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 Biodiversité en danger

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MessageSujet: Biodiversité en danger   Ven 16 Mai - 7:48

La biodiversité a chuté de près d'un tiers dans le monde au cours des 35 dernières années, principalement en raison de la destruction des habitats et du commerce d'espèces sauvages, déclare le World Wide Fund for Nature (WWF).

(Publicité)
"La biodiversité traduit la santé de la planète et a un impact direct sur toutes nos vies, de sorte qu'il est alarmant qu'en dépit d'une conscience accrue des questions d'environnement, nous continuions à assister à une tendance à la baisse", a déclaré Colin Butfield, du WWF.

"Cependant, il y a de petits signes d'espoir et si le gouvernement saisit ce qui reste de cette occasion fugace, nous pouvons commencer à inverser la tendance", a-t-il ajouté.

Le WWF a dressé une liste de quelque 4.000 espèces d'oiseaux, de poissons, de mammifères, de reptiles et d'amphibiens. Elle montre qu'entre 1970 et 2007, les espèces terrestres ont diminué de 25%, les espèces marines de 28% et les animaux vivant en eau douce de 29%.

Le nombre d'espèces d'oiseaux marins a chuté de 30% depuis le milieu des années 1990.

La publication du rapport intervient à quelques jours de la réunion, la semaine prochaine à Bonn, des Etats membres de la Convention de l'Onu sur la diversité biologique afin d'étudier les moyens de sauver la flore et la faune menacées par les activités humaines.

Les scientifiques soulignent que la majeure partie des aliments et des médicaments provient de la nature et notent que la réduction du nombre d'espèces met la survie des humains en danger.

"La réduction de la biodiversité signifie que des millions de personnes seront confrontées à un avenir où les approvisionnements en nourriture seront plus vulnérables aux parasites et aux maladies et où l'approvisionnement en eau sera irrégulier ou insuffisant", a noté James Leape, directeur général du WWF.

"Personne ne peut échapper à l'impact de la perte de biodiversité parce qu'une réduction de la biodiversité mondiale se traduit par moins de nouveaux médicaments, une plus grande vulnérabilité aux catastrophes naturelles et des effets accrus du réchauffement climatique".
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MessageSujet: Le déclin de la biodiversité a un rythme alarmant dans le monde   Mer 21 Mai - 15:47

16/05/2008 (Par Sandra BESSON)

La biodiversité décline très rapidement dans le monde

Le rythme du déclin de la biodiversité dans le monde est alarmant et est un élément très inquiétant pour l'avenir de l'homme sur Terre, ce dernier dépendant largement de la biodiversité pour se nourrir, se soigner et survivre.

La biodiversité du monde a décliné de presque un tiers au cours des 35 dernières années à cause principalement de la perte de l’habitat et du commerce de la faune et de la flore, d’après les déclarations du World Wide Fund, WWF vendredi.

Le groupe a indiqué que le changement climatique serait un facteur important de déclin pour la faune et la flore au cours des trois prochaines décennies dans le monde.

« La biodiversité soutient la santé de la planète et a un impact direct sur l’ensemble de nos vies c’est pourquoi il est alarmant que malgré une compréhension de plus en plus grande des questions d’environnement nous continuons à voir une tendance de déclin dans le monde » a indiqué le directeur des campagnes du WWF Colin Butfield.

« Cependant, il y a des signes d’espoir et si les gouvernements saisissent ce qu’il reste de cette fenêtre d’opportunité qui se ferme rapidement, nous pouvons commencer à inverser la tendance » du déclin de la biodiversité.

L’indice Living Planet Index du WWF surveille 4000 espèces de poissons, d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens dans le monde. Il montre qu’entre 1970 et 2007, les espèces terrestres ont connu un déclin de 25%, les espèces marines de 28% et les espèces d’eau douce de 29%.

Les espèces d’oiseaux de mer ont chuté de 30% depuis le milieu des années 1990.

Le rapport du WWF a été publié juste avant un meeting à Bonn qui aura lieu la semaine prochaine et qui regroupera les états membres de la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique pour essayer de découvrir comment sauver la biodiversité du monde qui est actuellement sous la menace des activités des hommes.

Certains scientifiques considèrent que le déclin actuel des plantes, des animaux et des insectes est le commencement de la sixième grande extinction d’espèces de l’Histoire de la planète Terre, la dernière ayant eu lieu à l’âge des dinosaures qui ont disparu il y a 130 millions d’années.

Les scientifiques soulignent que la plupart des médicaments et des aliments utilisés dans le monde proviennent de la nature et de ce fait, le déclin des espèces met les êtres humains en danger.

« La réduction de la biodiversité signifie que des millions d’espèces sont confrontées à un avenir où les réserves de nourritures seront plus vulnérables aux vermines et aux maladies et où l’eau ne sera pas illimitée » a indiqué le directeur général du WWF James Leape.

« Personne ne peut échapper à l’impact de la perte de biodiversité parce que la réduction de la diversité mondiale engendre assez clairement une réduction de nouveaux médicaments, une plus grande vulnérabilité aux catastrophes naturelles et des effets plus importants du changement climatique ».

Le directeur du Kew Gardens en Grande-Bretagne a comparé le mois dernier la biodiversité –l’éventail de plantes et d’animaux qui vivent sur la planète- à un institut de contrôle de la santé du monde.

« Les premiers secours vérifient toujours les voies respiratoires, la respiration et la circulation d’un patient pour voir si un de ces éléments nécessite une attention immédiate » a déclaré Stephen Hopper.

« La biodiversité correspond à ce genre de premiers secours pour la vie sur terre et elle est en grand danger » a-t-il ajouté.

http://www.actualites-news-environnement.com:80/15963-biodiversite-declin-planete.html
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MessageSujet: Déclin sans précédent de la biodiversité   Sam 24 Mai - 12:56

L’activité humaine élimine près d’un pour cent des autres espèces de la planète chaque année, rapporte une étude publiée vendredi par la Société zoologique de Londres.

Cette étude, réalisée en collaboration avec le Fonds mondial pour la nature (WWF) et le Réseau mondial de l’empreinte écologique (Global Footprint Network) révèle que plus du quart de la population d’animaux, d’oiseaux et de poissons a disparu depuis les années 70.

« Vous devez retourner à l'extinction des dinosaures pour observer un déclin aussi rapide », a déclaré Jonathan Loh, éditeur du rapport. Les causes principales de ces extinctions sont la pollution, l'agriculture, l'expansion urbaine, la pêche excessive et la chasse, analyse le rapport.

« Entre 1960 et 2000, la population mondiale a doublé, et pendant cette période, la population animale a décliné de 30 % », a déclaré Ben Collen, un des auteurs du rapport. « Ce déclin a sans aucun doute été causé par l’homme ». Entre 1970 et 2005, le nombre d’espèces animales terrestres a chuté de 25 %, les espèces animales marines de 28 % et d’eau douce de 29 %.

Ce déclin de la biodiversité intervient à une époque où la population humaine utilise 25 % de plus que ce que la nature peut remplacer, ajoute l'étude.

La publication de ce rapport intervient avant la conférence des pays membres de la convention de l'ONU sur la biodiversité qui se tiendra la semaine prochaine à Bonn en Allemagne.

Source : CBC.ca, LeMonde.fr


http://www.sur-la-toile.com/article-5419-Declin-sans-precedent-de-la-biodiversite.html
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MessageSujet: Les bienfaits de l'agriculture bio   Lun 11 Aoû - 17:44

Les bienfaits de l’agriculture biologique pour la biodiversité remarqués par l’INRA.

11 août 2008

Voir en ligne : Les bienfaits de l'agriculture biologique pour la biodiversité remarqués par l'INRA.

http://www.combat-monsanto.org/spip.php?articl (...)

"
D'après une expertise scientifique de l'INRA publiée début juillet, l'agriculture biologique est un mode de production bénéfique à la biodiversité, et son impact positif est d'autant plus fort que l'exploitation ainsi qualifiée s'inscrit dans un paysage diversifié.


D'après une expertise scientifique de l'INRA publiée début juillet, l'agriculture biologique est un mode de production bénéfique à la biodiversité, et son impact positif est d'autant plus fort que l'exploitation ainsi qualifiée s'inscrit dans un paysage diversifié.

L'ESCo (Expertise Scientifique Collective) réalisée entre juin 2007 et juin 2008 à la demande des ministères de l'Agriculture et de l'Ecologie mérite une attention particulière.

Elle souligne notamment que « Certaines pratiques agricoles limitent déjà les impacts négatifs de l'agriculture sur la biodiversité et tirent meilleur parti des services qu'elle offre. Bien que son cahier des charges n'y fasse pas explicitement référence, l'agriculture biologique (AB) apparaît comme un mode de production favorable à la biodiversité. L'impact positif de l'AB sur la biodiversité est d'autant plus fort que l'exploitation ainsi qualifiée s'inscrit dans un paysage diversifié.

Plus généralement, l'organisation de rotations longues et diversifiées, une répartition adaptée des cultures dans les territoires, l'utilisation de cultures associées, l'implantation de couverts intermédiaires et de cultures dérobées, l'utilisation de variétés moins sensibles aux maladies, la simplification du travail du sol… sont autant d'éléments importants pour la biodiversité dans les régions de grandes cultures.

Elle note également que « Dans les zones d'arboriculture du sud de la France, la réduction d'emploi des pesticides et la promotion d'une production fruitière intégrée incluant la diversification des espèces végétales par l'enherbement des vergers, préservent et utilisent mieux la biodiversité ».

Si les bienfaits de l'agriculture biologique pour la biodiversité ne sont évidemment pas une découverte puisqu'ils sont l'essence de ce mode de production, le fait que ce soit ainsi souligné par une expertise de l'INRA à la demande des ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture a valeur de symbole. Après les grandes crises sanitaires des dernières années et l'impact du Grenelle de l'Environnement sur la prise de conscience des citoyens et des consommateurs, l'agriculture biologique s'impose de plus en plus comme le mode de production agricole le mieux à même de conjuguer agriculture et préservation de l'environnement.

L'opinion favorable des citoyens pour l'AB est largement confirmée par l'engouement des consommateurs qui se traduit par une augmentation de la consommation des produits bio de 10% depuis bientôt 10 ans. Pour que ce mouvement soit pleinement profitable à l'environnement, il ne manque plus que la production bio se développe dans les mêmes proportions, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, afin de réduire le volume d'importation des produits bio.

C'est la priorité de Corabio et des groupements de producteurs bio qui travaillent à développer les installations et les conversions en bio.

Téléchargez le rapport de l'INRA "Agriculture et Biodiversité, des synergies à valoriser"

Contact presse Corabio : Olivier Rousseau au 04 75 61 19 35

http://www.betapolitique.fr:80/Les-bienfaits-de-l-agriculture-09454.html
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MessageSujet: Forêt amazonienne en danger   Jeu 14 Aoû - 14:16

La forêt amazonienne transpercée de derricks, de gazoducs et d'oléoducs... Vision surréaliste ? Pas si sûr. Selon une étude américaine publiée, mercredi 13 août, dans la revue en ligne PLoS ONE, l'ouest de l'Amazonie - une des dernières forêts tropicales intactes - est désormais une cible de choix pour les exploitants gaziers et pétroliers. Et une manne pour les pays qui leur délivrent des concessions.

Les auteurs de cet article, qui travaillent pour deux ONG américaines (Save America's Forests et Land Is Life) et à Duke University (Durham, Caroline du Nord), ont recensé 180 zones de prospection et d'exploitation, qui ne recouvrent pas moins de 688 000 km2, répartis sur cinq pays : la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l'Equateur et le Pérou. C'est dans ces deux derniers pays que le phénomène est le plus marqué, puisque leurs régions amazoniennes sont aux deux tiers concernées.

Les chercheurs soulignent que les sites où la biodiversité est la plus riche en terme d'oiseaux, de mammifères ou d'amphibiens correspondent parfaitement à ces zones. Ils craignent que le passage de la phase de prospection à celle d'exploitation, en ouvrant des routes, ne s'accompagne d'une grave déforestation, d'une fragilisation des écosystèmes et d'une chasse trop importante.

Sans oublier que cela bafouerait les droits à la terre des populations indigènes, dont plusieurs ont fait le choix d'être coupées du reste du monde.

P. B.
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MessageSujet: La biodiversité malgache sacrifiée à la plus grosse mine de nickel du monde   Lun 6 Oct - 16:44

MORAMANGA (Madagascar) - A Moramanga, une énorme balafre entaille la forêt primaire. Malgré la biodiversité unique de cette région de Madagascar, la plus grande mine de nickel au monde et un gigantesque pipeline sont en construction, avec un impact irréversible sur l'environnement de l'île.

A près de quatre heures de marche d'Andasibe (100 km à l'est d'Antananarivo), bulldozers et ouvriers sont à pied d'oeuvre sur le site du pipeline, laissant derrière eux une entaille de 20 mètres de large.

Plus bas, la rivière est rouge, polluée par le chantier, situé dans la zone humide d'importance mondiale de Torotorofotsy.

A perte de vue, des forêts primaire et secondaire, des montagnes et des torrents. Parfois, les cris surprenants de l'Indri, le plus grand des lémuriens, troublent la quiétude.

Madagascar, joyau de la biodiversité mondiale, abrite bon nombre d'espèces uniques: environ 98% des mammifères terrestres, 92% des reptiles et amphibiens et 80% de la flore malgaches sont endémiques.

Ambatovy, le site de la mine, "est en plein coeur de la forêt primaire, pas loin de la future aire protégée décidée par le gouvernement", explique à l'AFP Léon M. Rajaobelina, vice-président pour Madagascar du groupe américain Conservation International.

Pourtant, c'est ici que l'Etat a autorisé en 2006, via un permis environnemental, la construction de la plus grande mine de nickel au monde par le Canadien Sherritt, pour un investissement record dans ce pays très pauvre d'environ 4 milliards de dollars.

C'est actuellement l'un des cinq plus gros projets miniers au monde.

La mine, construite à Moramanga (20 km d'Andasibe), exploitera aussi du cobalt et du sulfate d'ammonium à partir de 2010 et pendant 27 ans.

De 1.300 à 1.700 hectares de forêt primaire abritant au moins 1.378 variétés de fleurs seront sacrifiés pour le projet. Des villageois ont aussi été déplacés.

Un pipeline de 220 km de long va acheminer la "pulpe" jusqu'au port de Tamatave, où elle sera raffinée pour extraire nickel et cobalt.

Selon l'étude d'impact menée avant l'agrément environnemental, 47 espèces de fleurs n'existent mondialement que dans cette région.

"Ces formations végétales d'Ambatovy étaient considérées comme les plus menacées" des forêts humides malgaches, explique Rainer Dolch, de l'association malgache Mitsinjo, gérant le site de Torotorofotsy. Or, déplore-t-il, "on constate un manque de données scientifiques et de suivi de l'impact sur l'environnement du projet".

La région compte plus de 100 espèces de grenouilles - comme la grenouille dorée dont c'est l'unique habitat - et au moins 14 de lémuriens.

Mitsinjo a de "fortes présomptions" de la présence sur le tracé du pipeline de "Prolemur simus" mangeurs de bambou, le lémurien le plus menacé de l'île.

"La préservation des restes de forêt primaire impose des précautions et une surveillance draconiennes", renchérit l'Observatoire malgache de la vie publique (Sefafi).

Ces atteintes à l'environnement menacent également les fortes potentialités touristiques de la région.

Mais, selon le directeur général des Mines malgaches, Gérard Rakototafika, l'Etat "a trouvé un juste milieu entre exploitation des grands projets miniers et préservation de la biodiversité".

Faisant valoir que la dégradation de l'environnement s'accélère avec la pression démographique, il assure à l'AFP que face "à l'ampleur de la déforestation, on a plus de chance de conserver grâce à ces programmes miniers".

Sherritt, qui n'a pas souhaité répondre aux questions de l'AFP, affirme sur son site internet s'être engagé à "si possible générer un impact positif sur l'environnement" et à "mettre en oeuvre un plan de gestion de la biodiversité qui ne devrait générer aucune perte nette de cette biodiversité".

Source vérifiée
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MessageSujet: Il y a urgence à agir face à l'érosion de la biodiversité avertit l'UICN   Lun 6 Oct - 16:45

2008-10-05

BARCELONE (Source vérifiée)

Il ne reste que peu de temps pour remédier à la grave crise actuelle de disparition des espèces animales et végétales, ont averti dimanche à Barcelone les participants à un sommet réunissant plusieurs milliers de personnes sous l'égide de l'Union mondiale pour la nature (UICN).

Il y a "urgence" à faire face à ces défis du XXIe siècle que sont "les menaces effrayantes du changement climatique et la dégradation des écosystèmes", a lancé Valli Moosa, président de l'UICN, pendant la cérémonie d'ouverture du congrès de cette organisation.

Le déclin accéléré de la biodiversité provoqué par l'homme, directement ou indirectement, sera au centre des débats de ce 4e congrès de l'UICN qui se déroule du 5 au 14 octobre.

Un oiseau sur huit, un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois, sont menacés, selon les estimations de l'UICN qui doit publier lundi une liste rouge actualisée des espèces animales et végétales menacées.

Cette liste, publiée chaque année et reconnue comme l'évaluation la plus fiable du statut des espèces de la planète, s'allonge dangereusement.

Le changement climatique, la pollution, la destructions des habitats naturels des espèces, la désertification, la surpêche, les espèces invasives sont la cause de cette grave érosion de la biodiversité.

Selon les experts, le rythme actuel d'extinction est de 100 à 1.000 supérieur à ce qu'il a été en moyenne sur des centaines de millions d'années.

"Ce que nous savions depuis longtemps est maintenant devenu une chose acceptée par tous", a martelé le président de l'UICN qui est ancien ministre de l'environnement de l'Afrique du Sud.

Mais, "nous pouvons redresser le cours des choses, la transition vers le développement durable suppose une décarbonisation de notre économie", a-t-il indiqué, faisant allusion aux émissions de CO2 dues à l'utilisation massive d'énergies fossiles des sociétés industrialisées.

Il a appelé les entreprises à intégrer la protection de l'environnement à leur stratégies.

"Nous voyons en la crise du climat une opportunité insoupçonnée", a-t-il déclaré, estimant qu'il ne fallait pas laisser passer cette occasion de réagir.

Le Bangladais Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix 2006 pour avoir fondé la première société de micro-crédit, a également insisté sur la nécessité de protéger l'environnement.

"La protection de la nature a des implications à tous les niveaux, sur la vie des populations les plus pauvres et sur la viabilité de la planète", a-t-il commenté à l'AFP en marge de la cérémonie d'ouverture.

Evoquant par ailleurs la crise financière actuelle, il a jugé qu'il était "temps de s'asseoir tous ensemble pour trouver une solution".

Organisation atypique, l'UICN, dont le siège est à Gland, en Suisse, est le plus ancien et le plus vaste réseau environnemental au monde. Elle rassemble un millier de membres, représentants de gouvernements (80) et d'ONG (800), et quelque 10.000 scientifiques bénévoles.
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MessageSujet: Une espèce de mammifères sur quatre menacée de disparition   Sam 18 Oct - 17:04

Publiée le 17-10-2008

PODCAST/RSS NATURE ANIMALE

La plupart des gens le savent, certains ainmaux sont en danger et risquent de purement et simplement disparaître dans les années ou décennies qui viennent. La plupart d'entre nous ce sont un jour ému du sort des baleines, des éléphants ou des pandas (photo ci-contre), ce dernier étant même devenu le symbole des espèces en péril grâce au WWF qui l'a retenu comme logo. Ce que le grand public ignore en revanche, c'est l'ampleur de la menace qui pèse sur la biodiversité animale.

Des spécialistes regroupés au sein de l'UICN, Union Internationale pour la Conservation de la Nature, ont donc entrepris de dresser un vaste inventaire permettant de savoir assez précisèment quels animaux sont menacés et dans quelle mesure.

Chaque année, l'UICN publie une liste rouge qui permet de faire un état des lieux proche de la réalité. Réunis au début du mois d'octobre à Barcelone, à l'occasion du Congrès mondial de la nature, les membres de cette organisation internationale ont dressé leur dernier bilan et dire que celui-ci n'est pas très encourageant serait un doux euphémisme. En clair, pas moins d'une espèce de mammifères sur quatre serait menacée d'extinction.Un chiffre proprement hallucinant et qui pourrait même être pire, les scientifiques manquant de données en ce qui concerne des centaines d'espèces qui pourraient venir grossir les rangs des animaux en sursis. Au lieu d'environ un quart, la proportion pourrait ainsi monter jusqu'à 36%.

Pour être précis, sur les 5847 mammifères pris en compte pour cette étude, 1141 pourraient être amenés à disparaître dans un avenir plus ou moins proche.

76 espèces, au minimum, se seraient déjà éteintes depuis le 16e siècle. Cela peut paraître relativement peu, mais le problème est que le rythme des disparitions s'accroit et que cette tendance sera difficile à enrayer. Il faut dire que dans l'immense majorité des cas, c'est encore et toujours l'activité humaine qui est la cause de cet effondrement possible de la biodiversité. A force de piller les ressources naturelles, de transformer le monde au travers de notre activité industrielle, nous sommes tout simplement en train de détruire ce que la nature a mis des millions d'années à bâtir.

Pour Julia Marton-Lefèvre, la directrice générale de l'UICN, le constat est sans appel puisqu'elle déclare "qu'au cours de notre vie des centaines d'espèces pourraient disparaître en raison de nos propres actions, ce qui constitue un signe alarmant sur l'état des écosystèmes dans lesquels elles vivent".

Le constat est donc sans appel. Mais soyons clair, à l'heure où les bourses s'effondrent et où les banques se rendent compte qu'elles ont spéculé sur du vent, sauver les animaux ne semble pas la priorité absolue. Pourtant, c'est peut-être bien en regardant et en préservant un peu ce qui l'entoure que l'homme parviendra un jour à vivre en harmonie avec sa planète et par là même avec ses semblables.

Il convient néanmoins de ne pas sombrer dans le pessimisme le plus aboslu. Lorsqu'il y a prise de conscience, que des moyens humains et financiers sont mis en oeuvre, la préservation du monde vivant est possible. Pour preuve, il faut savoir que 5% des populations de mammifères menacées montrent désormais des signes de rétablissement à l'état sauvage, comme cela peut être le cas du gypaète barbu en France aujourd'hui (photo ci-dessus). les programmes de reporduction et de réintégration se révèlent efficaces et tout cela montre que nous pouvons encore inverser une tendance qui reste pour l'heure très négative.

vincent, pour la Rédaction.

Source : http://www.frequenceterre.com:80/chroniques-environnement-171008-898-Une-espece-de-mammiferes-sur-quatre-menacee-de-disparition.html
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MessageSujet: La faune menacée par les domaines skiables dans les Alpes   Ven 31 Oct - 19:39

La faune, à l'image du tétras lyre, est "menacée" par les domaines skiables des Alpes qui se sont développés ces dernières années, selon une étude suisse publiée vendredi et qui assure quantifier pour la première fois l'impact des sports d'hiver sur les animaux. Lire la suite l'article

"Les grands oiseaux et les grands mammifères qui peuplent les Alpes au niveau des domaines skiables sont menacés par les activités sportives et leurs infrastructures", a expliqué à l'AFP le professeur Raphaël Arlettaz de l'université de Berne, qui a conduit l'étude comparant la population du tétras lyre dans une trentaine de secteurs des Alpes vaudoises et valaisannes.

Ce petit coq de bruyère a été choisi par les chercheurs de l'université de Berne et de la Station ornithologique suisse car son habitat à la limite des forêts entre 1.600 et 2.300 mètres d'altitude correspond à l'emplacement de la majorité des remontées mécaniques. Il est en conséquence l'espèce "la plus vulnérable" aux sports d'hiver, selon les chercheurs.

"Dans les Alpes de Suisse occidentale, les activités sportives générées par les installations de ski affectent 44% de la surface de l'habitat du tétras lyre", souligne l'étude.

Par endroit, "les effectifs du tétras lyre sont réduits de 49%" par rapport à des zones équivalentes naturelles, sans infrastructure sportive, précise-t-elle ajoutant que "plus la densité de téléskis est importante dans une zone donnée, moins les coqs de bruyère sont abondants". L'impact est ressenti jusqu'à 1.500 mètres des infrastructures.

Au total, "les Alpes valaisannes et vaudoises ont perdu au moins 15% de leurs effectifs de tétras en raison du seul développement des stations de sports d'hiver", résument les scientifiques qui expliquent cette déperdition par le "stress" engendré par la présence humaine durant tout l'hiver.

Comme le tétras, d'autres animaux tels les lièvres et les chamois sont affectés mais dans une moindre mesure, bénéficiant d'un habitat plus vaste, relève le professeur Arlettaz.

En tout état de cause, "le phénomène ne se cantonne pas à la Suisse et est identique dans toutes les Alpes", prévient-il, préconisant la création d'urgence de zones de refuge à proximité des domaines skiables.
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MessageSujet: Le papillon, reflet de la perte de biodiversité   Jeu 6 Nov - 15:26

JARDINS, PAPILLONS, NOSTALGIE... ET BIO-INDICATION

Le papillon, reflet de la perte de biodiversité

Dans les années 50, les papillons peuplaient et agrémentaient nos
campagnes, nos montagnes et nos jardins. Dès les années 60, le
remembrement sonna le glas d’une certaine naturalité des champs, par
l’arasement systématique et irréfléchi de millions de kilomètres de
haies et de bocages, mégalomanie anthropocentriste d'une agriculture
intensive désireuse d'accroître les surfaces cultivées et de faciliter
le passage de la machinerie lourde. Les conséquences de ce saccage
furent celui d’un écocide dont on se repent encore.

C’est par milliards de milliards que chaque année les biocides de
l’agriculture productiviste anéantissent les papillons, que nos
jardins de plus en plus traités et plantés de végétaux allochtones
achetés de façon irréfléchie dans de stupides centres jardiniers leurs
sont infréquentables, que la circulation automobile les massacre, que
nos éclairages publiques excessifs les piègent, qu’on les éradique en
faisant table rase des écosystèmes, notamment forestiers, et qu’en
pays de terres sèches le surpâturage les décime en scalpant le sol de
la moindre plantule.

L’importance des plus petits est bien mal perçue. Ils sont cependant
partie intégrante de la biodiversité : les trois-quarts des espèces
animales sont des insectes. Et personne ne se préoccupe, au moins, de
ces joyaux ailés que sont les papillons qui, au temps de notre
enfance, enchantaient campagnes et montagnes dès le regain du
printemps, tournoyaient nombreux les soirs d’été autour de la lampe du
jardin. Dans nos pitoyables paysages dénaturés, le charme est rompu,
l’harmonie séculaire qui mariait l’homme à la Nature est révolue, il
n’y a plus de place pour la beauté, les papillons se meurent et nos
rêves s’en sont allés, à tire d’aile… Le plus affligeant n'est pas de
constater l'érosion de cet inestimable capital naturel que nous avions
reçu en legs, d’être devenus écoconscients d’un monde que nous
dérobons à nos enfants, mais d'en diagnostiquer le caractère imparable
du processus. On ne reconstruit pas la Nature.

C'est ainsi que, faute de sites de butinage ou assassinées par la
toxicité de nos méthodes, les abeilles, malades de l’homme, nous
quittent pareillement. Principale agricultrice avant la lettre, voilà
60 à 80 millions d’années que l’abeille mellifère est sur Terre et
elle accompagne l’aventure humaine depuis ses premiers temps. Mais
soudain, sous l’effet nocif des intrants chimiques que nous déversons
inconsciemment ou pour l’appât du gain agricole, toujours en toute
impunité et défiant le moindre principe de précaution, c’est plus de
la moitié du cheptel des abeilles qui a déjà disparu de certaines
contrées. Les Gaucho, Régent TS, Cruiser et autres abominables poisons
enrobant les semences sont sur le banc des accusés. Les médias, tout
de même, s’en sont fait l’écho. Un pareil recul accablant est constaté
chez les autres hyménoptères, les diptères, les lépidoptères et
d’autres pollinisateurs. Mais ça ne fait que commencer et, à n’en
point douter, les cultures OGM que l’on veut nous imposer par dictat
sonneront le glas de ce qui reste de Vivant originel. Que deviendrons-
nous sans ces auxiliaires responsables de la pollinisation
d’innombrables plantes à fleurs avec lesquelles elles témoignent d’une
longue histoire coévolutive, sans l’abeille, maillon essentiel dans le
maintien de la biodiversité génétique et dans la production des trois-
quarts des nos cultures vivrières ? Le recul des abeilles n’annonce
pas que la chute irrémédiable de la production apicole, elle bio-
indique le début de la fin d’un monde tel que nous le connaissions.

Papillons, abeilles, hannetons, rainettes… souvenirs à l’eau de rose ?
L’être humain survivra-t-il dans un monde abiotique et de béton ? Peut-
être mais, aux prises avec une vie invivable, il n’y sera jamais
heureux.

Les papillons de jour comme outil de bio-indication

Pourquoi le choix des papillons de jour comme indicateurs des
paysages ?

Agents essentiels des cycles biologiques, très sensibles au moindre
effet nocif (notamment au niveau des plantes-hôtes dont ils sont
tributaires), par un recul ou une extinction, les papillons sont les
véritables révélateurs pour le diagnostic d’une telle situation.
Solidaires de chaque écosystème, ils s’en avèrent être les meilleurs
marqueurs synécologiques. Leur influence sur les écosystèmes se
manifeste autant par leur présence que par leur absence. En ce sens,
les plus signifiants ne sont pas à considérer spécifiquement mais en
tenant compte de leur redondance, un peu sur le mode d’une guilde.
L’utilisation de ces données entomologiques pour une gestion à long
terme exige évidemment un suivi dans un concept scientifique.

Les papillons de jours sont de plus en plus choisis comme outils
d’évaluation des écosystèmes traduisant encore une relative
naturalité. Lorsqu’ils prennent la tangente des paysages, c’est que
toute naturalité a disparu sous les effets anthropogènes.

D’autres insectes peuvent aussi remplir le rôle de bio-indicateurs. Il
s’agit, par exemple, d’autres pollinisateurs tels certains
hyménoptères, coléoptères Carabidae éminemment réfractaires à une
perte du substrat (mais d’une indication rendue aléatoire tant par
leur trop grande dépendance des conditions climatiques que par leur
vie occulte), coléoptères coprophages (actuellement en déclin car
victimes de l’impact des produits vétérinaires), odonates et
hydrocanthares quand il s’agit de la qualité des eaux mortes ou
courantes…

Le grand intérêt des lépidoptères diurnes (rhopalocères et hétérocères
Zygaeninae) réside dans les faits qu’ils sont aisément repérables,
qu’ils fréquentent une grande diversité de paysages, qu’ils sont liés
aux plantes nourricières de leurs larves ou nectarifères des adultes,
pour la plupart d’une valeur tout autant estimable. Enfin, comme il
s’agit d’un groupe d’insectes ayant dépassé le stade alpha de nos
connaissances, l’entomologiste expert est apte à en déceler la
présence par l’hyper connaissance qu’il en a. Espèces sentinelles
veillant à l’intégrité ou à un usage parcimonieux des lieux, espèces
clés-de-voute ou ombrelles déclinant la présence de tout un cortège,
les papillons offrent aussi l’avantage de réagir ipso facto à la
moindre altération de leurs conditions de vie. A nous de savoir en
décrypter le moindre recul et d’interpréter alors l’alerte qu’ils nous
fournissent.

Utilisant ainsi les papillons comme grille de lecture des paysages,
l’écologue se retrouve souvent au chevet d’écosystèmes malades. Le
papillon est le reflet de ce qu’il y a dessous. Et dessous, il n’y a
plus grand-chose.

Comme un effet papillon...

En Europe, il y a quelques temps que l’on utilise - enfin, que l’on
essaie d’utiliser... - la filière papillons pour espionner la santé
des écosystèmes, en vue de tabler sur leur durabilité et les
ressources qu’ils nous dispensent. Et puis surprise, un jour les
papillons eux-mêmes disparaissent, comme peuvent s’esquiver des
témoins gênants ! C’est ce qui vient de se passer au Japon, et plus
près de nous en Grande-Bretagne où le déclin des espèces est pourtant
suivi au peigne fin, dans un pays où l’importance des sciences et de
la citoyenneté sont inversement proportionnelles au reliquat de vie
sauvage. Environ 70 % de la totalité des espèces de papillons ont
ainsi disparu en vingt ans au niveau régional ou national de ce pays
très à cheval sur son biopatrimoine en peau de chagrin. Il vient donc
de se passer exactement l’inverse de ce que croyaient les experts il y
a vingt ans, à savoir que ces insectes seraient beaucoup plus
résistants parce qu'ils pouvaient voler et se déplacer. Curieux
experts que ceux qui ne sont pas au fait des notions de niche
écologique, d’habitat, d’espace de vol et de plantes-hôtes, ou qui
ignorent que la grande majorité des papillons sont sténoèces, c’est-à-
dire d’une plasticité écologique restreinte, à l’opposé de l’ample
valence qu’on pourrait prêter à des animaux ailés. Et tout un chacun
de conclure : « Cela renforce les arguments de ceux qui se battent
pour établir des politiques au niveau national et mondial destinées à
limiter l'incidence de l'homme sur l'environnement . »
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MessageSujet: (suite) les papillons reflets de la biodiversité   Jeu 6 Nov - 15:27

Pourquoi veiller à la protection d'un papillon ?

La question ne se fait pas attendre : quel est le sens de telles
interventions dirigées pour conserver les espèces les plus menacées de
notre faune ou de notre flore ? Plus prosaïquement, à quoi bon
déployer de tels efforts pour un modeste invertébré que la plupart des
gens ne connaît pas et ne rencontra même jamais ? La première réponse
pourrait être d’ordre purement éthique et se résumer à cette
déclaration de la Charte sur les invertébrés : « Aucune espèce
animale ou végétale ne doit disparaître à cause des activités de
l’homme » ; ou rappeler le fameux précepte précisant que l’homme a
besoin de la Nature, mais que la Nature n’a pas besoin de l’homme. La
seconde réponse, plus pratique, consiste à souligner le fait que ces
actions orientées vers une espèce donnée profitent bien souvent à tout
un ensemble d'espèces animales et végétales qui sont soit liées
directement à l'espèce visée, soit présentent grosso modo les mêmes
exigences écologiques. C'est ce concept connu de l’espèce-ombrelle,
sentinelle ou signal, formule désignant une espèce essentielle qui en
induit, qui en abrite une série d'autres.

Qu'est-ce que la bio-surveillance, qu'est-ce qu'un bio-indicateur ?

La plupart des papillons sont monophages ou oligophages, et
étroitement inféodés à des plantes-hôtes sensibles et vulnérables. Il
s’agit donc d’une panoplie d’éminents indicateurs biologiques qui
réagissent aux modifications nocives par un recul, puis par la
disparition. Les insectes-outils sont censément moins maniables mais
sans nul doute plus précis que les vertébrés ou les plantes, tant pour
la gestion et la sélection des sites à protéger, que pour l’évaluation
de l’incidence biologique en baisse des surfaces menacées.

L’utilisation de données entomologiques pour une gestion à long terme
en exige une validation très précise. Les espèces d’insectes, dans
leur grande majorité, ne sont identifiables que sous la loupe
binoculaire, tandis que leur récolte sur le terrain nécessite des
méthodes de prospection et d’échantillonnage adaptées. Chaque donnée
unitaire implique donc : suivi de visites, capture, montage,
étiquetage, identification, archivage et conservation-collection du
spécimen dans un concept scientifique.

Application : une expérience personnelle

Durant une dizaine d’années, j’ai consacré la majorité de mon temps à
parcourir le Maroc pour dresser un inventaire exhaustif et
cartographier les sites biologiques d’intérêt patrimonial
objectivement identifiés par la présence d’un cortège de faunule
génétiquement remarquable, à base surtout de lépidoptères. Ce
programme a été particulièrement insistant auprès des écosystèmes
actuellement précaires car compromis par les activités humaines et
comportant des présences emblématiques ou endémiques. Utilisant donc
les papillons comme un fil d’Ariane et une grille de lecture des
paysages, de régions en régions, de stations en stations, il faut dire
que je me suis trop souvent retrouvé en présence d’écosystèmes
malades... La pandémie dont ils sont les victimes et toutes leurs
biocénoses associées est parfaitement identifiée et se nomme
surpâturage. Plus de 20 millions d’ovins, de caprins et de camelins
déciment les formations herbacées et arbustives, et les dégâts
irréversibles sont hallucinants, entraînant la mort du sol.
L’anachronisme le plus saillant est censément celui du parcours en
forêt. Un exemple édifiant : 900 000 moutons paissent au sein des
cédraies des 53 000 hectares du Parc national d’Ifrane, au cœur de
l'ancien paradis du Moyen Atlas, soit un troupeau presque dix fois
supérieur à ce qu’il devrait être. Il est des figures de conservation
dont la géométrie variable est indécente. Une législation jamais
pratiquée est en charge d’établir la capacité de charge des parcours
forestiers et permettrait de décider de la taille du troupeau que peut
soutenir la forêt. En 1980, il y avait moins de 10 millions de moutons
et de chèvres au Maroc.

Seule la mainmise d’un pastoralisme de rente, véritable filière ovine
de propriétaires absents ayant pris en otage les bergers locaux et
leurs droits séculiers d’usage, peut vraiment expliquer cette
croissance exponentielle. Les populations commencent à payer cher
cette gestion strictement lucrative, sans le moindre discernement
écologique. Les conséquences sont cuisantes : déconstruction des
écosystèmes, anéantissement de la biodiversité, érosion,
désertification, lessivages, inondations meurtrières, disette des
ressources en eau, ruine de l’agriculture vivrière, exode des
populations locales. C’est ainsi qu’en transformant une contrée en
fabrique de moutons pour le seul enrichissement à court terme de
quelques nantis, on fabrique simultanément des réfugiés de
l’environnement qui iront grossir les bidonvilles de Casablanca ou
s’expatrieront douloureusement et… illégalement.

On tente d’introduire le parcours extensif dans les sous-bois de
l’autre rive méditerranéenne (comme dans le Massif des Maures) pour
lutter contre l’envahissement de la végétation herbacée et ligneuse
que l’on estime responsable de l’extension des incendies. Le
pastoralisme raisonné peut avoir un effet régulateur (cas de la vaine
pâture) en certaines régions de l’Europe plus ou moins humide. À
l’inverse, les excès d’un mode surnuméraire, qui plus est sédentaire,
sur le dos des écosystèmes maghrébins semi-arides, fragiles et
fragilisés, aboutit évidemment au saccage, au déclin puis à
l’anéantissement de la biodiversité et du substrat.

Voilà l’observation très socio-économique à laquelle peuvent conduire
de simples papillons dits indicateurs… Notre « lépidoptéromètre », au
rouge dans la plupart des habitats, nous enseigne qu’un pays comme le
Maroc est malade d'un surpâturage chronique. Selon les Nations Unies,
la désertification en majeure partie engendrée par cet abus d’usage
concerne, à divers degrés, 93 % de la superficie du pays. L’alerte
n’est pas nouvelle pour le Maroc et tout le Maghreb, bien des
spécialistes dénonçaient cette dérive dès le début du siècle passé. Si
l'on ne met pas tout en oeuvre pour inverser au plus rapidement les
tendances et sauver les restes, ces pays sont sans grand futur viable.

L'un de nos devoirs les plus urgents : la restauration des sites de
butinage

Vous êtes soucieux d'un avenir vivable, sensible aux vraies valeurs du
Vivant et à la beauté de notre planète ?

Vous souhaitez contribuer au retour des abeilles et des papillons,
sachant que des milliers et des milliers de modestes terrains
réhabilités constitueront un gigantesque écosystème en mosaïque ?

Alors, vous répondrez présent à mon appel à la restauration des sites
de butinage, partout où c'est possible, notamment où tout un chacun
peut intervenir : dans nos jardins et nos prairies.

Pour en savoir plus, suivez ma chronique trimestrielle pour le retour
au jardin sauvage, en vous abonnant au Panda magazine du WWF-France :

http://www.wwf.fr/s_informer/s_abonner_a_panda_magazine

WWF-France, pour une planète vivante :

http://www.wwf.fr/

Michel R. Tarrier

En librairie

Plus d’informations sur ces insectes-outils au service de la
conservation du patrimoine naturel dans un ouvrage paru en 2008 :

Les Papillons de jour du Maroc, par Michel Tarrier, mis en
illustration par Jean Delacre, aux éditions Biotope.

http://www.biotope.fr/editiondiffusion/fichelivre/papillons-maroc/index.php
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MessageSujet: Extinction : triplement du nombre d’espèces menacées au Brésil   Jeu 6 Nov - 16:15

Extinction : triplement du nombre d’espèces menacées au Brésil

Par Jean Etienne, Futura-Sciences

627 espèces animales sont en voie de disparition au Brésil, soit trois fois plus qu’il y a quinze ans, selon une étude publiée dans le Livre rouge et présentée par Carlos Minc, le ministre de l'environnement.

Le nombre fait frémir. « Notre faune est tellement menacée que les chiffres ont triplé », s’alarme le ministre brésilien de l’environnement Carlos Minc, tout en présentant le Livre Rouge de la faune brésilienne menacée de disparition, un document officiel qui détaille les espèces désormais menacées sur le territoire de ce vaste pays d’Amérique du Sud.

Le ministre dénonce aussi les causes de cette catastrophe écologique, qu’il attribue à la déforestation, dues aux incendies, à la transformation des forêts natives en culture de soja ou en pâturages, mais aussi aux invasions sauvages de terre dans les parcs, au trafic d'animaux sauvages, aux pesticides qui affectent toute la chaîne alimentaire et à la pêche excessive.

« Aucun arbre de la forêt ne sera coupé dans le but de produire du biocarburant durant mon mandat », promet le ministre, ciblant la déforestation, une des principales causes du désastre.

60% de ces espèces menaçant de disparaître complètement proviennent de la forêt atlantique, qui jadis recouvrait la totalité du littoral du pays et dont il ne reste, aujourd’hui que 27%. 57 espèces sont en voie de disparition en Amazonie, soit 9,1%, et 30 (4,7%) dans la région marécageuse du Pantanal.

Parmi toutes ces 627 espèces, on dénombre 69 mammifères, 160 oiseaux, 20 reptiles, 16 amphibiens, 154 poissons et 208 invertébrés.

Le précédent recensement, en 1989, dénombrait 218 espèces menacées. Si, de 1989 à 2004 79 animaux ont pu être sauvegardés et cesser d'être en danger, comme l'épervier royal, 418 autres ont fait leur apparition dans la liste.
Pour mieux appréhender l’ampleur de ces chiffres, il suffit de se dire que le Brésil, avec ses 8,2 millions de km², possède avec l’Indonésie la plus grande biodiversité du monde et abrite, à lui seul, 10% des mammifères et 13% des amphibiens. On y dénombre au total 530 espèces de mammifères, 1.800 d'oiseaux, 680 de reptiles, 800 d'amphibiens et 3.000 de poissons.
Commenter cette actualité ou lire les commentaires


http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/extinction-triplement-du-nombre-despeces-menacees-au-bresil_17256/
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MessageSujet: «Après le climat, la biodiversité est notre plus grand défi»   Sam 24 Jan - 6:15

Interview de Sébastian Winkler, responsable du « compte à rebours » pour la biodiversité au sein de l’IUCN (Union mondiale pour la nature).

Sébastian Winkler, responsable du « compte à rebours » pour la biodiversité au sein de l’IUCN (Union mondiale pour la nature). L'UICN est la principale ONG mondiale consacrée à la cause de la préservation de la biodiversité. Elle réunit 83 États, 114 agences gouvernementales, plus de 800 ONG et plus de 10 000 experts et de scientifiques de plus de 180 pays.

Les collectivités s'engagent en Ile-de-France

Réunies par Natureparif, l’agence régionale pour la Biodiversité en Ile-de-France, et en présence de Monsieur Sebastian Winkler, responsable international pour le Count-Down 2010, initié par l’UICN (Union Mondiale pour la Nature), des élus franciliens ont signé ce mardi la Déclaration du Compte-à-rebours 2010 exprimant ainsi leur mobilisation face au déclin de la Biodiversité. Lors d’une cérémonie officielle Natureparif a accueilli les premières collectivités signataires : Arcueil (94), Aubervilliers (93), Auvers-sur-Oise (95), Cesson (77), Champagne sur Seine (77), Chelles (77), Conflans-Sainte-Honorine (78), Coubron (93), Fontainebleau (77), Marcoussis (91), Méry-sur-Oise (95), Paris (en cours de délibération), Savigny-le-Temple (77), Saint Rémy les Chevreuse (78) ainsi que le Conseil Régional d’Ile-de-France et le Conseil Général de Seine Saint-Denis.

NATUREPARIF

Outil de partage de la connaissance au service de la préservation de la nature et de la biodiversité en Île-de-France, Natureparif rassemble de nombreux acteurs dont la Région, l’Etat, des collectivités territoriales, des associations de protection de l’environnement, des Fédérations et des entreprises. Natureparif est la première agence en Europe qui s’intéresse à la nature et à la biodiversité à un niveau régional.

Qu’est-ce que c’est le « Compte à rebours 2010 » ?

Le « compte à rebours 2010 » a été décidé premièrement en Europe en 2001 au sommet de Gothenburg où les chefs d’Etat ont décidé d’arrêter la perte de biodiversité d’ici à 2010. Puis au sommet mondial de la Terre de Johannesburg en 2002. Je crois qu’après le réchauffement climatique, la biodiversité est notre plus grand défi. Aujourd’hui, selon les statistiques, on perd 150 espèces par jour. Et au niveau européen, selon la Commission, il y a 80% des écosystèmes dans des conditions de préservation défavorables. C’est une grosse crise.

La perte de biodiversité qu’est ce que cela implique pour l’homme ?

La biodiversité est le fondement de tout développement économique. La nature nous rend d’innombrables services comme la filtration des eaux, de l’air, la pollinisation. On est en train de perdre cette richesse et des solutions potentielles de développement futur. Si on regarde par exemple le secteur de l’innovation technologique, ils s’inspirent souvent des mécanismes qu’on trouve dans la nature. Dans une étude globale réalisée par sir Nicolas Stern sur les conséquences économiques du réchauffement climatique, on estime que le coût de l’inaction vis-à-vis de la perte de biodiversité, nous serait de 6% de notre PIB.

On est en janvier 2009… il nous reste à peine deux ans pour agir. Comment arrêter la perte de biodiversité d’ici-là ?

Ce que le « compte à rebours » essaie de faire est de mobiliser tous les acteurs. Même si c’est une décision des Etats, ceux-ci ne peuvent pas atteindre ces objectifs tous seuls. Il faut donc fédérer les autorités locales, comme aujourd’hui à Paris. En signant la Déclaration du Compte-à-rebours 2010 pour la Biodiversité, des collectivités locales franciliennes s’engagent et témoignent de leur volonté d’enrayer la perte de la Biodiversité. Comme c’est le cas au Danemark où un maire sur cinq a signé la déclaration. Il faut sensibiliser et agir. Depuis 2007, plus de 50% de la population mondiale vit en ville. Ces populations se concentrent sur 2% de la superficie de la planète, mais en consomment 75% des ressources naturelles. On a donc ciblé la population urbaine alors que traditionnellement le mouvement de la conservation a toujours travaillé là où il y avait la biodiversité, à l’extérieur des villes. Mais ce n’est pas là que les décisions sont prises pour l’avenir de la planète.

Est-ce qu’on peut y arriver ?

Le compte à rebours ne veut pas ajouter de problèmes, mais démontrer qu’il y a des solutions. On a fait des progrès, mais il reste beaucoup de choses à faire. Les négociations ont déjà débuté pour l’après 2010 avec l’idée de mettre en place des mesures plus concrètes. Comme pour le protocole de Kyoto pour le réchauffement climatique, des mécanismes de marché seront mis en place pour la biodiversité afin d’encourager les investissements.

On entend souvent dire que les espèces ont toujours disparu. En quoi la situation serait-elle différente aujourd’hui ?

En 2005, une étude globale regroupant le travail de 1300 experts des plus renommés a établi que la perte de biodiversité, qui certes a toujours existé, s’enchaînait à un rythme de 100 à 1000 fois supérieure à celle de la disparition naturelle des espèces.

http://www.metrofrance.com/x/metro/2009/01/20/sSmcbvsFHWj/index.xml
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MessageSujet: la menace qui pèse sur la biodiversité   Jeu 5 Fév - 9:52

Voici quelques exemples qui illustrent la menace qui pèse sur la biodiversité.

Sur 41 000 espèces animales et végétales (parmi 3,9 millions recensées) qu’étudie l’Union internationale pour la conservation de la nature, 16 000 sont menacées d’extinction, estime–t-elle.

Une espèce d'animal ou de plante disparaît actuellement de la planète toutes les vingt minutes, principalement à cause des activités humaines. Un rythme ahurissant ! 100 fois plus rapide qu’avant la fin du XVIIIème siècle. Les zones vierges se raréfient et ne représenteraient plus que 17% de la surface du globe. Les conséquences d’un tel phénomène ? Très lourdes et inquiétantes : la faune et la flore encore plus vulnérables, l’équilibre de notre écosystème mis en péril et la recherche dans de nombreux domaines compromise (la moitié de nos médicaments proviennent de substances naturelles).

Voici quelques illustrations :

- La déforestation et le braconnage ont eu des effets dévastateurs, notamment sur les chimpanzés africains. Ils ne seraient aujourd’hui plus que 100 000 dans toute l’Afrique, contre 1 million en 1960.

- Autre fléau, le trafic d’animaux sauvages. Malgré les protections officielles, le commerce illégal d’animaux sauvages avoisinerait aujourd’hui un chiffre d’affaires de 5 milliards de dollars par an (selon l’ONG Wildlife), et la demande ne cesse d’augmenter, que ce soit peaux de crocodiles, défenses d’éléphants, crinière de lions, ailerons de requins et la liste est longue… Les conséquences sont terribles, le nombre des éléphants d’Afrique est tombé de 10 millions à 500 000, celui des antilopes du Tibet de 1 million à 75 000.

- Le réchauffement climatique menace entre autres les 25 000 ours polaires de l’Arctique. Entre braconnage et réchauffement climatique, ce sont 6 espèces d’ours sur 8 qui risquent de disparaître.

Sans oublier les poissons : à cause de la surpêche, les réserves s’épuisent et un tiers des espèces est en danger. Les réserves de cabillauds ont diminué de 97% en cinquante ans ! Les prises annuelles de thon rouge avoisinent les 60 000 tonnes soit le double des quotas imposés en Europe. Afin d’empêcher le dépeuplement des océans, il y aurait une solution selon les experts du monde entier réunis en Afrique du Sud en 2003 : il faudrait préserver 20 à 30% de la superficie des océans d’ici à 2012 pour permettre aux espèces décimées de se reconstituer. Mais, mauvaise nouvelle, les zones interdites de pêche ne couvrent pour l’instant que 2% des océans...

Sommes-nous devenus les pilleurs de notre planète ? Pourtant cette destruction très rapide nous fait perdre une partie de notre sécurité environnementale. Nous semblons ne pas prendre conscience que la biodiversité fournit des services vitaux à l’humanité tels que nettoyer l’eau, stabiliser l’atmosphère, créer des sols fertiles, fournir de nouveaux remèdes, etc.

Il y a quelque temps, l’IFAT (la Fédération Internationale du Commerce Equitable) lançait un slogan intéressant sur son site Internet.
Il illustre très bien notre manque de discernement pour toutes les choses qui se rapportent à la nature : sur un visage humain, était peinte la carte du monde, avec cette phrase « Prenez soin de moi, car je suis vous ». Révélateur, non ?

Auteur
Joaquim Da costa - Green-Ethic
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de son auteur.
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MessageSujet: Le déclin des oiseaux européens: un indicateur pour mesurer l’érosion de la biodiversité   Sam 14 Mar - 16:00

Le déclin des oiseaux européens: un indicateur pour mesurer l’érosion de la biodiversité

Une nouvelle étude menée par l’université de Durham (Royaume-Uni) et financée en partie par l’Agence européenne de l’environnement (AEE) a mis au point un indicateur pour mesurer la sensibilité des oiseaux européens aux variations des températures. Sur 122 espèces d’oiseaux communs étudiées parmi les 526 espèces répertoriées en Europe, 75% subiraient un déclin de leurs effectifs du fait du réchauffement climatique.

On apprend ainsi que les bécasses, divers passereaux, les pinsons, les mésanges boréales ou encore les rossignols pourraient un jour quitter le territoire européen faute d’avoir pu s’accommoder de la transformation de leur environnement.

Les oiseaux étant considérés comme un bon marqueur de la biodiversité l’AEE a décidé d’intégrer ce nouvel indicateur aux indices déjà utilisés pour mesurer l’érosion de la biodiversité sur le continent.
Article publié le 11 mars 2009

http://www.gondwana-agency.com/Le.dclin.des.oiseaux.europens:.un.indicateur.pour.mesurer.lrosion.de.la.biodiversit-542.html
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MessageSujet: De l'ormeau à la baleine: des espèces aquatiques au Canada risquent de disparaître   Mar 5 Mai - 11:53

La baleine boréale en voie de rétablissement dans l'Arctique canadien

OTTAWA, le 4 mai /CNW Telbec/ - Selon ce qu'affirme le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), qui s'est réuni à St. Andrews, au Nouveau-Brunswick, du 25 avril au 1er mai 2009, pour évaluer le risque de disparition de 27 espèces sauvages canadiennes, la baleine boréale est en voie de rétablissement dans l'Arctique canadien. La baleine boréale, très profondément ancrée dans la culture inuite, est le seul cétacé à fanons à demeurer toute l'année dans les eaux canadiennes du Haut-Arctique. La chasse commerciale à la baleine, qui remonte aux années 1500, avait gravement décimé les populations de baleines boréales bien avant que l'espèce bénéficie d'une protection dans les années 1930. Les connaissances traditionnelles autochtones et la recherche scientifique ont fourni des indications soulignant le fait que la taille des populations de baleines boréales a augmenté de façon constante au cours des dernières décennies. Par conséquent, la baleine boréale de l'est de l'Arctique a été reclassée dans une catégorie de moindre risque, passant de la catégorie "espèce menacée" à "espèce préoccupante", soit la même catégorie que celle de l'espèce de l'ouest de l'Arctique. Bien que l'abondance accrue soit encourageante, l'espèce est tout de même confrontée à un avenir incertain en raison des changements climatiques rapides observés dans l'Arctique.

Un moratoire, trop peu pour freiner le déclin des populations de deux autres espèces marines

La plie canadienne, un poisson semblable à la plie rouge et au flétan de l'Atlantique, a subi des déclins de plus de 90 p. 100 dans certaines aires longeant la côte est du Canada. A une certaine époque, la plie des Grands Bancs de Terre-Neuve faisait l'objet de la pêche au poisson plat la plus importante au monde. La surpêche a mené à l'imposition, en 1994, d'un moratoire visant la récolte dirigée de la population de Terre-Neuve, alors que la pêche est toujours permise dans le golfe du Saint-Laurent et le plateau néo-écossais. Ces populations ont été désignées "menacées". Les menaces continues incluent la mortalité due à la pêche, causée par les prises accessoires et les prises sous-déclarées.

La situation est encore plus navrante pour un grand mollusque marin de la côte du Pacifique. L'ormeau nordique, prisé pour sa chair succulente, est la seule espèce d'ormeau qui se trouve au Canada. Les effectifs de cette espèce continuent de connaître un déclin malgré un moratoire imposé pour une durée de 20 ans sur toute récolte. Le braconnage, pratiqué à grande échelle, est sans contredit la plus grande menace qui pèse sur l'ormeau. L'espèce a été reclassée dans une catégorie de risque supérieure, passant de la catégorie "menacée" à "en voie de disparition", ce qui traduit un risque accru de disparition depuis sa dernière évaluation, en 2000.

Une espèce des milieux humides en eaux troubles

Un quart des terres humides de la planète se trouvent au Canada. Elles représentent des écosystèmes d'une extrême importance qui procurent des habitats clés à une diversité d'espèces végétales et animales, dont des oiseaux migrateurs. Ces écosystèmes agissent, en quelque sorte, comme les reins de la nature, puisqu'ils filtrent les toxines et les débris de l'eau qui se déverse ensuite dans les cours d'eau majeurs. Dans certaines régions, les terres humides disparaissent rapidement, dont une perte supérieure à 60 p. 100 dans le sud de l'Ontario et au Manitoba, en raison de l'agriculture et de l'urbanisation. A ce jour, le tiers de toutes les espèces sauvages évaluées en péril par le COSEPAC vivent dans les terres humides ou à proximité de celles-ci.

En Amérique du Nord, plus de 90 p. 100 des aires de reproduction du Grèbe esclavon sont situées dans les terres humides canadiennes. La diminution de l'abondance de cette espèce dans l'ouest du Québec a justifié le statut "espèce préoccupante". La population distincte des îles de la Madeleine, au Québec, comptant moins de 50 reproducteurs, fait face à un risque de disparition plus élevé, ce qui lui a valu un statut "en voie de disparition".

Les marais salés littoraux offrent des conditions uniques pour des espèces nécessitant un habitat particulier, tel le satyre fauve des Maritimes.

A l'échelle de la planète, ce papillon se trouve seulement au Canada, où il habite dans quelques marais du nord du Nouveau-Brunswick et en Gaspésie. En raison de sa distribution extrêmement limitée et de sa vulnérabilité à la perte de son habitat, ce papillon a été désigné "en voie de disparition".

La grenouille léopard, autrefois omniprésente et commune dans les terres humides dans presque tout le Canada, a connu d'importants déclins. En Colombie-Britannique, il n'existe qu'une seule population dans la vallée de Creston, dans le sud de la province, qui a été désignée "en voie de disparition". Les populations des Prairies et du Nord sont, pour leur part, désignées "préoccupantes". La propagation de maladies exotiques et la perte d'habitat font partie des menaces continues qui pèsent sur cette espèce. Les populations de l'est du Manitoba, quant à elles, semblent bien se porter, et sont désignées "non en péril".

Prochaine réunion

La prochaine réunion d'évaluation des espèces sauvages du COSEPAC aura lieu à Ottawa, en Ontario, en novembre 2009.

Source :http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/May2009/04/c8139.html
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MessageSujet: En Europe, la nature disparaît à un rythme inquiétant   Mar 5 Mai - 14:48

En Europe, la nature disparaît à un rythme inquiétant


LE MONDE - 05.05.09 - ATHENES ENVOYÉE SPÉCIALE

Faire un bilan est toujours risqué. Stavros Dimas, le commissaire européen à l'environnement, s'est prêté à l'exercice à Athènes, les 27 et 28 avril, devant la fine fleur des experts de la biodiversité. Ce bilan ne s'imposait pas seulement parce que le mandat de la Commission arrive à échéance dans quelques semaines, mais aussi parce qu'il y a sept ans, la communauté internationale s'était fixé rendez-vous en 2010 - autant dire demain - pour mesurer les progrès accomplis en matière de lutte contre la disparition des espèces et la dégradation des écosystèmes constatées sur tous les continents.

L'objectif avait été adopté par les Nations unies, mais l'Union européenne (UE) avait choisi de se montrer encore plus ambitieuse en s'engageant à "stopper l'érosion de la biodiversité" à l'horizon 2010. L'état des lieux dressé par Jacqueline McGlade, la directrice exécutive de l'Agence européenne de l'environnement (AEE), montre qu'un peu de prudence aurait évité aux Européens de devoir assumer aujourd'hui un véritable échec. "L'objectif de 2010 ne sera pas atteint et la biodiversité européenne demeure très fortement menacée", a-t-elle confirmé.

De 40 % à 70 % des espèces d'oiseaux et de 50 % à 85 % des habitats dans lesquels se déploient la faune et la flore européennes se trouvent ainsi dans "une situation de conservation critique", selon les chiffres d'un rapport que l'AEE s'apprête à publier.

A-t-on au moins réussi à ralentir la cadence à laquelle la nature dépérit sous l'effet de la fragmentation du territoire, de l'extension des villes, des routes et de l'intensification de l'agriculture ? Le débat reste ouvert.

"Au niveau mondial, la moitié de la nature a disparu depuis l'ère préindustrielle et elle recule encore au rythme de 1 % par an. C'est peut-être moins en Europe depuis la création de Natura 2000", avance Andrew Balmford, professeur à l'université de Cambridge (Royaume-Uni). Avec ses 25 000 sites couvrant 17 % du territoire européen, Natura 2000 constitue le premier réseau d'aires protégées au monde. Mais cette vitrine a surtout vocation à préserver les espèces dites "remarquables", pas la biodiversité que l'on pourrait qualifier d'ordinaire, sur laquelle repose l'essentiel des services rendus par les écosystèmes.

En 2006, l'UE a adopté un plan d'action pour la protection de la biodiversité. La mise en oeuvre n'a pas suivi. "Ce plan n'a aucun caractère contraignant. C'est sa grande faiblesse. Sans menaces de sanctions, il est illusoire de penser que les gouvernements ou les acteurs économiques prendront en compte la biodiversité", remarque Tony Long, représentant du Fonds mondial de la nature (WWF).

Les scientifiques font aussi leur mea culpa : "Nous n'avons pas réussi à démontrer pourquoi la sauvegarde de la biodiversité est si importante", a reconnu John Hutton, du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Alors que, grâce au travail du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), à celui de l'économiste britannique Nicholas Stern et à l'engagement de l'ancien vice-président américain Al Gore, le changement climatique s'est hissé au sommet de l'agenda mondial, la crise de la biodiversité reste dans l'ombre. Et peu d'hommes politiques en ont saisi la gravité.

"Nous n'avons pas un indicateur simple - la hausse des températures ou la concentration du CO2 dans l'atmosphère - pour nous alerter. Nous n'avons pas non plus de scénarios nous mettant en garde contre les risques à franchir certains seuils, explique Lucien Chabason, de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Enfin, nous n'avons pas encore vécu d'épisodes comme Katrina ou la canicule de 2003 pour aider à la prise de conscience du problème." Certains phénomènes commencent cependant à frapper les esprits, tels l'effondrement des stocks de poissons ou la mortalité massive des abeilles.

"Le changement climatique et la perte de biodiversité sont intimement liés, ces deux crises doivent être traitées avec la même importance", a plaidé Stavros Dimas. Les écosystèmes jouent en effet un rôle majeur dans la régulation du climat. Les experts estiment qu'ils absorbent la moitié des émissions de gaz à effet de serre émis par l'homme.

A Athènes, la Commission et les scientifiques ont appelé les Européens à redoubler d'efforts et à se doter, secteur par secteur - agriculture, équipements, aménagements du territoire, etc. -, d'objectifs chiffrés qui permettront réellement d'enrayer la destruction de la nature. Bruxelles devrait lancer prochainement une campagne pour sensibiliser les citoyens européens. En 2007, 75 % d'entre eux ignoraient la signification du mot biodiversité, selon un sondage réalisé pour la Commission.

Laurence Caramel

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/05/05/en-europe-la-nature-disparait-a-un-rythme-inquietant_1189050_3244.html
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MessageSujet: Biodiversité : L’Europe en échec   Mar 12 Mai - 17:49

Biodiversité : L’Europe en échec





La biodiversité marine est gravement menacée par la surpêche



À l’occasion de la conférence européenne « Protection de la biodiversité au-delà de 2010 », l’Agence européenne de l’environnement a pointé les insuffisances du plan d’action adopté en 2006 par l’UE et le peu de résultats en dehors du plan Natura. Des indicateurs d’évolution des ressources doivent être mis en place prochainement.

L’Europe n’aura pas stoppé l’érosion de la biodiversité pour 2010 ! Les participants à la conférence « Protection de la biodiversité au-delà de 2010 » qui se tenait à Athènes les 27 et 28 avril, ont dû admettre que l’UE n’atteindrait pas l’objectif fixé lors du Sommet des nations unies sur le développement durable à Johannesburg en 2002. « L’objectif initial ne devrait pas être rempli », a confirmé le commissaire européen chargé de l’environnement Stavros Dimas. En dépit des efforts entrepris, notamment autour du réseau d’aires protégées Natura 2000 (17% du territoire européen sur 25 000 sites), le plan d’action pour la protection de la biodiversité adopté par la Commission européenne en 2006 n’a pas tenu ses promesses. En raison de l’absence de contrainte, de pans entiers de l’économie européenne comme l’agriculture et la pêche restent sourds aux appels à préserver la biodiversité. « La biodiversité européenne est sérieusement menacée et nos réponses politiques ont été insuffisantes pour endiguer son déclin » a regretté Jacqueline McGlade, directrice de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) qui a dressé le bilan des actions. Elle pointe notamment « les impacts environnementaux de nos modes de production et de consommation ».



Bientôt des indicateurs de la biodiversité



Les 230 représentants d’États membres de l’UE, d’ONG et d’organisations internationales réunis dans la capitale grecque ont plaidé pour une prise de conscience de l’importance de la préservation de la biodiversité pour l’avenir de l’humanité, au même titre que la lutte engagée contre le réchauffement climatique. « Nous devons améliorer nos connaissances sur ce que la biodiversité représente pour nous et les services et bénéfices que nous en tirons » a résumé Jacqueline McGlade. Le rapport SEBI 2010 qui doit être publié le mois prochain devrait ainsi aboutir à la mise en place d’indicateurs d’évolution de la biodiversité au niveau européen. Un « outil » qui permettra selon la directrice de l’AEE « de s’assurer que des décisions informées puissent être prises » et « que les gouvernements, acteurs économiques et citoyens connaissent de l’état de la biodiversité ». À la lecture du rapport de l’AEE, c’est pourtant moins d’informations que semble manquer l’Europe que de volonté pour faire appliquer des décisions déjà prises. Celles-ci restent en effet non contraignantes, et les résultats s’en font sentir.



Johannes Braun





Source: http://www.developpementdurablelejournal.com/spip.php?article4582
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MessageSujet: L’extinction des espèces ne connaît pas la crise   Jeu 21 Mai - 8:40

L’UICN (Union mondiale pour la nature rassemblant plus de 1000 organisations à travers le monde) vient en effet de publier l’édition 2009 de sa liste rouge. Et les chiffres ainsi dévoilés sont tout sauf rassurant : 1 227 espèces sont globalement menacées d'extinction, soit 12% de la totalité des oiseaux dans le monde et 192 espèces d'oiseaux sont en danger critique d'extinction : le nombre le plus haut jamais enregistré à ce jour. L'Erione à gorge bleue (Eriocnemis isabellae) et l'Alouette d'Érard German (Heteromirafra sidamoensis) sont désormais épingler à ce triste tableau. Autre motif de préoccupation pour l’UICN : le fait que 24 espèces sont encore plus menacées aujourd'hui qu'il
y a un an malgré des plans d'action mis en place de part le monde pour lutter contre cette tendance. Autrement dit les actions engagées n’ont pas les résultats escomptés. Mais il y a encore plus inquiétant : la raréfaction des espèces dites communes. Pour L’UICN, non seulement les oiseaux rares deviennent plus rares mais encore les oiseaux communs sont moins nombreux. Le Martinet ramoneur pour ne parler que de lui a ainsi vu sa population baisser de 30 % ces dix dernières années…

© coquin

http://www.pro-environnement.com/environnement/bonus/biodiversite-192-especes-d-oiseaux-sur-liste-rouge-544.htm
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MessageSujet: contre les espèces invasives   Dim 24 Mai - 8:16

Célébration de la Journée internationale de la diversité biologique : contre les espèces invasives




Le 22 Mai 2009


Les espèces exotiques envahissantes (EEE) - une des plus grandes menaces à la biodiversité, à l'écologie et au bien-être économique de la société et de la planète- est le thème de cette année pour la Journée internationale de la diversité biologique (JIB). Cette année, l'événement est celebré par un nombre record de pays, un reflet de la reconnaissance croissante de la menace à la diversité biologique et son impact sur le bien-être humain.

Dans son message de la JIB, le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, M. Ban Ki-moon a déclaré: « La méthode de contrôle la plus efficace et réalisable est la prévention. Pour réussir, cette stratégie exige une collaboration entre les gouvernements, les secteurs économiques et non-gouvernementaux et des organisations internationales. Un pays ne peut empêcher les invasions que si elle sait quelles espèces pourraient l’envahir, d’où elles pourraient provenir et les meilleures options de gestion pour les confronter. » Il a ajouté :« Les individus, eux aussi, ont une responsabilité. Le respect des quarantaines locales et internationales et de la réglementation douanière permettra d'éviter la propagation d'insectes nuisibles, de mauvaises herbes et de maladies. Une règle simple: laissez les organismes vivants dans leur habitat naturel et ramenez à la maison seulement des souvenirs. »

Les espèces exotiques envahissantes sont des espèces dont l'introduction et / ou la dissémination en dehors de leurs habitats naturels menacent la diversité biologique. Bien que seul un faible pourcentage d'organismes transportés à de nouveaux environnements devienne envahissant, leurs effets négatifs sur la sécurité alimentaire, les plantes, la santé animale et humaine et le développement économique peuvent être catastrophiques.

Le problème des espèces exotiques envahissantes continue de croître, essentiellement à cause du commerce mondial, des voyages et du transport, y compris le tourisme, à un coût énorme pour la santé humaine et animale et le bien-être socio-économique et écologique de la planète. Les pertes environnementales annuelles causées par des parasites agricoles introduits aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en Afrique du Sud, en Inde et au Brésil ont été estimées à plus de 100 milliards de dollars. Selon une étude, le coût mondial peut atteindre 1,4 trillion de dollars américains, ce qui représente 5% du PIB mondial.

Un sous-produit indésirable de la mondialisation, des espèces non-indigènes nuisent aux services écosystémiques, aux moyens de subsistance et aux économies à travers le monde. Par exemple, le gouvernement de l'Afrique du Sud consacre environ 60 millions de dollars par an dans une tentative d'éradiquer des plantes, telles que les acacias, qui envahissent des terres agricoles, les systèmes fluviaux et des sites touristiques économiquement importants tels que le Cape Floral Kingdom.

En Amérique du Nord, dans de la région des Grands lacs, la moule zébrée a des répercussions sur le transport maritime, la pêche et la production d'énergie électrique. Tout au long des îles de l'océan Pacifique, des rats provenant des navires étrangers exterminent des oiseaux indigènes. Dans de nombreux pays d’Afrique, la jacinthe d'eau encombre des lacs et des rivières, au détriment de la flore aquatique locale et des communautés et industries qui en tirent un profit.

Dans son message pour la Journée internationale, M. Miguel d'Escoto Brockmann, président de l'actuelle session de l'Assemblée générale des Nations Unies, a déclaré: « Il n'est pas trop tard pour prendre des mesures individuelles et collectives, pour répondre à la perte de biodiversité en vue de répondre à nos besoins quotidiens et de maintenir nos moyens de subsistance. » Il a ajouté que la perte continue de la précieuse diversité biologique ne peut plus être considérée simplement comme un problème environnemental, mais a souligné que la biodiversité ne doit pas être considérée uniquement comme la base de la vie sur Terre, mais aussi celle de notre économie.

Le Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), M. Luc Gnacadja, a salué les efforts déployés dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique pour accroître la sensibilisation et la compréhension de l'importance des espèces exotiques envahissantes pour la diversité biologique, l'économie mondiale et les moyens de subsistance des individus et des communautés, en précisant que: « Ceci est louable, une très importante leçon que nous avons tirée des récentes crises mondiales de la santé telles que le SRAS, la grippe aviaire, et plus récemment, la grippe porcine est la suivante : c’est seulement grâce à la diffusion rapide d’informations, la prise de conscience mondiale et la coopération que nous pouvons résoudre les problèmes associés aux espèces et agents pathogènes envahissants.

Au Colloque de la JIB qui s'est tenu le 22 mai à l'Université des Nations Unies (UNU) à Tokyo, M. Masayoshi Yoshino, Vice-ministre de l'Environnement du Japon, a déclaré: «Les mesures contre les espèces exotiques envahissantes nécessite des approches à long terme. Par conséquent, le gouvernement doit assurer la coordination avec les diverses parties prenantes, y compris les instituts de recherche et les entreprises privées pour prendre des mesures efficaces », il a également déclaré que la dixième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique qui se tiendra à Nagoya, Préfecture d’Aichi, au Japon en 2010, sera une excellente occasion d'informer le public de la façon dont la biodiversité est reliée à notre vie quotidienne et de renforcer notre volonté de la transmettre à la prochaine génération.

Le Secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique, M. Ahmed Djoghlaf a déclaré que: «La question des espèces exotiques envahissantes est pertinente à tous les types d'écosystème et est primordiale à la réalisation des trois objectifs de la Convention sur la diversité biologique- la conservation de la diversité biologique, son utilisation durable et le partage juste et équitable des avantages découlant de l'utilisation des ressources génétiques. »

Il a ajouté que: «Comme nous ne sommes qu'à quelques mois de 2010, l'Année internationale de la biodiversité, et la date cible pour l'objectif de la biodiversité de 2010, l'urgence de s'attaquer aux défis liés à la perte de biodiversité et une croissance économique maintenue et durable n'est plus une option mais une nécessité incontournable. Je suis donc très heureux d'annoncer que le thème de la célébration de la Journée internationale de 2010 pour la diversité biologique, laquelle coïncidera avec la célébration de l'Année internationale de la biodiversité, est : Diversité biologique pour le développement et la réduction de la pauvreté. J'invite tous les partenaires à contribuer aux objectifs de ces célébrations. »

La Journée internationale de la diversité biologique fournit aux Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) et ceux qui confrontent les EEE, une occasion de sensibiliser le public au problème et d’accroître des actions pratiques pour s'attaquer au problème.

Voici des exemples de la façon dont les pays célèbrent la JIB cette année:

* La ville de Montréal célèbrera la JIB à la Biosphère de Montréal, où il y aura une déclaration conjointe de la Ville de Montréal, du gouvernement du Québec et du gouvernement du Canada sur les espèces exotiques envahissantes et il y aura une présentation sur l’exposition de la biosphère sur les espèces exotiques envahissantes

* Le gouvernement japonais organise un colloque et une exposition sur les espèces exotiques envahissantes

* La ville de Francfort, par l'intermédiaire de son Initiative de Bio-Francfort, a contribué à la célébration en invitant toutes les parties prenantes

* En Irlande, le ministère de l'Environnement, du Patrimoine et des Gouvernements locaux (les parcs nationaux et le service de la faune et de la flore) et des ONG environnementales organisent une série d'activités au niveau national au cours de la Semaine nationale de la diversité biologique, du 17 au 24 mai

* Le Pérou a déclaré cette semaine, la semaine de la biodiversité

* En Éthiopie, l'Institut de la conservation de la biodiversité célèbre la journée grâce à un certain nombre d'événements. Il s'agit notamment d'un atelier d'une journée et de la visite des sites où les espèces envahissantes représentent une grave menace pour la biodiversité, la distribution de brochures, de livrets, d’affiches, etc. à des institutions travaillant avec les EEE, et la sensibilisation en utilisant des médias de masse tels que la télévision, la radio et les journaux

* Au Bénin, un certain nombre d'activités sont prévues, notamment un atelier pour évaluer le niveau de connaissance sur l'invasion des espèces exotiques au Bénin, une visite guidée avec la presse de l'un des sites colonisés par l'invasion d'espèces exotiques, et, la conception et la distribution d’affiches pour sensibiliser à l'invasion d'espèces exotiques et à la gestion durable de la biodiversité en général.

* En France, 10 plans d’action sont mis en place : prise en compte de la trame verte et bleue dans le schéma national des infrastructures de transports et dans les documents d’urbanisme, intégration des critères de biodiversité dans les aménagements touristiques et dans la politique agricole commune (bandes enherbées, infrastructures agroécologiques), renforcement des moyens de la fondation de recherche pour la biodiversité, mise en place d’un GIEC de la biodiversité, renforcement des moyens de l’Ifrecor...

Source :http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1991.php
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MessageSujet: Préserver la biodiversité coûte très cher   Mer 24 Juin - 15:39

Le coût de la préservation de la biodiversité peut se révéler exorbitant.



Le pique-prune est un genre de scarabée qui vit dans les troncs des vieux châtaigniers et se nourrit de bois mort. En voie de disparition, il est protégé par la Convention de Berne, relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe (1979).



Rémy Prud'homme raconte à son sujet, dans un rapport au Conseil d'analyse économique rédigé avec Michel Didier, une étonnante histoire. Le tracé de l'autoroute A 28, qui relie Abbeville à Tours en passant par Rouen, Alençon et Le Mans, traversait une forêt de la Sarthe, dans laquelle un entomologiste avait découvert, en 1996, une colonie de pique-prune coulant des jours paisibles dans des châtaigniers morts.



La construction de la section de l'autoroute en question semblait ainsi susceptible de mettre gravement en péril l'habitat et peut-être l'existence même du pique-prune dans cette région. Or ce dernier constitue, nous dit-on, un chaînon essentiel dans le fonctionnement écologique des milieux forestiers, tandis que sa présence serait le signe de la préservation d'un milieu rural de qualité.



Du coup, ni une, ni deux, une vingtaine d'associations de défense de l'environnement, soucieuses du bien-être et de la survie de la bestiole, invoquèrent — avec l'appui de la Commission européenne — la Convention de Berne, deux directives européennes et les principes de précaution et de respect de la biodiversité pour demander le gel des travaux. Qu'ils obtinrent.



Quinze décès



Six ans et de nombreuses expertises et contre-expertises plus tard, il fut finalement décidé de transférer sur des sites spécialement aménagés les châtaigniers abritant les augustes coléoptères. Ce qui permit de procéder enfin à la construction de la section d'autoroute controversée.



Ainsi aujourd'hui, « sur le site des Blottes, à Mayet, des palissades protègent les fûts [des châtaigniers] des vents dominants et mettent les larves à l'abri d'un ensoleillement trop important. [...]Plusieurs pique-prune ont été équipés de micro-émetteurs qui permettent d'étudier leurs déplacements », indique la société Cofiroute - heureuse concessionnaire de la partie de l'A 28 concernée - qui s'est engagée à prendre en charge pendant dix ans le suivi scientifique du scarabée. A tout seigneur, tout honneur...



Une histoire qui finit bien, en somme. Et une conclusion à méditer, puisque l'Homme parvient, au terme de ce joli conte, à mener à bien ses projets tout en respectant la nature...



Si, toutefois, on avait le goût des ratiocinations mesquines, la passion des considérations oiseuses et des querelles byzantines, on noterait, avec Rémy Prud'homme, «que le retard de réalisation [des travaux] a eu un coût en vies humaines»... En effet, poursuit l'économiste, «le nombre de décès par accident par milliard de véhicules*kilomètres parcourus est de 13,4 sur une nationale et de 4,7 sur une autoroute. Un calcul simple, fait sur la base d'un trafic journalier de 6.000 véhicules [...] montre que la construction six ans plus tôt de ce tronçon aurait épargné plus de 15 décès, sans parler de centaines de blessures graves ».



A quoi il convient d'ajouter le coût financier des gains de temps qu'aurait permis l'usage de l'autoroute si les travaux n'avaient connu une si longue interruption. En effet, si l'on considère que l'autoroute permet de gagner une demi-heure sur la distance Le Mans-Tours, que le salaire horaire net moyen - et donc le coût d'opportunité du temps perdu dans les transports - peut être arrondi (pour simplifier le calcul) à 10 euros, que le trafic sur le segment en question dépasse les 6.000 véhicules par jour et que le chantier a été interrompu pendant environ 2.300 jours (six à sept ans), la valeur du temps perdu peut être estimée, grossièrement bien sûr, à environ 70 millions d'euros.



Deep ecology



On peut également mentionner que l'interruption des travaux n'a sans doute pas été sans incidence sur le marché du travail: une capacité de déplacement plus rapide des demandeurs d'emploi équivaut en fait à une augmentation de la taille des bassins d'emploi, donc des marchés du travail; or, plus ceux-ci sont vastes, plus le chômage d'inadéquation tend à se réduire: les chances d'un chômeur de trouver un emploi correspondant à ses qualifications augmentent ordinairement avec la taille du marché du travail.



Il faut en somme que l'on fasse bien grand cas du pique-prune pour consentir de tels sacrifices pour son confort ou sa survie...



On ne peut, en fait, raisonnablement imaginer que ces coûts, financiers et humains, aient été connus et acceptés lorsqu'il s'est agi, au nom de la protection de la biodiversité, d'interrompre les travaux. Sinon peut-être par les tenants de l'«écologie profonde» (ou deep ecology, analysée par Luc Ferry dans Le Nouvel Ordre écologique) qui, refusant d'établir une hiérarchie entre les espèces, n'auraient aucune raison d'être heurtés par les égards accordés aux pique-prune au détriment de la sécurité des hommes. Les partisans de cette version radicale, biocentriste, de l'écologie sont toutefois peu nombreux en France.



On ne peut, dès lors, mettre cet arbitrage malheureux — si favorable au scarabée, si préjudiciable à l'espèce humaine — que sur le compte de l'ignorance, de l'inadvertance. Le calcul, l'analyse coût-bénéfice, n'a, d'évidence, pas été fait. Il n'est sans doute venu à l'esprit ni des associations de défense de l'environnement ni de la Commission européenne qu'une interruption durable des travaux contraignait les automobilistes à emprunter des voies des circulations moins sûres, ce qui, à terme, ne pouvait manquer de provoquer davantage d'accidents, donc d'avoir un coût en vies humaines.



Pourtant les chiffres étaient connus ou faciles à trouver. Le raisonnement pas excessivement complexe. Et le choix entre le pique-prune et l'Homme plutôt aisé.



Le sida, «manifestation de la biodiversité»



Alors, pourquoi cet arbitrage? Risquons une hypothèse: la protection de la nature apparaît souvent comme bonne a priori. Or, dans cet a priori réside une ambiguïté fondamentale, car si notre conception de l'écologie demeure anthropocentriste — nous sommes soucieux de la qualité de l'environnement parce que sa dégradation peut avoir des conséquences néfastes pour l'humanité — nous avons cependant tendance, par amour de la nature ou paresse intellectuelle, à perdre de vue cette perspective, cette finalité, donc à nous dispenser d'une réflexion au cas par cas sur les coûts et les bénéfices de nos actions en faveur de l'environnement, à présupposer en somme que les intérêts de l'Homme et ceux de la nature se confondent. Ce qui est bon pour l'une le serait également pour l'autre: la distinction entre la version biocentriste et la version anthropocentriste de l'écologie conserverait une portée théorique mais disparaîtrait dans la pratique.



A cet «éco-angélisme» s'ajoute, en l'occurrence, l'image déplorable dont souffrent, à l'inverse, les projets d'infrastructure routière: pollution locale, dégradation des paysages, pressions sur la biodiversité mais aussi circulation automobile, donc pollution sonore, émissions de CO2, etc. Dans ces conditions, la réflexion sur l'ensemble des conséquences que pourrait avoir l'interruption des travaux de construction d'une autoroute apparaît sans doute inutile, superflue. Qui ne verrait, en effet, entre l'innocent pique-prune menacé d'extinction et l'autoroute léonine et conquérante, lequel protéger et laquelle entraver? Entre préserver la biodiversité et accroître notre emprise sur la nature, faut-il hésiter longtemps — surtout lorsqu'une idéologie se propose opportunément de nous en dispenser?



Philippe Kourilsky et Geneviève Viney dans leur rapport sur le principe de précaution rappellent que « le côté positif de la biodiversité est souvent porteur d'une certaine charge idéologique. On s'en défendra en se remémorant que l'émergence du virus du Sida est une manifestation de la biodiversité». La préservation de cette dernière ne saurait donc évidemment être une fin en soi. Peut-être n'a-t-on pas suffisamment médité cette évidence.



Baptiste Marsollat



Source: http://www.slate.fr/story/7049/petits-scarab%C3%A9es-et-grosses-d%C3%A9penses
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MessageSujet: La fin de la biodiversité ? Tout le monde s'en fout !   Dim 5 Juil - 8:38

Le dernier rapport de l’UICN, Union Internationale pour la Conservation de la Nature, publié le 2 juillet est accablant: dans le monde, un amphibien sur trois, un oiseau sur huit et un mammifère sur quatre sont menacés de disparition pure et simple.



Et les milliers de scientifiques qui ont participé à l’étude expliquent que faute de moyens ils sont très probablement en dessous de la réalité et que les chiffres «sont considérablement sous-estimés». Le décompte mène au total de 16 928 espèces en voie d’extinction sur les 44 838 qui figurent sur la liste rouge des animaux en danger; décompte qui n’inclut pas les espèces végétales en perdition.



Les études menées également à propos des conséquences du réchauffement climatique sur cette chute accélérée de la biodiversité montrent que la situation ne peut que rapidement empirer, qu’il s’agisse des espèces animales ou des espèces végétales.



Depuis les années 50 du XXéme siècle, 1159 espèces ont disparu ou ne subsistent plus que dans quelques parcs zoologiques. Ce constat de l’allongement démesuré, depuis le dernier rapport il y a quatre ans, de la liste rouge de l’UICN, rappelle que la plupart des pays, y compris l’Europe et la France, ont échoué à freiner une tendance qui avait été constaté en 2002 à la conférence mondiale de Johannesburg qui ne faisait que reprendre les termes de la « Convention internationale sur le biodiversité » adoptée dans l’enthousiasme médiatique à la conférence de Rio en 1992. Encore qu’ « échoué » n’est pas le terme qui convient : en fait la quasi totalité des gouvernements ne se préoccupe absolument pas de la chute de la biodiversité. Le mot orne les discours mais n’entraîne pas de mesures concrètes. Alors que la préservation de cette biodiversité est partout une nécessité scientifique, pharmaceutique, alimentaire, économique et évidemment culturelle.



La Commission européenne n’a jamais réussi à émouvoir les 27 pays de l’Union Européenne alors qu’elle avait fixé comme objectif pour 2010, un renforcement de la biodiversité. Vœu pieux. Ce manque d’intérêt n’a rien à voir avec la crise économique qui commence aujourd’hui à servir d’excuse commode et amène l’UICN, qui n’est pas précisément un repaire d’écolos extrémistes, à déclarer en tête de son rapport « la crise que traverse la vie sauvage est pire que la crise économique ».



Les Français, et d’autres, s’émeuvent régulièrement de la raréfaction du tigre, de la réduction du nombre d’éléphants en Afrique, de l’orang-outan d’Indonésie ou du gorille des montagnes (il en reste 700) à la frontière du Congo et du Rwanda. Ils donnent volontiers des leçons de morale écologique à des pays économiquement faibles qui ont d’autres préoccupations urgentes ; alors qu’un pays (encore) riche comme l’Espagne se révèle incapable de préserver ses derniers lynx pardel et que la France peine à faire respecter les lois censées protéger la biodiversité.



Faute de moyens et surtout faute de volonté.



Et il n’y a pas que pour le loup, l’ours, le lynx ou les oiseaux sauvages que les gouvernements français, car la tendance lourde n’est pas nouvelle, laissent la nature à l’abandon, au gré des humeurs des élus locaux, généraux et régionaux. Tout ce qui reste de la richesse biologique française est saucissonné par les autoroutes inutiles, les déviations, les ronds-points ou les voies express à quatre voies hérissés de hautes clôtures ; comme celle que des élus viennent d’inaugurer sur douze kilomètres entre l’autoroute A 77 et la ville de Gien : l’exemple de ce qu’il ne faut plus faire avait promis le Grenelle de l’Environnement dont les recommandations se sont perdues dans l’espace politique et économique français. Ce petit morceau de fausse autoroute, comme bien d’autres, coupe en deux un écosystème ordinaire mais riche en espèces définitivement séparées et pour faire bonne mesure, le Conseil général a fait abattre tous les platanes vénérables qui bordaient l’ancienne route ; en vertu du principe bien connu selon lequel les arbres ont la fâcheuse manie de sauter au milieu des routes pour heurter les voitures. L’histoire de ces douze petits kilomètres calamiteux illustre le mépris constant pour la biodiversité : parce qu’il s’agit pour trop d’élus « d’histoires de petits oiseaux » et aussi, surtout, parce qu’au contraire d’une route ou d’un rond point, la préservation de la biodiversité ne s’inaugure pas avec coupage de ruban et photo dans le journal.



Autre illustration du comportement de nombreux élus : la Ligue pour la Protection des Oiseaux, à la suite de nombreux courriers de ses membres scandalisés, est partie hier en guerre contre les trop nombreuses municipalités qui organisent la destruction des nids d’hirondelles et de martinets dans les villes. Parce qu’il parait que ces oiseaux ont l’audace de chier sur quelques murs et quelques trottoirs. Pas étonnant qu’au cours des dernières années, période qui a vu l’intensification de ces « opérations propreté », les effectifs d’hirondelles aient chuté de 39 %. La LPO rappelle que la destruction d’un nid d’hirondelles est passible d’une amende de 9000 euros et de six mois de prison. Mais quel juge d’une ville de province condamnera son maire pour cette atteinte à la diversité. Surtout s’ils vont à la chasse ensemble...



Si on ajoute à ces agressions ordinaires ou extraordinaires, l’agriculture intensive, la prolifération des urbanisations anarchiques, la pollution et le recalibrage des torrents ou des rivières, l’assèchement des marais, la culture du maïs n’importe où, des chasseurs ou des agriculteurs qui sèment des pièges et de appâts empoisonnés, il est facile de comprendre que les textes et les déclarations de bonne volonté ne font pas une protection. A quoi sert, par exemple, que la loi protège 32 insectes, dont les superbes papillons Apollon ou Diane, si des dizaines de milliers de tonnes d’insecticides continuent à être épandus sur le territoire? Comme sur le département de l’Hérault ou un arrêté préfectoral, manifestement illégal, vient d’autoriser l’épandage de produits contre les insectes par avion.



Autre illustration de l’hypocrisie française : le ministère de l’Ecologie se vante régulièrement que la loi protège 55 espèces de mammifères. En omettant de préciser que ce chiffre comprend 34 espèces de chauve-souris. Et que, pour les mammifères comme pour les oiseaux, les tirs illégaux, les naturalisations pour vendre aux touristes sont trop rarement sanctionnés parce que les tribunaux (il s’agit de délits) ont autre chose à faire.



Les scientifiques qui travaillent, souvent de façon bénévole, pour l’UICN sont découragés de protester dans un désert politique et parfois médiatique. Si les courbes de disparition qu’ils décrivent se prolongent, ils crieront bientôt dans le désert de la planète. Mais bon, il y a le chômage, les délocalisations, la retraite qui prend un coup de vieux, la sécu qui a le cancer, l’insécurité, l’Irak (très pollué...), les licenciements, la grande misère des banquiers, les gens qui ne partent pas en vacances, alors on ne va pas faire un drame pour des hirondelles qui ne feront bientôt plus le printemps, une tulipe sauvage cueillie trop souvent ou une genette que les offices de tourisme ne peuvent pas montrer aux visiteurs...



Claude-Marie Vadrot - 03 Juillet 2009



Source : http://www.mediapart.fr/club/blog/claude-marie-vadrot/030709/la-fin-de-la-biodiversite-tout-le-monde-s-en-fout
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MessageSujet: Agriculture intensive : les hommes se nourrissent, la biodiversité se meurt   Ven 17 Juil - 9:35

Agriculture intensive : les hommes se nourrissent, la biodiversité se meurt


La directive Habitats de 1992 souhaitait la conservation de la biodiversité en Europe. Bien qu'elle ait vu la création de zones spéciales protégées dans les Etats membres, elle doit faire face aux problèmes posés par l'agriculture intensive. Un rapport de la Commission européenne, publié lundi (13 juillet), met en exergue l'érosion de la biodiversité. Fléau inéluctable ?

« Les papillons pourraient bientôt disparaître ». Ce constat sonne peut-être le glas de la biodiversité en Europe. Si les espèces, animales et végétales continuent de disparaître à un rythme effréné, c'est en partie dû au caractère ultra productiviste de l'agriculture. La main de l'homme, encore et toujours. Elle s'abat sur l'Europe et c'est toute notre richesse naturelle qui en pâtit.

La Commission, pour établir ce rapport, a étudié, de 2001 à 2006, 1 182 espèces animales et 216 types d'habitats. Car la lente et néanmoins inexorable érosion de la biodiversité tient en partie à la dégradation de son habitat naturel. L'Homme a faim, il doit se nourrir, peu importe le prix. L'alerte est donnée « pour les formations herbeuses et les zones humides et côtières », dévastés par l'agriculture intensive. La création de zones spéciales protégées, dont le réseau se nomme Natura 2000, n'a pas permis de freiner cette érosion.

Ne pas baisser la garde !

« Certaines régions sont devenues des déserts verts, sans aucune fleur », ce qui présage d'une possible disparition des papillons.
La moitié des reptiles et des amphibiens sont également en déclin et plus menacés que les oiseaux et les mammifères. Un fléau gravissime si l'on considère que la plupart des 151 espèces de reptiles et des 85 espèces d'amphibiens présents en Europe sont endémiques.
Une disparition totale de la surface de la terre. A l'heure où le développement durable est une thématique récurrente, comment en est-on arrivé là ?

Et pire encore, où en serait-on si la directive Habitats n'imposait pas des amendes aux pays qui ne respectent pas les habitats naturels menacés ? Mais loin de céder à l'alarmisme, le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas rappelle « qu'il ne faut pas baisser la garde ». Et il invite les Etats membres à résoudre le problème en redoublant d'efforts. Mais comment convaincre que la conservation de la biodiversité doit primer sur les considérations économiques ?

L'association écologiste BirdLife salue le caractère exhaustif du rapport, le plus complet jamais effectué, et réclame une réforme radicale de la PAC. Pour qu'agriculture et survivance ne soient plus en conflit avec la biodiversité. Toutefois, il est de bon ton de noter que certaines espèces réintègrent, elles, le continent. C'est notamment le cas du Lynx d'Eurasie, de l'ours brun, du loup et du castor.


Développementdurable.com - 15/07/2009

Source : http://www.developpementdurable.com/environnement/2009/07/A2342/agriculture-intensive-les-hommes-se-nourrissent-la-biodiversite-se-meurt.html
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MessageSujet: L’objectif international d’enrayer le déclin de la biodiversité dans le monde ne sera pas atteint en 2010   Ven 17 Juil - 9:37

L’objectif international d’enrayer le déclin de la biodiversité dans le monde ne sera pas atteint en 2010


Selon une étude de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) réalisée sur 45000 espèces et publiée le 1er juillet.

Le contexte


- En 2002, à l’occasion du Sommet mondial de la Terre de Johannesburg, les gouvernements se sont engagés à réduire le rythme de perte de biodiversité au niveau mondial d’ici à 2010, déclarée "année internationale de la biodiversité".

- Intitulé "Wildlife in a Changing World", le rapport de l’UICN analyse l’état de 44 838 espèces figurant sur sa "Liste Rouge", en fonction du groupe d’espèces, de la zone géographique et du type d’habitat (terre, eau douce, mer et océan). Mais les résultats sont sous-évalués car ils ne concernent que 2,7% des 1,8 million d’espèces recensées.

L’enjeu


"Chaque famille d’espèces étudiée poursuit son déclin. L’objectif d’enrayer la perte de la biodiversité d’ici 2010 ne sera pas atteint" affirme Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme de l’UICN pour les espèces et principal auteur de l’étude.

D’après cette enquête, 869 espèces sont aujourd’hui "éteintes" ou "éteintes à l’état sauvage". Un chiffre inquiétant auquel il faut ajouter les 290 espèces classées "en danger critique d’extinction", c’est-à-dire susceptibles de disparaître très prochainement si elles ne bénéficient pas de programmes de conservation adaptés.

La première cause du déclin de la biodiversité mondiale est la destruction des habitats naturels, causée par l’exploitation forestière, l’urbanisation ou le développement de l’agriculture.

Ces aménagements des espaces naturels menacent aujourd’hui d’extinction un tiers des amphibiens, mais aussi plus d’un oiseau sur huit et près d’un quart des mammifères. La situation de certaines plantes est encore plus préoccupante : 28% des espèces de conifères pourraient ainsi disparaître prochainement.

Autres menaces pesant sur la biodiversité : la pollution et les espèces envahissantes, "des phénomènes beaucoup plus durs à contrôler en mer que sur terre", souligne Jean-Christophe Vié.

Les espèces marines et d’eau douce souffrent également de la surpêche et de l’urbanisation des littoraux. 38% des poissons d’eau douce d’Europe sont aujourd’hui menacés, ainsi que 17% des 1045 espèces de requins et de raies et six espèces de tortues marines sur sept.

A toutes ces menaces s’ajoute celle du changement climatique, qui pourrait mettre en danger dans les prochaines années des espèces d’oiseaux, d’amphibiens et de coraux qui sont aujourd’hui en bonne santé.

Il existe néanmoins des raisons de demeurer optimiste. Grâce à des efforts de conservation au niveau local, 37 améliorations ont été constatées chez les mammifères en 2008 et une quinzaine d’oiseaux auraient évité l’extinction depuis 15 ans.

La situation globale de la faune et de la flore demeure cependant préoccupante : "La biodiversité doit recevoir le même degré d’attention que le changement climatique" affirme Jean-Christophe Vié, qui constate que "les hommes ne se rendent plus compte qu’ils dépendent de la nature pour manger, respirer ou se soigner."

Pour le responsable du programme espèces de l’UICN, qui "attend beaucoup" de la Conférence internationale sur le climat de décembre prochain, la solution ne sera pas simplement politique : "Il faut mobilier tous les acteurs possibles. Mais il est surtout nécessaire que chacun à son niveau arrête de gaspiller. La crise va peut-être aider à changer les mentalités."

Le débat


*/L’Union européenne a sollicité en 2008 le banquier indien Pavan Sukhdev pour réaliser une étude sur "l’économie des écosystèmes écologiques et de la biodiversité". Objectif : donner un prix aux différents services rendus par la nature (alimentation, énergie, eau, textile…) pour prendre conscience de sa valeur réelle./*

Une initiative qui divise la communauté scientifique. Certains chercheurs considèrent que le "rapport Sukhdev" peut contribuer à sensibiliser la scène politique et le grand public aux menaces qui pèsent sur la biodiversité, quand d’autres estiment que le vivant n’a pas de prix.

"Les travaux de Sukhdev ne seront intéressants que s’ils permettent à l’économie de prendre en compte les coûts environnementaux" estime Jean-Christophe Vié. "Il ne faut pas oublier que la nature est la plus grande entreprise de la planète : elle œuvre gratuitement au profit de 100% de l’humanité."
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MessageSujet: Agriculture intensive : les hommes se nourrissent, la biodiversité se meurt   Ven 24 Juil - 6:00

Agriculture intensive : les hommes se nourrissent, la biodiversité se meurt


La directive Habitats de 1992 souhaitait la conservation de la biodiversité en Europe. Bien qu'elle ait vu la création de zones spéciales protégées dans les Etats membres, elle doit faire face aux problèmes posés par l'agriculture intensive. Un rapport de la Commission européenne, publié lundi (13 juillet), met en exergue l'érosion de la biodiversité. Fléau inéluctable ?

« Les papillons pourraient bientôt disparaître ». Ce constat sonne peut-être le glas de la biodiversité en Europe. Si les espèces, animales et végétales continuent de disparaître à un rythme effréné, c'est en partie dû au caractère ultra productiviste de l'agriculture. La main de l'homme, encore et toujours. Elle s'abat sur l'Europe et c'est toute notre richesse naturelle qui en pâtit.

La Commission, pour établir ce rapport, a étudié, de 2001 à 2006, 1 182 espèces animales et 216 types d'habitats. Car la lente et néanmoins inexorable érosion de la biodiversité tient en partie à la dégradation de son habitat naturel. L'Homme a faim, il doit se nourrir, peu importe le prix. L'alerte est donnée « pour les formations herbeuses et les zones humides et côtières », dévastés par l'agriculture intensive. La création de zones spéciales protégées, dont le réseau se nomme Natura 2000, n'a pas permis de freiner cette érosion.

« Certaines régions sont devenues des déserts verts, sans aucune fleur », ce qui présage d'une possible disparition des papillons. La moitié des reptiles et des amphibiens sont également en déclin et plus menacés que les oiseaux et les mammifères. Un fléau gravissime si l'on considère que la plupart des 151 espèces de reptiles et des 85 espèces d'amphibiens présents en Europe sont endémiques. Une disparition totale de la surface de la terre. A l'heure où le développement durable est une thématique récurrente, comment en est-on arrivé là ?

Et pire encore, où en serait-on si la directive Habitats n'imposait pas des amendes aux pays qui ne respectent pas les habitats naturels menacés ? Mais loin de céder à l'alarmisme, le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas rappelle « qu'il ne faut pas baisser la garde ». Et il invite les Etats membres à résoudre le problème en redoublant d'efforts. Mais comment convaincre que la conservation de la biodiversité doit primer sur les considérations économiques ?

L'association écologiste BirdLife salue le caractère exhaustif du rapport, le plus complet jamais effectué, et réclame une réforme radicale de la PAC. Pour qu'agriculture et survivance ne soient plus en conflit avec la biodiversité. Toutefois, il est de bon ton de noter que certaines espèces réintègrent, elles, le continent. C'est notamment le cas du Lynx d'Eurasie, de l'ours brun, du loup et du castor.

Albane Wurtz - 22/07/2009

Source : http://www.developpementdurable.com/environnement/2009/07/A2342/agriculture-intensive-les-hommes-se-nourrissent-la-biodiversite-se-meurt.html


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