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MessageSujet: L'Italie est-elle raciste ?   Mar 21 Oct - 15:25

L’Italie est-elle raciste ?
La population comme les politiques italiens ne cessent de pointer du doigt la forte communauté Romanichelle, preuve d’un racisme primaire qui règne dans le pays.


Révulsant, Terrible, Honteux. Les mots ne manquaient pas pour qualifier la noyade de deux jeunes fillettes Roms âgées de 11 et 12 ans, en juillet dernier, sur une plage napolitaine, victimes de l’indifférence des baigneurs aux alentours. Les corps sans vie reposaient sur le sable et, à quelques mètres de là, les vacanciers continuaient à pique-niquer et à prendre le soleil. Nous avons récupéré les corps dans l’indifférence générale, confiera un ambulancier au quotidien La Reppublica. Ce fait-divers marquant aura fait le tour des télévisions du monde entier qui s’empresseront de dénoncer ce témoignage flagrant de la discrimination anti-Rom qui règne en Italie. Politiques comme population n’ont en effet cessé ces dernières années d’accabler la communauté Romanichelle [160 000 recensés à ce jour], victime d’un racisme primaire.

Cette répression menée contre les Romanichelles n’est d’ailleurs pas une question de bord politique puisque le 8 novembre dernier, le président du Conseil des ministres de centre gauche, Romano Prodi, avait, à la grande fureur de son homologue roumain, Calin Tariceanu, promulgué une loi permettant l’expulsion d’Italie de citoyens roumains bien que leur soit conféré le statut de citoyens de l’Union européenne. En effet, une directive datant de mai 2004 interdit aux Etats membres de l’UE d’expulser des citoyens étrangers de l’Europe communautaire sauf si une menace suffisamment grave et actuelle touche un intérêt fondamental de l’Etat. Le gouvernement italien s’était alors justifié en invoquant cet extrait de la directive du fait que la promulgation de la loi intervenait alors que plusieurs assassinats commis par des Romanichels avaient ébranlé l’Italie.

Ce qui se passe en Italie est un énorme retour en arrière a récemment déclaré Saimir Mile, président de l’association la Voix des Roms. La considération des Roms en Italie régresse de jour en jour, pour preuve, l’excellent score du parti xénophobe et anti-immigrés la Ligue du Nord, qui a doublé son score à 8 % lors des dernières élections législatives. Silvio Berlusconi, actuel président du Conseil des ministres, avait d’ailleurs accordé à la Ligue du Nord quatre postes-clés dans son gouvernement, l’Intérieur, l’Agriculture, les Réformes et la Vice-Présidence du conseil. Un coup dur pour la communauté Romanichelle lorsque l’on sait qu’un des membres les plus éminents de la Ligue du Nord avait déclaré lors de la campagne législative que les Roms ne sont pas intégrables.

Sommes-nous devenus racistes ? interrogeait récemment le cardinal Carlo Maria Martini dans les colonnes d’un journal indépendant. La question mérite d’être posée tant l’Italie semble s’être radicalisé ces dernières années, d’autant plus que les politiques suivent ce mouvement. La vague d’antisémitisme envers les Roms en ait le premier exemple, mais d’autres déclarations pour le moins choquantes telle celle du vice-président du conseil (soit le quatrième personnage de l’Etat) Roberto Calderoli qui - au lendemain de la finale de la Coupe du monde de Football 2006 remportée par l’Italie, il avait salué la victoire de l’identité Italienne au profit d’une équipe qui, pour obtenir des résultats, a sacrifié son identité en alignant des Noirs, des musulmans et des communistes - n’émeut pas le moins du monde la population et les médias.

Depuis son retour aux affaires, Silvio Berlusconi a durci la politique de répression envers les Romanichels en dévastant leurs quartiers de fortune, mais principalement, et cela avec l’aide de la Croix-Rouge, en recensant les empreintes ADN des 160 000 Romanichels, y compris celles des enfants. Par ce fichage de la communauté Rom, le gouvernement déclare vouloir garantir à ceux qui ont le droit de rester dans le pays de pouvoir vivre dans des conditions décentes et à renvoyer chez eux ceux qui n’ont pas le droit de rester en Italie. L’Eglise catholique a émis de vives critiques envers ce fichage qui pourrait à terme raviver la discrimination raciale dont l’Italie a déjà fait l’amère expérience avec les lois raciales de Benito Mussolini. En parallèle, le magazine de l’Eglise catholique Famiglia Cristina a dénoncé le silence révoltant de l’opinion publique contre une mesure indécente digne d’un État de police en ajoutant que le fichage aurait été acceptable si en parallèle le ministre de l’Intérieur avait présenté un plan pour que tous les enfants Roms soient scolarisés et puissent vivre ailleurs que dans des lieux partagés avec rats et souris. L’Eglise peine cependant à se faire entendre car plus de 61,7 % des Italiens se déclarent favorables au fichage des enfants Roms.


Un autre fait-divers a alimenté la presse italienne le mois dernier, lors du passage à tabac d’un jeune immigré ghanéen de 22 ans du nom d’Emmanuel (qui se trouvait par ailleurs en situation régulière), par les forces de l’ordre qui ont invoqué pour raisons officielles de cette véritable boucherie un "délit de fuite". Libéré après ce sinistre incident, Emmanuel a affirmé à la presse que les policiers l’avaient suivi puis lui avaient saisi les mains. Il avait alors tenté de s’enfuir, mais, vite rattrapé il est plaqué à terre par les forces de l’ordre. Ils m’ont mis un pied sur la tête et ils ont commencé à me frapper. Puis ils m’ont menotté, l’un d’entre eux m’a donné un coup de poing, affirme-t-il. La scène se serait alors poursuivie dans le véhicule des forces de l’ordre qui l’auraient à multiples reprises traité de nègre. Vient ensuite une série d’humiliations durant lesquelles les policiers le déshabillent, le contraignent à signer des documents inconnus, l’accusent d’avoir tenté de fuir et de consommer de la drogue, etc. Emmanuel ne craque pas et les policiers finissent par appeler les parents du jeune Ghanéen qui, à la vue de leur fils, demandent des explications. Les forces de l’ordre répondront alors il est tombé.

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MessageSujet: Confidentiel : une «task force» contre l'immigration clandestine   Mar 21 Oct - 15:28

Une «task force» contre l'immigration clandestine

Décidé à mettre un terme aux filières qui exploitent la route de l'immigration clandestine entre l'Afrique de l'Ouest et l'Europe, Brice Hortefeux a invité, hier soir, pour un dîner au ministère de l'Immigration, la «task force» qu'il a constituée. Avant de présider le sommet euro-africain le 25 novembre à Paris, il a réuni plusieurs ministres des deux continents. Étaient notamment présents la ministre de l'Immigration espagnole, le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso et le commissaire européen au Développement, Louis Michel.
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MessageSujet: Le squat des migrants de Calais évacué loin des regards   Jeu 23 Oct - 7:41

MIGRANTS - Calais, 14h30. Un des squats qui a accueilli jusqu'à 300 Erythréens candidats à l'asile en Grande Bretagne, est évacué en ce moment par la police. Elle bloque tous les accès au quartier, jusqu'à plusieurs centaines de mètres en amont, près de l'hôtel de ville. Les journalistes sur place ne peuvent y accéder. «Il y a des gendarmes dans toutes les rues», raconte vers 15h une riveraine qui voit la scène de chez elle.


Elle continue : «Hier, il y avait deux hommes assis devant ma fenêtre. Ils n'avaient rien fait, ils ont été embarqués. Je les vois souvent courir, se cacher derrière les arbres».

17h. Jean-Claude Lenoir, bénévole de l'association Salam, un des piliers des assos humanitaires qui viennent en aide aux migrants, est en colère : «Deux gosses qui passaient par là nous ont dit qu'ils ont vu des migrants malmenés. On n'en sait rien, on ne nous a pas laissé voir. Les policiers ont barré tout le quartier jusqu'au boulevard, interdit l'accès à la presse et aux assos. C'est quoi ce pays où ces dangereux terroristes des médias n'ont pas le droit de regarder ce qui se passe?». Il a vu six fourgons pleins de migrants partir. Vers où? «lls leur ont proposé d'aller à l'hôtel, nous ont dit des migrants. Ça veut dire un centre d'hébergement. Mais au bout de deux jours, ils seront de nouveau à la rue».

17h30. Gérard Gavory, sous-préfet de Calais, est sur place. Pourquoi avoir fermé l'accès du quartier aux journalistes ? «Pour une opération comme ça, on n'invite pas la presse». Il indique que ce sont les deux propriétaires, le dentellier Noyon, et L'office public d'habitat qui ont demandé l'expulsion au juge. Une ordonnance réclamait le concours de la force publique, «en raison d'un risque grave pour les occupants. Les conditions de salubrité étaient dégradées, il y avait un risque d'incendie, et d'effondrement des planchers». Selon la Sous-préfecture, il n'y a pas eu d'incident, ni d'interpellation ; 124 personnes sur environ 200 ont accepté les propositions d'hébergement en CHRS, «dont 24 femmes et 10 enfants». Selon les humanitaires, quelque 615 repas ont été distribués aux migrants ce midi.
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MessageSujet: L’Espagne: pays d’immigration   Jeu 23 Oct - 15:55

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jeudi 23 octobre 2008
Le 16 octobre dernier, l’Union Européenne a voté un nouveau plan pour l’immigration. L’occasion de faire le point sur la situation espagnole

De nombreux immigrants arrivent chaque jour par les cotes espagnoles. ( Photo LPJ)
L’ Espagne est aujourd’hui un pays multiculturel : une immigration européenne mais aussi africaine font de ce pays un grand melting pot. A Malaga, on parle toutes les langues, des quotidiens locaux en suédois sont même publiés. Cette région est la nouvelle Sun Belt européenne, elle est devenue une région de prédilection des retraités du nord de l’Europe comme les Anglais, les Suédois ou les Norvégiens. Plus loin sur la côte andalouse, El Ejido est une région qui, par manque de main d’œuvre, a accueilli une forte immigration. Cette ville, dans les années 2000, fut le théâtre de nombreux incidents entre une population immigrée africaine et les habitants de la région. Malaga et El Ejido, deux opposés qui traduisent l’immigration espagnole d’aujourd’hui. Une population immigrée qui en cas de crise est plus fragile, plus vulnérable. La situation est telle qu'aujourd’hui beaucoup arrivent avec un permis de travail mais ne trouvent pas de travail en Espagne.

L’immigration en quelques chiffres
L’Espagne a connu dans les années 2000 une montée subite de son immigration, de 1,7 million en 2000 à 4,9 millions de personnes en 2004. Beaucoup de ces nouveaux immigrants viennent d’Amérique du Sud (environ 37 %) mais aussi d’Europe occidentale (21,03% dont la première population est celle du Royaume- Uni). Les Français pour leur part sont aujourd’hui la quinzième communauté avec 115 000 immigrés recensés. Le contexte actuel de crise ne facilite pas l’intégration des immigrés par le travail.
Le gouvernement espagnol a pourtant fait pression pour modifier le texte du plan européen pour l’immigration ratifié le 16 octobre dernier. Le texte d’origine mentionnait un contrat d’intégration, ou l’obligation pour le migrant d’apprendre la langue nationale et les valeurs européennes. Ce plan, produit de Brice Hortefeux, ministre français de l'Immigration, vise à réguler de manière européenne la politique en matière d’immigration. Il n’évitera malheureusement pas le drame des boat-people sur la côte espagnole.
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MessageSujet: Immigration, asile : un budget 2009 famélique et peu sincère   Lun 27 Oct - 16:48

Neuf plates-formes associatives, chargées de l’accueil et de l’orientation des demandeurs d’asile, seront fermées au 1er janvier 2009 en province. Seules subsisteront des plates-formes régionales, bénéficiant d’une dotation annuelle de 30 à 35 000 euros. Autrement dit, une somme ne permettant nullement de faire fonctionner ce type de dispositif.

Ces fermetures, alliées à la baisse des crédits de l’hébergement d’urgence des demandeurs d’asile et à la suppression de 1500 places d’hébergement, auront des effets désastreux.

En effet, il est prévu 30 millions d’euros sur l’exercice 2009 pour l’hébergement des demandeurs d’asile, une somme en baisse de plus de 13 millions par rapport au consommé 2008 à la fin septembre (43 millions d’euros).

Seules sont programmées 2722 places pour l’ensemble des départements hors Ile-de-France et 1500 places pour cette dernière. Ce dispositif, insensé, est un transfert de charges sur les collectivités et le 115, dont les effets seront particulièrement visibles en Ile-de-France.

Faute d’accueil en province, les demandeurs d’asile se replient en effet sur la région parisienne, où la demande d’asile et d’hébergement a augmenté de manière considérable (+25% en Seine-Saint-Denis pour les isolés sur les 9 premiers mois de l’année 2008 comparé à 2007 et plus 100% pour les familles sur Paris sur la même période).

On mesure sans difficulté les conséquences de cette politique sur des territoires déjà saturés.

Aujourd’hui, près de 30 000 personnes (nationaux et étrangers) en Ile-de-France sont prises en charge dans des structures d’hébergement d’urgence (foyer, hôtels…).

De son côté, l’Anaem, qui deviendra l’Office français de l’immigration (OFI) en 2009, verra la disparition programmée de 100 emplois, non intégralement compensés par le transfert de 60 emplois sur deux ans en provenance de l’Acces.

Les centres de rétention bénéficient, eux, d’une programmation de 15 millions d’euros sur trois ans, soit cinq millions annuels, en légère hausse.

Enfin, dernière innovation budgétaire, l’aide au retour, si souvent vantée par le Ministère, subit une baisse de 50%, passant de 3 à 1.5 millions.

Si les centres d’accueil pour demandeurs d’asile sont relativement protégés, le placement des demandeurs d’asile en procédure prioritaire, pour près de 30% d’entre eux ; la réforme de l’allocation temporaire d’attente, qui exclut les demandes de réexamen ; la baisse drastique des crédits d’hébergement d’urgence et la suppression de plates-formes associatives sont des indices d’une politique annonciatrice de drames.

http://www.france-terre-asile.org/
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MessageSujet: Italie toujours   Mer 29 Oct - 6:47

ROME, 27 octobre (Xinhua) -- L'Italie dirigera un nouveau " Groupe de quatre" incluant également Malte, Chypre, et la Grèce pour apaiser les inquiétudes de l'Union européenne sur des problèmes en Méditerranée, dont l'immigration, a rapporté l'agence de presse italienne ANSA.

"Nous sommes déterminés de faire entendre notre voix à Bruxelles pour combattre ces problèmes auquels nous faisons face en Méditerranée, surtout l'immigration illégale", a affirmé le ministre italien de l'Intérieur Roberto Maroni, après avoir signé un accord pour la création du nouveau groupe avec son homologue maltais Carmelo Mifsud Bonnici à La Valette.

M. Maroni a ajouté que ce nouveau groupe promouvrait le partage, entre les 23 autres pays membres de l'UE, des responsabilités en ce qui concerne des immigrés arrêtés par Frontex (force chargée de la sécurité extérieure de l'UE) en Méditerranée.

M. Maroni a appelé à une "juste distribution" des immigrés interceptés par Frontex.

Frontex a renforcé des patrouilles mais a échoué à mettre un terme au déplacement stable des immigrés clandestins depuis l'Afrique.
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MessageSujet: USA: l'immigration, casse-tête oublié de la campagne   Mer 29 Oct - 6:48

Avec la crise économique, le débat sur les frontières et les millions de clandestins est repassé au second plan. Mais l'électorat hispanique saura se rappeler au souvenir du prochain élu.

Au début de la campagne présidentielle, l'immigration figurait en tête des préoccupations des électeurs. Lors des échanges avec les candidats, le public soulevait la question jusque dans des coins reculés de l'Iowa. Sur CNN, le journaliste militant Lou Dobbs en faisait son fonds de commerce, allant jusqu'à témoigner devant le Congrès comme expert.

Ces jours-ci, le sujet n'est pratiquement plus évoqué, ni dans les duels télévisés, ni dans les discours des deux prétendants. La crise financière est passée par là. Mais l'enjeu des frontières et des millions de clandestins pourrait ressurgir à tout moment, à la faveur de l'impact de la récession sur l'emploi ou d'une attaque terroriste aux États-Unis.

D'après le Pew Hispanic Center, le nombre d'immigrés en situation irrégulière atteint 11,9 millions, pour la première fois en légère baisse (12,4 millions en 2007). Cela s'explique à la fois par le durcissement des contrôles et la baisse des offres d'emploi.

Poursuivant l'œuvre amorcée par Clinton en 1993, les États-Unis ont entrepris depuis 2006 de fortifier 1 000 des 3 200 km de leur frontière avec le Mexique : pour moitié, des palissades empêchant le passage des piétons, ailleurs des pylônes bloquant la circulation des voitures. Mais le projet a pris du retard. Une «barrière virtuelle» équipée de radars et de caméras est au point mort, après des tests peu concluants sur 45 km en Arizona.

De 6 000 agents en 1996, la Border Patrol a vu ses effectifs passer à 15 000 aujourd'hui (et 18 000 l'an prochain). Ses responsables estiment qu'un demi-million de clandestins continuent néanmoins à se faufiler chaque année entre les mailles du filet. Les itinéraires ont changé, la barrière poussant les candidats à l'exil vers des pistes plus périlleuses à travers le désert. Le bilan s'en ressent : on compte plus de mille morts depuis 2000, contre 125 durant la décennie 1990.

Pays d'immigration par essence, les États-Unis accueillent un million d'immigrants légaux chaque année, plus que la plupart des autres pays développés combinés. Le débat porte sur la main-d'œuvre clandestine sous-payée, sans assurance médicale, qui pèserait sur les services sociaux des petites villes. Mais une étude du Conseil économique de la Maison-Blanche affirmait l'an dernier que les immigrés avaient «un impact positif sur les budgets publics à long terme.» À Riverside, dans le New Jersey, la municipalité avait adopté en 2006 une loi pénalisant tout employeur de clandestins. Après la fuite de cette main-d'œuvre bon marché, l'économie locale s'est effondrée. Le décret a été annulé.


Un électorat décisif

L'enjeu a pris une dimension sécuritaire après les attentats du 11 septembre 2001 : quatre des dix-neuf pirates de l'air séjournaient dans le pays en situation illégale. Le département de la Sécurité intérieure a considérablement renforcé les contrôles de sécurité aux aéroports et l'inspection des conteneurs dans les ports.

Barack Obama et John McCain ne se plaignent pas de l'apaisement des passions sur le sujet. Ils s'efforcent de séduire un électorat hispanique désormais capable de faire la différence dans de nombreux États du Sud et de l'Ouest (44 % de la population au Nouveau-Mexique, 36 % en Californie et au Texas, 30 % en Arizona et au Nevada, 20 % en Floride).

Leurs philosophies sont voisines : renforcement de la frontière (tous deux ont voté pour l'érection du mur en 2006), chasse aux employeurs de clandestins, accueil des travailleurs légaux. Mais McCain, qui avait inscrit son nom sur une réforme globale défaite par le Congrès en 2007, ne parle plus d'offrir «une voie de légalisation» aux immigrés déjà dans le pays, ayant un travail et pas de passé criminel. La mesure était impopulaire auprès de sa base conservatrice.

Obama, lui, y reste favorable. Il promet aussi d'augmenter l'aide au Mexique pour «supprimer les incitations» à l'exil. Surtout, il a inscrit les Latinos au cœur de sa stratégie électorale, les incluant dans sa «nouvelle coalition», censée «changer la carte politique du pays». Son objectif est de porter leur participation de 6,4 % en 2004 à près de 10 % mardi prochain. Une des clés de la victoire.
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MessageSujet: Immigration : cours de français obligatoires dans le pays d'origine   Ven 31 Oct - 7:11

Brice Hortefeux veut mettre en place des cours de français dans leurs pays d'origine, pour les candidats au regroupement familial. Cette mesure compliquerait la tâche des candidats au visa.

L'apprentissage du français dans leur pays d'origine sera désormais obligatoire pour les candidats au regroupement familial. L'information a été révélé par le Figaro, qui a pu se procurer le décret en question.

Cette nouvelle mesure, confirmée par le ministère, répond à la volonté de Brice Hortefeux d'accueillir des migrants possédants déjà les bases de la langue et de la culture française. Pour le ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du développement solidaire, cet apprentissage permettra d'éviter les replis communautaires et defavoriser l'entrée dans la société des migrants.

Examen d'entrée

Au menu pour les candidats au visa d'immigration familiale: un examen culturel et linguistique réalisé dans leur pays. Après évaluation du niveau, ceux qui possèdent les rudiments pourront échapper à la classe. Pour les collés, ils devront suivre jusqu'à deux mois de cours obligatoires. Les moins de 16 ans et les plus de 65 ans seront dispensés de l'épreuve. La lenteur des progrès ne sera pas synonyme de refus de visa, mais l'assiduité aux cours sera l'élément déterminant de l'évaluation.

Enfin le décret détaille la mise en place de ce dispositif qui entrera en action le 1er décembre prochain. Il sera dirigé par les antennes locales de l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) présentes au Sénégal, au Mali, au Maroc, et en Tunisie.

Dans les pays qui ne possède pas d'antennes, l'ANAEM traitera avec des organismes locaux. Les consulats pourront également jouer un rôle. Au final c'est un véritable réseau de cours de français qui devrait s'organiser. L'ANAEM va également bientôt changer de nom et devenir l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration. Les moyens financiers mis en oeuvre n'ont pas été détaillés mais devraient être assez restreints.

Réduire le nombre de candidat

Par ailleurs, il n'y aura pas de cours dans les pays victimes de guerres ou de catastrophe naturelles, ce qui risque d'exclure un grand nombre de candidat. Pour les associations d'immigrés en France c'est surtout une mesure destiné à rendre plus difficile les démarches pour le visa. Le regroupement familial est garantit par le droit européen et ce procédé vise à compliquer la tâche. «Le contrat d'accueil et d'intégration» assure déjà l'apprentissage du français. Cette mesure fait donc doublon.

L'accès aux cours pose également problème pour les habitants des campagnes qui n'auront pas d'antennes à proximité. Cela représente donc un coût en temps et en déplacement que ne peuvent pas se permettre certains candidats à l'immigration.

Brice Hortefeux détaillera peut-être plus avant sa mesure, lors de la conférence ministérielle européenne pour réfléchir aux bonnes pratiques en matière d'intégration des primoarrivants qui se déroule à Vichy.
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MessageSujet: Immigration : les fausses solutions   Ven 31 Oct - 7:15

IMMIGRATION : FANTASMES ET RÉALITÉS par Danièle Lochak et Carine Fouteau Ed. Le Cavalier Bleu, 168 pages, 21 euros.


Je voyageais en Inde et en Amérique sans posséder de passeport, sans même en avoir jamais eu un (...) ; ces mêmes frontières, qui, avec leurs douaniers, leur police, leurs postes de gendarmerie, sont transformées en un système d'obstacles, ne représentaient rien que des lignes symboliques qu'on traversait avec autant d'insouciance que le méridien de Greenwich. » C'était avant 1914. Ces « souvenirs d'un citoyen du monde », de Stephan Zweig, cités en épilogue de l'ouvrage dirigé par Claire Rodier et Emmanuel Terray, montrent combien les mobilités internationales se sont transformées en une petite centaine d'années. Aujourd'hui, les migrations de population sont massives et leur contrôle s'est largement structuré. La signature le 15 octobre dernier du pacte européen sur les migrations en est l'illustration la plus récente. Une vision européenne de l'immigration jugée sévèrement par les contributeurs de l'ouvrage, notamment dans la distinction qu'elle instaure entre immigration « subie » et immigration « choisie » : « Il est illusoire de croire qu'un Etat peut choisir «ses» migrants comme des marchandises à l'étalage d'un magasin. » De même, le discours qui oppose immigration familiale et immigration de travail est jugé purement conceptuel, car le conjoint étranger par exemple, dont la carte de séjour est attribuée au nom de la « vie privée », peut très bien avoir une profession par ailleurs.

Plus loin, les auteurs dénoncent aussi le codéveloppement comme solution aux problèmes de l'immigration : « Il est bien établi que, loin de tarir les migrations, le développement, au moins à court et moyen terme, les encourage. » De même, le livre revient sur l'opinion souvent répandue selon laquelle les immigrés coûtent à la société et viendraient profiter des aides sociales. En réalité, les immigrés coûtent peu, voire rien, à l'Etat en matière d'éducation puisqu'ils arrivent déjà formés sur le territoire. En outre, la population immigrée compte moins de retraités et davantage d'actifs que la population dite « native ». Une étude menée en Grande-Bretagne a montré que l'activité des travailleurs immigrés avait contribué à hauteur de 15 à 20 % du PIB entre 2001 et 2006. En France, malheureusement, les études sur le sujet sont quasiment inexistantes.

Le grand mérite du livre est de battre en brèche plusieurs idées reçues sans toutefois que des alternatives très concrètes soient apportées à la politique qui a dominé les trente dernières années.

Dans une optique proche (les deux auteurs sont d'ailleurs des contributeurs de l'ouvrage cité plus haut), le livre de Danièle Lochak et Carine Fouteau permet de faire un point très complet sur les dernières évolutions du droit des étrangers : comment devient-on français en 2008 ? Quelles sont les dernières législations ? Les différents titres de séjour ? Illustré par des interviews d'historiens, de chercheurs, mais aussi de chefs d'entreprise, le propos explique bien les difficultés rencontrées par les immigrés pour travailler, mais aussi se loger, se soigner, ou tout simplement vivre en famille. Une fois ce constat dressé, quelles solutions proposées ? Pour Danièle Lochak, « il n'y pas d'alternative à l'ouverture des frontières (...) les migrations sont inéluctables. » Les problèmes de « capacités d'accueil » (logements, places dans les écoles) ou de retombées négatives sur l'emploi sont un peu trop rapidement balayés d'un revers de main, mais le propos n'en reste pas moins réaliste. Le fait de dresser des barrières à l'entrée des Etats ne pourra jamais endiguer une immigration qui devrait grossir encore dans les années à venir, sous l'effet notamment des réfugiés « climatiques » ou « environnementaux », que l'ONU fixe à 50 millions dans les cinq prochaines années.
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MessageSujet: Expulsions record en France   Ven 31 Oct - 7:20

Le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux a chiffré jeudi sur France 2 à environ un tiers, "33 à 35 %", le nombre de retours volontaires d'étrangers en situation irrégulière qui devraient être atteints d'ici fin 2008.

Interrogé sur ses objectifs chiffrés en matière de reconduite à la frontière, le ministre a estimé que la "vraie nouveauté" c'est que "parmi ces reconduites, (alors qu') il y a avait, il y a deux ans, simplement sept pour cent qui se faisaient de manière volontaire, vraisemblablement nous terminerons l'année aux alentours de 33 à 35 %".

Le ministre, qui avait déjà estimé le 12 octobre sur BFM-TV que les retours volontaires devraient atteindre "37 à 38%" d'ici fin 2008 (contre 7% en 2006), a qualifié cette tendance de "rupture totale", estimant qu'elle signifiait que "le message est compris".

Il a ajouté qu'il souhaitait "accompagner le retour" Shocked de ces étrangers notamment en Afrique subsaharienne afin qu'ils puissent "bâtir un avenir sur place". Laughing Shocked Laughing Shocked Laughing Shocked lol!

Le cabinet de M. Hortefeux, a précisé, dans un communiqué, que "7.456 retours volontaires" avaient été enregistrés entre janvier et août 2008, "contre 913 sur la même période de 2007, soit une progression de 726,5%".
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MessageSujet: Vichy est de retour !!!   Ven 7 Nov - 8:06

Lundi et mardi la ville de Vichy accueillait à l’initiative de Brice Hortefeux une conférence ministérielle européenne sur l’intégration des immigrés au sein de l’UE. Beaucoup de bruit pour un petit flop. Si le constat de l’échec des politiques d’intégration dans l’Europe des Vingt-sept est partagé, le seul accord trouvé porte sur l’adoption d’une « boîte à outils » non contraignante où figurent seulement des préconisations. Cette dépense d’énergie et de deniers publics aura surtout permis d’offrir une conférence internationale à la ville de Vichy et de rendre public un calendrier d’initiatives propres à la France.

Le choix des dates est parfois cruel. Au moment où la vieille Europe se creuse la tête pour tenter d’endiguer l’immigration et d’intégrer au mieux ceux qui sont présents sur le territoire de l’Union, la jeune Amérique franchissait un cap historique en se choisissant un président d’origine afro-américaine.

La boîte à outils adoptée à l’unanimité par les ministres des 27, s’articule autour de trois axes: acquisition et maîtrise de la langue du pays d’accueil, connaissance des valeurs de la société européenne et l’accès à l’emploi.

Concernant ce dernier volet, les 27 ont décidé de favoriser des alternatives au travail illégal avec notamment la mise en place comme en France d’un “catalogue des métiers ouverts”, c’est-à-dire ceux pour lesquels des régularisations peuvent être envisagées. Plus ambigu, il a également été décidé d’instaurer un passeport pour la nationalité dont les modalités n’ont pas été définies mais qui pourrait avoir valeur de test. Un maigre bilan qui n’a pas empêché Brice Hortefeux de déclarer que la Conférence avait été « utile et concrète ».

Conscient toutefois de la faiblesse des avancées, le ministre français de l’intégration et de l’identité nationale s’est, pour «dépasser le stade des bonnes intentions» comme il l’a déclaré lui-même, engagé sur un calendrier d’initiatives propres à la France. Celui-ci porte essentiellement sur la connaissance de la langue et de la Marseillaise.

Brice Hortefeux souhaite faire apprendre les valeurs de la Marseillaise aux nouveaux migrants. A cet effet, il saisira, le 2 janvier, le Haut conseil à l’Intégration pour « proposer une réflexion sur ce que doivent être les valeurs partagées de la République (hymne national, scolarisation, égalité homme/femme, laïcité) ». Concernant la connaissance de la langue, une expérimentation de scolarisation pour les parents immigrés doit débuter à compter du 12 novembre dans 46 établissements de 14 départements.

Plus polémique, à compter du 1er décembre, les premiers tests de français dans les pays d’origine pour les candidats au regroupement familial seront rendus obligatoires ainsi qu’une généralisation du bilan de compétences pour les migrants en situation légale souhaitant travailler. L’ONG Terre d’Asile y voit un encadrement excessif du droit à vivre en famille et des mesures contre-productives, « car le fait de pouvoir vivre en famille est aussi un facteur de stabilité et d’intégration pour un individu ».

Sur le modèle américain Brice Hortefeux souhaite éduquer les nouveaux arrivants étrangers sur le sol français à la symbolique de l’hymne national de la France. Cette mesure pourrait constituer un module du futur “passeport pour la citoyenneté”, qui ouvrirait l’accès aux différents échelons de l’intégration, en passant par la carte de séjour de dix ans.

Il ne faudrait pas pour autant que les dispositions applicables aux candidats à l’immigration et à l’intégration soient plus sévères que pour les Français de souche. A cet égard, on peut être dubitatif sur le niveau actuel de connaissance de la Marseillaise et de son histoire par nos concitoyens.

Il ne faudrait pas non plus que la question de la langue soit dévoyée. Ce qui compte avant tout, c’est la volonté du candidat à s’intégrer. Dans ce cas, on sait bien que la barrière de la langue est vite franchie. Enfin, pour ce qui est de la maîtrise de la langue, comment ne pas sourire quand sur le choix de Vichy pour accueillir la Conférence, un membre du gouvernement se borne à déclarer propos de la polémique que « c’est dégueulasse », après avoir déjà abusé de l’expression pour les test ADN et les sifflets contre la Marseillaise…
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MessageSujet: A Calais, les Afghans traqués craignent le charter   Mer 12 Nov - 16:41

SOCIETE- Quel charter vers Kaboul ? Où ça ? «Aucun départ n’est prévu.» Gérard Gavory, le sous-préfet de Calais l’assure : malgré les apparences, aucun avion rempli d’Afghans arrêtés à Calais ne décollera vers Kaboul dans les jours qui viennent. Pourtant, 43 Afghans ont été déclarés expulsables vers leur pays d’origine par les juges du tribunal situé dans le centre de rétention de Coquelles, près de Calais. Et, vendredi, le consul d’Afghanistan a été invité à rencontrer les Afghans et leur délivrer des papiers en vue de leur expulsion.

Le même jour, la police quadrillait plusieurs forêts de Calais avec hélicoptère et projecteur. «Pour lutter contre la délinquance, et rétablir l’ordre, assure le sous-préfet. Les associations parlent de "rafles". Je récuse ce terme. Ces derniers jours, il y a eu une montée des agressions entre migrants, mais aussi envers les chauffeurs de camions et contre les policiers.» Il indique que «deux ou trois» passeurs ont été arrêtés ce soir-là, et qu’ils sont «poursuivis».

Les associations craignaient un charter groupé franco-britannique avec des Afghans arrêtés en Grande-Bretagne et des Afghans arrêtés à Calais. «Les Britanniques nous ont fait la proposition, on n’a pas répondu», assure Gérard Gavory. Plus de charter, donc. C’est pourtant ce que craignaient hier encore la Cimade, Salam (une association de défense des migrants à Calais) et Hélène Flautre, députée européenne (Verts).

«Mineurs». Pourquoi ce démenti du représentant de l’Etat ? Hélène Flautre, surprise et ravie de la nouvelle, avance une hypothèse : «L’ambassade d’Afghanistan à Paris me signale qu’une bonne partie des personnes que le consul a rencontrées n’ont pas été reconnues comme afghanes.» La députée européenne, qui a écrit un courrier au ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, pense aussi que l’expulsion aurait été «plus que contestable» sur plusieurs points. D’abord, il y aurait des adolescents retenus dans le centre. «Trois se sont déclarés mineurs. C’est vrai qu’ils ont l’air jeunes, mais nous ne pouvons pas le vérifier», indique un porte-parole de la Cimade dans le centre. Ensuite, certaines régions d’Afghanistan sont déclarées «non sûres» par le Haut-Commissariat aux réfugiés, «et certains Afghans du centre pourraient en être originaires». Autre point «plus que contestable de la part des autorités», selon l’élue européenne : «On a fait de la place dans le centre pour y rassembler des Afghans, et il semble que les arrestations soient ciblées. Les expulsions collectives sont contraires à la convention européenne des droits de l’homme.»

Elle évoque le cas d’un Afghan expulsé d’Australie «décapité» à son retour. A l’intérieur du centre, Saïd (1), 19 ans, un Afghan joint par téléphone, reste inquiet : «Il ne faut pas nous renvoyer vers Kaboul. C’est dangereux. Les talibans kidnappent les gens, étrangers et Afghans. Mon propre père, qui travaillait au Parlement, a disparu. La police m’a dit qu’il n’y avait rien à faire, et qu’il fallait que je me procure une arme pour me défendre. La semaine dernière, au téléphone, ma mère m’a dit que 20 Afghans expulsés d’Australie avaient été tués par les talibans.»

«Payer». Il raconte que les jeunes Afghans retenus à ses côtés dans le centre de rétention ont «entre 16 et 20 ans». Leurs familles auraient emprunté «entre 10 000 et 20 000 dollars» (entre 7 800 et 15 600 euros) pour payer leur voyage vers l’Europe. «Mon voyage à moi a coûté 10 000 dollars. Comment je vais faire pour payer quand je rentrerai ?» Il confie qu’il a trois frères plus jeunes qui sont restés avec sa mère. Son voyage aurait duré deux mois et demi. Il est arrivé à Calais il y a dix jours et a tenté une fois le passage vers l’Angleterre, avec l’«aide» de passeurs. Ces jours-ci, le droit de se glisser à l’intérieur d’un camion coûte 400 euros. Pour ceux qui risquent le passage seuls, c’est la menace du coup de couteau par les passeurs qui tiennent les parkings. Le jeune Afghan souffle dans le téléphone : «Ils frappent, et parfois ils tuent.»

(1) Le prénom a été modifié.

Haydée Sabéran
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MessageSujet: Les nouveaux mercenaires de l'occident   Dim 16 Nov - 7:40

Immigration : la Libye, le nouveau gendarme de l’Europe ?
Des migrants maliens ont été expulsés du pays de Mouammar Kadhafi

Quelque 280 migrants maliens ont été expulsés jeudi de Libye. Nombre d’entre eux, à leur arrivée à Bamako, vendredi, ont exprimé leur colère contre ce pays et affirment avoir été maltraités par les autorités libyennes. Des déclarations qui ternissent l’image du président Mouammar Kadhafi, perçu comme le garant de la mise en place des « Etats-Unis d’Afrique ».


La Libye serait-elle devenue le nouveau gendarme de l’Europe ? Jeudi, les autorités libyennes ont expulsés quelque 280 migrants maliens. Parmi les expulsés, arrivés vendredi matin à Bamako, certains travaillaient irrégulièrement en Libye. D’autres voulaient émigrer vers l’Italie. Cet événement ne fait pas figure d’exception. Il y a quelques mois, d’autres Maliens avaient été expulsés du pays. Au Mali, on s’interroge sur Mouammar Kadhafi, le chef de l’Etat libyen. Son image de « grand bienfaiteur », garant de la mise en place des « Etats-Unis d’Afrique » et d’ « un gouvernement africain » s’est, depuis quelque temps, ternie. « Je me demande si les liens d’amitiés entre le Mali et la Libye, ne sont pas des liens de façade », lance Maître Brahima Koné, le président de l’association malienne des droits de l’homme (AMDH).

Les relations entre la Libye et le Mali pointées du doigt

Au lieu de renforcer l’Union africaine, ce genre d’événements tend à diviser l’Afrique. En plus des expulsions, les migrants maliens se sont plaints d’avoir été bastonnés par la police libyenne qui leur a confisqué tout leur argent et leurs biens personnels. « Les Libyens sont très racistes. Moi, j’ai tout perdu dans ce pays mon argent, mes vêtements. Je ne conseille à personne d’aller dans ce pays », confie Oumar, 15 ans à l’AFP. « J’ai été maltraité par les soldats libyens durant mon arrestation », ajoute Sidiki Banou, un autre expulsé, plombier depuis 7 ans en Libye.

Cet incident a suscité des protestations à Bamako. « On leur a tout pris et on les a renvoyé du pays comme s’ils étaient des animaux, c’est inadmissible », explique Brahima Koné. « Le silence du gouvernement malien dans cette affaire est inquiétant. L’AMDH va se réunir et prendre des mesures pour que le gouvernement réagisse et prenne enfin ses responsabilités », précise-t-il. Si le pouvoir se montre aussi réservé, c’est sans doute à cause des accords économiques conclus entre les deux pays. En 2007, la Libye avait investi 500 millions de dollars au Mali. Tripoli a posé sa marque un peu partout dans le pays. Dans les secteurs de l’hôtellerie, du tabac - elle détient la Société national des tabacs et allumettes du Mali (Sonatam) et du pétrole avec la société Tamoil qui gère six stations à travers le Mali.

La Libye, le nouveau gendarme de l’Europe

Après s’être présentée comme la terre d’asile du Tiers monde, la Libye du colonel Kadhafi se plaint d’être devenue un pays attirant tous les déshérités, avec deux à trois immigrés contre dix Libyens. Attirés par l’Europe, ils arrivent en masse dans le but d’atteindre les îles et les côtes italiennes à bord d’embarcations de fortune. Pour lutter contre cette immigration clandestine, la Libye a conclu avec l’Union européenne, en juillet 2007, un accord prévoyant un mécanisme commun de surveillance des frontières maritimes et terrestres.

Outre son statut forcé de pays transit, la Libye perçue comme un eldorado gavé de pétrole, séduit les migrants d’Afrique subsaharienne. Le pays n’étant plus en mesure de répondre aux objectifs économiques du pays de plus en plus ambitieux, les travaux sont effectués par des immigrés. Une situation qui n’est pas du goût de la Libye. Interpellé plusieurs fois par l’association malienne des expulsés (AME), en raison des conditions précaires dans les centres de rétention, le pays fait la sourde oreille et durcit sa lutte contre l’immigration clandestine. « On a déjà interpellé les autorités libyennes et maliennes à ce sujet, en vain. Tous les jours, des expulsés maliens nous appellent pour rendre compte de leur situation dégradante », explique Ousmane Diarra, le président de l’AME. « On assiste ici à une violation des droits de l’Homme ! », ajoute-t-il, énervé.

La Libye n’est pas la seule à mener une traque aux clandestins. Selon Ousmane Diarra, vingt trois Maliens ont été expulsées vendredi dernier du Maroc. Apparemment, les nouveaux gendarmes de l’Europe entendent bien mener la vie dure aux immigrés, quitte à violer au passage les droits de l’Homme.
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MessageSujet: Une majorité d'Américains et d'Européens s'inquiètent de l'immigration illégale   Lun 17 Nov - 18:30

Une majorité d'Américains et d'Européens s'inquiètent de l'immigration illégale
LE MONDE | 17.11.08 | 14h02 • Mis à jour le 17.11.08 | 14h35

Si, de part et d'autre de l'Atlantique, l'immigration est un sujet sensible, les opinions américaine et européenne ne manifestent pas d'opinions extrêmes, plaidant en faveur de politiques migratoires ouvertes et équilibrées. Tel est l'enseignement qui ressort de l'enquête réalisée dans sept pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne) par le German Marshall Fund of the United States (GMF US), rendue publique lundi 17 novembre.

Ainsi, Européens comme Américains considèrent (à 47 % et à 62 %) l'immigration "comme un problème". Les Français et les Néerlandais font exception, la percevant davantage "comme une opportunité" (46 % et 42 %).

UN IMPACT CULTUREL


Assimilée à un problème, l'immigration n'en a pas moins un impact positif sur la culture des pays d'accueil, affirment cependant dans leur grande majorité tant les Américains (68 %) que les Européens (65 %). Et bien que le sujet soit souvent associé aux questions d'insécurité, les uns comme les autres ne croient guère que l'immigration augmente les risques de terrorisme.

La principale inquiétude des citoyens américains et européens porte sur l'immigration illégale : 43 % des Européens et 45 % des Américains se disent préoccupés par ce phénomène. Les Européens, à l'exception notable des Français, redoutent une augmentation de la criminalité à travers les flux migratoires.

"Les Américains, comme les Britanniques, sont, eux, davantage préoccupés par l'impact économique de l'immigration", souligne Natalie La Balme, du GMF. Plus de la moitié des citoyens de ces deux pays (51 % et 52 % respectivement) pensent que les immigrés prennent les emplois des nationaux. "Cependant, relève Mme La Balme, ils pensent aussi (à 61 % et à 50 %) que l'immigration favorise le développement de l'emploi par la création d'entreprises." Pour limiter l'immigration illégale, les Américains, comme les Européens, estiment avant tout qu'il faut renforcer le contrôle aux frontières (respectivement 83 % et 80 %), pénaliser les chefs d'entreprise qui emploient des clandestins (74 % et 84 %), et renvoyer les migrants en situation irrégulière dans leur pays d'origine (69 % et 70 %). Mais les mêmes appellent, à 61 % et à 70 %, au développement de politiques favorisant l'immigration étudiante et de travail. Contrairement aux gouvernements, qui cherchent à favoriser une immigration professionnelle temporaire, les opinions publiques s'opposent à une conception utilitariste de l'immigration : 64 % des Européens et 62 % des Américains affirment qu'il faut donner la possibilité aux migrants en situation régulière de s'installer durablement.

Une fois ces migrants admis sur leur territoire, ils plaident également en majorité en faveur de politiques d'intégration leur garantissant les mêmes droits civiques (58 % en Europe, 59 % aux Etats-Unis), et les mêmes avantages sociaux (73 % et 58 %).

Laetitia Van Eeckhout
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MessageSujet: A Calais, les migrants s'entassent, traqués par la police   Mer 19 Nov - 7:16

SOCIÉTÉ - Des ados. Dehors, dans des cabanes de planches et de couvertures, près d'une usine chimique, à Calais. La nuit, ils tentent de passer en Angleterre, «sous les camions». Dessous? «Dessous, sourit Esmatollah, 15 ans, pas très grand, l'oeil triste, un peu d'acné. On fait comme on peut. On n'a pas d'argent pour un passeur».

Il est 14 heures, l'heure des repas distribués par le collectif C'Sur, quai de la Moselle, près de l'Hôtel de ville. Esmatollah et ses copains n'y sont pas, par «peur des policiers».

Inquiets de ce charter vers Kaboul annoncé pour ce soir, annoncé depuis plusieurs jours, après une proposition faite par les Britanniques à la France. mais hier, le quai d'Orsay a indiqué que les 43 Afghans, -dont 18 se déclarent mineurs-, présents au centre de rétention administrative de Coquelles ne seraient pas expulsés «du fait de la situation en Afghanistan, et au regard des critères habituellement utilisés par le Haut commissariat aux réfugiés».


Invisibles. A Calais, le chiffre des migrants à la rue enfle. «Un an après la fermeture de Sangatte, ils étaient 200, et déjà on alertait tout le monde», fulmine Monique Delannoy, présidente de La Belle Etoile, membre du C'Sur (1). Cinq ans plus tard, ils sont entre 500 et 700.» Le sous-préfet Gérard Gavory, minimise : «entre 450 et 500». La maire UMP Natacha Bouchart en compte «500 à 600». En fait, ils dépassent le millier, éparpillés sur le littoral. Les cabanes et les tentes ont essaimé près des terminaux de ferries et des aires d’autoroute, là où ils peuvent tenter d’embarquer en douce, encadrés ou pas par les passeurs. Ils sont 300 vcrs Dunkerque, 150 vers Saint-Omer, selon les associations, Mrap et Secours Catholique. Sans compter les invisibles, que les bénévoles n'ont pas repérés. Et ceux des côtes bretonnes et normandes, et les centaines qui errent autour de la gare de l'Est à Paris.

Tout le monde réagit face au nombre. Les humanitaires, qui réclament de l'aide. La mairie, obsédée par «l'image» que donnent les migrants. Les forces de l'ordre, qui veulent faire baisser le chiffre. Il y a une dizaine de jours, une opération de police, chiens, hélicoptère, et projecteur géant, dans les bois de Calais, où dorment les migrants. Le quotidien Nord Littoral raconte que journalistes et bénévoles ont été encerclés par un cordon de police rien que pour eux, pendant quarante minutes. «Rétablir l'ordre», assure le sous-préfet. En fait, harceler, pour décourager. Jean-Claude Lenoir, de l'association Salam, qui distribue les repas du soir, a été arrêté, gardé à vue, mis en examen pour un «outrage», qu'il nie.

La mairie propose de rénover trois maisons d'éclusiers, et d'installer un préau pour permettre aux assos de servir les repas. Mieux que l'actuel terrain, boueux et venteux. Elle finance les sanitaires. Trop peu pour C'sur qui menace de stopper les repas aujourd'hui. «Les migrants continueront à manger dehors, pas dans les maisons», précise Monique Delannoy. «madame le maire nous a dit que les repas seront distribués dansla cour, macadamisée, parce que "c’est plus facile à nettoyer"».


Tuberculose. Dans le bois, Esmatollah raconte qu'il vient de la région de Qazni, en Afghanistan, qu'il n'est pas beaucoup allé à l'école «à cause des Talibans», que son père a été tué, et que sa mère l'a caché, «à la maison, pendant un mois» pour qu'il ne soit pas enrôlé. «Le voyage jusqu'ici a duré plus d'un an. Ça fait six mois que je n'ai pas appelé ma mère». Un garçon s'approche, un pouce bandé de gaze blanche. «Un chien m'a mordu, la nuit où la police est venue». Il est passé à la Permanence d'accès aux soins de santé de l'hôpital de Calais, qui assure 280 consultations par mois depuis son ouverture en 2006. «Le mois dernier, nous en avons eu 520», constate Céline Dallery, infirmière. Gale, furonculoses, parfois des blessures de chutes de camions, coups de couteau des passeurs, matraque des policiers. Quelques tuberculoses. Facteur aggravant, les Erythréens ont été expulsés de leur squat du centre-ville. «Ils avaient accès à un point d’eau, ils arrivaient à se laver, chacun avait son couchage, et un toit, dit l'infirmière. Maintenant, ils dorment dehors, alors qu’ils sont fragiles au froid».

La maire UMP trouve que le tableau qu'on dresse est trop noir. «Vous constatez comme moi que ce sont des jeunes hommes correctement habillés. Ils sont en forme, alertes. Pas affamés, ni malheureux».

Dans le sable des dunes, un copain d'Esmatollah ramasse une boîte de sardine, la jette sur un tas d'ordures : «Voilà comment les policiers nous traitent. Comme des chiens Pourquoi?» Il étend les bras : «On est des humains».
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MessageSujet: La carte bleue européenne une "escroquerie" selon le démographe Hervé Le Bras   Lun 1 Déc - 18:21

La carte bleue européenne une "escroquerie" selon le démographe Hervé Le Bras
A en croire Thomas Jézéquel, permanent d'une grosse ONG belge qui travaille notamment dans le domaine des migrations, les politiques d'immigration des gouvernements français et européens sont à côté de la plaque. Elles ne répondent aux besoins, ni des pays de départ, ni des pays d'accueil des migrants. La politique que prône cet acteur de l'immigration est l'inverse de ce que prévoit la fameuse carte bleue européenne en cours d'examen par les vingt-sept Etats membres.

Prévue le 25 novembre, l'adoption de ce titre de séjour, inspiré de la "green card" américaine, été repoussée aux premiers mois de 2009. Les eurodéputés ont souhaité durcir les conditions de son obtention. Pour y avoir droit, les candidats doivent bénéficier d'un seuil de revenus. Au départ, les Etats l'avaient fixé à au moins 1,5 fois le salaire brut moyen, ce qui correspondrait en France à 3850 euros, et à 325 euros en Bulgarie. Mais les parlementaires ont souhaité que ce seuil soit relevé à 1,7 fois le salaire brut moyen, soit 4300 euros pour la France et 370 pour la Bulgarie. "Les Etats membres semblent paradoxalement plus ouverts que le Parlement qui en demandant de relever le seuil, se montre plus restrictif", a souligné la présidence française.

"Restrictif", ce titre de séjour qui s'adresse à des "migrants ultra-qualifiés" l'est effectivement selon Thomas Jézéquel. Et "sa dimension européenne est tuée dans l'œuf par le fait qu'il est attribué par l'Etat concerné, et valable seulement dans celui-ci pour un travail précis". Le démographe et historien Hervé Le Bras est encore plus sévère. Pour lui, la carte bleue est une "escroquerie absolue". "Si vous la comparez à la carte verte américaine, elle lui est inférieure sur tous les points", explique-t-il. Sa validité est de trois ans contre dix pour la carte verte. Son détenteur doit attendre trois ans pour avoir le droit d'aller travailler dans un autre pays d'Europe alors que la carte verte ouvre immédiatement l'accès à l'ensemble du territoire des Etats-Unis. Et tandis que le titulaire de la carte bleue ne peut espérer obtenir après cinq ans qu'un statut de résident de longue durée, celui de la carte verte peut demander la citoyenneté américaine. Aujourd'hui, 50% des immigrants qualifiés originaires du Maghreb partent pour le Canada ou les Etats-Unis, 5,5% pour l'Europe. Un titre de séjour aussi restrictif ne devrait donc pas permettre de renverser la tendance.

De surcroît, cette carte "ne répond pas au vrai problème qui est celui des visas à entrées multiples pour les gens du sud", poursuit Hervé Le Bras. Et Thomas Jézéquel ne dit pas autre chose: "Cette carte ne réglera en rien le problème de l'immigration illégale. Ça n'est pas un outil de gestion de masse des politiques migratoires, juste un instrument qui admettra dans un Etat membre des migrants ultra-qualifiés".

Au départ, Thomas Jézéquel avait réagi à mon billet du 19 novembre intitulé Démagogie et hypocrisie autour de la notion de codéveloppement. Je m'y faisais l'écho des critiques de chercheurs accusant les gouvernements d'avoir perverti le concept de codéveloppement en le transformant progressivement en dispositif anti-migratoire. La lettre de mission de Brice Hortefeux précise ainsi que "le développement (...) est évidemment la seule solution à la maîtrise des flux migratoires". Thomas Jézéquel avait alors posté un commentaire dans lequel il rappelait que "les transferts (de fond) des migrants sont un puissant outil de développement pour les pays d'origine".

D'où l'intérêt, selon lui, de faciliter les "migrations circulaires" et limitées dans le temps par un visa à durée déterminée. Cela permettrait de "remplir l'objectif initial du migrant économique: venir travailler en Europe, soutenir sa famille au pays et réunir assez d'argent pour rentrer et investir au pays". Et, aussi important, de rassurer une opinion publique que des années de matraquage anti-immigrés ont convaincue des dangers d'une installation massive des migrants et de leur famille. "Souvent, si des migrants restent ici, c'est par défaut, par peur de partir et de ne plus pouvoir revenir", affirme Thomas Jézéquel. Pour lui, "la fermeture hermétique est un mythe et favorise paradoxalement l'installation de longue durée et le regroupement familial, légal ou non".
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MessageSujet: Italie: 202 clandestins au large de Lampedusa   Ven 12 Déc - 16:29

Italie: 202 clandestins au large de Lampedusa
02/12/2008 20:00


Les gardes-côtes italiens ont annoncé mardi avoir intercepté un bateau chargé de 202 immigrés clandestins au large de la petite île de Lampedusa (sud).



Ils ont été conduits à terre au centre de premier accueil de Lampedusa, déjà au bord de l'explosion avec quelque 1.300 personnes, alors qu'il ne compte qu'un maximum de 850 places. Les arrivées de clandestins se sont multipliées ces derniers jours malgré le mauvais temps. En l'espace de quelques heures vendredi, plus de 650 immigrants à bord de deux embarcations avaient notamment été secourus en mer. Lampedusa est devenue le principal point d'entrée en Europe des boat-people en provenance des côtes d'Afrique. (NLE)
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MessageSujet: centre de rétention à mayotte   Jeu 18 Déc - 19:14

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MessageSujet: Il ont tout détruit   Lun 22 Déc - 16:55

Disparu, couvertures, réchauds, et l'argent du pain»
SOCIÉTÉ - Ce soir, ils montent des tentes et tractent devant la mairie de Loon-Plage, à l'heure du conseil municipal. Ils demandent à la ville de ne pas «fermer les yeux» sur ce «drame humanitaire» : des migrants survivent dans des cabanes, à quelques mètres du terminal ferry vers l'Angleterre. Avec Aissa Zaibet, du Mrap, interview.


Pourquoi monter des tentes devant la mairie de Loon-Plage ce soir?

Aissa Zaibet : Une façon d'interpeller le maire (Eric Rommel, PRG, ndlr). On interpelle aussi les maires de Téteghem et de Grande-Synthe, les deux autres communes où des migrants -autour de 300 dans le Dunkerquois- ont installé des campements. On demande aux maires d'agir, de ne pas être indifférents. C'est vrai que c'est à l'Etat de prendre ses responsabilités, mais ce n'est pas une raison de laisser mourir de faim et de froid des gens qui sont chez nous. Les migrants sont des humains, pas des bêtes.

Comment leur suggérez-vous d'agir?

D'une façon ou d'une autre, pour améliorer les conditions de vie. Ça peut être installer des bennes, des douches, des toilettes, un lieu d'accueil de jour, une présence forte pour soutenir les associations. Une aide financière, des tables rondes. On a déjà avancé avec Michel Delebarre (PS), à la Communauté urbaine. Il a déclaré être prêt à prendre en charge 50% des dépenses des associations en faveur des migrants. C'est un bon signe, après des années de silence. On souhaite que le débat soit porté au niveau politique, et on a commencé, on a rencontré sept partis de gauche et le Modem. On souhaite aussi rencontrer l'UMP.

Et l'Etat.

La balle est dans son camp. On essaie d'intervenir auprès de la Préfecture, mais ce n'est pas gagné, elle refuse la table ronde réclamée par Michel Delebvarre, et alors qu'on nous avait promis que la police cesserait de détruire les campements en période hivernale, on a vécu exactement le contraire, lundi.

Quelque 80 migrants arrêtés, et le campement détruit.

Une cinquantaine de policiers ont bouclé la zone de campement de cabanes en bois et de tentes à Loon-Plage face au terminal ferry. Environ 80 migrants ont été arrêtés et emmenés à la Police de l'air et des frontières. J'appelle ça une opération commando. Le lendemain, j'ai vu la police détruire les campements au bulldozer, avec tout le matériel de survie à l'intérieur. Tout a disparu, y compris les couvertures, les réchauds et l'argent de poche pour le pain et le lait. Ça a duré un peu plus de trois heures. Deux jours après, j'ai rencontré certains migrants, ils étaient de retour de Lille, d'où ils sont revenus par leurs propres moyens. Ils ne comprennent pas. Ils disent : «On ne fait rien de mal, pourquoi ont-ils tout détruit?» Une soixantaine sont de retour, et ont commencé à reconstruire ce campement. C'est absurde. Même si on ne s'attendait pas à un geste humanitaire de l'Etat à la veille de Noël.

Comment aidez-vous les migrants?

On leur apporte de la nourriture, des vêtements, des couvertures. On vient de leur acheter des tentes. Médecins du Monde -sept ou huit médecins généralistes de Dunkerque- passe une fois par semaine pour les soigner.

Recueilli par Haydée Sabéran
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MessageSujet: Le gouvernement italien critique l'Europe pour son manque d'aide face aux immigrés clandestins, et dénonce l'égoïsme de certains pays   Mer 2 Sep - 15:20

Le gouvernement italien critique l'Europe pour son manque d'aide face aux immigrés clandestins, et dénonce l'égoïsme de certains pays. Silvio Berlusconi menace de bloquer le fonctionnement de l'Union européenne.

Le ministre italien des Affaires européennes Andrea Ronchi a dénoncé "l'impuissance de l'Europe concernant l'immigration clandestine", dans un entretien publié mercredi par le quotidien Il Corriere della Sera.
La Libye s'etait engagée en juin dernier à endiguer l'afflux de migrants clandestins vers l'Italie.

REUTERS/Handout

La Libye s'etait engagée en juin dernier à endiguer l'afflux de migrants clandestins vers l'Italie.

"Jusqu'à présent, l'Europe nous a laissés seuls. Sur l'immigration, elle est très en retard, à un point tel qu'elle ne se rend compte que maintenant qu'il s'agit d'un problème qui concerne les 27 pays de l'Union", a déclaré le ministre.

Selon Andrea Ronchi, "Bien que (le président français Nicolas) Sarkozy ait fait de ce thème une priorité de la présidence française (de l'UE), l'Europe est restée absente et sourde".

"Il y a en Europe beaucoup de pays égoïstes qui ne se sentent pas concernés par ce problème (...) L'Espagne suit sa propre voie, l'Allemagne bloque les immigrés avec un test de langue, et ainsi de suite", a-t-il critiqué.

Berlusconi menace de bloquer l'UE

Pour le ministre italien des Affaires étrangères, l'UE "est coupable parce qu'elle a laissé exploser le problème. Pour cette raison, la réunion de Bruxelles sera importante parce que la Commission essaye de donner naissance à une action commune pour obtenir une plus grande solidarité" des autres pays membres de l'UE.

Mardi 1 septembre, à Gdansk (Pologne), pendant la célébration du 70ème anniversaire de la Seconde guerre mondiale, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi s'en était pris à la Commission de Bruxelles, après une demande d'éclaircissements d'un porte-parole européen concernant le refoulement dimanche vers la Libye d'un bateau chargé de 75 clandestins.
Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi et le leader lybien Mouammar Kadhafi, ensemble, le 30 août 2009.

REUTERS/Ismail Zetouny

Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi et le leader lybien Mouammar Kadhafi, ensemble, le 30 août 2009.

Berlusconi avait menacé de "bloquer le fonctionnement de l'UE", en refusant de voter les décisions prises lors des conseils européens et de demander "la démission des commissaires" dont les porte-parole s'exprimeraient sur des sujets qui ne sont pas de leur compétence, selon des déclarations largement reprises par la presse italienne.

Le Commissaire européen chargé des questions d'immigration, Jacques Barrot, doit présenter ce mercredi à Bruxelles une proposition sur la "réinstallation" des réfugiés arrivant en Europe.

L'exécutif européen veut oeuvrer à un "partage du fardeau" entre pays européens, afin de soulager notamment La Valette et Rome dans la prise en charge des immigrants. Suivront début octobre, des propositions sur l'harmonisation des procédures d'asile entre Etats.
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MessageSujet: Clandestins, ils se cousent les lèvres   Mar 8 Sep - 9:57

08/09/2009 | Mise à jour : 08:55 | Commentaires 14 | Ajouter à ma sélection
Deux immigrés clandestins participant à Liège (sud-est de la Belgique) à une grève de la faim pour obtenir leur régularisation se sont cousus les lèvres pour marquer leur détermination, ont rapporté les médias belges. Sur 75 sans-papiers qui occupent depuis juin la gare liégeoise de Bressoux, 37 ont entamé le 2 septembre une grève de la faim, dont cinq, à ce jour, se sont cousus les lèvres, a indiqué l'agence de presse Belga, confirmant une information de la télévision publique RTBF.

Samedi, trois sans-papiers s'étaient déjà cousus les lèvres en signe de durcissement de leur action. Ils craignent de ne pas entrer dans les critères de régularisation prévus dans un récent accord gouvernemental.

Un porte-parole de l'OSP (Organisation des Sans-Papiers), Youssef El Hadif, a précisé que six des 37 grévistes de la faim avaient dû être hospitalisés jusque là un mais que tous ont rejoint la gare de Bressoux par la suite. "Ils restent décidés à ne terminer leur grève de la faim qu'une fois une solution trouvée", a-t-il dit.

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MessageSujet: Hier matin, la police a démantelé un camp de migrants vietnamiens,   Mer 9 Sep - 5:29

Hier matin, la police a démantelé un camp de migrants vietnamiens,

installé depuis deux ans sur la commune d'Angres, à deux pas d'une station-service de l'A 26. Quatre-vingts personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue.

Cette opération fait suite à une échauffourée qui a eu lieu la semaine dernière, dans la nuit de jeudi à vendredi. Sept Vietnamiens avaient été agressés par une vingtaine d'individus masqués. « C'est sûrement une histoire de racket », estime Benoît Decq, du Collectif d'aide aux migrants d'Angres. C'est peut-être la raison pour laquelle le propriétaire du terrain a porté plainte. « Une autre intervention policière avait eu lieu en début d'année dans ce camp, mais uniquement pour vérifier les identités, raconte Benoît Decq. De toute façon, ils vont certainement relâcher tout le monde. » La préfecture ne semble pas du même avis et affirme que des reconduites aux frontières sont possibles.
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MessageSujet: La «jungle» de Calais ferme ses portes   Mar 22 Sep - 6:06

Les opérations de démantèlement du campement de migrants clandestins ont commencé ce matin, alors que les associations dénoncent une fausse solution.

Les opérations de démantèlement de la «jungle» de Calais, voulu par le ministre de l'Immigration Eric Besson, ont démarré mardi tôt dans la matinée. Des cars ont commencé à encercler le camp peu avant 7h30. Sur les 800 migrants - essentiellement afghans - qu'abritait ce lieu en juin, il n'y en avait plus que 150, selon les journalistes sur place.

Les migrants ont été prévenus par des mégaphones. Ils se sont aussitôt placés derrière des banderoles, préparées à l'avance et rédigées en anglais et en pachtoune (langue afghane) : «Nous avons besoin d'un abri et de protection. Nous voulons l'asile et la paix. La jungle est notre maison», proclame l'une d'elles. Ils attendaient l'intervention des policiers, dans un grand silence, en présence d'une nuée de journalistes et de militants associatifs. «On n'a nulle part où aller. Ici, c'est notre village, avec nos maisons et notre mosquée» a de son côté confié Bashir, 25 ans, à l'AFP.

«Tous les migrants auront un entretien»

Le démantèlement de la «jungle» est «une fausse solution (..), inefficace et qui aggrave la situation», ont déclaré lundi l'ensemble des associations humanitaires locales au cours d'une conférence de presse commune à Calais. «Détruire les abris, c'est provoquer l'éparpillement des camps, livrer les migrants aux réseaux maffieux et ne rien régler sur le fond. C'est persister dans l'erreur de 2002 de la fermeture du camp de Sangatte», ont-elles estimé.

Un avis que ne partage pas le ministre de l'Immigration, qui s'est félicité hier de la baisse du nombre de migrants : «Depuis l'annonce du démantèlement, il y a moins de migrants qui sont arrivés, et cela montre que les passeurs ont de plus en plus de mal à vendre le ticket pour Calais, car l'assurance d'un hébergement fait partie du paquet», s'est félicité lundi Eric Besson. «Tous les individus qui vivaient dans la jungle ont été approchés. 180 ont présenté une demande d'asile et 180 autres ont accepté un retour volontaire», a-t-il par ailleurs indiqué, avant de promettre : «Lorsque nous fermerons, tous les migrants sur place, et ils sont de moins en moins nombreux, auront un entretien au cours duquel les différentes options leur seront présentées».
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MessageSujet: L'évacuation de la jungle menée ce matin ne fait que déplacer le problème   Mar 22 Sep - 15:51

Pour nombre de militants auprès des migrants à Calais, l'évacuation de la jungle menée ce matin ne fait que déplacer le problème. L'abbé Jean-Pierre Boutoille, du collectif C'sur, explique pourquoi.



L'abbé Jean-Pierre Boutoille est porte-parole du collectif d'aide aux migrants C'sur (Collectif de soutien d'urgence aux réfugiés), qui porte assistance depuis des années aux migrants de Calais.

Vous étiez sur place ce matin, comment s'est passée l'évacuation de ce bois qu'on appelle la jungle?
Comme toujours dans ces cas là, les CRS, une centaine, ont commencé par encercler la jungle, de sorte que ceux qui y étaient ne pouvaient en sortir et inversement. Puis d'autres CRS sont entrés dans le bois pour évacuer les migrants. Une bonne moitié d'entre eux s'étaient cachés dans la campagne environnante ces dernières semaines par crainte du démantèlement. Ceux qui sont restés ont été interpellés. Ils sont 278, m'a dit le préfet. Dont 132 mineurs, ce qui est beaucoup. Les plus jeunes ont 10 ans. Des militants de No Border (réseau européen qui lutte pour la liberté de circulation entre les pays, ndlr) se sont opposés, il y a eu des bousculades, des bénévoles et des journalistes ont été molestés. Cet après-midi les bulldozers vont arriver pour nettoyer les lieux.

Que va-t-il advenir des migrants interpellés?
Ils ont été emmenés ce matin dans des cars de CRS. Pour où? On ne sait pas. Les mineurs, non expulsables, ont sans doute été conduits dans des centres d'hébergement. Les majeurs vont être contrôlés puis, soit envoyés en centre de rétention s'ils sont reconductibles, soit libérés. Ceux-là reviendront, il y aura un nouveau campement, de nouveaux squats. Démanteler la jungle ne résoud rien.

Le ministre de l'Immigration et de l'Intégration nationale Eric Besson justifie l'opération en expliquant que c'était indispensable pour lutter contre les passeurs. L'argument est valable?
Non, ça ne tient pas, pour la simple raison que les passeurs ne sont pas dans la jungle, ils vont dans les squats à d'autres endroits. Cette opération n'est qu'un coup médiatique pour dire «regardez, l'Etat fait quelque chose». Mais sur le fond, c'est un coup d'épée dans l'eau.

L'autre argument avancé par le gouvernement est celui de l'insécurité: des Calaisiens auraient été victimes d'agression.
Là encore, c'est un faux argument. Aucune plainte n'a été déposée en huit ans. Après, que des migrants passent des barrières pour aller aux toilettes, cela arrive. Mais nous n'avons jamais eu vent d'agressions.


Que faudrait-il faire pour dénouer la situation?
Mener une politique humanitaire plutôt que purement répressive. En particulier, informer les migrants sur le droit d'asile, le retour volontaire... Ce travail a été mené ces derniers mois par le Haut commissariat pour les réfugiés et le secours catholique, avec des résultats puisque depuis mai, à Calais, 180 migrants ont demandé l'asile et 170 le retour volontaire. Il aurait fallu continuer cela. Mais là, la confiance a été cassé avec le gouvernement, il va être difficile de recréer un dialogue.

Les migrants ne sont-ils pas hostiles au retour volontaire?
Pas si on leur propose des conditions acceptables: une aide financière mais aussi un accompagnement sur place, pour ne pas qu'ils se sentent dévalorisés par rapport à leur famille une fois de retour. On ne peut pas les lâcher comme ça à la descente de l'avion. Il faut comprendre qu'ici ils sont dans une impasse. Ils ne voient plus l'Angleterre comme un eldorado, ils ont des contacts avec des proches passés là-bas, ils savent que c'est difficile.
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MessageSujet: Les étrangers en situation irrégulière grèvent-ils les systèmes de soins européens ?   Ven 25 Sep - 15:37

Les étrangers en situation irrégulière grèvent-ils les systèmes de soins européens ? L'enquête sur la santé des sans-papiers que devait présenter Médecins du monde (MDM), jeudi 24 septembre, vient corriger un a priori tenace selon lequel des étrangers migreraient clandestinement pour se faire soigner en Europe.


Cette enquête, menée auprès de 1218 migrants sans-papiers accueillis dans les permanences de MDM dans onze pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède et Suisse), ne fait ressortir aucune corrélation entre les migrations pour raison de santé et les différences entre législations nationales concernant l'accès aux soins.

Si en France, où les conditions d'accès aux soins sont assez favorables, 10,1 % des personnes interrogées citent la santé comme motif de migration, elles sont 8,5 % en Grèce et 7,8 % en Suède, deux pays comptant pourtant parmi les moins accueillants à cet égard. En Espagne, où la législation est favorable, seulement 4,2 % des personnes citent la santé comme raison de migration.

"Les migrants ne sont pas des malades qui viennent en Europe pour se faire soigner. Ce sont, dans leur grande majorité, des individus jeunes et en bonne santé qui migrent pour raisons politiques ou économiques, et rejoignent l'Europe pour s'y construire un avenir. Ce sont l'accueil et les conditions de vie qu'on leur réserve qui les rendent malades", relève Nathalie Simonnot, qui a coordonné cette enquête validée par des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

De fait, les immigrés sans autorisation de séjour interrogés par MDM déclarent être en "mauvais" ou en "très mauvais état de santé" à une fréquence trois fois supérieure à la moyenne de la population de l'Union européenne, et même seize fois plus souvent que les Allemands. Cet état de santé "ressenti" est confirmé par les médecins de l'association, qui ont constaté que 32 % des sans-papiers interrogés étaient atteints au moins d'un trouble de santé chronique, lequel ne s'était pas manifesté avant leur départ pour l'Europe.

AUCUN SUIVI DE GROSSESSE

Employés dans des secteurs d'activité offrant des conditions de travail difficiles, ces sans-papiers connaissent souvent des conditions de logement précaires. "S'ajoute à ces conditions de vie pathogènes un manque criant de prise en charge et de suivi. Un tiers de ces personnes présentent des problèmes de santé pour lesquels un traitement est indispensable et ne sont pourtant pas suivies du tout", relève Nathalie Simonnot.

Contrairement à une idée reçue selon laquelle les migrants profiteraient des systèmes de santé de leur pays d'accueil, les sans-papiers n'ont pas souvent recours aux soins. Quand c'est le cas, c'est souvent après avoir attendu longtemps pour consulter. "Quand je suis malade, je me couche et j'attends de guérir", raconte une Ivoirienne qui ne s'est laissée convaincre de consulter un médecin qu'au huitième mois de sa grossesse.

Près de la moitié des femmes enceintes concernées n'ont bénéficié d'aucun suivi de grossesse. Médecins du monde relève également que les enfants ne sont souvent pas pris en charge, alors qu'ils sont protégés par une convention internationale censée leur assurer l'accès aux services de santé. L'organisation appelle les gouvernements européens à dissocier leurs politiques de santé de leurs politiques d'immigration.
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