un « code de signaux », qui « dénote un symbolisme particulier qui consiste en un décalque de la situation objective » (des données visuelles et géographique : où se trouve le pollen). Dans le langage humain, au contraire, « le symbole en général ne configure pas les données de l'expérience, en ce sens qu'il n'y a pas de rapport nécessaire entre la référence objective et la forme linguistique » (c'est-à-dire que les signes du langage humain sont arbitraires et ne ressemblent pas à ce qu'ils désignent, au contraire des symboles qu'on emploie pour communiquer avec les animaux, comme par exemple un clavier pour singe où sur chaque touche est représentée une forme concrète et connue du singe). La différence entre langage et communication animale réside donc dans le caractère infiniment plus abstrait du signe linguistique : les animaux n'emploieraient que des symboles.

Selon Louis Lefebvre, professeur du biologie à l'Université McGill, il est possible de vérifier la capacité que certaines espèces ont à apprendre des "phrases" formées de séquences de symboles. Le perroquet Alex a prouvé à sa maîtresse Irene Pepperberg qu'il pouvait non seulement décrire des objets, les identifier et nommer leur différence, mais aussi dire des phrases courtes comme: Alex donne pomme Irène, ou l'inverse. Ainsi, il s'agit là de symboles, en référence aux objets, que le perroquet place dans l'ordre logique de l'action [22].

Construction de catégorie (catégorisation) [modifier]
La capacité à regrouper des objets au sein d’une même classe, suppose, en plus de l’élaboration d’une relation de ressemblance ou de différence entre les caractéristiques physiques des stimuli, le recours à une représentation de la classe comme entité discriminable elle-même de celle d’une autre classe.

Des études spectaculaires ont été menées sur le pigeon par Herrnstein et ses collaborateurs[23] afin d’attester cette capacité. Des pigeons ont été entraînés à discriminer dans un ensemble de 80 diapositives celles qui contiennent des arbres (la moitié du lot) de celles qui n’en contiennent pas (l’autre moitié). Une seule diapositive est montrée à la fois, le pigeon étant renforcé avec de la nourriture quand il donne un coup de bec (sa réponse) sur une clé sous la diapositive montrant un arbre (le stimulus positif). Les réponses données à la représentation du stimulus négatif (diapositive ne comportant aucun arbre) ne sont jamais renforcées. A la suite d’un grand nombre de séances d’entraînement, la plupart des pigeons ont discriminé correctement les deux sous-ensembles d’objets. Pour les chercheurs, les pigeons sont parvenus à abstraire le concept d’arbre dans la mesure où ils sont capables de le généraliser à d’autres spécimens d’arbres pour lesquels ils n’avaient pas été entraînés[24].

Ces capacités de discrimination du pigeon ne se limitent pas à des objets comme les arbres, objets dont l’importance est évidente pour un oiseau. D’autres recherches ont en effet montré que cet oiseau est également capable de reconnaître des scènes aquatiques comportant des poissons de celles où les poissons sont absents.
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MessageSujet: Intelligence animale (2)   Jeu 31 Déc - 19:51

Mémoire [modifier]
Des données, recueillies à l’aide de protocoles expérimentaux similaires et se rapportant à la mémoire de listes, sont disponibles à la fois chez le pigeon et chez le singe. Ces travaux permettent de réaliser des comparaisons entre deux espèces et de comparer également les performances des animaux avec des sujets humains.

La technique de l’apprentissage sériel a été appliquée à des singes capucins par D’Amato et Colombo[25]. Les singes ont acquis plus rapidement que les pigeons une liste de 5 items comprenant des couleurs ou des formes non colorées. D’après Terrace (1993), le singe développe une représentation linéaire de la liste lui imposant de commencer au début de la liste et de se déplacer dans celle-ci jusqu’à ce qu’il localise un des items apparaissant dans un sous-ensemble donné. En revanche, pour produire sa séquence, le pigeon s’appuierait sur la saillance du premier et du dernier item de la liste[26]. L’ensemble de ces résultats montre que l’oiseau et le primate mettent en œuvre des stratégies cognitives qui, bien que différentes, impliquent l’usage de représentations dans l’apprentissage de listes d’items.

De son côté, Tetsuro Matsuzawa, primatologue japonais, a étudié les capacités d’un singe à refaire une séquence de chiffres après ne les avoir vus qu’une fraction de seconde. Il les compara à un groupe d’étudiants qui, avec six mois d’entraînement, n’ont pas été aussi rapides que le chimpanzé. Matsuzawa observa que le singe réussit à refaire la séquence dans 80 % des cas, tandis que les étudiants, eux, réussirent dans 40 % des cas.[27].

La mémoire épisodique, que l'on croyait exclusive aux humains, est la capacité de se souvenir d'un objet dans un moment donné et à un endroit précis. Le geai buissonnier, qui a l'habitude de cacher de la nourriture, est un bel exemple. Nicolas Clayton de l'université de Cambridge et son équipe ont voulu reproduire le phénomène en laboratoire. Ils ont placé le geai dans une cage à trois compartiments communiquant entre eux, mais dans laquelle seul le compartiment de droite contenait de la nourriture. Durant deux heures par jour, pendant cinq jours, les chercheurs ont enfermé l'oiseau dans un des compartiments, qui un jour contenait de la nourriture et le jour d'après non. Le sixième jour, l'oiseau avait déplacé de la nourriture dans le compartiment qui n'en contenait pas. Le chercheur a conclu que l'oiseau avait une capacité à planifier en se servant de sa conscience du passé, du présent et du futur.[28]

Permanence de l'objet [modifier]
Les théories de Jean Piaget, concernant le développement de l’intelligence chez l’enfant, ont inspiré un certain nombre de travaux en psychologie comparée de la cognition. Selon ce psychologue (aussi biologiste, logicien et épistémologue), l’acquisition de la permanence de l’objet est très importante pour le développement de la pensée. À l’aide de cette permanence, l‘enfant peut concevoir les objets comme des entités fixes et permanentes. Cette acquisition entre la naissance et l’âge de deux ans passe par une série de six stades. L’existence d’un objet permanent sert de support à de multitudes acquisitions au cours de l’enfance. Elle est indispensable pour l’organisation de l’espace, du temps et de la causalité.
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La permanence d’un objet apparaît au cours du stade 3 pour l’enfant, vers l’âge de 6 mois. Dans les stades suivants, l’enfant maîtrise les déplacements visibles de l’objet sous plusieurs écrans, puis est capable d’en reconstituer mentalement les déplacements invisibles que l’expérimentateur lui fait effectuer.

Des tests de permanence de l’objet ont été proposés à de nombreuses espèces animales, comme le hamster, le poussin le chat et les primates. Les résultats à ces tests diffèrent selon les espèces concernées et seuls les primates montrent un ordre d’apparition des stades correspondant à celui qui est observé chez l’enfant. Toutefois, certaines espèces s’arrêtent au stade 4. C’est le cas pour le singe-écureuil étudié par Vaughter et ses collaborateurs[29]. Le chimpanzé étudié par Wood et ses collaborateurs[30] franchit toutes les étapes et parvient même au stade 6 plus rapidement que l’enfant. Il n’est pas surprenant que des primates non humains, qui se déplacent de façon autonome dans l’espace beaucoup plus tôt que les jeunes enfants, apprennent plus rapidement qu’eux les relations objectives et spatiales entre objets. Le test de permanence de l’objet pourrait donc remplir un rôle différent dans les constructions cognitives de l’homme et du primate[31].

Utilisation d'outils et degré d'innovation [modifier]
La capacité d'utiliser des outils a été considérée très longtemps comme un aspect de l’intelligence. Cette capacité se développe probablement chez un individu grâce à un mélange d'apprentissage imitatif et instrumental. À cet égard, il est difficile de séparer l’utilisation d'outils par les primates du développement de l'exploration chez le pinson-pic. Certains biologistes, tout en admettant que l'utilisation d'outils n’est pas, en soi, un signe d'intelligence, arguent qu'elle prépare le terrain pour un comportement réellement intelligent, qui implique l'innovation.[32]

Le cas d’usage d’outil le plus accompli rapporté à ce jour concerne le cassage de noix par les chimpanzés, observé par Sugiyama et Koman[33] en Guinée et par Boesch[34] dans la Forêt de Taï en Côte-d’Ivoire.

Les noix les plus fréquemment cassées par ces chimpanzés possèdent une coque très dure et cette activité requiert des conditions spécifiques : la présence d’une « enclume » (une souche ou une pierre plate) sur laquelle la noix est placée et d’un « marteau » (morceau de bois ou grosse pierre) qui sert d’outil pour la briser. La résistance de ces noix contraint les chimpanzés à sélectionner les meilleurs marteaux et à les transporter jusqu’au pied des noyers. Une étude de l’organisation spatiale du transport des marteaux conduite par Boesch[35] suggère que les chimpanzés se souviennent des lieux où les outils possibles sont déposés. De plus, ils choisissent leurs pierres de telle sorte que le trajet entre l’outil sélectionné et l’arbre implique le parcours minimal. La stratégie adoptée par le chimpanzé consiste à sélectionner d’abord un arbre porteur de noix, puis à choisir une pierre en fonction de la distance à parcourir[36]. Pour les chercheurs, ces comportements supposent une représentation spatiale élaborée qui permet au chimpanzé de mesurer les distances et de les comparer entre elles.

Un autre exemple stupéfiant : les chimpanzés et les corbeaux de Nouvelle-Calédonie ont la capacité d'utiliser des brindilles qu'ils adaptent et insèrent dans un trou d'arbre ou une crevasse pour dénicher des insectes et se nourrir. Ces observations ont été faites maintes fois en milieu naturel.[37] Toutefois, il arrive que les chercheurs observent des évènements inusités qui relèvent de l'innovation. Par exemple, une corneille d'Israël a été aperçue alors qu'elle utilisait un morceau de pain qu'elle laissait flotter à la surface de l'eau pour leurrer des poissons. Elle alla même jusqu'à tenter de les attirer à des endroits plus accessibles pour elle.[38]

Enfin, le "trap-tube test" est aussi une méthode utilisée pour vérifier si l'animal comprend la relation de cause à effet lors de l'utilisation d'un outil. Dr Elisabetta Visalberghi a observé des capucins se servir d'une sorte d'un bâtonnet qu'on lui avait fourni pour retirer d'un tube de la nourriture qu'on y avait préalablement placé. En poussant sur la nourriture avec le bâtonnet, la nourriture tombait de l'autre côté et n'était pas accessible, alors que s'il essayait de tirer la nourriture vers lui, il pouvait l'obtenir. Le capucin ne s'est pas avéré capable de comprendre le phénomène de façon assez convaincante pour les chercheurs.[39]

Raisonnement [modifier]
Sue Savage-Runbaugh observa avec l’aide de Kanzi, singe bonobo, que les primates sont capables de mentir. Pour ce faire, elle offrit une clé à Kanzi. Ce dernier alla la cacher une fois Sue repartie. Par la suite, la chercheuse demanda au singe de lui redonner la clé, mais croyant l'avoir perdu, tous les deux se sont mis à la chercher, sans résultat. Une fois seul, le singe alla chercher la clé et l’utilisa pour sortir de son enclos.[40]

Un autre cas recensé de mensonge implique la femelle gorille Koko. S'exprimant en langage gestuel, elle impliqua sa monitrice alors qu'elle avait détruit un évier. Lorsqu'on lui demandait pourquoi elle avait commis un tel geste, Koko répondait avec front : "Kate évier mal". [41]

Expression de l’émotion [modifier]
Sara, une jeune chimpanzé apprit le langage des sourds et muets, expliqua à son gardien qu’elle s’ennuyait d’un copain décédé. Selon Étienne Danchin, chercheur et coauteur du livre Éthologie comportementale, cette anecdote démontre que les primates peuvent avoir une certaine conscience du vide et ressentir de l’angoisse.[42]

Conscience de soi [modifier]
Un courant de recherche récent en psychologie animale, initié en 1978 par Premack et Woodruff[43], envisage la question des attributions de savoirs et de pensées chez les animaux et en particulier chez les primates. Dans cette perspective, le chercheur tente de déterminer si, par exemple, des chimpanzés pensent que leurs congénères ont des intentions. Ce type de question est abordé dans le cadre de la théorie de l’esprit (theory of mind).

Deux raisons permettent de parler de « théorie ». La première tient au fait que les états mentaux ne sont pas des phénomènes directement observables et qu’il faut donc les inférer. De plus, l’existence de ces systèmes inférentiels permet à celui qui les possède de réaliser des prédictions à propos du comportement d’autres individus[44].

Le thème de l’attribution des savoirs concerne en premier lieu les connaissances qu’un individu peut élaborer à propos de lui-même. Une méthode pour évaluer ces connaissances se rapporte par exemple aux réactions que cet individu manifeste devant son image dans un miroir.

L'un des tests les plus usités pour vérifier l'intelligence d'un animal est l'épreuve du miroir, qui consiste à placer l'animal à tester seul devant un miroir pour voir s'il se "reconnaît", s'il a conscience de lui-même [45] Pour ce faire, l'animal est marqué avec de la peinture à un endroit où il ne peut pas s'observer lui-même, par exemple sur le front pour un chimpanzé. Ensuite, l'observateur étudie le comportement de l'animal : s'il attaque son reflet ou le fuit, c'est signe qu'il ne comprend pas que c'est lui qu'il voit dans le miroir et non pas un autre animal. Par contre, s'il tente de savoir ce qu'il y a derrière le miroir, s'il touche la marque de peinture avec insistance et s'il inspecte diverses autres parties de son corps qu'il ne peut observer par lui-même, c'est signe qu'il comprend que c'est lui qu'il voit dans le miroir, et donc cela prouve qu'il a conscience de lui-même. À ce jour, seuls les grands singes, le dauphin, la pie et l'éléphant[46],[47] ont passé avec succès le test du miroir. Les premiers tests faits avec les grands singes n'ont pas été concluants car les chercheurs plaçaient la caméra en face de l'animal. Or, les grands singes détestent se regarder dans les yeux. Ils détournaient donc le regard de l'écran. Si l'on place la caméra de côté, le grand singe se reconnaît aisément.
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Histoire [modifier]
Dans l'antiquité [modifier]
Savoir si l'animal est doté de raison est une question que les humains se posent depuis les débuts de la philosophie et de la science. En Occident, des philosophes comme Platon, Aristote ou Descartes ont grandement contribué à la réflexion sur l'intelligence animale.

Aristote (384-322 av. J.-C.) croyait que l'homme était le seul des animaux à posséder le logos (mot grec, traduit approximativement en français par « la raison ») et l'« âme pensante ». Il concédait toutefois aux animaux la phronesis (intelligence pratique). Cette distinction entre une intelligence reposant sur la raison, la conscience de soi et la capacité de manipuler des concepts abstraits et une intelligence pratique plus associée à la ruse et à la résolution de problèmes concrets, influença grandement les théories scientifiques ou philosophiques sur l'intelligence animale[48].

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Le Discours de la Méthode de Descartes (1637). Cartésiens contre empiristes et sensualistes (XVIIe et XVIIe siècles) [modifier]
Au XVIIe siècle, le philosophe français René Descartes (1596-1650) marqua l'imaginaire collectif avec sa théorie des animaux-machines. Il exposa sa vision de l'intelligence animale à travers deux textes : la cinquième partie du bien connu Discours de la méthode et la fameuse lettre au marquis de Newcastle. Pour Descartes, il n'existe aucune machine qui puisse utiliser les signes ou le langage et encore moins accéder à l'universalité. Les animaux se rapprocheraient des machines en ce qu'ils n'ont pas la faculté de réfléchir de manière abstraite et adaptée à chaque situation :
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« Et je m'étais ici particulièrement arrêté à faire voir que s'il y avait de telles machines qui eussent les organes et la figure extérieure d'un singe ou de quelque autre animal sans raison, nous n'aurions aucun moyen pour reconnaître qu'elles ne seraient pas en tout de même nature que ces animaux ; au lieu que s'il y en avait qui eussent 1a ressemblance de nos corps, et imitassent autant nos actions que moralement il serait possible, nous aurions toujours deux moyens très certains pour reconnaître qu'elles ne seraient point pour cela de vrais hommes : dont le premier est que jamais elles ne pourraient user de paroles ni d'autres signes en les composant, comme nous faisons pour déclarer aux autres nos pensées : car on peut bien concevoir qu'une machine soit tellement faite qu'elle profère des paroles, et même qu'elle en profère quelques-unes à propos des actions corporelles qui causeront quelque changement en ses organes, comme, si on la touche en quelque endroit, qu'elle demande ce qu'on lui veut dire ; si en un autre, qu'elle crie qu'on lui fait mal, et choses semblables; mais non pas qu'elle les arrange diversement pour répondre au sens de tout ce qui se dira en sa présence, ainsi que les hommes les plus hébétés peuvent faire.[49] »
Au XVIIe siècle, la théorie des animaux-machines est encore défendue par Nicolas Malebranche (1638-1715) [50],[51]. Pour un naturaliste comme Buffon l'animal n'est qu'un automate.

En revanche, pour les empiristes comme Locke et plus tard les sensualistes comme Condillac, la théorie des animaux-machines n'est pas tenable[52],[53]. François Bernier (1620-1688)[54]rétorque contre cette thèse que personne ne pourra jamais croire qu'un animal écorché vif ne puisse avoir aucune sensation. À travers ce débat, c'est Réaumur (1683-1757) qui semble être le plus enclin à accorder la plus grande part d'intelligence à l'animal[53]. Il va jusqu'à placer certaines des compétences animales au-dessus de celles de l'homme. En 1700, le philosophe John Locke (1632-1704) ouvre la porte au compromis.

XIXe siècle : Darwin, Romanes [modifier]
Le béhaviorisme prend forme à la fin du XIXe siècle et atteint son apogée dans les années 1960. Charles Darwin (1809-1882), dont les écrits ont eu une influence sur les fondateurs de la psychologie moderne[55], a reformulé la question sur l'intelligence animale, entre autres dans son livre L'Origine des espèces mais aussi, plus tard, dans "L'expression de l'émotion chez l'homme et chez les animaux". Pour lui, les mécanismes d'évolution ne s'appliquent pas exclusivement aux caractères physiques mais également au fonctionnement mental et aux émotions. Il amène l’idée, nouvelle pour l'époque, que les expressions humaines du visage, et par là, la psychologie, ne sont pas fondamentalement différentes de celles des animaux.[56]

C'est en 1882 que George J. Romanes (1848-1894) publie son livre Animal Intelligence dans lequel il évoque l'« inférence subjective » qui implique que les activités des organismes non-humains sont analogues aux activités humaines. Sa méthode contribua à[57] l'établissement de la théorie du béhaviorisme strict avec John B. Watson (1878-1958) puis B. F. Skinner (1904-1990).
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MessageSujet: Intelligence animale (3)   Jeu 31 Déc - 19:52

Développement de l’éthologie moderne [modifier]

Konrad Lorenz (à gauche) et Nikolaas Tinbergen (à droite).Konrad Lorenz (1903-1989), pionnier dans l’étude du comportement animal, a travaillé avec l’approche expérimentale qui puise sa source au béhaviorisme et à la pensée de Darwin. Ses observations du monde animal l’ont amené à l’élaboration de grandes théories sur le comportement animal. L’ensemble de ses découvertes et le développement de modèles de comportements sociaux et individuels lui ont valu le prix Nobel de physiologie en 1973. L’Université de Vienne lui a aussi rendu hommage en nommant l’institut d’éthologie par son nom. Le milieu des années 50 a été une période prolifique pour les scientifiques du domaine de la zoologie et de la biologie. Les théories de Lorenz et Tinbergen se retrouvent à la base des études qui seront faites par la suite.

Pierre-Paul Grasset, zoologiste français, fut très influent dans les années 50 et 60 et permit par l’Organisation de Congrès la rencontre de chercheurs venant de plusieurs domaines différents. Lors du colloque « L’instinct dans le comportement des animaux et de l’homme » en 1954, des béhavioristes américains, Daniel Lehrman et Theodore Schneirla, confrontent les théories de Lorenz[58].

Les années 60 se jouent sous le signe de la psychologie grâce à la contribution de Henri Piéron et Étienne Rabaud. Ils mettent sur pied un institut inter-facultés de psychologie à l’Université de Paris en 1921 (aujourd’hui Institut de Psychologie Paris V). C’est à ce moment que des cours, de plus en plus populaires, de psychophysiologie sont dispensés, et ainsi s’inscrit le lien étroit entre biologistes, zoologistes et psychophysiologistes. Cette chaire de recherche se développera jusqu’au début des années 1960[59].

Animaux célèbres pour leur intelligence [modifier]
Mammifères [modifier]
Grands singes [modifier]

PanLes "grands singes" ne sont pas catégorisés par rapport à leur taille mais bien selon l'espèce à laquelle ils appartiennent. Sur le plan de l'intelligence, ils partagent certains caractères avec l'homme.

Capacités communes aux grands singes et à l'homme [modifier]
L'évolution très récente de la génétique a permis à l'homme de mieux évaluer les différences qui le séparent des grands singes. Les analyses génétiques ayant permis de mieux dater le moment de la séparation des hommes et des singes, en la situant entre - 8 et - 5 millions d'années, n’ont été effectuées il y a de cela moins de vingt ans[60].

Les grands singes sont des êtres sociables. Les chimpanzés vivent dans des communautés pouvant atteindre une centaine d'individus[61]. Jugés tout d'abord inaptes à pouvoir faire preuve d'invention, des recherches les plus récentes démontrent qu'ils ont fabriqué des outils bien avant l'homme[62], invalidant ainsi des vieux préjugés.

Avec plus de 99,4 % de patrimoine génétique en commun avec l'homme, le bonobo (nom scientifique : Pan paniscus) est le plus proche cousin de l'humain[63].

La théorie de l'évolution de Darwin rend difficilement concevable l'existence d'un fossé infranchissable entre les capacités cognitives humaines et celles des grands singes, puisque nos capacités cognitives auraient commencé à émerger à une époque où nous partagions tous un ancêtre commun. Là est le but de l’entreprise du projet Grands singes[64].

Le problème avec le jeu de la comparaison est toutefois de trouver une limite qui distingue les deux éléments étudiés. Les limites qui s'imposent à cette théorie sont multiples, mais reposent principalement sur la difficulté à généraliser le comportement des quelques primates observés à l'ensemble de la population des grands singes. Il est impossible de pouvoir prétendre à l'acquisition d'un certain standard qui serait calqué sur l'homme[65]. En revanche, il existe certaines spécificités chez certains groupes de grands singes.

Des spécificités propres à certaines sous-catégories de grands singes [modifier]
Les grands singes ont des capacités intellectuelles importantes. Ils sont capables d'apprendre, de communiquer en utilisant un langage gestuel, de fabriquer et d'utiliser des outils, de même que de se reconnaître dans un miroir. De plus, les individus d'une même famille entretiennent des liens étroits tout au long de leur vie.

Le langage des grands primates [modifier]
Les dernières études[réf. nécessaire] sur les aptitudes anatomiques des premiers hominidés repoussent les prémisses du langage à il y a deux millions d'années. Il existe plusieurs théories différentes à ce sujet, dont les deux suivantes.

Le langage mimétique[citation nécessaire], une théorie développée par Merlin Donald, propose une première forme de langage mimant les actions et les objets. Par exemple, pour proposer une chasse à ses congénères, le singe aurait simulé le lancer d'une sagaie.

Le protolangage[citation nécessaire], élaboré par le linguiste Derek Bickerton, part d'un langage primitif d'il y a deux millions d'années. Il serait composé de juxtapositions de mots concrets sans grammaire permettant aux mots d'avoir un sens global peu importe l'ordre dans lequel ils sont utilisés.

===== Conscience de soi =====le test du miroir; en effet, les chimpanzés et les orangs-outans, avec l'éléphant d'Asie et certains corvidae, sont les seuls animaux capables de se reconnaître dans un miroir[66]. Gordon Gallup, psychologue de l'Université d'Albany, a prouvé[réf. nécessaire] par ses tests que le singe se reconnaît, et en conclut[citation nécessaire] qu'il a donc une conscience de soi.

Fabrication et utilisation d'outils [modifier]
La primatologue Jane Goodall a été la première à découvrir que les chimpanzés créaient et utilisaient des outils [67]. Ces outils sont multiples et complexes, empreints d'un caractère traditionnel et sont employés différemment dans les communautés.

À Gombe, en Tanzanie, les chimpanzés ont développé des techniques particulières pour pratiquer la pêche aux fourmis rouges. Afin d'atteindre ces insectes à la morsure douloureuse, les chimpanzés effeuillent une brindille d'une taille choisie pour en faire une canne à pêche qu'ils introduisent dans la fourmilière à la manière d'une sonde.

Les chimpanzés du Sierra Leone sont amateurs des fruits du kapokier, arbre au tronc recouvert d'épines acérées. Ceux-ci se fabriquent des protections à partir de brindilles coincées sous la plante des pieds afin d’escalader ces troncs sans douleur et de cueillir les fruits convoités.

En Guinée et en Côte d'Ivoire, les chimpanzés utilisent des outils en pierre ou en bois fabriqués selon le même principe du marteau et de l'enclume. À l’aide de ceux-ci,ils peuvent casser des noix de palme, de coula ou de panda. Ce comportement nécessite un long apprentissage par le jeune puisqu’il est constitué d'un ensemble de connaissances transmises au fil des générations au sein de la colonie.

De plus, ils consomment des plantes aux vertus médicinales, qui sont elles aussi employées par les hommes des populations voisines, comme l'Aspilia ou les tiges de Vermonia amygdalina[68].


Une femelle gorille utilisant un outil (ici un bâton) pour se stabiliser dans une zone marécageuse afin de ramasser de sa main libre des herbes aquatiques (2005)Exemples de quelques cas de grands singes rendus célèbres par les expérimentations dont ils ont été les sujets :

Koko : gorille
Kanzi : bonobo
Washoe : chimpanzé
Nim Chimpsky : chimpanzé
Éléphants [modifier]
Les éléphants ont une très bonne mémoire. Ils manifestent de plus une certaine fascination pour leur morts, triturant souvent les morceaux d'os d'éléphants qu'ils trouvent et se réunissant autour de leurs cadavres. Ces "rites mortuaires" ont en partie inspirés le mythe totalement infondé du cimetière des éléphants[69]

Enfin, ils réussissent peut-être le test du miroir. Après les chimpanzés capables de se reconnaître dans un miroir[70], puis les dauphins[71], signe d'une intelligence « supérieure », ce serait en effet le tour des éléphants d'être dotés de cette capacité que les hommes ont longtemps cru être leur seul apanage. La démonstration vient d'être faite par trois spécialistes du comportement cognitif animal : Joshua Plotnik, expert en éléphants d'Asie, Frans de Waal, connaisseur des bonobos et des chimpanzés, et Diana Reiss, spécialiste des dauphins.

Les chercheurs se montrent toutefois prudents. Happy, Maxine et Patty, les trois éléphantes d'Asie du zoo du Bronx à New York, n'ont pas répondu de la même façon aux tests de reconnaissance de soi dans le miroir.[72]Seule Happy a touché avec sa trompe la croix blanche que les expérimentateurs avaient tracée à son insu derrière son oeil droit, et à plusieurs reprises. Ses deux autres compagnes de zoo sont restées totalement indifférentes à cette marque visible, comme si elles ne la voyaient pas.

Dès les années 1980, Gordon Gallup avait émis l'hypothèse que les éléphants et les dauphins, des espèces sociales et capables d'empathie envers leurs semblables, devaient eux aussi accomplir ces expériences avec succès.

Plusieurs vidéos accompagnent l'étude sur le site de la revue de l'Académie des sciences[73]. La dernière d'entre elles montre la réaction de Happy au test de la marque blanche. On la voit balancer sa lourde trompe et toucher la petite croix à de nombreuses reprises (les chercheurs ont dénombré pas moins de 47 touches en tout).

« D'autres espèces comme les pies et les corbeaux devraient réagir positivement aux tests du miroir »[réf. nécessaire], commente Georges Chapouthier, du CNRS, qui ne se montre pas du tout surpris des performances cognitives des éléphants. De même, il n'est pas étonné de voir que les trois éléphantes ne réagissent pas tous de la même façon devant le miroir. Comme les humains d'ailleurs.

Cétacés [modifier]
Les cétacés ont un langage extrêmement complexe et certaines communautés de cétacés se transmettent des comportements de génération en génération, comportements que l'on ne retrouve pas chez les autres groupes de la même espèce. C'est par exemple le cas pour certaines techniques de chasse des orques et des baleines à bosse.[réf. nécessaire]

Les dauphins ont passé avec succès le test du miroir. Des spéculations sur l'intelligence des dauphins datent de l'époque de la Grèce antique ; cependant, on sait que le dauphin détient le quotient encéphalique le plus élevé des animaux, presque égal à celui de l'Homme. On effectue de nombreuses études sur les capacités cognitives des cétacés.[74].

Parmi celles-ci, un dauphin nommé Akeakamai, à l'Institut de dauphin d'Honolulu à Hawaï, semble connaître la grammaire. Elle a appris quelques phrases, mais sait également reconnaître des bouts de phrases sensés à l’intérieur de phrases insensées. L'institut réalisant ses expérimentations sur ce sujet considère ceci comme une preuve directe de l'intelligence des dauphins[75]. Les dauphins disposent également d'un sens de l'orientation bien plus développé que le nôtre.

Le cachalot possède un cerveau six fois plus gros que celui de l'homme[76]. Si l'intelligence est fonction de la grosseur du cerveau, le cachalot serait plus intelligent que l'homme. Cependant, la méthode de vérification reste encore à trouver. En effet, l'évaluation des capacités cognitives des cétacés ne peut pas s'effectuer de la même façon que pour celle des hommes, car leurs émotions et leur mode de communication sont différents. De plus il faut prendre en compte la masse totale de l'animal. Le cachalot ayant un poids bien supérieur à celui de l'Homme, il a besoin d'un plus gros cerveau pour contrôler son corps.

Exemple de cétacé célèbre auquel fut prêté une intelligence élevée :

Phoenix le Dauphin star : dauphin

Photographie de Hans le malin Chevaux [modifier]
Le cerveau du cheval, plus petit que celui de l’humain, fonctionne différemment. Leur mode de raisonnement diffère de celui des hommes. En effet, étant des proies, ils doivent toujours se tenir sur leurs gardes, à l’affût d’un danger et leur premier réflexe devant un danger demeure la fuite. Leur perception de ces dangers serait augmentée par leur capacité d’entendre une plus grande plage de son que les humains et par leur large champ de vision[77].

Historiquement peu étudiés pour leur capacité cognitive et malgré l'existence de plusieurs mythes quant à leurs capacités limitées, les chevaux distinguent les couleurs et apprennent de quatre façons : par l'habituation ; par la désensibilisation ; par le conditionnement classique et par le conditionnement opérant[78].

Exemple de cheval célèbre étudié dans le cadre de l'intelligence chez les chevaux :

Hans le malin : cheval
Rats [modifier]
Les rats sont capables d'inférence transitive[79], mais incapables d'inférence rétrospective[80]. L'inférence réfère à la capacité de tirer des conclusions, de déduire ou d'induire. Ils peuvent faire preuve de métacognition, apprennent vite et ont une bonne mémoire.

Les rats sont capables d’inférence transitive (intelligence temporelle et numérique). Autrement dit, ils apprennent rapidement à évaluer quels comportements adopter en fonction du temps alloué et du nombre d’objets attribués dans une situation donnée. Des expériences effectuées par L. Kohlberg[81], à l’aide d’une méthode de renforcement négatif (octroi d’une punition lors d’un mauvais résultat), le démontrent. Par exemple, dans l’une d’entre elles, les rats devaient se restreindre à manger un nombre précis de cubes de nourriture, sans quoi ils étaient punis. Une fois ce châtiment aboli, les rongeurs se ravitaillaient sans se limiter; alors que si la punition était restaurée, ils s’empressaient de s’échanger des cubes, pour respecter la règle.

Burrhus Frédéric Skinner [82] en est arrivé à des résultats aussi concluants par le renforcement positif (octroi d’une récompense lors d’une bonne réponse), notamment en donnant une pastille à un rat s’il pressait sur un levier. Ce dernier comprenait le lien entre le geste effectué et la récompense qui en découlait. Il recommençait donc, en augmentant la cadence, pour avoir accès au plus grand nombre de pastilles possible. Si les pastilles n’étaient distribuées qu’à la suite d’un nombre exact de pressions, l’animal semblait attendre son dû uniquement à ce moment. D’autre part, lorsque les pastilles n’étaient distribuées qu’à intervalle régulier, le rat évaluait cette durée et pressait le levier au moment opportun.

Toutefois, le rat est incapable d’inférence rétrospective[83] (vue d’ensemble permettant de tirer des conclusions par rapport aux apprentissages passés). Des études démontrent qu’après avoir goûté à un aliment empoisonné, si on lui présente un aliment combiné (saveur mêlée au poison), le rat présente de l’aversion pour cet aliment. Par contre, après l’avoir mis en présence d’un aliment sain, si on lui présente de nouveau cet aliment combiné, le rat a moins d’aversion pour celui-ci. Ces résultats démontrent qu’il n’y a eu aucune compréhension du rat par rapport aux éléments « semi-empoisonnés » et que la présentation d’un élément « complètement empoisonné » ou « complètement sain » affecte sa perception des aliments combinés qu’on lui offrira après. Autrement dit, le rat est capable d'induction face aux choses qui se présentent directement à lui et dans un cours laps de temps, mais incapable d’agir en tenant compte de tout ce qui lui est arrivé dans le passé.

Ce rongeur possède toutefois une mémoire spatiale très développée qui lui permet de s’orienter en peu de temps[84]. Les chercheurs Davis et Parriag[85] ont tiré cette conclusion en vérifiant la capacité des rats à mémoriser les distances relatives. Pour ce faire, ils ont enterré un cube de nourriture à une distance fixe (par exemple : à 50 % du milieu d’une boîte). Puis, lorsque le rat trouvait le cube en question, les chercheurs réduisaient les dimensions de la boîte, mais plaçaient la nourriture à la même distance relative (50 % des nouvelles dimensions). Les bêtes étaient, chaque fois, capables de retrouver instantanément les aliments, ce qui démontre leur excellente capacité à évaluer les distances.

Les scientifiques leur attribuent également une mémoire épisodique. Les rats sont ainsi capables de retenir des informations multiples et distinctes de leurs expériences passées. Ils peuvent donc assimiler le sujet (quoi ou qui), le lieu (où) et le moment (quand).

Une expérience de Babb et Crystal (2006)[86] a ainsi démontré que les rats peuvent se souvenir de contraintes spatiales ou temporelles qui limitent l’accès à la nourriture. Ils sont aussi capables d’adaptation si les paramètres viennent à changer. Dans cette expérience, les rats avaient accès à différents emplacements avec des récompenses en nourriture de degrés variables de désirabilité pour le rat (ex. : récompense à saveur de raisin ou moulée régulière). L’approvisionnement d’un emplacement variait aussi dans le temps. Les rats ont fait preuve de flexibilité en adaptant leur comportement selon la disponibilité en nourriture.
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MessageSujet: Intelligence animale (fin)   Jeu 31 Déc - 19:53

Le rat est aussi capable de métacognition. Il s’agit de l’habileté à évaluer ses propres connaissances. Donc, à partir du moment où le rat n’est plus dans l’apprentissage d’une action, il parvient à réfléchir à cette action. Il a été démontré par une expérience de Foote et Crystal[87] que le rat est, comme l’humain, capable d’accéder à un tel stade de maturité intellectuelle. L’expérience consistait à lui faire entendre des sons, afin qu’il juge si un son était long ou court. Au fil de l’expérience, les sons devenaient de plus en plus difficilement identifiables et discriminables. Les rats avaient deux choix : répondre correctement à la question et recevoir une grosse récompense (ils ne recevaient rien pour une mauvaise réponse) ou éviter la question et obtenir la moitié de la récompense. Lorsque les sons devenaient de plus en plus difficiles à classer, les rats choisissaient de ne pas répondre, plutôt que de donner une mauvaise réponse et de ne rien obtenir. Ils ont donc pu prouver qu’ils étaient capables de discerner leurs propres connaissances.

Oiseaux [modifier]
Article détaillé : Intelligence des oiseaux.
« Avoir une cervelle d’oiseau » est une expression populaire qui signifie « être sot ». Pourtant, ces volatiles sont dotés d’une grande intelligence. Certains scientifiques vont même jusqu’à dire que leur faculté de compréhension est aussi développée que celle des primates[88]. Selon Louis Lefebvre, ornithologue renommé rattaché à l’Université McGill et inventeur de la seule échelle de mesure du quotient intellectuel aviaire au monde, il existe des liens entre les primates et les oiseaux en ce qui a trait à l’évolution des structures du cerveau associées à l’innovation[89] . Des chercheurs croient que les primates et les corvidés partagent le même bagage cognitif, soit l’imagination, le raisonnement de cause à effet et la capacité de prédire l’avenir[90] . Le cerveau des oiseaux est relativement gros comparé à la taille de leur tête. Ce facteur serait en lien avec leurs habiletés cognitives, contrairement à l'humain chez qui il n'y aurait aucune corrélation entre la grosseur du cerveau et l'intelligence. L’intelligence est souvent associée au cortex préfrontal (néocortex) chez les primates et autres mammifères. Chez les oiseaux, elle serait associée au mésopallium-nidopallium[91] : la partie frontale du cerveau. Certaines espèces d’oiseaux utilisent des outils (un vautour qui utilise un os pour briser un œuf d’autruche), comptent (certains oiseaux peuvent remarquer que le nombre d’œufs dans leur nid a augmenté ou diminué), ont des souvenirs et raisonnent à propos des éléments qui les entourent. Ce dernier aspect a longtemps été associé uniquement aux êtres humains.

Une autre caractéristique de cet animal est sa façon de communiquer par le chant. Konrad Lorenz, a démontré que les oiseaux chantent pour des raisons pratiques, les sons qu’ils produisent ne représentent pas que de la musique aux oreilles d’autres oiseaux, mais un langage. Ils chantent pour : attirer un partenaire, indiquer où ils se trouvent aux autres mâles et femelles ainsi que pour défendre un territoire où ils pourront élever et nourrir leurs petits.

De nombreux oiseaux chanteurs ont donc un répertoire composé de plusieurs chants (des dizaines, voire des centaines pour certaines espèces). Ce langage constitué de symboles, prouve l’intelligence des volatiles, puisque la capacité d’apprendre un tel mode de communication ne peut qu’être le fait d’un cerveau complexe.

On peut conclure que le chant des oiseaux est une capacité acquise et non innée : donc le fruit de l’intelligence[92].

Corvidés [modifier]
La famille des corvidés comprend les geais bleus, les choucas, les pies, les freux, les corbeaux et les corneilles[93]. Ces oiseaux vivent en groupe, comme les dauphins, les éléphants et les humains. Leurs aptitudes sociales font qu’ils doivent mémoriser davantage d’éléments pour vivre en société et doivent faire preuve d’inférence cognitive pour survivre. Ils sont capables, entre autres, de déterminer l’organisation hiérarchique au sein de leur groupe. Par contre, certaines recherches insinuent que ces animaux n’apprennent que par association et ne sont pas capables d’une réelle compréhension[94] . Les corvidés peuvent fabriquer des outils[95] , contrairement à beaucoup d'autres animaux intelligents qui utilisent uniquement les ressources disponibles, sans chercher à les modifier. Par exemple, ils vont tordre une brindille plutôt que d’en chercher une déjà tournée de la bonne manière. De plus, les chercheurs notent que malgré l’abondance de bouts de bois et de tiges dans leur environnement, ces oiseaux transportent leurs outils (permettant d’attraper larves et insectes), plutôt que de perdre leur temps à en chercher d’autres. Les corbeaux font preuve d’une grande imagination. Ils sont ainsi capables d’utiliser la circulation routière pour casser les noix qu’ils sont incapables de briser eux-mêmes. Les corbeaux s’arrêtent aux feux de circulation et attendent patiemment la lumière rouge avant de récupérer leur butin[96]. Les geais, de leur côté, ont trouvé une stratégie pour éliminer les parasites de leur plumage. Ils s’assoient sur les nids de fourmis, qui les arrosent d’acide formique[97]. Le biologiste américain Bernd Heinrich étudie les corneilles depuis 15 ans. Ses travaux démontrent que cet oiseau, tout comme le corbeau, fait preuve d’empathie. Il passe sa vie avec le même partenaire et ceux-ci s’entraident[98].

Une expérience du chercheur Bernd Heinrich prouve que les corbeaux réussissent à se berner les uns les autres. Le scientifique a observé un corbeau qui tenait un biscuit dans son bec et tentait d’échapper à l’attention de ses semblables. Après un certain temps, l’animal a caché son butin sous une touffe d’herbe. Aussitôt, un autre corbeau est allé récupérer le biscuit. Mais le biscuit n'y était plus: le premier corbeau l’avait plutôt caché ailleurs[99].

Les corvidés possèdent une excellente mémoire. Selon les recherches d’Alan Kamil de l’Université du Nebraska, le geai bleu (Cyanocitta cristata) dissimule de la nourriture dans une cache pour la reprendre par la suite. Il peut ainsi emmagasiner de la nourriture dans des milliers de caches et se souvenir où la retrouver. Non seulement il repère toutes les caches, mais il se souvient également de la qualité de la nourriture qui y est emmagasinée et évite les caches où la nourriture pourrait s’être dTests [modifier]
Pour comparer l'intelligence de différentes espèces, il est difficile d'imaginer un test qui ne soit pas biaisé d'une façon ou d'une autre. Nombre de tests sur la capacité des animaux de résoudre des problèmes n'étaient, au début, pas fiables[13]. Le même test, utilisé avec la même espèce, donnait parfois des résultats différents selon le type d'appareil employé. Parfois aussi, le même test, avec le même appareil, donne des résultats étonnamment différents.

Les scientifiques ont fait diverses tentatives pour découvrir si des animaux pouvaient maîtriser des problèmes qui requièrent l'apprentissage d'une règle générale. On peut apprendre à des animaux à choisir dans un lot de choses un objet qui correspond à un échantillon. Les primates apprennent très vite à résoudre ce genre de problèmes, mais un pigeon a besoin de nombreux essais. Harry Harlow [14] avait conçu un test pour mesurer la capacité des animaux à suivre des règles et à faire des inférences valides. Au lieu de tester des singes par une simple discrimination visuelle, Harlow leur présentait une série de tests pour lesquels il fallait appliquer chaque fois la même règle. Si l’animal s’améliore lors d’une telle série, on dit qu’il a acquis un certain ensemble d’apprentissage en série (learning set). Ainsi, on pouvait donner à l'animal une suite de problèmes de discrimination et le classer, ensuite, selon son taux d’amélioration.

Lorsqu'on classe les animaux selon leur taux d'amélioration sur une série de problèmes, on peut prédire leur rang d'après un index de développement du cerveau[15],[16]. Cet index est une estimation du nombre de cellules nerveuses dans le cerveau qui s'ajoutent à celles qui sont nécessaires pour le contrôle des fonctions corporelles[17]. Il semble qu'on puisse concevoir des tests pour l’intelligence animale qui soient semblables à ceux appliqués à l’intelligence humaine et qui différencient les membres d'espèces différentes.

Aspects culturels du comportement [modifier]
L'évolution est un résultat de la sélection naturelle, et la transmission héréditaire des caractéristiques acquises n’est normalement pas possible. Quelle que soit l’adaptation d'un animal individuel à son environnement, que cette adaptation soit apprise ou physiologique, les adaptations acquises ne peuvent se transmettre à la descendance par voie génétique. C'est une notion largement acceptée parmi les biologistes. Cependant, l'information peut se transmettre de parent à enfant par imitation et par imprégnation. En général, le passage d'informations d'une génération à la suivante par des voies non génétiques s'appelle échange culturel [18].

L'imitation n’est pas forcément un signe d'intelligence supérieure[19]. Des animaux peuvent se copier l'un l'autre du simple fait de la facilitation sociale. De nombreux animaux mangent plus quand on les nourrit en groupe que lorsqu'ils sont seuls. On a démontré cela expérimentalement aussi bien chez les poussins, les chiots et les poissons que chez les opossums.

Langage [modifier]
Article détaillé : langage animal.
La communication animale possède certains points commun avec le langage humain. Ici, deux chiens communiquant en face à face.Parler de langage animal pose un problème de définition du terme langage. On utilise souvent le terme langage au sens large, incluant celui de communication : en ce sens, les animaux communiquent plus ou moins bien, par diverses voies[20], et certains animaux ont une communication remarquable (sans l'aide de l'homme, comme chez les abeilles étudiées par Karl von Frisch, ou acquise grâce à l'homme, comme chez les grands singes par exemple[21]).

Le linguiste Émile Benveniste, dans son article de 1952 Communication animale et langage humain, pose clairement la différence entre communication et langage, différence toujours d'actualité pour la linguistique. Il reprend et rend hommage à Karl von Frish pour ses travaux sur la communication des abeilles (la « danse » qui indique la direction du pollen), qui permettent de définir en retour ce qu'est le langage. Le célèbre linguiste définit la communication des abeilles comme un « code de signaux », qui « dénote un symbolisme particulier qui consiste en un décalque de la situation objective » (des données visuelles et géographique : où se trouve le pollen). Dans le langage humain, au contraire, « le symbole en général ne configure pas les données de l'expérience, en ce sens qu'il n'y a pas de rapport nécessaire entre la référence objective et la forme linguistique » (c'est-à-dire que les signes du langage humain sont arbitraires et ne ressemblent pas à ce qu'ils désignent, au contraire des symboles qu'on emploie pour communiquer avec les animaux, comme par exemple un clavier pour singe où sur chaque touche est représentée une forme concrète et connue du singe). La différence entre langage et communication animale réside donc dans le caractère infiniment plus abstrait du signe linguistique : les animaux n'emploieraient que des symboles.

Selon Louis Lefebvre, professeur du biologie à l'Université McGill, il est possible de vérifier la capacité que certaines espèces ont à apprendre des "phrases" formées de séquences de symboles. Le perroquet Alex a prouvé à sa maîtresse Irene Pepperberg qu'il pouvait non seulement décrire des objets, les identifier et nommer leur différence, mais aussi dire des phrases courtes comme: Alex donne pomme Irène, ou l'inverse. Ainsi, il s'agit là de symboles, en référence aux objets, que le perroquet place dans l'ordre logique de l'action [22].

Construction de catégorie (catégorisation) [modifier]
La capacité à regrouper des objets au sein d’une même classe, suppose, en plus de l’élaboration d’une relation de ressemblance ou de différence entre les caractéristiques physiques des stimuli, le recours à une représentation de la classe comme entité discriminable elle-même de celle d’une autre classe.

Des études spectaculaires ont été menées sur le pigeon par Herrnstein et ses collaborateurs[23] afin d’attester cette capacité. Des pigeons ont été entraînés à discriminer dans un ensemble de 80 diapositives celles qui contiennent des arbres (la moitié du lot) de celles qui n’en contiennent pas (l’autre moitié). Une seule diapositive est montrée à la fois, le pigeon étant renforcé avec de la nourriture quand il donne un coup de bec (sa réponse) sur une clé sous la diapositive montrant un arbre (le stimulus positif). Les réponses données à la représentation du stimulus négatif (diapositive ne comportant aucun arbre) ne sont jamais renforcées. A la suite d’un grand nombre de séances d’entraînement, la plupart des pigeons ont discriminé correctement les deux sous-ensembles d’objets. Pour les chercheurs, les pigeons sont parvenus à abstraire le concept d’arbre dans la mesure où ils sont capables de le généraliser à d’autres spécimens d’arbres pour lesquels ils n’avaient pas été entraînés[24].

Ces capacités de discrimination du pigeon ne se limitent pas à des objets comme les arbres, objets dont l’importance est évidente pour un oiseau. D’autres recherches ont en effet montré que cet oiseau est également capable de reconnaître des scènes aquatiques comportant des poissons de celles où les poissons sont absents.

Mémoire [modifier]
Des données, recueillies à l’aide de protocoles expérimentaux similaires et se rapportant à la mémoire de listes, sont disponibles à la fois chez le pigeon et chez le singe. Ces travaux permettent de réaliser des comparaisons entre deux espèces et de comparer également les performances des animaux avec des sujets humains.

La technique de l’apprentissage sériel a été appliquée à des singes capucins par D’Amato et Colombo[25]. Les singes ont acquis plus rapidement que les pigeons une liste de 5 items comprenant des couleurs ou des formes non colorées. D’après Terrace (1993), le singe développe une représentation linéaire de la liste lui imposant de commencer au début de la liste et de se déplacer dans celle-ci jusqu’à ce qu’il localise un des items apparaissant dans un sous-ensemble donné. En revanche, pour produire sa séquence, le pigeon s’appuierait sur la saillance du premier et du dernier item de la liste[26]. L’ensemble de ces résultats montre que l’oiseau et le primate mettent en œuvre des stratégies cognitives qui, bien que différentes, impliquent l’usage de représentations dans l’apprentissage de listes d’items.

De son côté, Tetsuro Matsuzawa, primatologue japonais, a étudié les capacités d’un singe à refaire une séquence de chiffres après ne les avoir vus qu’une fraction de seconde. Il les compara à un groupe d’étudiants qui, avec six mois d’entraînement, n’ont pas été aussi rapides que le chimpanzé. Matsuzawa observa que le singe réussit à refaire la séquence dans 80 % des cas, tandis que les étudiants, eux, réussirent dans 40 % des cas.[27].

La mémoire épisodique, que l'on croyait exclusive aux humains, est la capacité de se souvenir d'un objet dans un moment donné et à un endroit précis. Le geai buissonnier, qui a l'habitude de cacher de la nourriture, est un bel exemple. Nicolas Clayton de l'université de Cambridge et son équipe ont voulu reproduire le phénomène en laboratoire. Ils ont placé le geai dans une cage à trois compartiments communiquant entre eux, mais dans laquelle seul le compartiment de droite contenait de la nourriture. Durant deux heures par jour, pendant cinq jours, les chercheurs ont enfermé l'oiseau dans un des compartiments, qui un jour contenait de la nourriture et le jour d'après non. Le sixième jour, l'oiseau avait déplacé de la nourriture dans le compartiment qui n'en contenait pas. Le chercheur a conclu que l'oiseau avait une capacité à planifier en se servant de sa conscience du passé, du présent et du futur.[28]

Permanence de l'objet [modifier]
Les théories de Jean Piaget, concernant le développement de l’intelligence chez l’enfant, ont inspiré un certain nombre de travaux en psychologie comparée de la cognition. Selon ce psychologue (aussi biologiste, logicien et épistémologue), l’acquisition de la permanence de l’objet est très importante pour le développement de la pensée. À l’aide de cette permanence, l‘enfant peut concevoir les objets comme des entités fixes et permanentes. Cette acquisition entre la naissance et l’âge de deux ans passe par une série de six stades. L’existence d’un objet permanent sert de support à de multitudes acquisitions au cours de l’enfance. Elle est indispensable pour l’organisation de l’espace, du temps et de la causalité.
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La permanence d’un objet apparaît au cours du stade 3 pour l’enfant, vers l’âge de 6 mois. Dans les stades suivants, l’enfant maîtrise les déplacements visibles de l’objet sous plusieurs écrans, puis est capable d’en reconstituer mentalement les déplacements invisibles que l’expérimentateur lui fait effectuer.

Des tests de permanence de l’objet ont été proposés à de nombreuses espèces animales, comme le hamster, le poussin le chat et les primates. Les résultats à ces tests diffèrent selon les espèces concernées et seuls les primates montrent un ordre d’apparition des stades correspondant à celui qui est observé chez l’enfant. Toutefois, certaines espèces s’arrêtent au stade 4. C’est le cas pour le singe-écureuil étudié par Vaughter et ses collaborateurs[29]. Le chimpanzé étudié par Wood et ses collaborateurs[30] franchit toutes les étapes et parvient même au stade 6 plus rapidement que l’enfant. Il n’est pas surprenant que des primates non humains, qui se déplacent de façon autonome dans l’espace beaucoup plus tôt que les jeunes enfants, apprennent plus rapidement qu’eux les relations objectives et spatiales entre objets. Le test de permanence de l’objet pourrait donc remplir un rôle différent dans les constructions cognitives de l’homme et du primate[31].

Utilisation d'outils et degré d'innovation [modifier]
La capacité d'utiliser des outils a été considérée très longtemps comme un aspect de l’intelligence. Cette capacité se développe probablement chez un individu grâce à un mélange d'apprentissage imitatif et instrumental. À cet égard, il est difficile de séparer l’utilisation d'outils par les primates du développement de l'exploration chez le pinson-pic. Certains biologistes, tout en admettant que l'utilisation d'outils n’est pas, en soi, un signe d'intelligence, arguent qu'elle prépare le terrain pour un comportement réellement intelligent, qui implique l'innovation.[32]

Le cas d’usage d’outil le plus accompli rapporté à ce jour concerne le cassage de noix par les chimpanzés, observé par Sugiyama et Koman[33] en Guinée et par Boesch[34] dans la Forêt de Taï en Côte-d’Ivoire.

Les noix les plus fréquemment cassées par ces chimpanzés possèdent une coque très dure et cette activité requiert des conditions spécifiques : la présence d’une « enclume » (une souche ou une pierre plate) sur laquelle la noix est placée et d’un « marteau » (morceau de bois ou grosse pierre) qui sert d’outil pour la briser. La résistance de ces noix contraint les chimpanzés à sélectionner les meilleurs marteaux et à les transporter jusqu’au pied des noyers. Une étude de l’organisation spatiale du transport des marteaux conduite par Boesch[35] suggère que les chimpanzés se souviennent des lieux où les outils possibles sont déposés. De plus, ils choisissent leurs pierres de telle sorte que le trajet entre l’outil sélectionné et l’arbre implique le parcours minimal. La stratégie adoptée par le chimpanzé consiste à sélectionner d’abord un arbre porteur de noix, puis à choisir une pierre en fonction de la distance à parcourir[36]. Pour les chercheurs, ces comportements supposent une représentation spatiale élaborée qui permet au chimpanzé de mesurer les distances et de les comparer entre elles.

Un autre exemple stupéfiant : les chimpanzés et les corbeaux de Nouvelle-Calédonie ont la capacité d'utiliser des brindilles qu'ils adaptent et insèrent dans un trou d'arbre ou une crevasse pour dénicher des insectes et se nourrir. Ces observations ont été faites maintes fois en milieu naturel.[37] Toutefois, il arrive que les chercheurs observent des évènements inusités qui relèvent de l'innovation. Par exemple, une corneille d'Israël a été aperçue alors qu'elle utilisait un morceau de pain qu'elle laissait flotter à la surface de l'eau pour leurrer des poissons. Elle alla même jusqu'à tenter de les attirer à des endroits plus accessibles pour elle.[38]

Enfin, le "trap-tube test" est aussi une méthode utilisée pour vérifier si l'animal comprend la relation de cause à effet lors de l'utilisation d'un outil. Dr Elisabetta Visalberghi a observé des capucins se servir d'une sorte d'un bâtonnet qu'on lui avait fourni pour retirer d'un tube de la nourriture qu'on y avait préalablement placé. En poussant sur la nourriture avec le bâtonnet, la nourriture tombait de l'autre côté et n'était pas accessible, alors que s'il essayait de tirer la nourriture vers lui, il pouvait l'obtenir. Le capucin ne s'est pas avéré capable de comprendre le phénomène de façon assez convaincante pour les chercheurs.[39]

Raisonnement [modifier]
Sue Savage-Runbaugh observa avec l’aide de Kanzi, singe bonobo, que les primates sont capables de mentir. Pour ce faire, elle offrit une clé à Kanzi. Ce dernier alla la cacher une fois Sue repartie. Par la suite, la chercheuse demanda au singe de lui redonner la clé, mais croyant l'avoir perdu, tous les deux se sont mis à la chercher, sans résultat. Une fois seul, le singe alla chercher la clé et l’utilisa pour sortir de son enclos.[40]

Un autre cas recensé de mensonge implique la femelle gorille Koko. S'exprimant en langage gestuel, elle impliqua sa monitrice alors qu'elle avait détruit un évier. Lorsqu'on lui demandait pourquoi elle avait commis un tel geste, Koko répondait avec front : "Kate évier mal". [41]

Expression de l’émotion [modifier]
Sara, une jeune chimpanzé apprit le langage des sourds et muets, expliqua à son gardien qu’elle s’ennuyait d’un copain décédé. Selon Étienne Danchin, chercheur et coauteur du livre Éthologie comportementale, cette anecdote démontre que les primates peuvent avoir une certaine conscience du vide et ressentir de l’angoisse.[42]

Conscience de soi [modifier]
Un courant de recherche récent en psychologie animale, initié en 1978 par Premack et Woodruff[43], envisage la question des attributions de savoirs et de pensées chez les animaux et en particulier chez les primates. Dans cette perspective, le chercheur tente de déterminer si, par exemple, des chimpanzés pensent que leurs congénères ont des intentions. Ce type de question est abordé dans le cadre de la théorie de l’esprit (theory of mind).

Deux raisons permettent de parler de « théorie ». La première tient au fait que les états mentaux ne sont pas des phénomènes directement observables et qu’il faut donc les inférer. De plus, l’existence de ces systèmes inférentiels permet à celui qui les possède de réaliser des prédictions à propos du comportement d’autres individus[44].

Le thème de l’attribution des savoirs concerne en premier lieu les connaissances qu’un individu peut élaborer à propos de lui-même. Une méthode pour évaluer ces connaissances se rapporte par exemple aux réactions que cet individu manifeste devant son image dans un miroir.

L'un des tests les plus usités pour vérifier l'intelligence d'un animal est l'épreuve du miroir, qui consiste à placer l'animal à tester seul devant un miroir pour voir s'il se "reconnaît", s'il a conscience de lui-même [45] Pour ce faire, l'animal est marqué avec de la peinture à un endroit où il ne peut pas s'observer lui-même, par exemple sur le front pour un chimpanzé. Ensuite, l'observateur étudie le comportement de l'animal : s'il attaque son reflet ou le fuit, c'est signe qu'il ne comprend pas que c'est lui qu'il voit dans le miroir et non pas un autre animal. Par contre, s'il tente de savoir ce qu'il y a derrière le miroir, s'il touche la marque de peinture avec insistance et s'il inspecte diverses autres parties de son corps qu'il ne peut observer par lui-même, c'est signe qu'il comprend que c'est lui qu'il voit dans le miroir, et donc cela prouve qu'il a conscience de lui-même. À ce jour, seuls les grands singes, le dauphin, la pie et l'éléphant[46],[47] ont passé avec succès le test du miroir. Les premiers tests faits avec les grands singes n'ont pas été concluants car les chercheurs plaçaient la caméra en face de l'animal. Or, les grands singes détestent se regarder dans les yeux. Ils détournaient donc le regard de l'écran. Si l'on place la caméra de côté, le grand singe se reconnaît aisément.
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Histoire [modifier]
Dans l'antiquité [modifier]
Savoir si l'animal est doté de raison est une question que les humains se posent depuis les débuts de la philosophie et de la science. En Occident, des philosophes comme Platon, Aristote ou Descartes ont grandement contribué à la réflexion sur l'intelligence animale.

Aristote (384-322 av. J.-C.) croyait que l'homme était le seul des animaux à posséder le logos (mot grec, traduit approximativement en français par « la raison ») et l'« âme pensante ». Il concédait toutefois aux animaux la phronesis (intelligence pratique). Cette distinction entre une intelligence reposant sur la raison, la conscience de soi et la capacité de manipuler des concepts abstraits et une intelligence pratique plus associée à la ruse et à la résolution de problèmes concrets, influença grandement les théories scientifiques ou philosophiques sur l'intelligence animale[48].

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Le Discours de la Méthode de Descartes (1637). Cartésiens contre empiristes et sensualistes (XVIIe et XVIIe siècles) [modifier]
Au XVIIe siècle, le philosophe français René Descartes (1596-1650) marqua l'imaginaire collectif avec sa théorie des animaux-machines. Il exposa sa vision de l'intelligence animale à travers deux textes : la cinquième partie du bien connu Discours de la méthode et la fameuse lettre au marquis de Newcastle. Pour Descartes, il n'existe aucune machine qui puisse utiliser les signes ou le langage et encore moins accéder à l'universalité. Les animaux se rapprocheraient des machines en ce qu'ils n'ont pas la faculté de réfléchir de manière abstraite et adaptée à chaque situation :
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« Et je m'étais ici particulièrement arrêté à faire voir que s'il y avait de telles machines qui eussent les organes et la figure extérieure d'un singe ou de quelque autre animal sans raison, nous n'aurions aucun moyen pour reconnaître qu'elles ne seraient pas en tout de même nature que ces animaux ; au lieu que s'il y en avait qui eussent 1a ressemblance de nos corps, et imitassent autant nos actions que moralement il serait possible, nous aurions toujours deux moyens très certains pour reconnaître qu'elles ne seraient point pour cela de vrais hommes : dont le premier est que jamais elles ne pourraient user de paroles ni d'autres signes en les composant, comme nous faisons pour déclarer aux autres nos pensées : car on peut bien concevoir qu'une machine soit tellement faite qu'elle profère des paroles, et même qu'elle en profère quelques-unes à propos des actions corporelles qui causeront quelque changement en ses organes, comme, si on la touche en quelque endroit, qu'elle demande ce qu'on lui veut dire ; si en un autre, qu'elle crie qu'on lui fait mal, et choses semblables; mais non pas qu'elle les arrange diversement pour répondre au sens de tout ce qui se dira en sa présence, ainsi que les hommes les plus hébétés peuvent faire.[49] »
Au XVIIe siècle, la théorie des animaux-machines est encore défendue par Nicolas Malebranche (1638-1715) [50],[51]. Pour un naturaliste comme Buffon l'animal n'est qu'un automate.

En revanche, pour les empiristes comme Locke et plus tard les sensualistes comme Condillac, la théorie des animaux-machines n'est pas tenable[52],[53]. François Bernier (1620-1688)[54]rétorque contre cette thèse que personne ne pourra jamais croire qu'un animal écorché vif ne puisse avoir aucune sensation. À travers ce débat, c'est Réaumur (1683-1757) qui semble être le plus enclin à accorder la plus grande part d'intelligence à l'animal[53]. Il va jusqu'à placer certaines des compétences animales au-dessus de celles de l'homme. En 1700, le philosophe John Locke (1632-1704) ouvre la porte au compromis.

XIXe siècle : Darwin, Romanes [modifier]
Le béhaviorisme prend forme à la fin du XIXe siècle et atteint son apogée dans les années 1960. Charles Darwin (1809-1882), dont les écrits ont eu une influence sur les fondateurs de la psychologie moderne[55], a reformulé la question sur l'intelligence animale, entre autres dans son livre L'Origine des espèces mais aussi, plus tard, dans "L'expression de l'émotion chez l'homme et chez les animaux". Pour lui, les mécanismes d'évolution ne s'appliquent pas exclusivement aux caractères physiques mais également au fonctionnement mental et aux émotions. Il amène l’idée, nouvelle pour l'époque, que les expressions humaines du visage, et par là, la psychologie, ne sont pas fondamentalement différentes de celles des animaux.[56]

C'est en 1882 que George J. Romanes (1848-1894) publie son livre Animal Intelligence dans lequel il évoque l'« inférence subjective » qui implique que les activités des organismes non-humains sont analogues aux activités humaines. Sa méthode contribua à[57] l'établissement de la théorie du béhaviorisme strict avec John B. Watson (1878-1958) puis B. F. Skinner (1904-1990).

Développement de l’éthologie moderne [modifier]

Konrad Lorenz (à gauche) et Nikolaas Tinbergen (à droite).Konrad Lorenz (1903-1989), pionnier dans l’étude du comportement animal, a travaillé avec l’approche expérimentale qui puise sa source au béhaviorisme et à la pensée de Darwin. Ses observations du monde animal l’ont amené à l’élaboration de grandes théories sur le comportement animal. L’ensemble de ses découvertes et le développement de modèles de comportements sociaux et individuels lui ont valu le prix Nobel de physiologie en 1973. L’Université de Vienne lui a aussi rendu hommage en nommant l’institut d’éthologie par son nom. Le milieu des années 50 a été une période prolifique pour les scientifiques du domaine de la zoologie et de la biologie. Les théories de Lorenz et Tinbergen se retrouvent à la base des études qui seront faites par la suite.

Pierre-Paul Grasset, zoologiste français, fut très influent dans les années 50 et 60 et permit par l’Organisation de Congrès la rencontre de chercheurs venant de plusieurs domaines différents. Lors du colloque « L’instinct dans le comportement des animaux et de l’homme » en 1954, des béhavioristes américains, Daniel Lehrman et Theodore Schneirla, confrontent les théories de Lorenz[58].

Les années 60 se jouent sous le signe de la psychologie grâce à la contribution de Henri Piéron et Étienne Rabaud. Ils mettent sur pied un institut inter-facultés de psychologie à l’Université de Paris en 1921 (aujourd’hui Institut de Psychologie Paris V). C’est à ce moment que des cours, de plus en plus populaires, de psychophysiologie sont dispensés, et ainsi s’inscrit le lien étroit entre biologistes, zoologistes et psychophysiologistes. Cette chaire de recherche se développera jusqu’au début des années 1960[59].

Animaux célèbres pour leur intelligence [modifier]
Mammifères [modifier]
Grands singes [modifier]

PanLes "grands singes" ne sont pas catégorisés par rapport à leur taille mais bien selon l'espèce à laquelle ils appartiennent. Sur le plan de l'intelligence, ils partagent certains caractères avec l'homme.

Capacités communes aux grands singes et à l'homme [modifier]
L'évolution très récente de la génétique a permis à l'homme de mieux évaluer les différences qui le séparent des grands singes. Les analyses génétiques ayant permis de mieux dater le moment de la séparation des hommes et des singes, en la situant entre - 8 et - 5 millions d'années, n’ont été effectuées il y a de cela moins de vingt ans[60].

Les grands singes sont des êtres sociables. Les chimpanzés vivent dans des communautés pouvant atteindre une centaine d'individus[61]. Jugés tout d'abord inaptes à pouvoir faire preuve d'invention, des recherches les plus récentes démontrent qu'ils ont fabriqué des outils bien avant l'homme[62], invalidant ainsi des vieux préjugés.

Avec plus de 99,4 % de patrimoine génétique en commun avec l'homme, le bonobo (nom scientifique : Pan paniscus) est le plus proche cousin de l'humain[63].

La théorie de l'évolution de Darwin rend difficilement concevable l'existence d'un fossé infranchissable entre les capacités cognitives humaines et celles des grands singes, puisque nos capacités cognitives auraient commencé à émerger à une époque où nous partagions tous un ancêtre commun. Là est le but de l’entreprise du projet Grands singes[64].

Le problème avec le jeu de la comparaison est toutefois de trouver une limite qui distingue les deux éléments étudiés. Les limites qui s'imposent à cette théorie sont multiples, mais reposent principalement sur la difficulté à généraliser le comportement des quelques primates observés à l'ensemble de la population des grands singes. Il est impossible de pouvoir prétendre à l'acquisition d'un certain standard qui serait calqué sur l'homme[65]. En revanche, il existe certaines spécificités chez certains groupes de grands singes.

Des spécificités propres à certaines sous-catégories de grands singes [modifier]
Les grands singes ont des capacités intellectuelles importantes. Ils sont capables d'apprendre, de communiquer en utilisant un langage gestuel, de fabriquer et d'utiliser des outils, de même que de se reconnaître dans un miroir. De plus, les individus d'une même famille entretiennent des liens étroits tout au long de leur vie.

Le langage des grands primates [modifier]
Les dernières études[réf. nécessaire] sur les aptitudes anatomiques des premiers hominidés repoussent les prémisses du langage à il y a deux millions d'années. Il existe plusieurs théories différentes à ce sujet, dont les deux suivantes.

Le langage mimétique[citation nécessaire], une théorie développée par Merlin Donald, propose une première forme de langage mimant les actions et les objets. Par exemple, pour proposer une chasse à ses congénères, le singe aurait simulé le lancer d'une sagaie.

Le protolangage[citation nécessaire], élaboré par le linguiste Derek Bickerton, part d'un langage primitif d'il y a deux millions d'années. Il serait composé de juxtapositions de mots concrets sans grammaire permettant aux mots d'avoir un sens global peu importe l'ordre dans lequel ils sont utilisés.

===== Conscience de soi =====le test du miroir; en effet, les chimpanzés et les orangs-outans, avec l'éléphant d'Asie et certains corvidae, sont les seuls animaux capables de se reconnaître dans un miroir[66]. Gordon Gallup, psychologue de l'Université d'Albany, a prouvé[réf. nécessaire] par ses tests que le singe se reconnaît, et en conclut[citation nécessaire] qu'il a donc une conscience de soi.

Fabrication et utilisation d'outils [modifier]
La primatologue Jane Goodall a été la première à découvrir que les chimpanzés créaient et utilisaient des outils [67]. Ces outils sont multiples et complexes, empreints d'un caractère traditionnel et sont employés différemment dans les communautés.

À Gombe, en Tanzanie, les chimpanzés ont développé des techniques particulières pour pratiquer la pêche aux fourmis rouges. Afin d'atteindre ces insectes à la morsure douloureuse, les chimpanzés effeuillent une brindille d'une taille choisie pour en faire une canne à pêche qu'ils introduisent dans la fourmilière à la manière d'une sonde.

Les chimpanzés du Sierra Leone sont amateurs des fruits du kapokier, arbre au tronc recouvert d'épines acérées. Ceux-ci se fabriquent des protections à partir de brindilles coincées sous la plante des pieds afin d’escalader ces troncs sans douleur et de cueillir les fruits convoités.

En Guinée et en Côte d'Ivoire, les chimpanzés utilisent des outils en pierre ou en bois fabriqués selon le même principe du marteau et de l'enclume. À l’aide de ceux-ci,ils peuvent casser des noix de palme, de coula ou de panda. Ce comportement nécessite un long apprentissage par le jeune puisqu’il est constitué d'un ensemble de connaissances transmises au fil des générations au sein de la colonie.

De plus, ils consomment des plantes aux vertus médicinales, qui sont elles aussi employées par les hommes des populations voisines, comme l'Aspilia ou les tiges de Vermonia amygdalina[68].


Une femelle gorille utilisant un outil (ici un bâton) pour se stabiliser dans une zone marécageuse afin de ramasser de sa main libre des herbes aquatiques (2005)Exemples de quelques cas de grands singes rendus célèbres par les expérimentations dont ils ont été les sujets :

Koko : gorille
Kanzi : bonobo
Washoe : chimpanzé
Nim Chimpsky : chimpanzé
Éléphants [modifier]
Les éléphants ont une très bonne mémoire. Ils manifestent de plus une certaine fascination pour leur morts, triturant souvent les morceaux d'os d'éléphants qu'ils trouvent et se réunissant autour de leurs cadavres. Ces "rites mortuaires" ont en partie inspirés le mythe totalement infondé du cimetière des éléphants[69]

Enfin, ils réussissent peut-être le test du miroir. Après les chimpanzés capables de se reconnaître dans un miroir[70], puis les dauphins[71], signe d'une intelligence « supérieure », ce serait en effet le tour des éléphants d'être dotés de cette capacité que les hommes ont longtemps cru être leur seul apanage. La démonstration vient d'être faite par trois spécialistes du comportement cognitif animal : Joshua Plotnik, expert en éléphants d'Asie, Frans de Waal, connaisseur des bonobos et des chimpanzés, et Diana Reiss, spécialiste des dauphins.

Les chercheurs se montrent toutefois prudents. Happy, Maxine et Patty, les trois éléphantes d'Asie du zoo du Bronx à New York, n'ont pas répondu de la même façon aux tests de reconnaissance de soi dans le miroir.[72]Seule Happy a touché avec sa trompe la croix blanche que les expérimentateurs avaient tracée à son insu derrière son oeil droit, et à plusieurs reprises. Ses deux autres compagnes de zoo sont restées totalement indifférentes à cette marque visible, comme si elles ne la voyaient pas.

Dès les années 1980, Gordon Gallup avait émis l'hypothèse que les éléphants et les dauphins, des espèces sociales et capables d'empathie envers leurs semblables, devaient eux aussi accomplir ces expériences avec succès.

Plusieurs vidéos accompagnent l'étude sur le site de la revue de l'Académie des sciences[73]. La dernière d'entre elles montre la réaction de Happy au test de la marque blanche. On la voit balancer sa lourde trompe et toucher la petite croix à de nombreuses reprises (les chercheurs ont dénombré pas moins de 47 touches en tout).

« D'autres espèces comme les pies et les corbeaux devraient réagir positivement aux tests du miroir »[réf. nécessaire], commente Georges Chapouthier, du CNRS, qui ne se montre pas du tout surpris des performances cognitives des éléphants. De même, il n'est pas étonné de voir que les trois éléphantes ne réagissent pas tous de la même façon devant le miroir. Comme les humains d'ailleurs.

Cétacés [modifier]
Les cétacés ont un langage extrêmement complexe et certaines communautés de cétacés se transmettent des comportements de génération en génération, comportements que l'on ne retrouve pas chez les autres groupes de la même espèce. C'est par exemple le cas pour certaines techniques de chasse des orques et des baleines à bosse.[réf. nécessaire]

Les dauphins ont passé avec succès le test du miroir. Des spéculations sur l'intelligence des dauphins datent de l'époque de la Grèce antique ; cependant, on sait que le dauphin détient le quotient encéphalique le plus élevé des animaux, presque égal à celui de l'Homme. On effectue de nombreuses études sur les capacités cognitives des cétacés.[74].

Parmi celles-ci, un dauphin nommé Akeakamai, à l'Institut de dauphin d'Honolulu à Hawaï, semble connaître la grammaire. Elle a appris quelques phrases, mais sait également reconnaître des bouts de phrases sensés à l’intérieur de phrases insensées. L'institut réalisant ses expérimentations sur ce sujet considère ceci comme une preuve directe de l'intelligence des dauphins[75]. Les dauphins disposent également d'un sens de l'orientation bien plus développé que le nôtre.

Le cachalot possède un cerveau six fois plus gros que celui de l'homme[76]. Si l'intelligence est fonction de la grosseur du cerveau, le cachalot serait plus intelligent que l'homme. Cependant, la méthode de vérification reste encore à trouver. En effet, l'évaluation des capacités cognitives des cétacés ne peut pas s'effectuer de la même façon que pour celle des hommes, car leurs émotions et leur mode de communication sont différents. De plus il faut prendre en compte la masse totale de l'animal. Le cachalot ayant un poids bien supérieur à celui de l'Homme, il a besoin d'un plus gros cerveau pour contrôler son corps.

Exemple de cétacé célèbre auquel fut prêté une intelligence élevée :

Phoenix le Dauphin star : dauphin

Photographie de Hans le malin Chevaux [modifier]
Le cerveau du cheval, plus petit que celui de l’humain, fonctionne différemment. Leur mode de raisonnement diffère de celui des hommes. En effet, étant des proies, ils doivent toujours se tenir sur leurs gardes, à l’affût d’un danger et leur premier réflexe devant un danger demeure la fuite. Leur perception de ces dangers serait augmentée par leur capacité d’entendre une plus grande plage de son que les humains et par leur large champ de vision[77].

Historiquement peu étudiés pour leur capacité cognitive et malgré l'existence de plusieurs mythes quant à leurs capacités limitées, les chevaux distinguent les couleurs et apprennent de quatre façons : par l'habituation ; par la désensibilisation ; par le conditionnement classique et par le conditionnement opérant[78].

Exemple de cheval célèbre étudié dans le cadre de l'intelligence chez les chevaux :

Hans le malin : cheval
Rats [modifier]
Les rats sont capables d'inférence transitive[79], mais incapables d'inférence rétrospective[80]. L'inférence réfère à la capacité de tirer des conclusions, de déduire ou d'induire. Ils peuvent faire preuve de métacognition, apprennent vite et ont une bonne mémoire.

Les rats sont capables d’inférence transitive (intelligence temporelle et numérique). Autrement dit, ils apprennent rapidement à évaluer quels comportements adopter en fonction du temps alloué et du nombre d’objets attribués dans une situation donnée. Des expériences effectuées par L. Kohlberg[81], à l’aide d’une méthode de renforcement négatif (octroi d’une punition lors d’un mauvais résultat), le démontrent. Par exemple, dans l’une d’entre elles, les rats devaient se restreindre à manger un nombre précis de cubes de nourriture, sans quoi ils étaient punis. Une fois ce châtiment aboli, les rongeurs se ravitaillaient sans se limiter; alors que si la punition était restaurée, ils s’empressaient de s’échanger des cubes, pour respecter la règle.

Burrhus Frédéric Skinner [82] en est arrivé à des résultats aussi concluants par le renforcement positif (octroi d’une récompense lors d’une bonne réponse), notamment en donnant une pastille à un rat s’il pressait sur un levier. Ce dernier comprenait le lien entre le geste effectué et la récompense qui en découlait. Il recommençait donc, en augmentant la cadence, pour avoir accès au plus grand nombre de pastilles possible. Si les pastilles n’étaient distribuées qu’à la suite d’un nombre exact de pressions, l’animal semblait attendre son dû uniquement à ce moment. D’autre part, lorsque les pastilles n’étaient distribuées qu’à intervalle régulier, le rat évaluait cette durée et pressait le levier au moment opportun.

Toutefois, le rat est incapable d’inférence rétrospective[83] (vue d’ensemble permettant de tirer des conclusions par rapport aux apprentissages passés). Des études démontrent qu’après avoir goûté à un aliment empoisonné, si on lui présente un aliment combiné (saveur mêlée au poison), le rat présente de l’aversion pour cet aliment. Par contre, après l’avoir mis en présence d’un aliment sain, si on lui présente de nouveau cet aliment combiné, le rat a moins d’aversion pour celui-ci. Ces résultats démontrent qu’il n’y a eu aucune compréhension du rat par rapport aux éléments « semi-empoisonnés » et que la présentation d’un élément « complètement empoisonné » ou « complètement sain » affecte sa perception des aliments combinés qu’on lui offrira après. Autrement dit, le rat est capable d'induction face aux choses qui se présentent directement à lui et dans un cours laps de temps, mais incapable d’agir en tenant compte de tout ce qui lui est arrivé dans le passé.

Ce rongeur possède toutefois une mémoire spatiale très développée qui lui permet de s’orienter en peu de temps[84]. Les chercheurs Davis et Parriag[85] ont tiré cette conclusion en vérifiant la capacité des rats à mémoriser les distances relatives. Pour ce faire, ils ont enterré un cube de nourriture à une distance fixe (par exemple : à 50 % du milieu d’une boîte). Puis, lorsque le rat trouvait le cube en question, les chercheurs réduisaient les dimensions de la boîte, mais plaçaient la nourriture à la même distance relative (50 % des nouvelles dimensions). Les bêtes étaient, chaque fois, capables de retrouver instantanément les aliments, ce qui démontre leur excellente capacité à évaluer les distances.

Les scientifiques leur attribuent également une mémoire épisodique. Les rats sont ainsi capables de retenir des informations multiples et distinctes de leurs expériences passées. Ils peuvent donc assimiler le sujet (quoi ou qui), le lieu (où) et le moment (quand).

Une expérience de Babb et Crystal (2006)[86] a ainsi démontré que les rats peuvent se souvenir de contraintes spatiales ou temporelles qui limitent l’accès à la nourriture. Ils sont aussi capables d’adaptation si les paramètres viennent à changer. Dans cette expérience, les rats avaient accès à différents emplacements avec des récompenses en nourriture de degrés variables de désirabilité pour le rat (ex. : récompense à saveur de raisin ou moulée régulière). L’approvisionnement d’un emplacement variait aussi dans le temps. Les rats ont fait preuve de flexibilité en adaptant leur comportement selon la disponibilité en nourriture.

Le rat est aussi capable de métacognition. Il s’agit de l’habileté à évaluer ses propres connaissances. Donc, à partir du moment où le rat n’est plus dans l’apprentissage d’une action, il parvient à réfléchir à cette action. Il a été démontré par une expérience de Foote et Crystal[87] que le rat est, comme l’humain, capable d’accéder à un tel stade de maturité intellectuelle. L’expérience consistait à lui faire entendre des sons, afin qu’il juge si un son était long ou court. Au fil de l’expérience, les sons devenaient de plus en plus difficilement identifiables et discriminables. Les rats avaient deux choix : répondre correctement à la question et recevoir une grosse récompense (ils ne recevaient rien pour une mauvaise réponse) ou éviter la question et obtenir la moitié de la récompense. Lorsque les sons devenaient de plus en plus difficiles à classer, les rats choisissaient de ne pas répondre, plutôt que de donner une mauvaise réponse et de ne rien obtenir. Ils ont donc pu prouver qu’ils étaient capables de discerner leurs propres connaissances.

Oiseaux [modifier]
Article détaillé : Intelligence des oiseaux.
« Avoir une cervelle d’oiseau » est une expression populaire qui signifie « être sot ». Pourtant, ces volatiles sont dotés d’une grande intelligence. Certains scientifiques vont même jusqu’à dire que leur faculté de compréhension est aussi développée que celle des primates[88]. Selon Louis Lefebvre, ornithologue renommé rattaché à l’Université McGill et inventeur de la seule échelle de mesure du quotient intellectuel aviaire au monde, il existe des liens entre les primates et les oiseaux en ce qui a trait à l’évolution des structures du cerveau associées à l’innovation[89] . Des chercheurs croient que les primates et les corvidés partagent le même bagage cognitif, soit l’imagination, le raisonnement de cause à effet et la capacité de prédire l’avenir[90] . Le cerveau des oiseaux est relativement gros comparé à la taille de leur tête. Ce facteur serait en lien avec leurs habiletés cognitives, contrairement à l'humain chez qui il n'y aurait aucune corrélation entre la grosseur du cerveau et l'intelligence. L’intelligence est souvent associée au cortex préfrontal (néocortex) chez les primates et autres mammifères. Chez les oiseaux, elle serait associée au mésopallium-nidopallium[91] : la partie frontale du cerveau. Certaines espèces d’oiseaux utilisent des outils (un vautour qui utilise un os pour briser un œuf d’autruche), comptent (certains oiseaux peuvent remarquer que le nombre d’œufs dans leur nid a augmenté ou diminué), ont des souvenirs et raisonnent à propos des éléments qui les entourent. Ce dernier aspect a longtemps été associé uniquement aux êtres humains.

Une autre caractéristique de cet animal est sa façon de communiquer par le chant. Konrad Lorenz, a démontré que les oiseaux chantent pour des raisons pratiques, les sons qu’ils produisent ne représentent pas que de la musique aux oreilles d’autres oiseaux, mais un langage. Ils chantent pour : attirer un partenaire, indiquer où ils se trouvent aux autres mâles et femelles ainsi que pour défendre un territoire où ils pourront élever et nourrir leurs petits.

De nombreux oiseaux chanteurs ont donc un répertoire composé de plusieurs chants (des dizaines, voire des centaines pour certaines espèces). Ce langage constitué de symboles, prouve l’intelligence des volatiles, puisque la capacité d’apprendre un tel mode de communication ne peut qu’être le fait d’un cerveau complexe.

On peut conclure que le chant des oiseaux est une capacité acquise et non innée : donc le fruit de l’intelligence[92].

Corvidés [modifier]
La famille des corvidés comprend les geais bleus, les choucas, les pies, les freux, les corbeaux et les corneilles[93]. Ces oiseaux vivent en groupe, comme les dauphins, les éléphants et les humains. Leurs aptitudes sociales font qu’ils doivent mémoriser davantage d’éléments pour vivre en société et doivent faire preuve d’inférence cognitive pour survivre. Ils sont capables, entre autres, de déterminer l’organisation hiérarchique au sein de leur groupe. Par contre, certaines recherches insinuent que ces animaux n’apprennent que par association et ne sont pas capables d’une réelle compréhension[94] . Les corvidés peuvent fabriquer des outils[95] , contrairement à beaucoup d'autres animaux intelligents qui utilisent uniquement les ressources disponibles, sans chercher à les modifier. Par exemple, ils vont tordre une brindille plutôt que d’en chercher une déjà tournée de la bonne manière. De plus, les chercheurs notent que malgré l’abondance de bouts de bois et de tiges dans leur environnement, ces oiseaux transportent leurs outils (permettant d’attraper larves et insectes), plutôt que de perdre leur temps à en chercher d’autres. Les corbeaux font preuve d’une grande imagination. Ils sont ainsi capables d’utiliser la circulation routière pour casser les noix qu’ils sont incapables de briser eux-mêmes. Les corbeaux s’arrêtent aux feux de circulation et attendent patiemment la lumière rouge avant de récupérer leur butin[96]. Les geais, de leur côté, ont trouvé une stratégie pour éliminer les parasites de leur plumage. Ils s’assoient sur les nids de fourmis, qui les arrosent d’acide formique[97]. Le biologiste américain Bernd Heinrich étudie les corneilles depuis 15 ans. Ses travaux démontrent que cet oiseau, tout comme le corbeau, fait preuve d’empathie. Il passe sa vie avec le même partenaire et ceux-ci s’entraident[98].

Une expérience du chercheur Bernd Heinrich prouve que les corbeaux réussissent à se berner les uns les autres. Le scientifique a observé un corbeau qui tenait un biscuit dans son bec et tentait d’échapper à l’attention de ses semblables. Après un certain temps, l’animal a caché son butin sous une touffe d’herbe. Aussitôt, un autre corbeau est allé récupérer le biscuit. Mais le biscuit n'y était plus: le premier corbeau l’avait plutôt caché ailleurs[99].

Les corvidés possèdent une excellente mémoire. Selon les recherches d’Alan Kamil de l’Université du Nebraska, le geai bleu (Cyanocitta cristata) dissimule de la nourriture dans une cache pour la reprendre par la suite. Il peut ainsi emmagasiner de la nourriture dans des milliers de caches et se souvenir où la retrouver. Non seulement il repère toutes les caches, mais il se souvient également de la qualité de la nourriture qui y est emmagasinée et évite les caches où la nourriture pourégradée[100].
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MessageSujet: Les dauphins sont des personnes   Mer 6 Jan - 17:01

De nouvelles études relancent le débat sur l’intelligence de l’animal...

Des droits pour les dauphins. C’est ce que vont réclamer des scientifiques américains lors d’une conférence qui se tiendra en février à San Diego, en Californie. Leur argument? Des études qu’ils ont réalisées prouvent une nouvelle fois l’exceptionnelle intelligence du mammifère. Ils estiment même qu’il pourrait être le deuxième être le plus évolué de la planète, juste après... l’homme.

Une espèce si proche de nous ne peut être traitée comme un animal. Mais doit l’être comme une «personne, non humaine», affirment-ils. Pour eux, il est moralement inacceptable de les enfermer dans des parcs, ou, quand ils sont en liberté, de les tuer.

Se reconnaître dans un miroir

Les résultats des études sur le comportement de l’animal sont étonnants. Diana Reiss, professeur de psychologie au Hunter College, de l’université de New York a prouvé que le grand dauphin est capable de se reconnaître dans un miroir, et d’inspecter différentes parties de son corps. Une capacité qu’on pensait réservée aux humains et aux grands singes.

La scientifique a également découvert que le dauphin était capable d’apprendre un langage rudimentaire, basé sur des symboles.

Cerveau complexe

Les études sur le cerveau de l’animal, menées par Lori Marino, zoologiste à l’université Emory d’Atlanta, appuient les thèses de la psychologue. «Le cerveau des cétacés a évolué différemment de celui des humains, mais il a les traits caractéristiques de l’intelligence complexe.» Comme un fort développement du cortex et du néocortex.

Si les résultats des études sont confirmés, le dauphin détrônerait alors le chimpanzé, longtemps considéré comme supérieur. Or le primate peut atteindre le niveau d’intelligence d’un enfant de trois ans.

Et vous, qu’en pensez-vous? Faut-il considérer le dauphin comme une personne non humaine, ou est-il juste bon à jongler avec un ballon?
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MessageSujet: Les abeilles capables d’abstraction pour distinguer un visage humain   Sam 30 Jan - 6:03

Les abeilles capables d’abstraction pour distinguer un visage humain

Posté par Christophe
29 janvier, 2010

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Malgré leur petit cerveau, les abeilles seraient capables d’abstraction pour distinguer les visages humains. (L’équipe Mondial Infos)
Une apicultrice "urbaine" à Brooklin le 30 mai 2009. © rchives Chris Hondros

Une apicultrice "urbaine" à Brooklin le 30 mai 2009. © rchives Chris Hondros

PARIS (AFP) – Des abeilles sont capables de faire la distinction entre des visages humains et d’autres motifs visuels, faisant preuve d’une forme d’abstraction malgré leur petit cerveau, selon une étude publiée vendredi.

Ce qui ne signifie pas que des abeilles peuvent reconnaître l’apiculteur, même sans voilette protectrice, met en garde Martin Giurfa, directeur du Centre de recherches sur la cognition animale (CNRS/Université Paul Sabatier) à Toulouse (France).

Un trait vertical pour le nez, deux points bien placés pour les yeux, un trait horizontal pour la bouche: tout être humain reconnaît un visage. Les abeilles aussi sur ce type de dessins stylisés comme sur des photographies.

« Nous montrons qu’elles ont la capacité d’intégrer différents éléments, par exemple un trait vertical, deux points, un trait horizontal, pour créer une configuration », une « catégorie visage », distincte de toute autre image associant points et traits ou montrant des éléments de visage dans le désordre, a expliqué à l’AFP M. Giurfa.

Intrigué par une précédente étude conduite par Adrian Dyer (Monash University, Australie) montrant que des abeilles semblaient reconnaître des visages humains, il a cherché à vérifier si elles n’avaient pas seulement été attirées par des taches noires ou d’autres signes.

Avec sa collègue Aurore Avargues-Weber, il a entraîné des abeilles à reconnaître le dessin stylisé d’un visage, avec une gouttelette de solution sucrée pour celles s’arrêtant devant la bonne image.

Confrontées ensuite à des photographies de visages plus ou moins détaillés, les abeilles ont su identifier les visages, selon l’étude publiée dans le Journal of Experimental Biology.

Sans avoir dans leur mini-cerveau l’aire « fusiforme » spécifique pour la reconnaissance des visages, existant chez les primates dont l’homme, les abeilles peuvent « arriver à des résultats similaires », relève M. Giurfa, soulignant la faculté d’abstraction de « cerveaux bien plus primitifs ».

« De là à dire que les abeilles reconnaissent un visage humain, je m’en garderais »: elles ont plutôt, dit-il, cru s’être « posées sur des fleurs bizarres sur lesquelles elles ont eu une goutte de nectar ».

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MessageSujet: Le bonobo un grand enfant   Mer 3 Fév - 16:27

Une maturation plus longue du cerveau des bonobos expliquerait un tempérament plus partageur que son cousin le chimpanzé, suggère une étude.

Les bonobos sont célèbres pour leur comportement pacifique et joueur, tandis que les chimpanzés peuvent être redoutés pour leur agressivité. Ces deux espèces de grands singes sont pourtant cousines, elles appartiennent à la même branche des paninés, la plus proche de celles des Homo dans le buisson du vivant. Pour mieux comprendre les différences de développement entre ces deux espèces, des chercheurs ont comparé leur capacité à partager de la nourriture.

Richard Wrangham (Harvard University) et ses collègues ont étudié le comportement de 60 grands singes vivant en semi-liberté dans des sanctuaires en République démocratique du Congo. Ces chercheurs ont testé des paires de bonobos ou de chimpanzés du même âge.

Les bonobos (Pan paniscus) sont les plus partageurs. Ils sont même enclins à faire profiter un autre bonobo de l’assiette de fruits dont ils disposent en ouvrant la porte d’un enclos adjacent. Chez les chimpanzés (Pan troglodytes), s’il y a un individu dominant sur les deux, il a tendance à garder toute la nourriture pour lui. Le partage est plus spontané chez les jeunes que chez les adultes: le chimpanzé semble se raidir en vieillissant, alors que le bonobo conserve le même comportement.

Faut-il en conclure que le bonobo est un grand enfant?

Pour Wrangham et ses collègues, qui publient leurs travaux dans la revue Current Biology, le comportement social plus tolérant des bonobos pourrait être lié à une maturité cérébrale plus longue que celle du chimpanzé, comme l’ont suggéré de précédentes études. Cette hypothèse est avancée pour l’être humain: le long développement de son cerveau à travers l’enfance et l’adolescence expliquerait l’importance des relations sociales chez l’Homme. Le démontrer est un travail de longue haleine.
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MessageSujet: Le cochon se reconnaît dans le miroir... Comme nous!   Lun 22 Fév - 15:57

Le cochon se reconnaît dans le miroir... Comme nous!
Il n'a fallu que quelques heures aux cochons testés pour comprendre que leur reflet n'était pas un de leurs congénères.



On savait le porc malin, mais, en prouvant qu'il sait identifier son reflet, des chercheurs de l'Université de Cambridge viennent de démontrer qu'il a conscience de sa propre existence. Il rejoint ainsi les rares animaux qui en sont capables - dont le chimpanzé, le dauphin ou la pie - et l'homme, bien sûr, avec qui il partage de nombreuses similitudes anatomiques. Explications

Frédéric Rein - le 20 février 2010, 19h55
Le Matin Dimanche

0 commentaires

La fameuse Peggy, diva porcine du «Muppet Show», aime s'admirer dans son miroir. Dans cette série télévisée, la fiction a évidemment dépassé la réalité. Pourtant, sans le savoir, ses auteurs ont devancé des études scientifiques qui viennent de prouver que le cochon est capable de reconnaître son reflet, et a donc conscience de sa propre existence, tout comme certains grands singes (chimpanzé, orang-outan), les éléphants, les dauphins et les pies.

L'étude, dirigée par Donald Broom, de l'Université de Cambridge, a d'abord consisté à confronter les suidés pendant cinq heures, par groupes de deux, à leur image reflétée dans un miroir. Dans un premier temps, ils ont cru être face à un congénère, l'un d'eux a même chargé son reflet! Mais là où un gorille ou un chat aurait continué à prendre ce reflet pour un intrus, nos cochons ont progressivement fait de petits mouvements, découvrant que c'était bien d'eux qu'il s'agissait - une prise de conscience qui n'intervient chez l'être humain qu'entre 12 et 18?mois.

Ils adaptent leur comportement
Lors de la deuxième étape de l'étude - qu'un enfant de 3?ans peinerait à réussir - les bêtes ont été confrontées au reflet d'une mangeoire. Ayant préalablement pu se familiariser avec le miroir, elles ne sont pas tombées dans le panneau: il leur a fallu moins de 30?secondes pour découvrir la supercherie et se diriger vers la vraie mangeoire. En revanche, les cochons qui n'ont pas été préparés à cette épreuve l'ont manquée. Preuve qu'ils sont capables d'évaluer une situation et d'adapter leur comportement.

Enfin, durant la troisième phase, une marque a été faite sur le front des porcs. Mais, contrairement au chimpanzé, à l'orang-outan et au dauphin, le cochon n'a pas tenté de l'enlever. Un scientifique a émis l'hypothèse que si les porcs n'ont pas réagi, c'est parce qu'ils sont habitués à être marqués par l'homme durant leur élevage. Affaire à suivre...

Toujours est-il que cette surprenante étude va dans le sens de recherches précédemment effectuées à l'Université d'Etat de Pennsylvanie. Les cochons avaient cette fois été placés devant un... jeu vidéo! Manette en bouche, ils se sont immédiatement familiarisés avec cet univers virtuel, où on leur demandait de diriger une balle sur la partie bleue de l'écran en échange d'une récompense comestible. A ce petit jeu, certains chimpanzés ont été plus longs à la détente, alors qu'il a fallu un an d'apprentissage à un chien accompagné d'un dresseur!

Très proche de l'homme
Cette intelligence se remarque également dans la manière de vivre de l'animal. En dépit de l'image de saleté qui lui est ordinairement associée, cet animal très sociable délimite deux espaces distincts dans son enclos: d'un côté les «toilettes», de l'autre la salle à manger!

Une tête de cochon, certes, mais bien remplie, car le cerveau du plus malin des animaux de ferme est structurellement proche du nôtre, même s'il est nettement plus petit.

D'ailleurs, à y regarder d'un peu plus près, les similitudes entre le cochon, domestiqué il y a près de 10?000 ans, et l'homme sont troublantes. Outre le fait qu'il partage avec nous 95% d'ADN, son anatomie est réputée être la plus proche de la nôtre. On fait donc souvent appel à lui en médecine. Sa peau - la seule avec celle de l'homme sujette aux coups de soleil! - est notamment utilisée pour les greffes et son insuline pour le diabète. Et les grandes analogies des deux systèmes digestifs font l'objet de nombreuses recherches. En France, l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) étudie sur le porc aussi bien l'obésité humaine que la nutrition des nouveau-nés en sous-poids. «On sait même greffer des organes porcins sur l'homme. Une truie peut être mère porteuse d'un embryon humain le temps d'une opération chirurgicale, comme cela a été le cas au Canada! A l'intérieur, c'est tout pareil!» rappelle l'historien français Michel Pastoureau, spécialiste des couleurs, des symboles et des animaux, auteur de «Le cochon - Histoire d'un cousin mal aimé» (Découvertes Gallimard, 2009), dans une interview accordée au Nouvel Observateur. Selon lui, le mélange d'attirance et de répugnance que nous portons au cochon vient du fait que nous sommes «très proches, certainement trop».

Même si l'on commence à le regarder avec un oeil nouveau, on continue en effet à le voir davantage comme une pièce de charcuterie. Aussi intelligent soit-il, le cochon semble donc voué à être plus apprécié après sa mort que de son vivant. Une preuve supplémentaire nous est offerte par les scientifiques de Cambridge qui, forts des résultats de leur étude, préconisent une stimulation cérébrale dans les élevages pour améliorer la qualité de la viande!


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MessageSujet: La réflexion des unicellulaires   Lun 22 Fév - 16:01

Comment un organisme unicellulaire, dépourvu de cerveau, parvient-il à satisfaire ses besoins nutritionnels ? Des chercheurs du CNRS ont étudié les amibes sociales, et ont montré que ces formes de vie parmi les plus simples de notre planète sont capables de réguler "intelligemment" leur nourriture.

Le cerveau pilote les besoins des cellules chez une grande majorité d'animaux. Cependant, certains organismes comme les champignons ou les amibes ne disposent pas de centre coordinateur : dans ces conditions, comment maintiennent-ils un apport optimal en nutriments essentiel à leur survie et à leur reproduction ?

Audrey Dussutour et ses collaborateurs de l'université de Sydney se sont intéressés aux organismes unicellulaires. Nombreux et variés, ces derniers composent une grande partie des êtres vivants. On y trouve des bactéries, des levures, certaines algues et des animaux (ou protozoaires). Les chercheurs ont choisi d'étudier l'amibe sociale Physarum polycephalumun, protozoaire le plus connu. Cette cellule géante qui regroupe des milliers de noyaux vit naturellement dans les sous-bois.

Au cours d'une première expérience, les chercheurs ont proposé trente-cinq sources de nourriture différentes aux amibes, chacune caractérisée par un ratio et une concentration en nutriments particuliers. Leur résultat a été sans équivoque : les amibes se développent de façon optimale sur une nourriture composée de deux fois plus de protéines que de sucre. Elles ne survivent pas à un régime alimentaire trop sucré.

Ils ont ensuite soumis les amibes à divers choix alimentaires comportant chaque fois une source protéinée et une source sucrée, dont les proportions variaient. Résultat : les amibes sont capables de recomposer le régime alimentaire idéal pour leur croissance à partir de ces deux sources. En effet, elles se déplacent jusqu'à recouvrir les sources de façon à absorber deux fois plus de protéine que de sucre. Leur apport en nutriments demeure ainsi constant et identique, et ce quel que soit le choix proposé. Au cours d'une dernière expérience, onze nourritures différentes toujours caractérisées par des quantités variables en protéine et en sucre ont été présentées aux amibes. La grande majorité des amibes sont parvenues à sélectionner la nourriture contenant deux fois plus de protéines que de sucre.

Les amibes sociales sont donc capables de résoudre des défis nutritionnels complexes, chose plutôt surprenante pour un organisme très simple et démuni de système centralisateur. Reste pour les chercheurs à comprendre les mécanismes mis en jeu.


Source : maxisciences
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