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 Après le Vietnam, l'Aghanistan :le début de la défaite des croisés ?

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MessageSujet: L’armée américaine a le moral en berne   Mar 10 Nov - 9:13

L’armée américaine a le moral en berne


La fusillade qui a fait 13 victimes, jeudi 5 novembre, sur une base militaire américaine, montre que les troupes subissent le contrecoup de leurs multiples déploiements sur des théâtres d’opération violents

En face de la base de Fort Hood, au Texas, où un psychiatre militaire a ouvert le feu jeudi 5 novembre, tuant 13 personnes, se trouve un café pas comme les autres. « Under the Hood » est le lieu de rencontre des soldats opposés à la guerre. C’est là que les langues se délient et que les peurs et les critiques s’expriment librement.

Cynthia Thomas, la responsable du café, est mariée à un militaire depuis dix-sept ans. Son mari a fait trois « tours » en Irak et vient juste de prendre sa retraite, après vingt-cinq ans de service. Pour elle, le massacre de Fort Hood n’est qu’une demi-surprise. « Nos soldats en sont parfois à leur cinquième déploiement, ils souffrent du stress des combats et la pression de l’armée est très forte, même pour ceux qui ne partent pas », explique la jeune femme de 36 ans.

La tragique fusillade de jeudi est le dernier épisode en date d’une série de violences sur la base. Par deux fois, en septembre 2008 et en juillet 2009, un soldat de Fort Hood a tué par balles un autre soldat. Des actes qui ne sont pas isolés. « La violence domestique, les taux de suicides ou de tentatives de suicide et de divorces sont au plus haut ici », commente la patronne du café.

«Ce ne sont pas des faux problèmes»
Six ans après le début des hostilités en Irak, le nombre de suicides a doublé dans les rangs des GI. L’année dernière, ils étaient 192 à s’être donné la mort. Ce chiffre ne prend en compte que les suicides pendant le service. Or nombre d’actes désespérés sont commis de surcroît une fois que les soldats sont rendus à la vie civile. La guerre inflige aussi des séquelles invisibles. Les problèmes comme la dépression, l’anxiété ou les symptômes post-traumatiques augmentent avec le nombre des déploiements, l’exposition au danger, ou l’émotion causée par la vision de camarades tués.

Selon le département (ministère) de la défense, 4 344 militaires américains ont perdu la vie en Irak et 900 en Afghanistan depuis le début des opérations. Parmi les soldats impliqués dans des incidents en Irak ou en Afghanistan, la proportion d’hommes souffrant de traumatismes mentaux est passée de 38 % à 52 % depuis août 2008, selon des chiffres officiels.

Dernièrement, face à ces statistiques alarmantes, le Pentagone a fait des efforts pour reconnaître cette souffrance. « Je veux briser le tabou autour de ces blessures. Elles sont aussi réelles qu’une jambe cassée ou un bras arraché. Ce ne sont pas des faux problèmes inventés par des soldats faibles », déclarait courant octobre le numéro deux de l’armée de terre américaine, le général Peter Chiarelli.

«La majorité des gens n’en peuvent plus de cette guerre»
À Fort Hood, deux jours avant le massacre, le lieutenant général Robert W. Cone avait donné l’ordre de redoubler de vigilance. « Je demande à tous les responsables de faire de la santé mentale des soldats une priorité. Nos soldats ont droit à rien de moins que les meilleurs soins dans un environnement débarrassé de préjugés et de conséquences négatives », écrivait-il le 2 novembre dans une lettre adressée au personnel.

Or l’armée compte seulement 408 psychiatres pour plus de 550 000 hommes et femmes déployés dans le monde. Et dans les faits, de nombreux soldats traumatisés par leur expérience du combat hésitent toujours à en parler, de peur d’être perçus comme des « poules mouillées » ou par crainte de représailles.

L’auteur de la fusillade, Nidal Malik Hassan était un psychiatre militaire. Ces dernières semaines, il était opposé à la guerre et voulait être démobilisé. « Pour moi, cette tragédie démontre que l’armée est en perte de vitesse. Il n’y a pas de stratégie valable actuellement. Et vous ne pouvez pas demander à des gens de sacrifier leur vie pour une mission qui n’est pas claire », affirme José Vasquez, un vétéran, ancien infirmier militaire, aujourd’hui directeur des vétérans d’Irak contre la guerre.

Cynthia Thomas, qui côtoie tous les jours les familles de 50 000 soldats basés à Fort Hood, témoigne : « La majorité des gens que je croise ici n’en peuvent plus de cette guerre et ils n’y croient plus. Mais si vous le leur demandez face à une caméra, ils vous diront qu’ils soutiennent les troupes et qu’ils aiment leur pays. »
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MessageSujet: Fusillade de Fort Hood: un aperçu du mal fait aux Irakiens et Afghans   Mar 10 Nov - 9:16

Fusillade de Fort Hood: un aperçu du mal fait aux Irakiens et Afghans (Armée islamique en Irak)

L'Armée islamique en Irak, un groupe armé de la guérilla, a estimé lundi que la fusillade ayant fait 13 morts sur la base américaine de Fort Hood (Texas) donnait aux Américains un aperçu de la douleur qu'ils infligent à autrui, évoquant l'Irak mais aussi l'Afghanistan.

Après cette fusillade, les Américains "ont peur du lendemain", écrit le groupe dans un communiqué cité par le centre américain de surveillance des sites internet islamistes SITE.

"Ils n'ont pas ce sentiment lorsque leurs soldats tuent des innocents en Afghanistan et en Irak", écrit le groupe, avant d'ajouter: "Nous disons à ces Américains que si vous ressentez de la douleur, ce n'est qu'une part de ce que vous infligez à autrui".

"Est-ce que votre sang est réellement du sang et celui des autres n'est que de l'eau?", demande l'Armée islamique en Irak à l'adresse des familles des victimes de la tuerie.

Nidal Malik Hasan, un militaire américain d'origine palestinienne, est soupçonné d'avoir ouvert le feu jeudi dernier sur la base américaine de Fort Hood tuant 13 de ses camarades.

Blessé par balles par les forces de l'ordre pendant la fusillade, ce psychiatre de profession a été hospitalisé dans l'attente d'être interrogé.
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MessageSujet: AFGHANISTAN : les évêques britanniques demandent le retrait des troupes   Ven 20 Nov - 6:35

AFGHANISTAN : les évêques britanniques demandent le retrait des troupes
Christian Terras

C’est une nouvelle internationale passée inaperçue, et qui au contraire aurait mérité d’être remarquée. Mgr Richard Moth, en charge du diocèse aux armées de Grande Bretagne a lancé un appel en faveur de la paix en Angleterre.

Il est urgent selon lui de mettre enfin un terme à l’enlisement du conflit armé en Afghanistan. L’évêque a exprimé sa douleur de voir s’ajouter chaque jour de nouveaux noms à la listes des morts. Le prélat insiste sur le devoir moral de réduire au maximum les risques et de ne pas jouer avec les vies humaines. Il faut faire très vite pour épargner des vies et trouver un compromis diplomatique.

Mgr Richard Moth place ensuite l’accent sur l’insurmontable souffrance de la perte d’un être jeune. Justement en raison de cette intensité tragique, il est particulièrement important de s’interroger pour savoir si un engagement est vraiment juste, ou non, et jusqu’où.

Ces déclarations ont en fait un sens caché dans le contexte d’une polémique en cours dans l’armée britannique. Certains reprochent à l’équipe dirigeante de ne pas avoir été en mesure d’assurer aux malheureuses troupes stationnées en Afghanistan l’équipement indispensable, par exemple en hélicoptères, ce qui est faire preuve d’irresponsabilité. Cette incurie aurait entraîné des morts inutiles.

En Angleterre, les politiciens catholiques, en général opposés à la guerre d’Irak, sont divisés au sujet de la moralité ou non de la guerre en Afghanistan. Leader en vue de l’opinion négative sur la question, le travailliste Joe Benton insiste également sur l’inefficacité de ce conflit. Dans un sens analogue, le conservateur David Amess estime que le gouvernement n’a pas été en mesure de prouver le bien-fondé de l’intervention britannique dans ce bourbier.

Même le théologien Nigel Biggar, de l’Université d’Oxford, défenseur de la théorie de la guerre, et partisan au départ de la légitimité de l’engagement britannique en Afghanistan, estime qu’il faut des raisons supplémentaires pour persévérer dans ce conflit. Et mieux évaluer les chances réelles de succès véritable.
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MessageSujet: L'insurrection afghane gagne du terrain   Lun 28 Déc - 9:05

Le nombre de soldats américains tués en Afghanistan à doublé en un an, victimes d'une insurrection en pleine expansion, alors que les 30.000 renforts promis par le président américain Barack Obama commencent à être déployés dans le pays.

Un 310e militaire américain a été tué samedi dans le sud, portant à 506 le nombre de soldats étrangers morts dans le conflit afghan depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP établi à partir du site Internet spécialisé www.icasualties.org.

A quelques jours de la fin de l'année 2009, les pertes américaines sont donc déjà deux fois supérieures à celles de l'année précédente (155 morts, sur un total de 295 soldats étrangers tués). Et l'armée américaine aura perdu en 2009 pratiquement autant d'hommes que pendant les trois années cumulées de 2005, 2006 et 2007.
L'insurrection gagne du terrain

Depuis trois ans, l'insurrection menée par ces derniers a gagné du terrain, y compris dans le nord auparavant réputé calme, en dépit de l'augmentation régulière du nombre de soldats étrangers, pour atteindre 113.000 aujourd'hui, dont environ 71.000 Américains.

Le président Obama a annoncé le 1er décembre l'envoi de 30.000 soldats américains supplémentaires, qui seront principalement déployés dans le sud. Or avec l'augmentation du nombre de troupes engagées, les pertes américaines devraient encore augmenter, préviennent plusieurs experts.

Même le chef d'état-major interarmées des Etats-Unis, l'amiral Michael Mullen, en visite en Afghanistan le 14 décembre, avait prévenu qu'il fallait s'attendre au retour d'un nombre croissant de cercueils aux Etats-Unis. «Cette mission sera beaucoup plus difficile qu'elle ne l'était il y a un an» pour les soldats américains, avait-t-il admis.
Bombes artisanales

Le déploiement des renforts américains sera achevé en août prochain, selon des responsables militaires. Les troupes étrangères craignent notamment les bombes artisanales dissimulées sur les bords de route, qui explosent au passage d'un convoi ou d'une patrouille et ont été responsables de 60% de leurs pertes en 2009.

Les forces internationales affirment que les talibans versent jusqu'à 200 dollars à des villageois dans la misère - soit près d'un an de salaire moyen pour un Afghan - pour qu'ils posent ces engins. Selon l'Otan, chaque bombe artisanale qui tue un soldat fait également en moyenne huit blessés, civils ou militaires.
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MessageSujet: D'après des témoignages concordants de hauts responsables militaires, même l'afflux de nouvelles troupes en Afghanistan ne saurait prémunir d'une victoire sur les Talibans   Ven 1 Jan - 9:30

D'après des témoignages concordants de hauts responsables militaires, même l'afflux de nouvelles troupes en Afghanistan ne saurait prémunir d'une victoire sur les Talibans. Le blog Dedefensa.org analyse ici l'ensemble des révélations.


U

Des officiels des « services de renseignement » des pays de l’OTAN, ou « Western military intelligence », ou encore « a senior intelligence officer with NATO's International Security Assistance Force » (diverses indications passe-partout), ont donné des précisions sur la situation en Afghanistan et son évolution. Une appréciation particulièrement pessimiste. Plusieurs canaux d’information ont repris ces interventions, montrant par là que ces interventions avaient été organisées de façon délibérée, comme une séance d’information informelle destinée à une grande diffusion. AFP, le 27 décembre 2009, Reuters (repris le 27 décembre 2009 par le New York Times) ont notamment retransmis ces informations, le plus souvent dans des termes quasiment similaires. Cela montre que l’intervention a été particulièrement contrôlée quant aux termes employés, et donc aux intentions des intervenants.

En gros, ces interventions des services de renseignement disent que les forces de l’OTAN sont engagées dans une « course contre le montre », que les talibans sont prêts à prendre le pouvoir, dans un an peut-être, si...

Retrouvez la suite de cet article sur Dedefensa.org
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MessageSujet: Ca sent le sapin....   Lun 18 Jan - 16:10

Des hélicoptères de l'OTAN tournoyant dans le ciel de Kaboul, les quartiers gouvernementaux et diplomatiques fermés, les étrangers consignés dans leur bureau, le chaos a régné plusieurs heures, lundi 18 janvier, alors que les bruits d'explosion et de tirs d'armes automatiques résonnaient dans la capitale.


Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a indiqué, lundi 18 janvier, sur France Info, que les journalistes de France 3, enlevés le 30 décembre en Afghanistan, avaient été "prévenus" des risques, ajoutant : "Ils ont voulu prendre leurs risques, maintenant c'est nous qui les prenons pour les sortir, et c'est normal." Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a estimé dimanche que le "scoop ne devait pas être recherché à tout prix", confirmant des propos du président Sarkozy évoquant une "imprudence vraiment coupable". Reporters sans frontières et des syndicats de journalistes ont déclaré ces propos "inacceptables".
Sur le même sujet
Le président afghan Hamid Karzaï a présenté, samedi 19 décembre, un gouvernement destiné à plaire tant à la communauté internationale qu'aux hommes d'influence qui l'ont soutenu.
Les faits Afghanistan : Karzaï conserve l'essentiel de son gouvernement
Photo prise le 13 main 2009 à Aulnat, du général Stéphane Abrial, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air.
Entretien Dans le conflit en Afghanistan, "nulle solution n'existe sans soutien militaire fort"
Les faits 800 légionnaires français engagés dans une "démonstration de force" en Afghanistan
Compte rendu La France n'écarte plus l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan
Les faits Madrid va envoyer 500 soldats supplémentaires en Afghanistan
Les faits Cinq policiers afghans tués lors d'une attaque
Edition abonnés Infographie : Position des forces de l'OTAN en Afghanistan

"Vers 9 h 30, une explosion a retenti à proximité de l'hôtel Serena, a rapporté au Monde Jean d'Amécourt, ambassadeur de France en Afghanistan, puis des hommes armés ont pris position sur des toits pour faire feu sur des bâtiments gouvernementaux ; à 11 h 20, on entendait une deuxième explosion, assourdissante, près des ministères de l'éducation et des affaires étrangères."

Face à l'ampleur de l'attaque, l'OTAN a déployé des hommes et du matériel aux côtés des forces de sécurité afghanes. Selon des témoins vivant dans le quartier - hautement sécurisé - visé par les insurgés où sont concentrés les ambassades et les principaux symboles du pouvoir, les nuages de fumée provoqués par les explosions étaient visibles dans le ciel et l'odeur de poudre saturait l'air.

L'un des porte-parole du commandement des talibans a revendiqué la paternité de cette opération. "C'est notre oeuvre, a déclaré Zabibullah Moudjahid, nos objectifs étaient les ministères de la justice, des finances et des mines ainsi que la Banque centrale." D'après lui, vingt kamikazes auraient été lancés à l'assaut de la capitale et l'un d'entre eux aurait actionné sa ceinture d'explosifs à l'entrée du palais présidentiel situé en face du bunker abritant la CIA à Kaboul.

Le ministère afghan de l'intérieur confirmait, lundi, la gravité de l'attaque et indiquait que les combats avaient déjà fait "au moins 13 blessés". Quatre kamikazes sont morts, dont deux en se faisant exploser. Deux autres ont été tués par les forces afghanes. Selon l'ONU à Kaboul, une voiture piégée aurait également été utilisée.

Lundi, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, faisait le lien entre ces attaques et la conférence internationale qui doit se réunir à Londres le 28 janvier sur le futur de l'Afghanistan. "Il faut s'approcher beaucoup plus encore qu'on ne l'a fait des Afghans. C'est les Afghans eux-mêmes qui doivent déterminer leur futur", a-t-il affirmé.

A Kaboul, lundi, un officier de l'OTAN ne cachait pas son pessimisme. "Après le succès spectaculaire remporté contre la CIA (une attaque-suicide a tué, le 30 décembre 2009, des agents de la CIA sur la base de Chapman, dans le sud-est du pays), les talibans prouvent aujourd'hui, une fois encore, qu'ils peuvent frapper là où ils le veulent quand ils le veulent. Nous savons que 2010 sera pire que 2009."

Le constat est en partie partagé par les diplomates. "C'est la première fois que les talibans montent une telle opération dans la capitale, note M. d'Amécourt. Cela démontre leur capacité à exploiter les faiblesses du gouvernement afghan et de la coalition internationale, mais contraste aussi avec les progrès réels accomplis sur le terrain par la coalition."

Selon un membre du NDS, le service secret afghan, cette opération serait à attribuer au réseau de Jalaluddin Haqqani, ancien chef de guerre afghan lors de la lutte contre les Soviétiques, allié depuis au leader des talibans, le mollah Omar. L'un de ses fils, Sirajuddin, dont la tête est mise à prix par les Américains, a revendiqué, à partir de 2008, les principales attaques menées dans le sud-est du pays et à Kaboul contre la coalition et le gouvernement afghan.
Jacques Follorou
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MessageSujet: Un raid taliban au coeur de la capitale afghane a coûté la vie à une quinzaine de personnes   Mar 19 Jan - 5:31

Un raid taliban au coeur de la capitale afghane a coûté la vie à une quinzaine de personnes, dont dix des assaillants.
Les talibans ont lancé, hier, une spectaculaire opération commando en plein centre de Kaboul, visant le palais présidentiel, l'hôtel Serena (qui a été détruit par un incendie), des centres commerciaux et des bâtiments gouvernementaux.

Il s'agit de l'attaque la plus ambitieuse des insurgés sur la capitale afghane depuis celle de février 2009 (27 morts, dont 8 assaillants) qui visait alors le ministère de la Justice et d'autres immeubles gouvernementaux, et celle d'octobre qui avait coûté la vie à huit personnes, dont cinq employés de l'Onu.

Le raid d'hier, auquel auraient pris part plus de 20 insurgés, est intervenu au moment où plusieurs ministres du gouvernement d'Hamid Karzaï, formé laborieusement après plusieurs reports, étaient en train de prêter serment.

Au moins dix membres du commando sont morts. « Ils ont été tués soit en déclenchant leurs explosifs, soit par les forces de sécurité », a ajouté Mohammad Hanif Atmar, le ministre de l'Intérieur. Ce dernier a, par ailleurs, indiqué que cinq personnes avaient péri dans les violences : un agent du renseignement afghan, deux policiers et deux civils, dont un enfant. 71 personnes ont également été blessées, dont 35 civils.

Cette incursion talibane constitue une nouvelle fin de non-recevoir à l'initiative du président Karzaï, visant à réintégrer les talibans dans la vie civile à condition qu'ils déposent les armes, un plan que le chef de l'État afghan compte présenter à la conférence internationale de Londres sur l'Afghanistan, le 28 janvier.
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MessageSujet: Afghanistan : les Soviétiques offrent un modèle de sortie   Mar 26 Jan - 15:51

Afghanistan : les Soviétiques offrent un modèle de sortie

LivreTant décriés aujourd'hui, les Soviétiques ont pourtant réussi en Afghanistan ce que la coalition occidentale cherche à faire sous le nom d'"afghanisation", c'est-à-dire partir sans débandade en laissant derrière soi un gouvernement et une armée alliés, qui ont tenu plus de trois ans... jusqu'à la disparition de l' Union soviétique. Je raconte cet épisode dans un article paru hier dans Libération et que l'on peut lire ci-dessous. Plus de détails dans mon livre "Mourir pour l'Afghanistan" (Editions Jacob-Duvernet, 2008). Au Vietnam déjà, le retrait américain s'était effectué dans des conditions comparables.

"Le dernier soldat soviétique à franchir le «pont de l’Amitié» sur l’Amou-Daria, ce 15 février 1989, s’appelait Boris Gromov. Il était alors un jeune général de 45 ans, à la tête de la 40e armée soviétique. Deux décennies plus tard, Gromov est gouverneur de la région de Moscou. Belle carrière. Le pont, d’une longueur de 800 mètres et construit en poutrelles métalliques, est toujours là. Il sépare désormais l’Ouzbékistan de l’Afghanistan. Les Russes ont quitté ce pays, mais la paix n’y est pas revenue. Pourtant, leur retrait - réussi - pourrait servir d’exemple aux Occidentaux quelque peu empêtrés en Afghanistan.

Alors que se tient jeudi à Londres une grande conférence internationale sur l’avenir du pays, l’expérience soviétique devrait paradoxalement inciter à l’optimisme. Oui, la stratégie de transfert de responsabilités aux autorités et à l’armée afghanes - connue sous le nom d’«afghanisation» - peut marcher. La preuve ? Les Soviétiques y sont parvenus dans un contexte beaucoup plus difficile. L’Amérique d’Obama devrait au moins réussir à faire aussi bien. L’expérience soviétique montre en effet qu’il est possible de trouver une porte de sortie en laissant derrière soi un régime suffisamment stable et présentable pour partir sans honte. Que ce régime soit viable à long terme est une autre histoire…

Le problème, c’est qu'on l'avait oublié. Dans l’imaginaire collectif, hérité des dernières années de la guerre froide, l’armée soviétique a été chassée militairement d’Afghanistan par les moudjahidin soutenus par l’Occident. La réalité est un plus nuancée que cela. (Pour lire la suite cliquer ci-dessous)

Lorsque les Soviétiques quittent volontairement le pays au début de l’année 1989, ils laissent derrière eux un régime prosoviétique qui se maintiendra au pouvoir plus de trois ans. Et s’il disparaît, au printemps 1992, c’est parce que son principal soutien, l’Union soviétique, a entre-temps disparu…

Retour sur ce moment de la longue histoire de la guerre civile afghane qui entrera, en avril prochain, dans sa trente-deuxième année.

Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en mars 1985. L’Armée rouge est en Afghanistan depuis plus de cinq ans : elle y est entrée au lendemain de Noël 1979 pour sauver un régime communiste menacé par le soulèvement populaire. Comme le montrent les archives du Politburo du Parti communiste d’Union soviétique, désormais accessibles, cette opération militaire était loin de faire l’unanimité au sein de la direction soviétique. En 1985, l’enlisement militaire et politique est là. Dès l’été 1986, Gorbatchev prend la décision de se retirer d’Afghanistan, mais il veut le faire dans des conditions politiques acceptables. La guerre coûte cher, de l’ordre de 50 milliards de dollars par an, elle mobilise des dizaines de milliers d’hommes, les pertes s’accumulent et la population grogne devant les «cercueils de zinc» qui rentrent au pays. Il y aura, au total, 15 000 morts en neuf ans dont une majorité par maladie, les conditions sanitaires étant épouvantables. Gorbatchev doit trouver une porte de sortie.

Première étape : Moscou débarque le dirigeant afghan Babrak Karmal, installé au pouvoir fin 1979 après que les spetsnaz (forces spéciales) du KGB eurent assassiné son prédécesseur communiste Hafizullah Amin. Karmal, lui, a la vie sauve mais il doit céder le pouvoir au docteur Najibullah, le chef des services secrets, lui-même membre du KGB depuis les années 60. Agé de 39 ans, marié à une femme de la famille royale, ce Pachtoune est surnommé «le taureau». Sa réputation souffre des méthodes expéditives et cruelles des policiers du Khad. Il va néanmoins conduire avec un certain succès une politique d’ouverture et de réconciliation nationale. C’est la méthode Gorbatchev transposée en Afghanistan.

Alors que le régime s’était fait détester de la population par ses attaques contre la religion, Mohammed Najibullah tend la main à l’islam : une nouvelle Constitution, adoptée en 1987, est placée sous les auspices du «Dieu clément et miséricordieux». Le commerce est libéralisé et Najibullah joue à fond la carte des fidélités tribales et locales avec une politique clientéliste traditionnelle.

Deuxième temps : la diplomatie. Des négociations s’engagent à Genève entre l’Afghanistan, le Pakistan, l’Union soviétique et les Etats-Unis. Elles aboutissent à un accord signé le 14 avril 1988. La résistance n’est pas partie prenante de ces pourparlers, qu’elle dénonce, mais le retrait soviétique se fait donc dans un cadre de légalité internationale. Gorbatchev ne se fait pas prier : dès le mois de mai, les troupes de Moscou quittent Kandahar et Jalalabad. En août, la moitié des effectifs (130 000 hommes au total) est déjà partie.

Pour les militaires soviétiques, la situation sur le terrain s’était terriblement dégradée les deux dernières années, lorsque les Etats-Unis ont autorisé le transfert de missiles antiaériens portables Stinger et Blowpipe aux moudjahidin. En quelques semaines, les Soviétiques perdent la maîtrise du ciel. On estime que 250 avions et hélicoptères ont été abattus en trois ans… Leur défaite militaire est toutefois relative, car ils gardent le contrôle des grandes villes et des principaux axes de communication. Sans lésiner sur les moyens pour l’obtenir, avec l’usage de l’artillerie lourde contre les villages ou la pose de dizaines de milliers de mines antipersonnel.

Le 15 février 1989, le général Gromov quitte l’Afghanistan, mettant fin à plus de neuf ans de présence militaire sur le terrain. A Moscou, c’est le soulagement ; en Occident, on crie victoire.

Sur le terrain, la réalité est plus contrastée. La résistance, divisée entre de nombreux groupes rivaux et parfois hostiles, perd ce qui l’unissait : la présence de l’ennemi soviétique dans le pays. La guerre oppose désormais des Afghans à d’autres Afghans. Le Pakistan reste un acteur important et pousse ses alliés, les islamistes du Hezbi-i-Islami de Gulbudin Hekmatyar - les mêmes qui affrontent aujourd’hui les soldats français dans le district de Kapissa - à passer à l’action pour renverser le régime postcommuniste.

L’assaut est donné contre la ville de Jalalabad. Au bout de quelques semaines de combat, c’est un échec militaire pour les islamistes. Les troupes fidèles au régime de Kaboul ne se sont pas débandées, bien au contraire. En partie à cause d’actes de sauvagerie commis par des djihadistes arabes, comme le raconte l’historien afghan Assem Akram (1). Une soixantaine de militaires avaient été faits prisonniers et ils furent «exécutés, coupés en morceaux, emballés dans des caisses de fruits et envoyés à la garnison de Jalalabad avec ce message : voilà ce qui attend les mécréants !» Les «mécréants», fidèles au régime de Najibullah, continuèrent le combat. D’autant qu’ils avaient les moyens de le faire. L’Union soviétique versait environ 8 millions de dollars d’aide militaire par jour. Surtout, elle avait laissé derrière elle d’importants stocks d’armes et une armée à peu près formée. L’armée afghane utilisa massivement des missiles sol-sol Scud, les même que ceux de Saddam Hussein. Les experts militaires estiment que 1 700 de ces engins furent tirés par les Afghans - ce qui fait d’eux les premiers utilisateurs au monde.

Parallèlement, le docteur Najibullah parvint à débaucher d’anciens résistants, achetant des chefs de guerre et des seigneurs locaux. «Le régime ne s’effondre pas et les moudjahidin s’avèrent incapables de gagner», constate Gilles Dorronsoro (2), l’un des meilleurs spécialistes français de ce pays. «La résistance afghane, ayant gagné sa guerre, ratait sa paix», ajoute l’Américain Michaël Barry (3).

Le début de la fin commence en août 1991, lorsqu’une tentative de putsch à Moscou fragilise définitivement Gorbatchev. En décembre, l’Union soviétique disparaît et Eltsine entre au Kremlin. L’Afghanistan est le cadet de ses soucis. Ce n’est pas le cas des Pakistanais, qui détestent le docteur Najibullah et son régime postcommuniste installé à leurs portes.

A Kaboul, la décomposition du pouvoir s’accélère, faute du soutien politique et financier de Moscou. Rachid Dostom, chef de guerre ouzbek dont la milice personnelle formait la 53e division de l’armée afghane, rallie les opposants, dont le commandant Massoud. Le régime aura tenu trois ans et deux mois après le départ de ses protecteurs.

Le 16 avril 1992, Najibullah démissionne alors que les milices entrent dans la capitale, où elles vont s’affronter durant des mois à l’arme lourde. Refusant de fuir en Inde, Najibullah se réfugie le 17 avril dans un bâtiment des Nations unies. Il y restera enfermé plus de quatre ans, jusqu’en septembre 1996. A cette date, les talibans entrent victorieux dans Kaboul. Ils n’ont que faire de l’immunité diplomatique des Nations unies et capturent l’ancien président de la République. Il est sauvagement assassiné, castré et son cadavre pendu à un lampadaire. La guerre civile afghane continuait sous une autre forme. Elle se poursuit toujours.

(1) Histoire de la guerre d’Afghanistan (Balland, 1996). (2) La Révolution afghane (Karthala, 2000). (3) Le Royaume de l’insolence (Flammarion, 2002).
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MessageSujet: Nouvelle bavure : imaginez la même chose sur le territoire américain ?????   Dim 31 Jan - 6:43

Dimanche 31 janvier 2010



Publié le 30/01/2010 à 18:34 Reuters
La tension monte entre Otan et Afghans après une bavure

La tension monte entre Otan et Afghans après une bavure

Soldat afghan (au premier plan) et militaires américains (à l'arrière-plan) samedi dans la province de Wardak, non loin de la base de l'armée afghane bombardée par erreur par des troupes de l'Otan. Cette bavure a déclenché une nouvelle crise entre Afghans et Alliance atlantique. /Photo prise le 30 janvier 2010/REUTERS/Mustafa Andalib


Le bombardement par erreur d'une base de l'armée afghane par des troupes de l'Otan a déclenché une nouvelle crise entre Afghans et Alliance atlantique.

Deux autres incidents ont eu lieu samedi, provoquant la mort de deux soldats américains et deux civils afghans.

La bavure impliquant des "tirs amis" a eu lieu dans la province de Wardak, au sud-est de Kaboul, où les forces étrangères et afghanes menaient des opérations vendredi soir, a rapporté Shahedullah Shahed, porte-parole du gouverneur de Wardak.

La Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) a été visée par des tirs sans savoir qu'ils venaient de soldats afghans et a réclamé des renforts aériens, qui ont bombardé un avant-poste de l'armée afghane récemment installé.

"Quatre soldats sont morts et six autres ont été blessés quand les frappes aériennes étrangères ont visé leur base", a dit le porte-parole. "Nous ne savons pas comment c'est arrivé mais c'est très regrettable."

L'Isaf a raconté l'incident en ces termes dans un communiqué: "Les premiers rapports sur l'opération indiquent que des tirs d'armes légères sont venus d'un poste avancé de combat de l'armée nationale afghane (ANA) et qu'un soutien aérien appelé consécutivement par la force alliée a probablement tué quatre soldats de l'ANA."

Tentant de désamorcer la polémique, les responsables de l'ANA et de l'Otan ont annoncé une enquête commune.

"Nous travaillons dur pour coordonner et synchroniser nos opérations", a dit Eric Tremblay, porte-parole canadien de l'Isaf.

Dans la même province de Wardak, un interprète afghan a tué par balles deux soldats américains car il était "mécontent" de ses conditions de travail, selon des responsables américains.

Un responsable provincial afghan, qui a requis l'anonymat, a déclaré qu'avant d'ouvrir le feu, l'interprète s'était querellé avec des militaires à propos de son salaire. Il a été à son tour abattu par d'autres soldats.

TENSIONS

Un troisième incident s'est produit dans la province voisine de Ghazni, où des soldats de l'Otan ont ouvert le feu sur un véhicule qui ne s'était pas arrêté malgré leurs injonctions, tuant deux civils et en blessant un autre.

Les bavures des forces alliées sont une grande source de tensions entre le gouvernement et les troupes occidentales qui le soutiennent.

La population a manifesté sa colère à plusieurs reprises ces dernières semaines, visant principalement les Américains. Ceux-ci composent les deux-tiers de l'Isaf, qui n'a pas identifié la nationalité des troupes impliquées dans les "tirs amis".

"Comme vous le voyez, ils ont largué des bombes sur notre poste avancé. Ce sont les Américains, bien sûr. Qui d'autre nous bombarderait ?" a dit un ancien du village de Salar à Reuters télévision.

Les Nations unies assurent que l'Isaf a réussi à limiter le nombre de victimes civiles depuis que son commandant, le général Stanley McChrystal, a fait diffuser un guide en ce sens l'année dernière.

Le ministère afghan de la Défense a demandé que les responsables soient traduits devant un tribunal militaire.

"Les soldats impliqués dans cet horrible incident doivent être jugés selon la loi martiale, sans aucune hésitation, pour qu'ils soient punis pour leurs actes", a dit le ministère.

La force internationale s'inquiète également des conflits grandissants entre ses troupes et les Afghans avec qui elles travaillent.

En novembre et décembre, un policier puis un soldat afghans ont tué au total six soldats occidentaux. La mois dernier, un agent double jordanien muni d'un gilet d'explosifs a tué sept employés de la CIA.

Avec Sher Ahmad à Ghazni et Hamid Shalizi et Peter Graff à Kaboul, version française Grégory Blachier et Clément Guillou
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MessageSujet: Les Talibans dans Kaboul !   Mer 19 Mai - 9:30

KABOUL/DERA ISMAIL KHAN, Pakistan (AP) — La capitale afghane et le nord-ouest du Pakistan, frontalier de l'Afghanistan, ont été le théâtre mardi de deux attentats-suicide qui ont fait 31 morts et une soixantaine de blessés, selon les autorités.

A Kaboul, l'explosion d'une voiture piégée revendiquée par les talibans a coûté la vie à 18 personnes, dont six militaires de l'OTAN, et fait 47 blessés. Par ailleurs, un kamikaze circulant à vélo a tué 13 personnes et en a blessé 15 autres dans l'attaque d'une patrouille de police à Dera Ismail Khan, une localité du Nord-Waziristan.

L'attentat dans la capitale afghane, condamné par le président Hamid Karzaï, est la première attaque d'envergure à Kaboul depuis le 26 février, quand des kamikazes avaient pris pour cibles deux petits établissements hôteliers du centre-ville. Seize personnes, dont six ressortissants indiens, avaient alors été tuées, conduisant la police à s'engager en faveur d'un renforcement de la surveillance et de la sécurité. Les autorités afghanes avaient attribué l'attentat au Lashkar-e-Taiba, milice islamiste basée au Pakistan tenue responsable par New Delhi des attentats ayant fait 166 morts en novembre 2008 à Mumbai (Bombay).

La nouvelle attaque est aussi la plus meurtrière pour les forces de l'OTAN depuis un attentat-suicide qui a fait six morts dans les rangs des soldats italiens en septembre.

Mardi, l'explosion d'une voiture piégée a frappé un convoi de l'OTAN en pleine heure de pointe, tuant six militaires, cinq Américains et un Canadien, selon l'Alliance atlantique, un porte-parole des forces américaines et le gouvernement canadien.

Douze civils afghans ont également perdu la vie et 47 ont été blessés. Il s'agissait pour la plupart de passagers d'un autobus bondé, a précisé le ministère de l'Intérieur. Il y a des "victimes parmi les forces de l'OTAN et les civils -des femmes" et des "enfants", a déploré le président Karzaï lors d'une conférence de presse.

Si la police a fait état de l'arrestation d'un certain nombre de soi-disant kamikazes depuis février, ce dernier attentat vient rappeler la menace que des assaillants déterminés peuvent faire peser sur le dispositif défensif de la ville.

Un porte-parole des talibans a déclaré dans un appel téléphonique à l'Associated Press depuis un lieu indéterminé que le kamikaze vivait à Kaboul et que sa voiture était bourrée de 750 kilos d'explosifs. L'attentat visait le convoi étranger, a-t-il dit.

Des soldats américains et des policiers afghans ont établi un cordon de sécurité autour des carcasses des véhicules dans le secteur jonché de débris. Selon l'OTAN, cinq de ses véhicules et plus d'une dizaine de véhicules civils ont été endommagés.

Cet attentat a été perpétré à l'heure où l'Alliance atlantique prépare une vaste offensive dans la province méridionale de Kandahar, bastion des talibans.

Dans le sud du pays, deux soldats de l'OTAN ont trouvé la mort mardi dans différentes attaques, dont un Américain, selon l'armée américaine.

Au Pakistan, l'attentat à l'explosif de mardi a coûté la vie à trois policiers, dont un haut responsable, et 10 civils, parmi lesquels un couple et ses deux enfants, selon le chef de la police de la région de Dera Ismail Khan, Gul Afzal Khan. Quinze autres personnes ont été blessées dans cette attaque perpétrée par un kamikaze à vélo.

En octobre, plusieurs centaines de milliers de personnes avaient fui vers Dera Ismail Khan lors du lancement d'une grande offensive militaire terrestre contre le principal bastion des talibans pakistanais dans la région tribale du Sud-Waziristan.

Ce déplacement de population était venu s'ajouter à de sérieuses difficultés causées par de précédentes opérations similaires, notamment une dans la vallée de Swat, près de la frontière avec l'Afghanistan. Au total, trois millions de Pakistanais, d'après les estimations, sont partis l'an passé vers d'autres régions pour fuir le conflit, soit le plus grand nombre au monde de personnes déplacées à l'intérieur d'un pays, selon un rapport soutenu par l'ONU qui a été diffusé lundi. AP
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MessageSujet: dix soldats de l'OTAN tués   Mar 8 Juin - 15:33

CANBERRA (AP) — Deux Australiens figurent parmi les dix soldats de l'OTAN tués en Afghanistan lundi, a annoncé mardi un responsable australien. Ils ont trouvé la mort dans l'explosion d'un engin artisanal dans le sud du pays.

Ces deux hommes dont c'était la première mission en Afghanistan, patrouillaient à pied dans la province d'Uruzgan province, a expliqué le chef des forces de défense, le général David Hurley devant la presse à Canberra. Ces morts portent à 13 le nombre de soldats australiens tués en Afghanistan depuis 2001.

Canberra a envoyé 1.550 hommes en Afghanistan, la plus importante contribution d'un pays non-membre de l'Alliance atlantique. AP
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MessageSujet: Des talibans ont tué quatre soldats américains en abattant un hélicoptère de l'OTAN   Jeu 10 Juin - 4:37

KABOUL (AP) — Des talibans ont tué quatre soldats américains en abattant un hélicoptère de l'OTAN mercredi dans la province d'Helmand, dans le sud de l'Afghanistan, selon des responsables de l'Alliance atlantique et de l'armée américaine.

Un porte-parole des fondamentalistes armés, Qari Yousef Ahmadi, a revendiqué l'attaque, précisant que deux roquettes avaient été tirées.

Ces nouveaux décès portent à 17 le nombre de soldats américains tués en Afghanistan depuis dimanche, selon les comptes de l'Associated Press. L'OTAN a connu sa journée la plus meurtrière depuis le début de l'année lundi, avec la mort de dix soldats, dont sept américains.

Avec la mort d'un soldat britannique de l'Alliance dans un attentat à la bombe artisanale plus tôt mercredi, les alliés ont perdu 29 militaires depuis le début du mois.

Un porte-parole de la province d'Helmand, Daoud Ahmadi, a affirmé que l'hélicoptère avait été abattu pendant une opération mêlant des forces afghanes et de l'OTAN. Ses aéronefs représentent un avantage crucial pour l'Alliance, quand l'insurrection est surtout armée de fusils automatiques et de lance-roquettes. Cela n'a pas empêché cette dernière de tuer 16 soldats américains en abattant un hélicoptère le 28 juin 2005.

L'attaque de mercredi survient alors que les troupes américaines se regroupent dans le sud de l'Afghanistan, berceau et bastion des talibans. Ils préparent une vaste offensive destinée à reprendre le contrôle de Kandahar, dans la province voisine de l'Helmand, afin de changer le cours de la guerre et de pouvoir entamer le retrait américain en juillet 2001, comme prévu par le président Barack Obama.

Le chef de la Maison Blanche a ordonné en décembre dernier le déploiement de plus de 30.00 soldats supplémentaires en Afghanistan, dans le Sud pour la plupart.

Devant l'escalade de la violence, le gouvernement afghan tente de son côté de mettre fin à neuf ans de guerre en tendant la main aux talibans qui accepteraient de déposer les armes. L'insurrection a jusqu'ici officiellement décliné l'invitation du président Hamid Karzaï à des négociations. Les Etats-Unis doutent que la paix puisse être obtenue sans affaiblir les talibans sur le champ de bataille. AP

st/v419
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MessageSujet: Convois occidentaux détruits   Jeu 10 Juin - 10:04

Les talibans ont attaqué un convoi de ravitaillement des forces de l'Alliance.


Islamabad n'est plus hors de portée des talibans. Les militants islamistes viennent d'en faire la preuve en réduisant à néant, dans la nuit de mardi à mercredi, une soixantaine de semi-remorques chargés de vivres et de matériel destinés aux forces de l'Otan en Afghanistan.

Les camions, organisés en convoi, étaient garés à Tarnol, à une dizaine de kilomètres du centre de la capitale pakistanaise. À l'aube, ils devaient prendre le chemin de Peshawar, la capitale de la province qui jouxte l'Afghanistan, pour s'aventurer, enfin, sur les routes sinueuses de la passe de Khyber. C'est généralement dans ce col difficile à franchir, une zone tribale peu peuplée, que les talibans -ou de simples criminels- braquent les convois de l'Otan. Autant dire que les chauffeurs et les mécaniciens qui se reposaient à Tarnol ne s'attendaient guère à l'assaut des rebelles.

Opération audacieuse

Islamabad est la ville la plus hautement sécurisée du pays et ses abords sont bien gardés. «Des hommes en armes sont arrivés vers minuit, certains à moto, d'autres dans des pick-up; ils disaient qu'ils allaient tuer tous les chauffeurs», a raconté un témoin. La police a confirmé ce mercredi la mort de sept personnes, des chauffeurs pour la plupart. Six autres ont été blessés.

«Les assaillants ont ouvert le feu sur les véhicules qui étaient garés là, et plusieurs camions-citernes remplis de carburant ont immédiatement pris feu. L'incendie s'est rapidement propagé aux autres poids lourds», expliquait pour sa part un officier de police. Après quelques échanges de tirs avec les forces de l'ordre, les militants ont tous réussi à s'enfuir. Ce mercredi, en début d'après-midi, les pompiers luttaient toujours pour éteindre les derniers brasiers. Et il ne restait plus sur le parking de Tarnol que 60 carcasses de semi-remorques encore fumantes.

L'attaque est sans précédent, plus encore en raison du lieu où elle s'est déroulée qu'à cause de l'ampleur des dégâts. Selon certaines sources, le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP, le Mouvement des talibans du Pakistan) aurait revendiqué cet attentat d'une incroyable audace. D'autres affirment qu'il aurait été perpétré par les groupes djihadistes basés au Penjab, à l'est du Pakistan. Et au fond, peu importe. Le TTP, les djihadistes et al-Qaida forment une nébuleuse terroriste bien soudée, qui opère des deux côtés de la frontière pakistano-afghane. «Il est surprenant de voir qu'un groupe aussi fourni de militants peut approcher aussi près d'Islamabad et s'échapper avec une telle facilité, relève le général à la retraite Talat Masood. Cela prouve qu'il y a de sérieux problèmes de sécurité.»

Si les responsables pakistanais ont tout lieu de s'en inquiéter, Washington aussi. 75% du matériel militaire américain ainsi que le ravitaillement destiné aux troupes stationnées en Afghanistan transitent par le Pakistan, y compris 40% du carburant nécessaire aux armées. Il y a plus. Les États-Unis redoutent une mainmise des militants islamistes sur le nucléaire pakistanais. En avril 2009, lorsque le TTP s'était emparé du district de Buner, non loin de la vallée de Swat, au nord-ouest du pays, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton s'était alarmée de voir les talibans «à 100 kilomètres de la capitale», redoutant qu'ils puissent «prendre le contrôle» du bouton nucléaire.
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MessageSujet: Les Etats-Unis ont-ils encore un allié en Afghanistan?   Lun 14 Juin - 6:16

Les Etats-Unis ont-ils encore un allié en Afghanistan?

Tandis que les renforts annoncés en décembre par Obama continuent d’arriver en Afghanistan, le président Hamid Karzaï, sur lequel les Etats-Unis sont censés s’appuyer, ne croit plus en une victoire américaine et cherche d’autres alliances, y compris avec les ennemis de l’Amérique. Le New York Times le relate ici, se basant sur les témoignages de plusieurs hauts responsables afghans et occidentaux à Kaboul: « Monsieur Karzaï ne croit plus que les Américains et l’OTAN puissent l’emporter en Afghanistan » écrit le NYT. Pour cela, Karzaï est « pressé de conclure son propre accord avec les talibans » et cherche aussi à se rapprocher du Pakistan, poursuit le Times. Ses « manœuvres » incluent des « négociations secrètes » avec les talibans, à l’insu des Américains et de l’OTAN, affirme aussi le quotidien, citant là un ancien responsable afghan.

Le New York Times semble surtout s’appuyer sur le témoignage d’Amrullah Saleh, le directeur des services spéciaux afghans qui a dû démissionner début juin, en même temps que le ministre de l’Intérieur Hanif Atmar, après avoir été désavoués par Karzaï. Amrullah Saleh soupçonne Karzaï de vouloir se réconcilier avec le Pakistan, après avoir longtemps accusé son voisin de soutenir les talibans. Selon Saleh, Karzaï s’apprête là à commettre une grave erreur stratégique: « Ils (les Pakistanais, ndlr) l’affaiblissent en faisant mine de le respecter, a-t-il expliqué au New York Times. Ils étreindront un leader afghan faible, mais jamais ils ne le respecteront ».

En avril dernier, Hamid Karzaï avait lancé lui même qu’il pourrait bien « rejoindre les talibans ». Et ces derniers mois, de hauts responsables américains, de façon anonyme ou même pas, l’ont déjà accusé d’être un fraudeur d'élections, un irresponsable, un corrompu, un instable ou même un drogué…

Sachant que les troupes (armée et police) sous le commandement d’Hamid Karzaï sont censées épauler et bientôt remplacer les troupes américaines, la question qui se pose plus que jamais est maintenant : la stratégie Obama a-t-elle encore un sens en Afghanistan si elle s’appuie sur un allié qui sape ses efforts ?
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MessageSujet: Lourdes pertes en Afghanistan : 102 tués en juin   Ven 2 Juil - 5:16

Lourdes pertes en Afghanistan : 102 tués en juin
vendredi 02 juillet 2010



C'est le pire bilan depuis 2001 pour la coalition. La preuve que l'insurrection gagne en intensitéet que l'avenir ne s'annonce guère paisible.
Plus de cent soldats de la coalition internationale ont trouvé la mort, le mois dernier, en Afghanistan. Juin est donc devenu le mois le plus meurtrier depuis le début de la guerre, en 2001. Août 2009 étant jusqu'alors le pire avec 77 victimes dans les rangs des troupes de l'Otan et des États-Unis. Entre novembre 2001 et juillet 2010, ce sont désormais 1 891 membres de la coalition qui ont été tués (dont 44 Français).

Ces pertes témoignent de la vigueur de l'insurrection afghane et de la difficulté des alliés à sécuriser les axes de communication. 58 % des tués ont été victimes d'IED, ces engins explosifs qui font des ravages parmi les troupes débarquées, mais aussi dans les colonnes de véhicules de patrouille ou de transport.

Un retrait sous conditions

Le général David Petraeus, nouveau commandant en chef de la coalition en Afghanistan, n'a donc pas hésité, lors de son grand oral devant la commission du Sénat américain, à annoncer que « de rudes combats vont continuer » et que « l'engagement sera durable ».

Devant les responsables de l'Alliance atlantique, Petraeus a promis d'assurer « la sécurité la meilleure possible » aux soldats de la coalition. Quitte à recourir plus largement à l'aviation dont les règles d'engagement sont souvent jugées trop restrictives par les troupes au sol.

Assouplir les règles d'engagement de l'aviation d'appui est une demande récurrente de l'infanterie. Mais les populations civiles font déjà trop souvent les frais de tirs de missiles air-sol ou de largages de bombes. Des centaines de civils afghans ont péri lors de raids aériens que dénonce vigoureusement le régime afghan.

Devant le Sénat, Petraeus a également joué la carte de la franchise, admettant qu'il « faudra des années avant que les forces afghanes puissent prendre en main la sécurité de l'Afghanistan ». Alors que le président Obama s'accroche à un retrait en juillet 2011, le général Petraeus parle de cette échéance comme du « début d'un processus entouré de conditions ».

En « démissionnant » le général McChrystal, Barack Obama avait réaffirmé les prérogatives du civil sur le militaire. Petraeus semble décidé à faire entendre la voix de l'armée qui demande du temps. Et encore des renforts.
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MessageSujet: L'embourbement !!   Sam 3 Juil - 16:42

En prenant la tête des forces internationales en Afghanistan, le général David Petraeus va devoir s'atteler à des défis de taille: conduire l'offensive dans le sud, convaincre les Afghans de sa bonne volonté, mais aussi gérer les relations avec un président Hamid Karzaï dont l'étoile ne cesse de pâlir en Occident.

La personnalité du chef de l'Etat, et la question de sa "fiabilité" comme partenaire dans la guerre contre les talibans, font de plus en plus débat. En cause, ses relations, parfois difficiles, avec Washington, ainsi que sa politique de la main tendue aux talibans et au voisin pakistanais, doublées d'une inaction coupable en matière de lutte contre la corruption.

C'est dans ce contexte, que le secrétaire américain à la Défense Robert Gates refuse d'appeler "bourbier" malgré une opinion publique de plus en plus hostile, que le général Petraeus est arrivé vendredi à Kaboul.

Lors de sa première apparition publique samedi, il a appelé à "l'union des efforts" pour lutter contre l'insurrection. "Civils et militaires, Afghans et étrangers, nous faisons partie d'une même équipe avec une seule mission", a-t-il dit, soulignant que la coopération n'était "pas une option".
Le fiasco de Marjah

"Tout le monde sait que Karzaï poursuit un agenda personnel, notamment dans ses négociations avec le Pakistan et avec les talibans", estime le politologue afghan Haroun Mir. "Si les Etats-Unis restent passifs, cela pourrait porter préjudice à Washington", ajoute-t-il.

Après la révocation du général Stanley McChrystal pour des propos irrévérencieux à l'endroit de l'administration de Barack Obama, le général Petraeus arrive au pire moment en Afghanistan. Renforcées par 30.000 soldats supplémentaires, les troupes internationales ont lancé en février une vaste offensive à Marjah, un bastion taliban dans le sud.

L'opération a été qualifiée de "fiasco" par une partie de la presse américaine. Et les talibans reviennent aujourd'hui à Marjah malgré les moyens militaires et l'argent engagés. L'Otan est également lancée dans une vaste offensive à Kandahar, le berceau des talibans, mais son commandement a été obligé de différer le gros de l'opération de plusieurs semaines.

Parallèlement, les pertes des forces internationales atteignent un niveau inégalé depuis le début de la guerre, avec 102 soldats tués en juin. Ces pertes sont comparables à celles des forces étrangères prises dans le bourbier irakien aux pires heures du conflit en 2007.
Le test des pertes civiles

Le général Petraeus a cherché mardi à rassurer sur le cours de la guerre, tout en admettant s'attendre à "de rudes combats" dans les prochains mois. Il a également promis aux troupes de l'Otan de revoir les règles d'engagement des soutiens aériens en cas d'attaque d'une unité au sol, que son prédécesseur avait rendues plus strictes pour épargner les civils. Des soldats s'étaient plaints d'être de facto plus vulnérables.

"Nous observons des progrès dans certains domaines au beau milieu du difficile combat en cours en Afghanistan", a déclaré récemment le général Petraeus. Des observateurs estiment qu'il est toutefois plus apte que son prédécesseur à gérer les aspects politiques de la guerre.

"McChrystal était trop proche de Karzaï et ne pouvait pas le critiquer, même quand c'était nécessaire", estime Haroun Mir. "Petraeus sera plus agressif pour convaincre Karzaï qu'avancer tout seul ne marchera pas". Le général McChrystal s'est fait apprécier des Afghans, notamment du président, en réussissant à faire diminuer les pertes civiles causées par les forces internationales.

"C'est là-dessus que les Afghans évalueront Petraeus", estime un diplomate occidental en poste à Kaboul.
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MessageSujet: Un conflit embourbé dans une longue suite d’erreurs américaines Washington a multiplié les bévues tant diplomatiques que militaires.   Sam 24 Juil - 15:47

Un conflit embourbé dans une longue suite d’erreurs américaines

Washington a multiplié les bévues tant diplomatiques que militaires.

2 réactions

Par JEAN-PIERRE PERRIN



Quand les stratégies n’arrêtent pas de changer, les chefs militaires d’être remplacés, c’est qu’une guerre, à l’évidence, est mal conduite. Le conflit afghan n’échappe pas à cette règle. Même si la démission du général Stanley McChrystal, le mois dernier, est due à des incartades verbales à l’encontre de l’exécutif américain, elle a eu le mérite de révéler l’ampleur du fossé entre les militaires et la présidence. Entre Barack Obama et son état-major, le courant ne passe guère. C’est inquiétant quand on prétend sinon gagner une guerre, du moins ne pas revenir battu.

Guérilleros. Un seul chiffre montre bien l’ampleur de la dégradation de la situation militaire : 102 soldats étrangers ont été tués en juin, ce qui en fait le mois le plus meurtrier depuis l’entrée en 2002 des forces occidentales en Afghanistan. Il n’aura pourtant manqué pour repousser les talibans ni les hommes - 140 000 - pour une rébellion qui ne compte que quelques dizaines de milliers de guérilleros très mal équipés. Ni le déploiement du nec plus ultra de la technologie militaire, à l’image de ces fameux drones de la CIA qui, en tuant plusieurs têtes de l’insurrection au Pakistan, ont valu à l’Otan ses rares réussites militaires. Ni l’argent, dont une large partie s’est évaporée dans les sables mouvants d’une corruption qui atteint désormais le niveau pakistanais. Dès lors, pourquoi un tel désastre ?

Si l’on revient à l’hiver 2001, la population afghane avait plutôt bien accueilli la défaite sans gloire des talibans. Elle, qui avait connu vingt ans de guerre d’affilée, n’avait alors qu’une seule aspiration : la paix. Et il se trouvait des paysans, des citadins qui souhaitaient que les forces étrangères demeurent pour éviter la reprise des guerres intestines. Quant aux talibans, ils étaient en déroute, humiliés ; certains de leurs chefs, fidèles à l’opportunisme afghan, avaient rallié le nouveau pouvoir incarné par Hamid Karzaï. Toutes les conditions étaient donc réunies pour que la reconstruction de l’Afghanistan soit une success story.

Ce qui a fait déraper ce beau processus, c’est tout simplement que toutes les erreurs les plus grossières ont été commises par Washington, le principal maître d’œuvre, et ses alliés afghans et occidentaux. La première est d’avoir laissé les talibans se reconstituer, ne prêtant pas attention à la recrudescence des embuscades dans les lointains districts du pays. Pour au moins une raison : l’administration américaine avait l’esprit ailleurs, mobilisée par la prochaine invasion de l’Irak. La seconde est le nombre accablant de «bavures» commises par l’aviation américaine contre la population civile que les talibans ont su exploiter, alors que le Pentagone n’a pas su montrer les terrifiantes exactions commises par les talibans.

En fait, tout cloche dans la gestion du conflit afghan : les relations entre le gouvernement de Hamid Karzaï et la Maison Blanche, même si la récente visite du président afghan a pu faire illusion ; les rapports entre Washington et le Pakistan, qui profite de l’aide record américaine - 7,5 milliards de dollars sur cinq ans, dans le cadre d’un «dialogue stratégique» - tout en continuant de soutenir certains groupes d’insurgés.

Ce qui frappe aussi, c’est cette façon ahurissante de faire la guerre, qui voit chaque pays engagé dans l’Isaf (la force de l’Otan en Afghanistan) la mener à sa façon. Un rapport secret commandé en 2008 par le Pentagone à la Rand Corporation, un célèbre think tank américain, révèle que sur la base de Tarin Kot, dans le sud, 13 services de renseignements sont à l’œuvre, mais chacun ignore ce que fait l’autre. D’où ce témoignage du lieutenant Neils Verhoef : «Nous avons mis trois mois à trouver un atelier de fabrication de IED [les engins explosifs artisanaux, ndlr] qu’un autre bureau de renseignements avait localisé depuis longtemps.»

Bénéfice. A présent, l’administration américaine paye le prix fort de tant de légèreté. Un rapport de l’International Council on Security and Development, qui vient de paraître, l’établit : 70% des 500 Afghans interrogés dans le sud afghan estiment que les opérations militaires sont mauvaises pour le peuple, 55% que l’Otan n’est là que pour son propre bénéfice, détruire le pays et sa religion, 75% que les soldats étrangers méprisent l’islam et 74% que collaborer avec l’Otan est une mauvaise chose. En même temps, ils sont 72% à espérer que leurs enfants grandissent sous un gouvernement élu plutôt que sous les talibans. Si l’Otan devait se retirer - un début de retrait des troupes américaines d’Afghanistan est prévu à l’été 2011 -, l’image qu’elle donnerait serait accablante. Elle n’aurait pas été vaincue par des combattants mais par les IED, une arme des pauvres responsable de 6% des pertes.
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MessageSujet: Le pétrin afghan, révélé par WikiLeaks   Lun 26 Juil - 6:24

Le pétrin afghan, révélé par WikiLeaks

A point nommé, au moment où l’engagement américain en Afghanistan parait de plus en plus aberrant, WikiLeaks publie les « carnets » de cette guerre : plus de 90 000 rapports de militaires américains qui, au jour le jour, racontent l’inanité, la corruption des forces afghanes qu’ils sont censés épauler, le massacre de civils… ou les intrigues des services pakistanais, qui aident les talibans autant qu’ils les contiennent. Pour se couvrir des foudres du Pentagone, furieux de cette fuite majeure, Wikileaks a permis à trois journaux, de trois pays différents, le New York Times, le Guardian et le Spiegel d’analyser ces documents et de les publier au même moment. Selon les experts du New York Times, qui ont eu plusieurs semaines pour éplucher cette masse de rapports, il en ressort que les 300 milliards de dollars dépensés depuis 2001 par les Etats-Unis ont été plus que vains : les talibans sont plus forts aujourd’hui qu’avant 2001. Ils sont armés de missiles Stinger leur permettant d’abattre des avions, ce que les autorités américaines avaient jusqu’à présent tenté d’occulter.

Sélectionnés sur le site du New York Times, ou en intégralité chez WikiLeaks, ces carnets se lisent comme une chronique de la descente aux enfers de l’armée américaine. Pris un par un, ils seraient parfois presque amusants, comme ce contrôle routier dans la province de Paktia en mars 2008, quand un inspecteur américain s’est mis dans la tête de faire le ménage parmi la police afghane. Il a fait arrêter sept policiers afghans qui réclamaient des pots de vin aux chauffeurs pour franchir leur poste de contrôle. Aveux et témoignages accablants sont soigneusement consignés par écrit. Deux jours plus tard, lorsque l’officier américain s’enquiert de l’avancement de l’enquête… il apprend que l’affaire est déjà classée : les témoignages se sont miraculeusement perdus en remontant aux étages supérieurs de la police afghane…

Mis bout à bout, tous ces témoignages suggèrent pourtant que les Etats-Unis sont bien en train de perdre cette guerre, et notamment du fait du « double jeu » de leur « allié » pakistanais. Plusieurs documents rapportent comment des agents actuels ou « retraités » de l’ISI (les services secrets pakistanais), comme le fameux général Gul, visitent des madrasas dans la région de Peshawar pour recruter des kamikazes, rencontrent les talibans pour organiser des réseaux de combattants contre les troupes américaines ou pour préparer l’assassinat de leaders afghans (sur cet aspect, voir la synthèse du New York Times).

Pour se rassurer, le Pentagone pourra toujours faire valoir que les documents ici révélés ne portent que sur la période 2004 à décembre 2009. Mais les renforts envoyés cette année par Barack Obama ne semblent guère avoir changé la donne depuis lors. La Maison Blanche, loin encore de vouloir se rendre à ces évidences, dénonce des « fuites irresponsables » qui « pourraient mettre en péril la vie d’Américains et de nos alliés, et menacer notre sécurité nationale ».

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MessageSujet: A LIRE ABSOLUMENT !   Mar 27 Juil - 5:50

Sur les croisés en Afghanistan

http://wikileaks.org/

par les croisés eux même ! ...un beau florilège...la France est concernée !

http://wikileaks.org/wiki/Afghan_War_Diary,_2004-2010
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MessageSujet: Afghanistan: «Les civils et une solution politique ne sont pas la priorité des Américains»   Mar 27 Juil - 6:15


Afghanistan
La guerre contre les talibans peut-elle être gagnée ?
Monde 26/07/2010 à 17h54
Afghanistan: «Les civils et une solution politique ne sont pas la priorité des Américains»

60 réactions

Recuelli par Sylvain Mouillard


Mariam Abou-Zahab, chercheuse rattachée au Centre d'études et de recherches internationales (Ceri), analyse la divulgation par le site Wikileaks de plus de 90.000 fichiers classés sur la guerre en Afghanistan.

Quels éléments ont retenu votre attention dans la gigantesque quantité de données révélées par le site Wikileaks?

Pour ceux qui suivent le conflit en Afghanistan, on n'apprend pas grand chose dans ces «carnets de guerre». Ils viennent confirmer beaucoup d'éléments sur les pertes civiles, et nous révèlent de nouveaux incidents dont on n'avait jamais fait état. Mais beaucoup de cas restent inconnus. Il se passe des choses au fin fond de l'Afghanistan qui ne remontent même pas. Selon les données réunies par le Guardian , au moins 195 civils ont été tués par les soldats de la coalition, en majorité américains. C'est un chiffre sous-estimé.

Les médias, notamment français et américains, mettent en avant le rôle du Pakistan pour ne pas parler du reste (l'allié de Washington est accusé d'autoriser des membres de ses services de renseignement à traiter directement avec les talibans, ndlr). Il est très facile de dire que c'est de la faute des Pakistanais, mais il y a beaucoup d'intox là-dedans. Selon cette version, l'insurrection serait menée de l'extérieur. L'objectif est de justifier les attaques des Américains au Pakistan, notamment avec les drones. Il faut noter que celles-ci sont deux fois plus nombreuses sous Obama que sous Bush.

Je reste donc prudente sur ce qui relève du renseignement. En revanche, il y a des éléments factuels que l'on ne peut pas nier.

Lesquels vous semblent les plus déterminants pour expliquer les difficultés de la coalition en Afghanistan?

D'abord, la question des bombardements aériens. Les troupes y ont recours dès qu'elles sont en difficulté. Le problème, c'est qu'on ne sait pas très bien où les bombes vont tomber. Ce scénario s'est d'ailleurs encore produit dans le Helmand vendredi (au moins 45 civils auraient été tués dans une attaque à la roquette menée depuis un hélicoptère, ndlr). Dans ce genre de cas, la coalition dit au début: «on ne sait pas». Puis, elle détaille et affirme avoir «tué des talibans».

Mais désormais, les journalistes afghans se rendent sur place et peuvent recueillir des témoignages circonstanciés. Cela entraîne une protestation du gouvernement d'Hamid Karzaï. Une enquête est déclenchée, mais elle traîne, et la coalition conclut finalement que les pertes civiles sont de la faute des talibans. Parfois, la coalition propose de l'argent comme dédommagement. Cela mine les relations avec les civils, car c'est reconnaître qu'il y a bien eu bavure.

Les raids de nuit des forces spéciales, notamment ceux de la Task Force 373 (lire l'article du Guardian sur le sujet), posent aussi problème. Leur mission est de tuer - même pas capturer - insurgés, talibans, ou membres d'Al-Qaeda. Ces commandos débarquent de nuit dans les maisons. Mais ils se trompent parfois, car les renseignements ne sont pas toujours fiables. Il peut très bien s'agir d'un règlement de comptes entre voisins. Pour les Afghans, ce genre d'opération est culturellement insupportable. Le traumatisme et l'humiliation provoquent des désirs de vengeance.

Il y avait pourtant eu un changement de stratégie restreignant les règles d'engagement pour les soldats de la coalition, non?

Entre ce qui se décide au niveau du commandement et le terrain, ça ne suit pas forcément. Dans le sud du pays, les Américains et même les Canadiens sont très frustrés de ne pas pouvoir ouvrir le feu quand on leur tire dessus. Et désormais, la priorité de Petraeus (le nouveau commandant en chef de la coalition en Afghanistan, ndlr) semble être de gagner la guerre...

Quel impact ces fuites peuvent-elles avoir?

La sortie des ces informations risque d'ennuyer les Américains, qui ont déjà des relations délicates avec le Pakistan. Cela arrive à un moment où les opinions publiques sont de plus en plus hostiles à cette guerre, en tout cas dans les pays où il y a un débat. Aux Etats-Unis, on s'interroge de plus en plus sur le coût de ce conflit, et il y a fort à parier que certains vont se dire: «voilà une raison de plus pour s'en aller».

D'autant que l'on se rend bien compte que l'armée et la police afghanes ne sont pas du tout au point, et qu'elles sont loin d'être fiables. Aujourd'hui, les Américains cherchent une porte de sortie qui ne dit pas son nom. L'«afghanisation» du conflit, c'est un terme différent, mais ça n'a rien de nouveau: cela veut dire réarmer des milices. On se rend compte que la protection des civils et la recherche de solutions politiques sont loin d'être la priorité des Américains.
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MessageSujet: Le prosélytisme va bon train sous couvert d'humanitaire côté US...l'espionite aussi !   Sam 7 Aoû - 15:57

Huit médecins occidentaux tués en Afghanistan

Six Américains, une Britannique et une Allemande ont été tués par balle dans le nord-est du pays. Leur meurtre a été revendiqué par les talibans qui affirment avoir visé des «missionnaires chrétiens».


Huit humanitaires occidentaux -six Américains, une Britannique et une Allemande- ont été tués par balle dans le nord-est de l'Afghanistan. Ces humanitaires (médecins, ophtalmologues et infirmières) travaillaient pour International Assistance Mission (IAM), organisation chrétienne qui est l'une des plus anciennes ONG implantées en Afghanistan. Créée en 1966 et enregistrée en Suisse, elle affirme fournir des soins oculaires dans des centres qu'elle gère notamment à Kaboul, Herat et Kandahar.

Les corps des humanitaires avaient été retrouvés vendredi dans la province du Badakhshan (nord-est), selon la police locale.

Selon Dirk Frans, directeur exécutif d'IAM, le groupe voyageait à bord de voitures tout-terrain en raison du relief montagneux de la région, mais ne disposait pas de gardes pour assurer leur sécurité.

Ils revenaient du Nouristan voisin, province sous forte influence talibane, quand ils ont été tués au Badakhshan, province réputée plus calme.

Le groupe avait passé plusieurs jours et nuits dans la région, selon le récit de Saifullah, un Afghan survivant de l'attaque, cité par le chef de la police du Badakhshan, Aqa Noor Kintoz.

"Le dernier jour, un groupe d'hommes armés est arrivé, les a alignés et les a abattus. Ils ont volé leurs affaires et leur argent", a dit Aqa Noor Kintoz en rapportant le témoignage de Saifullah.

Saifullah aurait été épargné parce qu'il a récité des versets du Coran au moment d'être exécuté. Les assaillants auraient réalisé qu'il est musulman et l'auraient libéré au Nouristan.
Talibans

Les talibans ont revendiqué auprès de l'AFP le meurtre de "neuf missionnaires chrétiens". "Ils étaient perdus. Quand notre patrouille (de talibans) les a trouvés, ils ont essayé de s'échapper et ont été tués", a déclaré Zabihullah Mujahid, un porte-parole régulier des talibans qui s'exprimait par téléphone depuis une localisation inconnue.

"Ils portaient des bibles en dari, des cartes, des systèmes GPRS. Ils faisaient la carte des positions des combattants" talibans, a affirmé le porte-parole en évoquant neuf étrangers et un Afghan.

Le directeur général d'IAM a rejetté les accusations de prosélytisme lancées par les talibans. "IAM est une organisation chrétienne, nous l'avons toujours été. Nous avons travaillé en Afghanistan depuis 1966, sous le roi, sous les communistes, sous les talibans. Et ils savent très bien ce que nous faisons. Nous ne distribuons aucune bible, ceci est un mensonge."
Médecins

Selon le chef de la police, des habitants avaient dit au groupe d'étrangers que la région pouvait être dangereuse. "Ils ont dit qu'ils étaient médecins et que tout irait bien: 'nous allons là-bas pour aider les gens' ", a-t-il dit en citant toujours le témoignage de Saifullah.

Les corps ont été retrouvés dans le district de Kuran wa Minjan, à une journée de route de Faizabad, capitale de la province du Badakhshan.

Interrogée, une porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis à Kaboul a confirmé que "plusieurs Américains" feraient partie des victimes.

Les autorités locales sont en contact avec les forces internationales pour organiser le rapatriement des corps à Kaboul.

En août 2008, quatre travailleurs humanitaires, dont une Canadienne, une Anglo-Canadienne et une Américaine, de l'ONG International Rescue Committee (IRC), avaient été tués dans une embuscade dans la province de Logar, à moins de 50 km au sud de Kaboul.

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MessageSujet: Plus de 1 200 civils ont été tués en Afghanistan sur la première moitié de l'année 2010, soit un bond de 25 % par rapport à 2009,   Mar 10 Aoû - 9:14

Plus de 1 200 civils ont été tués en Afghanistan sur la première moitié de l'année 2010, soit un bond de 25 % par rapport à 2009, les insurgés tuant sept fois plus que les forces internationales et afghanes, selon un rapport livré mardi 10 août par l'ONU.

"1 271 civils ont été tués et 1 997 ont été blessés, la plupart grièvement", a déclaré Staffan de Mistura, le représentant spécial de l'ONU à Kaboul, lors d'une conférence de presse dans la capitale afghane.


L'ONU constate ainsi une augmentation de 25 % du nombre de civils tués par les insurgés et par les forces internationales. Sur les 6 premiers mois de 2009, 1 013 Afghans avaient été tués. Au total, le nombre de victimes – morts et blessés – a augmenté de 31 % sur la même période. Sur toute l'année 2009, plus de 2 400 civils avaient péri en Afghanistan, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2008.

"LE COÛT HUMAIN DU CONFLIT AUGMENTE"

Les insurgés ont été responsables de trois-quarts des morts et blessés parmi les civils, soit une augmentation de 53 % par rapport à 2009. Les pertes civiles causées par les forces afghanes et par les forces internationales s'élèvent à 12 % du total, soit une baisse de 30 % par rapport à la même période en 2009.

"Le coût humain de ce conflit augmente malheureusement, le nombre de civils tués ou blessés augmente", a dit M. Mistura, déplorant une hausse de 55 % du nombre d'enfants tués. Les insurgés tuent sept fois plus que les forces afghanes et internationales, avec 72 % des morts (contre 10 % pour les forces régulières).

Les bombes artisanales et les attentats suicide – les deux modes opératoires favoris des talibans – sont la première cause de mortalité parmi les civils (557 morts, soit plus de 50 % du total) même si elles ne les visent pas directement mais ciblent le plus souvent les soldats étrangers ou afghans, ou des bâtiments officiels.

UN CIVIL TUÉ CHAQUE JOUR PAR LES TALIBANS

L'ONU souligne que les assassinats ont quasiment doublé, notamment les meurtres de candidats aux élections législatives du 18 septembre. Cette tactique des insurgés, essentiellement à l'oeuvre dans le sud, visent également souvent les chefs de tribus afin d'installer un climat de peur en ôtant aux villages et communautés leurs leaders traditionnels.

En moyenne, selon l'ONU, un civil est tué chaque jour par les talibans dans le sud du pays. L'ONU s'inquiète aussi de l'augmentation de 136 % des violences dans des zones du nord-est considérées jusque là comme stables, comme la province de Kunduz, de Baghlan et du Badakhchan. C'est dans le Badakhchan que dix humanitaires, dont huit occidentaux, ont été tués la semaine dernière.

Les frappes aériennes de l'Otan, longtemps mises en cause par l'ONU et par le gouvernement du président afghan Hamid Karzaï, contribuent au tiers des civils tués par les forces internationales et afghanes, soit une baisse de 64 %. La limitation de ces frappes, décidée en 2009 par le général McChrystal alors commandant des forces américaines et internationales, avait permis une réduction du nombre de civils tués. Les insurgés étaient alors devenus les premiers responsables des pertes civiles.
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MessageSujet: Les occidentaux sur le départ   Lun 16 Aoû - 8:35

Afghanistan: Gates et Petraeus diffèrent sur la date du retrait américain
De Jean-Louis SANTINI (AFP) – il y a 1 heure
WASHINGTON — Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a fermement répété que la date de juillet 2011 pour un début de retrait des troupes d'Afghanistan était fixée dans le marbre, contredisant ainsi le commandant des forces américaines et internationales David Petraeus.
"Il n'y aucun doute, dans l'esprit de quiconque, que le retrait des troupes commencera bien en juillet 2011", a assuré Robert Gates dans un entretien publié lundi par le Los Angeles Times.
Cependant, sur la chaîne de télévision NBC, le général Petraeus avait déclaré dimanche ne pas considérer la date de juillet 2011 comme contraignante et se réserver le droit de dire au président Barack Obama, le cas échéant, qu'un retrait d'Afghanistan à partir de juillet 2011 serait prématuré.
Interrogé pour savoir s'il pourrait juger que le processus de retrait ne peut pas débuter à cette date, David Petraeus a dit: "certainement, oui".
Observant qu'il "ne considérait pas (cette date comme) contraignante", le général a ajouté que, lors de ses entretiens début juillet avec le président Obama, celui-ci lui avait "clairement indiqué que ce qu'il attend de moi, ce sont mes meilleurs conseils militaires".
"Nous avons eu une bonne discussion sur cela et je pense que le président a été très clair en expliquant qu'il s'agissait d'un processus, pas d'un événement, et que cela dépendra des conditions" sur le terrain, a poursuivi le haut gradé.
Robert Gates, lui, s'est montré flexible sur de possibles transferts de compétences aux forces afghanes, qui pourraient commencer dès le printemps prochain.
"Avec des forces afghanes supplémentaires, nous pouvons nous placer sur le chemin de la transition dans plus d'endroits dans le pays" où la situation est moins violente, ce qui libérerait les forces de l'Otan pour des opérations ailleurs, a-t-il indiqué.
Barack Obama a été vivement critiqué par les républicains pour avoir fixé une date au début de retrait américain qui, selon eux, ne peut que conforter l'ennemi.
Prenant la défense de M. Obama, le général Petraeus a expliqué que le président avait avancé cette date pour donner "un sens d'une urgence accrue" en Afghanistan.
Le président avait annoncé sa nouvelle stratégie afghane fin 2009, avec l'envoi de 30.000 troupes américaines supplémentaires pour porter leur total à près de 100.000, afin de tenter de briser l'élan des insurgés talibans. Il avait alors avancé la date de juillet 2011 pour le début du retrait.
Les remarques du général Petraeus interviennent au moment où le soutien des Américains à l'engagement des Etats-Unis en Afghanistan est au plus bas et que juillet a été le mois le plus meurtrier du conflit pour les soldats américains (66 tués).
Le site indépendant icasualties.org a également annoncé dimanche que le nombre de soldats étrangers tués en Afghanistan depuis le début de l'invasion américaine avait franchi la barre symbolique des 2.000.
Selon un sondage de l'institut Gallup et du quotidien USA Today publié début août, 62% des Américains estiment que la situation en Afghanistan est "assez" ou "très mauvaise", contre 34% d'un avis contraire.
David Petraeus a reconnu que les progrès étaient lents, les décrivant comme une série de "hauts et de bas" dans les efforts pour conquérir les territoires contrôlés par les talibans, créant de "petites poches" d'avancées qui, a-t-il espéré, vont s'étendre.
Il a précisé dans une autre interview que 365 commandants de l'insurrection et 2.400 combattants avaient été tués ou capturés ces trois derniers mois conduisant "des chefs de certains éléments" insurgés à entamer des discussions de réconciliation avec le gouvernement afghan.
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MessageSujet: la boucherie inutile continue   Sam 21 Aoû - 15:19

KABOUL (AFP) - Afghanistan: trois soldats de l'Otan tués, 6 en 24 heures


Trois soldats des forces internationales, dont un britannique, ont été tués samedi lors d'attaques rebelles dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé l'Otan au lendemain de la mort de trois soldats étrangers, ainsi que d'une femme et deux enfants dans une bavure de l'Otan.

La Force internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf) n'a pas dévoilé la nationalité de deux soldats tués samedi, l'un lors d'une "attaque des insurgés", l'autre par l'explosion d'une mine artisanale, l'arme de prédilection des rebelles.

A Londres, le ministère britannique de la Défense a indiqué qu'un soldat, qui appartenait au 1er bataillon du régiment du Duc de Lancaster, a été tué dans le district de Nad Ali alors qu'il assurait la protection d'une rencontre de responsables afghans locaux avec des soldats de la Force internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf) et de l'armée afghane.

Ce décès porte à 332 le nombre de soldats britanniques tués en Afghanistan depuis l'intervention internationale en 2001.

Vendredi, deux soldats australiens en patrouille avaient aussi été tués par l'explosion d'une bombe au bord d'une route dans le sud, un des principaux bastions de la rébellion. Un troisième soldat, dont la nationalité n'a pas été précisée, avait péri dans une "attaque des insurgés" dans le sud.

Ces six décès en 24 heures portent à 447 le nombre de soldats étrangers qui ont trouvé la mort dans le cadre des opérations militaires en Afghanistan depuis le début de l'année, contre 520 pour toute l'année 2009, selon un bilan de l'AFP établi à partir du site indépendant icasualties.org.

L'Otan a par ailleurs reconnu avoir tué par erreur une femme et deux enfants lors d'un raid aérien visant des insurgés dans la province de Farah (sud-ouest). Six insurgés ont également péri dans les frappes aériennes, selon la même source.

Dans un autre incident, cinq civils ont été tués dans l'explosion d'une mine artisanale dans le nord du pays. Deux civils ont également été blessés, selon l'Otan.

La rébellion menée par les talibans a gagné en intensité depuis quatre ans, élargissant son champ d'action à une grande partie du pays, malgré le renforcement régulier des troupes internationales, notamment américaines. Près de 141.000 soldats étrangers, aux deux tiers américains, sont actuellement déployés dans le pays.
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MessageSujet: Ca sent la "pâtée" !!!   Sam 28 Aoû - 15:27

Deux bases afghanes de l’Otan attaquées par les Talibans
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Deux bases de l’Otan ont été attaquées samedi par des talibans dans la ville de Khost (est de l’Afghanistan), a annoncé l’Otan.

Les forces de l’Otan «ont repoussé deux attaques qui ont échoué dans des bases de la province de Khost» après avoir été «sous le feu d’armes légères», a précisé dans un communiqué la force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf). Au moins dix attaquants ont été tués et plusieurs ont été faits prisonniers, a ajouté la force internationale.

Selon le chef de la police locale, Adbul Hakim Is’haqzai, les talibans ont d’abord tiré des obus et ouvert le feu à Khost contre la base opérationnelle avancée de Salerno, avant de se replier pour occuper une école secondaire de la ville, capitale de la province.

L’école se trouve près d’une base avancée plus petite commandée par les Américains appelée Camp Chapman, dans la même ville de Khost. Un échange de tirs entre talibans et forces de sécurité a eu lieu au collège, proche de la base de Chapman, sous commandement américain, a précisé le chef de la police. Après l’attaque contre la base de Salerno, les assaillants ont attaqué Camp Chapman, selon Abdul Hakim Is’haqzai.

Sept agents de la CIA avaient été tués dans une attaque des talibans contre Camp Chapman en décembre dernier, dans la plus meurtrière attaque contre des membres de l’agence de renseignement américaine depuis 1983.

(Source AFP)
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