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 Le calvaire des roms

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MessageSujet: La Roumanie...là où le Välsung veut "fixer" les roms...    Sam 15 Sep - 2:00

La France cherche le moyen de "fixer" les Roms en Roumanie
LE MONDE | 14.09.2012 à 17h08 • Mis à jour le 14.09.2012 à 17h08

Par Mirel Bran (Targu Jiu, Roumanie, envoyé spécial)

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La mission n'était pas facile. Arrivés en Roumanie mercredi 12 septembre pour une visite de deux jours consacrée au sort des milliers de Roms roumains qui vivent en France, les ministres de l'intérieur et des affaires européennes, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, se sont vu réserver un accueil plutôt glacial. "Aujourd'hui, nous ne pouvons pas nous permettre d'accueillir toutes ces populations qui sont souvent des damnés de la terre, qui sont pourchassées dans leur pays, qui sont discriminées", avait déclaré M. Valls à la veille de son voyage à Bucarest. "Nous ne pouvons pas accepter des formulations comme 'la Roumanie pourchasse les populations d'ethnie rom'. La Roumanie ne pourchasse aucun citoyen de son territoire", lui a rétorqué le président roumain, Traian Basescu.
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Le but de la visite de MM. Valls et Cazeneuve était de trouver des solutions pour "fixer" ces populations dans leur pays, notamment par des programmes de développement. Et de comprendre l'échec des multiples plans d'intégration conçus et financés par l'Union européenne. Une partie des deux millions de Roms – sur les dix millions qui vivent en Europe – continue en effet de prendre régulièrement le chemin de l'Ouest.

Ninel Potarca, président de l'organisation des patrons roms, a un début d'explication. "Si les Français veulent aider les Roms à s'intégrer en Roumanie, il vaudrait mieux qu'ils oublient les agences gouvernementales roumaines", affirme celui qu'on appelle l'"Obama de Meteor". Meteor est un quartier de somptueuses villas dans la ville de Targu Jiu, située au centre de la Roumanie. Certes, Targu Jiu n'est pas Chicago, où le président américain a débuté sa carrière, et Ninel Potarca, un Rom de Meteor, n'est pas devenu président de son pays. Mais il a essayé, en 2009. Au moment où M. Obama accédait à la présidence, Ninel Potarca s'était lancé dans la course à Bucarest.

"AIDEZ-NOUS À CRÉER DES EMPLOIS EN ROUMANIE"

Un Rom candidat à la présidence, du jamais-vu en Roumanie. A 44 ans, il est, depuis 2004, à la tête des Patrons roms, organisation qui regroupe environ 200 entreprises créées par la communauté rom de Roumanie. "On était plus de 500 sociétés, explique M. Potarca. Mais la crise économique a fait des dégâts. Et maintenant, au lieu de nous aider, l'Etat nous met des bâtons dans les roues. En Roumanie, on n'accepte pas l'idée qu'un Rom puisse s'enrichir en travaillant." Que faire ? "Aidez-nous à créer des emplois en Roumanie, et les Roms resteront à la maison", affirme-t-il. Lui-même promet d'en créer une centaine dès qu'il pourra finaliser son projet d'investissement dans une briqueterie de Targu Carbunesti, petite ville située à proximité de Targu Jiu. "J'ai encore besoin de 3,5 millions d'euros pour démarrer la production et créer une centaine d'emplois", déclare-t-il.

Les Roms de Targu Carbunesti rêvent d'un emploi. Derrière la briqueterie, une centaine d'entre eux, âgés de 10 à 70 ans, creuse le sol d'un terrain industriel abandonné. Maigre comme un clou, Olimpiu Cuslea vient de déterrer une pièce de métal rouillée. Il la soupèse et sourit. "Ça va me faire deux pains", dit-il. Comme les autres, il survit au jour le jour grâce à la ferraille qu'il déterre et revend à l'une des sociétés de Ninel Potarca. Ses deux filles, âgées de 13 et de 16 ans, vont à l'école, mais passent leur temps libre à chercher de la ferraille au côté de leurs parents. Le plus dur, c'est en hiver, lorsque le père part mendier à l'Ouest pour envoyer quelque chose à la maison. Il est allé en Allemagne et en Norvège. La France le tente.

"LAISSEZ-NOUS GÉRER CES FONDS NOUS-MÊMES"

"Si nos Roms partent en France, c'est parce qu'ils vivent à quinze dans des pièces de cinq mètres carrés, s'insurge Mihai Ion, le chef de la communauté rom de Targu Jiu. Si les fonds européens destinés aux problèmes sociaux transitent par le gouvernement de Bucarest, nous ne les verrons jamais. La solution est simple : sortez l'Etat roumain de l'équation et laissez-nous gérer ces fonds nous-mêmes." L'aide européenne, si on ne prend en compte que le Fonds social européen (FSE) réservé à la Roumanie de 2007 à 2013, s'élève à 3,7 milliards d'euros. En sept ans, la Roumanie n'a dépensé que 7 % de ce budget.

Avec un seul député au Parlement, qu'ils accusent eux-mêmes de ne rien faire, les Roms disposent de peu de leviers pour se faire entendre. L'Agence nationale pour les Roms, l'organisme gouvernemental chargé de veiller au sort de cette communauté, affirme que 250 millions d'euros issus des fonds européens ont financé des projets pour intégrer les Roms. "C'est faux !, s'exclame Gelu Duminica, le directeur de l'association Ensemble. Une partie de cet argent finance des programmes qui n'ont rien à voir avec les Roms."

Préoccupé par les élections législatives qui auront lieu le 9 décembre, le gouvernement socialiste n'a pas la tête aux Roms. "L'Etat peut nous aider en nous laissant travailler, conclut Ninel Potarca. J'ai vécu mon enfance dans une carriole, et cela ne m'a pas empêché de prospérer dans les affaires. Et je resterai en Roumanie."
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MessageSujet: Expulsions de Roms : l’Union européenne ne respecte pas ses engagements en matière de droits de l’Homme !   Sam 15 Sep - 9:50

Expulsions de Roms : l’Union européenne ne respecte pas ses engagements en matière de droits de l’Homme !
Communiqué de l’AEDH
Durant l’été 2012, de nombreux gouvernements de l’Union européenne ont expulsés des Roms de leurs logements. Certains Etats ont également expulsé ces populations hors de leurs frontières. L’Association Européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH) appelle les Etats à cesser ces expulsions et leurs politiques de stigmatisation des Roms.


L’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH) dénonce les violences contre les populations Roms de plusieurs Etats membres de l’Union européenne qui ont profité de la période estivale pour les chasser de leurs logements précaires. Ainsi, des Roms se sont retrouvés sur les trottoirs d’Italie et de France, les autorités ne leur offrant pas de proposition de relogement après avoir démoli leurs campements. Les Roms migrants venus des Balkans et de l’Europe de l’Est pour chercher de meilleures conditions de vie en Italie ont été livrés à eux-mêmes une fois expulsés de leur logement à Rome et à Milan. En France, près de 2000 Roms de Roumanie et de Bulgarie ont été expulsés de leurs lieux de vie durant l’été et certains ont été renvoyés dans leur pays ; de même qu’en Grèce, d’où 400 Roms d’Albanie ont été renvoyés dans leur pays. En Bulgarie, bien que la Cour Européenne des Droits de l’Homme ait donné raison à près de 200 familles Roms menacées d’expulsion par la municipalité de Sofia, le maire de la ville a présenté en juillet un nouveau programme d’expulsion de ces familles vers leur lieu d’origine. En Serbie, 250 familles de Roms ont été expulsées de leur campement de Belvil à Belgrade fin avril. Les Etats ont nié le droit au logement de toutes ces personnes. En effet, une expulsion n’est censée être menée qu’en dernier recours, après qu’une décision de justice l’ait autorisée, et si une solution de relogement des personnes a été trouvée.

En République tchèque, des familles Roms vivant à Ostrava sont menacées d’expulsion de leur logement pour cause d’insalubrité du bâtiment, alors même que ce sont les autorités qui refusent d’entretenir le système des eaux usées de l’immeuble. Tout comme ses voisins, – Slovaquie, Roumanie, Bulgarie, Hongrie – la République tchèque continue de discriminer la minorité Rom vivant sur son territoire, qui devient le bouc émissaire de la crise économique actuelle. Pourtant les Roms sont les premières victimes de cette crise. C’est pour cette raison qu’ils migrent vers l’Ouest de l’Europe, espérant y trouver de meilleures conditions de vie. Mais ils y sont accueillis par le racisme et la discrimination, obligés de vivre dans des bidonvilles et de mendier pour survivre.

L’AEDH regrette que les fonds européens destinés à l’amélioration de l’intégration des Roms ne soient guère utilisés par les gouvernements nationaux. Elle déplore également le manque de concertation et d’entraide des gouvernements nationaux pour faire face à cette situation. La demande du gouvernement français aux autorités roumaines et bulgares l’illustre bien. Selon le gouvernement français, c’est à la Roumanie et à la Bulgarie de trouver des solutions pour améliorer la situation des Roms sur leurs territoires afin d’éviter que ceux-ci ne migrent en France, et non à la France de traiter dignement ces populations une fois sur son territoire.

Face à cette situation, les instances internationales ne réagissent que faiblement, et ces réactions n’ont guère d’effets : l’Organisation des Nations Unies a condamné les expulsions massives de Roms de la France vers la Roumanie et la Bulgarie, soulignant que les expulsions collectives d’un territoire national vers un autre Etat sont contraires au droit international. La Commission européenne a elle aussi placé la France sous surveillance au vu des expulsions de l’été 2012. Pour autant, aucune sanction n’a été prise contre la France pour faire cesser ces expulsions. Par ailleurs, les autres Etats membres qui appliquent la même politique à l’égard des Roms (Italie, Grèce, Allemagne…) ne sont pas publiquement désavoués. La Commission européenne refuse ainsi de voir que l’anti-tsiganisme est profondément ancré dans tous les pays de l’Union européenne.

L’AEDH considère qu’il n’est pas possible de travailler à l’insertion d’une population dans la société sans combattre d’abord la discrimination et le racisme dont elle est victime. C’est pourquoi l’AEDH formule plusieurs revendications :
L’AEDH enjoint, par le biais de ses organisations membres, les Etats de l’Union européenne à cesser d’expulser les Roms de leurs logements ainsi qu’à mettre un terme aux expulsions de ces populations du territoire national de certains Etats ;
L’AEDH demande aux Etats de protéger le droit des Roms ;
L’AEDH appelle la Commission européenne à faire pression sur les Etats membres pour qu’ils mettent en place des politiques de lutte contre le racisme anti-Roms, afin que les « stratégies nationales d’intégration des populations Roms » présentées par les Etats membres à la Commission européenne puissent être appliquées effectivement et de manière durable.

Bruxelles, le 11 septembre 2012
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MessageSujet: Un des pays destinataires des "charters de la honte" du Välsung   Lun 17 Sep - 10:17

Manifestation anti-rom dans le nord de la Bohême
Environ 250 personnes ont prticipé samedi, à une manifestation nationaliste anti-rom à Varnsdorf, dans le nord de la Bohême. Le parti d'extrême-droite DSSS organisait ce défilé voulu comme un événement de sa campagne électorale. Les manifestants sont passés non loin d'immeubles où habitent principalement des Roms et qui avaient déjà été au coeur d'événements similaires l'an dernier. Les participants ont entonné des slogans nationalistes et racistes, mais aucune confrontation ouverte n'a été enregistrée par la police. En 2011, Varnsdorf et d'autres villes de la région avaient été le cadre de manifestations anti-rom pendant plusieurs semaines.
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MessageSujet: Faire barrage au racisme   Mar 18 Sep - 10:40

En Hongrie, des Roms aussi veulent leur milice
Posté par Corentin Léotard • 18 septembre 2012 à 7:42 • Version imprimable
Personne ne l'a encore vue en action, mais toute la presse en parle déjà. Une association d'auto-défense a été créée, pour "protéger les Juifs et les Tsiganes" des milices d'extrême-droite, à Pécs, 5ème ville du pays. Après la Magyar Garda, la Roma Garda.


Bago Ferenc sur sa page Facebook
"Nous devons nous unir pour faire barrage au racisme et au nazisme car l’extrême-droite se renforce", explique l’auto-proclamé « colonel Daflics », alias Ferenc Bagó, sur la page Facebook depuis laquelle il a lancé un appel aux dons pour collecter des armes. Concrètement, elle est censée s'interposer en cas agression jusqu'à l'arrivée de la police. Le colonel Daflics revendique plus de 300 membres et affirme attendre plusieurs milliers de recrues dans l’ensemble de la Hongrie.

L'association a déjà établi des contacts avec le gouvernement minoritaire de la municipalité de Mohács (ville de 20.000 habitants, à 50 km de Pécs) et d'autres organisations roms telles que la Magyar-Cigány Országos Biztonsági Hálózat Béke és Jogvédő Egyesülettel.

Les médias d’extrême-droite ont immédiatement (sur)réagit. "Les Tsiganes s’arment", prévient Barikád, un média lié au parti parlementaire Jobbik. Pour la Szent Korona Rádió (radio Sainte-Couronne), il s’agit d’une „Organisation terroriste armée” qui bénéficie de la connivence du „Fidesz [le parti de Viktor Orbán], du parti socialiste, des Juifs et des communistes”.

Dans cette ville très durement frappée par la crise économique mais qui a résisté plus qu'ailleurs en Hongrie à la tentation de l'extrême-droite, la tension est brusquement montée après le viol et le meurtre d'une femme au début du mois de juillet. La victime, une jeune femme de 26 ans psychologue dans la police, l'assassin, un homme du même âge, Tsigane. Sitôt l'identité du tueur dévoilée, l'extrême-droite a réuni plusieurs centaines de personnes pour défiler dans un quartier de la ville pour intimider sa population rom.

Ceci intervient aussi à un moment de tension après plusieurs sorties violentes de l’extrême-droite cet été. Fin août, près d’un demi-millier de sympathisants de l’extrême-droite ont assiégé pendant plusieurs heures le quartier rom de la petite ville de Cegléd, 70 km à l’Est de Budapest. Des habitants se sont sommairement armés de couteaux et de bâtons pour parer à toute lacune policière. Quelques jours plus tard, des associations citoyennes d’auto-défense chapeautées par le Jobbik se sont rassemblées dans la petite ville de Devecser pour dénoncer la „criminalité tsigane”.

24 heures seulement après son coup d’éclat, Ferenc Bago a été arrêté puis placé quelques heures en garde à vue pour menace contre la sécurité publique. On ne trouve encore aucune trace officielle de l'existence de cette prétendue organisation „Roma Gárda”. Mais, côté rom, la tentation de rendre la monnaie de leur pièce aux extrémistes de droite existe déjà bel et bien. Et c'est un cadeau inespéré qui est fait à ces derniers...
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MessageSujet: La saison de la chasse au Rom n’est pas finie   Mer 19 Sep - 3:04

Au moment où l’UE appelle les Etats membres à davantage d’efforts afin d’intégrer les Roms qui vivent sur leur sol, les intimidations de l’extrême droite magyare contre la "criminalité tzigane" continuent, sans que le gouvernement de Viktor Orbán, qui préside pourtant l’Union, ne réagisse.

Joëlle Stolz
Sans son église médiévale et ses caves à vin blotties à flanc de colline, Gyöngyöspata ressemblerait à tant d'autres villages hongrois : la mairie datant de l'époque communiste, la supérette Coop, les jardinets bien sarclés où pointent les premières jacinthes, les rues boueuses du ghetto rom.

Pourtant, un peu de l'avenir de l'Europe s'est joué, au mois de mars, dans cette localité de 2 850 habitants, à une heure de route au nord-est de Budapest. Encadrée par le parti Jobbik (entré au Parlement avec 16,8 % des voix, en avril 2010, mais en chute dans les sondages), l'extrême droite a fait de Gyöngyöspata un laboratoire contre la "criminalité tzigane", patrouillant jour et nuit avec l'appui de nombreux villageois, qui ont logé et nourri pendant plus de deux semaines les miliciens.

Le 6 mars, le dirigeant national du Jobbik, le député Gabor Vona, y a parlé devant 1 500 paramilitaires. La plupart portaient l'uniforme noir de Szebb Jövoert ("Pour un plus bel avenir"), une organisation placée sous le parapluie légal des milices villageoises d'autodéfense. On voyait aussi des individus agressifs, treillis et crâne rasé, brandissant des haches ou des fouets, flanqués de pitbulls. Les premiers jours, les familles roms n'osaient même plus envoyer leurs enfants à l'école.

Viktor Orbán exalte le "courage magyar"
La police locale n'est pas intervenue, malgré la ressemblance de Szebb Jövoert avec la Garde hongroise, une milice proche du Jobbik qui s'était livrée aux mêmes manoeuvres d'intimidation de la minorité tzigane, avant d'être dissoute par la Cour constitutionnelle en juillet 2009. Il a fallu attendre que les miliciens aient quitté les lieux de leur propre gré, le 16 mars, pour que le gouvernement du premier ministre conservateur, Viktor Orbán, commence à réagir.

Le 15 mars, pour la fête nationale hongroise, M. Orbán a prononcé à Budapest un discours dans lequel il a exalté le courage magyar face aux diktats des puissances étrangères, y compris l'Union européenne (UE), dont il assume ce semestre la présidence tournante. Il n'a pas soufflé mot de Gyöngyöspata.

Ce jour-là pourtant, une poignée de contre-manifestants, conduits par Aladar Horvath, du Mouvement pour les droits civiques des Roms, s'étaient rendus sur place. Parmi eux, le pasteur Gabor Ivanyi et deux députés du LMP, le petit parti Vert libéral (qui n’a obtenu aux législatives de 2010 que 314 voix malgré 6000 électeurs roms potentiels).

"Ici, nous avons voté massivement Fidesz (le parti de M. Orbán, qui jouit d'une majorité des deux tiers au Parlement), rappelle Janos Farkas, le chef de la communauté tzigane de Gyöngyöspata, soit 500 personnes. Parce qu'il nous avait promis du travail." Un an après, le taux de chômage en Hongrie n'a pas baissé, sauf que l'on ne touche plus qu'une allocation par famille. Et le gouvernement a réduit le budget accordé aux "administrations autonomes" des minorités.

"Nous sommes Hongrois avant d'être tziganes !"
Depuis la reprivatisation des forêts, en 1992, les Tziganes n'ont plus le droit d'y cueillir les champignons ni de ramasser le bois pour se chauffer. "Nous avons offert, en échange de ce paiement en nature, d'assurer le nettoyage des domaines forestiers. Les propriétaires ont refusé, constate M. Farkas. Mais nous vivons ici depuis cinq siècles, nos ancêtres ont défendu ce beau pays contre les Turcs, nous sommes Hongrois avant d'être tziganes !"

La délinquance augmente dans les campagnes, dont les habitants se sentent abandonnés. Certains meurtres ont profondément choqué l'opinion, tel celui d'un enseignant, lynché fin 2006 à Olaszliszka (nord-est) sous les yeux de ses enfants, parce qu'il avait effleuré avec son véhicule une petite fille rom. Le Jobbik lui a érigé un monument. A l'inverse, la série d'attaques meurtrières contre des Roms, menées en 2009 par un groupe de néonazis actuellement jugé à Budapest, n'a guère ému la population.

A Gyöngyöspata, la source du conflit semble avoir été l'achat, par la Croix-Rouge hongroise, de maisons pour reloger des familles de Roms sinistrées lors des inondations de 2010. La perspective de les voir s'installer au coeur du village a suscité de vives résistances. Des habitants ont écrit à Gabor Vona, explique Oszkar Juhasz, le président de la section locale du Jobbik (26 % aux législatives de 2010).

Le taux de natalité des Roms fait peur
M. Juhasz est viticulteur, descendant d'une de ces familles de petits nobles qui vivaient jadis à peine mieux que les serfs mais croyaient être la chair et le sang de la Hongrie millénaire. Il affiche, dans l'entrée de sa maison, la carte du pays avec les frontières d'avant 1920.

Pour l'extrême droite, obsédée par la perte historique de deux tiers des territoires nationaux, la natalité des Tziganes est une menace : "Depuis 1898, leur nombre a été multiplié par plus de cent, dit-il. Nous ne sommes pas racistes, mais la politique d'intégration des Roms signifie, trop souvent, baisser le niveau de vie des non-Roms."

Samedi 2 avril, vêtu de son uniforme noir, Oszkar Juhasz a défilé dans les rues de Hejöszalonta (nord-est), 900 habitants, aux côtés d'autres "patriotes hongrois". La veille, le chef de la fraction parlementaire du Fidesz, Janos Lazar, avait évoqué devant des journalistes la possibilité d'assouplir la législation sur les armes, au bénéfice de l'autodéfense. Une revendication du Jobbik.

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MessageSujet: une semaine dans la peau d'un rom   Mer 19 Sep - 3:06

Comment vivent les Roms en Roumanie, le pays où ils sont le plus nombreux ? Pour le savoir, un journaliste d’Adevărul s’est fait passer pour l’un d’entre eux. Il n’a pas ressenti de discrimination, mais une sorte de mépris généralisé.

Cristian Delcea
Jamais les Tsiganes n'ont été aussi présents dans le débat public. Quelque 8 000 Tsiganes roumains ont été expulsés de France cette année, mais la moitié y sont déjà retournés. Quelles chances ont les Tsiganes d'être acceptés en Roumanie ? Je l'ai compris en revêtant pour une semaine l'habit de Tsigane: chapeau, chemise bigarrée, veste en cuir et pantalon de velours. Je me suis laissé pousser la moustache ; la peau basanée je la tiens du bon Dieu.

J'ai commencé Place de l'Université [à Bucarest]. Il y avait des étudiants ivres qui se sont moqués de moi et m'ont braillé ces mots archi-connus de la langue tsigane: "mucles" (ta gueule !), "bahtalo" (bonne chance !), "sokeres" (comment ça va ?). Un grand blond m'a pris en photo, puis a photographié les bouteilles posées sur le trottoir, les chiens et les mendiants. Sur son ordinateur, en Scandinavie, ma photo sera probablement classée dans le répertoire "Bucharest garbage".

Des regards qui font plus mal que Nicolas Sarkozy
Plus tard dans la soirée, je suis allé voir une pièce au Théâtre National. Les gens autour de moi n'étaient pas enchantés de ma présence, mais ils n'ont rien dit. J'ai entendu à nouveau les mêmes rires de quelques jeunes. Il semblerait que ce soient eux les plus méchants et les plus perfides envers les Tsiganes. Et ils rient toujours dans le dos.

Peut-être même que leurs regards font plus mal que le mauvais oeil de Nicolas Sarkozy, le président français. Nous avons des campagnes pour l'intégration et l'alphabétisation des Tsiganes, mais pas de campagne pour empêcher les gens de rire lorsqu’ils voient un Tsigane bossu dans la rue.

Et pourtant, on peut appeler tout cela comme on veut, sauf discrimination. Personne ne m'a jeté hors d'un café ou d’un restaurant. Tant qu'ils encaissaient mon argent, ils m'accueillaient à bras ouverts. Ce ne sont pas les Tsiganes qui sont victimes de discrimination en Roumanie, ce sont plutôt les pauvres.

Nous voulons que les Tsiganes sentent bon, qu'ils aiment l'art, mais aucun employeur ne veut avoir un Tsigane près de lui. Et sans argent, soit le Tsigane plonge dans la misère, soit il cherche des moyens non conventionnels de gagner de l’argent.

J'ai essayé le conventionnel, j'ai cherché à me faire embaucher. J'ai cherché des annonces dans les journaux pour être ouvrier non qualifié, laveur de voitures, ou démembrer des voitures pour les pièces détachées. Au téléphone, on m'a dit qu'il restait des places.

Arrivé devant les employeurs, certains m'ont chassé honnêtement – "Va-t-en, Tsigane !", d'autres par des insultes – "Ben voilà, pour l'instant on n'embauche plus !".

Même les éboueurs m'ont rejeté. La fille du personnel m'a regardé par-dessous ses lunettes et m'a dit: "On n'embauche pas. On ne l’a jamais fait". Ce qui signifie sans doute que les éboueurs qui tournoyaient dans la cour héritent de la profession de père en fils.

S'ils restent seuls, les Tsiganes meurent
Je pensais qu'il existait une solidarité, sinon entre les gens, du moins entre les automobilistes. Dans la périphérie de Bucarest, j'ai crevé un pneu, plus ou moins intentionnellement. J'ai passé plus de trois heures au bord de la route, faisant des signes de la main aux voitures qui passaient.

Pour certains je pouvais lire les injures sur leurs lèvres, d'autres me klaxonnaient en souriant, un a fait mine de me rouler dessus. J'étais complètement seul; des centaines de personnes sont passées à côté de moi sans vouloir m'aider. Là, j'ai compris pourquoi les Tsiganes se déplaçaient en tribu. S'ils restent seuls, ils meurent !

Et enfin, une vieille Skoda Octavia est apparue, d'où est descendu un malheureux, la cinquantaine, à la salopette sale. Dans les deux minutes nécessaires pour le changement de roue, il m’a ouvert son cœur : "Je t'ai vu quand tu me faisais signe, il y a deux heures. Je t'ai regardé dans le rétroviseur et j'ai regretté de ne pas m'être arrêté. Et je me suis dit que si tu étais encore là à mon retour, je m'arrêterais. Alors, j'ai fait une bonne action ou pas ?". Je lui ai répondu la tête baissée : "Oui, monsieur".

En repartant pour Bucarest, je me suis arrêté pour prendre de l'essence. Une employée de la station service est sortie un peu paniquée et m'a demandé : "Tu t'es servi à la pompe 5 ?" Non, j'avais pris de l'essence à la pompe 4. A la pompe 5, ce sont des Tsiganes dans une voiture à plaques jaunes [plaques temporaires pour les voitures achetées en Allemagne, difficiles voire impossibles à tracer] qui avaient pris de l’essence. J'ai appris qu'ils avaient fait le plein et oublié de payer. J'ai préféré me dire que, peut-être, eux aussi étaient en train de faire une expérience journalistique inédite.

Presque circulaire, l'article finit à quelques pas de l'endroit où il a commencé, Place de l'Université. Je pense n'avoir rien accompli, ni apporté de solution au problème des Roms. Qu'est-ce que la société veut qu'il advienne d'eux ?

Après avoir été traité comme un Tsigane pendant sept jour, j'ose dire que la réponse est affichée sur une vieille maison où un fanatique religieux a écrit un verset de la Bible: Jean 3:7 – "Jésus a dit : Il faut que vous naissiez de nouveau". Et là, il n'y a aucune métaphore.



SUR LE WEB

L'article original d'Adevărul
L'article du Guardian
Galerie photos de la semaine de Cristian Delcea
DROITS DES ROMS
Les Roumains s'en lavent les mains
Nicolaz Gheorghe, militant roumain des droits des Roms, dénonce avec vigueur dans le Guardian les tentatives des responsables européens de criminaliser la population rom et la définir comme nomade. "La vérité, c'est que la grande majorité des Roms d'Europe centrale et orientale sont sédentarisés et citoyens de leurs pays respectifs, et qu'ils n'ont rien à voir avec les stéréotypes nomades", écrit-il. "Le terme 'nomade' a été employé par le régime soviétique dans les années 30 pour empêcher les artisans roms itinérants de se déplacer librement. Il a ensuite été utilisé pour justifier les déportations des Tsiganes durant la Seconde Guerre mondiale et plus récemment en France, pour justifier les expulsions".

Gheorghe fustige le président roumain Traian Băsescu, "au franc-parler et autoritaire". "Dans l'esprit de Băsescu, écrit-il, les Roms sont à la base des nomades – il l'a déclaré lorsqu'il était maire de Bucarest – et il fait fréquemment des remarques injurieuses à l'égard des Roms". "Se débarrasser des Tsiganes", de toutes façons, fait partie de la psyché roumaine depuis les déportations de la Seconde Guerre mondiale. "Et les mouvements migratoires roms depuis l'entrée de la Roumanie dans l'UE ont servi cet objectif, à savoir l'exclusion des Roms des communautés locales".

L'approche roumaine est d'"européaniser" le problème pour se décharger de ses obligations envers les citoyens roms. "En d'autres termes, se décharger du problème sur les institutions européennes et sur d'autres Etats membres. La seule solution possible serait d'associer le talent et le dynamisme des Roms à un entreprenariat de l'économie traditionnelle de type auto-entreprenariat, coopératives familiales, dans le commerce international de l'artisanat ou d'autres activités commerciales. Un entreprenariat qui s'épanouirait parfaitement dans le marché européen où circulent librement les capitaux, les services, les biens et les personnes".
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MessageSujet: POLOGNE Des restaurants interdits aux Roms   Mer 19 Sep - 3:08

POLOGNE
Des restaurants interdits aux Roms
27 janvier 2011Presseurop Gazeta Wyborcza
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Gazeta Wyborcza, 27 janvier 2011
"On ne sert que les Polonais", titre Gazeta Wyborcza. Le quotidien rapporte que plusieurs restaurants de la ville de Poznań refusent de servir les Roms. "Les Roms arrivent en bandes et c'est l'enfer. Ils laissent un désordre incroyable", justifie Klaudia Lopez, propriétaire du restaurant Cuba Libre. L'interdiction est illégale mais la police a refusé d'enregistrer une plainte déposée par une association locale de Roms. Le ministre de l'Intérieur devrait prochainement envoyer des médiateurs dans la ville pour établir un dialogue entre les représentants de la communauté rom et les propriétaires de restaurants.

"Chaque jour en Pologne on enregistre des agressions contre les Roms (dont le nombre est estimé à 35 000). A Varsovie et à Lublin, certains ont été jetés de magasins. A Bytom, des Roms ont été victimes d'attaques très violentes", explique Roman Kwiatkowski, co-fondateur de l'association des Polonais roms. Il ajoute : "Nulle autre minorité en Europe n'est discriminée comme le sont les Roms. Leur situation commence à ressembler à celle des Juifs avant la Seconde Guerre mondiale".
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MessageSujet: Horizon toujours bouché   Mer 19 Sep - 3:09

L’horizon est encore bouché
6 avril 2012 MO* BRUXELLES
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Des Roms lors de la Todorovden (fête du cheval), près de Sofia (Bulgarie), le 3 Mars 2012.
AFP
Malgré les efforts des ONG et les fonds de l’UE, la principale minorité européenne ne vit pas mieux qu’il y a 10 ans. Un manque de suivi à Bruxelles, la corruption des responsables locaux et le désintérêt des Etats en sont les raisons principales.

Hellen Kooijman
Le 8 avril est la journée internationale des Roms, mais une part importante des 12 millions d’entre eux qui vivent en Europe vit encore dans une pauvreté accablante. Les tensions ethniques s’accentuent, comme on a pu le constater avec les attaques des campements roms en Italie en 2008 ou les intimidations auxquelles se livrent des paramilitaires racistes en Hongrie.

En septembre dernier, des milliers de Bulgares sont descendus dans la rue, en criant des slogans comme "Les tziganes, il faut en faire du savon". "Le traitement réservé aux Roms est le test décisif de la démocratie", affirmait prophétiquement feu le président tchèque Václav Havel en 1993. La transition vers le capitalisme a eu des conséquences désastreuses pour les Roms.

Sous le régime communiste, ils avaient un emploi et étaient logés et scolarisés gratuitement. A présent, beaucoup perdent leur emploi, leur logement, et le racisme à leur encontre ressurgit impunément.

Le rôle limité de l'UE
A la fin des années 1990, la perspective de l’adhésion à l’UE de certains pays d’Europe centrale et orientale a laissé entrevoir une amélioration. "Les responsables roms étaient très enthousiastes", se souvient l’ancien député européen Jan Marinus Wiersma. Les pays candidats à l’adhésion adaptaient leur législation à celle de l’UE et proposaient des projets.

Ce n’était que de la poudre aux yeux, disent désormais les ONG et les militants des droits des Roms. En Bulgarie, par exemple, les Roms ont retrouvé massivement un emploi, d’après les chiffres officiels.

"En réalité, ils se sont retrouvés quelques mois plus tard à la rue", dit à Sofia la chercheuse bulgare Ilona Tomova. "Nous, les pays postcommunistes, nous nous y connaissons en manipulation des chiffres. Mais l’Union ne s’en est pas rendue compte."

Maintenant que ces pays sont devenus des Etats membres de l’UE, Bruxelles ne peut plus utiliser la perspective de l’adhésion comme moyen de pression, estime Rob Kushen, directeur du Centre européen des droits des Roms (ERRC) à Budapest.

La Commission européenne est en outre liée par le principe de subsidiarité : "En ce qui concerne les Roms, ce sont les pays membres qui jouent un rôle déterminant en matière d’enseignement, d’emploi, de logement et de santé. Notre rôle se limite à coordonner", dit Matthew Newman, porte-parole de Viviane Reding, la commissaire chargée des Droits fondamentaux et de la Justice.

Bruxelles peut toutefois influer sur la politique par le biais des fonds européens. Pour la période 2007-2014, par exemple, la République tchèque, la Roumanie et la Slovaquie ont reçu chacune 172 millions d’euros spécialement affectés à la question rom.

Les pays membres où vivent des Roms peuvent aussi déposer des demandes au titre de programmes sociaux plus étendus. Cette cagnotte représente au total 17,5 milliards d’euros.

La Slovaquie avait obtenu 200 millions d’euros pour un nouveau programme. De 2001 à fin 2006, Klara Orgovanova a travaillé dans ce pays avec une équipe de 30 personnes.

Comment l'argent des subventions disparaît
Mais en juillet 2006, le parti social-démocrate [SMER-SD] est arrivé au pouvoir et a formé une coalition [jusqu’en 2010] avec le Parti national slovaque [SNS], dont le leader, Ján Slota, estimait que les Roms se domptent avec un "long fouet dans une arrière-cour".

Ensuite, le plus gros de la somme a "disparu", transformée en de nouveaux feux tricolores, des équipements technologiques pour les hôpitaux ou des clubs de football où aucun Rom ne joue. Quant à Klara Orgovanova et son équipe, elles ont été licenciées.

Parfois, l’argent est empoché par des ONG factices ou vient grossir les salaires des hauts fonctionnaires corrompus. C’est ce qu’affirment certains eurodéputés, comme [l’ancienne élue] Els de Groen, des militants des droits des Roms et des journalistes, comme ceux du collectif BIRN (Balkan Investigative Reporting Network).

Cela dit, l’argent n’est pas toujours détourné volontairement. Les demandes de subventions sont compliquées et exigent une bonne compréhension du jargon de l’UE.

Face aux épisodes racistes et à la tentative de fichage des Roms en Italie en 2008 et surtout après les expulsions de Roms de France en 2010, la Commission s’est limiteé à invoquer une violation de la libre circulation, non pas de l’égalité de traitement et l’égalité raciale.

Une réaction jugée très insuffisante par les organisations des droits de l’homme. Cette réserve de la Commission est due au fait que "la discrimination et le sentiment anti-tzigane sont un sujet politique bien plus brûlant", estime Nele Meyer, d’Amnesty International.

"La Commission ne peut jouer le rôle de super-gendarme des droits fondamentaux", fait remarquer de son côté Matthew Newman. Ce dernier souligne aussi le "faible taux d’absorption" des subventions de l’UE destinées aux Roms : "Les demandes ne portent que sur une partie des fonds. Les Roms ne sont pas une priorité politique".

D’après Valeriu Nicolae, lui-même rom et directeur du Centre des politiques pour les Roms et les minorités de Bucarest, les fonds affectés aux Roms par Bruxelles sont très insuffisants : "la Roumanie a reçu pendant la période 2007-2013 environ 230 millions d’euros. Nous avons un million de Roms. Cela ne représente pas même 20 centimes par Rom et par jour."

Pourquoi la Commission ne met-elle pas en place un commissaire chargé des minorités ? "Les pays membres ont peur qu’il commence aussi à s’intéresser aux Hongrois en Roumanie ou aux Basques en Espagne", note Jan Marinus Wiersma. Quant au hongrois Kinga Göncz, député européen, il évoque une peur "compréhensible" : "Les pays pourraient alors penser : ‘Parfait, c’est Bruxelles qui va s’en charger.’"

Depuis les drames qui se sont produits en Italie et en France, l’Union semble entrer en mouvement. En avril 2011, le Conseil européen a décidé d’établir un cadre européen commun, sous la forme de "stratégies nationales d’intégration des Roms".

Lívia Járóka – seule député européen d’origine rom – se montre optimiste car on met davantage en avant l’intérêt socioéconomique de l’intégration des Roms. "Car les politiciens ne vont pas purement et simplement aider les Roms".

Mais là encore, la Commission s’en remet finalement aux Etats pour trouver une solution. La Hongrie actuelle montre ce que cela peut donner dans la pratique. "Le gouvernement de Viktor Orbán a récemment abaissé l’âge maximal de la scolarisation obligatoire, si bien que les enfants roms peuvent quitter l’école plus tôt", dit Rob Kushen de l’ERRC.

Cela montre à quel point il est difficile d’obtenir de quelconques mesures en faveur des Roms dans le climat actuel. Viktor Orbán est confronté en Hongrie, comme dans d’autres pays européens, à une opposition d’extrême-droite : Jobbik, un parti ouvertement anti-Roms. "La démocratie consiste aussi à défendre les minorités. Mais Viktor Orbán ne semble pas le comprendre. C’est justement l’avertissement que lançait Havel en 1993", souligne Rob Kushen.
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MessageSujet: Des gitans heureux   Mer 19 Sep - 3:11

Marginalisés dans la plupart des pays, expulsés de France, les Roms bénéficient d’un havre de paix relative dans le sud de l’Espagne. Le reste pourrait y puiser quelques idées, constate l’hebdomadaire polonais Tygodnik Powszechny.

Patrycja Bukalska
La coexistence des Roms et des "payos" (ou les "blancs") est bel et bien possible, comme c'est le cas en Andalousie, dans le sud de l'Espagne. Le nombre de Roms, ou Gitanos, comme ils se nomment eux-mêmes, est estimé entre 500-800 000 en Espagne. La plupart d'entre eux vivent en Andalousie. Le pays compte aussi des immigrants roms venus d'Europe centrale, comme c'est également le cas en France, mais leur nombre reste limité à environ 40 mille personnes vivant principalement dans la banlieue de Madrid.

Cela fait plusieurs centaines d'années que les Gitans vivent en Espagne avec des hauts et des bas et toujours les mêmes fléaux: la persécution, la pauvreté, la sédentarisation forcée. Mais aujourd'hui, l'Andalousie pourrait servir d'exemple. Cela pour plusieurs raisons.

Le professeur Gunther Dietz, auteur du rapport "L'Etat et les Roms en Espagne", fait valoir que les valeurs traditionnelles des Gitans telles la famille et le clan, la notion de l'honneur, ou encore l'autorité accordée dans les familles aux "anciens", sont toutes conformes aux concepts de la culture traditionnelle, rurale, espagnole.

L'intégration des Roms dans les villages andalous était donc bien plus facile que dans les grandes villes du Nord. "Par exemple, dans les provinces de Grenade et de Séville, les plus importants foyers des Gitanos en Espagne et en Europe occidentale, les villages se divisent de manière informelle en partie rom (gitano) et non-gitane (payo), mais les échanges interethniques, la réciprocité, et les mariages mixtes y sont beaucoup plus fréquents que dans des 'pseudo-ghettos' des centres industriels", affirme le professeur Dietz. 

Et puis il y a un détail, mais il est de taille : le Flamenco, l'un des symboles espagnols, né en Andalousie parmi les Roms. Il montre à quel point la culture rom a pu être absorbée, exploitée par la culture dominante, pour en devenir partie intégrante.

Le sentiment d'isolement, tellement accablant pour les minorités, y a donc été moindre. 

Juan de Dios Ramirez, président de l'Association des Roms en Espagne et le premier député rom au Parlement européen (né justement en Andalousie), a déclaré dans le quotidien El Pais que "le modèle est l’Andalousie. D'un point de vue culturel, pas de justice sociale. Elle pourrait être un modèle de coexistence sociale pour les Roms du monde entier. Cette communauté, dont il est difficile de dire si les Andalous se sont gitanisés Roms, ou si ce sont les Roms qui se sont andalouisés".


Mais l'Espagne a bien davantage d'idées à revendre. Dans un domaine aussi important que l'éducation, par exemple on a abandonné dès les années 80 les écoles spéciales (ou "complémentaires", comme on disait). Depuis, tous les enfants roms vont à l'école avec leurs camarades payo. On peut toujours regretter le taux d'absentéisme, qui touche 30% de petits Gitanos, mais ce qui compte, c'est que 94% d'entre eux terminent bel et bien leur scolarité. Chacun a sa chance, tandis qu’en République tchèque, par exemple, les enfants roms se retrouvaient jusqu'à récemment le plus souvent dans des écoles spéciales, quasiment sans possibilité de poursuivre une scolarité. Bien sûr, l'Espagne n'est pas non plus un paradis rom : toutes les habitudes des Gitanos ne rencontrent pas l'approbation, et on peut encore noter des cas d'intolérance. Mais on voit tout de même les fruits du travail entamé depuis la période de transition après la mort de Franco.



On considère que le moment crucial et une percée symbolique pour la question rom se sont opérés lors du discours de Juan de Dios Ramírez Heredia devant le Parlement, où il a été le premier Gitan à siéger, de 1977 à 1986. En 1985, après son discours enflammé sur les droits des Roms, le premier plan national d’égalité des chances en faveur des Gitans a vu le jour. Depuis 1989, une partie précise du budget y est consacrée.

Aujourd'hui, Ramirez a un nouveau projet : il veut renvoyer devant la Cour de justice européenne à Luxembourg le président français Sarkozy. Dans sa déclaration, Ramirez affirme que Sarkozy "en fermant des campements roms avait violé le droit français, le droit européen et l'attachement traditionnel de la France aux droits de l'homme". Il compte déposer l'assignation au début de septembre. Il est avocat, a l'expérience des complexités du système européen, et semble savoir ce qu'il fait.
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MessageSujet: BATCHALO   Mer 19 Sep - 9:53

En ce mois de février 1939, la colère gronde parmi la population d'une bourgade tchèque. En effet, deux enfants du pays, Roman et Johann, ont disparu sans laisser de trace. Considérant qu'une troupe de tziganes campe non loin de la ville, les coupables sont vite trouvés. Toutefois, après quelques explications avec les itinérants, il s'avère que non seulement les deux gamins ne sont pas là mais qu'en plus, dix des leurs ont également disparu. Les gitans se lançant à la poursuite de leur progéniture, Josef, policier et père de Roman, décide de se joindre à eux dans leurs recherches. C'est ainsi qu'au fil d'une quête d'indices plutôt ardue, alors que le pays se voit placé sous le joug de l'Allemagne hitlérienne, le groupe découvre bientôt que leurs enfants, qui ont été emportés vers le nord, se trouvent entre les mains des nazis. Aussi, se dirige-t-il vers la frontière allemande, prêt à franchir les portes de Berlin. Malheureusement, la guerre n'étant pas loin, Josef et ses compagnons sont arrêtés et déportés au camp de Lety pour vivre les pires sévices.


Par Phibes


Avis de Sceneario.com
(18 Septembre 2012)

Comme pour répondre à une actualité brûlante concernant le démantèlement des camps illégaux et le rapatriement des roms vers leur pays d'origine, Michael Le Galli semble saisir le sujet pour nous conter, au travers de ce one-shot, les terribles vicissitudes que ce peuple itinérant a subi lors de la seconde guerre.

Autour d'une assise historique qui malheureusement ne manque pas de références (la persécution des gitans à l'instar de celle des juifs), le scénariste s'est attelé à constituer sa fiction (très proche de la réalité et de manière alternée) débutant par le rapt d'enfants. Par ce biais, il vient dès le départ camper la délicate cohabitation entre les nomades et les citadins et par la suite, créer une association atypique pour une quête commune entre un gadjo et une troupe tzigane.

L'histoire ainsi contée, vue par Josef sur plusieurs années, se veut émotionnellement convaincante par le fait qu'elle témoigne d'exactions particulièrement ignobles perpétrées sur des êtres humains par d'autres êtres humains. A ce titre, Michael le Galli nous fait toucher du doigt la façon dont étaient considérés les Roms, en sous-hommes, parqués dans des camps insalubres (tristement célèbres comme Auschwitz) et subissant les pires sévices. Il nous permet de côtoyer des bourreaux nazis tels Ritter et Mengele qui, en êtres supérieurs, se sont adonnés à des expériences horribles sur les enfants.

Dans ce contexte pour le moins dégradant et angoissant, on pourra apprécier par ailleurs le didactisme de l'histoire qui, employant de temps en temps le jargon tzigane, nous sensibilisera à la culture de ce peuple. Par les yeux de Josef, le lecteur se faufilera au sein de la communauté, pour croiser des personnages clés tels Chachu ou Silenka.

Avec ce premier ouvrage, Arnaud Bétend débute fort. Le réalisme de son dessin est pour le moins remarquable et démontre déjà une maîtrise du trait subjuguante. Ses vignettes, agencées classiquement, sont toutes admirables et démontrent la rigueur employée. Ses décors sont probants de par leur richesse, ses personnages sont criants de vérité dans leurs expressions les plus diverses. Pour les besoins de cette histoire, l'artiste a utilisé grassement et avec soin la couleur sépia, donnant ainsi un aspect vieilli qui est loin d'être désagréable.

Un témoignage aux accents dramatiques qui ne laisse pas de marbre.

une BD à lire !
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MessageSujet: La Belgique épinglée...   Mer 19 Sep - 14:03

Roms : la Belgique épinglée, elle aussi

Rédaction en ligne
lundi 20 septembre 2010, 07:00
La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme s'apprête à introduire une plainte. L'État belge, à des degrés divers dans les trois Régions, viole clairement la Charte sociale européenne. Le dossier complet d'Hugues Dorzée dans Le Soir


L'État belge, à des degrés divers dans les trois Régions, viole clairement la Charte sociale européenne. » Véronique van der Plancke, avocate et vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme, l'affirme et s'apprête, selon nos informations, à joindre le geste à la parole : la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) est sur le point de déposer une réclamation collective devant le comité des droits économiques et sociaux, un organe du Conseil de l'Europe. Objectif : dénoncer l'attitude de l'État belge à l'encontre des « gens du voyage ».

Une notion englobant à la fois les populations d'origine ethnique rom (ou Tsiganes) et les voyageurs (ou Gitans) qui sont, pour la plupart, des ressortissants européens. Lesquels vivent, par tradition, dans des habitations mobiles (caravanes ou « roulottes »). Que reprochent les défenseurs des droits de l'homme à la Belgique ? « Cette réclamation collective ne vise que les aspects liés au logement », précise Véronique van der Plancke. En cause : le nombre insuffisant de terrains d'accueil, un recours disproportionné à des expulsions, la non-reconnaissance de la caravane comme logement, etc.

Qu'encourt la Belgique ? Depuis son instauration voici douze ans, la procédure de réclamations collective a été utilisée à soixante et une reprise. Un État condamné par le Conseil de l'Europe est invité à modifier ses lois et ses pratiques. Une invitation, non une contrainte.
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MessageSujet: Une des destinations des charters de Mr Vallsung l'ibére ignard et raciste   Jeu 20 Sep - 11:49

Les Roms de Roumanie exclus du travail par le racisme
Mots clés : roms, racisme, roumanie,
Empêchées d’accéder à l’emploi mais aussi à la formation, voire à l’éducation de base, les populations roms demeurent victimes de discriminations systématiques contre lesquelles les autorités se disent au mieux impuissantes.

Bucarest, correspondance. «Fer, fer, collecte du fer ! »… Tous les matins, dans les quartiers ouest de Bucarest, ce même appel retentit entre les immeubles usés par le temps. Il est lancé par un petit groupe de Roms. Parmi eux, Maria, qui porte une longue jupe aux couleurs chatoyantes. Elle gagne autour de 80 euros par mois en débarrassant les riverains de leurs objets en ferraille. « Au moins je ne mendie pas, je ne vole pas, je garde ma dignité », confie-t-elle.

Avec le tri des ordures et la vente de fleurs, la collecte de ferraille constitue l’une des principales sources de revenus des Roms dans les grandes villes de Roumanie. Des revenus souvent non déclarés qui leur permettent à peine de faire face au quotidien. La moitié des deux millions de Roms que compte le pays vit ainsi avec moins de 3,40 euros par jour, selon un rapport de la Banque mondiale publié en 2010.

Comme Maria, 60 % d’entre eux travaillent. Mais seuls 35 % occupent un emploi légal – qui reste souvent non qualifié et sous-payé dans les domaines de l’agriculture et du BTP, 0,2 % sont cadres et 0,3 % travaillent dans la fonction publique, selon un rapport à paraître de l’association Impreuna. « Ils sont les moins bien armés pour affronter le marché de l’emploi », insiste le sociologue Gelu Duminica qui préside cette association spécialisée dans l’insertion.

Les Roms souffrent avant tout d’un manque d’instruction et de qualifications. Alors qu’un enfant sur quatre quitte le système scolaire juste après le primaire, souvent pour aider ses parents à compléter de maigres revenus, les adultes sont plus d’un tiers à souffrir d’illettrisme et un quart à n’avoir aucune qualification.

« L’école est la clé », lance Cristina Bereschi pleine d’espoir. À vingt-six ans, cette institutrice rom originaire de Reghin, en Transylvanie, veut servir d’exemple. Après des études financées par une ONG anglo-saxonne, elle est parvenue à atteindre son rêve, celui d’enseigner, grâce au soutien de ses parents qui ne se sont pas résolus à ce qu’elle abandonne l’école à l’issue de la primaire. Ses élèves sont quasiment tous roms. « J’aime croire que je leur apporte un peu d’espoir à eux et à leurs parents, dit-elle. Je veux qu’ils comprennent que notre communauté n’est pas vouée à vivre dans la misère et à n’exercer que des petits boulots. »

La chute du communisme a notamment été dramatique pour les travailleurs roms de Roumanie. « Ils ont été les principales victimes de la transition économique », souligne Gelu Duminica, qui précise : « Nous sommes passés du plein-emploi et d’une relative égalité entre les citoyens à un marché du travail concurrentiel où les Roms ont subi un racisme exacerbé qui a ressurgi d’un coup. »

Apiculteur de formation, Cristian est l’une des victimes de la nouvelle donne. Après avoir terminé son lycée agricole, il est resté inactif pendant deux ans. « Avec la crise, c’est dur pour tous les jeunes Roumains, nous confiait-il, il y a quelques mois, mais c’est vrai que dans mon cas, la couleur de peau me dessert largement. » Le jeune homme a aujourd’hui du travail, mais en Espagne où il a dû émigrer avec sa femme.

Les politiques d’insertion menées depuis deux décennies en Roumanie sont donc insuffisantes. Malgré quelques initiatives très médiatiques comme la mise en place de quotas pour les Roms au lycée et à l’université, la situation reste dramatique sur le terrain. « Il n’existe toujours pas de budget spécifique ni de stratégie nationale cohérente pour gérer le problème », déplore Mihai Neacsu, de l’ONG Amare Rromentza.

Les associations estiment à plusieurs millions d’euros le montant de l’aide européenne effectivement utilisée pour l’insertion des Roms depuis l’adhésion de la Roumanie en 2007. Mais aucune autorité à Bucarest ou à Bruxelles n’est en mesure de préciser les chiffres. « Il n’existe pas de fonds européen dédié directement aux Roms, explique Gelu Duminica. Les sommes versées concernent des objectifs généraux et l’insertion des Roms n’est au mieux qu’un sous-objectif qu’il revient à Bucarest de budgéter. »

La semaine dernière, le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, était en Roumanie pour « comprendre pourquoi des politiques d’insertion puissantes n’étaient pas menées » sur place. À cette occasion, le premier ministre, Victor Ponta, a promis « d’être plus pragmatique et plus sérieux que ses prédécesseurs en la matière ». Les associations espèrent, de leur côté, que ce ne sera pas une énième déclaration d’intention.
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MessageSujet: Racisme Belge   Ven 21 Sep - 10:53

Asile : la Serbie et ses « faux demandeurs d'asile »
Le fil d'infosAction socialeFil d'infos20-09-2012Cédric Vallet
Maggie De Block l'a annoncé, elle souhaite lancer une nouvelle campagne visant à dissuader des ressortissants Serbes – le plus souvent Roms – à venir demander l'asile en Belgique.

Depuis 2009, les Serbes ne sont plus soumis à l'obligation d'être en possession d'un visa pour venir en Europe. Une conséquence directe en a été une augmentation du nombre de demandeurs d'asile dans certains pays européens, dont la Belgique. En 2011, la Serbie était le 6ème pays de provenance de demandeurs d'asile avec 1109 candidats.

Il n'en fallait pas moins pour que les autorités, en collaboration avec l'Union européenne, dénoncent ces « faux demandeurs d'asile » qui migreraient essentiellement pour des raisons économiques.

Alors que Melchior Wathelet était secrétaire d'Etat en charge de l'asile et de l'immigration, une première « campagne de dissuasion » avait été menée. La Serbie, de son côté a rendu plus complexes les départs hors de ses frontières.

En Belgique, le gouvernement a décidé en mars 2012 de placer la Serbie sur une liste de pays « sûrs ». Conséquence : les demandeurs d'asile Serbes n'ont droit qu'à une procédure accélérée... permettant de vider plus rapidement le réseau d'accueil saturé de Fédasil.

Tous ces efforts ne suffisant pas, Maggie De Block a annoncé qu'une nouvelle campagne de sensibilisation aurait bien lieu en Serbie d'ici la fin de l'année. L'aide de Belgrade pour empêcher ses ressortissants Roms de quitter le pays étant la bienvenue... mais certainement pas gratuite. La Belgique ayant fort opportunément soutenu la candidature Serbe pour une adhésion à l'Union européenne.

Le seul hic c'est que de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer la situation des Roms en Serbie. L'association Chachipe a dénoncé des violations au droit de quitter son propre pays. En Belgique, le Délégué général aux droits de l'enfant a ramené un film illustrant la situation sur place. Peut-être que ces demandeurs d'asile ne sont pas si « faux » que cela...
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MessageSujet: STOP au racisme grandissant en Europe !   Lun 24 Sep - 3:50

La discrimination des Roms s’intensifie en Europe
Par Diana Toma
24 septembre 2012
En dépit des promesses électorales faites par les dirigeants de l’establishment politique tant en France qu’en Roumanie, la situation de quelque 15.000 immigrants Roms vivant dans plusieurs centaines de campements illégaux en France reste très précaire.
Selon l’agence de presse roumaine Agerpress, les données du ministère français de l’Intérieur ont révélé qu’environ 500 campements ont été démantelés et plus de 9.500 Roms roumains et bulgares ont été déportés en 2010. Après la déportation vers leur pays d’origine, nombreux sont ceux qui sont revenus dans le but de fuir la pauvreté et la discrimination qu’ils subissaient en Roumanie et en Bulgarie.
Durant la campagne électorale de 2012, l’actuel président français, François Hollande, avait promis que les campements des Roms ne seraient évacués que si une « solution de relogement » était proposée. Mais, après seulement quelques mois de présidence, l’approche de Hollande s’est avérée être la même que celle de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. Dans le passé, le Parti socialiste de Hollande avait critiqué Sarkozy en raison de la campagne menée par ce dernier contre les campements des Roms mais, maintenant, Hollande marche sur les pas de Sarkozy. Durant l’été, les autorités françaises ont détruit plusieurs campements, laissant plus de 2.000 personnes sans logement. Cent-soixante-dix-neuf Roms – dont 63 enfants – ont été déportés vers la Roumanie la semaine passée.
Selon le service de presse roumain mediafax, il s’agit du troisième charter de Roms arrivé en Roumanie cette année. Les deux premiers étaient arrivés en janvier et en juillet. Chaque Rom adulte rentrant en Roumanie reçoit 300 euros, et 100 euros par enfant. Mais, une fois sorti de l’aéroport roumain de Timişoara, la plupart des Roms ont dit que cet argent ne les mènerait pas loin.
En Roumanie même, les Roms sont confrontés à une discrimination grandissante. Le 1er juin, le maire de Baia Mare (au Nord du pays), C&;t&;lin Cherecheș, membre de l’Union social libérale (USL, une alliance entre le Parti social-démocrate, le Parti libéral national et le Parti conservateur) a fait évacuer environ 2.000 Roms de la périphérie de la ville à l’ancien laboratoire de l’usine de produits chimiques Cuprom.
Afin de démontrer sa détermination à tenir sa promesse électorale de nettoyer la ville d’environ 2.000 Roms, le maire a décidé de faire évacuer les premières familles de nuit. Après avoir menacé de recourir aux bulldozers pour détruire leur campement, il a agi immédiatement. La police a forcé les 2.000 Roms à monter dans des camions sans bâche pour les acheminer – sous une pluie battante – vers un bloc de l’ancien laboratoire de produits chimiques de l’usine Phoenix, aussi surnommée « l’usine de la mort ». Après 1990, le nom de l’usine a été changé en Cuprom et, en 2006, elle fut fermée après avoir été classée deuxième plus grande source de pollution de Roumanie.
Le bloc n’avait pas été aménagé pour devenir un logement. Les murs avaient rapidement été peints et les pièces comportaient encore des établis en métal et des casiers contenant des emballages remplis de substances chimiques dangereuses dont certaines dataient d’il y a 15 à 25 ans. La poussière issue des fours utilisés dans le laboratoire remplissait encore l’air. L’atmosphère sinistre, ressemblant à celle un camp d’extermination, était parachevée par toutes sortes de panneaux d’avertissement tels « danger de mort » ou « ne pas mélanger de substances chimiques » laissés sur les fenêtres et les portes de l’usine.
L’évacuation a duré toute la journée. Après avoir vu leur nouveau lieu d’habitation, les Roms ont cherché à quitter le bloc mais la police les en a empêchés. Incapables de partir, ils ont posé des matelas à même le sol pour dormir. Le quotidien Evenimentul zilei a rapporté que vers minuit, les premiers symptômes d’empoisonnement se sont manifestés : nausée, vertige, maux de tête.
Les plus gravement touchés ont été les enfants. Des ambulances sont arrivées à l’ancien laboratoire chimique et, selon les responsables, ont transporté 18 enfants et 2 adultes au service d’urgence de l’hôpital local. D’autres sources de l’hôpital ont dit que le chiffre réel était 13 enfants et 1 adulte alors que des témoins ont parlé de 22 enfants et 2 adultes.
Evenimentul zilei a été l’unique journal à publier des photos des conditions horribles régnant dans le laboratoire où des substances dangereuses – dont de l’acide sulfurique et de l’acide acétique – ont été trouvées.
Au début du mois de mai, Amnesty International était arrivé à Baia Mare pour examiner avec les autorités locales le relogement des familles Roms. A l’époque, une soixantaine de familles vivant dans des abris de fortune étaient sur le point d’être expulsées.
Il ne s’agit pas de la première confrontation entre le maire de Baia Mare et la communauté Rom vivant dans la ville. Le 30 juin de l’année dernière, l’hôtel de ville de Baia Mare avait fait les gros titres lorsqu’il avait donné le feu vert à la construction d’un mur de près de deux mètres de hauteur pour séparer les maisons de la communauté Rom du reste de la ville. La construction avait été qualifiée par l’agence France Presse de « grand mur gitan » et il avait donné lieu à des protestations dans le monde entier. Suite aux plaintes d’Amnesty International, le conseil national de lutte contre la discrimination a accusé le maire de discrimination et lui a imposé une amende. Mais, à une question récemment posée pour savoir si le mur allait être démoli, le maire Cherecheş a déclaré qu’il n’en avait nullement l’intention.
Suite aux événements du 1er juin, plusieurs organisations, dont Active Watch, ont demandé à l’ULS de retirer son soutien politique au maire Cherecheş. Des lettres ouvertes ont été adressées au gouvernement roumain, à plusieurs organisations officielles et à la Commission européenne. Mais, en dépit de toutes les interventions, le gouvernement et les autorités locales continuent de traiter de telles provocations avec beaucoup de ménagement et les mesures pour la protection de la minorité Rom n’existent que sur le papier.
L’USL persiste à soutenir Cherecheş et aucune action en justice n’a été entreprise à son encontre. En fait, C&;t&;lin Cherecheș, a été réélu lors des élections locales de juin, obtenant le score le plus élevé du pays, 86 pour cent.
Dans une précédente et similaire affaire de discrimination, 76 familles Roms avaient été expulsées fin 2010 de leur logement à Cluj-Napoca (dans la région de Cluj). Quarante de ces familles ont été transférées dans des appartements délabrés dans la périphérie de la ville, près d’une décharge publique et d’un dépotoir de déchets chimiques. Selon l’Alliance civique des Roms, quelque 1.500 personnes, dont environ 500 enfants, vivent là depuis 2011. Le reste des familles expulsées est resté sans logement.
Alors que la discrimination contraint de nombreux Roms à aller à l’étranger, la discrimination est un phénomène international. Fin mars dernier, les autorités françaises avaient annoncé qu’un campement de Rom situé à Massy, près de Paris, avait été détruit par le feu. Cent-huit Roms vivaient dans ce camp. Une enquête a été ouverte pour établir les circonstances de l’incendie – le deuxième incendie enregistré ce mois dans le campement de Massy.
Un groupe de 30 Roms a aussi été chassé d’Autriche fin avril après avoir installé leur campement sous un pont de la ville de Terfens.
Les attaques contre les Roms font partie d’une campagne grandissante d’attaques racistes encouragée par les gouvernements européens de toutes tendances politiques confondues. L’objectif de ces campagnes est de désigner un bouc émissaire pour la misère sociale et le chômage croissants et pour détourner l’attention de la politique menée par les partis officiels qui servent les intérêts d’une infime élite riche. C’est aussi la signification des chasses aux sorcières organisées contre les immigrants en Grèce au début du mois d’août qui ont impliqué le gouvernement et la police travaillant de concert avec le parti extrémiste de droite Chrysi Avgi (Aube dorée).
(Article original paru le 18 septembre 2012)
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MessageSujet: INTOLERABLE sous EUROPEANITE ! ou va l'Europe...vers le racisme et l'apartheid ?????   Lun 24 Sep - 4:15

Oradea (Roumanie). Qui sont ces Roms qui quittent leur pays pour venir à Lyon et dans notre région ? Nous les avons rencontrés chez eux. Ceux-là n’ont pourtant qu’un rêve : mieux vivre dans leur village.


ça les embête, les notables roumains, que « les Roms posent des problèmes en France ». Les représentants de la communauté s’en excusent aussi, mais « cet argent ramené de France a été une bénédiction. Ils ne l’ont pas bu ni fumé, ils ont arrangé leur maison avec », remarque Guitsa Fekete, pasteur à Tinca, une bourgade dans la région d’Oradea. Guitsa porte la voix des Tziganes et il dit sa reconnaissance : « Les nôtres ont vu que Lyon a un cœur ouvert. » Lyon, ces mains qui donnent, ses « belles rues » et ses poubelles bien fournies.

Sur un chemin de terre à Tinca, Victor a une maison en torchis toute de guingois et rien dedans : « Je suis parti plusieurs fois en France ; on vit mieux là-bas même dans les bidonvilles. Ici, il n’y a pas de travail ». Chaque matin, il ne sait pas s’il va ramasser des fruits, transporter du bois ou travailler dans le bâtiment. Le tarif du labeur journalier ? 20 lei (5 €). Vazil, son voisin, la trentaine, a cinq enfants. Avec les trois grands – « il n’y a pas à manger pour les cinq ici » –, il a vu Lyon, Marseille, Paris. Ils ont mendié. Il a récupéré du fer dans la rue et l’a revendu. « Quand j’ai gagné 200 €, on rentre ». Dans ce quartier, environ 800 Roms ont « transhumé » au moins une fois à Lyon. Le voyage coûte environ 60 € en bus. D’autres dégotent une vieille guimbarde (100 € la place) ou prennent un vol low-cost. Et puis il y a ceux qui restent. Par peur de l’inconnu, effrayés à l’idée de faire voyager leurs enfants en bas âge. Par manque de moyens, aussi. Blotti dans l’entrebâillement de sa porte, Rusu voit arriver l’hiver avec angoisse : « Si je pouvais, je partirais ».

À Diosig, un village proche de la frontière avec la Hongrie, Attila Mados le maire essaie de trouver du travail pour la communauté mais c’est insuffisant pour leur permettre de survivre. Alexandro Simon, un Rom hongrois, s’en fiche de la France : il a toujours vécu à Diosig avec ses quinze enfants et aimerait bien encore faire « l’agent de nettoyage ». Mais sa jambe est « cassée ». Alors, il a construit un abri pour les siens avec des trous dans le toit et des détritus tout autour. Alexandro a peint les murs en rose pour faire la nique au froid qui arrive. Cet hiver, raconte Hendre Haegini, une élue tzigane, « vingt personnes se sont entassées dans ces minuscules masures pour lutter contre le gel. Un bébé est mort ».

Les plus miséreux du quartier rom vont prospecter à la ville, dans les poubelles d’Oradea, à défaut de pouvoir pousser jusqu’en Hongrie.

À Oradea, des pancartes aux carrefours annoncent la couleur : « Ton argent ne les aide pas. Dites non à la mendicité ». Georgeana, une jolie brune de 23 ans, ne donne jamais : « Les Tziganes volent, ont 100 enfants et n’ont pas d’hygiène. » Ce qui gêne Calin, 26 ans, catogan blond, c’est cette confusion en Europe entre Roumains et Roms : « Nous sommes caucasiens, eux viennent d’Inde. On n’a rien en commun. » Un Français de Bucarest lâche le mot : « Pour les Roumains, les Roms sont des sous-hommes. »
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MessageSujet: NON à l'Europe de l'Apartheid- Pour une reconnaissance pleine et entière de la nation ROM   Lun 24 Sep - 4:17

La discrimination des Roms s’intensifie en Europe
Par Diana Toma
24 septembre 2012
En dépit des promesses électorales faites par les dirigeants de l’establishment politique tant en France qu’en Roumanie, la situation de quelque 15.000 immigrants Roms vivant dans plusieurs centaines de campements illégaux en France reste très précaire.
Selon l’agence de presse roumaine Agerpress, les données du ministère français de l’Intérieur ont révélé qu’environ 500 campements ont été démantelés et plus de 9.500 Roms roumains et bulgares ont été déportés en 2010. Après la déportation vers leur pays d’origine, nombreux sont ceux qui sont revenus dans le but de fuir la pauvreté et la discrimination qu’ils subissaient en Roumanie et en Bulgarie.
Durant la campagne électorale de 2012, l’actuel président français, François Hollande, avait promis que les campements des Roms ne seraient évacués que si une « solution de relogement » était proposée. Mais, après seulement quelques mois de présidence, l’approche de Hollande s’est avérée être la même que celle de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. Dans le passé, le Parti socialiste de Hollande avait critiqué Sarkozy en raison de la campagne menée par ce dernier contre les campements des Roms mais, maintenant, Hollande marche sur les pas de Sarkozy. Durant l’été, les autorités françaises ont détruit plusieurs campements, laissant plus de 2.000 personnes sans logement. Cent-soixante-dix-neuf Roms – dont 63 enfants – ont été déportés vers la Roumanie la semaine passée.
Selon le service de presse roumain mediafax, il s’agit du troisième charter de Roms arrivé en Roumanie cette année. Les deux premiers étaient arrivés en janvier et en juillet. Chaque Rom adulte rentrant en Roumanie reçoit 300 euros, et 100 euros par enfant. Mais, une fois sorti de l’aéroport roumain de Timişoara, la plupart des Roms ont dit que cet argent ne les mènerait pas loin.
En Roumanie même, les Roms sont confrontés à une discrimination grandissante. Le 1er juin, le maire de Baia Mare (au Nord du pays), C&;t&;lin Cherecheș, membre de l’Union social libérale (USL, une alliance entre le Parti social-démocrate, le Parti libéral national et le Parti conservateur) a fait évacuer environ 2.000 Roms de la périphérie de la ville à l’ancien laboratoire de l’usine de produits chimiques Cuprom.
Afin de démontrer sa détermination à tenir sa promesse électorale de nettoyer la ville d’environ 2.000 Roms, le maire a décidé de faire évacuer les premières familles de nuit. Après avoir menacé de recourir aux bulldozers pour détruire leur campement, il a agi immédiatement. La police a forcé les 2.000 Roms à monter dans des camions sans bâche pour les acheminer – sous une pluie battante – vers un bloc de l’ancien laboratoire de produits chimiques de l’usine Phoenix, aussi surnommée « l’usine de la mort ». Après 1990, le nom de l’usine a été changé en Cuprom et, en 2006, elle fut fermée après avoir été classée deuxième plus grande source de pollution de Roumanie.
Le bloc n’avait pas été aménagé pour devenir un logement. Les murs avaient rapidement été peints et les pièces comportaient encore des établis en métal et des casiers contenant des emballages remplis de substances chimiques dangereuses dont certaines dataient d’il y a 15 à 25 ans. La poussière issue des fours utilisés dans le laboratoire remplissait encore l’air. L’atmosphère sinistre, ressemblant à celle un camp d’extermination, était parachevée par toutes sortes de panneaux d’avertissement tels « danger de mort » ou « ne pas mélanger de substances chimiques » laissés sur les fenêtres et les portes de l’usine.
L’évacuation a duré toute la journée. Après avoir vu leur nouveau lieu d’habitation, les Roms ont cherché à quitter le bloc mais la police les en a empêchés. Incapables de partir, ils ont posé des matelas à même le sol pour dormir. Le quotidien Evenimentul zilei a rapporté que vers minuit, les premiers symptômes d’empoisonnement se sont manifestés : nausée, vertige, maux de tête.
Les plus gravement touchés ont été les enfants. Des ambulances sont arrivées à l’ancien laboratoire chimique et, selon les responsables, ont transporté 18 enfants et 2 adultes au service d’urgence de l’hôpital local. D’autres sources de l’hôpital ont dit que le chiffre réel était 13 enfants et 1 adulte alors que des témoins ont parlé de 22 enfants et 2 adultes.
Evenimentul zilei a été l’unique journal à publier des photos des conditions horribles régnant dans le laboratoire où des substances dangereuses – dont de l’acide sulfurique et de l’acide acétique – ont été trouvées.
Au début du mois de mai, Amnesty International était arrivé à Baia Mare pour examiner avec les autorités locales le relogement des familles Roms. A l’époque, une soixantaine de familles vivant dans des abris de fortune étaient sur le point d’être expulsées.
Il ne s’agit pas de la première confrontation entre le maire de Baia Mare et la communauté Rom vivant dans la ville. Le 30 juin de l’année dernière, l’hôtel de ville de Baia Mare avait fait les gros titres lorsqu’il avait donné le feu vert à la construction d’un mur de près de deux mètres de hauteur pour séparer les maisons de la communauté Rom du reste de la ville. La construction avait été qualifiée par l’agence France Presse de « grand mur gitan » et il avait donné lieu à des protestations dans le monde entier. Suite aux plaintes d’Amnesty International, le conseil national de lutte contre la discrimination a accusé le maire de discrimination et lui a imposé une amende. Mais, à une question récemment posée pour savoir si le mur allait être démoli, le maire Cherecheş a déclaré qu’il n’en avait nullement l’intention.
Suite aux événements du 1er juin, plusieurs organisations, dont Active Watch, ont demandé à l’ULS de retirer son soutien politique au maire Cherecheş. Des lettres ouvertes ont été adressées au gouvernement roumain, à plusieurs organisations officielles et à la Commission européenne. Mais, en dépit de toutes les interventions, le gouvernement et les autorités locales continuent de traiter de telles provocations avec beaucoup de ménagement et les mesures pour la protection de la minorité Rom n’existent que sur le papier.
L’USL persiste à soutenir Cherecheş et aucune action en justice n’a été entreprise à son encontre. En fait, C&;t&;lin Cherecheș, a été réélu lors des élections locales de juin, obtenant le score le plus élevé du pays, 86 pour cent.
Dans une précédente et similaire affaire de discrimination, 76 familles Roms avaient été expulsées fin 2010 de leur logement à Cluj-Napoca (dans la région de Cluj). Quarante de ces familles ont été transférées dans des appartements délabrés dans la périphérie de la ville, près d’une décharge publique et d’un dépotoir de déchets chimiques. Selon l’Alliance civique des Roms, quelque 1.500 personnes, dont environ 500 enfants, vivent là depuis 2011. Le reste des familles expulsées est resté sans logement.
Alors que la discrimination contraint de nombreux Roms à aller à l’étranger, la discrimination est un phénomène international. Fin mars dernier, les autorités françaises avaient annoncé qu’un campement de Rom situé à Massy, près de Paris, avait été détruit par le feu. Cent-huit Roms vivaient dans ce camp. Une enquête a été ouverte pour établir les circonstances de l’incendie – le deuxième incendie enregistré ce mois dans le campement de Massy.
Un groupe de 30 Roms a aussi été chassé d’Autriche fin avril après avoir installé leur campement sous un pont de la ville de Terfens.
Les attaques contre les Roms font partie d’une campagne grandissante d’attaques racistes encouragée par les gouvernements européens de toutes tendances politiques confondues. L’objectif de ces campagnes est de désigner un bouc émissaire pour la misère sociale et le chômage croissants et pour détourner l’attention de la politique menée par les partis officiels qui servent les intérêts d’une infime élite riche. C’est aussi la signification des chasses aux sorcières organisées contre les immigrants en Grèce au début du mois d’août qui ont impliqué le gouvernement et la police travaillant de concert avec le parti extrémiste de droite Chrysi Avgi (Aube dorée).
(Article original paru le 18 septembre 2012)
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MessageSujet: Plaidoyer pour les Roms   Lun 24 Sep - 4:19

L’éducation doit être une priorité en Roumanie ?

Oui, le pays offre à tous les enfants une place à l’école mais les Roms abandonnent très vite. Le propre de la société rom, c’est qu’elle n’a pas connu sa transition démographique. Les Tziganes ont besoin de leurs enfants pour travailler aux champs ou mendier et pour assurer leur avenir. Quand ils comprendront qu’il vaut mieux les envoyer à l’école, on aura résolu le problème.

Le gouvernement roumain agit-il dans ce sens ?

Oui, les Roumains font de la discrimination positive. Ils ont réservé des places à l’école, au collège, au lycée, à l’université pour les enfants roms mais ces places sont vides. Sous la pression européenne, la Roumanie et la Hongrie ont élaboré des lois et règlements favorables à toutes les minorités. Juridiquement, les Roms ne sont pas discriminés mais il faut changer les mentalités et le regard des Roumains sur eux.

Comment freiner les flux migratoires vers la France ?

Si les gens vont en France, c’est pour y chercher une vie meilleure. Il faut savoir que le salaire moyen mensuel en Roumanie est de 300 €. Il me semble important que les enfants soient scolarisés et que les conditions de logement soient améliorées. Propres, ils ne seront pas rejetés par les autres. Derrière viendra le travail. C’est le plus difficile, même s’il y a des emplois en Roumanie pour les Roms dans l’agriculture et le bâtiment.
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MessageSujet: Les expulsions en SERBIE se poursuivent...à Bruxelles et à L'ONU on somnole...   Lun 24 Sep - 15:16

DES FAMILLES ROMS VICTIMES D'UNE NOUVELLE EXPULSION À BELGRADE

Expulsion forcée à Belvil, en Serbie. | © AI
Plus de 80 Roms – dont 40 enfants – ont été expulsés du site d’une usine désaffectée à Belgrade. Amnesty International appelle une nouvelle fois le maire de Belgrade, Dragan Dilas, à mettre fin aux expulsions forcées dans sa ville.
15 des 23 familles expulsées du site de la rue Zemunska, dans le quartier du Nouveau Belgrade, avaient déjà été expulsées de force par les autorités municipales du quartier informel de Belvil, au mois d’avril. Comme elles n’étaient pas pas inscrites sur les listes d'habitants de la ville de Belgrade, ces familles avaient dû retourner dans le sud de la Serbie à la suite de leur expulsion. N’ayant pas réussi à trouver du travail dans leurs villes d’origine, elles étaient revenues dans la capitale.

Selon Amnesty International, la politique de la ville qui consiste à renvoyer de force des Roms dans leurs municipalités d’origine bafoue leur droit de circuler librement et de choisir leur résidence –des droits pourtant inscrits dans les conventions internationales auxquelles la Serbie est partie. En outre, renvoyer ces personnes dans le sud du pays n’est pas une solution durable, ni pour la ville, ni pour les victimes de ces expulsions.

Des organisations non gouvernementales (ONG) serbes avaient précédemment réussi à repousser l’expulsion, qui a été menée pour le compte d’une société privée. Cependant, les familles concernées n’ont pas été informées de la date de l’expulsion, fixée au 20 septembre. Elles n’ont pas non plus été consultées sur ce projet, et aucune solution de relogement ne leur a été proposée. Ces ONG sont convaincues que ces familles vont désormais se retrouver à la rue.

Par ailleurs, les journalistes, les observateurs de l’ONU et les observateurs indépendants n’ont pas été autorisés à assister à l’expulsion.

Amnesty International a déjà prié le nouveau président et le Premier ministre de Serbie d’adopter un cadre juridique qui interdise les expulsions forcées et expose les règles et les garanties permettant d’assurer que toutes les expulsions soient menées dans le respect des normes internationales.
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MessageSujet: Discrimination Suisse   Mer 26 Sep - 13:46

Alors qu' à Berne et à Gstadt on "oublie" de faire payer les "riches" et on se serre la ceinture pour eux

à Genève on interdit aux Roms de mendier ! et on les taxe !!!! rendeer

Cherchez l'erreur ?

Salauds de pauvres

pig What a Face pig What a Face



Le Tribunal fédéral (TF) a confirmé plusieurs amendes infligées à des Roms pour contravention à l'interdiction de la mendicité à Genève. Défendus par l'avocate Dina Bazarbachi, présidente de l'association Mesemrom, ils se plaignaient de discrimination.

Condamnés à payer des amendes de plusieurs centaines de francs, les Roms soutiennent qu'ils sont seuls à être visés par l'interdiction genevoise de la mendicité. Celle-ci serait exclusivement appliquée à l'encontre de leur communauté.

Selon eux, des dizaines de milliers de rapports de contravention pour mendicité ont été dressés à leur encontre, alors que les mendiants d'autres origines seraient épargnés de toute sanction.

Pas de discrimination

Dans son arrêt, le TF écarte le grief de discrimination après avoir relevé que la norme genevoise ne comporte aucune référence expresse à un caractère discriminatoire.

Le seul fait que les recourants affirment que d'autres mendiants bénéficient d'une impunité ne rend pas non plus vraisemblable l'existence d'une telle immunité et encore moins qu'elle procéderait d'une discrimination à leur endroit.

Par ailleurs, la grande pauvreté dans laquelle vivent les recourants, qui affirment être contraints de demander l'aumône pour survivre, n'est pas «un motif justifiant une contravention à l'interdiction genevoise de la mendicité», indique le TF, qui ne voit aucune raison de prononcer une exemption de peine.

Dans un arrêt diffusé en 2008, le TF avait donné son aval à la réglementation genevoise qui prohibe la mendicité. Il avait indiqué qu'il y a un intérêt public certain à adopter une telle loi «en raison des risques de débordements et de l'attitude parfois insistante des mendiants». (arrêt 6B_214/2012 du 17 août 2012)

Que c'est beau l'égoïsme Suisse !...SEPULCRAL clown What a Face Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil lol!
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MessageSujet: Après le mur, l’éloignement des Roms   Jeu 27 Sep - 11:11

Après le mur, l’éloignement des Roms
Mots clés : roms, racisme, roumanie,
Le maire de Baia Mare, en Roumanie, avait déjà fait bâtir un mur le long du quartier où vivent les Roms. Il veut maintenant leur expulsion de la ville pour les reloger à la campagne.

Baia Mare (Roumanie), envoyé spécial. Une armée de pelleteuses qui débarquent pour réduire en miettes des dizaines de maisons de fortune. Un bataillon de policiers qui brandissent froidement une décision de justice. Et, face à eux, des habitants qui crient leur indignation. La scène se répète inlassablement dans les bidonvilles roms de Baia Mare, une ville de 140 000 habitants du nord de la Roumanie. [ le pays où le Välsung pu le maire de Lyon veulent expulser les roms !!!!] Le dernier démantèlement remonte au 11 septembre, quand, sous l’œil de vidéastes amateurs, quelque deux cents Roms du quartier de Pirila ont été évacués sous la contrainte. Depuis le printemps, la municipalité mène une politique systématique de démolition qui s’inscrit dans un projet plus vaste : reloger, d’ici trois ans, les quelque 4 000 Roms de Baia Mare à une dizaine de kilomètres du centre-ville. « Ces gens-là sont faits pour vivre dans les champs avec des chevaux », affraid affraid justifie, plein de cynisme, le maire, Catalin Chereches. « Au moins, à la campagne, ils trouveront des moyens de subsistance décents, ils pourront préserver leurs traditions et cesser de vivre uniquement d’aides sociales », ajoute-t-il. De nombreuses associations s’élèvent contre le projet de ce jeune édile, qui avait déjà suscité la polémique l’an dernier en érigeant un mur le long d’un quartier peuplé majoritairement de Roms. « Vider une ville de ses Roms, c’est de l’épuration ethnique ! » dénonce Oana Mihalache, de l’association Romani Criss. Elle a envoyé, avant l’été, une lettre ouverte aux autorités de Bucarest qui est restée sans réponse. Dans certains cas, la municipalité de Baia Mare propose des solutions de relogement aux familles évacuées. Mais elles sont provisoires et bien souvent inadaptées. Par exemple, en juin, un millier de Roms chassés du bidonville de Craica ont été relogés dans les bureaux de Cuprom, une ancienne usine de traitement de métaux. Peu après leur installation, une vingtaine de personnes ont été hospitalisées après avoir inhalé des produits toxiques qui étaient encore entreposés sur place, selon les associations. affraid affraid « Je n’avais pas le choix, c’était ici ou la rue », témoigne une mère de famille. « On vit à huit dans 20 mètres carrés, les toilettes sont sur le palier, on n’a pas de cuisine », ajoute-t-elle. Le cas de Baia Mare n’est pas isolé en Roumanie, le pays qui compte la plus importante communauté rom de l’Union européenne, soit environ 2 millions de personnes. À Miercurea Ciuc, dans le centre, une centaine de familles avaient été expulsées d’un immeuble du centre-ville en 2004 pour être relogées à côté d’une décharge à ordures, où elles vivent toujours aujourd’hui.

Alors MM Valls et Collomb il faudra trouver d'autres "solutions innovantes que de renvoyer là bas ceux qui sont ici...à moins que cela soit délibéré???...m'étonnerai pas ! Shocked Rolling Eyes clown clown What a Face pig

en France le nettoyage ethnique n'est pas toléré non plus...à moins que vous ne désiriez finir vos jours devant le TPI lol!
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MessageSujet: Discriminations suédoises   Mer 3 Oct - 13:59

AUTO-ADDICT Actualités
Un tiers des Roms de Suède victimes de discriminations par les loueurs de voitures
- Publié le 03/10/2012 à 15:42






Une étude réalisée par la radio publique suédoise a révélé mercredi que les Roms étaient largement victimes de discriminations en Suède de la part des entreprises de location de voitures.

Selon un test effectué dans 65 stations-services, une personne sur trois portant des vêtements traditionnels roms s'est vu refuser la location d'une voiture.

Dans 22 des stations-services concernées, le personnel a refusé de louer un véhicule à un Rom, mais a accepté d'en louer un une trentaine de minutes plus tard lorsqu'un journaliste de la radio habillé à l'occidentale s'est présenté.

L'enquête a été principalement menée dans deux des plus grandes enseignes, Statoil et OKQ8.

"Je suis consterné et bouleversé. Nous avons des politiques claires contre la discrimination dans toutes nos stations-services", a déclaré le directeur des ventes de Statoil en Suède, Ola Enquist. Ce groupe norvégien exploite plus de 300 stations-services dans ce pays.

"Nous proposons régulièrement des séances de formation pour l'ensemble de notre personnel de vente, et ce sujet sera discuté au cours de nos prochaines séances", a-t-il ajouté.

L'ensemble des points de vente d'OKQ8, numéro un des stations-services en Suède, a été contacté par le siège. Il s'agissait de s'assurer que tous les salariés étaient au courant de la politique suivie contre les discriminations, a indiqué un porte-parole du groupe à l'AFP.

"La discrimination contre les Roms existe dans tous les secteurs de la société", a constaté un représentant de l'ombudsman (médiateur) contre les discriminations, Lars Lindgren.

Un rapport publié en 2011 par le bureau de l'ombudsman montre que la connaissance de la législation contre les discriminations est faible au sein de la communauté rom de Suède, qui compte quelque 50.000 personnes.

La plupart des plaintes déposées concernent le traitement des femmes en vêtements traditionnels dans les magasins et les transports, mais le problème s'étend à d'autres secteurs de la société, y compris les services éducatifs et sociaux, a souligné M. Lindgren.
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MessageSujet: Les Roms d'Europe dénoncent la discrimination   Lun 8 Oct - 9:34

Les Roms d'Europe dénoncent la discrimination
Par Rédaction
The Associated Press
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PARIS – La deuxième édition de la “Roma Pride”, organisée par le Mouvement antiraciste européen (EGAM), s’est tenue dimanche après-midi dans une quinzaine de pays européens. Cette marche avait pour objectif de lutter contre les discriminations dont sont victimes les Roms, tsiganes, gitans et gens du voyage.

A Paris, des dizaines de personnes participaient à cette “Roma Pride”, place du Panthéon, un événement dont la mise en scène artistique était assurée par le réalisateur Tony Gatlif. Selon son organisateur Benjamin Abtan, une marche s’est également tenue dans le centre de Prague, ainsi que des conférences dans plusieurs villes d’Europe, de la Bulgarie jusqu’au Danemark.

“Nous avons la tâche exigeante de lutter dans toute l’Europe contre le racisme et la discrimination” et de “célébrer la diversité de la culture tsigane, qui fait partie intégrante de la culture européenne”, a-t-il dit.

Ces marches surviennent dans un climat de tensions en France, alors que des habitants d’un quartier de Marseille ont récemment brûlé un camp de Roms pour en chasser ses occupants. Le Conseil constitutionnel a par ailleurs maintenu vendredi l’existence du livret de circulation, obligatoire pour les personnes qui “logent de façon permanente dans un véhicule, une remorque ou tout autre abri mobile”.

Selon un sondage Ifop paru dans “Dimanche Ouest France”, les Français se déclarent à 83 pour cent favorables aux démantèlements des camps de Roms illégaux. Seuls 17 pour cent des personnes interrogées s’y disent opposées. Si les démantèlements sont largement approuvés par les sondés, leur efficacité est remise en cause. Seules 22 pour cent des personnes interrogées considèrent que ces mesures sont efficaces, contre 78 pour cent d’un avis contraire.
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MessageSujet: Les roms de Hongrie réagissent   Jeu 18 Oct - 4:47

ACCUEIL > MONDE > HONGRIE: MOBILISATION ROM CONTRE UNE MANIFESTATION D'EXTRÊME DROITE
Hongrie: mobilisation rom contre une manifestation d'extrême droite
Créé le 17-10-2012 à 21h16 - Mis à jour à 21h16
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MISKOLC (Hongrie) - Plusieurs centaines de Roms ont défilé mercredi à Miskolc, dans l'est de la Hongrie, une mobilisation rare pour cette minorité qui protestait contre une manifestation du parti d'extrême droite Jobbik dans la même ville.

Environ 600 Roms ont défilé du quartier, où le Jobbik avait prévu de manifester plus tard dans la journée, jusqu'au centre-ville en scandant "A bas le Jobbik!" ou "Nous sommes ici chez nous!".

Certains portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Nous voulons la paix, la loi et une Hongrie sans nazis".

"Il est triste que le gouvernement ait autorisé cet événement raciste", a estimé un participant, en référence à la manifestation du Jobbik au centre d'un quartier de lotissements, qui compte quelque 29.000 habitants. Le parti d'extrême droite a dit vouloir dénoncer à cette occasion une forte augmentation des "crimes roms" dans ce quartier.

La marche est une rare démonstration d'unité de la communauté des Roms, ont estimé ses organisateurs. Pour Aladar Horvath, chef du Mouvement des droits des citoyens pour la République, il s'agit de la plus grande mobilisation rom depuis de nombreuses années.

“C'est merveilleux de voir les Roms enfin se réunir et solidairement défendre ensemble notre dignité et notre honneur face au racisme", a-t-il dit.

Le cortège était entouré d'un étroit dispositif de police. Pour éviter les troubles, les autorités ont autorisé le défilé des Roms, à condition qu'il se termine avant celui du Jobbik.

La police craignait aussi la participation à la manifestation du Jobbik de membres de groupuscules d'extrême droite issus de la "Garde hongroise", une ancienne organisation paramilitaire désormais interdite.

Près de 2.000 personnes ont participé à la manifestation du Jobbik, caractérisée par une rhétorique antitzigane violente, dont une centaine vêtus de l'uniforme de la formation paramilitaire dissoute.

"Nous devons agir dès maintenant pour sauver notre avenir, pour libérer la Hongrie de la criminalité tzigane", a affirmé le député du Jobbik Zsolt Egyed pendant le rassemblement d'extrême droite.

"Chaque jour, un retraité est tué pour quelques milliers de forints (quelques euros). Nous devons reprendre les rues de Miskolc, pour la sécurité de nos enfants", a-t-il ajouté.

Le président du parti, Gabor Vona, a de son côté déclaré que le Jobbik n'était "pas raciste", car il voulait une "égalité devant la justice".

"Les autres partis nous diabolisent, c'est eux les vrais racistes", a-t-il lancé.

Après les discours, les sympathisants du parti ont défilé entre les maisons du quartier avec des torches en chantant des chansons nationalistes et en répétant des slogans comme "oui, la criminalité tzigane existe".

Les deux manifestations ont pris fin sans incidents.

En Hongrie, la minorité rom, souvent appauvrie et marginalisée, représente près d'un dixième des 10 millions d'habitants du pays.
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MessageSujet: Les roms de Roumanie rêvent de l'étranger   Jeu 18 Oct - 9:02

Les Roms de Roumanie rêvent de partir à l'étranger
jeudi 18 octobre 2012

« On veut nous expulser », confie Profira en brandissant une lettre de l'administration pour retard de loyer. Elle occupe avec sa famille un deux pièces dans une maison en ruine.
Marc Mahuzier


Ils s'en vont à cause d'une vie sans espoir. La France est une des destinations les plus fréquentes. Quand ils rentrent au pays, ils n'ont qu'une idée : le quitter.

De notre envoyé spécial en Roumanie.

Rue des Eaux, au milieu d'un quartier de friches industrielles, dans la banlieue de Craiova, à 180 km de Bucarest. Les Roms se sont installés dans d'anciens baraquements militaires. Misère à l'africaine. On s'entasse à huit ou dix dans des minuscules deux-pièces sans eau et la plupart du temps sans électricité.

Dan Grigore, 44 ans, chef de la communauté, nous emmène constater l'indigence dans laquelle vivent la centaine de familles. Nous voici chez Maria, qui élève ses quatre petits-enfants. Sol en ciment, meubles récupérés à la décharge. Pour dormir, un canapé déglingué sur lequel tout le monde s'entasse le soir. Sa fille vit en France. Elle mendie. « Depuis un an, on l'a expulsée deux fois de son campement », dit la grand-mère, qui avoue sa honte d'accueillir un étranger dans une telle pauvreté.

La parole est facile, on sent un énorme besoin de parler chez ces gens dont le reste de la population se soucie si peu. Tous décrivent le même ostracisme à leur encontre. « À l'école, souvent, on met les Roms dans des classes à part. Certaines écoles ne veulent pas de nous », accuse Dan. Idem à l'hôpital : « On nous fait attendre jusqu'à ce qu'on s'en aille. »

Ioana, 27 ans, travaillait comme balayeuse à la voirie. Il y a deux ans, elle a perdu son poste quand la mairie a réduit les effectifs. « C'est toujours les Roms que l'on renvoie en premier ! ». Autour d'elle, tout le monde approuve. « On dit que les Roms ne veulent pas travailler. C'est faux ! Il n'y a pas de travail pour eux », s'enflamme Mircea Cojcvaru, travailleur social et lui-même issu de la communauté.

L'avenir ? Un immense point d'interrogation

Pour survivre, ils ne peuvent compter que sur l'allocation de 9 € par mois et par enfant accordée par l'État. La plupart font les poubelles, sillonnent les rues pour récupérer des déchets. En ville, on croise Cornel, 51 ans, qui tire une poussette chargée d'énormes sacs de bouteilles plastique vides et de canettes en métal. Ses journées commencent le matin à 6 h. Ce travail harassant s'achève le soir par une heure de marche pour aller chez le récupérateur à l'autre bout de la ville. « Je travaillais dans le bâtiment, mais j'ai perdu ma place l'an dernier », raconte ce petit homme au sourire doux. Six mois de minces allocations chômage, puis plus rien. Aujourd'hui, avec ses bouteilles et ses canettes, il gagne 3-4 € par jour.

Pour tous, un rêve : partir. La France est un eldorado. Ceux qui en reviennent parlent de l'argent qu'on y gagne facilement en faisant la manche. De la gentillesse des habitants, de leur tolérance, disent-ils. Depuis que son mari est parti tenter sa chance en Italie, Profira, 42 ans, élève seule ses six enfants et ses six petits enfants. La famille occupe deux pièces au rez-de-chaussée d'une maison en ruine que leur loue la mairie dans le quartier de Madona Dudu. Elle doit payer un loyer d'une vingtaine d'euros, mais elle a six mois de retard.

« On veut nous expulser », siffle-t-elle en brandissant une lettre de l'administration. Partir à l'étranger ? « Bien sûr, c'est ce qu'on voudrait, mais on ne peut pas. Il faut payer le passeport, le car. Trop cher pour nous ! » Profira et ses filles, petite bande dépenaillée qui va pieds nus, font la manche aux carrefours. Les bons jours, elles réussissent, à gagner une quinzaine d'euros. Et quand on les questionne sur leur avenir, c'est un immense point d'interrogation.
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MessageSujet: La Belgique toujours...   Jeu 18 Oct - 17:54

Charleroi: des roms délogés d'un parking en raison d'un colloque Shocked Laughing
18 Octobre 2012 16h17
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Ce jeudi en début d'après-midi, la police de Charleroi a délogé une quarantaine de caravanes de gens du voyage, installées sur le parking inférieur du Palais des expositions de Charleroi. En effet, il s'agissait d'un parking privé qui devait être vide pour l'arrivée de participants à un colloque qui a lieu jeudi soir à Charleroi Expo. Selon Philippe Somme, de la police de Charleroi, tout s'est déroulé dans le calme. Les personnes priées de reprendre la route ont été très coopératives et le parking était en train de se vider vers 16h00.

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