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 Le calvaire des roms

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MessageSujet: Expulsion des Roms de la Gare du Nord de Bruxelles   Sam 23 Juin - 10:10

Expulsion des Roms de la Gare du Nord de Bruxelles en suspens
(Belga) La police fédérale, accompagnée d'un huissier de justice, a notifié jeudi, vers midi, aux Roms du bâtiment du Centre de Communication (CCN) à proximité de la gare du Nord qu'ils avaient 24 heures pour quitter les lieux. Aucune expulsion n'a finalement eu lieu vendredi, indique Agnès Reis, porte-parole de la police fédérale. Elle pourrait être reportée à lundi matin.

Bernard De Vos, le délégué général aux droits de l'enfant, parle de "catastrophe humanitaire imminente" du fait qu'aucune solution n'a pu être trouvée pour un seul d'entre eux. Certains Roms sont en deçà des trois mois légaux sur le sol belge et la plupart n'ont pas introduit de procédures particulières. Les familles et les nombreux enfants devraient donc se retrouver purement et simplement à la rue après l'expulsion. Agnès Reis indiquait, jeudi, que 23 familles Roms (un isolé pouvant représenter une famille) étaient concernées. (COR 940)
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MessageSujet: une "catastrophe humanitaire" se joue à la Gare du Nord   Sam 23 Juin - 10:12

Bruxelles: une "catastrophe humanitaire" se joue à la Gare du Nord
Le délégué général aux droits de l'enfant parle de catastrophe humanitaire imminente. Cela fait 40 jours que 23 familles vivent dans des conditions sanitaires déplorables à la gare du Nord. Ces Roms venus de Slovaquie y ont trouvé un abri et seront expulsés de la gare lundi.

23 Juin 2012 07h51
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Cela fait quatre mois qu’ils sont là. Quatre mois qu’ils vivent dans le Hall d’une gare: des familles de Roms, dont de nombreux enfants. Il y a même deux bébés âgés d’un mois. Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant, était au micro de Mathieu Col pour RTL TVI: "Ces enfants n’ont connu depuis le début de leur vie qu’un matelas pouilleux, avec la gale, des poux, des rats. Une situation d’hygiène difficile."

Où aller ?
Depuis quatre mois tout a été tenté, mais lundi aux premières heures, ils seront expulsés de la gare et se retrouveront dans la rue. Il n’est pas question de laisser la situation sanitaire encore se dégrader. Le secrétaire d’Etat, Bruno de Lille, a donc pris la décision de les évacuer. Bernard De Vos, réplique: "Ces familles n’ont nulle part où aller. J’entends déjà le discours qu’elles n’ont qu’à rentrer chez elles."

"Ils sont Européens"
Que faire ? Le problème des familles, leur provenance. Elles viennent de Slovaquie. Un pays membre de l’Union européenne. Ils ne peuvent donc juridiquement pas être considérés comme des demandeurs d’asile ou des illégaux. La ministre responsable estime donc ne rien pouvoir faire. Maggie De Block, secrétaire d'Etat à l'asile et la migration: "Ils sont Européens et donc pas demandeurs d’asile. On peut leur proposer un retour volontaire s’ils sont d'accord." Bruno De Vos, lui, souligne une contradiction juridique: "Nous avons des lois qui ne permettent pas à des migrants européens d’avoir les mêmes garanties d’accueil que des migrants qui viendraient d’Afrique par exemple." La solution passerait par une prise en charge temporaire dans des structures d’accueil. Dans leurs pays d’origine, européens ou pas, ces Roms sont depuis toujours une minorité, souvent victime de discrimination.
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MessageSujet: Italie   Sam 30 Juin - 11:34

Les autorités italiennes doivent immédiatement mettre un terme au projet d'expulsion concernant des familles roms qui vivent sur un site autorisé à la périphérie de Rome, et devraient plutôt améliorer les conditions de logement dans ce quartier, a déclaré Amnesty International jeudi 28 juin.

Les autorités italiennes doivent immédiatement mettre un terme au projet d'expulsion concernant des familles roms qui vivent sur un site autorisé à la périphérie de Rome, et devraient plutôt améliorer les conditions de logement dans ce quartier, a déclaré Amnesty International jeudi 28 juin.

La municipalité de Rome envisage de fermer le site de Tor de' Cenci et de réinstaller les habitants sur un nouveau site avant le 10 juillet. Néanmoins, elle n'a pas expliqué clairement les raisons de ce projet, ni respecté les garanties en la matière au moment de prendre sa décision et de choisir un autre site.

« La détérioration des conditions de vie à Tor de' Cenci et l'annonce répétée de la fermeture inévitable de cet endroit n'a pas permis une véritable consultation. Les autorités n'offrent qu'une seule option : le transfert vers un autre site », a déclaré Jezerca Tigani, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

« Les autorités doivent s'abstenir de chasser des habitants qui ne souhaitent pas s'installer ailleurs, et prendre des mesures en consultation avec la population concernée pour améliorer significativement les conditions de logement et aménager le site de façon adéquate. »

« Ce n'est pas possible de nous installer à un endroit, puis à un autre trois ans plus tard, et encore à un autre 10 ans après. Ils jouent avec nous comme si nous étions un ballon de foot », raconte un porte-parole des habitants du site à Amnesty International.

Plus de 350 Roms, principalement des ressortissants de Bosnie-Herzégovine et de Macédoine, vivent à Tor de' Cenci depuis des années, voire depuis 16 ans pour certains d'entre eux.

Ce site a été ouvert par la municipalité en 1995, dans une zone où les résidents ont accès aux services essentiels, y compris la nourriture et l'école pour les enfants.

Cependant, au cours des deux dernières années, les autorités ont commencé à qualifier ce lieu de « site toléré », menaçant de le fermer. Elles ont peu à peu cessé de l'entretenir et les conditions de vie s'y sont progressivement détériorées.

La municipalité prévoit de déplacer les résidents de Tor de' Cenci vers le nouveau site de La Barbuta, où tous les habitants auraient la même origine ethnique.

La fermeture annoncée de Tor de' Cenci et la construction de La Barbuta font partie du « Projet nomades » de Rome, mis en place en vertu d'un état d'urgence déclaré par le gouvernement italien en 2008.

Au vu des pouvoirs qui leur ont été accordés dans ce contexte, les autorités ont pu ignorer des lois de protection essentielles, notamment dans les domaines de l'environnement et de l'urbanisme.

L'« Urgence nomades » leur a permis d'adopter des mesures discriminatoires à l'encontre des Roms en toute impunité. En novembre 2011, le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative en Italie, a finalement conclu que ce dispositif était illégal.

Certaines familles ont accepté d'aller à La Barbuta, mais beaucoup sont contre cette idée. Amnesty International s'oppose à tout déplacement forcé de familles vivant à Tor de' Cenci et n'ayant pas expressément accepté d'être relogées ailleurs.

La plupart des résidents affirment souhaiter vivre dans des logements sociaux ou rester à Tor de' Cenci si ce site est rénové. Invoquant un manque de ressources financières, les autorités n'ont examiné aucune de ces options. Pourtant, près de 10 millions d'euros auraient servi à la construction de La Barbuta.

Ce site se trouve dans une zone isolée près de l'aéroport Ciampino, entourée de clôtures et de caméras. La municipalité prévoit d'utiliser ce site uniquement pour loger des familles roms, procédant ainsi à une séparation ethnique, ce qui est interdit par le droit international et contraire aux engagements récemment pris par l'Italie devant la Commission européenne.

« Les autorités doivent améliorer les conditions de logement à Tor de' Cenci. Elles doivent s'assurer que le site de La Barbuta soit conforme aux normes nationales et internationales, et ne soit pas destiné à abriter des personnes de même origine ethnique », a déclaré Jezerca Tigani.

« Elles doivent également garantir que les habitants d'un site susceptibles d'être déplacés soient véritablement consultés à ce sujet. Les solutions de logement proposées ne devraient pas se limiter à des sites temporaires. »

« Amnesty International demande aux autorités italiennes d'abandonner le dispositif "Urgences nomades", de verser des réparations pour les atteintes aux droits humains que ce dispositif a engendrées, et de prendre des mesures pour garantir un logement adéquat à tous les Roms. »
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MessageSujet: Norvège   Ven 20 Juil - 8:24

Leur principal campement s’est déplacé sur les hauteurs boisées d’Oslo, loin des regards, mais on continue à les croiser sur Karl Johan, l’avenue la plus populaire de la capitale norvégienne, et aux alentours, le plus souvent la main tendue pour glaner quelques pièces. Les Roms sont en ville, plus nombreux que les étés précédents. Ce sont des Roumains essentiellement, arrivés avec les beaux jours pour, assurent-ils, chercher du travail pendant trois mois avant de rentrer au pays. La Norvège attire, avec son taux de chômage très réduit (2,4 % en juin) et son niveau de vie confortable procuré par la manne pétrolière et gazière.

Combien sont-ils exactement ? Environ 2 000 selon les autorités, un chiffre jugé exagéré par des ONG qui les aident. Ils sont au cœur des discussions, au moment où le royaume s’apprête à commémorer les attentats meurtriers du 22 juillet 2011, commis par un extrémiste de droite en lutte contre le « multiculturalisme ». Les réseaux sociaux en ligne fourmillent de commentaires le plus souvent méprisants, voire haineux. Des intervenants anonymes exigent leur expulsion immédiate, lorsqu’ils ne leur promettent pas un sort plus expéditif…

Dans la nuit du 14 au 15 juillet, des fusées pour feux d’artifice ont été tirées contre le principal campement improvisé, installé depuis peu dans une gravière, dans la grande banlieue d’Oslo. Personne n’a été blessé mais l’incident, suivi de l’arrestation de quatre Norvégiens, fait craindre un dérapage. Des occupants du campement, eux, ont jeté des pierres sur des curieux ou des journalistes.

«QU’ON LES METTE DANS UN BUS ET QU’ON LES RENVOIE TOUS CHEZ EUX»
Où qu’ils s’installent, ces Roms suscitent le rejet, alimenté par des statistiques policières sur le nombre de délits commis par des Roumains en Norvège. Avant d’arriver dans la gravière, à l’invitation d’une des propriétaires des lieux, ils ont dû évacuer les alentours d’une église luthérienne du centre d’Oslo, à la demande du conseil de quartier.

« Qu’on les mette dans un bus et qu’on les renvoie tous chez eux », a lancé la présidente du Parti du progrès, formation populiste de droite arrivée deuxième aux législatives de 2009 (23 % des voix). Car, pour Siv Jensen, « ce sont ceux qui ne peuvent pas subvenir à leurs besoins qui commettent des actes criminels ».

« Il existe une haine très forte contre les Roms. On peut faire un parallèle avec la manière dont on parlait des Juifs et des Roms dans les années 1930 », s’effraie Maria Rosvoll, du Centre d’études sur l’Holocauste et les minorités religieuses, à Oslo. « Qu’avons-nous donc appris du 22 juillet ? », s’interroge pour sa part Ole Kristian Ström, journaliste du quotidien Verdens Gang, l’un des plus lus du pays. « Ni l’État ni les communes ne peuvent s’occuper des problèmes du monde entier mais les discours haineux ne sont pas dignes du peuple norvégien. »

VERS UNE INTERDICTION DE LA MENDICITÉ DANS LE PAYS
Le premier ministre travailliste Jens Stoltenberg s’est bien gardé jusqu’à maintenant de dresser un parallèle avec le dossier Anders Behring Breivik, l’extrémiste norvégien ayant tué 77 personnes il y a un an. Mais, ce 17 juillet, il a utilisé des mots similaires à ceux qu’il avait prononcés juste après les attentats. « Tolérance, diversité, démocratie et ouverture sont des valeurs qui sont ancrées dans la société norvégienne. C’est précisément pour cela qu’il est si décourageant d’entendre les récents propos tenus à l’égard des Roms. » Selon lui, nul ne saurait s’en prendre à quiconque parce qu’il « appartient à un groupe de population spécifique ».

La mise en garde est destinée avant tout au Parti du progrès qui, dans les sondages, a retrouvé son niveau d’avant les attentats du 22 juillet. Envolée la méfiance suscitée par une formation à la rhétorique musclée à l’encontre des immigrés, à laquelle Breivik avait adhéré un temps, avant de la considérer trop laxiste. Avec l’aide des conservateurs, ce parti a relancé sa proposition d’interdire la mendicité dans le pays, recalée en juin par une majorité de députés mais souhaitée dans les sondages.

Mercredi 18 juillet dans la soirée, l’évêque luthérien d’Oslo est allé à l’écoute des Roms installés dans la gravière. Mgr Ole Christian Kvarme a appelé les autorités du pays à « entamer un vrai dialogue » avec ces visiteurs, enchantés de l’entendre. Alors qu’à l’intérieur on dansait au son d’un accordéon, des habitants des immeubles voisins se sont rassemblés à l’extérieur du campement. Et l’un d’eux, Ellen Bjerke, de dire : « L’évêque et la presse s’amusent, mais c’est nous qui devons vivre avec ces problèmes. »
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MessageSujet: Le calvaire se poursuit !   Jeu 26 Juil - 16:04

Montenegro: un incendie détruit un camp de Roms à Podgorica, 800 Roms sans-abri

25 juillet 2012 à 14:10


Un camp de Roms photographié le 1er octobre 2010 à Mitrovica (AFP)
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Environ 800 réfugiés roms du Kosovo sont sans-abri après qu'un incendie, qui s'est déclaré dans la nuit de mardi à mercredi, eut détruit le camp dans lequel ils habitaient, à la périphérie de Podgorica, a-t-on appris de source officielle.

L'incendie dont la cause est inconnue, n'a pas fait de victimes parmi les 800 Roms de ce camp, dont 50 enfants.

Mercredi, il ne restait plus de ce camp que des débris calcinés des baraques de fortune, en bois, dévorées par les flammes. Juste quelques meubles ont pu être sauvés, selon une correspondante de l'AFP.

Plusieurs dizaines de tentes ont été installées pour abriter les sinistrés, dans l'attente de trouver une solution durable.

Parmi les plus chanceux, cinq familles, ont été installés provisoirement dans l'école voisine. Peu nombreux ont été ceux qui ont pu trouver abri chez des amis.

Ljatif Ajdezi, arrivé au Monténégro en provenance du Kosovo en 1999 avec les neuf membres de sa famille, se lamente.

"L'incendie s'est déclaré alors que nous étions endormis. C'est un miracle qu'il n'y ait pas de victime, je me suis enfuis en short. Tous mes avoirs ont brûlé en moins d'une heure", raconte-t-il à l'AFP.

"Cette solution provisoire dure depuis treize ans et maintenant les autorités nous offrent des tentes. C'est de la torture", s'emporte Bujar Dzimaili.

Dans un rapport diffusé récemment, le Conseil de l'Europe avait qualifié les conditions de vie dans ce camp "d'inhumaines et dangereuses".

Une responsable locale du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Darka Minic, a précisé que l'incendie avait également détruit l'infirmerie mise en place pour ces réfugiés de même que tous leurs documents médicaux.

Les services médicaux pour ces réfugiés seront assurés par d'autres cliniques de la capitale, a précisé Mme Minic.

Le chef du bureau monténégrin des réfugiés, Zeljko Sofranac a estimé que cet incident allait accélérer la recherche d'une solution permanente au problème que pose le logement de ces familles et que l'Union européenne est prête à soutenir avec quelque 2,5 millions d'euros.

Cette communauté s'est réfugiée au Monténégro depuis le Kosovo voisin, durant la campagne de bombardements de l'Otan, au printemps 1999, qui a mis un terme à la répression menée par les forces serbes contre la guérilla indépendantiste kosovare albanaise.

Le Monténégro, ex-république yougoslave d'environ 650.000 habitants, abritait encore en 2012 plus de 12.000 réfugiés des conflits ayant ravagé l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.
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MessageSujet: Racisme et apartheid gagnent le Canada   Dim 19 Aoû - 3:27

Le gouvernement fédéral envisagerait la détention de réfugiés roms, à moins que les récents amendements au système d'immigration ne parviennent à limiter le nombre de demandeurs d'asile, suggèrent des documents obtenus par La Presse Canadienne.

Une approche plus musclée pourrait s'avérer nécessaire si le processus de blocage des demandes illégitimes ne parvient pas à faire diminuer le nombre d'appliquants roms européens, peut-on lire dans un rapport interne de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

« D'autres mesures dissuasives présentement à l'étude incluent la détention, lors des arrivées massives, d'individus qui cherchent à obtenir le statut de réfugié », dit aussi le rapport.

Celui-ci a été ébauché avant que le gouvernement conservateur n'introduise en juin dernier des lois plus sévères sur les fausses demandes d'asile.

La nouvelle législation sur les réfugiés donne au ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, le pouvoir de désigner les demandeurs d'asile qui « ne sont pas de véritables réfugiés » et de les détenir à leur arrivée au Canada. Les amendements doivent entrer en vigueur d'ici la fin de l'année.

Les demandeurs d'asile qui entrent dans cette catégorie seraient confiés à l'ASFC en attendant les résultats de l'enquête sur leur dossier.

Une telle approche « nécessiterait d'importantes ressources du côté de l'ASFC, et aurait des implications juridiques significatives », prévient le document obtenu en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Le bureau de Vic Toews n'a pas clairement indiqué si le ministre avait l'intention d'avoir recours à de telles mesures pour les réfugiés roms.

Dans un courriel, sa porte-parole Julie Carmichael a seulement précisé que toute décision serait prise de façon « conforme aux lois canadiennes ».

L'an dernier, ce sont les demandes d'asile en provenance de la Hongrie qui ont été les plus nombreuses à parvenir au Canada.

Quelque 4442 requêtes ont été enregistrées, une grande majorité provenait des Roms, un groupe ethnique apatride. La quasi-totalité des demandes ont été rejetée ou abandonnée.

L'imposition d'un visa obligatoire pour les ressortissants de ce pays d'Europe de l'Est serait la solution « la plus efficace » pour réduire le nombre de demandeurs d'asile à court terme, précise le document.

L'accélération du processus d'évaluation des demandes d'asile et l'imposition de restrictions pour les ressortissants de certains pays peu susceptibles d'abriter de véritables réfugiés seraient les meilleures façons de résoudre le problème à long terme, d'après le rapport.

Certains demandeurs de la Hongrie arrivent au Canada essentiellement pour « exploiter » l'assistance sociale et bénéficier des privilèges reliés au système de santé, fait valoir le document de l'ASFC.

Le nombre de demandes émanant de la Hongrie a bondi depuis juin 2009, lorsque le gouvernement canadien a imposé un visa aux ressortissants de la République tchèque, un autre point de départ des demandeurs d'asile roms.

Les responsables de l'immigration se pencheraient sur un « large éventail » de facteurs avant de demander un visa aux ressortissants de Hongrie, ajoutant que le ministère « analyse la situation ».

Si le gouvernement va de l'avant avec son projet, il pourrait contrevenir à certaines dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés prévenant les détentions arbitraires, a signalé Lorne Waldman, président de l'Association canadienne des avocats en droits des réfugiés.

Le fait de cibler des ressortissants d'un pays ou d'une région géographique pourrait également mener à la détention de demandeurs légitimes, qui se retrouveraient dans le même panier que les faux demandeurs, a-t-il plaidé.

« Les demandeurs d'asile légitimes se retrouveraient en détention pour de longues périodes pendant que leur dossier est à l'étude, et ils subiraient des traumatismes psychologiques qui résultent souvent de ces détentions », a ajouté M. Waldman.
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MessageSujet: Alors que le Valsung fait des charters vers la hongrie pour persécuter davantage les roms...il n'ignore certainement pas ce qui s'y passe...cela dévoile le personnage !   Mar 21 Aoû - 12:31

Hongrie
DES GROUPES D'EXTRÊME DROITE S'ATTAQUENT AUX ROMS
Slogans anti-roms et projectiles lancés sur des maisons de Roms. L’organisation d’une manifestation par un groupe d’extrême droite s’est soldée par des violences racistes.
Les violences ont éclaté le 5 août 2012, lorsque plus d’un millier de personnes se sont rassemblées sur la place principale de Devecser, un village à l’ouest du pays. Elles ont manifesté à l’initiative du parti d’extrême droite Jobbik auquel s’étaient joints divers groupes d’autodéfense d’extrême droite.

Selon des témoins, plusieurs personnes ont scandé des slogans anti-roms et lancé des morceaux de béton et d’autres projectiles sur des maisons habitées par des Roms. La police n’est pas intervenue pour faire cesser ces violences et on ignore si elle a procédé à des arrestations.

Les autorités hongroises doivent mieux protéger les Roms installés dans le pays, a indiqué Amnesty International dans une lettre adressée au gouvernement mercredi 15 août 2012. «Les autorités hongroises sont tenues de protéger l’ensemble des citoyens et doivent donc diligenter une enquête approfondie, indépendante et rapide sur les allégations selon lesquelles la police n’aurait rien fait pour empêcher les violences commises à Devecser», a expliqué Jezerca Tigani, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

Les politiciens ont tenu des propos racistes
Selon les médias, Jobbik a appelé à défiler à la suite d’une «bagarre» qui avait opposé fin juillet des membres de deux familles, dont l’une appartient à la communauté rom et l’autre non.

Gábor Ferenczi, député de Jobbik ; László Toroczkai, du groupe d’autodéfense Soixante-quatre comtés ; et Attila László, de l’Association des gardes civils pour un avenir meilleur, ont pris la parole lors du rassemblement.

Des témoins ont déclaré que ces allocutions étaient toutes empreintes d’un sentiment anti-rom et que certaines appelaient même les Hongrois à combattre les «gitans parasites » et, indirectement, à les éliminer. Zsolt Tyirityán, du groupe Betyársereg («Armée hors-la-loi»), aurait tenu des propos ouvertement racistes.

«Les commentaires désobligeants ou racistes, en particulier ceux émanant de représentants de l’État ou de personnalités politiques, s’apparentent à une incitation à la haine raciale», a précisé Jezerca Tigani.

Des vidéos diffusées sur YouTube semblent confirmer que des blocs de béton et d’autres projectiles ont été lancés sur des maisons habitées par des Roms.

Lettre ouverte au gouvernement
Une militante a indiqué à Amnesty International qu’elle se trouvait dans la cour d’un de ces logements lorsque la foule a commencé à scander des slogans anti-roms et s’est mise à lancer des bouteilles, des pierres et des morceaux de béton. Blessée au bras par un de ces projectiles, elle a porté plainte auprès de la police.

Dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur et au responsable de la police nationale au sujet des violences de Devecser, trois ONG hongroises ont estimé que, «en ne dispersant pas les manifestants, la police n’avait pas fait respecter les droits des habitants du village à la liberté, à l’égalité et à la sécurité.»

L’Union hongroise des libertés civiles (TASZ), le Comité Helsinki de Hongrie et l’Institut Eötvös Károly (EKINT) ont ajouté que les discours de dirigeants d’extrême droite contenaient des appels à commettre des crimes et à restreindre les libertés d’autrui. Ils ont demandé l’ouverture d’une enquête pour négligence policière et souhaité que les conclusions de cette enquête soient rendues publiques.
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MessageSujet: Les luxembourgeois xénophobes...ou trouillards ?   Mer 22 Aoû - 11:41

Les Roms toujours indésirables
2012-08-22 09:50:00
Taille de la police:

Le Luxembourg n'a pas transposé la recommandation du Conseil de l'Europe relative au logement des Roms (Photo: afp)
La stratégie nationale pour l'intégration des Roms, telle que l'avait réclamée la Commission européenne, n'avait pas inspiré le Luxembourg qui s'en sortait avec une pirouette.

Le Luxembourg compte parmi les huit pays de l'Union européenne ayant mis en place des «mesures transitoires» qui compliquent sensiblement l'accès des Roms d'origine bulgare ou roumaine au marché du travail. De plus, le Luxembourg refuse de faire des différences ethniques quant à l'accueil et à l'intégration des étrangers dans le pays.

De notre journaliste
Geneviève Montaigu


Nous n'avons jamais été saisis pour l'installation de tels campements, sinon il nous faudrait agir. Pour le moment, il n'y a pas de problème rom au Luxembourg. Si cela arrivait, il faudrait voir avec les communes qui seraient prêtes à mettre de telles facilités à la disposition des gens du voyage», avait déclaré Nicolas Schmit, le 21 octobre 2010.

Le ministre socialiste de l'Immigration venait de participer à la réunion de haut niveau sur les Roms et les gens du voyage organisée par le Conseil de l'Europe. Depuis, on sait que le Luxembourg héberge plusieurs centaines de demandeurs d'asile roms en provenance des Balkans. «Même en dehors du Kosovo qui constitue un cas à part, les Roms dans les Balkans vivent aujourd'hui dans une situation de très grande précarité, qui résulte notamment de la crise économique, mais à laquelle les Roms sont particulièrement exposés, en raison de la discrimination persistante. L'expulsion des Roms vers ces pays dans lesquels ils n'ont pas de base de survie constitue un traitement inhumain», avait critiqué l'association Chachipe, active dans la défense des droits des Roms. Ce commentaire est d'ailleurs extrait des 20 pages de remarques qu'elle avait rendues publiques en janvier dernier alors que le Luxembourg livrait à la Commission européenne le document renfermant sa stratégie nationale en matière d'intégration des Roms, qui n'en était pas vraiment une. Le gouvernement avait déclaré qu'il n'est pas dans les usages politiques d'établir des politiques spécifiques pour un groupe ethnique particulier fondées sur un style de vie spécifique ou sur une ethnicité. Et avait poursuivi qu'aucun ressortissant étranger, citoyen communautaire, ne s'est déclaré officiellement faisant partie de ce groupe.

Le document livré par le Luxembourg sur la stratégie mise en place concernant l'accueil et l'intégration des Roms n'était qu'un «relevé des mesures existantes dans le domaine de l'intégration des ressortissants communautaires résidant légalement au Luxembourg», soulignait Chachipe.



Régime transitoire

En décembre 2011, le gouvernement a décidé de maintenir le régime transitoire prévu dans le traité d'adhésion avec la Roumanie et la Bulgarie qui permet de limiter l'accès au marché du travail pour les ressortissants de ces deux pays. C'est la deuxième prolongation de ce régime transitoire qui doit prendre fin le 31 décembre 2013. En attendant, le Luxembourg n'a aucune obligation d'installer des camps pour accueillir les Roms. Et quand le gouvernement tente de le faire, on voit la polémique que cela crée. L'opposition suscitée par l'hébergement de demandeurs d'asile à Bollendorf et à Pétange démontre bien que la population n'est pas prête à faire une partie du chemin et garde ce cliché en tête d'un peuple de voleurs et de délinquants. Il faut reconnaître que la police a lancé de vastes campagnes qui stigmatisaient les Roms toujours assimilés aux mendiants. L'ancien président du Syvicol, Dan Kersch, avait d'ailleurs regretté, dans une interview accordée au Quotidien en septembre de l'année dernière, le caractère incitatif des communiqués de presse de la police, établissant un lien entre la présence de demandeurs d'asile et la délinquance.

Avec cette politique, seules les personnes qui peuvent assurer elles-mêmes leur survie, sans devoir avoir recours au travail salarié, ainsi que les étudiants et les indépendants, peuvent bénéficier de la liberté de circulation et s'installer au Luxembourg et donc des mesures mises en place pour favoriser l'intégration des immigrés. Autant dire que «les Roms pauvres en sont donc d'office exclus», comme le relève Chachipe. Et le nombre de permis de travail délivrés pour des ressortissants de ces deux pays reste insignifiant. Quant au Roms, il existe bien une recommandation du Conseil de l'Europe, relative au logement des Roms et des gens du voyage, mais le Luxembourg ne l'a pas transposée.

À Luxembourg, tout est fait pour garder les Roms éloignés de nos frontières. La stratégie nationale élaborée par le gouvernement n'a pas de budget! Mais la commission met en garde : «Pour garantir la pérennité de leurs stratégies d'inclusion des Roms, il y a lieu que les États membres s'engagent formellement à assurer leur financement jusqu'en 2020, en gage de leur volonté politique de traiter le problème de l'exclusion des Roms.»

La volonté politique, c'est bien là tout le problème.
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MessageSujet: L'intégration des Roms est également un défi à l'échelle européenne. Malgré des efforts notables, le manque de budget pénalise les réformes souhaitées.   Mer 22 Aoû - 11:57

L'intégration des Roms est également un défi à l'échelle européenne. Malgré des efforts notables, le manque de budget pénalise les réformes souhaitées.

SUR LE MÊME SUJET
Roms : les élus locaux appellent à l'aide pour trouver des terrains
Par Olivier Ducuing et Paul Molga
Il n'y a pas qu'en France où le sujet des Roms est sensible. Dans toute l'Europe, l'intégration des Roms est une question brûlante. Cette population, estimée entre dix et douze millions d'individus, constitue en effet la plus grande minorité de l'Union européenne (UE) et est souvent victime de discriminations et de racisme. Le 5 avril 2011, la Commission européenne a ainsi adopté une feuille de route fixant comme priorité absolue les stratégies d'intégration des Roms d'ici à 2020. Un an après, en mai 2012, la Commission a fait état des premières politiques mises en oeuvre. L'évaluation porte sur quatre domaines clefs : l'éducation, l'emploi, les soins de santé et le logement.
L'objectif de l'Union est d'obtenir que chaque enfant rom achève au moins sa scolarité primaire et accède à un enseignement de qualité. Or, le niveau de la scolarité des Roms reste inquiétant. Selon une enquête de l'Agence des droits fondamentaux, au moins 10 % des enfants roms âgés de 7 à 15 ans en Bulgarie, en France, en Italie, en Roumanie et surtout en Grèce (35 %) ne vont pas à l'école. Certains pays ont mis en place des mesures encourageantes. La Finlande recourt à des instructeurs d'origine rom pour soutenir les enfants dans leur apprentissage et limiter le décrochage scolaire. En matière d'emploi, le projet autrichien Thara propose un accompagnement individuel et des formations locales pour favoriser les embauches de jeunes Roms.
Concernant l'accès aux soins, plusieurs pays européens recourent à des médiateurs roms qualifiés pour améliorer l'accès aux soins comme c'est le cas en Roumanie, où depuis 2011, 450 médiateurs ont été employés.
Quant au logement, le Royaume-Uni a augmenté de 75 % à 100 % le financement alloué par le gouvernement du pays de Galles pour le réaménagement et la création d'aires d'accueil. Toutefois, malgré ces initiatives louables, le manque de financement est flagrant : seuls douze pays ont alloué un budget précis à ces mesures d'intégration.
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MessageSujet: Le plus grand camp de concentration de roms en Europe   Ven 24 Aoû - 9:57

REPORTAGE - 50.000 Tsiganes s'entassent dans un quartier de Plovdiv en Bulgarie. Marginalisés, ils n'ont pas d'emploi.

Plovdiv (Bulgarie)

«N'écrivez pas que nous sommes des Roms parce qu'on va encore nous confondre avec les Roumains. Mettez que nous sommes des Tsiganes, mais pas des voleurs ni des profiteurs.» Assis à même le trottoir, Ivan et ses camarades partagent une canette de bière sous un soleil de plomb, à Stolipinovo, le quartier tsigane de Plovdiv (sud de la Bulgarie), qui, avec ses 50.000 âmes, a le triste privilège d'être considéré comme le plus grand ghetto des Balkans. Ce sont les «Français» de Stolipinovo. Le plus jeune d'entre eux, l'ancien boxeur Lalé, âgé de 27 ans, qui est un peu la mascotte du groupe, porte même sur son torse sculpté le maillot de l'équipe de France. Tous les ans, ils font la navette entre la région parisienne et leur mahala («quartier» en turc) natale. De la langue de Molière ils ne connaissent que les mots qui les font vivre: «patron», «manger», «chantier», etc. Mais cet été, ils ont hésité à repartir. «Lorsqu'on a vu les images de Roms à la télé, on s'est dit: “Ça y est, ça recommence, tout le monde va de nouveau nous montrer du doigt.”», s'énerve encore Ivan, 33 ans, l'aîné de la bande. «Tout ce que l'on veut, c'est pouvoir gagner quelques euros», poursuit-il. À Stolipinovo, le taux de chômage avoisine les 100 %. «En gros, avec les prostituées, nous sommes les seuls à bosser», concluent les «Français». Tous ont accueilli avec soulagement les dernières nouvelles en provenance de Paris. «Grâce à nous, tous les Bulgares pourront travailler librement en France», s'amuse même Anton. «Ça s'appelle un paradoxe», lui souffle Vassil.

Grande pauvreté
Ces jeunes Tsiganes sont nés et ont grandi à Stolipinovo. Situé aux confins de Plovdiv, ce quartier s'étend jusqu'aux berges de la Maritsa, le fleuve qui a inspiré une chanson à Sylvie Vartan. Ses habitants s'entassent dans des barres HLM crasseuses, habités à l'époque communiste par des militaires, et des maisons de taille variable - de la cahute en parpaings à la villa en marbre - qui ont poussé comme des champignons depuis la chute du régime. Très peu ont l'eau courante et l'électricité. Ce n'est ni une zone de non-droit ni un coupe-gorge, mais les habitants de la ville refusent de s'y aventurer, surtout à la tombée de la nuit. «C'est le Bronx de Plovdiv», disent les chauffeurs de taxi en racontant des histoires terrifiantes d'entrepôts remplis de drogue, de prostitution à grande échelle et de criminels en roue libre.

«Notre principal vice est d'être pauvres, très pauvres. Différents aussi. Bref, le bouc émissaire idéal», estime Sasho Youroukov, 32 ans, qui travaille comme médiateur social pour l'association Euroroma. Ce jeune père dont toute la famille habite à Stolipinovo se souvient encore des émeutes anti-Roms de l'été dernier après les événements de Katounitsa, un village des environs de Plovdiv, théâtre d'un fait divers sanglant impliquant la communauté tsigane. À cette époque, Stolipinovo avait été pris pour cible par des escouades de motards ultranationalistes et ses habitants avaient dû se barricader chez eux la peur au ventre pendant plusieurs jours. Depuis, la tension est retombée, mais les stigmates sont restés. «Hier, on m'a refusé l'entrée dans une piscine, de l'autre côté du boulevard. Juste à cause de la couleur de ma peau. Vous appelez ça comment?», poursuit Sasho. «Lorsqu'on se présente pour un boulot, le plus souvent on nous dit que la place vient juste d'être prise. Si l'on mentionne Stolipinovo dans le CV, il part direct à la poubelle», enchérit Osman, l'un de ses collègues.

Subventions détournées
En cette journée caniculaire, les employés du centre social ont surtout l'air de profiter de la climatisation mais, en temps normal, ils tentent de faire de la prévention contre les MST, la malaria et la tuberculose, de distribuer des médicaments, d'obtenir des aides… «La misère est là, totale, juste derrière nos murs en préfabriqué», témoigne Kristina Sotirova, 30 ans, qui s'occupe du planning familial. Cette jeune femme est la seule Bulgare à travailler à ici. Originaire d'une petite ville de région, elle dit qu'elle vient du «monde des Blancs». Si elle fait ce boulot, c'est par vocation. Et conviction aussi. Son cas est rarissime. «Pour la plupart de mes compatriotes, les Roms restent des sous-hommes, reconnaît-elle. Alors que leurs problèmes sont juste un succédané des maux de la société bulgare tout entière.» Sasho rappelle qu'elle a surtout la chance d'être payée directement par un programme de développement européen alors que, lui, cela va faire plusieurs mois qu'il n'a pas vu l'ombre d'une fiche de salaire. Et il suspecte que ses supérieurs, des Roms aussi, se la coulent douce grâce à l'argent des subventions - un sentiment largement partagé par ses compatriotes. «Je sais poser des papiers peints, faire les sols. Je suis menuisier aussi. Pense à moi quand tu seras à Paris», glisse-t-il avant de nous raccompagner à la lisière de Stolipinovo, là où commence le «monde des Blancs».
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MessageSujet: Situation délétere en Hongrie   Lun 27 Aoû - 3:51

L'extrême droite manifeste contre les Roms en Hongrie
Créé le 26-08-2012 à 11h45 - Mis à jour à 11h45
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BUDAPEST (Reuters) - Le Jobbik, parti d'extrême droite en Hongrie, a réclamé samedi une politique de tolérance zéro à l'égard des Roms, qu'il a assimilés à des parasites.

Dans un contexte de récession économique et de chômage, les tensions s'accroissent en Hongrie autour des quelque 500.000 à 700.000 Roms vivant dans ce pays de 10 millions d'habitants.

"Nous devons refouler ces centaines de milliers de Roms hors-la-loi. Nous devons faire preuve d'une tolérance zéro à l'égard de la criminalité et du parasitisme des Roms", a déclaré Gabor Vona, président du Jobbik, lors d'un rassemblement de plusieurs centaines de ses partisans sur la place des Héros à Budapest.

"S'ils ne veulent pas partir, nous réclamerons l'aide de Bruxelles", a poursuivi Gabor Vona, dont le parti constitue le deuxième groupe d'opposition au Parlement et souhaite la sortie de la Hongrie de l'Union européenne.

"Nous allons leur demander d'adopter quelques centaines de milliers de nos citoyens pendant quelques années et de tenter de les éduquer à la culture européenne. Une fois qu'ils auront réussi, nous pourrons les accueillir de nouveau."

Le gouvernement hongrois a condamné la tenue de cette manifestation, organisée à l'occasion du cinquième anniversaire de la création de la Garde hongroise, un mouvement paramilitaire interdit proche du Jobbik.

Gergely Szakacs, Bertrand Boucey pour le service français
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MessageSujet: Ambiguités   Lun 27 Aoû - 9:53

Il fallait tendre un peu l’oreille pour l’entendre, mais la Commission européenne a parlé. Face aux démantèlements de campements roms décidés par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, l’institution a placé une nouvelle fois la France sous «surveillance» le 10 août.

Après le coup de colère de Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, en 2010, à l’encontre des expulsions de Roms menées tambour battant par Nicolas Sarkozy, c’est cette fois au tour du gouvernement socialiste d’être observé de près. But de ce contrôle européen: vérifier que la législation communautaire est bien respectée lorsqu’on force ces ressortissants roumains ou bulgares à quitter leurs camps et à rentrer dans leur pays d’origine.


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Cette décision confirme le poids grandissant qu’a acquis la Commission européenne à propos des Roms. Certes, la majeure partie des politiques qui concernent cette minorité se joue au niveau national ou local. Mais l'institution fait valoir son rôle de «coordinatrice» et d’incitatrice de pratiques se voulant vertueuses… bien que certains lui reprochent d’être beaucoup trop timide.

Une stratégie d'«inclusion»
D’après la Commission européenne, les Roms sont au nombre de 10 à 12 millions en Europe. Contrairement à l’image en partie fantasmée d’une population «nomade», ils quittent leur pays pour fuir ou s'octroyer de meilleures perspectives de vie. Car les Roms «sont nombreux à être confrontés aux préjugés, à l’intolérance, à la discrimination et à l’exclusion sociale dans leur vie quotidienne. Ils sont marginalisés et vivent pour la plupart, sur le plan socioéconomique, dans une extrême pauvreté», souligne-t-on à la Commission.

Pour tenter de remédier à cette situation, l’institution européenne a lancé différentes initiatives visant à «l’inclusion» de cette minorité. Il y a des table-rondes, des colloques et des forums, dont l’efficacité est à démontrer, où l’on évoque la «question Roms» à Bruxelles.

Mais les fonctionnaires européens comptent principalement sur deux leviers, qu’ils espèrent suffisamment puissants, pour changer la donne.

Il y a tout d’abord le «cadre de l’Union européenne pour les stratégies nationales d’intégration des Roms». Imaginé en 2010, il a permis que chaque Etat européen élabore une stratégie détaillant les actions qu’il prévoit d’entreprendre pour «réduire l’écart entre les Roms et les autres citoyens» dans quatre domaines: l’éducation, l’emploi, la santé, le logement.

Une copie qui confine à la page blanche
Tous les Etats ont joué le jeu, à leur manière. Ils ont rendu leur copie. Une copie qui, pour certains, confine presque à la page blanche, nous fait-on comprendre du côté d’Amnesty International. Nele Meyer, spécialiste de ces questions pour le bureau européen de l’ONG, regrette que «la majorité de ces stratégies nationales n’aient pas d’objectifs clairs et quantifiables, ni d’indicateurs, ni encore d’analyse des besoins. Elles ne seront pas efficaces car elles sont écrites comme une réponse rapide pour faire plaisir à la Commission européenne».

Une analyse qui n’est pas totalement démentie par Mira Andreeva, porte-parole de la Direction générale Justice, droits fondamentaux et citoyenneté à Bruxelles, qui, tout en s’enorgueillissant de «cette première étape importante», estime que les Etats devront prévoir «des mesures plus concrètes, des objectifs plus explicites, des financements précis».

Au sein de l’association Ciré (Coordination et initiatives pour les réfugiés et étrangers), basée à Bruxelles, on accueille ces stratégies avec scepticisme. «La volonté d’inclusion, les stratégies nationales, ce sont des manières d’ouvrir les débats dans les Etats. Mais dans les faits, il ne s’agit nullement d’une politique contraignante», estime Caroline Intrand, chargée des questions européennes.

Deuxième levier: l’argent, la Commission européenne allouant des fonds aux Etats membres. Elle recommande chaudement que cet argent serve à financer des projets en faveur des Roms mais constate que leur «utilisation n’est pas optimale, seuls douze pays ayant mentionné dans leur stratégie des montants spécifiques alloués à l’intégration des Roms [la France n’en fait pas partie, ndlr]».

Pour pousser les Etats à se faire plus précis, la Commission a proposé de «conditionner l’octroi de fonds structurels européens aux Etats membres à l’existence et la mise en œuvre de ces stratégies» d’inclusion des Roms. Autant dire que les Etats font grise mine… et que la proposition risque de passer à l’as.

«Pas de fermeté»
Une commission volontariste face à des Etats qui discriminent les Roms… Ce tableau, de nombreuses associations le nuancent largement.

Caroline Intrand dénonce ainsi un «double discours de la Commission européenne»:

«D’un côté on parle d’inclusion des Roms. De l’autre, la Commission a un discours de rejet des migrants qui a un impact direct sur les Roms. De plus, la Commission continue de tolérer des pratiques de discriminations. Il n’y a pas de fermeté face à la forme d’acharnement que connaissent les Roms.»

Une vision que partage en partie Nele Meyer, d’Amnesty International:

«La Commission préfère axer son travail sur des stratégies nationales d’inclusion plutôt que s’attaquer de front aux Etats. Ainsi, elle a gagné plus de poids dans cette compétence. Mais nous pensons qu’elle devrait mener de front ce travail pour l’inclusion et une lutte active contre la discrimination.»

Et pour ce faire, elle serait bien inspirée de sortir l’artillerie lourde. A savoir, la procédure en infraction.

Selon ces ONG, la Commission devrait saisir la Cour de justice européenne lorsque des cas de discrimination à l’égard des Roms sont clairement identifiés. «Lorsqu’on constate des cas de ségrégation à l’école, comme en République tchèque, ou à l’accès au logement, la Commission ne devrait pas hésiter», lance Nele Mayer. Enfin, Caroline Intrand ajoute que «la politique européenne qui ferme la porte aux Roms des Balkans, les qualifiant de faux demandeurs d’asile, ou organisant leurs retours forcés, décrédibilise la volonté d’inclusion au sein de l’Union.»

«Définition simpliste de cette population»
Mais si la Commission européenne faisait fausse route avec ses objectifs d’inclusion? C’est l’idée que lance Martin Oliveira, ethnologue à l’Université Paris X, qui propose une autre lecture de cette «question Rom» qu’il récuse:

«Il y a eu, dans les années 90, un travail d’ONG et du Conseil de l’Europe sur la nécessité de reconnaître la minorité Rom et de la protéger. C’était une démarche généreuse et humaniste, dont l’idée d’inclusion de la Commission européenne est issue. On se rend compte aujourd’hui des effets pervers de cette démarche, accentuée par la crise économique.

Maintenant, tout le monde s’accorde à dire que les Roms sont un "problème" qu’il faut résoudre. Cela est dû à une définition simpliste de cette population à qui l’on attribue des caractéristiques sociales négatives et une origine exotique. L’antitziganisme est très ancré.

Dire qu’il s’agit d’une population marginale et mal intégrée pour laquelle il faut faire quelque chose y participe, car on la considère comme problématique. Une raison importante du "succès" de la question Rom est qu’elle tient un rôle de masque qui évite de parler des problèmes socio-économiques. Le problème en France est qu’il s’agit de migrants pauvres. On fait passer ça pour un problème ethno-culturel.»

Cédric Vallet
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MessageSujet: Les Roms sont mieux lotis en Allemagne   Jeu 30 Aoû - 8:53

Les Roms sont mieux lotis en Allemagne
Depuis l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'UE, Berlin restreint aussi l'accès des Roms à son marché du travail. Mais contrairement à la France, elle ne fait qu'appliquer la législation européenne.


- Des Roms dans un bidonville de Baia Mare, à 550 km au nord-ouest de Bucarest, en juin 2012. REUTERS/Bogdan Cristel -
Les récentes évacuations de campements illégaux ont remis la question de l'intégration des Roms au centre des débats en France. Si la situation des Roms qui émigrent aujourd'hui en Allemagne est souvent précaire, elle est tout de même sensiblement différente. Contrairement à ce que Nicolas Sarkozy sous-entendait en prétendant en 2010 qu'Angela Merkel allait elle aussi procéder à des évacuations, il n'y a pas de grands camps sauvages en Allemagne, ceux-ci n'étant pas tolérés par les autorités.

«La politique qui est menée en France fonctionne sur l'image du nomade. C'est-à-dire qu'on compte sur le fait que les Roms vont venir puis repartir et on tolère ces camps un certain temps. Cela ne s'applique pas du tout aux Roms qui viennent de Roumanie. Ce ne sont pas des nomades, ils vivaient dans des maisons ou des appartements avant de venir, et veulent bien sûr rester plus longtemps en France», explique Herbert Heuß, chercheur au Zentralrat Deutscher Sinti und Roma (Conseil central des Sinti et des Roms allemands).


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Statut de minorité nationale
Cette institution, qui regroupe neuf organisations allemandes de défense des droits des minorités sinti et roms, est un interlocuteur privilégié du gouvernement allemand. La population rom de nationalité allemande, estimée à 30.000 personnes, est reconnue comme une minorité nationale, au côté des trois autres groupes ethniques formés par les Danois, les Frisons et les Sorabes.

Cette reconnaissance la place de fait sous la protection de l'État, et lui accorde notamment le droit d'être soutenue par les pouvoirs publics dans la conservation de son identité culturelle. Les Roms français, les tsiganes, ne jouissent pas d'un tel statut, car la France, au nom de l'universalisme républicain, refuse de reconnaître officiellement ses minorités ethniques. (La communauté tsigane française ne revendique d’ailleurs pas une telle reconnaissance).

La plupart des Roms arrivés ces dernières années en Allemagne ne sont pas sans abri, une partie d'entre eux ayant même accès aux logements sociaux. Mais beaucoup d'entre eux vivent tout de même dans des conditions très précaires, et sont souvent la cible des marchands de sommeil, qui leur louent très cher des appartements miteux, que plusieurs familles sont obligées de se partager pour pouvoir payer le loyer.

Leur situation préoccupe les autorités allemandes, qui adhèrent au cadre européen pour les stratégies nationales d’intégration des Roms jusqu’en 2020 adopté l'an dernier par l'Union européenne, mais n'ont pour autant pas mis en place d'actions spécifiques en leur faveur, le gouvernement se refusant à traiter différemment les étrangers résidant sur son territoire en fonction de leur appartenance ethnique.

Marché du travail verrouillé
Comme la France, l'Allemagne fait partie des huit pays européens qui continuent aujourd'hui d'appliquer des dispositions transitoires limitant l'accès des citoyens roumains et bulgares, membres de l'Union européenne depuis le 1er janvier 2007, à leurs marchés du travail respectifs. Le traité d'adhésion, signé en 2005, autorise les États membres à appliquer ces mesures sur «une période de sept ans suivant la date d'adhésion», dans le cas où ces derniers subiraient ou prévoiraient «des perturbations sur [leur] marché du travail qui pourraient menacer gravement le niveau de vie ou d'emploi dans une région ou dans une profession donnée».

Par crainte d'une arrivée massive de travailleurs étrangers, l'Allemagne, comme son voisin français, a décidé de «protéger» son marché du travail jusqu'à la date limite, soit le 31 décembre 2013. Le dispositif qu'elle a mis en place, s'il est moins contraignant pour les employeurs que celui qui prévalait en France avant qu'il ne soit assoupli cette semaine par le gouvernement Ayrault – qui obligeait notamment les patrons qui embauchaient des travailleurs roumains et bulgares à s'acquitter d'une taxe de plus de 700 euros auprès de l'Ofii (Office français de l'immigration et de l'intégration), n'en reste pas moins hautement dissuasif.

Pour obtenir l'autorisation s'embaucher un Roumain ou un Bulgare, les employeurs doivent aujourd'hui prouver aux autorités qu'aucun citoyen allemand n'est disponible pour occuper cet emploi. Une démarche quasi-impossible à effectuer dans les faits, et qui condamne nombre de migrants, parmi lesquels les Roms, à vivre dans la précarité, et souvent dans l'illégalité:

«Soit les Roms doivent s'établir en tant que travailleurs indépendants soit ils travaillent au noir, et touchent des salaires très bas. Il a été rapporté dans de nombreuses villes qu'on les fait travailler pour trois voire deux euros de l'heure», explique Herbert Heuß.

Les Roms du Kosovo sur la sellette
Les premiers Roms sont arrivés en Allemagne il y a plus de six siècles. Avant le passage à l'Europe des 27, plusieurs vagues d'immigration ont également eu lieu. Les Roms sont arrivés parmi les travailleurs invités d'ex-Yougoslavie et de Turquie dans les années 1960, puis au milieu des années 1990 parmi les 350.000 réfugiés de la guerre de Bosnie-Herzégovine qui émigrèrent en Allemagne, et également en 1999, au sein des 15.000 réfugiés de la guerre du Kosovo, selon les chiffres transmis par l'Office fédéral de la Migration et des réfugiés.

Le nombre de réfugiés roms est, comme en France, très difficile à estimer, l'Allemagne s'interdisant de prendre en compte l'appartenance ethnique dans ses statistiques depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Ce sont les Roms du Kosovo qui sont aujourd'hui menacés d'expulsion, depuis que des Accords de réadmission ont été signés en 2011 entre le Kosovo et plusieurs pays européens, dont la France et l'Allemagne, qui facilitent le retour au pays des réfugiés kosovars. Selon les chiffres transmis par le ministère de l'Intérieur allemand, 1.384 personnes ont été expulsées vers le Kosovo depuis 2010, parmi lesquelles 431 Roms.

«Pendant longtemps les Roms du Kosovo ont été exclus du marché du travail, ils n'avaient pas le droit de travailler. Ils ont aujourd'hui le droit de gagner leur vie, mais quand ce n'est pas le cas, ils sont expulsés. Leurs enfants sont pourtant nés ici, et l'allemand est leur langue maternelle. Ces Roms sont aujourd'hui dans une situation précaire», déplore Herbert Heuß.

Soumis aux mêmes obligations
Il en va autrement pour les Roms de nationalité roumaine et bulgare qui résident sur le territoire allemand. Ceux-ci sont en effet soumis aux mêmes obligations que les autres ressortissants de l'UE qui veulent résider plus de trois mois dans un autre État membre, à savoir «exercer une activité économique en qualité de travailleur salarié ou non salarié» ou bien «disposer de ressources suffisantes et d'une assurance maladie afin de ne pas devenir une charge pour l'assistance sociale de l'État membre d'accueil pendant son séjour».

La législation française actuelle soumet l'autorisation de séjour des ressortissants bulgares et roumains à l'obtention d'un titre de séjour, et l'autorisation de travailler à la détention d'une autorisation de travail durant les cinq premières années de son séjour. Il est également précisé que «le citoyen bulgare ou roumain, qui a résidé de façon légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes, obtient un droit au séjour permanent. Il peut demeurer définitivement en France, à condition de ne pas représenter une menace grave pour l'ordre public.»

Selon les chiffres transmis par le ministère de l'Intérieur allemand, 165 Roumains et 62 Bulgares ont été expulsés d'Allemagne par avion en 2010, les reconduites à la frontière via d'autres moyens de transport n'étant pas comptabilisées. 231 Roumains et 65 Bulgares ont été renvoyés en 2011, 118 et 40 d'entre eux l'ont été également entre janvier et juillet 2012. Un chiffre sans commune mesure avec les records atteints en France sous la deuxième moitié de la présidence de Nicolas Sarkozy, où 9.000 Roumains et Bulgares en moyenne ont été expulsés chaque année.

Annabelle Georgen
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MessageSujet: SLOVAQUIE   Ven 31 Aoû - 11:26

Une classe à part : la ségrégation des élèves roms en Slovaquie
À Levoča, une ville de l'est de la Slovaquie, les élèves roms qui fréquentent l'école Francisciho sont victimes de ségrégation.© Amnesty International


J'ai déjà deux enfants qui sont dans des classes séparées. Je n'accepterai pas qu'il en soit de même pour la troisième.

Marcela, une femme rom dont les enfants fréquentent l'école Francisciho


La ségrégation dans les écoles slovaques est un véritable problème qui empêche les enfants roms d'accéder à un enseignement de qualité.

Jezerca Tigani, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International
Comme tous les parents responsables, Marcela et Peter veulent que leurs enfants réussissent à l'école.

Mais contrairement à beaucoup d'autres, ils se battent depuis plusieurs années avec l'école primaire locale – ainsi que plusieurs autres membres de leur communauté dans la ville slovaque de Levoča, à l'est de la Slovaquie – pour que leurs enfants bénéficient des mêmes chances que les autres élèves.

Marcela et Peter sont roms et, ces dernières années, deux de leurs quatre enfants scolarisés à l'école Francisciho, dans le quartier de Tehelna, à Levoča, ont été séparés de leurs camarades – isolés des enfants non roms.

À la rentrée, le 3 septembre 2012, Marcela et Peter craignent que leur fille Renata ne subisse à son tour le même sort – uniquement en raison de son origine ethnique.

« J'ai déjà deux enfants qui sont dans des classes séparées. Je n'accepterai pas qu'il en soit de même pour la troisième », a déclaré Marcela avec colère à Amnesty International.

Les problèmes du jeune couple avec l'école Francisciho ont commencé en 2009, quand leur fils Dušan et sept autres enfants roms ont été placés dans une classe séparée le jour de la rentrée, alors qu'ils entamaient leur 5e année de scolarité. Seul un élève rom est resté dans la classe « mélangée » qu'ils avaient tous suivie jusqu'alors.

En 2011, quand leur plus jeune fille Erika a été placée dans l'une des classes de première année réservées aux Roms qui venaient d'être créées, Marcela et Peter, ainsi qu'un petit groupe d'autres parents roms de Tehelna, ont interrogé la direction de l'école sur cette pratique, qui désavantage fortement leurs enfants et alimente la discrimination.

Cependant, ils n'ont pas obtenu d'explications satisfaisantes et aucun des enfants roms n'a depuis été transféré dans une classe regroupant des élèves de différentes origines ethniques.

Leur fille aînée, Renata, craint maintenant à son tour de se retrouver séparée des enfants non-roms.

Interrogée récemment par Amnesty International, elle a dit aimer son école et ses camarades et a rejeté catégoriquement l'idée d'être transférée dans une classe réservée aux Roms :

« Si je devais aller dans une classe réservée aux Roms, je préférerais quitter l'école Francisciho. Je ne veux pas aller dans une classe spéciale [où] nous ne parlerions que le romani, et pas le slovaque. Je n'aurais pas d'amis non roms. Je veux rester dans ma classe. Il est important d'avoir des amis non roms et de grandir ensemble. »

Amnesty International soutiendra les parents et les enfants roms de Tehelna le 3 septembre quand ils demanderont – une fois de plus – à la direction de l'école Francisciho de mettre un terme à la pratique discriminatoire de la ségrégation dans les classes.

Les Roms de Slovaquie – une classe à part

En Slovaquie, des milliers d'enfants roms continuent de recevoir une éducation au rabais en raison d'une discrimination généralisée et d'un système scolaire qui les met en situation d'échec.

Ils sont plusieurs milliers à être scolarisés dans des écoles ou des classes réservées aux Roms au sein du système éducatif ordinaire, et ils sont aussi placés de manière disproportionnée dans des écoles ou des classes spéciales souvent destinées aux enfants souffrant de « handicap mental léger ».

Parfois, les enfants roms sont littéralement enfermés dans des classes, des couloirs ou des bâtiments distincts pour éviter qu'ils ne se mélangent aux élèves non roms.

« La ségrégation dans les écoles slovaques est un véritable problème qui empêche les enfants roms d'accéder à un enseignement de qualité », a déclaré Jezerca Tigani, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

« Cela constitue non seulement une violation de leur droit à une éducation sans discrimination, mais aussi, à plus long terme, une privation d'un vaste éventail d'autres droits humains, dont les droits à la santé, au travail et à la liberté d'expression. Ces violations endémiques du droit à l'éducation empêchent les Roms de trouver leur place pleine et entière au sein de la société slovaque et les enferment dans le cercle vicieux de la pauvreté et de la marginalisation. »

Des avancées très limitées

Par le passé, la pression des ONG a conduit le gouvernement slovaque à prendre quelques mesures limitées pour améliorer l'accès à l'enseignement des enfants roms, mais la discrimination et la ségrégation restent généralisées.

Une nouvelle Loi sur les écoles adoptée en 2008 interdit la ségrégation et les autres formes de discrimination, mais les pratiques ont peu évolué car les dispositions de cette loi n'ont pas été correctement appliquées.

En août 2010, le gouvernement slovaque de l'époque s'était engagé sur le papier à mettre un terme à la discrimination ethnique dans les écoles, mais une fois de plus cet engagement n'avait été suivi d'aucune mesure concrète.

Quant au nouveau gouvernement, au pouvoir depuis mars 2012, il est inquiétant de constater qu'il n'a plus fait même la plus petite allusion à l'interdiction de la ségrégation dans les écoles. Au contraire, un programme gouvernemental adopté en avril 2012 évoque un projet de création d'internats spéciaux pour les enfants issus des « populations marginalisées ».

Le travail de campagne pour faire changer les choses

Depuis cinq ans, Amnesty International fait campagne contre la ségrégation et les inégalités dont sont victimes les enfants roms dans les écoles slovaques.

En septembre 2011, elle a commencé à travailler en étroite collaboration avec le petit groupe de parents roms de Levoča – dont Marcela et Peter – qui cherchaient à faire connaître leur situation et à faire cesser la ségrégation à l'école Francisciho.

Leur histoire a attiré l'attention des médias nationaux et d'organisations internationales – l'une des mamans roms, Jana, s'est rendue à Genève en 2012 pour s'exprimer devant le Comité des droits économiques, sociaux et culturels. Et les parents roms ont montré qu'ils n'avaient pas l'intention d'abandonner.

Comme l'a déclaré Peter à Amnesty International : « Je ne suis pas d'accord avec la ségrégation. Mes enfants doivent recevoir la même qualité d'enseignement que les autres. Je ne peux accepter aucun compromis. »

Amnesty International va continuer de soutenir les familles roms dans leur combat pour que leurs enfants bénéficient exactement des mêmes chances que les autres à l'école Francisciho – et pour que leur histoire serve d'exemple à toutes les écoles de Slovaquie.

« S'ils pensent m'avoir brisée en plaçant mes enfants dans des classes séparées, ils se trompent. Je continuerai à me battre pour eux et pour les autres enfants, car ils méritent tous le meilleur », a souligné Marcela.
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MessageSujet: Slovaquie : la ségrégation des enfants roms dans les écoles continue   Sam 1 Sep - 10:38

Slovaquie : la ségrégation des enfants roms dans les écoles continue


Enfants roms dans une classe « spéciale » de l’école élémentaire de Krivany en Slovaquie ©AI
[31/08/2012]

En Slovaquie, des milliers d’enfants roms reçoivent une éducation au rabais en raison d’une discrimination généralisée qui les met en situation d’échec. Plusieurs familles roms luttent pour mettre fin à ces pratiques qui excluent leurs enfants du système éducatif classique en raison de leurs origines ethniques.

La mobilisation des familles roms de Levoèa

Amnesty International a recueilli les témoignages de plusieurs parents mobilisés pour faire changer les choses notamment dans la ville de Levoèa, à l’est de la Slovaquie. Le cas de Marcela et Peter est éloquent car deux de leurs quatre enfants, scolarisés à l’école Francisciho ont été séparés de leurs camarades non Roms et placés dans des classes spéciales.

Les problèmes ont commencé en 2009 lorsque leur fils aîné, Dusan, et sept autres enfants roms ont été placés d’office, dés la rentrée, dans une classe réservée aux Roms. Deux ans après, en 2011, leur fille, Erika, a connu le même sort.

A plusieurs reprises, le jeune couple avec d’autres parents d’enfants roms ont demandé que leurs enfants soient transférés vers des classes normales, sans succès. Amnesty International sera présente, à leurs côtés, le 3 septembre, lorsqu’ils demanderont, une fois de plus, à la direction de l’école Francisciho, de mettre un terme à cette pratique discriminatoire qui désavantage leurs enfants.

Cette ségrégation est un véritable problème qui désavantage les enfants roms et perpétue l’idée, au sein de la société slovaque, que les Roms n’ont pas les mêmes droits que les non roms.

Privés de la possibilité de trouver leur place pleine et entière au sein de la société, ils sont enfermés dans le cercle vicieux de la pauvreté et de la marginalisation.

Des avancées politiques très limitées

Une nouvelle Loi sur les écoles adoptée en 2008 interdit la ségrégation et les autres formes de discrimination, mais les pratiques ont peu évolué car les dispositions de cette loi n'ont pas été correctement appliquées.

En août 2010, le gouvernement slovaque de l'époque s'était engagé sur le papier à mettre un terme à la discrimination ethnique dans les écoles, mais une fois de plus cet engagement n'avait été suivi d'aucune mesure concrète.

Quant au nouveau gouvernement, au pouvoir depuis mars 2012, il est inquiétant de constater qu'il n'a plus fait même la plus petite allusion à l'interdiction de la ségrégation dans les écoles. Au contraire, un programme gouvernemental adopté en avril 2012 évoque un projet de création d'internats spéciaux pour les enfants issus des « populations marginalisées ».

Le travail de campagne pour faire changer les choses

Depuis cinq ans, Amnesty International fait campagne contre la ségrégation et les inégalités dont sont victimes les enfants roms dans les écoles slovaques.

En septembre 2011, elle a commencé à travailler en étroite collaboration avec le petit groupe de parents roms de Levoèa – dont Marcela et Peter – qui cherchaient à faire connaître leur situation et à faire cesser la ségrégation à l'école Francisciho.

Leur histoire a attiré l'attention des médias nationaux et d'organisations internationales – l'une des mamans roms, Jana, s'est rendue à Genève en 2012 pour s'exprimer devant le Comité des droits économiques, sociaux et culturels. Et les parents roms ont montré qu'ils n'avaient pas l'intention d'abandonner.
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MessageSujet: Roumanie et Bulgarie...des bagnes   Lun 3 Sep - 10:33

Atlantico : L'ONU a mis en garde la France rappelant "qu'en droit international, les expulsions collectives sont interdites". Trouvez-vous ces attaques justifiées ?

Zoé Petre : Je ne sais pas s’il s’agit d’attaques, car effectivement le droit international interdit les expulsions collectives. Il y a aussi le fait qu’une telle conduite de la part des autorités françaises contredit le principe européen de la libre circulation des citoyens des Etats-membres. Ceci ne veut pas dire que je sois indifférente aux anxiétés des Français qui voient les espaces publics de leurs villes transformés en bidonvilles. La solution n’est cependant pas dans l’oubli des droits des citoyens et des responsabilités individuelles : là où la loi prescrit l’expulsion, qu’on expulse, là où la loi a été transgressée, qu’on sévisse, mais la responsabilité de la personne, et non pas une fausse responsabilité collective, doit être le principe non négociable de ces mesures.

En Roumanie, comment est perçu la politique du gouvernement français vis-à-vis des Roms ?

Ce qui est traumatisant pour les Roumains ces derniers temps, c’est l’impression que la France, ce territoire d’origine des libertés citoyennes, et qui est encore perçu en Roumanie comme le pays garant de la démocratie en Europe, méprise les Roumains et la Roumanie parce qu’elle croit – ou feint de croire - que tous les Roumains sont pareils à ceux qu’on veut maintenant expulser. Notre respect pour la culture française, notre gratitude envers un État et un peuple qui ont largement contribué au progrès de la Roumanie moderne, risque de s’étioler face à des préjugés qui ressemblent trop à l’égoïsme pour qu’on puisse les accepter avec le sourire. En concordance avec l'image de la France, on attendrait plutôt que l’on reconnaisse qu’on a un problème commun et que l’on en cherche ensemble les solutions les plus humaines.

Comment la Roumanie et la Bulgarie gèrent-elles le cas des Roms ? (Pouvez-vous souligner les dérives de la population, du gouvernent).

Il m’est difficile de parler de la Bulgarie, même s'il me semble qu’il y a beaucoup de similitudes entre nos deux pays, au sujet des Roms comme dans tant d’autres cas. En Roumanie, il y a une grande diversité de réponses au problème des Roms, tant du point de vue de la minorité elle-même et de ses représentants, que du point de vue des majoritaires. Il y a d’abord une grande diversité de conditions de vie et des particularités locales des différents groupes de Roms, parmi lesquels on compte de grands universitaires, des musiciens de tous les niveaux, des ouvriers qualifiés, comme il y a aussi des villages ou des zones urbaines plongés dans la pire misère. Il y a par ailleurs bon nombre de majoritaires qui n’ont pas de préjugés anti-Rom, mais qui réagissent contre toute entorse faite par n’importe qui à la loi, comme il y a aussi des nationalistes qui cultivent sciemment des préjugés raciaux odieux.

Le problème douloureux est, évidemment, celui des communautés pauvres, qui n’ont ni ressources, ni qualifications, où le taux d’analphabétisme est sans commune mesure avec l’ensemble des sociétés contemporaines, et qui ont développé une culture de prédateurs par rapport à la civilisation environnante qu’ils perçoivent comme une agression. Là, il manque non seulement un faisceau de moyens matériels non négligeable, mais dont la société ne semble pas disposer à moyen et long terme. Il manque aussi une réflexion appliquée, je dirais même une vision concernant le futur commun de nos sociétés.

Au contraire même, ces dernières années, la politique officielle de nos deux pays [la Roumanie et la France], ou du moins celle de la Roumanie, semblait répondre de plus en plus brutalement aux problèmes de la crise globale, par un néo - conservatisme rigide qui refusait de prendre en compte toute dimension de protection sociale de l’État et prônait un darwinisme social des plus inquiétants. Les expulsions semblaient devenir une réponse acceptable. Maintenant que le gouvernement vient de changer en Roumanie aussi bien qu’en France, on peut espérer qu’un dialogue de fond soit ouvert, afin de trouver ensemble les solutions les plus respectueuses des valeurs démocratiques de nos deux pays.

Propos recueillis par Charles Rassaert
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MessageSujet: Dommage que pour la France les promesses soient comme d'habitude de la "poudre aux yeux"   Mar 4 Sep - 9:35

Le gouvernement français est favorable à la création d'un "groupe pionnier" d'Etats chargés, au sein de l'Union européenne, de réfléchir à une meilleure intégration des populations roms, a déclaré mardi la vice-présidente de la Commission européenne Viviane Reding.

Après une conférence interministérielle sur les Roms, Matignon a récemment annoncé des mesures pour faciliter leur accès au travail.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a également annoncé qu'il se rendrait à la mi-septembre avec le ministre délégué aux Affaires européennes Bernard Cazeneuve en Bulgarie et en Roumanie, deux pays dont sont issus la plupart des Roms, pour tenter de trouver des solutions européennes au problème des Roms.

"Je suis très contente, après les discussions que j'ai eues avec les responsables gouvernementaux hier, que le gouvernement suive mon idée de créer un groupe pionnier d'États membres qui veulent résoudre le problème, dont la France, d'États membres qui sur leur territoires ont pris des mesures très positives, dont l'Espagne et la Finlande, et d'États membres qui ont une grande population rom dont la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie; de les mettre ensemble pour élaborer ensemble les recettes qui marchent", a déclaré mardi Viviane Reding sur France Info.

La Commission européenne a annoncé début août qu'elle surveillait de près la manière dont les autorités françaises procédaient au retour des Roms dans leurs pays d'origine.

Mais la commissaire européenne à la Justice et aux droits fondamentaux estime que la France, qui a repris les démantèlements de campements illégaux de Roms et les expulsions cet été, a adapté ses lois aux standards européens.

Viviane Reding avait brandi la menace d'une procédure d'infraction après un discours de Nicolas Sarkozy en 2010 à Grenoble durcissant la politique française envers les Roms.

Sous la pression de Bruxelles, la France a finalement transposé dans sa législation l'ensemble des règles européennes relatives à la libre circulation des personnes.

Selon un rapport de l'Agence des droits fondamentaux sur la situation des Roms dans 11 Etats membres, un Rom sur trois est au chômage, 20% ne bénéficient d'aucune couverture sociale et 90% vivent sous le seuil de pauvreté.
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MessageSujet: « Partout en Europe, le moteur de l’anti-tziganisme, c’est la peur du pauvre »   Ven 7 Sep - 11:42

« Partout en Europe, le moteur de l’anti-tziganisme, c’est la peur du pauvre »
Posté par hu lala • 7 septembre 2012 à 8:00 • Version imprimable
Entretien avec Ludovic Lepeltier, diplômé en géographie de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris), auteur d'un mémoire de recherche sur les processus de marginalisation de la grande précarité à Budapest et membre du réseau Urba-rom. Ludovic Lepeltier est aussi un contributeur occasionnel de HU-lala.

L'image de la Hongrie véhiculée en France par les médias est celle d'un pays dans lequel les populations roms sont en danger, menacées par les milices d'extrême-droite. Cette image correspond-elle à ce que vous avez pu observer ?

Il existe beaucoup de confusion sur ce qui se passe en Hongrie à l'égard des Roms. Des groupes parapoliciers comme la Garde hongroise se sont effectivement constitués pour « remettre de l'ordre » dans certains villages du pays. Leur antitziganisme, fortement explicite, reste dans l'ensemble sans grande conséquence, ce qui n'interdit pas de rester vigilants. Mais en Hongrie comme ailleurs, le moteur de l'antitziganisme est surtout la peur du pauvre.

Lors de mes entretiens, j'ai pu vérifier que les principaux groupes montrés du doigt étaient justement les familles les plus précaires originaires des campagnes du nord-est ou de Transylvanie. Les Roms « qui ont réussi », notamment parmi le personnel politique ou dans le monde culturel, ne sont pas du tout perçus de cette façon. Ils comptent souvent parmi les fiertés du pays. Le problème fondamental de la Hongrie, c'est qu'elle ne sait pas comment expliquer la montée criante des inégalités sans se référer aux catégories ethniques qui ont pu structurer à une époque la société. Si le Fidesz n'a jamais vraiment eu de discours hostile aux Roms, sa rhétorique contre l'assistanat social s'appuie en partie sur cette vision archaïque de la société.


Dans le 8ème arrondissement de Budapest (Crédit : Benoît Braban)
Vous avez plus particulièrement étudié un quartier de Budapest, le 8ème arrondissement où vit une importante population rom. Pouvez-vous décrire les conditions de vie dans ce quartier ? (témoignage visuels, pauvreté, chômage...)

Le huitième arrondissement s'est justement structuré ces dernières années comme le point de chute de cet exode venu des campagnes de l'est. Cela s'explique par le fait que l'on y trouve les rares logements qui n'ont pas été privatisés après la chute du communisme. Les conditions de vie sont particulièrement précaires, sur le plan de la salubrité d'une part, et de la sécurité de leur situation d'autre part. La municipalité de l'arrondissement récupère et mure chaque logement vacant afin d'éviter que de nouvelles personnes s'y installent. L'objectif poursuivi est la revalorisation du quartier et son intégration dans le marché immobilier privatif. Ce qui est amusant, c'est que ce quartier a longtemps été le quartier général des familles de Roms musiciens, installées à Budapest depuis des dizaines d'années. Or, la peur du pauvre dépasse largement les catégories et la fameuse solidarité ethniques que l'on prête volontiers aux Roms. Je crois que parmi les discours que j'ai entendus, les plus féroces à l'encontre de ces populations précaires ont justement été proférés par des Roms eux-même.

Ce 8ème arrondissement de la capitale hongroise souffre d’une très mauvaise image. La délinquance y est–elle très présente ? Quel est la part de l’économie souterraine ?

Dans les différents entretiens que l'on m'a accordés, la question de la mauvaise réputation du 8e arrondissement est revenue assez souvent. Mais comme souvent, le fossé entre l'insécurité réelle et l'insécurité perçue crée un biais dans le discours des habitants. A l'échelle de Budapest, cela fait des ravages. Beaucoup de Budapestois n'osent pas entrer dans les quartiers Orczy et Magdolna, par peur et surtout méconnaissance. Cette réputation n'est pas totalement infondée, mais elle est aussi le fruit d'un miroir déformant. Au début de mon enquête, je questionnais souvent les habitants sur le mot "ghetto" qui revenait souvent dans les conversations, en leur demandant à chaque fois où ils le situaient précisément. Au début, on me parlait du 8e dans sa totalité. Puis ça s'est resserré aux quartiers que je vous ai cités. Puis à quelques rues de ces quartiers. Et une fois dans ces rues, à quelques cours d'immeuble. C'est là que vit l'économie souterraine, assez peu dans l'espace public.

Les personnes que vous avez rencontrées sont-elles inquiètes face à l'évolution du régime hongrois ?

Tel que je l'ai perçu, la plus grande inquiétude concerne en premier lieu les classes moyennes, roms et non-roms confondus, qui ont peur du déclassement social. Il s'agit souvent de personnes propriétaires de leurs logements, dont les ressources sont fragilisées par les vicissitudes du marché du travail et la montée du chômage. De la part des personnes les plus pauvres, on sent une augmentation sensible de la précarisation et l'accroissement des difficultés à s'en sortir sur des périodes de plus en plus courtes.

Le vrai problème c'est que je ne sens pas la Hongrie suffisamment armée pour affronter les difficultés sociales qui vont s'accumuler dans les années à venir. L'Etat hongrois sort particulièrement affaibli des années de transition économique et a largement sacrifié des pans entiers de son modèle social, notamment sa politique de logement public. Par ailleurs, la logique de repli que traverse la société hongroise depuis quelques temps risque de ne pas améliorer le sort des populations les plus fragiles, si l'on veut bien admettre la difficulté réelle de certaines personnes à accéder à un emploi en raison de leurs origines culturelles. Les discours racistes ou xénophobes sont souvent des façons faciles de ne pas regarder en face les problèmes sociaux.

« Difficultés sociales », « repli », « discours racistes »… Jobbik agite le spectre d’une guerre civile. Avez-vous observé une dimension ethnique dans les discours et les représentations mentales des habitants du 8ème ?

Je crois surtout que le discours sur l'affrontement ethnique sert surtout l'intérêt de ceux qui le tiennent. Même si les idées du Jobbik sont ancrées dans une part importante de la société hongroise, j'ai l'impression à l'inverse que si beaucoup de personnes raisonnent encore avec des mots archaïques, ils ne considèrent pas vraiment la société à travers le prisme ethnique. Il ne faut pas regarder la société hongroise avec un excès d'exotisme. Vue de France, l'image de la Hongrie est à ce titre assez loin des réalités. Les problèmes qu'elle traverse entrent en écho avec la situation française. Et dans ces deux sociétés, des groupes très spécifiques subissent de façon générale une montée des hostilités. De ce point de vue, la situation hongroise est au moins aussi inquiétante que la situation française.

Comment analysez-vous les démantèlements par le gouvernement français des camps roms auxquels nous assistons depuis le début de l'été ?

À vrai dire, je ne comprends pas tout à fait les intentions de la nouvelle majorité parlementaire. Il est normal que les pouvoirs publics s'inquiètent du développement de campements de fortune dans lesquels les conditions de vie sont particulièrement précaires. Alors que le problème auquel il fait face est intrinsèquement social, le gouvernement choisit d'agir sur le volet répressif. Dans l'inconscient collectif, les misérables sont toujours responsables de leur état, ce qui ferait de la sanction la seule réponse acceptable aux yeux de l'opinion publique. Ce qui est assez terrible, c'est que le coup vienne de la gauche. Ceci dit, François Hollande a été porté par les élus locaux lors des primaires de 2011. Or ces dernières années, la répression de la mendicité ou de la misère extrême a été largement sanctuarisée dans la pratique par des maires socialistes.

Qu'est-ce qui explique selon vous cette hostilité largement répandue des politiques publiques à l'encontre des Roms, des Tziganes et des « gens du voyage » ?

Il y a un mythe qui s'est construit durant ces dernières décennies sur l'image du « tzigane mendiant », pauvre et nomade, fourbe et voleur. La question des mots choisis pour désigner les uns et les autres trahit une réelle méconnaissance de la diversité des populations se désignant roms, sintis, manouches ou tziganes. Rien que le mot « tzigane » peut être une revendication identitaire pour certains et une insulte pour d'autres. Et d'ailleurs, là n'est pas l'essentiel. Si problème il y a, il n'est pas « rom », comme ce que certains tendent à penser. Le problème, c'est qu'il existe dans quelques pays d'Europe centrale et des Balkans des populations qui sont structurellement sous-qualifiées et à l'écart des circuits de formation initiale et professionnelle.

Lorsque le communisme s'est effondré, elles ont été les victimes des premiers licenciements, dans des régions souvent en retard de développement. Or, ces populations sont souvent d'origine rom/tzigane. Comme dans les pays occidentaux, ces écarts de développement ont entraîné de nouvelles formes de migrations, s'apparentant notamment en Hongrie à la forme qu'a prise l'exode rural au début de la révolution industrielle en France : les hommes partent en ville les premiers chercher du travail, ils s'y installent quelques temps, retournent dans leur village, et progressivement les familles viennent s'installer dans les agglomérations, en fonction des opportunités immédiates de subsistance. La situation économique est tellement inextricable dans certains pays ex-communistes, que l'émigration peut constituer une solution plus viable sur le long terme. Les Bulgares et les Roumains ont tendance à venir en Europe occidentale (France, Italie, Allemagne) ; un nombre significatif de Roms hongrois tentent quant à eux l'Amérique du nord.

Propos recueillis par Corentin Léotard
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MessageSujet: Herman Van Rompuy invite les dirigeants bosniens à supprimer les discriminations   Lun 10 Sep - 9:48

Lundi 10 Septembre 2012
Autre Europe
Herman Van Rompuy invite les dirigeants bosniens à supprimer les discriminations
[Fenêtre sur l'Europe]



Le président de l'Union européenne a exhorté dimanche les dirigeants bosniens à renouer avec les réformes nécessaires pour le rapprochement de leur pays avec le bloc européen, notamment celles visant à supprimer la discrimination des Roms et Juifs dans la vie politique locale.

"J'espère que la Bosnie fera des progrès pour remplir toutes les conditions nécessaires, notamment celles visant à mettre en œuvre le verdict de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) dans le dossier Sejdic-Finci", a-t-il ajouté.

Saisie par les dirigeants des communautés rom et juive de Bosnie, Dervo Sejdic et Jakob Finci, contestant l'impossibilité d'être élus à certains niveaux de pouvoir, la CEDH avait jugé en décembre 2009 que la Constitution bosnienne était discriminatoire à l'égard des deux communautés.

Le système institutionnel local, mis en place en 1995 par l'accord de paix de Dayton (Etats-Unis), réserve aux citoyens issus des "peuples constituants" - serbe, croate et musulman - l'accès à la chambre haute du Parlement et à la présidence tripartite de l'Etat.

La révision de la Constitution bosnienne, pour mettre fin à cette discrimination, est la dernière condition imposée par Bruxelles à la Bosnie avant de lui permettre de demander le statut de candidat à l'adhésion l'UE.
Bruxelles a accordé en juin de nouveaux délais à ce pays pour avancer dans ce dossier, à savoir préparer un projet d'amendements d'ici le 31 août --ce qui n'a pas été fait à défaut d'un compromis politique--, et amender la Constitution d'ici le 30 novembre.
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MessageSujet: Médiatisation   Lun 10 Sep - 9:50

C’est le film de Bence Fliegauf « Csak a szél » (Juste le vent) qui représentera la Hongrie aux Oscars 2013 dans la compétition du meilleur film étranger, a décidé vendredi le Fonds National du Film Hongrois.

Le film est directement inspiré de la vague d'attentats anti-Roms de 2008-2009 au cours de laquelle 7 personnes ont perdu la vie et beaucoup d’autres ont été blessées. Des familles tziganes ont vécu dans la menace permanente, notamment dans les petits villages de Tatarszentgyörgy et Tiszalok.

Le succès de cette co-production hongroise, allemande et française - il a remporté l'Ours d'argent pour le Grand Prix du Jury de la Berlinale au mois de février - avait semblé mettre mal à l’aise les dirigeants hongrois. Le Ministère de la Justice et de la Fonction publique avait distribué des tracts critiques à Berlin concernant la production du réalisateur, dénonçant le caractère « non réel » et « trop romancé » des faits relatés.

Il faudra attendre la fin du mois de janvier pour savoir si le film fait partie des 5 films retenus par la US Film Academy.



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MessageSujet: Pour une Roma Pride   Lun 10 Sep - 15:21

Pour la dignité des Roms en Europe : une Roma Pride !

10 septembre 2012 à 17:13

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Par BENJAMIN ABTAN, Président du Mouvement antiraciste européen EGAM, et des militants européens
La lassitude ou le désespoir auraient pu finir par nous gagner. Les persécutions contre les Roms, Tsiganes, Gitans et Manouches ne sont-elles pas séculaires ? Les stéréotypes qui s’abattent sur eux n’ont-ils pas traversé les siècles, les pays et les régimes politiques ? Ne serait-il pas illusoire de penser «normaliser» une situation qui peut paraître désespérée ?

Par bien des aspects en effet, les violences contre les Roms en Europe semblent sans fin, et les difficultés pour qu’ils soient enfin pleinement insérés dans la société européenne, insurmontables.

Par exemple, en Europe centrale et balkanique, une puissante logique mortifère pousse à leur effacement. Ainsi, relégués à la lisière des grandes agglomérations, ils sont entassés dans des quartiers séparés par des murs, sans eau courante ni électricité, dans de nombreux villages. C’est le cas notamment en République tchèque à Ostrava, en Slovaquie à Michalovce, Košice, Prešov et Svinia, en Roumanie à Tarlungeni et Baia Mare, d’où les Roms ont été récemment expulsés vers une usine chimique désaffectée pleine de produits hautement nocifs. On ne compte plus les ghettos urbains en Bulgarie, où le parti Ataka avait organisé en 2011 des manifestations aux cris de «Les Roms en savon !» dans une vingtaine de villes. En Hongrie, les milices paramilitaire du Jobbik terrorisent les Roms, comme à Gyongyospata qu’ils sont obligés de fuir, et entraînent régulièrement des meurtres racistes tandis que le gouvernement organise, sous couvert de mesures anti-fraudes aux allocations sociales, de véritable camps de travail ouverts pour Roms.



De plus, les expulsions continuent en France comme sous le précédent pouvoir, et elles se poursuivent en Allemagne, Suède et Italie. Enfin, les discriminations raciales quotidiennes concernant la santé, le travail, les loisirs et l’éducation persistent au Kosovo, au Portugal, en Serbie, en Croatie ou encore en République tchèque.

Alors que cet état de fait aurait pu nous faire sombrer dans le désespoir, c’est à l’engagement, pour la dignité et pour l’égalité des droits, qu’il nous pousse.

C’est pourquoi, dimanche 7 octobre, nous marcherons dans nos pays, en tête de la société civile européenne unifiée sur tout le continent, de la Norvège à la Serbie et du Portugal à la Pologne, en passant par l’Italie, la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie, pour clamer ensemble : «Roma Pride !»

Malgré ce qu’avancent les oiseaux de mauvais augure et les désespérés de lassitude, notre espoir de voir les individus issus d’une des plus anciennes communautés européennes reconnus dans leur dignité n’est pas vain.

En effet, au niveau institutionnel, l’Union européenne a accompli certaines avancées : pour la première fois, tous les Etats membres ont dû élaborer et présenter à la Commission, fin 2011, une «Stratégie nationale d’insertion des Roms».

Cependant, comment croire que certaines stratégies puissent être suivies d’effet quand elles ne sont dotées d’aucun budget ni d’aucun calendrier ? Comment ne pas comprendre qu’il s’agit alors d’évitement, propice à la perpétuation des violences et des discriminations ?

Surtout, émerge aujourd’hui en Europe une élite Rom dont l’objectif est simple et clair : la pleine égalité, des devoirs et des droits. Cette élite, composée de femmes et d’hommes politiques, d’intellectuels, d’artistes et de militants, n’est pas isolée. Elle est à la fois fortement ancrée dans les communautés et partie intégrante de la société civile européenne.

La Roma Pride est donc une mobilisation d’auto-émancipation et d’accompagnement à l’auto-émancipation par le politique, portée par la société civile quelles que soient les origines des individus et des organisations impliqués, car l’universalisme est notre inspiration et la pleine insertion dans la société notre revendication partagée.

Cette pleine insertion ne signifie pas une acculturation ou la rupture du lien de transmission de cultures, d’identités et d’histoires riches de leurs diversités et qui font partie intégrante du patrimoine européen.

Elle signifie, partout, la fin des meurtres racistes, le démantèlement des ghettos, la fin de la stigmatisation des Roms à des fins politiques et la fin des lois discriminatoires et des dispositions «exceptionnelles» qui en pratique visent les Roms, comme celles concernant les accords de Schenghen et qui entravent la liberté de circulation en Europe. Elle signifie une lutte résolue pour déconstruire les stéréotypes, pour combattre les discriminations à l’emploi et au logement, et la fin de la ségrégation dans l’éducation. Elle signifie, enfin, la reconnaissance des responsabilités individuelles et nationales dans les persécutions contre les Tsiganes, notamment de la part des pays d’Europe alliés à l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Pour l’égalité des droits, la pleine insertion dans la société européenne et le respect de la dignité de tous, marchons ensemble le 7 octobre dans toute l’Europe pour la Roma Pride !

Benjamin Abtan, Président du Mouvement antiraciste européen EGAM (European Grassroots Antiracist Movement – EGAM), et, par pays :

Abanie : Aldo Merkoci, Président de Mjaft ! Movement et Adriatik Hasantari, Président de Roma Active
Allemagne : Serdar Yazar, Porte-parole de la Turkish Union in Berlin-Brandenburg (TBB)
Autriche : Claudia Schäfer, CEO de ZARA, Alexander Pollak, Président de SOS Mitmensch et Andrea Härle, Directeur Exécutif de Romano Centro
Bosnie : Alma Masic, Directrice de Youth Initative for Human Rights - Bosnia
Bulgarie : Krassimir Kanev, Président du Comité Helsinki, et Deyan Kolev, Président du Centre rom Amalipe pour le dialogue interethnique et la tolérance
Croatie : Mario Mazic, Directeur de Youth Initiative for Human Rights – Croatia
Danemark : Anne Nielsen, Présidente de SOS mod racism, et Ferdi Sabani, Président de Roma Forzning i Danmark
Finlande : Janette Grönfors, Coordinatrice de Rasmus, réseau contre le racime, et Membre fondatrice de Nevo Roma
France : Cindy Léoni, Présidente de SOS Racisme, et Alain Daumas, Président de l’Union Française des Associations Tsiganes – UFAT
Grèce : Ahmed Moawia, Coordinateur du Forum Grec des Migants
Hongrie : Janos Farkas, Président du Gouvernement de la minorité Rom de Gyöngyöspata, et Erika Muhi, Directrice de NEKI
Italie : Angela Scalzo, Présidente de SOS Razzismo, et Olga Bala, Présidente de Partita Romilor
Kosovo : Raba Gjoshi, Directrice de Youth Initiative for Human Rights – Kosovo, et Osman Osmani, Directeur de Initiative 6
Lettonie : Sigita Zankovska-Odina, Chercheuse du Latvian Center for Human Rights
Moldavie : Nicolae Radita, Président du Roma National Center
Monténégro : Boris Raonic, Président de Civic Alliance, et Teuta Nuraj, Président de Nacionalni Savjet Roma i Egipcana
Norvège : Kari Helene Partapuoli, Directrice du Antirasistisk Senter
Pologne : Kasia Kubin, Directrice de la Foundation Forum for Social Diversity, Paula Sawicka, Présidente de Open Republic Association, et Roman Kwiatkowski, Président de la Roma People Association in Poland
Portugal : Frida Kruijt, Directrice Exécutive par interim de Amnistia Internacional-Portugal, et Bruno Gonçalves, Vice-Président du Centro de Estudios Ciganos
République tchèque : Anna Šabatová, Présidente du Comité Helsinki, Jarmila Balážová, Présidente de Romea, et Marie Gailova, Présidente de Romodrom
Roumanie : Marian Mandache, Directeur Exécutif de Romani Criss
Russie : Svetlana Gannushkina, Présidente du réseau des droits des migrants de Memorial
Serbie : Maja Micic, Directrice de Youth Initiative for Human Rights – Serbia, et Jovana Vukovic, Coordinatrice du Regional Centre for Minorities
Slovaquie : Irena Bihariova, Présidente de Ludia proti rasizmu
Suède : Mariam Osman Sherifay, Présidente de Centrum mot Rasism
Turquie : Selcuk Karadeniz, Président de la Roma Youth Association, et Cengiz Algan, Porte-parole de Durde !
Ukraine : Zola Kundur, Présidente du fonds pour les femmes roms Chiricli
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MessageSujet: Le camp de concentration Roumain cher au Välsung !   Mar 11 Sep - 10:46

ROUMANIE: DES ROMS EXPULSÉS DE FORCE
Communication de notre partenaire
11/09/2012

Plus de 100 hommes, femmes et enfants roms vont être expulsés de force d'un campement illégal dans le nord de la Roumanie, à moins que les autorités locales ne reviennent sur leur décision de démolir leurs habitations, a déclaré Amnesty International le 6 septembre 2012.


Détail particulièrement cruel, les responsables locaux ont déclaré que les familles roms expulsées auraient à rembourser les frais de démolition.
"Il s'agit d'une initiative choquante, une initiative pour expulser de leur maison des familles roms – dont certaines viventdepuis plusieurs années – sans consultation préalable et sans qu'une véritable solution de relogement ne leur soit proposée, conformément aux normes internationales. Les événements de Pirita s'inscrivent apparemment dans le cadre d'un plan concerté visant à expulser de force les populations roms de Baia Mare et des environs, qui laisserait à la rue des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants roms", a déclaré David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

Pirita est l'un des cinq campements roms illégaux de Baia Mare. Les quatre autres sont Craica, Ferneziu, Valea Borcutului et Horea. Les habitants ont fait part aux délégués d'Amnesty International qui se sont rendus sur place à plusieurs reprises de leurs peurs et de l'insécurité dans laquelle ils vivent, sous la menace constante d'une expulsion forcée, sans autorisation officielle d'occuper les lieux et sans être suffisamment informés à propos des décisions des autorités locales qui ont des répercussions sur leur vie.

Les autorités de Baia Mare ont déjà annoncé à deux reprises – en juillet 2010 et août 2011 – qu'elles allaient expulser les Roms et les autres habitants des cinq campements illégaux. Mais face au concert de critiques dans le pays et parmi la communauté internationale, elles avaient suspendu leurs projets. En avril 2012, les autorités municipales ont notifié un arrêté de démolition à quelque 300 familles roms vivant dans des campements illégaux, dont Pirita. Dans les mois qui ont suivi, des dizaines de familles ont été relogées dans trois anciens bâtiments de bureaux de l'usine chimique CUPROM, à la périphérie de la ville. Cette solution n'est pas conforme aux critères définissant une solution de relogement appropriée.

Le 7 juin 2012, Amnesty International a appuyé les appels lancés par plus de 30 ONG roumaines qui ont manifesté à Bucarest, la capitale du pays, pour protester contre la réinstallation des familles roms de Baia Mare sans véritable consultation préalable.

La démolition de Pirita et l'évacuation de ses habitants figurait en tête du programme politique du nouveau maire de Baia Mare, Catalin Chereches, élu en juin de cette année.
Pour les autorités locales, la démolition se justifie par le fait que les logements ont été construits sans autorisation légale. Mais un grand nombre de familles roms vivent ici depuis des années, sans que les autorités ne trouvent à y redire.
Amnesty International a fait valoir auprès de la municipalité de Baia Mare que son projet d'expulsion des familles roms semblait totalement dépourvu de garanties en matière de droits humains.
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MessageSujet: Pogroms Hongrois...dans l'indifférence des associations contre le racisme ou européennes...   Mar 11 Sep - 10:49

Des pogroms anti-Roms organisés en Hongrie
Par Markus Salzmann
11 septembre 2012
De violentes attaques contre la minorité Rom en Hongrie se poursuivent sans relâche. Il est de plus en plus évident que le gouvernement droitier dirigé par le premier ministre Victor Orban, et qui collabore étroitement avec le parti néo-fasciste Jobbik provoque délibérément de telles attaques afin de détourner l’attention de l’énorme crise économique et des problèmes sociaux que connaît le pays.
Le 20 août, des membres de la « Garde hongroise » paramilitaire ont défilé contre des familles Roms dans la ville de Cegled, au Sud-Est de la capitale Budapest. Plus de 400 d’entre eux, principalement des gardes en uniforme et leurs partisans, ont défilé à travers des campements de Roms dans les environs de la ville forte de 40.000 habitants. Ils ont hurlé des slogans tels « Sales tsiganes, vous allez tous crevez. » Les stations de radio de droite et des portails Internet ont publié des appels pour que les fascistes viennent à Cegled pour participer à cette action.
Les médias ont rapporté les récits de témoins oculaires faisant état d’intimidation des résidents de la ville. Il semblerait également que des coups de feu ont été tirés. Tout ceci s’est passé en présence de la police qui était sur place et qui a permis aux fascistes de commettre des actes d’intimidation avant que ces derniers ne se retirent.
Des journalistes de l’hebdomadaire HVG ont rapporté que dans une ferme avoisinante plusieurs centaines d’extrémistes de droite avaient accueilli un député parlementaire du parti d’extrême droite Jobbik qui avait exprimé son soutien à la mobilisation fasciste. La « Garde hongroise » est considérée être un bras paramilitaire de Jobbik et a à plusieurs reprises été mobilisée contre les Roms. Début août, environ un millier de fascistes ont défilé à travers le village de Devecser à l’Ouest de la Hongrie.
Dans ce contexte de nombreux Roms ont décidé qu’ils n’avaient pas d’avenir en Hongrie. Au cours de ces six derniers mois environ un millier de Roms hongrois ont demandé l’asile politique rien qu’au Canada.
L’élément immédiat qui a déclenché cette récente chasse aux sorcières contre les Roms a été le meurtre en juillet de la psychologue Kata Bandy travaillant pour la police. Un Rom sans emploi a été arrêté dans le cadre de ce meurtre. Il vivait dans des conditions extrêmement précaires, il avait précédemment été condamné pour vol et avait passé plusieurs années en prison. Les organes des médias proches du gouvernement ont immédiatement dénoncé le suspect de « meurtrier tsigane. » Des appels furent lancés pour « une solution finale pour la question tsigane, » tout en incitant délibérément à la violence contre les Roms.
Le militant Rom Jeno Setet a résumé le sentiment des Rom : « Le meurtre de Kata Bandy est terrible, mais plus terrible encore est le fait que nous avons été collectivement déclaré coupables et les institutions de l’Etat ne font rien pour nous protéger, nous citoyens de ce pays. »
Lors d’une conférence de presse, les parents de Kata Bandy ont expressément lancé un appel aux médias et aux cercles politiques de s’abstenir « d’utiliser le nom de notre fille comme un prétexte pour inciter à la haine ou pour réintroduire la peine capitale » - mais en vain.
Le Jobbik tout comme le parti dirigeant Fidez se sert du meurtre de Bandy pour réclamer l’introduction de la peine de mort. Jobbik, qui avait remporté les élections en 2010 avec 17 pour cent des votes, a organisé une importante campagne en faveur de la peine de mort. Le dirigeant de Jobbik, Gabor Vona, a justifié la demande pour la peine capitale en affirmant faussement que 90 pour cent de tous les meurtriers étaient des « Tsiganes, » tandis que 100 pour cent de toutes les victimes étaient des Hongrois.
Un certain nombre de politiciens du parti au pouvoir Fidesz ont aussi demandé l’introduction de la peine de mort qui contreviendrait à la Constitution hongroise et au droit communautaire. La question doit maintenant être débattue début septembre par la faction du Fidesz.
Les attaques ainsi que l’intimidation à l’encontre des Roms ont lieu depuis plusieurs années en Hongrie. En 2008-2009, un nombre de Roms hongrois ont été blessés et six ont été tués, dont un enfant en bas âge, dans une série de pogroms meurtriers. A chaque fois les meurtres se sont produits après les défilés par la Garde hongroise à travers des campements Roms. Le procès de quatre membres de la Garde soupçonnés d’être impliqués dans les meurtres dure depuis plus d’un an.
Dans un cas plus récent, des groupes fascistes avaient terrorisé l’année dernière des mois durant les Roms vivant dans le village de Gyöngyöspata.
Le Fidesz au pouvoir compte de plus en plus souvent sur l’extrême droite. Le premier ministre Orban a déclaré que les campagnes anti-Roms sont inacceptables mais il a aussitôt insisté en disant que les Roms étaient obligés de s’intégrer.
Suite à une motion déposée par le Jobbik, le parlement hongrois a amendé dernièrement le Code criminel du pays pour rendre passible d’un an de prison toute calomnie de la « Sainte couronne » et des symboles d’Etat tels l’hymne et le drapeau national ainsi que les armoiries. Le Fidesz dispose d’une majorité des deux tiers au parlement.
L’augmentation de la violence droitière, tolérée et/ou soutenue par le parti au pouvoir, est une réponse à la crise économique et sociale qui ne cesse de s’aggraver en Hongrie. Le pays est en proie à la récession et est confronté à une inflation en hausse. En juillet, le taux d’inflation était de 5,8 pour cent, bien au-dessus des attentes des experts. La principale cause de l’inflation élevée est l’augmentation spectaculaire des prix des denrées alimentaires.
Les conditions de vie de la majorité des Hongrois sont de plus en plus intolérables en raison des coupes drastiques imposées par le gouvernement Orban et de l’inflation élevée. Selon les données émanant fin juin de la Banque nationale hongroise, 16,3 pour cent de tous les prêts détenus par les ménages étaient jugés « non performants », ce qui signifie que les débiteurs sont en retard de paiement d’au moins 90 jours pour au moins une tranche. Il y a un an ce chiffre était de 11 pour cent.
Les principales raisons avancées par la Banque nationale hongroise pour cette augmentation de « mauvaises créances » sont un chômage élevé et la baisse du revenu disponible pour la plupart des débiteurs. Ce revenu a baissé en raison de la hausse de l’impôt, de l’impact du taux d’imposition uniforme pour les faibles revenus et la hausse de l’inflation. Si le forint continue de chuter face à l’euro, la situation continuera d’empirer.
(Article original paru le 5 septembre 2012)
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MessageSujet: Ségrégations Italiennes   Jeu 13 Sep - 10:48

En Italie, les Roms restent soumis à la ségrégation, sans perspective de changement
Les lois, politiques et pratiques discriminatoires qui marginalisent les membres de la communauté rom en Italie doivent être modifiées de toute urgence, a déclaré Amnesty International dans un rapport publié le 12 septembre.

Les lois, politiques et pratiques discriminatoires qui marginalisent les membres de la communauté rom en Italie doivent être modifiées de toute urgence, a déclaré Amnesty International dans un rapport publié le 12 septembre.

Ce rapport, Marginalisation : expulsions forcées et ségrégation en Italie, dénonce l'incapacité permanente des autorités italiennes à faire respecter les droits des Roms.

Il y a plus de dix mois que les lois d'urgence visant les Roms, dites « Urgence Nomades », ont été déclarées illégales par le plus haut tribunal administratif du pays. Pourtant, il n'a été accordé ni réparation ni recours effectif aux Roms dont les droits ont été bafoués au nom de l'état d'urgence imposé durant trois ans et demi.

« Le gouvernement italien manque à ses obligations internationales comme à ses engagements auprès de la Commission européenne. Des enfants, des femmes et des hommes continuent d'être expulsés des camps où ils vivent, sans avoir été dûment consultés, sans avoir reçu de préavis ni de proposition de relogement Les personnes les plus touchées sont celles qui vivent dans des camps informels ; elles continuent d'être délogées de manière incessante », s'est indigné John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

« L'ouverture récente près de Rome du nouveau camp de La Barbuta, sur la base d'une séparation ethnique, illustre de manière criante que les autorités n'ont en rien changé leurs pratiques. »

« Certes, le gouvernement de Mario Monti ne tient pas les mêmes propos désobligeants que ses prédécesseurs. Mais pour ce qui est des actes, on ne perçoit guère de différence. »

Les promesses faites par le gouvernement de promouvoir l'égalité de traitement et d'améliorer les conditions de vie des Roms, inscrites dans la Stratégie nationale pour l'intégration des Roms présentée par l'Italie à l'Union européenne en février dernier, sont restées lettre morte : au cours de l'année, des centaines de Roms ont ainsi été expulsés de force, à Rome, à Milan, et se sont retrouvés sans abri.

Les plans de démantèlement de camps autorisés ou « tolérés » se poursuivent, sans véritable consultation et sans les garanties légales appropriées. Les conditions de vie dans la plupart des camps autorisés demeurent très mauvaises ; elles sont pires encore dans les campements informels, où l'accès à l'eau, à des installations sanitaires et à l'électricité est très limité. La ségrégation ethnique reste très présente : un grande partie des Roms sont exclus des programmes de logements sociaux.

Dans de nombreux cas, des expulsions forcées à répétition ont conduit les Roms à installer des abris faits de bric et de broc dans des lieux qui les exposent à des conditions d'une précarité extrême : accès très insuffisant à l'eau, aux installations sanitaires et à d'autres services, protection médiocre ou inexistante contre les intempéries, infestations de rats et de souris...

« Je suis très choqué. Je vivais dans un camp autorisé, je travaillais, mes enfants allaient à l'école – maintenant je n'ai plus rien », raconte Daniel, installé depuis 12 ans en Italie. Il résidait avec sa famille dans le camp autorisé de Via Triboniano, à Milan, avant d'en être expulsé de force en mai 2010. Il vit actuellement dans un camp informel à Milan.

D'après les chiffres des autorités municipales de Rome, plus de 850 personnes ont été expulsées de camps informels de la capitale au cours des six premiers mois de l'année 2012. Seules 209 d'entre elles – des mères et leurs enfants, dans tous les cas – se sont vu proposer des abris d'urgence. Ces abris n'ont été acceptés que par cinq mères et leurs neuf enfants, la majorité des personnes concernées refusant d'être séparées de leur famille.

« En Italie, les Roms restent soumis à des obstacles bureaucratiques qui leur interdisent de prétendre à des logements sociaux, dont l'offre est déjà limitée », poursuit John Dalhuisen.

« Pas plus tard que la semaine dernière, le gouvernement italien co-organisait le sixième Forum urbain mondial, qui insistait justement sur la nécessité d'améliorer la qualité de vie. Il est grand temps que les autorités italiennes tiennent enfin compte de leurs obligations internationales ; elles doivent faire en sorte d'améliorer la qualité de vie des Roms vivant dans des camps autorisés ou informels, en leur fournissant un logement adéquat, qui leur revient de droit. Il faut permettre aux familles roms de s'intégrer, et ainsi devenir des membres à part entière de la société. »

Amnesty International recommande également à la Commission européenne d'entamer contre l'Italie une procédure pour atteinte aux droits humains, en particulier, pour son non-respect du droit des Roms à un logement convenable, au titre de la directive de l'UE sur l'égalité raciale.

Décisions de justice
Il est permis d'espérer une amélioration de la situation des droits des Roms en Italie, à la suite de deux décisions de justice récentes portant sur des cas d'expulsions forcées et de ségrégation de membres de la communauté Rom.

Le 31 juillet 2012, le maire de Rome avait ordonné la fermeture du camp de Tor de' Cenci, où vivaient depuis 1996 des Roms originaires de Bosnie et de Macédoine ; la raison officiellement invoquée était le manque d'hygiène et les risques pour la santé des habitants de ce camp de la banlieue sud de la capitale.

Mais les autorités n'ont fait que deux propositions de relogement. Il s'agit des camps de La Barbuta et de Castel Romano, tous deux basés sur une ségrégation ethnique, et situés à distance importante de la ville — et donc coupés des services essentiels.

À la suite d'une requête de quelques-unes des familles restées dans le camp de Tor de' Cenci, le tribunal administratif du Lazio a prononcé le 27 août la suspension temporaire de l'ordre d'expulsion pris par le maire, en rappelant aux autorités qu'il est de leur responsabilité de maintenir des conditions d'hygiène et de sécurité adéquates dans le camp jusqu'à ce que le tribunal ait pu prendre une décision définitive quant aux expulsions.

Entre-temps, de la fin du mois de juillet jusqu'au début du mois d'août 2012, 200 personnes environ ont été transférées de Tor de' Cenci au camp de La Barbuta, une bande de terrain isolée située entre une voie de chemin de fer, le périphérique de Rome et les pistes de l'aéroport de Ciampino.

Le 4 août 2012, le tribunal civil de Rome a accédé à la demande de plusieurs ONG locales, en ordonnant l'interruption, à titre de précaution, des nouveaux transferts de Roms à La Barbuta, le temps que soient examinées les plaintes concernant la nature discriminatoire des logements proposés dans le nouveau camp.

Voir aussi :
. The wrong answer – The ‘Nomad Plan' violates Roma housing rights in Rome (11 mars 2010) ;
. Italy: ‘Zero tolerance for Roma' (29 novembre 2011) ;
. Italy's discriminatory treatment of the Roma breaches EU Race Directive (5 septembre 2012).
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MessageSujet: Quand va-t-on protéger les ROMS ????   Sam 15 Sep - 1:55

Un afflux de Roms dans un village grec vire au pugilat
Grèce


Le maire de la ville de Lamia, dont dépend administrativement le village d’Anthili, a organisé mercredi 12 septembre une réunion suite aux doléances de certains habitants. Ces derniers reprochaient aux Roms de voler leurs outils agricoles et d’être un peu trop portés sur la boisson, ce qui, selon eux, engendraient des nuisances sonores et des dégâts matériels dans la commune. Deux semaines auparavant, l’édile avait ordonné la fermeture d'un camp important au nord de Lamia, entraînant de fait l’arrivée massive de Roms dans la commune.

En Grèce, les Roms forment une communauté d’environ 250 000 personnes. Dispersés dans tout le pays, ils vivent principalement dans les banlieues. Certains d’entre eux ont conservé leurs coutumes et leurs traditions qui reposent sur le nomadisme. Mais beaucoup ont adopté un mode de vie sédentaire et urbain. Les Roms nomades installés dans des campements vivent à la marge de la société et sont régulièrement victimes de discriminations.

Le problème le plus récurrent auquel est confronté cette communauté est le logement. De nombreux Roms habitent sous des tentes installées sur des propriétés qui ne leur appartiennent pas, ce qui entraîne parfois des expulsions.

Les photos et la vidéo ont été prises par notre Observateur.




CONTRIBUTEURS

Nick Parmenopoulos

"La crise économique a attisé la haine des Grecs vis-à-vis des Roms"


Nick Parmenopoulos vit à Lamia et travaille pour le site en ligne alternatif Altpress Fthiotida. Il a filmé plusieurs vidéos des échauffourées à Anthili.


Les Roms du village n'avaient pas été conviés à la réunion, mais ils ont décidé d'y aller quand même. Ils estimaient que c’était parfaitement normal car le sujet les concernait directement. Mais quand ils sont arrivés à la mairie, des villageois particulièrement remontés les ont empêché de rentrer, une bagarre a alors éclaté. Une douzaine de membres d’Aube Dorée [un groupe d'extrême droite de plus en plus populaire auprès de l’opinion publique depuis que la Grèce est frappée par la crise économique], issus de la section de Lamia, étaient présents ce jour-là, et bien décidés à en découdre. Mais leur chef les a enjoints de ne pas prendre part aux échauffourées. Ils étaient venus à la réunion parce qu’une unité locale de leur parti politique leur avait demandé d'en assurer la sécurité. Ils se sont donc contentés de regarder. C’est la police qui est intervenue et qui a mis fin à la rixe. Heureusement, personne n'a été grièvement blessé.



Une frange importante de villageois est en colère non seulement contre les Roms, mais aussi contre le maire George Kotronias car c'est lui qui a ordonné la fermeture du camp au nord de Lamia, communément appelé Xireas. Les Roms vivaient dans ce camp à l'abandon depuis plus de trois décennies, environ 200 familles y avaient leur toit. Quand ils ont été chassés, beaucoup de ces familles ont rejoint des amis ou des parents, à Anthili, propriétaires de logements à la périphérie du village. Une vingtaine de familles avaient pu acheter ces maisons il y a une dizaine d’années grâce à des subventions accordées à l’époque par l'Union européenne.

Parmi les villageois qui se sont déplacés à la réunion, beaucoup ont déploré qu’il y ait encore plus d’enfants Roms qu’auparavant dans les salles de classe et que ces derniers étaient sales, malades, etc. Le directeur de l'école a essayé de leur faire comprendre que la loi les autorisait à aller à l’école au même titre que les autres, ce qui lui a valu des cris de protestation.

Le maire a indiqué qu’il avait fait appel à un avocat pour que les Roms nouvellement arrivés soient relogés dans un nouveau camp. Mais j'ai visité le camp en question, il pourra tout au plus accueillir dix à quinze familles…



La crise économique a attisé la haine des Grecs vis-à-vis de cette communauté. Beaucoup d'entre eux sont persuadés qu’en plus d’être des malfrats – ce qui ne concerne selon moi qu’une minorité– ils profitent des aides sociales données par le gouvernement. Pourtant, les mesures d'austérité que le pays a subies ces derniers mois a considérablement diminué ces subsides.

Aujourd’hui, Athili bruit des rumeurs les plus folles. Il se dit que des centaines de membres d’Aube Dorée projettent de faire irruption dans le village pour brûler vivants des Roms. Mais aussi que les Roms vont agresser des villageois. Bref, tout le monde a peur de tout le monde.

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