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 Le calvaire des roms

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MessageSujet: Le calvaire des roms   Ven 16 Mai - 8:28

Comme promis pendant la campagne électorale, le premier acte du nouveau gouvernement italien sera un tour de vis en matière de lutte contre l'insécurité et contre l'immigration clandestine, deux phénomènes étroitement liés dans l'esprit du nouveau ministre de l'intérieur, Roberto Maroni, l'un des principaux dirigeants de la Ligue du Nord. Celui-ci devait réunir ses collègues de la défense, de la justice et des affaires étrangères, mardi 13 mai à Rome, pour discuter les derniers détails du "paquet sécurité", un arsenal de mesures qui doit être soumis dans les prochains jours au premier conseil des ministres présidé par Silvio Berlusconi.
Le dispositif, préparé par l'avocat du Cavaliere, Nicolo Ghedini, prévoit, selon les indiscrétions de la presse, un renforcement des peines existantes et la définition de nouveaux délits, parmi lesquels celui d'"immigration clandestine". Il est notamment envisagé de transformer les centres de rétention temporaire pour étrangers (CPT) en centres de détention provisoire. "Les citoyens italiens n'ont pas réclamé par leur vote un comportement raciste ou xénophobe mais une attitude de fermeté de la part du gouvernement Berlusconi", a expliqué Franco Frattini, l'ex-commissaire européen responsable pour les questions d'immigration, aujourd'hui chef de la diplomatie italienne.

Les mesures à l'étude visent à empêcher l'arrivée de nouveaux migrants clandestins, y compris d'Europe de l'Est. L'idée émise par M. Maroni de recourir à la marine pour repousser au large de la Sicile les embarcations venues d'Afrique a suscité un tollé. Mais l'Italie devrait recourir à nouveau aux vols charters pour le rapatriement immédiat des clandestins. Et une attention spécifique sera portée à "l'immigration communautaire", provenant d'autres pays de l'Union européenne.

Les Roumains, et plus particulièrement les Roms, sont dans le collimateur du gouvernement. Près de 600 000 Roumains sont installés en Italie selon l'ONG catholique Caritas, et les camps de nomades d'origine tzigane se sont multipliés à la périphérie des villes depuis l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne. Déjà en octobre 2007, à la suite du meurtre d'une femme à Rome, le gouvernement de centre gauche avait pris un décret d'expulsion visant surtout les citoyens roumains. Ces dernières semaines, plusieurs faits divers impliquant des Roms ont encore accru le sentiment d'insécurité dans la population.

Faute d'obtenir, comme le souhaite la Ligue du Nord, la suspension des accords de Schengen sur la libre circulation à l'intérieur de l'Union, l'Italie s'apprête à faire une lecture restrictive des directives européennes prévoyant l'expulsion des étrangers membres de l'UE ayant commis un délit ou n'ayant pas de moyens de subsistance. Plusieurs communes du nord de l'Italie, gérées par la Ligue du Nord mais aussi par le centre gauche, conditionnent déjà l'attribution des certificats de résidence à un revenu minimum et à un logement décent, ce qui pénalise la communauté tzigane.

Bucarest a envoyé "en urgence" son ministre de l'intérieur à Rome pour s'entretenir avec son nouvel homologue italien. "Nous ne permettrons pas que les intérêts des Roumains honnêtes de la Péninsule soient lésés et que naissent des sentiments anti-roumains et xénophobes dans la Péninsule", ont déclaré, lundi, les autorités de Bucarest, en précisant que les travailleurs roumains contribuaient pour 1 % du produit intérieur brut (PIB) de l'Italie.

"On ne peut pas dire du jour au lendemain qu'on n'a plus besoin des immigrés", a averti le cardinal Renato Martino, président du conseil pontifical pour la justice et la paix. Le Vatican, comme les ONG, critique sévèrement le "délit d'immigration clandestine", d'autant que la plupart des sans-papiers ont un emploi. Selon une étude, publiée lundi, de l'université Bicocca de Milan, il y aurait au moins 650 000 travailleurs en situation irrégulière en Italie. En 2007, sur 724 000 demandes de régularisation présentées par des employeurs, seules 170 000 ont été satisfaites.

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La Camorra fait aussi la loi avec les Roms

La tension monte entre les gens du voyage installés dans les banlieues dégradées de Naples et le reste de la population. Au point que la mafia locale intervient maintenant pour rétablir l'ordre et chasser les nomades.


"Allez-vous-en, le sang appelle le sang." Un avertissement typique de la Camorra, la mafia napolitaine. Ces jeunes qui se sont présentés l'autre soir, en scooter, au camp des gens du voyage installé sous le viaduc qui enjambe la nationale 162, à Ponticelli, dans la banlieue est de Naples, étaient probablement des messagers de la Camorra. Un avertissement suivi, plus tard dans la nuit, par le jet de bouteilles incendiaires. Bilan : quatre baraques réduites en cendres. L'autre nuit, les jeunes ont également attaqué un autre camp de Roms non loin du premier. L'un des murs d'une baraque est encore calciné. Dans l'après-midi, un Rom qui fouillait dans les poubelles à la recherche d'objets contenant du fer avait été passé à tabac et son triporteur incendié. Le 13 mai, la traque des Roms et des Tsiganes afin de les chasser du quartier s'est précisée lorsqu'une centaine de femmes et d'hommes ont tenté un assaut contre un autre campement vers 16 heures. Ils ont bloqué les rues et commencé à lancer des pierres. Si la situation n'a pas dégénéré, c'est parce que les forces de police sont intervenues.

Rien ne va plus, à Ponticelli. Il y a de la peur et de la tension. Tout cela à cause d'une tentative d'enlèvement d'une fillette de 6 mois. Une mèche allumée dans une poudrière et voilà Ponticelli méconnaissable. Cette ancienne forteresse ouvrière des années 1970, aujourd'hui dévorée par la crise, a perdu son identité lorsque, après le tremblement de terre du 11 novembre 1980, le quartier a été envahi par les grands ensembles d'HLM. Aujourd'hui, c'est un bastion de la Camorra.

Le tribunal des mineurs a confirmé la mise en détention de Maria, 16 ans, dite Angelica, et qui a tenté, samedi soir, d'enlever Camilla, 6 mois, après avoir pénétré dans l'habitation de ses parents. Surprise par la mère et les amis du père, elle n'a pas emporté l'enfant. Internement préventif, donc. L'avocat de Maria, alias Angelica, n'est pas persuadé que la jeune Rom ait voulu enlever le bébé ; il s'agirait plus probablement d'une tentative de vol dans la maison. Quoi qu'il en soit, nombreux sont ceux qui espèrent que la confirmation du maintien en détention aidera à éteindre l'incendie qui fait rage à Ponticelli.

Un climat national d'intolérance

Enzo Esposito, secrétaire de l'Œuvre des nomades [une association qui vient en aide aux gens du voyage) à Naples est abasourdi : "A Ponticelli, les fragiles équilibres entre les campements nomades et la population se sont effondrés. Ce qui se produit actuellement est aussi l'un des effets du climat national d'intolérance, avec ce gouvernement qui parle d'urgence et de chasse aux Roms et aux Roumains. Dans le Nord-Est, ce sont les skinheads qui font le sale boulot, ici c'est la Camorra. Ce n'est pas la première fois. Je rappelle qu'en 1999, après qu'un Rom en état d'ivresse ait écrasé une fillette à Scampia [banlieue défavorisée de Naples], un campement de 100 baraques avait été incendié. Mille cinq cents personnes avaient alors été évacuées. Et en 2004, à Saviano (autre banlieue napolitaine), des bandes de voyous avaient mis le feu aux caravanes de la mairie de Naples qui voulait en équiper un campement."

Attention, la révolte de Ponticelli n'est pas préméditée par la Camorra. C'est une réaction émotionnelle à la tentative de rapt et, surtout, à la non-intervention des institutions. Les enquêteurs soupçonnent les rondes de la Camorra qui menacent les nomades – effrayés, contraints à ne pas sortir des campements, ils voudraient bien partir – de "s'agiter pour se faire apprécier de la population, pour combler à leur manière cette absence de réponses institutionnelles". A Ponticelli, la Camorra fait ses affaires et les nomades les leurs (neuf campements, 500 personnes en tout) : mendicité – un enfant qui mendie rapporte jusqu'à 4 000 euros par mois à la famille –, vols dans les appartements, ramassage "sélectif" des déchets (cuivre, métaux ferreux, pneus). Dans la banlieue est de Naples, deux plaintes avaient déjà été déposées pour tentatives de rapt par des nomades. Aujourd'hui, l'exaspération risque de provoquer de nouvelles tragédies.

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Le bidonville mobile des Roms
La vie des Roms roumains du Val-d’Oise est rythmée par les expulsions et les tentatives pour trouver un emploi...

Opération déménagement chez les Roms roumains de Méry-sur-Oise, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Paris. Jusqu’à mercredi dernier, une centaine de tsiganes vivaient, dans des conditions déplorables, dans un campement de caravanes. Tapie dans la forêt, l’aire sablonneuse qu’ils occupaient depuis environ un an était située sur la butte de Montarsy, propriété de la ville de Paris. Mais le 23 avril, quelque soixante policiers et gendarmes avaient investi les lieux munis d’avis d’expulsion : expulsion pour tous du terrain occupé illégalement et expulsion du territoire français avec reconduite à la frontière pour une trentaine de Roms roumains qui, bien que membres de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2007, ne justifient pas de ressources suffisantes pour demeurer dans l’Hexagone.

Des recours administratifs ont été formulés contre les expulsions du territoire, grâce à la mobilisation d’associations venant en aide à cette population. Un court répit pour les Roms visés.

Ils l’ont mis à profit pour changer d’aire, sans attendre que soit écoulé le délai de quinze jours pour évacuer le terrain. A la faveur d’une éclaircie –les pluies avaient rendu les chemins difficilement praticables- ils ont donc acheminé la cinquantaine de maisons mobiles quelques centaines de mètres plus loin, mercredi. Un saut de puce qui devrait leur permettre de souffler quelques mois, avant une probable nouvelle expulsion.

Conditions d’hygiène déplorables

Le cadre change : les Roms ont troqué un vaste espace boueux en forêt contre une friche plane et dégagée. « Mais les conditions de vie restent identiques », explique Jean-Pierre Dacheux, membre du collectif d’aide aux familles Roms roumaines du Val d’Oise et des Yvelines, qui nous avait conduits mardi dernier (la veille de leur déménagement), jusqu’à eux.

Mardi, midi. De la fumée sort d’une caravane aux pneus crevés. C’est l’heure du repas, les femmes s’affairent. L’une, jupon et foulard colorés, pétrit son pain en plein air. Une autre lisse sa longue chevelure noir ébène, sur le pas de sa porte. Des jeunes hommes, en cercle, font passer le temps en tapant dans une balle, au centre du campement. Des enfants, cheveux en pétard et dents gâtées faute de soins, jouent à leurs côtés. Ils ne sont pas à l’école, le maire de Méry-sur-Oise refuse de les scolariser (voir encadré). Sans eau courante ni toilettes, les conditions d’hygiène sont déplorables et les rats pullulent. Le soir, seul un groupe électrogène et quelques fils électriques détournés apportent un peu de lumière.

Aucun des adultes n’a de travail régulier. Leur français est approximatif et ils doivent décrocher une promesse d’embauche avant d’être autorisé à travailler. « Comme le délai d’obtention est de presque trois mois, les patrons sont découragés ! », déplore Hervé Sorroche, président de l’association Aset (Aide à la scolarisation des enfants tsiganes). Ils vivent donc de petits boulots au black, mais aussi de la manche et des aliments retrouvés dans les poubelles.

Moins pire qu’en Roumanie

Carmen était puéricultrice en Roumanie. Avec 100 euros par mois, elle avait à peine de quoi se nourrir. Elle nous accueille dans sa caravane –relativement- confortable : vitres en verre et non bâches en plastiques scotchées, comme sur tant d’autres véhicules, rangements en bois et bouquet de fleurs. Elle y vit depuis février avec son mari, ex-chauffeur routier reconverti dans la réparation de palettes en bois, et son fils de 4 ans, Alexandro. Ils sont venus en France parce que leur vie en Roumanie, où les Roms ont subi cinq siècles d’esclavage (jusqu’en 1856) était « très difficile » : « Pas de maison ni caravane mais squat, problèmes administratifs, dur de bien manger… ». Cette Roumaine de 35 ans, qui en paraît déjà dix de plus, est fière de montrer ses nombreux diplômes. Elle ne désespère pas de trouver un travail, « même faire le ménage », et souhaite une « intégration correcte » dans la société. Elle insiste pour démentir le cliché de voleurs de poules et de voitures que les Roms traînent comme des casseroles. C’est aussi cette désastreuse réputation que déplore l’imposant voisin de Carmen, la quarantaine. « Le sigle de la France ‘Liberté, égalité, fraternité’ c’est pas pour nous. Regardez comment on vit ! » Jean-Pierre Dacheux tempère : « Au moins, ici, les policiers tapent moins fort. » Maigre consolation.

Chiffres

On dénombre environ 400 000 Roms (terme utilisé au niveau européen pour désigner les populations tsiganes) français en France. 120 000 sont des voyageurs, qui vivent en caravane.

Il y a entre 5000 et 7000 Roms roumains, bulgares et kosovars en France.

Ils parlent la langue romani, proche de l’italien.


La loi Besson du 5 mai 2000

Cette loi sur l’habitat et l’accueil des Gens du voyage tend à rendre obligatoire l’installation d’aires d’accueil pour les communes de plus de 5000 habitants et la réalisation de schémas départementaux d’accueil des Gens du voyage


Enfants déscolarisés

Le campement compte une trentaine d’enfants de 5 à 11 ans, qui ne sont pas scolarisés. Hervé Sorroche, président de l’Aset (Aide à la scolarisation des enfants tsiganes), explique que le maire de Méry-sur-Oise, Jean-Pierre Pernot (divers gauche) a refusé la scolarisation en primaire, « invoquant les conditions de vie insatisfaisantes des enfants et argumentant que c’est à l’Etat de régler le problème ». Trois jours par semaine, le camion-école de l’Aset vient apprendre les rudiments de la langue française aux enfants. Le problème ne se pose pas pour les collégiens, car l’accueil dans ces établissements du secondaire dépend du conseil général.

Quatre grossesses mais deux enfants vivants

En 2007, les femmes Rroms rencontrées par les équipes de Médecins du Monde en Seine Saint-Denis avaient 17 ans de moyenne d ’ âge à la 1ère grossesse. On compte quatre grossesses en moyenne par femme, mais seules deux enfants naissent vivants. Seules 8,3% des femmes enceintes étaient suivies pendant leur grossesse.
Source : Médecins du Monde
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MessageSujet: Les fumées de Naples   Sam 14 Juin - 17:09

Les fumées de Naples

De véritables pogromes anti-Roms ont enflammé Ponticelli, à l'est de Naples où des campements de Tsiganes ont été incendiés ces derniers jours, dans le quartier surnommé le "Bronx de Naples". Marco Imarisio, journaliste au Corriere della Sera, témoigne de ce déferlement de haine et de violence.

Au début il y a seulement une colonne de fumée, un signal que personne ne lie à l'essaim de cyclomoteurs qui traversent le croisement de la rue Argine, deux garçons en selle sur chaque scooter. L'explosion arrive quelques instants après : ce sont les bouteilles de gaz entreposées dans une baraque prise par le feu. Les flammes arrivent jusqu'à la limite des lampadaires, la fumée devient un nuage noir et toxique, gonflée d'ordures et de plastiques calcinés. Les baraques des Roms de la rue Malibrand forment un bûcher énorme. Ponticelli, 13h30, le règlement de comptes avec les "Tsiganes" est définitif et sans pitié. La circulation qui devient folle, le son des sirènes, les camions des pompiers, des papiers noircis qui voltigent dans l'air, les agents de garde au camp qui se regardent, perplexes. Ils restaient devant, ceux à cyclomoteur sont arrivés par derrière. Ils ouvrent les bras, ensuite, ce n'est pas si grave, beaucoup des Roms étaient partis dans la nuit. "Cela aurait été mieux, s'ils avaient été là", regrette un homme en polo noir Adidas. "Ceux-là on devrait tous les tuer." Il parle depuis l'habitacle de sa Fiat Punto, où est accroché bien en évidence un crucifix où est écrit, "Sainte Maria dette Arco protégez -moi."

Le premier acte du spectacle, parce qu'il y en aura d'autres, s'est déroulé devant la Villa communale, l'unique oasis de verdure, avec piste cyclable annexe, de ce quartier à la périphérie orientale de Naples, où l'horizon est délimité par de vieilles HLM, filles de la spéculation immobilière voulues parAchille Lauro. Un homme grisonnant avec un blouson de jeans sur les épaules est le plus enthousiaste. "Qui travaille honnêtement peut rester, mais pour les autres il faut prendre des mesures, même avec le feu." Le feu purifie, il bonifie le terrain de ces merdes qui ne se lavent jamais", ajoute un garçon avec des lunettes de soleil, cheveux gominé, tee shirt à la mode avec un coeur dessiné dessus, celui produit par Vieri et Maldini. Il y n'a pas de démocratie et l'État ne nous protège pas. Il ajoute, "la purification ethnique est nécessaire" mais comprend-il vraiment le sens de cette phrase ? Quand ils sont devant les télévisions, la réalité devient plus présentable, on embellit. La grosse femme avec le sac à provisions qui l'instant d'avant applaudissait et invectivait les pompiers -"laisse-les brûler, autrement ils reviennent "- "Sainte Vierge quel désastre, pauvres diables, heureusement qu'ils ne reste personne là-dedans". Le garçon aux lunettex de soleil devient soudainement plus calme: "c'est juste de les chasser, mais pas de cette manière." La caméra de télévision s'éteint, il éclate de rire. Sous à un arbre, de l'autre côté de la rue, il y a un groupe de garçons qui observent la scène. Ils regardent tout et tout le monde, personne ne les regarde. Ils semblent invisibles. Leur scooter est garé sur le trottoir. Le chef est un garçon avec un tee shirt moulant noir, les cheveux coupés courts sur le côté. Tous les présents savent qui il est, ils connaissent avec précision sa parenté. C'est un des petits-enfants du cousin du "maire" de Ponticelli, ce Ciro Sarno qui même depuis la prison continue à être le signore du quartier, chef d'un clan de camorra qui a fait de l'enracinement dans le quartier sa force. Quand il voit que la confusion est à son maximum, il fait un signe aux autres. Ils s'activent et ils démarent leurs cyclomoteurs. Dix minutes après, du camp adjacent, celui en face des immeubles de douze étages appelés les Cinq tours s'élève un autre nuage de fumée dense et épais. Le camp est délimité par un tas d'ordures et de bâches. Ce sont les premiers à brûler, la fumée enveloppe les HLM. La claque se déplace, à moins de 200 mètres il y a un nouvel incendie à applaudir. Les garçons en cyclomoteurs disparaissent. La radio de Police secours informe qu'il y a aussi des flammes dans les deux camps de la rue Virginia Woolf, à la frontière avec la commune de Cercola. Sur le sol détrempé il y a une paire de bombes incendiaires rudimentaires. Les Roms se sont échappés à la hâte. Dans les baraques il y a encore des marmites sur les fourneaux, les cartables des enfants. À l'entrée d'une de ces habitations en tôle et contre-plaqué, tenus ensemble par une gomme spongieuse, il y a un tableau encadré qui contient la photo agrandie d'un enfant souriant, habillé en Polichinelle. Florin, carnaval de 2008, la fête de l'école élémentaire de Ponticelli. A 14h50 il commence à
pleuvoir à torrents, une pluie battant equi éteint tout. "il valait mieux finir le trayait', dit un homme âgé pendant qu'il se réfugie sous un auvent de la Villa communale. Une demi-heure plus tard, dans le quartier De Gasperi, on voit beaucoup de ces visages jeunes qui montaient et descendaient des cyclomoteurs. C'est le fortin des Sarno, des maisons agglomérées ceintes par un vieux mur, avec une seule rue pour entrer et une pour sortir, avec des guetteurs qui feignent de lire le journal sur un banc et par contre qui sont payés pour signaler qui va et surtout qui vient. Mais cette chasse à l'homme ne s'explique pas seulement par la camorra. Cela serait rassurant, mais il n'est pas ainsi. En dessous de l'échangeur de l'autoroute Naples-Salerne, il y a encore les trois derniers camps roms habités. Des plaques de ciment de l'autoroute tombent des flots d'eau marron sur les baraques. Vous êtes entourés par une série de panneaux en bois. Un groupe de femmes et de garçons qui habitent dans les maisons les plus délabrées, celles de la rue Madonnelle traversent la place et se mettent devant "venez dehors pour que nous vous tuons", "nous avons préparé les bâtons." La police se démène, un inspecteur tâche de raisonner ces femmes en furie. "Est-ce que vous n'êtes pas des braves gens ?", c'est ce qu'il leur dit, "Vous allez à l'église le dimanche, et maintenant vous voulez jeter de pauvres enfants à la rue ?" Ouiiii répond le choeur. De derrière les panneaux apparaît une fille, la tête couverte d'un foulard trempé de pluie, elle tremble, de froid et de peur. Comme pour se protéger, elle tient sur son sein une fillette de quelques mois. Elle salue une des femmes les plus exaltées, une dame bien en chair. Elle la connaît. "Cette nuit nous partons. S'il vous plaît, ne nous faites pas de mal." La dame écoute en silence. Puis elle fait un pas vers la rom, et elle crache. Elle rate la cible, elle atteint en pleine figure la fillette. L'inspecteur qui restait sur la trajectoire du crachat incendie du regard la femme. Tous les autres applaudissent. "Bien, très bien." En avant vers le Moyen-Âge, chacun à son rythme !

Traduit de l'italien par Ludmila Acone
paru dans Golias hebdo

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MessageSujet: Fichage et flicages ...à quand l'étoile ?   Jeu 10 Juil - 10:01

L'UE perd son âme en Italie
En Italie, la police a commencé à relever les empreintes digitales de la minorité des Sintés et des Roms à Milan, à Naples et à Rome. Le quotidien El País critique dans son éditorial la passivité de l'UE face à cette mesure "xénophobe" et "raciste" : "Le gouvernement sous Berlusconi a dépassé une des limites intangibles de l'Etat de droit avec une forme juridique dangereuse. Pas parce qu'il [Berlusconi] transgresse la loi sur l'égalité en l'interprétant de manière différente pour des groupes différents, mais plutôt parce qu'il a instauré une autre loi pour les Tziganes qui ne s'applique pas au reste des Italiens. ... Les initiatives de Berlusconi et de son gouvernement montrent également d'autre part qu'il est impossible de convenir d'une politique commune par exemple en matière d'immigration avec lui au c?ur de l'UE. ? L'Union européenne, une entreprise inspirée par la justice et le droit, donne une image affligeante dans cette affaire et perd l'âme qui lui a donné son sens pendant ses 50 ans d'histoire."
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MessageSujet: En Italie   Jeu 10 Juil - 10:05

Voici un article très intéressant qui montre l'état d'un des pions raciste de l'occident ...

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6858


Dernière édition par Admin le Jeu 10 Juil - 16:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Le parlement européen s'en mêle   Jeu 10 Juil - 16:15

Le PE sur les Roms en Italie, un des "pires aspects" de l'UE (ministre)

La résolution jeudi du Parlement européen réclamant la fin des collectes d'empreintes digitales de la population rom en Italie "est l'un des pires aspects des institutions de l'Union européenne", a réagi Andrea Ronchi, ministre italien en charge des Affaires européennes.

"La résolution du parlement européen d'aujourd'hui est l'un des pires aspects des institutions de l'UE. Nous repoussons avec force et indignation les accusations de racisme", a déclaré M. Ronchi devant l'association de la presse étrangère à Rome.

A Strasbourg, les eurodéputés ont réclamé la fin des collectes d'empreintes digitales des Roms en Italie, estimant que cela constituerait "un acte de discrimination directe" fondé sur la race et l'origine ethnique, une mesure interdite par l'article 14 de la Convention européenne des droits de l'Homme.

Dans une résolution adoptée en dépit de l'opposition de la droite européenne, le Parlement demande aux autorités italiennes de "s'abstenir de collecter les empreintes digitales de la population Rom, mineurs inclus".

M. Ronchi était accompagné de ses collègues Franco Frattini, chef de la diplomatie italienne, et Roberto Maroni, ministre de l'Intérieur.

"Nous sommes indignés par la résolution votée par le Parlement européen", a renchéri ce dernier, membre du mouvement populiste et anti-immigrés de la Ligue du Nord.

"Le gouvernement italien ira jusqu'au bout", a-t-il promis, affirmant que le recensement des Roms permettait de protéger leurs enfants contre des abus, comme la mendicité, et permettrait leur scolarité.

Le ministre des Affaires étrangères a dénoncé lui aussi "un vote politique basé sur des préjugés", affirmant qu'il eut été normal que le gouvernement italien puisse s'exprimer devant le Parlement européen avant que ce dernier ne se prononce sur le recensement des Roms.
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MessageSujet: Re: Le calvaire des roms   Mer 23 Juil - 7:27

Environ 120 Roms ont été expulsés jeudi matin par les forces de l'ordre d'une école désaffectée de Saint-Étienne qu'ils occupaient depuis plus d'un an, a-t-on appris auprès de la police et de la préfecture de la Loire. Dans le cadre de cette opération, en exécution d'une ordonnance du TGI de Saint-Étienne de mars dernier, 56 Roms (dont 15 enfants) ont accepté la procédure de retour volontaire dans leur pays d'origine, selon la préfecture.

Accompagnés de représentants de l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (Anaem), ils sont montés à bord d'autocars qui les ont conduits à l'aéroport Saint-Éxupéry de Lyon, d'où ils s'envoleront pour la Roumanie, précise-t-on de même source. L'expulsion de l'école s'est déroulée "sans incident" et a mobilisé une centaine de fonctionnaires, selon la préfecture et la police. "Cette action répondait à l'attente de nombreux riverains qui avaient fait part de leur mécontentement en soulignant les nuisances causées par l'occupation illégale de ce site", a indiqué la préfecture dans un communiqué

En fait près de la moitié des roms qui vivent et travaillent en France certains depuis plus de 10 ans ont refusé de partir ...et bien qu'en situation régulière ( ils sont européens ) la municipalité refuse de s'en occuper et a même saccagé l'école affraid pour qu'ils n'y retournent pas et pillé les affaires des roms qui y étaient restés... Shocked affraid Shocked SYMPA non ??? Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad

Le 25 juillet, en une matinée, caravanes et baraques ont été détruites sans laisser aux habitants le temps de rassembler leurs affaires.
A Saint-Etienne, les Roms s'expulsent à la pelleteuse
Par Olivier BERTRAND
QUOTIDIEN : Vendredi 4 août 2006 - 06:00
Saint-Etienne envoyé spécial
Du pied, Aron-Ilic, 29 ans, retourne des objets cassés dans les cendres de sa baraque. Rom roumain, il vivait depuis quelques semaines sur un terrain vague adossé à un crassier, dans le quartier du Clapier, à Saint-Etienne (Loire). Lorsque les mines étaient en activité, le charbon était trié et nettoyé là. A présent, la mairie projette d'installer un parc urbain d'une douzaine d'hectares, à l'horizon 2009. C'est sur ce terrain abandonné que 60 à 70 Roms roumains squattaient depuis un an. Le 22 mai, la ville avait obtenu une ordonnance d'expulsion. Mardi 25 juillet, la police a débarqué pour détruire toutes les baraques, les caravanes, sans laisser le temps à leurs occupants de les vider de leurs effets personnels. En une matinée, le village précaire est devenu un champ de ruines.
«Ils sont arrivés vers 6 heures, raconte Aron-Ilic, le seul à bien parler le français. Ils nous ont dit qu'on avait cinq minutes pour partir, qu'on devait emporter tout ce qu'on pouvait. Trois policiers sont restés devant la porte de la baraque. On s'est habillé, on a fait nos bagages en vitesse. Quand vous avez cinq minutes, vous prenez quoi ? J'ai ramassé le plus important. Les papiers et quelques vêtements pour mon fils.» Il vivait là avec sa femme et son garçon, âgé de 5 ans.
Secteur bouclé. Les agents ont fait sortir les habitants d'une vingtaine de caravanes et autant de baraques. Ils ont aussi délogé les occupants d'une grosse maison adossée à la falaise. Puis ils ont regroupé les Roms sur un côté du terrain, avec interdiction de quitter le camp, pour qu'ils n'alertent pas les associations qui travaillent habituellement avec eux. L'un d'entre eux a quand même réussi à envoyer un texto.
«Dès que j'ai été prévenu, raconte Freddy Gioia, militant stéphanois, j'ai sauté de mon lit, attrapé un appareil photo, et j'ai foncé. Ils avaient bouclé tout le secteur, mais je connais bien le coin et je me suis faufilé. Je suis monté sur la ligne de chemin de fer qui surplombe le terrain et j'ai pu prendre des photos, juste au moment où les bulldozers entraient en action.»
Devant les habitants, les grosses pelles ont soulevé les caravanes, puis les ont relâchées, jusqu'à ce qu'elles se disloquent. Le mobilier a été démoli à coups de godet, comme tout ce qui se trouvait à l'intérieur. La nourriture, les matelas, parfois quelques meubles, un frigo, une cuisinière. Un homme, soigné pour des problèmes cardiaques, y avait laissé ordonnance et médicaments. Un autre, diabétique, des flacons d'insuline. «Ils ont eu le temps de récupérer leurs affaires avant de vider les lieux, assure le cabinet du maire de Saint-Etienne, Michel Thiollière (UMP radical). Ils savaient depuis la visite d'un huissier, le 1er juin, qu'ils pouvaient être expulsés à tout moment.»
Dans les jours suivant l'expulsion, des habitants du quartier sont venus se servir parmi les restes. Puis quelqu'un a mis le feu aux débris amassés. Dans les cendres, Aron-Ilic montre la vaisselle cassée, les restes d'une cafetière électrique. Il hausse les épaules et demande, calmement : «Nous n'avons pas grand-chose, pourquoi nous détruire ça ? Nous n'avons pas choisi d'être Roms. Pourquoi nous traite-t-on comme des animaux ?»
La mairie répond qu'elle avait prévu la fourrière pour enlever les caravanes. «Mais quand on ne peut pas les déplacer, on n'a pas d'autre choix que de les détruire, pour éviter toute réinstallation» , indique le cabinet du maire. Des militants associatifs affirment que des caravanes avaient déjà été brûlées, il y a quelques mois, sur ce même terrain.
Au total, deux à trois cents Roms roumains vivent sur l'agglomération stéphanoise, où deux autres squats ont été délogés, le 26 juillet. Parmi les occupants du terrain du Clapier, quelques-uns avaient obtenu un titre de séjour en temps qu'étrangers malades, quelques autres étaient demandeurs d'asile, la grande majorité multipliait les déplacements pendulaires, avec des visas de tourisme qu'il faut renouveler en Roumanie tous les trois mois. La plupart gagnent peu d'argent en France, mais c'est toujours plus qu'au pays. Au Clapier, certains faisaient la manche, vendaient des journaux, travaillaient au noir ou se débrouillaient autrement. Aron-Ilic avait ainsi acheté plusieurs kilos de montres en toc, à revendre dans la rue. Le bulldozer les a écrasées.
Après les destructions, les Roms ont dormi deux nuits de suite dans un square du centre-ville, entre la mairie et la préfecture. Des associations les accompagnaient, puis elles ont décidé, compte tenu de la canicule, de squatter un bâtiment laissé vide par EDF. De vastes locaux techniques, transformés en chambres assez fraîches. Sur les portes des douches et des WC, des noms écrits en roumain indiquent le tour de rôle pour le ménage.
«Ras-le-bol». Les militants de différentes associations se relaient pour dormir sur place. Il y a le DAL (Droit au logement), mais aussi la Croix-Rouge, le Secours populaire, Emmaüs... Des cours croisés de français et de roumain doivent être organisés. «D'ordinaire , raconte Marie-Pierre Vincent, photographe et membre du collectif stéphanois Tous les chemins mènent aux Roms, ces populations sont très assistées. Là, il semble qu'il y a un ras-le-bol, et certains se mobilisent à nos côtés.»
Des militants associatifs demandent la scolarisation des enfants et le relogement de tout le monde «dans les milliers de logements vide de l'agglomération» . La municipalité répond qu'elle est prête à envisager des hébergements d'urgence pour les familles avec enfants et les malades. «En attendant, glisse une porte-parole de la mairie, on n'a pas de crise humanitaire. Il y a l'eau, l'électricité. A la limite, ils sont mieux ici que là où ils étaient . »


http://www.liberation.fr/actualite/societe/197036.FR.php


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MessageSujet: Indifférence de repus   Mer 23 Juil - 7:33

Les cadavres de Violetta et Cristina Ebrehmovich, deux fillettes roms âgées de 11 et 12 ans, sont longtemps restés, samedi, sur la plage de Torregaveta, à proximité de Naples, sans que la centaine de baigneurs ne réagissent. Les gamines s’étaient jetées à l’eau malgré une mer agitée. Elles sont mortes noyées malgré les secours. «Nous avons récupéré les corps dans l’indifférence générale», s’est indigné l’ambulancier. Même devant le passage des cercueils, les vacanciers ont continué à prendre le soleil et à déjeuner…


Ils bronzent à côté des corps de deux fillettes roms mortes
mar 22 juil

On parle ici d’une photo qui choque l’Italie. Toute la presse italienne s’émeut d’ailleurs de cette flagrante indifférence ce mardi : on y voit les corps de deux fillettes roms mortes, recouverts de serviettes de plage sur la plage populaire de Torregaveta, près de Naples (sud), avec à l'arrière-plan, un couple en train de bronzer tranquillement !

Selon les journaux, les deux cousines étaient venues sur la plage pour vendre des petits objets aux touristes. Dans l'après-midi, elles ont décidé de se baigner et ont été emportées par le courant. L'archevêque de Naples, Mgr Crescenzio Sepe, a fait part de son inquiétude. Dans le journal 'La Repubblica', il a dénoncé "la triste et inquiétante indifférence", bien plus grave selon lui que la crise des déchets qui a endommagé la réputation de Naples dans le monde.

Une forte communauté de Roms vit en Italie depuis de nombreuses années. Mais ces derniers mois, de nombreux faits de vols et autres méfaits imputés aux ressortissants de cette communauté ont éclaté au grand jour. Si la réaction des Italiens n’a pas tardé, se soldant tout d’abord par des faits de violences à l’égard des Roms, il en a surtout résulté une marginalisation encore plus forte qu’avant et une tentative de Berlusconi de ficher les empreintes de tout ressortissant de cette minorité … heureusement avortée par l’Union Européenne !

L’Europe enquête : résultats attendus pour septembre

Une mission de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) s'est d’ailleurs rendue hier, lundi, en Italie afin d'enquêter sur la situation des Tziganes, Roms et Sinti à la suite de la série d'incidents impliquant des Tziganes comme acteurs ou victimes et de cette polémique en cours à leur sujet dans le pays. Dans un communiqué publié à Vienne, siège de l'organisation, l'OSCE précise que cette mission, dirigée par Andrzej Mirga et qui durera une semaine, aura lieu à Milan, Naples et Rome, "en coopération avec les autorités italiennes".

La délégation de l'OSCE comprend des experts de ses Offices pour les minorités nationales et pour les institutions démocratiques et les droits de l'Homme (ODHIR), ainsi que des représentants de l'Office des droits de l'Homme du Conseil de l'Europe et d'organisations non-gouvernementales italiennes. La délégation remettra son rapport au gouvernement italien en septembre prochain, précise l'OSCE dans son communiqué.

Ficher leurs empreintes : d’où vient cette idée « nazi » ?

La décision d'envoyer cette mission en Italie fait suite au projet du ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, membre du parti populiste de la Ligue du Nord, de créer un fichier d'empreintes digitales spécifique aux enfants tziganes. Ce projet a suscité de vives protestations de la part d'organisations de défense des droits de l'Homme et au sein du Parlement européen et du Conseil de l'Europe. Ainsi, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, faisant implicitement référence au nazisme, a estimé que ce projet "suscite des analogies historiques si manifestes qu'il est inutile de les préciser". Pour sa part, l'influent hebdomadaire italien chrétien à grand tirage Famiglia Cristiana avait dénoncé le "silence assourdissant" qui a accueilli en Italie "la proposition indécente" du ministre de l'Intérieur.

Au cours des derniers mois en Italie, des Tziganes ont fait l'objet d'agressions à caractère raciste, notamment à la mi-mai lors de l'attaque avec des bombes incendiaires de deux campements tziganes près de Naples, alors que nombre d'Italiens les rendent responsables de la montée de l'insécurité et de la criminalité. La criminalité supposée des Tziganes et la lutte contre l'immigration clandestine avaient été parmi les points forts de la campagne électorale du nouveau maire pro-Berlusconi de Rome, Gianni Alemanno, un ancien néo-fasciste passé au parti conservateur Alliance nationale, qui avait ravi en avril dernier la municipalité à la gauche.


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MessageSujet: Lille   Mer 23 Juil - 7:35

Porte de Valenciennes, les abords du rond-point ont retrouvé des allures de bidonvilles. Les Roms y ont réinstallé caravanes et logements de fortunes. Mais dans les jours à venir, ils devront à nouveau plier bagage pour des ailleurs inconnus.

Sous la tôle rouillée d'une antique caravane, une femme sans âge s'affaire. Sur le terrain vague, les enfants grouillent. Même si certains s'approchent, la vue de l'appareil-photo et du bloc-note ne les enchantent pas. « On ne veut pas parler. » Ne pas raconter une fois de plus leur histoire, leur parcours, leur errance, qui va reprendre d'iciquelques jours.

Rien n'a changé. « Ils vivent toujours dans l'insalubrité », soupire Delphine Beauvais de l'Aréas (l'Association régionale d'étude et d'action sociale auprès des gens du voyage). En collaboration avec le Secours populaire, les membres de l'association leur ont apporté des vivres. Sur le terrain où ils ont élu domicile, pas d'eau courante ni d'électricité. À l'entrée du campement, un conteneur déborde d'ordures. Au milieu des caravanes en piteux état, certains ont bricolé des tentes avec des bâches en plastique, et devant l'une d'elles, un fauteuil roulant attend son propriétaire, assis à même le sol.

Hier, la mairie annonçait que le propriétaire du terrain, Lille Métropole Habitat, avait fait une demande d'évacuation et qu'il attendait l'intervention des services de police. La préfecture a déclaré en fin de journée que le tribunal de grande instance avait signé le 17 juillet une ordonnance d'expulsion. « Les forces de l'ordre se sont déjà rendues sur place pour expliquer la procédure à la population. Une cinquantaine de personnes », précise Astrid Tombeux, chef du bureau de la communication interministérielle. Delphine Beauvais estime que ce seront « entre 20 et 25 familles » qui seront délogées. Éric Delhaye, directeur du Samu social, craint qu'elle ne se fasse « de manière un peu musclée, comme la fois dernière ».

Une chose est certaine, à l'heure actuelle, nul ne sait où ces familles iront après l'expulsion. « Depuis le début de l'année, dans le Nord, 250 personnes ont bénéficié de l'aide au retour. On sait déjà que quelques familles de ce camp en ont fait la demande », explique-t-on à la préfecture. Pour les autres, ce sont les associations, notamment l'Aréas, qui tenteront « de suivre les familles et de favoriser leur insertion. La DDASS a informé que certains Roms travaillent, avance Astrid Tombeux. Maintenant, tout l'enjeu est l'accompagnement vers le logement. » Pessimiste mais réaliste, Éric Delhaye prédit quant à lui un hiver difficile : « Puisqu'ils sont plus qu'en fin d'année, la situation va être encore pire. » •
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MessageSujet: Pour gonfler des stats d'Heurtefeux   Ven 25 Juil - 6:27

Il y a les actions coup de poing et médiatisées, et les combats souterrains et de longue haleine. Entre les Roms et les associations qui les soutiennent d’une part, et le ministère de l’Immigration et les préfectures de l’autre, le bras de fer s’intensifie. Mercredi, 37 Roumains du bidonville du Hanul à Saint-Denis, le plus ancien de Seine-Saint-Denis, ont effectué un aller-retour en Belgique dans un car affrété par des organisations de défense des droits de l’homme. Objectif : respecter l’OQTF (obligation de quitter le territoire français) sous le coup de laquelle ils se trouvent, et surtout démontrer l’absurdité de leur situation. Depuis que leur pays est devenu membre de l’Union européenne, en 2002, les Roumains jouissent, en théorie, d’une totale liberté de circulation. Mais au-delà de trois mois de séjour dans le même pays, ils sont soumis à des conditions de ressources. A peine franchi le poste-frontière de Saint-Haybert, ils ont fait demi-tour et sont rentrés le soir même à Saint-Denis. En théorie en règle avec l’administration, même si les polices française et belge leur ont refusé un tampon officiel de sortie du territoire français.

Petit pécule. En parallèle, près de 200 Roms, épaulés par ces mêmes associations, ont déposé, devant la justice administrative, des recours contre ces OQTF. «Les autorités fondent l’éloignement sur l’absence de ressources, explique Didier Inowlocki du Gisti. Mais avant de notifier une OQTF, elles sont censées procéder à un examen de situation, ce qu’elles ne font pas.» Selon lui, les agents de l’Anaem (Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations) «arrivent avec des OQTF préremplies, mettent les gens en file indienne, leur demandent leur nom, leur prénom et leur date de naissance», et c’est plié. Enfin presque. Car l’objectif des autorités n’est pas d’expulser les Roms avec le concours de la force publique - ce qui ferait désordre pour des citoyens européens -, mais de les inciter à partir volontairement. L’administration accompagne donc la délivrance de l’OQTF de la menace de prison. Et offre un petit pécule.

D’un montant de 300 euros par adulte il y a quelques semaines encore, cette «aide au retour humanitaire», selon la terminologie officielle, serait descendue à 150 euros. L’objectif est d’atteindre les chiffres d’expulsion fixés par Nicolas Sarkozy, sachant que la barre est placée chaque année un peu plus haut. D’un peu moins de 10 000 en 2002, on est passé à 28 000 pour 2008 . «En 2006, les Roumains ont représenté un quart des expulsions, en 2007 pareil, et en 2008, on devrait être un peu au-dessus», affirme Didier Inowlocki.

Saisine. Un juge administratif a néanmoins pris une décision qui pourrait gripper cette belle mécanique. Interrogé sur la légalité d’une OQTF, il s’est tourné vers le Conseil d’Etat, ce qui est une première. De leur côté, deux associations ont demandé à ce même Conseil d’Etat de se tourner à son tour vers la Cour de justice des communautés européennes (CJCE). Enfin, toujours selon Didier Inowlocki, un collectif d’associations va envoyer à la Commission européenne une saisine «démontrant comment la France bafoue le droit commun à l’encontre des Roms». Celle-ci pourra alors, si elle estime qu’il y a lieu, soit rendre un avis, soit saisir à son tour la CJCE.

( in libé)
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MessageSujet: Les roms de Bagnolet   Sam 26 Juil - 18:20

e séparer de leurs enfants pour pouvoir se loger et travailler en France. C'est le "choix" qui se pose à une douzaine de Roms bulgares depuis que la mairie de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) les a avertis qu'à compter du 26 juillet elle ne financerait plus les chambres d'hôtel où ils habitent avec leur famille. Ils y avaient été relogés par la mairie il y a un an, après avoir passé deux ans au château de l'Etang, un centre de loisirs désaffecté situé à proximité des Lilas, suite à l'incendie de leur bidonville, rue des Blancs-Champs, en décembre 2004.



"Les finances communales de la mairie ne nous permettent plus de prendre en charge l'hébergement de ces familles, qui nous coûte 44 euros par chambre et par nuit", explique Laurent Jamet, premier adjoint au maire de Bagnolet, avant de rappeler qu'à l'origine du projet d'insertion "MOUS" (Maîtrise d'oeuvre urbaine et sociale) mis en place en faveur des Roms de Bagnolet et cosigné par la mairie et la préfecture, "il n'y avait pas d'enfants".

Pour éviter de se retrouver à la rue, les pères de famille n'ont donc pas d'autre issue : ils devront intégrer les bungalows ouverts par la mairie pour 80 Roms célibataires... et renvoyer leur famille en Bulgarie. Une situation incompréhensible pour Krassimir Hristov, 38 ans, arrivé sur le sol français en 2002 : "J'ai deux enfants de 7 et 13 ans. Il m'est impossible de m'en séparer. Comment pourraient-ils survivre en Bulgarie, alors que la seule famille qui m'y reste, ce sont mes parents, qui sont trop âgés et n'auraient pas les moyens de les élever ? En plus, les Roms sont victimes de graves discriminations en Bulgarie."


AUTORISATION DE TRAVAIL


Ivan Yordanov, lui, est arrivé en France en 2004. Père de deux enfants, il supporte mal sa condition : "C'est difficile de ne pas avoir un vrai logement et de vivre normalement avec ma famille. Mes enfants comprennent ce qui risque d'arriver. Ils ont peur d'être obligés de quitter la France ! Il faut que le gouvernement français nous aide !"

Face à leur détresse, un comité de soutien s'est formé et l'association La Voix des Roms est venue appuyer les familles dans leur demande de relogement. Samir Mile, président de l'association, déplore l'"ultimatum" fixé, et souligne que l'"exigence de séparation des parents de leurs enfants" est "contraire" à plusieurs conventions internationales. Il dénonce aussi la condition préalable posée par la préfecture : les Roms doivent avoir un emploi pour pouvoir bénéficier d'un accompagnement social. Mais, précise M. Mile, "leur situation administrative les empêche de travailler légalement".

En effet, les travailleurs bulgares sont l'objet de mesures restrictives en matière d'accès au marché français du travail. Soumis à un régime transitoire en tant que nouveaux ressortissants de l'Union européenne, ils doivent obtenir une autorisation de travail, à la différence des autres Européens qui, eux, bénéficient de la libre circulation. Krassimir Yordanov, comme nombre de ses compatriotes, travaille au noir. Du métier de ferrailleur en passant par ceux du bâtiment, il accepte les petits salaires versés par des employeurs peu scrupuleux en matière de droit du travail : "Je gagne entre 400 et 500 euros par mois. C'est peu, mais il faut bien que je nourrisse mes enfants."

Marc Everbecq, maire de Bagnolet, a prévu de faire régulièrement le point sur la situation avec les familles. Mais leur expulsion demeure imminente.

( in Le Monde sur le net)
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MessageSujet: craintes de contagion   Mer 13 Aoû - 17:45

Des Roms présents en France et les associations qui les soutiennent redoutent une "contagion" de la "vague de racisme" qu'ils dénoncent en Italie à l'encontre de leur communauté et réclament une véritable politique d'accueil au niveau européen.

"En France, nous luttons en permanence contre des préjugés très anciens, notamment contre l'amalgame entre Roms et voleurs ou criminels, ce qui ce passe en Italie est un énorme retour en arrière", estime Saimir Mile, président de la Voix des Roms.

Le gouvernement de Silvio Berlusconi et ses alliés anti-immigrés de la Ligue du nord mènent des opérations d'identification dans les camps où les Roms doivent remplir un formulaire comprenant des cases "ethnie" et "religion" et laisser leurs empreintes digitales s'ils ont plus de 14 ans.

Pour Michèle Mézard, porte-parole du collectif Romeurope "dans un contexte de harcèlement policier permanent en France, on peut craindre une contagion de la vague de racisme italienne dans une opinion publique française très mal informée et qui continue à véhiculer les pires préjugés sur ces populations fragiles".

Les associations s'inquiètent notamment du recueil de données sur ces populations ballottées de bidonvilles en caravanes éventrées au gré des évacuations policières et qui ont constitué un important quota des expulsions d'étrangers (en 2007: sur plus de 23.150 expulsions, plus de 2.270 étaient Roumains et 810 Bulgares, dont une majorité de Roms).

"On ne peut pas parler de fichage en France mais dans des retours encadrés par l'Anaem (Agence nationale d'accueil des étrangers et des migrations, ndlr), il y a des prises de données, dans certains cas la police passe prendre des photos, il y a même eu des prélèvements d'ADN et tout cela passe inaperçu", souligne Michèle Mézard. Si Romeurope se félicite des quelques projets d'insertion mis en place en France, notamment à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le collectif souligne que cela reste "l'exception".

Ion Rinu, 54 ans, réside sur le plus grand campement de France, à Saint-Ouen, où doivent être évacués d'ici fin août plus de 630 Roms. "En France, comme en Italie, nous servons de boucs-émissaires", explique à l'AFP ce père de famille roumain qui s'attend à une énième expulsion.

"On nous a forcé à être sédentaires depuis des siècles (la population Rom mondiale est sédentaire à plus de 90%, ndlr) et on nous oblige aujourd'hui à être des nomades de plus en plus pauvres que l'on chasse de ville en ville", ajoute-t-il.

Médecins du Monde souligne que les "nombreuses discriminations, en Italie comme dans d'autres Etats membres, ne doivent plus rester sous silence", estimant que ces populations vulnérables sont frappées d'un "statut d'exception" dans l'Union européenne.

Romeurope a interpellé Nicolas Sarkozy à l'occasion de la présidence française de l'UE, réclamant une directive européenne sur les droits des Roms, selon une note adressée à l'Elysée et transmise à l'AFP. "Nous réclamons une véritable politique d'accueil au niveau européen", explique Mme Mézard.

Depuis l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'UE le 1er janvier 2007, les Roms de ces deux pays bénéficient en théorie de la liberté de circulation mais au delà de trois mois de séjour ils doivent justifier d'un emploi ou de moyens suffisant de subsistance selon la directive française du 22 décembre 2006. Faute de quoi il sont expulsables.

Ils peinent à trouver les ressources nécessaires puisqu'ils ne peuvent être employés que dans les 150 métiers "en tension" recensés en janvier 2008.
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MessageSujet: Slovaquie   Mer 13 Aoû - 17:47

La Slovaquie doit mettre fin à la ségrégation des enfants roms dans l’école spéciale de Pavlovce Nad Uhom
« En classe 7 de l’école spéciale, j’ai appris les mêmes choses qu’en classe 3 de l’école générale » déclare un adolescent rom de quatorze ans placé par erreur dans une école spéciale

En Slovaquie, un très grand nombre d’enfants roms sont placés à tort dans des « écoles spéciales » destinées à des enfants atteints d’un handicap mental, où ils reçoivent un enseignement inférieur à la normale. Ils ont ainsi très peu de chances de trouver un emploi et de suivre des études supérieures. Selon des études indépendantes, dans toute la Slovaquie, environ 80 p. cent des enfants placés dans ces écoles sont roms.

Une fois qu’ils sont dans des écoles spéciales, ils n’ont aucune chance de revenir dans la filière d’enseignement général accueillant des enfants aux capacités moyennes ou supérieures à la moyenne.

Pavlovce nad Uhom est une petite ville située dans l’est de la Slovaquie, à 10 kilomètres de la frontière ukrainienne. Une bonne moitié de ses 4 500 habitants sont roms. La localité compte deux écoles élémentaires : une école générale et une école spéciale pour les enfants handicapés mentaux.

Près des deux tiers des enfants roms fréquentant l’école primaire de Pavlovce nad Uhom subissent une ségrégation de fait dans l’école spéciale : en effet, 99,5 p. cent des quelque 200 élèves de cet établissement sont roms.

Officiellement, un enfant ne peut être placé dans une école spéciale qu’à la suite d’un diagnostic formel ayant révélé un handicap mental, et uniquement avec l’accord plein et entier de ses parents. Cependant, à Pavlovce nad Uhom, de nombreux enfants n’ont fait l’objet d’aucune évaluation et le processus d’évaluation en lui-même laisse à désirer. En outre, le consentement parental est rarement libre et éclairé.

À la suite d’inspections ordonnées par le maire de la ville en 2007, il a été reconnu officiellement que 17 élèves n’avaient rien à faire dans l’école spéciale et qu’ils y avaient été placés par erreur. Amnesty International pense que ce nombre est en fait nettement supérieur et que d’autres enfants roms qui devraient légitimement aller dans une école générale continuent d’être privés de leur droit à l’éducation à Pavlovce nad Uhom.

Ces graves violations des droits humains ne résultent pas simplement d’erreurs humaines, elles sont la conséquence d’un échec plus large lié à la persistance de la discrimination, tant dans la conception que dans la mise en œuvre du système scolaire slovaque.

Amnesty International appelle les autorités slovaques à reconnaître ces manquements et à engager les réformes structurelles nécessaires. L’organisation demande en particulier au directeur de l’Autorité scolaire régionale de Košice, qui a fondé l’école spéciale de Pavlovce nad Uhom et qui en est directement responsable, de :

faire en sorte que toutes les décisions de placement soient réexaminées et que tous les enfants actuellement inscrits à l’école spéciale de Pavlovce nad Uhom fassent l’objet d’une réévaluation afin d’identifier ceux qui auraient pu être placés dans cet établissement par erreur. Ces élèves devront être réintégrés rapidement dans l’école générale et l’Autorité scolaire régionale devrait leur fournir un recours utile, notamment sous la forme de réparations ;
prendre des mesures adéquates contre les fonctionnaires ayant enfreint la loi slovaque et agi aux dépens du droit à l’éducation des enfants roms de Pavlovce nad Uhom ;
veiller à ce que l’inscription des élèves ne soit en aucun cas approuvée par l’école spéciale Passez à l’actionsi ces enfants n’ont pas fait l’objet d’un diagnostic clair, objectif et sans équivoque concluant à un handicap mental. Ce diagnostic doit précéder le placement de l’enfant dans l’école spéciale, et la demande ou l’autorisation des parents ne devrait pas être le facteur décisif dans ce type de placement.

L’année scolaire recommence le 1er septembre à Pavlovce nad Uhom. Mobilisez-vous sans attendre pour que tous les enfants de cette ville reçoivent l’enseignement de qualité auquel ils ont droit.
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MessageSujet: Marseille   Mer 13 Aoû - 17:49

Sur le pas de la porte de la maison qu'ils squattent dans le 3e arrondissement de Marseille, Mariana et son époux montrent l'arrière embouti de leur Opel break. Une bâche en plastique fait office de pare brise. La jeune femme raconte : "Ils lui ont foncé dessus et ont jeté des bouteilles en verre sur la voiture, en criant Romani ! Romani !"

Dans la cour de cette friche industrielle, des cabanes qui abritaient des Roms ont récemment été la cible de bouteilles remplies d'essence et lancées avec un chiffon enflammé. Mariana parle aussi de coups donnés avec des battes de base-ball. La décision est arrêtée : cette jeune Roumaine de 25 ans et sa famille vont retourner à Bucarest durant deux semaines, dans l'espoir "que ça se calme". Mais le retour se fera : "On est venu à Marseille car c'est mieux ici." Dans les squats roms, dans les écoles où les enfants ont été scolarisés cet hiver, les témoignages font état d'une hostilité grandissante et de violences à l'égard de la dernière communauté s'étant implantée à Marseille, principalement dans les quartiers les plus pauvres. Ils seraient mille à mille cinq cents Tziganes de nationalité roumaine ou bulgare à vivre dans les Bouches-du-Rhône depuis l'élargissement de l'Union européenne, en 2007. Logés dans des conditions insalubres, sans eau, parfois sans électricité, les Roms travaillent principalement au ramassage de la ferraille qu'ils transportent dans des poussettes d'enfants et dans des camionnettes, leurs outils de travail.

Des camionnettes blanches qui ont alimenté, en juin, une rumeur largement relayée par mails, SMS ou MMS sur les portables des adolescents marseillais, principalement ceux des cités des quartiers Nord de Marseille. Il se disait que les Roumains enlevaient des enfants en vue d'un trafic d'organes.

Face à la propagation de la rumeur, le préfet de police et les autorités judiciaires n'ont cessé de souligner son caractère infondé. Mais le samedi 21 juin, trois Roms ont été violemment pris à partie, à la cité de La Bricarde (15e arrondissement). Leur voiture a été brûlée. Ils étaient venus, ont-ils ensuite expliqué, pour fouiller les poubelles. Des habitants les ont accusés d'avoir abordé un garçonnet. Très vite, une soixantaine de personnes, appelées en renfort de deux cités voisines, ont voulu en découdre avec ces trois Roumains réfugiés dans le local fréquenté par les personnes âgées de la cité, ainsi que l'équipage de Police-Secours appelé sur les lieux.

Leur "exfiltration" a nécessité d'importants renforts et s'est déroulée sous un jet nourri de projectiles, nécessitant l'usage de Flash-Ball et de bombes lacrymogènes. "Ces violences urbaines ont été d'une telle intensité que nous tenons à en identifier les auteurs", assure-t-on au parquet. Dans cette cité construite en balcon au-dessus du port de Marseille, le sentiment anti-Rom a gagné les plus jeunes et s'exprime avec une grande dureté. "C'est des pouilleux, ils prennent l'eau dans les égouts, paient pas de loyer", lâche ainsi Kader, adossé à un mur du local réservé aux jeunes de la cité. "Ils attendent les trucs périmés à ED et se jettent dessus. Quand ils mangent, ils doivent bien manger, avec les dents en or qu'ils ont." Les copains acquiescent. La rumeur de juin a la peau dure : "Même si on est marseillais et que la sardine bouche le port, y a toujours un fond de vérité."

La Bricarde - 700 logements, 3 500 habitants - est une cité bien tenue, animée par quelques commerces au pied des immeubles, où les jeunes dont les parents ou grands-parents sont issus de l'immigration connaissent un chômage endémique, voisin de 50 %. Défenseur de l'idée d'un "mieux vivre ensemble", Kamel Dachar, directeur de la régie de quartier, déplore "un fort communautarisme" : "A La Bricarde, les deux grands groupes, les Arabes et les Gitans, se respectent, se côtoient mais ne se mélangent pas. C'est pathétique".

Mustapha, une figure de La Bricarde, assure que la cité est toujours "aux aguets" depuis l'explosion de violence du 21 juin. "Les Gitans, on les connaît. Ils nous demandent s'ils peuvent prendre les encombrants, les carcasses de voitures. Les Roumains, eux, ne nous demandent rien, ils viennent en sous-marins. Ils ne parlent pas français, on a l'impression qu'ils ont quelque chose à se reprocher."

Cette agression a terrorisé les familles roms. "J'ai dû aller voir pourquoi les douze enfants inscrits à l'école en février ne venaient subitement plus", explique une institutrice d'un établissement proche des squats du 3e arrondissement. "Ils m'ont parlé de cocktails Molotov jetés sur leurs habitations, des enfants insultés. C'est dommage car ces élèves ont beaucoup de volonté, sont très présents, avides d'apprendre et ont toutes les chances de progresser. Ça a tout gâché." Son collègue Alain Mauro, instituteur en classe d'initiation pour élèves non francophones à l'école du Parc Bellevue, s'était aussi inquiété de l'absence des enfants en fin d'année scolaire. "Les parents nous ont dit qu'ils avaient peur." Les "maraudes" de la mission Roms de Médecins du monde, ces tournées destinées à apporter des soins et des conseils administratifs, confirment l'inquiétude.

Des squats, des campements semblent avoir été abandonnés à la hâte. Dans une maison squattée de la rue de Lyon, le Dr Philippe Rodier est accueilli par une odeur de pain chaud et les piaillements d'enfants dans une piscine improvisée. L'eau est amenée chaque jour par les femmes dans une vingtaine de grands bidons. En mai, Donitza et sa famille avaient été délogées d'un squat où vivaient quelque 70 Roms. Leur offre de payer un loyer, de régler l'eau et l'électricité n'avait alors pas été acceptée. Le Dr Rodier examine une échographie, donne deux boîtes d'antibiotiques pour un abcès dentaire. "Ces gens sont d'une très grande dignité et ont une capacité extraordinaire d'adaptation, témoigne le médecin. Je dis aux gens des quartiers : Allez les voir chez eux ! Est-ce la nouvelle communauté désignée à la vindicte ? Peut-être..." Durant la campagne des municipales, les attaques des riverains de squats avaient été d'une rare virulence. "J'ai travaillé longtemps dans les quartiers Nord de Marseille et j'ai entendu des choses terribles sur les Arabes. Là, contre les Roms, c'était de la haine."

Alain Fourest, militant de Rencontres tziganes, analyse ce sentiment comme la répétition du phénomène "du dernier arrivé qui ferme la porte aux nouveaux arrivants et désigne le bouc émissaire qui prend le pain de la bouche". Sénateur communiste, Robert Bret déplore "ces réflexes de peur et de rejet" : "Dans ces quartiers très fragilisés, les gens vivent la présence des Roms comme un risque de déstabilisation." L'élu appelle à une réponse des pouvoirs publics et "ne souhaite pas que ça se passe comme en Italie, tant au niveau de la réponse de l'Etat que du racisme et de la violence". Le phénomène n'est pas nouveau : Italiens en 1920-1930, Maghrébins au milieu du XXe siècle, Marseille a déjà connu cette forme violente d'accueil de nouveaux arrivants.

(in Le Monde)
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MessageSujet: Les Roms - Nouveaux parias de l'Europe   Sam 23 Aoû - 16:12

150 000 Tsiganes, ou Roms, vivent en Italie. 45 000, qui n'ont pas la nationalité italienne, sont des réfugiés qui ont fui la misère et les massacres ethniques depuis l'éclatement de la Yougoslavie.

En Italie, comme en France, ces réfugiés sont regroupés dans des camps, généralement insalubres. Il y a 700 camps autour de Rome, Milan et Naples. Depuis début juillet 2008, les autorités italiennes ont commencé à relever leurs empreintes digitales, y compris celles des enfants.

Le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, membre du parti xénophobe de la Ligue du Nord, a justifié cette disposition par la lutte contre la criminalité et pour faciliter les expulsions. En voulant transformer l'immigration clandestine en délit passible d'emprisonnement, le gouvernement Berlusconi n'a fait d'ailleurs que durcir des lois adoptées par le gouvernement précédent de centre-gauche de Romano Prodi. Car une grande partie des politiciens italiens, à droite mais aussi à gauche, dénoncent les Roms ou Tsiganes comme les responsables de l'insécurité en Italie, qu'il faut parquer, emprisonner, chasser plutôt que de les aider à s'intégrer par le travail, l'habitat et l'école...

En France, 6 000 à 8 000 réfugiés clandestins roms vivent aussi dans une grande précarité, la plupart dans des bidonvilles. L'État laisse aux municipalités la charge d'assurer l'hygiène et les soins d'urgence. Mais régulièrement, des camps sont investis et détruits par la police sans proposer de relogements stables et décents. Ces rafles policières servent en réalité aux préfets à remplir, par milliers, leurs quotas annuels d'expulsions.

Les autorités d'Italie, de France et d'autres pays d'Europe appliquent contre ces réfugiés des mesures racistes et discriminatoires. Il faut que cela cesse !
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MessageSujet: 6000 roms en détresse   Jeu 28 Aoû - 16:22

« 6 000 Roms dans la détresse »
Malik Salemkour est vice-président de la Ligue des droits de l’homme et membre du collectif Romeurope
L’évacuation du plus grand camp roms signe-t-elle un tournant ?

Malik Salemkour. Il s’agit d’une nouvelle étape de la politique de l’État qui accompagne certaines familles et expulse les autres. Ce n’est pas nouveau, on a déjà vu ça à Saint-Denis et Aubervilliers. À Saint-Ouen, les cris d’alerte des associations et des familles ont enfin été entendus. Sauf qu’il n’y a que 24 familles élues sur 100. Les autres sont invitées à quitter le terrain, voire le territoire. Mais ces ressortissants européens, qui ont un projet de vie en France, reviennent forcément et dans des délais très courts.

Quelle est la situation des Roms en France ?

Malik Salemkour. Les 6 000 Bulgares et Roumains vivant ici sont pratiquement tous dans la détresse. Ce sont les boucs émissaires de l’État. Au lieu de répondre à l’égalité des droits européens, on les traite comme des citoyens de seconde zone. L’État est trop répressif, pas assez dans l’examen individuel.

La moitié vit en Seine-Saint-Denis. Comment l’expliquez-vous ?

Malik Salemkour. Avec ses friches industrielles et ses terrains vagues, ce département accueille beaucoup de mal-logés. Contrairement à d’autres comme les Hauts-de-Seine, l’expulsion n’y est pas immédiate. Ils peuvent y survivre.

Que pensez-vous des villages d’insertion ?

Malik Salemkour. C’est une solution transitoire acceptable pour répondre à l’urgence de l’indignité des bidonvilles et remettre ces personnes dans le droit de l’habitat. Mais ça ne peut pas être durable, comme les cités de transit qui ont duré des années. Leur première demande est de s’intégrer, d’accéder à des logements de droit commun et à un emploi, de sortir du régime transitoire de la Roumanie et de la Bulgarie (les Bulgares et les Roumains ne peuvent accéder en France qu’à 62 métiers - NDLR).
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MessageSujet: 633 évacuées du royaume de Scarpia   Jeu 28 Aoû - 16:25

L’État évacue le camp rom de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Seulement 24 familles sont concernées par le projet d’insertion

Assis au soleil, les hommes continuent à jouer aux cartes. Pourtant, d’ici quelques jours, le plus grand bidonville de France ne devrait plus être qu’un tas de gravats et de déchets. Depuis deux ans, près de 650 Roms occupent ce terrain situé à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, dans le quartier des docks en plein réaménagement. La ville de Paris, propriétaire du terrain, et celle de Saint-Ouen ont signé un accord pour y construire des logements sociaux. Indésirables, les Roms sont donc priés d’aller voir ailleurs… Vingt-quatre familles ont été sélectionnées par la DDASS pour intégrer un « village d’insertion ». Les autres sont invitées à quitter la France.

Sur les 633 personnes occupant ce plus grand terrain vague de France, une centaine est déjà partie pour la Roumanie, jeudi dernier, dans un car affrété par l’ANAEM (Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations), qui rétribue ces « retours volontaires » 300 euros par adulte. Demain, un deuxième départ devrait compter à nouveau une centaine de Roms. Ceux qui refusent ces retours recevront une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Quant aux rumeurs d’une expulsion du camp par les forces de police prévue demain, Paul Planque, premier adjoint du maire de Saint-Ouen, se veut rassurant : « Nous ne sommes pas du tout dans une phase d’expulsion. »

Échaudées, de nombreuses familles ont déjà quitté le bidonville pour d’autres terrains. À côté des baraques de fortune en tôle, l’ancien immeuble d’EDF est déjà pratiquement désert. Au premier étage, la famille Covaciu se fait discrète. Les parents et leurs quatre enfants sont parmi les chanceux qui emménageront dans le « village d’insertion ». Situé rue de Clichy, toujours dans la zone des docks, ce terrain accueillera d’abord des caravanes aménagées, puis, d’ici huit mois, 25 mobil-homes. « Quand on m’a appris la bonne nouvelle, j’ai pleuré de joie, raconte la maman, Violeta. C’est vraiment bien pour mes enfants. » Les enfants seront scolarisés, et les parents accompagnés vers des métiers autorisés. La mère voudrait faire des ménages, le père, travailler dans la restauration. Jusqu’à présent la famille vivait de vente de ferraille et de mendicité.

À l’intérieur du bidonville, les sélections suscitent jalousies et incompréhensions. « Pourquoi eux et pas nous ? », gronde un jeune homme dont la famille n’a pas été sélectionnée. Sa petite soeur, Bianca,

8 ans, est pourtant, de l’avis de tous, une élève modèle. « Elle ne ratait jamais un jour d’école », souligne Coralie Guillot, de l’association Parada, qui s’inquiète pour le parcours scolaire de la fillette : « Bianca aurait dû rentrer en CE1 dans quelques jours, sa scolarité, pourtant bien partie, peut être brisée. » Sur les 94 familles ayant déposé une candidature, seules 24 ont été sélectionnées au regard de plusieurs critères : maîtrise de la langue française, effort de scolarisation des enfants et capacité à travailler dans l’un des 62 métiers ouverts aux Roumains et aux Bulgares depuis janvier 2007. Sept autres familles avec des problèmes de santé seront prises en charges. « Il faut que ce type de village d’insertion reste à taille humaine pour que l’insertion fonctionne », souligne le sous-préfet Olivier Dubaut. Dans des projets similaires, seules 21 familles ont été sélectionnées à Saint-Denis, et 18 à Aubervilliers. « C’est la moins mauvaise des solutions », soupire Paul Planque qui appelle à une conférence régionale : « L’hébergement des Roms ne peut pas être de la seule responsabilité des villes. Il faut une vision à l’échelle régionale, surtout quand l’Île-de-France est la région la plus riche d’Europe. »
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MessageSujet: Canal du midi   Ven 29 Aoû - 16:54

Les SDF et les Roms sommés de lever le camp
Les berges du canal de Midi devront être évacuées. L’ultimatum a été fixé au 8 septembre

Photo : DR

Le maire de Toulouse a donné huit jours aux squatteurs pour quitter leur campement des berges du canal du Midi.


Hier, le maire de Toulouse, Pierre Cohen, a décidé de passer à l’action dans le dossier du campement des SDF et des Roms sur les berges du canal du Midi. Dans la matinée, il s’y était rendu afin de signifier à la quarantaine de personnes concernées qu’elles avaient jusqu’au 8 septembre pour quitter les lieux... sous peine de voir la force publique procéder à l’évacuation des berges. “On a dépassé les limi­tes. Tout le monde est con­vaincu qu’il y a là une situation dangereuse”, a af­firmé le maire.

Parmi les SDF, l’ultimatum a été diversement apprécié. “Entre nous et avec les Roms, ça se passe bien, affirme Renaud. On ne va pas mettre le bordel à l’endroit où l’on vit. Le problème, ce sont les éléments extérieurs.” Réfé­rence à la noyade, le 9 août dernier, d’une jeune femme qui avait été poussée dans le canal par un homme.

“Une semaine de délai, c’est trop court. Il nous faudrait un mois pour trouver une solution de repli”, indique Chris­tophe, présent sur le campement depuis deux mois. D’au­tant que les SDF reprochent le manque de solutions proposées. A l’image de Chris­tophe, qui s’est vu refuser une place pour la nuit dans un foyer car on n’accepte pas son chien. “Dans ces conditions-là, je préfère rester dehors.”
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MessageSujet: situation italienne   Mer 3 Sep - 6:32

Italie : vers un retour du fascisme ? C’est hebdomadaire catholique Famiglia Cristiana ("Famille chrétienne") qui a lancé le pavé dans la mare. Dans un éditorial du 13 août, ce journal, vendu à plus d’un million d’exemplaires par abonnement et dans les paroisses, s’interroge : "Espérons que les soupçons d’une renaissance du fascisme, en Italie, sous d’autres formes se révéleront infondés."

Les campagnes électorales d’avril dernier et la victoire d’une droite dure se sont en effet immédiatement traduites par une vaste offensive xénophobe. Les Roms de nationalité italienne ou venant d’autres pays européens ont été désignés comme la source de tous les maux du pays. Cette entreprise incluait une vague de violences contre des camps de Roms, sous l’impulsion notamment de membres de l’extrême droite et d’éléments de la pègre et de la part du gouvernement une campagne de fichage des Roms.

La fiche a été établie à Naples , où le recensement a débuté, avant de s’étendre à Milan et à Rome. Dans ces trois villes, le gouvernement considère que la présence des Roms « crée des troubles ». Leurs préfets respectifs ont été nommés commissaires à "l’urgence nomade" puis convoqués au ministère de l’intérieur pour mettre au point les détails de l’opération. Le fichage comprend, à côté des empreintes digitales et de la photo, des cases "ethnie" et "religion". Ce fichage a provoqué un tollé dans le pays, et alerté l’Union européenne ainsi que des organisations internationales comme l’Unicef et Amnesty international. Malgré les polémiques, le ministre de l’intérieur Roberto Maroni, à l’origine du projet, déclare ne pas vouloir "reculer d’un millimètre". Selon ce haut responsable de la Ligue du Nord, populiste et xénophobe, le recensement est indispensable pour connaître la situation des camps et des nomades qui vivent en Italie, adultes et enfants. Selon lui, "il ne s’agit pas d’un fichage ethnique", mais d’"une garantie supplémentaire pour la protection des droits des occupants des camps nomades".

Il a du reculer sur un point : contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps, les empreintes des enfants n’ont pas été relevées. Maroni, qui espérait pouvoir appliquer le fichage aux mineurs, a dénoncé l’"hypocrisie" des réactions à ce sujet. Les empreintes, a-t-il défendu, devaient ainsi servir à vérifier s’ils étaient envoyés mendier par leurs parents. Dans ce cas-là, les enfants auraient pu être retirés à leur famille.

La conférence épiscopale italienne a fait part de sa "forte préoccupation". L’opposition qualifie le fichage de "raciste". Amos Luzzatto, ancien président de l’union des communautés juives, a déclaré que cette décision ravivait en lui le souvenir de ce qu’il a vécu lors de la proclamation des lois raciales de 1938 par Mussolini. Parallèlement, depuis le 4 août plus de trois mille soldats ont commencé à se déployer dans les principales villes italiennes .Leur champ d’action inclut la lutte contre la criminalité, l’immigration clandestine et la menace terroriste.

Le nouveau gouvernement a aussi donné toute liberté aux maires pour prendre des mesures restreignant les libertés dans leurs villes, produisant ce que l’on appelle maintenant les "maires-shérifs" . Avant même le décret autorisant ces dérives locales, le maire de Rome, G. Alemanno (droite) avait prohibé les pique-niques sur les places ou près des monuments du centre historique de la capital et surtout tenté d’interdire aux pauvres de fouiller dans les poubelles. Les associations caritatives romaines organisant les soupes populaires, en majorité catholiques, ont immédiatement protesté, Don Ciotti, de l’association Abele a déclaré : « ceux qui font les poubelles doivent avoir une chance de survivre" ; face au scandale, Alemanno a du reculer.

Le maire de la capitale est d’ailleurs particulièrement représentatif des dangers de la situation actuelle. Giovanni Alemanno a mené une campagne virulente pour battre son adversaire, Francesco Rutelli, maire et ministre de la Culture sortant, en ciblant ses attaques sur l’insécurité et l’immigration. Il a promis l’expulsion de 20 000 immigrés clandestins ayant eu affaire à la justice.

Cet ex-ministre de l’Agriculture de précédents gouvernements Berlusconi, est issu de l’ancien parti MSI, héritier du mouvement fasciste. Il avait participé avec G. Fini, au « recentrage »politique d’Alliance Nationale mais il a gardé des liens étroits avec la frange radicale qui maintient l’ancien cours néo-fasciste.

Ainsi c’est tardivement, sous la pression de la communauté juive de Rome, qu’il a été contraint de récuser son alliance avec la Destra (la Droite), une scission du parti de Fini se revendiquant ouvertement du fascisme, dirigée par Francesco Storace, tout en lâchant : « A propos de Storace, les juifs exagèrent ».

Alemanno, surnommé lors de ses années de jeunesse fasciste "il picchiatore " (le "tabasseur"), avait déjà suscité une vive émotion sur des plateaux de télévision, en exhibant la croix celtique qu’il porte en permanence au cou.

Le même Alemanno a également proposé après son élection de nommer plusieurs rues de la capitale d’après des hommes politiques du siècle dernier, parmi lesquels son mentor Giorgio Almirante, ex-membre de la République sociale de Saló (Etat fasciste du centre et du nord de l’Italie fondé par Mussolini en 1943) et fondateur du néofasciste Mouvement social italien (MSI). La communauté juive de Rome a vivement critiqué cette initiative en rappelant les collaborations, en 1942, d’Almirante à la revue antisémite La défense de la race et les articles dans lesquels ce dernier affirmait que « le racisme doit être la nourriture de tous […]. Autrement nous finirons par faire le jeu des métis et des juifs… ». Le président de la communauté juive de Rome a proposé que le nom de son grand-père mort à Auschwitz, Riccardo Pacifici, soit écrit en lieu et place de Giorgio Almirante. Alemanno, n’a pourtant pas abandonné son projet de lui attribuer une rue. Il a simplement concédé « qu’il cherchera une discussion claire afin d’obtenir le consensus de la communauté juive pour consacrer une via Almirante ». Avant de rectifier : « Nous n’avons jamais pensé déléguer la question à la communauté juive, c’est moi qui décide. »

Les anciens/nouveaux dirigeants italiens entretiennent indubitablement des rapports troubles avec l’histoire de leur pays.

La République italienne est née en s’opposant au fascisme, sur les cendres de la monarchie fasciste de Vittorio Emmanuele III.

Il est d’usage commémorer, chaque 25 avril - jour de la fête nationale -, la sortie de cette période totalitaire.

Berlusconi, en quinze années de vie politique et deux mandats de premier ministre, n’a jamais pris part aux commémorations de la fête nationale italienne. Il a tenu à effectuer, le 25 avril 2008, un geste explicite : alors que le Président de la République célébrait la victoire des alliés sur les nazis, il recevait en consultation officielle dans ses bureaux le sénateur Ciarrapico, qui a fait toute sa campagne électorale sur sa nostalgie pour le régime mussolinien et qui a déclaré haut et fort qu’il n’était aucunement question pour lui de renier le fascisme. Cet homme d’affaires plusieurs fois condamné par la justice, a longtemps dirigé une maison d’édition dont l’activité principale était la publication d’ouvrages fascistes et révisionnistes

Grâce à son appui et aux moyens qu’il a déployé la majorité de droite compte dans ses rangs Alessandra Mussolini, petite-fille du Duce et garante de sa "mémoire idéologique et politique". Déjà euro-députée, elle est remplacée au Parlement européen par le chef des « Naziskins » de Forza Nuova, Roberto Fiore, adorateur proclamé du Duce et de Franco et longtemps exilé en Angleterre pour fuir la justice. La présence au gouvernement de plusieurs ministres de la Ligue du Nord qui a recours à une thématique de droite très radicale est un élément particulièrement préoccupant pour l’avenir. Il est à noter que ce parti qui s’appuie sur une thématique régionaliste et populiste a conquis des voix dans l’électorat ouvrier d’une gauche en déshérence. Le rôle joué par le parti Allianza Nazionale (ex MSI) de Fini, issu du néo-fascisme, accentue la coloration extrémiste d’une droite italienne qui cherche à détruire l’indépendance et le statut de la justice. La violence contre les Roms et les immigrés annonce elle d’autres affrontements ?

Mémorial 98 plus d’analyses sur le site Mémorial 98
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MessageSujet: Contre l’image du gitan voleur   Mer 3 Sep - 6:33

Saimir Mile : « Contre l’image du gitan voleur »



L’association La voix des Roms, créé en 2005, a monté son blog pour parler de la culture Rom et combattre la « gitanophobie », « parce que nous ne sommes pas forcément ce que les autres voient en nous ». Rencontre avec son président, Saimir Mile.
INTERVIEW
Par Viola Fiore.
Traduction Laura Brignon

.

Envoyez par e-mail Imprimez -
Grossir le texte Rétrécir le texte Quels sont les préjugés les plus importants dont souffrent les Roms ?
Je crois que le plus grand préjugé est de dire que les Roms sont repliés sur eux-mêmes, enfermés dans leur communauté, et pas intéressés par l’idée de s’intégrer dans les pays où ils vivent. L’image qu’on alimente est celle du gitan voleur qui vit dans un camp sale, même s'il conduit une Mercedes et a des dents en or massif. Il est important de dire que les Roms qui vivent dans des campements délabrés aux abords des villes sont une minorité. En France, par exemple, ils ne représentent qu'1 % ou 1,5 % des 500 000 Roms qui vivent dans le pays. Dire que les Roms sont renfermés dans leur communauté, c’est avoir une infime connaissance d'eux.

Qui sont donc les Roms ?

Echange de culture au camp Rom, Monte Mario, Rome. Juin 2008. | (Zingaro. I am a gipsy too/flickr)Bonne question. Mais avant de répondre, il serait bon de se poser la même question au sujet des autres peuples européens : qui sont les Français ? Les Italiens ? Ce sont des identités différentes qui ont fusionné au fil du temps jusqu'à constituer les nations actuelles. A l'origine, les Roms étaient des habitants de l'Inde méridionale, d'où ils furent chassés il y a environ 800 ans. De là est né le peuple rom, qui s'est ensuite diversifié à travers les lieux qu'il a traversé avant d'arriver, pour l'essentiel, en Europe.

Que dire du sentiment d'appartenance de ce peuple ?
Le sentiment identitaire est fort chez les Roms. J'ai un cousin, en Albanie, qui voulait épouser une Albanaise, mais ses parents, roms tous les deux, s'y sont opposés. Il existe une volonté diffuse de rester « entre Roms », mais ce n'est pas toujours le cas. Souvent, les femmes rencontrent des obstacles quand elles veulent épouser un « gadjo », quelqu'un qui n'est pas un Rom, et qui ne s'intègre généralement pas à la communauté après le mariage. Le problème est facile à comprendre : plus on est rejeté, exclu de la société, plus on a tendance à se replier sur sa propre communauté. Et l'histoire des Roms est pleine de rejets.

En France, comme ailleurs en Europe, l’intégration est très limitée. Cela se passe-t-il mieux dans d'autres pays ?
Avant la guerre, les choses allaient mieux dans les Balkans. En Albanie, le pays d'où je viens, il y avait beaucoup plus de mixité : les Albanais apprenaient le romani (langue parlée par les Roms et les Sintes) dans les villages, chose inimaginable en France !

Pourquoi les projets d'intégration échouent-ils ?
Parce qu'il n'y a pas de vision globale, sereine et claire de ce sur quoi on veut intervenir. La terminologie le montre très bien : en France, on parle de « gens du voyage » alors que les Roms ne sont plus nomades depuis un moment. Cette définition montre que l'individu rom n'existe pas, et ceci dans une République qui refuse le communautarisme. À ce stade-là, si les institutions persistent à appeler « nomades » les Roms, c'est parce qu'elles veulent qu'ils soient nomades. Clarifier cette fausse information, c’est perdre des emplois et des subventions liés à ce qu'on appelle « l'ethno-business rom ». Que certains nomment « la Gipsy Industry ».


Les spécialistes du « problème gitan » sont nombreux : des entreprises qui gèrent les « aires d'accueil » (les camps, souvent créés près de décharges et d'usines polluantes, où vit une partie de la population rom, ndr), des entreprises de sécurité, des associations auxquelles l'Etat français a délégué la gestion de l'administration et des services pour les Roms, etc. Souvent, toute cette organisation est très contreproductive car elle maintient la population dans une situation de dépendance totale.

Au niveau européen, quelles sont les politiques majeures pour les Roms ?
En Europe, la conception des Roms comme population « asociale » domine encore. Le premier pas à franchir, selon nous, est celui de la reconnaissance juridique des Roms et de leur culture. Depuis quelques années, grâce au développement d'Internet, nous avons établi un réseau avec d'autres associations de Roms de différents pays européens. En 2001, nous avons élaboré ensemble un statut du peuple rom qu'il faut faire approuver par l'Union européenne. Mais le chemin de la reconnaissance est encore long.
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MessageSujet: Saint Ouen   Mer 3 Sep - 19:00

Deux pelles mécaniques ont commencé mercredi matin à détruire les cabanons de bois et tôles du bidonville des Docks de Saint-Ouen, le plus grand de France, où vivaient avant l'été plus de 600 Roms roumains, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les engins travaillent dans un camp jonché d'habits, bois et cartons, totalement désert, surveillé par quelques vigiles.

Selon le sous-préfet de Saint-Denis Olivier Dubaut, 29 Roms se trouvaient dans le campement de la rue Ardouin à l'arrivée de la police vers 7H00. "Ces 29 personnes sont parties" depuis, elles n'ont pas été placées en rétention, a-t-il précisé à l'AFP. L'évacuation s'est déroulée "sans incident", ajoute la préfecture dans un communiqué.

Depuis quinze jours, le bidonville constitué de bâtiments EDF désaffectés et d'une centaine de cabanons s'était vidé progressivement. Sa destruction avait été notifiée en juin aux occupants (633 personnes recensées), visés par des Obligations de quitter le territoire français (OQTF).

Au terme d'une enquête sociale, une centaine de personnes ont été sélectionnées pour un programme d'insertion et quelques malades autorisés à rester en France.

Plus du tiers des Roms (217 personnes, dont 68 enfants) ont également été rapatriés en Roumanie par avion en août avec une "aide au retour humanitaire" (300 euros par adulte, 100 euros par enfant), selon la préfecture.

Les autres se sont établis sur d'autres terrains en Ile-de-France ou sont repartis provisoirement en Roumanie, selon les médiateurs de Parada, une association qui encourageait la scolarisation des enfants du camp.

Selon M. Dubaut, "au moins deux jours" seront nécessaires pour détruire les abris et évacuer les gravas de ce terrain où doivent être construits des logements sociaux.

Lundi, le village d'insertion aménagé par la ville pour 25 familles (94 personnes dont 47 enfants) a ouvert sur un site proche. Les Roms ont été installés dans des caravanes en attendant l'arrivée de bungalows mi-2009, et seront accompagnés pendant trois ans.

Il s'agit du 4e village ouvert depuis 2007 en Seine-Saint-Denis où des campements sauvages de taille plus modeste subsistent, notamment à Saint-Denis, La Courneuve et Montreuil.

"On aura beau chasser les Roms, les bidonvilles se reconstitueront ailleurs tant qu'il n'y aura pas d'ouverture réelle de l'emploi", dit Julien Radenez, de Parada.

Citoyens européens depuis le 1er janvier 2007, les Roms roumains et bulgares peuvent s'employer parmi 150 métiers "mais la taxe de 893 euros demandée aux employeurs est une discrimination à l'embauche", observe M. Radenez
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MessageSujet: Les tziganes peuvent mourir   Ven 5 Sep - 15:48

Les tziganes peuvent mourir
jeudi 4 septembre 2008

popularité : 31%
La photo « estivale » qui a secoué l’Italie (rappelez-vous : deux cadavres de gamines noyées, recouverts d’une serviette, abandonnés sous le regard bovin de deux bronzés pique-niqueurs de plage) a alimenté les conversations de comptoir et de sable comme les ‘blogs’. Les deux touristes indifférents à la présence des cadavres des jeunes filles ont bénéficié, le plus souvent, d’une assez large mansuétude, nourrie par des hypothèses favorables à leur indolence (d’ordre technique : la prise de vue a pu avoir un effet de compression qui les plaçait près des cadavres alors qu’ils en étaient très éloignés ; ou relevant de la critique historique : peut-être s’étaient-ils démenés auparavant pour tenter de les sauver). Peu de compassion, en revanche, pour les deux adolescentes noyées et leurs familles ! Facile à comprendre : comme ce sont des Roms, ça fait, dans l’inconscient collectif, « deux petites voleuses de moins ».
Jean-Marie Dermagne

28 août 2008

Le 16 septembre prochain, les Tziganes tourneront leurs regards sombres, tristes et fiers vers Bruxelles où un Sommet européen se penchera sur les discriminations les plus graves qui les ostracisent.

Beaucoup de pain sur la planche pour les dirigeants européens ! Le Courrier International du 1er août titrait : « Les Roms ou l’âme de l’Europe : fichés en Italie, méprisés ailleurs ». Et il rapportait qu’en Hongrie ou en Roumanie, 80 % des personnes interrogées refusent d’avoir des Roms dans leur voisinage et qu’en Espagne, où on pense pourtant que les Gitans ont bonne presse, une enquête de 2006 a révélé que 40 % des Espagnols ne veulent pas d’un Gitan à côté de chez eux ! Quant à l’hebdomadaire italien « Panorama », il a fait sa une du 10 juillet avec le titre « NATI PER RUBARE » (Nés pour voler) avec, comme légende, deux phrases aussi imbéciles que nauséabondes : " A peine sont-ils nés qu’on les dresse pour voler, détrousser, mendier. Et, s’ils n’obéissent pas , ce sont des coups et des violences ".

En 2005, a été lancée la « décennie d’inclusion des Roms ». Beau programme ! Les gouvernements des pays à forte population Tzigane (Bulgarie, Croatie, République tchèque, Hongrie, Macédoine, Monténégro, Roumanie, Serbie et Slovaquie) ont obtenu 34 milliards d’euros de fonds européens pour « combler le fossé en matière d’éducation, d’emploi, de santé et de logement ». Mais les résultats sont maigres… Lorsque les enfants roms sont envoyés à l’école, ils se retrouvent le plus souvent dans des écoles spéciales pour enfants « attardés » ce qui renforce l’opprobre et les préjugés. L’hebdo britannique « The Economist » résume la situation : « Pour les 4 à 12 millions d’européens désignés en général sous le nom de Roms ou de Tziganes, la vie se résume à ceci : ils sont parqués dans des zones qui les placent physiquement et psychologiquement en marge d’une existence normale tandis que le fossé qui les sépare de la modernité se creuse au lieu de se réduire » [1] .

En Europe de l’Ouest, la mendicité à laquelle se livrent les Roms, souvent en compagnie d’enfants, provoque davantage le rejet, le mépris, voire la haine, que la charité ou la sollicitude. Et rien n’a plus la vie dure que la rumeur que cette mendicité est le fait de bandes organisées, de gangs ou de mafias. Rebecca, une petite Rom roumaine de 12 ans, a mendié elle aussi. C’était en Espagne, puis en Italie. Avant que ses dessins d’enfant ne soient repérés et publiés. Elle a raconté sa vie et celle de sa famille, notamment au quotidien espagnol « El Païs » : les baraquements de leur camp à Milan rasés par des pelleteuses sur ordre du préfet, sa maman qui « pleurait tout le temps » parce que « la vie dont nous rêvions était toute autre », sa tristesse parce que « les Roms sont haïs par beaucoup de gens ».

Un poncif éculé véhicule la sottise d’un peuple Tzigane qui aurait choisi le nomadisme comme mode de vie et qui rejetterait toute intégration. Même si elle est encore baignée de légendes et de mythes, on connaît pourtant mieux l’histoire des Roms. Leurs ancêtres exerçaient, dans le nord de l’Inde, des métiers (tanneurs, fossoyeurs, éboueurs, etc.) nécessaires à la communauté mais considérés comme impurs. Ils n’avaient pas le droit d’être sédentaires et étaient hors castes, en quelque sorte « intouchables ». C’est déjà le mépris dont ils faisaient l’objet au sein de la société brahmane qui paraît les avoir chassés de l’Inde vers l’Europe à partir de l’an 1000. L’émigration n’a rien changé à leur sort misérable, tout au contraire. Sauf peut-être une principauté à Corfou vers 1360, ils n’ont jamais eu leur propre Etat. Dans les Balkans, ils étaient vendus comme esclaves jusqu’au milieu du 19 ème siècle. Ils sont passés ensuite de la condition d’esclave à celle de paysans sans terre. De nos jours, les emplois saisonniers les plus pénibles dans l’agriculture représentent quasiment leur seule source de revenus. Avec la mendicité bien sûr. Et ils ne sont que quelques-uns que le cirque ou la musique ont sorti de la misère et, plus rarement, de l’anonymat.

Sans doute en raison de l’analphabétisme et parce qu’à la différence des Juifs, aucune religion ne les soude, les Roms n’ont même pas eu droit à une reconnaissance post mortem et doloris causa après leur extermination par le régime nazi (de 1933 à 1945 : plus de 200.000 morts !). La guerre finie, ils firent encore l’objet de mesures discriminatoires en Allemagne et il fallut attendre 1982 pour que Helmut Kohl reconnaisse la réalité de leur génocide (la « Porrajmos », littéralement « dévoration »), à une époque où la plupart des victimes susceptibles de toucher des réparations conformément à la loi allemande étaient déjà mortes …

michelcollon


[1] Notamment parce que « à mesure que la prospérité gagne l’Europe de l’est, les Tziganes sont de plus en plus laissés au bord de la route. Leurs savoir-faire traditionnels (artisanat, maquignonnage) sont dépassés. Même ceux qui sont disposés à travailler ne trouvent guère d’employeurs. L’adhésion à l’Union européenne (U.E.) a alourdi la bureaucratie jusque dans les activités où ils excellent, comme la récupération des métaux »
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MessageSujet: la Commission européenne organise le premier Sommet consacré aux Roms le 16 septembre prochain   Ven 5 Sep - 15:52

Poussée par une coalition d’associations, la Commission européenne organise le premier Sommet consacré aux Roms le 16 septembre prochain. Ou comment mettre en branle une politique globale pour améliorer la situation de la plus grande minorité ethnique d’Europe.
ANALYSE
Par Jane Mery.


Comment permettre l’inclusion des Européens d’origine rom sur le continent ? Depuis 2004, et l’entrée de dix nouveaux pays membres dans l’UE, la question se fait de plus en plus lancinante. Alors que les rapports sur la situation sanitaire et sociale de cette population tombent à Bruxelles, les enquêtes d’opinion constatent que le fossé se creuse entre les Roms et leurs voisins, quelques soient leurs nationalités. Le prochain Sommet européen tentera de déterminer une politique européenne cohérente contre la discrimination d’origine ethnique et d’« épingler les mesures qui ont fait leurs preuves ». Car du côté Rom, le bilan est critique.

Des millions de Roms dans une UE élargie


Jeune fille rom dans un camp près de Naples en 2005 | (Francesco Paraggio/flickr)Si la population Rom a considérablement augmenté au sein de l’UE voilà 4 ans, suite à l’adhésion de la Hongrie et de la Slovaquie notamment, très peu de données permettent de quantifier exactement cette communauté : « La population rom d’Europe compte aujourd’hui quelque dix millions d’individus, estime un premier bilan sur La situation des Roms dans une Union européenne élargie, publié en 2004 justement. Cependant, on ne dispose pas de données démographiques précises, poursuit le texte, essentiellement en raison de la stigmatisation associée à l’identité rom et de la réticence d’un bon nombre de Roms à s’identifier en tant que tels à des fins officielles ainsi que du refus de nombreux gouvernements à inclure les Rom en tant que catégorie légitime à des fins de recensement. »

Il y aurait pourtant plus de Roms dans toute l’Europe que d’habitants dans certains Etats membres. Mille fois comptée, la situation des Roms est tristement célèbre. Le document de travail sur lesquels plancheront 350 représentants des Institutions européennes, des gouvernements et des parlements des Etats membres et de la société civile lors du prochain sommet, et mis à disposition sur le site de la Commission le 2 juillet dernier, revient sur cette réalité grâce à quelques analyses plus récentes, mais toujours très peu de données chiffrées. Des millions d’Européens d’origine rom font l’objet d’une exclusion sociale de grande ampleur, explique le document : « Les richesses qu’ils pourraient apporter à la société européenne sont bien souvent méprisées car entachées de stéréotypes et préjugés qui se manifestent sous la forme de discriminations économiques, sociales et politiques. »

Un racisme à la dent dure
Le taux très élevé de chômage parmi la population rom est l’une des réalités les plus préoccupantes car ne pas travailler isole socialement. L’état de santé des communautés rom, en général, est bien en dessous de la moyenne nationale des pays où elles sont installées, avec une durée de vie inférieure de dix ans. Quant à la sphère éducative, elle ne suscite pas beaucoup d’espoir pour l’avenir. Les Roms représentent une population extrêmement jeune, composée d’une majorité d’individus de moins de 20 ans. Mais souvent, ces jeunes n’ont pas d’attache à un établissement. Dans certains pays, ils sont la plupart du temps scolarisés dans des écoles spécialisées pour les handicaps physiques ou mentaux.


Depuis vingt ans, les associations de droits de l’homme donnent le signal d’alarme. D’ailleurs, le problème « Rom » est désormais connu : selon 77 % des Européens, les Roms sont défavorisés dans la société, au même titre que les personnes handicapées (79 %). Pourtant, de récentes enquêtes d’opinion réalisées en 2008 montrent qu’un quart des Européens se sentiraient mal à l’aise à l’idée d’avoir un Rom pour voisin (24 % à l’échelle de l’UE ont répondu dans ce sens, alors qu’ils n’étaient que 6 % à être mal à l’aise à l’idée de vivre à proximité d’une personne d’une autre origine ethnique, sans préciser laquelle.)


Et dans certains pays, comme la Tchéquie ou l’Italie, le taux monte : ici, la moitié des personnes interrogées n’apprécierait pas d’accueillir un Rom pour voisin. « Des recherches réalisées par des acteurs de la société civile démontre que l’ « anti-gypsism », est une forme spécifique de racisme, basé sur la « dé-légitimisation » et l’exclusion morale », explique également la Commission.

Que peut faire l’Europe ?
Suite à la pression exercée par une jeune coalition d’associations en faveur d’une politique pour les Roms en Europe (la EU Roma policy coalition, créée en mars 2008), le prochain Sommet européen tentera donc de répondre au besoin urgent d’une stratégie globale et cohérente… « Les outils sont en place pour améliorer cette situation, estime la Commission, mais il faut que toutes les forces soient unis pour coordonner les efforts. » Quels sont ces outils ? Les Fonds structurels européens (comme le Fonds social européen) et les instruments de pré-adhésion jouent un rôle crucial pour vaincre l’exclusion : « Ainsi, entre 2000 et 2006, 275 millions d’euros provenant du FSE ont été consacrés à des projets spécialement destinés aux Roms, un milliard d’euros supplémentaire allant à des groupes vulnérables, dont les Roms », estiment les spécialistes de la Commission.

« Il n’a jamais été aussi important de parler d’une seule voix »
Dans la lutte contre la discrimination, les pouvoirs conférés à l’UE lui ont permis de légiférer « en matière d’égalité de traitement sans distinction de race ou d’origine ethnique » (directive 2000/43/CE) et « de s’assurer de la transposition correcte du droit communautaire » : « La plupart des matières essentielles à l’intégration des Roms relèvent toutefois en premier lieu de la compétence des États membres (l’éducation, l’emploi, l’intégration sociale, par exemple). Dans ces domaines, l’Union peut seulement coordonner les politiques des États membres et soutenir leur application, au moyen, entre autres, des Fonds structurels. »


Déférer la responsabilité aux Etats membres, voilà une proposition qui ne convient pas du tout aux militants associatifs de la coalition. Et ils n’ont pas tardé à le faire savoir : « Alors que les violences envers les Roms augmentent, par exemple en Italie, il n’a jamais été aussi important de parler d’une seule voix et de proposer une stratégie et un engagement au long terme », a réagi Nicolas Beger de la section EU d’Amnesty International, dans l’expectative. Ce Sommet européen sera-t-il un tournant à marquer d’une croix blanche ?
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MessageSujet: La France discrimine en douce   Ven 12 Sep - 6:38

Fichés en Italie, expulsés de France, discriminés en Roumanie, les Roms ne sont pas les bienvenus chez eux. L’Union européenne voudrait améliorer leur situation.

Roms. Européens de seconde zone par Ivan du Roy
Un sommet européen sur les Roms se déroulera à Bruxelles, le 16 septembre. C’est la première fois que représentants des institutions, ministres, députés et membres de la société civile se pencheront sur la situation des dix millions de Roms vivant dans l’Union européenne. Une population qui a augmenté depuis l’adhésion des pays d’Europe de l’Est, en particulier la Bulgarie et la Roumanie. Les participants au sommet dresseront un bilan des politiques censées lutter contre les discriminations et les formes d’exclusion dont les Roms sont victimes. Objectif : « Déboucher sur une amélioration durable de la situation des Roms dans tous les domaines. »

Marquage ethnique
A l’est comme à l’ouest de l’Europe, il ne fait pas bon être rom. Une étude de la Commission européenne publiée en juillet indique qu’un quart des Européens interrogés se disent mal à l’aise d’avoir des Roms dans leur voisinage. « A titre de comparaison, à peine 6% des interviewés se disent plutôt mal à l’aise vis-à-vis de quelqu’un d’une origine différente en général », note l’étude. Avec respectivement 47% des interviewés « mal à l’aise », cette forme de xénophobie est la plus répandue en République tchèque et en Italie. La proportion descend à 15% pour la France. Partout, les Roms connaissent un fort taux de chômage lié à des discriminations à l’embauche, ont une espérance de vie inférieure de dix ou quinze ans aux moyennes nationales, souvent due à des conditions de vie insalubres. Entre 2000 et 2006, ce sont 275 millions d’euros de fonds structurels européens qui ont été alloués à des projets visant à lutter contre cette situation.
La volonté de la Commission européenne de « sortir la population rom de l’état d’exclusion dans lequel elle est confinée depuis des années » semble cependant aller à l’encontre des politiques nationales de certains États. En Italie, plusieurs métropoles – Naples, Rome puis Milan – soutenues par le gouvernement Berlusconi, viennent d’instaurer un « marquage ethnique » des populations vivant dans les bidonvilles, en majorité roms. Ce fichage consiste en un relevé systématique des empreintes digitales, doublé de mentions sur l’ethnie et la religion. Face au silence pesant du centre-gauche – le gouvernement Romano Prodi avait en son temps pris un décret autorisant l’expulsion des Roms originaires des Balkans – c’est le monde associatif, en particulier catholique, qui est monté au créneau. Bruxelles n’a pour l’instant rien trouvé à redire à ce fichage, qu’elle juge « limité ».

Absente Rama Yade
Côté français, on se fait plutôt discret sur la préparation du sommet européen. L’évènement n’est même pas annoncé sur le site officiel de la présidence française. Du côté du gouvernement, Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville, a prévu de s’y rendre, ainsi que Bernard Kouchner. La rencontre ne figure pas, pour l’instant, dans l’agenda de Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration et de… l’Intégration, ni – encore plus surprenant – dans celui de Rama Yade, pourtant secrétaire d’État aux droits de l’Homme. En un an, 6 600 ressortissants roumains et bulgares en majorité roms, et bien citoyens de l’Union européenne, ont été expulsés de France. La Ligue des droits de l’Homme critique l’expulsion arbitraire de nombreux enfants, dont la moitié «n’ont pas fait l’objet d’une enquête sociale préalable au pays ». Les Roms, accusés à demi-mots de couvrir la France de bidonvilles, sont de plus en plus pointés du doigt. Début septembre, l’un des plus grands bidonvilles de France, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), a été rasé. Sur les six cents personnes qui y vivaient, seule une centaine fait l’objet de mesures de relogement et d’accompagnement. Les autres sont partis grossir les bidonvilles voisins ou ont accepté l’aide financière au retour proposée l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations (Anaem).
« La différence entre la France et l’Italie, c’est que la France fait les choses en douce », accuse Saimir Mile, porte-parole de l’association "La Voix des Roms". Les relevés d’identité et les constitutions de dossiers auxquels procèdent policiers et agents de l’Anaem sont perçus comme une survivance du carnet anthropomorphique instauré en 1912. Pour Saimir Mile, c’est désormais à l’Ouest que les discriminations à l’égard des Roms se posent de plus en plus crûment. Il attend du sommet européen qu’il « s’engage sur la voie de la reconnaissance du peuple rom comme une composante de la société européenne. On ne nous considère pas comme une entité linguistique et culturelle. Cela nous fait craindre un traitement partiel de la question, uniquement en terme de logement social et d’insertion. » Au sommet, les associations roms présenteront un très détaillé « statut cadre du peuple rom en Union européenne ».
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MessageSujet: 9 associations protestent   Ven 12 Sep - 15:47

Source : AFP
12/09/2008 | Mise à jour : 15:44 | Commentaires 5 .
Neuf associations ont réclamé aujourd'hui à Paris l'adoption par l'Union européenne d'une directive cadre qui garantirait la dignité des Roms et des gens du voyage et leur accès aux droits au sein de l'Europe.

Ces associations ont "interpellé les 27 pays membres pour faire adopter une directive cadre qui définirait une politique globale en faveur des Roms (...) sur le principe de l'égale dignité et d'un accès sans discrimination aux droits communs".

Les neuf signataires - la Fondation Abbé Pierre, la Fnasat-Gens du Voyage, Médecins du Monde, le Secours Catholique-Caritas, la Ligue des droits de l'Homme (LDH), Romeurope, l'Asav, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et l'Association nationale des Gens du Voyage catholiques (ANGVC) - rappellent que "la situation des populations Roms dans tous les pays de l'Union européenne demeure très préoccupante".
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MessageSujet: Les Roms abandonnés sur le bord du chemin   Mar 16 Sep - 7:23

Les Roms abandonnés sur le bord du chemin

Le 16 septembre 2008 se tiendra à Bruxelles le premier sommet européen consacré aux Roms. Cette initiative, qui réunira les représentants des institutions européennes, des Etats et de la société civile, se penchera sur les discriminations de plus en plus aigües dont ils font l'objet.


Le village de Vizuresti se trouve à 35 kilomètres de Bucarest, du mauvais côté de la voie ferrée. Car les premiers kilomètres après la sortie de la nationale sont goudronnés, traversant une zone prospère, avec de solides bâtisses et des champs bien entretenus. Mais, une fois la voie ferrée franchie, le goudron s'arrête et la route ne conduit plus qu'à la localité rom. Vizuresti est à vingt minutes, au bout d'un chemin plein d'ornières et de nids-de-poule. La vie pour les 2 500 habitants du village, dont les quatre cinquièmes sont des Roms, est tout aussi difficile.

Mihai Sanda et sa famille, au total 37 personnes, vivent dans six baraques au sol de terre battue qu'ils ont construites de leurs mains. Dans son deux-pièces, sept personnes partagent une chambre à coucher, pendant que les poulets gloussent dans l'autre. La saleté et la puanteur, l'absence d'eau courante, d'électricité, de tout-à-l'égout et de téléphone, tout évoque ici un pays du tiers-monde. Il en va de même pour l'analphabétisme. Ionela Calin, 34 ans, membre de la famille élargie de Sanda, s'est mariée à 15 ans sans jamais avoir mis les pieds à l'école. Sur ses huit enfants, quatre ne sont pas scolarisés. Deux, Leonard, 4 ans, et Narcissa, 2 ans, n'ont même pas d'acte de naissance. Ionela croit (à tort) qu'elle ne peut pas les déclarer parce que sa carte d'identité est périmée.

Pour les 4 à 12 millions d'Européens désignés en général sous le nom de Roms ou de Tsiganes, la vie se résume à ceci : ils sont parqués dans des zones qui les placent physiquement et psychologiquement en marge d'une existence normale, tandis que le fossé qui les sépare de la modernité se creuse au lieu de se réduire. Les statistiques sont effarantes : selon un rapport publié en 2005 par l'UNICEF, 84 % des Roms en Bulgarie, 88 % en Roumanie et 91 % en Hongrie vivent en dessous du seuil de pauvreté. Plus scandaleux encore, peut-être, l'absence de vue d'ensemble. L'indifférence des autorités et les réticences des Roms font qu'on ne dispose que de peu de données sur l'espérance de vie, la mortalité infantile, les taux d'emploi et d'alphabétisation. Pourtant, toutes sont tragiquement à la traîne par rapport au reste de la société.

La première réaction est d'incriminer l'Histoire. Les Roms connaissent un sort misérable depuis un millénaire, depuis leur mystérieuse émigration du Rajasthan, dans le nord de l'Inde, aux alentours de l'an mille apr. J.-C. Hormis peut-être une principauté à Corfou vers 1360, ils n'ont jamais eu leur propre Etat. Dans certaines parties des Balkans, ils étaient vendus comme esclaves jusqu'au milieu du XIXe siècle. Les Roms de Vizuresti sont passés de la condition d'esclaves à celle de paysans sans terre. Même de nos jours, les emplois saisonniers les plus pénibles dans l'agriculture représentent leur principale source de revenus, avec la mendicité.

Des dizaines de milliers d'entre eux ont migré vers l'ouest

Il serait encore plus facile d'incriminer le communisme. Certes, ce système a largement éradiqué le nomadisme traditionnel des Tsiganes. Des pays comme la Tchécoslovaquie ont même pratiqué la stérilisation forcée. Mas les structures paternalistes du socialisme d'Etat ont dans une certaine mesure protégé, même si c'est généralement en leur donnant des emplois parmi les plus ingrats, ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient pas survivre dans une économie de marché. Et un attachement proclamé à la fraternité entre les hommes a mis en sourdine certains préjugés raciaux. Pour les Roms, la démocratie a libéré l'hostilité de leurs compa­triotes, tandis que le capitalisme ne leur a guère ouvert de perspectives.

A mesure que la prospérité gagne l'Europe de l'Est, les Tsiganes sont de plus en plus laissés au bord de la route. Leurs savoir-faire traditionnels (artisanat, maquignonnage) sont dépassés. Même ceux qui sont disposés à travailler ne trouvent guère d'employeurs. L'adhésion à l'Union européenne (UE) a alourdi la bureaucratie, jusque dans les activités où ils excellent, comme la récupération des métaux.

Le problème le plus évident est le manque d'instruction, qui leur ferme de nombreuses portes. Parmi les autres figurent l'hostilité de la majorité de la population, l'apathie des pouvoirs publics, le piteux état des services publics et des infrastructures, et le profond sentiment de désespoir des Roms eux-mêmes. Il n'est pas surprenant dès lors que des dizaines de milliers d'entre eux aient migré vers l'Ouest en quête d'une vie meilleure. Mais, s'ils ne se sont pas intégrés chez eux, ils s'adaptent encore moins bien à la vie en Europe de l'Ouest. La mendicité, par exemple, souvent en compagnie de jeunes enfants, scandalise les citoyens, tout comme les campements dans des espaces publics comme les parcs ou les bretelles d'auto­route. En visite en Roumanie en juin, une délégation du gouvernement finlandais s'en est plainte publiquement. "En Finlande, la mendicité n'est pas un travail", s'est lamentée devant ses hôtes la présidente finlandaise Tarja Halonen. Peut-être, mais les Roms n'ont parfois pas le choix. Les Européens de l'Ouest ont aussi tendance à rendre les migrants tsiganes responsables de la recrudescence des vols à la tire et à l'étalage, des agressions – ou parfois pire encore [voir l'article sur l'Italie p. 31].

Au fond, l'attitude des Européens de l'Ouest ne diffère guère de celle des bureaucrates des pays ex-communistes. Ils veulent que le problème disparaisse. Pour la très combative femme politique italienne et ancienne commissaire européenne Emma Bonino, les Roms sont un "bouc émissaire parfait" pour des politiques incapables de résoudre les autres problèmes plus graves que connaît l'Italie. La réaction des autorités a été moins dure que ne le laissait croire leur discours, reconnaît-elle, mais elle déplore l'absence de programme d'aide à l'intégration. Le plus grand danger, selon elle, tient au fait que la classe politique a, pour la première fois, conféré une respectabilité au racisme anti-Roms.

II ne s'agit pas seulement de démission morale. L'exclusion du marché du travail de millions de personnes, soit une population équivalente à celle de l'Irlande, est un colossal gaspillage de potentiel humain, surtout qu'il s'agit en général de familles bien plus nombreuses que la mo­yenne, dans une Europe qui vieillit rapidement.

L'Europe est censée se trouver en pleine "décennie d'inclusion des Roms", lancée en 2005 quand les gouvernements de pays à forte population tsigane (Bulgarie, Croatie, République tchèque, Hongrie, Macédoine, Monténégro, Roumanie, Serbie et Slovaquie) ont convenu de combler le fossé en matière d'éducation, d'emploi, de santé et de logement. A cet effet, elle dispose de pas moins de 11 milliards d'euros du Fonds social de l'UE, plus 23 millions d'euros du Fonds européen de développement régional.

Pourtant, le principal résultat obtenu jusqu'ici a été la création d'une élite grassement payée d'organisations de lobbying rom qui maîtrisent le jargon bureaucratique, excellent dans l'organisation de séminaires et de conférences, et graissent volontiers la patte des décideurs. La vie des Roms, par contre, ne s'en trouve guère changée. Comme l'a souligné dans un rapport récent l'Open Society Institute du milliardaire philanthrope George Soros, la plupart des gouvernements voient la solution au problème tsigane en termes de "mesures sporadiques" et non de politiques cohérentes.

Dans une grande partie de l'Europe de l'Est, les enfants roms sont envoyés dans des écoles spéciales pour enfants "attardés", renforçant ainsi l'opprobre et les préjugés et garantissant qu'ils entreront sur le marché du travail avec un billet de troisième classe. Un autre écueil est l'absence d'actes de naissance : les écoles qui ne veulent pas des enfants tsiganes peuvent tout simplement refuser d'inscrire ceux qui ne possèdent pas de papiers officiels. Mais les plus grands obstacles sont sans doute la réticence et la pauvreté des parents. Les enfants scolarisés sont des enfants qui ne travaillent pas. Il leur faut des livres et des vêtements, qui coûtent cher. Les parents peuvent même être gênés par le fait que leurs enfants sachent lire, contrairement à eux-mêmes.

Bien que parfois péjoratif, "Tsigane" est un terme plus générique

Un pays bien géré peut dépenser de fortes sommes pour essayer d'atténuer les problèmes sociaux. Les résultats sont peut-être inégaux, mais, au moins, en Europe de l'Ouest, il y en a. L'Espagne, par exemple, est saluée pour sa réussite éclatante [voir encadré p. 28]. Mais, dans les pays ex-communistes, les administrations sont bien plus faibles ; et politiques

Vizuresti s'en sort mieux que d'autres communautés tsiganes. Grâce à un extraordinaire directeur d'école, le charismatique Ion Nila, l'absence de papiers n'est pas un obstacle pour être scolarisé. Ses enseignants font du porte-à-porte tous les matins pour convaincre les parents d'envoyer leurs enfants en classe. Le vrai progrès, dit M. Nila, ce sera quand les familles enverront leurs enfants à l'école maternelle voisine. Si elles hésitent à scolariser les petits, c'est parce qu'elles n'ont pas d'argent pour leur acheter des chaussures. M. Nila espère que le repas chaud de midi les y encouragera, si toutefois il trouve de quoi le payer. Alors que, à Bruxelles, l'UE distribue des milliards d'euros, sur le terrain un enseignant peine à trouver l'infime somme nécessaire pour nourrir ses élèves. De fait, les avancées à Vizuresti sont dues pour l'essentiel non pas à l'argent du contribuable mais au travail d'une organisation caritative, Ovidiu Rom, dirigée par un fougueux philanthrope américain, Leslie Hawke.

Comment expliquer l'échec de l'Europe ? La réponse classique est que le plus gros problème des Roms est le racisme auquel ils se heurtent. Lois réprimant sévèrement la discrimination, programmes scolaires adaptés, restauration de la fierté culturelle, discrimination positive dans le privé comme dans le public sont les ingrédients nécessaires d'un changement, dit le politiquement correct.

Mais la situation est plus complexe que cela. Déjà, il s'avère extrêmement difficile de définir ce qu'est un Rom. Même dans la vaste catégorie des Roms (c'est-à-dire les individus liés plus ou moins aux premiers migrants venus du Rajasthan), les subdivisions sont nombreuses. Certains préfèrent ne pas utiliser le mot Rom, arguant que "Tsigane", bien que parfois péjoratif, est en réalité plus générique. A en croire l'impressionnant catalogue du pavillon rom à la Biennale de Venise 2007, le terme "Rom" est trop restrictif, car il exclut les Sintis, les Romungrés, les Gitans, les Manouches, etc. Les ethnographes eux-mêmes ont du mal à établir les différences et les similitudes entre les divers groupes.

Qui plus est, ceux qui sont définis comme Roms au sens strict ont étonnamment peu de choses en commun. La langue, à l'origine dérivée du sanskrit, a donné naissance à des dizaines de dialectes qui ne permettent pas l'intercompréhension. Les militants de la cause dispersés dans les pays européens ont mis au point une version (parfois ironiquement appelée "le rom des ONG"), qui n'a pas grand-chose à voir avec les langues que les gens parlent dans les campements. Le socle culturel commun le plus vivace est la musique traditionnelle, du moins là où elle a survécu. Mais ses mélodies lancinantes ne font pas vibrer la corde sensible des bureaucrates.

Les frontières entre les communautés marginalisées et la société "normale" sont mouvantes. Les tentatives de créer une classe moyenne rom – capable de servir de modèle, de réduire les préjugés et d'accroître la mobilité sociale et économique – a jusqu'ici été un échec, car la plupart des Roms qui réussissent s'empressent de renier leurs origines. Les espoirs de changement reposent sur la nouvelle génération de milliers de jeunes diplômés, qui assumeront peut-être mieux leurs origines.

De même, il arrive que des personnes qui ne sont pas nées dans le monde rom finissent par en faire partie, que ce soit par mariage, par adoption ou par choix. En fin de compte, est rom – mot qui veut dire "homme" en langue romanie – celui qui revendique cette appellation.
Par ailleurs, comme le souligne Zoltan Barany, auteur d'un livre controversé mais lucide sur les Tsiganes d'Europe de l'Est [The East European Gypsies: Regime Change, Marginality, and Ethnopolitics, Cambridge University Press, 2001] les défenseurs de leur cause n'ont, trop souvent, pas conscience du fait que les habitudes et les comportements de ces populations elles-mêmes risquent d'aggraver leur sort. Avec pour conséquence ce qu'un haut responsable chargé de la question appelle une "autodécapitation". Une poignée de politiques roms sont apparus sur le devant de la scène, dont quelques remarquables députés européens. Mais même leur valeur symbolique reste limitée. L'écrasante majorité des Roms ne votent pas lors des élections, et participent encore moins aux campagnes électorales.

Dans ce contexte, l'UE avance cahin-caha. Un rapport publié le 2 juillet critique l'"application lacunaire" des "politiques adéquates" qui ont été conçues. Il réprimande les Etats pour la lenteur des progrès réalisés. Selon ses auteurs, l'égalité reconnue par la loi n'est qu'un point de départ, et une discrimination positive à l'américaine sera nécessaire. Mais le problème rom est-il avant tout racial, et dans quelle mesure la pauvreté et d'autres facteurs y jouent-ils un rôle ? Difficile d'y voir clair.
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