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 Mitterrand, la "bite de Rachid" et l'effet boomerang de la Loppsi

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MessageSujet: Mitterrand, la "bite de Rachid" et l'effet boomerang de la Loppsi   Lun 12 Oct - 7:43

Guillaume Champeau - publié le Lundi 12 Octobre 2009 à 02h53 - posté dans Société 2.0



En ayant sans relâche diabolisé la liberté offerte aux pédophiles par un Internet non filtré, pour justifier un contrôle du réseau, le gouvernement devrait inviter Frédéric Mitterrand à démissionner s'il veut garder sa cohérence. Comment, en effet, présenter un projet de loi Loppsi qui prévoit un filtrage des contenus réputés pédophiles sans contrôle judiciaire, au détriment de la présomption d'innocence, et soutenir dans le même temps au nom de cette présomption d'innocence un ministre dont la dernière casserole en date est la participation à un court-métrage pour le moins tendancieux ?

Après l'affaire Polanski, puis la redécouverte du chapitre 11 de sa "Mauvaise Vie", la révélation vendredi d'un témoignage de moralité envoyé par le ministre de la Culture à deux violeurs qu'il connaissait à peine, avec en-tête de la Villa Médicis qu'il dirigeait alors, n'est pas la dernière casserole dont aura à s'expliquer le ministre de la Culture.

Déjà circule sur Internet le court-métrage Mon copain Rachid auquel a participé Frédéric Mitterrand. Pour les besoins de la version diffusée au cinéma vers 1998 (le film a été tourné en 1995), le ministre avait lu en prologue un texte de Camus ; ce qu'il n'a à notre connaissance jamais regretté.

Nous avons regardé le film sur le site du réalisateur Philippe Barassat, qui l'a fait retirer des plateformes de partage de vidéos. Doté d'un langage aussi cru qu'est tendre sa mise en scène, le court-métrage nous raconte à la première personne l'histoire d'un jeune garçon prépubère, Eric, fasciné par la "grosse bite" de son copain Rachid. Vu avec notre regard de 2009, le film choque terriblement, moins par ses mots et ses images que pour le récit parabolique d'une pédophilie homosexuelle désirée par l'enfant lui-même.

C'est en effet la petite tête blonde du narrateur qui demande sans relâche à Rachid de pouvoir regarder son sexe, et qui insiste même pour le toucher. Il va jusqu'à payer à de nombreuses reprises (avec de l'argent volé à sa mère) pour que le jeune adulte lui donne ce plaisir. Pour nous faire comprendre que les relations ne s'arrêtent pas là, le réalisateur invente cette scène métaphorique où Rachid invite le jeune Eric à monter sur la "grosse bite" qu'il a construite "pour aller au ciel". "C'est comme une fusée, il faut juste grimper dessus et on va où on veut", lui raconte Rachid. Les deux "volent" ensuite sur l'objet avec une joie ostensiblement partagée. Mais Eric "ne sai(t) plus si ça s'est passé réellement ou pas". Car tout l'objet du film est de dédramatiser l'homosexualité enfantine, ou la pédophilie - on ne sait plus très bien, par le choix des personnages, distinguer l'un et l'autre. En plus de montrer que la sexualité est réclamée par l'enfant et non pas imposée par l'adulte, le film nie le traumatisme que peut être une telle expérience pour un gamin comme Eric. Devenu adulte, le narrateur est un homme très heureux et équilibré, qui a fondé une famille exemplaire. C'est Rachid qui a sombré dans la prostitution.

Aujourd'hui, il semble impossible de regarder "Mon copain Rachid" avec une interprétation éloignée de la nôtre. Mais à sa sortie, selon ce qu'en cite Le Post, Libération avait trouvé le court-métrage "réussi", "très charmant" et "inspiré". Le journal avait écrit que le film était "certainement le plus inspiré des films jamais tournés sur la question taboue et pourtant brûlante du touche-pipi, rituel garçonnier dont Barassat parvient à transmettre l'humour, l'innocence, la gravité et la fraîcheur, tout en le troublant de questions malaisantes (a-t-on ou non affaire à une forme de prostitution lorsqu'un gamin en paye un autre pour lui lustrer la nouille?)". La déculpabilisation de la pédophilie véhiculée par le film n'a pas semblé sauter aux yeux de Libération. Chronicart n'y avait aussi vu qu'un film destiné à "faire éclater les frontières", sans non plus d'émotion particulière.

Ce qui nous enseigne que la morale est une donnée variable et périssable. Le film n'a même pas quinze ans qu'il est déjà regardé de manière totalement différente qu'à l'époque de son tournage. Il ne nous appartient pas, ici, de porter un jugement de valeur. Chaque époque vit dans la croyance que sa morale vaut mieux que la précédente. Et dans cette mouvance morale, la loi et la justice doivent avoir un rôle stabilisateur.

C'est précisément pour cette raison que Frédéric Mitterrand ne pourra pas faire l'économie de sa démission dans un gouvernement qui prône la surenchère sécuritaire, et une lutte contre la pornographie infantile sur Internet qui se dispense de l'intervention stabilisatrice du juge.(...)

Le projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi) prévoit en effet de faire obligation aux fournisseurs d'accès à Internet de "mettre en place, sur leur réseau, un logiciel visant à empêcher toute connexion à des sites à caractère pédophile", sans contrôle de l'autorité judiciaire, sans respect du contradictoire. La liste des sites à bloquer sera décidée unilatéralement par l'administration sans que le "caractère pédophile" soit vérifié par un juge. Il donne la primauté à l'interprétation morale du moment sur la stabilité de la loi et de la justice. Ce que nous avons toujours dénoncé, notamment une première fois avec ces mots :

"Où se situera le curseur entre les sites indéniablement pédophiles qu'il faut bloquer, et les sites qui prêtent davantage à interprétation ? La morale publique étant une donnée variable dans la société, que censurera-t-on demain au nom de sa protection ? (...) Il ne faut pas céder à la pression de l'émotion et accepter la censure entre gens consentants des sites de pédophilie, car elle ouvre la porte à des dérives qu'une démocratie saine ignore, mais qu'elle découvre alors trop tard, lorsqu'elle n'en est déjà plus une."

Que ferait aujourd'hui l'administration du 11ème chapitre de Ma Mauvaise Vie, ou du court-métrage Mon Copain Rachid ? Ferait-elle comme la Grande-Bretagne avec la pochette d'un album de Scorpions ?

Comme quoi on est en pleine régression : je rappelle il y a 5 siècles l'age de la maturité sexuelle légale était fixée à 12 ans !!!
actuellement c'est 18 !!!! alors que physiologiquement le seuil s'est abaissé... on vit en pleine schyzophénie !
flower




le film ( avec Mitterand) est visible sous ce lien

http://www.barassat.com/


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MessageSujet: Mon copain rachid (1)   Lun 12 Oct - 7:48

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MessageSujet: La bite à Rachid (2)   Lun 12 Oct - 7:50

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MessageSujet: Frédéric Mitterrand a oublié son "copain Rachid"   Sam 17 Oct - 7:06

Frédéric Mitterrand a oublié son "copain Rachid"

Par Emmanuel Berretta



Depuis quelques jours, la polémique renaît sur Internet à propos de la participation de Frédéric Mitterrand à un court-métrage, Mon copain Rachid , de Philippe Barassat , sorti en 1997. Le thème du film, deux enfants qui jouent à "touche-pipi", soulève les protestations de certains, dont Marine Le Pen. Interrogé par lepoint.fr, le cabinet du ministre répond que Frédéric Mitterrand "n'a pas vu le film". "Il a ouvert de grands yeux quand on lui en a parlé", explique-t-on Rue de Valois. La participation de celui-ci est du reste limitée : en préambule, Frédéric Mitterrand lit un texte d'Albert Camus qui n'a rien à voir avec le sujet du film. Le Point a contacté le réalisateur, qui livre - en des termes crus - sa version.

lepoint.fr : Vous êtes un admirateur de Frédéric Mitterrand. Comment s'est passée votre collaboration avec lui ?
Philippe Barassat : Oui, j'aime beaucoup sa voix. Je lui ai donc écrit afin qu'il joue dans mon film. Je lui ai envoyé mon scénario. Et il a accepté de jouer bénévolement, comme la plupart des acteurs du reste. À l'origine, il devait jouer un professeur dans une classe. Faute de moyens, nous n'avons pas pu tourner cette scène. À la place, il a lu un texte de Camus dans une pièce un peu abstraite avec une affiche du film La Vie est belle au-dessus de lui. J'ai situé ce plan en prologue du film.

Ses services assurent qu'il n'a pas vu le film. Est-ce plausible ?
Je lui ai envoyé plusieurs DVD à la sortie du film. On s'est revus plusieurs années plus tard alors qu'il était président de la commission d'avances sur recettes au CNC. À l'époque, j'étais lecteur au CNC. On en a discuté. Il m'a semblé qu'il l'avait vu. Et je constate d'ailleurs que le film figure dans son CV officiel. En outre, le film a reçu un accueil critique très favorable dans Libération, Le Monde , Les Inrocks ... Il a circulé dans tous les festivals du monde. Il a reçu le Prix de la qualité du CNC et a même été primé à New York.

Votre film aborde le thème délicat de l'homosexualité infantile... Comprenez-vous la polémique qu'il suscite sur le Web ?
Pas vraiment. En tout cas, pour moi, le thème n'est pas l'homosexualité infantile. Je ne préjuge pas de la sexualité des enfants que je filme. D'ailleurs, Éric, mon personnage, ne devient pas homosexuel à la fin du film. Le CNC a d'ailleurs refusé de me financer. Ils voulaient qu'Éric devienne homosexuel à l'âge adulte et que le film ne comporte aucun plan de bite (sic). Or, puisqu'on parle de l'énorme bite de Rachid, il me semblait essentiel de la montrer. C'était une façon de se débarrasser du sujet au début du film pour mieux se concentrer sur l'histoire. Précision : la bite qui est filmée est une bite d'adulte. C'est Gaspard Noé qui nous a trouvé l'acteur adulte pour ce plan.

Il y a quand même un plan métaphorique très choquant où l'on voit deux enfants chevauchant à travers le ciel un énorme phallus construit sur le modèle d'une fusée...
Dans mon idée, c'est une évocation enfantine de Nicolas et Pimperenelle qui, dans la séquence Bonne nuit les petits , finissaient par voguer sur un nuage. Ce film n'est pas pédophile. Ce n'est pas parce qu'on aborde la sexualité des enfants qu'on fait un film pédophile. C'est une vision déformée par le scandale Mitterrand. Pour utiliser une comparaison, ce n'est pas parce qu'on filme la sexualité des animaux qu'on fait un film zoophile.
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