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 Peuples menacés

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MessageSujet: Peuples menacés   Ven 4 Déc - 8:07

Nicolas Vanier : « Nous jouons l'avenir de nos enfants »

Nicolas Vanier, sur le tournage de « L'Odyssée sibérienne », en 2006. (Photo archives AFP)
Nicolas Vanier, sur le tournage de « L'Odyssée sibérienne », en 2006. (Photo archives AFP)

«Grand voyageur » depuis trente ans sur le cercle polaire, réalisateur, Nicolas Vanier sort le 9 décembre son nouveau film, « Loup », tourné parmi les évènes, peuple sibérien d'éleveurs de rennes. Derrière l'histoire de Sergueï, tiraillé entre les nécessités de son rôle de protecteur de la harde de rennes et sa fascination pour les loups, transparaît le thème des changements imposés à ces régions fragiles par le dérèglement environnemental et climatique. Un sujet auquel Nicolas Vanier est très sensible. À la veille du sommet de Copenhague, il s'en est expliqué lors d'un passage à « Sud Ouest ».

« Sud Ouest ».

La mort d'un troupeau de rennes noyés en Sibérie dans un cours d'eau qui aurait dû être gelé vient rappeler que le changement climatique frappe le Grand Nord...

Nicolas Vanier. Oui, ces pays sont aux premières loges. Dans la zone arctique, le réchauffement atteint 3 à 4 degrés. Chiffre énorme ! Le président du Giec (1) dit qu'il en va de la Terre comme d'un être humain : à 37 degrés, il est bien ; à 38, il peut encore travailler, mais à 39, il se couche, et à 40, il doit aller à l'hôpital. Cela, je l'ai vu de mes yeux. J'ai fait venir en Sibérie une ex-ministre de l'Écologie - Nelly Olin - pour lui montrer les émanations de méthane issues du dégel du permafrost (2) et qui, en se mélangeant à nos émissions de gaz à effet de serre, emballent la machine du réchauffement.

Les paysages fabuleux que vous montrez dans « Loup », les hommes et les animaux qui y vivent, sont-ils en sursis ?

Oui. On lorgne sur le pétrole de l'Arctique, les minerais de Sibérie. La forêt boréale, jusqu'ici délaissée, devient exploitable en raison de notre faim de papier. Les coupes à blanc, en favorisant l'érosion, stérilisent d'immenses étendues alors que la taïga est un poumon de la planète. Terrifiante fuite en avant ! À quoi bon dépenser, pour cinq ans de consommation de pétrole ou de bois de plus, un argent qui pourrait s'investir dans le solaire, la géothermie, la recherche, la pile à combustible ? Car il faut se concentrer sur l'avenir.

N'est-on pas tenté de fulminer contre la folie humaine ?

Non. Il n'y a pas eu d'égoïsme de la part des hommes à agir comme ils l'ont fait jusqu'ici. En revanche, il y en aurait si nous n'agissions pas alors que nous disposons d'un diagnostic incontestable, sauf par quelques illuminés ! C'est une question de volonté. Les évènes de Sibérie se moquent de notre prise de conscience : ils veulent que les choses changent. Et je suis stupéfait de voir tous les outils à notre portée pour réduire notre empreinte écologique.

Par exemple ?

Un sondage récent montre que 91 % des Parisiens qui se sont mis au vélo pour de petits déplacements disent : « Qu'est-ce qu'on a été c... de ne pas le faire plus tôt ! » Vous allez me dire : vous voulez nous faire revenir au traîneau à rennes ! Pas du tout ! Je pense à cette entreprise qui dépensait chaque année 3 000 billets d'avion classe affaires pour les voyages de ses cadres entre l'Europe et l'Amérique. Elle a investi 40 000 euros dans un système ultra-perfectionné de visioconférence et n'achète plus que 200 billets d'avion. Résultat ? Tout le monde est content et l'économie est telle qu'elle a permis de dégager du temps pour des activités sportives ou à destination des enfants, et de les financer. Les dirigeants d'une multinationale pour qui j'ai travaillé m'ont dit qu'ils étaient stupéfaits de voir combien les salariés prennent les choses à coeur. N'est-ce pas vivre mieux ?

L'individu conscient peut-il vaincre l'inertie du système ?

Oui, car le consommateur est roi. Le civisme écologique peut s'appuyer sur les labels. Mais privilégier les produits « verts », à commencer par cette période de Noël, ne suffit pas. Il faut réduire notre fantastique gaspillage, qui pèse 40 % de ce qu'on utilise. Un évène est incapable de comprendre qu'on puisse jeter des restes à la poubelle.

Nous devons redire aux enfants qu'un animal est mort pour leur offrir la viande qu'ils mangent. Cela peut sembler trivial, mais le gaspillage est le signe d'une perte de contact total avec la réalité. Et ce qui est vrai pour la viande l'est pour l'eau, l'énergie...

Vous croyez pourtant aux enfants...

Oui. Chez eux s'amorce un vrai changement de comportement. J'insiste auprès de mon distributeur pour rencontrer des enfants dans chaque ville où je vais, et j'ai fait de gros efforts pour lancer le « Grenelle de l'environnement » dans les écoles. Avec ses enseignants, cette génération est en train d'éduquer les parents.

Mais je trouve terrible le message qui lui est adressé : le monde qu'on va leur laisser serait fichu, ses ressources épuisées.

Et vous, que leur dites-vous ?

Que cette crise est salutaire. Oui, elle fait des dégâts, je suis bien placé pour le savoir. Mais on va vers un monde où l'on vivra mieux, pourvu que l'on conjugue le verbe « être » et pas le verbe « avoir ».

Je leur parle des métiers extraordinaires qu'ils vont pouvoir faire : récupérer l'énergie du soleil, inventer des nouvelles voitures... Je leur dis que réduire son empreinte écologique peut être un jeu amusant. Et je vais continuer à faire des films glorifiant la beauté de la nature.

Votre optimisme est sincère ?

Oui. Bien sûr, je sais que nous jouons dans les quinze ans l'avenir de nos enfants et que sans action immédiate, le processus peut aller jusqu'à l'extinction de 80 % des espèces, y compris l'homme. Je suis inquiet devant l'urgence qu'il y a à agir pour l'écologie et la justice sociale. Mais on voit un début de consensus mondial, des compromis s'ébauchent. Il y a trois ans, je n'aurais pas imaginé un instant qu'on aurait à Paris un ministre de l'Écologie numéro deux du gouvernement alors que ses prédécesseurs avaient à peine de quoi s'offrir un stylo ! Au fond, je suis heureux de vivre dans un siècle où on va assister à un changement de cap total.

(1) Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat. (2) Sols perpétuellement gelés.
Auteur : Recueilli par
Christophe LUCET
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MessageSujet: 20 millions de personnes ont été déplacées en 2008 par des catastrophes naturelles.   Ven 11 Déc - 12:50

Selon le rapport de l'Organisation Internationale des Migrations (OIM) sur les migrations, l'environnement et le changement climatique publié le 8 décembre, en marge du sommet sur le climat de Copenhague (Danemark), 20 millions de personnes ont été déplacées en 2008 par des catastrophes naturelles.

L'OIM relève que le nombre de catastrophes naturelles a plus que doublé en vingt ans. Rappelons que selon ''les prévisions les plus optimistes'' annoncées par le Haut commissaire adjoint de l'ONU pour les réfugiés, les conditions météorologiques extrêmes, la baisse des réserves d'eau et la dégradation des terres agricoles pourraient causer le déplacement forcé de 250 millions de personnes d'ici 2050. De son côté, dans un rapport publié en mai 2007, l'association britannique Christian Aid avait estimé qu'ils seraient plus d'un milliard de personnes d'ici 2050 à fuir leur habitat en raison de la pénurie des ressources mais aussi des conflits qui résulteront de ces bouleversements climatiques.

Des migrations en majorité ''internes''

Le rapport de l’OIM souligne que la majorité de déplacements liés aux conséquences du changement climatique ont lieu à l'intérieur des frontières d'un pays. Il indique qu'il n'y a pas eu d'augmentation des migrations internationales depuis les régions touchées au cours de ces dernières années. Au contraire, ''la majorité des flux migratoires provoqués par les catastrophes naturelles soudaines ou lentes (la sécheresse, par exemple) sont avant tout internes. Les mouvements se font entre zones rurales ou de zones rurales à zones urbaines'', explique l'OIM.

Par exemple, au Mali, les flux se sont effectués du nord vers le sud et vers les côtes d'Afrique de l'ouest. ''Il s'agit pour eux d'une stratégie spontanée d'adaptation à la sécheresse. Le pays reconnaît cependant que cette migration interne ajoute une pression supplémentaire sur un écosystème déjà fragile''.

''La plupart de ces migrations sont internes ou dans des pays voisins, contrairement à la peur répandue que des millions de personnes pauvres touchées par les changements climatiques aillent se réfugier dans les pays riches'', souligne l'étude . A l'exception toutefois des petits Etats insulaires menacés ''par la montée du niveau des eaux qui, dans certains cas, a déjà effacé certaines îles de la carte, provoquant ainsi des flux migratoires internationaux''.

Un soutien international nécessaire aux pays vulnérables

L'OIM rappelle que les pays pauvres risquent d'être les plus exposés à ces menaces et auront besoin d'une aide internationale pour y faire face. ''L'ampleur potentielle des mouvements futurs nécessitera d'apporter un soutien international aux pays les moins avancés qui sont les plus touchés par la migration environnementale interne et transfrontière car ces pays n'auront pas la capacité ou les ressources pour gérer de tels flux'', prévient-elle. Parmi les pays ''potentiellement'' les plus concernés par ces phénomènes migratoires liés au climat, figurent l'Afghanistan, le Bangladesh, l'Amérique centrale, plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et de l'Est et d'Asie du sud-est, précise l'OIM.

Le rapport met également en évidence ''les carences politiques préoccupantes dans les pays de destination du monde industrialisé pour faire face à la migration environnementale''. L'OIM alerte que la migration internationale est susceptible ''d'être de plus en plus importante dans l'avenir et nécessitera la mise en œuvre de programmes politiques qui sont aujourd'hui inexistants''.

Dans un communiqué, l'association environnementale Les Amis de la Terre s'est félicitée ''que la question des migrants environnementaux soit ainsi reconnue'' et a demandé ''la création d'un statut juridique spécifique pour ces populations (…) protégeant à la fois les déplacés à l’intérieur des frontières de leur pays et les déplacés dans un pays étranger''. Ce statut spécifique ''devra protéger les droits nécessaires à la réinstallation des déplacés dans un nouveau lieu de vie (droit à la vie, à être secourus, à l’alimentation, à l’eau, à la santé, au logement, au travail, au retour si possible sur leur lieu de vie originel, et a minima tous les droits reconnus par la Convention de Genève ainsi que ceux reconnus par la Convention de l’OIT sur les droits des travailleurs migrants)'', selon Les Amis de la Terre.
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MessageSujet: Les habitants des Carterets vont être déplacés   Sam 19 Déc - 8:19

Le niveau des eaux autour de ces îles s'élève continûment, et les 2500 habitants commencent à souffrir sérieusement de la faim, parce que les jardins sont envahis par le sel et deviennent incultivables. Il a donc été décidé de déporter les habitants sur Bougainville, 10 familles à la fois, étalée sur une période de un ou deux ans


Les îles Carteret (aussi connu sous les noms d'atoll Carteret) sont des îles de Papouasie-Nouvelle-Guinée situées 86 km au nord-est de l'île de Bougainville dans le Sud-Pacifique. L'archipel est composé d'un atoll de 16 km de diamètre, au centre duquel se trouvent 6 îles coralliennes (dont les îles de Han, Iagain, Iesala, Iolasa, et Piul).

L’érosion de la côte et la destruction de digues pour la défense du rivage, menacent sérieusement ces atoll. Le niveau des eaux autour de ces îles s'élève continûment, et les 2500 habitants commencent à souffrir sérieusement de la faim, parce que les jardins sont envahis par le sel et deviennent incultivables. Il a donc été décidé de déporter les habitants sur Bougainville, 10 familles à la fois, étalée sur une période de un ou deux ans.

En 1995, une vague a nettoyé le rivage des îles Piul et Huene. Et en 1995 également, l'île de Han a été complètement submergée. Cependant, les familles qui devront êtres déplacées ne sont pas considérées comme des réfugiés tels que définis par la Convention de 1951 relative au statut de réfugié. Ces derniers étant déportés pour cause des changements climatiques et de la dégradation de l'environnement.

Le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée envisage la mise en place de services permanents pour les familles et les particuliers qui restent dans les atolls


Seulement, de nombreuses communautés rejettent le label de réfugiés climatiques. Pour eux, ce label véhicule une fausse idée de désespoir. Elles préfèrent dans ce cas, que gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée se concentre sur des stratégies d'adaptation et d'atténuation visant à les aider à rester chez elles.

En effet, Le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée envisage la mise en place de services permanents pour les familles et les particuliers qui restent dans les atolls. Il met aussi en place un plan de secours en cas de graves catastrophes climatiques futures. Une initiative saluée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, qui explique, toute fois, que ces personnes étaient clairement confrontées à des défis sérieux et que leurs besoins dans les domaines des droits fondamentaux et de la protection devaient être assurés.
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MessageSujet: Scandale des réfugiés climatiques 1/3   Mer 3 Mar - 16:13

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MessageSujet: Scandale des réfugiés (2/3)   Mer 3 Mar - 16:14

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MessageSujet: Scandale des réfugiés (3/3)   Mer 3 Mar - 16:15

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