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 Les oeillères des repus

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MessageSujet: Les oeillères des repus   Mer 11 Juin - 8:23

Une fillette palestinienne tuée dans des tirs israéliens
Reuters
Une fillette palestinienne de neuf ans et un combattant du Hamas ont été tués dans une opération de l'armée israélienne dans la bande de Gaza, apprend-on de source médicale palestinien et auprès du Mouvement de la résistance islamique.
Selon des médecins, le corps de la petite fille a été retrouvé dans une maison du village de Qarara, à l'est de Khan Younès, qui avait été frappée par les projectiles d'un char israélien.

Un activiste du Hamas a été tué dans les échanges de coups de feu qui ont suivi.

Un porte-parole de l'armée israélienne a expliqué que des forces terrestres avaient attaqué dans le centre de la bande de Gaza des activistes palestiniens qui tentaient de tirer des roquettes sur Israël à partir de zones urbaines. Il a dit ne pas être au courant de victimes civiles.

Israël présente les attaques régulières de ses forces aériennes et terrestres sur Gaza comme des mesures nécessaires pour tenter d'arrêter les attaques à la roquette et au mortier des activistes palestiniens.

Le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza il y a un an après avoir mis en déroute les forces liées au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas.

Cette semaine, le Premier ministre israélien Ehud Olmert et d'autres hauts responsables ont discuté d'un projet de cessez-le-feu et d'un renforcement des actions militaires si les efforts de médiation de l'Egypte venaient à échouer.

Nidal al-Moughrabi, version française Danielle Rouquié


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MessageSujet: Les revers de l'OTAN   Jeu 19 Juin - 16:07

REVERS POUR L'OTAN

La vallée d'Arghandab, à une vingtaine de kilomètres au nord de Kandahar, est depuis mercredi le théâtre d'une offensive lancée par l'armée afghane et les forces de l'Otan.

Par les moyens qu'elle mobilise - 800 soldats afghans et des centaines de soldats de l'Isaf, issus pour la plupart du contingent canadien, appuyés par des hélicoptères de combat -, elle est l'une des opérations les plus lourdes engagées en Afghanistan ces dernières années.

L'objectif est de déloger de ce district quelque 600 taliban armés qui y ont pris position ces derniers jours à la suite de l'évasion spectaculaire de plusieurs centaines d'entre eux de la prison de Kandahar.

Pour plusieurs analystes, cette évasion à Kandahar et l'infiltration dans la vallée d'Arghandab démontrent que la confiance des taliban est au plus haut tandis que les pertes enregistrées par les forces étrangères de l'Isaf alimentent dans les pays occidentaux le débat sur la mission afghane.

Le commandant des forces de l'Otan dans le sud de l'Afghanistan, le général Marc Lessard, a admis mercredi que les développements à Kandahar et dans le district d'Arghandab constituaient "des revers" pour l'Otan. "Et il y en aura d'autres à l'avenir", a-t-il ajouté. "Les taliban ont sans conteste remporté des succès tactiques."

Kandahar fut le bastion du mouvement taliban, né dans des écoles coraniques pakistanaises. C'est de là que les "étudiants en religion" sont partis pour prendre le pouvoir à Kaboul en 1996, jusqu'au renversement de leur régime fin 2001.

Après avoir essuyé d'importants revers dans les premières années, le groupe soutenu par Al Qaïda a changé de stratégie, optant pour des opérations éclairs de guérilla. Depuis 2006, l'Afghanistan vit de nouveau au rythme des attentats et des attaques et la sécurité s'est nettement dégradée en dépit de la présence de 60.000 soldats étrangers environ et des 150.000 soldats de l'armée afghane.
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MessageSujet: Ne vous réjouissez pas trop vite   Jeu 3 Juil - 10:01

Alvaro Uribe – dont le père a été assassiné par les FARC – s'est juré d'en finir avec elles. Il n'a pas lésiné sur le budget militaire et, six ans après son arrivée au pouvoir, sa politique sécuritaire semble porter ses fruits. Plusieurs commandants ont été capturés ou tués par l'armée. Simon Trinidad et "Sonia" sont en prison aux Etats-Unis, "Negro Acacio" et Martin Caballero enterrés.

En mars, deux membres "intouchables" de la direction des FARC ont été tués à leur tour. Le premier, Raul Reyes, est mort sous les bombes de l'aviation colombienne en territoire équatorien. Quinze jours plus tard, Ivan Rios avait été tué par l'un de ses gardes, qui s'était livré ensuite aux autorités. Pour toucher la récompense promise par l'armée, le guérillero avait apporté dans sa besace la main tranchée du chef qu'il venait d'assassiner. Un commandant tué et dépecé par sa garde rapprochée : le symbole était fort.

AUGMENTATION DES DÉSERTIONS


Une semaine plus tard, Manuel Marulanda, le chef historique des FARC, meurt à 78 ans. Le pays apprend son décès deux mois plus tard. La mort est naturelle mais le symbole joue encore une fois contre les FARC. D'autant que les désertions augmentent fortement. De source officielle, plus de 9000 combattants auraient abandonné les rangs de la guérilla, las de la guerre ou séduits par les promesses d'amnistie du gouvernement. Les FARC, que l'on disait fortes de 20000 hommes en 2002, en compteraient aujourd'hui moins de 10000. En mai, la désertion de la célèbre et cruelle "Karina" –une des rares femmes à avoir occupé le poste de commandant au sein de la guérilla – semble confirmer la déliquescence du mouvement.

Dans ce contexte, on comprend que l'opération militaire qui a permis de libérer Ingrid Betancourt fasse figure de "coup de grâce". "L'armée a réussi à infiltrer une organisation jusqu'à présent impénétrable et monolithique", souligne l'éditorial du Tiempo, qui juge que l'opération militaire constitue un coup "sans précédent porté au moral des FARC". De l'avis de nombre d'observateurs, la modification du rapport de forces en faveur de l'armée est désormais irréversible. Le président vénézuélien, Hugo Chavez, vient lui-même de demander aux FARC d'abandonner la lutte armée.

Les guérilleros vont-ils réagir? Le nouveau commandant suprême des FARC, Alfonso Cano – que l'on dit plus "politique" que son prédécesseur –, comprendra-t-il qu'il n'a d'autre choix que la négociation? Rien n'est moins sûr. "La guérilla est dans le maquis depuis quarante ans. Elle a encore des hommes, des cadres militaires et des ressources, tirées essentiellement du trafic de drogue", précise l'analyste Jairo Libreros. "Les FARC se laisseront exterminer plutôt que de négocier en position de faiblesse", juge un déserteur. L'analyste Laura Gil est, elle aussi, pessimiste : "Que peut-on espérer d'une organisation armée qui n'a jamais été capable de formuler une proposition politique dans un pays où tant de réformes sont nécessaires?" Le gouvernement colombien a réitéré qu'il était disposé à négocier avec les FARC. Mais à quelles conditions? Le président Alvaro Uribe a fait preuve d'audace dans la guerre. Il doit maintenant se montrer audacieux pour réussir la paix.

Ne vous réjouissez pas trop vite de la liberation de certaines égéries franco-colombiennes !

Attristez vous plutôt de la façon dont les nervis à la solde du pouvoir en place dans le pays l'ont obtenu

Interrogez vous plutôt sur la raison de la guérilla des farc...et le soutient du pouvoir et de la CIA aux "contras" et autres par militaires qui font régner la terreur aux profits des quelques "dominants" bien nantis


Les pauvres ont toujours tort n'est-ce pas monsieur ?...surtout quand ils osent se révolter ! Wink
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MessageSujet: Libération de Bétancourt ( suite)   Jeu 3 Juil - 15:11

Alors que le gotha politique s'onane en coeur autour du nabot et que le journal La Croix célèbre la "nouvelle sainte " et sa foi en Dieu !!! il convient de garder les yeux ouverts et de ne pas oublier ceci

La paramilitarisation de la Colombie

format imprimable lire cet article en espagnol

par Rafael Ballén

Depuis les années cinquante, il existe des paramilitaires en Colombie, à l’instar de beaucoup de pays d’Amérique latine, mais la version actuelle du paramilitarisme est née au sein du trafic de drogues. En effet, le cartel de Medellín a créé le dispositif armé Muerte a Secuestradores (MAS) [Mort aux kidnappeurs] en 1982, afin de poursuivre les guérilleros et les membres de leur famille.

Avec cette origine, durant les années 1980, les paramilitaires ont opéré de manière clandestine en faisant le sale boulot de la guerre - comme s’il pouvait être propre ! -. Durant les années 1990, leurs actions se firent au grand jour. Ils sont devenus une véritable armée parastatale, non pas en effectuant à proprement parler des opérations de contre-insurrection contre les guérillas mais bien, liste en main, en commettant des massacres dans la population civile, mais en annonçant clairement que son but n’était pas de faire face à l’État, mais de le compléter et de l’aider.

Lors des dernières élections législatives (mars 2002), les masses paysannes et les sans emploi ont voté sous la pression de la propagande, des médias et des propriétaires terriens et narcotrafiquants - lire paramilitaires -, qui, selon leur porte-parole, Salvatore Mancuso, ont élu [contrôlent] 35 pour cent des membres du Congrès. Ces mêmes propriétaires terriens et narcotrafiquants, qui ont placé un pourcentage tellement élevé de congressistes, ont-ils aidé à élire Alvaro Uribe comme président de la Colombie ? Personne n’ose répondre à cette question, mais le président du Pôle Démocratique - principal parti d’opposition - et député Gustavo Petro, dans des déclarations à El Espectador (septembre 2004), a dit : « Le président Uribe est en train d’implanter en Colombie un monde rural de grands propriétaires terriens, liés au trafic de drogues et au paramilitarisme (...). Tous les chefs paramilitaires réunis à Ralito sont pro-Uribe (...). Le Président partage les bases du développement du paramilitarisme ».

D’autre part, à la demande de législateurs contrôles par les paramilitaires, et avec l’approbation du président Uribe, trois de leurs leaders - Mancuso, Duque et Isaza -, ont été reçus au Congrès le mercredi 28 juillet 2004. Ils y ont déclaré qu’ils étaient des héros de la démocratie, qu’ils avaient sauvé la moitié de la république des griffes du communisme, que la société colombienne avait une dette envers eux, et que le sacrifice patriotique ne peut pas leur être rendu par de la prison.

La visite des paramilitaires au Congrès, et leurs discours dans ce cadre, ont causé l’horreur à l’intérieur et en dehors de la Colombie. Mais plus déconcertant, une semaine plus tard, l’intervention du Haut commissaire pour la paix, le psychiatre Luis Carlos Restrepo, qui semble avoir souffert du syndrome de Stockholm, lança au Sénat un cri de colère et d’intense douleur contre la direction politique et corporative du pays, contre la communauté internationale et contre tous les membres de la société colombienne parce que selon le commissaire tous « nous ressentons du dégoût » face au processus de négociation du gouvernement avec les paramilitaires.

L’excès de générosité du gouvernement et la paguaille du paramilitarisme ont épuisé la patience des quatre médias écrits les plus influents du pays, le journal El Tiempo, l’hebdomadaire El Espectador et les revues Semana et Cambio, ont fait sauter la marmite, de manière profonde et étendue avec des éditoriaux et des rapports spéciaux le dimanche 26 septembre dernier. On ne sait pas si tous ces médias se sont mis d’accord ou si ça a été une simple coïncidence. Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’ils ont interprété ce que ressentais la société, parce que celle-ci en avait ras-le-bol.

Est-il vrai que le pays s’est paramilitarisé ? Le ministre de la Défense, avec une expression d’étonnement, dit qu’ « il n’y a pas un tel phénomène ». Et il ajoute : « Non avec majuscules. Que personne ne croit que ceci a commencé le 7 août 2002 [date de l’entrée en fonction de Uribe]. Ce qui est en train de se passer est le début de l’émergence de ce qui se passe depuis des années ». Le ministre Uribe - c’est aussi un Uribe - a raison : l’affaire ne date pas d’aujourd’hui. Depuis le moment où les paramilitaires ont commencé à effectuer des massacres et des meurtres sélectifs, les défenseurs des droits humains et les dirigeants de l’Union patriotique [parti de gauche dont des milliers de militants ont été exterminés] commencèrent à les dénoncer publiquement. En 1987, le ministre du gouvernement en place, César Gaviria, lors d’un débat au Congrès, dit alors qu’il existait plus de cent bandes paramilitaires. En octobre de l’année suivante, le même fonctionnaire informa que les autorités avaient démonté 17 groupes mais qu’il en restait encore plus de quatre-vingt.

Malgré les dénonciations et l’acceptation du gouvernement de l’époque, l’État n’a jamais effectué une offensive contre les Auc [Autodéfenses unies de Colombie, paramilitaires]. Les forces militaires n’ont jamais organisé une opération contre un campement paramilitaire, à l’image de ce qu’ils ont fait pendant quarante ans contre la guérilla. Les pertes réelles des paramilitaires, ils se les ont offertes eux-mêmes : 1.500, seulement pour les affrontements entre le front Martín Llanos et le dirigeant Arroyabe ; ce denrier a été assassiné récemment par ses propres partisans.

Ainsi le gouvernement le nie, le pays s’est paramilitarisé. Par la complicité, la tolérance, l’acceptation et les réseaux de soutien au sein des secteurs économiques et politiques, les paramilitaires ont pénétré la société ou à l’inverse : des propriétaires terriens, les politiciens, les éleveurs, les banquiers et les industriels ont pénétré les milieux narcoparamilitaires à la recherche de soutien militaire et économique. Ce n’est pas un secret : depuis deux ans, sur la côte atlantique, on parle d’une paradémocratie qui, comme le dit El Tiempo, est devenue un para- Etat. Aujourd’hui les paramilitaires sont accrochés aux branches et aux organes du pouvoir public : Congrès, Ministère public, gouvernements d’états, mairies, universités, (...) . Il est déjà trop tard, mais si la société et l’État le veulent, ils peuvent mettre fin au paramilitarisme : un petit plan Patriota - le Plan Patriota est le programme d’Uribe, mobilisant toute la troupe contre la guérilla - de 10.000 soldats et de quelques policiers serait suffisant.


En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:
RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine
URL: http://risal.collectifs.net/


Source : Revista Pueblos (http://www.revistapueblos.org), 16 novembre 2004.

Traduction : Dianne Quittelier, pour RISAL (http://risal.collectifs.net).

et ne pas oublier les enfants guérilléros qui meurent dans la jungle au nom de la liberté ! ...face aux nervis de l'impérialisme occidental armés par la CIA
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MessageSujet: Confirmation de nos analyses   Jeu 3 Juil - 16:39

...sur le complot médiato impérialiste et sa version hollywodienne à destination des bobos repus

Le candidat républicain à la Maison blanche, présent en Colombie lors de libération des otages, avait été mis dans la confidence par Uribe.
M. A.
LIBERATION.FR : jeudi 3 juillet 2008

Si Ingrid Bétancourt fait la une de la presse française et des sites Internet en Amérique du Sud, pas grand-chose aux Etats-Unis sur la libération des otages, dont les trois Américains capturés par les Farc en 2003.

A la une du site du Washington Post, une photographie d'Ingrid dans les bras de sa mère, Yolande Pucelio, toutes les deux souriantes. La même photo est reprise dans le New York Times et le Los Angeles Times. Les articles reprennent plus ou moins en détails les étapes de l'opération de sauvetage.

Le Washington Post titre "La Colombie libère 15 otages retenus pendant des années". Le journal rapporte que les otages américains sont arrivés "peu après minuit ce matin [heure locale] à San Antonio [Texas, Etats-Unis] à bord d'un avion militaire américain." Le journal rapporte les propos de l'ambasseur américain à Bogota, Willia Brownfield, qui a confié sur CNN que les Américains ont aidé les officiers de renseignements colombiens dans la préparation de l'opération.

Parmi les officiels, le premier à réagir fut John McCain, en visite en Colombie depuis mardi. Le Washington Post rapporte ainsi que le candidat républicain à la Maison Blanche, et deux autres sénateurs l'accompagnant, avait été mis dans la confidence par le Président Uribe et ses conseillers. Tenu par le secret, le sénateur avait répété mardi et mercredi «comment il travaillerait en tant que Président pour libérer les trois otages américains». Le Los Angeles Times rapporte les propos d'un officiel militaire américain affirmant que le gouvernement colombien les avait prévenu à temps du plan «pour que nous soyons prêts à répondre avec l'avion et l'équipe médicale».

Pour le New York Times, la libération des otages est une «coïncidence heureuse» Shocked Laughing Laughing pour John McCain puisqu'il s'est retrouvé «au milieu de conversations confidentielles sur une opération secrète avec le chef d'un autre gouvernement». Un bon point donc pour le candidat qui cherche à montrer qu'il a plus d'expérience en matière de politique étrangère que son concurrent, Obama.

Ce dernier «félicite le Président Uribe et le gouvernement colombien, exprime sa gratitude à tous ceux qui ont participé à cette libération et fera tout ce qu'il peut pour garantir le succès des efforts à venir pour libérer les otages des Farc et vaincre cette organisation terroriste», rapporte le Washington Post.

curieuse coïncidence n'est-il pas ? Cool ...et le bon peuple de s'onaner sur ses braves dirigeants...salauds de pauvres et d'exploités ! Laughing
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MessageSujet: Pas si mourante que ça la Bétancourt   Ven 4 Juil - 6:18

...on la disait atteinte de multiples maladies et n'ayant que quelques semaines à vivre ???...intox toujours en fait les farc ne sont si inhumains que ça...ils défendent la liberté n'en déplaise aux nantis
Reçue par le pape ...qui n'aura bien sûr aucun mots pour les exploités d'Amsud ...puisque Dieu : elle a eu le culot de le dire elle même est du côté des riches !

en tous cas pour tous un bel exemple de propagande occidentale : pour faire oublier la calamiteuse politique du nabot et les problèmes de famines dans le monde

La restauration est une affaire qui marche : dans le silence d'une catholicie qui a choisie son camp ...mais se trompe d'évangile !
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MessageSujet: bourrage de mou   Ven 4 Juil - 6:46

Si le calvaire d’Ingrid Betancourt était épouvantable, et sa libération une délivrance, on est en train de se moquer des français, de leur « bourrer le mou » comme on dit vulgairement, en leur faisant croire que les « gentils », les « bons », ce sont ceux qui sont actuellement au pouvoir en Colombie, qu’ils « sont formidables » d’avoir pu ainsi libérer les otages dont la franco-colombienne, de les avoir arraché ainsi des mains des « méchants », les vilains Farcs. Mais quelle erreur ! Quel scandale d’écrire ainsi l’histoire ?

En effet, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie qui détenaient donc Ingrid Betancourt, est une guérilla d’extrême gauche qui se positionne comme les libérateurs du peuple colombien et ce, dans la même mouvance communiste qu’a eu à une autre époque et dans un autre pays, Che Guevara !... Si les moyens qu’ils utilisent peuvent être condamnables, leur combat est juste, luttant notamment contre les escadrons de la mort, ces groupes paramilitaires d’extrême-droite, qui pour éliminer toute opposition politique et syndicale, n’hésitent pas à assassiner, mais aussi déplacer des villages entiers, tout comme au Chili du temps de Pinochet

Ces escadrons de la mort dont on peut se demander quel fut leur rôle véritable dans la libération d’Ingrid Betancourt, compte tenu de l’infiltration dont ils sont capables, travaillent avec l’armée et la police au pouvoir, soutenus implicitement par le gouvernement d’Uribe, lui qui en 2005 a été éclaboussé par un scandale pour ses amitiés avec ces paramilitaires qu’on dit entrainés en sous main par la CIA. Les Américains ne veulent toujours pas entendre parler de communisme en Amérique du Sud et pour eux tous les moyens sont bons. L’Amérique soutient ainsi et sans détour le gouvernement d’Uribe et Nicolas Sarkozy semble s’être aligné sur cette position à l’opposé de Jacques Chirac qui, avec Dominique de Villepin, avait plus de retenue sachant très bien qu’on ne compose à n’importe quel prix avec le Diable.


Il est vrai que la politique spectacle n’avait pas encore rendu « politiquement correct » le fait d’être du côté de ceux qui soutiennent les escadrons de la mort. Et aujourd’hui, si on est content qu’Ingrid Betancourt soit libre, la véritable conscience de gauche (mais existe-elle encore dans notre pays ?) qui applaudit sans retenue ne semble même pas avoir un gout amer en pensant au prix de cette liberté. Il faut dire qu’ado, elle se branlait plus sur le visage du Che que sur ces idées. Et si elle n’a aucun mal à se regarder aujourd’hui dans une glace « libérale », on comprend qu’Ingrid Betancourt ait préféré répondre à une question embarrassante de PPDA en affirmant que son premier libérateur était tout simplement « Dieu »... Il a toujours bon dos, lui

...et il est toujours avec les impérialistes réactionnaires ! Laughing Laughing

...leur plus belle invention pour asservir les masses !
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MessageSujet: Sur l'affaire Bétancourt   Ven 4 Juil - 6:57

pour ne pas rester idiot sous le flot de la bienpensance des "médias de panurge" et des politiciens aux ordres deux liens à consulter

http://www.monde-diplomatique.fr/2006/04/LEMOINE/13332

http://www.betencourt.kokoom.com/
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MessageSujet: lMonseigneur Barbaresque   Ven 4 Juil - 8:45

..aurait comme d'hab mieux fait de se taire
En tous cas il illustre fort bien que le thème de l'amour est la cache sexe de la propagande des nantis et de ceux qui veulent asservir ceux qui sont en droit de se révolter contre l'injustice et la servitude


Arrow L'archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, a salué aujourd'hui la libération d'Ingrid Betancourt, soulignant que "la force et la puissance de l'amour sont victorieux en elle", après plus de six ans comme otage dans la jungle.

Le primat des Gaules a déclaré sur RTL que "c'est un bonheur incroyable ce qu'elle vit et elle sait le partager et on peut dire qu'elle sait le partager, parce que c'est aussi le nôtre!". "Ici à Lourdes, le vendredi Saint, on a prié pour tous les otages et tout spécialement pour elle et elle sait qu'elle est attendue à Lourdes".

"Je suis sûr que l'amour et le pardon seront victorieux mais je me dis 'quel combat cela doit être!' Et comment il faut prier pour accompagner cette victoire".

N.B. notons qu'à Lourdes le recteur du sanctuaire a été pris la main dans le sac d'un détournement de fonds ( comme à Léoncel) et que cette déclaration montre où vont les préoccupations de l'Eglise

mieux vaut lire l'évangile dans le texte !
Shocked Laughing Laughing

on espère aussi que Mgr Barbaresque mettra tout son amour pour la libération des prisonniers de Guantanamo et d'Abu Graïb...curieusement Ingrid semblait en bien meilleure état...elle qui était mourante il y a quelques mois ! Rolling Eyes Rolling Eyes Rolling Eyes


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MessageSujet: ...pourquelques dollars de plus   Ven 4 Juil - 15:32

...[Dieu et l'Esprit Saint n'avaient rien à voir là dedans

OUF ! ...on a eu chaud aux fesses !
lol!

Des dirigeants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) auraient touché des millions de dollars pour libérer leur otage Ingrid Betancourt et ses 14 compagnons, a affirmé vendredi la Radio Suisse Romande (RSR).


«Les 15 otages ont en réalité été achetés au prix fort, après quoi toute l’opération a été mise en scène», a rapporté la radio publique dans son journal de la mi-journée, citant «une source proche des événements, fiable et éprouvée à maintes reprises ces dernières années». La Suisse a été chargée ces dernières années avec l’Espagne et la France, par le président colombien Alvaro Uribe, d’une mission de médiation avec les Farc.


Quelque 20 millions de dollars ont été versés aux ravisseurs, a assuré la RSR, précisant que les Etats-Unis, dont trois agents ont été libérés mercredi, étaient «à l’origine de la transaction». Selon la RSR, c’est l’épouse de l’un des gardiens des otages qui a servi d’intermédiaire pour la transaction, après avoir été arrêtée par l’armée colombienne. Réintégrée au sein des Farc, elle a obtenu de son mari qu’il change de camp, a expliqué la radio.
La «mise en scène» de la libération des otages permet selon la radio suisse au président Uribe «de s’en tenir à sa ligne qui exclut toute négociation avec les rebelles tant que les otages ne sont pas libérés». «Ce coup d’éclat lui permet de redorer son blason» alors qu’il a demandé l’organisation d’une élection présidentielle anticipée, selon la RSR.

Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a expliqué mercredi que la libération des otages avait été le fruit de l’infiltration d’un agent de renseignements au sein de la direction de la guérilla. Ce militaire est parvenu à rassembler les 15 otages (Ingrid Betancourt, trois Américains et onze Colombiens), détenus jusque-là séparément en trois groupes, dans un lieu où ils ont été récupérés par un hélicoptère de l’armée colombienne, sous le prétexte de les remettre au chef des Farc, Alfonso Cano.


La France affirme vendredi n'avoir versé aucune rançon Laughing à la guérilla des Farc pour la libération d'Ingrid Betancourt. «La réponse est très simple: non» Laughing Laughing Laughing , a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Eric Chevallier, interrogé pour savoir si Paris avait versé de l'argent à la guérilla colombienne. «N'ayant pas été associés à cette opération, nous n'avons pas été associés à ses modalités de financement, si tant est qu'il y ait eu des modalités de financement», a-t-il ajouté lors d'un point de presse.


La version officielle n'écarte de toute façon pas l'hypothèse qu'il y ait eu un paiement contre la libération des otages, par exemple en faveur d'un membre des Farc retourné. Pour l'instant, il semble peu probable que ce «retourné» soit Geraldo Aguilar Ramirez, comme le signale la radio suisse: il a été présenté à la justice colombienne et Washington envisage de réclamer son extradition.


Par ailleurs, la version de la RSR affirme aussi que les trois Américains libérés mercredi (enlevés en 2003) étaient des agents du FBI. Hypothèse qui a toujours été mise en avant par les Farc. S'ils avaient été réellement des espions américains, Washington aurait sans doute fait beaucoup plus pour leur libération ces cinq dernières années.

...Mgr Barbareesque devra revoir sa copie ! lol!
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MessageSujet: Question bête   Sam 5 Juil - 8:40

Au fait où sont en vérité les traficants de drogue ?..;du côtés des contras et des grandes familles boliviennes ...? soutenus par l'oncel Sam
ou du côté des farc qui se servent certes de la drogue pour survivre ?

...il suffit de voir où est exporté la drogue pour trouver la réponse à la question Cool ...et l'occident il les défend ses mafias ...il les defend ! Laughing Laughing Laughing
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MessageSujet: Ingrid a bien changé   Mer 9 Juil - 16:19

En donnant des « interviews exclusives » à La Vie et à Pèlerin magazine, l'héroïne libérée des Farc - qui a remercié, en premier lieu, Dieu - se métamorphose peu à peu en Sainte Ingrid. Surtout qu'elle n'y va pas avec le dos de la cuillère : « La Vierge et moi sommes inséparables ! », se réjouit-elle dans le numéro de La Vie à sortir ce jeudi. « Si le seigneur m'a libérée, il doit bien être capable de libérer les autres », explique-t-elle encore. On apprend en parallèle qu'elle prépare son pèlerinage à Lourdes avant sa visite à Benoît XVI. En pleine crise mystique, Ingrid ? Après tout ce qu'elle a vécu, on a du mal à juger. En tout cas, elle est à fond : « Je vous aime », a-t-elle encore dit aux sénateurs qu'elle rencontrait hier pour évoquer sa captivité…

Pourtant, il fut un temps où Ingrid Betancourt savait rigoler avec la religion. Nos confrères du Post.fr exhument un extrait d'une des émissions les plus rigolotes de la télé publique, «Merci Bernard», dans laquelle on voit la grande dame colombienne toute jeune déguisée en nonne à cornette. Le sketch, animé par Daniel Prévost, met en scène le «championnat de nage libre en eau bénite»… Marianne2.fr a vérifié : il ne s'agit nullement d'un canular. Jean-Michel Ribbes, producteur, réalisateur de «Merci Bernard» et actuel directeur du Théatre du Rond-Point à Paris, raconte que sa mère et celle d'Ingrid étaient amies et qu'un jour, Mme Ribbes l'a averti que «Ingrid aimerait bien participer à «Merci Bernard». « J'ai dit banco! On invitait souvent les copains... », se souvient Ribbes.

Le résultat est… incroyable.






in Maranne 2 sur le net : http://www.marianne2.fr/

c'est Mgr Barbaresque qui va être content !

alors intox ? ou rélle prise de conscience ?...ou vision partielle d'une personne bien fatiguée qui devrait se reposer un peu...
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MessageSujet: Ingrid Bétancourt:les enjeux d'une libération   Ven 11 Juil - 8:46

Ingrid Betancourt n'est plus l'otage des Farc et a retrouvé sa famille. Qui ne s'en réjouirait ? Mais il ne serait pas inutile de s'attarder sur les arrière-pensées de ses libérateurs et sur l'authenticité de certains bras ouverts à son arrivée en France. Amplement diffusées, les premières réactions de la Franco-Colombienne posent désormais une question de fond sur son avenir politique.
La nouvelle tombait le mercredi 2 juillet. Détenue par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie depuis le 23 février 2002, Ingrid Betancourt est désormais libre. La manière forte voulue par le président colombien Alvaro Uribe a payé, d'autant que c'est un spécialiste, et le succès de l'opération redore un blason quelque peu terni. Première retombée, la Cour constitutionnelle vient d'annoncer qu'elle ne remettrait pas en cause sa réélection en 2006 pour cause d'illégalité. Le vote d'une parlementaire, décisif pour lui permettre de se représenter - il avait été élu une première fois en 2002 - avait été acheté. Mais Uribe n'est pas encore tiré d'affaire...

Dans le collimateur de la justice colombienne, 64 sénateurs et députés du Parlement, dont 54 appartiennent aux partis de la coalition soutenant le président colombien. Aux dernières nouvelles 33 étaient incarcérés, dont Mario Uribe, un cousin du président. Après cette arrestation, Alvaro Uribe avait dû reconnaître qu'il était lui aussi visé dans une
enquête pour son implication supposée dans un massacre de paysans en 1997. Au coeur de cette série de scandales, l'infiltration du Parlement par des escadrons de la mort paramilitaires liés au trafic de drogue. Contre espèces sonnantes et trébuchantes, ceux-ci avaient orchestré dans leurs régions les élections de 2002. Le Mouvement national colombien des victimes de crimes d'État accuse de son côté les paramilitaires d'avoir assassiné "600 personnes par an depuis 2002, après leur démobilisation officielle, et d'être parvenu à contrôler 35 % des représentants du Parlement". Et si on se penche sur les proches d'Alvaro Uribe, c'est plutôt chargé. Le père, Alberto, décédé en 1983, homme de paille de trafiquants de drogue, à l'origine de l'enrichissement de la famille, une parentèle liée aux paramilitaires et aux narcotrafiquants, des enquêtes miraculeusement classées sans suite... Voilà l'homme, dans son costume rayé, presque austère, qui entendait se refaire une virginité lors du show télévisé qui a suivi la libération des otages.

Deux présidents
en quête d'électeurs

De son côté, le président français est au plus bas des sondages, et d'autant plus furieux d'avoir été évincé du dénouement. Lors de sa visite du 3 juillet dernier à l'usine Arcelor Mittal, Sarkosy sous-entendait qu'il était au parfum. Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée, reconnaîtra cependant n'avoir été courant qu'un quart d'heure avant les premières dépêches des agences colombiennes. Une mise à l'écart particulièrement amère après des efforts diplomatiques restés vains. Pour rattraper le coup, réunion en urgence à l'Elysée de la famille Betancourt, rediffusion régulière de l'appel du 5 décembre à libérer Ingrid Betancourt, préfigurant la mise au pas annoncée des médias. Jusqu'à l'accueil du 4 juillet à l'aéroport militaire de Villacoublay, le couple présidentiel souriant-ému-élégant et le très médiatique et sélectif ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, un bras protecteur posé sur la taille de l'ex-otage. Du grand spectacle, mais qui ne fera peut-être pas oublier les priorités d'un gouvernement qui sont tout sauf sociales.

Dans cette libération, il y a aussi l'allié américain qui a prêté main-forte à Uribe. La Colombie est le deuxième pays le plus prospère en matière d'investissements, grâce notamment à la dérégulation des lois du travail, et en particulier aux réformes d'Alfonso Uribe qui autorisent les compagnies pétrolières étrangères à exploiter l'or noir sans avoir à signer un accord de partenariat avec la compagnie d'Etat, Ecopetrol. Elles sont désormais propriétaires de la totalité du pétrole extrait, alors qu'auparavant Ecopetrol en recevait 30 %. Corruption généralisée, misère qui frappe plus de 60 des habitants, revenu national dont les deux tiers sont aux mains de 20 d'entre eux.. Violences et guérillas ne sont pas prêtes de s'éteindre.

Quel avenir pour Ingrid Betancourt ?

Il y a dix-huit ans, Ingrid Betancourt se lançait dans la bataille pour changer la Colombie, pays miné par plus de quarante ans de guerre civile.
Sénateur et députée, elle dénonçait la corruption et le trafic de cocaïne, les dirigeants compromis avec la mafia. Candidate écologiste aux élections présidentielles, elle avait créé son parti, Oxygeno, et entendait se présenter à l'élection présidentielle de 2002. Son enlèvement, à quelques mois du scrutin, avait donc arrangé pas mal de monde. Mais pourquoi, aujourd'hui, ce jeu appuyé des remerciements et de la reprise en main ? Pour le plus grand bénéfice d'un président colombien qui voudrait bien effacer son ardoise, et celui d'un président français en quête d'une bonne pub. Sans oublier le grand frère américain, ferme soutien d'Uribe et un oeil sur l'Europe, qui fait le lien avec le président français, fervent atlantiste comme chacun sait. Pour l'instant, on en est réduit à prendre en compte une femme fragilisée par des années de captivité, réfugiée dans la religion aux dépens de la réflexion politique.

Ce qui ramène à l'appel récent d'Alfonso Uribe pour que "l'Eglise impartiale" participe aux négociations. Une des plus conservatrices d'Amérique latine, l'Église catholique colombienne a jusqu'à présent soutenu sans réserve le régime d'Uribe et a été associée aux pires décisions des gouvernants colombiens : amnistie pour les paramilitaires, états d'exception, délations... Bien sûr, certains ont pris d'autres chemins, mais ceuxlà n'étaient pas invités aux négociations. Si, dans cette affaire, la diplomatie vaticane a fait un flop, elle se rattrape elle aussi dans la communication. Ingrid Betancourt sera reçue prochainement par Benoît XVI, et on exaltera "sa foi enracinée dans l'enfer de la jungle" (La Croix), pour reprendre le titre d'un quotidien français. Le peuple colombien, pour sa part, n'est pas prêt à être libéré de la misère et de toutes les complicités qui la conforte. Ingrid Betancourt s'est-elle égarée un moment de la voie qu'elle s'était tracée ? S'engagera-t-elle dans une démarche plus consensuelle ou bien, malgré les risques, ouvrira-t-elle à nouveau les yeux ? Nul ne peut dire pour l'instant quel sera l'avenir politique d'une femme qui a les pieds sur deux continents.

in Golias
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MessageSujet: Bétencourt toujours...   Sam 12 Juil - 8:00

«Je vous dois tout», ne cesse de répéter aux médias Ingrid Betancourt, l’otage franco-colombienne libérée il y a un peu plus d’une semaine. Elle ne refuse donc aucune interview, malgré, selon ses proches, «un agenda de chef d’Etat, mais sans l’équipe qui va autour». Elle devrait rencontrer ce week-end le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, après un week-end à Lourdes, pour remercier la Vierge Marie. L’ancienne otage a renforcé sa foi durant sa captivité. Une foi intime, personnelle. Certains se moquent – un peu facilement– de ses invocations désormais continuelles de Jésus, la Vierge Marie, Dieu. Ingrid Betancourt explique clairement que ce fut son refuge, son bouclier, sa protection… Qui pourra expliquer, raconter, les refuges que l’on recherche quand on est otage. Personne ne sera jamais capable de se mettre à sa place pour se permettre de juger ces supposées «bondieuseries». Ingrid Betancourt a reçu Libération, un peu plus d’une demi-heure, mercredi soir(...) quelques extraits...


La foi et le pardon

«Je ne pense pas que l’on puisse donner à la violence des réponses violentes. La seule réponse à la violence, c’est une réponse d’amour. Pour moi, en l’occurrence, une réponse chrétienne, parce que c’est ma foi à moi, mais ça pourrait être le bouddhisme ou autre chose. On peut être amené à haïr une personne de toutes les forces de son être, mais on peut trouver le soulagement de cette haine par l’amour.


«On ne peut pas aimer quelqu’un qui vous a fait du mal mais, par contre, je trouvais dans le Christ une façon de me créer une sorte de tremplin. Ainsi, je me disais d’Untel : "Je le déteste mais pour toi, Jésus, je ne vais pas dire que je le déteste." Et le fait de ne pas mettre ce mot de haine dans ma bouche, c’était un grand apaisement. Par exemple, je me souviens de ce commandant "Gafa" [le chef du peloton chargé des otages, ndlr] qui était si horrible, si cruel. Il s’asseyait devant moi et je parvenais à lui sourire…

«Dans une ambiance de solitude spirituelle, où tout n’est qu’ennemis et agressivité, j’ai dû apprendre à ne pas réagir comme je réagissais lorsque j’étais libre et que j’étais entourée de gens qui m’aimaient, apprendre le silence, apprendre à baisser la tête. A certains moments, donc, la seule personne avec qui je pouvais parler, intérieurement, c’était la Vierge.

«J’ai réussi à pardonner. Pas seulement les geôliers, parfois aussi les compagnons [otages, ndlr] avec qui les relations peuvent être difficiles. On doit pardonner aussi, et c’est plus subtil, ces amis qui ne se sont pas rappelés à vous. Ces gens sur qui vous comptiez et qui vous ont fait défaut. Ces personnes que vous aimiez et que vous avez entendu dire des horreurs du style : "De toute façon, si elle a été prise en otage, c’est qu’elle l’avait cherché." Autre chose qui me faisait très mal, c’était d’entendre des gens dire : "C’est la guerre, il y a tellement de morts dans ce pays qu’elle n’est juste qu’une victime de plus." Quand on prend conscience que sa vie est juste un numéro, c’est très dur. Alors pardonner, j’ai eu beaucoup de choses à pardonner mais c’est fait.»

La politique

«Il y avait deux catégories de prisonniers chez les Farc. Ceux qu’ils appelaient les "prisonniers de guerre", militaires et policiers, et les prisonniers politiques comme moi. C’étaient les plus haïs de tous [par les Farc, ndlr], considérés comme ces salauds responsables de la "guerre". Les Farc avaient un caractère messianique : ils disaient être les seuls à mener le combat pour les Colombiens, avec des armes. Je leur disais que j’avais combattu aussi, avec des idées. Donc, j’avais toujours envie de leur dire : "Mais comment osez-vous croire que votre combat est meilleur que le mien ?" En vertu de quoi osent-ils penser qu’ils sont les seuls à pouvoir faire du bien à la Colombie. Moi aussi, je me bats pour la justice sociale. Et contre la corruption. Eux provoquent la corruption. Paient des gens au sein de l’Etat pour faire passer leurs armes, la drogue…

«Ce mot de politique a une connotation négative. Je n’ai pas envie de travailler dans cet espace. J’ai envie de me battre pour des choses qui ont à voir avec la politique. Parce que, changer le monde, ça passe par la politique. Il faut parler politique, mais pas entrer dans cette politique qui consiste à chercher comment faire nommer son cousin ambassadeur.(...)

La jungle et la libération

«Durant ces six ans et cinq mois de captivité j’ai dû rencontrer plus de 300 guérilleros de tous les âges, de toutes les conditions. De ces 300, il n’y en a pas plus de deux ou trois qui ont eu un comportement cohérent de compassion.

«Les Farc jouent sur les sentiments. Ils vous torturent et vous traitent comme un chien, mais, s’ils ont besoin de quelque chose, alors les personnages se transforment : ces êtres horribles deviennent différents et vous parlent avec gentillesse. Vous vous demandez si ce sont les mêmes qui vous parlent… Ceux-ci, je ne les compte pas. Mais je compte ces deux ou trois personnes qui, malgré le poids du groupe et le fait de savoir que s’ils avaient un comportement différent avec moi, ils risquaient d’être punis, jusqu’à passer en conseil de guerre et être fusillés, m’ont aidée. Concrètement, à un moment donné, j’étais très malade et j’ai eu besoin de médicaments. Il y a eu une personne qui a pris le risque de me passer en cachette des médicaments.

«Dans la jungle on souffre beaucoup, mais ce qui fait le plus souffrir c’est la souffrance de ceux qu’on aime. (...)

Les Farc

«Les Farc ne sont pas idéologiquement convaincus ni convaincants. Ils se donnent toutes sortes de raisons possibles pour se convaincre qu’ils vont parvenir au pouvoir par la force. Mais je ne pense pas qu’ils y croient vraiment, et c’est de moins en moins probable. Tout ce qui s’est passé pour les Farc depuis le début de l’année est pathétique. Ils doivent vivre des moments très durs.

«Les Farc, c’est le règne de la doctrine. Tous les jours, ils prennent ces gamins guérilleros et ils les amènent dans une sorte d’espace qu’ils appellent "la classe" et ils sont endoctrinés tous les jours, tous les jours.

«Il faut ouvrir des espaces politiques, dans lesquels on puisse trouver les moyens de se parler. Les Farc sont aussi des enfants de la Colombie. Ils ont fait beaucoup de mal et continuent à en faire, mais il faut qu’ils se rendent compte que ça y est, c’est fini,
qu’il faut qu’ils arrêtent leur truc.»

in Libé
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MessageSujet: Les farcs s'expriment   Sam 12 Juil - 12:28

Douze jours après la libération d'Ingrid Betancourt et de quatorze autres otages, les Forces armées révolutionnaires (Farc) ont décidé de sortir de leur mutisme. Dans un communiqué diffusé vendredi soir sur le site internet de l'Agence bolivarienne de presse, mais daté du 5 juillet, les guérilleros colombiens parlent de trahison dans leur propre rang. Et avertissent le gouvernement colombien que poursuivre dans la voie de l'opération de sauvetage pourrait conduire à des pertes parmi les otages toujours retenus.

La lutte entre les Farc et les autorités colombiennes est loin d'être terminée. Après la très médiatique libération d'Ingrid Betancourt et de quatorze autres otages, la guérilla colombienne a fait part de sa colère à l'encontre de ses propres combattants, qu'elle accuse d'être à l'origine de cette opération militaire. "L'évasion de quinze prisonniers le 2 juillet est la conséquence directe du comportement méprisable de Cesar et Enrique, qui ont trahi leurs idéaux révolutionnaires et la confiance que nous avions placée en eux", peut-on lire dans ce communiqué. L'armée colombienne, après avoir maquillé un de ses hélicoptères, avait, après des mois d'infiltration et de renseignement, embarqué les otages pour ce qui devait être un simple transfert vers un autre lieu de détention. Les gardiens des otages ne s'étaient pas méfiés et, dès leur montée dans l'appareil, avaient été mis hors d'état de nuire.

700 personnes sont encore retenues par les Farc

Un scénario qui ne semble pas tout à fait crédible pour les Farc. Selon eux, Antonio Aguilar, dit Cesar, et Alexander Farfan, dit Enrique Gafas, ont trahi leur cause contre espèces sonnantes et trébuchantes. Le gouvernement colombien n'a, de son côté, jamais caché qu'il avait mis en place un fonds spécial pour rémunérer les guérilléros déserteurs. Début mars, "Rojas", le garde du corps de l'un des sept chefs du Secrétariat des Farc, avait ainsi touché 1,7 million d'euros pour avoir tué son patron puis livré son corps à l'armée. Pour les Farc, Alvaro Uribe aurait une nouvelle fois pioché dans ses 100 millions de dollars pour pervertir les gardes de la Franco-colombienne. "S'ils ont trahi les Farc en coopérant avec le gouvernement à cette opération de sauvetage, ils n'ont pas très bien négocié, car c'est une longue peine de prison qui les attend aux Etats-Unis", estime Pablo Casas, expert en sécurité à Bogota, qui rappelle que les deux hommes devraient être extradés vers les Etats-Unis pour y être jugés pour enlèvement.

Si la défiance reste donc de mise des deux côtés, la guérilla entend toutefois continuer à dialoguer avec les autorités colombiennes. Dans le même communiqué, les Farc annoncent en effet qu'elles veulent toujours trouver un accord sur un échange d'otages contre des rebelles retenus prisonniers par le gouvernement colombien. "A ce stade, la seule façon de s'en sortir pour les Farc, c'est d'adopter une approche plus politique vis-à-vis du gouvernement, et c'est pour cela qu'ils proposent des négociations pour échanger des prisonniers", commente Pablo Casas. Les services d'Alvaro Uribe estiment à 700 le nombre de personnes encore retenues dans la jungle. Mais si elle garde donc ouverte la porte des négociations, la guérilla prévient qu'en "considérant les (opérations de) sauvetage comme la seule voie, le gouvernement devra assumer toutes les conséquences de sa décision imprudente et aventureuse".

Une menace à peine voilée, qui ne suffit toutefois pas à inquiéter les proches des otages. Le parlementaire colombien Mauricio Lizcano, fils de l'otage Oscal Tulio Lizcano, a ainsi qualifié le communiqué des Farc de positif. "Les Farc gardent la volonté de parvenir à un accord humanitaire", a-t-il dit. "Il semble que les Farc ne vont pas se venger contre ceux qui sont toujours kidnappés (...) Dans le communiqué d'aujourd'hui, les Farc ne disent rien sur d'éventuelles représailles contre les personnes kidnappées". Alors qu'Alvaro Uribe surfe toujours sur son triomphe de début juillet, la question des Farc n'est pas pour autant réglée. Et devrait le poursuivre pendant encore un bon moment.
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MessageSujet: Maltraitance militaires contre les non occidentaux   Lun 21 Juil - 11:19

L'armée israélienne a lancé une enquête sur la conduite des soldats qui ont été filmés il y a deux semaines alors qu’ils tiraient un balle de caoutchouc sur un Palestinien ayant les yeux bandés et des menottes aux poignets palestinien en Cisjordanie.

L'incident a eu lieu le 7 Juillet à proximité du village de Nil'in qui a été ces dernières semaines le théâtre de manifestations presque quotidiennes contre la construction du Mur de «Sécurité» (ndt : d’Apartheid) à proximité.

Selon la vidéo, qui selon l'armée, a été examinée par le juge-avocat, le Brigadier Avichai Mandelblit, un manifestant palestinien, Ashraf Abu Rahma, menotté et les yeux bandés, est vu être conduit à côté d’une jeep par un officier de haut rang des FOI

La vidéo montre un soldat pointant son arme sur les jambes du manifestant à environ 1,5 mètre et tirer ensuite sur lui une balle de caoutchouc. Abu Rahma a déclaré que la balle a touché son orteil gauche et qu'il a été soigné par l’armée avant d’être libéré par les soldats.

Le tournage a eu lieu en présence d'un lieutenant-colonel, qui est vu tenir le bras d’Abu Rahma son bras lorsque le coup de feu est tiré.

Une jeune Palestinienne, âgée de 14 ans, a filmé l'incident depuis sa maison dans le village de Nilin. B'Tselem l’a reçue ce matin et a immédiatement transmis une copie à l’Unité d’Enquête de la Police Militaire, en demandant qu’une enquête sur l'incident soit immédiatement lancée.

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MessageSujet: in mémoriam   Lun 21 Juil - 11:34

cela rappelle d'autres scènes plus horribles encore...

..;et leur manipulation médiatique par une presse aux ordres...


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MessageSujet: Le dalaï lama est un fantoche   Sam 26 Juil - 16:20

Douterai-t-on encore que le dalaï lama soit la marionette de l'occident pour contrer la chine ?
le voici en pleine action avec Bush père et Mc Cain les "libéraux" et "respectueux des droits de l'homme" bien connus

Oui ce vieux singe est bien un fantoche, une marionette de l'occident




Dernière édition par Admin le Mer 20 Aoû - 13:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Quand l'Occident voit la paille dans l'oeil de sa voisine la Chine   Lun 4 Aoû - 6:25

Quand l'Occident voit la paille dans l'oeil de sa voisine la Chine

Par Serge, Mariannaute, qui ne veut pas croire que c'est «pire ailleurs». L'Occident n'est pas exempt de problèmes graves. Pourtant, en ces temps de Jeux olympiques, c'est à la Chine que les journalistes et observateurs adressent tous leurs reproches.

Je n'apprécie pas le gouvernement chinois. Mais il est un juste miroir de nos gouvernements occidentaux, de même que leurs chefs d'entreprises sont à l'image des nôtres (nous les occidentaux blancs porteurs des valeurs universelles, vous savez bien !).
Leurs journalistes, eh bien, ils sont comme les nôtres aussi et leurs responsables itou. Fondamentalement, il s'agit de désinformer, façonner l'opinion, formater des valeurs, soutenir une politique économique.

Alors, une sacrée part des journalistes partis là-bas ont donc déjà le tracé de leurs articles à venir : anti-chinois à fond la caisse, sans mise en contexte ni confrontation et les sites internet en question sont là pour leur en fournir le contenu sans avoir à quitter le centre de presse. Ils ne parlent pas le chinois, et donc inutile d'aller parler avec l'homme de la rue, d'ailleurs il est «conditionné».

La malveillance journalistique occidentale
Bien sûr, ceux qui parlent le chinois et connaissent le pays savent que rien n'est comme décrit par la gent médiatique ménardo-joffrino-bendito...(remplissez les pointillés, il y a le choix), et que s'il y a là-bas des choses terribles, tout y est aussi évolutif, contradictoire, à comprendre. Un miroir encore de nos sociétés.
Rien d'étonnant donc à ce que les autorités chinoises réagissent à cette malveillance journalistique occidentale. Ce qui n'est pas une excuse, juste une explication. Un partout, balle au centre.

Car tout ce qui est reproché aux Chinois par nos chers journalistes peut aussi s'appliquer à nombre de pays occidentaux ou «amis» ; Israël, par exemple, et la Palestine ; les US et Guantanamo, l'Irak, le racisme ou les wetback mexicains, le monde anglo-saxon et les techniques d'espionnage Echelon, l'Italie et les Roms, son berlusconisme, la France et ses expulsions, sa pauvreté galopante, ses exactions policières, etc. Il faut simplement sortie du ghetto boboïen et regarder autour de soi.

Alors pourquoi ces éructations anti-chinoises, ces leçons arrogantes assénées par des petits blancs arrogants, y compris dans ces commentaires? Ce nouvel empire du mal ? La démocratie ? Allons donc. C'est que ça va mal chez nous, et il faut qu'on continue de croire que c'est pire ailleurs. Pour ne pas lutter ici. Le nouvel opium du peuple, peut-être.
( in marianne2)
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MessageSujet: Pas encore guérie l'égérie colombienne   Lun 1 Sep - 16:12

ROME, 1 sept 2008 (AFP) - Betancourt: rencontrer le pape a été une "expérience extraordinaire"

L'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt a affirmé avoir "réalisé un rêve" lundi en étant reçue par le pape Benoît XVI en audience privée, qu'elle a qualifiée d'"expérience extraordinaire", lors d'une conférence de presse à Rome.

"Cela a été une expérience extraordinaire. En le rencontrant, j'ai réalisé un rêve, il a écouté le récit de ma captivité", a déclaré Ingrid Betancourt, vêtue de noir et beige, peu après avoir été reçue par le souverain pontife dans sa résidence d'été de Castel Gandolfo près de Rome.

"Je lui ai dit que quand j'étais dans la forêt, après une journée où nous avions fait une marche très difficile, alors que j'étais angoissée et désespérée, j'ai allumé la radio et j'ai entendu sa voix, qui prononçait mon nom", a raconté l'ex-otage, détenue sept ans dans la jungle colombienne.

"Il est difficile de mesurer l'impact psychologique que peut avoir sur un prisonnier de penser que le monde de l'a pas oublié. La voix du pape a été une lueur. Depuis ma libération, je voulais le voir et l'embrasser", a poursuivi Mme Betancourt, qui a dû s'interrompre plusieurs fois sous le coup de l'émotion.

"Le pape porte en lui la douleur de ceux qui souffrent dans leur âme, celle de mes compagnons prisonniers en Colombie et je sais qu'il prie pour eux et pour la paix dans le pays", a-t-elle affirmé.

Avant de rencontrer Benoît XVI, "j'étais préoccupée par le protocole mais j'étais tellement émue que dès que je suis entrée je n'ai pas pu m'empêcher de l'embrasser", a-t-elle ajouté.

Arrivée dimanche soir à Rome pour une visite de quatre jours, Mme Betancourt a été reçue par le pape à midi (10H00 GMT) accompagnée de sa mère Yolanda Pulecio et de sa soeur Astrid.

...bref l'ordonnance est à renouveller pour un an lol!
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MessageSujet: le voile se soulève   Lun 8 Sep - 6:34

Un général, protégé d’Uribe, finit par tomber pour ses crimes
De notre correspondant à Bogotá MICHEL TAILLE
QUOTIDIEN : lundi 8 septembre 2008
0 réaction
Quand les agents sont venus l’arrêter, jeudi après-midi, le général en retraite Rito Alejo Del Rio terminait un déjeuner paisible dans un club militaire de Bogotá. Sa tranquillité venait de prendre fin : le gradé, protégé du président Alvaro Uribe, va devoir répondre d’accusations de complicité avec des escadrons paramilitaires antiguérilla. Ce n’est pas la première fois que le général est inquiété pour des crimes, remontant notamment aux années 1995 et 1997.

Dès cette époque, les témoignages abondent sur la connivence de ses troupes avec les milices, responsables de la disparition d’au moins 15 000 civils dans tout le pays. Au nom de la lutte contre une guérilla sanguinaire, escadrons et troupes régulières patrouillent alors ensemble pour persécuter militants de gauche et simples paysans dans la région sous sa responsabilité : l’Urabá, dans le nord-ouest du pays. «Je n’ai pas d’information sur la présence de paramilitaires dans ma juridiction», se défend alors invariablement Del Rio, depuis le siège de la XVIIe brigade.

«Pacificateur». Tortures, brûlures, yeux arrachés, décapitations… Les exactions sont pourtant répertoriées par plusieurs ONG et élus locaux avec listes de victimes à l’appui. Mais leur voix ne pèse pas lourd à l’époque. Les grands propriétaires et multinationales de la banane, Chiquita en tête, financent les paramilitaires de l’Urabá. Le gouverneur du département, un certain Alvaro Uribe - l’actuel chef de l’Etat - défend le «Pacificateur» Del Rio contre les accusations de ces «guérilleros». Le second du général, le colonel Alfonso Velasquez, est même limogé après avoir dénoncé auprès de sa hiérarchie les «omissions» de son supérieur. Les mains libres, Del Rio lance avec les escadrons de la mort l’opération Genesis, en 1997. Elle permettra l’installation de vastes étendues de monoculture de palme africaine, sur les terres des milliers de paysans tués ou expulsés. «Nous avons été chassés par les paramilitaires et les soldats de la XVIIe brigade», témoigne José Antonio Correa, un cultivateur dont le frère a été éviscéré par les miliciens.

Une première enquête, en 2001, avait abouti à une courte incarcération du général. Mais le procureur général Luis Camilo Osorio, promu depuis ambassadeur au Mexique par Uribe, avait renvoyé les enquêteurs et enterré le dossier. Il a fallu attendre la démobilisation des 15 000 combattants paramilitaires, négociée avec le pouvoir, pour rouvrir l’enquête. Obligés par la loi à des confessions complètes, les chefs des milices accusent en effet Del Rio d’avoir fait du recours à leurs soudards une «politique d’Etat». «Où se trouve le Pacificateur qui nous donnait des indications pour faire le sale boulot, qui nous ouvrait les portes de ses garnisons ?» s’est emporté en juin l’ancien commandant Ever Veloza.

Ces déclarations, et d’autres témoignages longtemps ignorés, ont permis la nouvelle arrestation du haut gradé. Un des cas à charge les plus documentés serait l’assassinat d’un dirigeant paysan, pendant l’opération Genesis. Mais de sordides magouilles, moins sanglantes, pourraient aussi être retenues contre lui. Une des enquêtes enterrées évoquait par exemple un trafic de biens militaires. Par ailleurs, les «affaires» des milices, qui tiraient au moins la moitié de leurs revenus du trafic de cocaïne, ont pu lui profiter. Quand les Etats-Unis décident de suspendre son visa, en 1999, c’est pour collaboration avec les escadrons mais également d’«autres délits» non précisés - le général aurait du mal à justifier certains biens acquis à l’étranger.

Publiquement. Avec Del Rio, c’est un nouveau proche du président qui tombe. Adulé par l’électorat pour ses victoires militaires contre la guérilla, Alvaro Uribe, mois après mois, perd des alliés accusés d’avoir travaillé avec les escadrons de la mort. Son ancien chef des services secrets et une cinquantaine de parlementaires de sa coalition font aujourd’hui l’objet d’une enquête.

Le cas Del Rio pourrait être plus délicat encore. Alvaro Uribe, qui se vantait de réunir les officiers de sa juridiction dès les aurores lorsqu’il était gouverneur, pouvait difficilement ignorer les agissements de Del Rio. En 1999, quand le gradé est limogé sous la pression américaine, il le défend publiquement. Une fois président, en août 2002, il le nomme même conseiller des services de renseignements. Le scandale remontera-t-il jusqu’au chef d’Etat ? Le procureur de la Cour pénale international, Luis Moreno Ocampo, en visite en Colombie le mois dernier, a insisté pour que tous les «responsables civils» des massacres soient punis.
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MessageSujet: Betancourt : quand l'ermitage avait raison contre la propagande bien pensante   Mar 16 Sep - 6:43

Betancourt : retour sur une prise d’otage
Télé. France 5 diffuse un documentaire à contre-pied des certitudes habituellement énoncées sur la guérilla colombienne.
Gérard THOMAS

Colombie : les otages du président Un film de Mylène Sauloy. France 5, 20 h 35.
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«La seule solution, c’est d’aller par la route. C’est une solution très compliquée…» Ce samedi 23 février 2002, Ingrid Betancourt, candidate du parti Oxygène à la présidentielle en Colombie, croise le président Pastrana, à l’aéroport de Florencia, alors qu’ils se rendent tous deux à San Vicente del Caguán, au milieu d’une zone contrôlée par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Le président refuse d’embarquer la Franco-Colombienne dans les hélicoptères de sa suite. Quelques heures plus tard, les Farc mettent la main sur le seul de leurs otages qui mobilisera la scène internationale.

Alors que depuis plus de quarante ans, guérilla des Farc et régimes plus ou moins autoritaires s’affrontent sur le terrain, le film de Mylène Sauloy a non seulement le mérite de remettre dans son contexte l’enlèvement de Betancourt, mais également de donner les clés d’une inextricable situation politico-militaire. Un documentaire à contre-pied des certitudes généralement énoncées contre la guérilla. Réalisé à partir de témoignages des familles des otages, d’otages eux-mêmes ainsi que de politiques locaux, de séquences tournées par les Farc et par les groupes paramilitaires, le film donne une lecture plus réaliste du nœud gordien colombien : assassinats de militants de gauche, groupes paramilitaires liés à l’Etat, narcotrafiquants, inexorable montée de l’actuel président Alvaro Uribe, tenant d’une ligne dure, impossible accord humanitaire sur les otages… L’ensemble aurait encore gagné en pertinence sans une représentation un peu angélique de guérilleros qui rêvent «d’une société plus juste»,et si Uribe - par ailleurs démocratiquement élu - n’apparaissait pas simplement comme un dangereux suppôt de l’extrême droite locale.

flower afro Razz
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MessageSujet: L'échec probable de l'occident dans la guerre d'Afghanistan (1)   Mar 23 Sep - 15:51

"Avec la guerre en Afghanistan, il existe un risque d'effondrement indo-pakistanais"
LEMONDE.FR | 23.09.08 | 11h50 • Mis à jour le 23.09.08 | 14h45 Réagir (6) Classer E-mail Imprimer Partager

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Leonard : La coalition de l'OTAN peut-elle encore gagner la guerre, alors que depuis sept ans les Afghans n'ont pas vu leur condition s'améliorer, qu'ils ne se sentent pas en sécurité et que la coalition perd du coup le soutien de la population ?


Bertrand Badie : De l'avis presque général, cette "guerre" ne peut pas être gagnée. Encore faudrait-il, d'ailleurs, s'entendre sur les mots : le mot "guerre" est employé avec prudence, précaution, et souvent rejeté, au profit d'autres formules bien plus obscures. Nous ne sommes pas dans une logique de guerre dans la mesure où ne s'affrontent pas deux coalitions d'Etat, où le caractère asymétrique de son conflit tient au fait que, de plus en plus, la coalition de l'OTAN a face à elle, sinon une société, du moins des acteurs sociaux profondément enracinés dans le tissu social afghan. Ce type de situation, qui rappelle, mais seulement en partie, les guerres coloniales, s'est durablement installé dans la mémoire comme forme de conflit qui ne donne jamais le dernier mot à la puissance. On peut même redouter l'inverse : un renforcement mal contrôlé des moyens militaires de la coalition alimente ce conflit ainsi que la force même des talibans et de tous ceux qui leur sont associés.


Suivez l'information en continu, accédez à 70 fils de dépêches thématiques.
Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offertsOn n'a pas été assez attentif à la volonté des talibans et de leurs associés d'entraîner la coalition dans une guerre qui se fait de plus en plus sous le drapeau de l'Occident, de la coalition atlantique, voire du "monde chrétien". Tout ce qu'il faut pour rapprocher les combattants d'une société anomique, faiblement construite et qui, paradoxalement, est en train de retrouver son identité dans une adversité qui se construit de plus en plus à ses dépens.


Atchoum : Comment une armée aussi hétéroclite que l'ISAF (plusieurs nations, avec chacune leur propre mode de fonctionnement, et surtout bien moins nombreuses que les Soviétiques) peut-elle réussir là ou les Soviétiques ont échoué ?


Bertrand Badie : Vous posez bien la question, qui nous conduit à distinguer trois niveaux aussi préoccupants l'un que l'autre.

D'abord, l'OTAN n'est pas une armée, n'a pas de moyens propres, mais est une addition d'armées nationales dont la dotation dépend en dernier recours de choix nationaux. Ce défaut de coordination et donc d'implication rapide des moyens techniques adéquats pèse lourd dans l'ankylose de cette coalition.

Le deuxième niveau est celui de l'identité même de cette coalition. N'oublions pas qu'en 2001, on distinguait entre une coalition dirigée par les Etats-Unis qui faisaient la guerre aux talibans, et une petite ISAF qui, autour de l'OTAN, devait protéger Kaboul. Depuis, les choses ont évolué. L'OTAN a été impliquée sur la totalité du territoire afghan, et s'est substituée à ce qui aurait dû être une entreprise réellement multilatérale mandatée et contrôlée par les Nations unies, à laquelle les différentes sensibilités du monde auraient dû solidairement participer. Insensiblement, l'opération de police d'origine destinée à favoriser la naissance d'un nouvel Etat afghan s'est transformée dramatiquement en guerre menée par le monde atlantique face à des acteurs hétéroclites qui trouvaient d'autant plus facilement leur identité dans la protection de la souveraineté nationale afghane. Le résultat est paradoxal, mais il faut bien admettre que tout a été fait pour aider les talibans à se parer d'une fonction de résistance nationale qui, pourtant, ne leur correspondait en rien au départ.

Troisième niveau, celui de l'usage de la force et des moyens militaires classiques. La puissance ne peut pas grand-chose face à des réseaux, à des groupes qui n'obéissent en rien à des logiques d'Etat ni à des logiques d'armée nationale. Elle ne fait en réalité que construire une solidarité nouvelle entre une population malheureuse, déçue, souvent même démunie et affamée, et les talibans, dans lesquels elle voit une expression de proximité et de solidarité qui la conduit de plus en plus vers eux.


Pedro : Quel sens donner à cette guerre ? S'agit-il d'une guerre post-coloniale ? d'une "guerre juste contre les racines du terrorisme" ? Qu'en dites-vous ?

Bertrand Badie : D'un certain point de vue, c'est une guerre très moderne, voire "post-moderne", car elle dérive directement de l'échec de la construction de l'Etat dans un pays en développement, de l'échec de l'intégration d'une société dans la mondialisation, et de l'incapacité des Etats développés à répondre de manière appropriée à cette double tension. On sait depuis toujours qu'un défaut de contrat social, de nation, d'Etat crée une situation de violence chronique. Lorsqu'un tel échec se trouve appuyé par la volonté des plus puissants d'y répondre par la force, on ne s'étonnera pas, hélas, que cette violence soit réorientée contre le monde occidental. Ce douloureux réveil des pathologies nées d'une décolonisation et d'une mondialisation ratées risque de ce point de vue, si on n'y prend garde, d'annoncer beaucoup d'autres conflits de même nature, exprimant à une plus large échelle l'échec cinglant de l'intégration du Sud dans le système normatif élaboré par un Nord développé.


lamane : Pensez-vous que la solution en Afghanistan n'est pas militaire ?


Bertrand Badie : D'abord, nous le savons hélas aujourd'hui, l'Afghanistan n'est pas un cas à part. Ce pays est adossé au Pakistan, mais aussi à l'ensemble du sous-continent indien et au Moyen-Orient, qui souffrent globalement des mêmes maux, du même défaut de construction stato-national et d'entrée dans la mondialisation, et surtout de la même pathologie d'exclusion que l'usage massif des moyens militaires venus du nord ne fait que renforcer et accuser. C'est pour cela que la solution est moins militaire que jamais : au contraire, comme instrument d'exclusion et de coercition, l'usage de la force ne fait que renforcer ces pathologies, avec des dégâts d'autant plus grands qu'on pénètre, avec le Pakistan, dans des sociétés d'une très forte densité.



Bertrand Badie : C'est vrai déjà que le terrorisme est devenu un terme générique pour justifier tout, et parfois même son contraire. Le danger de diffusion à l'échelle du monde et jusque chez nous de violences issues du Sud est évident. Mais la bonne question est en effet de savoir comment s'en protéger le plus efficacement. L'erreur est de croire que le "terrorisme" ne dérive que d'une stratégie froide produite par des acteurs maléfiques. Il faut garder à l'esprit que toute cette violence n'a pu se développer que parce qu'elle trouvait naissance dans un terrain social favorable, qu'elle est capable de mobiliser ceux qui n'ont rien à perdre, ceux qui se sentent frustrés, humiliés, spoliés, dépossédés. On le voit dans le quotidien afghan ou pakistanais, on le voit au Moyen-Orient et en particulier en Palestine : il suffit d'examiner le profil de ceux qui conduisent des attentats – des kamizakes –, et surtout de ce monde qui les héberge, qui les aide, voire qui les soutient.

Ce n'est qu'en travaillant de façon profonde cette réalité sociale que l'on fera diminuer ce niveau de violence qui s'apparente presque, horrible formule, à des "demandes" de violence sociale, là où tous les problèmes liés à la mondialisation non seulement ne se sont pas dissipés, mais se sont au contraire aggravés. La FAO vient de rappeler que le nombre des affamés a, en l'espace de deux ans, augmenté de 100 millions. Les écarts s'accroissent au sein du monde indien à mesure que celui-ci s'intègre dans la mondialisation. Et si le Pakistan est une poudrière, c'est d'abord parce que les 160 millions de Pakistanais sont dans une situation de détérioration sociale qui constitue, bien évidemment, le terreau idéal de toutes les violences futures. Que peut un char face à tout cela ?

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MessageSujet: L'échec prévisible des occidentaux en Afghanistan (2)   Mar 23 Sep - 15:52

Maxhymne : La guerre en Afghanistan va-t-elle se jouer chez certains de ses voisins en situation précaire ?

Bertrand Badie : Peut-être s'est-on trompé en montrant du doigt l'Afghanistan alors qu'il n'était que l'épiphénomène d'un malaise plus global dont le centre de gravité se situe très probablement dans l'ensemble du subcontinent indien.

Si le Pakistan est entraîné dans cette tourmente, peut-être passerons-nous alors à une étape nouvelle et combien tragique de cette histoire. Là où l'Afghanistan ne compte que 20 millions d'habitants, le Pakistan en compte plus de 150. Là où l'Afghanistan a une densité de 40 habitants au km², le Pakistan atteint et dépasse les 200. Avec d'énormes conurbations (Karachi, Lahore...), avec des problèmes sociaux énormes, gigantesques, avec l'absence complète de construction nationale, un Etat qui n'en est pas un, une armée qui est plurale et coupée de l'Etat, des milices de toute nature, des conflits intra-nationaux, et des litiges frontaliers tout autour de lui.


Le Pakistan me paraît être le foyer naturel de toute cette violence que nous avons vue s'exercer en Afghanistan, et même au-delà. Il faut donc complètement revoir les relations internationales, enfin mettre les sociétés au premier rang de nos préoccupations, enfin comprendre et admettre que la violence n'est pas prioritairement produite par des Etats ni endigable par d'autres Etats. Enfin considérer que la construction étatique bâclée et confisquée dans la plupart des pays du Sud a des effets éminemment belligènes qui se répandent comme des traînées de poudre dans le monde entier.

Enfin il faut admettre que ce n'est pas la double panoplie du plus fort et de l'unique porteur des normes applicables au système international qui pourra, par ces méthodes, régler tout cela. Depuis le début de la seconde guerre afghane, il était clair que nous avions affaire à une guerre pakistanaise, peut-être demain s'agira-t-il d'un effondrement indo-pakistanais. N'oublions pas de prendre en compte les formes multiples de violence qui essaiment sur le territoire indien, de la frontière pakistanaise jusqu'à l'Orissa (Etat du nord-est de l'Inde).


lamane : Le Pakistan n'est-il pas prisonnier de son propre piège, lui qui a toujours vu dans l'Afghanistan une pénétration stratégique. Désormais, cela se retourne contre lui et soulève la question de son intégrité, voire de son existence ?

Bertrand Badie : Oui, d'un certain point de vue, mais tout ceci tient au fait que le Pakistan est un total artifice, à l'intérieur de lui-même et dans ses rapports avec ses voisins. Les Pachtounes, dominants en Afghanistan, sont une composante nationale importante au Pakistan. L'intégration de ces deux pays au-delà de la frontière pakistano-afghane est évidente. Celle-ci ("ligne Durand") n'a jamais d'ailleurs été reconnue, ni par le Pakistan, ni par l'Afghanistan. Depuis bien longtemps, les problèmes intérieurs de l'Afghanistan sont ceux du Pakistan, et ceux du Pakistan se répercutent sur le quotidien politique à Kaboul. Ajoutez à cela que la fin de la bipolarité a aggravé sensiblement les choses : l'Afghanistan est devenu un allié, voire un protégé, de l'ennemi indien ; et Delhi, qui, sous la guerre froide, était proche de Moscou, s'est très sensiblement rapproché de Washington, qui était jusque-là le protecteur exclusif du Pakistan. Ce dernier pays ne peut donc voir l'évolution dans la région que comme un paramètre négatif précipitant son isolement et l'obligeant en tout cas à garder un œil vigilant sur son petit voisin afghan, qu'il rêve de contrôler directement ou indirectement.







L'Iran non plus n'est pas loin, qui a beaucoup calmé ses ardeurs anti-talibans jusqu'à s'en rapprocher de façon significative. Le Pakistan n'a jamais voulu rompre avec Téhéran, et c'est donc tout un jeu d'alliances en pointillé qui se dessine et qui, de toute manière, ne conduira certainement pas Islamabad à renoncer à une politique régionale et à se désintéresser de ce qui se passe chez son voisin du Nord-Ouest.





Bertrand Badie : Méfions-nous, ne nous précipitons pas dans ces lectures faciles. L'un des travers les plus courants est de se hâter, de prononcer des alignements et de les présenter comme solides et définitifs. C'est devenu un lieu commun dès qu'il y a un conflit quelque part de distinguer les pro-Américains, les pro-Russes, les pro-Occidentaux, les pro-Syriens, ou je ne sais quoi. Les jeux politiques nationaux sont infiniment plus complexes : surtout dans des pays affectés par de graves conflits, ce serait une erreur majeure de penser que les protagonistes n'existent qu'à travers leurs alignements proclamés ou prêtés.


Les acteurs politiques pakistanais ont d'ailleurs su jouer d'un habile pragmatisme, instrumentalisant leur protecteur. Musharraf a su manipuler à cette fin l'allié américain, Benazir Bhutto semblait soutenue par Washington dont elle paraissait réclamer le soutien, mais son héritier, Ali Asif Zardari, a mené plus loin que les autres la négociation avec les talibans. Il n'y a donc pas de clans pro-Occidentaux ou anti-Occidentaux. Les Occidentaux doivent avoir au contraire la modestie de s'adapter à la complexité du jeu conflictuel au lieu de croire que celui-ci viendra s'adapter à leur propre diplomatie.


baily : Il y a 50 millions de Pachtounes des deux côtés de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan (15 côté afghan et 35 côté pakistanais). Ces tribus semblent abriter et fournir de nombreux combattants talibans. Elles n'obéissent d'autre part que très peu aux règles politiques des deux pays limitrophes. Pensez-vous qu'un échec militaire pourrait favoriser une recherche d'autonomie politique de ces régions tribales et, in fine, la désintégration géostratégique de la région ?


Bertrand Badie : Oui, il s'agit là d'un paramètre important qui n'a pas été suffisamment mis en évidence. Mais pour se faire une idée de l'extrême complexité de la situation, il faut regarder plus loin. D'abord, les talibans sont loin d'être les seuls acteurs de la "guerre afghane" : aux talibans se joignent quantités d'autres combattants venus d'un peu partout et expression des multiples crises de la région. Au-delà encore, les solidarités entre les combattants afghans et la population pakistanaise sont extrêmement nombreuses et diversifiées. Elles sont certes de nature ethnique, comme vous le rappelez, mais elles sont aussi de nature religieuse. La flambée de l'islamisme radical au Pakistan dépasse la seule population pachtoune, et a fortiori le monde des talibans. Elle irrigue toute la zone baloutche, et notamment sa capitale, Quetta, mais aussi les grandes métropoles comme Karachi au sud et les villes du Nord (d'Islamabad à Lahore).

Il faut y ajouter des connexions de nature stratégique : quantité de minorités çà et là trouvent dans leurs liens avec le conflit afghan des moyens d'exister. De ce point de vue, le mouvement cachmiri ou le séparatisme baloutche ont de bonnes raisons de se rattacher à cette mobilisation. Plus loin encore, l'obsession anti-indienne s'actualise dans l'armée pakistanaise à travers des réseaux fondamentalistes qui sont évidemment proches de ces "néo-talibans".


Mufasa : Le candidat démocrate Barack Obama a souvent évoqué l'option pour les Etats-Unis de conduire si nécessaire des opérations militaires au Pakistan même, mais le mois de septembre a vu une confrontation entre les hélicoptères américains et l'armée pakistanaise à la frontière du Pakistan. S'agit-il d'une simple stratégie électorale de la part du candidat démocrate ou bien d'une réelle possibilité si celui-ci était élu en novembre ?


Bertrand Badie : L'idée fait son chemin aux Etats-Unis d'élargir la guerre à cette "piste Ho-Chi-Minh" que constituerait le Waziristan (zone frontalière pakistano-afghane). On sait ce que vaut ce genre de stratégie qui, tant en Algérie qu'au Vietnam, a eu des résulats tragiques. Agir dans les régions frontalières du Pakistan n'est pas plus efficace que bombarder Sakiet (Algérie) ou entrer au Laos. Une telle action, et on le voit déjà, ne pourra qu'aggraver la mobilisation anti-occidentale de la population pakistanaise et embarrasser le gouvernement d'Islamabad. On peut craindre en réalité que le candidat Obama n'ait pas su opposer à la construction doctrinale néo-conservatrice une vision du monde alternative et capable d'orienter la diplomatie américaine vers autre chose. C'est peut-être à travers ce drame que se mesurent les premières limites de sa candidature.


Simon_1 : Les discours de la majorité tenu à l'Assemblée nationale ne correspondent en rien au vôtre, pourquoi ? Ou plutôt, qu'est-ce qui aujourd'hui justifie un tel aveuglement de la part du pouvoir ?


Bertrand Badie : Je crois qu'on a pu mesurer hier ce que signifie dans les institutions de la Ve République un débat au Parlement sur l'engagement de nos forces dans des théâtres d'opérations extérieures. Nos institutions sont ainsi faites que, dans les situations de crise en particulier, la majorité respecte la discipline pro-gouvernementale et l'opposition accomplit son rôle de critique. De ce point de vue, nous n'avons pas eu une vraie réflexion de fond, mais tout simplement le miroir d'un affrontement classique entre la droite et la gauche. Ou plus exactement entre une droite qui se construit désormais en France dans sa fidélité atlantiste et une gauche qui, sans proposition réellement claire, en tout cas au sein du Parti socialiste, se distingue de ces nouvelles orientations gouvernementales afin de mieux exister. Hélas, le filtre du jeu de politique intérieure a complètement brouillé l'examen lucide d'une situation internationale autrement plus complexe.


marc : Quels sont donc désormais les buts de cette guerre, considérant que nous avons clairement échoué dans nos premiers objectifs ?


Bertrand Badie : Hélas, le but de cette guerre va très vite être de limiter un échec programmé plutôt que de s'orienter vers une fin plus positive. Il faudrait à tout prix et d'abord revenir à l'essentiel : la société afghane. En son temps, Lakhdar Brahimi, premier représentant spécial du secrétaire général des Nations unies dans l'Afghanistan post-taliban, voulait reconstituer le tissu social afghan, le contrat social entre toutes les parties ; il insistait pour dire que l'empreinte étrangère ne serait efficace que si elle était très limitée ("light footprints"). Il indiquait à juste titre qu'il fallait d'abord construire un Etat afghan performant, capable de sortir de ce pays de la mesure, du sous-développement, apte à susciter de véritables allégeances citoyennes.


Non seulement rien de tout cela n'a été réellement fait, mais la situation s'est aggravée (un Afghan sur quatre ne mange pas à sa faim), le pseudo-Etat qui s'est construit est corrompu, inefficace, incapable de pénétrer la société en profondeur. Le narcotrafic a repris de plus belle. Et les populations vivent plus que jamais dans une ambiance de menace permanente. Tout ceci va produire des violences nouvelles, va un peu plus antagoniser la coalition de l'OTAN qui risque de s'enfoncer dans l'identité dangereuse d'"envahisseur". Si la coalition choisit une stratégie défensive, elle va se trouver marginalisée dans l'accomplissement même de ses fonctions. Si, au contraire, elle s'oriente vers l'offensive, elle va se mettre à dos des populations civiles qui craignent plus que jamais d'être bombardées, maltraitées, soumises à la loi de l'occupation. Il est urgent de retourner vers les Nations unies, qui sont seules aptes à faire leur travail de médiateur et à penser ainsi le mode à venir d'endiguement de toutes ces violences.
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MessageSujet: Pour les Palestiniens, les kamikazes de Jérusalem-Est ont une légitimité   Mer 24 Sep - 7:07

«Pour les Palestiniens, les kamikazes de Jérusalem-Est ont une légitimité»
Sammy Smooha, professeur de sociologie à Haïfa.
DELPHINE MATTHIEUSSENT
QUOTIDIEN : mercredi 24 septembre 2008

Lundi soir, un jeune Palestinien de Jérusalem-Est a précipité sa voiture contre un groupe de soldats israéliens dans le centre de Jérusalem, faisant 17 blessés, dont deux grièvement, avant d’être tué. En juillet, deux attaques à la pelleteuse avaient fait trois morts et plusieurs dizaines de blessés. Les Palestiniens résidents de Jérusalem peuvent circuler dans tout Israël et bénéficient des services sociaux, sans avoir la nationalité israélienne. Sammy Smooha, professeur de sociologie et directeur du département de sciences sociales de l’université de Haïfa, revient pour Libération sur les raisons de ces attaques.

Ces attaques perpétrées par des individus isolés, non-affiliés à des groupes armés, ont-elles des motivations politiques ou sont-elles le fait d’individus déséquilibrés ?

Il n’est pas possible de comprendre ce phénomène en disant simplement qu’il s’agit de «fous». Ces attaques s’inscrivent dans le cadre de la résistance palestinienne à l’occupation israélienne de la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est fait partie. Même s’ils ne sont affiliés à aucun groupe, qu’ils ne sont rattachés ni au Fatah ni au Hamas, les auteurs de ces attaques ont une légitimité. Ils bénéficient du soutien de la population palestinienne. Ce sont des kamikazes au même titre que ceux qui se font sauter avec une ceinture d’explosifs : avant de perpétrer leur attaque, ils savent qu’ils vont mourir. Même s’ils agissent de façon isolée, ils sont imprégnés de l’idéologie du mouvement islamiste palestinien qui prône les attentats-suicides.

Quels sont les facteurs qui poussent ces Palestiniens, résidents de Jérusalem-Est, à perpétrer ces attaques ?

Les Palestiniens de Jérusalem-Est ne souffrent pas moins de l’occupation israélienne que ceux de Cisjordanie. Leurs quartiers et leurs villages, parfois coupés en deux par le mur de sécurité israélien, sont négligés par Israël. Ils sont harcelés de mille manières par la police et l’armée israéliennes. Ils sont déçus de voir que la création d’un Etat palestinien est au point mort. Ils ne savent pas comment sortir de ce chaos.

Pourquoi cette série d’attaques a-t-elle lieu maintenant ?

Le recours au terrorisme par les Palestiniens de Jérusalem-Est n’est pas nouveau. Mais, notamment en raison du mur de séparation israélien, il est beaucoup plus difficile de perpétrer des attentats contre Israël depuis la bande de Gaza ou la Cisjordanie. Il y a donc une pression accrue sur les Palestiniens de Jérusalem-Est pour qu’ils attaquent Israël.


(in Libé)
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