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 Le calvaire des roms

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MessageSujet: Des Roms en peine   Ven 19 Oct - 9:27

Hongrie : des Roms en peine

18 octobre 2012 à 20:26


U
Le metteur en scène hongrois Arpád Schilling revient sur la montée de l’extrême droite et la baisse des aides sociales pour les Tsiganes.

Par ARPAD SCHILLING Metteur en scène
Après la Seconde Guerre mondiale, l’industrialisation socialiste a choisi une voie sans équivoque pour les Tsiganes hongrois : pour gagner leur vie honnêtement, ils devaient entrer dans l’industrie. Pour des métiers peu qualifiés, ils recevaient le même salaire que tout le monde. Ainsi, c’est surtout l’univers des usines et des mines qui a «nivelé» les différences. Pendant une quarantaine d’années, en Hongrie, une majorité de Tsiganes s’est engagée sur le chemin de l’assimilation. Les racines, le mode de vie et l’organisation juridique traditionnels ont pris de moins en moins d’importance.

Attaches. La Hongrie d’alors connut son époque la moins raciste parce que les principes du communisme international ne prévoyaient pas d’antagonismes culturels ou économiques (ou autres) entre les prolétaires. A la surface, tout semblait calme, en profondeur, tout était silence. Après le changement de régime, la société hongroise s’est disloquée. Des centaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi. Parmi les chômeurs se trouvaient des ouvriers d’origine tsigane qui se sont retrouvés loin de leur environnement culturel. La lutte pour la survie avait commencé.

Les attaches familiales, les origines sont redevenues essentielles, les préjudices et les craintes du siècle passé sont à nouveau sur le devant de la scène. Les forces politiques au pouvoir ont découvert un potentiel immense à agiter pour exciter les instincts les plus bas des électeurs. Depuis 2000, on entend de plus en plus de discours de campagne ouvertement racistes. Aujourd’hui, un parti d’extrême droite, dont l’idéologie exclut les Tsiganes de la société, siège au Parlement. Nous avons donc ici affaire à un groupe social à moitié assimilé. La société hongroise comprend environ 8% de personnes d’origine tsigane, dont une majorité vit d’aides sociales. L’un des objectifs principaux du gouvernement actuel - de droite - est de réduire autant que possible le nombre de personnes vivant de ces aides. Si l’on ne peut qu’approuver cet objectif, encore faudrait-il débattre des moyens.

Dans le nouveau système, l’aide sociale n’est accordée que si les demandeurs accomplissent un travail utile dans une collectivité locale. Or, après avoir remplacé l’agriculture par l’industrie puis, après 1989, l’industrie elle-même, parce que les grandes entreprises d’Etat ont fait faillite, le gouvernement actuel se contente de tout renationaliser comme les communistes cinquante ans auparavant (et nous parlons d’un gouvernement de droite, ne l’oublions pas !).

médias. Tout ce qu’il reste de prérogative aux collectivités, c’est de faire couper l’herbe aux plus précaires. Et si le sol s’assèche, on ne pourra même plus couper l’herbe. Sans travail et sans aide sociale, la délinquance semble inévitable. Celle-ci alimente le discours politique de l’extrême droite et fait grossir leurs rangs. Des groupes paramilitaires envahissent de plus en plus souvent les rues des villages et accroissent les inquiétudes des Tsiganes. Si nous n’agissons pas, une guerre civile est imaginable.

La solution ? Insister plus fortement sur une éducation intégratrice, donner davantage d’autonomie aux collectivités locales pour qu’elles puissent prendre des initiatives, trouver des métiers plus valorisants que la coupe de l’herbe, soutenir les projets qui se mettent en place, issus de la société civile et encourager un meilleur traitement par les médias publics. Nous devons comprendre, et faire comprendre, que les Tsiganes sont, indépendamment de leur origine, des citoyens hongrois qui appartiennent, eux aussi, à la majorité. Il faut apprendre à parler des individus au lieu de parler des foules. Depuis cinquante ans, les Tsiganes hongrois ont progressé de manière significative sur la voie de l’intégration. La poursuite de ce processus est actuellement paralysée par les attitudes et le langage de la société majoritaire.
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MessageSujet: Hongrie: mobilisation rom contre une manifestation d'extrême droite   Dim 21 Oct - 15:06

Hongrie: mobilisation rom contre une manifestation d'extrême droite
Publié le 17.10.2012, 20h53
Plusieurs centaines de Roms ont défilé mercredi à Miskolc, dans l'est de la Hongrie, une mobilisation rare pour cette minorité qui protestait contre une manifestation du parti d'extrême droite Jobbik dans la même ville. | Attila Kisbenedek 1/2 Réagir Plusieurs centaines de Roms ont défilé mercredi à Miskolc, dans l'est de la Hongrie, une mobilisation rare pour cette minorité qui protestait contre une manifestation du parti d'extrême droite Jobbik dans la même ville.
Environ 600 Roms ont défilé du quartier, où le Jobbik avait prévu de manifester plus tard dans la journée, jusqu'au centre-ville en scandant "A bas le Jobbik!" ou "Nous sommes ici chez nous!".

Certains portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Nous voulons la paix, la loi et une Hongrie sans nazis".
"Il est triste que le gouvernement ait autorisé cet événement raciste", a estimé un participant, en référence à la manifestation du Jobbik au centre d'un quartier de lotissements, qui compte quelque 29.000 habitants. Le parti d'extrême droite a dit vouloir dénoncer à cette occasion une forte augmentation des "crimes roms" dans ce quartier.
La marche est une rare démonstration d'unité de la communauté des Roms, ont estimé ses organisateurs. Pour Aladar Horvath, chef du Mouvement des droits des citoyens pour la République, il s'agit de la plus grande mobilisation rom depuis de nombreuses années.
?C'est merveilleux de voir les Roms enfin se réunir et solidairement défendre ensemble notre dignité et notre honneur face au racisme", a-t-il dit.
Le cortège était entouré d'un étroit dispositif de police. Pour éviter les troubles, les autorités ont autorisé le défilé des Roms, à condition qu'il se termine avant celui du Jobbik.
La police craignait aussi la participation à la manifestation du Jobbik de membres de groupuscules d'extrême droite issus de la "Garde hongroise", une ancienne organisation paramilitaire désormais interdite.
Près de 2.000 personnes ont participé à la manifestation du Jobbik, caractérisée par une rhétorique antitzigane violente, dont une centaine vêtus de l'uniforme de la formation paramilitaire dissoute.
"Nous devons agir dès maintenant pour sauver notre avenir, pour libérer la Hongrie de la criminalité tzigane" affraid , a affirmé le député du Jobbik Zsolt Egyed pendant le rassemblement d'extrême droite.
"Chaque jour, un retraité est tué pour quelques milliers de forints (quelques euros). Nous devons reprendre les rues de Miskolc, pour la sécurité de nos enfants", a-t-il ajouté. affraid
Le président du parti, Gabor Vona, a de son côté déclaré que le Jobbik n'était "pas raciste", car il voulait une "égalité devant la justice".
"Les autres partis nous diabolisent, c'est eux les vrais racistes", a-t-il lancé.
Après les discours, les sympathisants du parti ont défilé entre les maisons du quartier avec des torches en chantant des chansons nationalistes et en répétant des slogans comme "oui, la criminalité tzigane existe". Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad
Les deux manifestations ont pris fin sans incidents.
En Hongrie, la minorité rom, souvent appauvrie et marginalisée, représente près d'un dixième des 10 millions d'habitants du pays.

et c'est vers ce pays que les irresponsables hexagonaux renvoient par charters entiers ceux qui ont demandé l'asile chez nous !!!! rendeer affraid rendeer affraid rendeer affraid
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MessageSujet: Un Hommage de l'allemagne   Lun 22 Oct - 8:46

Berlin/holocauste: un mémorial aux Roms
AFP Mis à jour le 22/10/2012 à 07:57 | publié le 22/10/2012 à 07:34 Réactions (6)


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Plus de 65 ans après l'Holocauste, la chancelière allemande Angela Merkel inaugure mercredi à Berlin le mémorial aux Roms victimes du nazisme alors qu'ils subissent toujours racisme et discrimination dans de nombreux pays d'Europe. Près de 500.000 Sinti et Roms d'Europe, considérés comme "racialement inférieurs", ont été assassinés sous le IIIème Reich, selon des estimations officielles. Situé face au parlement allemand, le mémorial aux Sinti et Roms, conçu par l'artiste israélien Dani Karavan, est constitué d'un puits avec au centre une stèle sur laquelle repose chaque jour une fleur fraîchement cueillie. Il est installé à proximité de celui consacré aux victimes de la Shoah et de celui dédié aux homosexuels tués par les nazis.

"L'Holocauste contre les Roms - ou 'Porajmos' qui signifie littéralement 'dévorer' - a longtemps été nié et n'a pas fait l'objet de recherches historiques, non seulement en Allemagne, mais aussi dans d'autres pays, comme la France de Vichy ou les pays d'Europe de l'est qui ont participé aux persécutions", estime l'historien Wolfgang Wippermann de l'Université libre de Berlin.

Minorité la plus pauvre d'Europe

"Contrairement aux Juifs, que les nazis retrouvaient par leur religion, les Roms, catholiques pour la plupart, n'étaient pas forcément identifiables par rapport aux autres citoyens", explique Romani Rose, président du Conseil central allemand des Sinti et Roms. Pour y remédier, des "chercheurs raciaux" de l'Allemagne nazie ont enregistré toute une série de caractéristiques et établi des généalogies remontant parfois jusqu'au 16ème siècle pour détecter un "ancêtre tzigane", afin d'envoyer en camps les "sangs-mêlés". A Auschwitz ou Ravensbrück, ils ont servi de cobayes pour des expériences médicales.

La RFA n'a reconnu officiellement qu'en 1982 ce génocide, avec un geste du chancelier Helmut Schmidt. Et en 1997, le président Roman Herzog a souligné pour la première fois qu'il avait le même motif raciste et avait été perpétré par les nazis avec la même résolution et le même volonté que l'extermination des Juifs.

Actuellement, 11 millions de Roms vivent sur le continent européen, dont sept millions dans l'UE, la plupart en Europe centrale et du sud-est, en Roumanie, Bulgarie, Hongrie et Slovaquie. La plus grande minorité ethnique d'Europe est aussi la plus pauvre, subissant toujours discriminations et racisme. M. Rose dénonce notamment leur situation en Roumanie - où ils ont été affranchis de l'esclavage en 1856 -, en Bulgarie, Hongrie, Slovaquie, mais aussi en France et en Italie.

On attend un hommage similaire du petit maire de Lyon et la construction d'un monument...
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MessageSujet: A côté d'une France fermée dans son égoïsme et sa bêtise , l'allemagne est une terre d'accueil   Mar 23 Oct - 4:20

L'Allemagne, nouvelle terre d'accueil des Roms en Europe
Par Jacques Hubert-Rodier | 23/10 | 07:00
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Ala recherche d'une vie meilleure et d'un avenir pour leurs enfants, des dizaines de milliers de Roms viennent en Allemagne. Certes, souligne le « Spiegel », comme citoyens de l'Union européenne, ces Roms venant de Roumanie et de Bulgarie peuvent légalement résider, mais, ne pouvant prendre des emplois en priorité réservés aux Allemands, ils travaillent comme ouvriers précaires dans la construction et les travaux publics, à 3 ou 4 euros de l'heure.

Mais, ce qui attire les Roms, c'est la possibilité d'obtenir des allocations sociales. L'hebdomadaire cite ainsi le cas d'une famille Rom qui touche 773 euros par mois alors qu'en Roumanie comme grutier, le père de cette famille touchait 110 euros. Cette « migration de la pauvreté », d'après le journal, s'explique par les fortes disparités économiques au sein de l'Union européenne. Elle pose de graves problèmes comme dans l'Etat de Rhénanie-du-Nord - Westphalie, qui doit en outre faire face à un afflux de demandeurs d'asile hors Union européenne de Serbie et de Macédoine.

Ainsi, citant des sources policières, le « Spiegel » souligne la montée de la petite criminalité, vols à la tire, cambriolages, mais aussi de violences contre les femmes Roms. Ce qui nourrit un sentiment anti-immigration comme à Duisbourg, où des habitants font circuler des pétitions contre les immigrés.

Reste la complexe attitude de l'Allemagne face à cette immigration. Demain, Angela Merkel doit inaugurer à Berlin un mémorial aux Roms victimes du nazisme. Près de 500.000 Roms et Sinti ont été assassinés sous le III e Reich.
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MessageSujet: Se tenir au côté des plus faibles....   Mar 23 Oct - 15:35

Un "anti-enterrement" pour l'anachiste et défenseur des droits des roms Jakub Polák
23-10-2012 16:26 | Pierre Meignan
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Voici un mois, Jakub Polák, figure emblématique de l’anarchisme tchèque, était emporté par un cancer à l’âge de soixante ans. Cofondateur d’un nombre incalculable d’initiatives et de revues militantes, animateur du monde libertaire tchèque, Jakub Polák était surtout connu pour sa lutte obstinée contre les discriminations et les violences faites aux populations roms ; un combat parfois impopulaire dans un pays où le consensus anti-rom est largement partagé.

Jakub Polák, photo: Jan Rosenauer, CRo
Jakub Polák a été à la fois un spectateur et un acteur de l’histoire des pays tchèques de ces cinquante dernières années. Impliqué dans les évènements de 1968, le « Printemps de Prague » qui a cru voir l’instauration d’un autre socialisme, le régime lui interdit d’abord de faire des études. Jakub Polák entre alors en dissidence tout en se montrant actif dans l’underground tchécoslovaque. Vingt ans plus tard, il participe à la fondation du comité de grève qui mènera à la Révolution de velours, renversant un régime répressif et arbitraire par un régime capitaliste d’appropriation privée des biens de production, un régime où la violence est sociale et économique et qui ne trouve pas non plus grâce à ses yeux.
Polák est un anarchiste et il conteste les notions de propriété et d’autorité. Au contraire, il promeut l’association libre entre individus, l’autogestion qui s’exprime par exemple selon lui à travers le mouvement des squats – il participait encore en juin dernier à la réoccupation temporaire du squat Milada à Prague. Car pour ce militant, reconnaissable entre mille à sa barbe blanchâtre et à ses lunettes noires, l’anarchisme est avant tout une philosophie d’action comme le note son ami et jeune compagnon de route, le politologue Ondřej Slačálek. Celui-ci revient également sur la participation active de Jakub Polák à la revue libertaire A-Kontra :

Photo: A-Kontra
« Il était le premier à refuser d’être considéré comme le fondateur de ce magazine. Il s’agissait d’une entreprise collective de promotion de l’anarchisme tchèque. Cependant, il faut dire que Jakub était un personnage très fort qui s’est particulièrement investi dans les cinq premières années de la revue A-Kontra et qui a donné un visage à l’anarchisme tchèque dans nombre d’actions publiques. En même temps, pour lui, l’anarchisme était une ‘philosophie de l’action concrète’, qu’il s’agisse de lutter contre l’extrême-droite, de s’engager dans des mouvements écologistes radicaux ou dans l’action envers les squats. »

Tibor Danihel, photo: Romea
Jakub Polák a pu connaître une certaine notoriété dans les années 1990 par son militantisme antifasciste à une époque où le racisme anti-rom semblait banalisé, un combat qui lui vaudra de recevoir en 2000 le prix Frantisek Kriegel remis par la fondation de la Charte 77. En collaboration avec des associations de défense des droits des roms, Jakub Polák s’implique dans plusieurs affaires de meurtres à caractère raciste commis par des skinheads néonazis, dont sont notamment victimes Tibor Danihel en 1993 à Písek ou Milan Lacka en 1998 à Orlová. Nombreux sont ceux qui considèrent que l’action de Polák a été déterminante dans la condamnation des responsables à une époque où les non-lieux étaient courants dans ce genre d’affaires. Ondřej Slačálek donne quelques précisions sur le sens de l’engagement de Jakub Polák :

Photo: Archives de CRo7 - Radio Prague
« Pour Jakub, l’anarchisme cela voulait surtout dire qu’il fallait se tenir du côté des plus faibles, du côté de ceux qui sont les plus menacés, et qu’il était possible d’agir concrètement pour les soutenir. Il était assez ferme là-dessus. Ce qui l’énervait le plus, c’étaient les postures qui ne reposaient sur rien, les actions qui n’étaient pas achevées. »
Le mouvement anarchiste reste vivant en République tchèque même si Slačálek regrette qu’il ne soit pas aussi dynamique que dans certains pays de l’ouest de l’Europe. Une semaine après la mort de Jakub Polák, une centaine de militants et de sympathisants se sont réunis sur l’Ile des archers à Prague pour lui rendre un dernier hommage sur des airs de musique tsigane à l’occasion d’une fête intitulée « l’anti-enterrement ».
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MessageSujet: Re: Le calvaire des roms   Mer 24 Oct - 10:46

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Roumanie: privée de fonds européens, la société civile est asphyxiée
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Des centaines d'associations s'occupant de l'intégration des Roms, des handicapés et des personnes vulnérables en Roumanie sont au bord de la faillite après l'interruption du versement de fonds européens en raison de manquements des autorités roumaines.

Des centaines d'associations s'occupant de l'intégration des Roms, des handicapés et des personnes vulnérables en Roumanie sont au bord de la faillite après l'interruption du versement de fonds européens en raison de manquements des autorités roumaines.

Des centaines de personnes concernées ont protesté dans plusieurs villes mercredi.

L'association "Impreuna" (Ensemble) qui travaille depuis 13 ans pour le développement des communautés roms attend ainsi depuis plus d'un an le remboursement des dépenses qu'elle a engagées pour cinq projets de formation professionnelle. Ce délai est habituellement de 45 jours.

"C'est la première fois que l'existence même de l'association se trouve en péril. Dans deux mois, si la situation ne change pas, nous devrons mettre la clé sous la porte", a expliqué Gelu Duminica, président d'Impreuna. L'association a déjà dû se séparer de la moitié de ses employés faute de pouvoir les rémunérer.

Cette situation n'est pas rare dans le milieu associatif roumain.

Or, dans un pays où l'Etat est souvent accusé de passivité et d'inefficacité, les ONG jouent un rôle crucial dans le développement de la société, soulignent diplomates et experts.

"Nous ne pouvons plus continuer ces projets financés par l'UE car nous n'avons plus d'argent mais nous ne pouvons pas non plus les arrêter car en obtenant ces fonds nous nous sommes engagés auprès de Bruxelles à les finaliser sous peine de devoir tout rembourser", explique Amedeea Enache, directrice de la fondation Estuar, spécialisée dans l'intégration des personnes souffrant de déficience intellectuelle sur le marché du travail.

La Commission européenne a mis à disposition de Bucarest 20 milliards d'euros entre 2007 et 2013 pour aider comble son retard par rapport aux autres Etats membres. Et 3,5 milliards d'euros sont attribués aux programmes de développement des ressources humaines (POSDRU). Ces fonds sont versés par l'intermédiaire du gouvernement roumain mandaté par Bruxelles à la fois pour approuver les demandes de financement mais aussi pour gérer les remboursements qui sont effectués tout au long de la mise en place des projets.

Mais un rapport d'audit de la Commission a mis au jour des problèmes dans l'évaluation et l'éligibilité des projets. Bruxelles a interrompu les versements en mai.

"Le gouvernement roumain a la responsabilité de faire en sorte que l'activité de ces projets ne soit pas affectée", a indiqué la Commission. En clair, Bucarest doit assurer les remboursements.

Mais le gouvernement invoque l'absence de ressources. Après une forte pression des ONG, 110 millions d'euros ont été débloqués fin septembre pour régler environ 1.500 demandes de financement.

Entre temps, le ministère du Travail chargé du POSDRU assure avoir pris une "série de mesures essentielles et urgentes" pour remédier aux lacunes relevées par Bruxelles.

La Roumanie risque de perdre 100 millions d'euros en cas de suspension des versements jusqu'à la fin de l'année et 1,1 milliard d'euros si elle se poursuit en 2013. Le Premier ministre, Victor Ponta, a admis mercredi que la Roumanie subirait des conséquences financières à la suite de ces manquements.

Des experts européens viendront juger les progrès des autorités roumaines et décider d'une éventuelle reprise des remboursements.

"Ces fonds européens représentaient une chance inouïe pour le développement de la société civile roumaine mais l'incapacité institutionnelle de notre Etat les a transformés en un véritable calvaire", explique Flavia Preda, responsable d'une coalition d'ONG au Centre de ressources pour la participation publique. "C'est malheureux mais l'argent européen n'est plus du tout attractif aujourd'hui et les associations font tout pour trouver d'autres sources de financement moins risquées", conclut M. Duminica.

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MessageSujet: Merkel honore les Roms victimes de l'Holocauste et promet de les défendre   Mer 24 Oct - 15:27

Merkel honore les Roms victimes de l'Holocauste et promet de les défendre
Créé le 24-10-2012 à 09h05 - Mis à jour à 15h32
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Plus de 65 ans après l'Holocauste, la chancelière allemande Angela Merkel inaugure mercredi à Berlin le mémorial aux Roms victimes du nazisme alors qu'ils subissent toujours racisme et discrimination dans de nombreux pays d'Europe.

BERLIN - La chancelière allemande Angela Merkel a rendu hommage aux Roms victimes de l'Holocauste mercredi lors de l'inauguration d'un monument à leur mémoire à Berlin, en promettant de les défendre face aux discriminations actuelles en Europe.

"Ce monument nous rappelle un peuple trop longtemps oublié. (...) L'hommage aux victimes comprend aussi une promesse, celle de protéger une minorité, un devoir pour aujourd'hui et demain", a déclaré Mme Merkel devant des survivants Roms des camps de concentration, leurs familles, et des élus allemands.

"Les Roms souffrent encore aujourd'hui de discrimination et de rejet, ils doivent aujourd'hui encore se battre pour leurs droits. C'est le devoir de l'Allemagne et de l'Europe de les soutenir", a dit la chancelière, plus de 65 ans après l'Holocauste dans lequel près de 500.000 Roms ont péri.

Ces paroles répondaient à celles prononcées quelques minutes avant en allemand par un Rom rescapé de l'Holocauste, le Néerlandais Zoni Weisz, 75 ans, dont la famille a été décimée par les nazis.

"C'est comme si l'on n'avait presque rien appris de l'Histoire. Sinon, on agirait maintenant autrement avec nous", a dit M. Weisz, appelant les 27 pays de l'Union européenne à mieux intégrer les Roms.

"J'espère que l'Holocauste +oublié+ ne sera plus oublié et qu'on lui accordera désormais l'attention qu'il mérite", a ajouté M. Weisz, qui, à l'âge de sept ans, avait réussi, grâce à l'aide d'un policier, à échapper au train de la déportation emportant ses parents, frère et soeur.

Romani Rose, président du Conseil central allemand des Sintis et Roms, né en 1946, a également dénoncé le "nouveau racisme croissant contre les Roms en Europe, et pas seulement venu de l'extrême-droite", renouvelant ses appels à "préserver les droits" de cette minorité, la plus grande d'Europe.

Situé à côté du parlement allemand, en plein coeur de Berlin, le mémorial de l'artiste israélien Dani Karavan est constitué d'un puits avec au centre une stèle triangulaire sur laquelle sera déposée chaque jour une fleur fraîchement cueillie.

Financé par le gouvernement allemand pour 2,8 millions d'euros, le monument, entouré d'arbres, actuellement aux couleurs automnales, est installé à proximité de celui consacré aux victimes de la Shoah et de celui dédié aux homosexuels tués par les nazis.

La RFA n'a reconnu officiellement qu'en 1982 ce génocide, avec un geste du chancelier Helmut Schmidt. En 1997, le président Roman Herzog avait souligné pour la première fois qu'il avait le même motif raciste et avait été perpétré par les nazis avec la même résolution et le même volonté que l'extermination des Juifs.

Actuellement, 11 millions de Roms vivent sur le continent européen, dont sept millions dans l'UE, la plupart en Europe centrale et du sud-est.

La plus grande minorité ethnique d'Europe est aussi la plus pauvre, subissant toujours discriminations et racisme, particulièrement en Roumanie --où ils ont été affranchis de l'esclavage en 1856--, en Bulgarie, Hongrie et Slovaquie.

La chute du rideau de fer en 1989 et l'élargissement de l'Europe à l'est a provoqué la migration de certains Roms vers l'ouest plus opulent, dont l'Allemagne, où vivent quelque 70.000 d'entre eux de nationalité allemande.

Récemment, Berlin a manifesté son souhait de marquer un point d'arrêt à ces migrations, en souhaitant que soit levée l'exemption de visa pour les ressortissants serbes et macédoniens, dont beaucoup sont des Roms.

A la fin de la cérémonie, un homme a interpellé la chancelière sur la politique allemande en matière d'accueil des Roms de l'est, en lui lançant: "Et qu'en est-il des expulsés, Madame Merkel?". Mais il n'a pas obtenu de réponse.
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MessageSujet: Les inadmissibles créations d'états-ghettos   Jeu 25 Oct - 10:15

Paris et Berlin attendent une réponse de l'UE sur les demandes d'asile


PARIS - Paris et Berlin attendent de l'Union européenne une réponse à un afflux de demandeurs d'asile venant de Serbie et de Macédoine, ont affirmé jeudi dans un entretien les ministres de l'Intérieur français Manuel Valls et allemand Hans-Peter Friedrich.

L'interview croisée des deux ministres est publiée par les quotidiens français Le Figaro et allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, le jour où les ministres européens de l'Intérieur sont réunis à Luxembourg.

Nos deux pays sont soumis à un phénomène préoccupant: l'afflux de demandeurs d'asile provenant de pays ayant récemment bénéficié d'une libéralisation des visas. Leurs ressortissants peuvent accéder librement à l'espace Schengen. Cet afflux de demandes, souvent infondées, met en péril nos systèmes nationaux d'asile, dit M. Valls en réponse à une question portant sur les immigrants notamment Roms venant de Serbie et de Macédoine.

En effet, le droit d'asile nous oblige à instruire leur dossier et à leur fournir un accueil même s'il est pratiquement certain que leur demande sera rejetée. Ce problème doit faire l'objet d'une réponse européenne, poursuit le ministre français.

Son homologue allemand indique également qu'il attend de l'UE qu'elle puisse offrir à la Serbie et à la Macédoine l'aide adéquate.

Mais j'attends aussi que la Serbie et la Macédoine acceptent ces offres d'aide. Si cela ne fonctionne pas, des mécanismes que nous avons déjà décidés au sein du Conseil européen devront être mis en oeuvre notamment la suspension de l'exemption de visas. Voilà notre message clair et net à l'adresse de la Serbie et de la Macédoine, nous demandons que ces deux pays participent à la résolution du problème, ajoute M. Friedrich.

Dans un entretien à la télévision allemande ARD, M. Friedrich a appelé la Serbie et la Macédoine à mieux intégrer les Roms, s'ils voulaient entrer dans l'Union Européenne, menaçant sinon de lever l'exemption de visa.

S'ils veulent appartenir à l'Europe, alors ils doivent coopérer en ce qui concerne la prise en charge de ces gens (les Roms), a dit M. Friedrich. Et d'ajouter: ces pays doivent faire en sorte que ces gens (...) ne soient pas discriminés.

La levée de l'exemption de visa pour les ressortissants de ces deux pays serait un signal clair aux gouvernements de ces deux Etats, a-t-il continué.

Questionné s'il ressentait en tant qu'Allemand un devoir particulier de défendre les Roms, victimes de l'Holocauste sous le nazisme, M. Friedrich a répondu: je pense qu'il est juste d'aider les gens dans leur patrie, en Serbie et en Macédoine. Berlin a rendu hommage mercredi aux Roms victimes du nazisme en inaugurant un monument à leur mémoire.

La Serbie, la Macédoine et le Monténégro ont obtenu en décembre 2009 la levée de l'obligation de visa pour leurs ressortissants se rendant dans les 25 pays de l'espace Schengen, pour la plupart des pays de l'Union européenne.

Plusieurs pays de l'UE, notamment la Suède, la Belgique et l'Allemagne, ont vécu depuis un afflux de demandeurs d'asile en provenance de ces pays des Balkans, pour la plupart des Roms et des Albanais.

La Commission européenne a déjà fait part de ses inquiétudes concernant l'afflux de demandeurs d'asile venus de Serbie et de Macédoine, en avertissant que l'obligation de visa pourrait être réintroduite si les autorités n'arrivent pas à prévenir ce phénomène.
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MessageSujet: Les natis demandent aux plus pauvres ce qu'ils n'appliquent pas chez eux...le pharisianisme dans toute sa splendeur   Jeu 25 Oct - 15:12

Le ministre suédois de l'Intérieur, Tobias Billström, a été très explicite à son arrivée à Luxembourg pour une réunion avec ses homologues de l'Union européenne. «Tout le monde doit faire ses devoirs avant d'adhérer à l'Union européenne», a-t-il affirmé. L'un de ces devoirs est «d'améliorer le sort des minorités», a-t-il expliqué. Tobias Billström est l'un des six signataires, avec ses homologues allemand, français, belge, luxembourgeois et néerlandais, d'une lettre réclamant la possibilité de réintroduire une obligation de visa pour la Serbie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie et l'ancienne république yougoslave de Macédoine pour protester contre une augmentation croissante de demandes d'asile non fondées par les ressortissants de ces pays.

«Ces personnes n'ont pas droit à l'asile. Ils quittent leur pays à cause de leur situation économique», a insisté Tobias Billström. «Nous avons besoin de toutes nos capacités d'asile pour ceux qui ont vraiment besoin de notre aide» Laughing , a renchéri le secrétaire d’État allemand à l'Intérieur, Ole Schröder. «Je pense surtout à la situation en Syrie, je pense aux gens d'Afghanistan. Il est inacceptable que nous ayons deux fois plus de demandeurs d'asile venus de Serbie que d'Afghanistan. Cela montre l'absurdité de la situation, d'autant plus que la Serbie est candidate à l'adhésion à l'UE», a ajouté le représentant allemand.

Plus de sévérité avec les candidats à l'UE

Ces prises de position très dures sont la manifestation d'un mécontentement grandissant contre les conditions dans lesquelles la Commission européenne négocie les adhésions, a-t-on expliqué de sources diplomatiques. La suppression de l'obligation de visa est une évaluation positive donnée aux candidats à l'adhésion sur la manière dont ils respectent les droits des personnes, gèrent les flux migratoires et assument leurs responsabilités en matière de sécurité, soulignent les six ministres signataires de la lettre réclamant la possibilité de rétablir les visas.

Les gouvernements européens ont adopté un règlement permettant de rétablir temporairement les visas. Il est en négociation avec le Parlement européen et une fois approuvé, il sera d'application immédiate. Cette mesure est un recours pour forcer les pays bénéficiaires de la suppression de l'obligation de visa à respecter leurs engagements.

«Mieux intégrer les populations roms»

Les déplacements des populations roms venus des pays des Balkans ne sont pas spontanés, mais organisés via des filières et des trafiquants d'êtres humains, accusent les rapports des représentations diplomatiques de l'UE Rolling Eyes . Le phénomène connaît son pic avec «l'arrivée de l'hiver», soulignent les diplomates. Le dépôt d'une demande d'asile impose de la traiter, ce qui prend plusieurs mois, et de fournir un accueil pendant cet examen. Les pays de l'UE attendent des engagements de la part des dirigeants des pays des Balkans. Cool Laughing

Ils doivent «mieux intégrer les populations roms», «veiller à ce que personne n'ait faim ou froid et qu'en hiver tous aient un logement» Shocked Laughing Laughing Laughing , ont insisté les ministres de l'Intérieur français Manuel Valls et allemand Hans-Peter Friedrich, tous deux absents jeudi à Luxembourg, dans un entretien publié par les quotidiens français Le Figaro et allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.

bref lier sur les épaules des pays pauvres ce que les nantis ne daignent pas faire chez eux ...quelle belle solidarité hypocrite !
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MessageSujet: Bravo a certaines initiatives innovantes...loin des conneries du maire de Lyon et ses douches !!!!!   Ven 26 Oct - 14:38

« Résultats de la vente « Rendez-vous – Intérieurs classiques » chez Christie’sAi Weiwei réinterprète le tube Gangnam Style »
Entretien avec Julia Johnson, photographe et réalisatrice britannique

Cambridge, le 26 octobre 2012, Art Media Agency (AMA).

Ce qui fascine Julia Johnson, photographe et réalisatrice de documentaires britannique, est d’utiliser sa caméra pour explorer les problématiques de l’éducation et de l’aide sociale au sein de communautés défavorisées. Elle exerce sa double passion en enseignant la photographie à des jeunes, et de plus développe des programmes de collaboration impliquant diverses communautés dans le processus photographique.

Elle monte pour le printemps 2013 un projet au sein de la plus grande communauté Rom d’Europe, Lunik IX en Slovaquie, qui abrite près de 15.000 tziganes. En collaboration avec le photographe slovaque Artur Conka, elle enseignera la photographie aux enfants et montera avec eux un corpus d’œuvres sur le thème de la santé et de l’éducation dans la communauté. L’œuvre de Julia Johnson a été présentée au sein de l’exposition du Salon du portrait 2011. Art Media Agency a eu la chance de la rencontrer et de pouvoir l’interroger sur ses projets actuels.

Pour en savoir plus sur Julia Johnson et son œuvre, visiter son site internet www.jcjphotographer.com

Art Media Agency (AMA) : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Julia Johnson (JJ) : Je suis née à Glasgow en Écosse, puis tout enfant j’ai déménagé au Moyen-Orient. J’ai vécu dans de nombreux pays et ne suis retournée en Angleterre qu’à l’adolescence. Dès l’âge de 18 ans j’ai commencé à étudier la photographie à Cambridge et Londres, et je suis actuellement un master de photojournalisme et photographie documentaire au London College of Communication.

AMA : La photographie et le travail auprès de personnes d’horizons sociaux et culturels différents vous ont toujours passionnée. Comment cette passion vous est-elle venue ?

JJ : Durant mon enfance passée à voyager à travers le Moyen-Orient, un style d’existence presque nomade et un peu chaotique, j’ai rencontré une grande variété de personnes différentes. Je crois que ma passion pour le travail auprès de différents groupes est née de ces expériences de jeunesse.

AMA : Au printemps 2013 vous dirigerez un projet éducatif avec le photographe Rom Artur Conka, dans la plus grande communauté Rom d’Europe, Lunik IX, où vous vous êtes rendue récemment. Pourriez-vous nous en dire plus sur cette communauté, et sur vos sentiments durant votre visite ?

JJ : J’ai visité la communauté en mars 2012 avec le photographe Artur Conka, né à Lunik IX, et qui est maintenant mon collaborateur sur ce projet. A l’époque, j’ai été très choquée de voir un lieu aussi dévasté, en Europe. Il n’y a l’eau courante qu’une heure le matin et le soir, pas d’électricité. Lunik IX doit environ 80.000 € à la compagnie d’électricité, et malheureusement certains individus corrompus en profitent pour prendre le contrôle et manipuler la communauté dans son ensemble. Il y a bien des installations électriques, que ces gens ont réquisitionnées et qu’ils contrôlent lorsque l’électricité circule ; actuellement elle ne fonctionne pas du tout. Bien sûr, ces gens sont prêts à tout, il est facile de comprendre comment on en arrive à ces situations : ils n’ont aucun soutien de leur pays et le reste de la société n’attend d’eux que le pire. La communauté doit donc à présent des sommes énormes à la compagnie électrique. J’étais triste de voir cela, et aussi les problèmes importants liés à l’alcool et la drogue, mais à Lunik IX il y a aussi une crèche et une école pour les enfants. C’est de là que nous voudrions faire partir le projet, en leur donnant la possibilité de mettre en valeur les problématiques de leur communauté. Ce qui est dommage dans le photojournalisme, c’est que bien souvent les photojournalistes font irruption dans un lieu, et repartent tout aussi vite. Au lieu de cela, nous allons collaborer avec la communauté pour faire mieux entendre leur voix, et nous espérons par là même susciter un soutien financier et réveiller les consciences.

AMA : Comment vous est venue l’idée de ce projet à Lunik IX ?

JJ : Cela fait deux ans que je travaille sur les tziganes et les communautés nomades au Royaume-Uni, et en 2011 j’ai fait un reportage sur l’expulsion des gens du voyage à Dale Farm, dans l’Essex, où 86 familles ont été expulsées par le conseil local. Cela a fait beaucoup de bruit au Royaume-Uni. Les enfants de Dale Farm y avaient vécu toute leur vie, ils étaient nés à l’hôpital local, allaient à l’école du village, et d’un coup on leur demandait de se déraciner et partir. J’ai alors commencé à voir ces problématiques de l’éducation dans les communautés tziganes et nomades, et j’ai décidé de monter un programme ici au Royaume-Uni, « Life through a lens » (la vie à travers l’objectif). J’ai approché une organisation caritative, Ormiston Children and Families Trust, qui a tout de suite vu le potentiel de ce projet et m’a accordé des fonds importants, me permettant de monter ce projet : ils ont contacté beaucoup de jeunes dans leurs communautés, les ont sensibilisés et ont pu réunir ce qui était nécessaire. C’est bien grâce à cette organisation que j’ai pu mener à bien le projet. Cela m’a amenée à envisager la communauté Rom dans une perspective internationale, ainsi que l’usage de tels projets de collaboration. C’est pourquoi j’ai décidé de me rendre à Lunik IX après avoir lu ce qui s’était passé dans la communauté.

AMA : Pourriez-vous nous en dire plus sur le projet Lunik IX ? Quels sont vos objectifs ?

JJ : Les objectifs principaux du projet sont de donner aux jeunes l’occasion d’apprendre la photographie, d’envisager les questions propres à leur communauté, et de réveiller les consciences et susciter un soutien financier à travers l’exposition de leurs travaux. Je voudrais organiser cette exposition à Londres, afin de sensibiliser le maximum d’ONG et d’organisations de bienfaisance susceptibles d’offrir un soutien financier à la communauté.

AMA : Vous nous avez parlé de votre récent projet éducatif « Life through a lens », destiné à aider les jeunes tziganes et gitans du Cambridgeshire à relever le défi de la stigmatisation et de la haine raciale grandissantes à leur égard. Quels progrès ou changements d’attitude avez-vous pu constater à travers ce projet ?

JJ : Vu les questions soulevées par l’éducation dans les communautés nomades, il était important d’offrir à ces jeunes la possibilité d’obtenir une qualification reconnue au niveau national, par le biais de ce projet. Pour moi le plus grand progrès a été émotionnel et psychologique : ils ont pu croire en eux-mêmes, croire qu’ils étaient capables de réussir quelque chose, et apprendre à espérer un avenir meilleur. Je crois que ces jeunes gens ont grandi sans cela, et qu’ils n’ont pas conscience de leurs possibilités. Ce projet leur a donné la possibilité d’explorer ce potentiel, en produisant de belles photographies qu’ils ont exposées à Cambridge.

AMA : Pensez-vous que votre projet a changé quelque chose dans l’attitude générale envers les tziganes et gitans ?

JJ : Nous avons exposé les travaux dans un espace de Trinity Street à Cambridge, en face du King’s College. Nous nous sommes rendu compte que les universitaires ne sont pas sans influence sur le Parlement et sur les Chambres. Voir ces universitaires parcourir l’exposition – qui a attiré près de 2.000 visiteurs en une semaine, de diverses communautés internationales venues du monde entier – m’amène à croire que oui, cette exposition a changé les consciences.

AMA : Pensez-vous que les tziganes et les gitans de Grande-Bretagne sont plus stigmatisés par les médias que dans les autres pays ?

JJ : Non, je ne le crois pas. Je pense qu’il y a de par le monde des problèmes beaucoup plus graves. Un de mes autres objectifs, en visitant Lunik IX, était aussi de rapporter les photos aux jeunes gitans d’ici, pour leur montrer le contraste avec les Roms vivant en Europe. Le photographe Rom Artur Conka est aussi venu leur parler, leur montrer qu’ils ont de quoi vivre ici, ainsi que plus d’aides sociales et des possibilités éducatives, et que cela est déjà quelque chose de positif.

AMA : Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

JJ : J’ai beaucoup de projets personnels. L’un d’eux est de répondre à la série télévisée My Big Fat Gypsy Wedding. C’est une série documentaire produite par Channel 4, sur le thème des mariages dans les communautés tziganes, présentant souvent les couples tziganes dans un vrai bras de fer. C’est amusant mais ce n’est pas une bonne manière d’aborder ce groupe ethnique, qui traverse actuellement de nombreuses difficultés sociales, stigmatisé et caricaturé. Pour mon projet personnel je travaille sur un gitan qui prépare son mariage. Mais contrairement à My Big Fat Gypsy Wedding, je voudrais dérouler un récit complet des événements jusqu’au mariage, et montrer les puissants liens émotionnels au sein de la famille. Ce sera en contraste total avec My Big Fat Gypsy Wedding.
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MessageSujet: CANADA : Une centaine d'immigrants clandestins, d'origine roumaine en majorité, ont été arrêtés    Sam 27 Oct - 4:36

Une centaine d'immigrants clandestins, d'origine roumaine en majorité, ont été arrêtés sur une période de deux mois au Québec et en Ontario.

Les autorités canadiennes croient que ces personnes seraient arrivées au pays par l'entremise d'un réseau de trafic de personnes de la région torontoise.

Les personnes arrêtées seraient des Roms qui fuient la persécution en Europe de l'Est.

À Stanstead, en Estrie, les 55 personnes qui ont été arrêtées ont demandé le statut de réfugié.

« Ce sont des gens qui veulent se faire intercepter, puisqu'ils veulent se rapporter aux autorités canadiennes afin de pouvoir demander l'asile », a indiqué Jacqueline Roby, de l'Agence des services frontaliers du Canada.

Selon les informations de Radio-Canada, ce sont des Roms qui étaient attendus à Toronto, mais les autorités refusent de le confirmer.

Certains sont toujours détenus, d'autres ont été relâchés et attendent que l'on se penche sur leur requête.

Le Centre communautaire rom de Toronto nie l'existence d'un réseau de trafiquants et parle plutôt d'un groupe d'amateurs.

Gina Csanyi-Robah, la directrice du centre, explique que les « Roms ont de bonnes raisons de quitter l'Europe parce qu'ils sont persécutés au niveau de l'emploi, de l'éducation, du logement et des soins de santé ».

La police régionale de Durham parle d'un réseau bien organisé. Soixante-sept Roumains ont été appréhendés au début septembre, à l'est de Toronto, pour des vols et des effractions.

« Certains d'entre eux voulaient certainement demeurer dans la clandestinité, mais il se peut que leurs présumées victimes aient été contraintes de commettre des crimes pour payer leurs passeurs », a indiqué Mme Csanyi-Robah.

En avril, des Roms d'origine hongroise ont été arrêtés à Hamilton après avoir exploité des immigrants illégaux sur des chantiers de construction.

Les policiers et les douaniers refusent de faire le lien entre tous ces événements, mais ils n'excluent pas d'autres arrestations.
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MessageSujet: L'Eglise s'engage enfin !   Lun 29 Oct - 17:23

L’archevêque de Turin aux Italiens : « Adoptez une famille Rom ! »

28 octobre 2012



28/10/2012 — 16h00
TURIN (NOVOpress) — « Provocation lancée aux Églises et aux croyants », selon l’agence ANSA. « Une lettre pastorale courageuse, la première du genre pour les évêques italiens », selon La Stampa, qui y voit un modèle «d’adhésion à l’Évangile ». La lettre pastorale de Mgr Cesare Nosiglia, archevêque de Turin, « aux Roms et aux Tsiganes qui vivent avec nous », fait en tout cas du bruit en Italie.


Présentée mercredi au terme de « deux années d’engagement de la part de l’archevêque » (visites dans les camps, rencontres avec des opérateurs et des volontaires, lancement d’un groupe de travail dans le diocèse), la lettre est intitulée « Pas étrangers, mais concitoyens et membres de la famille de Dieu ». L’archevêque s’y adresse non seulement aux Roms chrétiens, « mais aussi aux musulmans: nous sommes tous fils du Dieu unique, Père de nous tous. Nous sommes frères et sœurs. Je suis évêque, mais je suis aussi et surtout un frère et un ami pour vous ».

La lettre comprend une longue section adressée aux communautés chrétiennes du diocèse, que Mgr Nosiglia appelle à s’engager « pour donner des droits égaux à un petit peuple avec beaucoup d’enfants ». « Un engagement que l’archevêque rend concret, à l’intention des chrétiens et, en général des citoyens, par le mot “adoption” » : « Adopter dans l’amitié fraternelle une famille rom ou tsigane», « afin de l’accompagner dans sa recherche de maison et de travail, soutenir l’école des enfants, soigner sa santé, en partager les joies et les douleurs ».

« Les patronages et les groupes associatifs, explique l’archevêque, les écoles et les clubs de sport sont des chantiers privilégiés, où l’on peut expérimenter la rencontre amicale et apprécier les diversités ».

Du point de vue religieux, Mgr Nosiglia souligne que « la Bible peut être le livre commun parce qu’on y rencontre le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, grands patriarches dont le souvenir et la fête sont célébrés tant par les Juifs que par les musulmans et les chrétiens ».

Son Excellence Révérendissime redit donc aux Roms « qui ne professent pas la foi chrétienne de ne pas avoir peur. L’Église, à travers ses fils et ses filles qui viennent vous trouver et qui s’impliquent dans vos problèmes, vous est amie et proche, parce que nous sommes tous réunis par la foi en un Dieu miséricordieux et tout puissant, par la recherche des valeurs de justice, d’amour mutuel et de paix ».

Pour convaincre les fidèles qui pourraient être réticents, l’archevêque termine par un audacieux portrait de Jésus-Christ en Rom : « que le Seigneur Jésus, qui a échappé à la persécution homicide [d’Hérode] comme un Rom aux camps d’extermination nazis ; qui n’avait pas une pierre où reposer sa tête, comme un Rom de la Continassa [banlieue de Turin] ; qui est mort suspendu à une croix comme un malfaiteur, ce qui n’est pas si différent [ !] d’un Rom en prison, nous aide à l’accueillir dans nos frères Roms et Tsiganes ».
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MessageSujet: La propagande raciste et xénophobe en action   Mar 30 Oct - 14:31

Le Conseil suisse de la presse a accepté deux plaintes contre la «Weltwoche» au sujet d'un titre et d'une photo liés à un article sur les Roms. Il estime que l'hebdomadaire suggère au lecteur que l'enfant photographié fait partie des Roms criminels. Le Conseil n'a toutefois pas condamné le contenu de l'article.

Le numéro incriminé de la «Weltwoche» est paru début avril. Sur la couverture figure la photo d'un enfant rom qui pointe une arme contre le lecteur, et juste en dessous le titre: «Les Roms arrivent: razzia sur la Suisse» ?

Dans sa prise de position diffusée mardi, le Conseil de la presse estime que cette «Une» tend à discriminer les Roms et dénature les informations. De plus, l'illustration aurait dû être signalée en tant qu'image symbole tirée d'archives.

Les plaintes émanent d'une part du comité central des Roms et Sintis allemands, et d'autre part d'un étudiant bernois, cosignée par 41 personnes. Elles s'élèvent contre la formulation généralisatrice «les Roms» qui atteint tout un groupe ethnique. De plus, les lecteurs ne sont pas informés que l'image du garçon a été prise voici quatre ans dans un cadre sans rapport avec la criminalité des Roms.

«La Weltwoche» rejette les reproches et réplique qu'il s'agit d'une image documentaire symbolisant la problématique «enfant, criminalité et abandon». Pour le Conseil de la presse, par son gros titre généralisateur «Les Roms arrivent», l'hebdomadaire contribue de façon discriminatoire à attiser les craintes et les préjugés stéréotypés à l'égard d'un groupe ethnique.

Volet pénal

La photo avait suscité de l'indignation et de violentes réactions en Suisse, en Allemagne et en Autriche.

Au niveau pénal, trois plaintes ont été par ailleurs déposées contre le magazine. La première en Autriche, par un journaliste, pour incitation à la haine raciale, la deuxième par une habitante de Bâle-Campagne pour violation de la norme anti-raciste et la troisième en Allemagne par le comité central des Roms et Sintis du pays.

La procédure ouverte par la justice zurichoise contre la «Weltwoche» a été classée début juillet. Pour le Ministère public zurichois, la photo ne montre pas le peuple rom en tant que tel. Elle thématise et illustre uniquement l'exploitation des enfants. La procédure ouverte par le Ministère public de Vienne a également été classée à la même période.
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MessageSujet: Les fascistes à la manoeuvre...un exemple pour le ministre français incompétent   Jeu 1 Nov - 14:24

Weltwoche épinglé par le Conseil suisse de la presse

Par Suisse News, jeudi 1 novembre 2012 à 13:38 :: General :: #582 :: rss

Le Conseil suisse de la presse a approuvé deux plaintes contre l’hebdomadaire Weltwoche à propos d’un article sur les Roms et la photo qui l’accompagnait.

La photo incriminée est parue dans le numéro d’avril dernier. Elle montrait un enfant tenant une arme et la pointant sur le lecteur. Elle était accompagnée du titre suivant : Les Roms arriven t: razzia sur la Suisse ? Le contenu de l’article n’a cependant pas été incriminé par le Conseil suisse de la presse qui a reproché à Weltwoche de vouloir discriminer les Roms en dénaturant les informations. Le Conseil a en outre signalé le manque d’illustration de la photo en tant qu’image symbole tirée des archives.

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Les deux plaintes ont été déposées par le comité central des Roms et Sintis et par un jeune étudiant de Berne qui a bénéficié de la co-signature de 41 personnes. Dans leurs plaintes, les deux partis relevaient la formulation généralisatrice à propos des Roms qui englobe toute cette ethnie.

De son côté, le Weltwoche a rejeté la remontrance du Conseil concernant la discrimination que suggère le titre généralisateur de l’hebdomadaire. Celui-là invoque comme argument pour la publication de l’image des problèmes liés à l’enfance, la criminalité et l’abandon.

Sur le volet, ce sont trois plaintes qui ont été déposées contre l’hebdomadaire pour incitation à la haine raciale et violation de la norme antiraciste. Deux procédures ont été classées en début d’été par la justice zurichoise et viennoise qui ont estimé que l’image ne montrait pas particulièrement les Roms. L’image avait suscité lors de sa publication, de vives indignations en Suisse ainsi qu’en Autriche et en Allemagne.
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MessageSujet: Les Gens du voyage à l'honneur à Herstal   Mar 6 Nov - 15:15

Les Gens du voyage à l'honneur à Herstal
REGIONS | mardi 6 novembre 2012 à 10h10



L'exposition est à voir du 5 au 20 novembre (affiche).
Mots clés

Herstal, Exposition
On les appelle Roms, Tsiganes ou Gitans. Généralement originaires des pays d'Europe Centrale et Orientale, ils ne forment pas une seule communauté mais plusieurs, et peuvent être sédentaires ou nomades. Balayés d'un pays à l'autre en Europe, ils font l'objet de nombreuses discriminations. C'est pour combattre des préjugés durables que jusqu'au 20 novembre, des actions de sensibilisations sont menées au Motorium Sarolea, à Herstal.
Le héros du peuple Tsigane, c'est Django Reinhardt, le fondateur du jazz manouche. Mais comme de nombreux Tsiganes ou Gens du voyage, il eut à souffrir de ses origines. En Province de Liège, ils seraient environ 50 000, sur 1 million d'habitants, la plupart sédentarisés, mais toujours victimes de discriminations et de préjugés.

"De plus en plus de préjugés en effet tant au niveau européen qu'au niveau de la France ou de la Belgique" explique Virginie Neuville, historienne et animatrice à l'AIGS de Herstal. "C'est vrai que quand on lit les médias, quand il y a des articles par rapport aux Roms, Tsiganes, ou Gens du voyage, ce sont souvent des articles assez négatifs qui ont tendance à les stigmatiser".

Une action de sensibilisation est donc menée à Herstal par plusieurs associations comme le PAC, le Cripel, l'AIGS, pour mieux connaître ceux que la Fondation Roi Baudouin désignait, dans un rapport de 2009, comme "les pauvres parmi les pauvres".

Ils ont une langue, la langue "romanès", mais composée d'environ 60 dialectes. "Roms" est le terme générique qui les désigne, et il regroupe à la fois les Roms, les Tsiganes, les Gitans, les Gens du voyage... Mais ce sont des populations différentes, selon leurs origines géographiques, avec des cultures et des us et coutumes, des métiers aussi, assez différenciés les uns des autres.

Photographies historiques de l'écrivain Rom Mateo Maximoff, témoignages, ateliers cuisine, concerts et séances de cinéma, cette action de sensibilisation vise tous les publics, mais aussi le public scolaire, avec des animations sur place.

L'ouverture de l'exposition, suivie d'un concert de jazz manouche, a lieu au Motorium Saroléa de Herstal ce mercredi 8 novembre dès 18h.

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MessageSujet: En République tchèque, les enfants roms sont toujours privés des possibilités d’éducation offertes aux autres élèves.   Jeu 8 Nov - 16:12

En République tchèque, les enfants roms sont toujours privés des possibilités d’éducation offertes aux autres élèves. Et ce, cinq ans après que la Cour européenne des droits de l’homme a déclaré que les autorités avaient fait acte de discrimination. affraid
Dans le rapport intitulé Five more years of injustice: Segregated education for Roma in the Czech Republic, il apparaît clairement que les enfants roms continuent d’être surreprésentés dans les écoles et les classes réservées aux enfants souffrant de handicaps mentaux légers, et placés dans des écoles réservées aux Roms. Ce rapport pointe du doigt les lacunes du système éducatif tchèque qui exclut les enfants roms du système classique.

«Le système éducatif en République tchèque manque à ses obligations envers les enfants roms, ce qui a des répercussions dévastatrices pour leur avenir. Des milliers d’élèves roms sont pris au piège dans des écoles qui leur sont réservées, ce qui leur laisse peu de chances de poursuivre leurs études et limite drastiquement leurs possibilités en termes d’emploi», a déploré Dezideriu Gergely, directeur exécutif du Centre européen pour les droits des Roms (CEDR).

L’arrêt historique de la CEDH est resté lettre morte
En novembre 2007, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la République tchèque, estimant qu’elle avait bafoué le droit des enfants roms à une éducation libre de toute discrimination, en les plaçant dans des «écoles spéciales» destinées aux élèves souffrant de handicaps mentaux légers, où ils recevaient une éducation de qualité inférieure.

«Malheureusement, de nombreux élèves roms en République tchèque revivent aujourd’hui l’expérience des requérants qui ont porté plainte auprès de la Cour européenne il y a plus de 10 ans.» Dezideriu Gergely.

«Depuis cinq ans, le gouvernement ne s’est pas attaqué à ce problème. En cela, il a gravement bafoué les obligations qui lui incombent. Le droit à l’éducation sans discrimination est inscrit dans le droit international relatif aux droits humains depuis au moins 1948. Malgré cela, et malgré l’arrêt rendu en 2007 par la Cour européenne, les enfants roms continuent d’être privés de ce droit fondamental», a indiqué John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

«Le gouvernement tchèque a certes reconnu l’existence de ségrégation envers les enfants roms dans les écoles, mais n’a pas été capable de mettre en œuvre ses propres projets et engagements en vue de l’éradiquer», a estimé John Dalhuisen.

Un système éducatif qui perpétue les inégalités
«Le système éducatif tchèque permet d’orienter trop facilement des élèves vers un enseignement "pratique". Ces dispositions touchent particulièrement les enfants roms, qui sont toujours surreprésentés dans cette branche de l’enseignement», a expliqué Dezideriu Gergely du CEDR.

« Sans accès à un enseignement de qualité, les Roms ne pourront sortir du cycle de la pauvreté et de la marginalisation. Tant que la fin de la ségrégation et la suppression d’un enseignement séparé et inégal ne seront pas placées au cœur de la politique tchèque en matière d’éducation, le cercle vicieux de la discrimination perdurera », a noté Dezideriu Gergely.

«Il est temps que les autorités fassent preuve de volonté politique afin de mettre un terme à la ségrégation dans les écoles. Pour commencer, elles doivent mettre en œuvre le Plan national d’action pour une école ouverte à tous et la Stratégie de lutte contre l’exclusion sociale, déjà existants, et réformer le système actuel des "écoles pratiques". Elles doivent veiller à ce que toutes leurs mesures soient conformes aux normes régionales et internationales en matière d’éducation et de non-discrimination», a conclu John Dalhuisen.
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MessageSujet: Pas d'argent de poche pour les requérants indésirables   Ven 9 Nov - 15:15


MIGRATION — En août, l'Office fédéral des migrations a décidé de supprimer les trois francs d'argent de poche octroyés aux requérants d'asile, essentiellement des Roms de Serbie, de Macédoine ou de Bosnie-Herzégovine.
Par Laureline Duvillard. Mis à jour à 12h23
Le cantonnement militaire d'Eigenthal qui héberge depuis juin les requérants d’asile.


«L' Érythréen reçoit de l'argent de poche, le Bosniaque non». Tel est le constat de Denise Graf coordinatrice auprès d'Amnesty International, comme le rapporte le Tages Anzeiger. Une discrimination, essentiellement destinée aux Roms, que la coordinatrice juge dans la Neue Luzerner Zeitung «inacceptable». Sans compter que l'Office fédéral des migrations (ODM) s'est gardé d'informer les autorités sur cette mesure prise en août 2012. Même la Commission parlementaire responsable n'était que peu au courant de cette décision, comme le révèle le Tages Anzeiger.

Freiner les demandes

Denise Graf a découvert l'inégalité de traitement par hasard, au cours d'une visite pour le compte d'Amnesty International au centre d'hébergement pour requérants d'asile d'Eigenthal, fraîchement ouvert en juin. Alors que certains requérants reçoivent trois francs d'argent de poche, destiné entre autres à financer les appels téléphoniques ou encore les billets de transport pour les déplacements personnels, d'autres n'ont rien.

L' Office fédéral des migrations a inclus en août cette disposition aux mesures particulières visant les «requérants d'asile en provenance d’États européens sûrs». Elle accompagne, l'accélération de la procédure qui permet de statuer en 48 heures pour les cas «ne nécessitant pas de plus amples clarifications», la suppression du remboursement à hauteur de 100 francs des frais de voyage, ainsi que l'abolition de l'aide au retour adoptée au printemps.

Le train de mesures est clairement destiné à freiner l'augmentation des demandes d'asile des ressortissants de Macédoine, de Serbie ou de Bosnie-Herzégovine, en hausse depuis la suppression de l'obligation de visa pour entrer en Suisse. Comme le souligne l'ODM, en juillet 2012 le nombre de demandes d'asile déposées par des ressortissants de Macédoine a augmenté de 83% par rapport au mois précédent. Fort de ce constat, l'organisme fédéral cherche, donc, à limiter ces demandes d'asiles jugées «infondées» et qui ont peu de chances d'aboutir.

Décourager toute tentative

L'ODM ne s'est d'ailleurs pas caché de ces mesures et même a choisi de propager haut et fort, également dans les pays concernés, la suppression des indemnités de voyage. «Les gens doivent savoir qu'un voyage en Suisse pour demander l'asile ne vaut plus la peine», souligne au quotidien zurichois Gaby Szöllösy, porte-parole de l'ODM. Et d'ajouter que la suppression de l'argent de poche découle «logiquement de la nouvelle procédure courte».

Étant donné que celle-ci permet de statuer en 48 heures, les ressortissants restent peu de temps en Suisse selon l'ODM. Une affirmation réfutée dans le Tages Anzeiger par Denise Graf. Lors de sa visite à Eigenthal en septembre, elle affirme avoir rencontré des gens «qui vivaient ici depuis juin et ne recevaient aucun argent de poche depuis août». Mais l'ODM avance également un autre argument. L'argent de poche n'est légalement pas obligatoire et la Confédération l'a octroyé spontanément.

Aucune critique

La suppression de cet argent de poche n'est pourtant pas jugée «logique» par tout le monde, y compris au sein de l'ODM, selon le Tages Anzeiger. La Société pour les peuples menacés critique une mesure dirigée contre les Roms qui sont les principaux touchés. Une communauté également discriminée au sein de ses propres pays. «98% des Roms sont sans travail, ne reçoivent aucune aide sociale et sont discriminés en regard de l'éducation et des soins médicaux», remarque Angela Mattli porte-parole de la Société.

Par contre, les membres de la Commission parlementaire au courant de cette suppression mise en place sans bruit, se sont gardés de tout commentaire. Et même à gauche, seul le silence a fait écho à cette mesure.
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MessageSujet: La scolarisation des enfants roms exige des mesures énergiques   Sam 10 Nov - 5:11

EIL DE L'EUROPE
La scolarisation des enfants roms exige des mesures énergiques

Dans la majorité des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe, les enfants roms sont victimes de ségrégation scolaire, affirme un communiqué du 8 novembre 2012 de la Commission pour les droits de l'homme du Conseil de l'Europe. De sorte que ces enfants n'ont guère de chance d'échapper à la pauvreté, affirme le communiqué.

Nils Muižnieks, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, dénonce entre autres, dans son Carnet des droits de l'homme, leur surreprésentation dans les établissements pour enfants déficients mentaux.

L'argument selon lequel les parents eux-mêmes attacheraient peu d'importance à la scolarité de leurs enfants est souvent invoqué. Mais il "faut pourtant reconnaître le rôle considérable joué par les pressions qu'exercent les parents non roms pour éviter que des élèves roms fréquentent des classes ordinaires", estime le commissaire.

Les problèmes se posent partout en Europe, mais sont particulièrement graves dans les pays d'Europe centrale et orientale.

Martine Kis

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MessageSujet: Suisse : Le Conseil fédéral ne veut pas se lancer à l'emporte-pièce dans des tours de vis à l'encontre des gens de voyages pour régler les récents problèmes rencontrés   Jeu 15 Nov - 16:38

Le Conseil fédéral ne veut pas se lancer à l'emporte-pièce dans des tours de vis à l'encontre des gens de voyages pour régler les récents problèmes rencontrés

Le Conseil fédéral s'en remet aux cantons en rejettant les mesures lancées par les conseillers nationaux valaisans Oskar Freysinger (UDC) et Yannick Buttet (PDC) à l'encontre des gens du voyages.

M.Freysinger souhaite que les gens du voyage étrangers payent une caution substantielle lorsqu'ils s'installent sur un terrain en Suisse. Cette somme pourrait servir à indemniser les propriétaires lésés par des dégâts et des déprédations.

Ceux qui refuseraient de payer seraient expulsés immédiatement. Le concept de l'UDC ne s'appliquerait pas aux Amiches ni aux Jenischs suisses.

Discriminatoire

Cette mesure serait discriminatoire envers les gens du voyage puisqu'on partirait d'une simple présomption qu'ils occasionnent systématiquement des dommages et ne les assument pas. Mais aussi entre gens du voyage étrangers et suisses, répond jeudi le gouvernement. Il note aussi la forte surcharge administrative occasionnée.

Yannick Buttet évoque quant à lui entre autres des procédures judiciaires simplifiées et accélérées ainsi que la saisie immédiate des véhicules et caravanes des gitans en guise de garantie.

La rapidité des jugements ne dépend pas de nouvelles dispositions légales mais des ressources que l'Etat met à la disposition de ses autorités pénales, réplique le Conseil fédéral.

Quant à la saisie, il s'agit d'une restriction importante à la liberté personnelle et à la garantie de la propriété. Dans la mesure où les caravanes sont les lieux d'habitation des gens du voyage, il est douteux qu'elles puissent être séquestrées sans violer le principe de la proportionnalité.

Aux cantons d'agir

D'une manière générale, le Conseil fédéral estime qu'il n'est pas nécessaire de légiférer au niveau fédéral. Les cantons ou communes qui jugent utile de serrer la vis sont libres de le faire à condition de ne pas créer des lois discriminatoires.

Le gouvernement rappelle que la sensibilisation du public et la création de zones de transit sont des prérequis indispensables pour garantir une bonne cohabitation. Les cantons latins viennent d'ailleurs de prendre des mesures.

Ils veulent créer au moins une place d'accueil par canton, élaborer de meilleures bases légales pour pouvoir intervenir plus efficacement en cas de problème et harmoniser leurs législations en matière de politique d'accueil.
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MessageSujet: HONGRIE   Jeu 15 Nov - 16:42

"La Hongrie est le seul pays où il existe un Parlement rom"
Le Monde.fr | 15.11.2012 à 15h06 • Mis à jour le 15.11.2012 à 15h41
Propos recueillis par Yves-Michel Riols
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Zoltan Balog, 54 ans, est un pasteur protestant de l'Eglise calviniste qui travaille depuis longtemps avec les Roms de Hongrie. Il a grandi à Ozd, une ville industrielle de l'est du pays, où les Roms ont toujours été nombreux. Député de la Fidesz (droite), il est proche du premier ministre, Viktor Orban, revenu au pouvoir en 2010. Zoltan Balog est alors devenu le "M. Roms" du gouvernement. Ministre des ressources humaines, son portefeuille comprend la santé, l'éducation, la culture et les questions sociales. Lors d'une visite en France, début novembre, il a accordé un entretien au Monde sur la situation des Roms en Hongrie, dont le nombre est évalué à 750 000 personnes, soit près de 8 % de la population. Les Roms constituent la plus importante minorité du pays.


Le parti d'extrême droite (Jobbik) organise régulièrement des manifestations visant les Roms. Les adversaires du gouvernement l'accusent de ne pas condamner assez fermement ces rassemblements. Comment réagissez-vous à ces critiques ?

Les autorités hongroises ont toujours condamné de la façon la plus claire toutes les formes de racisme envers qui que ce soit. Le gouvernement de centre droit de Viktor Orban a été le premier à adopter deux mesures importantes pour lutter contre les discriminations à l'égard des minorités, qu'elles soient Roms ou autres : l'inscription dans la Constitution d'un article condamnant l'incitation à la haine, ce qui ouvre la voie à des poursuites judiciaires contre les auteurs de tels actes, et la mise hors-la-loi de la Garde nationale, un mouvement paramilitaire d'extrême droite. C'est la première fois depuis la fin du communisme, en 1990, que de telles mesures sont prises. Leur adoption est un signal très clair : les autorités hongroises ont une tolérance zéro envers le racisme et l'antisémitisme.
Il faut également rappeler qu'il n'y a pas eu d'agressions violentes contre les Roms au cours des trois dernières années en Hongrie. Les derniers incidents remontent à 2009, lorsque six Roms ont été tués pendant l'année. A l'époque, nous étions dans l'opposition et je m'étais engagé, si nous revenions au pouvoir, à reconstruire les logements des familles victimes de ces atrocités. C'est chose faite.

Depuis le retour au pouvoir de Viktor Orban, en 2010, il y a eu des manifestations de l'extrême droite visant les Roms mais, grâce à l'action de la police, elles n'ont pas dégénéré. Toutefois, il faut aussi prendre en compte la terreur psychologique causée par ce genre de manifestations. C'est pourquoi notre gouvernement a aussi adopté une loi qui sanctionne les actes visant à propager la peur au sein d'une communauté.

En quoi la stratégie de Viktor Orban envers les Roms est-elle différente de celle des gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé depuis l'avènement de la démocratie en 1990 ?

Pour la première fois depuis la fin du communisme, notre gouvernement cherche à mettre en place une stratégie globale pour les Roms qui prenne en compte tous les aspects liés à cette communauté. Car il ne s'agit pas seulement d'une question de droits de l'homme mais aussi d'un problème social beaucoup plus large. Plus de la moitié des Roms de Hongrie vit dans une pauvreté extrême.

Face à une situation aussi grave, il faut des mesures exceptionnelles. Même si le gouvernement de centre droit auquel j'appartiens est, par instinct, réservé envers le système de quotas, nous avons néanmoins été les premiers à adopter des mesures de discriminations positives pour les Roms, dans la sphère politique et économique. C'est un changement radical.

Politiquement, cela veut dire que dès les prochaines élections législatives, en 2014, il y aura des sièges de députés réservés aux treize minorités reconnues dans le pays, dont la plus importante est celle des Roms. Economiquement, notre gouvernement a modifié les règles pour les contrats publics : ils ne sont dorénavant attribués qu'à des entreprises qui s'engagent à recruter 20 % de leurs effectifs parmi les personnes vivant dans la pauvreté qui sont, dans la plupart des cas, des Roms.

Nous appliquons aussi ces règles pour les emplois publics. Là encore, c'est une innovation : 40 % des 200 000 emplois publics créés depuis 2010 ont été attribués à des Roms. Par ailleurs, le financement par l'Etat de projets dans les collectivités locales dépend maintenant du pourcentage d'emplois réservés aux Roms.

Qu'en est-il de la représentation politique des Roms en Hongrie ?

A ma connaissance, la Hongrie est le seul pays au monde où il y a un Parlement rom. Il existe depuis 1994. C'est le premier gouvernement démocratique de l'après-communisme, celui du chrétien-démocrate, Jozsef Antall, qui a fait adopter cette loi novatrice sur la représentation des minorités nationales.

Ce texte permet aux minorités d'avoir des élus dans les collectivités locales et une instance nationale qui les représente. Dans le cas des Roms, il s'agit du conseil national rom, communément appelé le "Parlement rom". Ses élus participent à l'élaboration de toutes les lois concernant les Roms. Le gouvernement de M. Orban est même allé plus loin. D'après l'accord, conclu en 2011, entre le gouvernement hongrois et le Parlement rom, ce dernier dispose désormais d'un droit de veto sur les programmes visant la communauté rom.

A mon sens, la Hongrie bénéficie d'un cadre légal et institutionnel irréprochable vis-à-vis des Roms. Tous les problèmes ne sont pas réglés pour autant : la marginalisation sociale des Roms remonte à loin et elle est profonde. Inverser cette tendance est un travail de longue haleine.
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MessageSujet: Intolérables discriminations   Ven 16 Nov - 14:45

Enfants roms dans les « écoles spéciales » : 5 ans après la condamnation par la Cour européenne, la situation n’a guère évolué
16-11-2012 15:33 | Guillaume Narguet
En novembre 2007, la Cour européenne des droits de l’homme avait condamné la République tchèque qu’elle estimait coupable de bafouer le droit des enfants roms à une éducation sans discrimination en les plaçant dans des écoles dites « spéciales ». Spéciales, ces écoles le sont parce qu’elles sont initialement destinées à des élèves souffrant d’un léger handicap mental. Mais en réalité, ces établissements regroupent essentiellement des enfants roms dont une très grande majorité ne souffrent d’aucun handicap. Cette semaine, le commissaire en charge des droits de l’homme au Conseil de l’Europe a effectué une visite en République tchèque pour constater si la situation avait évolué depuis le jugement rendu il y a cinq ans. Au micro de Radio Prague, Nils Muižnieks a répondu à cette première question et à d’autres encore :



Nils Muižnieks, photo: Conseil de l'Europe
« Pas beaucoup ! L’arrêt rendu par la Cour européenne est un jugement très important. Elle a estimé qu’il y avait une discrimination indirecte des Roms qu’en République tchèque. Que la plupart des jeunes Roms étaient placés dans des écoles pratiques ou ‘spéciales’. Cinq ans après l’arrêt, on voit que ces écoles existent toujours, qu’elles sont fréquentées par beaucoup de Roms et que, finalement, rien ou presque n’a changé. Le gouvernement et le ministère de l’Education manifestent certes de la bonne volonté, il y a des changements dans la législation, mais pas beaucoup jusqu’à présent sur le terrain. »

Selon vous, que faudrait-il faire pour que la situation s’améliore ? Même en République tchèque, certaines ONG ou encore l’ombudsman récemment critiquent régulièrement le fait que la part des élèves roms dans les écoles spéciales reste très importante, ce qui peut laisser à penser que rien n’est vraiment fait en réalité…

« Je suis d’accord. Je crois qu’il faut supprimer ces écoles pratiques et spéciales. Il faut que les enfants roms soient scolarisés dans des établissements normaux, car il y a très peu d’enfants roms qui souffrent d’un retard intellectuel. Oui, je crois qu’ils ont besoin d’un soutien particulier, ‘spécial’ pourrait-on dire, mais cela ne signifie pas les placer dans des écoles séparées. Non seulement financièrement mais aussi socialement, cela coûte très cher d’avoir un système ségrégé d’éducation avec une qualité d’enseignement bien moindre que dans les écoles normales. »

« Alors, effectivement, que faut-il faire ? Je crois d’abord qu’il faut arrêter avec tous ces tests psychologiques pour des enfants qui sont encore en bas âge. Deuxièmement, si on soumet ces enfants à des tests, cela doit surtout servir à identifier les moyens pour les aider dans des écoles normales, et non pas pour les mettre dans des écoles séparées. Troisièmement, il faut promouvoir la formation des enseignants pour aider les élèves. Il faut également que cesse l’opposition des non-Roms contre l’intégration et soutenir les familles roms, surtout celles qui ont des petits enfants. Il faudrait que ceux-ci fréquentent des crèches ou autres établissements de ce type afin de les préparer à une formation normale. Le gouvernement tchèque est conscient de cette nécessité de commencer avec les plus petits avant qu’il ne soit trop tard. Il est bien conscient aussi qu’il existe une forte opposition à cette réforme. C’est pour cette raison qu’il est important d’avoir une réelle volonté politique. »

Lors de cette visite en République tchèque, vous vous êtes rendu dans une école à Kladno. Qu’y avez-vous vu ? Ou plutôt qu’a-t-on bien voulu vous montrer ?


Photo illustrative: Archives de ČRo 7
« Effectivement, j’ai visité une école spéciale à Kladno. On m’a dit qu’on ne connaissait pas le pourcentage de Roms inscrits. Du moins officiellement. Parce que, sinon, on sait bien que 100 % des élèves sont des Roms. Alors, oui, j’ai vu un bâtiment fantastique, des enseignants très bien, mais ça n'en reste pas moins une école séparée. J’ai été le témoin de discussions très intéressantes entre les représentants du gouvernement et les autorités locales qui défendaient l’école. C’est évident qu’il existe un grand intérêt pour maintenir le système actuel en l’état, même si celui-ci n’est bien ni pour les Roms ni pour la République tchèque dans son ensemble. Il va donc falloir beaucoup de temps, d’énergie et de volonté politique pour que les choses évoluent dans le sens que nous souhaitons. Et parmi les enfants que j’ai vus à l’école, il y en avait peut-être un qui avait des problèmes psychiatriques. Mais pour les autres, même si je ne suis pas un spécialiste, il ne m’a pas semblé qu’ils avaient des besoins spéciaux au niveau psychiatrique ou psychologique. Ce sont surtout des enfants qui ont besoin du soutien de leurs enseignants, de leurs parents et des autorités locales. »
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MessageSujet: Discriminations tchèques   Ven 16 Nov - 14:46

L’égalité des chances à l’école : encore du chemin à parcourir pour les enfants roms
21-09-2012 16:03 | Anna Kubišta
La République tchèque est souvent l’objet de critiques, notamment de la part de Bruxelles, quant aux discriminations dont est victime la communauté rom. Un des points les plus sensibles reste le secteur de l’éducation, toujours à la traine en matière d’égalité des chances.


Télécharger: MP3
Si l’école devrait être un tremplin pour une meilleure insertion sociale, ce n’est de loin pas toujours le cas en République tchèque, et encore moins lorsqu’il s’agit d’enfants issus de la communauté rom. Jeudi, une conférence à Prague a abordé la question de l’égalité des chances des enfants en milieu scolaire et plus spécifiquement celle des enfants roms qui se retrouvent encore trop fréquemment dans des écoles, dites « spéciales », réservées aux enfants souffrant d’un handicap mental léger. Leur nombre dans ces écoles est souvent proportionnellement bien plus important que le nombre de citoyens tchèques d’origine rom dans la société : il y aurait en effet 32 % à 35 % d’enfants rom en école spéciale, tandis que l’ethnie rom ne représente que 1,4 à 2,8 % de la population. Si selon la loi, tous les enfants sont égaux en droit en termes d’accès à l’éducation, la réalité est tout autre, comme le souligne la directrice de la Société tchèque pour l’éducation inclusive Klára Laurenčíková :


Klára Laurenčíková
« Il y a de nombreuses raisons qui expliquent pourquoi la réalité est tout autre. D’un côté, il faut qu’à l’avenir on modifie la formation des pédagogues, afin qu’ils soient mieux préparés à la prise en charge individuelle des élèves. Il faut également changer le système de financement, des services conseil afin que les écoles soient soutenues, qu’elles disposent de psychologues qui travailleraient dans les établissements et établiraient des diagnostics précis afin de savoir ce dont tel ou tel enfant a besoin et pour que ceux-ci réussissent dans leur parcours scolaire. »

La conférence de jeudi, rassemblant des représentants d’association, d’ONG, d’écoles et du ministère de l’Education fait suite à un rapport paru en juin dernier et issu du bureau du médiateur de la République, qui tirait la sonnette d’alarme sur le problème des enfants roms dans les écoles spéciales. L’ombudsman, Pavel Varvařovský dénonçait alors une sorte d’automatisme dans l’orientation des enfants roms vers ces écoles, sans raison valable, les personnes responsables de la scolarisation de ces enfants confondant le retard mental avec les problèmes réels d’enfants vivant dans des conditions d’exclusion sociale.

A la base des changements nécessaires dans le système d’orientation, il faudra s’appuyer sur une hausse des moyens financiers alloués au secteur. Klára Laurenčíková se félicite pour sa part des promesses faites par le ministère de l’Education :

« Nous faisons confiance au ministère pour que ses déclarations n’aient pas seulement été des mots vidés de leur sens. Le ministère a présenté plusieurs mesures allant dans le sens d’une refonte du système. Le vice-ministre nous a signalé qu’il entendait changer le système de financement des écoles au niveau régional, celui des écoles primaires et des écoles maternelles de telle façon à ce qu’à l’avenir, les enfants qui ont besoin de davantage de soutien, puissent bénéficier d’un soutien financier. Il s’agirait de faire en sorte que les écoles aient un soutien concret, que ce soit en matière d’assistants scolaires, de soutien scolaire ou de matériel spécialisé. Et pour cela il y a besoin d’argent. »

Des moyens financiers, mais aussi un changement des mentalités. Car de nombreux pédagogues sont encore persuadés de la nécessité des « écoles spéciales », alors que la Cour européenne des droits de l’homme, basée à Strasbourg, avait déjà condamné la République tchèque pour cette discrimination il y a cinq ans. Enfin, le changement doit aussi venir des parents eux-mêmes, qui souvent approuvent le placement de leurs enfants en école spéciale, souvent par habitude, ou par défaut car ils n’y voient pas d’alternative.
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MessageSujet: HONGRIE   Sam 17 Nov - 10:57

ournée de rencontre à Windisch: les Roms et nous

L’EEM de Windisch vit depuis 2007 un partenariat avec la paroisse de Jakuba en Serbie. Une journée de rencontre s’est tenue le dimanche 21 octobre dans le cadre de la tournée musicale d’un groupe musical rom d’Alsózsolca en Hongrie, sur le thème " Donnons-nous un peu d’espace – Les Roms et nous".

La liaison Skype vers Jakuba durant le culte a permis d’échanger entre les deux paroisses. Un membre de l’église de Jakuba a donné un témoignage poignant : s’étant violemment affronté dans le passé à la police et mis en conflit avec la loi, il a été transformé par l’intervention de Dieu dans sa vie. Aujourd’hui, il est un membre actif dans la paroisse de Jakuba.

L’évêque Heinrich Bolleter a parlé de la situation des Roms en Europe au cours de l’après-midi. Sous le troisième Reich, les Roms ont été pourchassés tout comme les juifs, et sous le communisme, ils ont été internés. Les Etats ne s’occupèrent pas de leur intégration, et c’est ainsi qu’ils vivent aujourd’hui dans la pauvreté et en marge de la société. Il y a environ 12 millions de Roms en Europe où ils constituent de fait la plus grande minorité ethnique. La plupart d’entre eux vit dans les pays de l’Europe du Sud-Est comme la Roumanie ou la Bulgarie où ils sont exclus de la société, vivant sous une discrète forme d’Apartheid. Les enfants doivent en partie fréquenter des écoles spéciales, le niveau d’éducation est très bas, et les adultes ont beaucoup de difficultés à trouver un emploi. L’ambiance est caractérisée par une violence croissante, des menaces et des dispersions. Les cités habitées par les Roms sont encerclées par des murs en béton, et souvent détruites sans avertissement, les familles se retrouvant subitement dans la rue. Malheureusement de nos jours, les Etats entreprennent peu de choses pour promouvoir l’intégration.

Thomas Rodemeyer du bureau de l’évêque a également parlé du travail de l’EEM auprès des Roms: pour l’EEM, le service en faveur des pauvres est essentiel. Dans ce but, elle soutient et aide les Roms dans les républiques Tchèque et Slovaque, en Hongrie, Serbie, Macédoine et en Bulgarie. Dans ces pays, nombre de membres de l’EEM sont sensibilisés par leur situation et s’engagent socialement auprès d’eux.

Lors d’une deuxième retransmission via Skype, les deux paroisses ont fait connaissance de ce qui les préoccupe. A Jakuba par exemple on utilise beaucoup d’énergie dans la préparation pour l’hiver prochain. Les gens sont parfois amenés à faire de longs déplacements pour ramasser du bois de chauffage. La crise elle aussi leur fait souci : la pauvreté et le chômage atteint de nombreux membres de l’église. La venue par contre de plusieurs familles dans la communauté est un véritable sujet de joie, d’autant que certaines d’entre elles étaient mal disposées auparavant envers à l’église. Le partenariat et les relations avec la paroisse de Windisch les encourage fortement en leur donnant l’assurance de ne pas être isolés et de faire partie d’une église d’envergure mondiale.
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MessageSujet: Manifestations de roms en Hongrie   Sam 17 Nov - 10:59

Hongrie: mobilisation rom contre une manifestation d'extrême droite

Plusieurs centaines de Roms ont défilé mercredi à Miskolc, dans l'est de la Hongrie, une mobilisation rare pour cette minorité qui protestait contre une manifestation du parti d'extrême droite Jobbik dans la même ville.

Près de 2.000 personnes ont participé à la manifestation du Jobbik, caractérisée par une rhétorique antitzigane violente, dont une centaine vêtus de l'uniforme de la formation paramilitaire dissoute.
AFP - Plusieurs centaines de Roms ont défilé mercredi à Miskolc, dans l'est de la Hongrie, une mobilisation rare pour cette minorité qui protestait contre une manifestation du parti d'extrême droite Jobbik dans la même ville.

Environ 600 Roms ont défilé du quartier, où le Jobbik avait prévu de manifester plus tard dans la journée, jusqu'au centre-ville en scandant "A bas le Jobbik!" ou "Nous sommes ici chez nous!".

Certains portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Nous voulons la paix, la loi et une Hongrie sans nazis".

"Il est triste que le gouvernement ait autorisé cet événement raciste", a estimé un participant, en référence à la manifestation du Jobbik au centre d'un quartier de lotissements, qui compte quelque 29.000 habitants. Le parti d'extrême droite a dit vouloir dénoncer à cette occasion une forte augmentation des "crimes roms" dans ce quartier.

La marche est une rare démonstration d'unité de la communauté des Roms, ont estimé ses organisateurs. Pour Aladar Horvath, chef du Mouvement des droits des citoyens pour la République, il s'agit de la plus grande mobilisation rom depuis de nombreuses années.

?C'est merveilleux de voir les Roms enfin se réunir et solidairement défendre ensemble notre dignité et notre honneur face au racisme", a-t-il dit à l'AFP.

Le cortège était entouré d'un étroit dispositif de police. Pour éviter les troubles, les autorités ont autorisé le défilé des Roms, à condition qu'il se termine avant celui du Jobbik.

La police craignait aussi la participation à la manifestation du Jobbik de membres de groupuscules d'extrême droite issus de la "Garde hongroise", une ancienne organisation paramilitaire désormais interdite.

Près de 2.000 personnes ont participé à la manifestation du Jobbik, caractérisée par une rhétorique antitzigane violente, dont une centaine vêtus de l'uniforme de la formation paramilitaire dissoute.

"Nous devons agir dès maintenant pour sauver notre avenir, pour libérer la Hongrie de la criminalité tzigane", a affirmé le député du Jobbik Zsolt Egyed pendant le rassemblement d'extrême droite.

"Chaque jour, un retraité est tué pour quelques milliers de forints (quelques euros). Nous devons reprendre les rues de Miskolc, pour la sécurité de nos enfants", a-t-il ajouté.

Le président du parti, Gabor Vona, a de son côté déclaré que le Jobbik n'était "pas raciste", car il voulait une "égalité devant la justice".

"Les autres partis nous diabolisent, c'est eux les vrais racistes", a-t-il lancé.

Après les discours, les sympathisants du parti ont défilé entre les maisons du quartier avec des torches en chantant des chansons nationalistes et en répétant des slogans comme "oui, la criminalité tzigane existe".

Les deux manifestations ont pris fin sans incidents.

En Hongrie, la minorité rom, souvent appauvrie et marginalisée, représente près d'un dixième des 10 millions d'habitants du pays.
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MessageSujet: Situation Roumaine   Mer 21 Nov - 5:49

GRAND ANGLE Le maire de Baia Mare a fait construire un mur pour isoler une population «indésirable». Avec le soutien de ses concitoyens.

Par AURÉLIE DARBOURET et QUENTIN GIRARD Envoyés spéciaux à Baia Mare (Roumanie)
L’immense cheminée blanche et rouge chatouille les nuages. En arrivant à Baia Mare, ville du nord-ouest de la Roumanie, on ne voit qu’elle. Cachée dans les collines, au pied des montagnes du Maramures, la cité fut pendant deux cents ans un centre minier important. L’or, l’argent, le cuivre ou le zinc ont fait sa richesse. Mais avec la fin du communisme et la catastrophe de l’an 2000, lors de laquelle une quantité importante de cyanure a été déversée accidentellement dans les rivières Somes et...
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