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 Biodiversité en danger

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MessageSujet: Re: Biodiversité en danger   Jeu 13 Aoû - 15:32

La biodiversité est plus que menacée, elle est en voie de régression rapide. L’intervention des humains et de leurs moyens de production ainsi que de leurs réseaux de transport dans une grande partie des territoires facilement accessibles a bouleversé les équilibres écologiques existants. Les fluctuations climatiques naturelles ont toujours eu un impact sur la répartition des espèces, mais depuis l’ère industrielle les amplitudes de ces modifications et surtout leur rapidité, alors que la pollution et la fragmentation des écosystèmes augmentaient également rapidement a conduit à une situation sans équivalent dans le passé.

Ces dernières décennies, une érosion de la biodiversité a été observée presque partout, et plus de la moitié de la surface habitable de la planète a été modifiée de façon significative par l’espèce humaine. S’il y a désaccord sur les chiffres et les délais, la plupart des scientifiques pensent que le taux actuel d’extinction est plus élevé et rapide qu’il ne l’a jamais été dans les temps passés. La majorité des experts en écologie estiment même qu’une extinction massive est déjà en cours. Plusieurs études montrent qu’environ une espèce sur huit des plantes connues est menacée d’extinction. Chaque année, entre 17 000 et 100 000 espèces disparaissent de notre planète, et un cinquième de toutes les espèces vivantes pourrait disparaître en 2030. Il y a consensus sur le fait que l’homme en soit la cause, en particulier par la fragmentation des habitats et/ou la destruction des écosystèmes abritant ces espèces. Sans négliger l’évolution même des espèces ni leur mise en place au cours du temps dans des espaces donnés, on ne peut que constater en termes de bilan que les pertes quantitatives et surtout qualitatives sont énormes, et qu’à l’échelle planétaire ces dernières s’effectuent de manière régulière et pernicieuse.

Mers et océans : une étude statistique publiée en 2006 s’appuyant sur l’analyse durant quatre ans de données couvrant une période de mille ans, pour 48 zones de pêche dans le monde montre que les espèces actuellement pêchées (poissons et crustacés) pourraient quasiment toutes disparaître en 2048 sans mesure supplémentaire de préservation. En 2006, 29% des espèces pêchées sont déjà sur le point de disparaître, imposant un appel plus important aux piscicultures dont certaines dégradent l’environnement. La perte importante de biodiversité marine fragilise les écosystèmes marins et par voie de conséquence le climat et ceux de la planète entière, car les mers et océans sont essentiels aux cycles biogéochimiques, dont celui de l’oxygène.

Certains estiment que la conversion d’écosystèmes anciens (ou de substitution, tels que prairies, bocage…) en écosystèmes standardisés (e.g. par exemple, déforestation suivie de monoculture intensive) a des effets encore plus négatifs sur la biodiversité que la surexploitation d’espèces ou la dégradation d’écosystèmes primaires.

D’autres pensent que c’est l’absence de droits de propriété ou de règles d’accès aux ressources qui ont conduit à l’exploitation anarchique des ressources naturelles.Parmi ces détracteurs, quelques-uns affirment que des extrapolations abusives sont faites et que le rythme actuel de disparition des espèces ou de destruction des forêts tropicales, des récifs coralliens ou des mangroves (trois sortes d’habitat riche en biodiversité) n’est pas suffisant pour parler d’extinction de masse. Ainsi, la majorité des extinctions ou les extinctions les plus importantes ont été observées sur des îles.

Néanmoins, outre que les théories de l’écologie du paysage prédisent que c’est effectivement d’abord sur les îles que les espèces doivent disparaître, c’est justement un phénomène d’insularisation éco paysagère que les scientifiques observent sur les continents. De plus, les inventaires montrent pour une grande quantité d’espèces, que si celles-ci n’ont pas tout à fait disparu, elles ont souvent, en quelques décennies, vu fondre ou disparaître leurs populations de l’essentiel de leur ancienne aire de répartition, ce qui a nécessairement réduit leurs diversités génétiques. Enfin, l’accélération de la quasi-disparition de ressources halieutiques autrefois communes est flagrante, avec par exemple la quasi-disparition de plus de 200 espèces de poissons dans le lac Victoria (à comparer à 129 espèces d’eau douce seulement pour toute l’Europe), suite à l’introduction de la perche du Nil en 1954) laisse craindre la possibilité, dans un temps bref, d’une extinction de masse d’origine humaine. Le film documentaire Le Cauchemar de Darwin (2005) illustre également cet aspect.

Outre la surpêche et la surexploitation des forêts, la déforestation et la destruction des forêts anciennes par la sylviculture, des phénomènes sociaux aussi divers la collection (d’animaux, de plantes, d’invertébrés, de coquilles, etc. ou l’élevage domestique d’espèces rares prélevées dans la nature, ou l’intérêt pour l’or (cf orpaillage destructeur en Amazonie par exemple), ou l’intérêt pour des sous-produits animaux rares (caviar, fourrure)[24], voire l’impact de certaines médecines traditionnelles prélevant leurs ressources dans la nature non-cultivée), du tourisme de nature ou encore de la pêche ou de la chasse de loisir… aggravent la situation.

Enfin, la vitesse et le taux de régression des espèces nocturnes sont mal suivis et peu étudiés, mais le phénomène dit de pollution lumineuse pourrait avoir été sous-estimé dans ses impacts en termes de fragmentation écologique de l’Environnement nocturne; or il est en progression constante et rapide depuis les années 1950. Les 4 derniers rhinocéros blancs de Sumatra ne sont pas menacés par la pollution, mais par la valeur que certains accordent à leurs cornes devenues rarissimes, ce qui montre que donner une valeur commerciale à une espèce ou un animal, ne suffit pas à le protéger.



Actions de gestion, restauration et protection de la biodiversité

La biodiversité est devenue un motif de préoccupation mondiale. Tout le monde n’est pas d’accord sur le fait qu’une extinction massive est ou non en cours, mais la plupart des observateurs admettent la disparition accélérée de nombreuses espèces, et considèrent essentiel que cette diversité soit préservée, selon le principe de précaution.

La présence de l’homme, mais surtout l’intensivité de ses actions perturbent les équilibres écologiques avec, notamment dans les plaines, une destruction et fragmentation croissante des habitats, devenus deux des principaux facteurs de la perte d’un haut niveau de richesse biologique, l’autre étant les invasions biologiques. Une grande partie des activités humaines semblent compatibles avec le maintien d’une biodiversité importante à condition que certaines règles de gestion et d’aménagement soient respectées. Certaines demandent de profonds changements, sociaux, politiques et économiques.Deux types d’options de conservation de la biodiversité émergent : la conservation in situ (dans le milieu naturel), et ex situ (hors du milieu naturel). La conservation in situ est souvent vue comme la stratégie idéale, mais est rarement possible. De nombreux cas de destruction d’habitats d’espèces rares ou d’espèces en voie de disparition requièrent la mise en place de stratégies de conservation ex situ. Certains estiment que les deux types de conservation sont complémentaires.

Un exemple de conservation in situ est la mise en place de zones de protection. La conservation de gènes dans des banques de semence est un exemple de conservation ex situ, laquelle permet la sauvegarde d’un grand nombre d’espèces avec un minimum d’érosion génétique.

De manière générale, la préservation de la biodiversité implique la préservation des grands équilibres écologiques, à quelque échelle que ce soit : habitat, forêt, région, monde… Équilibres qui, s’ils sont rompus, entraînent de graves dysfonctionnements biologiques aux conséquences souvent désastreuses, parfois imprévisibles, sur les sociétés humaines en général et leur fondement économique en particulier.

Dans le monde

L’évolution de la biodiversité était l’un des sujets les plus discutés lors du Sommet pour le développement durable, à Rio de Janeiro, dans l’espoir de la mise en place d’un fond de conservation global pour le maintien des espèces et des collections (conservatoires, banques de graines, etc.). C’est également lors de ce sommet que le 22 mai a été déclaré Journée internationale de la biodiversité.
La Convention sur la diversité biologique votée à Rio, avant d’être ratifiée par ses Parties-membres, engage les états signataires et l’Union Européenne à prendre des mesures de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité ainsi qu’au partage équitable des bénéfices découlant de l’utilisation des ressources génétiques. Le partage des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques est régit par des contrats privés. Mais il semble, que pour une application efficace de la Convention sur la diversité biologique, il faut aujourd’hui tenir compte des utilisateurs. La responsabilité de l’utilisateur peut permettre une réactualisation des problématiques ainsi que l’ouverture de nouveaux chantiers d’étude. Cette implication peut s’exercer sur différents domaines tels que: le transfert des technologies, la divulgation de l’origine des ressources génétiques ou l’accès à la justice en cas de différend.

La convention de 1972 de l’Unesco sera utilisée pour aboutir sur un accord juste sur le partage des bénéfices résultants. La bioprospection peut devenir ce qui a été appelé biopiraterie quand ces règles ne sont pas respectées.

La biodiversité urbaine, et celle de la nature banale sont aussi des préoccupations émergentes, avec quelques expérimentations d’intégration dans la gestion urbaine et l’architecture (Construction à biodiversité positive, quinzième cible HQE, etc.).
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MessageSujet: La LPO dénonce le braconnage du Bruant ortolan   Lun 31 Aoû - 15:08

La LPO dénonce le braconnage du Bruant ortolan

Dans les Landes, Allain BOUGRAIN DUBOURG, président de la LPO, les membres de la LPO Aquitaine et de la SEPANSO Landes ont visité ce dimanche matin 30 août de nombreuses installations illégales de capture de Bruant ortolan, espèce protégée. Ils ont procédé à la libération de plusieurs dizaines d‘oiseaux prisonniers des « matoles » et ont neutralisé plus de 200 pièges.

Il faut savoir que le Bruant ortolan est une espèce nicheuse en déclin dans tous les pays d’Europe (Belgique, Pays-Bas, France, Italie, Allemagne, Autriche…) sauf en Pologne, Bulgarie et pays baltes.

Les prélèvements effectués en France par cages pièges, appelées localement matoles, et pratiqués dans les Landes de la mi-août à fin septembre, sont de 30.000 voire 50.000 oiseaux selon les années, soit l’équivalent des populations nicheuses du Benelux, de l’Allemagne, du Danemark, de la Tchéquie, de l’Autriche et de la Slovaquie réunies, d’où sa protection officielle par arrêté ministériel du 5 mars 1999.

Voilà maintenant 4 ans que la LPO s’investie sur le terrain pour dénoncer la situation de tolérance établie entre l’administration et les braconniers sans résultat concret. Malgré les promesses faites par le Ministère de l’Ecologie pour mettre un terme à cette situation, seuls huit procès verbaux ont été dressés l’année dernière alors que le nombre de braconniers est évalué à plus de 1200. Aujourd’hui, les équipes de la LPO constatent que la situation reste inchangée.

A la veille de l’année mondiale pour la biodiversité, la LPO demande que l’Etat assure fermement son rôle de lutte anti braconnage, en espérant que le dossier ortolan ne traînera pas en longueur comme celui des tourterelles du Médoc (l’Etat a fermé les yeux sur ce braconnage pendant plus de 20 ans…)

Allain Bougrain-Dubourg
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MessageSujet: 130: c'est le nombre estimé d'espèces végétales et animales qui disparaissent chaque jour   Ven 18 Déc - 16:23

130: c'est le nombre estimé d'espèces végétales et animales qui disparaissent chaque jour suite aux activités polluantes humaines. Rien à voir avec les 25 espèces qui, selon le paléanthropologue Richard Leakey, disparaissent naturellement tous les siècles!

12 000 ans avant JC: c'est la dernière période glaciaire au cours de laquelle des dizaines d'espèces animales disparurent définitivement d'Australie ( tigres à dents de sabre, une espèce d'ours géant... ) après y avoir vécu des millions d'années. C'est aussi l'époque où les êtres humains franchirent le détroit de Béring pour conquérir le territoire australien.

4 000 000: c'est le nombre d'oiseaux pêcheurs qui moururent sur la côte ouest des Etats-Unis en l'espace de 7 ans ( de 1987 à 1994 ), à cause de l'augmentation d'1° de la température du Pacifique. Cet accroissement de la température détruisit 40% du zooplancton présent sur les côtes océaniques, ce qui entraîna la disparition de nombreux poissons qui s'en nourrissent, et par effet ricochet, des oiseaux côtiers qui se nourrissent de ces poissons.

1 sur 4 : c'est la proportion des mammifères de la planète qui est directement menacée par le réchauffement climatique. A côté de cela, 1/8ème des oiseaux, 1/3 des poissons et 2/5èmes des amphibiens sont également menacés d'extinction pour la même raison. Avant la fin du 21ème siècle, nous pourrions voir disparaître la moitié des espèces animales encore en vie aujourd'hui.

284 000: c'est le nombre d'animaux exotiques importés illégalement en Europe, bien que toutes ces espèces soient portégées et jouent un rôle essentiel dans l'équilibre de l'écosystème. En 10 ans, des dizaines de milliers de caméléons, de varans et de crocodiles ont du servir les lubies inconscientes des européens et finir dans des cages, mal entretenus et inadaptés au climat européen ( même si celui-ci se réchauffe! ). Ce chiffre augmenterait considérablement si l'on y ajoutait les milliers d'oiseaux, de serpents et de mammifères enfermés dans des cages pour le bon plaisir du peuple.

9: C'est le pourcentage de la surface du globe qui est occupé par les parcs et réserves naturelles, dont la fonction est de préserver la biodiversité ( c'est-à-dire la diversité des espèces vivantes d'un milieu et de leur caractère génétique). C'est beaucoup trop peu pour lutter contre le réchauffement climatique, le braconnage et la « consommation » en Europe d'animaux exotiques. Par ailleurs, ces parcs n'échappent évidemment pas au réchauffement climatique et à l'extinction de certaines espèces végétales et animales.

20% : C'est le pourcentages de récifs coralliens ( les coraux sont des animaux marins dont l'une des fonctions est de servir de récifs à toutes certaines espèces marines ) qui ont disparu au cours du XXème siècle. Ceux qui restent sont menacés directement par le réchauffement climatique.
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MessageSujet: 2010 année de la biodiversité   Sam 2 Jan - 7:51

2010 sera l’année de la biodiversité
et des espèces menacées

par Sandra Besson

L’année 2010 sera l’année de la biodiversité selon les Nations Unies et l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) a décidé de consacrer à chaque espèce menacée une journée par le biais d’un site Internet.

Les espèces menacées, qu’il s’agisse d’ours polaires, de salamandres géantes, de requins blancs ou de baleines belugas ou encore l’aloe dichotoma de Namibie (une espèce d’arbre), seront célébrées tout au long de l’année 2010 sur Internet et une journée entière sera consacrée à chaque espèce.

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a déclaré jeudi qu’il publierait tout au long de l’année 2010 un portrait exhaustif de chacune des 365 espèces animales, végétales ou d’oiseaux les plus menacées de disparition.

« Il est temps que les gouvernements envisagent sérieusement de sauver des espèces et s’assurent que la conservation soit une priorité de leur agenda l’an prochain, dans la mesure où nous manquons réellement de temps » a déclaré Jane Smart, une expert en biodiversité pour l’UICN.

L’ours polaire, dont le destin est lié à la mer de glace Arctique qui fond de plus en plus chaque été, sera la première espèce décrite de l’année 2010. « Les preuves scientifiques d’une crise grave d’extinction d’espèces sont de plus en plus nombreuses » ajoute Jane Smart.

Un tiers des 1,8 millions espèces animales et végétales identifiées dans le monde sont confrontées à une menace croissante d’extinction. Les experts estiment que près de 6 à 12 millions d’espèces supplémentaires sont encore inconnues de la science.

A partir du 1er Janvier 2010, cette nouvelle année ayant été déclarée Année de la Biodiversité par les Nations Unies, l’UICN s’appuiera sur les dernières études scientifiques réalisées pour sa Liste Rouge annuelle des espèces menacées de la faune et de la flore pour faire un portrait détaillé des espèces du jour potentiellement condamnées.
Ces portraits seront publiés sur le site Internet de l’UICN.

« Nous commencerons avec certaines des espèces les plus connues avant de nous intéresser aux plantes, aux champignons, aux invertébrés et dont certaines espèces moins charismatiques » que les ours polaires, indique le groupe intergouvernemental. L’ours polaire, dont le destin est lié à la mer de glace Arctique qui fond de plus en plus chaque été, sera la première espèce décrite de l’année 2010 et aura son jour le 1er Janvier.

Avant la conférence de Copenhague des Nations Unies sur le changement climatique qui a eu lieu en décembre, l’UICN a déclaré que l’inaction mettait en danger l’avenir de certaines des créatures terrestres les mieux connues.
Ainsi, le manchot empereur, le renard arctique, le poisson rouge, le koala d’Australie et presque toutes les espèces de saumons sont menacées de disparaître prochainement.

D’après l’UICN, « les êtres humains font partie intégrante de la biodiversité et ont le pouvoir de la protéger ou de la détruire. Actuellement, nos activités détruisent le monde naturel à un taux sans précédent à travers le changement climatique, la destruction de l’habitat, la surproduction agricole, la pollution et bien d’autres activités. Nous nous dirigeons vers une crise mondiale d’extinction des espèces ».

« Mais il est de plus en plus reconnu que la diversité biologique est la base d’un développement durable et du bien-être humain. Des ressources naturelles correctement gérées rendent service aux communautés, encouragent la croissance économique et aident à réduire la pauvreté. Une biodiversité en bonne santé est essentielle pour nous aider à nous adapter à des conditions changeantes dont le changement climatique. Cette reconnaissance doit rapidement se transformer en actions de conservation ».

« La perte de la biodiversité n’est pas comme le changement climatique dont nous pouvons voir et sentir les impacts : l’augmentation du niveau de la mer et des tempêtes. Dans le monde occidental, nous sommes devenus si éloignés de la biodiversité que nous avons oublié à quel point nous l’utilisons dans nos vies quotidiennes, depuis la nourriture que nous mangeons jusqu’aux vêtements que nous portons, en passant pas les médicaments que nous utilisons »
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MessageSujet: Menaces sur le vivant   Mer 6 Jan - 16:53

Menaces sur le vivant
Notre maison brûle. » La formule est restée fameuse. Presque huit ans après le discours prononcé par Jacques Chirac au sommet de la Terre de Johannesbourg, l'incendie ne semble pas prêt de s'éteindre : actuellement, sur la « liste rouge » de l'Union internationale pour la conservation de la nature, 36 % des espèces animales et végétales sont menacées1 à plus ou moins long terme. Le taux d'extinction actuel des espèces est 100 à 1 000 fois plus rapide que le taux naturel. On évoque donc une sixième crise d'extinction, qui ne serait pas, à la différence des cinq premières, causée par un évènement naturel comme un volcanisme important ou l'impact de météorites. Le responsable ? L'humain. « Il y a une concurrence pour l'espace », explique l'écologue Robert Barbault, du laboratoire « Conservation des espèces, suivi et restauration des populations »2. « Comme le castor ou l'éléphant, l'homme transforme l'environnement… mais de façon décuplée en raison de ses techniques. Il scie la branche sur laquelle il est assis. »
La destruction humaine de la biodiversité, commencée dès le Paléolithique, s'est accélérée au cours de la Révolution industrielle, puis dans la seconde moitié du XXe siècle, avec l'explosion démographique, la surexploitation des ressources, la construction de villes et d'autoroutes, l'accumulation de déchets, la pollution, l'introduction d'espèces invasives. Ou encore la déforestation, qui vise à exploiter le bois ou à utiliser les terres pour l'agriculture. Au niveau mondial, « il n'y a pas de tendance au ralentissement de la déforestation », constate Jérôme Chave, directeur de recherche CNRS au laboratoire « Évolution et diversité biologique »3. Le changement climatique pourrait aussi nuire à la biodiversité, notamment en aggravant les sécheresses en forêt amazonienne. Un drame : cet écrin abrite 11 000 espèces d'arbres – contre 200 dans toute l'Europe...
L'état des lieux est inquiétant : on compte aujourd'hui trente-quatre « points chauds » du globe, zones caractérisées à la fois par leur grand nombre d'espèces et par une menace accrue sur leur biodiversité. Parmi eux, figure le bassin méditerranéen. Sa mosaïque de paysages, de reliefs et de climats favorise l'originalité et la variété des espèces… dont les habitats sont fragmentés par une forte pression démographique et urbaine sur les côtes. Conséquence : « Rien que sur le littoral marseillais, plus d'une dizaine d'espèces de plantes sont menacées », comptabilise Thierry Tatoni, directeur de l'Institut méditerranéen d'écologie et de paléoécologie (Imep)4.
Si la disparition des espèces est si inquiétante pour l'humain, c'est parce qu'elles forment un réseau, irrigué par leurs interactions de prédation, de parasitisme, de symbiose. En somme, de la biodiversité dépend la vitalité du tissu vivant. Exemple : quand les abeilles toussent, la pollinisation s'enraie, les fleurs s'enrhument. La biodiversité est nécessaire à l'équilibre des chaînes alimentaires, à l'épuration de l'eau et de l'air, à la régulation du climat. L'espèce humaine, elle, y trouve de quoi s'alimenter, se chauffer, s'habiller… et même se soigner : de 40 à 70 % de nos médicaments en sont issus, alors que l'exploration des océans à des fins thérapeutiques débute à peine.

Répertorier les espèces
Alors comment sauver cette biodiversité ? Tout d'abord en la connaissant mieux. Car si 1,8 million d'espèces animales et végétales ont déjà été décrites, des micro-organismes aux plus grands mammifères, il resterait encore de 10 à 100 millions d'espèces à découvrir ! Cette entreprise de description aussi colossale qu'ardue est aujourd'hui relancée avec les techniques de séquençage d'ADN massif et de biologie moléculaire, et les missions d'exploration qui se multiplient sur la planète comme Tara dont le CNRS est partenaire5. Outre cet inventaire mondial, il s'agit aussi de comprendre les menaces à l'échelle locale. Et pour y arriver, de nombreuses disciplines sont convoquées. Prenons le cas des Grands Causses, au sud du Massif Central, où la forêt progresse depuis plusieurs décennies, au détriment des espaces ouverts et de la biodiversité globale. « Longtemps, ce phénomène a été attribué à des changements dans les pratiques d'élevage, car la baisse du nombre de troupeaux élevés de manière itinérante, depuis les années 1960, a coïncidé avec une extension spectaculaire de la surface boisée, résume John Thompson, écologue au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive à Montpellier. Mais une coopération avec des géographes nous a permis de montrer que c'est plutôt l'abandon du système de culture traditionnelle, à la fin du XIXe siècle, qui explique l'avancée de la forêt, près de cinquante ans plus tard. »

Le temps de l'action
Les scientifiques qui s'appliquent à livrer des données précises et validées sur la biodiversité et les menaces, souhaiteraient des moyens aussi importants que ceux alloués à la compréhension du réchauffement climatique. Car les indicateurs manquent. Pour l'heure, Thierry Tatoni ne veut pourtant pas trop noircir le tableau. « En dehors des systèmes insulaires, nous ne sommes pas encore dans une phase de grande régression. Sur le pourtour méditerranéen, très peu d'espèces végétales ont disparu… mais beaucoup sont rares, réduites, fragilisées. » Bref : « Il est encore temps d'agir. »
Des initiatives locales ont déjà été prises pour la biodiversité. Comme la législation qui s'oppose à la déforestation au Brésil, cependant « difficilement applicable en raison de l'étendue du pays » selon Jérôme Chave. Ou encore les réintroductions d'animaux, qui imposent préalablement de saisir les raisons de leur disparition et de travailler avec les populations, et qui ne sont pas toutes couronnées de succès. Depuis l'ouverture du premier parc national du monde, en 1872 à Yellowstone (États-Unis), la surface des espaces protégés augmente régulièrement. Mais reste insuffisante, et pas toujours facile à surveiller. « L'idée de sauvegarder des espaces est bonne, celle d'en interdire nécessairement l'accès aux hommes est mauvaise », ajoute Robert Barbault. Car la protection de la biodiversité doit aussi tenir compte des utilisations de la nature par les populations locales, pour leur subsistance. Elle ne peut ignorer la dimension sociale et de lutte contre la pauvreté, surtout dans les pays du Sud. Robert Barbault, lui, défend donc le concept international de « réserve de biosphère », à l'image des Cévennes. Un territoire qui permet la coexistence des espèces à conserver et des populations, impliquées dans le projet.
Et au niveau global ? Réflexions et sensibilisations se succèdent. En 1992 est signée la Convention internationale sur la diversité biologique, dont la conservation est « une préoccupation commune à l'humanité ». En 2002, à Johannesbourg, la communauté internationale adopte un plan et entend obtenir « d'ici à 2010 (...) une réduction importante du rythme actuel d'appauvrissement de la diversité biologique ». Le bilan – sans doute décevant – doit donc être dressé en 2010, année de la diversité biologique. Signe des temps, le prix Nobel d'économie a été décerné à Elinor Ostrom, dont les réflexions portent sur la gestion des biens d'accès libre, comme l'eau ou la biodiversité. Les lieux d'expertise se multiplient, telle la plateforme intergouvernementale IPBES en gestation, sur le modèle du Giec consacré au climat. « Associations, scientifiques et monde politique se rapprochent, se félicite Robert Barbault. Cette dynamique modifie la prise de décision politique, même si cela ne va pas assez vite. » Aucun acte majeur n'a en effet suivi les paroles. Et le salut ne viendra pas de l'innovation. « Pour le climat et la biodiversité, les solutions ne peuvent pas être uniquement techniques », relève Jérôme Chave.
La nécessité de transformer la société se dessine. Car la biodiversité pâtit du primat de l'économie sur l'écologie, comme l'illustre la coupe de la forêt tropicale. Le développement durable, qui entend marier des intérêts (économique, écologique, social) contraires, suffira-t-il ? En attendant, les scientifiques ont déjà pris position, en première ligne, pour de nombreuses missions sauvetages.

Mathieu Hautemulle
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MessageSujet: 2010 année de la biodiversité   Ven 8 Jan - 17:41

2010, ANNÉE DE LA BIODIVERSITÉ : LE MAELSTRÖM DU VIVANT

Pièces à conviction du grand hold-up planétaire
(Pages 198 à 317 extraites du livre : NOUS, PEUPLE DERNIER)

- Le grand laminoir génétique : crimes contre les espèces -

« Ce qui compte dans la sauvegarde des condors et de leurs congénères, ce n'est pas tant que nous avons besoin des condors, mais que nous avons besoin des qualités humaines nécessaires pour les sauver. Ce sont précisément celles-là mêmes qu'il nous faut pour nous sauver nous-mêmes. »
Ian Mac Milan
« Il est maintenant clair que beaucoup d’espèces (…) sont rapidement en train de perdre la bataille contre la disparition de leur habitat. Et il semble que nous soyons devenus indifférents à leur absence, séduits par les avantages que nous procurent le confort et l’efficacité. Mais combien perdrions-nous au change s’il ne restait plus que quelques espèces d’oiseaux, si tous les rivages étaient tapissés d’immeubles, si les forêts et les prairies étaient entièrement remplacées par des terres agricoles, si les mers étaient dépouillées de toute leur abondance d’espèces vivantes ! »
Karen Schmidt

Généralités

Rappelons-nous que l'homme n'est qu'une espèce parmi les deux millions officiellement recensées.

Jamais, depuis la nuit des temps, le nombre d’espèces vivant à la surface de la Terre n’avait revêtu une telle richesse. Mais, bien des espèces trébuchantes, vacillantes et évanescentes attestent que jamais la même diversité biologique n’avait connu un déclin aussi rapide. Nous sommes les créateurs du plus fabuleux laminoir de biodiversité que l’on pouvait imaginer. C’est le paradoxe de la crise écologique actuelle, dont l’homme est la cause première. Selon le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), la planète pourrait être endeuillée du tiers des espèces existantes d’ici 2050.

Cette sixième crise de la vie, la première dont nous portions l’entière responsabilité, fut précédée par cinq grandes vagues d’extinction massive : voilà 438 millions d’années, avec la disparition de 70 % des espèces d’animaux marins ; il y a 370 millions d’années, par l’extinction de plus de 30 % des espèces animales ; voici 250 millions d’années, la plus grande crise effaça plus de 90 % des espèces ; il y a 215 millions d’années, 75 % des espèces marines disparurent ; enfin, il y a 65 millions d’années, ce fut la perte de 70 % des espèces, dont les dinosaures. De toutes les espèces qui ont existé depuis l’apparition de la vie sur Terre, on suppose qu’au moins 95 % se sont éteintes avant même que les premiers hommes n’émergent. Ce qu’il y a de nouveau et de désolant n’est pas l’extinction d’une espèce en elle-même, c’est que de nos jours et par notre pression contre-nature, c’est en quelques décennies que le sort d’une espèce tourne court.

Pour la plupart des gens, la disparition d’une plante ou d’un animal n’est pas un problème. Ils ne connaissaient généralement ni cette plante, ni cet animal. Dans sa tour d’ivoire d’indifférence et d’ignorance, l’homme ne se croit jamais touché par la perte de ce qui lui est éloigné, non familier, voire considéré comme inutile. Sauf si c’est emblématique, très gros ou très beau. Pourtant, il existe un phytoplancton océanique inconnu du grand public et qui joue un rôle majeur dans la régulation du climat planétaire…

Presque 2 millions d’espèces ont à ce jour été décrites et nommées, dont presque un million d’insectes, mais plusieurs millions de plantes et d’animaux, notamment d’invertébrés, attendent encore d’être découverts et reconnus. Depuis quelques décades, la plupart des espèces nouvelles sont mises à jour par les scientifiques de façon quasiment concomitante avec leur éradication par la pression de nos activités, c'est-à-dire que l’on a de plus en plus de risques d’arriver trop tard. Ainsi, une humanité plus ravageuse et destructrice que soigneuse et studieuse est en voie de faire passer à trépas ce qu’elle ne connaît pas encore. Qui l’aurait cru il y a seulement un siècle ? Enfin, parmi les espèces connues, moins de 1 % ont bénéficié d’études dépassant le stade basique de leur seule description anatomique permettant de les classer dans la systématique linnéenne. C'est-à-dire que nous les connaissons sans les connaître. Au total et depuis l’an 1500, on évalue à 784 espèces végétales et animales le cortège des disparitions définitives du monde sauvage. 65 autres espèces n'existent plus qu'en captivité ou en culture. Un tiers des amphibiens, un quart des mammifères et un huitième des oiseaux sont aujourd’hui considérés comme menacés. Toutes les 18 minutes, une espèce est appelée à disparaître de notre biosphère. Le compte à rebours est entamé pour 1 mammifère sur 4, 1 oiseau sur 8, 1 poisson sur 3 et 2 amphibiens sur 5, dont la moitié des tortues d’eau douce. Nous entrons bien dans la sixième crise d’extinction massive d’espèces, laquelle devrait biffer chaque décennie de la surface du globe quelque 5 % de la biodiversité. Il s’agit d’un immense pataquès biologique, fomenté par les tares de notre dessein civilisationnel. La Terre a déjà vécu, sans nous, cinq phases de telles extinctions globales. L’originalité de celle annoncée, et bel et bien entamée, est que nous en sommes les auteurs, et pas peu fiers, semble-t-il puisqu’en dépit d’une crise de conscience mondiale de plus en plus aiguë, bien peu d’agissements pratiques se manifestent pour inverser les tendances d’Homo sapiens tueur en série. ! On en parle beaucoup, on s’en gargarise, on y pense très peu, on s’en fiche. Après chacune des précédentes extinctions, 25 millions d’années furent nécessaires pour une reconstitution de la diversité génétique. N’est-ce pas hors de notre portée compréhensive du temps ? 50 à 100 espèces vivantes s’éteignent quotidiennement, soit près de 26.000 par an. 25 % des espèces de mammifères battent en retraite, 17 millions d'hectares de forêts tropicales sont biffés chaque année. À ces rythmes, sans cesse croissants, 25 à 50 % des espèces vivantes et 50 % des forêts primaires seront à tout jamais rayées de la planète d’ici 2050. Au fil des 100 dernières années, cette accélération exponentielle du taux d'extinction des espèces fut telle qu’elle est désormais d’au moins 100 à 1.000 fois supérieure (1.000 à 10.000 fois selon d’autres études…) à ce qu'elle était avant l'arrivée de l’espèce humaine. À cette cadence de déclin, il n'est pas irrationnel de pronostiquer que nous aurons éliminé la moitié de toutes les espèces vivantes vers le milieu du XXIe siècle. Il faut croire que tel était notre objectif majeur.

Les fondations et les associations internationales de protection de la Nature nous le rappellent sans répit : des espèces aussi spectaculaires que les baleines, l’éléphant, le panda, l’orang-outang, le gorille, les ours, les tigres sont les symboles du phénomène actuel des extinctions. Quant aux végétaux supérieurs, selon l’UICN et le WWF, un quart d’entre eux, soit 60.000 espèces, pourrait disparaître d’ici l’an 2050.

15.589 espèces menacées figuraient en 2004 sur la liste rouge de l’UICN, dont le réseau de surveillance écologique réunit plus de 10.000 scientifiques. En 2006, ce sont 16.119 espèces qui y figurent. L’homme est entièrement responsable des menaces qui pèsent sur ces plantes et sur ces animaux. Par ordre prioritaire, tant de l’importance estimée dans une subjective échelle des valeurs, que de la dangerosité pour leur avenir à court terme, on peut classer comme suit les groupes les plus exposés : les grands singes, les lémuriens, les tortues marines, le panda, les crocodiles et les lézards, les éléphants d’Afrique et d’Asie, les salamandres géantes, les rhinocéros, les cétacés (dauphins et baleines), les grands félins, la plupart des rapaces diurnes et nocturnes, des grues et certains faisans, les perroquets, quelques coquillages et certains insectes, notamment des papillons, la plupart des cactus, certaines orchidées et quelques cyclamens, bien des bois tropicaux, la sangsue médicinale, les coraux noirs, les flamants, les antilopes, les loutres, les pécaris ou cochons-bois.

Si 171 États ont ratifié la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), nombreux sont les pays signataires coupables de fermer les yeux ou pire, d’entretenir les trafics concourant à menacer la survie d’espèces sensibles. La plupart des pays d’Asie sont de grands responsables, voire coupables en la matière. La Chine, pourtant partie prenante du CITES, est une plaque tournante d’un considérable commerce illicite de produits animaux. La médecine chinoise traditionnelle est riche de 430 produits élaborés à partir d’espèces menacées : poudres provenant de la corne de rhinocéros, des os du tigre et du léopard, de la bile d’ours, d’éléments d’orchidées,… Ces usages auxquels restent fidèles des centaines de millions de consommateurs sont les principales responsables des menaces contre la faune sauvage : cétacés, rhinocéros, félins, ours, antilope saïga, singes, pangolin, serpents, crocodiles, tortues, requins, hippocampes, scorpions,…, la plupart de ces espèces sont menacées d’extinction et pourtant surexploitées. L’artisanat et la décoration ne sont pas en reste (ivoire d’éléphant, d’hippopotame et de phacochère, cornes de rhinocéros, peaux de reptiles, fourrures de félins, plumes d'oiseaux, cétacés, grenouilles, bois d’acajou, cactus, orchidées, etc.). Le cas du chevrotain porte-musc est symbolique. La glande de cet animal, qui contient environ 25 grammes de musc, entre non seulement dans la composition d'un remède oriental des maladies du sang, mais aussi dans celle très futile des parfums occidentaux, ce qui fait que la France importe chaque année plusieurs kilos de ce musc via Hong Kong. L'empire nippon n’est pas en reste, quant à lui friand de thon rouge (dont 90 % de la population de l'Atlantique occidental a été anéanti en vingt ans), de cétacés, de tortues et d’ivoire. En Inde, le célèbre Maharaja Sansar Chand défie toujours les autorités, avec un tableau de chasse de plusieurs dizaines de milliers de peaux et de centaines de kilos d'os de tigres et de léopards.

Toujours selon l’UICN, voici quelques exemples d’espèces en danger critique d’extinction et à valeur patrimoniale pour les contrées à la biodiversité desquelles elles participent. Dans l’océan Pacifique : la baleine grise et l’escargot des Galapagos ; au Brésil : le tamarin bicolore et le capucin à poitrine jaune ; en Afrique du Sud : le lapin des buissons ; au Vietnam : le poisson-chat géant du Mékong. Quelques exemples d’espèces seulement en danger d'extinction sont les suivants. Dans l’océan Atlantique : le dauphin commun ; au Brésil : le tamarin bicolore et le tamarin-lion doré ; dans l’océan Indien : l’albatros. Les espèces menacées, toutes classes confondues, peuvent être illustrées par le lycaon, l’antilope rouanne, le ratel, le vautour du Cap, le vautour oricou, l’aigle bateleur, le grand calao terrestre, l’hirondelle bleue, la grue caronculée, le cabillaud, l’empereur, l’espadon, la lotte, la sole, le thon rouge.

En France métropolitaine, l’inventaire de la faune menacée identifie 144 espèces de vertébrés strictement menacées, soit environ 14 % de la totalité des vertébrés recensés. Parmi eux, les poissons et les cyclostomes (ou lamproies) continentaux apparaissent comme les plus touchés (avec 32 % d’espèces vulnérables ou en danger), puis les amphibiens (28 %), les oiseaux (19 %, surtout au sein des grands échassiers et des grands rapaces), les mammifères (19 %, notamment des cétacés et des chauves-souris) et les reptiles (15 %). Parmi les invertébrés, le faible nombre d’espèces décrétées en danger ou vulnérables (entre 0,12 % et 0,86 % selon les groupes) ne traduit qu’une méconnaissance des recenseurs vis-à-vis de ces animaux, par ailleurs et pour beaucoup excellents bioindicateurs, qui à l’échelle globale représentent les trois quarts des espèces animales. Nonobstant ce type de carence, il y a 179 espèces d’invertébrés actuellement protégées dans toute la France. Les espèces les plus emblématiques de la faune française menacée sont montagnardes, comme l’aigle de Bonelli, le lynx et l’ours brun ; en plaine, il s’agit du faucon crécellerette, de la cigogne, du flamant rose, de l’eider à duvet et de la grenouille des champs ; en rivière, la loutre, l’esturgeon et le saumon sauvage sont trois espèces au destin préoccupant ; sur le littoral, l’attention est portée sur le phoque veau marin, la vipère d'Orsini et la tortue d'Hermann ; en mer, ce sont surtout le grand dauphin, le mérou, la raie blanche, le rorqual commun et l’oursin dont l’avenir est incertain.

À propos de cette notion de conservation à base de listes spécifiques, sa dérive bien connue est d’entraîner une protection à la pièce, hors de tout contexte, ce qui est particulièrement préjudiciable pour les invertébrés très localisés comme les papillons, mais aussi pour la petite faune qui est en général tributaire d’un habitat restreint et irremplaçable. Les autorités gestionnaires qui veillent à la pérennité des espèces dites protégées éprouvent ainsi un certain mal à poser un regard juste sur leur politique. On interdit les prélèvements (ce qui est peut-être louable), mais on n’agit guère contre la destruction ou la dégradation de l’habitat, voire des plantes nourricières des dits papillons ou autres insectes phytophages. En cela, ces mesures ressemblent à de la poudre aux yeux. Les polices écologiques arrêtent le cueilleur de fruits, mais laissent filer le coupeur d’arbre. Il faut avouer qu’il est plus aisé et mieux noté d’arrêter un inutile chasseur de papillons, personnage atypique et décalé, qu’un promoteur lié aux instances communales, départementales, provinciales… qui peut anéantir les lieux sans rémission, souvent illégalement, mais qui crée de l’économie. C’est ainsi que, faute de quoi se loger et manger, l’espèce « protégée » s’évanouit. Il faudra admettre un jour que l’on ne protège pas un coléoptère ou une libellule comme on protège un rapace ou une antilope. C’est ainsi qu’en Espagne, où le pays s’est doté dès 1989 d’une loi ambitieuse se voulant protectrice de toutes les espèces, mais seulement des espèces, la disparition des habitats s’est avérée imparable et considérable, dans un pays économiquement expansif où est coulé la moitié du béton européen. Certains endémiques ibériques dont la protection est incontournable puisque listés par la convention de Berne (CITES), ont même vus leurs habitats victimes de délits écologiques consommés. Parmi d’innombrables exemples, ce fut le cas de plus de 10.000 hectares en Sierra Nevada, sous la priorité économico-récréative de l’aménagement aux confins de 3.000 mètres d’altitude d’une méga station internationale de ski, induisant un niveau maximal de destruction d’un milieu sensible inscrit au sein d’une réserve de la biosphère (UNESCO) et abritant plusieurs végétaux et animaux protégés. De tels textes listant des espèces « intouchables » mais hors contexte des connivences biologiques, sont virtuels, illusoires, incompétents, mais donnent bonne conscience. D’espèce à espace, il n’y a qu’une lettre, mais il y a tout ce qui fait l’écologie. Ce que les juristes ignorent trop souvent.

En Suisse, près de 40 % des lichens et autant des libellules, deux groupes indicateurs d’exception, sont aujourd'hui menacés d'extinction ou ont déjà disparu.

Au Canada, au moins 340 espèces ont été classées en voie de disparition. Ces mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles, poissons, insectes, plantes vasculaires, mousses et lichens menacés vivent dans les forêts, les champs, les milieux humides et les eaux libres. 60 % d’entre eux sont touchés par des problèmes liés à la dégradation de leur habitat.

Aux États-Unis, au Canada et au Mexique réunis, les organismes chargés de la préservation des espèces sauvages ont ciblé 17 espèces qui suscitent des préoccupations communes en matière de conservation. Ces animaux, pour lesquels c’en est fini et prêts à rejoindre la liste nécrologique sont : le chien de prairie, l’antilope du Sonora, la petite chauve-souris à long nez, la grande chauve-souris à long nez du Mexique, l’ours noir et le loup gris ; et pour l’avifaune : la buse rouilleuse, le faucon pèlerin, la pie-grièche migratrice, le pluvier siffleur, le pluvier montagnard, la chouette tachetée septentrionale, la chouette tachetée du Mexique, la chouette des terriers, la paruline à dos noir, la grue blanche d’Amérique et le condor de Californie.

Si l’Occident est encore en train de vivre ses balbutiements écologiques, c’est depuis toujours que les Tibétains considèrent que toutes les formes de vie, toutes les forces de la Nature méritent un respect et une vénération indiscutables. Les animaux sont leurs frères, les rivières leurs sœurs… Mais depuis l'invasion chinoise de 1949, depuis que les Tibétains ne sont plus maîtres chez eux, cette ancestrale harmonie a pris fin. La faune tibétaine était auparavant si riche qu’Ernst Schaeffer, zoologue-voyageur allemand des années 1930, avait défini les territoires selon les peuplements d’animaux qui y abondaient. Il citait la steppe à yacks sauvages, la steppe à kiangs (hémiones ou ânes des hauts plateaux) et celle à gazelles. Les ravages de l’abominable occupation chinoise dépassent de loin le génocide culturel illustré par les spectaculaires destructions des monastères. L'oppression politique s'accompagne non seulement de tortures et de meurtres à l’encontre des Tibétains, mais aussi d’un écocide à grande échelle : méga déboisement du pays, surexploitation des pâturages, braconnage démesuré, pollutions létales. Et la faune biopatrimoniale disparaît inexorablement. Voici quelques espèces emblématiques dont le déclin a été accéléré par la conjoncture politique, ou qui sont définitivement perdues : le singe des neiges (dont les Chinois utilisent la cervelle en médecine traditionnelle), le singe doré, le léopard des neiges, le petit panda, le panda géant, l’hémione, le takin du Tibet, le yak sauvage, le chevrotain porte-musc et la grue à col noir.

Les atteintes aux biotopes, par empiètement, dégradation ou anéantissement, constituent la plus sérieuse menace d’érosion des espèces. Cette réduction des habitats affecte respectivement 91 % de la diversité floristique, 83 % de la faune des mammifères, 89 % de l’avifaune,…, dont un taux incommensurable d’invertébrés de toutes familles. Les activités agricoles, notamment celles spéculatives et non vivrières (monoculture, élevage et plantations de bois d'abattage), les industries d'extraction (mines, coupes forestières, cueillettes diverses, pêcheries) et le développement (urbanisme, tourisme, installations industrielles et infrastructures connexes) sont les trois causes majeures du recul des habitats. L’agriculture productiviste affecte 1.121 espèces menacées végétales (49 % du total), 92 espèces menacées de mammifères (13 %), 827 d'oiseaux (70 %),… Mais ce sont les activités extractives dont l’impact s’avère être le plus dommageable en fragilisant 1.365 espèces botaniques menacées (60 %) et 622 espèces menacées d'oiseaux (53 % du total). L'exploitation pure, incluant la chasse, la cueillette, la pêche et ses prises incidentes, ainsi que le commerce des espèces, représente une menace tout aussi déterminante pour les oiseaux (37 % du total), mais aussi pour les mammifères (34 % du total), les plantes (8 % des espèces évaluées), les reptiles et les amphibiens, et les poissons de mer. C’est ainsi que 338 espèces menacées d'oiseaux (28 % du total), 212 espèces de mammifères (29 % du total) et 169 espèces végétales (7 % du total) sont touchées par la chasse et la cueillette, tandis que 13 % des espèces menacées d'oiseaux et de mammifères sont affectées par le trafic des espèces. Enfin, les espèces exogènes invasives (celles introduites sciemment ou malencontreusement) représentent une menace significative pour 361 espèces végétales et 350 espèces d'oiseaux. Depuis les années 1800, la principale cause d'extinction d'oiseaux, notamment d’espèces insulaires, est l'introduction d’aliens envahisseurs, tel le rat noir. La mise en réserves intégrales de 25 « points chauds », judicieusement choisis au sein de la biodiversité planétaire et ne couvrant finalement que 1,4 % de la surface du globe, permettrait de sauvegarder des seules pressions anthropiques directes 44 % des espèces de plantes supérieures et 35 % de celles des vertébrés.

Le réchauffement climatique entraînera quant à lui une incidence en hausse de l’éradication des gènes végétaux et animaux. La modélisation de l'évolution d'ici 2050 de 1.103 espèces végétales et animales dans six régions du globe particulièrement riches en biodiversité, et ce dans différents scénarios climatiques, enseigne qu’un million d'espèces pourrait disparaître en raison du changement climatique. Les régions concernées sont l'Europe et la Russie occidentale jusqu'au Caucase, le Mexique, l'Afrique du Sud, l'Australie et la région centrale du Brésil. Un premier scénario envisage un faible réchauffement d'ici 2050 par rapport à 1990 (augmentation de la température moyenne de 0,8 à 1,7 ºC et concentration de CO2 dans l'atmosphère de 500 parties par million contre 370 ppm). Un second table sur un réchauffement moyen (+1,8 à 2 ºC et CO2 de 500 à 550 ppm) et un troisième sur un réchauffement élevé (plus de 2 ºC et CO2 supérieur à 550 ppm). En cas de faible réchauffement, entre 9 % et 31 % des espèces étudiées seraient condamnées à disparaître, selon qu'elles réussissent ou non à s'installer dans des régions plus clémentes. La fourchette monterait à 15-37 % en cas de réchauffement moyen et à 21-52 % en cas de réchauffement important.
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MessageSujet: La liste rouge 2009 de l’UICN dresse un état des lieux préoccupant des conditions de survie des espèces animales et végétales de notre planète.   Jeu 14 Jan - 8:45

La liste rouge 2009 de l’UICN dresse un état des lieux préoccupant des conditions de survie des espèces animales et végétales de notre planète. Sur les 47 677 espèces répertoriées, 17 291 sont menacées. La France se classe au huitième rang des pays des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces en danger. Les objectifs de conservation de la biodiversité établis pour 2010 ne seront évidemment pas atteints…

« Les preuves s’accumulent sur la sévérité de la crise d’extinction que nous traversons » a martelé Jane Smart, directrice du Groupe pour la conservation de la biodiversité de l’UICN. Avant de brandir la menace de l’urgence : « Il est temps que les gouvernements commencent sérieusement à œuvrer pour la protection des espèces et que ce sujet brûlant figure parmi leurs priorités l’année prochaine, car le temps presse ».

C’est un fait, il est bien tristement acquis, quoique non admis, l’objectif de la communauté internationale d’enrayer l’érosion de la biodiversité pour 2010 ne sera pas atteint. Et le bilan tiré par l’Union internationale de conservation de la nature ne souffre guère de doutes à ce sujet. 36 % des espèces répertoriées sont menacées. La dégradation des milieux naturels, la surexploitation, l’introduction d’espèces invasives, les pollutions et le changement climatique constituent les facteurs responsables de ce fléau. « Ces résultats ne représentent que le sommet de l’iceberg. Nous n’avons évalué pour l’instant que 47 663 espèces, alors qu’il en existe encore des millions qui sont peut-être sérieusement menacées », avoue Craig Hilton-Taylor, directeur du Bureau de l’UICN pour la Liste rouge.

Les espèces d’eau douce négligées

La crise sévère que subit la biodiversité se chiffre ainsi : 21 % des mammifères, 30 % des amphibiens, 12 % des oiseaux, 28 % des reptiles, 37 % des poissons d’eau douce, 70 % des plantes et 35 % des invertébrés sont menacés. Sur les 12 151 plantes que dénombre la Liste rouge, 8 500 sont menacées d’extinction et 114 sont déjà éteintes. Concernant les poissons d’eau douce, 1 147 sont menacés, soit 510 de plus que l’année dernière, sur un total de 3 120. Pour exemple, citons le poisson garde-boue, endémique de la Nouvelle-Zélande qui passe du statut quasi-menacé à celui de vulnérable. « Les espèces vivant en eau douce ont pendant longtemps été négligées. Cette année, nous en avons de nouveau ajouté un grand nombre à la Liste rouge et confirmons la menace élevée qui pèse sur de nombreux animaux et plantes d’eau douce », prévient Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du Programme espèces de l’UICN.

293 nouveaux reptiles ont été ajoutés cette année à la longue liste de l’UICN. Sur les 1 677 répertoriés, 469 sont menacés d’extinction et 22 sont déjà éteints. Les 165 espèces endémiques des Philippines qui viennent de faire leur entrée « en rouge » incluent le varan de Panay, classé en danger du fait de la perte de son habitat due à l’agriculture et à l’exploitation forestière ainsi qu’à la chasse que l’Homme lui fait subir. « Les reptiles de la planète sont sans aucun doute en mauvaise posture mais il est possible que la situation actuelle soit bien pire qu’elle n’y paraisse », avertit Simon Stuart, Président de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN.

La France subit la crise de plein fouet

Au huitième rang mondial des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées, la France remonte à la cinquième place si l’on ne tient compte que des pays européens. Recensant 778 espèces menacées, le pays doit sa position aux DOM-TOM, véritables points chauds de la biodiversité, principalement la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. Très riches en espèces mais ayant perdu 70 % de leurs habitats naturels originels, les collectivités d’outre-mer sont un vivier d’espèces menacées. Le dugong de Mayotte est classé vulnérable, la tortue Luth en Guyane et la tortue imbriquée dans les Antilles sont toutes deux en danger critique. La flore n’est pas non plus épargnée. Le kaori rouge et le kaori blanc, endémiques de Nouvelle-Calédonie, sont vulnérables tandis que le bois de catafaille noir de La Réunion est en danger critique. En métropole, le Vison d’Europe est en danger, le scarabée pique-prune est vulnérable et la Biscutelle de Rotgès, petite plante endémique de Corse est en danger critique.

« La France porte une responsabilité de premier plan aux niveaux mondial et européen pour enrayer l’extinction de la biodiversité. A l’occasion de l’année 2010, décrétée Année internationale de la biodiversité par les Nations Unies, la France se doit de donner une nouvelle ambition à sa politique de préservation des espèces, à la hauteur des enjeux présents sur son territoire », a prévenu le Comité français de l’UICN.


Albane Wurtz - Source : developpementdurable.com
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MessageSujet: Oui aux ours des Pyrrénées   Mer 20 Jan - 16:22

Les partisans de l'ours repartent à l'assaut des Pyrénées

Photo 1 ÉCO-TERRE. Trois ours en peluche pendus sous le pont d'Alma à Paris, ce mercredi 20 janvier: c'est la biodiversité qu'on étrangle, ont ainsi voulu symboliquement souligner les amis de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées.

Depuis ce 1er janvier 2010, rien n'est venu du ministère de l'Écologie qui permettrait aux partisans de la bête d'espérer la poursuite de sa réintroduction dans les Pyrénées. Le dernier plan courrait de 2004 à 2009. Il n'aura pas duré un jour de plus.

«Malgré les engagements annoncés», dénonce l'association Pays de l'ours-ADET, installée à Arbas. «Voilà comment la France inaugure l’Année Internationale de la Biodiversité, grogne-t-elle en même temps que l'association Ferus … de la plus mauvaise manière !»

Un truc qui vous crée des ennemis quand vous le lancez et vous en fait au moins autant quand vous l'arrêtez n'a pas d'autre nom: ça s'appelle une boîte à gifles.

Ferus et Pays de l'ours-ADET décrètent donc «2010, Année de l'ours!» Les deux promettent de «multiplier les actions» dans les douze mois prochains, «dans le but d'obtenir un nouveau plan de restauration de la population d'ours».

En attendant, et pour «lancer la mobilisation», deux pétitions sont mises en ligne. L'une présentée comme «classique». L'autre sous forme vidéo où «chacun peut dès maintenant se filmer en train de lire un texte adressé au Président de la République».

Les partisans de la poursuite de la réintroduction demandent entre autre: 1) des lâchers d'ours réguliers, prioritairement en Béarn, mais aussi dans les Pyrénées Centrales 2) une meilleure protection de son habitat 3) une politique volontariste de valorisation pour les populations locales de ce patrimoine naturel exceptionnel.

Soit, largement de quoi rallumer le feu de l'autre côté... Il n'est pas sûr que le président de la République se presse de leur répondre.

GLv.
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MessageSujet: La grande diversite nécessaire du plancton   Ven 22 Jan - 17:06

Parmi les plus petites des micro-algues qui appartiennent au groupe dit des haptophytes , une formidable diversité vient d'être mise en évidence dans les océans.

Les chercheurs des laboratoires de biologie marine de Roscoff et d'océanographie de Villefranche sur Mer (UPMC/CNRS), en collaboration avec les universités de Rutgers (Etats-Unis) et d'Ottawa (Canada), ont montré que ces micro-organismes photosynthétiques, extrêmement diversifiés et abondants, comptent parmi les plus importants producteurs de matière organique océanique. Leurs travaux viennent d'être publiés en ligne dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Les océans de la planète sont responsables de plus de la moitié de la production mondiale de matière organique grâce à l'activité de photosynthèse du phytoplancton (ou plancton végétal) marin. En effet, ces micro-organismes en suspension dans l'eau de mer interviennent dans le cycle du carbone en produisant de la matière grâce à la lumière du soleil. A la base de cette photosynthèse océanique, une nouvelle biodiversité est révélée par les chercheurs des stations marines de Roscoff et de Villefranche sur Mer (UPMC/CNRS).

Ces chercheurs ont résolu un paradoxe important en océanographie : l'omniprésence dans l'eau de mer d'un pigment photosynthétique (le 19'-hexanoyloxyfucoxanthin) dont la diversité des organismes porteurs restait insoupçonnée. Grâce à des protocoles génétiques originaux, ils ont identifié une multitude de micro-organismes portant ce pigment : des protistes du groupe des haptophytes.

Les protistes sont des organismes unicellulaires eucaryotes (avec un noyau) dispersés dans l'ensemble de la diversité du vivant. Ni bactérie, ni virus, ni plante, ni animal à proprement parlé, ils présentent une grande plasticité tant anatomique que physiologique. Les haptophytes forment une des lignées les plus anciennes de protistes. D'après les calculs, dans quelques litres d'eau de mer tropicale il y aurait plus de 1 000 espèces génétiques différentes de ces haptophytes d'une taille de 2 à 8 microns (ou millièmes de millimètres). Un bilan quantitatif de l'importance de leur pigment à l'échelle globale et au cours de l'année 2000 suggère que la biomasse de ces organismes serait jusqu'à deux fois plus importante que celle des cyanobactéries ou des diatomées, deux groupes de phytoplancton considérés classiquement comme les champions de la photosynthèse dans les océans.

Le succès de ces petites haptophytes pourrait résider dans le fait qu'en plus de se nourrir de lumière via la photosynthèse, elles mangent des proies bactériennes, de la matière organique ou des pico-protistes (protistes d'une taille de l'ordre de 1 à 2 microns) et complémenteraient ainsi leur régime alimentaire tout en se diversifiant.

Identifier la richesse et le fonctionnement de la biodiversité du plancton océanique est indispensable à la compréhension des régulations climatiques par le vivant. Dans ce contexte, les études sur les protistes marins font l'objet de nouveaux programmes de recherche coordonnés par les chercheurs CNRS de Roscoff, tels que BioMarKs (Biodiversity of Marine euKaryotes) sur les côtés européennes, ou Tara-Oceans, l'expédition scientifique autour du globe à bord du voilier Tara.
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MessageSujet: Les Espèces qui disparaissent en Méditerranée   Ven 22 Jan - 17:10

Les Espèces qui disparaissent en Méditerranée

Pour en savoir plus sur ces espèces qui disparaissent...

Méditerranée : y a-t-il des espèces qui disparaissent ?

mercredi 26 février 2003
par Professeur Charles-François Boudouresque , Vincent Gravez

Un peu partout dans le monde, sur terre comme en mer, des espèces disparaissent, du fait de l’homme. Et qu’on ne nous dise pas "c’est la loi de la nature, les dinosaures ont bien disparu" : la crise actuelle est sans commune mesure, par sa rapidité, avec ce qui s’est passé au cours des temps géologiques.

Ces espèces qui disparaissent

Les espèces qui disparaissent, on les localise volontiers en Amazonie, à Java, ou en Afrique. Pourtant, pour ce qui est des menaces sur la biodiversité, l’Amazonie commence à la sortie du Vieux-Port, c’est-à-dire à nos portes. Le Phoque moine et l’arapède géante ont disparu de notre littoral, des dizaines d’espèces y sont devenues si rares que leur avenir semble incertain. Parmi elles il y a des espèces qui sont étroitement associées à notre imaginaire affectif, sans que les menaces qui pèsent sur elles soient perçues en dehors du cercle restreint des spécialistes. Et que sait-on de l’immense cohorte des "sans grade", ces centaines d’espèces dont on ignore la situation, faute de données précises ? Car notre Méditerranée est peut-être plus mal connue que la face cachée de la Lune ...

La disparition d’une espèce est une perte irrémédiable, même quand on ne sait pas très bien en mesurer toutes les conséquences. C’est la disparition d’un élément de notre patrimoine commun, d’une oeuvre d’art en quelque sorte. C’est la disparition d’un maillon peut-être essentiel dans les mécanismes complexes et encore mal connus qui gouvernent la nature. C’est enfin, on le découvre aujourd’hui, une perte économique dont le coût sera payé à crédit, non seulement par nous même, mais par les générations à venir.

Tout est perdu ? non ! sous le charabia des Conventions internationales, le fatras des organismes nationaux et internationaux en charge de l’environnement, la langue de bois des déclarations d’intention et les textes de loi non appliqués, il n’est pas rare qu’émerge une petite lumière : il se passe quelque chose.

Les dinosaures ont disparu ...

Les disparitions d’espèces constituent un phénomène naturel. On considère qu’une espèce vit en moyenne 4 millions d’années. Au total, 2 milliards d’espèces auraient vécu sur le terre depuis l’origine de la vie, il y a 3.7 à 3.8 Ga [1].

Toutefois, dans l’histoire de la Terre, les disparitions d’espèces ne se sont pas produites régulièrement, mais avec des périodes de forte accélération ("crises") et de ralentissement. On a recensé 17 crises. Les crises les plus spectaculaires sont la crise de la fin de l’Ordovidien (438 Ma) [2], de la fin du Dévonien (370 Ma), de la fin du Permien (250 Ma ; la plus grave : 77 à 96% des espèces ont disparu), de la jonction Trias-Jurassique (215 Ma) et enfin la crise Crétacé-Tertiaire (65 Ma ; disparition du tiers de la biodiversité d’alors, dont les dinosaures).

On désigne sous le nom de paléo-extinctions les disparitions d’espèces naturelles, qui se sont produites au cours de l’histoire géologique de la terre.

L’homme est à l’origine d’une nouvelle crise

Cette nouvelle crise, due à l’homme, a commencé au Pléistocène ; les chasseurs du Paléolithique ont joué un grand rôle dans l’extinction d’une grande partie de la faune de Vertébrés ; cette action se poursuit, puisqu’au cours des 4 derniers siècles, il a disparu en moyenne une espèce de Vertébré tous les 2.7 ans.

Au total, 100 espèces disparaîtraient chaque jour. On estime que le rythme des extinctions est aujourd’hui 100 à 1000 fois plus rapide que le taux "naturel". Cette crise serait même, selon d’autres auteurs, la plus grave qu’ait connu la terre, avec un rythme d’extinctions 20 à 10 000 fois supérieur (selon que l’on se base uniquement sur les espèces effectivement connues, ou que l’on y ajoute les espèces qui restent à découvrir) à ce qu’il a été au cours des crises géologiques. Les extrapolations à partir des tendances actuelles aboutissent à une disparition de 5 à 15 % de l’ensemble des espèces du globe (y compris celles qui ne sont pas encore décrites) d’ici à 2020 ; certains écologistes avancent que la moitié des espèces (tout au moins dans certains groupes) pourraient disparaître d’ici la fin du 21° siècle.

On désigne sous le nom de néo-extinctions les disparitions d’espèces dues à l’homme.

Quelques définitions

On peut classer les espèces en cinq catégories : (i) éteintes (= disparues) ; on considère qu’une espèce est (probablement) éteinte quand elle n’a pas été revue depuis au moins 50 ans ; (ii) éteintes dans la nature (ne subsistent que dans des zoos, des jardins botaniques, des collections de graines, etc.) ; (iii) menacées (avec trois degrés : en danger, vulnérables, rares) ; (iv) en situation normale ; (v) insuffisamment documentées lorsque l’on ne dispose pas de données pour les placer dans l’une des catégories précédentes.

Les espèces menacées sont :
- en danger quand elles ont disparu d’une grande partie de leur aire d’origine et que leur effectifs sont réduits à un niveau critique. Elles sont menacées de disparition si les causes de leur déclin continuent d’agir.
- vulnérables si leurs effectifs ont fortement diminué.
- rares si leurs effectifs sont naturellement faibles, ou leurs stations naturellement très localisées, ce qui les expose à des risques : un petit nombre d’aménagements, des accidents (pollution) même localisés, peuvent en effet les faire passer rapidement dans la catégorie des espèces en danger.

Fig. 1 : La chouette géante de Crète Athene cretensis dépassait 60 cm de hauteur et ne pouvait pratiquement pas voler. Elle a disparu il y a environ 6 000 ans.

Sur terre ...

Dans le domaine continental, on sait de façon certaine que de nombreuses espèces ont disparu du fait de l’homme depuis le Paléolithique (grands herbivores, grands carnivores), ou plus récemment lors du peuplement des îles océaniques (oiseaux) ; par exemple, en France, 9 espèces de Vertébrés terrestres ont disparu. L’aurochs Bos primigenius était présent en Gaule à l’époque romaine ; le dernier aurochs est mort en Pologne en 1627. On peut citer également le lapin-rat de Corse, l’éléphant nain de Sicile et la chouette géante de Crète (Fig. 1, 2, 3).

Fig. 2 : L’éléphant nain de Sicile Elephas falconeri ne mesurait que 60 cm au garrot. Il a disparu il y a environ 2 500 ans.

Fig. 3 : Le lapin-rat Prolagus corsicanus vivait en Corse. Une espèce voisine occupait la Sardaigne. Les deux espèces, activement chassées depuis le Néolithique, ont disparu vers 1780.

... et en mer

Contrairement au milieu terrestre, on considère généralement que peu d’espèces ont disparu en milieu marin : la quasi-totalité des 588 espèces disparues du fait de l’homme [3] sont des espèces continentales. Le cas le plus spectaculaire en milieu marin est celui de la Rhytine de Steller Hydrodamalis gigas (Pacifique nord-américain ; Fig. 4) ; C’est également le cas d’une patelle qui vivait dans les herbiers de Zostera marina de l’Atlantique américain (Lottia alveus var. alveus), vue pour la dernière fois en 1929, de l’huître portugaise Crassostrea angulata, exterminée vers 1970 par une maladie, sans doute apportée du Japon par l’espèce introduite C. gigas, du phoque moine des Caraïbes (Monachus tropicalis) et des Mollusques Collisella edmitchelli, Littoraria flammea et Cerithidea fuscata). Pour ce qui concerne le phoque moine des Caraïbes, le massacre de 40 individus par une expédition scientifique, en 1886, aurait constitué le début de la fin.

Les animaux marins sont-ils invulnérables ?

Dans sa "Philosophie zoologique", LAMARCK écrivait, en 1809 : "Les animaux aquatiques, et tout spécialement les animaux marins (...) sont protégés de la destruction de leur espèce par l’homme. Leur multiplication est tellement rapide, et leurs moyens d’échapper à la poursuite ou aux pièges sont si grands, qu’il est invraisemblable que l’homme soit capable d’exterminer complètement l’une quelconque de ces espèces"

Fig. 4 : La Rhytine de Steller Hydrodamalis gigas, mammifère marin du Pacifique nord-américain. Ce paisible mammifère, pouvant mesurer 8 m de long et peser 9-12 t, se nourrissait d’algues. Découvert par l’explorateur russe Vitus BERING en 1741, activement chassé par les chasseurs de fourrure (pour fabriquer des canots avec sa peau), il avait disparu en 1768, soit 27 ans plus tard.

En Méditerranée, on ne connaît avec certitude qu’une espèce marine qui ait disparu, le grand pingouin Pinguinus impennis (Fig. 5) ; il y est connu par quelques ossements et par les peintures de la célèbre grotte Cosquer (Fig. 6), près de Marseille, datées d’il y a 18 000 à 19 000 ans ( [4]) ; dans l’Atlantique Nord, il a survécu jusqu’au 19° siècle ; c’était un oiseau de 70 cm de hauteur, chassé pour sa viande et pour sa graisse, assez facile à capturer ; il a disparu en 1844 .

Fig. 5 : Le grand pingouin Pinguinus impennis a disparu au milieu du siècle dernier.

Fig. 6 : Le grand pingouin Pinguinus impennis a vécu en Méditerranée. Peinture rupestre de la grotte Cosquer, près de Marseille, datant de 18 000 à 19 000 ans.

Le milieu marin est-il réellement moins vulnérable que le milieu continental ? ou bien tout simplement est-il beaucoup plus mal connu ? Il est à craindre que cette dernière explication soit la plus probable. Beaucoup d’espèces marines, qui n’ont pas été revues depuis des années ou des décennies, sont considérées comme "rares", sans que l’on sache si elles l’ont toujours été. Pour certaines d’entre elles, il est possible qu’on se rende compte un jour, mais trop tard, qu’elles sont en réalité au bord de l’extinction, ou même qu’elles ont déjà disparu.

Des espèces marines en danger

Quoi qu’il en soit, sans avoir encore disparu, de nombreuses espèces marines ont décliné de façon dramatique, et/ou disparu d’une partie de leur aire géographique.

Aux Comores (Anjouan et Grande Comore, dans l’Océan Indien), le Coelacanthe Latimeria chalumnae, qui n’y a du reste jamais été abondant, pourrait disparaître d’ici 10 à 20 ans ( [5]) ; il resterait moins de 200 individus pour ce qui concerne la Grande Comore, et il n’est pas sûr que le coelacanthe existe en dehors des Comores.

Il ne reste plus qu’un millier d’individus du Lamantin de Floride Trichechus manatus ; malgré les mesures de protection, le nombre d’individus tués par les hélices des bateaux (environ 80 individus/an) est supérieur aux naissances, et la population continue à décliner ; le Lamantin de Floride pourrait avoir disparu dans une trentaine d’années.

Les sirènes

La première description des lamantins de Floride, aujourd’hui en grand danger de disparition, date de 1493. Elle est l’oeuvre de Christophe COLOMB : "... les jeunes femmes des mers que nous apercevons chaque jour ont certes, dans leur visage, quelque chose d’humain ; mais elles ne sont en aucun cas aussi belles que sur les dessins qui les ont toujours représentées ...". Après quatre mois de navigation, et au soleil couchant, le lamantin parvenait donc à évoquer, dans l’imagination des marins, la sirène mythique ... mais ils n’en perdaient pas toute lucidité !

En Méditerranée également, un certain nombre d’espèces ont décliné et sont aujourd’hui en danger : le Phoque moine Monachus monachus ,le Marsouin Phocoena phocoena, l’arapède géante Patella ferruginea, etc. Le phoque moine Monachus monachus, le marsouin Phocoena phocoena, la tortue caouanne Caretta caretta (en tant que reproducteur) et le poisson lagunaire Aphanius iberus ont disparu des côtes françaises.

Fig. 7 : Le marsouin Phocoena phocoena était considéré comme commun au siècle dernier sur les côtes provençales. Il est devenu très rare en Méditerranée et a disparu, depuis la fin du 19° siècle, des côtes de France et d’Espagne.

Disparaître dans la notoriété : le Phoque moine

Les phoques moines sont, contrairement aux autres espèces de phoques, des phoques d’eaux tempérées ou chaudes Le Phoque moine de Méditerranée Monachus monachus (Fig. Cool est l’une des douze espèces au monde les plus menacées (avec la Baleine bleue, la Baleine franche, le Plataniste de l’Hindus, le Gorille de montagne, le Rhinocéros de Java, le Tigre, le Grand panda, l’Ours de l’Inde, etc.).

Fig. 8 : Le Phoque moine de Méditerranée Monachus monachus fréquentait le massif des calanques (Marseille) jusque dans les années 40.

Le phoque moine de Méditerranée était autrefois répandu dans toute la Méditerranée et la Mer Noire, ainsi que dans l’Atlantique de Gibraltar à la Mauritanie. Il a disparu des îles Canaries au début du 20° siècle. A la fin du 19° siècle, il occupait encore toutes les côtes françaises et espagnoles. La disparition de la colonie des îles d’Hyères (Var, France) date de 1935. Dans le massif des calanques (Marseille), les derniers phoques ont été tués par les pêcheurs vers 1945. Ils sont représentés sur les parois de la grotte Cosquer. En Espagne, le phoque moine a disparu dans les années 60. En Corse, les derniers individus ont été tués par les pêcheurs à Scandola (entre Calvi et Portu), vers 1975. Sur les côtes turques de la Mer Noire, il a disparu en 1987. C’est à la fin des années 80 qu’il a disparu de Sardaigne et de Tunisie.

Fig. 9 : Phoques moines harponnés, gravés sur les parois de la grotte Cosquer, près de Marseille, il y a environ 18 000 ans.

Au début des années ’70, les effectifs totaux du Phoque moine étaient estimés entre 500 et 1000 individus. En une vingtaine d’années, ils sont passés à environ 300 Bien que l’espèce soit légalement protégée, son déclin se poursuit presque partout. On ne peut malheureusement plus exclure que le Phoque moine disparaisse dans les premières décennies du 21° siècle. Pourtant, des moyens considérables sont maintenant mis en oeuvre, au niveau international, pour tenter de sauver cette espèce emblématique de la Méditerranée. Rien ne sert de courir, il fallait partir à point ...

Les causes de la disparition du phoque moine sont :
- La perte de l’habitat (aménagement du littoral, tourisme). Le territoire habituel d’un Phoque moine est d’environ 40 km².
- Le dérangement par l’homme (surtout en période de reproduction) ; en dehors de ces périodes, le Phoque moine tolère une présence humaine modérée ; il peut même s’avérer assez familier.
- La perte des ressources alimentaires du fait de la surexploitation des stocks par les pêcheurs ; or, c’est un plongeur moyen (guère plus de 30 m de profondeur) et un mauvais pêcheur.
- Quand il n’arrive plus à pêcher, le Phoque moine parasite les filets des pêcheurs, qui alors le tuent. Ces derniers ont toutefois tendance à lui attribuer toutes les déchirures de filets ; en réalité, sur 87 plaintes étudiés à Foça (Turquie), 20 au maximum étaient dus au Phoque moine, les autres aux dauphins, tortues, requins et surtout à l’accrochage contre des roches.

Disparaître en silence : l’Arapède géante

L’Arapède géante Patella ferruginea (Fig. 10) fournit l’exemple d’une espèce dont le déclin est passé inaperçu des scientifiques jusqu’à une époque récente, alors que ce déclin est peut-être irréversible.

Fig. 10. L’Arapède géante Patella ferruginea. C’est la plus grande arapède du monde, avec un diamètre qui peut atteindre 11 cm. Les jeunes se développent souvent (comme chez le spécimen représenté ici) sur la coquille des adultes ... et se font ramasser avec eux.

L’espèce vit un peu au dessus du niveau moyen de la mer, dans la zone de balancement des vagues et des marées, et est endémique [6] de Méditerranée occidentale. Elle a un comportement de "homing", c’est-à-dire qu’elle possède un lieu de repos fixe où elle revient toujours après ses déplacements alimentaires [7].

L’Arapède géante change de sexe au cours de sa vie : les individus sont d’abord mâles puis, vers 40 mm de diamètre, changent de sexe et finissent leur vie comme femelles

Son accessibilité et sa grande taille font de l’Arapède géante une victime privilégiée (consommation humaine, appâts pour la pêche) ; sa consommation par l’homme remonte d’ailleurs au Néolithique : on trouve ses coquilles dans de nombreux habitats préhistoriques. En outre, le fait qu’elle change de sexe au cours de sa vie fait que, dans une population où les plus grands individus sont récoltés, un des deux sexes (les femelles) peut manquer. Elle est aujourd’hui devenue très rare, très localisée (Corse, Algérie, Tunisie), et son déclin semble se poursuivre.

Le grand bataillon des espèces vulnérables

Un grand nombre d’espèces, sans paraître menacées de disparition à brève échéance, ont vu leurs effectifs diminuer, parfois s’effondrer, au moins dans une partie de leur aire géographique. On dit qu’elles sont vulnérables. Ce sont des Phanérogames comme la Posidonie Posidonia oceanica (Fig. 11) ; des algues comme la Cystoseire Cystoseira amentacea et l’algue calcaire Lithophyllum lichenoides, édificatrice du trottoir ; des Mollusques comme la Grande nacre Pinna nobilis (Fig. 12) ; des poissons comme le Mérou Epinephelus marginatus (Fig. 13) ; des Mammifères comme le

Fig. 11 : L’herbier de Posidonie Posidonia oceanica joue un rôle très important en Méditerranée. Sa régression a été considérable au voisinage des grandes agglomérations, en particulier à Marseille.

Fig. 12 : La Grande nacre Pinna nobilis est le plus grand coquillage de Méditerranée : elle peut atteindre 1 m de hauteur. Brisée par les ancres et par le passage des chaluts, ramassée par certains plongeurs pour sa valeur décorative, elle était devenue rare en France. Depuis 1992, la Grande nacre est protégée par la Loi, et son ramassage expose à de lourdes amendes.

L’attitude de l’homme envers les dauphins a bien changé !

Dans "La Provence des Pêcheurs", GOURRET (1894) écrivait à propos des dauphins Delphinus delphis et Tursiops truncatus qu’ils "engloutissent les poissons emmaillés et mettent ensuite les filets en pièces, causant ainsi des dégâts souvent très importants (...) La présence de ces animaux constitue donc un véritable fléau". Il explique leur prolifération par le fait que leur pêche, qui autrefois "se faisait sur une vaste échelle, aussi bien dans l’Océan que dans la Méditerranée" a été abandonnée par les pêcheurs qui ne la considéraient plus comme rentable ; "leur chair, quoique de mauvais goût, servait d’aliment et l’huile qu’on en retirait était employée à l’éclairage". Il remarque que "les primes offertes par les prud’homies de pêche, par les Conseils Généraux et par l’administration de la marine" pour la destruction des dauphins "n’ont pu secouer l’indifférence des pêcheurs, bien qu’ils soient les seuls capables d’enrayer un mal dont ils sont les premiers à souffrir. Ils préfèrent réclamer l’intervention de l’Etat". GOURRET passe ensuite en revue les moyens utilisés pour détruire les dauphins ; à La Ciotat, en Août 1893, on a pu détruire 80 dauphins avec de la dynamite ; un autre système, utilisé en 1891 à Marseille, consistait à introduire dans des maquereaux un cube de caoutchouc muni d’aiguilles d’acier maintenues par une ficelle ; dans l’estomac du dauphin qui les mange, la ficelle est détruite par les sucs digestifs, les aiguilles se déplient en croix, perforent l’estomac, et "déterminent rapidement la mort de l’animal" ; le harponnage est également préconisé. Au début du 20° siècle, le gouvernement français envoyait d’ailleurs régulièrement des torpilleurs de la Marine Nationale afin "d’exterminer ces animaux parasites" ...

Fig. 13 : Le Mérou Epinephelus marginatus était autrefois assez commun. En France, il a été décimé par les chasseurs sous-marins pour lesquels il était une proie relativement facile. La création d’espaces protégés où il peut se reproduire, et l’interdiction de sa chasse (depuis 1993) ont contribué à une reconstitution timide mais significative de ses populations.

Dauphin commun Delphinus delphis et le Rorqual commun Balaenoptera physalus (Fig. 14).

Les causes de la régression de toutes ces espèces sont multiples : la pollution, bien sûr, mais aussi l’aménagement du littoral, les chalutages (généralement illicites [8]), la surexploitation par la pêche, la chasse sous-marine, le ramassage en plongée [9], etc.

Fig. 14 : Le Rorqual commun Balaenoptera physalus est le plus grand Cétacé de Méditerranée : il peut mesurer plus de 20 m de longueur et peser jusqu’à 75 t. Ses effectifs en Méditerranée seraient de l’ordre de 4 000 individus, principalement localisés entre la Corse et la Côte d’Azur.

Ce qui est rare est menacé

Enfin, toute une série d’espèces sont menacées tout simplement parce qu’elles sont naturellement très rares. Rien n’indique, pour le moment, qu’elles aient régressé. Néanmoins, on ne peut pas ne pas être conscient du fait que les rares stations où elles existent sont à la merci d’un aménagement, d’un accident pétrolier, etc. C’est le cas par exemple de la curieuse algue verte Penicillus capitatus, en forme de balai, connue d’une dizaine de localités méditerranéennes seulement.

L’intérêt que l’on porte à ces espèces relève donc, en quelque sorte, d’une élémentaire précaution.

Mais pourquoi donc essayer de sauver les espèces menacées ?

La première raison qui conduit à protéger les espèces menacées est d’ordre éthique, mais il existe également des arguments écologiques et économiques, et il faut être conscient du fait que certains, parmi les décideurs, seront surtout sensibles à ces derniers.

Protéger une espèce, c’est considérer que la Terre n’appartient pas seulement à l’Homme, mais à toutes les espèces qui partagent une histoire commune depuis 3.8 milliards d’années. Protéger une espèce, c’est l’intégrer dans notre patrimoine, au même titre qu’un tableau de Goya, que le Palais des Papes ou que l’Abbaye Saint-Victor.

La disparition d’une espèce est sans doute l’impact le plus fort, le plus grave, car le plus irrémédiable, dont l’homme puisse être la cause. En effet, la plupart des autres impacts sont plus ou moins réversibles ; c’est le cas de la pollution : depuis la mise en service de la station d’épuration de la ville de Marseille, en 1987, on assiste en effet à une reconquête des zones dégradées.

Les espèces : un facteur de stabilité des écosystèmes

On considère que la biodiversité [10], c’est-à-dire la variabilité génétique d’une espèce (au sein d’une population et entre populations), la diversité des espèces d’un même niveau trophique et la diversité des écosystèmes constituent en quelque sorte des stratégies d’étalement des risques de disparition d’une catégorie face aux changements et aux perturbations de son environnement. A chaque niveau trophique, par exemple, il existerait toujours, grâce à la diversité des espèces, plusieurs solutions pour s’alimenter d’une part, transmettre son énergie au niveau trophique supérieur d’autre part.

Certaines espèces ont en outre, dans le fonctionnement des écosystèmes, un rôle très précis, même si ce rôle est encore inconnu.

Au total, protéger les espèces menacées en particulier, protéger la biodiversité en général, constitue la garantie du maintien des équilibres naturels.

Les espèces : une valeur économique sûre

Les conséquences économiques de la disparition ou de la raréfaction d’une espèce [11] peuvent être liées à :
- La disparition ou la raréfaction d’une ressource exploitable. Dans le golfe du Lion (France), le nombre d’espèces de poissons Sélaciens commercialisés est passé de 17 dans les années 50 à 13 dans les années 80, puis à 4 dans les années 90. Dans la région d’Alicante (Espagne), les herbiers à Posidonia oceanica détruits par le chalutage sont par exemple remplacés par des fonds de vase beaucoup moins productifs pour la pêche. Dans la Mer intérieure de Séto (Japon), la régression considérable des herbiers à Zostera marina [12] pourrait être à l’origine du déclin des pêcheries de crevettes, de crabes et de daurades, espèces qui dépendent de ces herbiers pour leur cycle biologique.
- L’écotourisme : le public se détermine de moins en moins en termes de soleil et de sable, et de plus en plus en fonction de la qualité des eaux (et du sable !), de la beauté des paysages et des activités annexes qui lui sont offertes. Les plongeurs souhaitent voir des gorgones, des poissons emblématiques comme le Mérou Epinephelus marginatus ou le Corb Sciaena umbra, des espèces rares, et non des boîtes de conserve sur fond de vase. En Méditerranée, où se concentre 1/3 du tourisme mondial, cet aspect des choses prend une importance croissante. Pour ne pas l’avoir compris, la Costa Brava et surtout la Riviera italienne voient aujourd’hui leur fréquentation décliner.

Un mérou vivant vaut 1000 fois plus qu’un mérou pêché





Dans le Parc National de Port-Cros (Var, France), où l’on estime que 500 plongeurs le voient chaque année, où le prix moyen d’une plongée est de 100 F, et où la durée de vie du Mérou est au moins de 20 ans, le rapport d’un Mérou vivant est de 500 x 100 x 20 = 1 000 000 F. Il s’agit d’un rapport minimal, intégrant simplement le prix de la plongée ; il faudrait y ajouter les retombées économiques indirectes (hébergement, restauration, etc.). Le même Mérou, s’il était pêché, rapporterait (15 kg en moyenne, 66F/kg) : 15 x 66 = 1 000 F, soit 1 000 fois moins.

- La biotechnologie (exploitation d’un gène particulier pour des hybridations, des greffes ou des GMO [13]. Par exemple, ce n’est qu’en 1979 qu’on a découvert, au Mexique, une nouvelle espèce de maïs sauvage, Zea diploperennis, qui résiste aux virus qui attaquent le maïs cultivé, Zea mais. Par hybridation, on a réussi à créer une variété cultivée résistante, avec des bénéfices économiques considérables ; or, cette espèce sauvage aurait tout aussi bien pu disparaître avant même d’avoir été découverte et décrite, comme cela se passe probablement très souvent.
- La pharmacologie. Un très faible pourcentage des espèces vivantes actuellement connues a été étudié pour y identifier les métabolites secondaires, et en analyser les propriétés. Ces substances chimiques bio-actives sont susceptibles d’utilisation pharmacologique ou agro-alimentaire. La majorité des nouveaux médicaments actuellement mis au point exploitent de telles substances. On vient par exemple de découvrir qu’une petite Légumineuse du Ghana, Millettia thonningii, contient dans ses graines un métabolite toxique pour les escargots Bulinus, qui sont le vecteur d’une très grave parasitose (la bilharziose) qui sévit en Afrique tropicale ; la bilharziose, une maladie de l’homme causée par le Schistosoma, entraîne des hémorragies parfois mortelles. A fortiori, les métabolites des millions d’espèces non encore découvertes et décrites sont inconnus.

Quelles armes pour sauver les espèces menacées ?

Pour sauver (ou tenter de sauver) les espèces menacées, il y a d’abord la Loi : la protection légale. Mais le milieu marin est le grand oublié de la protection légale. Alors que des centaines d’espèces de plantes terrestres, d’insectes, d’oiseaux, de Reptiles et de Mammifères sont protégées en France, seules 30 espèces marines le sont ; encore s’agit-il surtout des Mammifères marins. En dehors de ces derniers, on trouve 4 végétaux (dont la Posidonie Posidonia oceanica et la Grande zostère Zostera marina), un oursin (l’Oursin diadème Centrostephanus longispinus), 4 Mollusques (dont la Grande nacre Pinna nobilis et l’Arapède géante Patella ferruginea), un Crustacé (la Grande cigale Scyllarides latus) et une tortue (la Caouanne Caretta caretta).

Dans ce domaine, la France donne l’exemple : 12 espèces marines sseulement sont protégées en Espagne, 6 en Italie, 6 en Croatie, 4 à Chypre, 3 en Grèce.

Le milieu marin oublié : ce n’est pas nouveau ...

"Les mers doivent être libres pour l’usage légitime et le profit mutuel de tous. Elles ne peuvent pas être abîmées, et par conséquent n’ont pas besoin de protection "Extrait de Mare Liberum,de Hugo GROTIUS, publié en 1609

Au niveau international, il y a aussi tout un fatras de Conventions plus ou moins redondantes signées par les Etats [14]. Ces Conventions ne sont presque jamais "légalement contraignantes", de telles sorte que les Etats les signent assez volontiers ; ce sont plutôt des recommandations, parfois des exercices de langue de bois écologique.

Il y a surtout les espaces protégés : Parcs Nationaux (comme le Parc National de Port-Cros), Parcs naturels Régionaux (comme celui de Corse), Réserves Naturelles (comme celle de Cerbère-Banyuls, dans les Pyrénées-Orientales) [15]. Ces espaces protégés ont une importance capitale, dans la mesure où il ne servirait à rien de protéger des espèces si leur espace vital n’était pas protégé. Malheureusement, la surface des espaces protégés marins est dérisoire quand on la compare à la surface de leurs homologues terrestres. Pour l’ensemble des côtes françaises de la Méditerranée, leur surface totale est de 87 km² (soit un carré de 9 km de côté) ; si l’on considère la surface où la protection est forte [16], il ne reste que ... 4 km². Pour comparaison, dans la seule région PACA [17], la surface des bassins portuaires est de 8 km² et celle des endigages [18] de 21 km². Quant aux Parcs terrestres, la surface du Parc Naturel Régional de Corse est de 2 200 km² et celle du Parc National des Cévennes de 3 230 km².

Enfin, il y a la prise de conscience du public, c’est-à-dire de nous tous : petits gestes quotidiens, état d’esprit, acceptation des contraintes (minimes) que nécessite le respect de notre environnement ou engagement concret.

Sur ce dernier point, mais aussi sur les autres (protection légale, Conventions internationales), des progrès sont toutefois perceptibles. Ce n’est peut-être pas encore une inversion de tendance, mais il est clair "qu’il se passe quelque chose". Juste une petite lumière, celle de l’espoir ; de la vie.
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MessageSujet: 17000 espèces menacées   Mer 27 Jan - 16:36

iodiversité : état des lieux
D. Sabo

Au total, quelques 17 000 espèces animales, soit près de 38% sont menacées de disparition sur la planète.
Selon la "liste rouge" de l’Union mondiale pour la nature (UICN) qui surveille actuellement 44.838 espèces, cela représente un amphibien sur trois, un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit. 3.246 espèces se retrouvent dans la catégorie la plus critique.

La biodiversité de la mer

Elle est bien plus riche que celle de la terre. La faune et la flore marines ont en effet développé une grande variété de stratégies de survie qui leur procure des propriétés particulières. Mais elle reste mal connue.
Recenser la biodiversité des océans est l’objectif que se sont fixés 2000 chercheurs de 80 pays dans le cadre du projet CoML. 38 000 espèces marines ont déjà été décrites dans cette base de données. Et ce n’est pas fini. A l’issue du recensement, prévue pour 2010, le nombre d’espèces répertoriées pourrait atteindre un million. En attendant de nombreuses espèces sont menacées.
« Les espèces les plus couramment pêchées actuellement pourraient n’être plus qu’un souvenir en 2048, si la dégradation des milieux marins et la surpêche se poursuivent au même rythme effréné qu’actuellement ». Malgré le choc qu’il a suscité auprès du grand public, ce sinistre constat, établi en 2006 par une équipe de quinze océanographes et économistes de renom, (Erik Stokstad. « Global Loss of Biodiversity Harming Ocean Bounty ». Revue Science. November 2006), n’a pas étonné grand monde au sein des familiers de l’espace marin. Mais l’écho qui en a été fait a peut-être amorcé le début d’une prise de conscience auprès des grands publics.

Les chiffres parlent d’un pourcentage de 29 % d’espèces marines en train de s’effondrer. (On parle d’effondrement lorsqu’une espèce marine a vu ses quantités pêchées réduites d’au moins 90%, faute de renouvellement suffisant). La disparition d’une seule espèce déséquilibre l’ensemble de son écosystème, mettant en péril ses autres occupants qui sont interdépendants. Autant de stocks de poissons au bord du dépeuplement et parfois déjà éteints dans certaines zones

Au rythme où se jettent les filets, la survie de certaines espèces n’est pas assurée pour les prochaines décennies. Une espèce sur trois est menacée de disparition. On songe aux thons rouges, aux morues de Terre-Neuve, aux anchois du Pérou, aux mérous du Sénégal, aux empereurs, aux églefins, aux flétans, aux carrelets, aux lieus, aux merlus…la liste est longue. Autant de stocks de poissons au bord du dépeuplement et parfois déjà éteints dans certaines zones. Côté récifs coraliens, le bilan est inquiétant. Selon l’Initiative internationale pour les récifs coralliens, 15% des coraux risquent de disparaitre dans les 20 prochaines années, 54 % d’entre eux sont menacés.

Oiseaux

Sur les 9913 espèces d’oiseaux décrites au monde, 1186 d’entre elles, soit 12 % sont considérées comme menacées.
La raréfaction des espèces ne touche pas que les oiseaux rares. Même le moineau domestique montre des signes de régression, surtout dans les zones rurales. Selon l’UICN, la première cause de disparition des oiseaux est la perte et la dégradation des habitats (1008 sur les 1186 espèces menacées, soit 85 %).
Ensuite vient l’exploitation directe des espèces : chasse, mise en captivité (367 espèces, soit 31 %) et la prédation ou la compétition avec des espèces introduites directement ou indirectement par l’homme (chat, rat, porc, serpent). 298 espèces soit 25 % sont concernées par cette cause. Ces oiseaux sont menacés directement par la pression démographique de l’homme qui s’implante de plus en plus sur leurs territoires et par l’introduction volontaire ou involontaire de prédateurs.

Mammifères

22% des mammifères sont en danger d’extinction. Sur les 5.487 espèces recensées sur la planète, 1.141 sont gravement menacées.
Au cours des cinq derniers siècles, 76 mammifères se sont définitivement éteints. Mais certaines actions récentes montrent que la tendance pourrait être inversée, du moins pour certaines espèces : 5% des mammifères actuellement menacés montrent des signes de rétablissement à l’état sauvage, notamment suite à des efforts de réintroduction.

Forêts

La disparition progressive des forêts du globe, qui constituent le poumon de la planète, se poursuit, avec de lourdes conséquences sur le climat et sur la biodiversité.
Plus de 70 % des espèces de plantes, d’insectes, de reptiles et d’arbres de notre planète se trouvent dans les tropiques. En Guyane, par exemple, il y a 5 fois plus d’espèces d’arbres que dans toute l’Europe.
Cette déforestation dont 80% est illégale ajoute près de 2 milliards de tonnes de carbone à l’atmosphère chaque année. Cela représente 25 pour cent de toutes les émissions de dioxyde de carbone (CO2). Les plus touchées sont les forêts tropicales qui constituent un véritable réservoir biologique encore à découvrir puisque sur les 10 à 20 millions d’espèces animales et végétales que compterait la terre, seules 1 million ont été aujourd’hui identifiées.
La destruction de l’Amazonie a augmenté de 228% en août, comparé au mois d’août 2007, selon un rapport de l’Institut national brésilien pour la recherche spatiale. Quelque 756 kilomètres carrés de forêt tropicale ont ainsi été rayés de la carte en août, contre 230 kilomètres carrés en août 2007.

Un des grands responsables du déboisement est le secteur des agrocarburants dont le développement est vorace en surfaces, au détriment du respect des écosystèmes. Au Brésil, les plantations de soja empiètent de plus en plus sur la forêt amazonienne. Entre 1985 et 2000 le développement des plantations de palmiers a été responsable de 87% de la déforestation en Malaisie. L’Indonésie, elle, a perdu 72% de sa surface forestière primaire.
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MessageSujet: Les chiffres prouvent que la planète connaît actuellement sa 6 e extinction mondiale des espèces, cette fois-ci entièrement causée par l’activité humaine : le rythme de la disparition des espèces est mille fois supérieur à ce qu’il était avant l’apparitio   Ven 5 Fév - 16:27

Jean-Christophe Vié, vous êtes directeur adjoint du programme sur les espèces de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, principale association mondiale de protection de l’environnement).

Comment jugez-vous la situation actuelle de la biodiversité ?

Alarmante.

Les chiffres prouvent que la planète connaît actuellement sa 6 e extinction mondiale des espèces, cette fois-ci entièrement causée par l’activité humaine : le rythme de la disparition des espèces est mille fois supérieur à ce qu’il était avant l’apparition de l’homme.

Notre liste rouge documente le statut des espèces animales et végétales les plus faciles à identifier dans la biodiversité : sur les 45 000 espèces les mieux connues, 17 000 sont menacées. Si on extrapole au nombre total d’espèces, soit au moins 1,8 million, ce sont probablement des centaines de milliers qui peuvent s’éteindre. Au-delà du danger guettant quelques populations résiduelles – le vison d’Europe, le rhinocéros noir, le poisson scie…

C’est la disparition en masse qui est inquiétante.

Quelles en sont les causes ?

L’apparition d’espèces invasives, la chasse ou la pêche excessive, la destruction des habitats naturels et le changement climatique. Cela provoque des effets en chaîne. Prenons l’exemple des coraux. Un tiers des espèces pourrait disparaître à cause des dynamitages pour construction, ou du réchauffement de la planète. Cela acidifie les océans, et les coraux meurent. Les poissons qui se nourrissaient grâce à eux disparaissent, les populations locales n’ont plus de quoi pêcher et les touristes ne viennent plus plonger.

Si en 2002, la communauté internationale s’est fixée pour objectif de stopper la disparition de la biodiversité en 2010, ce n’était d’ailleurs pas pour des raisons éthiques ou esthétiques : elle a reconnu que la lutte contre la pauvreté et la survie de l’espèce humaine dépendaient de celle de la nature.

« Aux citoyens de faire pression »

Mais cet objectif n’a pas été atteint. Pourquoi ?

On ne s’en donne pas les moyens. Cela fait pourtant des années que des gens de tous bords tirent la sonnette d’alarme. Mais ni les scientifiques, ni les millions de réfugiés climatiques n’ont été écoutés à Copenhague…

Les gouvernements ne peuvent toutefois pas tout faire : aux citoyens de faire pression sur les entreprises et les politiques. D’où l’intérêt pédagogique de cette «année de la biodiversité».

Comment agir ?

Les forêts primaires d’Asie sont coupées pour planter des palmiers. Les consommateurs doivent s’assurer de ne pas cautionner cela, en évitant l’huile de palme ou les agrocarburants, et en refusant d’acheter du bois exotique, ou des produits en bois non certifiés du label FSC.

On doit moins manger de viande, car l’élevage contribue à la déforestation partout dans le monde, ou de saumon. L’élevage des saumons exige beaucoup de poissons pour les nourrir.
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MessageSujet: la liste des papillons, libellules et coléoptères menacés de disparition en Europe   Dim 21 Mar - 17:48

L’Union mondiale de la nature publie pour la première fois la liste des papillons, libellules et coléoptères menacés de disparition en Europe Libellules, papillons et coléoptères font partie des espèces emblématiques de la diversité et du bon état des milieux naturels.

Les trois listes rouges les concernant publiées aujourd’hui par l’Union mondiale de la nature (UICN), à la demande de la Commission européenne, font état de leur déclin: 22 des 134 espèces de libellules (16%), 57 des 407 espèces de coléoptères inféodés au bois mort (14%) et 30 des 421 espèces de papillons (7%) sont menacés d’extinction dans l’Union européenne. Ces listes s’ajoutent aux précédentes qui avaient établi, entre autres, que 23% des amphibiens et 19% des reptiles étaient menacés.

Or échouer sur la liste rouge des espèces menacées constitue l’étape ultime de la reconnaissance d’une menace pour l’espèce. « Il faut pour qu’il y ait reconnaissance de la menace que le déclin ait été d’au moins 30 % sur dix ans », précise Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du programme sur les espèces de l’UICN.

L’organisation, qui a érigé le système d’évaluation reconnu à l’échelle planétaire, ajoute à son tableau de chasse européen 18 espèces de libellules, 47 de papillons et 56 de coléoptères dont le recul annonce un classement à venir en espèces menacées. Enfin, elle ne se prononce pas sur le sort de 3 espèces de libellules, 4 de papillons et 94 de coléoptères, faute de données suffisantes.

Les papillons succombent aux pratiques agricoles intensives

Le continent européen, qui est le plus urbanisé de la planète, a les paysages les plus fragmentés et la plus faible proportion d’espaces naturels restés sauvages.

L’UICN rappelle que plus de 80 % des superficies d’Europe de l’ouest sont des territoires soumis à un mode de gestion et qu’en conséquence les espèces européennes dépendent d’habitats semi-naturels, créés et entretenus par l’homme. Or ces habitats, soumis à de très fortes pressions d’étalement urbain, d’agriculture intensive, mais aussi d’eutrophisation, d’acidification des milieux, ou encore de désertification, sont peu favorables au maintien des espèces

« On dit souvent que la forêt d’Europe s’étend, mais en raison de la sylviculture et de la monoculture, de très nombreuses superficies forestières ne s’apparentent plus que de très loin à de la forêt. Ce sont des "forêts vides" », explique Jean-Christophe Vié.

Des forêts devenues hostiles aux coléoptères, qui se nourrissent de bois mort, et des forêts de plus en plus souvent en proie aux flammes. De même, l’assèchement des zones humides et la surexploitation des ressources en eau ont raison des libellules, quand les papillons, eux, succombent aux pratiques agricoles intensives.

Responsabilité déterminante de la France

La lecture des rapports révèle que la politique européenne de protection de la biodiversité – l’Europe s’était engagée, en 2001, à enrayer l’érosion de la biodiversité en 2010 – recèle de très nombreuses lacunes. Ainsi seulement trois des 22 espèces de libellules figurant sur la liste rouge sont inscrites dans les annexes de la directive Habitat, soit l’annexe 2 qui impose de désigner une zone Natura 2000, soit l’annexe 4 qui impose une protection stricte de l’espèce. De même, seulement douze espèces de papillons et dix de coléoptères bénéficient d’une protection légale.

Autre enseignement majeur de ces rapports : la responsabilité déterminante de la France qui accueille par exemple 58% des espèces de coléoptères (seule l’Italie fait mieux avec 63%) et qui est aussi terre d’accueil privilégiée des libellules et papillons dont la plus grande diversité se trouve notamment dans les Alpes et les Pyrénées.

Marie Verdier
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MessageSujet: Biodiversité : l'érosion continue   Ven 30 Avr - 14:47

Biodiversité : l'érosion continue
30 avr
2010


Oiseau menacé inde Un article publié par Science Express hier montre que l'érosion de la biodiversité n'a pas été ralentie malgré la promesse faite en 2002 par les principaux dirigeants politiques de la planète.

A l'époque, ils s’étaient réunis lors de la Convention sur la diversité biologique et avaient promis de ralentir la vitesse de la perte en biodiversité dans le monde en 2010.

Cette nouvelle étude qui utilise le cadre défini par la Convention montre que ce but n’a pas été atteint et que les pressions auxquelles doit faire face la biodiversité terrestre continuent d’augmenter.

Elle a été conduite par Stuart Butchart (de BirdLife international) et 45 autres scientifiques qui ont compilé 31 indicateurs spécifiques, dont le nombre d’espèces, la taille des populations, la vitesse de déforestation et les efforts de sauvegarde de la nature en cours dans le monde. Parmi les scientifiques impliqués on relève Daniel Pauly (spécialiste de biologie marine).

Les chercheurs ont produit ces indicateurs avec les données mondiales couvrant la période de 1970 à 2005 et ils ont trouvé qu’ils étaient en déclin alors que les indicateurs de pression sur la biodiversité mondiale (destruction d'habitats, invasion d'espèces, pollution chimique, surexploitationd des ressources et impacts du changement climatique) étaient à la hausse. Malgré des succès locaux dans certaines régions du monde, notamment sur des îles protégées, cette étude ne trouve aucun indice d’un ralentissement de la perte de biodiversité au cours de ces dernières années.

Cette méta-analyse menée à très grande échelle ne rentre pas dans les détails mais indique plutôt une tendance générale des politiques menées et des évolutions mesurables. Son apport majeur est de souligner que si les discours officiels et les textes se sont multipliés ces dernières années sur le thème de la biodiversité et de la nécessité de la protéger, la tendance à la destruction est toujours à l'oeuvre et n'a pas été même ralentie. Les indicateurs sur l'aménagement des rivières ou la fragmentation des forêts montrent que l'artificialisation des territoires atteint des niveaux très élevés et se poursuit en parallèle avec l'augmentation des populations, l'extension des zones urbaines et cultivées.

Autrement dit, que tout est en place... pour que ces phénomènes s'accentuent encore à l'avenir en particulier dans les régions tropicales où la croissance démographique est la plus forte et où les besoins économiques sont les plus intenses.

Il existe tout de même quelques indications positives. Par exemple sur les populations d'oiseaux aquatiques en Amérique du Nord et en Europe... mais elles restent très en deça de leurs niveaux historiques. Au moins 16 espèces d'oiseaux en très grand danger d'extinctions ont été sauvées par des actions de conservations depuis 1996. A plus large échelle, la diminution de la vitesse de destruction de la forêt amazonienne au Brésil, passée de 2,8 millions d'hectares par an en 2003/2004 à 1,3 million en 2007-2008. Ou l'existence d'aires protégées sur environ 30 millions d'hectares de part le monde (aires marines comprises).
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MessageSujet: La flore de la Réunion : un patrimoine qui s’amenuise   Lun 20 Déc - 16:23

La flore de la Réunion : un patrimoine qui s’amenuise

Dans le cadre de la réalisation de la Liste rouge des espèces menacées en France, le Comité français de l’UICN (1), le Muséum national d’Histoire naturelle, la Fédération des conservatoires botaniques nationaux et le Conservatoire botanique national de Mascarin ont dressé un état des lieux de la flore « vasculaire » (plantes à fleurs et fougères) de l’île de la Réunion. Au total, 905 espèces indigènes de fougères et de plantes à fleurs de La Réunion ont été observées.
Loin d’être encourageant, ce bilan a démontré que 49 espèces végétales (5,4 %) ont déjà disparu de l’île, 275 autres (30,4%) étant actuellement jugées menacées. Les principales causes de cette raréfaction des espèces végétales réunionnaises sont la destruction et la dégradation des habitats naturels. Le développement urbain et agricole est ainsi responsable de la disparition progressive de nombreuses espèces, à l’instar du Bois de lait (Tabernaemontana persicariifolia), arbuste de la zone littorale classé « En danger critique d’extinction ».

Outre l’impact direct des activités humaines, la flore réunionnaise est également confrontée à l’invasion d’espèces végétales introduites, lesquelles dégradent la plupart des milieux naturels. Plus de 100 espèces introduites représentent ainsi une menace pour la flore locale. Figurent parmi celles-ci le Goyavier ainsi que la Liane papillon, cette dernière affectant « les derniers vestiges de la forêt semi-sèche » et menaçant des espèces comme l’arbuste le Bois de chenilles (Clerodendrum heterophyllum) », classé « En danger critique d’extinction ».

Enfin, certaines espèces de plantes font l’objet d’une forte pression de prélèvement. De fait, de par leur beauté, plusieurs espèces d’orchidées présentent un intérêt commercial, comme le Petit Muguet (Beclardia macrostachya) ou le Gros Faham (Cryptopus elatus), tous deux « Quasi menacés ». Bien que classé « Vulnérable », le Bois de ronde (Erythroxylum
sideroxyloides) est braconné pour les vertus thérapeutiques de son écorce.

Des actions de conservation ont été mises en place pour protéger ce patrimoine unique, lequel recense quelques 237 espèces végétales endémiques, qui ne se rencontrent nulle part ailleurs. Toutefois, à l’heure actuelle, 82 d’entre elles, soit 35 %, sont d’ores et déjà considérées comme menacées.
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MessageSujet: MAINTENANT C'EST AU TOUR DES CRIQUETS   Dim 16 Jan - 16:02

MAINTENANT C'EST AU TOUR DES CRIQUETS
Postée le 15/01/2011 à 14h18



Titre original : des oiseaux, des poissons morts, la disparition des abeilles, des bourdons... maintenant c'est au tour des criquets!

La survie des reptiles est forcément mise en péril par la disparition de leur nourriture de base, les criquets...

Un virus a tué des millions de criquets, créant ainsi une pénurie au niveau de l'alimentation des reptiles de compagnie et ceux qui sont détenus dans des zoos, au point tel où les magasins pour animaux d'Amérique du Nord connaissent une pénurie de nourriture pour les reptiles.

Certains magasins ont dû faire faillite et d'autres ont fermé indéfiniment jusqu'à ce qu'ils puissent éliminer le virus de leurs installations. Des fermes de criquets ont commencé, dans les années 1940, à en faire l'élevage pour la pêche, mais les ventes sont désormais destinées aux entreprises de fournitures pour animaux et aux propriétaires de zoos.

Le virus a touché d'abord les fermes Européennes en 2002. Ensuite, il a été remarqué aux États-Unis et au Canada en 2009.

Au cours des 8 derniers mois, le "US Geological Survey National Wildlife Health Center" a enregistré la mortalité massive de 95 espèces sauvages en Amérique du Nord et c'est probablement une sous-estimation selon les experts:

La liste comprend:

- 900 urubus à tête rouge qui semblait se noyer et mourir de faim en Floride

- 4300 canard tués par des parasites dans le Minnesota

-1500 salamandres tuées par une virus dans l'Idaho

- 2000 chauves-souris sont mortes de la rage au Texas

- 2750 oiseaux de mer en Californie

Une liste exhaustive sera affichée sur ce site dans les prochains jours avec l'affichage de toutes les sources médiatiques qui annoncent les faits liés aux morts. Une autre liste, publiée par le "National Wildlife Health Center", l'autorité dans le domaine, sera aussi publiée pour démontrer que la plupart des récentes morts d'oiseaux, de poissons, de crabes, etc., ne sont pas répertoriées en date du 7 janvier 2011... Étrange!
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MessageSujet: Le blé va-t-il chasser les animaux ?   Sam 29 Jan - 16:57

Le blé va-t-il chasser les animaux ?
samedi 29 janvier 2011

Les difficultés des filières d'élevage pourraient inciter de nombreux agriculteurs à s'orienter vers les céréales.
Marc Ollivier
Question soulevée à la conférence sur l'avenir de l'agriculture, à Ploufragan (1). Les céréales sont très chères et la viande est payée au ras des pâquerettes.

« À cause de la flambée des prix des céréales, les plus grandes exploitations se posent la question du maintien de leur activité d'élevage », s'inquiète René Louail, élu Europe Écologie ¯ Les Verts --¯ à la Région. Avec 60 autres personnes, il a participé, jeudi, à la 6e et dernière conférence sur l'avenir de l'agriculture en Bretagne organisée par le Forum des savoirs au zoopôle de Ploufragan.
Olivier Allain, président de la Chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor, partage cette crainte. « Le prix du blé a été multiplié par trois et, en plus, les zones de grandes cultures perçoivent des aides Pac pas vraiment utiles. En Bretagne, les élevages n'ont ni les prix, ni les aides publiques, ni la solidité de grandes structures. À un moment donné, on va dans le mur ».

Le recul de l'élevage pourrait satisfaire certains écologistes. Ils oublient que le retournement des prairies relarguerait beaucoup de carbone dans l'atmosphère. Pas la meilleure façon de lutter contre le réchauffement climatique. L'impact serait rude également pour l'emploi en agriculture, les grandes cultures nécessitant beaucoup moins de main-d'oeuvre, et dans les filières d'abattage et de transformation des viandes.

Ce scénario du pire ne sera peut-être pas écrit si les éleveurs arrivent à répercuter les hausses de leurs charges sur le produit final vendu au consommateur. C'est tout l'objet du combat mené actuellement par les éleveurs de porcs face à la grande distribution.

Face à la forte volatilité des prix des céréales, des engrais et des énergies, les agriculteurs doivent davantage anticiper les mouvements erratiques du marché. Pierre Guérin, coordinateur de l'association TerrEthique (1), pointe du doigt « la faiblesse de la veille économique » dans notre région. Dans les Côtes-d'Armor, à peine 20 % des exploitants participent aux sessions de formation continue. « On fait beaucoup de pub autour et malgré, tout ça ne décolle pas », regrette Olivier Allain.

Protéger des terres

Outre la formation, l'avenir passe par la protection des terres. « L'agriculture française perd 230 ha par jour, rappelle Loïc Cauret, président de Lamballe Communauté. À Paimpol, les agriculteurs interpellent les élus car ils se demandent où ils pourront cultiver leurs légumes, au rythme où vont les constructions de lotissements et de routes ».

Autre sujet : la qualité. La Bretagne produit des denrées de qualité, mais manque de labels. « Il faudrait glisser un peu de la production vers le haut de gamme, estime Gilles Salvat, patron de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail) de Ploufragan. Mais on aura toujours besoin des volumes. »

(1) On peut retrouver l'intégralité des débats sur www.agriculturededemain.fr

(2)Terrethique.org Sur ce site, de nombreuses réflexions sur la place de l'agriculture et de l'alimentation en ce début de XXIe siècle.
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MessageSujet: 40 ESPECES DE POISSON EN DANGER EN MEDITERRANEE   Ven 29 Avr - 16:06

40 ESPECES DE POISSON EN DANGER EN MEDITERRANEE

Postée le 29/04/2011 à 14h55



Plus de quarante espèces de poissons en Méditerranée risquent de disparaître ces prochaines années en partie en raison de la surpêche, selon la première étude de l'Union mondiale pour la nature (UICN) pour la région publiée lundi.

"Sur les 519 espèces et sous-espèces de poissons marins indigènes inclus dans cette évaluation régionale, pus de 8% (43 espèces) ont été classées dans les catégories menacées (en danger critique, en danger ou vulnérable)", explique le rapport de l'UICN.

"Parmi les 15 espèces les plus menacées (en danger critique), 14 sont des requins et des raies", poursuit le document. De même, parmi les 13 espèces considérées "en danger", 9 sont des requins et des raies. Et parmi les 15 espèces répertoriées comme "vulnérables", 8 sont des requins et 7 appartiennent à la famille des poissons osseux.

Les pêcheurs en cause

Dans son étude, l'UICN explique que "l'utilisation d'engins de pêche, comme les lignes de pêche, les filets maillants de fond ou le chalutage, et l'utilisation illégale de filets dérivants impliquent que des centaines d'animaux marins sans valeur commerciale sont capturés".

En conséquence, ces pratiques menacent "de nombreuses espèces de requins, raies et autres poissons, ainsi que d'autres animaux marins dont les dauphins, les baleines, les tortues et les oiseaux".

Thon rouge

"La population du thon rouge (Thunnus thynnus) en Méditerranée est particulièrement préoccupante. Il y a eu une baisse d'environ 50% du potentiel de reproduction de cette espèce au cours des 40 dernières années", a déploré le coordonnateur du rapport, Ken Carpenter.

"Le manque de conformité avec les quotas actuels (de pêche) combinée avec la sous-déclaration généralisée des captures peuvent avoir sapé les efforts de conservation de cette espèce en Méditerranée", a-t-il critiqué.

Très prisé pour les sushis, le thon rouge a été longtemps surpêché, selon les scientifiques. Sa pêche reste néanmoins très lucrative: un thon rouge d'environ 342 kilos a ainsi été vendu en janvier au prix record de près de 300.000 euros à Tokyo.



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