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 La bande des quatre fait main basse sur le diocèse de Lyon

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MessageSujet: La bande des quatre fait main basse sur le diocèse de Lyon   Ven 9 Oct - 4:59

La bande des quatre fait main basse sur le diocèse de Lyon
Christian Terras

La nomination toute fraîche de Mgr Patrick Le Gal comme évêque auxiliaire de Lyon illustre et accentue le tournant restaurateur négociée dans ce diocèse par le Cardinal Philippe Barbarin. L’équipe épiscopale en charge du diocèse se compose donc de quatre évêques, tous relativement jeune - aucun n’a soixante ans - et tous alignés sur une vision néoconservatrice du futur de l’Eglise. Même si les différentes personnalités ne se ressemblent pas.

Ce renfort inattendu tient d’abord à la nécessité de caser Patrick Le Gal dont le mandat d’évêque aux armées touche à son terme. Et qui n’a pas été reconduit. Ce qui veut dire beaucoup de choses. On le sait, Mgr Le Gal espérait son transfert à la tête d’un diocèse. Ces derniers temps, il fut question de Beauvais, de Bayeux, d’ Orléans , et, un peu en désespoir de cause, de Langres . La Haute-Marne.

Pas véritablement une promotion. Les évêques ne se sont sans doute pas bousculés au portillon pour accueillir à leurs côtés celui qui est jugé par le plus grand nombre, y compris les plus conservateurs, comme ... une erreur de casting !

De par le passé, il était de coutume que l’évêque aux armées (d’abord dénommé vicaire aux armées), vers la fin de la cinquantaine, âge de la retraite des militaires de son rang, reçoive la charge d’un diocèse territorial. Ainsi, Mgr Jean Badré devint-il évêque de Bayeux ; Mgr Gabriel Vanel, archevêque d ’Auch ; Mgr Jacques Fihey évêque de Coutances et Mgr Michel Dubost, évêque d’ Evry .

D’une certaine façon, Mgr Le Gal est rétrogradé puisqu’il perd son statut d’ordinaire d’un diocèse pour devenir simple auxiliaire d’un autre. Un recul rarissime en fait, sauf cas de maladie. Ainsi, en 1988, Mgr Guy Gaucher, évêque de Meaux , devint-il auxiliaire de Bayeux .

Le plus à plaindre dans ce diocèse est le diocèse de Lyon . Le vibrionnant archevêque, le cardinal Philippe Barbarin, peut sans doute justifier la présence à ses flancs de trois mousquetaires par son essoufflement. Le Primat des Gaules a visiblement été affaibli par une grave épreuve de santé, courageusement avouée au demeurant. Jadis hyperactif et très médiatique, il fait moins parler de lui. Humain et bienveillant dans les contacts personnels, Mgr Barbarin ne poursuit pas moins avec détermination une stratégie de restauration ecclésiale, qui part parfois dans tous les sens, mais qui est cependant très marquée. Il faut évoquer la place accordée dans le diocèse à la Communauté de l’Emmanuel , ainsi que la volonté d’accueillir l’ Opus Dei , pour confier à cette inquiétante institution une part de la pastorale des étudiants. Entre autres.

Depuis 2003, l’archevêque de la Capitale des Gaules bénéficie (enfin...) de l’aide de Mgr Thierry Brac de la Perrière. Né en 1959, nommé évêque très jeune, il manque d’épaisseur pour la fonction.. On dit que Philippe Barbarin souhaiterait l’écarter mais hésite à lui confier un diocèse. L’une des pistes étudiées serait aujourd’hui, justement, celle du ... diocèse de Langres , précédemment envisagée pour Patrick Le Gal.

Evêque auxiliaire depuis l’année dernière, Mgr Jean-Pierre Batut, né en 1954, originaire du clergé parisien, ancien curé de Sainte Jeanne de Chantal, comme un certain Jean-Marie Lustiger, s’impose au contraire par une réelle stature, à la fois intellectuelle et pastorale. Cependant, très attaché au biritualisme - c’est-à-dire à la célébration de l’« ancienne messe » - cet esthète cultivé, excellent germaniste, fin théologien, s’inscrit dans une ligne ultra ratzingérienne. Sa nomination avait comblé d’aise la frange traditionaliste du diocèse de Lyon . Véritable bras droit du cardinal Barbarin - comme l’était jadis Mgr Hervé Giraud, écarté depuis et envoyé à Soissons ! - il devrait connaître une brillante carrière. Certains le voient déjà remplacer un jour André Vingt-Trois à Paris.

A présent, le troisième mousquetaire confirme, si besoin était, la ligne réac de l’équipe épiscopale. Très contesté à titre personnel, Mgr Le Gal devrait plus ou moins se cantonner à oeuvrer à la concrétisation d’un projet qui tient pourtant très à coeur au cardinal Barbarin. Celui de créer des « fraternités sacerdotales ».. Pour mieux contrôler les prêtres, pour favoriser les jeunes les plus tradis, mais aussi sans doute pour recentrer la politique pastorale sur la figure tridentine du prêtre.

Tout le problème est peut-être là d’ailleurs. Il s’agit du retour d’une église cléricale.

Compromis cependant par l’évolution de la société qui ne peut manquer d’exercer une influence (même si elle combattue) et par la crise du recrutement, verticale et accélérée. Une cause perdue d’avance ? Comme celle d’un quarteron de militaires cette fois se refusant à tout prix à accepter l’indépendance de l’Algérie ? Dont le général Salan. A la mémoire duquel Mgr Le Gal célébra une messe fort controversée. Le monde est petit.
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