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 Pollution des fleuves au Liban

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MessageSujet: Pollution des fleuves au Liban   Lun 30 Nov - 10:03

Beyrouth, le 28 novembre - L'écologiste libanais Ibrahim el Ali nous fait un état des lieux de la pollution des fleuves du Liban. Le constat est frappant et ses témoignages inquiétants. La mobilisation doit concerner tous les habitants vivant sur les rives de ces dépotoirs afin de forcer les autorités locales à déployer les moyens nécessaires à leur dépollution et à une solution durable.

1- Parlez-nous de vous-même? Votre formation? Votre profession? Vos activités?

Je suis président d’une ONG Mawassem Khair (moissons de la bienfaisance) dont la seule mission est de faire découvrir et sauvegarder ce patrimoine de la biodiversité et la richesse de notre nature.

Membre de la communauté Libanaise du Sénégal, j’ai commencé mes actions en Afrique avant de me consacrer exclusivement au Moyen-Orient…. Là-bas, au côté de mon frère Haidar El Ali, je me suis engagé, dans le cadre de l’association Océanium, dans la défense des dauphins et des espèces protégées, puis dans l’effort de reboisement.

Au Liban ensuite, où je me suis rendu la première fois il y a cinq ans seulement, accompagnant mon père suite au décès de ma mère. Le Liban a été pour moi une révélation : j’y ai découvert une « Terre Sacrée », capitale de la biodiversité du Moyen-Orient, et je me suis, depuis lors, engagé dans la protection de son riche patrimoine écologique. Mon ONG, Mawassem Khair, Moisson de la Bienfaisance, en coopération avec la FINUL, a participé au désamorçage de plus de 4000 bombes au Liban du Sud, au reboisement de la région ainsi qu’à la lutte contre les incendies, et surtout aux efforts de sensibilisation et d’éducation de la population aux problèmes environnementaux.

Mon grand projet actuel est de renforcer mes initiatives de reboisement du Liban, d’assister les municipalités en matière de traitement des déchets et des eaux usées, et de créer une agence d’information dédiée au développement durable et aux questions d’éco-santé au Liban.

[Pour suivre les actions de Ibrahim El Ali et l'aider dans sa mission, rendez-vous sur son site]

2-Que pouvez-vous dire des fleuves au Liban?

Le Liban, contrairement à ses voisins, dispose d’abondantes ressources en eau. Ses fleuves sont à l’image des nombreux paradoxes de notre pays. Que ce soit notre eau, nos montagnes, nos plantes et fleurs, notre littoral, nos oiseaux migrateurs, ou la faune sauvage – affluence du trésor de la biodiversité du moyen orient et gâchis permanents causés par la cupidité -, l’écosystème libanais paye un lourd tribut à cause des solutions de facilité et du manque d’implication d’un gouvernement encore instable, davantage inquiet de son maintien et soucieux des questions de sécurité, que de développement durable qui est pourtant parti intégrante de la sécurité humaine.

Le Liban est composé de plus de 2000 rivières et de 40 fleuves dont 17 pérennes que sont le Nahr Litani, l’Oronte, Nahr Awali, Nahr Ibrahim, Nahr Abu Ali, ainsi que 23 saisonniers.

Les principaux polluants sont de nature agricole, avec l’azotate et le phosphore, par les engrais et les différents pesticides de nature industrielle, les lacunes en matière d’évacuation d’eaux usées et enfin de déchets physiques de toute sorte. L’eau est la plus grande richesse des décennies à venir, protégeons-la pour en tirer les fruits demain.

3- Quelles sont les activités qui polluent (les causes de la pollution) ?

Quelle question ! Tout pollue au Liban. L’agriculture, comme je le disais tantôt, avec son surdosage en pesticides n’est certainement pas le dernier des facteurs. Savez-vous qu’en France, 70 produits sont acceptés comme pesticides alors qu’au Liban, nous en avons plus de 130 homologués, sans parler des produits de contrebande !

L’activité industrielle à proximité des villes a une grande part de responsabilité, en se débarrassant de ses surplus toxiques, de peintures, d’huile de vidanges etc. Les déchets domestiques, les déchets sanitaires, les rejets des déchets d’hôpitaux, l’évacuation des égouts dans les fleuves, en zone urbaine ou dans les campagnes constituent un fléau. Les fosses septiques dans nos maisons laissent s’infiltrer les déchets et matières fécales dans les nappes souterraines. Les diverses huiles de vidange des industries ou des voitures sont hautement cancérigènes faute d’installations prévues pour leur récupération. Enfin, soulignons notre mauvaise habitude de tout déverser dans les fleuves après nos pique-niques familiaux.
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