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 Un chamane amazonien parle de la société" occidentale

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MessageSujet: Un chamane amazonien parle de la société" occidentale   Jeu 13 Aoû - 7:41

En Occident, vous volez très haut. Mais parfois vous devriez penser à atterrir.» Et Ricardo Tsakimp se fend d'un immense éclat de rire. Chaman amazonien, il se trouve en Suisse pour quelques jours encore. Samedi, il donnera une conférence sur la déforestation en Amazonie à l'Arboretum d'Aubonne (voir encadré sur le lien du site). Il retournera ensuite en Equateur, où il se bat pour que son peuple, les Shuars, conserve et récupère la terre qui lui appartient. Appelés autrefois Jivaros (sauvages) par les conquistadores, ces Indiens ont longtemps été craints en raison d'une de leurs spécialités: les têtes réduites. Une pratique qui consiste à décapiter son ennemi avant de ramener la taille de sa caboche à celle d'une grosse pomme. «Nous n'utilisons plus cette méthode», assure Ricardo Tsakimp. Avant d'ajouter d'un air malicieux: «Mais nous connaissons toujours la recette.»

Leader de son peuple, Ricardo Tsakimp se définit avant tout comme un uwishin, un médecin traditionnel. «En utilisant des techniques naturelles, nous pouvons capter l'origine de la maladie, établir un diagnostic et comprendre pourquoi la maladie physique ou spirituelle s'est installée. Ensuite grâce au contact intime que nous avons établi avec la nature, nous pouvons rééquilibrer les énergies. Nous utilisons aussi parfois des plantes sacrées.» Egalement guide spirituel, le chaman shuar livre un regard sans concession sur notre société et nous offre des conseils pleins de sagesse.

Conseil n°1: renouer avec la nature

Pour Ricardo Tsakimp, chaque culture, chaque peuple ont leurs propres maux. Pour lui, l'Europe est «un vieux continent qui est déconnecté de la nature.» Et le médecin traditionnel de se désoler. «Je suis malheureux de voir tous ces gens mourir à cause du tabac et du stress.» Des maux bien plus terribles que la grippe A (H1/N1). «C'est une grippe qui n'est pas plus dangereuse qu'une autre, estime le chaman. Pourquoi lui accorder une telle importance alors qu'il y a des maladies bien plus graves et qui font beaucoup plus de morts comme la malaria, le sida, la tuberculose, le cancer?» Ricardo Tsakimp insiste sur l'importance pour notre société de renouer avec la nature. «Nous en faisons partie intégrante, note-t-il. Pourquoi la laisser de côté.» C'est d'ailleurs un des aspects qui attire de plus en plus d'Occidentaux vers le chamanisme.

Conseil n°2: savoir rire

«Il faut aussi privilégier les valeurs humaines, comme l'égalité et la solidarité, insiste Ricardo Tsakimp. En Europe, il n'y a pas de chaleur humaine, chacun vit dans son coin. L'argent vous a éparpillés. Chez les Shuars, il n'y a pas de classe sociale, nous vivons tous en harmonie, nous sommes une grande famille et nous sommes heureux d'être ensemble.» Les rires qui ponctuent bon nombre de phrases de l'uwishin sont là pour le prouver. «Nous rigolons tout le temps, confirme Nelly, sa fille qui est venue en Suisse pour étudier le français et faire le lien entre l'Europe et l'Equateur. Ici, il est arrivé plusieurs fois que des gens viennent voir pourquoi nous riions. Lorsqu'ils ont constaté qu'il n'y avait pas de raison particulière à notre joie, ils nous ont pris pour des benêts.»

Conseil n°3: mettre en pratique

Partage, écoute, solidarité, ces valeurs sont les mêmes que celles de la plupart des religions. Qu'est-ce que le chamanisme peut nous apporter de plus? «Il y a beaucoup d'écrits dans les religions. Et, malheureusement, ce qui est écrit ne reste souvent qu'au stade de l'écrit. Les fidèles lisent puis oublient. Dans le chamanisme, la tradition est orale. On met en pratique directement en allant au contact de la nature. On apprend en vivant.»

Conseil n°4: ralentir

Y a-t-il un espoir pour les sociétés modernes? «Il y a des opportunités en tout cas, répond Ricardo Tsakimp. Encore faudra-t-il les saisir.» Pour le chaman, si rien ne change, «cela ira de pire en pire». «Mon conseil, en tant qu'uwishin shuar, c'est de vivre naturellement et harmonieusement comme le faisaient nos ancêtres. Tout a été trop vite. Pour s'en sortir, il faut revenir en arrière et ne plus tout baser sur le capitalisme et l'économie.»

Une fête parmi les arbres

Le chaman amazonien, est de passage en Suisse. Pour nous éviter de péter les plombs, il nous conseille de ralentir le rythme et de nous rapprocher les uns des autres.

Quel endroit aurait pu mieux convenir à la conférence de Ricardo Tsakimp sur la déforestation que l'Arboretum national du vallon de l'Aubonne? Réparti sur 200 hectares, le lieu accueille 3000 espèces d'arbres. Samedi, le chaman shuar présentera la lutte de son peuple pour préserver la forêt amazonienne. «Je parlerai en sagesse, pas scientifiquement», affirme Ricardo Tsakimp. Se présentant sous forme de fête, la manifestation se déroulera de 14 h à 22 h. Des danses et des chants shuars auront lieu. Cuisi
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