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 L'Equateur défend la non exploitation du pétrole du Yasuni

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MessageSujet: L'Equateur défend la non exploitation du pétrole du Yasuni   Mar 21 Juil - 13:54

L'Equateur défend la non exploitation du pétrole du Yasuni


La destruction des forêts tropicales est souvent déplorée ; elle fait souvent la « une » de la presse et de la télévision mondiale depuis une vingtaine d’années déjà.

Pourtant, des initiatives pour les préserver, d’inspiration publique ou privée, mais souvent méconnues, et souvent laissées de côté par les médias, émergent ici et là. C’est d’ailleurs un des objets de mon blog de vous en tenir informés de la manière la plus régulière possible.

Aujourd’hui, la première étape de notre tour du monde correspond à la dernière initiative en date : elle a lieu en Equateur, pays andin, mais dont la moitié orientale est couverte par la forêt amazonienne, et très riche en biodiversité - [On compte 1.000 espèces d’arbres sur un seul hectare de forêt, soit autant d’espèces que dans… toute l’Amérique du Nord.] - (notamment grâce à l’abondance de microclimats entre la plaine tropicale et des sommets qui dépassent les 5.000 mètres d’altitude).

Cette Amazonie équatorienne est pourtant menacée par l’exploitation pétrolière ; à l’heure actuelle, l’Equateur produit 500.000 barils par jour, et, dans le Pérou voisin, l’attribution de concessions à ces compagnies pétrolières vient de donner lieu à des affrontements sanglants [http://www.survivalfrance.org/actu/4648].

Le gouvernement équatorien exploite lui aussi le pétrole ; toutefois, le président Rafael Correa vient de confirmer sa décision de ne pas exploiter le gisement de pétrole du parc Yasuni, un espace forestier de 950 000 hectares, où vivent des populations indiennes encore isolées (mais dont le sol recèlerait 920 millions de barils, soit 20% des réserves de pétrole du pays, et aussi 410 millions de tonnes de CO2 potentiellement rejetés dans l’atmosphère en cas d’exploitation).

Il serait question de faire accepter la valeur de la « non-émission » de CO2 - [L’attribution d’une valeur économique à la préservation de l’environnement (par opposition au profit pouvant résulter de sa destruction) est une idée relativement récente, développée aux Etats-Unis et en Europe depuis les années 1980 (voir les procès « Exxon Valdez » aux USA, et « Erika » en France), mais encore insuffisamment développée, notamment dans certains pays du Tiers Monde où des terres très riches (si elles sont exploitées correctement) sont irrémédiablement dégradées pour un profit à court terme.] - , ceci en émettant des certificats de garantie « Yasuni » et en les faisant accepter sur le marché des certificats de réduction d’émission de carbone - [Le marché des certificats de compensation achetés par des entreprises et les collectivités pour compenser leurs émissions de CO2.] - , soit une valeur de 3,6 milliards d’euros au cours du jour. L’argent obtenu de la vente de ces certificats sera versé sur un fonds géré sous contrôle international, qui permettra de financer la politique de protection de la nature équatorienne - [Qui comprend aussi la protection de territoires aussi reconnus que les îles Galapagos, qui sont sous la souveraineté de ce pays.], - la reforestation d’1 million d’hectares, une stratégie nationale de production d’énergie (incluant la mise en valeur des ressources géothermiques de ce pays très riche en volcans), et le développement social de la région amazonienne.

L’Equateur espère servir de modèle lors du futur sommet de Copenhague en décembre prochain. D’après M. Sevilla, ancien maire de Quito[capitale de l'Equateur] et patron de la plus grande entreprise de tourisme du pays, « l’initiative Yasuni pourrait servir de projet pilote pour renégocier et perfectionner le protocole de Kyoto ». Et de rajouter, « Quand, en 1989, l’organisation Natura que je dirigeais ici a proposé le premier rachat de dette équatorienne contre nature, pour un montant de 10 millions de dollars, tout le monde nous a traités de dingues. Cela a marché. »

Pour être justes, le projet n’est pas exempt de controverses, de la part des communautés amérindiennes, l’initiative du président équatorien ne serait en fait que la récupération « politicienne » d’une proposition des associations équatoriennes de protection de l’environnement, qui ont convaincu le gouvernement de le reprendre, contre la volonté initiale de « développer » le pays sur la base de l’extraction des ressources minières et pétrolières, et face à la résistance des Amérindiens, qui ont réussi à résister et à expulser les compagnies pétrolières du parc Yasuni.

Toutefois, et au-delà de l’intention du gouvernement, ce projet prouve qu’il existe une alternative économiquement viable à la mise en valeur des forêts tropicales par l’exploitation intensive de leurs ressources, conduisant à leur épuisement - [Une initiative qui avait eu un précédent discret : dès les années 1980, le Costa Rica, petit Etat d’Amérique centrale, avait eu une politique ambitieuse de protection de la nature].

Source : http://dyneco.bloguez.com/dyneco/602538/L-39-Equateur-d-fend-la-non-exploitation-du-p-trole-du-Yasuni
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