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 Manipulations sectaires ?

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MessageSujet: Manipulations sectaires ?   Jeu 30 Juil - 15:46

Enquête du parquet de Bastia sur une association religieuse

Une enquête préliminaire a été ouverte, notamment pour "abus de faiblesse sur une personne vulnérable", sur les agissements d'une association religieuse établie à Vescovato, en Haute-Corse, a indiqué jeudi le procureur général Paul Michel à l'AFP.

"Une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur Jean-Jacques Fagni sur cette association religieuse qui se fait appeler +La famille Ave Maria de l'enfant Jésus+", a-t-il précisé.

"Elle a été ouverte il y a plusieurs semaines à la suite d'un signalement. Nous n'en sommes qu'aux prémices", a précisé le magistrat confirmant une information du quotidien le Parisien.

"Nous passons tout en revue pour voir si nous avons à faire à de doux dingues ou si il y a eu une entourloupe", a déclaré le procureur Fagni à l'AFP en relevant "le caractère a priori assez curieux de cette association".

L'enquête a été ouverte "pour abus de faiblesse sur une personne vulnérable en liaison avec une entreprise sectaire, abus de confiance et escroquerie", a-t-on indiqué de source judiciaire.

L'association est dirigée par une ancienne-aide soignante, Agnès Mignoni, 46 ans, qui se fait appeler "La messagère".

Sur son site internet - dont l'évéché d'Ajaccio à vainement demandé la fermeture - "l'association se prévaut de soutiens de l'Eglise de Corse et du Vatican, dont elle ne dispose pas", a précisé jeudi à l'AFP un porte-parole de Mgr Jean-Luc Brunin, évêque d'Ajaccio.

"Cette personne prétend être une messagère de Dieu et fait état de soutiens de personnalités de l'Eglise qu'elle n'a pas, et d'apparitions qui n'ont jamais fait l'objet de la moindre enquête de l'Eglise et, par conséquent, ne sont pas validées", a déclaré le porte-parole.

*** Voila qui rappelle bigrement l'affaire Léoncel non ?***

http://leoncel.free.fr


rendeer rendeer rendeer


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MessageSujet: La communauté de l'Agneau   Ven 19 Fév - 7:09

L’émission « Le Jour du Seigneur » diffusera la messe du 1er dimanche de Carême, le 21 février prochain, en direct de la chapelle de La Trinité avec la communauté de l’Agneau, à Plavilla dans l’Aude (11). Très bien ! Sauf que cette communauté n’est pas sans poser question ainsi que le montre notre enquête ci-après. Comment les responsables de l’émission du « Jour du Seigneur » peuvent-ils ignorer à ce point de telles difficultés. Difficultés qui ont déjà fait réagir nombre de familles suite à l’entrée de l’un de leurs enfants dans cette communauté…

Petit rappel historique

La communauté de l’Agneau est née de l’inspiration de Marie-Thierry Coqueray, sœur dominicaine, désireuse de vivre sa vocation dans la pauvreté. Elle avait auparavant fréquenté le centre d’étude du Saulchoir et à Paris et le frère Christoph Schönborn, dominicain p, aujourd’hui archevêque de Vienne en Autriche. Nous publions le témoignage d’un jeune homme, épris d’idéal évangélique, qui a quitté il y a quelques années, cette communauté (cf. Golias Magazine n°102/103, 2005).

Selon ses propres dires, elle a fait Mai 68 à sa manière. En effet, alors que l’Église catholique connaissait une forte hémorragie dans les communautés religieuses à cette période, elle envisagea un nouveau style de vie, mendiant et itinérant, revenant aux sources de l’ordre dominicain. Elle participa également aux débuts du Renouveau charismatique, qui se veut pareillement un retour à la source de la mission de l’Église : la Pentecôte, (Toutefois, la communauté de l’Agneau ne s’inscrit pas dans cette mouvance). Elle a donc un sens particulier de l’innovation.

Le risque étant que ce retour aux origines, sans analyse historique critique préalable, ne devienne un retour en arrière vers un modèle chimérique et figé. Les ordres mendiants eurent un rôle prophétique, pourtant ils sont rapidement devenus des références en matière de sou-mission inconditionnelle à la hiérarchie ecclésiale (cf. l’obéissance de saint François d’Assise au pape montrée en exemple, la persécution des franciscains « spirituels », ou encore l’utilisation des mendiants dans la mise en œuvre de l’Inquisition). On imite le saint Dominique de l’hagiographie, comme si sa vie tenait de la révélation...

Après un long mûrissement et la résistance de sa congrégation d’origine, sœur Marie-Thierry obtint la reconnaissance comme « Pieuse Union » de la communauté de l’Agneau, en 1983 par l’évêque de Perpignan, à l’époque Mgr Jean Chabbert, franciscain (ofm), qui accueillit la même aimée sur son diocèse les « frères » de la future (et problématique) communauté de la Croix Glorieuse (cf. Golias Magazine n)102/103). Acceptées la même année par le frère Vincent de Couesnongle, op., comme un « rameau naissant » de l’ordre dominicain, les petites sœurs de saint Dominique (c’est leur autre nom) croissent alors en nombre. En fait, les petites sœurs se sont ajoutées sans difficulté à une multitude de congrégations dominicaines féminines. En revanche, il n’y a pas plusieurs congrégations masculines mais un seul ordre des frères prêcheurs. L’apparition de petits frères et leur intégration à l’unique « tronc » des frères prêcheurs sembla moins évidente et on en resta à une acceptation tacite. Petite sœur Marie, puisque tel est le nouveau nom de la fondatrice, souhaite apparemment conserver une unité communautaire, avec des petits frères et des petites sœurs (celles-ci portent une robe et un scapulaire bleus, les frères un capuce, les sœurs un voile noué derrière la tête, tous un rosaire muni d’une croix imposante attachée à la taille, ainsi qu’une croix en bois autour du cou, remplacée lors des vœux définitifs par un agneau inscrit dans un médaillon en bois) et des laïcs de l’Agneau, des jeunes de l’Agneau, des séminaristes de l’Agneau, des prêtres de l’Agneau, voire des évêques de l’Agneau (Mgr Chabbert et Mgr Schönborn en tête, mais Marie n’a pas encore « officialisé » cela...). Tout un peuple de Dieu, uni par le port de la même croix en bois remise en mains propres par Marie, la « Croix de Jésus » (dixit le rituel). Une vraie culture d’entreprise. Cette communauté compte une centaine de petites sœurs, une trentaine de petits frères, et une centaine de laïcs, répartis en divers pays : France, Espagne, Argentine, Italie, Autriche, Pologne et Chili. Depuis le 29 juin 1996, l’évêque responsable de la Communauté de l’Agneau est… le cardinal Christoph SCHÖNBORN o.p., cardinal-archevêque de Vienne (Autriche) et non pas Mgr Planet, évêque de Carcassonne, diocèse où est pourtant installée la maison-mère de la communauté de l’Agneau. Aujourd’hui la Communauté de l’Agneau est une Association Publique de Fidèles en voie de devenir congrégation. Le chapeautage du cardinal Schönborn y aidera sans nul doute. Sans compter une messe télévisée pour ouvrir le Carême et « ficeler » définitivement une légitimité ecclésiale pour le moins contestable ! Et ce n’est pas la prédication du frère dominicain Bonino (de la très réactionnaire province de Toulouse), connu pour son intransigeance, qui éclairera la lanterne des fidèles téléspectateurs, ce dimanche 21 février prochain !

Christian Terras

Julien Sapena : témoignage d’un ancien petit frère de la communauté de l’Agneau

Je témoigne de ma période d’essai et de « postulat » en tant que petit frère dans la communauté de l’Agneau d’avril 2001 à avril 2002, à la « maison » générale Saint-Pierre à Plavilla dans l’Aude (un vaste lieu-dit, non loin du monastère de Prouilhe où s’établirent les toutes premières moniales dominicaines). J’avais préféré l’oublier, réservant mes réflexions sur cette expérience à mon entourage une bonne fois pour toute. Ce n’est donc pas sans difficulté que je dénonce aujourd’hui, avec le recul, la dérive de cette communauté. Douce dérive, car cette communauté semble fondée sur une tradition ecclésiale solide (dominicaine et franciscaine) en prenant soin de s’adapter au temps présent comme l’a demandé le concile Vatican II, pour « suivre le Christ Pauvre et Crucifié » selon un propos « de conversion à l’Évangile ». Malheureusement, cette adaptation à l’évolution d’une société toujours plus libre et indépendante à l’égard de l’Église se traduit par une coercition psychologique toujours plus insidieuse.

Après diverses expériences communautaires (je venais de passer dix-sept mois de service national en tant qu’objecteur de conscience dans la communauté du Chemin Neuf), attiré par une pauvreté évangélique radicale et le modèle de saint François d’Assise, de nombreuses connaissances ayant attesté du sérieux de cette communauté qui avait quitté Perpignan depuis peu, je demandai simplement à passer quelques semaines à Plavilla. Également, ma mère était engagée dans la communauté de la Croix Glorieuse. J’ai fréquenté celle-ci pendant dix ans et j’avais aussi tenté d’y entrer (j’y étais resté huit mois). Leurs premiers « frères » avaient failli s’associer aux premières petites sœurs de l’Agneau pour ne faire qu’une communauté, mais ils avaient des « charismes » si différents, et des fondateurs aux personnalités si fortes, qu’on en resta à un aimable cousinage. Après tant d’essais en communautés religieuses, et avec le vif désir de m’éloigner du Renouveau charismatique que je ressentais de plus en plus superficiel, je recherchais du solide, du sérieux, de l’austère même. J’allai donc chez les « cousins ».

Mon entrée en communauté

Les premiers contacts furent vraiment fraternels, notamment avec le frère qui vint me chercher, et le prieur, petit frère François-Dominique. Je fus tout de suite impressionné et eu le sentiment profond d’être accueilli dans ma famille. Mes réactions étaient confortées par la lecture d’un ouvrage du maître de l’ordre des prêcheurs de l’époque, Thimothy Radcliffe : « Je vous appelle amis. » J’avais la naïveté de celui qui découvre pour la première fois une tradition fort ancienne. L’émerveillement et la sécurité se combinaient. Je me dis : s’ils vivent comme ils vivent, c’est que nous pensons la même chose. Conclusion : je m’efforçais d’adhérer à leur discours pour pouvoir vivre comme eux. Au risque de nier toute pensée personnelle. J’avais mordu à l’hameçon d’une vie de sainteté (plus rêvée que réelle) et m’engageais résolument sur la voie du masochisme, de ce que je n’allais pas tarder de qualifier, en mon for intérieur, d’autocontrainte.

Je constatais que de nombreux frères avaient été attirés par l’idéal franciscain, et atterrissaient dans cette communauté, dominicaine. Nous suivions la même voie, guidés par un trompe-l’oeil. Peut-être par le secret orgueil d’être les meilleurs, les plus « purs », les plus proches de l’inspiration première des ordres mendiants.

J’eus le bon goût d’arriver pendant un rassemblement de quasiment toutes les fraternités de la communauté, à l’exception de l’Amérique latine. Le rythme était beaucoup plus libre, très festif, et l’on accueillait énormément de jeunes. Tout contribua à ce que j’aie une vision faussée de la vie communautaire. Et la séduction n’en fut que plus forte.

Un détail me choqua tout de même. J’avais l’habitude d’un mélange des états de vie dans des communautés charismatiques ; or les liturgies à la communauté de l’Agneau marquent une séparation forte : les frères sont dans le chœur entourant l’autel, les sœurs sont à l’avant de l’assemblée, et les laïcs à l’arrière. Tous les religieux sont assis sur des tabourets en bois identiques. Et régulièrement, pendant le chant final de la messe, adressé à Marie (la Sainte Vierge !), les laïcs étaient conviés à sortir de la chapelle car les membres religieux devaient se réunir. Nous restions, généralement auprès de la fondatrice, pour parler de choses « secrètes », en un chapitre improvisé, au sujet de tel ou telle qui allait entrer en communauté par exemple. Ce n’est pas tant le contenu des conversations que leur caractère secret qui m’agaçait. Comme si la vocation des religieux pouvait sortir renforcée de l’exclusion des laïcs. Mais c’est également un moyen de susciter l’envie de la « perfection de la vie religieuse chez les plus jeunes.

« Choses secrètes » avec la fondatrice

Globalement, les premières semaines furent conviviales. Je découvrais une liturgie belle et ample, même si pendant mes premières vigiles de la Pentecôte (une nuit entière de prières) je me demandais si je n’étais pas tombé chez les fous. Tout cela passait vite et permettait peu de recul, l’accueil demandant une attention continuelle, mais n’était-ce pas cela la charité ? Je m’adaptais aux conditions de vie spartiate et suivait le mouvement (jusqu’en une courte mission à Barcelone, où je pus apprécier des effectifs réduits et expérimenter directement la mendicité). Je découvrais. Peu de temps après avoir accepté l’entrée en postulat, une jeune petite soeur novice originaire d’Argentine s’est enfuie. Ce fut l’occasion d’un énième chapitre après une messe. La fugitive était partie en civil. Marie disait craindre qu’elle ait fait quelque chose d’irréparable ! Nous restâmes longuement sans nouvelle, gardant le triste secret pour nous, et demeurant dans la peur. Marie reçut des informations par un ami policier (la sœur était pourtant majeure). Nous eûmes droit à une surprise. Immédiatement après une prière commune à l’attention de la fuyarde, Marie répondit au téléphone devant nous : c’était elle Mise en scène montée à l’avance, ou divine coïncidence ? En tout cas, cela ne permit pas de la localiser définitivement.

À l’approche de mon entrée en postulat, j’étais barbu, les frères devant être imberbes (à l’exception d’un frère désavantagé par un bec de lièvre), il fallut me raser. Non sans que l’on me parle d’un frère qui était resté longtemps barbu, et qui après avoir accepté de se raser présenta quelques problèmes psychologiques, et quitta la communauté... Or on me demanda d’aller à la recherche de la sœur évadée avec une laïque de la communauté, au prétexte qu’on ne me reconnaîtrait pas (c’était une décision prise par les anciens de la communauté réunie en conseil avec Marie). Incognitos, nous avons fait les bars de Port Leucate et nous avons retrouvé la sœur : elle travaillait dans un restaurant dans le but de se payer l’avion pour retourner en Argentine. Le lien ainsi renoué, Marie, rassurée au début, finit par affirmer qu’elle risquait de se faire exploiter par les gérants du restaurant et proposa de lui payer l’avion (en partie, ou en totalité, je ne sais plus). La sœur retourna en Argentine auprès de sa tante... elle-même petite soeur dans la communauté. Au seuil du postulat, je restais. Officiellement, la fugitive avait eu le mal du pays.

Le 15 août 2001, j’entrais en postulat. Je reçus la croix, mais j’avais revêtu auparavant un pantalon et une tunique bleu marine. Je n’avais jamais vu une entrée en postulat avec des signes d’appartenance aussi forts. La nécessité d’un signe extérieur pour mendier fut avancée. Pour l’anecdote, je ressemblais à un profès définitif » de la communauté de la Croix Glorieuse, ce que j’avais jusqu’ici soigneusement évité...

Conditions matérielles problématiques

Les conditions de vie sont acceptées comme une ascèse et comme témoignage rendu au Christ pauvre : multiplication de veilles et de longues liturgies, toilette à l’eau froide hiver comme été, lavage du linge de corps à la main (afin d’économiser les machines), parfois nourriture appauvrie du fait de la mendicité, enfin literie un peu rigide (le sol, une table, ou une planche en bois, quoi-qu’un des frères souffrant du dos ait eu droit à un matelas). On conserve les eaux usagées pour vider la cuve des WC (les chasses d’eau sont retirées). Le retour à la terre a été à la mode après 1968 ; Marie invite au retour à la cendre : « Tu es poussière et tu retourneras en poussière. » Tous les jours « Carême ». Mais tout cela rapproche-t-il vraiment de ceux qui font Carême chaque jour par nécessité ? La lutte pour la justice sociale fut rarement évoquée. Ne s’agirait-il pas plutôt de fatiguer les adeptes, ou de « mater » la chair (mais, dans ce cas, au non de quel dualisme, le catharisme ?). En tout cas, ces pratiques nouvelles pour les « riches » que nous étions concourraient à la cohésion communautaire.

Mon expérience frisa le grotesque quand, lors d’une mission, logés chez l’habitant avec le prieur des frères (et non un novice maladroit), nous nous allongeâmes pour la nuit à même le sol dans nos sacs de couchage, sans toucher au lit. Quels saints hôtes nous faisions ! Au mépris de la plus élémentaire politesse. Et ces habi-tudes, je les avais assimilées jusqu’au scrupule, revenu chez moi le temps d’une pause entre ma première expé-rience et le début du postulat : ce fut l’occasion d’un torticolis dû à l’eau froide et à mes nuits sur le sol.

Comme le dit un jour un frère, « nous vivons les uns sur les autres ». Charmante expression, vous en conviendrez, pour attester la promiscuité. J’eus en tout et pour tout, deux journées de « désert », de réelle solitude, en un an. Également, j’eus la possibilité d’aller voir ma mère en septembre 2001, car elle s’engageait définitivement dans la communauté de la Croix Glorieuse, mais l’on me fit comprendre que c’était une concession puisque je venais d’entrer en « postulat ». Et je fus rejoint au bout d’un jour par deux frères qui ont logé dans ma famille. Toute mission à l’extérieur se faisait au moins deux par deux, comme les apôtres, mais aussi de sorte que l’on s’autocensurait mutuellement : c’était une entité communautaire qui se déplaçait, non des individus. Plus tard, ma mère vint à Plavilla durant un week-end, j’eus quelques heures de promenade, seul avec elle, le dimanche sur le site de la communauté : occasion d’une découverte effective et détendue de mon environne-ment quotidien ! Mais nous étions si occupés d’ordinaire. Enfin les contacts téléphoniques ou épistolaires avec la famille ou les amis furent prohibés pendant les temps de l’avent et du carême, comme au Carmel selon la fondatrice. Nous n’étions pas au Carmel, sauf erreur de ma part. Mais nous empruntions à tous les ordres mendiants... Attention, qui trop embrasse, mal étreint.

Les fondateurs et leurs lubies

Comme beaucoup de frères, j’avais été attiré par la mendicité : je la croyais par définition plus franciscaine que dominicaine, j’appris qu’il s’agissait de prêcher par la pauvreté, comme le Christ pauvre, comme saint Dominique... Cet enracinement dans l’ordre dominicain s’accompagne d’une ambiguïté : les saints patrons de la communauté sont saint Dominique, sainte Catherine de Sienne, mais aussi saint François d’Assise, sainte Claire et, si je me souviens bien, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein) ; la fondatrice, petite sœur Marie, a été détachée de l’ordre dominicain pour vivre la mendicité dans les années 1970 et la communauté est née de son expérience ; le frère Jean-Claude Chupin, ofm, conseiller spi-rituel de la fondatrice, fit un essai de fraternité franciscaine mendiante et itinérante dans la région parisienne mais échoua (un des frères prêtres s’est marié) et n’a de cesse de relancer ce type d’initiative dans son ordre. En fait, on s’approche de la communauté séduit par ce frère franciscain souriant (ses prédications sont enthousiastes et centrées sur l’évangile... après décryptage, il a bien souvent le mot obéissance à la bouche) ou par le prieur des frères François-Dominique (il a un art consommé de se faire tout à tous, avec une « spontanéité » digne d’un fol en Christ... en fait une éloquence de comédien qui cache une maladroite rigidité envers les frères sur des broutilles, et son inadéquation à sa charge de prieur), ou encore par le visage lumineux et l’apparence de maturité des petites sœurs... quand apparaît la fondatrice, qui mène toute cette barque comme une mère abusive, par l’affectif.

Fait significatif, les soixante-dix ans de Jean-Claude Chupin ont été l’objet d’une fête pendant trois jours : nous, les frères, avions préparé pendant des semaines un vrai spectacle de marionnettes sur la vie de saint François (un des frères composa des morceaux de musique, un autre, couturier de profession, fabriqua de splendides costumes pour les figurines), mais également une cabane roulante, pour ses journées de solitude, etc. Cette débauche de moyens et de temps pour le culte (aimable, joyeux, festif, et très spirituel) de la personnalité du conseiller de Marie, était la célébration inconsciente de notre servilité. Bizarrement, Marie, pour ses soixante ans, eut droit à une journée (elle ne voulait pas plus). Autant Jean-Claude est aimé, voire adulé, autant Marie est crainte par la communauté.

Au quotidien, nous étions les marionnettes de la fondatrice, qui mettait en scène de longues liturgies, parfois pour une nuit entière, où nous chantions, chantions, chantions (en grande partie des compositions du frère André Gouzes, op, et de petite sœur Marie, parfois d’autres petits frères ou sœurs), écoutions des lectures bibliques ou patristiques, adoptions en alternance toutes les positions possibles et imaginables (assis, debout, à genoux, prosternés, sans compter parfois les sept manières de prier de saint Dominique, par exemple les bras en Croix, ou devant soi comme un mendiant, etc.), adorions le saint sacrement pendant une petite heure au beau milieu de la nuit avant de reprendre la liturgie jusqu’au matin. Nous affectionnions aussi d’interminables processions, et tant pis pour les crampes des petits frères qui portaient une icône, des torches, l’en-cens ou encore... l’arche d’alliance (vrai de vrai !) De quoi se reconvertir en portemanteau. Tout cela induit la soumission, le mimétisme, un clona-ge spirituel. L’aspect théâtral est largement assumé comme moyen d’évangélisation, la communauté se produisant lors du « Théâtre de l’Évangile », d’impeccable facture. Une version grand public de « liturgie » communautaire : Marie est-elle un metteur en scène frustré ? La liturgie est reconnue comme support de la formation intellectuelle et spirituelle des frères et sœurs par le cardinal Schönborn, protecteur de la communauté. Protecteur, mais à quel titre sinon celui d’être un ami de longue date de Marie, car les prêtres sont incardinés au diocèse de Perpignan ; seulement cela nourrit le souvenir du cardinal Hugolin, protecteur de l’ordre naissant des frères mineurs au Moyen-Âge et devenu pape. Le cardinal Schönborn a été considéré comme papabile, et Marie n’hésita pas à dire qu’elle devrait (par devoir ?) se rendre auprès de lui à la fondation de Rome s’il était élu, quelle humilité ! En définitive, la communauté dépend à la fois du diocèse de Perpignan, du cardinal de Vienne, et de l’ordre dominicain, de quoi diluer toute responsabilité en cas de problème. Et quelle drôle de formation intellectuelle dans une communauté dominicaine. Les futurs prêtres n’ont pas forcément suivi le cursus minimum du séminaire et la vie de prière est hypertrophiée comparée à la vie d’étude (lecture en commun de courts extraits du catéchisme de l’Église catholique, lecture individuelle des conférences de saint jean Cassien).

Drôle de formation intellectuelle

En l’absence de formation, il ne reste que l’idéologie. Jean-Claude Chupin a beau déclarer la « fin des idéologies » (de gauche de préférence !), la communauté est verrouillée par ses maîtres-penseurs. L’inspiration scripturaire première pour Marie est la phrase tirée de la lettre aux Ephésiens 2, 14-18 : « En sa personne, il (le Christ) a tué la haine. » Et sa conclusion personnelle, sa devise : « Blessé(e), je ne cesserai d’aimer. » Nous voilà au cœur du délire des nouvelles communautés. A la fin, le plus grave n’est pas tant de blesser le premier son prochain, mais de ne pas aimer parfaite-ment en retour celui qui nous a blessé. Que de fois j’ai vu des personnes épidermiques ou contestataires qualifiées de « blessées ». Aimer revient à ne pas montrer sa blessure, à nier l’origine de cette blessure, à nier de graves fautes. Un bon moyen d’éliminer toute opposition dans des groupes unanimistes ! L’idéologie est aussi le culte de la personnalité. La plupart des homélies de Jean-Claude Chupin sont enregistrées par dictaphone et deux sœurs sont chargées de les retranscrire par écrit, pour la postérité. Notre chantre de l’obéissance qui aime tant à se répéter, raillait régulièrement l’archétype de l’orgueilleux qui dit : « J’ai raison, j’ai raison, j’ai raison (Jean-Claude reprenait à ce moment son souffle), j’ai raison, j’ai raison, j’ai raison », etc. La rai-son en prenait au passage pour son grade. Enfin, comme toute « secte » qui se respecte, la communauté utilise un vocabulaire propre (des jeunes de l’Agneau l’ont souvent fait remarqué gentiment). Par exemple, François-Dominique parlant de « circulation d’amour » en lieu et place de charité, « il faut que ça circule », etc.

Pour en revenir à petite sœur Marie, je pense que c’est une personnalité narcissique qui recherche à tout prix l’amour de la communauté, mais qui ne peut s’empêcher de lui rappeler régulièrement son ingratitude supposée à son égard. A plusieurs reprises, cette « mère » régla ses comptes avec ses sœurs (les frères, elle les ignore presque, elle les laisse à Jean-Claude et François-Dominique, je n’obtins jamais d’entretien avec elle) lors de chapitres improvisés. Elle multiplie les réunions impromptues, les discussions communautaires interminables, de manière arbitraire, sur un coup de tête, après un repas ou une liturgie. Elle monopolise la parole, pose les questions et donne les réponses, et s’arrange pour avoir le dernier mot.

Une fois, après la visite de Mgr André Collini, évêque émérite de Toulouse, Marie nous garda tous ensemble. (À noter que toute visite fait l’objet de comités d’accueil et d’adieu de frères et sœurs, parfois décrétés en urgence de sorte que nous cessions soudainement nos activités, pour aller saluer l’invité en chantant et dansant : un accueil digne d’un pape, des JMJ domestiques !) C’était donc un dimanche, mais pas de tout repos. D’abord, le rituel de bienvenue connut quelques lenteurs, les acteurs se fatiguant peut-être Surtout le « chapitre » fut caricatural : Marie, au sortir d’une grippe, coupait sans arrêt la parole à Jean-Claude Chupin au prétexte qu’il lui avait donné des médicaments inefficaces et qu’il éternuait, insinuant par là qu’il tombait malade (en jouant sur le double sens du terme). Elle se retint à un moment de mettre sa main devant la bouche d’une postulante qui eut l’audace de lui dire que la conversation s’éloignait du sujet initial (l’accueil des personnes et l’organisation des fraternités à Plavilla). Marie préférait reprocher aux sœurs et aux frères de ne pas être venu la voir pendant sa maladie : « J’aurais pu crever... » Faisant promettre que deux communautaires viendraient la voir chaque jour. Car une fondatrice aime la conversation (montrez-lui que vous l’aimez, bon sang, puisque Dieu l’a aimée en lui donnant un tel charisme !). Petit détail : le lieu où séjournent Marie et jean-Claude (les « huiles », aimais-je dire pour asticoter certains frères) s’appelait « le Carmel » en référence au Mont Carmel. Nous avions échappé à « Moïse » et au « Sinaï ». De fait, Marie avait la hauteur nécessaire : le silence et le regard des petites sœurs pétrifiées démontraient leur peur et leur sentiment de culpabilité. Quant à Jean-Claude, il apparaissait comme un petit garçon devant sa mère (docile ou complice ?). La journée se terminait en silence, dans une tension palpable. Après un repas communautaire, nous avons conclu par le Salve Regina : nous devions donc entrer dans le silence avant de nous coucher. Mais Marie prit la parole : « Je m’excuse pour mes propos de grippée. » Mon âme était semblable à une cocotte-minute prête à exploser. J’avais appris, enfant, qu’on ne s’excuse pas soi-même, mais qu’on demande aux autres de nous excuser. Un autre frère a également très mal vécu cette journée... mais n’en fit pas trop étalage.

Le travail et les fin de marché

L’aspect qui m’a le plus attiré dans le fond, c’est la mise en œuvre du précepte bénédictin, Ora et Labora ! Marie, justement, nous rappelait que nous n’étions pas une abbaye bénédictine et qu’à Plavilla (un terrain de 70 hectares, accueillant toujours un minimum d’une quarantaine de personnes), il fallait demeurer en petites fraternités et que chacune devait mendier, conformément à la vocation communautaire. En fait, on s’organisait de manière globale (oserais-je dire rationnelle) et un petit groupe de sœurs faisait les fins de marchés pour approvisionner tout le monde. Donc j’aimais surtout les chantiers collectifs de construction. Et on construit à Plavilla (avec permis de construire ?) : la grande chapelle (qui a en partie brûlé depuis), les logements du « Carmel » ou du Père Jean (Mgr Jean Chabbert, à la retraite, s’est installé à Plavilla fin 2001 et les frères ont dès lors vécu à proximité) et même des routes (à peine furent-elles terminées que Marie nous invi-ta à aller chercher l’eau à pied, et à moins utiliser les voitures !?). Point besoin d’une fortune : seulement des connaissances, des dons, des aides bénévoles ponctuelles et de nom-breux bras... les nôtres. Un bémol d’importance : le prieur me fit signer une promesse de ne rien réclamer en échange du travail réalisé, bref un contrat de bénévolat implicite.

Le recrutement en question

Le discernement existe-t-il ? Marie, lors de l’entrée en postulat de plu-sieurs sœurs, évoqua son propre postulat : « Je sus dès le premier jour que c’était pour la vie. » Peut-on parler de période probatoire ? Un des frères prêtres, en contradiction avec l’expérience des premières sœurs qui ont eu la plupart une expérience professionnelle avant d’entrer, me disait que même sans étude ou sans bagage professionnel, si on sentait qu’on avait la vocation, il fallait foncer. Effectivement, le recrutement se faisait de plus en plus jeune. De nouvelles vocations nous furent souvent annoncées lors de chapitre, et on nous imposait le secret parce que « ce n’était pas encore fait ». Quel obstacle pouvait surgir face à une vocation précoce... à part des parents trop raisonnables ? De plus, les jeunes de l’Agneau ou les séminaristes de l’Agneau constituent un vivier non négligeable. Jeunesse-Lumière du Père Daniel-Ange et la fraternité franciscaine de Bitche (tiers ordre) sont également des antichambres de la communauté.

Bizarrement, après l’entrée qui peut être très rapide, les étapes peuvent se prolonger et il n’est pas rare qu’un frère mette huit ou neuf ans avant de faire ses vœux définitifs au lieu de cinq à six ans. On voit bien là l’arbitraire de Marie, en faisant mine d’aider à l’approfondissement, elle s’assure dans le temps de la parfaite malléabilité des membres de la communauté. Jean-Claude Chupin m’avait dit qu’à tout moment du postulat ou du noviciat, je pouvais partir. J’avais entendu ce discours dans la bouche du fondateur de la Croix Glorieuse ! Si certains sont tentés par la sortie ou une autre communauté, il y a toujours une « solution » : tel frère venant de Jeunesse-Lumière avait postulé, puis était retourné à jeunesse-Lumière en année sabbatique avant de revenir quand il s’est senti « prêt », tel autre attiré par les franciscains du Bronx est orienté vers une autre sous-branche de la communauté, les petits frères de l’Espérance (en habit vert pâle, avec un apostolat à la carte, tournés vers l’hôpital, la prison ou les enfants des quartiers difficiles, et un relâchement de l’exigence de vie commune). Il s’agit de s’adapter et de garder à tout prix les gens (cela ne marche pas forcément), Marie étant prête à aller dans tous les sens, au risque de l’incohérence. Les personnes ont peu d’importance dans ce système, il ne faut surtout pas considérer la fatigue physique ou psychologique de ceux que le conditionnement collectif finit par insup-porter. Tout est affaire spirituelle, combat spirituel : un petit frère argentin qui avait le mal du pays pendant les insurrections de la faim, subissait « des attaques (du démon) », il fallait prier pour lui.

D’autres frères, en revanche, tenaient bon : « Si je pars, je serai complètement déphasé en société et je ne trouverai pas de boulot... alors je reste » me dit un frère qui était sur le point de craquer sous le poids des responsabilités, alors qu’il devait suppléer le prieur momentanément absent. Le même qui me dit que s’il avait dû se marier, il l’aurait fait avec une fille de Bitche. Que dire d’un autre qui évoquait sa vie d’avant la communauté et son projet de mariage. Nostalgie, nostalgie. Et François-Dominique qui souhaitait seulement être religieux, m’avoua qu’il s’orienta vers le sacerdoce après discerne-ment de Marie et Jean-Claude. Un cas parmi tant d’autres de vocations soudaines, voire forcées. Comme à la Croix Glorieuse... Du bon, du vrai, du solide !

Comment sortir de là !

Le seul moyen de quitter le groupe dans ces conditions, c’est la rupture brutale du « contrat » par une des deux parties. Mais, immergé dans le discours de Marie et Jean-Claude, on atteint vite un haut niveau d’autocontrainte, on se flagelle psychologiquement à la moindre tentation de partir. C’est finalement mon corps qui m’a alerté. Tout d’abord, lors d’une mission à Marseille pour la longue pro-cession de la présentation du Seigneur, sans doute pas assez hydraté à force de marcher, de faire du stop et de veiller, je suis revenu à Plavilla sur les rotules : chute de tension pendant trois jours. L’aspect psychologique était fortement présent, car, en mission, il n’y a pas de place pour exprimer ses doutes. On avance. En plus, je dus supporter une personne étrange (nous avons fait la procession avec des personnes sans domicile, et certaines présentent de gros troubles psychologiques), qui ne cessait de parler de manière incohérente. J’en étais à un degré de refoulement intenable. Et j’avais accumulé une grande fatigue à cause des vigiles consécutives des dimanches de l’Avent et du temps de Noël. J’apprenais à gérer des maux de tête et des douleurs oculaires impossibles, je m’y habituais et n’en parlais pas, à tort. Je tiens à préciser que François-Dominique était médecin de profession. Il m’avait bien aidé lors d’une rage de dents, mais lors de cet état de faiblesse, de malaise, il ne s’est pas trop inquiété, et a seulement fait la remarque qu’il ne savait pas que j’étais aussi fragile... Il se contenta de prendre ma tension. Se posait pour moi la question de tenir sur la durée.

Grande fatigue ou comment tenir sur la durée

Se profilaient à l’horizon le Carême et la semaine sainte (60 heures de liturgie en une semaine), et tous les préparatifs afférents. En plus des tâches ordinaires pour lesquels je n’étais pas très doué et rapide (ménage, lingerie ou cuisine). Je me disais : ça passe ou ça casse.

Malgré : le chant des 150 psaumes à chaque vigile de Carême (innovation 2002 de Marie, décrétée par fax au dernier moment) ; une visite de la bien aimée fondatrice à quelques heures des vigiles un samedi, journée au cours de laquelle des laïcs de l’Agneau se sont retrouvés avec les frères pour le déjeuner suivi des vêpres dans un village avoisinant, une partie des sœurs ont préparé les vigiles et l’autre partie l’accueil de Marie, notamment un goûter. Cela se traduisit par des crises de larmes de quelques sœurs angoissées (pourtant d’un certain âge, mais justement elles connaissaient Marie), des répri mandes de Marie d’avoir organisé un goûter en Carême (pour elle !!! mais on ne l’aurait pas fait, elle aurait trouvé d’autre motif de critique) et d’avoir ainsi mis tout le monde en retard pour les vigiles, en la laissant trop longtemps donner des nouvelles des autres fondations !

Des pressions de certains frères à mon endroit (je n’étais pas assez rapide) et de belles disputes entre frères ; ma tâche de répétiteur des chants de Pâques pour les frères ; la présence du Père Jean qui adressa des louanges insolites à Marie pour sa liturgie si théâtrale (« Je t’aime Marie ») devant l’assemblée ; ... la semaine sainte se déroula tranquillement, paisiblement. Bien entendu, Marie chamboula sa liturgie, intervenant en plein milieu si telle personne chantait faux ou n’était pas placé au bon endroit. Et le Père jean, dans sa grande bonté, octroya à une communauté dans un état second, la messe du soir de Pâques. Mais j’avais tenu le coup physiquement. Je devais « péter les plombs » dès le mercredi de Pâques. Dans son homé-lie, Jean-Claude répétait inlassable-ment le mot obéissance. Après, Marie fit un inénarrable numéro lors d’un chapitre improvisé : elle devait subir un examen pour une suspicion de tumeur au bras, et demanda que nous priions ensemble avant pour elle.

À l’occasion, je crois me rappeler qu’on eût droit à un chant en langues. À la fin, elle dit « Priez pour moi, même si je sais que vous ne le ferez pas. » Une toute jeune postulante d’à peine dix-huit ans s’écria immédiatement : « Mais on t’aime Marie. » C’était un chantage affectif réussi, conséquence de son « maternalisme » écrasant.

On est les meilleurs !

Nous déjeunâmes. Le Père Jean déclara à table que « la liturgie de la communauté était la meilleure, qu’elle était simple, accessible, plus simple que celle de la Croix Glorieuse ». Le répétiteur que j’avais été trouva cela un peu grossier ! Chanter à 4 voix, c’est toujours chanter à 4 voix. Et sur les 60 heures, je garantis qu’il y avait des morceaux inchantables... Le Père Jean moqua également le compositeur de la communauté de la Croix Glorieuse, et jugea son inspiration inadéquate (pour des charismatiques, c’est embêtant) avant d’ajouter : « d’ailleurs, il est parti ». Or j’en avais assez de ce discours consistant à identifier départ d’une communauté avec infestation démoniaque ou déficit en Saint Esprit, cette pression spirituelle qui est au cœur de tant de communautés. Alors que j’étais en train de servir le repas, prétextant d’aller aux toilettes je montai dans ce qui me servait de chambre. Je brisai sur le sol la croix que je portais au cou, me changeai en civil, pris de bonnes chaussures, et partis définitivement, laissant toutes mes affaires. Je fis du stop entre Plavilla et Perpignan, sous une pluie torrentielle et revins chez moi. Déjà la veille, j’avais eu ma mère au téléphone. Elle m’avait demandé : « Ça va ? » j’avais répondu « oui » en pensant « non ». Depuis la mission à Marseille, la dichotomie entre ma vie extérieure et mes pensées intimes s’était accrue. Les réunions entre frères pour évaluer ensemble notre fidélité à la règle, étaient ponctuées de demande de pardon (coulpe) : le plus sûr moyen de mélanger for interne et for externe. J’aurai préféré le silence et la retenue, au risque d’exploser. Une fois chez moi, j’ai eu Jean-Claude Chupin au téléphone. Il admettait

que je disais en partie vrai sur Marie. Il comprenait pour me faire plaisir ou pour écourter un dialogue de sourd ? Un autre frère m’appela : il aurait souhaité que je vienne dire au revoir, ou que je revienne. Il disait qu’il existait un frère qui tenait tête à Marie en chapitre, il était en Amérique latine. Heureux de l’apprendre ! II disait même que j’avais le droit d’être plus charismatique si je voulais. Là, il n’avait pas bien saisi...

11 m’a fallu du temps pour mettre des mots sur ce que j’avais vécu, après tant de non-dits et d’autocensure. Je veux aujourd’hui tourner la page, même s’il y aurait encore tant à dire. Mon souci du détail, parfois inutile, est à la mesure des pensées refoulées sous prétexte de charité. Il paraîtrait que sept frères sont partis depuis mon départ. Information à vérifier. Les problèmes de la communauté de la Croix Glorieuse n’ont fait que me dissuader un peu plus de fréquenter l’Église. Avec une telle hiérarchie, volontairement aveugle et irresponsable... dirigée par un pape, Benoît XVI, qui appelle les jeunes, lors des JMJ à Cologne, à rejoindre les communautés nouvelles pour approfondir leur engagement chrétien ! Le mot de la fin : courage, fuyons.

Julien Sapena

( in Golias

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...c'est ce que rêve frère Georges pour Léoncel ?

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MessageSujet: LEGIONNAIRES DU CHRIST   Ven 23 Avr - 6:03

LEGIONNAIRES DU CHRIST :
En attendant l’arrivée du nouveau Général, les « durs du régime » s’accrochent à l’héritage de Maciel
Par Francis Serra

Un commissaire nommé par le Vatican devrait prendre le commandement des Légionnaires du Christ, orphelins de leur fondateur Marcial Maciel qui a été emporté par les scandales. C’est le résultat prévisible de huit mois d’enquêtes. Beaucoup de choses devront être changées, y compris les dirigeants actuels. Qui ne peuvent décemment rester pour avoir été trop liés au Père Maciel qui trempe jusqu’au cou dans de sordides affaires dont on connaît les tenants et aboutissants. Ce qui est loin de leur plaire car ils s’accrochent de toutes leurs griffes à ce qui leur reste de pouvoir. Peut-être aussi par crainte de l’impact d’une sorte d’effet de retour envers leur personne lorsque l’aura de leur fonction actuelle sera dissipée.

Comme le souligne fort justement Sandro Magister, l’affaire Maciel est extrême à tous points de vue. En effet, rarement des révélations auront à ce point démenti l’image d’Epinal du personnage. Que Jean-Paul II lui-même vénérait littéralement à l’instar d’un « saint » ou peu s’en faut. Il y a vraiment de quoi défrayer la chronique. Sandro Magister qualifie justement de « gothiques » les récits sur les derniers jours de ce fondateur de congrégation religieuse intransigeante qui aurait refusé les derniers sacrements sur son lit de mort !

La visite apostolique a commencé le 15 juillet 2009 et les cinq évêques visiteurs sont aujourd’hui arrivés au terme de leur mandat.Ils ont remis un rapport à trois cardinaux de Curie, dont Tarcisio Bertone himself, le Secrétaire d’Etat. Ces cinq évêques sont considérés comme des hommes de confiance et de jugement par le Pape Benoît XVI : Ricardo Watti Urquidi, évêque de Tepic (Mexique) ; Charles J. Chaput, archevêque de Denver ; Giuseppe Versaldi, évêque d’Alexandrie (Italie) ; Ricardo Ezzati Andrello, archevêque de Concepción (Chili) ; et Ricardo Blázquez Pérez, nouvel archevêque de Valladolid. Mgr Versaldi, très lié au cardinal Bertone, devrait être nommé archevêque de Turin après Pâques.

La balle sera alors dans le camp du Pape Benoît XVI. C’est à lui comme il se doit que reviendra la charge délicate de trancher dans le vif. Ce qu’il fera avec détermination et sévérité. En tout cas, avec plus de rigueur que Jean-Paul II. N’oublions pas qu’il fut à l’époque du Pape polonais, en qualité de préfet influent de la congrégation pour la doctrine de la foi, celui qui engagea une enquête approfondie sur les accusations lancées contre le fondateur des Légionnaires. Et, en tant que pape, il condamna le sulfureux Père Maciel « à une vie réservée de prière et de pénitence ».

Après cette condamnation, la congrégation des Légionnaires s’est pliée aux ordres du pape. Elle n’avait il est vrai guère d’autre choix. Surtout dans un tel contexte de scandale. Mais elle a continué à vénérer son « père » fondateur, considéré comme une « victime innocente » d’accusations fausses.

C’est seulement après sa mort et suite à la découverte de nombreux autres cadavres dans le placard que les dirigeants de la congrégation ont commencé à reconnaître certaines fautes de leur fondateur, même si elles ne suffisaient pas à les amener à nier la valeur de son œuvre.

Aujourd’hui encore, après les huit mois de visite apostolique, le successeur de Maciel en tant que directeur général de la congrégation, le père Álvaro Corcuera, et le vicaire général, Luis Garza Medina – qui ont été pendant des décennies, en particulier le second, de très proches collaborateurs du fondateur – ne manifestent aucunement l’intention de quitter la direction. Il en est de même pour d’autres dirigeants centraux ou locaux de niveau moyen-supérieur.

Leur ligne de défense, fragile, car bien peu crédible, est qu’ils n’auraient jamais rien su de la seconde vie de Maciel. Ben voyons ! Ils prétendent aussi que leur fidélité à l’Église et au pape, ainsi que leur expérience de dirigeants, sont indispensable pour la survie et la remontée de la congrégation.

Le 5 février dernier, L’Osservatore Romano publiait un article dans lequel le père Luis Garza Medina, imperturbable, décrivait ce que devrait être la « vie vertueuse » du prêtre idéal. Lui qui a vécu plus que quiconque aux côtés de Maciel, qui connaissait tous ses secrets et gérait son argent et qui l’a toujours présenté comme un modèle. Cet article choqua profondément. Y compris derrière les épais murs des Sacrés Palais. Revenait-il vraiment à un ancien proche de Maciel, contre-témoignage vivant et scandaleux d’un prêtre vertueux de rédiger un tel article.

Cependant, même en faisant tomber quelques tomber, à commencer par celle du très compromettant Garza Medina, refonder complètement une congrégation dans laquelle l’empreinte du fondateur indigne est encore aujourd’hui très forte sera une entreprise difficile. L’éclatement est un risque réel, et peut-être croissant.

Les prêtres et les séminaristes qui, jusqu’à hier, étaient imprégnés des écrits attribués à Maciel auront du mal à trouver de nouvelles sources d’inspiration, non pas générales mais spécifiques pour leur ordre. Et les chefs actuels de la congrégation ne les y aident pas, bien au contraire. Ainsi, Au cours des derniers mois, un ancien secrétaire personnel de Maciel, le père Felipe Castro, a travaillé avec d’autres prêtres de la Légion pour sélectionner, dans la très abondante correspondance du fondateur, un groupe de lettres à « sauver » pour l’avenir, afin de garder vivante une image positive de Maciel. Est-ce très crédible et très fécond ?

La dépendance des Légionnaires vis-à-vis de Maciel était – et, pour beaucoup d’entre eux, demeure encore – complète. Maciel faisait véritablement figure de gourou. Il émanait de lui un certain magnétisme. De plus, tout était édicté selon des règles très soigneusement établies et jusqu’aux plus petits détails, comme par exemple...ôter les arêtes d’un poisson. Les psychiatres parleraient d’un tempérament obsessionnel, d’une névrose.

Evidemment tout ceci serait presque sans gravité si cela n’accompagnait pas le contrôle mental exercé sur les consciences, déshumanisant et destructurant. Avec parfois des traces très longtemps après ! On ne sort guère indemne d’une imprégnation qui reste à s’y méprendre à celui d’une secte !

Le manuel permettant de faire son examen de conscience à la fin de la journée comportait 332 pages et des milliers de questions. Avec une obsession sur la sexualité, ce qui est un comble lorsqu’on connaît les moeurs du Père Maciel.

On ne saurait davantage ignorer les statuts véritables et secrets de la congrégation. Beaucoup plus longs et détaillés que ceux qui étaient fournis aux évêques des diocèses où les Légionnaires ont leurs maisons. En tout cas, les cinq visiteurs ont eu beaucoup de mal à obtenir les vrais. On y découvre, nous apprend Sandro Magister, que, en plus des trois vœux classiques des ordres religieux - pauvreté, chasteté et obéissance - les Légionnaires étaient tenus d’en prononcer deux autres – plus un troisième dit « de fidélité et de charité » pour les membres choisis de la congrégation – qui interdisaient tout type de critique et en même temps obligeaient à dénoncer aux supérieurs les confrères surpris à violer cette interdiction. Bonjour l’ambiance !

Ces vœux supplémentaires auraient été supprimés par ordre du Saint-Siège en 2007. Mais il n’apparaît pas que cette suppression ait été notifiée à l’ensemble des Légionnaires. Plongés ainsi dans l’obscurantisme et dans une dépendance infantile et malsaine. Le novice est immédiatement intégré par une machine collective qui absorbe complètement son individualité. Tout est contrôlé et réglementé méticuleusement, limité. Toute vie personnelle et privée n’existe plus.

Au cours des huit mois de la visite apostolique, ce contrôle ne s’est relâché que partiellement. Certains prêtres ont signalé aux visiteurs les éléments qu’ils considéraient comme mauvais. D’autres ont abandonné la congrégation et se sont fait incardinés dans le clergé diocésain. D’autres sont restés pour défendre l’héritage de Maciel. parfois dans l’aveuglement. Parfois dans le doute, et dans l’aveuglement. Certains sont comme égarés et se raccrochent comme à une branche qui flotte sur l’eau.

Rome ne peut pas ne pas intervenir. Déjà en changeant les têtes. Néanmoins personne n’est dupe. Les difficultés à surmonter demeurent considérables. La question que se pose certainement le cardinal Tarcisio Bertone est de savoir comment gèrer cette affaire le moins mal possible. En évitant si possible le pire. Comme le dit au travers d’une expression toute italienne et intraduisible en français (ou peut-être par « c’est mal parti ») un observateur romain : « è nato male ».
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MessageSujet: Le rapport sur les Légionnaires du Christ remis au Vatican fin avril   Lun 26 Avr - 14:59

Le rapport sur les Légionnaires du Christ remis au Vatican fin avril

La mission d'inspection auprès de la congrégation des Légionnaires du Christ, dont le fondateur aujourd'hui décédé, le prêtre mexicain Marcial Maciel, est accusé de multiples abus sexuels et de plusieurs paternités, rendra son rapport fin avril au Vatican.

Les cinq évêques, dont la mission s'est étalée du 15 juillet à la mi-mars, auront une réunion les 29 et 30 avril avec la secrétairerie d'Etat, a indiqué lundi à l'AFP le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican.

Ils devraient rencontrer le numéro deux du Vatican, le secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone le 30, a précisé l'agence d'informations religieuse I.media.

A cette occasion, seront déterminées les suites à donner à cette inspection, a précisé le père Lombardi, soulignant que d'éventuelles décisions sont du ressort du pape Benoît XVI.

Il n'est cependant pas prévu de communication du Vatican sur cette "première réunion" dans "un processus complexe", a-t-il encore dit.

Les cinq inspecteurs se sont rendus "dans les quelque 120 communautés" de la congrégation, avait précisé celle-ci sur son site le 16 mars.

Le 4 mars, cette congrégation catholique ultra-conservatrice, a demandé "pardon" à des enfants présumés de son fondateur, qui ont affirmé avoir été les victimes sexuelles du religieux mexicain, mort à 87 ans en janvier 2008 aux Etats-Unis.

Marcial Maciel, qui a dirigé avec poigne jusqu'à sa mort l'organisation qu'il avait fondée en 1941 à Mexico, avait également eu une fille issue d'une liaison cachée, dont la congrégation a reconnu l'existence en 2009 après un article du New York Times.

De son vivant, Marcial Maciel avait été aussi accusé d'abus sexuels par huit anciens séminaristes.

En mai 2006, Benoît XVI avait contraint le prêtre à "renoncer à tout ministère public" et à "vivre une vie retirée dans la prière et la pénitence".

Un "procès canonique" avait en revanche été écarté, en raison de "l'âge avancé" et de la "santé précaire" du religieux.

L'organisation, établie dans 22 pays, notamment au Mexique et en Espagne, revendique 800 prêtres, 2.500 séminaristes, 70.000 membres laïcs et gère 12 universités.
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MessageSujet: NOUVELLES DIFFICULTES DANS LA FAMILLE ST JEAN : Le suicide d’un jeune frère au prieuré d’Attichy (Oise)   Mer 2 Juin - 6:07

NOUVELLES DIFFICULTES DANS LA FAMILLE ST JEAN : Le suicide d’un jeune frère au prieuré d’Attichy (Oise)
Par Christian Terras

Le 04 mars 2010, le frère Chrysostome s’est suicidé au prieuré d’Attichy (Oise) où il n’était que de passage. Il s’agit d’un frère jeune puisque profès perpétuel depuis seulement Mai 2008.

Ce nouveau suicide dans cette communauté où les problèmes psychiatriques sont fréquents pose à nouveau, et de manière dramatique, la question de l’absence de discernement sérieux à l’entrée, de l’absence de prise en compte efficace de ceux qui d’emblée ou secondairement présentent des troubles psychiatriques.

Depuis le temps que ces graves dysfonctionnements sont connus et dénoncés, qu’ont fait la hiérarchie de la communauté ainsi que les évêques successifs d’Autun responsables canoniques de la communauté ? Pourtant, il y a dix ans déjà, le 28 Juin 2000, Mgr Séguy ,évêque d’Autun à l’époque écrivait dans sa monition aux frères de St Jean : « Quelle aide à ton frère ? Certains d’entre vous se sont plaints de n’avoir pas été aidés en des circonstances difficiles de leur vie. Posez vous la question de savoir si vous ne devez pas vous occuper autant de ce que deviennent vos frères, après des années dans l’institut que d’en attirer de nouveaux. »

Qu’a fait le père Jean Pierre Marie prieur général de 2001 à 2010 ? Qu’a fait Mgr Madec chargé un temps d’une mission d’assistance de gouvernement ? Qu’a fait Mgr Rivière évêque d’Autun ? Ces personnages doivent aujourd’hui s’expliquer sur la mort de ce jeune homme qui maintenant repose dans le cimetière de Notre Dame de Rimont, siège de la communauté des frères de St Jean où ses obsèques ont été célébrées par ce même père Jean Pierre Marie...

Ce nouveau suicide confirme que le mal est profond dans la famille St Jean en particulier chez les frères.
Scission consommée chez les Soeurs contemplatives

Quant aux Soeurs contemplatives de St Jean où les problèmes psychiatriques sont au moins aussi lourds et dont la congrégation est en pleine ébullition depuis un an (cf article de Golias de janvier 2010), le pugilat interne se poursuit toujours pour son contrôle. D’après nos informations, la scission que nous annoncions dans nos éditions précédentes s’est concrétisée puisque près d’une centaine de religieuses sont désormais en « exil » au Mexique refusant de suivre les directives de Mgr Bonfils, commissaire pontifical nommé provisoirement par Rome à la tête de la congrégation qui a cru nécessaire de préciser dans le numéro de mars 2010 de la « lettre aux amis » (publication officielle de la famille St Jean) qu’ « On ne se comporte pas dans un Chapitre comme sur un terrain de sport ».

Lire notre dossier sur la Communauté Saint-Jean paru dans Golias Magazine n°105 (lien url : http://w
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MessageSujet: LEGIONNAIRES DU CHRIST : Révélations sur Maciel, le Borgia . Il tenait en esclavage les 900 femmes consacrées de « Regnum Christi »   Mer 2 Juin - 6:10

LEGIONNAIRES DU CHRIST : Révélations sur Maciel, le Borgia .
Il tenait en esclavage les 900 femmes consacrées de « Regnum Christi »
Par Christian Terras

Les scandales liés aux Légionnaires du Christ, ordre religieux fondé en 1941, sont loin d’être terminés. De nouvelles révélations viennent de surgir au grand jour. Terrifiantes. A l’évidence le Père Maciel est un Borgia du XXe siècle. Edith Piaf chantait « mon Légionnaire ». Son rêve. Mais pour beaucoup « mon Légionnaire » relève du cauchemar.

Les dénonciations d’abus ne cessent de se multiplier. 200 d’entre eux ont été signalées. Qui ont eu lieu au Chili, en Argentine, au Brésil, au Mexique et encore en Espagne. Il ne s’agit pas de pures supputations, de rumeurs ou de ragots mais de cas documentés avec des noms, des plaintes et des précisions. Les cas espagnols remontent aux années quatre vingt dix. Elles sont en particulier l’oeuvre d’un individu en particulier, un Américain du Nord du nom de Jeremy Spillane, qui dirigea le Collège Everest au début des années 1990 avant d’exercer son apostolat à Barcelone, Valence, Seville et Madrid. Il n’a jamais dû comparaître devant la justice civile espagnole et n’a jamais été sanctionné par la justice ecclésiastique. Le triste sire a simplement été exilé aux Etats Unis. Sa grande passion était de prendre en photo des enfants nus, quand ils se douchaient...
200 dénonciations d’abus sexuels

On le voit les dérives ne concernent pas seulement la personne de Maciel et ne sont donc pas circonscrites. Il faut souligner que le fonctionnement étouffant et pervers, avec un silence imposé, à l’évidence pour couvrir Maciel et lui permettre de mener sa double - ou multiple - vie, créait un espace favorable à la prolifération d’abus sexuels commis par d’autres. Dans le cas de ces abus commis par les Légionnaires on pourrait parler d’un "inceste spirituel" comme le fait Patricio Cerda, le secrétaire de l’association des victimes des Légionnaires. Ce sont des mineurs qui ont enduré des abus de la part de prêtres en lesquels ils avaient placé toute leur confiance.

Les Légionnaires devaient faire un quatrième vœux, tout spécial, à l’évidence malsain et pervers, Celui de ne jamais critiquer les supérieurs. A cela s’ajoute une pratique d’acheter financièrement très largement des soutiens. Y compris des cardinaux du Vatican, comme l’espagnol Eduardo Martinez Somalo, à qui Maciel faisait parvenir des enveloppes bien garnies.

Le témoignage personnel de Patricio Cerda est bouleversant. Sa prise de conscience alors qu’il était légionnaire de ce que cachait cet édifice si parfait et si pur est impressionnant. Il surprit un jour le préfet général (on dirait "surveillant général") Gustavo R. en compagnie d’un mineur. Ce même Gustavo venait du Mexique où il aurait aussi abusé de mineurs. Cet "exil espagnol" aurait d’ailleurs été motivé par ses dérives mexicaines. C’est pourquoi, écœuré, Patricio non seulement quitta la Légion mais encore s’engagea pour dénoncer l’innommable imposture. Aujourd’hui marié et établi à Séville, il ne peut oublier. Ni se résigner à passer l’éponge.

Cerda cite cet avocat qui résume sa destinée tragique en ces termes : "J’ai été un gamin sans enfance, un adolescent sans jeunesse et à présent je suis un homme destructuré". Il souffrit d’abus sexuels au petit séminaire d’Ontaneda. L’un des centres de vocation des Légionnaires en Espagne. Mais il fallut des années pour qu’il puisse parler et exprimer sa vérité et son calvaire. Il est informé de 60 cas d’abus sexuels concernant la seule Espagne. L’enquête pourrait à présent chercher à savoir jusqu’où des évêques espagnols qui protégeaient la Légion, comme l’ultra-conservateur Agustin Garcia-Casco Vicente, archevêque de Valence, créé sur le tard cardinal, pourront prétendre n’avoir été au courant de rien.
900 femmes consacrées réduites à l’état d’esclavage

Et c’est une autre face du scandale qui apparaît désormais en pleine lumière. Maciel avait consacré 900 femmes au service de la mission qui étaient maintenues... en état virtuel d’esclavage. Ces malheureuses, environ 300 mexicaines, une centaine d’espagnoles et cinq cents autres, appartenaient à le section des laïcs de l’organisation sous le beau nom de "Regnum Christi". Ce groupe féminin s’était formé en 1969 et reçut l’approbation de Jean-Paul II en 2004. En fait elles étaient recluses, maintenues dans un état que l’on peut dire carcéral. Ne pouvant sortir, devant garder le silence et même demander l’autorisation d’aller aux toilettes !

De première importance, pour y voir plus clair, le témoignage d’une des femmes consacrées du mouvement laïc "Regnum Christi", recueilli par Milenio, un journal mexicain et qui présente un dossier argumenté complet sur la question. Cette femme fait part de sa très profonde déception face à la personne de Maciel alors qu’il lui semblait vivre comme un ciel sur la terre. Elle rapporte que ces révélations concernant Maciel jetèrent comme on peut le deviner un grand trouble parmi ces femmes consacrées. Elle évoque la collecte d’anniversaire du 10 mars pour le fondateur, afin de lui offrir un cadeau de très haut prix. L’existence de ces 900 femmes et plus encore les conditions de leur vraie détention auraient terriblement choqué les cinq visiteurs apostoliques envoyés par le Vatican pour enquêter sur la Légion. Rien d’un point de vue canonique ou spirituel ne peut justifier à l’évidence une telle réclusion et une mise en esclavage. Qui laissent leurs biens à la Légion ! Du vivant encore de Maciel, le 10 mars, jour de son anniversaire, un cadeau de 250.000 était fait au fondateur.

En tout cas, l’association des victimes des Légionnaires s’est réuni l’an dernier avec Mgr Ricardo Blazquez, vice-président de la conférence épiscopale espagnole et un des cinq évêques désignés par le Pape pour enquêter sur la congrégation dans le monde entier.

On voit mal pour l’avenir quel charisme positif reconnaître à un ordre à un tel point atteint par la corruption ou l’inhumanité ? La réalité dépasse la fiction... Nous sommes bien au-delà d’un Da Vinci Code..

Un autre révélation a encore été faite. Celle de l’enrichissement personnel du Père Maciel. Lequel Maciel pouvait dépenser en un jour 50.000 euros et disposait d’un avion Concorde pour se rendre aux Etats Unis et y recevoir un soin dentaire. Ce qui ne l’empêchait pas d’être addict aux drogues.

Ces dernières informations comme celle des 200 victimes d’abus sexuels de la part des Légionnaires sont confirmées par le Président de l’Association des victimes des Légionnaires du Christ, Emilio Bartolomé.

Emilio Bartolomé, et cela revèle pratiquement d’une évidence de bon sens, confirme que certains membres de l’entourage immédiat de Maciel étaient au courant de sa double vie, à commencer par le Père Garza un homme très influent au sein de la Légion. Responsable des finances au sein de la Légion qui ne pouvait manquer d’être au courant, bien entendu. Et qui est actuellement sur la sellette.

Il est certain que le grand public ignorait les frasques scandaleuses de ce Borgia du XXe siècle. Véritable chevalier d’industrie, Maciel se présentait sous différentes identités. "Il utilisait des passeports et des noms qui étaient faux". Auprès d’un certain nombre de gens de sa famille, il se faisait en effet passer pour un haut dirigeant du pétrole. Ce qui pouvait expliquer bien entendu la très grande quantité d’argent dont il disposait. Animé d’un sens discutable de la pauvreté et de l’humilité évangélique, il logeait toujours dans les plus grands hôtels, les plus chers.

En ce qui concerne les abus sexuels qu’il commit à la première personne, le modus operandi était toujours le même. Il se faisait passer pour malade, en particulier de l’estomac, du foie et de la prostate, ce qui justifiait un traitement pour le moins spécial. Entre deux injections de morphine, il pratiquait avec des jeunes à peine adolescents, à titre "thérapeutique", masturbation et sodomie, seuls moyens, disait-il de soulager ses douleurs. En ajoutant qu’il avait eu une autorisation spéciale du Pape Pie XII pour un tel traitement original. Il absolvait ensuite ses victimes pour les faire taire - et qu’elles n’aillent surtout pas en parler à un autre confesseur : délit très grave pour l’Eglise passible de l’excommunication.

Pour le sociologue et psychanalyste Fernando Gonzalez, auteur de deux ouvrages sur la Légion du Christ, Maciel était « un calculateur rusé qui s’adaptait parfaitement à chaque situation ». Pour Mgr Edwin O’Brien, archevêque de Baltimore, le père Maciel est un « entrepreneur génial qui, avec des tromperies systématiques, a utilisé la foi pour manipuler les autres en fonction de ses intérêts égoïstes ».

Sans doute, les Légionnaires du Christ, comptent aujourd’hui 800 prêtres, 2.500 séminaristes et 65.000 laïcs. Il serait absurde de mettre ainsi tout le monde dans le même sac. Ce que reconnaît même l’évêque le plus sévère à l’égard de la Légion, par les cinq visiteurs, Mgr Watty, de Tepic, au Mexique.

L’archevêque de Concepcion au Chili, Mgr Ricardo Ezzati, un salésien, lui aussi l’un des cinq visiteurs, se réfère quant à lui aux résultats de son enquête pour conclure à une dimension ecclésiale de ce scandale qui ne relève évidemment pas seulement du péché personnel, ce qui est pourtant au départ.

Au Chili, il est beaucoup question des accusations portées contre un autre légionnaire, le prêtre Ferdinando Karadima.

Au scandale objectif des fautes commises, à l’évidence gravissime, faut-il encore le souligner, s’ajoute l’autodisculpation des responsables de la Légion, indécente. Avec cette affirmation contre toute vraisemblance selon laquelle de hauts responsables de la Légion, comme Alvaro Corcuera et Luis Garza, n’étaient tout simplement pas au courant.
Des personnes influentes protègent les Légionnaires

En Espagne, le travail de cette congrégation se déploie très largement dans le contexte éducatif. La Légion compte l’université privée Francisco de Vitoria à Madrid et une petite demi-douzaine de Collèges à Madrid, Barcelone, Valence et Séville. Des hommes très puissants du pays se trouvent dans l’orbite de la Légion en Espagne. On peut citer Iñigo Oriol, José María Ruiz Mateos y Alicia Koplowitz, trois des entrepreneurs les plus riches du pays. On assure que les trois soeurs d’Ana Botella, épouse de l’ancien Président José María Aznar, appartiennent au Regnum Christi, la branche laïque de la Légion. On peut citer également les anciens ministres du Parti Populaire conservateur Angel Acebes et Jose Maria Michavila.

Le cardinal Juan Sandoval, archevêque de Guadalajara (Mexique), devrait présider à une éventuelle renaissance de cet ordre en qualité de Commissaire pontifical. Il n’aura certainement pas une tâche facile. Reconnaissons-lui un esprit de franchise. Il vient de présenter Maciel comme un psychopathe avec une "double personnalité très marquée".

Il importe cependant d’aller au-delà de l’aspect anecdotique, particulièrement grâtiné il est vrai. Au-delà des abominations commises c’est aussi le sens du jugement et du discernement des autorités ecclésiastiques qui se trouve gravement remis en cause. Les critères de l’orthodoxie rigoureuse et de la piété peuvent tromper. On n’ignore jamais impunément la dimension première de la vérité humaine.

(avec Religion Digital)
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MessageSujet: L’INSTITUT DU « VERBE INCARNE » ACCUEILLI DANS LE DIOCESE DE FREJUS-TOULON EPINGLE PAR LE VATICAN : Qu’en pense Mgr Rey, l’évêque qui est allé les chercher en Argentine ?   Mar 15 Juin - 6:34

L’INSTITUT DU « VERBE INCARNE » ACCUEILLI DANS LE DIOCESE
DE FREJUS-TOULON EPINGLE
PAR LE VATICAN : Qu’en pense
Mgr Rey, l’évêque qui est allé les chercher en Argentine ?
Par Christian Terras

Le Saint-Siège s’inquiète du fonctionnement de l’étrange Institut du Verbe incarné. Ce dernier, comme on peut le lire sur son propre site internet, a été fondé en Argentine, le 25 mars 1984, par le père Carlos Miguel Buela. Il a choisi l’appellation « Verbe Incarné » en l’honneur du Mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu, l’évènement central de notre Histoire. Sur ce rien à redire.

Les membres de cet institut se présentent ainsi : « Nous voulons nous fonder sur le Christ comme une vrai famille. Notre famille religieuse se compose de deux Instituts et d’un Tiers Ordre de laïcs.

1- L’Institut du Verbe Incarné, est composé de prêtres et de frères, en deux branches, une apostolique, et une contemplative. 2- L’institut » Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará « est la branche féminine, composée des sœurs de vie apostolique et des sœurs de vie contemplative. 3- Au Tiers Ordre appartiennent des laïcs, qui désirent vivre notre spiritualité, dont certains se consacrent par des vœux privés »

Leur spiritualité est empreinte d’une piété disons « enthousiaste » pour ne pas être méchant. Centrée sur la Vierge Marie : « Totus Tuus ego sum, Maria ! Pour atteindre une disposition totale de docilité plénière et sans détour à l’Esprit Saint, il faut que la Sainte Vierge soit le modèle, le guide, l’exemple de toutes nos actions. Notre intention est de manifester notre amour et notre reconnaissance à la Très Sainte Vierge Marie… et d’obtenir son aide indispensable pour prolonger l’Incarnation dans toute la création. Nous faisons pour cela un quatrième vœu de consécration totale à la Vierge Marie, une totale donation de nous même à la Mère de Dieu, pour mieux servir le Christ ».

A l’évidence ce quatrième voeu pose de redoutables questions théologiques. Ce que le dogmaticien rigoureux et subtil que demeure Joseph Ratzinger ne manquera pas de souligner.

Outre cet aspect guimauve et cette théologie douteuse, l’Institut du Verbe incarné fait aujourd’hui l’objet de plaintes de proches de ses membres. En effet, certains membres auraient subi des manipulations et un traitement d’assujettissement (source ReligionDigital.com).

De plus, il y a une politisation à outrance, dans le sens que l’on devine. Juan Cruz Esquivel, sociologue de renom en Argentine, expose sur le site « el Correo » l’idéologie de ce groupe : " Dans les bases les plus profondes de cette conception théologique, le pouvoir civil est soumis au pouvoir spirituel. Conçue naturellement comme une unité, toute dissociation est synonyme de rupture entre l’esprit et le corps. En ce sens, on ne considère pas la séparation entre ce qui est temporel et ce qui est spirituel parce que cela impliquerait de fragmenter et de diviser l’être humain. En dépit des documents du Conseil Vatican II, on relativise l’idée de domaines autonomes et différenciés. Les impératifs de la base religieuse doivent conserver leur primauté sur les modes de conduite dans le cadre profane. Pour cette ligne de pensée, les sources de légitimité du pouvoir émanent moins du vote populaire que du Divin. D’où, un certain détachement des institutions démocratiques et une proximité avec les militaires. Plus que de consensus populaire, le fonctionnement de la démocratie aurait besoin, dans cette perspective, d’une base morale comme garantie de gouvernance (...) D’autre part, on trouve un penchant nationaliste marqué. Le catholicisme comme pilier de la nationalité a fondé l’idéal de l’Argentine catholique. On part d’une cosmovision qui place au même niveau l’être national à l’être catholique. Le questionnement de la société actuelle se centre sur les valeurs natives, pures, authentiques et chrétiennes qui ont été corrompues par une idéologie étrangère, matérialiste, séculaire et individualiste. On part d’une société conçue naturellement par Dieu qui a été perforée par l’"invasion" de courants immanentistes et rationalistes.

Depuis cette perception théologique, « le substrat catholique » enraciné dans l’âme et dans l’idiosyncrasie nationale date depuis les premiers gestes évangélisateurs. Ainsi, l’Argentine est née marquée du sceaux de l’Église et de l’Armée. En prenant en considération que la configuration culturelle est préexistante à l’organisation institutionnelle, l’amalgame résultant est exprimé non dans un État catholique mais en effet dans une nation catholique. Toute tentative de révisionnisme historique ou de transformation culturelle de la société est interprétée comme un piétinement du patrimoine national (...) Cette ecclésiologie, fermement antimoderne et antilibérale, préconise la restauration d’un ordre social médiéval. Les maux considérés de la société contemporaine - relâchement des mœurs, crise morale, divorce, avortement, libération sexuelle, reformulation de la féminité, prolifération de drogues - sont visualisés comme des conséquences du processus de modernisation (...) Sur la nature du corps, il n’y a pas d’espace pour les options individuelles. Tant le divorce que les méthodes contraceptives sont visualisées comme une partie d’une stratégie moderne de colonisation par les organismes internationaux de crédit."

Le Pape a choisi un évêque et un « monsignore » en guise de commissaires pontificaux, pour accomplir la visite qui s’impose. Il s’agit de Mgr Domingo Castagna et de Mgr Alfredo Zecca. Né en 1931 à Buenos Aires, évêque auxiliaire du cardinal Aramburu en 1978, archevêque de San Nicolas de los Arroyos en 1984, Castagna fait figure de prélat spirituel, doctrinal conservateur et par ailleurs de grande intégrité. Il est cité en 1990 comme possible archevêque de Buenos Aires. En compensation de la barrette rouge envolée, il est nommé archevêque de Corrientes en 1994. Il est aujourd’hui à la retraite. Mgr Alfredo Zecca est quant à lui l’ancien Recteur de l’Université catholique d’Argentine. Il a visité le siège central de l’Institut qui se trouve à Mendoza.

On sait par ailleurs que cet Institut accueillit jadis des transfuges d’anciens séminaires auparavant d’évêques ultra-conservateurs, comme Mgr Adolfo Tortolo, archevêque de Parana et proche des dictatures militaires.

L’Institut du Verbe incarné est aussi présent en France. Dans le Var, accueilli - faut-il s’en étonner ?- par Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon.

Pour en savoir plus sur l’Institut du Verbe Incarné dans le diocèse de Toulon, voir Golias Magazine n°119
lien url : http://www.golias.fr/spip.php?artic...
- Dans la rubrique: /L’info du jour

Dérives sectaires...

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MessageSujet: Le conflit s'éternise à l'abbaye de Bonnecombe   Mer 2 Fév - 8:05

Le conflit s'éternise à l'abbaye de Bonnecombe
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Alain, Gisèle et le père Jean-Baptiste à l'abbaye./Photo DDM, archives

Depuis qu'ils ont quitté les Béatitudes après avoir dénoncé des actes pédophiles, Murielle, Alain, Gisèle et le père Jean-Baptiste se sont mis l'évêché à dos. Leur présence à l'abbaye de Bonnecombe est au cœur d'un conflit depuis 2008.

Ils sont quatre. Murielle, Gisèle, Alain et le père Jean-Baptiste. Quatre membres de l'association Notre-Dame de Bonnecombe, à vivre avec 1 500 € par mois et à entretenir comme ils le peuvent le domaine de l'abbaye de Bonnecombe à Comps La Grand Ville. Un lieu de vie qui leur est contesté depuis 2008.

Soufflant le froid et le chaud, l'évêché de Rodez et l'archevêché de Toulouse multiplient les courriels (les derniers sont datés de janvier) informant tour à tour qu'il faut rechercher « une solution ensemble » mais qu'ils ne voient pas « comment aboutir à une solution viable et durable » et que « la communauté ne peut pas continuer, qu'il faut que chacun trouve une solution personnelle ».

«Le problème ce n'est pas le lieu»
L'abbaye reviendrait trop chère à l'évêché de Rodez qui en est propriétaire. Chiffres à l'appui. « Oui, mais avec ou sans nous ! », rétorque Murielle. Pour montrer leur bonne volonté, les habitants de Bonnecombe ont d'ailleurs proposé de créer des chambres d'hôtes pour les pèlerins, sollicitant le maire de Comps, Stéphane Cambon. Sans succès.

Partir ailleurs ? Le groupe est d'accord mais a condition de pouvoir y travailler ensemble. Il a ainsi refusé la seule proposition de l'évêché : l'ancien presbytère de Saint-Geniès-des-Ers. Le lieu non habitable demandait de lourdes réparations et ne se situe pas sur le tracé officiel du chemin de Compostelle. Aucun pèlerin n'y vient. Impossible d'y faire prospérer une hôtellerie.

C'est l'impasse. Et elle s'éternise depuis que ces catholiques ont quitté la communauté des Béatitudes après avoir dénoncé les actes de pédophilie d'un des membres. Pour les habitants de Bonnecombe c'est le cœur du conflit. Ils dénoncent de fortes pressions psychologiques. « Le problème ce n'est pas le lieu, c'est notre groupe. Nous sommes la mémoire d'actes criminels ».

Le groupe affronte une situation précaire depuis 2008. Il occupe l'abbaye sans bail et se retrouve avec peu de ressources puisque les Béatitudes n'ont pas cotisé pour leur retraite. Pour monter un dossier d'aides sociales, ils se sont rendus à l'evêché vendredi afin d'obtenir une attestation prouvant leur domicile. Elle leur a été refusée malgré onze heures de "siège". En représailles, l'abbaye sera fermée au public : « Nous n'existons pas socialement, nous n'avons pas à jouer les gardiens. »

Saisi du dossier, le Collectif contre les manipulations mentales a dénoncé cette «situation pourrissante» dans un communiqué hier.

L'évêché de Rodez et le maire de Comps n'ont pas souhaité s'exprimer. L'évêché de Toulouse et les Béatitudes n'ont pas pu être joints.

*** Une affaire qui fait penser à celle de Léoncel toujours pas réglée, local squatté par l'evêché...et un moine pervers au passé douteux...vol et saccage d'objets personnels

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