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 Le calvaire des roms

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MessageSujet: Interpellation houleuse dans un camp de Roms   Mer 3 Fév - 5:18

Interpellation houleuse dans un camp de Roms
mercredi 03 février 2010


Une centaine d'uniformes pour une arrestation mouvementée, hier, à Rezé, après une tentative de cambriolage.
En rentrant chez elle, elle est tombée sur les cambrioleurs. Il était 10 h 30 et cette habitante de La Planche (dans le vignoble nantais) a eu la présence d'esprit de noter précisément le signalement de la Mazda rouge. Celle avec laquelle les trois intrus venaient de prendre la fuite. Précieux renseignement, plus encore que ce qu'elle imaginait de prime abord. Car un véhicule ressemblant en tout point avait déjà été repéré sur d'autres cambriolages, ces jours derniers.

Un peu plus tard, les gendarmes en surveillance à Rezé vont retrouver la Mazda. Ils la prennent en chasse et la course-poursuite les emmène jusqu'à un camp installé par des Roms sur le terrain des anciens abattoirs, à Rezé. Ils savent qu'une interpellation, au milieu des caravanes, est mission périlleuse. Et demandent le soutien des policiers. Accordé : au total, une centaine de représentants des forces de l'ordre prennent position sur le site.

Le passager arrière de la voiture est menotté, la femme aussi. Elle parvient à s'enfuir, est rattrapée... Mais la pression monte. Le troisième homme, torse nu, attrape l'enfant de la jeune mère menottée. Le petit, 4 ans, est installé sur ses épaules. L'homme se saisit d'un morceau de verre, menace de se lacérer. Il commence d'ailleurs à s'entailler. « Un gendarme a tenté de le raisonner », indique une source proche de l'enquête. Le risque pour lui-même, comme pour l'enfant, devient trop grand, estiment les responsables de l'opération. Malgré l'enfant juché sur son dos, un taser est utilisé pour neutraliser le cambrioleur présumé. L'homme tombe. Le petit aussi, de plus haut. Dans la chute, il se blesse légèrement et est conduit au CHU, en compagnie de sa mère. Il était encore en observation hier soir.

Les trois suspects ont été placés en garde à vue. L'enquête se poursuit, notamment pour comprendre si cette même équipe s'était déjà rendue coupable de plusieurs autres cambriolages, encore non élucidés, commis notamment dans des départements limitrophes.
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MessageSujet: Genève veut empêcher la mendicité des enfants roms, quitte à les séparer de leurs parents   Ven 5 Fév - 7:14

Genève veut empêcher la mendicité des enfants roms, quitte à les séparer de leurs parents
LE MONDE | 04.02.10 | 16h14 • Mis à jour le 04.02.10 | 16h14



En ce début d'après-midi, le froid est mordant à Genève. Stella, 42 ans, et sa fille Simona, 17 ans, arrivées il y a une semaine d'Aiud, ville du centre-ouest de la Roumanie pour mendier, n'ont, depuis ce matin, récolté que six francs suisses (4 euros).

Les deux femmes roms ont joué au chat et à la souris avec la police genevoise, autour de la gare de Cornavin. Elles font désormais le pied de grue dans la galerie marchande. Cette nuit, elles dormiront dans un abri de la protection civile. "Avant, ça rapportait plus. Maintenant, on reçoit juste de quoi manger et encore", explique Stella, qui en est à son troisième séjour à Genève et dit d'un air las être "au courant des dernières mesures".
D'accord, pas d'accord ? Réagissez à l'article que vous venez de lire
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Durcissement de la loi

Janvier 2004. Un accord entre la Suisse et la Roumanie supprime l'obligation de visas.

Novembre 2007. Le canton et la ville de Genève présentent un plan d'action contre la mendicité prévoyant le contrôle, le recensement des mendiants et l'évacuation de leurs abris de fortune.

Janvier 2008. Nouvelle loi cantonale interdisant la mendicité.

Novembre 2009. Opération de destruction des campements roms menée par la police.

Décembre. L'association genevoise Mesemrom fait annuler des milliers d'amendes notifiées illégalement dans la Feuille d'avis officiel (FAO), alors que les Roms sont pour la plupart analphabètes.
Sur le même sujet
Les forces de l'ordre ont évacué, mardi 28 août 2007, un campement de Roms, à Vénissieux, dans le Rhône.
Point de vue Roms d'Europe en France : les "raccourcis historiques" de M. Chopinaud, par Mathieu Rouault
Point de vue Le purgatoire français des Roms d'Europe, par Pierre Chopinaud
Reportage De trottoirs en terrains vagues, le parcours de familles roms à Montreuil
Les faits A Montreuil, un mur érigé pour empêcher l'installation de Roms
Récit multimédia Point d'ancrage : la vie d'une famille rom

Le 21 janvier, par voie de communiqué, le Conseil d'Etat (le gouvernement cantonal) annonçait "des mesures pour protéger les enfants mendiants à Genève", en chargeant la police de les interpeller et de les conduire au service de protection des mineurs pour évaluer "leur situation familiale et sociale". Les mineurs pourront alors être placés en foyer et éventuellement scolarisés. Et si leur sécurité est en cause, leurs parents pourraient se voir retirer le droit de garde. Ces derniers seront par ailleurs dénoncés au procureur général pour "avoir mis en danger la santé de leurs enfants en les utilisant pour mendier sur la voie publique".

Depuis quelques années, les autorités genevoises se sont ainsi attaquées au "problème" des mendiants roms, apparu dans plusieurs grandes villes depuis la suppression, en 2004, de l'obligation de visa entre la Roumanie et la Suisse. Le phénomène est encore marginal, mais porteur électoralement. A Genève, ceux qui mendient viennent principalement de trois villes du département d'Alba, en Transylvanie. Sédentarisés en Roumanie, ils font plusieurs allers-retours dans l'année, en famille, fuyant la misère et les discriminations qui les empêchent d'envoyer leurs enfants à l'école.

Ils sont environ 70 personnes en hiver et 150 à 200 aux beaux jours, échappant aux réseaux mafieux comme l'a démontré une enquête des autorités genevoises. Mais "la vue de mendiants concentrés dans le centre-ville, à des endroits de grand passage, choque les gens", reconnaît Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la police cantonale.

D'autant plus que Genève a connu aux alentours de Noël un fort afflux d'enfants roms. Charles Beer, ministre socialiste de l'instruction publique, s'est ému publiquement du spectacle d'un mineur de 12 ans mendiant à genoux devant un magasin, par un froid glacial, expliquant que son but était "d'assurer la dignité de ces enfants durant leur séjour à Genève", et même d'en scolariser certains.

"Bons sentiments"

Pour Dina Bazarbachi, avocate et directrice de Mesemrom, association genevoise de défense des Roms, "cette annonce pleine de bons sentiments et faite sans concertation" s'inscrit dans un contexte de plus en plus répressif. Fin 2007, la nouvelle loi cantonale contre la mendicité a de facto criminalisé les mendiants roms, qui sont passibles de lourdes contraventions, convertibles en peine de prison s'ils ne s'en acquittent pas. Plus de 8 000 amendes ont été dressées. En 2009, la police a détruit systématiquement les abris de fortune considérés comme des "déchets".

Ces nouvelles mesures pour la protection des enfants rappellent "une page très sombre de l'histoire suisse", estime Mme Bazarbachi. De 1926 à 1976, la fondation Pro Juventute avait été chargée par Berne de sédentariser de force les enfants des Jenisch, les Tziganes suisses, arrachant 800 mineurs à leur famille.

Le 22 janvier, une femme rom redevable de 2 000 francs d'amende convertie en 22 jours de peine privative de liberté, a été interpellée dans un refuge de l'Armée du salut ; ses enfants de 9 et 6 ans ont été placés dans un foyer et le dernier de 3 ans envoyé à l'hôpital. "Nous sommes intervenus pour la faire libérer et récupérer les enfants", raconte Mme Bazarbachi. La famille, terrorisée, est partie pour Annecy. Depuis, les enfants mendiants ont quasiment disparu des rues de Genève. Mais tout le monde s'attend à leur réapparition dans quelques semaines.

Les autorités genevoises, elles, sont prudentes. La police dit attendre la constitution de "patrouilles spécifiques" pour intervenir. Pierre-André Dettwiler, de la direction générale de l'office de la jeunesse, précise que si les Roms "font cesser la mendicité de leurs enfants, aucune mesure d'autorité ne sera prise". Où iront alors les mineurs ? Au chaud, dans des foyers, répond le fonctionnaire, alors que les moins de 5 ans pourraient être accueillis dans un centre spécial. De scolarisation, il n'est, pour l'instant, plus question.
Agathe Duparc
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MessageSujet: Dominique Voynet interpelle le gouvernement sur la situation des Roms en Seine-Saint-Denis   Ven 5 Fév - 10:43

Dominique Voynet interpelle le gouvernement sur la situation des Roms en Seine-Saint-Denis

Blog de Dominique Voynet - 05/02/2010 11:05:00

Après avoir déjà alerté le Premier Ministre sur ce même sujet, Dominique Voynet a de nouveau interpellé le gouvernement mardi 2 février, par le biais d'une question orale cette fois-ci. Retrouvez également la réponse d'Eric Besson, ministre de l'immigration et de l'identité nationale, ainsi que la réplique de Dominique Voynet.

Dominique Voynet : Monsieur le ministre, des milliers de personnes sont en situation d'errance dans mon département, la Seine-Saint-Denis, dont plusieurs centaines à Montreuil, la ville dont je suis maire. Parmi ces personnes, souvent issues des diverses communautés Roms, se trouvent de nombreuses familles avec enfants.

Chassées de la capitale ou expulsées d'autres villes voisines, elles n'ont souvent d'autre choix que de se réfugier dans les rues, les parcs publics ou les terrains en friche, dans des conditions extrêmement précaires et inacceptables d'un point de vue sanitaire. L'enchaînement implacable des squats et des expulsions interdit toute prise en charge sérieuse de ces populations.

Nous la connaissons bien la règle qui leur est applicable. Le séjour de ces citoyens européens est autorisé pour une durée de trois mois ; ceux d'entre eux qui bénéficient d'une autorisation de séjour, parce qu'ils exercent des professions figurant sur la liste des métiers autorisés, peuvent rester en France ; quant aux autres, ils sont invités à rejoindre leur pays d'origine, avec ou sans pécule, sur des bases plus ou moins volontaires.

Mais cette stratégie ne peut qu'échouer face à des populations et des familles par définition mobiles, qui vont de région en région, de commune en commune, au rythme des saisons... ou des expulsions.

À Montreuil, nous sommes convenus, avec le soutien de l'État, de mettre en place une maîtrise d'oeuvre urbaine et sociale - MOUS - pour prendre en charge quelques centaines de personnes dont il est avéré qu'elles vivent à Montreuil depuis plusieurs années, voire une décennie. Si ce dispositif d'insertion sociale et professionnelle donne des résultats encourageants en matière de scolarisation des enfants, de santé, d'apprentissage du français, de bilan professionnel pour les adultes, les difficultés restent considérables.

Permettez-moi d'insister ici sur deux d'entre elles.

La première est celle des coûts : bien que l'État prenne à sa charge une petite part du financement de la MOUS, et bien que la région et le département soient des partenaires fiables, l'essentiel des coûts reste à la charge de la ville, qui n'y peut mais. Qu'il s'agisse d'aménager les terrains et d'en assurer le gardiennage ou de prendre en charge durablement les populations, notamment sur le plan sanitaire, nous pâtissons du manque de moyens.

L'autre difficulté est liée par l'arrivée quasi quotidienne de nouvelles familles, au rythme des expulsions décidées dans d'autres communes, ce qui suscite l'incompréhension des habitants de notre ville tout en minant nos efforts auprès des populations que nous avons décidé de prendre en charge.

Je voudrais donc, monsieur le ministre, que vous m'indiquiez les moyens que le Gouvernement entend mobiliser, au-delà de son habituel discours de fermeté, pour aider les ONG et les communes à répondre à l'urgence humanitaire ou sanitaire, ainsi qu'à mettre en place des solutions d'hébergement dignes.

En effet, les dispositifs sociaux d'accueil traditionnels sont engorgés ; les dispositifs spécifiques, quant à eux, sont absents. À ce sujet, je tiens à votre disposition un courrier envoyé à la section UMP de ma ville par le préfet de mon département, dans laquelle apparaît au grand jour le fossé qui existe, en la matière, entre les discours et les actes.

Éric Besson : Je rappellerai tout d'abord, madame la sénatrice, que pas moins de sept ministres sont directement impliqués par la situation des Roms en France, ce qui témoigne déjà de l'engagement de l'État, aux côtés des collectivités locales, sur cette question.

Permettez-moi, en préambule, de souligner deux points importants.

Premièrement, si les ressortissants roumains et bulgares bénéficient, depuis le 1er janvier 2007, de la liberté de circulation, ils doivent posséder, comme tous les ressortissants des États membres de l'Union, des ressources suffisantes et d'une couverture sociale pour séjourner en France.

Deuxièmement, à la différence des autres travailleurs de l'Union, les ressortissants bulgares et roumains ne bénéficient pas de la liberté pleine et entière d'installation : pour exercer une activité professionnelle salariée, il leur faut obtenir un titre de séjour et une autorisation de travail. Toutefois, 150 métiers, représentant 40% du marché du travail, leur sont librement accessibles, sans opposition possible de la situation de l'emploi.

Par ailleurs, tout en saluant l'implication des collectivités locales, je veux ici insister sur le rôle de l'État.

Avant tout, l'État soutient effectivement des actions d'accueil, de relogement d'urgence et d'intégration des populations Roms qui sont autorisées à rester sur le territoire français. Concernant votre département, la Seine-Saint-Denis, on peut citer l'expérience des cinq « villages d'insertion » engagée depuis 2007 à Saint-Denis, Aubervilliers, Saint-Ouen, Bagnolet et à Montreuil. Le préfet de la Seine-Saint-Denis mobilise l'ingénierie et les moyens budgétaires de l'Etat, pour accompagner les efforts des collectivités locales, à hauteur de 50%.

Conscient des difficultés que posait à la ville la présence nombreuse de Roms à Montreuil, l'Etat s'est engagé en juin 2009, dans le cadre d'un travail étroit avec vos services, à cofinancer pour moitié le fonctionnement de la MOUS et la gestion locative des sites, afin d'accompagner l'insertion sociale et économique et le relogement de 350 personnes d'origine Rom.

Des rapatriements humanitaires sont parallèlement organisés par l'office français de l'immigration et de l'intégration, l'OFII. Une aide financière est accordée dans ce cadre. Outre l'organisation du retour, les personnes concernées bénéficient d'une aide de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant mineur. Entre le 1er janvier et le 31 octobre 2009, sur 10 443 bénéficiaires, 8 684 étaient roumains et 715, bulgares. Cette charge financière, je le précise, repose non pas sur les communes mais exclusivement sur le budget de l'OFII, opérateur du ministère dont j'ai la charge.

Enfin, nous avons créé un dispositif d'aide à la réinsertion géré par l'OFII en Roumanie, prévoyant notamment un accompagnement social en cas de besoin pour les familles en difficulté ainsi que la mise en place d'une aide financière au démarrage de projets économiques à hauteur de 3 660 euros par projet. Depuis 2007, ce sont 321 projets économiques qui ont été acceptés en financement par l'OFII, permettant à des candidats au retour de se réinsérer en Roumanie et d'y créer une activité économique.

À cela s'ajoute une contribution importante de la France au budget européen au profit de la Roumanie et de la Bulgarie, en particulier à travers les fonds structurels.

Je souhaite également signaler que, dans le cadre de la présidence espagnole de l'Union Européenne et en préparation du deuxième sommet européen sur les Roms, qui se tiendra à Cordoue le 8 avril prochain, la France fera des propositions concrètes à ses partenaires européens pour oeuvrer à une meilleure intégration des Roms dans leur pays d'origine

On ne peut donc pas, madame la sénatrice, parler de désengagement de l'État en ce qui concerne la prise en charge de ces populations. C'est un problème complexe, comme vous le savez ; mais le Gouvernement a pris le parti d'en traiter le fond, et non les conséquences.++

Dominique Voynet : Monsieur le ministre, j'ai veillé à ne pas évoquer le « désengagement de l'État », précisément pour vous épargner les lamentations rituelles et les gimmicks de séance. J'admets tout à fait que l'État a pris une partie du fardeau à sa charge pour ce qui concerne les Roms de Montreuil. Si je souhaitais vous interpeller, c'est parce qu'il me semble que vous n'avez pas bien mesuré la complexité et l'incohérence des dispositifs existants.

Tout d'abord, les Roms ne sont pas des ressortissants roumains et bulgares comme les autres. En effet, ils constituent une minorité nationale discriminée, comme l'ont reconnu à la fois le Conseil de l'Europe, le Parlement européen et la Commission européenne elle-même. Cette dernière a d'ailleurs consacré à ces populations des colloques et des réflexions tout à fait intéressantes, sans toutefois proposer, hélas, de dispositifs suffisamment concrets.

Ensuite, il me semble que nous sommes soumis à des injonctions paradoxales. D'un côté, le droit nous oblige à prendre en charge ces populations en leur fournissant un certain nombre de prestations élémentaires, notamment en matière de scolarisation ou d'accès à l'eau. D'autre part, nous sommes invités par le préfet à ne pas nous montrer trop disponibles envers ces personnes, dont on nous dit qu'elles n'ont pas vocation à rester en France.

J'aimerais donc que le discours du Gouvernement soit cohérent et que les communes qui accueillent ces populations, tout simplement parce qu'elles sont chassées d'autres communes, puissent disposer de moyens suffisants pour assurer la salubrité des lieux où ces familles sont installées et la scolarisation de leurs enfants. Car il ne faut pas oublier que la politique migratoire est essentiellement définie à un autre niveau que celui des communes et qu'elle s'impose à ces dernières dans des conditions qui mériteraient, d'ailleurs, d'être discutées.
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MessageSujet: Un enfant brûlé vif dans un camp   Lun 8 Fév - 15:58

Dimanche soir, peu avant 20 heures, un incendie s'est déclaré sur un terrain communal, voie du Bouvray à Orly, où des Roms avaient installé sept cabanons depuis environ un an. Les flammes, qui ont ravagé deux cabanons et en ont endommagé un troisième, ont coûté la vie à un petit garçon, Stephan, qui venait d'avoir trois ans.
Sa petite soeur, Francesca, âgée de 2 ans, a, elle, été très grièvement brûlée au visage, son pronostic vital était engagé d'après les médecins de l'hôpital Trousseau où elle a été conduite en urgence. Deux adultes, un homme de 28 ans et une femme de 22 ans, ont été eux, plus légèrement blessés et souffrent de brûlures aux bras. Quelques instants après le drame, la maire d'Orly (DVG), Christine Janodet, présente sur place, a fait ouvrir le gymnase Paul-Eluard, situé tout près, pour héberger les sinistrés, au nombre d'une vingtaine. La psychologue de l'école a été sollicitée pour venir soutenir la petite communauté.
Selon le collectif Romeurope, cet incident serait accidentel. Le collectif évoque dans un communiqué, «l'horreur qui s'est installée, et un chagrin immense», et «se demande toujours comment il se fait que malgré ces drames réguliers (Bobigny, Lyon,...) les pouvoirs publics continuent d'expulser ces familles sans les reloger... les maintenant dans une précarité dangereuse et indigne». Il juge «de la responsabilité de la préfecture d'organiser d'urgence une réunion, associant les familles roms et les associations, afin de trouver des solutions de relogement durables pour toutes les personnes qui vivent dans des conditions d'habitat indignes sur le Val-de-Marne».
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MessageSujet: Toni Gatlif   Lun 8 Fév - 15:59

Son chemin mène aux Roms



Vendredi soir lors de l'avant-première du film Liberté, le réalisateur Tony Gatlif est venu à la rencontre du public rouennais pour présenter son dernier opus sur le monde gitan. Sa tournée de promotion du film commence à peine. Mais, en débattant avec le public, il souhaite enseigner l'histoire de ces Roms qui furent déportés par milliers pendant la seconde guerre mondiale par les nazis et la complicité du régime de Vichy : « Lorsque j'ai présenté ce film à Montpellier et à Lille ces dernières semaines, le public a été véritablement ému et s'est trouvé désarmé ne comprenant pas pourquoi cette partie de l'Histoire a été occultée. »

Du cinéma engagé
« Ce film n'a pas la prétention d'être un documentaire. C'est un témoignage et je veux faire comprendre que l'histoire de ce peuple diabolisé depuis le Moyen Âge fait partie de notre patrimoine », assure le réalisateur.
« J'espère que ce long-métrage aura également une dimension pédagogique. Il faut que nos enfants sachent qu'un peuple neutre ait pu être exterminé sur des critères raciaux car il est toujours possible que l'histoire se répète. »
Le public Rouennais a accueilli le cinéaste sous les bravos et Tony Gatlif a évoqué le mode de vie de ce peuple si viscéralement libre que le mot « liberté » n'existe pas dans leur langue. Même si le sujet est grave, Tony Gatlif a évité tous les travers voyeuristes et filme les gitans avec beaucoup de dignité et de pudeur : un cinéma engagé donc, mais également un sujet qui vise à l'universalité porté par une musique « brisée » écrite au jour le jour tout au long du tournage.


Dans les salles le 24 février.
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MessageSujet: Les Tsiganes, une réalité humaine à découvrir   Lun 8 Fév - 16:01

Les Tsiganes, une réalité humaine à découvrir
lundi 08 février 2010



Prof de géographie sociale à l'Université d'Angers, Samuel Delépine présente cette réalité, mardi. Auteur de Quartiers tsiganes, il bat en brèche les images qui leur collent aux basques.
Entretien

Qui sont les Tsiganes de France ?

Avant tout, ce sont des citoyens français. « Gens du voyage », c'est un statut administratif. Pour l'obtenir, il faut être Français et avoir un habitat mobile. N'importe qui peut donc devenir « gens du voyage ». Ensuite, ce sont en grande majorité des Manouches ou des Gitans. Mais, personnellement, je refuse l'approche ethnique parce que ça ignore l'extraordinaire diversité des familles.

Quelle est la différence entre Manouche et Gitan ?

À l'origine, c'est un seul peuple qui a migré de l'Inde. Les Manouches forment le groupe qui est arrivé en Europe occidentale. Les Gitans celui du sud de la France et de la péninsule ibérique. Ceux-là sont passés par l'Égypte, d'où le mot gipsy en anglais puis gitan. Ils ont traversé l'Afrique du nord et le détroit de Gibraltar. Quant aux Roms, ils se sont arrêtés en Europe de l'Est. En Roumanie, Hongrie, Bulgarie, Slovaquie et dans les Balkans.

Et les Tsiganes ?

Tsiganes, c'est un mot qui englobe tous les groupes. Mais les leaders roms n'aiment pas ce mot-là car il renvoie à l'esclavage, qui a duré cinq siècles en Roumanie. Jusqu'en 1856.

C'est là que vous avez fait votre thèse ?

Oui. J'y ai passé quatre mois par an pendant cinq ans. Les Tsiganes ne m'intéressaient pas particulièrement. J'étais parti pour étudier la géographie urbaine. Mais j'ai été très vite interpellé par la présence de grands quartiers roms. Et mon directeur de thèse, l'Angevin Jean-Baptiste Humeau, est... un spécialiste des Tsiganes de France. C'est donc très naturellement que je me suis spécialisé dans ce sujet.

Vous parlez de « quartiers » ? Les Roms ne sont pas itinérants ?

Non. Dans toute l'Europe de l'Est, ils sont sédentaires. On trouve des quartiers de 15 000 personnes dans les grandes villes comme Bucarest. Ils vivent plutôt en maisons mais parfois dans des grands ensembles.

Et en France ?

Seulement la moitié sont itinérants. Mais ils vivent dans ce que J.-B. Humeau a appelé « des polygones de vie » : des parcours organisés autour d'un centre économique. Pour la plupart, en Anjou, ils se déplacent de terrain en terrain dans l'agglo. Et scolarisent leurs enfants à Angers. Ils ne voyagent pas dans toutes les directions. Seulement pour des raisons familiales ou à l'occasion de fêtes religieuses, des familles viennent de plus loin et transitent par ici.

Combien sont-ils ?

250 000, pour un total de dix millions en Europe.

De quoi vivent-ils, en France ?

Nombreux sont artisans : maçons, élagueurs, mécaniciens. Ou commerçants sur les marchés : la majorité vend des vêtements. Les salariés sont forains. Le travail saisonnier a beaucoup diminué, parce qu'il n'y a pas d'aire d'accueil dans les campagnes. Certains ont des pratiques de subsistance, autour du ferraillage et de la récupération. Beaucoup sont chômeurs. Une partie vit dans une grande précarité, sur des terrains inondables et dans des caravanes qui ne peuvent plus rouler.

Ils paient des impôts ?

Bien sûr, selon les mêmes critères que tout citoyen français !

Toutes les villes de plus de 5 000 habitants doivent aménager une aire d'accueil, qu'en est-il ?

La loi n'est pas respectée : le Var, par exemple, n'en a qu'une ! L'Ouest a fait de gros efforts. Angers est relativement bien équipée par rapport à la plupart des grandes agglomérations. Mais, au regard du nombre de familles installées, c'est insuffisant.
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MessageSujet: Mort d'un second enfant après l'incendie d'un camp rom à Orly   Mar 9 Fév - 15:45

Société
Mort d'un second enfant après l'incendie d'un camp rom à Orly
AP | 09.02.2010 | 16:20

Une fillette d'un an grièvement brûlée dimanche dans l'incendie d'une caravane dans un camp de Roms à Orly (Val-de-Marne) est décédée mardi matin à l'hôpital, a-t-on appris de sources policière et judiciaire. Son frère de trois ans avait pour sa part péri oeu après le drame.

Pour une raison encore indéterminée, le feu a pris dimanche vers 20h dans ce camp où vivent une vingtaine de personnes et a brûlé des caravanes et des cabanons. Les parents des victimes, âgés de 21 et 27 ans, ont été légèrement blessés mais leur état n'inspire pas d'inquiétude.

Les sinistrés ont été recueillis dans un gymnase de la commune où ils ont passé la nuit. Une enquête a été confiée au commissariat local. AP
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MessageSujet: non-scolarisation de milliers d'enfants roms en France, un chiffre évalué par l'association Romeurope entre 5 à 7.000.   Mer 10 Fév - 16:36

Plusieurs députés et sénateurs de gauche ont dénoncé mercredi devant la presse la non-scolarisation de milliers d'enfants roms en France, un chiffre évalué par l'association Romeurope entre 5 à 7.000.

Après l'incendie d'un camp de Roms dimanche à Orly (Val-de-Marne) dans lequel deux jeunes enfants ont trouvé la mort, parlementaires et membres du Collectif pour le droit des enfants roms à l'éducation ont dénoncé les conditions de vie précaires de la plupart des familles roms en France (quelque 10 à 15.000 personnes).

Originaires de différents pays de l'Europe de l'est, mais à 90% de nationalité roumaine, les Roms (distincts des gens du voyage qui sont citoyens français) bénéficient théoriquement des mêmes droits que les autres communautaires, excepté l'accès au salariat pour une période transitoire censée s'achever fin 2011.

En pratique, l'accès au marché du travail leur étant quasi impossible, ils vivent dans une grande précarité et ne peuvent bénéficier des prestations sociales soumises à des conditions de séjour régulier.

Selon le Collectif pour le droit des enfants roms, "l'exclusion de l'école constitue presque la norme pour les enfants roms présents en France, plus encore qu'en Roumanie".

Des enfants roms accompagnés d'éducateurs et de membres d'associations étaient venus témoigner, devant les parlementaires, des difficultés de logement et de scolarisation qu'ils rencontrent. Parmi les parlementaires figuraient les députés François de Rugy et Noël Mamère (Verts) ainsi que les sénateurs Michel Billout et Odette Terrade (PCF).

Christophe Robert, de la Fondation Abbé Pierre, a fait valoir "la violence sociale" qui s'abat sur cette communauté, "due à l'absence de politique du logement". Il a en particulier dénoncé le "traitement policier du problème" avec les expulsions dont ils sont victimes.

Plusieurs associations avaient fait état, fin décembre, de l'expulsion "d'environ 2.200 habitants de bidonvilles", des Roms, au cours des deux mois précédents en Ile-de-France.

Plusieurs éducateurs spécialisés ont fait état des difficultés administratives pour faire inscrire des enfants roms au collège et plus encore dans certaines écoles dépendant des communes souvent récalcitrantes à l'accueil des Roms.
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MessageSujet: Trafic d'êtres humains": un secrétaire d'Etat français en Roumanie   Mer 10 Fév - 16:38

Trafic d'êtres humains": un secrétaire d'Etat français en Roumanie

PARIS - Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche se rend jeudi et vendredi à Bucarest pour des consultations sur "le trafic d'être humains" et "l'intégration des minorités", a annoncé mercredi le Quai d'Orsay.

Au menu des discussions devrait figurer l'immigration clandestine de milliers de roms en France, dans des conditions sociales très précaires, qui préoccupe le gouvernement et diverses municipalités françaises, avait indiqué lundi M. Lellouche.

Lors d'une visite lundi d'un centre de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à Paris, il avait expliqué vouloir parvenir à une meilleure concertation avec Bucarest pour endiguer "un trafic d'êtres humains qui touche des enfants et des personnes âgées".

Un trafic, avait-il dit, qui constitue "un dévoiement du principe de la libre circulation" au sein de l'Union européenne.

Le secrétaire d'État s'entretiendra avec le Premier ministre Emil Boc, le vice-Premier ministre Marko Bela, le ministre des Affaires étrangères Teodor Baconschi et son homologue Bogdan Mazuru.

Lors de cette première visite française en Roumanie depuis la formation du nouveau gouvernement en décembre, le secrétaire d'Etat abordera "les modalités d'un approfondissement de la coopération" contre le trafic d'êtres humains et "les perspectives de renforcement des politiques d'intégration des minorités en Roumanie, y compris dans un cadre européen", a précisé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

Il y a quelque 20.000 Roms en France, dont une faible proportion a des contrats de travail. Ceux qui sont en situation illégale sont raccompagnés en Roumanie avec une aide au retour (300 euros par adulte et cent euros par enfant) et peuvent bénéficier en Roumanie d'un projet de réinsertion financés par la France.

L'an dernier, 8.000 roms, dont 2.000 dans la seule région parisienne, ont été reconduits en Roumanie. Mais une partie revient clandestinement.

Lors de sa visite au centre de l'OFII, qui traite des dossiers de Roumains devant être reconduits dans leur pays, M. Lellouche s'était enquis des raisons de cette immigration en France, en s'entretenant avec les responsables et certains Roms présents.

Selon M. Lellouche, le sort précaire des Roms, leur non-intégration sur le marché du travail, l'absence de scolarisation des enfants et la mendicité ne sont pas une "affaire droite-gauche" qui opposerait la majorité et l'opposition.

Un des problèmes est qu'"il n'y a pas de garanties que ces roms ne reviennent pas" quand ils sont renvoyés, et l'un des objectifs du déplacement à Bucarest est d'"obtenir des garanties de la parti roumaine", notamment dans la répression des trafiquants, avait-il dit.

La Roumanie compterait 530.000 Roms selon un recensement, et 2,5 millions selon les ONG.
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MessageSujet: A Orléans, le relogement de Roms créé la polémique   Mer 10 Fév - 16:40

A Orléans, le relogement de Roms créé la polémique
J-J. Talpin | 10/02/2010 | Publié dans : Régions

À la suite d’un incendie, ville et préfecture veulent transférer deux familles dans l’Est du département. Mais les Roms refusent ce déplacement.

À la demande de la ville d’Orléans, le tribunal de grande instance d’Orléans devrait examiner dans les prochains jours une demande d’expulsion de deux familles Roms.
Le 4 février, leur camp de fortune installé sous un pont est détruit par un incendie accidentel. La ville reloge alors ces deux familles, de 13 personnes au total, dans une salle municipale. Une solution est ensuite trouvée avec la préfecture pour transférer ces familles dans un foyer de travailleurs immigrés célibataires à Chalette-sur-Loing, en banlieue de Montargis à 60 kilomètres d’Orléans.

Mais, le jour du départ, les familles, appuyées par un comité de soutien refusent ce transfert, à l’origine d’une violente polémique.
Florent Montillot, adjoint à la tranquillité publique (Nouveau Centre) dénonce alors violemment les membres du collectif de soutien qui instrumentalisent la misère des gens et nourrissent une orchestration politico-médiatique. De même, le maire de Chalette, Franck Demaumont (PC) qui n’avait pas été prévenu du transfert des Roms dans sa commune se déclare scandalisé et attaque la ville d’Orléans qui veut se débarrasser de ses migrants.

Les familles Roms sont toujours logées dans la salle orléanaise. C’est pourquoi la ville a engagé une procédure d’expulsion afin que la préfecture reprenne la main pour transférer les Roms et assurer, selon Florent Montillot, leur retour dans leur pays.
La question ne sera pourtant pas réglée définitivement avec ces deux familles, car un autre camp de caravanes s’est formé au sud de la ville avec plusieurs dizaines de personnes installées dans des conditions très difficiles.
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MessageSujet: À Dijon, chasse aux Roms et propagande xénophobe, ça suffit   Jeu 11 Fév - 5:23

Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 18:48
À Dijon, chasse aux Roms et propagande xénophobe, ça suffit !

La chasse aux Roms s’est de nouveau déchaînée depuis plus d’une semaine à Dijon, dans le but apparent de vider les casernes à l’abandon, où une centaine d’entre eux vivent tant bien que mal. Le vendredi 11 décembre, le Tribunal d’Instance avait en effet décidé d’accorder plusieurs mois de délai à cette occupation, avant que l’expulsion puisse être mise en œuvre. En dépit de ce sursis, depuis plus d’une semaine, la Police aux Frontières et les policiers dijonnais contrôlent quotidiennement les habitants de «la caserne», rentrent dans les maisons, emmènent chaque jour des personnes en garde à vue, distribuent des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) en dépit des lois relatives aux ressortissants européens, et menacent de sévir si les familles ne partent pas d’elles-mêmes.


La présence policière à la caserne et le harcèlement quotidien n’ont malheureusement rien de nouveau, mais il semble actuellement que la préfecture fasse dans l’innovation sinon dans le zèle. Deux personnes ont déjà été emmenées en centre de rétention, alors qu’elles pouvaient pourtant prouver qu’elles étaient en France depuis moins de trois mois et qu’elles n’avaient donc aucune raison de recevoir une OQTF. On ne compte plus les pressions et les abus de toutes sortes, dernier exemple en date dimanche dernier devant la caserne, séparer une mère plusieurs heures de son bébé de quelques mois malade alors qu’elle devait allaiter, pour emmener celle-ci en contrôle d’identité au commissariat. De manière plus générale, nous faisons face à la judiciarisation de chaque faits et gestes de la vie des Roms, qui semblent devenir prétextes permanents à créer des délits qui ne s’appliquent qu’à leur encontre : trouble à l’ordre public passible d’expulsion pour avoir récupéré des vêtements dans une poubelle, amendes à répétition pour mendicité prélevées souvent sans même un procès verbal, amendes pour «traversée irrégulière de la chaussée»…

Des «solutions» au «problème Rom» ?

Face au soi-disant «problème Rom» annoncé dans le Bien public du 21 janvier, nous apprenons le 8 février dans ce même journal que M. François Rebsamen, Maire de la ville et M. Christian de Lavernée, préfet, se seraient rencontrés il y a quelques semaines afin «d’imaginer des solutions». Tout ce que nous voyons poindre pour l’instant en guise de «solutions», ce sont les mêmes dispositifs répressifs que l’an dernier au moment où les autorités locales voulaient évacuer les squats de la route de Langres : arrestations à la chaîne, menaces, filatures policières, articles de presse et déclarations discriminantes…

En avril dernier déjà, tout s’était mis en place pour semer la terreur, forcer des personnes qui sont pourtant officiellement citoyennes européennes à quitter Dijon, vider les squats petit à petit et tenter d’éviter le scandale d’une expulsion policière, massive et sûrement trop visible, de dizaines d’adultes et d’enfants, pour certains installés depuis plusieurs années sur la commune.

Aujourd’hui, nous ne voulons plus permettre que cette histoire se répète et nous ne pouvons rester silencieux face aux mensonges policiers étalés à répétition dans la presse.

Pour les collectifs et individus qui côtoient, sans angélisme, depuis longtemps, ces personnes au quotidien à Dijon, il est clair que la litanie des «arrivées et départs planifiés par une organisation qui les exploite et tire de grands profits de la mendicité ou des vols», ou encore d’une «société parallèle, gérée par des patrons, qui organisent les tours de manche, frappent ceux qui ne rapportent pas assez, apprennent aux plus jeunes le vol et la ruse, esclavagisent leur peuple à l’échelle d’un continent, et s’enrichissent de la misère des leurs» pour reprendre quelques-uns des termes de Gilles Dupont dans ses articles parus le 21 janvier et 8 février 2010, tiennent avant tout d’un pur condensé de fantasmes xénophobes. On pourrait s’étonner que de tels articles, écrits par quelqu’un qui n’est apparemment jamais sorti de son bureau et s’est contenté de rapporter la parole policière, puissent passer à la Une du journal local. Cette propagande n’a malheureusement rien de fortuit, elle reflète l’histoire d’une population «indésirable» et considérée comme anormale, qui a subi au cours du siècle dernier les pogroms, l’extermination nazie, et le rejet constant de divers pays européens. Si la misère des Roms a bien une origine, ce sont les dispositifs et pratiques institutionnelles qui perdurent en France comme dans la plupart des autres pays de l’UE, et ce malgré les incantations officielles de la Commission Européenne à ce que ces discriminations cessent.

Ces discriminations sont légitimées par les croyances populaires, la presse et les montages policiers, mais aussi, et il faut le souligner, par les paroles et les actes de divers élus locaux qui affichent un volontarisme certain quand il s’agit de faire du nettoyage par le vide, à l’instar de M. Rebsamen qui avait dénoncé entre autre dans le Bien Public du 31 mars 2009, «ceux qui vivent d’escroquerie permanente» pour justifier que le CCAS refuse de les domicilier. Cela lui avait valu des critiques véhémentes d’un grand nombre de collectifs de Dijon et d’ailleurs dont le collectif national «Roms Europe».

Preuves à charge contre les Roms dijonnais ?

En terme d’«escroqueries» diverses et variées, ce que M. Gilles Dupont, qui semble pourtant si bien informé des faits et gestes judiciaires, se garde bien de dire, c’est que les procédures menées contre des Roms dijonnais depuis un an ont très largement périclité. Le minimum de sérieux attendu d’un journaliste pourrait être qu’il vérifie un tant soit peu ses sources et s’intéresse à l’avancée de la procédure avant d’étaler des propos nauséabonds dans la presse.

Les soi-disant preuves à charge contre les Roms dijonnais, répétées inlassablement dans trois articles du Bien Public publiés sous la plume de ce même journaliste depuis le mois de janvier, seraient des faits d’escroquerie à la CAF et à la CPAM, de recel, d’aide au séjour irrégulier ou encore d’escroquerie sur des personnes âgées vulnérables. Pourtant quand on s’intéresse de plus près au dossier, auprès des personnes concernées et de leurs avocats, on s’aperçoit que ces accusations ne tenaient tellement pas debout que sur les dix personnes interpellées en avril dernier, la plupart ont obtenu un non-lieu avant même d’être jugées. La plupart des charges sont tombées et la justice a fini par reconnaître ce mois-ci avant tout procès, que dans la grande majorité des cas, aucun délit n’avait été commis. Cela n’a pas empêché divers des Roms accusés de subir des mois de prison et de contrôle judiciaire… pour rien. Il y a beaucoup à dire sur les tenants et aboutissants de ces montages policiers et politiques. Une conférence de presse est d’ailleurs prévue le 23 février à Dijon pour revenir en détail sur ces faits (voir ci-dessous).

Divers collectifs et associations dijonnaises essaient de développer une solidarité pratique avec les Roms, et de trouver avec eux, des solutions pour qu’ils/elles puissent continuer à vivre dans des conditions décentes à Dijon. C’est d’un soutien visible, concret, politique, sous diverses formes, à la «caserne» et dans Dijon, que ces personnes ont maintenant urgemment besoin, si l’on veut faire cesser ce harcèlement xénophobe. Les luttes gagnent parfois pas à pas : la semaine dernière à Bordeaux, plus de 150 Roms d’origine bulgare ont manifesté dans les rues de la ville. Ils ont fini par obtenir à force de pression que la municipalité leur remette l’électricité et des blocs sanitaires dans un des grands lieux qu’ils occupent, ainsi que des cartes de séjour et l’arrêt de poursuites judiciaires à l’encontre de cinq d’entre eux.

Caisse de Solidarité dijonnaise (contact), 10 février 2010.



Conférence de presse sur la répression des Roms dijonnais

Le 23 février à 18h, au Cinéma Eldorado, 21 rue Alfred de Musset à Dijon.

«Des mois de prison pour rien ! Les dessous de la chasse aux Roms à Dijon : Délation, répression, propagande xénophobe et “nettoyage” des villes…»

En avril 2009, une dizaine de ressortissants roumains sont arrêtés ou poursuivis à Dijon sous des accusations de recel, d’escroquerie à la CAF et à la CPAM ou encore d’aide au séjour irrégulier. Ces arrestations permettent à l’époque de semer la peur chez les autres Roms, de légitimer les discours discriminants sur des personnes qui vivraient «d’escroquerie permanente» et de justifier la répression institutionnelle mise en œuvre pour les faire partir de la ville et vider les squats. Aujourd’hui la procédure judiciaire est en pleine déroute et la plupart des Roms inculpés viennent d’obtenir un non-lieu sans même qu’un procès soit requis, après avoir pourtant passé parfois des mois en prison et sous contrôle judiciaire. À l’heure où une certaine presse locale se déchaîne pour dénoncer le «problème Rom», et où le harcèlement policier s’intensifie de nouveau contre la centaine de Roms qui occupent les anciennes casernes, il est nécessaire de revenir sur les tenants et aboutissants d’un montage policier, politique et médiatique exemplaire des dispositifs répressifs employés contre les populations «indésirables» à Dijon.

Cette conférence de presse publique sera plus généralement l’occasion de faire le point sur la situation et la répression des Roms à Dijon ainsi que sur les initiatives de solidarité possibles.

Conférence de presse à l’initiative de la Caisse de solidarité dijonnaise
Avec la présence de Maître Samuel Estève et Maître Dominique Clemang, avocats des ex-mis en examen, ainsi que celle du collectif «Soutien Roms» dijonnais.
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MessageSujet: en vue de contrôler les allers et retours de Roms roumains entre la France et leur pays d'origine.   Sam 13 Fév - 16:18

e secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Pierre Lellouche, s'est rendu à Bucarest les 11 et 12 février pour plaider en faveur d'une "mobilisation commune" franco-roumaine en vue de contrôler les allers et retours de Roms roumains entre la France et leur pays d'origine.


L'aide au retour humanitaire, mise en place par la France il y a trois ans, est loin d'avoir atteint son but. En 2009, environ 8 000 Roms ont été reconduits en Roumanie avec, en poche, un billet d'avion et 300 euros. Mais les deux tiers d'entre eux sont revenus. "Leur donner de l'argent est inefficace, car la plupart retournent en France pour réclamer à nouveau de l'argent", a déclaré le Roumain Marian Tutilescu, secrétaire d'Etat de l'intérieur.

L'aspect délicat de cette affaire est la délinquance juvénile des enfants, poussés à la mendicité et aux petits larcins. En 2009, selon la préfecture, 40 % des Roms mis en cause pour des délits à Paris étaient mineurs. Au-delà des chiffres, il y a les petites histoires qui marquent. "Je suis moi-même intervenu à Paris parce qu'une femme faisait la manche avec un petit enfant dans les bras sans cache-nez, sans bonnet, sans gants, se souvient Pierre Lellouche. C'était inacceptable, d'autant qu'à côté d'elle se tenait l'organisateur du trafic qui, lui, était bien habillé et avait quelques centaines d'euros dans sa poche. J'ai fait arrêter tout le monde. Le principe de libre circulation en Europe n'a pas été conçu pour ouvrir la voie à tous les trafics."

"Famille européenne"

Le premier ministre roumain, Emil Boc, s'est engagé à désigner un secrétaire d'Etat chargé de la réinsertion des Roms. Les autorités roumaines ont aussi promis d'envoyer en France un contingent renforcé de policiers et de magistrats pour aider la police française à démanteler le trafic d'êtres humains.

L'appui des policiers roumains, qui connaissent bien ces pratiques ainsi que les réseaux qui s'y livrent, est indispensable. "Il ne s'agit pas de désigner une commission, mais d'obtenir des résultats, a précisé M. Lellouche. Moi, je voudrais ne plus voir d'enfants exploités dans les rues de Paris. Ce n'est pas bon pour l'image de l'Europe, ce n'est pas bon pour l'image de la Roumanie et cela nuit au travail de réunification de la famille européenne."

Le secrétaire d'Etat français souhaite que cette nouvelle politique devienne un "modèle européen" validé par la Conférence européenne sur les Roms qui aura lieu à Cordoue (Espagne) en avril. D'ici là, les autorités roumaines devront passer aux actes.
Mirel Bran
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MessageSujet: Prostitution: Des mineures roms sur les Champs   Sam 13 Fév - 16:20

Prostitution: Des mineures roms sur les Champs

Des arrestations ont eu lieu cette semaine. Le chef du réseau est en fuite.

De la misère crasse d’un camp de fortune en Seine-Saint-Denis aux lumières de la plus belle avenue du monde… C’était le lot quotidien d’un petit groupe de prostituées roumaines depuis le mois de décembre. La Brigade de protection des mineurs (BPM) vient de procéder à cinq interpellations. Ce sont les policiers du commissariat du 8e arrondissement qui ont donné l’alerte. Peu avant Noël, une prostituée est contrôlée. Elle n’a que 17 ans. La BPM est aussitôt saisie. Des surveillances s’organisent. Chaque soir ou presque, une poignée de jeunes femmes sont acheminées, en voiture ou par le RER, aux abords du Drugstore sur les Champs-Elysées, ou à proximité du parking Wagram. Tapinage dans les beaux quartiers la nuit. Et survie dans
un camp de baraquements la journée.
Des semaines de surveillance et des écoutes téléphoniques

Bienvenue chez les pauvres parmi les pauvres. Ces jeunes femmes appartiennent à la communauté des Roms. Ils sont plus de 200 – hommes, femmes et enfants – à avoir élu "domicile" à Noisy-le-Sec, rue Alsace-Lorraine, en fait sous un pont mastoc de l’autoroute A86. La préfecture avait demandé leur expulsion dès leur installation l’été dernier. Installation précaire puisqu’un incendie, a priori accidentel, en a détruit une bonne partie très tôt mercredi matin. Dans l’incendie d’un autre campement à Orly, dans le Val-de-Marne, deux jeunes enfants roms avaient trouvé la mort dimanche dernier…

Après plusieurs semaines de surveillance et quelques écoutes téléphoniques, les policiers décident d’intervenir en début de semaine. Le camp de Noisy-le-Sec est contrôlé au petit matin sur commission rogatoire d’une juge parisienne. Les six prostituées, dont deux mineures âgées de 16 et 17 ans qui ont été placées en foyer, sont entendues pendant que cinq personnes sont placées en garde à vue. Des mises en examen pour "proxénétisme en bande organisée" devaient être prononcées vendredi soir. Un demi-succès pour les enquêteurs: le principal suspect, un homme de 24 ans, a réussi à s’éclipser…
"Nous avons rencontré quelques gamins de 12 ans"

Même marginale, la prostitution de mineurs est une réalité à Paris. Myriam El Khomri, adjointe au maire chargé de la protection de l’enfance, s’en est émue dans un courrier adressé fin janvier au préfet de police. L’élue parisienne signale ainsi la présence de prostituées mineures parmi les Nigérianes du 18e arrondissement. Elle s’inquiète également des agissements d’adultes qui, sous couvert de proposition d’hébergement ou de distribution de couvertures, chercheraient à attirer chez eux les jeunes Afghans isolés aux abords du square Villemin, dans le 10e arrondissement. Enfin, elle pointe du doigt la situation de la gare du Nord où de jeunes Roumains, appartenant à la communauté Rom – une trentaine recensés en 2009 –, se livreraient à la prostitution. "La plupart d’entre eux sont âgés de 16, 17 ans, confirme Alexandre Le Cleve, directeur de l’association Hors la rue. Mais nous avons également rencontré quelques gamins de 12 ans." Des "enfants des rues" pour lesquels la débrouille passe aussi par des prestations sexuelles.

"Il m’apparaît aujourd’hui important que nous dépassions la phase du diagnostic pour engager un plan d’action de tous les services pour enrayer ce phénomène", insiste Myriam El Khomri dans sa lettre au préfet. L’un des problèmes concerne la prise en charge des mineur(e)s prostitué(e)s au titre de l’enfance en danger. Placés dans un foyer parisien dans le 15e, ils fuguent généralement au bout de quelques heures. "Il n’existe pas de structure adaptée pour eux. Il faudrait, préconise Alexandre Le Cleve, pouvoir leur proposer un éloignement géographique dans un lieu non identifié pour que les mafias ne puissent les retrouver…"
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MessageSujet: Le maire de Rezé a écrit au préfet pour réclamer l'expulsion « dans les jours qui viennent » des Roms   Lun 15 Fév - 15:45

Le maire de Rezé a écrit au préfet pour réclamer l'expulsion « dans les jours qui viennent » des Roms installés sur les anciens abattoirs de sa ville. « Ce groupe nous cause beaucoup...

Le maire de Rezé a écrit au préfet pour réclamer l'expulsion « dans les jours qui viennent » des Roms installés sur les anciens abattoirs de sa ville. « Ce groupe nous cause beaucoup de problèmes de sécurité publique, et ne témoigne pas de sa volonté d'intégration », insiste Gilles Retière (PS).
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MessageSujet: L'Europe de l'Est peine à intégrer les Roms   Lun 15 Fév - 15:47

L'Europe de l'Est peine à intégrer les Roms
Par Arielle Thedrel
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Depuis l'adhésion, en 2007, de la Roumanie et de la Bulgarie, l'Union européenne compte quelque dix millions de citoyens roms. Partout indésirables, partout ostracisés, ils sont devenus, à leur insu, comme l'a reconnu la Commission européenne, «une menace pour la cohésion sociale en Europe».

La minorité rom de Roumanie, estimée à environ deux millions d'âmes, est la plus importante d'Europe. La plus misérable aussi. La mendicité organisée, la prostitution et divers trafics (vols à la tire ou de cartes bancaires) ont permis aux réseaux criminels qui l'exploitent de prospérer. Bien qu'identifiés et localisés, ces réseaux, le plus souvent claniques, jouissent jusqu'ici d'une impunité quasi totale.

Plus ou moins assimilés sous le communisme, les Roms d'Europe de l'Est ont subi de plein fouet le coût social de la transition économique dans les années 1990. L'élargissement de l'Union européenne a entraîné une prise de conscience institutionnelle sur leur condition. L'UE, la Banque mondiale, des ONG telles que la Fondation Soros ont débloqué des fonds et mené des campagnes d'information.

Au début des années 2000, la perspective de l'adhésion à l'UE et la nécessité de remplir un certain nombre de critères pour y parvenir ont contraint les autorités roumaines à se préoccuper, elles aussi, du sort de cette minorité. Bucarest a mis en place par exemple des «médiateurs» chargés d'améliorer la scolarisation ou l'accès aux soins de santé. Ces efforts se sont considérablement relâchés depuis que la Roumanie est membre de l'Union. Selon Magda Matache, qui dirige l'association rom Romani Criss, la Roumanie «a adopté un dispositif législatif conforme à ce qu'attendait Bruxelles. Malheureusement, les lois ne sont pas appliquées». Il faut dire, ajoute la jeune femme, que «la réaction très molle de Bruxelles après les expulsions musclées de Roms en Italie conforte l'inertie des autorités roumaines».

Aujourd'hui encore, la plupart des Roms sont victimes de discriminations qui les empêchent d'être correctement scolarisés et insérés dans le marché du travail. Ils sont aussi de plus en plus nombreux à tenter de gagner l'Eldorado occidental avec la bénédiction de leurs gouvernants qui, constate le sociologue rom Nicolae Gheorghe, «se défaussent ainsi de leurs responsabilités au nom du principe de libre circulation».

Cette réalité vaut également pour les autres pays abritant des minorités roms : la Hongrie, la Slovaquie ou la République tchèque, condamnée il y a deux ans par la Cour européenne des droits de l'homme pour le placement forcé d'enfants roms dans des écoles spéciales destinées aux handicapés mentaux. Pratique courante en Europe de l'Est.

Bouc émissaire idéal des populistes

La crise économique mondiale ne favorise évidemment pas l'intégration des Roms. Les tensions se sont exacerbées. En République tchèque, l'initiative d'un maire qui a fait saisir l'an dernier les allocations perçues par des familles roms endettées a été applaudie par une extrême droite qui a fait de la «rééducation des inadaptables» (comprendre : les Roms) l'un de ses chevaux de bataille. En Hongrie, les Roms sont régulièrement victimes d'agressions. Le racisme anti-rom est instrumentalisé par le parti Jobbik, qui a le vent en poupe et qui dispose depuis juin 2009 de trois eurodéputés. Cette nouvelle bouffée d'intolérance n'épargne pas la Roumanie. L'été dernier, plusieurs maisons appartenant à des Roms ont été saccagées ou incendiées dans des judets (départements) peuplés en majorité par des Roumains de souche hongroise. Selon Magda Matache, ces attaques auraient été téléguidées depuis Budapest par la Garde hongroise, une milice d'extrême droite officiellement dissoute l'été dernier.

La Hongrie et la Roumanie plaident en faveur de la création d'une Agence européenne pour les Roms. Tout en appelant à des actions communautaires concertées, Nicolae Gheorghe et Magda Matache redoutent que ce type d'initiatives visant à présenter les Roms comme une minorité transnationale n'entretienne une forme de ségrégation à leur égard. Pour les mêmes raisons, ils rejettent le discours politiquement correct visant à victimiser systématiquement la communauté rom. Ils plaident pour le développement de politiques nationales et réclament des sanctions sévères contre les réseaux mafieux roms, qui discréditent l'ensemble de la communauté et en font un bouc émissaire idéal pour les populistes de tout acabit.
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MessageSujet: Soutien aux Roms à Fleury   Lun 15 Fév - 15:48

Soutien aux Roms à Fleury


6 réactions | Réagir
14.02.2010, 07h00

La pétition pour la « délocalisation des deux bidonvilles de Fleury » souhaitée par le maire (PS), David Derrouet, a recueilli environ 500 signatures, selon celui-ci. Mais hier, près d’une centaine de manifestants ont marqué leur désapprobation devant l’hôtel de ville. Parmi eux, des Roms soutenus par les anciens élus PC de Fleury, mais également de nombreux responsables associatifs.

« Cette délocalisation des camps de Roms, ce n’est ni plus ni moins qu’une expulsion, dénonce Gregoria Epaillard, de l’Association de solidarité aux familles roumaines. Il faut une discussion globale sur ce sujet avec le préfet et les élus du département. » C’est ce que réclame aussi David Derrouet, qui a reçu plusieurs manifestants : « J’ai réaffirmé ma position. Ce n’est pas à Fleury de fournir seul un effort de solidarité pour accueillir les Roms », a-t-il expliqué le maire.
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MessageSujet: Retour volontaire" pour 200 Roms   Mar 16 Fév - 16:22

Retour volontaire" pour 200 Roms
AFP
16/02/2010 | Mise à jour : 16:14 Réactions (7)
Quelque 200 Roms de nationalité bulgare, dont une majorité vivait dans plusieurs squats et bidonvilles de l'agglomération bordelaise, ont bénéficié aujourd'hui d'une mesure de retour volontaire dans leur pays, a indiqué la préfecture de la Gironde.

Dans le cadre de cette procédure d’aide au retour volontaire mise en oeuvre par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, ils ont reçu une somme de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant avant de quitter Mérignac pour Sofia.

"Pour eux, c'est toujours intéressant"

"Une opération coûteuse et inutile", a déclaré Jérôme Lobao, le président de Procom, une association membre du Collectif national droits de l'Homme Romeurope. "Plusieurs m'ont indiqué qu'ils reviendraient à Bordeaux dans une dizaine de jours", a indiqué Jérôme Lobao, qui oeuvre dans l'agglomération bordelaise pour améliorer les conditions de vie de ces populations immigrés. Selon lui, "le retour en bus régulier coûte autour de 50 euros. Donc pour eux, c'est toujours intéressant."

"Soixante-dix personnes vivaient dans les squats auprès desquels nous intervenons, les autres viennent de différents quartiers, mais certains ont profité de l'aubaine de ce retour payé et sont arrivés récemment d'Espagne et du Portugal", affirme le responsable associatif.

Selon Procom, environ 400 Roms en majorité des Bulgares et "quelques Roumains" vivent de façon régulière dans une dizaine de squats et bidonvilles à Bordeaux et en banlieue. Ils sont condamnés à la misère, selon l'association, en ne pouvant pas travailler.
.
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MessageSujet: Rezé: l'expulsion des Roms a commencé sur l'ancien terrain des abattoirs Faits de société jeudi 18 février 2010   Jeu 18 Fév - 15:40

Rezé: l'expulsion des Roms a commencé sur l'ancien terrain des abattoirs
Faits de société jeudi 18 février 2010

*

Depuis 8 h 15 ce jeudi matin, sur l'ancien terrain des Abattoirs à Rezé, un important dispositif de forces de l'ordre (une compagnie de CRS) procède à l'évacuation d'une trentaine de caravanes habitées par des Roms.

Un périmètre de sécurité a été déployé tout autour du terrain. La rue Abbé-Grégoire est fermée à la circulation. Des représentants de Médecins du monde, du collectif Romeurope Nantes et de la Ligue des droits de l'homme sont présents pour éviter les éventuels débordements. Les caravanes sortent une à une du terrain. Encadrées par des policiers motorisées, elles prennent la direction de l'ouest de l'agglomération, sans destination déterminée. L'opération d'expulsion s'est déroulée sans heurts dans la matinée. Elle est appelée à durer toute la journée, le temps d'effectuer les rotations des quelques voitures dont disposent les familles pour tracter les caravanes. Certaines sont embarquées sur les plateaux de camions de la fourrière réquisitionnés par la préfecture.
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MessageSujet: LIBERTE de Gatlif   Ven 19 Fév - 16:07

Tsiganes la tragédie oubliée



Avec « Liberté », Tony Gatlif raconte enfin l'histoire des Tsiganes pendant l'Occupation, dont une grande partie fut exterminée à Auschwitz. Rencontre avec le cinéaste, fils d'un père kabyle et d'une mère gitane



En ce temps-là, en France, on les appelait bohémiens, parfois Manouches, plus rarement Tsiganes. Les historiens estiment que sur les deux millions de Tsiganes qui vivaient en Europe avant la guerre, entre 250000 et 500 000 ont été assassinés dans les camps de la mort nazis. « Liberté » raconte l'histoire d'une de ces familles, arrivée un jour dans un petit village de France, exposée à la méfiance d'une population qui ne comprend pas son mode de vie, mais aussi aidée par quelques Justes, l'institutrice et le maire. Pour les Tsiganes, alors, c'était la sédentarisation ou la mort, et c'est de ce choix impossible que se nourrit le film de Tony Gatlif, lui-même « déraciné de l'Algérie », ainsi qu'il se présente, et qui depuis des années filme les Roms, leur vie, leur musique, leur histoire. Récit maîtrisé, respectueux de ses personnages, reconstitution à la fois discrète et attentive, « Liberté » ne sollicite jamais une émo tion qui advient naturellement, en toute dignité.


Le Nouvel Observateur. - Vous dites avoir porté en vous ce projet de film sur la déportation des Roms depuis près de trente ans...
Tony Gatlif. - C'est un film qui vient de loin, en effet. J'ai commencé à y penser à la fin des années 1970 et j'ai demandé alors à Matéo Maximoff, le grand écrivain tsigane, qui a été mon père spirituel, de me présenter des gens qui avaient connu cette époque. Il m'a emmené chez eux, à Montreuil et ailleurs, ils nous recevaient, nous offraient du thé, mais sitôt que Téo leur disait : « Il veut faire un film sur notre malheur», ils partaient en larmes et ne prononçaient plus un mot. A chaque fois, ça se passait ainsi. Téo m'avait prévenu, mais je ne l'avais pas cru. En fait, ils ont commencé à parler un peu dans les années 1990, pas avant. Je ne pouvais pas faire ce film si les survivants restaient muets. De même, après « les Princes », des producteurs anglais m'ont proposé de réaliser un film sur Django Reinhardt [dont l'un des arrière-petits-fils apparaît dans le film]. Or il n'existe pratiquement aucune image de lui ! Puis quand Jacques Chirac a déclaré qu'il allait réunir les Justes au Panthéon, j'ai pensé que nous allions enfin savoir et que, peut-être, le film allait devenir possible parce qu'on ne peut pas filmer une histoire qui ne comporterait que les victimes et leurs bourreaux. Mais il n'a pas été question de Justes qui avaient sauvé des Tsiganes. C'est là que j'ai commencé à chercher, et j'ai rencontré cette institutrice dont je me suis inspiré pour le personnage de Mlle Lundi, que joue Marie-Josée Croze. Ensuite, j'ai trouvé l'histoire de ce notaire qui a sauvé une famille qui venait d'être envoyée au camp de Montreuil-Bellay en lui vendant, pour un franc, cette maison qui lui permettait de ne plus être fichée comme nomade. Cette famille a repris la route, tous ont été arrêtés dans le nord de la France, transférés en Belgique, puis envoyés à Auschwitz... Toute l'histoire des Gitans est là : on veut les sédentariser, dans ce cas précis pour leur sauver la vie, mais malgré la peur des nazis, l'appel de la famille est plus fort, la route est plus forte. Ils ne peuvent pas vivre dans une maison, ils ont peur des pierres, parce que les pierres portent la trace de ceux qui sont passés avant eux, qui sont pour eux des fantômes. Pour eux, évoquer le nom d'un disparu, c'est l'appeler, le faire revenir, et donc l'empêcher d'aller là où les morts doivent aller. C'est aussi pour cela que, longtemps, ils ont refusé de parler de la déportation.

N. O. - Est-ce que la difficulté, voire l'impossibilité, de la reconstitution a compté aussi dans vos hésitations ?
T. Gatlif. - Je ne veux pas filmer des Tsiganes décharnés derrière des barbelés, des nazis en uniforme, avec leurs armes et leurs chiens. Chaque fois que je pensais à ce sujet, je me disais : la reconstitution est une barbarie, je ne peux pas. Et là, je n'ai filmé que des portraits, des visages, des mains, des détails en gros plan. Je me suis méfié de tout, des voitures d'époque, je ne voulais surtout pas d'une traction avant, de la parole des nazis... Surtout, que les nazis ne parlent pas, ou à peine ! J'ai essayé, je me suis cru dans «la Grande Vadrouille » ! Filmer ces uniformes en couleur, non ! Dans notre mémoire, les nazis sont en noir et blanc. Dans le même sens, il me fallait pour le rôle du notaire - dont j'ai fait le maire du village - un acteur qui incarne tout ce que j'aime dans la France d'aujourd'hui. Or le visage de la France, pour moi, quand j'étais enfant, c'était le cinéma. C'était Jean Gabin, Gérard Philipe, Pierre Fresnay... Je voulais retrouver ces voix un peu cassées, ces visages en noir et blanc. A mes yeux, Marc Lavoine possède tout cela. J'ai fait délaver les costumes, parce que ces gens-là, Gitans ou paysans, n'avaient que deux costumes, un pour l'été et un pour l'hiver, donc ils les lavaient sans cesse. Les outils viennent de Transylvanie, ils sont identiques à ceux de 1943. Même les fils de fer barbelés sont authentiques, nous avons fait 300 kilomètres pour les; trouver, en Roumanie : ceux placés dans les camps par les nazis portaient un piquant tous les quinze centimètres environ, alors que pour ceux destinés au bétail, c'était tous les vingt-cinq centimètres. Pour la scène du camp, je redoutais encore plus la parole : que peuvent dire ces gens qui sont enfermés depuis des semaines ? Rien, ils ne parlent pas, ils ne parlent plus.

N. O. - Qu'avez-vous mis de vous-même pour que le passé soit si présent dans le film ?
T. Gatlif. - Le personnage de Mlle Lundi vient, bien sûr, de la vraie résistante, mais aussi de mon instituteur de Belcourt, à Alger. Il avait 26 ans, il nous projetait des films. Je me souviens du premier comme si c'était hier, «Jeux interdits»... Il s'en servait pour son cours de géographie, la France, c'est ça ; pour son cours d'histoire, la guerre c'était ça. La guerre, nous connaissions. Un jour, nous avons trouvé deux militants du FLN tués dans une vigne. Des années plus tard, après mon premier film, ce maître m'a écrit et m'a raconté son histoire : il était communiste, il s'était engagé et aidait le FLN. Lui aussi était un résistant. Comme Mlle Lundi.

N. O. - Les Tsiganes qui sont dans le film connaissaient-ils les événements des années 1940 ?
T. Gatlif . - Quand je leur racontais, ils me demandaient : «C'était comme Ceausescu, alors ?», leur référence en matière de malheur absolu, et je leur répondais : «Pire que Ceausescu », même si c'était épouvantable. Je les connais depuis sept ou huit ans, ils vivent en Transylvanie, dans une pauvreté extrême. Ils sont restés trois ou quatre mois en France. Ils ne connaissaient pas le scénario, comme tous les autres acteurs, et pour la scène où ils résistent aux gendarmes, ils ignoraient que Taloche, qu'ils adoraient, avait été tué dans le film. Au moment de tourner, je leur ai dit : « Ils ont tué Taloche », juste avant le clap, et là, ils sont partis en larmes, en cris, en fureur, ils se battaient vraiment avec les gendarmes. Après, tout le monde s'embrassait... L'hystérie, c'est tsigane ! La seule révolte à Auschwitz a été celle des Gitans, qui, quand ils ont compris qu'ils ne reverraient jamais les leurs, se sont jetés sur les nazis et les kapos. Je voulais que, d'une manière, cette révolte soit dans le film.


N. O. - Comment James Thiérrée, qui joue Taloche, est-il parvenu à faire sienne cette « hystérie tsigane » ?
T. Gatlif. - Taloche incarne l'âme tsigane, James a l'âme tsigane. Il est complètement imprévisible, et il possède une maîtrise insensée de son propre corps, il est comme possédé dans la poésie de ses gestes, de ses cris. Personne ne savait jamais ce qu'il allait faire. Pour la scène dans la maison, quand il ouvre les robinets pour « libérer » l'eau, Julien Hirsch, le chef opérateur, et moi avons décidé d'installer un travelling au cas où, car nous ignorions ce que James ferait au moment où l'eau dévalerait l'escalier. L'idée était vraiment de pouvoir « le voir venir » et, au besoin, d'avancer vers lui. Et en effet, en un quart de seconde, il s'est jeté dans l'escalier. Nous n'avons fait qu'une prise.

N. O. - De même que votre propre histoire a rencontré celle des Tsiganes, la tragédie que vous évoquez dans le film trouve-t-elle un écho dans le monde d'aujourd'hui ?
T. Gatlif. - Je parlais du silence dans les camps : quand vous passez devant les files de SDF qui attendent la soupe, leur gamelle ou leur boîte de conserve à la main, à la Bastille ou ailleurs, vous n'entendez pas un murmure. Pour les Gitans que l'on embarque à 5 heures du matin, les Africains, les Pakistanais, les Afghans qui se font arnaquer pour arriver jusqu'à nous et que l'on arrête, que l'on renvoie là d'où ils viennent, la seule différence est qu'on ne les tue pas, mais à part ça... Aujourd'hui, Pétain n'est pas au pouvoir, et les nazis n'occupent pas la France, mais il y a comme un écho. A la Libération, on a placé des collabos dans les camps où les Tsiganes étaient enfermés. Les victimes avec leurs bourreaux ! Et ceux contre lesquels les accusations portées n'étaient pas trop graves sont sortis des camps avant les Tsiganes !

« Liberté », de Tony Gatlif, dans les salles le 24 février.
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MessageSujet: Le temps des Gitans   Mar 23 Fév - 6:52

Le temps des Gitans
22 Février 2010 Par Caroline Broué

Tony Gatlif avait envie de faire un film sur Samudaripen, « l’holocauste des Roms » depuis qu’il a commencé à faire du cinéma ; mais le sujet lui faisait peur. Sur deux millions de Tsiganes vivant en Europe pendant la deuxième Guerre mondiale, entre 250 000 et 500 000 ont été exterminés par les nazis. « Les Roms que je rencontrais me disaient souvent : « Fais-nous un film sur la déportation des Roms ». C’est chose faite avec Liberté, qui sort mercredi sur les écrans.



C’est l’histoire d’une famille arrivant dans un petit village de la France occupée pour s’y installer le temps des vendanges. La petite troupe rencontre Théodore (Marc Lavoine), vétérinaire et maire du village, et Mademoiselle Lundi (Marie-Josée Croze), l’institutrice, qui insiste pour que les enfants soient scolarisés ; mais les contrôles d’identité imposés par le régime de Vichy se multiplient et les Tsiganes n’ont plus le droit de circuler librement. Théodore cède un de ses terrains aux bohémiens pour les sauver de l’arrestation. Ils supportent mal la sédentarisation, et reprennent la route, jusqu’à ce que la police française les rattrape…

L’histoire de Liberté est inspirée de faits et de personnages réels. Théodore et Melle Lundi, qui fut une résistante arrêtée et déportée, ont vraiment existé, et ont aidé Tony Gatlif à construire sa trame autour de deux figures de Justes.



Si Liberté est un film important, c’est peut-être moins esthétiquement (quoique le film soit réussi) qu’historiquement, en ce sens qu’il vient combler un vide culturel majeur. En dehors de l’inoubliable Temps des Gitans et de l’œuvre cinématographique de Tony Gatlif, il n’existe pas de film et très peu de livres sur les Tsiganes (Matéo Maximoff, Henriette Asséo), et quasiment rien sur leur déportation, hormis quelques chapitres dans des ouvrages consacrés à l’histoire de ce peuple nomade. C’est donc avant tout pour colmater un trou noir de la mémoire européenne que Tony Gatlif s’est lancé dans cette entreprise. Avec l’aide d’historiens spécialistes et d’une documentaliste qui a cherché des éléments d’archives dans des communes des camps d’internement, le réalisateur de Gadjo Dilo a travaillé au plus près de la réalité historique pour restituer une tragédie sciemment oubliée. Qui sait par exemple que la loi de 1912 a imposé le carnet anthropométrique à tous les Roms et que les lois de Vichy ont interdit le nomadisme, conduisant à l’enfermement de Tsiganes dans 40 camps de concentration sur tout le territoire français, camps qui soit dit en passant n’ont été fermés qu’en 1946, un an après la Libération? Pour Tony Gatlif, « les Tsiganes ont toujours été les bêtes noires de la société organisée ». Une des scènes cruciales du film est d’ailleurs la confrontation des Roms avec quelques paysans du coin, ceux qui revendiquent leur appartenance à la terre, ceux qui n’ont jamais quitté leur ferme et qui éructent leur haine de l’Autre portée la peur, une peur sourde de la trop grande liberté de cet étranger. « Ces gens-là », ceux de la chanson de Brel, n’aiment pas « les oiseaux de passage », ceux de la chanson de Brassens. Et malheureusement, les premiers sont encore nombreux aujourd’hui.



Car évidemment, le film entre en résonance avec l’époque actuelle : en Roumanie, en Hongrie, et dans l’Italie de Berlusconi, les Roms sont soumis à des lois d’exception et des passages à l’acte violents voire meurtriers ont été constatés ; récemment un élu de la Ligue du Nord a suggéré d’ « éliminer » les enfants roms qui volent les personnes âgées, et dans La Padania, l’organe officiel de la Ligue, on a pu lire des phrases humanistes comme celles-ci : «Quand allez-vous nous libérer des nègres, des putes, des couleurs extracommunautaires, des violeurs couleur noisette et des gitans qui infestent nos maisons, nos plages, nos vies, nos esprits? Foutez-les dehors, ces maudits» (in Libération du 10 février 2010), et on se souvient des incendies criminels de camps roms à l’été 2007 dans la région de Naples. La loi française n’autorise les manouches à ne séjourner dans un endroit que 24 heures. Et Tony Gatlif décrit des ghettos de Roms, des camps emmurés et gardés dans lesquels on n’entre qu’en montrant une carte de résident.

A la question « pourquoi une telle haine ? » contre ceux qu’on appelle avec mépris « les gens du voyage », Tony Gatlif répond invariablement: "parce qu'ils sont libres», porteurs d'une liberté authentique qui est « l’âme tsigane » incarnée dans le film par le personnage de Taloche, joué par un James Thierrée entièrement habité et proprement bouleversant.
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MessageSujet: Camp des Roms : " éviter les amalgames " Polémique. Les associations réagissent à l'opération de police.   Mar 23 Fév - 16:20

Camp des Roms : " éviter les amalgames "
Polémique. Les associations réagissent à l'opération de police.

L'opération de police qui a été menée le 10 février dans le camp des Roms du chemin de La Flambère et dans une maison de la rue Vauquelin, près de l'université du Mirail, a suscité une vive réaction des diverses associations qui interviennent auprès des nomades. Après les Verts, le collectif solidarité Roms de Toulouse, qui regroupe Médecins du monde, le Secours catholique, le CCPS, la Ligue des droits de l'homme, le Mrap, le CCFD et la Cimade, tient à souligner qu'« aucune interpellation ni mise en cause ne sont intervenues au sein de la communauté de La Flambère, qui vit dans la précarité, dont les membres n'ont connu aucune situation délictuelle depuis leur arrivée sur le territoire qui date de 2002, dont tous les enfants sont scolarisés et qui sont sur le chemin de l'insertion. »

Le collectif souhaite désamorcer tout amalgame dans l'esprit du grand public. « Que va-t-il se passer maintenant ? La confiance et les liens peu à peu tissés entre les membres de ces familles et la société risquent d'être ébranlés par cet événement. Et les préjugés sont alimentés par les communications qui associent des éléments n'ayant aucun lien entre eux : terrain avec des caravanes, escroquerie, étranger, allocations familiales. »

De son côté, la police, qui dément toute violence exercée sur les résidents, confirme qu'aucune interpellation n'a eu lieu dans le camp, « mais il y avait des objectifs qui sont partis, le camp étant un lieu de transit ».

Quatre personnes ont été mises en examen après cette opération. Un couple est notamment soupçonné d'avoir ouvert une centaine de comptes en banque avec de faux papiers et détourné 500 000 € grâce aux moyens de paiement.
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MessageSujet: Roms: Manifestation anti-raciste à Bucarest   Jeu 25 Fév - 7:10

Roms: Manifestation anti-raciste à Bucarest



Plus de 200 représentants d'ONG de la minorité Rom ont demandé mercredi la démission du ministre roumain des Affaires étrangères Teodor Baconschi, l'accusant de "racisme", lors d'une manifestation devant le siège du gouvernement, a constaté un photographe de l'AFP. "Nous ne pouvons pas accepter le racisme à un si haut niveau et en même temps attendre que les autorités locales, le directeur d'école, le policier ou le maire regardent les Roms comme des citoyens ayant des droits égaux et essaient de faire quelque chose pour eux", a déclaré David Marc, le directeur de l'Alliance civique des Roms, à la chaîne Antena 3. Dans une déclaration à la presse, le ministre avait notamment dit: "Nous avons des problèmes physiologiques, naturels, de délinquance au sein de certaines communautés roumaines et notamment des communautés de ressortissants roumains d'origine rom".
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MessageSujet: Halte aux retours forcés des Roms au Kosovo Thomas Hammarberg   Jeu 25 Fév - 7:12

Halte aux retours forcés des Roms au Kosovo
Thomas Hammarberg

Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, juge inhumain le renvoi d’une population dans un pays incapable de leur venir en aide
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Plusieurs gouvernements européens renvoient de force des Roms vers le Kosovo alors même que les conditions sur place ne sont pas propices à leur réintégration durable. D’après les statistiques des Nations unies, plus de 2600 personnes ont ainsi été renvoyées de pays européens en 2009, dont 547 de Suisse. Les autres pays les plus concernés sont la Suède (589), l’Allemagne (530) et l’Autriche (210). Les Roms, qui représentent une importante proportion de ces expulsés, ont dû faire face à des problèmes particuliers une fois rentrés.

D’après mes informations, des dispositions sont actuellement prises par plusieurs pays pour augmenter les taux d’expulsion. Or, après une visite sur place en mars 2009, j’ai fait paraître un rapport qui conclut que le Kosovo ne possède pas les infrastructures nécessaires à une réintégration durable des réfugiés renvoyés et encore moins des Roms.

Une nouvelle visite, mi-février, m’a convaincu que la situation n’avait pas changé. Sur le territoire du Kosovo même, il reste encore environ 20 000 personnes déplacées qui, depuis 1999, n’ont pas pu se réinstaller là où elles vivaient auparavant. La scolarisation des enfants dans des langues minoritaires est pratiquement impossible. De plus, avec un taux de chômage d’environ 50%, il n’est tout simplement pas possible à ce jour d’offrir des conditions de vie humaines aux rapatriés.
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La stratégie de réintégration adoptée par les autorités de Pristina n’est pas mise en œuvre. Non seulement les responsables au niveau municipal ne savent pas ce qu’ils doivent faire, mais il n’y a même pas de budget.

Et pourtant, des pressions ont été exercées sur le Kosovo pour qu’il signe des accords de réadmission avec plusieurs pays, dont la Suisse. Les rapports entre les autorités du Kosovo et les gouvernements européens ne sont pas égalitaires, ils sont même très déséquilibrés. Lorsqu’on leur demande d’accueillir des personnes expulsées en contrepartie de la libéralisation du processus d’octroi des visas ou autres avantages, les autorités de Pristina doivent plier et le sort des réfugiés passe au second plan.

Cela soulève des interrogations
sur les accords de réadmission que
demandent dorénavant les gouvernements européens. A mon avis, pour le moment, seuls les retours volontaires – vraiment volontaires – devraient se poursuivre.

Il est particulièrement préoccupant de constater que des Roms qui ont été renvoyés de force par des pays européens se sont retrouvés dans les camps contaminés par le plomb de Cesmin Lug et d’Osterode, au nord de Mitrovica. J’ai en effet été informé que, récemment, quelques familles expulsées se sont finalement retrouvées dans ces camps.

Les camps roms se situent près de la mine de plomb – aujourd’hui fermée – de Trepca. Une poussière grise mortelle venant des terrils s’abat continuellement sur le camp et les déchets de plomb toxiques empoisonnent les familles jour après jour, comme jamais auparavant. Ce phénomène a atteint une ampleur jamais vue. Le plomb, qui retarde la croissance des enfants, peut causer des dommages cérébraux irréversibles. Il faut évacuer immédiatement les habitants des camps et les placer sous traitement médical intensif.
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L’installation «provisoire» dans les camps toxiques juste après le conflit devait durer 45 jours. Dix ans après, les gens sont toujours là.

Bien que des plans de relogement des habitants des camps dans un environnement moins dangereux aient enfin vu le jour, les familles roms et askhalis qui vivent là ont à tout prix besoin d’être secourues et soignées au plus vite. Rien ne justifie qu’elles attendent plus longtemps.

Les propositions de relogement devront tenir compte des craintes de ces familles pour leur propre sécurité, elles qui ont été chassées en 1999 et ne l’ont pas oublié. De plus, elles s’inquiètent de savoir si leurs enfants pourront être scolarisés dans une langue qu’ils comprennent. Naturellement, il importe aussi qu’elles aient la possibilité de trouver un travail. Ce devrait être la priorité, y compris pour la communauté internationale qui est en partie responsable de la crise actuelle.

La politique de retour est inhumaine. Elle est en outre particulièrement injuste envers les enfants dont beaucoup sont expulsés du pays même où ils sont nés et ont grandi. Parmi ceux que j’ai rencontrés, certains considéraient le pays d’accueil et sa langue comme leur propre pays et leur langue maternelle. Tous veulent y retourner.

La politique de retour ne produit pas non plus l’effet recherché puisque pas moins de 70 à 75% des personnes renvoyées de force au Kosovo n’ont pas pu s’y réintégrer et ont gagné une autre destination ou sont retournées, via des filières clandestines, dans les pays qui les avaient expulsés.

Les Etats européens, qui dépensent actuellement des sommes considérables pour renvoyer les Roms au Kosovo, feraient un meilleur usage de cet argent en finançant des mesures d’insertion sociale de ces personnes.
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MessageSujet: Liberté ou l’extermination oubliée des Rom   Jeu 25 Fév - 7:13

Liberté ou l’extermination oubliée des Roms
Liberté, nouveau film de Tony Gatlif (qui est également compositeur ici), nous rappelle que pendant la guerre les Roms ont été massivement exterminés. Cette Shoah les Tsiganes l’appellent Samudaripen. Sur les deux millions qui vivaient en Europe à cette époque, entre 250 000 et 500 000 ont disparu dans une quarantaine de camps de concentration. Dont certains en France. Une histoire oubliée.

Voici le synopsis de Liberté tel qu’il figure sur le site du Centre d’études Tsiganes :

Théodore, vétérinaire et maire d’un village situé en zone occupée pendant la seconde guerre mondiale, a recueilli P’tit Claude, neuf ans, dont les parents ont disparu depuis le début de la guerre. Mademoiselle Lundi, l’institutrice fait la connaissance des Tsiganes qui se sont installés à quelques pas de là. Ils sont venus pour faire les vendanges dans le pays. Humaniste et républicaine convaincue, elle s’arrange, avec l’aide de Théodore, pour que les enfants Tsiganes soient scolarisés.

De son côté, P’tit Claude se prend d’amitié pour Taloche, grand gamin bohémien de trente ans qui se promène partout avec son violon sur l’épaule. Mais les contrôles d’identité imposés par le régime de Vichy se multiplient et les Tsiganes, peuple nomade, n’ont plus le droit de circuler librement : Théodore cède alors un de ses terrains aux bohémiens, désormais sédentarisés.

Tandis que les enfants Tsiganes suivent les cours de Mademoiselle Lundi, P’tit Claude est de plus en plus fasciné par le mode de vie des Bohémiens - un univers de liberté où les enfants sont rois. Mais la joie et l’insouciance sont de courte durée : la pression de la police de Vichy et de la Gestapo s’intensifie et le danger menace à chaque instant. Comme ils l’ont toujours fait depuis des siècles, les Tsiganes devront reprendre la route…

Ce projet, Tony Gatlif, réalisateur notamment de Latcho Drom, Gadjo Dilo, Swing ou Exils le porte depuis longtemps. L’histoire de la persécution des Roms pendant la guerre « a été volontairement ignorée, confie-t-il à 20minutes. Elle ne se trouve dans aucun livre scolaire... ». Et le cinéaste d’ajouter « Je l’ai fait pour raconter ce qui a été oublié ».

Pour le centre d’études tsiganes, « soixante-dix années après les faits, on prend la mesure par l’ouverture des archives de la Seconde Guerre mondiale de l’étendue des persécutions raciales qui ont eu cours dans cette époque. Alors que les derniers témoins vont se taire à jamais, il est urgent de mobiliser toutes les énergies pour mettre à jour les faits avec la plus grande précision, en montrer les mécanismes, et conduire dans le respect des victimes la restauration d’une mémoire bafouée.

L’internement familial massif des "Nomades" en France pendant la Seconde Guerre mondiale a été provoqué par la conjonction de deux types de politiques, la radicalisation du Régime des Nomades français et l’application de la Zigeuner-Politik (le régime racial) allemande.

En France, la règlementation des "Nomades" (terme administratif qui servait à qualifier les familles tsiganes françaises), initiée par la loi de 1912, s’était intensifiée et personnalisée par une multitude de pièces spécifiques, dont le carnet anthropométrique emblématique. Des familles françaises depuis toujours faisaient l’objet d’une surveillance et d’un enregistrement quotidien.

Les pouvoirs de l’administration préfectorale ont été renforcés dans l’entre-deux-guerres (à la suite de la loi du 3 août 1926, décret du 5 novembre 1926). À partir du décret-loi du 6 avril 1940, cette politique d’exclusion fut radicalisée par les ordres d’assignation à résidence imposés aux familles enregistrées dans le Régime des "Nomades. »

Mais revenons au film. « Je voulais un acteur qui ait une gueule et une voix qui ressemble à un Français de l’époque. Marc Lavoine a les deux », explique Tony Gatlif au Parisien pour qui Liberté est un oeuvre énergique, puissante et bouleversante.

« C’est en tombant sur l’histoire de l’une de ces victimes, un certain Taloche, incarné par James Thiérrée, petit-fils de Charlie Chaplin, que Gatlif s’est décidé à tourner le film qu’il avait toujours rêvé de faire’, précise le Parisien.

Ouest France rappelle que ce personnage de Taloche est directement inspiré d’un nomade bien réel qui figure dans le livre d’un historien local, Jacques Sigot, sur le camp de concentration de Tsiganes de Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire.

Il n’existe pas de film et très peu de livres sur les Tsiganes, rappelle Médiapart qui cite le nom hélas oublié de Matéo Maximoff ou encore celui d’Henriette Asséo. Il n’existe rien sur leur déportation, « hormis quelques chapitres dans des ouvrages consacrés à l’histoire de ce peuple nomade. » Le réalisateur a donc fait appel à des historiens, des spécialistes de l’histoire Tsigane.

En France, souligne le centre d’études Tsiganes, de nombreuses familles tsiganes (quelque six mille hommes, femmes, vieillards, enfants) furent internées dans des camps gérés par l’administration française. Cela s’est passé entre 1940 et 1946. Nos livres d’histoire sont silencieux.

Chassés, privés de liberté, maltraités, gardés sous la responsabilité et le contrôle des autorités françaises, ces enfants, ces femmes, ces hommes, attendent aujourd’hui encore, la reconnaissance de l’Histoire et de la France, leur Histoire, leur France. Simplement parce qu’ils sont, Tsiganes, Voyageurs ou dits " nomades ", Bohémiens… ce droit de mémoire leur a été dénié.

Le film de Tony Gatlif s’inscrit dans un projet* dont le réalisateur est le parrain : Une mémoire française. Les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, 1939-1946. L’événement programmé cette année « témoigne, explique le centre, de cette histoire oubliée, de cette histoire qui nous appartient à tous, pour que la mémoire ne s’échappe pas et que l’histoire ne se répète pas.

*Projet est parrainé par le cinéaste Tony Gatlif. Il est encadré par un comité scientifique composé d’historiens : Henriette Asséo, Emmanuel Filhol, Marie Christine Hubert, Alain Reyniers, Jacques Sigot Il est porté par un comité d’organisation composé des associations suivantes : ANGVC (Association Nationale des Gens du Voyage Catholiques) / ASNIT (Association Sociale Nationale Internationale Tzigane) /FNASAT-Gens du voyage (Fédération Nationale des Associations Solidaires d’Action avec les Tsiganes et les Gens du voyage) / LDH (Ligue des Droits de l’Homme) / MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) / Romani Art / UFAT (Union Française des Associations Tsiganes)
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MessageSujet: Deux enfants roms mort brulés vifs à Orly (94) : drame de la misère et du mépris   Jeu 25 Fév - 7:14

Deux enfants roms mort brulés vifs à Orly (94) : drame de la misère et du mépris

Deux enfants roms, Stéfan et Francesca, âgés de trois ans et dix-huit mois, sont morts après l'incendie de leur cabane qui s'est produit le 7 février sur un terrain à Orly. Ils vivaient là, avec leurs parents, depuis novembre 2008 suite à l'expulsion du terrain qu'ils occupaient précédemment à Vitry. Sans eau, sans électricité, des familles y avaient construit des cabanes sur un terrain vague. Plusieurs enfants étaient scolarisés dans les écoles de la ville. C'était le cas du petit Stéfan dont les parents étaient fiers qu'il puisse apprendre.

Jeudi 18 Février, c'est avec beaucoup d'émotion que 300 personnes (habitants d'Orly et des villes avoisinantes, enseignants, militants de RomEurope) se sont dirigées vers le terrain aujourd'hui détruit, accompagnées de la famille des deux enfants.

Tous ont exprimé leur solidarité avec ces familles et celles vivant actuellement sur des terrains à Bonneuil, Villejuif, Villeneuve-le-Roi, Sucy-en-Brie, Créteil, Limeil-Brévannes, Vitry (pour ne citer que des villes du Val-de-Marne). La colère était également très présente face à ce drame découlant directement des conditions de vie précaires et inadmissibles faites à ces familles.

Très souvent leurs habitations sont démolies, sans qu'on ne leur donne aucun autre relogement. Ils doivent alors aller ailleurs, vivre dans des conditions encore plus précaires. Chassés de leurs pays d'origine par la misère et les discriminations, ils ne rencontrent ici qu'indifférence, mépris, quand ce n'est pas la violence. Que des êtres humains soient contraints de vivre dans un tel dénuement condamne cette société incapable de les accueillir dignement.
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