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 Pollutions par hydrocarbures

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MessageSujet: Pollutions par hydrocarbures   Jeu 10 Sep - 6:26

A la Crau, la nappe est souillée

ENVIRONNEMENT. La société gérant le pipeline qui a rompu il y a un mois reconnaît une contamination. Lire la suite

Alerte sur la nappe phréatique. Un mois après la rupture d’une conduite de pétrole brut dans la réserve naturelle des Coussouls de Crau (Bouches-du-Rhône), la Société du pipeline sud-européen (SPSE) a reconnu lundi que les 4 000 m3 d’hydrocarbures qui s’étaient répandus autour avaient pu souiller la nappe.

Selon la SPSE, qui gère cet ouvrage pour plusieurs majors de l’industrie pétrolière (dont le français Total et l’américain ExxonMobil), «des traces d’hydrocarbures à proximité du point de rupture» ont été décelées le 3 septembre sur certains des piézomètres, ces instruments capables de mesurer la compressibilité des liquides, qui servent à la surveillance de la qualité des eaux souterraines depuis l’accident.

«Une campagne de prélèvements et d’analyses faite sur les puits et captages d’eau potable à proximité ne révèle aucun signe de pollution», assure néanmoins la SPSE, précisant qu’un cinquième piézomètre allait être installé en amont de la nappe, afin que «la part de pollution imputable à la fuite» puisse être déterminée.

Un protocole de traitement de la nappe «en cas de pollution avérée» sera mis en œuvre, promet la société, qui a présenté ce dispositif à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal, ex-Drire) et au Syndicat mixte de gestion de la nappe phréatique de la Crau (SYMCrau) la semaine dernière.

La SPSE doit aussi analyser l’impact de cette pollution sur la faune et la flore des Coussouls de Crau, un écosystème unique constitué de steppes arides et classé Natura 2000 (Libération du 10 août).

La nappe phréatique de la Crau, plus grand aquifère souterrain de la région provençale, alimente en eau potable 250 000 habitants, et notamment les trois principales villes de la zone, Arles, Salon-de-Provence et Port-Saint-Louis-du-Rhône.

Sa protection contre les infiltrations de pétrole et son éventuelle dépollution vont nécessiter «des travaux titanesques», s’inquiète un collectif d’associations de défense de l’environnement.

Qui «redoute que la priorité pour SPSE soit juste de remettre le pipeline en état de marche au plus vite». Il réclame «une réunion en urgence avec les acteurs concernés, dont les scientifiques», pour établir un cahier des charges sous tutelle de l’Etat, un suivi du chantier de dépollution et une analyse sur l’état des canalisations qui traversent la Crau.

Selon les associations, «la circulation se fait de manière désordonnée» sur le chantier et «les engins roulent et écrasent végétaux et animaux sur plus de 13 hectares de milieu naturel protégé» alors «qu’aucune voie d’accès n’a été définie en accord avec la réserve naturelle».

La SPSE s’est défendue lundi de ces accusations, admettant juste «que toutes les dispositions évoquées dans le protocole [de dépollution] n’ont pas été respectées, les premiers jours, dans leur intégralité». La SPSE affirme que «le maximum de mesures de protection» ont été mises en place, notamment un plan de circulation très strict, pour éviter les dommages collatéraux sur l’écosystème.

HERVE VAUDOIT


Dernière édition par Admin le Ven 11 Déc - 12:55, édité 1 fois
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MessageSujet: La pollution issue des sables bitumineux au Canada est bien pire qu'annoncée   Ven 11 Déc - 12:53

La pollution issue des sables bitumineux au Canada est bien pire qu'annoncée
714 lectures 10/12/2009, 16:21
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La pollution issue des sables bitumineux au Canada est bien pire qu\'annoncéeL'extraction minière des sables bitumineux au Canada implique la destruction de la forêt boréale sur de vastes superficies
© The Pembina Institute / C. Campbell / Greenpeace

Une nouvelle étude sur l'impact de l'exploitation des sables bitumineux au Canada montre que les pollutions issues de l'extraction de ce pétrole lourd sont beaucoup plus importantes qu'annoncées par les industriels et le gouvernement.

Des recherches menées par le professeur David Schindler et son équipe de l'Université de l'Alberta sur la qualité de l'air et de l'eau le long de la rivière Athabasca(1) montre que les niveaux de pollution ont fortement augmenté depuis que les sables bitumineux voisins sont exploités.
Les sables bitumineux

Avec l'épuisement des réserves de pétrole, l'exploitation de l'or noir devient financièrement intéressante même dans des conditions considérées jusqu'alors difficiles. Il en est ainsi des sables bitumineux ou pétrolifères qui sont un mélange de sable, d’eau, d’argile et de bitume brut et que l'on trouve notamment au Canada.

Les sables bitumineux sont exploités dans des mines à ciel ouvert ou dans des gisements souterrains. Ils peuvent être extraits à l’aide de pelles mécaniques et de camions géants. Mais souvent il faut forer, chauffer le bitume en injectant de la vapeur et des solvants en profondeur, puis mélanger le sable extrait avec de l’eau chaude pour le rendre moins visqueux . Enfin, il faut le faire décanter pour en extraire le pétrole. Ce processus complexe est aussi très polluant.

Actuellement, les plus vastes réserves de sables bitumineux exploitables se trouvent en Alberta (au Canada), au Venezuela et à Madagascar.
Des concentrations toxiques d'élements cancérigènes et mutagènes ont été mesurées

Le professeur David Schindler, réputé en matière de protection de l'eau, et son équipe ont détecté des teneurs élevées en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), un groupe de contaminants organiques contenant plusieurs substances cancérigènes connus, des agents cancérogènes, mutagènes, qui peuvent modifier la composition génétique d'un matériau, et des tératogènes : des produits chimiques qui peuvent perturber le développement d'un embryon ou du fœtus. "Nous avons trouvé des concentrations qui peuvent causer la mort, des mutations et des malformations chez les embryons de poisson", a indiqué David Schindler. Or, quand les humains consomment ces poissons, ils ingèrent en même temps les substances chimiques que ceux-ci ont consommées...

Les niveaux les plus élevés de HAP ont été trouvés à moins de 50 kilomètres de deux grandes installations de valorisation des sables bitumineux et représentent l'équivalent d'un déversement majeur de pétrole... chaque année !

"Nous avons échantillonné chaque affluent de la rivière Athabasca qui est concerné par l'exploitation des sables bitumineux. La qualité de l'air a été mesurée en prélevant des échantillons de neige." a précisé le professeur. Ainsi, les chercheurs ont pu étudier quatre mois d'enregistrement de la qualité de l'air. Pour les échantillons d'eau, ils se sont appuyés sur une technique éprouvée, utilisée pendant 20 ans pour analyser la qualité des eaux de l'Alaska suite au naufrage de l'Exxon Valdez.

Pour Schindler, la surveillance de la qualité de l'eau et de l'air dans cette région est insuffisante et décevante : "Environnement Canada(2) s'est désengagé en réduisant son échantillonnage à un unique site en aval de l'exploitation des sables bitumineux" a souligné Schindler qui espère que ses conclusions seront comparées aux études du ministère canadien par les industriels et le gouvernement. Il conclut : "nous avons alerté la population quant aux concentrations en HAP, maintenant il faut agir".
Des conclusions qui soulèvent la controverse

Ces résultats contredisent les affirmations des industriels et du gouvernement albertain qui met en doute les conclusions de cette étude. Selon les exploitants et le gouvernement, le niveau plus élevé de pollution qui est relevé est imputable à des causes naturelles. Un alibi assez coutumier chez les pollueurs lorsqu'ils sont confrontés aux conséquences de leurs activités.

"Selon Preston McEachern, scientifique environnemental de l'Alberta, les sources de contamination sont plus importantes près des installations de sables bitumineux parce que c'est là que les dépôts de bitume sont les plus concentrés. Quant au programme de contrôle, M. McEachern soutient qu'il a d'abord pour objectif de fournir une information à l'échelle régionale. La province de l'Alberta se fie à des informations spécifiques issues de l'industrie, revue par des inspecteurs provinciaux, pour obtenir des données plus détaillées", rapporte La Presse Canadienne.
L'exploitation des sables bitumineux : une catastrophe écologique

Selon Greenpeace, au Canada, plus de 3 000 km2 de forêts ont déjà été détruits pour produire ce pétrole(3). "Des rivières sont détournées et polluées pour fournir les énormes quantités d’eau nécessaires à l'extraction et à l'exploitation. Les mines à ciel ouvert ont créé d’immenses lacs de déchets miniers. Des quantités colossales de gaz et de carburant sont nécessaires. Au final, les émissions de gaz à effet de serre sont énormes. La production d'un baril de pétrole issu des sables bitumineux est trois à cinq fois plus émettrice de gaz à effet de serre qu'un baril de pétrole conventionnel."

L'investissement dans l'exploitation des sables bitumineux ne fait que commencer comme en témoigne l'engagement de Total(3). "Total investit dans les sables bitumineux : 2,5 milliards de dollars à l'heure qu'il est, 20 milliards dans les vingt à venir" rapporte Greenpeace qui dénonce ce crime environnemental et demande aux pouvoirs politiques de bannir les pétroles non conventionnels comme les sables bitumineux.

La fin de l'ère du pétrole n'est finalement pas une si bonne nouvelle...
En savoir plus
Notes

(1) Cette étude, menée pendant l'hiver et l'été 2008 à 60 endroits différents le long de la rivière Athabasca et ses affluents, a été publiée le 7 décembre 2009 dans Proceedings of the National Academy of Science

(2) "Environnement Canada a pour mandat de préserver et d'améliorer la qualité du milieu naturel, de conserver les ressources renouvelables du Canada, de conserver et de protéger les ressources hydriques du Canada, de prévoir les variations météorologiques et les changements dans l'environnement, d'appliquer les règles se rapportant aux eaux limitrophes ainsi que de coordonner les politiques et les programmes sur l'environnement du gouvernement fédéral", Environnement Canada.

(3) Les images tournées par Yann Arthus Bertrand dans son documentaire "Vu du Ciel" en témoignent notamment.

(4) Total est la première entreprise française en terme de chiffre d'affaire et cinquième groupe pétrolier intégré international coté dans le monde.
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