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 Apprendre le non labour

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MessageSujet: Apprendre le non labour   Jeu 31 Déc - 13:55

Voyage d'étude sur l'agriculture sans labour en France

par Nicolas Courtois, AgriGenève


Pour accompagner le développement des techniques sans labours à Genève, AgriGenève a organisé un voyage d'étude en France avec des pionniers du non-labour. Douze agriculteurs encadrés par AgriGenève ont pu découvrir trois exploitations françaises ayant abandonné la charrue.

Gestion de l'interculture chez Jean-Charles Renaudat

Jean-Charles Renaudat exploite 660 hectares dans le département du Cher. Il n'a jamais labouré dans sa vie d'agriculteur. Sa motivation était à l'époque technique à cause de la présence proche de la roche mère. Mais peu à peu, il a compris l'intérêt du non-labour pour la santé de ses sols et aujourd'hui il alterne entre du travail superficiel et du semis direct. Un point important dans la stratégie de Jean-Charles Renaudat est la gestion de l'interculture.

Pour lui, elle passe d'abord par une gestion efficace des pailles grâce à sa herse de déchaumage, la Magnum. Ensuite, il implante systématiquement un couvert végétal. Les espèces semées proviennent de sa société de négoce en céréales, la SÀRL Renaudat. Elles sont semées en mélange et choisies entre autres pour leurs capacités à pousser en condition sèche.

En effet, pour obtenir un fonctionnement efficace du couvert, il est important que ce dernier s'installe rapidement pour concurrencer les adventices, enrichir le sol en azote organique, augmenter le taux de matière organique, travailler le sol et développer la faune du sol.

Innovation agronomique chez Sylvain Rétif

Sylvain Rétif et son fils exploitent 280 hectares à l'ouest de Blois. La charrue a été abandonnée dès 1985 en raison de l'hétérogénéité et de la mauvaise structure des sols. Suite à différents voyages, ils se rendent compte de l'importance de l'activité biologique du sol et de la nécessité de couvrir ces derniers. Ils optent alors pour du matériel leur permettant d'ensemencer rapidement ces parcelles sans trop travailler le sol et en présence de résidus. Dès qu'ils interviennent dans les parcelles, c'est pour semer une culture avec un des trois semoirs disponibles sur l'exploitation.

Leur objectif est de favoriser le blé et d'intercaler entre deux blés une culture d'une famille différente pour rompre le cycle des maladies, des ravageurs et gérer efficacement les adventices. Le souhait de développer une rotation très diversifiée les pousse à innover constamment pour réussir des enchaînements continus de plantes: l'objectif est d'avoir une couverture permanente, de produire un maximum de cultures récoltables et de laisser au champ un maximum de biomasse.

Pour cela, ils sèment directement après la moisson un couvert végétal composé de plusieurs espèces (couvert biomax). Ils cultivent également des doubles cultures avec du millet ou du sarrasin en dérobée. Surpris de l'efficacité des mélanges d'espèces dans les couverts, ils cherchent à développer cette technique. Ils sèment depuis deux ans un mélange sarrasin-colza le lendemain de la récolte des pois en juillet. Le sarrasin est moissonné fin octobre et laisse place au colza qui ne reçoit aucun désherbage antidicotylédone grâce à l'effet désherbant du sarrasin. Les Rétif bénéficient de peu de recul sur ces mélanges, mais ils souhaitent développer les associations de cultures pour réduire l'utilisation d'intrants.

Semis direct sous couvert chez Hubert de Moroges

Pour clore le séjour, le groupe s'est rendu chez Hubert de Moroges, agriculteur sur 187 hectares dans le Puy- de-Dôme. L'exploitant a choisi de supprimer la charrue pour des raisons économiques et agronomiques. Après trois années de transition où il travaillait son sol de manière superficielle, il est passé en semis direct sous couvert. Il possède uniquement un semoir de semis direct Bertini et un rouleau hacheur pour le travail du sol. Le semoir lui permet de semer toutes ses cultures et tous ses couverts végétaux. Le rouleau hacheur réalise une destruction mécanique des couverts. L'objectif est d'avoir une couverture permanente pour éviter le salissement et favoriser au maximum l'activité biologique de son sol pour se passer de tout travail du sol. Pour cela, il implante systématiquement au plus près de la moisson un couvert biomax.

Des idées

Au fil des visites, les participants ont pris conscience de la réflexion agronomique qu'entraîne l'abandon de la charrue. La rotation, la couverture du sol et un travail minimal du sol sont trois thèmes récurrents. Suite à ce séjour, les participants sont revenus avec de nombreuses idées en tête qui seront mises en application dès le printemps prochain en collaboration avec la vulgarisation genevoise.
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