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 Sensibilité des animaux de ferme

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MessageSujet: Sensibilité des animaux de ferme   Sam 29 Aoû - 7:37

La science nous révèle que tout animal de ferme est un être sensible et conscient, capable, dans une plus ou moins large mesure, d’éprouver tout comme nous des émotions.
Pourtant, dans le monde entier, des milliards de ces animaux sont élevés dans un environnement vide qui ne leur permet pas de satisfaire leurs besoins naturels et ils sont privés de tout ce qui peut rendre la vie digne d’être vécue.

Sentience « […] en français il nous manque un mot pour désigner la chose la plus importante du monde, peut-être la seule qui importe : le fait que certains êtres ont des perceptions, des émotions, et que par conséquent la plupart d'entre eux (tous ?) ont des désirs, des buts, une volonté qui leur sont propres. Comment qualifier cette faculté de sentir, de penser, d'avoir une vie mentale subjective ?
Les Anglo-Saxons ont le nom sentience (et l'adjectif sentient) pour désigner cela […]. »
À la suite d’Estiva Reus dans Les Cahiers antispécistes (CA n° 26, novembre 2005), One Voice utilisera ce néologisme pour combler la lacune de la langue française…

Incroyables poulets
Les travaux menés par Christine Nicol et d’autres chercheurs à l’Université de Bristol, au Royaume-Uni, ont montré que les poulets se servaient de leur mémoire et qu’ils avaient des intentions et des attentes.
Dès le premier âge, les poussins sont capables de retenir mentalement l’idée d’un objet qui n’est plus visible : ainsi, par exemple, ils feront le tour d’une barrière pour retrouver cet objet.
Quand des poulets ont été habitués à recevoir de la nourriture comme récompense dans une situation particulière, ils se montrent par la suite très contrariés si cette récompense n’arrive plus.

Une équipe de chercheurs du Groupe de biophysique du Silsoe Research Institute, au Royaume-Uni, a montré que les poules avaient la notion du futur. Dans le cadre de leur expérience, les poules devaient donner un coup de bec sur un bouton de couleur vive pour recevoir de la nourriture. Quand une poule n’attendait que quelques secondes avant de donner le coup de bec, elle recevait une petite quantité de nourriture.
Cependant, si elle attendait 22 secondes, elle recevait une quantité de nourriture bien plus importante. Plus de 90 % des poules ont su attendre pour recevoir la plus grosse récompense.

Rosa Rugani, du Centre de recherche sur le cerveau de Rovereto, à l’Université de Trente, en Italie, a découvert que des poussins âgés de trois ou quatre jours étaient capables d’additionner et de soustraire.
S’inspirant d’expérimentations développées pour les bébés humains, Rosa Rugani et ses collègues ont mis au point des tests pour voir si les poussins étaient capables de différencier des quantités différentes de petites balles en plastique.
« C’est la première démonstration d’une capacité d’additionner et de soustraire chez de jeunes animaux en dehors des humains », a déclaré Rosa Rugani.

Des recherches ont aussi montré que les poules apprenaient à leurs poussins quels aliments sont comestibles.
Selon John Webster, professeur à l’Université de Bristol, cela indique « que la poule a appris ce qui était bon à manger et ce qui n’était pas bon pour elle, qu’elle se soucie de ses poussins au point de ne pas les laisser manger la mauvaise nourriture et qu’elle leur transmet ce qu’elle a appris.
Pour moi, c’est très proche de ce que l’on appelle une culture — et même une culture développée »

Les vaches sont des individus complexes
Des travaux publiés au début de cette année montrent que les fermiers, en donnant un nom aux vaches et en les traitant comme des individus, peuvent accroître significativement la production de lait.
« De même que les gens sont plus réceptifs quand on s’adresse à eux de façon personnalisée, les vaches, également, se sentent plus heureuses et plus détendues lorsqu’on accorde un peu plus d’attention à chacune d’entre elles », explique Catherine Douglas, de l’Ecole d’agriculture de l’Université de Newcastle, au Royaume-Uni.

En Allemagne, un agriculteur de Roedental, Alfred Grünemeyer, traitait ses animaux comme on traite ses animaux de compagnie que l’on aime.
À sa mort, un de ses animaux, un bœuf nommé Barnaby, s’est montré très affecté et s’est mis à le languir.
Barnaby a réussi à s’échapper de son champ et a gagné le cimetière où Alfred était enterré, à un kilomètre et demi.
Il a franchi un muret, il a trouvé la tombe de son propriétaire et il y est resté pendant deux jours, malgré de nombreux efforts pour l’en faire partir.
« C’est la preuve d’un niveau élevé d’intelligence », a déclaré un vétérinaire des environs.
« Il semble incroyable qu’un bœuf puisse trouver l’endroit exact où son maître a été enterré, mais c’est bien ce qu’il a fait. »

L’intelligence des cochons

Des expériences réalisées par des chercheurs de l’Université de Bristol ont montré que les cochons avaient recours à la tromperie.
Cette découverte est importante, car elle indique que ces animaux ont conscience d’eux mêmes ainsi que des croyances et des intentions des autres animaux.
Au cours de ces expériences, on a montré à un cochon où de la nourriture était cachée.
Un second cochon n’a pas tardé à se rendre compte que le premier était
« informé » et il l’a suivi. Le cochon « informé » a vite compris qu’il valait mieux pour lui faire semblant d’ignorer où se trouvait la nourriture.
Dès lors, il ne s’y rendait que lorsque l’autre s’était éloigné dans une autre direction.

En 1999, Lulu, un cochon nain du Vietnam, a sauvé la vie de Joanne Altsmann. Le jour où celle-ci a été victime d’un infarctus, Lulu est sortie de la maison et est allée se coucher sur la route, obligeant une voiture à s’arrêter. Lulu a alors guidé le conducteur vers la maison.

Les moutons préfèrent les visages souriants

Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont découvert que les moutons étaient capables de reconnaître les émotions sur le visage de leurs congénères, mais aussi sur le visage des personnes humaines.
Selon le Dr Keith Kendrick, spécialiste en neurosciences à l’Université de Cambridge, « les moutons sont capables de reconnaître des visages qui diffèrent de moins de 5 %, si bien que nous avons pensé qu’ils seraient peut-être capables de reconnaître des émotions bien plus subtiles.
Il s’avère qu’ils sont capables de distinguer aussi bien le sourire et la colère chez les humains que le stress et le calme chez leurs semblables.
Il est dès lors possible que leur vie émotionnelle soit bien plus riche que ce que nous aurions pu penser. » Les travaux réalisés par Kendrick à l’Université de Cambridge ont consisté à montrer à des moutons des photos représentant d’autres moutons, des personnes et d’autres animaux.
Les résultats de ces travaux ont montré qu’un mouton était capable de reconnaître le visage d’au moins 50 autres moutons et de 10 humains pendant au moins deux ans.
Des observations montrent aussi que les moutons pensent aux individus absents.

L’importance de la sensibilité et de la conscience animales

Dans le Traité de Rome de 1957, qui créait la Communauté européenne, les animaux d’élevage étaient classés comme des « produits agricoles » et n’avaient pas plus de statut légal que des marteaux ou des clous.
Les idées ont évolué depuis, et l’Union européenne les reconnaît maintenant comme des « êtres sensibles » et prépare l’interdiction de certains types d’élevages industriels, mais pour la majorité des animaux d’élevage dans le monde, rien n’a changé et bien peu d’attention est accordée à leurs souffrances, à leurs besoins comportementaux et à leur vie émotionnelle.

Enfin, le destin des animaux de ferme est évidemment de finir à l’abattoir où, dans un laps de temps scandaleusement court, ces êtres sensibles et conscients sont tués, écorchés et dépecés pour être transformés en nourriture.

Comme le déclare Françoise Wemelsfelder, biologiste et chercheuse spécialisée dans le comportement et le bien-être animaux, « chaque jour, nous en apprenons davantage sur les diverses et uniques façons dont les animaux pensent, éprouvent des sensations et prennent des décisions intelligentes.
Les preuves abondent que les animaux sont des êtres sensibles et conscients, par conséquent, comment pouvons-nous continuer à les exploiter comme nous le faisons ? »
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