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 La Russie se réchauffe plus vite que le reste de la planète

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MessageSujet: La Russie se réchauffe plus vite que le reste de la planète   Mer 25 Fév - 18:39

La Russie se réchauffe plus vite que le reste de la planète

En Yakoutie, les isbas n'ont pas de fondations et s'enfoncent chaque année un peu plus dans le sol. La «zone active» du permafrost, couche de surface qui fond tous les ans, a tendance à s'approfondir.

Le permafrost fond et les tournesols progressent vers le nord.

Le décalage pouvait faire sourire. La neige tombait à gros flocons sur Moscou, mercredi, lorsqu'Alexandre Bedritsky, le directeur du service fédéral de météorologie (Roshydromet), a présenté son rapport sur le réchauffement climatique. Et pourtant, le constat est clair : au cours du siècle écoulé (1907-2006), la température en Russie a augmenté de 1, 29 °C, soit 1, 7 fois plus que dans l'ensemble du monde. C'est en hiver que le thermomètre a le plus grimpé. Bien que la variabilité interannuelle empêche de lier scientifiquement un épisode ponctuel au phénomène du réchauffement global, les Moscovites qui n'ont pratiquement pas vu de neige cet hiver avant Noël perçoivent cette évolution. Le mois de décembre s'est hissé 4, 3 °C au-dessus des normales saisonnières et 2008 est l'année la plus chaude dans l'histoire de la capitale russe.

Le rapport de Roshydromet réalisé avec le concours de l'Académie des sciences dresse un bilan du réchauffement à travers toute la Russie et dessine des perspectives. Bien sûr, dans le plus vaste pays du monde, qui s'étend des rives plantées de palmiers de la mer Noire jusqu'à la toundra, les situations régionales sont très contrastées. Cette réalité n'empêche pas le document officiel de donner de grandes tendances nationales.

Ainsi, le pergélisol (ou permafrost), cette couche du sol gelé depuis des millénaires parfois jusqu'à des dizaines de mètres de profondeur, qui couvre 60 % du territoire russe, commence à fondre. La « zone active » du permafrost, couche superficielle qui fond chaque année en été, a tendance à s'approfondir. C'est ce qu'observait Trofim Maximov, un chercheur rencontré par LeFigaro en Iakoutie, immense région de Sibérie : « Dans les années 1960, la zone active avait 60 centimètres d'épaisseur, aujourd'hui, 2 mètres. »

Libération de gaz à effet de serre

Selon le rapport présenté hier, la limite méridionale du pergélisol, en Sibérie occidentale, devrait progresser de 30 à 80 km vers le nord dans les vingt prochaines années. En fondant, le permafrost va libérer des gaz à effet de serre. Autrement dit, une conséquence du réchauffement contribue à son tour à l'alimenter. C'est ce que les savants appellent une « rétroaction positive ». Outre le méthane, la toundra libérera du dioxyde d'azote, gaz à effet de serre jusqu'à présent négligé dans cet écosystème. Selon une toute récente étude finlandaise (2), ce gaz pourrait ajouter 4 % au potentiel calorique estimé des émissions de méthane de l'Arctique.

Le rapport russe évoque aussi la mesure du changement climatique à travers l'observation de la faune et la flore. Un exemple parmi d'autres : les premières feuilles du bouleau commun apparaissent au printemps quatre jours plus tôt qu'il y a trente ans dans la région de Moscou, et jusqu'à huit jours plus tôt, plus au nord, dans la vallée de la Volga, à Iaroslav.

Au chapitre de l'impact du réchauffement, le rapport, destiné notamment aux pouvoirs publics, évoque les risques de sécheresse ici, d'inondations là. Mais il n'oublie pas les conséquences positives du réchauffement russe. La perspective d'une meilleure navigabilité dans l'océan Arctique, de plus en plus longtemps libéré de la banquise, est un phénomène connu de tous. Moins souvent évoquées sont les perspectives pour l'agriculture.

La zone cultivable devrait s'étendre « considérablement » et de nombreuses variétés étendre leur territoire vers le nord, comme le tournesol tardif, qui devrait s'approcher d'une ligne Moscou-Tcheliabinsk. En 2015, le chauffage (encore très largement collectif dans toutes les villes de Russie et source d'énormes gaspillages) devrait être allumé trois à cinq jours de moins par rapport à 2000. Le climat donnera ainsi un petit coup de pouce au président Medvedev qui s'est engagé à réduire la consommation énergétique de 40 % d'ici à 2020.

Source : http://www.lefigaro.fr/sciences/2009/02/19/01008-20090219ARTFIG00351-la-russie-se-rechauffe-plus-vite-que-le-reste-de-la-planete-.php

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MessageSujet: Le permafrost se dégèle   Jeu 2 Avr - 18:12

Urgence Action Climat - Stop Réchauffement !

par Bernard Vaudour-Faguet

Le Permafrost, c’est un semi-continent recouvrant à peu près 20% des superficies terrestres, et dont la terre est gelée.

Gelée ? Du moins l’était elle, mais avec les quelques degrés de réchauffement climatique déjà acquis, ces millions de kilomètres carrés sont en train de dégeler, menaçant de libérer des milliards de mètres cubes de méthane...

Or le méthane est un puissant gaz à effet de serre...

Si cette libération commence à se produire, c’est l’emballement du réchauffement climatique qui risque de se produire : une réaction en chaîne dont on ne peut pas imaginer les conséquences... tout juste sait-on qu’on risque la catastrophe planétaire.Permafrost ???

Bien étrange mot en vérité ! Que recouvre-t-il au juste ? Ce phénomène géographique du Grand Nord n’est pas une réalité très connue du public ou des médias . C’est un processus complexe fréquenté seulement par une poignée de savants et de spécialistes (climatologues, géologues, géophysiciens…) qui s’intéressent depuis longtemps à ces étendues austères, pétrifiées dans l’aridité et qui s’étalent de la Laponie au Labrador en passant par les immensités glaciales de Sibérie.

Autant dire qu’il s’agit d’un semi-continent recouvrant à peu près 2O% des superficies terrestres. Toute la planète est donc concernée par cette « nature » extrême tant par les sols, l’hydrographie, la faune ou la flore. Ce sont surtout les évolutions récentes –celles liées au réchauffement climatique- qui mobilisent les attentions. Une accélération inquiétante de certains mécanismes de fonte oblige à regarder avec gravité les bouleversements de cette région.

Jusqu’à date les observations faites (par les instituts de recherche) montraient une permanence du gel en profondeur tandis que les parties superficielles (partie dite « active ») subissaient le dégel durant la courte période estivale (trois mois). La glace dans la sous-couche figeait les terrains et ceux-ci restaient homogènes, stables et solides. Ce qui explique certaines installations urbaines (Irkoutsk en Sibérie) qui pouvaient s’appuyer sur la masse dure pour poser les fondations des constructions ( piliers des immeubles). L’arrivée des températures positives (juin) déclenche une « explosion » de vie qui se répercute sur les formes de germination, de reproduction ou de floraison (le pullulement des moustiques étant la traduction la plus concrète et la plus insupportable de cet emballement en accéléré du vivant).

Plusieurs expéditions scientifiques remettent toutes ces notions en cause. Norvégiens et Canadiens viennent de constater des modifications très sensibles dans les structures du permafrost. Nos connaissances sur le sujet sont en train de basculer. Dans quel sens ? Le point capital relevé par les experts concerne la permanence dans le temps des couches de profondeur (qui pouvaient atteindre plusieurs dizaines de mètres). Elles assuraient la cohérence des sites pour l’implantation des dispositifs industriels. Le facteur nouveau –et alarmant- c’est le dégel « complet » de la stratification interne. La surgélation ne fonctionne plus ! Une large portion de frange circumpolaire (Labrador, Sibérie) serait affectée par cette donnée insolite.

Pour les non-initiés ou pour le citoyen ordinaire ce constat technique ne présente pas un intérêt théorique ou scientifique majeur. Erreur considérable ! Car les impacts sur la biosphère (cours d’eau, insectes, mammifères…) seront très vite déterminants. Il y a pire : le dégel en question met en route des réactions biochimiques touchant les mousses, les lichens, les microorganismes dont la densité est ici impressionnante. Cet enchaînement de transformations « libère » dans la biosphère des volumes gigantesques de méthane. Ce gaz est 15 à 2O fois plus nocif que le CO2 dans la « fabrication » de l’effet de serre ! Il faudra attendre, bien sûr, d’autres expertises et d’autres études sur la zone afin de confirmer ce descriptif. Il conviendra alors de croiser les chiffres, de vérifier les sondages effectués et d’étendre les calculs sur tout le territoire quadrillé. Les premiers éléments obtenus tracent dans le ciel un énorme signal rouge. Sur cette base, et compte tenu de ce que nous possédons, comment juger des impacts de cette difficulté biogéographique ?

Soit les spécialistes se trompent de façon grossière ; ils surévaluent par exemple les dégâts, extrapolent les chiffres, analysent à la hausse des éléments marginaux. Dans cette hypothèse de l’erreur collective notre inquiétude va vite s’estomper. Des contre-observations démentiront « l’étendue du mal » : on peut , dans cette direction de pensée, se tranquilliser et concentrer nos soucis sur des sujets plus pertinents.

Soit les universitaires ont bien ciblé le problème ! Ils ont raison parce qu’ils ont mis le doigt sur un terrible drame qui touche l’écosystème du monde entier. La perception change de registre ! Pourquoi ? Parce que le quart de notre globe va « produire » dans les années qui viennent un volume de méthane (d’importance inimaginable) susceptible de déséquilibrer « en grand » toute notre enveloppe habitée. C’est une menace qu’on pourrait qualifier de « totalitaire » tant elle bouscule toutes les interactions entre l’eau, l’air, les plantes, les animaux et l’homme. Les parades technologiques contre ce type d’ennemi paraissent, à première vue, caduques ou frappées d’impuissance. Car ce sont des millions de km2 qui vont être soumis aux retombées polluantes d’un gaz meurtrier.

Que devient le « projet-planète » ?
Terrible paradoxe de cette modernité ! C’est au moment où notre monde occidental tente de se dégager des nuisances industrielles ou urbaines, tente de s’extraire des pièges énergétiques, qu’on vient lui annoncer l’arrivée imminente d’une tornade incontrôlable et irrésistible ! Nos convictions et nos idéaux s’arrachent de leur inertie… et tout à coup un sombre destin se profile à l’horizon ! Nos élites et nos responsables, depuis une dizaine d’années à peine, quittent les inconsciences coupables, élaborent un « projet-planète » durable… et se font rattraper par un misérable mécanisme enfoui dans les profondeurs de la toundra !

« L’usine à gaz » qui s’installe entre l’arctique et la forêt boréale va nous couper les jambes. Le péril est plus fort que celui de la montée des eaux parce que les masses gazeuses engendrées par le site s’étalent sur des distances colossales. Ajoutons à cette vision pessimiste une note encore plus sévère : le permafrost en « combustion organique » ressemble à un raz-de-marée qui fonctionne en continu , se développe de façon presque invisible et concerne des paysages désertiques ou semi-désertiques ! Aucun témoin (ou presque) pour constater sur place la progression des échanges perfides. Ces zones sont vides d’hommes : il sera délicat de mobiliser l’attention et la sollicitude des gens de Madrid, de Londres ou de New York afin qu’ils défendent des espaces coupés de toute habitation et privés de ressources économiques exploitables ( privés également d’enjeu stratégique ! ) . Est-ce possible de s’impliquer dans une difficulté quand la distance matérielle et psychologique aux choses est énorme ?

Tout ceci laisse à penser que la « machine infernale » du méthane (détecté depuis peu) va tourner à plein régime et « tuer » les écosystèmes sans que les sociétés développées puissent songer à intervenir de façon efficace. Ainsi les grands pays démocratiques de la planète , à la veille de l’An 2ooo, estimaient avoir accompli un pas décisif en direction d’une reconquête des territoires contaminés par les processus polluants. . En somme, tandis que nos hommes et nos institutions s’affairaient à réparer la cuisine et le salon de la villa… c’est le premier étage qui est en train de brûler et le grenier qui part en fumées ! Dans le contexte de crise internationale que nous traversons (crise bancaire, sociale, financière) les crispations qui se dessinent –les conflits de classes qui se préparent-, ne vont guère favoriser la prise en charge des zones périarctiques… ces endroits solitaires et dénudés où il ne se passe strictement rien de spectaculaire !


Un « plan de défense du climat »… lequel ?
Le permafrost, cet ennemi venu du froid, dans sa métamorphose actuelle est parfaitement capable de mettre à genoux nos cybersociétés… en réduisant à rien les équilibres les plus précieux de notre environnement . Lesquels équilibres sont promis à une dislocation certaine. La seule attitude convenable, cohérente (et intelligente) qui s’impose à nous emprunte le canal d’un « plan de défense » à l’échelle du cosmos. Une entreprise de solidarité éprouvante pour tous les continents. (entreprise qu’on pourrait soupçonner d’être utopique). Il faudrait bâtir au plus vite des digues, des remparts (lesquels ?), des modèles de riposte contre ce péril qui annonce des chaos ou des enlisements.

Mais avant même d’aborder cette phase constructiviste, volontariste du futur, le préalable de la méthode suppose une approche transparente de la cruelle vérité chimique. Traiter la menace en l’expliquant, en la décortiquant, en l’étudiant au plus près, face à tous et en pleine loyauté de parole : voilà la matière qui s’impose à la réflexion. La définition d’un langage vrai décidera de la qualité de notre lutte, de nos combats à venir contre le fléau, contre cette démesure irrationnelle qui s’acharne à polluer le limes arctique. Est- ce bien le discours qui sera tenu ? Est-ce bien cette philosophie qui sera adoptée ?

Bernard Vaudour-Fague

Source : http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=885
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