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 L'illusion d'un changement d'orientation sexuelle

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MessageSujet: L'illusion d'un changement d'orientation sexuelle   Ven 7 Aoû - 5:54

L'Association américaine de psychologie (APA) condamne l'usage de thérapies dites de "guérison" qui prétendent traiter l'homosexualité comme une maladie et changer l'orientation sexuelle de l'individu, dans un rapport publié mercredi.

"L'APA a adopté une résolution affirmant que les professionnels de santé mentale devraient éviter de dire à leurs clients qu'ils peuvent changer leur orientation sexuelle par des thérapies et autres traitements", indique la grande association professionnelle qui rassemble 150.000 membres.

L'organisation a compilé les résultats de 83 études réalisées entre 1960 et 2007 sur les différentes approches psychothérapeutiques et notamment les thérapies dites "réparatrices" qui affirment pouvoir modifier l'orientation sexuelle.

Ces efforts thérapeutiques, qui ont consisté au fil des années en différentes pratiques comme les électrochocs, l'induction de nausées, la réorientation du désir par hypnose ou le fait de susciter une aversion par sentiment de honte, touchent des personnes ayant tendance "à avoir des vues religieuses conservatrices très fortes qui les conduisent à vouloir modifier leur orientation sexuelle", relèvent les psychologues américains dans leur rapport.

L'étude souligne les effets négatifs de telles thérapies, évoquant des idées suicidaires, des dépressions, des problèmes d'impuissance, des dysfonctionnements dans la vie relationnelle et surtout un taux d'abandon très fort des participants dès le début de ces séances thérapeutiques.

L'APA préconise que les thérapeutes utilisent des méthodes "qui ne cherchent pas à changer l'orientation sexuelle mais visent plutôt l'acceptation, la recherche de soutien, l'exploration de sa propre identité et de son développement psychologique sans s'imposer une identité spécifique".


Dernière édition par Admin le Sam 31 Juil - 13:52, édité 1 fois
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MessageSujet: L’enfant démon de l’Angleterre Stéphane Bussard   Sam 31 Juil - 7:18

L’enfant démon de l’Angleterre
Stéphane Bussard

Une caméra de surveillance d’un centre commercial de Bootle filme, en 1993, Jon Venables emmenant par la main sa future victime, James Bulger. (Keystone)
Une caméra de surveillance d’un centre commercial de Bootle filme, en 1993, Jon Venables emmenant par la main sa future victime, James Bulger. (Keystone)

En 1993, Jon Venables, 10 ans, tuait, avec son copain du même âge Robert Thomson, un enfant de 2 ans, le petit James Bulger. Libéré en 2001, il vient d’être incarcéré pour pédophilie passive. Objet de haine, les autorités doivent le protéger du lynchage public

23 juillet 2010, centre commercial Strand dans le district de Bootle à Liverpool. Les écrans de télévision diffusent en boucle des images captées dix-sept ans plus tôt par une caméra de surveillance: celles de Jon Venables emmenant par la main James Bulger, 2 ans, trouvé sans vie quelques jours plus tard sur les rails près de Walton dans le froid du nord-ouest de l’Angleterre. Le 12 février 1993, Jon Venables et Robert Thomson, tous deux âgés de 10 ans, profitent d’une seconde d’inattention de Denise Bulger, mère de 25 ans, qui fait ses courses à la boucherie A.R. Tyms, pour enlever le bambin avant de le tuer.

Ce même 23 juillet, Jon Venables est condamné au tribunal de l’Old Bailey de Londres. Rattrapé par un passé que ressassent les images diffusées à Bootle, le jeune Anglais, âgé aujourd’hui de 27 ans, écope de deux ans de prison pour avoir téléchargé dans son ordinateur une soixantaine de photos à caractère pédophile. Il s’est aussi fait passer pour une mère de 35 ans abusant de sa fille lors d’échanges via Internet avec un pédophile notoire.

Cette décision de justice rouvre les plaies de l’un des faits divers les plus traumatisants et médiatiques que la Grande-Bretagne ait connus. Comme si, analyse le commentateur Richard Garside, «de larges franges de la population britannique n’arrivaient pas à oublier». Comme si «une névrose collective» s’était abattue sur le pays.

Dans l’atmosphère glaciale et lugubre de cet hiver 1993, Jon Venables et Robert Thomson, le meneur, traînent le petit James Bulger sur près de quatre kilomètres. Ils le battent. Le calvaire du petit Bulger n’attire pourtant pas l’attention. Ou si peu. Parmi les 38 passants confirmant avoir vu les trois enfants, aucun n’intervient. Seul l’un d’eux conseillera aux deux jeunes tortionnaires d’amener James Bulger au poste de police. Arrivés à Walton Lane, Jon Venables et Robert Thomson l’achèvent avec une barre de fer et des briques. L’autopsie révélera 22 blessures à la tête et 20 sur le corps. Le bambin est mort, mais pour masquer leur crime, ils l’abandonnent sur les rails. Plus tard, un train sectionne en deux son corps inerte qui sera retrouvé 48 heures plus tard, le jour de la Saint-Valentin. L’émotion submerge le pays. Polly Toynbee, envoyée spéciale de la BBC à Liverpool, use de l’hyperbole: «Une panique morale», explique-t-elle en direct, s’est emparée de la nation qui «se met à douter d’elle-même». Lors d’une conférence de presse, la police refuse de donner des détails. Un reporter de la BBC Merseyside se souvient: la psychose était telle que les mères attachaient leurs enfants en bas âge à une laisse. Les médias donnent une résonance planétaire à ce drame. Une fois les deux enfants tueurs identifiés, le 18 février, les tabloïds mettent en scène ce qui ressemble à une guerre entre le monde civilisé et la barbarie. «Ce sont des bêtes». On compare les deux jeunes criminels, qui «personnifient le mal», à Saddam Hussein.

Les Liverpudliens croient revivre les pires moments du thatchérisme. Dans les années 1980, entre Liverpool et Downing Street, c’est la guerre. Une guerre qui oppose une terre d’immigrés désœuvrés appelés péjorativement les Scousers issus de cette Irlande catholique et rebelle, et la capitale, riche, urbaine et arrogante. Un conflit qui oppose des gens dont l’accent trahit une origine modeste et des milieux aristocratiques et condescendants londoniens au langage ampoulé. La Dame de fer interdit aux clubs de Liverpool et d’Everton de participer aux Coupes européennes de football après les drames du Heysel et de Sheffield attribués à des hooligans du coin. Une aile trotskiste du Parti travailliste dénommée Militant Tendency voit le jour pour faire barrage à la politique de Maggie Thatcher.

Au procès, en entrant dans la salle d’audience, Jon Venables et Robert Thomson sont hués. Pour désamorcer cette bombe émotionnelle, tous deux sont appelés Enfant A et Enfant B. Des travailleurs sociaux s’étonnent que les deux enfants soient jugés par un tribunal d’adultes. Les audiences n’ont donc pas lieu à huis clos et n’excluent pas la présence des médias. La Cour de Preston Crown n’est d’ailleurs pas adaptée. Un menuisier est dépêché sur place pour rehausser le box des accusés qui ne leur permet pas de voir l’audience. Rapidement, le débat s’enflamme sur l’âge de la responsabilité pénale, fixé à 10 ans au Royaume-Uni. Des experts exhortent à se conformer aux pratiques des autres pays européens qui fixent cet âge à 12 voire 14 ans. 280 000 Britanniques signent une pétition demandant la prison à vie. Les politiques soufflent sur les braises. Alors que le juge requiert 8 ans de prison, le ministre britannique de l’Intérieur, Michael Howard en demande 15. Le premier ministre conservateur John Major reste de marbre: «Nous devons condamner un peu plus et comprendre un peu moins.»

La Chambre des lords (1997) tempère le populisme des politiques et la Cour européenne des droits de l’homme (1999) estime que Venables et Thomson n’ont pas eu droit à un procès équitable. Elle dénonce l’intervention du politique. Les deux enfants tueurs seront finalement libérés après huit ans de prison avec une nouvelle identité, assurés de bénéficier d’un anonymat à vie. Leur liberté reste conditionnelle. La justice britannique interdit aux médias de diffuser toute information permettant de les identifier.

Bien qu’horrifiée par la tragédie de 1993, une partie de l’opinion publique manifeste de la compassion pour les enfants tueurs en raison de leur bas âge. Aujourd’hui, ce sentiment s’est volatilisé. La condamnation de Jon Venables liée au téléchargement d’images pédophiles suscite le «dégoût». «Il a eu sa chance, il l’a galvaudée, il n’y a plus de pardon possible», entend-on. Des voix appellent à son internement à vie et à la fin de son anonymat. Au tribunal de l’Old Bailey, le 23 juillet dernier, Jon Venables n’a toujours pas de visage public. Seul le juge peut le voir. L’auditoire entend seulement l’accusé dire trois fois «coupable» d’une voix désincarnée par le biais d’une liaison vidéo depuis la prison.

Sans appliquer la théorie des climats de Montesquieu selon laquelle il y aurait un déterminisme géographique, la situation de Bootle, où ont grandi, au cœur de l’ère thatchérienne, les deux enfants meurtriers, explique beaucoup de choses. L’endroit, rasé à 90% par la Luftwaffe durant la guerre, a certes bénéficié en partie du boom de l’après-guerre. Mais le déclin des docks, puis leur fermeture, eut un impact considérable. Au moment du meurtre, Bootle souffre d’un taux de chômage de 15,2%. Les scènes de misère et de violence semblent tirées d’un film du cinéaste Ken Loach.

Consultant en relations publiques, établi à Zurich, Paul Seaman vivait en Angleterre à cette période. Peu avant, cet Anglais avait habité à Liverpool. Il connaît bien le lieu de la tragédie: «Bootle avait une tradition ouvrière liée aux docks. Elle a disparu et rien ne l’a remplacée si ce n’est l’anarchie. Bootle a souffert de son manque de culture qui l’a transformée en une société brutale. Mais il est dramatique que le pays se soit focalisé sur les deux enfants meurtriers, aussi inexcusables soient-ils, en les diabolisant. Avant d’être un problème d’enfants, la tragédie de 1993 était un problème d’adultes.» Paul Seaman s’étonne qu’en la circonstance, son pays ait perdu la tête. «La Grande-Bretagne a longtemps été un pays dont les habitants contrôlaient leurs émotions. Là, ce fut un défouloir émotionnel, où la rationalité n’avait plus sa place. Cela me rappelle la mort de Lady Diana. Comme si les Britanniques, en mal d’Empire et de destin, fuient dans l’univers de l’émotionnel.»

Des deux enfants tueurs, Jon Venables était le plus influençable. En 1993, ses parents sont séparés. Il vit la moitié du temps avec son père, un tôlier au chômage, la moitié avec sa mère. Sans être un bully, en classe, il frappe de temps en temps des camarades, mais l’école ne juge pas nécessaire d’en référer aux parents. Les enseignants ne lui font pas peur et il se joue de l’autorité, sauf de sa mère qu’il craint. A la Cour de justice, il pleure sur l’épaule d’un assistant social à qui il chuchotera, dans le couloir: «Pouvez-vous leur dire que je suis désolé?» Il essaie, en vain, de capter le regard de ses parents, Susan et Neil.

Placé dans un centre de réhabilitation pour enfants à Newton-le-Willows, il est censé purger une peine à perpétuité. Les Britanniques préfèrent donner à l’expression un caractère moins définitif en estimant que la peine de Jon Venables est «at her Majesty’s pleasure», qu’elle dépend du bon vouloir de la reine.

Durant les huit ans de détention, la vie de Jon Venables est très réglée. Réveil à 7 heures du matin, cours de 9h15 à 15h15. Le jeune homme passe l’équivalent du baccalauréat et montre des compétences en informatique. Globalement, les experts psychiatriques relèvent que Jon Venables a fait de gros progrès et jugent ses chances de réhabilitation «très grandes».

Robert Thomson et Jon Venables sont libérés en 2001. Avec de nouvelles identités. La famille de James Bulger est outrée et les tabloïds crient au scandale. Robert Thomson, aux penchants artistiques et homosexuels, se fond dans l’anonymat de sa nouvelle vie. Sans problème apparent. En neuf ans de liberté conditionnelle, Jon Venables a, lui, eu quelques difficultés. Deux arrestations sans conséquence sauf avertissement de la justice, notamment pour une rixe. Un emploi payé au minimum légal. Mais peu à peu, la santé mentale de Jon Venables se dégrade. Quasi boulimique, il prend de l’embonpoint. Alcool, cocaïne, méphédrone. Son conseiller, Edward Fitzerald s’en explique dans The Guardian: Jon Venables a été forcé de vivre «dans une situation anormale», avec un nouveau nom et avec «la peur permanente de représailles». Il a été dans l’incapacité de développer une relation intime avec une femme, les conditions de sa liberté lui imposant de révéler sa vraie identité en cas de trop grande proximité. Selon Ian Cumming, un consultant psychiatre, «la diabolisation nationale de l’individu a été un lourd fardeau à porter». Fragile et sous l’effet de l’alcool, il s’est mis à révéler sa vraie identité à des inconnus. En mars 2010, dans la prison où il a été admis, Jon Venables est en danger de mort, des détenus l’ayant peut-être identifié pourraient le lyncher. Il est isolé.

Les autorités britanniques sont confrontées à une situation cornélienne où s’entrechoquent le droit de savoir, le droit à l’oubli et le droit à la vie. Les penchants pédophiles de Jon Venables exigeraient d’elles qu’elles soient transparentes au sujet de son identité. Cette exigence est toutefois battue en brèche par celle de protéger l’ex-enfant tueur, objet désormais d’une haine qui, en dix-sept ans, s’est même renforcée.

Jon Venables devrait ressortir de prison en 2012, avec une troisième identité.
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