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MessageSujet: Etudes sur le sujet   Dim 9 Aoû - 7:34

Quel risque de récidive pour les amateurs d'images pédophiles?

Selon une étude zurichoise, une majorité des consommateurs de pédophilie sur Internet bénéficient d'une bonne éducation, près de la moitié ayant un diplôme universitaire. Un tiers d'entre eux travaillent dans l'informatique. Un quart sont pères de famille

Image © Keystone

Selon une étude zurichoise, une majorité des consommateurs de pédophilie sur Internet bénéficient d'une bonne éducation, près de la moitié ayant un diplôme universitaire. Un tiers d'entre eux travaillent dans l'informatique. Un quart sont pères de famille



Une étude suisse révèle que les hommes arrêtés pour avoir téléchargé des images mettant en scène du sexe avec des enfants rechutent peu. Et que les consommateurs de cette pornographie enfantine ne passent pas forcément eux-mêmes à l'acte. Les policiers du Web, eux, nuancent la conclusion: ce type de criminalité évolue rapidement et les cas de récidive ne seraient pas si rares que ça. Explications

Julian Pidoux - le 08 août 2009, 20h47
Le Matin Dimanche

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Les personnes arrêtées pour avoir téléchargé des images pédophiles sur Internet récidivent rarement. C'est ce que révèle une nouvelle étude menée par une équipe de chercheurs zurichois. Publiée il y a quelques semaines dans la revue spécialisée BMC Psychiatry, cette enquête explique également que les consommateurs de pornographie enfantine sur le Web n'abuseraient pas eux-mêmes d'enfants. «La consommation d'images pédophiles ne représente pas à elle seule un risque de passage à l'acte», explique Jérôme Endrass en présentant l'étude à laquelle il a participé.

Des conclusions qui font réagir
Ces conclusions font suite à l'étude des dossiers de 231 Suisses pris dans les filets de la police lors de l'opération «Genesis», menée en 2002. En tout, 75 000 personnes à travers le monde avaient été identifiées pour avoir téléchargé des images sur un site pédophile hébergé aux Etats-Unis. Les chercheurs ont examiné les antécédents judiciaires des accusés helvétiques, ainsi que l'évolution de leur casier judiciaire jusqu'en 2008.

Selon les enquêteurs, les consommateurs de pédophilie sur Internet sont «un groupe à part». Et pour cause. Seul 1% des 231 hommes avaient un antécédent pour délit sexuel avec un contact corporel et aucun d'entre eux n'en a commis après avoir été interpellé en 2002.

De plus, après l'opération «Genesis», 3% seulement de ces prédateurs ont récidivé sur le Net ou se sont adonnés à de l'exhibitionnisme. Chez eux, le besoin de matériel pornographique ne serait pas profondément ancré, comme l'a précisé le chercheur zurichois Frank Urbaniok. Avec ces personnes, les opérations policières semblent donc efficaces.

Un profil surprenant
Mais qui sont ces consommateurs d'images pédophiles? L'étude révèle qu'une majorité d'entre eux bénéficient d'une bonne éducation et que près de la moitié ont un diplôme universitaire. Ces hommes ont en outre des fonctions à responsabilité et un tiers travaillent dans l'informatique. Un quart sont pères de famille et un tiers sont mariés.

Même si cette recherche zurichoise ne veut en aucun cas minimiser la pornographie infantile, ses conclusions ne sont que partiellement partagées par le Service de coordination de la lutte contre la criminalité sur Internet (SCOCI).

«L'étude émet certaines conclusions que je ne veux pas m'aventurer à contester, faute de moyens statistiques, explique Christian Ambrosini, spécialiste en monitoring et recherches. Mais il faut relever que cette analyse porte sur une opération menée en 2002. Depuis, la situation générale a passablement évolué.» L'expert du SCOCI explique ainsi qu'en quelques années les réseaux pédophiles se sont multipliés, tout comme les moyens qui permettent la diffusion et l'acquisition de fichiers illégaux. «Les récidivistes ne sont pas si rares que cela, note Christian Ambrosini. Même si nous ne disposons pas de données précises, il arrive que des personnes tombées une fois dans nos filets trouvent ensuite les moyens d'échapper à notre surveillance.»

Comprendre leur façon de penser
Dans de tels cas de figure, le suivi des casiers judiciaires des personnes condamnées ne suffit pas. Seules de nouvelles perquisitions pourraient vraiment confirmer l'absence de récidive.

«Le profil type du consommateur de pornographie enfantine nous intéresse peu, relève Christian Ambrosini, du SCOCI. Ce qui est important, c'est de comprendre leur façon de penser, de connaître leur terrain de chasse, les moyens utilisés, les objectifs visés, afin de les contrer plus efficacement. Car, même s'il ne passera pas forcément à l'acte, tout consommateur alimente la demande et donc la production.» Et à l'expert de conclure: «Car au final, derrière chaque image, il y a une victime.»


Dernière édition par Admin le Sam 5 Déc - 9:26, édité 1 fois
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MessageSujet: L'Ange Bleu : une approche différente de la pédophilie   Sam 5 Déc - 9:20

vendredi 4 décembre 2009
L'Ange Bleu : une approche différente de la pédophilie
Rencontre avec Latifa Bennari, présidente de l'association l'Ange Bleu, et son collaborateur Romain. Tous deux œuvrent à une meilleure compréhension de ce qu'est la pédophilie et proposent une démarche à contre-courant des politiques répressives.

Une appellation inappropriée

Un mot revient souvent à la bouche de Romain, celui de « monstre pédophile ». Lorsque nous le rencontrons samedi 31 octobre dans un café parisien, Romain ne cache pas son émotion. « L'orientation sexuelle est sans cesse mis en avant dans les médias, ce n'est pas logique », nous dit-il par rapport à un article de presse qui titre « 30 ans de prison pour le pédophile récidiviste ». Mais qu'est-ce qu'un pédophile ? Nous y intéressons-nous suffisamment ? Nous avons rencontré Romain par l'intermédiaire de Latifa Bennari, présidente de l'association l'Ange Bleu, qui propose une écoute à la foi aux victimes d'abus sexuels, et aux personnes qui ressentent des attirances pédophiles. Elle accompagne, en ce samedi après-midi, Romain, qui doit témoigner le soir à la télévision. Latifa s'émeut également de cette appellation qu'elle juge inappropriée. « Parle-t-on de « criminel hétérosexuel » ? Parlons-nous de « l'homosexuel », lorsque celui-ci commet un crime ? Tout cela stigmatise des personnes que je recueille, les pédophiles abstinents, qui ont fait un choix délibéré de ne jamais passer à l'acte. Ils risquent de se figer dans cette composante, et de s’y enfermer sans pouvoir ni demander de l’aide, ni évoluer vers une sexualité légale. Cette image négative que les pédophiles se projettent nuit à leur développement et les fait souffrir». « Lorsqu'un adolescent qui se découvre des attirances pédophiles lit ce genre d'article, et s'identifie à ce personnage, cela le détruit complètement », ajoute Romain.

Qu'est-ce qu'un pédophile ?

La notion de pédophilie dépasse donc largement l'étiquette du « monstre », couramment développée. Le site de l'Ange Bleu, a partir duquel Latifa Bennari mène sa prévention, propose une classification des différents genres de pédophiles. Nous y apprenons notamment qu'il existe une différence importante entre le pédophile, qui est attiré sexuellement et/ou sentimentalement par les enfants impubères, et le pédosexuel, qui a une sexualité active avec un ou des enfants. Le « pédophile récidiviste » serait ainsi davantage un pédosexuel. Mais alors, qui est pédophile ? Le site nous informe qu'il ne faut pas confondre les pédophiles avec les hébéphiles. Les hébéphiles sont attirés par les jeunes adolescents. Le cinéaste Roman Polanski ne serait donc pas pédophile, mais hébéphile. Sur la même page, Latifa Bennari reconnaît trois types de pédophiles : les pédophiles abstinents, qui ont fait le choix assumé de ne pas avoir de relations sexuelles avec des enfants, les pédophiles actifs, qui attendent, plus ou moins activement, l'occasion de concrétiser leurs désirs, enfin, il y a les pédophiles passifs, que des facteurs extérieurs (inhibitions relationnelles, peur de la prison ou de l'exclusion) empêchent de passer à l'acte. Cependant, ces derniers sont les plus susceptibles de commettre un « dérapage », incontrôlé ou volontaire, et de passer ainsi dans la catégorie des pédosexuels.

L'histoire de Romain

C'est un peu ce qui est arrivé à Romain. Pendant que nous l'accompagnons vers les studios d'enregistrement, il nous raconte son histoire. Découvrant très tôt sa sexualité en compagnie d'un camarade, Romain a été ensuite victime d'actes déplacés de la part de son instituteur. Plus tard, il refoule son homosexualité, lorsque le directeur de l'internat le fait comparaître devant les parents d'un ami, avec qui il entretenait des rapports sexuels. « Si on m'avait placé nu au milieu des Champs-Elysées, cela n'aurait pas été pire » nous confie-t-il. Puis tout s'enchaîne. Le refus de grandir (il travaille alors dans un parc d'attractions), la rencontre avec le fils d'une amie âgé de 10 ans, le rapport puis la relation qui s'établit entre eux. Romain tient à nous préciser qu'il s'agissait d'un véritable rapport affectueux. Au début, dans leur entourage, personne ne réagit. L'enfant semble en effet plus épanoui en compagnie de Romain. « On nous laissait nous enfoncer dans ces sentiments qui se développaient l'un pour l'autre ». Un jour, survient le passage à l'acte. S'en suivirent d'autres, qui conduisent à ébruiter la rumeur. Romain est convoqué à la gendarmerie. A l'issu du procès, il est condamné à « 6 ans de détention ferme, 5 années de suivi socio-judiciaire avec injonction de soins, fixant à 2 ans la peine encourue en cas d'inobservations des obligations résultant du suivi socio-judiciaire, 5 ans de privation des droits civiques, civiles et de famille, interdiction définitive d'exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs ». Lorsque Romain nous indique sa peine, il le fait avec un automatisme qui semble dire que cette sanction est désormais gravée en lui. C'est en prison qu'il prend connaissance de l'association l'Ange Bleu et du travail novateur de Latifa Bennari. Sa mère, inquiète de son état de santé, lui confie son livre[1]. Romain le lit en une journée, puis écrit une longue lettre à Latifa, où il raconte son vécu, « du premier souvenir de mon enfance, au moment où j'écrivais la lettre ». La présidente de l'Ange Bleu lui répond, et lui apporte son soutien. Romain, lui, en profite, au fil du temps, pour lui suggérer des conseils. C'est le début d'une collaboration efficace, et d'une renaissance pour celui qui, hier, était condamné pour « atteintes sur mineurs de moins de 15 ans », et qui, aujourd'hui, aide les victimes à s'en sortir. « Pour que ce que j'ai vécu n'arrive pas à d'autres. Adultes ou enfants, il ne faut plus que cela arrive. Pour l'éviter, il faut en parler et le mettre en avant. C'est ce que je fais avec l'Ange Bleu ». Romain évoque ensuite le cas d'un témoignage qu'il a reçu dans la matinée. Cette personne, victime d'attouchements sexuels, a tenu à se tourner vers lui. Elle regrette que son entourage minimise ce qu'elle a vécu. Le rôle joué par les proches est pourtant essentiel. Mais trop souvent, ils ne savent comment réagir, et ignorent ou plaignent à outrance la victime. « Cette personne est détruite », nous dit Romain. « Je vais tout faire pour la remettre sur pied ».

L'Ange Bleu : une association de prévention et d 'écoute

Quelle est donc cette méthode si particulière qui caractérise l'association ? L'Ange Bleu a vu le jour en 1998, grâce au courage et à la persévérance de sa présidente et fondatrice, Latifa Bennari. Originaire du Maroc où elle a grandi, Latifa a subi les agressions répétées d'un ami de la famille. Elle en livre un témoignage troublant dans son livre « L’Ange Bleu, Pédophilie : prévenir pour protéger » . Marquée profondément par ce traumatisme, Latifa se dévoue à écouter des enfants qui, comme elle, ont été victimes d'abus, d'abord dans son entourage, puis à une échelle plus large. Beaucoup de langues se délient, malgré tous les tabous liés à ce phénomène. Alors qu'elle s'entretient avec une jeune fille qui se plaint de gestes déplacés de la part de son voisin, Latifa décide d'aller à sa rencontre. Elle découvre un jeune homme qui regrette ses actes, et qui se confie à elle avec émotion. Aussitôt après cet échange, ce dernier va présenter ses excuses à sa voisine. C'est un véritable soulagement. Une rédemption par la parole est donc possible. Cette expérience marque un tournant dans le vie de Latifa. Elle ne s'intéresse désormais plus uniquement à la victime, mais aussi à son agresseur. Lorsqu'elle rencontrera le sien, bien des années plus tard, celui-ci avouera être convaincu qu'il n'aurait jamais touché à elle, si il avait pu être écouté.

La mission première de l'Ange Bleu est donc l'écoute. Un numéro de téléphone permet à l'équipe d'être jointe par des pédophiles, qui peuvent leur confier leur détresse. Latifa insiste : ce système est unique au monde. Il n'existe aucune autre structure similaire. La charge de travail est très importante. Cela fait des années que sa présidente se dévoue sans prendre de vacances. Elle doit souvent intervenir dans l'urgence, au sein de familles avec qui elle essaie de rétablir le dialogue. Depuis deux ans, Nicolas Willm a intégré l’association et apporte une aide sans précédent. Romain, à présent collaborateur, prend le relais d’écoute auprès des victimes des pédophiles abstinents, et des sortants de prison. Véronique, étudiante en psychologie avec de solides connaissances, prend en charge les plus fragiles et répond aux besoins urgents. La méthode utilisée par l'Ange Bleu s'apparente à une médecine douce. « La pédophilie est une sexualité déviante, ce n'est pas une maladie », précise Romain. « C'est une orientation sexuelle qu'il s'agit de faire évoluer vers une sexualité tolérée, entre adultes consentants ». Deux tables rondes sont organisées régulièrement. La première réunit des pédophiles ou des pédosexuels. La deuxième rassemble les victimes, souvent des adultes qui reviennent sur ce qui s'est passé dans leur enfance. Chacun peut y parler librement. Latifa espère pouvoir un jour réunir ces deux groupes, afin de créer un dialogue qu'elle sait constructeur. « Ce sont les victimes qui sont le plus à même de comprendre pourquoi on vient en aide à ceux qui aiment les enfants », ajoute Romain. Latifa accorde une grande importance à l'écoute individuelle. « Je suis un peu comme mon père, tailleur sur mesure », aime-t-elle à dire lorsque nous lui demandons comment elle traite des cas les plus difficiles.

La progression de l'association n'est pas facile. Il règne un silence gênant autour de la pédophilie, que Latifa brise jours après jours. Certaines associations de victimes n'ont pas apprécié sa démarche, pas plus que certains médias ou certains responsables politiques, qui l'ignorent ostensiblement. Aujourd'hui les objectifs sont grands pour l'Ange Bleu, mais les moyens restent minimes. Latifa reçoit à son domicile, et ne dispose d'aucune antenne en province. Cependant, elle est très sollicité par les psychiatres et des les psychologues, qui veulent apprendre de sa méthode, issue de quarante années d'expériences. Elle intervient à l'Institut des Hautes Études en Criminologie, tandis que des pays comme le Canada ou les États-Unis s'intéresse à son approche.

La castration chimique ou physique n'est pas nécessaire

En l'espace de quelques mois, les médias ont intensément traité de la pédophilie. La castration physique ou chimique fait partie du débat. Romain l'a envisagé un temps. Invité à l'émission de Paul Amar, « Revu et Corrigé », il en témoigne : « […] Dans cette société, on stigmatise les personnes à partir de l'acte qu'elles ont commis. J'en avais un peu assez qu'on me diabolise en permanence, avec cette étiquette du « monstre pédophile » qui va récidiver ». Sur le plateau, coiffé d'un chapeau et de lunettes fumées qui le rendent anonyme, il s'exprime avec aisance et clarté. Il conclut : « Aujourd'hui je suis très clair avec moi, très clair avec ma libido, je contrôle parfaitement mes pulsions. Personne n'est en danger, aucun enfant n'est en danger avec moi ». La castration chimique, inadaptée donc au cas de Romain. « Je ne connais pas de pédophile qui en ait besoin », nous a confié Latifa avant l'émission. Mais pour ceux qui, récidivistes, ont commis des actes graves, comme Francis Evrard ? « Un pervers avec des attirances pédophiliques », rectifie Romain. « Ce n'est pas l'exemple-type à présenter, mais l'exemple-type à enfermer. Il n'est pas représentatif des pédophiles ».

Devient-on pédophile ?

Une question fréquemment posée est celle des circonstances qui amènent à devenir pédophile. La pédophilie étant ni innée, ni une maladie, elle est propre au cheminement de chacun. « Elle est souvent liée à une sexualité précoce, y compris avec des camarades du même âge », précise Latifa, citant sa base de données. « Les filles reproduisent beaucoup moins le même schéma, en cas d’initiation précoce. Cela dit, certaines carences affectives, ou une surprotection démesurée des adultes, peuvent générer un développement pédophilique chez les garçons ». Est-ce toutefois lié à des maltraitances sexuelles subies au cours de l'enfance ? Romain nous donne son avis, qu'il tient de son parcours carcéral : « Il y a beaucoup de personnes perverses, qui abusent d'enfants, qui n'ont jamais eu de problèmes étant gosses, mais sachant que la justice tient compte de cela au moment de leur jugement, ils vont s'inventer des abus pour atténuer la peine qui va être prononcée ».

Une démarche à contre-courant des politiques répressives

Ce qu'aimerait Romain et Latifa, c'est que la société cherche à comprendre ce qu'est vraiment la pédophilie. Une mission difficile à accomplir, tant l'émotion est forte lorsque l'on s'attaque à un enfant. L'association l'Ange Bleu a pour but de traiter le problème à la racine. En offrant une écoute, une oreille attentive mêlée d'empathie, Latifa Bennari et ceux qui l'aident sont convaincus qu'ils ont empêché de nombreux pédophiles de passer à l'acte. Une démarche à contre-courant des politiques actuelles, qui traitent le problème uniquement par la répression.



[1] Latifa Bennari, La Fin d'un Silence Pédophilie : Une approche différente, AD2 Editions, réédité par Du Rocher, L’Ange Bleu Pédophilie : prévenir pour protéger
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MessageSujet: Au delà des fantasmes   Ven 5 Fév - 7:06

La récente polémique autour du groupe facebook « il n'y a pas de pédophiles, il n'y a que des enfants faciles » met en avant un des plus gros tabous de société nourri par une vision caricaturale de la pédophilie conduisant à de médiocres plaidoyers extrémistes en faveur de la censure, du rétablissement de la peine de mort voire même de la légalisation de la torture ordonnée par la Justice. Ne souhaitant pas m'attarder sur la suppression du groupe (facebook, dans la volonté de conserver au mieux sa fidélité ayant cédé à la mobilisation de nombreux utilisateurs), il me semble intéressant de dénoncer quelques-uns des plus importants préjugés qui touchent cette paraphilie, connue pour ses scandales à la barbarie paroxystique mais aux réalités psychologique et sociale méconnus.



La pédophilie est un acte sexuel. Faux. « Étymologiquement « amour d'un enfant », la pédophilie sera comprise comme une perversion sexuelle grave, relative à la question de la préférence sexuelle. Le pédophile éprouve une attirance érotique irrépressible envers un mineur impubère ou un pré-adolescent. »* En réalité, la plupart des pédophiles cherchent à acquérir une sexualité normale qu'ils ne parviennent pas à atteindre, ce qui les conduit dans l'absolu à ne pas avoir de vie sexuelle du tout.


La majorité des pédophiles passent à l'acte. Vrai, mais il n'est nul question de viol. Le passage à l'acte le plus courant chez les pédophiles est le suicide. L'institut de criminologie de Montréal estime que de nos jours plus de la moitié des pédophiles sont non actifs (entre 55% et 65%) et que les sentiments de honte et de culpabilité les conduisent à mettre fin à leur jour, emportant la plupart du temps leur secret dans leur tombe.


Les pédophiles passant à l'acte sont responsables. Faux. Prenons, pour illustrer ce point une étude menée sur 400 détenus au centre pénitentiaire de Caen**, dans laquelle on dénombrait 218 détenus (54,5%) condamnés pour viol sur mineur de moins de 15 ans. Dans cette étude apparaît le fait que la majorité des pédophiles présentent des psychoses chroniques et des troubles de la personnalité (psychopathiques et paranoïaques notamment). Je vous renvoie aux définitions des psychoses et des troubles de la personnalités du DSM-IV.


La pédophilie ne se soigne pas. Faux. Restons sur cette même étude. Qu'y apprend-on? Sur cette population, suite au suivi psychologique, 70% présentent une bonne évolution clinique, 48% une reconnaissance totale de la gravité des faits, 32% une reconnaissance partielle et que seulement 26% ressentent une indifférence totale quant à leur geste. Et oui, entre la guillotine et son abolition fut développée la psychocriminologie, invention si peu populaire et à l'avenir pourtant si prometteur.


La peine de mort est radicalement dissuasive. Faux. Fait tellement relaté par mes confrères qui ne semblent malheureusement que trop peu écoutés. Je m'écarterais du sujet principal si j'énonçais l'ensemble des arguments contre la peine de mort (violation des droits fondamentaux de l'être humain, légitimité du crime d'État...). Ceci étant dit, aux partisans du retour à la peine de mort pour les actes pédophiles j'aimerais rappeler le scandale du procès d'Outreau. L'erreur judiciaire est une chose, quand elle fait couler du sang, c'en est une autre. Mais passons et revenons à l'idée reçue. Amnesty International, à ce sujet propose, à mon sens, un parfait contre-argument en deux points
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MessageSujet: Expliquer la sexualité aux enfants, c'est les aider à comprendre leur corps et éveiller leur vigilance contre les dérives comme la pédophilie, l'inceste, les grossesses non désirées...   Jeu 11 Fév - 14:42

Parler sexualité avec ses enfants... Pourquoi, quand, comment ?

Peu de parents osent évoquer le sujet et éludent le plus souvent les questions posées.
Expliquer la sexualité aux enfants, c'est les aider à comprendre leur corps et éveiller leur vigilance contre les dérives comme la pédophilie, l'inceste, les grossesses non désirées...
L'éducation sexuelle prodiguée par les parents et la famille ne suffit pas. Il faut que l'école joue son rôle.
[Parler sexualité avec ses enfants... Pourquoi, quand, comment ?]
«Skout, hchouma !». «Tais-toi, tu sauras quand tu seras grand». Combien de fois n’a-t-on pas entendu des injonctions de ce genre de la part de parents envers leurs enfants lorsque ceux-ci osent un mot «mal placé» sur leur corps, ou quand ils posent des questions se rapportant directement ou indirectement à la sexualité ? Un sujet considéré comme grave, tabou, embarrassant. Or, jugent les spécialistes, il n’y a pas meilleure voie pour l’épanouissement sexuel et l’équilibre psychologique d’une personne que de l’initier dès son enfance aux choses de la sexualité. Il est vrai que plusieurs livres et articles ont été publiés sur le sujet par les spécialistes de l’éducation. Cependant, la sexualité ne reste pas moins entourée de beaucoup de mystères. Et même chez les parents avisés qui osent un jour communiquer leur savoir en la matière à leur progéniture, les interrogations persistent : à partir de quel âge doivent-ils donner à l’enfant des explications sur la sexualité ? Quel vocabulaire utiliser ? Doivent-ils l’aborder de leur propre chef ou attendre que l’enfant pose des questions ? Et le rôle de l’école dans tout cela ?, etc.
Ce qui est sûr dans le cas du Maroc, c’est que peu de parents franchissent le pas et bravent la hchouma, pour parler sexualité avec leurs enfants. Selma Belghiti, psychologue clinicienne, considère effectivement que «les parents marocains, dans leur grande majorité, ont beaucoup de mal à parler des questions liées au corps et à la sexualité de leurs enfants. Ce sont des sujets culturellement considérés comme ‘‘honteux’’ et ils ne peuvent donc pas être abordés». Plus que cela, «les parents un peu plus ouverts ont également du mal à parler de ces questions et considèrent que les enfants doivent chercher les informations dont ils ont besoin à l’extérieur de la sphère familiale», ajoute-t-elle.
Imad G., 14 ans, un adolescent branché et apparemment sans complexe, avoue n’avoir jamais été informé par ses parents sur quoi que ce soit quant à la sexualité, or c’est à son âge que commence en principe le changement du corps, le premier amour, sinon les premières expériences sexuelles. «On n’aborde jamais ces sujets en famille, et je ne me rappelle pas que mon père ou ma mère ait jamais évoqué quelque chose qui a rapport avec mon corps». Se masturbe-t-il ? «Oui, je l’ai fait quelquefois, mais…», répond-il en rougissant. Le père de ce garçon, infirmier diplômé d’Etat, qui travaille dans une clinique privée à Casablanca, ne considère pas nécessaire d’aborder ce genre de questions avec ses enfants. «Vous savez, dit-il, les enfants ne sont pas bêtes, ils finiront par apprendre sur le tas, comme nous l’avons fait nous-mêmes». Sait-il que son fils se masturbe ? «Euh ! Franchement, je ne sais pas…», répond-il avec hésitation. Voilà un aspect de la sexualité tabou, entouré de beaucoup de préjugés, au moment où la masturbation est courante chez les jeunes de l’âge de Imad ; et les parents dans leur grande majorité sont loin de l’ignorer.
Dans une enquête menée auprès de 728 femmes âgées de 20 ans et plus, un échantillon représentatif de la population féminine de la wilaya du Grand Casablanca, 90% considèrent que la masturbation est interdite par la religion. Pour 83% elle est pratiquée mais avec un sentiment de culpabilité et de honte, et seulement 15% considèrent qu’elle est permise comme un moyen d’apaisement face à l’abstinence. C’est dire que les préjugés qui entourent cette pratique sont tenaces, or, si la masturbation est une pratique saine, c’est ce sentiment de honte et de culpabilité qui l’accompagne qui est néfaste. Les parents n’expliquent pas cela à leurs enfants, ni les éducateurs à l’école, ni les spécialistes en matière de sexualité. L’un des rares livres publiés sur la question est le «Manuel d’éducation sexuelle», de Nadia Kadiri et Soumia Berrada, toutes les deux psychiatres, psychothérapeutes et sexologues (Ed. Le fennec, septembre 2009, 60 DH). Un travail louable de vulgarisation qui essaie de briser le tabou de la sexualité. Elles y passent au peigne fin tous les aspects : virginité, rapport sexuel hors mariage, masturbation, homosexualité, MST, anatomie des organes génitaux, puberté, adolescence, reproduction, contraception… (voir encadré). La masturbation, expliquent-elles dans ce livre, «ne provoque pas de troubles, elle ne rend pas aveugle, la main ne risque pas de tomber…, contrairement à ce qui est propagé dans notre culture… La masturbation en elle-même ne précipite ni dans la dépression ni dans l’anxiété quand elle est pratiquée par des personnes qui n’ont pas de préjugés».

Insérer l’éducation sexuelle dans les programmes scolaires devient une urgence

A quel âge parler sexualité à ses enfants, et comment ? «Il n’y a pas d’âge idéal. Chaque âge a ses caractéristiques et engendre des questionnements différents. Il faut garder en tête que l’enfant pose des questions pour mieux comprendre ce qui se passe en lui et pour lui. Il s’agit des questions existentielles qui se rapportent à son identité sexuée (qu’est-ce qu’un garçon, et qu’est-ce qu’une fille ? Qui suis-je ?), à ses origines (d’où est-ce que je viens ? Comment fait-on les bébés ?) et à l’interdit fondamental de l’inceste. Pour un enfant de moins de deux ans, savoir que les bébés se développent dans le ventre de la maman suffit souvent à répondre aux questions sur comment se font les bébés», répond Mme Belghiti. Et d’ajouter qu’il ne sert à rien de le saturer de détails techniques. Et surtout de ne jamais éluder les questions que pose l’enfant sur la sexualité, car «il ira chercher des informations n’importe où (cours de récréation, livres peu recommandables, etc.)et risque d’être très mal informé». Si les parents ne font pas ce travail d’explication, d’autres le feront à leur place : ils vont glaner des informations erronées sur internet, les chaînes satellitaires pornographique, ou encore dans la rue et les cours de recréation où l’on colporte des bêtises. «Tout le danger vient de là», explique Bouchaïb Karoumi, pédopsychiatre à Casablanca (voir encadré). Autre danger qui guette les enfants sur lequel les parents doivent les mettre en garde : la pédophilie. «La médiatisation de telles affaires a fait prendre conscience aux parents de la nécessité de parler de sexualité», convient Mme Belghiti. Mais la pédophilie n’est pas le seul danger qui guette les enfants, il y a également les maladies sexuellement transmissibles, les grossesses non désirées, l’homosexualité, les agressions se-xuelles, le viol, l’inceste…
Pour éviter tant de risques, il faut initier les enfants à un âge où ils sont capables d’assimiler un certain nombre de choses. L’Association de lutte contre l’avortement clandestin, outre la libéralisation contrôlée de l’avortement, place la prévention comme priorité. Et celle-ci passe par une éducation sexuelle saine au sein de la famille, des associations et au sein de l’école. Son président Chafik Chraibi, chef de service gynéco-obstétrique à la maternité des Orangers (CHU de Rabat), propose que la sexualité devienne un sujet de débat national. «Il faut l’insérer, dit-il, dans les programmes scolaires et dédier une matière exclusivement à l’éducation sexuelle. La sensibilisation au sein de la famille ne suffit pas, et tous les parents n’oseront pas le faire, à cause de la culture et des traditions». Mais attention : «Ne pas assimiler la sexualité au danger. Les questions liées au corps doivent être abordées dans différentes circonstances et pas seulement pour mettre en garde», nuance Mme Belghiti.
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MessageSujet: Pédophilie dans le clergé catholique : dénoncer sans ambiguïté !   Mer 17 Fév - 6:33

Pédophilie dans le clergé catholique : dénoncer sans ambiguïté !
Par BOURDIN DOMINIQUE

Le cardinal Claudio Hummes a eu le courage de reconnaître le caractère massif de la pédophilie dans le clergé catholique. 4% de prêtres pédophiles officiellement recensés, c’est énorme ! S’il s’agit de 16 000 cas ayant fait l’objet d’une procédure d’examen ecclésiastique et/ou judiciaire et non de 20 000, si cela s’étend sur des dizaines d’années ou si le constat officiel ne porte sur sur la situation actuelle, ce sont des nuances importantes, mais le fait demeure.

Toute querelle de chiffres ne serait qu’un évitement du problème, une injure faite aux enfants victimes, une forme de déni. Reste que l’établissement des chiffres importe à la vérité et à l’analyse de ce drame, sociologiquement, judiciairement, institutionnellement. On sait les ravages des négationnismes. Il importe d’ajouter, comme le précise C. Summers, que toutes les affaires venues au jour n’impliquent pas la culpabilité des prévenus ; mais dans un fait social aussi massif, il est inévitablement beaucoup d’agressions sexuelles pédophiles non connues parce que non dénoncées. De ce point de vue, la fréquence pourrait être encore plus effrayante – ce qui rejoindrait d’ailleurs l’effarement que l’on éprouve dans une pratique de psychanalyste ou de psychologue devant la fréquence impressionnante des abus sexuels qu’ont subi nos patients.

Si la révélation de ces crimes implique d’abord un appel à la justice et une réflexion de l’institution sur elle-même, l’indignation légitime ne suffit pas. Car il s’agit de réalités à la fois intimes et relationnelles, où se mêlent transgression morale meurtrière de la vie psychique de l’enfant et pathologie du coupable. Rendre compte de façon intelligible du fait clinique qui est sous-jacent au fait social n’est donc pas facultatif. Les approximations dans les réactions affectives et directement politiques, inévitables du fait de la violence et de la gravité des enjeux, risquent de produire des idées confuses et une dénonciation morale qui rejette « les pervers » au nom des « gens sains » que nous serions.

Des crimes du fait d’une morale faussée

Il s’agit bien de crimes, qui engagent la responsabilité légale. Leur gravité en est souvent déniée par les coupables, ce qui témoigne d’une moralité faussée. Quand il s’agit de prêtres, la contradiction entre leur fonction spirituelle (dans une Eglise qui de plus moralise beaucoup…) et la gravité de leur transgression est plus choquante encore. Mais le paradoxe s’explique : « Qui veut faire l’ange fait la bête ».

Si les besoins psychiques, affectifs et sexuels de quelqu’un sont non seulement réprimés mais niés, l’accumulation des tensions suscite angoisse et risque de crispation jusqu’à la rupture – avec ou sans culpabilité consciente car, comme le dit un proverbe espagnol « la nécessité a le visage d’un hérétique »… C’est de la misère sexuelle que procèdent les plus graves perversions. L’idéal spirituel et la discipline ecclésiastique ne font qu’accroître le risque, puisqu’ils entretiennent le mythe et l’idéalisation d’une continence sans risque d’effets secondaires, d’une spiritualisation totale de l’existence ; elles poussent donc à éviter de regarder sans complaisance ce que l’on éprouve vraiment soit corporellement soit dans les « mauvaises pensées » même si elles sont psychiquement saines. Oraison, douches froides et ballades en montagne ne règlent pas tout. Et tout est réuni pour l’éternisation d’un rapport adolescent (masturbatoire) à la sexualité.

Attention aux contre-sens sur l’idée de perversion

Ma pratique clinique m’a confrontée aussi bien à des pédophiles (dont des prêtres) qu’à des victimes de pédophiles. Le secret professionnel, tout comme la volonté de ne susciter aucun risque de voyeurisme excitant lorsque l’on parle de réalités si violentes et si troublantes, concourent à ce que les histoires particulières restent ici dans l’ombre. Mais il faut être clair : la notion de tendance pédophile n’a pas de sens, ou alors on en a tous. Savoir quand et pourquoi ça ressurgit de la sexualité infantile, en fantasme ou en acte, avec ou sans barrage moral… est une question clinique difficile. La sexualité infantile est « perverse polymorphe » dit Freud : c’est le plaisir de la décharge, par n’importe quel moyen, sans prise en compte de la personne de l’autre. C’est dans le développement libidinal que le contact des zones érogènes partielles s’ouvre à ce qui, au-delà du seul contact, est rencontre de l’autre. S’organise progressivement une psycho-sexualité, où le « primat du génital » rassemble ou exclut les autres tendances, où le consentement et le plaisir de l’autre font partie du plaisir, où la distinction entre objets sexuels permis et objets sexuels interdits (ses propres parents, les enfants, voire la femme de l’ami) n’est plus traitée par la répression pulsionnelle parce que de l’intérieur, le désir s’est humanisé en intégrant notamment la différence des sexes et celle des générations (c’est celle-ci qui est attaquée par le pédophile).

Quand il y a perversion chez l’adulte, c’est que sous la pression des difficultés de la vie, sociales, sexuelles et narcissiques, avec des satisfactions normales inaccessibles ou insuffisantes, il y a régression à des modes de sexualité infantile et plus particulièrement à une forme fixe de perversion (voyeurisme, sadisme…) qui prend appui sur une fixation particulièrement forte de l’histoire infantile de la personne.

Ce qui est clair chez les pédophiles, c’est que l’on trouve souvent de multiples compromissions ouvertes ou secrètes par rapport à l’exigence morale de justice et du respect du corps ou de la liberté de l’autre avant qu’il n’y ait transgression avérée. D’une manière ou d’une autre, il y a toujours des tentatives d’emprise sur l’autre. Les composantes sadiques, voyeuristes et autres sont généralement très importantes. La peur de l’autre, et la peur du sexe de l’adulte sont également un élément décisif. Les fantasmes sont obsédants, ou au contraire (trop) radicalement absents. Il y a toujours de grandes failles dans les capacités de représentation sexuelle et affective, mais elles ont pu s’installer du fait d’un interdit d’y penser. « Le désir, c’est démoniaque » disent certains (abuseurs ou abusés).

C’est par la relecture patiente et toujours unique de l’histoire de quelqu’un, en relation avec un interlocuteur, que l’on peut comprendre comment il en est arrivé là. Dans les situations les plus favorables, l’abuseur réalise dans ce travail psychique à la fois la profondeur de sa détresse et la gravité de sa faute. Car dans les abus sexuels, le déni est d’abord au rendez-vous.

Répression sexuelle et perversion

La continence imposée a donc toutes les raisons d’accroître les risques de passage à l’acte pédophile. Si l’on frustre en la réprimant une source de satisfaction sexuelle normale, on produit un accroissement de tension et de tendance à l’angoisse qui cherche une issue.

Ça donne

1/ un (tout) petit pourcentage de gens qui s’éclateront en sublimant, en mettant toute leur passion sexuelle ou presque dans la mystique, la collection des chapeaux, ou les tableaux qu’ils peindront.

2/ beaucoup de gens mutilés, écrasés, malheureux ou aigris, qui sublimeront en partie et pour le reste compenseront comme ils pourront ; certains trouveront leur équilibre dans les phases de tension en recourant à des transgressions psychiquement saines, et moralement non destructrices, occasionnelles ou régulières (quand l’abbé Pierre parle du fait qu’il a pu avoir des liaisons avec des femmes, on sent quelque chose comme ça).

3/ des gens qui par honte ou inhibition, ou par dépendance à l’institution et à ses règles, ne sauront pas se donner leur minimum vital de satisfaction. Alors tous les interdits sont sur le même plan (infantilisme moral), ou bien la tension pulsionnelle a été si contenue que c’est de l’ordre du barrage qui cède, sans autre considération, là où c’est le plus facile. Il s’agit donc d’une régression à une satisfaction perverse, généralement accompagnée d’une dédramatisation par banalisation de l’acte, ce qui fausse le sens moral et la réflexion sur ce qui s’est passé : l’acte sexuel pervers, pour être psychiquement supportable, suscite des justifications relevant de la perversion morale (confusion ou inversion de la valeur des choses). Le degré de « maladie psychique » peut alors être très variable et tient à toute l’histoire de la personne.

L’institution perverse

Si en plus, l’institution couvre ou ne veut pas savoir le problème, si la justice ne vient pas, en sanctionnant le crime, rétablir les instances de la loi et les repères moraux, notamment ceux de la différence des générations et du respect des besoins de l’enfance (cf. les études de Paul Ariès), alors la défense justificatrice est entérinée ; lorsqu’elle étouffe le problème, la perversion institutionnelle transforme le dérapage navrant d’un homme et ses effets destructeurs sur ses victimes en crime organisé, au nom de l’image de marque de l’institution qui continue de produire ce qu’elle déplore.
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MessageSujet: Pédophilie : au-delà des fantasmes exacerbés, une réalité   Ven 5 Mar - 5:37

Pédophilie : au-delà des fantasmes exacerbés, une réalité

La récente polémique autour du groupe facebook « il n’y a pas de pédophiles, il n’y a que des enfants faciles » met en avant un des plus gros tabous de société nourri par une vision caricaturale de la pédophilie conduisant à de médiocres plaidoyers extrémistes en faveur de la censure, du rétablissement de la peine de mort voire même de la légalisation de la torture ordonnée par la Justice. Ne souhaitant pas m’attarder sur la suppression du groupe (facebook, dans la volonté de conserver au mieux sa fidélité ayant cédé à la mobilisation de nombreux utilisateurs), il me semble intéressant de dénoncer quelques-uns des plus importants préjugés qui touchent cette paraphilie, connue pour ses scandales à la barbarie paroxystique mais aux réalités psychologique et sociale méconnues.

1.

La pédophilie est un acte sexuel. Faux. « Étymologiquement « amour d’un enfant », la pédophilie sera comprise comme une perversion sexuelle grave, relative à la question de la préférence sexuelle. Le pédophile éprouve une attirance érotique irrépressible envers un mineur impubère ou un pré-adolescent. »* En réalité, la plupart des pédophiles cherchent à acquérir une sexualité normale qu’ils ne parviennent pas à atteindre, ce qui les conduit dans l’absolu à ne pas avoir de vie sexuelle du tout.
2.

La majorité des pédophiles passent à l’acte. Vrai, mais il n’est nul question de viol. Le passage à l’acte le plus courant chez les pédophiles est le suicide. L’institut de criminologie de Montréal estime que de nos jours plus de la moitié des pédophiles sont non actifs (entre 55% et 65%) et que les sentiments de honte et de culpabilité les conduisent à mettre fin à leur jour, emportant la plupart du temps leur secret dans leur tombe.
3.

Les pédophiles passant à l’acte sont responsables. Faux. Prenons, pour illustrer ce point une étude menée sur 400 détenus au centre pénitentiaire de Caen**, dans laquelle on dénombrait 218 détenus (54,5%) condamnés pour viol sur mineur de moins de 15 ans. Dans cette étude apparaît le fait que la majorité des pédophiles présentent des psychoses chroniques et des troubles de la personnalité (psychopathiques et paranoïaques notamment). Je vous renvoie aux définitions des psychoses et des troubles de la personnalités du DSM-IV.
4.

La pédophilie ne se soigne pas. Faux. Restons sur cette même étude. Qu’y apprend-on ? Sur cette population, suite au suivi psychologique, 70% présentent une bonne évolution clinique, 48% une reconnaissance totale de la gravité des faits, 32% une reconnaissance partielle et que seulement 26% ressentent une indifférence totale quant à leur geste. Et oui, entre la guillotine et son abolition fut développée la psychocriminologie, invention si peu populaire et à l’avenir pourtant si prometteur.
5.

La peine de mort est radicalement dissuasive. Faux. Fait tellement relaté par mes confrères qui ne semblent malheureusement que trop peu écoutés. Je m’écarterais du sujet principal si j’énonçais l’ensemble des arguments contre la peine de mort (violation des droits fondamentaux de l’être humain, légitimité du crime d’État...). Ceci étant dit, aux partisans du retour à la peine de mort pour les actes pédophiles j’aimerais rappeler le scandale du procès d’Outreau. L’erreur judiciaire est une chose, quand elle fait couler du sang, c’en est une autre. Mais passons et revenons à l’idée reçue. Amnesty International, à ce sujet propose, à mon sens, un parfait contre-argument en deux points :

A) « Des preuves recueillies partout dans le monde montrent que la peine de mort n’a pas d’effet dissuasif spécifique sur la criminalité. De nombreuses personnes ont affirmé qu’abolir la peine de mort entraînait une hausse de la criminalité, mais des études effectuées aux États-Unis et au Canada, par exemple, ne confirment pas ces assertions. Ainsi, aux États-Unis, en 2004, le taux d’homicides moyen était de 5,71 pour 100 000 habitants pour les États recourant à la peine de mort, et de 4,02 pour 100 000 pour les États n’appliquant pas ce châtiment. Au Canada, entre 1975 (l’année précédant l’abolition de la peine capitale) et 2003, le taux d’homicides a chuté de 44 p. cent. Loin de rendre la société plus sûre, la peine de mort y exerce une influence violente. Les homicides autorisés par l’État ne font que légitimer l’usage de la force et entretenir le cycle de la violence. »***

B) « Cet argument présuppose que les criminels analysent et anticipent les conséquences de leur arrestation, et décident qu’une lourde peine d’emprisonnement est acceptable, tandis qu’une exécution ne l’est pas. Or, nombre de crimes ne sont pas planifiés ainsi. Les sanctions potentielles n’ont donc qu’une influence réduite sur les actes criminels, car leurs auteurs ne croient pas qu’ils vont être arrêtés et tenus de rendre des comptes. La peine de mort peut même aggraver les violences. Une exécution est en effet la dernière sanction qu’un État puisse infliger à une personne. Lorsque les criminels savent qu’ils ont commis un crime passible de la peine de mort, ils n’ont plus intérêt à éviter de perpétrer d’autres meurtres ou infractions afin de réduire leur sentence potentielle. Par exemple, si le vol à main armée est sanctionné par la peine capitale, le voleur n’a rien a perdre s’il tue des gens en tentant de s’échapper. »***
6.

L’humour contribue à banaliser la pédophilie. Faux. Roberto Benigni banalise-t-il la Shoah quand il réalise « La vita è bella » ? Dieudonné banalise-t-il les crimes de guerre commis par l’armée française en Algérie quand il écrit un sketch sur les actes de torture alors perpétrés ? Je ne pense pas, et si c’était le cas, pourquoi ne pas les interdire ? Pourquoi ne pas interdire l’humour sur l’alcool qui banaliserait l’alcoolisme ? L’humour sur les femmes qui banaliserait les violences conjugales ? Et j’en passe... Loin de là on assiste plutôt à l’emploi de l’humour noir bien souvent comme dénonciation, citons par exemple Coluche, Franz Kafka, Pierre Desproges, Chuck Palahniuk, Stéphane Guillon, Charles Bukowksi. En fait, l’humour noir a pour principal but de provoquer le gêne du public, d’ouvrir une porte sur un sujet généralement difficile à aborder sans s’attirer les foudres de la pensée unique. Sa principale force tient dans le détachement, dans ce « il vaut mieux en rire qu’en pleurer » et finalement, à long terme, il possède une certaine capacité à conserver le souvenir des barbaries humaines, et à réfléchir sur sa réalité. En effet, les horreurs de l’Histoire se répètent quand elles tombent dans l’oubli, qui passe bien souvent par le tabou, maître incontesté en matière d’amnésie collective.



Pourquoi dans l’Allemagne nazie, les autodafés, pratiqués avec le consentement de la population, ont précédé les pogroms ? Pour une raison simple : l’ignorance est le plus fertile des terreaux pour faire germer toute sorte de fascisme. Les utilisateurs de facebook sont choqués de voir cinq cent adhérents à un groupe qui fait de l’humour sur la pédophilie (de mauvais goût faute de finesse d’esprit certes, mais de l’humour quand même) mais ne s’inquiètent pas de voir un groupe rassemblant presque un million (!) d’adhérents prôner sérieusement, je cite « suspendre les pédophiles par les couilles ». Un groupe proposant de lutter intelligemment contre la pédophilie, en amont et en aval, aussi bien pour les pédophiles que les enfants victimes, par le biais de l’augmentation des effectifs de psychologues spécialisés dans la criminologie et la victimologie et du budget de la recherche n’aurait aucun succès. Voilà ce qui, personnellement me choque. Le populisme nauséabond a encore de beaux jours devant lui...



*Criminologie & Psychiatrie, sous la direction de Thierry Albernhe, ed. Ellipses



**http://www.psychiatrieviolence.ca/articles/dauver.pdf



*** http://www.amnesty.org/fr/library/asset/ACT50/015/2008/fr/06d9e6a8-3b7c-11dd-a66b-8955c11ff020/act500152008fra.pdf
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MessageSujet: comment la société occidentale considérait les enfants ces dernières décennies   Jeu 11 Mar - 7:21

Les faits reprochés à des clercs sont, dans une très grande majorité, prescrits car ils ont eu lieu dans les années 40 à 80. C’est le cas aux Pays-bas, c’est le cas en Allemagne, c’est le cas en Suisse, c’est le cas en Autriche, et pour une part non négligeable c’est vrai en Irlande, où nous reviendrons plus tard. Cela ne rend pas ces crimes moins abominables ; il faut cependant, sous peine de passer à côté de l’affaire, regarder plus large. En effet, plusieurs questions se posent :

- Si le catholicisme est pédophilogène, pourquoi au Maroc par exemple, les tribunaux jugent-ils chaque année en moyenne 1000 affaires de pédophilie ?, soit 17,1% des affaires de violences sur enfants ?



- Y a-t-il des scandales comparables durant ces années-là dans des institutions non religieuses ?



Pour répondre, regardons comment la société occidentale considérait les enfants ces dernières décennies. En 1898, l’ouvrage de référence du Dr Thoinot, Attentats aux mœurs et perversions du sens génital, explique que le viol n’existe pas en-dessous de 6 ans et qu’il est rarissime en-dessous de 10 ans. En 1904, le Parlement fait voter une loi concernant « l’éducation des enfants difficiles et vicieux de l’Assistance publique ». Les faits divers d’abus sur mineurs relevés dans la presse du 20e siècle ne concernent, jusqu’aux années 70 environ, que des filles, jamais des garçons, et le plus souvent c’est le meurtre de la victime qui sert de prétexte à l’article (voir les Cahiers du Journalisme, n°17, été 2007). Pourquoi ? Parce que ça n’intéressait personne. Et il faut attendre 1960 pour qu’un radiologue américain dénonce la maltraitance des enfants en élaborant le tableau clinique de ce qui est communément appelé syndrome de Silvermann.

Entre 1930 et 1970, des centaines de milliers d’enfants, d’origine britannique ou aborigène, ont été victimes de violences et de viols dans les foyers publics australiens. Dans les années 1963 à 1982, en France, des centaines d’enfants de l’Assistance publique ont été déportés en métropole par la DDASS de La Réunion, dans le cadre d’un programme « social » porté par Michel Debré, le père de notre Constitution. Ils y ont vécu l’enfer. Et leur recours en justice a été rejeté pour cause de prescription. Pas un de nos braves politiques n'a proposé alors que l'on étende ce délai de prescription.

Entre 1940 et les années soixante, des milliers d’enfants ont été déclarés faussement « malades mentaux » au Québec, arrachés à leurs familles et confiés à des institutions psychiatriques, dont des institutions catholiques. Ces « orphelins de Duplessis » ont subi des horreurs, certains témoignages arguant d’expérimentations médicales.

Et je ne cite pas tout, il y en aurait pour des pages et des pages.

Faut-il rappeler que la Déclaration des droits de l’enfant date de 1989 ? Faut-il rappeler la complaisance extrême de la société française envers la pédophilie, jusque dans les années 1980 ?

L’enfant n’est une personne que depuis fort peu. Il est des sociétés, dans le monde (et revoilà l’exemple marocain) où il n’est toujours pas une personne. L’Eglise catholique était de son temps. C’est dramatique, mais elle est loin d’être seule en cause. Et je salue la volonté de Benoît XVI de faire la lumière sur ces agissements. Et j’attends que la France ait le même courage, et reconnaisse la maltraitance institutionnalisée des pupilles réunionnais.



Le cas Irlandais, comme je le soulignais, semble avoir des particularités supplémentaires.Cette permissivité généralisée a de plus bénéficié du fait que les congrégations religieuses en cause fonctionnaient en vase clos. Dans un pays où l’instruction publique avait mis le paquet sur l’école primaire, laissant le secondaire et l’universitaire en jachère, les congrégations qui se sont créées là-bas (Sœurs puis Frères de la présentation, Frères chrétiens) fonctionnaient en autarcie totale. Le premier lien structurel entre les écoles congréganistes et autorités diocésaines ne fut créé qu’en 1965 par une Commission épiscopale de l’enseignement secondaire. Et l’on sait le danger que représente une institution, laïque ou ecclésiale, qui n’a de comptes à rendre à personne.

Comment expliquer, dès lors, que l’Eglise se retrouve seule au ban des accusés ? Sans doute d’abord parce qu’il y a, dans le crime pédophile de la part d’un prêtre, quelque chose de moralement particulièrement odieux. Egalement parce que « la déflagration est à la mesure du refoulement », comme le souligne un psychiatre. Mais aussi parce que nous sommes coincés. Nous avons collectivement pris conscience que l’enfant est une personne avec des droits. Et nous ne cessons de jeter cet enfant en pâture sexuelle (on voit aujourd’hui des gamins de 12 ans porter le baggy à mi-fesses, exposant ainsi leur intimité sans en avoir conscience à des adultes qui eux, en ont conscience). Pris entre notre soif de libéralité sexuelle et l’horreur que nous inspirent ces crimes, nous nous fixons sur la figure du prêtre pédophile, qui dans le même temps fait vœu de chasteté (quelle horreur) et viole les petits enfants (quelle horreur bis).
C’est dommage. Pendant que nous concentrons notre haine sur eux, personne ne réfléchit. Et les affaires de pédophilie ne cessent pas.
Par Nystagmus - Publié dans : Catholicisme
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MessageSujet: Bruno Gravier: "La pédophilie représente le mal absolu"   Jeu 25 Mar - 9:15

Bruno Gravier: "La pédophilie représente le mal absolu"

Par Tasha Rumley - Mis en ligne le 24.03.2010 à 21:21

PSYCHIATRIE. Les abuseurs inventent des stratégies pour faire taire leur attirance. Les vœux de chasteté pourraient parfois en être une. Interview.

Les révélations se succèdent et le duo prêtre-pédophile s’impose dans les esprits. Or, les mécanismes de l’abus sont les mêmes, soutane ou pas, et les prêtres aux penchants pathologiques doivent être traités comme des hommes. Chef du Service vaudois de médecine et de psychiatrie pénitentiaires (SMPP), Bruno Gravier traite les pédophiles en prison ainsi qu’à leur sortie, notamment lorsque leur libération conditionnelle implique une obligation de soins. Rien qu’en traitement ambulatoire, le SMPP suit entre 80 et 100 personnes dans le canton de Vaud.

Le lien de causalité entre le célibat des prêtres et la pédophilie est-il fondé?

C’est un peu simpliste. Tout le monde sait qu’il y a d’autres moyens que la transgression pour gérer sa frustration sexuelle. Par contre, la vie monastique et l’internat offrent un contexte qui favorise une relation d’emprise sur de potentielles victimes, relation au centre du comportement pédophilique. L’homme d’Eglise dispose d’une autorité sur les gens qui lui sont confiés, plus forte encore auprès d’enfants. S’il éprouve déjà une attirance pathologique, la situation de dépendance risque d’encourager le passage à l’acte. D’autant plus que la culture du secret dans les structures cléricales est propice au maintien du silence.

S’attaquent-ils aux enfants par facilité, car il est plus risqué de fréquenter des prostituées?

Non. Ce n’est pas un choix par défaut. Pour passer à l’acte avec des enfants, il faut une attirance particulière.

A l’inverse, certains prêtres auraient-ils choisi le sacerdoce pour assouvir leurs pulsions?

Cette question peut se poser pour toute profession proche des enfants, comme les entraîneurs sportifs et les enseignants. Cela peut être possible y compris pour les prêtres. Mais ce n’est pas parce que quelques pyromanes sont pompiers que tous les pompiers sont pyromanes. C’est pour cela que l’Eglise doit faire preuve d’une grande vigilance, comme le font maintenant les ONG, lorsqu’elles envoient des bénévoles au contact d’enfants.



Au moment d’entrer dans les ordres, les hommes sont jeunes. Peuvent-ils avoir déjà conscience de leur pédophilie?

Beaucoup prennent très tôt conscience de leur attirance, dès la puberté. Ce qu’il faut différencier de jeux anodins entre enfants qui peuvent sembler sexualisés. L’adolescent aux prises avec une attirance pédophilique réalise rapidement qu’il se trouve dans une recherche d’emprise, de domination et de pouvoir qui dépasse le jeu, accompagnée d’une excitation sexuelle pure.

Naît-on ou devient-on pédophile?

C’est l’éternel débat entre l’inné ou l’acquis. La psychiatrie d’aujourd’hui dépasse ce type d’opposition, on sait que la maturation neuronale se nourrit du vécu et des émotions. La pédophilie est probablement le fruit d’expériences douloureuses, traumatiques et non métabolisées, comme la confrontation à la sexualité des parents ou à la pornographie.

Aussi, le fameux abusé qui devient abuseur?

Oui. Il y a une proportion importante d’enfants abusés parmi les pédophiles. Selon les études, ce chiffre varie entre 27% et 50% d’entre eux. On retrouve une victimisation très présente dans leurs parcours qui va avec une incapacité à développer de l’empathie, pour les autres et leurs victimes en premier lieu, mais aussi pour eux-mêmes.

Peut-on en guérir?

Pour cela, il faudrait que la pédophilie soit une maladie! Or, c’est un trouble du comportement et les personnes qui en souffrent mènent en général une vie personnelle et sociale qui n’est pas pathologique.

Cela n’empêche pas de cheminer et d’accepter d’interroger ce qui les conduit à une telle transgression. Cela passe par l’acceptation qu’ils représentent un danger pour les enfants. Alors, ils peuvent se donner les moyens de mettre des barrières et d’identifier ce qui risquerait de les pousser à nouveau à l’acte. Mais le traitement de la pédophilie n’intervient que lorsque la justice est passée. Si un juge n’a pas dit ce que l’abus impliquait en termes de transgression et d’interdit, si le pédophile n’a pas eu à affronter les conséquences sociales de son acte, alors il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Le traitement, hors de toute confrontation à la loi, est un leurre.



Sans condamnation, tentent-ils de lutter par eux-mêmes?

Ils sont nombreux à dire se battre contre cette attirance depuis longtemps, car ils perps çoivent son caractère monstrueux. Certains élaborent des stratégies pour s’éloigner des zones à risques. Souvent, des patients condamnés pour cyberpédophilie estiment qu’internet serait un moyen d’évacuer leur sexualité pathologique afin de ne pas faire de mal aux enfants.

Internet pourrait-il vraiment désamorcer?

Les sites pédophiles, un moyen thérapeutique? Sûrement pas. Les recherches en ligne décuplent leur excitation, qu’ils voudront toujours plus forte. Cela risque de les conduire à franchir un pas dans la gravité de leurs actes.

Y a-t-il des stratégies efficaces?

Certains en ont élaboré de très efficaces et viennent demander de l’aide sans avoir jamais touché à un enfant. Le célibat des prêtres pourrait en constituer une, si on prend la question à l’envers: des personnes à tendance pédophile verraient dans les vœux de chasteté et la vie collective entre adultes un moyen de s’éloigner de cette attirance qui les obsède et les préoccupe. C’est de la pure spéculation, mais on peut aussi se poser la question. Si l’Eglise faisait preuve de plus de transparence sur le sujet, on pourrait peut-être mieux identifier les facteurs de protection et à l’inverse, les zones de risque.

Les vagues de révélations concernant la pédophilie dans l’Eglise se succèdent ses dernières années et la colère qu’elles soulèvent est immense. Pensez-vous que la sévérité collective à cet égard évolue?

C’est clair. Aujourd’hui, la pédophilie représente le mal absolu, qui justifie toutes les mesures extrêmes. Nous nous trouvons dans un changement de paradigme, où le rapport à l’intime évolue. Lorsqu’on observe la préoccupation de la société pour cette criminalité-là, on comprend qu’elle est symptomatique des grandes questions: la place de la sexualité et la place de l’enfant.

Cela a un impact aux niveaux social et législatif. Les cas de pédophilie génèrent compulsivement des lois de plus en plus répressives et des moyens de traçabilité: il y a dix ans, on n’aurait jamais songé à créer des listes de personnes condamnées sur un site internet, comme s’autorisent à les publier les tabloïds en Angleterre et aux Etats-Unis, avec certaines conséquences dramatiques. De plus, les lois de certains Etats américains exigent des pédophiles libérés une série de mesures qui les obligent à se rendre visibles aux yeux de toute la population. Cela pose de nombreuses questions quant à l’évolution d’une société qui fonde la surveillance comme modalité de régulation sociale.
«ON NE PASSE PAS À L’ACTE AVEC UN ENFANT PAR DÉFAUT, IL FAUT UNE ATTIRANCE PARTICULIÈRE.»

BRUNO GRAVIER

Chef du Service vaudois de médecine et psychiatrie pénitentiaires au CHUV, Bruno Gravier est aussi professeur à l’Université de Lausanne. Il dispose d’une longue expérience de la psychiatrie légale et mène des recherches concernant la pédophilie.
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MessageSujet: Le pyschanalyste Jacques Arènes évoques les propos du cardinal Bertone sur pédophilie et homosexualité   Mar 20 Avr - 5:41

Le pyschanalyste Jacques Arènes évoques les propos du cardinal Bertone sur pédophilie et homosexualité
19 avril 2010 → Réagir



Je lis dans La Croix un entretien avec le psychanalyste Jacques Arènes.

Bien que le titre de l’entretien soit manifestement « anti-Bertone »: « La pédophilie n’est pas d’abord une question d’homosexualité ou d’hétérosexualité », le contenu lui-même me semble plutôt donner raison au grave problème soulevé par le cardinal Secrétaire d’Etat. Voici quelques extraits de cet entretien:



Quel est le regard de la société sur la relation adulte-adolescent ?

L’opinion semble hésiter à condamner les relations entre adultes et adolescents, de 13 à 17 ans. On ne peut que constater la permissivité qui existe en la matière, non sans déni. Cette hésitation se traduit même au niveau légal : l’âge de la majorité sexuelle est théoriquement fixé à 15 ans, mais l’adulte qui use de son autorité pour séduire un ado peut être assigné devant un tribunal. [...]



Aucun lien, donc, entre homosexualité et pédophilie ?

Difficile de répondre de façon générale [...] Les problématiques pédophiles concernant des enfants prépubères ne sont pas liées à une orientation sexuelle. Mais lorsqu’on aborde le cas des adolescents, le problème devient plus complexe. Certains homosexuels sont en effet attirés par de grands adolescents, ce qu’on appelle parfois l’éphébophilie. Mais ce type d’attirance concerne aussi des hétérosexuels. Bref, la problématique est très différente selon qu’on se trouve entre un adulte et un adolescent et un adulte et un enfant.



Pourquoi une telle confusion ?

La société est très attentive à lutter contre la pédophilie, tout en étant de plus en plus laxiste vis-à-vis des relations entre adultes et adolescents. Il y a là une forme d’anesthésie morale, de cécité collective. Il s’agit là d’un réel phénomène de société, qui se pose non seulement dans l’Église mais aussi dans tous les milieux où des adultes sont contact avec des adolescents. En somme, peut-on considérer l’adolescence comme une option sexuelle possible quand on est adulte ? À ce jour, la question n’est volontairement pas tranchée par bon nombre d’adultes.



Pourquoi ?

De façon paradoxale, notre société punit de plus en plus sévèrement les abus sur mineurs, tout en érotisant sans complexe l’enfance et l’adolescence. Or, cela pose problème. Aujourd’hui, le modèle érotique, c’est l’adolescent. Dès lors, le rejet collectif intense de la pédophilie serait presque le contre-fantasme de l’érotisation de l’adolescence. L’intérêt érotique des adultes pour les ados est tel – sans qu’il y ait forcément passage à l’acte – qu’il se traduit dans la recherche d’une bonne conscience acquise dans la dénonciation, nécessaire, des crimes pédophiles. Certes, ce ne sont pas des vases communiquants entre ces deux phénomènes , mais la question du rapport aux adolescents mérite d’être posée.
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MessageSujet: Homosexualité et pédophilie : le vrai rapport   Mer 21 Avr - 8:56

Homosexualité et pédophilie : le vrai rapport

Human Life International, cité par LifeSite, publie un article de fond extrêmement équilibré et documenté – et fort important dans le contexte actuel – sur les rapports qui existent, et ceux qui n'existent pas, entre homosexualité et pédophilie. Chargé de la recherche pour la grande organisation pro-vie catholique, Brian Clowes semble bien avoir mis un terme au débat concernant le rôle joué par l'homosexualité d'une part du clergé dans les scandales qui ont fait surface aux cours des dernières décennies et qui sont aujourd'hui exploités en vrac pour dénigrer l'Eglise catholique en tant qu'institution. Son étude qui invoque, commente et critique de multiples recherches, dont une grande part émane d'organismes sans hostilité aucune à l'égard des homosexuels, permet d'établir que le célibat ne peut pas être considéré comme cause de la pédophilie, mais qu'en revanche il existe un lien fort entre homosexualité et abus de mineurs.

La totalité de cette étude, en langue anglaise, est consultable ici sur le site de Lifesite. Elle est totalement à jour, ayant été publiée le 19 avril et comportant par exemple des références aux récentes déclarations du cardinal Bertone au Chili. Elle perçoit parfaitement le problème actuel qui interdit quasiment de faire un lien entre homosexualité et abus de mineurs sous peine d'être taxé d'« homophobie ». Pourtant il n'est pas question d'amalgames, d'exagérations ou de déterminisme. Que cela soit bien clair.

Il faut d'abord clarifier le langage, comme le fait Brian Clowes à la 4e page de son rapport pour montrer la non-pertinence d'une étude de 1994 excluant l'homosexualité comme facteur de pédophilie : cette étude concernait des enfant d'un âge moyen de 6,1 ans. Or, précise-t-il, le pédophile vrai qui est attiré par ces enfants très jeunes n'est pas attiré par les adultes de l'un ou de l'autre sexe. Les « pédophiles » évoqués dans le contexte des scandales actuels s'attaquent à des jeunes à peine pubères, des adolescents, la plupart du temps des adolescents mâles, et la plupart des agresseurs de ces jeunes sont des homosexuels qui sont de la sorte « éphébophiles ».

Or c'est bien ce qui est en cause ici : sur les cas répertoriés depuis une cinquantaine d'années aux Etats-Unis, seuls 10 % concernaient des enfants pré-pubères âgés de 10 ans et moins.

Il faudrait pouvoir traduire tout ce texte de 20 pages mais c'est un gros morceau. Je vous en propose quelques éléments significatifs pris au fil des pages.

• Le rapport Alfred Kinsey (lui-même homosexuel peu suspect de pruderie ou d'homophobie), assure en 1948 que 37 % des homosexuels mâles avérés avouent avoir eu des rapports avec des garçons de moins de 17 ans.

• Les Archives of Sexual Behavior ont établi récemmet que seuls 2 à 4 % des hommes adultes préfèrent les hommes. Mais 25 à 40 % des hommes attirés par des enfants préfèrent les garçons.

• Les mêmes Archives évaluent la prévalence des homosexuels parmi les pédophiles à 30 ou à 40 %, à comparer aux 2 % d'homosexuels dans la population générale.

• Une étude du Journal of Sexual Research note que « la proportion de coupables d'abus sexuel contre des enfants mâles parmi les hommes homosexuels est substantiellement plus importante que la proportion des coupables d'abus sexuel sur des petites filles parmi les hommes hétérosexuels… Le développement de la pédophilie est plus étroitement lié à l'homosexualité qu'à l'hétérosexualité. »

Autrement dit, en chiffres absolus, il y a plus de victimes filles mais la proportion des agresseurs est plus importante chez les hommes homosexuels dont le nombre dans la population est beaucoup plus petit.

• Une étude de 229 coupables d'abus sur des mineurs publiée dans les Archives of Sexual Behavior révèle que 86 % d'entre eux se définissent eux-mêmes comme homosexuels ou bi-sexuels.

Brian Clowes cite l'étude indépendante « John Jay » commandée par l'Eglise aux Etats-Unis sur les allégations d'abus sexuels visant des prêtres catholiques sur plusieurs décennies. On y découvre qu'à mesure que les enfants grandissent, les agressions visent moins les filles et davantage les garçons, passant de 58,3 % de filles dans la catégorie des 1 à 7 ans à 85,3 % de garçons dans la catégorie des 11-17 ans, l'âge qui plaît aux « éphébophiles ».

Cela contraste d'ailleurs violemment avec ce qui se passe dans la population des Etats-Unis en général : les agressions d'un homme sur un garçon ne représentent que 14,4 % des agressions sexuelles totales : 1 agression sur sept, autrement dit, tandis que parmi les prêtres agresseurs cette proportion passe à 6 sur 7 !

Brian Clowes calcule que s'il y a plus d'homosexuels parmi les prêtres que dans le reste de la population, par exemple 10 %, les chiffres montrent qu'un prêtre homosexuel présente 52 fois de risques supplémentaires qu'un prêtre hétérosexuel d'agresser un enfant ou un jeune. S'ils sont 5 %, le risque montre à 110 fois plus.

Le travail dans un secteur permettant d'approcher des garçons est évidemment recherché par ceux qui sont attirés par eux. Clowes cite une enquête auprès de responsables d'écoles qui font état de 13 fois plus de plaintes visant des homosexuels abusant des jeunes que des hétérosexuels. D'autres études évoquant 90 à 100 fois plus d'agressions d'enseignants homosexuels sur des jeunes que d'enseignants hétérosexuels.

On trouvera dans l'article de Brian Clowes d'abondantes références renvoyant à une littérature homosexuelle ouvertement éphébophile et très explicite dans son affirmation que tous y trouvent leur compte – les adultes et les jeunes garçons. Un point de vue partagé par l'équipe d'Alfred Kinsey qui est également à l'origine de la fausse opinion commune selon laquelle 10 % des hommes seraient homosexuels.

Voyez cette citation de Mgr Richard Sniezyk sur son expérience de séminariste et de jeune prêtre pendent les années 1960 à 1980 (années où se concentrent la plupart des abus) : personne ne se préoccupait alors en apprenant qu'un prêtre avait des relations avec de jeunes hommes, « tout le monde pensait que c'était OK ».

Brian Clowes s'intéresse également à l'affirmation selon laquelle un acte sexuel impliquant un homme et un jeune garçon n'est pas un acte homosexuel, comme le veut la criminologue Margaret Smith. C'est absurde sur le plan du langage et aussi contrevenu par les faits puisque des études ont montré que les hommes attirés par des jeunes garçons le sont généralement aussi par des hommes de tous âges, ou au moins par des hommes n'ayant pas plus de 24 ans mais donc adultes.

Y a-t-il un lien entre célibat et pédophilie ? Non, répond encore Biran Clowes en rappelant que les prêtres, respectés et admirés de manière générale, ont plus facilement accès aux femmes que les hommes dans la population en général. Selon une étude du Pr Philip Jenkins de Penn State, entre 0,2 % et 1,7 % des prêtres catholiques sont des pédophiles, contre 2 à 3 % des membres du clergé protestant qui sont libres de se marier.

Conclusion : « Un homme qui a adopté un style de vie homosexuel, ou qui éprouve des tendances homosexuelles, ne devrait jamais être ordonné prêtre. Le danger pour les vies et pour les âmes est simplement trop grand, ainsi que l'a amplement démontré la crise des abus sexuels au sein de l'Eglise. »

J'y ajouterais plusieurs réflexions personnelles pour clarifier le débat.

1. On ne peut pas dire que l'homosexualité et la pédophilie se confondent, notamment dans le cas de la pédophilie vraie, particulièrement révoltante, visant des enfants de 10 ans ou moins, surtout des filles d'ailleurs : c''est un désordre précis qui est très loin d'être l'apanage des homosexuels et je comprends qu'ils puissent se sentir insultés si c'est cela qui est affirmé.

2. On ne peut pas dire que tous les homosexuels sont des éphébophiles, même si la proportion d'homosexuels qui se disent attirés ou qui avouent un passage à l'acte sur un garçon de 11 à 17 ans est important ; de 25 à plus de 40 % selon les études et dans un domaine où la sincérité peut être difficile.

3. En revanche les éphébophiles (l'essentiel des cas répertoriés dans l'affaire de « pédophilie dans l'Eglise » telle que la désignent les médias) sont dans leur écrasante majorité des homosexuels exerçant leur abus sur des garçons.

Toutes les références aux études citées sont données par Brian Clowes sont explicitement données et la plupart des pages invoquées reproduites en fin de document.

Revoici le lien du rapport complet : http://www.lifesitenews.com/ldn/2010_docs/Homosexuality_Church_Crisis2.pdf

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MessageSujet: ABUS SEXUELS DU CLERGE : La frontière Nord-Sud existe-t-elle ?   Mar 4 Mai - 6:08

ABUS SEXUELS DU CLERGE :
La frontière Nord-Sud existe-t-elle ?
Par Francis Serra

Point n’est besoin d’être Elisée Reclus pour mesurer le clivage important entre le Nord et le Sud. De fait les mentalités divergent sensiblement sans qu’il faille pour autant négliger d’autres cadastres mentaux, ou les idiosyncrasies individuelles.

Il est néanmoins intéressant de noter que les scandales d’abus sexuels commis par des membres du clergé concernant surtout mais pas exclusivement le Nord : la Belgique, l’Irlande, les USA, l’Allemagne, les pays nordiques. Et beaucoup moins dans un pays comme l’Italie, même s’il y a tout de même des cas.

Une première explication consisterait à dire que les pays du Nord sont plus atteints par des déviances sexuelles et des passages à l’acte compulsif. En raison d’une culture puritaine, induisant un refoulement plus dur, avec un surmoi plus implacable, et donc, en contre-partie, un défoulement plus violent. Le puritanisme existe aussi sous une autre forme dans certains pans du catholicisme y compris français comme le jansénisme.

Une deuxième hypothèse place la différence non pas tant au niveau des pratiques et des tendances mais du fait de les dire ou de les cacher. Sans aucun doute, les cultures méridionales, par exemple du bassin méditerranéen dénient souvent l’homosexualité. Cette même loi du silence s’appliquerait a un fortiori à un phénomène en soi tout différent comme la pédophilie. Encore moins avouable. D’une certaine façon, ce qui n’est pas dit n’existerait pas.

Une troisième explication insiste sur un recul global de l’avancée sociétale et de l’évolution des mentalités dans le Sud par rapport au Nord. Autrement dit la sensibilité éthique qui émerge de plus en plus est particulièrement sensible à l’ignominie d’un péché comme celui de l’abus sexuel, lors même que d’autres jugements sur la sexualité ont changé et que l’on est devenu plus libéral. La valeur d’authenticité l’emporte sur le principe de défendre dans l"abstrait des vérités absolues. Le Nord serait en avance mais le sud finira bien par rattraper et prendre le train de l’histoire. Au fond la seule différence serait un retard chronologique.

A notre avis les trois différences sont toutes les trois en partie défendables mais aucune d’entre elles n’est exclusive de l’autre. Ainsi même si le Sud est considéré en retard, cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas une réelle différence de sensibilité et de façon de réagir.

En ce qui concerne de façon plus spécifique la pédophilie les choses sont plus complexes que de façon générale. La prégnance du catholicisme sur les mentalités explique bien des choses. En Irlande, elle s’estompe et la cascade de révélations coïncide avec l’effondrement de cette influence. Lorsque l’Eglise domine les esprits, certaines choses ne se disent pas. Pour le moment. L’Italie sort peut-être - difficilement et en hésitant - de cet état de fait. Les prochaines années voire les prochains mois verront sans doute de très profonds changements dans la Péninsule. Peut-être surprenants.
- Dans la rubrique: /L’info du jour
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MessageSujet: Moins une affaire de sexe que d'emprise sur l'autre ?   Dim 23 Jan - 16:20

Des agressions sexuelles en maison de retraite signalées
Mots clés : Pédophilie, Agression, Sexuelle, FRANCE, PAYS-BAS

Par lefigaro.fr

23/01/2011 | Mise à jour : 12:57 Réactions (11)
Des médecins français et néerlandais ont prévenu leurs collègues dans une prestigieuse revue médicale de trois cas rares impliquant d'anciens pédophiles survenus ces trois dernières années.

Des médecins français et néerlandais, surpris par leur décoverte, ont publié une correspondance dans la revue médicale The Lancet pour exposer le fruit de leurs investigations: de vieux messieurs qui avaient agressé sexuellement des dames âgées et fragiles dans des foyers ou des maisons de retraite se sont révélés être d'anciens pédophiles. Trois hommes âgés respectivement de 68, 82 et 85 ans, sont concernés par ces faits qui se sont déroulés ces trois dernières années.

Les trois hommes avaient été admis dans différentes institutions en France et en Europe en raison de polypathologies, et se déplaçaient, selon les cas, avec une chaise roulante, un déambulateur ou une canne, a précisé à l'AFP le Dr Jean-Claude Monfort, neuropsychogériatre (hôpital Sainte-Anne/Université Paris-Descartes), cosignataire du courrier. Ces vieux messieurs ont eu des relations sexuelles et des jeux sexuels avec de vieilles dames, âgées de 85 à 104 ans, très fragiles et atteintes de troubles cognitifs de type Alzheimer.

Dans les trois à six mois suivant leur arrivée, le personnel soignant a noté des événements inhabituels, entre autres des excitations sexuelles collectives. Certaines pseudostrangulations entre femmes ont même été signalées. Cette façon de se serrer le cou serait un jeu que les prédateurs leur auraient appris, «de charmants messieurs, d'apparence fragile» eux aussi, selon le praticien.

Moins une affaire de sexe que d'emprise sur l'autre
Devant ces faits, le personnel des institutions concernées a pensé à des violences sexuelles cachées, écrivent les auteurs de ce courrier destiné à attirer l'attention d'autres spécialistes sur de tels cas, à leur connaissance méconnus. On s'est aperçu ainsi que certains aides-soignants étaient au courant de ces comportements depuis quelques mois mais qu'ils ne les avaient pas jugés anormaux ou dignes d'intérêt. Lors d'entretiens, ces hommes ont nié toute violence sexuelle et argué qu'ils n'avaient fait que répondre à des demandes féminines.

Après investigations, il s'est avéré que deux d'entre eux avaient été condamnés respectivement à 5 et 12 ans de prison pour viols d'enfants et que le troisième avait probablement abusé de son neveu, sans être poursuivi en justice. Pour le Dr Monfort, ce passage de la pédophilie à la gérontophilie, qu'on pourrait appeler «transpédogérontophilie», n'est pas une affaire de sexe mais de pouvoir et d'emprise sur l'autre. Pour autant, s'interroge-t-il, est-ce un phénomène spontané d'adaptation aux circonstances, ou est-ce lié à l'altération des fonctions intellectuelles et de pertes de contrôle de soi liées à l'âge, ou les deux ? Ce n'est pas toujours aisé à déterminer, car certains prédateurs sont très doués pour dissimuler leur état réel, relève-t-il.

Une spécialiste américaine, Anne Burgess, qui a développé une base de données recensant plus de 280 cas de «gérontophilie» aux Etats-Unis, a récemment décrit 77 cas d'agresseurs sexuels de vieilles dames, pouvant aller jusqu'au meurtre. Plus de la moitié avaient moins de 30 ans et un seul la soixantaine. 70% des agressions avaient lieu à domicile et 22% dans une maison de retraite.
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MessageSujet: seul un délinquant sexuel sur huit récidiv   Jeu 24 Fév - 4:43

Abus sexuels: seul un délinquant sexuel sur huit récidive endéans les cinq ans
Belga | 23 Février 2011 16h52
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Parmi les délinquants sexuels condamnés, 13,4% récidivent endéans les 5 ans après avoir purgé leur peine. Ce taux passe à 10% après 10 ans et 27% après 20 ans. Ces chiffres de récidive sont moindres que pour les vols ou vols avec violences, a indiqué mercredi le psychologue clinicien et criminologue Christophe Adam devant la commission spéciale sur les abus sexuels de la Chambre, sur base d'une analyse de différentes études portant sur un total de 20.000 délinquants.
Ces tendances sont, selon Christophe Adam, en contradiction avec la thèse selon laquelle la pédophilie est héréditaire. Il signale encore que, dans la forme la plus courante d'abus sexuels, à savoir l'inceste d'un père sur sa fille, la récidive est très limitée. Les groupes de délinquants sexuels sont très différents et à l'intérieur de ces groupes, les pervers sont les moins représentés. Christophe Adam, psychologue à Dinant au sein d'un service spécialisé pour le traitement et l'accompagnement des délinquants sexuels, insiste sur l'utilité d'avoir des spécialistes qui disposent de l'expérience nécessaire pour assister ces délinquants. Les spécialistes qui doivent estimer le risque de récidive dans les prisons ont souvent moins d'expérience que les délinquants eux-mêmes à cause du manque de personnel, souligne-t-il. Selon le criminologue, les délinquants inguérissables et intraitables sont très rares. Le problème ne se situe pas qu'au niveau du patient mais également au niveau du thérapeute, qui, étant lui-même parent, peut voir son propre "confort" menacé par un pédophile. (VIM)
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MessageSujet: la récidive moins importante chez les pédophiles   Mar 1 Mar - 4:23

Abus sexuels: la récidive moins importante chez les pédophiles
(Belga) Les personnes pédophiles qui ont fait l'objet d'une condamnation sont en moyenne moins enclines à récidiver que d'autres condamnés, a fait observer lundi devant la Commission sur les abus sexuels un universitaire collaborant avec la Justice. Ce dernier a cependant mis en évidence l'hétérogénéité du groupe des pédophiles.

Ainsi, le risque de récidive est-il de 3% dans les cas de pédophilie hétérosexuelle intrafamiliale mais de 70% chez les exhibitionnistes, a précisé Paul Cosyns, directeur du Centre universitaire flamand de médecine légale (UFC). Ce dernier était entendu lundi avec deux représentants des pendants bruxellois et wallon de l'institution flamande, les trois organismes oeuvrant avec la Justice dans le cadre d'accords de coopération. De 1993 à 2010, l'UFC a pris en charge 994 personnes dont 567 (68,2%) s'étaient rendus coupables d'actes de violence sexuelle à l'encontre de mineurs d'âge. Deux tiers d'entre eux avaient été renvoyés devant la Justice. En Wallonie, l'Unité de Psychopathologie Légale (UPPL) a traité 1.700 dossiers lors des dix dernières années, a indiqué lundi son représentant Bernard Pihet. Trois dossiers concernaient des prêtres. En 2010, l'UPPL a traité 156 dossiers dont 5 concernaient des relations d'autorité: 3 professeurs, un dossier dans le monde du sport et un dossier relatif à un cuisinier dans un internat. Bernard Pihet a précisé que 70% des dossiers concernaient des mineurs d'âge. En 2001-2002, le taux de récidive était de 7,9%. Le Centre d'appui bruxellois (CAB), qui est chargé dans la capitale de la guidance et du traitement d'auteurs d'infractions à caractère sexuel, a reçu 62 nouveaux dossiers en 2010 dont 41 relatifs à des victimes mineures d'âge. (LEE)
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MessageSujet: Les souvenirs ne sont JAMAIS fiables   Ven 13 Mai - 7:19

Témoignages d'enfants violés: «Le souvenir d'un traumatisme n'est pas comme la boîte noire d'un avion»
Créé le 12/05/2011 à 19h23 -- Mis à jour le 12/05/2011 à 21h07

Illustration: le cabinet d'un psychologue. POUZET/SIPA

INTERVIEW - Après les rebondissements récents dans des affaires de pédophilie, un spécialiste de la fiabilité des témoignages analyse la place donnée à la parole des enfants victimes d'agressions sexuelles...

Chérif Delay, Gabriel Iacono: destins croisés. Alors que le premier, enfant d’Outreau, maintient dans son livre ses accusations affirmant qu’il a été violé par des adultes qui n’ont pas été condamnés, le second se rétracte des siennes qui valent à son grand-père de purger une peine de neuf ans de prison. Quelle valeur la justice accorde-t-elle à la parole des enfants victimes ? Analyse avec Paul Bensussan, psychiatre expert agréé par la Cour de cassation cité par la défense au procès d’Outreau et spécialiste de l’analyse de la fiabilité des témoignages.

Comment un adolescent peut-il se tromper en accusant à tort un adulte de viol avant de se rétracter?
Pour «se tromper» lorsqu’on accuse, il faut être sincère. Or le mensonge de l’adolescent est quelque chose que l’on peut rencontrer en psychiatrie légale: il faut savoir l’évoquer et le discuter. Il n’en va pas de même du tout petit: il est exceptionnel qu’un très jeune enfant mente, même lors d’accusations infondées. Il peut effectivement «se tromper», surtout s’il a été mal interrogé. Le souvenir d’un traumatisme n’est pas comme la boîte noire d’un avion: il peut rester longtemps enseveli dans l’oubli, mais a subi des distorsions quand il ressurgit à la conscience. La parole du plaignant doit alors être analysée, je dirais même décryptée, avec la plus grande rigueur.

Et ce n’est pas le cas?
Souvent, les révélations sont faites par des enfants interrogés par des personnes non formées, comme les parents inquiets ou des enseignants, qui posent volontiers des questions fermées, inductrices. Une étude nord américaine a montré que 50% des enfants de 4 à 7 ans répondent «oui» à la question «est-ce que Papa t’a touché?». Après un interrogatoire aussi maladroit ou suggestif, l’inquiétude peut prendre corps, avec parfois de faux souvenirs. Entre deux risques d’erreur, les observateurs font inconsciemment le choix de risquer de croire à un abus qui n’a pas eu lieu plutôt que de prendre celui de passer à côté d’un abus réel. J’estime pourtant que laisser grandir un enfant dans la conviction d’avoir été violé, lorsqu’il ne l’a pas été, est une forme de maltraitance. Certainement pas de protection.

Que peuvent faire les experts pour démêler le faux du vrai?
Ne confondons pas justice et thérapie. Au procès Iacono, un expert psychologue a osé dire aux magistrats: «si Gabriel n’est pas reconnu comme victime, il ne pourra pas se reconstruire». Ce lieu commun n’est pas qu’une sottise, il est aussi une usurpation de rôle: l’expert s’assoit dans le fauteuil du juge au nom de l’intérêt de la victime. C’est ce que j’appelle «l’exception sexuelle du droit», qui permet d’oublier que la charge de la preuve est à l’accusation. L’expert doit prendre le soin de remonter à la source des révélations, ne jamais se focaliser sur leur seul contenu, étudier le contexte dans lequel elles ont surgi... Se limiter à la parole du plaignant expose aux pires erreurs, au nom des plus nobles motifs.

A l’inverse, Chérif Delay affirme dans un livre qu’il a été violé par 9 adultes alors que 4 seulement ont été condamnés...
Chérif Delay a été reconnu pour ce qu’il est: une grande victime de viols incestueux. Nul ne saurait contester sa souffrance ni son désarroi. Mais ce statut sacralise-t-il sa parole? Au procès d’Outreau, un accusé a inventé une histoire de meurtres d’enfants pour faire exploser les accusations par l’absurde. Contre toute attente, ses «révélations» ont été confirmées par Myriam Badaoui et chacun de ses enfants, dont Chérif Delay. Chacun se souvient des images des pelleteuses retournant les jardins d’Outreau à la recherche de cadavres qui n’ont jamais existé. Chérif Delay et ses frères ont décrit ces prétendus meurtres lors des expertises, mais Chérif n’y consacre pas une ligne dans son livre. Cette omission est regrettable: ce seul point prouve qu’il ne faut pas interpréter un témoignage à la lettre. Ce n’est pas parce qu’un enfant a été victime d’un viol que tout adulte qu’il pointe du doigt est un coupable. Devant ce genre de témoignages, l’émotion ne devrait jamais faire oublier la prudence et la technicité.

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MessageSujet: La pédophilie serait «comme une orientation sexuelle»   Ven 3 Juin - 5:31


Hubert Van Gijseghem
La pédophilie serait «comme une orientation sexuelle»


Kathleen Frenette
Agence QMI
02/06/2011 23h59




La pédophilie serait «comme une orientation sexuelle» donc, inchangeable aux yeux de ceux qui recherchent cette pratique sexuelle déviante.
C’est du moins l’une des hypothèses exposées par Hubert Van Gijseghem, psychologue et expert psycholégal qui œuvre dans la recherche et dans l’expertise sur les abus sexuels depuis le début des années 70.

Même si, de prime abord, il sait que cette avenue peut choquer les gens, même ceux qui travaillent dans le domaine, il n’en reste pas moins que tous les pédophiles qu’il a rencontrés, au cours de sa carrière, ont parlé de leur déviance, comme d’une orientation bien encrée en eux.

«Si l’homosexualité est un attrait quasi exclusif pour la personne du même sexe que soi, et si l’hétérosexualité est une attirance quasi exclusive pour une personne de l’autre sexe, et bien la pédophilie signifie que l’individu a une attirance quasi exclusive pour les petits garçons», a mentionné le spécialiste en précisant qu’il ne voulait pas se faire lancer la pierre.

«Une orientation sexuelle est-ce que ça se change? Non. Les pédophiles qui ont été interrogés dans des recherches qualitatives ont tous avoué que jamais ils ne changeraient d’orientation» a laissé tomber le chercheur qui a rencontré près d’une centaine de pédophiles tout au long de sa carrière.

«Ils peuvent être contrôlables ou abstinents, mais ils ne peuvent changer leur nature profonde et si certains, après des années de psychothérapie en viennent à bout, ils vont immanquablement se lancer vers autre chose», a expliqué le psychologue aux différents spécialistes qui se trouvaient devant lui pour le colloque international sur l’exploitation sexuelle des enfants et des conduites excessive qui se tenaient dans Charlevoix en milieu de semaine.

À titre d’exemple, il a raconté l’histoire d’un de ses anciens patients qui, désireux de devenir abstient après avoir réalisé que «l’amour» qu’il portait aux enfants leur faisait, en réalité, très mal, s’est engagé à la recherche d’un objet de beauté précis.

«Il a parcouru le monde pour collectionner des petits angelots aux visages enfantins avec de petites fesses toutes rondes. Il avait plusieurs centaines de ces petits angelots dans lesquelles tout son argent et toute son énergie disparaissaient!», a raconté le spécialiste en précisant qu’une obsession avait, en fin de compte, pris la place d’une autre.

Toutefois, fait étonnant, et qui n’a aucun lien avec le patient de monsieur Van Gijseghem, lorsque les policiers de la Sûreté du Québec sont débarqués chez Camil Girard, en décembre 2010, ils ont retrouvé, à l’intérieur du domicile du pédophile, des dizaines de petits angelots au visage enfantin… «Pur et dur»

De tous les agresseurs d’enfants, très peu répondent au profil du pédophile «pur et dur», en fait, entre 15 et 20% des agresseurs en seraient réellement.

Ces chiffres sont tirés des années de pratique du psychologue et expert psycholégal Hubert Van Gijseghem.

Selon lui, le pédophile fait partie d’un ensemble d’agresseurs d’enfants et il se distingue par certaines particularités.

«Le pédophile, lorsqu’il était enfant, a eu accès à une atmosphère très érotisée. C’était le petit garçon à qui tous les lieux étaient permis et qui avait même la possibilité de se retrouver dans une très grande intimité avec la mère, lui donnant là l’impression que tout lui était permis», a expliqué le spécialiste en précisant qu’il s’agissait de sa propre hypothèse.

Pour différentes raisons, si cet enfant n’a pas pu sortir de cette phase, il doit, une fois adulte, pour garder son impression de «toute puissance» et que «tout lui est encore permis», investir dans les jeunes garçons comme objet d’amour.

«En fait, cet homme reste en amour avec lui-même et avec le petit enfant qu’il était et il assouvit ce besoin d’amour en se projetant dans l’enfant qu’il désire», a mentionné monsieur Van Gijseghem.

«Le pédophile est l’un de ces agresseurs sexuels qui ne fait pas mal physiquement à l’enfant. Il n’a surtout pas l’impression de faire mal à l’enfant!», a dit le psychologue.

Selon ses théories, le vrai pédophile rêve d’être le mentor de l’enfant qu’il prend pour cible.

«Les pédophiles disent aimer les enfants! Selon eux, ils en prennent soin et ils les gâtent! Ils voudraient même avoir une relation durable avec l’enfant donc, avec eux-mêmes, mais malheureusement, ça ne se peut pas parce que l’enfant, immanquablement, grandit et le pédophile, lui, doit alors changer de cible…», a mentionné monsieur Van Gijseghem au public attentif.
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MessageSujet: En Afghanistan   Jeu 22 Sep - 4:23

Sodomie et Soufisme en Afghanistan
Sodomie et Soufisme en Afghanistan
Les sociologues attachés au deuxième bataillon de Marines en Afghanistan ont fait circuler, l'année dernière, un document interpellant à propos de la sociologie pashtun, sous la forme d'un rapport de terrain sur la sexualité des hommes parmi les alliés afghans de Américains. Le document, rendu disponible par des sources militaires, n'est pas classifié et simplement dérangeant. Ne rien demander et ne rien dire ne fait rien pour qualifier le problème. Ce sont des choses que vous ne voudriez pas connaître et que vous regrettez d'avoir entendu. Les Marines gagnent leur pitance avec l'aide de leurs adjoints sur le terrain, mais le rapport s'interroge sur le fait de savoir si la pédophilie masculine possède une dimension religieuse et culturelle, Tentons d'expliquer pourquoi. La plupart des Pashtuns, indique le rapport, sont engagés sexuellement avec d'autres hommes, des garçons, en fait. En fait, la majorité de leurs contacts sexuels se déroulent avec des hommes. Une sexualité contrainte culturellement, bien qu'elle ne soit pas perçue ainsi par leurs pratiquants paraît affecter une tranche de population beaucoup plus importante que certains chercheurs attribuent habituellement à une inclinaison naturelle. Certaines des raisons évoquées trouvent leur origine dans une ségrégation sévère des femmes, le coût prohibitif du mariage relatif aux codes tribaux et la situation de dépression économique dans laquelle se trouvent placés les jeunes Pashtuns. L'équipe de terrain répondait aux interactions scandaleuses entre les combattants pashtuns et les troupes de l'OTAN dont certaines sont contées sur le mode hilare par la presse, par exemple : "A Bagram, les commandos britanniques revenant d'opérations lointaines dans la montagne, ont parlé d'une nouvelle menace alarmante : se faire draguer par des bandes entières de fermiers locaux homosexuels. James Fletcher, soldat écossais dit : " ils étaient plus terrifiants qu'al-Qaeda, un mec aux ongles des doigts de pied nous offrit de vernir les nôtres. Ils errent dans le village, la main dans la main. Lors de l'opération Condor, des douzaines d'hommes des villages qu'ils devaient sécuriser leur firent des propositions. Un autre témoin, de vint ans : "C'était l'enfer, dans chaque village ou nous nous rendions, nous avions droit à un groupe d'hommes maquillés qui se présentaient à nous, qui touchaient nos cheveux et nos joues en émettant des bruits de baisers." Le problème, écrivent les chercheurs c'est que la société pashtun souffre d'un accès aux femmes extrêmement limité en citant un jeune Pashtun interrogé par l'enquête : "je n'ai eu des relations sexuelles qu'avec des hommes, j'aime bien les garçons mais je préfère les filles, mais on ne peut même pas les voir pour savoir su elles sont belles, mais les garçons, on peut les voir et savoir s'ils nous plaisent." Beaucoup de Pashtuns disent que l'homosexualité est, en réalité, interdite par l'Islam, c'est une garantie de honte et de condamnation. Si l'homosexualité est définie spécifiquement et étroitement comme l'amour d'un autre homme. Aimer un homme serait donc inacceptable et un péché capital dans cette interprétation culturelle de l'Islam. Mais utiliser un autre homme afin de gratification sexuelle serait considérée une option indésirable mais toutefois préférable à des relations sexuelles avec une femme inappropriée, qui, dans le contexte de l'honneur pashtun aurait des bonnes chances de se terminer en revanches et en crimes d'honneur. Quel est la prévalence des relations homosexuelles chez les Pashtuns ? Les chercheurs ont noté que les médecins ont du traité une épidémie de gonorrhée parmi les interprètes locaux de leur camp ? Une douzaine se trouvaient atteints de la maladie sur vingt jeunes hommes interprètes, la plupart par voie anale, C'est plutôt anecdotique et l'échantillon est trop faible pour en tirer des généralisations sur la prévalence de l'activité homosexuelle dans l'ensemble de la région mais vu la difficulté à obtenir de telles informations, elles peuvent servir d'indicateur. Par la nouvelle "le coureur au cerf-volant" publiée en 2003, Khaled Hosseini, les occidentaux ont eu une impression de ce que l'équipe de chercheurs appelle " : une tradition culturelle ouvertement célébrée, depuis les temps anciens, la tradition poétique et artistique de Kandahar adore le imberbes pré pubères comme des icônes de beauté physique. De plus, la vie musicale nocturne renaissante des villes du sud afghan adule les chanteurs males pré pubères dont le statut ne demeure que tant qu'ils n'ont pas mué. Les Pashtuns de Kandahar détiennent une notoriété pour leur homosexualité depuis des siècles, en particulier pour leur passion pour les jeunes garçons naïfs. En 1994, avant l'arrivée des Talibans, les rues étaient pleines d'ados se pavanant, accompagnés de leur papy en sucre. On a appelé Kandahar la capitale homosexuelle de l'Asie du sud. Les Pashtuns sont tellement obsédés par la sodomie que les habitants vous racontent qu'ici, les oiseaux ne volent que d'une aile et que l'autre leur sert à couvrir leur postérieur et que le viol des jeunes garçons par les seigneurs de guerre fut un des facteurs clé dans les mobilisations des Talibans par le Mollah Omar, ajoute le rapport. Et bien que les Talibans découragent l'exhibition, on ne doit pas voir çà indépendamment de la culture et de la tradition d'homosexualité du monde pashtun dont ils font partie, ajoute l'auteur. L'homme qui prend un halekon ( jeune amant male) essayent souvent de l'intégrer à la famille en le mariant à une de ses filles quand le gosse n'est plus jeune assez pour jouer le rôle de l'imberbe. Cela permet de maintenir la relation amoureuse entre le père et le beau-fils, ce qui rend inévitablement l'établissement d'une relation normale avec l'épouse, comme l'explique l'équipe de terrain. Ses résultats sont étonnants mais elle met trop l'emphase sur l'étrangeté de la tradition pashtun sans porter assez d'attention au rôle plus large de l'homosexualité dans la culture islamique, en particulier soufie. Ce que les universitaires considèrent aujourd'hui comme l'age d'or de la poésie amoureuse islamique, le haut moyen age persan, fit de la pédérastie homosexuelle un mode amoureux normatif. A l'époque ou Dante et Pétrarque languissaient pour Béatrice et Laura, leurs vis-à-vis, dans le canon de la poésie islamique, Hafez et Roumi, décrivirent leur infatuation pour les jeunes garçons. Le poète soufi afghan de référence, Abdul Rahman Baba, barde du dix-septième siècle, dont on connaît peu de choses, sinon sa fuite avec un jeune garçon nommé Mujnoon. On le portraiture généralement comme un enfant fleur prématuré voué à la paix et à l'amour, c'est sans doute ce que les Talibans pensent aussi puisqu'ils ont fait sauter sa tombe en 2009. La critique de son art est rare mais ses poèmes sont très voisins du style persan de Roumi. La prévalence de la pédophilie homosexuelle dans la poésie islamique classique aussi bien persane que pashtun, suggère que l'équipe ait raté une dimension importante de la question, son aspect religieux. L'argument est le suivant : La pédophilie soufie ne peut pas être écartée comme une rémanence des vieilles pratiques tribales que l'Islam incorpore souvent. Par exemples, les mutilations génitales féminines. La mutilation génitale est une pratique préislamique inconnue dans l'occident ancien comme nouveau. Même si certaines autorités musulmanes la défendent sur la base du Hadith, aucun n'a jamais proclamé qu'elle menait à l'illumination. On trouve, hélas, des pédophiles partout. De par ses origines, le Soufisme fait d'une pratique, considérée comme étant criminelle en occident, une expérience spirituelle définitive. Mais la pédérastie comme exercice spirituel n'est pas, par son caractère, essentiellement différente des pratiques furtives de pervers occidentaux. Comme l'explique les psychologues, c'est là l'expression d'un narcissisme, l'amour d'une image de soi jeune, idéalisée. Toutes formes de mysticisme contemplatif court le danger que l'objet de l'adoration dans lequel se dissout la personnalité ne se termine par soi-même. Cà sonne bien de chercher Dieu dans tout, c'est à dire nulle part en particulier. Le soi devient le tout, l'ensemble se réalise dans un genre d'onanisme narcissique. L'amant ne peut plus se distinguer du tout. Le soi et le tout s'identifient. Il n'y a rien d'autre dans le Soufisme sinon votre propre ego contemplant le miroir carnavalesque de la mystique. L'adepte ne prie plus Dieu qui est entièrement autre, ni le Dieu de la bible ni le Christ des évangiles, mais bien une version plus jeune et plus jolie que lui-même. Dans ce sens, la pédophilie en Afghanistan peut avoir une motivation religieuse distincte.
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MessageSujet: Inné ou acquis ?   Lun 13 Fév - 7:15

Dans un échange paru dans « Philosophie magazine », N.Sarkozy soutenait :« J’inclinerais à penser qu’on naît pédophile » alors que pour M.Onfray nous étions « façonnés par notre environnement, nos conditions familiales et socio-historiques ».
Ces rapports de l’homme avec son passé et son présent font renaître le vieux débat sur l’inné et l’acquis, la part de la nature et de la culture , du corps et de l’esprit. Pour des politiques et des médias, Les gènes sont « de droite » et l’environnement « de gauche » !!!
À première vue, on peut le penser car le fondement de la vertu, à droite, est l’individualisme donc le patrimoine génétique, tandis qu’à gauche, c’est la réussite collective donc l’environnement. Un jugement sans supports génétiques ou écologiques solides, en suivant sa propre sensibilité, est redoutable car il décrit un choix de société.
I°) La notion « d’individu » est purement culturelle ; « individuum », comme « atome », signifie « qui ne se fragmente pas ». Or, notre corps est constitué de milliards de cellules avec des molécules, des atomes, des électrons...Chacune abrite une centaine de bactéries, mille virus, dix archées, sans lesquels nous ne pourrions pas vivre. Notre respiration cellulaire, (mitochondries), est d’origine bactérienne. Nous ne serions pas humains sans la flore du tube digestif, laquelle compte 10 fois plus de bactéries que le nombre total des cellules de notre corps ! L’homme est une énorme colonie bactérienne accompagnée de quelques cellules marchantes ou pensantes. Nous sommes totalement dépendants de la photosynthèse, bactérienne aussi, (plastes) « Nous sommes un petit écosystème intriqué dans un grand, un territoire sans frontière dans notre univers ».(Pierre Sonigo, généticien), Biologiquement, nous ne sommes pas « un » mais une collectivité autogérée.
II°) Qui sont nos gènes ? Ceux qui sont transmis par les ascendants sous forme d’ADN et ceux que renferment les microorganismes qui nous constituent
III°) Comment sont-ils transmis ? Par la voie « verticale » de la descendance. Par la voie horizontale, d’un être vivant à un autre, sans barrière de spécificité. L’information circule dans notre corps sous forme de plasmides, de transposons, de micro ARN qui parasitent les ADN en présence. Le génome humain referme 8% de gènes de rétrovirus qui s’y sont incorporés au cours du temps et continuent à le faire, comme le montre l’Herpès virus 6 qui s’intègre aux cellules germinales de la femme, elle-même le transmettant à ses enfants.
IV°) Comment agit l’environnement ?
Dans les environnements des jeunes durant ces dernières années, certains gènes tendent à augmenter la probabilité d’être obèse. Ces mêmes gènes n’avaient pas le même effet, il y a quelques décennies, puisque la plupart des ancêtres des obèses actuels, dotés des mêmes gènes, n’étaient pas obèses.
L’environnement est capable de modifier le pouvoir des gènes.
Une étude faite sur une population a montré qu’une grand-mère ayant vécu une famine transmet cette information à sa descendance en modifiant l’ADN ; son petit-fils peut alors développer des maladies nutritionnelles alors qu’il n’a jamais connu de famine.
Les femmes enceintes durant les événements du 11 septembre 2001 ont montré que l’enfant possédait un taux de cortisol plus élevé. (Hormone du stress).
Une étude canadienne montre que les maltraitances sexuelles modifient les gènes nécessaires à l’enfant pour construire un système de défense contre le stress ; ces gènes restent altérés toute la vie, perturbant les victimes au point de les conduire au suicide.
Nous ne sommes donc pas que le pur produit de nos gènes. La donne génétique n’est ni fatale ni définitive, mais une base modulable en fonction de l’environnement, social entre autres.
Les gènes peuvent être altérés : structurellement par des rayonnements, fonctionnellement par des modifications chimiques dues à l’environnement ; Des groupements méthyles, en cas de stress, parasitent l’ADN modifiant la fonction des gènes.
Alors que le génome d’un individu reste très stable au cours de sa vie, l’ensemble des marques qui règlent leur expression varie constamment, avec les variations extérieures. Une majorité de nos gènes, inchangée, vient des grands-parents humains, nous naissons homo sapiens et non chat ou chien, mais d’autres sont modifiés par le milieu social : les polluants, nano particules, rayonnements, microorganismes et sont transférés au cours de l’immense orgie collective qui se joue, à longueur de temps, dans notre écosystème intime.« De l’imprévu peut survenir, il faut s’y préparer » D.Lecourt Université Diderot Paris VII

Où est la pédophilie dans tout cela ?
Sortons de ce courant de pensée à l’origine du racisme et de l’eugénisme, partagé par la droite actuelle de notre Président : celle d’une causalité réductrice et unidimensionnelle ; elle n’est justifiée par aucune donnée scientifique. « Il n’y a pas de gène d’un destin malheureux ! » Axel Kahn . La pédophilie est une pathologie sociétale multifactorielle, le passage à l’acte un crime. Nos comportements sont la résultante d’infinies interactions réciproques et continues entre les gènes et l’environnement. Autres interactions, autres réponses ! Une piste pour une solution !

Si les gènes constituent une condition nécessaire, elle n’est pas suffisante ; ils sont bien « façonnés par notre environnement, nos conditions familiales et socio-historiques »
Pour la Science : 2009 Sc.et Avenir Hors série : L’homme est une chimère génétique...... Et G.Vallet .
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MessageSujet: Une IRM du cerveau pour diagnostiquer un comportement pédophile ?   Jeu 16 Fév - 11:25

Une IRM du cerveau pour diagnostiquer un comportement pédophile ?
rédigé le 16 février 2012 par P. Dutreil, mis à jour le 16 février 2012 /


Un examen du cerveau peut-il diagnostiquer un comportement pédophile ? C'est ce que suggèrent des chercheurs allemands, qui ont soumis 25 hommes pédophiles à une IRM fonctionnelle. Une étude controversée.


Présentée comme une avancée méthodologique, cette étude conduite par le Professeur Jorge Ponseti, de l'université de Kiel en Allemagne, et publiée dans les très sérieuses Archives of General Psychiatry, propose l'IRM fonctionnelle cérébrale comme un moyen objectif d'identifier les pédophiles. Des conclusions qui sont loin de faire l'unanimité.

Une IRM cérébrale pour identifier les pédophiles

Jorge Ponseti et son équipe ont recruté 25 hommes pédophiles, diagnostiqués comme tels et suivis dans le cadre d'un programme anonyme d'une clinique berlinoise. Ils ont soumis ces hommes à une IRM fonctionnelle (une Imagerie par Résonance Magnétique qui permet de visualiser l'activité cérébrale), pendant laquelle ils leur ont présenté brièvement 490 photos. Parmi ces clichés, quelques photos d'individus nus : des adultes hommes et femmes puis des enfants, garçons et filles. La même expérience a été conduite sur un autre groupe de 32 hommes volontaires, déclarés "non pédophiles" hétérosexuels et homosexuels.

Pour chaque participant, l'équipe a enregistré les variations d'oxygène dans le cerveau, signe d'une augmentation d'activité cérébrale. Ils ont constaté que pour dans le cas des hommes pédophiles, cette augmentation d'activité se concentrait, à la vision des clichés d'enfants nus, dans des aires cérébrales "connues comme étant impliquées dans les processus d’excitation sexuelle". Sur ces résultats, ils ont pu classer les témoins en différents sous-groupes : "pédophiles attirés par les petits garçons", "pédophiles attirés par les petites filles".

Selon les auteurs de l'étude, les résultats sont statistiquement fiables à 95 %, et la méthode par IRM beaucoup plus performante que les examens habituellement pratiqués sur les pédophiles. Jusque-là, le seul moyen d'évaluer les préférences sexuelles d'un homme consistait à enregistrer les variations de diamètre ou de volume du pénis. Cet examen, appelé la pléthysmographie pénienne, était jugé peu fiable et trop intrusif.

Des applications judiciaires ?

L'étude de Ponseti subit à son tour le feu des critiques et suscite des interrogations. Pas tant sur sa méthodologie que sur ses potentielles applications : que faire, en effet, des informations qu'elle nous donne ? Ce genre de résultats peut-il être utilisé à terme dans les tribunaux ? Aujourd'hui, l'utilisation des tests de pléthysmographie pénienne n'est pas reconnue par la justice. Quand ils sont effectués, c'est à des fins thérapeutiques, tout au long des traitements prodigués aux pédophiles pour en évaluer l'efficacité.

Pour le Dr Catherine Vidal, neurobiologiste, l'éventualité d'une utilisation judiciaire de la méthode de Ponseti est inenvisageable et éthiquement condamnable. Une position partagée par le Pr. Olivier Oullier, chercheur en neurosciences à l'Université de Provence. Pour lui, "il est dangereux de discriminer des personnes sur la simple base d'une imagerie fonctionnelle."

En revanche, Serge Stoleru, chercheur à l'Inserm, qui a conduit lui-même, dans une moindre échelle, une étude similaire à celle de Ponseti, est enthousiaste. "Cette étude a permis d’enregistrer chez un individu pédophile une réaction physiologique, cérébrale, à la vision d’enfants nus. L'utilisation d'une IRM pourrait donc effectivement s'avérer précieuse, dans un procès pour pédophilie par exemple, où l'on juge souvent parole contre parole. Mais elle n'apporte pas une information suffisante en soi. Elle ne peut que venir confirmer un faisceau de soupçons sur un individu."

Etude de référence : "Assessment of Pedophilia Using Hemodynamic Brain Response to Sexual Stimuli", Arch Gen Psychiatry. 2012;69(2):187-194. doi:10.1001/archgenpsychiatry.2011.130
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