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 Manque d'eau

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MessageSujet: Manque d'eau   Lun 2 Mar - 8:32

Le monde de l'industrie n'anticipe pas assez la raréfaction de l'eau

Sans que l'on s'en rende compte, l'eau fait tourner l'économie. Elle est indispensable à la production agricole et à quasiment tous les secteurs industriels, du textile à la métallurgie. Pourtant, très peu d'entreprises se préoccupent des risques liés à sa raréfaction.

"C'est une ressource cruciale dont dépend notre prospérité future, bien plus que du pétrole", préviennent deux groupes de réflexion américains, le Pacific Institute et le Ceres, dans une étude publiée jeudi 26 février. Ces instituts promeuvent la protection des ressources naturelles et l'intégration des questions environnementales dans la stratégie des entreprises.

A l'échelle mondiale, le secteur industriel consomme 20 % des ressources, contre 70 % pour l'agriculture et 10 % pour l'approvisionnement en eau potable. "Le changement climatique est de mieux en mieux pris en compte par le monde économique, écrivent les auteurs, mais l'attention se focalise sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), tandis que les conséquences sur la quantité et la qualité de l'eau disponible sont négligées." Leur liste est pourtant longue.

La diminution des réserves d'eau douce stockée dans les glaciers et les neiges affectera l'approvisionnement en eau d'un sixième de la population mondiale, en particulier en Chine, en Inde, au Pakistan et aux Etats-Unis. Il entraînera des sécheresses plus longues, tandis que les besoins augmenteront du fait de températures plus élevées. Des inondations et la montée du niveau des océans affecteront les infrastructures et la qualité de l'eau. Sans oublier la croissance de la population mondiale, autre grand facteur de limitation de la ressource.

Les secteurs industriels les plus consommateurs sont les plus vulnérables : production d'énergie, industrie textile, électronique, agroalimentaire, industrie pharmaceutique et biotechnologies, production de pâte à papier, mines et métallurgie.

Ils courent plusieurs risques. Tout d'abord, le risque "physique". "Le déclin ou des ruptures dans l'alimentation peuvent compromettre la fabrication, le refroidissement ou le nettoyage des produits", écrivent les auteurs, citant l'exemple de l'industrie des semi-conducteurs, qui a besoin de quantités considérables d'eau purifiée, et dont l'essentiel de la production est situé en Asie, particulièrement menacée par le stress hydrique.

L'industrie textile est aussi très dépendante : il faut 25 m3 d'eau pour produire les 250 grammes de coton nécessaires à la fabrication d'un tee-shirt. Le refroidissement des centrales nucléaires et thermiques demande également de grandes quantités d'eau. Leur fonctionnement a déjà partiellement été interrompu, en France lors de la canicule de 2003, ou dans le sud-ouest des Etats-Unis en 2007, par manque d'eau.

L'étude identifie également un risque "de réputation". "La rareté accroît la compétition entre les utilisateurs, écrivent les auteurs. Les tensions peuvent se développer entre les entreprises et les communautés locales souvent privées d'accès à l'eau, en particulier dans les pays en développement." Une réalité susceptible d'affecter l'image des compagnies, voire de conduire à la perte de licences d'exploitation. Tel fut le cas pour PepsiCo et Coca-Cola en Inde, qui perdirent leur droit de mettre en bouteilles de l'eau provenant de nappes souterraines. Il existe enfin un risque "de régulation", selon les auteurs : "Les autorités seront amenées à modifier les droits d'usage de l'eau, à suspendre les prélèvements, à augmenter les prix." L'ensemble des secteurs est concerné. L'agriculture, qui consomme aujourd'hui l'essentiel des ressources, pour des prix très faibles, est la première visée.

Le rapport dresse une liste de recommandations et engage les entreprises à agir, en mesurant leur empreinte hydrique, sur toute la chaîne de production (y compris les produits agricoles pour les entreprises agroalimentaires), en évaluant toutes les économies possibles et en intégrant les risques liés à l'eau dans leur stratégie.

Sur le Web :

Le rapport est disponible (en anglais) sur www.pacinst.org

Gaëlle Dupont

© Le Monde.fr

Source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/02/28/le-monde-de-l-industrie-n-anticipe-pas-assez-la-rarefaction-de-l-eau_1161622_3244.html
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MessageSujet: Combattre la crise de l'eau, une urgence pour l'ONU   Ven 13 Mar - 9:13

Une crise planétaire des ressources en eau menace. Si rien n'est fait, le développement humain, économique et la stabilité politique de nombreuses régions du monde seront en péril. Tel est en substance le message des Nations unies, qui publient, jeudi 12 mars, le troisième rapport mondial sur les ressources en eau, à quelques jours du Forum mondial de l'eau, qui rassemblera quelque 15 000 personnes à Istanbul, à partir du 16 mars.

Sous l'égide de l'Unesco, vingt-six agences de l'ONU ont travaillé sur ce document, publié tous les trois ans avant chaque forum. Pour la première fois, le ton est alarmant. "En dépit du caractère vital de l'eau, le secteur souffre d'un manque chronique d'intérêt politique, d'une mauvaise gouvernance, et de sous-investissement, affirme en préambule du texte Koïchiro Matssura, le directeur de l'Unesco. Il faut agir d'urgence pour éviter une crise globale."

Démographie La croissance de la population mondiale, de 80 millions de personnes par an, augmente les besoins en eau de 64 milliards de mètres cubes chaque année. Facteur aggravant, cette croissance est concentrée dans les villes, dont l'approvisionnement sera l'un des grands défis à venir.

Besoins La part de l'eau potable dans les besoins reste cependant faible. C'est pour l'agriculture, la production d'énergie et le développement économique que les exigences sont les plus importantes. En matière agricole, l'évolution des habitudes alimentaires pèse lourdement. "La croissance économique dans les pays émergents conduit à l'apparition d'une classe moyenne consommatrice de lait, de pain, de viande", relève le texte. La production d'un kilo de blé nécessite de 400 à 2 000 litres d'eau, selon les régions, et celle d'un kilo de viande de 1 000 à 20 000 litres.

Industrie L'énergie est le deuxième secteur utilisateur. La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre stimule le développement de l'hydroélectricité, qui assure aujourd'hui 20 % de la production électrique mondiale, et des agrocarburants. Or 2 500 litres d'eau sont nécessaires à la fabrication d'un litre de carburant "vert". Une ressource abondante est aussi indispensable au refroidissement des centrales thermiques et nucléaires. Les entreprises, en particulier dans les secteurs du textile, de l'électronique, de l'agroalimentaire, des mines et de la métallurgie, ont elles aussi besoin de grandes quantités d'eau pour fonctionner.

Changement climatique Dans le même temps, les régimes hydrologiques sont déréglés par le réchauffement. Les modèles climatiques s'accordent à prévoir des sécheresses plus longues et des inondations plus nombreuses. Dans les régions alimentées par des glaciers ou des neiges, la fonte est plus précoce, rendant l'eau disponible au printemps et non en été, au plus fort des besoins.

Ecosystèmes dégradés De multiples facettes de la crise de l'eau sont visibles. Les conflits entre utilisateurs, les tensions entre pays se multiplient. Les écosystèmes, surexploités, se dégradent. "Dans certaines régions, la réduction des stocks et la pollution ont atteint un point de non-retour", affirment les auteurs du rapport. Certains grands fleuves, comme le Colorado, le Nil, ou le fleuve Jaune, n'atteignent plus la mer. L'assèchement des zones humides, la baisse des nappes souterraines, la pollution par les rejets industriels, agricoles, ou urbains, la prolifération d'algues nocives n'ont pas seulement des conséquences graves pour la biodiversité, elles hypothèquent la capacité des écosystèmes à fournir une eau saine aux générations futures.

Impact économique Les sécheresses survenues en Australie, en Chine, en Californie, aboutissent à une limitation de la production agricole et à des pertes économiques. Au Kenya, l'impact combiné de la sécheresse et des inondations subies entre 1997 et 2000 a été évalué à 4,8 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros), soit 16 % du produit intérieur brut (PIB).

Santé La crise de l'eau a des conséquences dramatiques sanitaires. Dans les pays en développement, 80 % des maladies sont liées à l'eau. Elles causent 1,7 million de morts par an. L'absence d'accès à une eau saine, et surtout le déficit d'infrastructures d'assainissement sont en cause. L'épidémie de choléra au Zimbabwe, qui a fait plus de 4 000 morts depuis août 2008, due à la déliquescence des infrastructures hydriques du pays, en est une illustration.

Enjeu politique "Après des décennies d'inaction, les problèmes sont énormes et ils s'aggraveront s'ils ne sont pas traités, affirme le texte. Mais si les défis sont importants, ils ne sont pas insurmontables." Le premier impératif est de cesser de penser la ressource comme inépuisable, et de refonder une gestion jusque-là "non durable et inéquitable". Il faut "utiliser mieux ce que nous avons".

Le déficit de financement des infrastructures (d'approvisionnement, d'assainissement ou de stockage) a longtemps été considéré comme le principal obstacle. "Les ressources consacrées à l'eau sont minuscules comparées aux sommes investies dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ou la crise financière", constatent les auteurs. Selon eux, "un meilleur équilibre" devrait être trouvé entre la lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ses effets. Cependant, c'est la prise de conscience politique qui fait surtout défaut. "L'eau devrait être au coeur des politiques agricoles, énergétiques, de santé, d'infrastructures, d'éducation, affirme Olcay Unver, coordinateur du rapport. Les gestionnaires de l'eau sont convaincus, mais ce ne sont pas eux qui prennent les décisions. C'est aux chefs d'Etat et de gouvernement de s'emparer du sujet."

Les pénuries à venir

2030 A cette date, 47 % de la population mondiale vivra dans des régions exposées aux pénuries.

Secteurs Agriculture : 70 % des volumes consommés (jusqu'à 90 % dans certains pays en développement). Energie et industrie : 20 % des besoins.

Eau potable : 10 %.

Inégalités Si la tendance se poursuit, 90 % de la population mondiale aura accès à l'eau potable en 2015, avec de très fortes disparités régionales. Quelque 340 millions d'Africains en sont privés. A la même échéance, 2,4 milliards de personnes ne disposeront pas d'un service d'assainissement minimal.

Dégradation Un dollar investi dans les infrastructures d'eau et d'assainissement rapporte de 4 à 12 dollars (de 3 à 9,5 euros).

Les pertes économiques dues au déficit d'infrastructures en Afrique sont estimées à 28,4 milliards de dollars par an (22,4 milliards d'euros). Celles liées à la dégradation des ressources en eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont évaluées à 9 milliards dollars par an (7 milliards d'euros).

© Le Monde.fr

Source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/03/11/combattre-la-crise-de-l-eau-une-urgence-pour-l-onu_1166409_3244.html
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MessageSujet: L'eau c'est la vie..;mais l'eau se fait rare   Dim 3 Mai - 4:18

L’eau de notre vie

Si notre belle planète fut créée selon les scientifiques il y a près de 4,6 milliards d’années il faudra néanmoins attendre environ un milliard d’années pour qu’apparaissent les premières espèces vivantes. Ainsi notre plus lointain ancêtre, la première forme de vie sur Terre, a probablement été une cellule simple capable de se reproduire en se divisant.

La Terre de cette époque était alors bien loin de présenter le même aspect et les mêmes conditions atmosphériques que celles que nous connaissons actuellement. Le lieu d’apparition de ces premières bactéries procaryotes et unicellulaires reste encore de nos jours une énigme : certains chercheurs défendent l’hypothèse que c’est au fond des mers, près de sources hydrothermales, que la vie est apparue, et non en surface, dans des flaques d’eau proches du littoral, sous la lumière intense du soleil.

Quel que soit le lieu d’apparition de la vie, il est certain que les premiers êtres vivants étaient des bactéries anaérobies, c’est-à-dire pouvant vivre en l’absence d’oxygène, et qu’elles apparurent en milieu aquatique, dans nos océans.

Ces derniers couvrant 360 millions de km2, soit environ 71% de la surface de la Terre pour une quantité d’environ 1,4 milliard de milliard de mètres cube d’eau lui confèrent à juste titre les appellations de planète océan ou de planète aquatique.

Si la vie terrestre est apparue dans l’eau notre chemin de vie en tant qu’être humain prend de la même façon sa source dans cet élément. En effet, avant notre naissance nous passons par la phase aquatique lorsque nous baignons dans le liquide amniotique, embryons nous sommes constitués de 94 % d’eau pour une fois adulte en être constitués de 65%, étant ainsi un peu à l’image de notre planète.

De la tête aux pieds, nous sommes en eau. L’eau est donc un élément indispensable à notre corps, à notre vie. En plus d’en être essentiellement constitués nous devons également en consommer 2,5 l par jour car si nous sommes en mesure de vivre environ 3 semaines sans manger, puisque nous stockons des nutriments, en revanche nous ne pouvons nous passer d’eau plus de 3 jours, incapables de la conserver dans notre organisme.

Ainsi si l’homme perd 2% de son eau, il éprouve le besoin de boire, si il en perd 10%, il a des hallucinations et sa peau se rétracte, si il en perd 15%, il meurt, les cellules s’asphyxiant sous l’effet de leurs propres déchets.

L’eau est également essentielle à la vie car elle crée le milieu dans lequel toutes les réactions métaboliques se produisent et permet le transport de substances chimiques dont elle assure le bon fonctionnement physiologique.

Cette eau dont le renouvellement est essentiel au bon fonctionnement de notre corps est tout aussi vitale pour le reste des espèces faunistiques et floristiques dont est elle le composant essentiel dans des pourcentages en moyenne similaires à celui de notre corps.

L’eau étant essentielle à notre survie ainsi qu’à notre développement elle suscite par conséquent la convoitise de la part de l’ensemble de l’espèce humaine. Une convoitise qui peut aisément se transformer en conflit tant larvé qu’ouvert lorsque certains veulent en faire un bien exclusif au détriment des autres.

L’eau de la discorde

Les premières guerres de l’eau connues, l’écriture n’existant pas auparavant, eurent lieu il y a plus de 5000 ans entre des villes sumériennes, néanmoins il y a fort à penser qu’elles sont aussi vieilles que l’humanité : le contrôle des oasis, des points d’eau dans des régions où il y avait régulièrement des pénuries assurant la pérennité de leurs détenteurs.

L’histoire retiendra également la disparition de civilisations non moins prestigieuses que celle des Khmers survenue suite à une défaillance en approvisionnement en eau ou encore celle des Mayas en Amérique Centrale. Les civilisations ayant un usage intensif de l’eau se trouvent généralement fort vulnérables aux changements climatiques, nous n’échappons bien entendu pas à cet état de fait.

Notre époque est également le théâtre de conflits pour le contrôle de cette ressource. Ce fut le cas entre le Brésil et l’Argentine pour le contrôle du fleuve Parana ou encore actuellement entre les Etats-Unis et le Mexique pour l’eau du Rio Grande qui de grand n’a plus que le nom puisque ce fleuve maintes fois évoqué dans les westerns n’atteint désormais plus le Golfe du Mexique.

La guerre du Cachemire entre Inde et Pakistan trouve également une de ses origines dans le contrôle de la source de l’Indus, seule alimentation viable et suffisante en eau pour ce pays de plus de 150 millions d’habitants.

Que dire de la guerre de l’eau qu’Israël livre à la Palestine ? Depuis des décennies l’Etat hébreux puise des quantités pharaoniques d’eau dans la nappe aquifère située sous ces deux états et interdit à ce dernier de creuser d’autres puits malgré l’augmentation de sa population. Que dire de l’occupation du plateau du Golan par Israël depuis la Guerre des six Jours de 1967 dont le but n’était autre que celui du contrôle de la source du fleuve Jourdain ?

La situation au Proche Orient est sans doute la plus catastrophique que l’on puisse rencontrer sur notre planète étant donné qu’y ont été dores et déjà épuisées les réserves d’eau, premier cas dans l’histoire de l’humanité.

Que penser de la bande de Gaza, en plein désert de Palestine qui est l’entité politique qui souffre le plus cruellement du stress hydrique, avec tout juste 140 l d’eau souterraine saumâtre par an et par habitant !

Alors que nous ne buvons en moyenne guerre plus de 2 litres d’eau par jour, nous en consommons dans les pays industrialisés en moyenne 150 l /jour par personne. Cependant en moyenne dans certains pays comme l’Australie ou les USA il s’agit de 350 à 400 l pers/jour.

Comment éviter des conflits lorsque la répartition de cette ressource est de loin inéquitable puisque six pays, Brésil, Canada, Russie, Indonésie, Chine et Colombie se partagent à eux seuls la moitié des ressources en eau renouvelables de la planète. On assiste à une crise mondiale de l’eau, qui se manifeste à travers la pénurie croissante d’eau potable et la multiplication des maladies hydriques, causées par la pollution industrielle, la contamination des lacs et rivières, le traitement insuffisant des eaux usées, l’assèchement des sources, etc. Selon une estimation des Nations Unies, 36’000 personnes meurent chaque jour, soit 6% de la mortalité mondiale, par manque d’eau potable ou par ingestion d’eau contaminée. Environ 80% des maladies des pays en développement (diarrhées, choléra…) sont liées à l’eau.

Environ 1 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable et 2,5 milliards n’ont pas accès à un système sanitaire et ce chiffre atteindra en 2025 les deux tiers de la population mondiale.

Au sein même de nos sociétés la répartition et l’utilisation de l’eau sont inégales puisque les agriculteurs consomment actuellement les deux tiers de l’eau puisée dans les fleuves et nappes de la planète. D’ici 2025 la raréfaction de l’eau entraînera une baisse de la production mondiale de 350 millions de tonnes par an, soit la production annuelle en céréales des USA, alors comment nourrir la planète ? Malheureusement il ne faudra pas attendre 2025 puisque début 2008 nous avons vu dans de nombreux pays subvenir des émeutes de la faim, alors que dans d’autres l’ignominie humaine pousse à la spéculation sur les denrées alimentaires pour s’enrichir davantage. Le programme alimentaire mondial précisait qu’en 2008 se sont ainsi 50 millions supplémentaires de personnes qui souffraient de la faim.

Désormais le facteur limitant la productivité alimentaire mondiale n’est plus la terre mais l’eau comme le signale un rapport de la FAO. Les nappes aquifères s’épuisent lentement face à nos besoins pressants et en constante augmentation.

En Inde dans certaines régions l’eau était puisée à une dizaine de mètres, aujourd’hui on a beau forer à plus de 400 mètres de profondeur les puits restent secs. Quel avenir se dessine pour la population de la plus grande démocratie de la planète ?

La quête de cette eau vitale pour notre survie nous amène également à commettre des erreurs, des erreurs fatales comme ce fut le cas en Inde où près de 60 millions de personnes furent empoisonnées par l’eau naturellement chargée en fluorure extraite de puits tubulaires. Ce qui engendra de multiples malformations osseuses et infirmités irréversibles tant chez les enfants que chez les adultes. Une eau que les experts et scientifiques n’avaient pas cru bon d’analyser, une eau responsable du plus grand empoisonnement collectif de tous les temps, une eau extraite de milliers de puits réalisés dans les années 80 grâce aux fonds du programme des Nations Unies l’Unicef.

Que dire des dix millions de personne de l’ouest indien et du Bengladesh qui consomment chaque jour une eau dont la concentration en arsenic est parfois plusieurs centaines de fois supérieure aux normes de l’OMS ? Une eau non analysée provenant de puits financés en majorité par des fonds internationaux (ONG, ONU..), une eau qui les fait vivre aujourd’hui mais qui raccourci à chaque goutte leurs lendemains. Rien qu’en Inde ce sont aujourd’hui près de 800 millions de personnes qui seraient susceptibles de boire cette eau contaminée.

Si l’absence d’eau potable fait peser une grande menace sur les populations, de trop grosses quantités d’eau, qu’elles soient douces ou salées peuvent tout autant représenter un danger pour notre espèce. Un danger qui s’accroît chaque jour davantage avec le réchauffement climatique. Prenons pour exemple cette exceptionnelle mousson indienne de l’an passé qui a fait des centaines de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes. Nous pouvons évoquer de la même façon le problème de la montée des eaux qui provoque le déplacement de milliers de réfugiés climatiques.

Ainsi l’effet du réchauffement climatique sur les Tuvalu, la plus petite nation du monde après le Vatican, mais certainement beaucoup moins riche, fera des 11000 Tuvaluens, les premiers réfugiés climatiques de la planète d’ici 2 générations. L’Océanie dans son ensemble sera sans conteste le continent le plus fortement touché par cette catastrophe de la cupidité humaine compte tenu de sa géographie et de ses milliers d’atolls, celui d’Ouvéa n’échappant pas à cette logique.
Les Nations Unies évaluent à 50 millions le nombre d’habitants qui pourraient être contraints de quitter leur lieu de vie en raison des conséquences du changement climatique D’ici à la fin du siècle, le nombre des réfugiés climatiques pourrait être porté à 150 millions.

( suite au post suivant)
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MessageSujet: LO'eau c'est la vie..;mais elle se fait rare (2)   Dim 3 Mai - 4:19

Suite du post précédent

L’espoir de notre espèce

La technologie

Nous avons depuis tous temps eu recours à la science et à la technologie afin de résoudre les problèmes auxquels nous étions confrontés. L’absence ou la raréfaction des ressources aquifères nous amena également, parfois à tord parfois à raison, à inventer, à innover, ou encore à mettre en place des projets démesurés dans certains domaines.
C’est sans conteste le cas de la Grande Rivière Artificielle de Muhammad Kadhafi qui a dépensé 27 milliards de dollars pour transporter sur 3500 km de désert une eau puisée à 500 m de profondeur dans une nappe phréatique fossile, donc épuisable, avec l’aide des Américains, ceci afin de faire pousser, entre autre, du blé en plein désert !

Les Chinois ne sont guère bien loin puisqu’ils ont entamé leur projet Sud-Nord qui détournera une partie du fleuve Yangtsé, 4eme de la planète par le débit, afin d’alimenter le fleuve Jaune quasiment asséché situé près de grandes métropoles pour un coût d’environ 60 milliards de dollars.

L’Inde quant à elle a une entreprise encore plus démesurée que son géant de voisin puisque son Projet d’Interconnexion des Fleuves prévoit de construire des dizaines de grands barrages, des centaines de réservoirs secondaires afin d’envoyer vers le sud aride les eaux de mousson charriées au nord par les géants que sont le Gange ou encore le Brahmapoutre. Un projet titanesque, pour ne pas dire emprunt de mégalomanie qui va changer la carte hydrographique de ce pays et coûter de 110 à 200 milliards de dollars selon les estimations, soit 40% du PIB de l’Inde.

Notre caillou n’échappe pas à ce genre de projet avec son Grand Tuyau dont l’utilité et la viabilité financière, pour la population bien sûr, et non pour certains élus, ont été très fortement remis en cause par un récent rapport de la cours des comptes.

L’impact financier et surtout écologique de tels projets est plus que discutable quand il semble que d’autres moyens plus viables écologiquement, financièrement et moralement peuvent être mis en œuvre.

Certaines sociétés comme la Comex ont déjà mis en place et améliorent des procédés de récupération des eaux de source jaillissant en plein océan grâce à la différence de densité entre eau douce et eau salée.

Les usines de désallement, qui produisent 10% de la consommation mondiale d’eau sont également une option, néanmoins leur coût de fonctionnement en limite l’implantation aux pays disposant d’importants moyens financiers. Qui plus est n’oublions pas que la source d’énergie utilisée qu’est le pétrole augmente la pollution atmosphérique de notre planète.

Pour les populations plus isolées des solutions viables ont déjà été proposées. C’est le cas notamment d’un genre de toile ombrière en polypropylène capable de récolter les 2/3 de l’humidité des brouillards, une quantité suffisante pour s’alimenter et même recréer un écosystème. L’humidité de l’air représente en effet plus de six fois le contenu de tous les cours d’eau de la planète. Dans de nombreux pays on revient à des méthodes ancestrales que sont le captage de l’eau de pluie, ou encore le système des qanâts utilisés par les Perses et qui sont à l’origine de leur richesse agraire durant l’antiquité.

A défaut de revenir à des méthodes ancestrales ou de s’appuyer, une fois n’est pas coutume, sur la science ou la technologie pour résoudre les problèmes que nous-mêmes, notre société créons depuis des siècles n’existe-t-il aucune autre alternative ?

Ne serait-il pas plus judicieux, plus réaliste, plus efficace, plus pragmatique d’utiliser ces différences avec le reste du règne animal dont nous n’avons de cesse de nous vanter, de nous targuer ? Ne devrions nous pas simplement, humblement regarder l’histoire de ces civilisations disparues pour des erreurs semblables et en tirer des leçons ? Ne devrions nous pas nous comporter en êtres humains que nous nous revendiquons et utiliser ce que nous nommons l’intelligence ou encore la cognition ? Ne devrions nous pas faire preuve tout simplement de bon sens ?

Mais est-ce réellement le chemin que prend la communauté internationale en favorisant la création du nouveau marché de l’or bleu ?

En effet, lors du dernier Forum Mondial de l’Eau à Istanbul en mars dernier, la version finale du projet de déclaration, négocié depuis de longs mois, stipule que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est un “besoin humain fondamental”, et non pas un “droit”. Légalement, un besoin humain n’a aucune valeur ce qui permet d’en faire désormais une marchandise soumise aux lois de l’offre et de la demande. Comment parler de droits de l’Homme si on ne parle pas de droit à l’accès à l’eau ? De leur côté les entreprises privées intéressées par le marché de l’eau soutiennent activement ce programme qui leur ouvre des possibilités de profit énormes. Il s’agit d’une part des sociétés transnationales de distribution d’eau, que nous connaissons également très bien en Nouvelle Calédonie, Suez et Veolia, d’autre part quatre multinationales qui se partagent le marché de l’eau en bouteille : Nestlé, Danone, Coca-Cola et PepsiCo.
D’autres sociétés se réjouissent d’ores et déjà du réchauffement climatique qui leur permet de récupérer les icebergs du Groenland dérivant en eau internationale afin d’embouteiller cette eau gratuite.

N’est-ce pas là, une fois de plus, sacrifier sur la table du sacro saint libéralisme des millions de vies humaines ?

D’ici 2050 il y aura près de 9 milliards d’habitants sur terre, et une augmentation d’environ 80% de notre consommation actuelle, comment ferons nous alors pour subvenir à nos besoins en eau ? Les scientifiques prévoient que les îles du Pacifique seront parmi les premières terres de la planète touchées par la sécheresse suite au réchauffement climatique. Et nous, êtres humains, calédoniens, citoyens, quelle réponse apportons-nous à ce problème ? Que faisons-nous au quotidien pour préserver cette ressource ? Quelle politique de gestion de cette ressource renouvelable proposons-nous pour le pays et les générations futures ?

L’eau c’est le sang de la Terre, quand les dernières larmes de Gaïa seront asséchées nous n’aurons dés lors plus que nos propres yeux pour pleurer la fin de l’humanité.


Arnaud FUENTES, citoyen de la Terre

http://nouvellecaledonie.info/2009/04/29/l%E2%80%99eau-vie-mort-espoir
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MessageSujet: Les solutions à la crise de l''eau ne manquent pas   Dim 24 Mai - 8:22

Aurons-nous assez d'eau, en 2050, pour nourrir les 9 milliards d'habitants de la planète ?



L'agriculture en est, de loin, la plus grande consommatrice, avec 70 % des volumes. Le message de la communauté scientifique et des praticiens du secteur est aujourd'hui clair : c'est le secteur agricole qui doit en priorité économiser l'eau si le monde veut éviter une crise des ressources hydriques, liée à la fois à l'augmentation des besoins et aux effets du réchauffement climatique.



"Il faut doubler la production agricole d'ici quarante ans et, si rien ne change, les besoins en eau pour l'agriculture doubleront aussi, explique David Molden, directeur de recherche à l'International Water Management Institute (IMWI). Nous devons impérativement produire plus avec moins d'eau."



Des solutions techniques existent. D'abord, mieux capter et utiliser l'eau de pluie. Mais pas forcément en construisant de nouveaux grands barrages : "En développant de petites infrastructures de stockage, et en apportant de petites quantités d'eau au moment où la plante en a le plus besoin, on peut passer d'un rendement de dix quintaux de céréales à l'hectare à trente", explique Sami Bouarfa, spécialiste du Maghreb à l'Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement (Cemagref).



De petits aménagements (cordons de pierre, par exemple) ou l'amélioration du travail du sol permettent aussi, en retenant l'humidité, d'améliorer les rendements, parfois de manière spectaculaire.



RÉGIME SANS VIANDE



L'autre grand défi est de diminuer les quantités prélevées dans les fleuves et les nappes souterraines pour l'irrigation. "On peut gagner beaucoup en entretenant les réseaux de distribution et en utilisant le goutte-à-goutte", constate Mostafa Errahj, professeur à l'Ecole nationale d'agriculture de Meknès, au Maroc. Cette technologie permet d'économiser environ 50 % d'eau par rapport au système traditionnel d'irrigation.



Toute la difficulté consiste à diffuser ces techniques sur le terrain. "Quel intérêt ont les agriculteurs à utiliser moins d'eau, s'ils ne reçoivent aucune compensation ?", interroge M. Molden. Augmenter le prix de l'eau est une option politiquement dangereuse. D'autant que les équipements d'économie en eau sont souvent coûteux.



De plus, si les subventions apparaissent indispensables, elles ne suffisent pas. "Le changement ne peut pas se faire en un claquement de doigts, commente M. Bouarfa. On s'adresse à des millions de gens, pour la plupart de petits agriculteurs, qui risquent leur revenu. Un accompagnement est indispensable."



Pour de nombreux experts, la clé du succès réside dans l'émergence d'un secteur agricole structuré par des coopératives et des associations d'usagers de l'eau. "Il n'y a pas de meilleur formateur, pour un agriculteur, qu'un autre agriculteur", affirme M. Bouarfa.



Au Maroc, un programme de formation, soutenu par la Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde (FARM), met ainsi en lien des agriculteurs de tout le pays. "On sort du cadre classique où le formateur est un fonctionnaire, cela a beaucoup plus d'impact", explique M. Errahj.



Trop peu de pays font des économies d'eau en agriculture une priorité. La pénurie menace pourtant de nombreuses régions du monde : pourtour méditerranéen, Sahel, Moyen-Orient, Asie centrale, Inde, nord de la Chine, Australie, ouest des Etats-Unis, Amérique centrale... La crise s'y fait déjà sentir. Les écosystèmes, surexploités, se dégradent.



De nombreux participants au Forum mondial de l'eau, qui s'est tenu en mars à Istanbul, ont appelé les Etats à sortir de l'immobilisme. "Une meilleure gestion de l'eau en agriculture est une priorité en Inde ou en Chine aujourd'hui", relève M. Molden. Le Maroc a mis en place un plan d'économies. La Tunisie a réussi à stabiliser sa consommation d'eau agricole. Reste à savoir si ce mouvement s'amplifiera et donnera des résultats rapidement pour éviter des crises aiguës.



Si les politiques strictement agricoles échouent, d'autres pourraient prendre le relais, en agissant sur les régimes alimentaires, par exemple. Un régime sans viande ne requiert que 2 000 litres d'eau par jour par individu, contre 5 000 pour une alimentation carnée. Une croissance des échanges de denrées alimentaires entre régions pauvres et riches en eau permettrait aussi de pallier les déficits. Ces ajustements ont déjà lieu (des régions en déficit hydrique importent des céréales), mais sont limités, les Etats restant très attachés à leur indépendance alimentaire.



Gaëlle Dupont



Source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/05/22/les-solutions-a-la-crise-de-l-eau-ne-manquent-pas_1196635_3244.html
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MessageSujet: Une meilleure utilisation de l'eau pourrait réduire les crises alimentaires futures   Mar 26 Mai - 8:55

Si l’ensemble des ressources en eau des bassins fluviaux était mieux reconnu et géré, les crises alimentaires à venir pourraient être significativement réduites, indiquent des chercheurs du Stockholm Resilience Centre (Stockholm University, Stockholm Environment Institute and Postdam Institute for Climate Impact Research).



Le défi consistant à satisfaire les besoins futurs en eau dans le cadre des effets du changement climatique et de l’augmentation rapide de la demande humaine pourrait être moins colossal que décrit. Une étude menée par une équipe de scientifiques suédois et allemands a pour la première fois quantifié les possibilités d’utilisation à la fois de l’eau «verte» et de l’eau «bleue» dans une perspective d’adaptation au changement climatique et d’alimentation de la future population mondiale.



L’approche habituelle concernant la gestion de l’eau ne considère que l’eau bleue, à savoir le débit des rivières et les nappes phréatiques, ce qui limite les options possibles dans le contexte de la raréfaction de l’eau et des risques concernant cette ressource induits par le changement climatique. Avec ces conditions, plus de trois milliards d’individus souffriront de rareté sévère d’eau. La nouvelle étude, qui inclut l’eau verte, à savoir l’eau située dans le sol provenant directement de la pluie, suggère que ce nombre pourra être inférieur à un milliard. Il indique aussi qu’une prudente gestion de la ressource en eau pourrait épargner des milliards d’individus d’une situation de pauvreté en eau.



L’eau verte forme la base de toute la production alimentaire dans les systèmes agricoles non irrigués. L’étude indique que des investissements dans des techniques courantes et une meilleure utilisation de cette eau pourrait représenter la base d’une nouvelle révolution verte. Il en résulterait une amélioration de la capacité de résistance des systèmes agricoles vis-à-vis des événements tels que les inondations, qui seront plus fréquentes et plus intenses, les sécheresses et périodes sèches, et des approvisionnements plus stables de nourriture, indique Holger Hoff, chercheur au Postdam-Institute for Climate Impact Research.



De nombreux pays classés comme chroniquement insuffisants en eau bleue, ont assez d’eau bleue-plus-eau verte pour produire une alimentation suffisante pour leur population. Ces pays sont notamment situés en Afrique.



Cependant, malgré les perspectives nouvelles indiquées par la nouvelle étude, les recherches montrent que l’humanité fera face à des défis majeurs en 2050 dans certaines régions du monde, par manque d’eau verte-plus-bleue, manque qui ne leur permettra pas de produire leur propre nourriture.



L’étude est publiée dans la revue Water Resources Research.



notre-planete.info – 25/05/2009



Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1992.php
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MessageSujet: Guerre de l'eau en Inde   Ven 14 Aoû - 7:25

En Inde, les nappes phréatiques s'épuisent, mettant en péril les ressources en eau du pays. Un article paru jeudi 13 août dans la revue scientifique Nature établit qu'en six ans, de 2002 à 2008, les réserves d'eau souterraine de trois régions du nord de l'Inde, l'Haryana, le Pendjab et le Rajasthan, ont diminué de 109 milliards de mètres cubes, soit le dixième des réserves annuelles du pays.

Un satellite pour mesurer les nappes phréatiques

On peut évaluer des réserves d'eau souterraine depuis le ciel à l'aide de satellites comme Grace, lancé par la NASA et l'agence spatiale allemande en 2002. Cet engin mesure des variations de la gravité qui trahissent la décharge des nappes phréatiques (aquifères). Entre 2002 et 2008, il a permis d'observer une baisse moyenne de 4 cm par an des nappes des Etats indiens du Pendjab, du Rajasthan et de l'Haryana, selon une étude publiée dans la revue Nature jeudi 13 août. Ces réservoirs naturels ont perdu 109 km3 d'eau, l'équivalent du triple des prélèvements annuels d'eau effectués pour couvrir les besoins de la France... "Si des mesures ne sont pas prises rapidement pour assurer un usage de l'eau durable, préviennent Matthew Rodell (NASA) et ses cosignataires, les conséquences pour les 114 millions d'habitants de la région pourraient être une baisse de la productivité agricole et des pénuries d'eau potable conduisant à d'importantes tensions socio-économiques."


L'Inde est prise au piège entre une consommation qui ne cesse d'augmenter et des réserves qui baissent. L'eau souterraine est gratuite et abondante, même en temps de sécheresse. Depuis quarante ans, les agriculteurs se sont donc tournés vers l'exploitation des nappes phréatiques, sans se donner la peine de demander des autorisations. En l'absence de législation et de contrôle des autorités, 19 millions de puits ont été forés.

Cette eau souterraine, qui constitue 38,5 % des ressources disponibles, est pourtant précieuse. S'il suffit de seulement quelques minutes pour extraire l'eau des profondeurs, il faut des années pour reconstituer une nappe phréatique. Dans son rapport intitulé "Propriété et gestion des nappes phréatiques", le commissariat au plan indien met en garde contre leur surexploitation : entre 1995 et 2004, "la proportion de districts surexploités est passée de 4 % à 15 %, faisant de la surexploitation des nappes phréatiques un objet de préoccupation". Dans les régions arides ou semi-arides comme le Gujarat, le Tamil Nadu ou le Rajasthan, plus de la moitié des districts sont classés comme étant dans une situation critique ou semi-critique ou comme surexploités.

Cette pénurie conduit les agriculteurs à creuser des puits de plus en plus profonds. Mais tous n'ont pas les moyens de s'équiper de pompes à eau suffisamment puissantes. Dans un article paru mardi 11 août dans les Lettres de la recherche environnementale (ERL), Tushaar Shah montre que ces pompes à eau, qui fonctionnent avec des générateurs alimentés au gazole ou au kérosène, sont responsables de 4 % à 6 % des gaz à effet de serre émis par l'Inde, le quatrième pollueur de la planète. Or le réchauffement climatique réduit les chances de renouvellement des nappes phréatiques.

En 2001, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) a montré qu'une augmentation des températures se traduirait par de plus fortes précipitations, sur une moindre durée. Ce changement pourrait ralentir le rythme de réapprovisionnement des réserves d'eau souterraines. Enfin la montée du niveau de l'océan provoque la salinisation des nappes phréatiques côtières, les rendant impropres à la consommation. La contamination chimique des nappes phréatiques, à l'arsenic ou au fluor, est en outre déjà à l'oeuvre dans certains Etats, comme l'Andhra Pradesh ou le Bengale-Occidental.

Les nappes phréatiques servent à irriguer des cultures à haut rendement, où sont aussi utilisés des pesticides et des engrais. Or "les systèmes d'irrigation souterrains sont particulièrement vulnérables à la contamination chimique. Une fois contaminés il est très difficile, voire impossible de les décontaminer", lit-on dans un des articles publiés dans ERL.

DES TENSIONS

La pénurie d'eau suscite déjà des tensions en périphérie des grandes agglomérations. "La guerre de l'eau a commencé", va même jusqu'à affirmer Sunita Narain, rédactrice en chef de la revue environnementale Down to Earth. "Aux alentours de New-Delhi, les citadins utilisent les ressources en eau des paysans. Et les paysans ont à leur tour recours aux maigres ressources en électricité des citadins pour pomper l'eau dans des puits profonds", explique Sunita Narain.
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MessageSujet: Pénurie au Mexique   Mer 26 Aoû - 6:31

Le Mexique risque un manque "critique" d'approvisionnement en eau en 2010, en raison du changement climatique combiné à une réduction des pluies elle-même aggravée par le phénomène climatique "El Nino", a averti hier la Commission nationale de l'eau (Conagua).

La Confédération nationale des agriculteurs du Mexique avait déjà évalué la semaine dernière à plus d'un milliard de dollars les pertes que provoquera la sécheresse actuelle, la pire depuis 70 ans selon elle.

Des signes de déficit hydrologique sont apparus dès octobre 2008 et ont été aggravés par l'arrivée de El Nino, datée officiellement du 9 juillet. El Nino, qui affecte le monde entier, se traduit au Mexique par une réduction très importante des pluies d'été, explique la Conagua dans un communiqué.

La sécheresse a déjà perturbé l'agriculture et l'élevage cette année, et un programme de rationnement de l'eau courante a été mis en place à Mexico, mais la situation risque de s'aggraver au premier trimestre de 2010, selon la Conagua, qui souligne le niveau à son plus bas du principal captage alimentant la capitale.

L'agglomération de Mexico, 20 millions d'habitants, surexploite ses nappes phréatiques, dont elle tire 75% de sa fourniture en eau, souligne la Conagua
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MessageSujet: Manque d'eau en Asie   Ven 4 Sep - 6:06

Alors que la Chine et l'Inde subissent actuellement une importante période de sécheresse, plusieurs rapports préconisent une réforme de l'eau à la fois pour faire face à une pénurie et pour nourrir une population croissante.

Avec une industrialisation rapide, une croissance importante de la population, la multiplication des sécheresses, la menace du changement climatique, et les difficultés d’irrigation, la question de l’eau est plus que jamais centrale en Asie.

Ainsi, selon un rapport intitulé « Un avenir pour l’irrigation asiatique », publié en août par l’Institut international de gestion de l’eau (IWMI), le continent doit entamer de façon urgente une réforme de l’eau s’il veut éviter d’importer plus d’un quart du riz, du blé, du maïs dont il aura besoin d’ici 2050 pour nourrir les 1,5 milliards de personnes en plus que comptera la population.

«La demande asiatique d’alimentation humaine et animale devrait doubler d’ici 2050. Se reposer sur le commerce pour répondre à une part importante de cette demande imposera un poids énorme, politiquement intenable, sur les économies de nombreux pays en voie de développement », estime en effet Colin Chartres, directeur général de l’IWMI.

Déjà, la hausse des prix agricoles en 2007-2008 avait provoqué de fortes tensions dans la région, et la volatilité des prix devrait être la norme dans les années à venir…

Améliorer les systèmes d’irrigation ?

L’Asie devra donc apprendre à mieux gérer son eau. Le rapport préconise ainsi d’améliorer et d’étendre l’agriculture arrosée par la pluie et de se focaliser sur les terres agricoles irriguées déjà existantes.

Ces dernières ont été considérablement développées entre les années 1970 et 1995 et comptent aujourd’hui pour 34% des terres cultivées, trois fois plus qu’en Amérique du Nord et 6 fois plus qu’en Afrique.

Elles produisent aussi 60% des céréales cultivées en Asie…Pourtant, selon l’étude, les systèmes d’irrigation sont désormais peu performants : gérés de façon centrale, mal entretenus, ils sont également peu adaptés aux nouvelles demandes alimentaires de la population dont la consommation de viande, de lait ou de fruits –plus gourmands en eau- est en augmentation constante.

« Ce n’est pourtant pas le cas partout, précise François Molle, chargé de recherche à l’IRD* sur les politiques et gestion de ressources en eau. En Thaïlande par exemple, le système est très bien entretenu. De plus, il faut arrêter les discours « tarte à la crème » sur le gaspillage de l’eau dû à l’irrigation.

Des efforts peuvent certes être faits pour économiser l’eau mais les pertes d’eau liées à son acheminement sont souvent, soit récupérées par les paysans, soit réinjectées dans les eaux souterraines.

Au niveau de la parcelle, il peut donc y avoir inefficience mais si l’on raisonne en terme de bassin ou de région, les systèmes d’irrigation sont efficients à 85/90% ! »

Le problème est qu’aujourd’hui, l’alimentation de ces systèmes n’est pas toujours assurée. La Chine et l’Inde ont beau investir des milliards dans la rénovation et la construction de canaux, dans certaines régions, touchées par la sécheresse, ceux-ci sont pratiquement à sec.

Et « de plus en plus, par rapport à l’alimentation des villes et de l’industrie, l’agriculture est la variable d’ajustement », souligne François Molle.

Or les besoins agricoles sont énormes ; en Asie du Sud, ils utilisent près de 90% des prélèvements d’eau totaux!

Pour pallier les manques, les agriculteurs ont donc forgé leurs propres systèmes, pompant l’eau des nappes phréatiques (19 millions de pompes actuellement recensées) ou créant des étangs de stockage sur leur exploitation.

Ce système d’irrigation atomisée a connu une expansion sauvage, qui représente plus de 60 % de l’irrigation en Inde aujourd’hui, selon le gouvernement.

Dans le nord du pays, des chercheurs américains ont ainsi pu observer, grâce à deux satellites, que plus de 109km3 d’eau ont disparu des nappes souterraines entre 2002 et 2008.

Une perte principalement due à l’usage qu’en fait l’homme, concluent-ils, et qui augure de situations critiques sachant qu’il faut des années pour reconstruire les nappes phréatiques. Sans parler des contaminations de celles-ci par les engrais et pesticides.

*Institut pour la recherche et le développement
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MessageSujet: Le monde actuel fait face à une crise de l’eau majeure que les experts attribuent au réchauffement climatique   Lun 5 Oct - 15:56

Le monde actuel fait face à une crise de l’eau majeure que les experts attribuent au réchauffement climatique qui entraîne un accroissement des phénomênes climatiques extrèmes : sécheresses ou inondations,n à l’augmentation de la consommation d’eau du à la croissance démographique et à l’accroissement des usages. Le paradoxe est que certaines populations souffrent de pénuries d’eau alors que 71% de la surface du globe en est recouvert. Ce constat a incité divers spécialistes, chercheurs et acteurs du secteur de l’eau à développer différentes techniques de dessalement de l’eau de mer pour satisfaire la demande exponentielle du précieux liquide. Il est vrai que l’on estime à 39% la part de la population mondiale vivant à moins de 100km d’un côte alors que 42 villes de plus d’un million d’habitants ne disposant pas de ressources suffisantes en eau douce se situent sur le littoral.

De ce fait, le dessalement de l’eau de mer est devenu une technologie très importante dans le développement de l’accès à l’eau car il représente une véritable opportunité pour aider à la résolution de la crise. Avant de voir les évolutions actuelles et futures de ce marché ainsi que les critiques dont il est l’objet, il est nécessaire de comprendre en quoi consiste le dessalement d’un point de vue technique.

La distillation et le dessalement par osmose inverse, dont nous avons déjà parlé dans nos posts du 5 juin dernier et du 10 août, sont les deux procédés les plus courants, bien qu’il existe d’autres procédés tels que le système flash utilisé au Moyen Orient ou l’électrolyse.

Le phénomène d’osmose inverse est actuellement le plus utilisé puisqu’il représente à peu près 60% des installations. Il correspond au transfert d’un fluide (eau) à travers une membrane semi-perméable sous l’action d’une différence de concentration. Dans l’osmose classique, l’eau passe de la solution diluée vers la solution concentrée ; dans l’osmose inverse, qui se déclenche grâce à une augmentation de la pression appliquée à la solution au-delà d’un certain seuil, l’eau passe de la solution concentrée vers la solution diluée.

Par la suite, l’eau subit un prétraitement visant à éliminer toutes les particules de dimension supérieure à 10 micromètres ; il s’agit d’une pré-filtration puis d’une filtration sur sable. Cela permet d’enlever les particules en suspension les plus grosses. Un traitement biocide et une acidification permettent en outre d’empêcher le développement de microorganisme. Enfin, une filtration sur cartouche permet d’éliminer les particules qui ont échappé à la filtration sur sable.

L’eau de mer est alors injectée à l’aide d’une pompe à haute pression dans un module d’osmose inverse dans lequel se trouvent des membranes. Les molécules sont retenues d’un côté de la membrane, ce qui augmente la concentration de l’eau et nécessite une pression plus importante. La solution salée est balayée par un flux d’eau continu. Ainsi, on obtient une eau filtrée de manière extrêmement fine. Pour limiter la consommation d’énergie, il est possible d’aménager un circuit permettant de récupérer une partie de l’énergie liée à la pression.

La filtration permet de supprimer 99% des sels minéraux et organiques. Une eau de mer concentrée à 35.000 ppm peut ainsi ressortir selon l’effort de pression réalisé sur la membrane Ol, à moins de 200 ppm. Le seuil de potabilité des eaux distribuées en réseau est généralement admis à 500 ppm. L’eau peut ensuite être reminéralisée, ajustée en Ph ou subir des post-traitements UV, osmose, ou une légère chloration afin d’être déclarée comme potable.

Selon la WWF, il y aurait aujourd’hui une dizaine de milliers d’usines de dessalement en activité de par le monde dont la moitié serait concentrée pour le moment dans la région du Golfe et couvrirait environ 60% des besoins en eau douce des pays producteurs de pétrole. De plus, l’ensemble des usines de dessalement produirait plus de 50 millions de mètres cubes d’eau dessalée, dont 15 % issus de l’eau saumâtre, tous les jours dans le monde. D’une manière globale, il est possible d’observer deux types de réaction par rapport à cet état de fait. La première se caractérise par le succès et se traduit par la construction de nouvelles usines dans le monde alors que la deuxième est plus prudente et met en garde contre cette technique tout en appelant les dirigeants politiques à plus de réflexion.

Les promoteurs de cette technique avancent que le processus d’osmose inverse est développé depuis une quinzaine d’années et représente donc une technique fiable. Les usines de dessalement apparaissent d’ailleurs un peu partout dans le monde, que ce soit en Australie, à Bahreïn ou en en Arabie Saouditepour répondre aux besoins en eau auxquels sont confrontés ces pays. L'Espagne, également, dessale une grande quantité d’eau de mer et projette de construire jusqu'à quinze usines de dessalement (1,7 million de mètres cubes par jour). L’Inde a quant à elle, commandé une étude de faisabilité à General Electric afin de lancer un programme de dessalement. Aux Etats-Unis, la ville d’El Paso a inauguré en août 2007 la plus grande usine de dessalement à l’intérieur des terres qui existe au monde et plusieurs entreprises privées proposent une vingtaine d’usines de dessalement de l’eau de mer pour la seule côte californienne, selon Wenonah Hauter, présidente de l’association de consommateurs Food and Water Watch.

Cependant, c’est en Israël que ce trouve la plus grande usine de dessalement par osmose inverse du monde, à Ashkelon précisément. Cette usine construite par Veolia Water alimente environ 1,4 millions de personnes en eau douce par la production de 320 000m3 d’eau par jour. L’Algérie a quant à elle, lancé un projet d’investissement de 500 millions de dollars pour une station de dessalement qui dépassera la capacité de production de l’usine d’Ashkelon.

Ces deux derniers exemples prouvent l’engouement et le dynamisme de la région méditerranéenne pour ce procédé étant donné qu’elle souffre de plus en plus de la sécheresse. Vu le coût d’investissement élevé de ce type d’installations (il varie, pour des capacités allant de 10 000 à 100 000m3/j, d'environ 2000 à 2700 euros par m3/j.), les pays riches qui rencontrent des problèmes d’approvisionnement en eau sont de plus en plus nombreux à y avoir recours, en particuliers les pays du Golfe qui profitent de la manne financière de l’exploitation pétrolière. Il est possible de citer comme exemple le Qatar et le projet de Ras Laffan C qui sera la plus grande installation de production d'électricité et de dessalement d'eau de mer du pays, avec une production quotidienne de 2.730 MW d'électricité et de 286.000 m3/jour d'eau dessalée. Elle devrait être mise en service en avril 2011, avec une première phase de production d'électricité et d'eau dès le mois de mai 2010.

De plus, GDF Suez a récemment remporté un contrat pour la construction et l'exploitation de la centrale électrique et de dessalement d'eau de mer Shuweihat 2, un important projet indépendant d'électricité et d'eau à Abu Dhabi, aux Émirats Arabes Unis. Shuweihat 2 est une installation "greenfield" au gaz naturel qui produira 1.500 MW d'électricité et 454.610 m3 d'eau par jour d’après les autorités. La Jordanie et la Chine ont été plus loin en signant un accord de coopération nucléaire ouvrant la voie à une prochaine coopération en matière d'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, spécialement dans les domaines de la production d'électricité et du dessalement d'eau. Il est à préciser que la Chine a récemment annoncé que ces installations de dessalement traiteraient 1 million de m3 d'eau de mer par jour d'ici 2010 et jusqu'à 3 millions de m3/jour en 2020.

En Europe, la première grande usine anglaise de dessalement sera construite dans la commune de Newham, à l’est de Londres, et pourra produire chaque jour quelque 140 millions de litres d’eau potable, vers 2010.

La multiplication des usines de dessalement par osmose inverse témoigne de sa fiabilité en tant que pilier des solutions aux difficultés d’approvisionnement en eau des pays .


Malgré le succès actuel, un mouvement de méfiance à l’égard du dessalement s’est développé ces dernières années. Dans les articles relayant cette position, les arguments avancés s’appuient régulièrement sur une étude de la WWF publié en juin 2007 et intitulée « Dessalement : option ou distraction dans un monde assoiffé ? ».

L'ONG y rappelle notamment que les 1200 usines de dessalement du monde consomment beaucoup d'énergie et par conséquent émettent des gaz à effet de serre. Elle s’alarme donc d’un développement anarchique de cette technologie. Toujours selon elle, pour chaque litre d’eau dessalé, c’est un litre de saumure qui est rejetée à la mer. Même s’il est difficile de connaître l’impact réel de ces rejets, les premières études réalisées sur le sujet semblent montrer qu’il est faible (les fleuves rejettent aussi à la mer de nombreux minéraux). Jamie Pittock, directeur du programme eau douce du WWF note que la technique de l'osmose inverse utilisée pour le dessalement pourrait être une solution intéressante pour ces populations, selon lui. Elle a notamment été employée avec succès en Inde pour enlever certains contaminants dangereux présents dans l'eau potable. De son point de vue, « les usines de dessalement doivent être construites seulement lorsqu'elles se sont avérées être la solution la plus efficace et la moins préjudiciable pour compléter l'approvisionnement en eau, à la suite d'un processus d'évaluation approfondi et transparent de toutes les solutions de rechange et leurs impacts environnementaux, économiques et sociaux. » Il semble cependant que pour une fois les industriels et les écologistes se soient compris si l’on considère les nombreux projets de recherche qui sont en court chez les industriels du secteur afin de limiter la consommation énergétique, de trouver des débouchés aux résidus salins, mais également d’augmenter la quantité d’eau potable produite.

L’autre limite au développement du dessalement à longtemps été son coût. Cependant, le coût du m3 produit à considérablement diminué. L’usine d’Ashekelon produit un m3 à 0,5 centimes d’euros notamment..Reste que le coût du dessalement est étroitement lié au coût de l’énergie et que les pics qu’a connu le prix du baril ces derniers mois pourrait remettre en cause l’abaissement des coûts de production. Pour Michel Dutang, directeur de la recherche et du développement de Veolia Environnement, leader du marché (14,5 %), à l’avenir, « l’eau va devenir un problème crucial, qui butera sur le coût de l’énergie, indispensable au dessalement de l’eau de mer ou de l’eau saumâtre. »

Malgré ces limites, la plupart des analystes promettent au secteur une belle croissance pour la décennie à venir, dans la mesure où le besoin en eau potable excèdera nécessairement le coût énergétique de son traitement et que les besoins vitaux feront sans doute taire les considérations purement économiques. « Le marché du dessalement de l’eau de mer va exploser dans les années à venir », explique Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement, traduisant l’optimisme des acteurs du secteur basé sur la projection qui voit la production d’eau dessalée doubler d’ici 2016 pour atteindre plus de 109 millions de mètres cubes par jour.

Selon les prévisions de Media Analytics Limited (Global Water Intelligence), l’industrie du dessalement devrait atteindre 64,3 millions de litres par jour en 2010 et 97,5 millions en 2015 cela représenterait une augmentation de capacité de 140% depuis 2005. Cette expansion nécessiterait un investissement de 25 milliards de dollars d’ici 2010 et de 56,4 milliards de dollars avant la fin 2015. Suivant la tendance actuelle, plus de la moitié de ces investissements devraient être apportés par le secteur privé ce qui fait du secteur du dessalement la partie la plus internationale de l’industrie de l’eau, en plus d’être la plus axée sur la haute technologie. A titre d'exemple, la Chine prévoit de dépenser 200 milliards de dollars » dans cette technologie.

Toujours selon Media Analytics, la technique de l’osmose inverse représenterait 65% du marché en 2015 (contre 60% aujourd’hui) alors que la technique de distillation passerait d’une part de 24% à 37% grâce à la forte demande de ce type de produit dans le Golfe Persique. Cependant, le marché du dessalement en dehors du Golfe devrait croître plus rapidement que dans la région, notamment après 2015.

Le plus grand défi de l’industrie sera d’augmenter son efficacité énergétique plus rapidement que le coût de production d’électricité à base d’énergies fossiles, tout en développant les techniques minimisant l'impact des rejets.
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MessageSujet: le monde n’a pas encore conscience que l’eau est un élément essentiel des conséquences du changement climatique,   Mar 9 Fév - 10:42

D’après des experts des Nations Unies, le monde n’a pas encore conscience que l’eau est un élément essentiel des conséquences du changement climatique, et qu’il est nécessaire de favoriser la collaboration concernant les ressources en eau pour éviter des conflits potentiels.

Le principal impact du changement climatique concernera les réserves d’eau et le monde doit tirer des leçons de collaborations précédentes telles que celles qui ont été conçues autour des fleuves Indus ou du Mékong pour aider à éviter des conflits potentiels, d’après ce que des experts ont déclaré dimanche.

La désertification, les inondations, la fonte des glaciers, les canicules, les cyclones ou les maladies nées dans l’eau telles que le choléra, font partie des conséquences du réchauffement climatique inextricablement liées à l’eau.

La concurrence entre pays et populations pour s’approprier les ressources en eau pourrait entraîner davantage encore de conflits.

« Les principales manifestations de l’augmentation des températures concernent l’eau » a déclaré Zafar Adeel, président du groupe ONU-Eau qui coordonne le travail sur l’eau réalisé par 26 agences des Nations Unies.

« Cela aura un impact sur tous les niveaux de notre vie en tant que société, sur les systèmes naturels et les milieux naturels » a-t-il ajouté. Ces bouleversements pourraient menacer l’agriculture ou les ressources d’eau douce depuis l’Afrique jusqu’au Moyen Orient.

« C’est là-bas que résident les conflits potentiels » a-t-il ajouté. Les pénuries d’eau, telles que celle qui a eu lieu au Darfour au Soudan, sont un facteur de conflit.

Cependant, Zafar Adeel a déclaré que l’eau avait également souvent démontré qu’elle était un sujet de coopération et de collaboration. L’Inde et le Pakistan ont travaillé ensemble pour gérer le Fleuve Indus malgré les conflits frontaliers entre les deux pays, de même que le Vietnam, la Thaïlande, le Laos et le Cambodge, ont collaboré en élaborant la Commission sur le Fleuve Mékong.

« L’eau est un bon moyen de coopération. C’est typiquement une question apolitique qui peut être gérée » a déclaré Zafar Adeel, qui est également directeur de l’Institut pour l’Eau, l’Environnement et la Santé de l’Université des Nations Unies basée au Canada.

Les régions susceptibles de devenir plus sèches à cause du changement climatique comprennent l’Asie Centrale et l’Afrique du nord. Jusqu’à 250 millions de personnes pourraient souffrir en Afrique des pressions supplémentaires exercées sur l’eau d’ici 2020, d’après un groupe d’experts climatiques des Nations Unies.

« Il y a beaucoup plus d’exemples de coopérations transfrontalières réussies que de conflits concernant l’eau » a déclaré Nikhil Chandavarkar, du Département des Nations Unies pour les Affaires sociale et économiques, et secrétaire de ONU-Eau.

« Nous essayons de prendre exemple sur les cas de bonnes coopérations –celles du Mékong et de l’Indus en font partie. Même là où il y avait des hostilités dans les pays, les accords ont fonctionné » a-t-il précisé.

Zafar Adeel a déclaré que l’eau devrait avoir un rôle plus central dans les débats concernant la sécurité alimentaire, la paix, le changement climatique, et le rétablissement de la santé économique mondiale. « L’eau est centrale dans chacun de ces débats mais on ne la considère pas comme telle » a-t-il indiqué.

Et les efforts pour lutter contre le changement climatique eux-mêmes exerceront davantage de pressions sur l’eau à cause des demandes économiques concurrentes –pour l’irrigation, les biocarburants ou l’hydroélectricité par exemple.

Zafar Adeel a également mis en avant les efforts pour gérer les ressources en eau en comptant combien d’eau allait dans les produits –depuis le bœuf jusqu’au café.

Une étude montrait qu’il fallait 15.000 litres d’eau pour produire un jean par exemple. Faire prendre conscience à l’industrie de la quantité d’eau qu’elle consomme pourrait aider à promouvoir la conservation.

Zafar Adeel a ajouté que le monde pourrait atteindre un « objectif du millénaire » visant à diviser par deux la proportion d’individus n’ayant pas accès à l’eau potable d’ici 2015, mais qu’il ne parviendrait probablement pas à réussir un autre objectif visant à améliorer les conditions sanitaires des individus. Environ 2,8 milliards d’individus n’ont pas accès à des sanitaires de base.

Source : actualites-news-environnement.com
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MessageSujet: Les nappes phréatiques atteignent des niveaux critiques   Ven 17 Juin - 15:36

Les nappes phréatiques atteignent des niveaux critiques
Publié le 17-06-11 à 16:16 Modifié à 16:40 Réagir

Le Bureau de recherche géologique et minière alerte sur l'état de 79 % des réservoirs d'eau français.

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Le manque de pluie récurrent des dernières années et la sécheresse du premier semestre provoquent une baisse inquiétante du niveau des nappes phréatiques. Au 1er juin, 79 % des réservoirs du territoire affichent un niveau inférieur à la normale d'après un rapport du Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) publié vendredi 17 juin. Les régions les plus touchées sont le Bassin parisien, le Sud-Ouest et les nappes du bassin de la Garonne. Mais la baisse concerne 88 % des nappes et confirme une tendance générale à la baisse des réserves.

Des niveaux inquiétants

L’état de remplissage des aquifères se maintient majoritairement sur des valeurs inférieures à la normale à la fin mai. L'inquiétude est d'autant plus importante que de grandes nappes présentent une situation déficitaire révèle le BRGM. La nappe des calcaires de Beauce est en forte baisse en mai, poursuivant un processus engagé depuis 2002. La diminution atteint un seuil représentatif des niveaux de crise. La nappe de la molasse Miocène accuse également une forte baisse en mai, proche de ses plus basses valeurs historiques. En Normandie, les niveaux de la nappe de la Craie sont largement sous les normales, au plus bas depuis le début des enregistrements. La nappe des calcaires de Champigny reste critique. Enfin, les nappes des formations karstiques en région PACA comme la Fontaine de Vaucluse a un débit moyen parmi les dix plus faibles valeurs enregistrées depuis 1970.

Seulement 11 % du territoire épargné

Toutefois, une partie du territoire est épargnée par la sécheresse. Une proportion extrêmement réduite des niveaux de nappe est en hausse ou stable (11%) en mai, en raison de précipitations efficaces cumulées depuis septembre, notamment sur les massifs. Les zones excédentaires ne concernent que le Var, les Alpes-Maritimes, le nord du Gard et l'Ardèche.

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