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 Crise alimentaire mondiale

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MessageSujet: Crise alimentaire mondiale   Jeu 14 Aoû - 12:21

Crise alimentaire mondiale
Trois experts font le point

13/08/2008

Laure Waridel, cofondatrice d’Équiterre

La planète compte près de 6,7 milliards d’habitants. De ce nombre, la Banque mondiale estime que plus de 2 milliards sont touchés par la crise alimentaire. Selon l’ONU, 36 pays vivent de l’insécurité alimentaire, dont 21 de l’Afrique subsaharienne, alors que cette région importe 45% du blé et 84% du riz qu’elle consomme. Quatre experts ont fait le point aujourd’hui lors d’une conférence sur la crise alimentaire qui s’est tenue à l’Université Laval.l

«Il y a des prix de denrées alimentaires qui ont augmenté entre 150% et 300% depuis 2000. Par exemple, le prix du blé a augmenté de 200%. Le maïs, le riz et les céréales ont été durement touchés. En moyenne, on parle d’une augmentation de 75% dans l’ensemble», a lancé d’entrée de jeu Jean-Jacques Déthier, directeur de recherche à la Banque mondiale.

M. Déthier a rappelé que la crise actuelle est le résultat de plusieurs facteurs. Parmi ceux-ci, l’expert note la hausse du prix du pétrole et la demande accrue de produits agricoles dues à la croissance démographique. Il a souligné que 50 millions de Chinois sortent de la pauvreté par année. Il a indiqué également d’autres facteurs comme le développement économique des pays émergents, la spéculation financière, la demande accrue de biocarburants, les politiques gouvernementales interdisant l’exportation des céréales d’abord initiées par l’Inde en octobre 2007. Enfin, il a pointé également la réduction des stocks alimentaires à cause entre autres des changements climatiques ce qui a comme conséquence que les stocks céréaliers sont actuellement de 409 millions de tonnes, soit leur plus bas niveau depuis 30 ans.

Impacts

Alors que 850 millions d’êtres humains étaient déjà victimes de sous-alimentation chronique et que plus de 3,5 millions d’enfants en meurent chaque année, plus de 2 milliards d’habitants sont maintenant touchés par la crise alimentaire, ce qui accentue du coup la mort infantile. «En 2007, il y a eu six millions d’enfants morts avant l’âge de cinq ans, car ils n’ont pas eu les moyens d’acheter de la nourriture ou d’avoir accès aux terres agricoles», a fait remarquer l’auteure et écosociologue Laure Waridel, cofondatrice d’Équiterre.

«Dans les pays pauvres, 70% à 80% du budget familial est consacré à la nourriture. Et c’est souvent bien peu. Au Canada, on parle de 10% à 11%, et nous mangeons à notre faim», a indiqué en comparaison Sylvain Charlebois, professeur de marketing à l’Université de Régina.

La Banque mondiale donne l’exemple d’un sac de riz de deux kilos qui représenterait la moitié du revenu moyen d’un foyer pauvre au Bangladesh.

«Quand on pense aux 100 milliards de tonnes de nourriture gaspillées annuellement aux États-Unis et au Canada, ce qui équivaut à 200 kilos par personne par année, c’est peu dire», laisse tomber M. Charlebois.

Mme Waridel mentionne que selon une analyse de l’ONU, jusqu’à la fin du 18e siècle, les écarts entre les 10 pays les plus pauvres du monde et les dix pays les plus riches étaient minimes. En 1920, les dix pays les plus riches avaient des avoirs trois fois plus élevés que les dix pays les plus pauvres. En 1992, on parle d’avoirs 72 fois plus élevés. Alors qu’aujourd’hui, les avoirs sont 279 fois plus élevés chez les dix pays les plus riches comparativement aux dix pays les plus pauvres.

http://www2.canoe.com:80/infos/international/archives/2008/08/20080813-184304.html
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MessageSujet: Manger du rat   Sam 16 Aoû - 16:26

Mangez du rat pour contrer la crise alimentaire

MONDE mer 13 août

Un secrétaire d'Etat de la région indienne du Bihar a dévoilé ce mercredi son plan pour atténuer les effets de la crise alimentaire mondiale: manger de la viande de rat.

"Cela contribuera à atténuer les effets de la crise alimentaire mondiale. Nous sommes certains que cela fera merveille", a assuré Vijay Prakash, secrétaire d'Etat au Bien-être social. "Cela permettra d'épargner nos céréales et d'éviter une dépendance vis à vis des stocks alimentaires", a-t-il ajouté.

Le fonctionnaire espère de rallier à ses vues les foyers indiens et ne désespère pas de voir le rongeur s'imposer aux menus des restaurants et des hôtels de luxe.

Selon lui, ce nouveau régime alimentaire aurait aussi la vertu de diminuer le nombre de rongeurs qui pillent chaque année 50% les récoltes du Bihar, l'un des Etats les plus défavorisés du pays.

"La seule question, c'est la façon dont les gens réagissent envers la viande de rat". Mais, selon lui "cela ne posera pas de problème". "Les gens pauvres du Bihar ont toujours mangé des rats. Si eux peuvent en manger, pourquoi pas le reste de la planète? ", a-t-il interrogé.

"La viande de rat compensera les déficiences nutritionnelles car elle constitue une source majeure de protéines", a plaidé M. Prakash.

Plusieurs communautés indiennes parmi les plus pauvres mangent du rat, notamment celle des Mushar.

http://www.rtlinfo.be:80/rtl/news/article/159432/--Mangez+du+rat+pour+contrer+la+crise+alimentaire
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MessageSujet: La production animale contribue à la famine !   Mer 20 Aoû - 13:07

La production animale contribue à la famine ! par Christophe Marie

En 1996, la Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire réaffirmait le « droit de chaque être humain d’avoir accès à une nourriture saine et nutritive », les signataires engageaient alors leur volonté politique à « éradiquer la faim dans tous les pays ».

En 2008, non seulement la malnutrition et la famine croissent dans plusieurs parties du monde, mais elles devraient atteindre de nouveaux sommets de souffrances. Des récoltes qui diminuent, des prix qui grimpent en flèche et des pratiques agricoles insoutenables ne sont que quelques-uns des facteurs qui mettent la vie en danger des personnes vulnérables.

Alors que la faim et la malnutrition tuent près de six millions d’enfants chaque année, il est inacceptable que d’énormes pourcentages de récoltes disponibles servent à nourrir des animaux de ferme (élevés, qui plus est, dans des conditions inacceptables).

Dans une lettre qu’elle vient d’adresser au secrétaire général des Nations Unies, Brigitte Bardot précise : « une collectivité mondiale responsable ne peut plus se permettre de consacrer de 7 à 16 kilos de grains ou de fèves de soja, jusqu’à 15 500 litres d’eau et 323 m² de pâturages à la production d’un seul kilo de bœuf pour ceux qui ont les moyens d’en acheter. Nous avons désespérément besoin de méthodes plus accessibles et plus durables afin de produire des aliments pour tous. »

Dans un rapport de 2006, la FAO (organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) affirme que l’élevage est l’une des causes principales des problèmes d’environnement les plus pressants, à savoir le réchauffement de la planète, la dégradation des terres, la pollution de l’atmosphère et des eaux et la perte de biodiversité. A l’aide d’une méthodologie appliquée à l’ensemble de la filière, le rapport estime que l’élevage est responsable de 18 pour cent des émissions des gaz à effet de serre, soit plus que les transports !

Par son intervention auprès des Nations Unies, Brigitte Bardot s’associe au lancement d’une pétition internationale demandant l’étude des avantages du végétarisme afin de les incorporer aux futures stratégies pour un monde sans faim.

Pour signer la pétition en français : http://un.evana.org/index.php ?lang=fr

le 19/08/2008

http://www.lemague.net:80/dyn/spip.php?article5129
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MessageSujet: La faim gagne du terrain   Sam 27 Sep - 6:44

La faim gagne du terrain

18 septembre 2008, Rome - La hausse des prix a plongé 75 millions de
personnes de plus au-dessous du seuil de la faim, portant le nombre
estimé de personnes sous-alimentées dans le monde à 923 millions en
2007, annonce aujourd'hui la FAO.

Les prix élevés des denrées alimentaires ont renversé la tendance
précédemment positive vers la réalisation de l’Objectif du Millénaire
pour le développement (OMD) relatif à la réduction de moitié de la
proportion de personnes souffrant de la faim dans le monde d'ici à 2015.

La FAO a publié les nouveaux chiffres de la faim à quelques jours de
la session de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les OMD.

La réalisation de l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation de
réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim sera
encore bien plus difficile à atteindre, selon la FAO.

Pour la période 2003-2005, la FAO estimait à 848 millions le nombre
d’affamés dans le monde, une hausse de 6 millions par rapport aux 842
millions de la période 1990-1992 (période de référence du Sommet
mondial de l'alimentation).

La flambée des prix des engrais, du carburant et des produits
alimentaires a aggravé le problème, indique la FAO. Les prix des
denrées alimentaires ont augmenté de 52 % entre 2007 et 2008 et les
prix des engrais ont presque doublé au cours de l’année dernière.

Tendances inquiétantes

"Les effets dévastateurs des prix élevés des denrées alimentaires sur
le nombre de personnes souffrant de la faim aggravent les tendances
de long terme déjà inquiétantes", selon M. Hafez Ghanem, Sous-
Directeur général de la FAO responsable du Département économique et
social. "La faim a augmenté alors que le monde s'est enrichi et a
produit plus de nourriture que jamais au cours de la dernière décennie."

Les acheteurs nets de nourriture - ce qui inclut presque tous les
citadins et une grande partie des ménages ruraux - ont subi un impact
négatif à court terme des prix élevés des denrées alimentaires. Cela
a affecté les revenus et le niveau de vie des ménages. Les plus
pauvres, les sans-terre et les femmes seules à la tête d’une famille
ont été les plus durement touchés.

Ces tendances négatives dans la lutte contre la faim risquent de
torpiller les efforts déployés pour réaliser également d’autres OMD,
selon M. Ghanem.

Outre le coût social dévastateur de la faim sur les vies humaines,
l’observation empirique montre l'impact négatif de la faim et de la
malnutrition sur la productivité du travail, la santé et l'éducation,
ce qui entraîne au bout du compte de faibles niveaux de croissance
économique globale.

"La faim est une cause de la pauvreté, pas simplement une
conséquence", affirme M. Kostas Stamoulis, économiste à la FAO. "Le
coût économique de la faim en termes de ressources requises pour
remédier à ses effets ainsi que son coût sur la valeur de la
productivité et les pertes de revenus sont estimés à des centaines de
milliards de dollars par an."

L'effet débilitant de la faim sur la productivité de l'homme et sur
le revenu conduit au piège de la faim, indique M. Stamoulis, à savoir
que l'extrême pauvreté, tout en étant responsable de la faim,
perpétue aussi la pauvreté.

Briser le piège faim-pauvreté

"Ramener le nombre de personnes souffrant de la faim à 500 millions
au cours des sept années qui restent d’ici à 2015 exigera un effort
mondial considérable et résolu ainsi que des actions concrètes",
affirme M. Ghanem.

Pour briser le piège faim-pauvreté, il est urgent d'agir
immédiatement sur deux fronts, selon la FAO: rendre la nourriture
accessible aux plus vulnérables et aider les petits agriculteurs à
accroître leur production et leurs revenus.

Cette double approche de la FAO vise à créer des opportunités pour
que les personnes souffrant de la faim améliorent leurs moyens
d'existence grâce au développement agricole et rural. Cela implique
également des politiques et des programmes, tels que les filets de
protection sociale qui améliorent l'accès direct et immédiat à la
nourriture.

En décembre 2007, la FAO a lancé son Initiative contre la flambée des
prix des denrées alimentaires afin d’aider les pays vulnérables à
mettre en place des mesures urgentes pour améliorer
l’approvisionnement alimentaire et apporter un soutien en matière de
politiques en vue d’améliorer l'accès à la nourriture.

L'Initiative comprend des projets d'urgence, en cours ou prévus, dans
au moins 78 pays dans le monde. Les actions immédiates comprennent la
distribution aux petits paysans de semences, d'engrais, de fourrage
et d'autres intrants et outils agricoles essentiels.

"Des investissements urgents offrant tout un éventail de produits et
à large échelle sont nécessaires pour aborder d'une façon durable le
problème croissant de l'insécurité alimentaire qui touche les pauvres
et les affamés", préconise M. Ghanem. "Aucun pays ou institution ne
pourra, seul, résoudre cette crise."

Rendements élevés

Selon la FAO, les pays les plus durement frappés par la crise
actuelle – la plupart d'entre eux en Afrique – auront besoin d’au
moins 30 milliards de dollars par an pour assurer la sécurité
alimentaire et relancer leur secteur agricole longtemps négligé.

Cela dit, la réduction de la faim est payante et devrait être
prioritaire en matière de développement, insiste M. Stamoulis.

"La réduction de l'incidence de la faim dans le monde entier
améliorera considérablement les possibilités de réaliser les OMD
relatifs à la réduction de la pauvreté, à l’éducation, à la mortalité
infantile, à la santé maternelle et aux maladies", plaide-t-il. "Les
dépenses publiques pour réduire la faim sont un investissement à
forte rentabilité."

Contacts:

Teresa Buerkle
Relations presse, FAO (Genève)
teresamarie.buerkle@fao.org
41) 22 917 2770
(+41) 789004393 (portable)

Bureau des relations presse, FAO
FAO-Newsroom@fao.org
(+39) 06 570 53625


http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2008/1000923/index.html


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MessageSujet: La crise alimentaire mondiale continue de frapper de plein fouet les plus démunis   Mer 1 Oct - 9:15

La crise alimentaire mondiale continue de frapper de plein fouet les plus démunis et la FAO vient de dénombrer 923 millions de personnes sous-alimentées, en hausse de 75 millions depuis la dernière étude, estimant la tendance "inquiétante". La crise financière internationale n’en finit pas de secouer les Bourses tout en provoquant des dégâts humains considérables. Les États les plus actifs dans la promotion de la mondialisation néolibérale n’en finissent pas de se révéler très interventionnistes, nationalisant à tour de bras banques et compagnies d’assurances...

Le plan de sauvetage annoncé par le gouvernement des États-Unis a fait rebondir les marchés de près de 10% en une journée car en bout de course, ce sont les pouvoirs publics, et donc les populations, qui vont payer très cher (jusqu’à 700 milliards de dollars pour ce seul plan) pour sauver des organismes privés que la soif de profit a conduits à des pratiques douteuses et à des investissements on ne peut plus hasardeux. Triste décor pour une économie capitaliste qui se considère comme la seule à même d’apporter la prospérité alors qu’elle porte en elle la domination, la violence et l’exploitation de manière structurelle.

En face, au même moment, environ 12 000 altermondialistes étaient réunis à Malmö, en Suède, pour le Forum social européen 2008. Les derniers mois ont donné matière à réflexion et à revendications. Elles conduisent toutes à un mot d’ordre clair : Un autre monde est possible, et vraiment nécessaire !

Ailleurs, au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, la tâche n’est pas simple pour des gouvernements progressistes mais l’espoir est de mise. Des avancées se précisent, des perspectives s’ouvrent.

Le CADTM est présent dans toutes ces directions par ses analyses et ses alternatives. Nous suivons tout cela de près et nous agissons au quotidien pour pouvoir peser de tout notre poids et faire basculer la balance du côté des peuples, loin de la logique de cette dette et de la soumission qu’elle implique, au Nord comme au Sud.

L’équipe du CADTM France

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article71888
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MessageSujet: La crise alimentaire mobilise moins les Etats que la crise financière   Ven 10 Oct - 7:57

PARIS source vérifiée — Des spécialistes de la lutte contre la faim mettent en parallèle les milliards mobilisés actuellement pour sauver banques et Bourses de la crise financière avec la difficulté à obtenir des fonds pour les 925 millions de personnes touchées par la faim dans le monde.

"Je suis surpris de la rapidité et de la facilité avec laquelle on arrive aux Etats-Unis à mobiliser 700 milliards de dollars pour sauver de grandes banques", souligne François Danel, directeur général d'Action contre la faim (ACF) qui organisait mercredi soir à Paris un débat sur la crise alimentaire mondiale.

"Quand il s'agit du drame de la faim, de la malnutrition, on a beaucoup de mal à mobiliser les énergies et les fonds", poursuit-il, ajoutant: "le contraste me paraît très fort alors qu'un enfant âgé de moins de 10 ans meurt de faim ou de ses conséquences toutes les cinq minutes dans le monde".

"La malnutrition sévère est une maladie qui peut tuer rapidement les enfants mais nous connaissons les produits thérapeutiques prêts à l'emploi et les protocoles qui peuvent les sauver", explique Susan Sheperd, de Médecins sans Frontières (MSF).

"Traiter un enfant malnutri coûte environ 60 dollars par an", précise Valérie Bemo, de la Fondation Gates, "mais au niveau des financements mondiaux, publics ou privés, la malnutrition est un secteur complètement négligé alors que 55 millions d'enfants sont malnutris".

Avec l'enveloppe budgétaire mondiale actuelle, on ne peut traiter que 5% de la malnutrition sévère, souligne le Dr Paluku Bahwere, expert de Valid International, pionnier du traitement de la malnutrition infantile à domicile. "Les sommes qui sont en ce moment trouvées pour renflouer des banques nous laissent évidemment rêveurs", lâche-t-il.

"Des centaines de millions de personnes souffrent de la faim mais ils le font en silence si bien que cette question n'est pas considérée comme stratégique par les gouvernants", commente Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

"Il y a des sommes dont l'ampleur aurait fait hurler de rire ou de terreur si on en avait demandé ne serait-ce que 10% pour lutter contre la faim, qui en 15 jours se sont évanouies à la Bourse et des centaines de milliards de dollars qui ont été rayés d'un trait de plume pour lutter contre cela", poursuit-il.

Dominic Schofield, de Global Alliance for Improved Nutrition, souligne que la lutte contre la faim souffre d'un "manque de volonté politique". Selon les estimations, trois milliards de dollars par an seraient nécessaires pour éradiquer la malnutrition.

Jean Ziegler, ex-rapporteur de l'Onu pour l'alimentation, martèle que "la faim n'est plus une fatalité dans aucun endroit du monde", assurant qu'"un enfant qui meurt de faim est assassiné".

Il estime que l'explosion des prix mondiaux des matières agricoles, qui a provoqué des émeutes de la faim dans une quarantaine de pays en avril 2008, est "une formidable agression contre les populations les plus pauvres de la planète, causée essentiellement par les agrocarburants et la spéculation qu'il serait facile d'interdire".

M. Ziegler insiste sur la nécessité pour les Etats "d'augmenter massivement leurs cotisations" en faveur du Programme alimentaire mondial (PAM), qui a perdu 40% de son pouvoir d'achat avec la flambée des prix des denrées de base.

Ce farouche défenseur du droit à l'alimentation oppose la "débandade bancaire et financière" à une "faillite morale" des gouvernants sur la question de la faim.

http://afp.google.com/article/ALeqM5gIIkGzZStspspNwCQCO-kY4hJJrQ
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MessageSujet: un enfant qui meurt de faim aujourd'hui est assassiné   Mar 14 Oct - 16:42

Pour Jean Ziegler, "un enfant qui meurt de faim aujourd'hui est assassiné"

Par Isabelle LIGNER

L'ex-rapporteur de l'Onu pour le droit à l'alimentation Jean Ziegler qualifie la faim dans le monde de "crime contre l'Humanité" et s'élève particulièrement contre le développement des biocarburants et la spéculation sur les denrées de base.

"En 2000, le premier objectif du millénaire que les Etats de l'Onu s'étaient fixé était de réduire la faim structurelle de moitié d'ici 2015, or la catastrophe ne cesse de s'agrandir pour toucher 925 millions de personnes", souligne M. Ziegler dans un entretien à l'AFP à l'occasion de la Journée internationale de l'alimentation du 16 octobre.

"Depuis 2000, les Etats les plus riches n'ont pas trouvé les 82 milliards de dollars par an pendant cinq ans nécessaires pour atteindre les huit objectifs du millénaire notamment la fin des épidémies ou de la faim mais parallèlement depuis début septembre des milliers de milliards de dollars ont été brûlés dans la crise financière", s'emporte le sociologue suisse.

Selon M. Ziegler, qui consacre son dernier livre, publié la semaine dernière, à cette thématique, "cette absurdité va renforcer la haine de l'Occident ressentie dans les pays pauvres". "Imaginez-vous en Afrique, les gens qui vont vers la mort à cause de la faim et qui apprennent par leur petite radio que les Américains et les Européens préfèrent sauver leurs banques", s'indigne-t-il. "C'est un crime contre l'Humanité qui est en train d'être perpétré, un enfant qui meurt de faim aujourd'hui est assassiné".

Le manque de moyens financiers concerne également le Programme alimentaire mondial de l'Onu, dépendant de la contribution des Etats, et qui, pour Jean Ziegler, "en est réduit à rationner la nourriture pour les réfugiés, par exemple au Darfour où un adulte reçoit 1.600 calories par jour au lieu des 2.200 recommandées par l'Organisation mondiale de la santé" (OMS).

Selon M. Ziegler, rapporteur spécial de l'Onu pour le droit à l'alimentation de 2001 à 2008, "la tragédie de la faim s'est également amplifiée à cause de l'explosion des prix mondiaux des matières agricoles" qui ont provoqué des émeutes dans une quarantaine de pays au printemps 2008 et "en raison du développement aussi massif que criminel des agrocarburants".

"La Banque mondiale elle-même dit qu'environ 45% de l'augmentation des prix des denrées de base est due aux prélèvements faits sur le marché mondial par les biocarburants", souligne M. Ziegler, aujourd'hui membre du comité consultatif du conseil des droits de l'Homme de l'Onu.

"Pour obtenir 50 litres d'agro-éthanol pour faire marcher une voiture américaine, il faut brûler 358 kilos de maïs, ce qui ferait vivre un enfant mexicain pendant une année", assure-t-il. "Et le crime continue puisque l'Union européenne va s'y mettre".

Parallèlement, ajoute-t-il, environ 40% des augmentations de prix des produits de base, sont dues "à la spéculation de ceux qui ont fui la bourse financière fin 2007 lors du premier petit krach et se sont transportés essentiellement à Chicago où sont fixés spéculativement les prix des principaux produits agricoles".

M. Ziegler espère qu'avec le krach financier, "les gens qui vont souffrir en Occident, vont tout à coup découvrir l'ennemi" qu'il définit comme "le néolibéralisme qui a fait croire qu'une dérégulation frénétique allait résorber tous les problèmes de l'Humanité dont la faim".

Selon lui, "cet obscurantisme totalement discrédité va lentement se déliter en faisant malheureusement d'autres victimes, avant d'être jeté dans les poubelles de l'Histoire".

http://www.france24.com:80/fr/20081014-jean-ziegler-enfant-meurt-faim-aujourdhui-est-assassine
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MessageSujet: Les USA et l'UE ont dépensé en une semaine de quoi nourrir le monde pendant 50 ans   Mar 14 Oct - 16:53

Les USA et l'UE ont dépensé en une semaine de quoi nourrir le monde pendant 50 ans.

dimanche 12 octobre 2008:

En Juin, la FAO (ONU) a demandé aux leaders mondiaux 30 milliards de $ pour relancer l’agriculture et parer à la menace de la pénurie alimentaire. Elle n’a obtenu que 7.5 milliards, payables en 4 ans. Ceci contraste avec les 700 milliards du "Plan de sauvetage" US - sans tenir compte des milliards européens.

7.5 milliards, payables en 4 ans, ça fait 1 (UN !) milliard et 875 millions par an.

Or, dans la semaine du 30 Septembre au 8 Octobre, outre les 700 milliards du "plan de sauvetage" (des banquiers) US, l’Allemagne a "injecté" [c’était de la morphine?] 50 milliards d’Euros pour "sauver" une banque, et l’Angleterre a acheté pour 90 milliards de $ d’actions et mis 350 milliards de £ à la disposition des banques (-iers).

"Comment, dès lors, expliquer à une personne de bonne foi et pleine de bon sens qu’il est impossible de trouver 30 milliards de dollars par an pour permettre à 862 millions d’être humains qui ont faim de bénéficier du plus élémentaire des Droits de l’Homme, le droit à se nourrir."

Ce qui a été dépensé en une semaine en "injection" de capitaux aurait permis d’assurer la sécurité alimentaire pour à peu près 50 ans !
Et si ce constat n’était pas assez désolant, il faut ajouter qu’il se perd chaque année pour 100 milliards de $ de nourriture et que la surconsommation des obèses atteint 20 autres milliards de $ au niveau mondial... !
Par ailleurs, l’industrie de la GUERRE a coûté l’an passé 1,2 billions de $, et cette année, ce chiffre a sûrement augmenté.

Pour l’industrie de la GUERRE et le "sauvetage" des BANQUES, il y aura probablement toujours suffisamment d’argent, pendant qu’il est demandé aux gens de travailler plus, mais sans manger.

"L’aide alimentaire" n’arrive que quand les exclus et les miséreux descendent dans la rue", a dit Jacques Diouf, Président de la FAO
http://www.aporrea.org/actualidad/n...

D’où la tenue de la Conférence Internationale des Réponses du Sud à la Crise Economique Mondiale les 8, 9 10 et 11 octobre 2008 à Caracas.
Quelques unes de ces réponses , rapportées par le journaliste Argentin Luis Bilbao :
L’ALBA est un bouclier contre la crise financière mondiale.
"Nous devons appeler tous les gouvernements à intégrer l’ALBA, et à dissoudre le MERCOSUR et la CAN"
"Il faut aussi proposer une Banque du Sud sans la présence des représentants du système financier international". (Suivez son regard...)
Il a aussi souligné la nécessité de créer une monnaie d’échange pour les pays du Sud.

http://www.abn.info.ve/noticia.php?...

Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article72490
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MessageSujet: La population mondiale augmente, la famine avec   Jeu 16 Oct - 15:51

Par Terra Economica | Magazine du développement durable | 15/10/2008

Une population en constante augmentation, des prix alimentaires historiques, certains font rapidement le lien. Ce jeudi 16 octobre a lieu, comme chaque année depuis la création de la FAO (Organisation des Nations Unis pour l’alimentation et l’agriculture) en 1945, la Journée mondiale de l’alimentation.

L’explosion des prix

Avec la hausse des prix des denrées alimentaires depuis trois ans, les populations les plus pauvres peinent à assurer leur survie. Les organisations non gouvernementales constatent aujourd’hui une aggravation des situations de malnutrition et de grande pauvreté alimentaire dans de nombreux pays. Parallèlement, le PRB (Population Reference Bureau) a publié la semaine dernière un rapport prévisionnel pour l’évolution de la population mondiale (télecharger le PDF). Celui-ci envisage le chiffre de 7 milliards d’habitants sur la planète en 2012, contre 6,7 milliards aujourd’hui. Et 9,3 milliards en 2050...

Le rapprochement d’un thème à l’autre est vite fait, notamment par le PRB qui déplore « une répartition inégale de la croissance démographique, ainsi que de la production alimentaire » à travers le monde. Mais pour Sylvain Trottier de l’organisation Action contre la Faim, le problème n’est pas si simple. « Notre planète peut nourrir 9 milliards de personnes », affirme-t-il, « des études le montrent ». La réelle préoccupation vient du contexte lié à cette hausse des prix alimentaires depuis quelques années.

La faim touche les classes moyennes

« Les modes de consommation des pays émergents comme l’Inde ou la Chine, les agrocarburants ou les troubles climatiques sont extrêmement inquiétants », estime Sylvain Trottier. En avril, l’ONU avait exigé des mesures concrètes de la part des pays membres. « Une première ! » remarque-t-il. Car la question de la faim et de la malnutrition est trop souvent oubliée. Figurant dans les Objectifs du Millénaire pour 2015, la faim est l’enfant pauvre de l’ONU. Pour un cadre d'ACF:

« La raison est toute simple : les populations affamées ne sont pas une menace pour les gouvernants. La prise de conscience est venue avec les émeutes, qui n’ont pas été le fait des plus mal nourris, mais de classes moyennes en voie de paupérisation à cause des hausses de prix. »

Une situation qui empire donc. Aujourd’hui, les ONG procèdent à des distributions d’urgence en Afghanistan, au Liberia, au Népal. Fin 2007, 925 millions d’êtres humains souffraient de la faim, 55 millions d’enfants de moins de cinq ans étaient mal nourris. Selon ACF, 3 milliards de dollars seraient suffisants chaque année pour prendre entièrement en main la sévère malnutrition des 19 millions d’enfants en danger, alors que que la faim coûte environ 2 à 3 points de PIB par an aux pays concernés.

Prendre les choses en main

Il y a six mois, une promesse de don de 6,5 milliards de dollars a été faite par les membres de l’ONU. Mais l’argent est toujours attendu. Pour sortir de l’impasse, car c’est bien à la catastrophe alimentaire que court le globe, il faut « réduire les objectifs des pays en termes d’agrocarburants » et donner la priorité à l’alimentation, conclue Sylvain Trottier.

La journée mondiale de l’alimentation, en marge de laquelle sont prévus un grand « freeze mob » à la Défense à Paris et un certain nombre d’actions de sensibilisation, orientera le débat vers la réalisation des promesse faites par les Nations unies et le G8 au printemps dernier. Le thème du changement climatique et des agrocarburants a été commenté vendredi dernier par Alexander Mueller, sous-directeur général de la FAO, en ces termes :

« Il convient d’élaborer des stratégies d’adaptation, plus particulièrement dans les pays vulnérables où vivent la plupart des quelque 920 millions d’affamés ; il faut revoir la question de l’utilisation des terres, les programmes de sécurité alimentaire et les politiques forestières et de pêche afin de protéger les pauvres des effets du changement climatique. »

Tout est dit, reste à agir.

http://www.rue89.com:80/2008/10/15/la-population-mondiale-augmente-la-famine-avec

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MessageSujet: Faim dans le monde: les pays riches ne tiennent pas leurs engagements   Sam 18 Oct - 17:05

Faim dans le monde: les pays riches ne tiennent pas leurs engagements, selon Kofi Annan

AP | 16.10.2008

Les pays riches ne tiennent pas leurs engagements en matière de lutte contre la faim dans le monde, a estimé l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan lors d'une conférence internationale jeudi à Dublin coïncidant avec la Journée mondiale de l'alimentation.

M. Annan a estimé que la crise financière mondiale ne devait pas détourner l'attention du problème. Soulignant que pour la seule journée de jeudi, la malnutrition tuerait 10.000 enfants dans le Tiers monde, il a ajouté que cela devait être considéré comme une tragédie aussi grande que la faillite d'une banque.

"La crise financière mérite une attention urgente. Mais la question de la faim aussi. Des millions de personnes (cette année) risquent de mourir. Est-ce moins urgent?", a déclaré Kofi Annan à la conférence "Lutter contre la faim", qui réunissait 200 experts de l'aide au développement venus d'Europe, d'Afrique et des Etats-Unis.

Il s'est interrogé sur le sérieux des engagements annoncés lors de la réunion du G8 à Gleneagles (Ecosse) en 2005 et d'un sommet sur l'alimentation qui a réuni 181 pays à Rome en juin dernier. La réunion du G8 avait débouché sur la promesse d'une augmentation de l'aide au développement pour l'Afrique à 50 milliards de dollars d'ici 2010. Au sommet de Rome, 12 milliards de dollars avaient été promis pour la modernisation de l'agriculture.

Si ces engagements avaient été tenus, la faim déclinerait aujourd'hui dans le Tiers monde, a affirmé M. Annan, alors que l'on observe la tendance inverse. Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde devrait passer cette année de 920 millions à un chiffre compris entre 950 à 970 millions, ont convenu les experts à la conférence de Dublin.

A Rome, le pape Benoît XVI a affirmé jeudi que la planète avait assez de ressources pour nourrir ses habitants, estimant que la faim dans le monde était en partie due à la corruption, aux dépenses militaires et à l'"égoïsme" des nations.

Les pays riches poursuivent leur "course à la consommation" alors même qu'il y a moins de denrées alimentaires dans les pays pauvres, souligne le souverain pontife dans un message adressé à l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Lors d'une cérémonie à Rome marquant la Journée mondiale de l'alimentation, le directeur de la FAO Jacques Diouf a indiqué que seulement 10% de l'argent promis pour lutter contre les pénuries alimentaires cette année avait été versé.

A la conférence de Dublin, l'économiste américain Jeffrey Sachs a estimé que l'on pouvait s'attendre à ce que les pays riches invoquent le coût de la crise pour justifier le non respect des engagements en faveur de l'agriculture africaine. Mais il récuse cet argument, soulignant que ce dossier n'a jamais été considéré comme une priorité internationale. "Même durant les années de forte croissance, il était impossible de mobiliser sur cette question", a souligné ce spécialiste du développement.

La directrice adjointe du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, Sheila Sisulu, a de son côté dressé un parallèle entre la lutte contre la malnutrition et la bataille pour maintenir à flot le système financier. Ces deux combats favorisent la paix et la stabilité, a-t-elle affirmé. Elle a précisé que ses services tentaient de convaincre les pays donateurs de ne pas réduire leur aide au développement dans leur budget 2009. AP

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/europe/20081016.FAP2243/faim_dans_le_monde_les_pays_riches_ne_tiennent_pas_leur.html
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MessageSujet: Malnutrition - Journée mondiale de l’alimentation   Sam 18 Oct - 17:08

Publié le 17/10/2008

Célébrée à travers le Monde, la Journée mondiale de l’alimentation a révélé l’inadéquation entre les centaines de milliards de dollars rapidement mis en oeuvre pour combattre la crise financière mondiale et les dizaines de milliards de dollars que la Fao et les Ong ne parviennent pas à débloquer pour éradiquer la faim dans le Monde

Jeudi 16 octobre, la journée mondiale de l’alimentation a été fêtée dans cent cinquante pays. Les 923 millions de personnes souffrant de la faim dénombrés à travers le Monde montrent que le défi de réduire de 50% la malnutrition ne sera pas atteint. Au contraire, les récentes pénuries mondiales et les hausses des cours mondiaux des principaux produits agricoles ont accru le fléau. Or la planète ne manque pas de ressources alimentaires!

«Le développement agricole durable et la sécurité alimentaire dans les pays les plus pauvres est le gage le plus sûr d’un monde progrès économique et social qui crée les conditions de paix et de sécurité alimentaire », a déclaré Jacques Diouf, directeur général de la Fao lors de la cérémonie de journée mondiale de l’alimentation organisée par l’organisation des Nations Unies.

Le déblocage de part et d’autre de l’Atlantique de centaines de milliards d’euros a interpellé ces derniers jours de nombreux leaders engagés dans la lutte contre la malnutrition.

Préserver des outils de régulation

Suzanne Moubarak, la femme du président Egyptien, a ainsi affirmé que « la crise méritait un effort de sauvetage à la hauteur de la réponse internationale déployée face à la crise financière et du crédit ».

« Nous venons de voir comment 700 milliards de dollars ont été débloqués en un temps record pour sauver les marchés financiers et comment les injections analogues ont été faits pour venir en aide aux banques financières », a-t-elle ajouté. «J’espère que l’ampleur de la crise alimentaire est telle qu’elle justifie la même diligence et résolution pour freiner sa progression alarmante. N’oublions pas que c’est la vie de millions de personnes qui est en jeu ».


Assurer la sécurité alimentaire des populations

A l’échelle nationale, la journée mondiale de l’alimentation, une occasion pour la Fnsea de rappeler ses positions pour le maintien d’outils de régulation

« Il est indispensable de préserver des outils de régulation de marché. Nous devons être capables de palier aux fluctuations et de faire face aux périodes de crises et de pénurie », a déclaré le syndicat le 16 octobre.

« Nous devons aussi être en mesure d’assurer la sécurité alimentaire des populations tout en préservant les ressources naturelles. L’Europe et plus particulièrement la France s’inscrivent dans cette démarche, consistant à produire plus et produire mieux ».


Source : Terre-net Média

Auteur : Frédéric Hénin

http://www.terre-net.fr:80/actualite-agricole/europe-international/article-alimentation-204-51548.html
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MessageSujet: Lutte contre la faim : les promesses non tenues des pays riches   Lun 27 Oct - 7:23

France Info - 16 octobre 2008
C’est aujourd’hui la Journée mondiale de l’alimentation. A cette occasion, le directeur général de la FAO dénonce l’attitude des pays développés en matière de lutte contre la faim.


Jacques Diouf affirme que l’organisation qu’il dirige n’a reçu qu’une "infime partie" des dons promis en 2008 alors que le nombre de mal-nourris pourrait encore augmenter.
"Seulement 10% des 22 milliards d’euros annoncés ont été versés", a-t-il précisé, déplorant que "face aux attentes des pays pauvres, les moyens financiers ne soient pas à la hauteur des besoins".

Un sommet mondial sur l’alimentation avait tenté, en juin dernier à Rome, de remobiliser la communauté internationale, recueillant près de 7 milliards d’euros de promesses de dons en trois jours.

Regrettant que "l’accent soit mis par les médias" sur l’actuelle crise financière "au détriment de la crise alimentaire", Jacques Diouf a rappelé que le "nombre des mal-nourris, au lieu de diminuer, a augmenté de 75 millions en 2007". "Ce chiffre pourrait encore augmenter en 2008", a-t-il prévenu.
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MessageSujet: La faim d’un monde et l’addition d’un krach   Jeu 30 Oct - 8:48

Le président Bush a donc présente la note aux contribuables américains : ils devront payer 700 milliards de dollars pour éponger les « créances douteuses » des banques américaines. Sans oublier le plan de sauvetage européen de 1600 milliards. « Créances douteuse », il s’agit de l’aimable expression employée pour désigner les spéculations éhontées que celles-ci ont réalisées en pleine légalité. C’est donc de l’argent public, celui des citoyens, qui réglera l’addition laissée par les entreprises privées. Telle est la morale de la « libre entreprise » et de « la loi du marché ». Dans la société capitaliste, on « nationalise » les pertes et on « privatise » les profits. Pendant ce temps, les mêmes responsables ne trouvent pas 30 milliards pour le tiers-monde...
La simple lecture des chiffres bruts n’exprime pas clairement les choix délibérés, en matière économique et sociale, des Etats qui ne jurent que par le libéralisme capitaliste. Aux Etats-Unis, par exemple, le budget 2008 est chiffré à 3100 milliards de dollars. Sur ce montant, 45% sont consacrés à la Défense, autrement dit à la guerre, soit 515 milliards, auxquels sera ajouté, en 2008, un complément de 70 milliards pour faire face aux expéditions américaines en Afghanistan et en Irak.

Comparons : le budget militaire américain représente à lui seul 45% des dépenses mondiales en la matière. Faut-il rappeler que, pour une population quatre fois plus importante, la Chine populaire ne consacre à sa défense que 50 milliards de dollars environ …

Banques : 2300 milliards trouvés...
Donc, chaque membre d’une famille des États-Unis devra débourser, au-delà des sommes consacrées à la guerre, plus de 2500 dollars supplémentaires, pour renflouer des banques ! Rappelons que celles-ci ont jeté à la rue des millions d’Américains qui ne pouvaient plus rembourser les prêts usuraires qui leur avaient été consentis. Qui pourra prétendre que l’appauvrissement de la population, suite à cette situation financière, n’aura pas un effet désastreux sur l’économie ? Si Wall Street renoue avec les profits, et si les spéculateurs poussent un ’ouf’ de soulagement, et à leur suite les « usagers du CAC 40 », les citoyens américains, eux, seront confrontés à une crise économique sans précédent qui va peser très lourd sur leur niveau de vie. Et l’océan Atlantique ne sera pas assez large pour que cette situation ne s’exporte pas sur notre continent et donc, en France.

Les crises économiques sont comme les nuages radioactifs, elles ne connaissent pas les frontières. Et que dire des populations abandonnées d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine qui meurent de faim, au sens littéral du terme,.« Près de 6 millions d’enfants dans le monde meurent chaque année de maladies liées à la faim et à la malnutrition1 et 852 millions de personnes sont actuellement sous-alimentées », annonce l’Agence des Nations Unies pour l’alimentation qui publie son rapport annuel sur l’insécurité alimentaire (FAO). En fait, ces chiffres doivent être majorés pour 2008, l’Agence annonçant 75 millions de personnes supplémentaires sans possibilité de se nourrir normalement.


Et 30 milliards introuvables pour 1 milliard d’affamés !

Jacques Diouf, le Directeur général de la FAO, propose une solution pour faire face à ce défi : « Pour éradiquer la faim dans le monde, il faut investir 30 milliards de dollars par an. Cela peut paraître beaucoup, mais tout est relatif : les dépenses d’armement représentent 1204 milliards de dollars. C’est donc une question de choix politique ».2

30 milliards de dollars par an, comparés aux dépenses de guerre et aux nouveaux sacrifices imposés aux citoyens pour éponger les malversations des banques, c’est une goutte d’eau dans la mer des profits privés réalisés par une petite minorité de spéculateurs. Et ces 30 milliards, on ne peut les rassembler, car ose-t- on nous dire, en France comme aux États-Unis, « faute de ressources budgétaires ». !

On résume donc : 30 milliards introuvables pour 1 milliard d’affamés et 2300 milliards trouvés pour les banques du Vieux Monde. Telle est la « faim » d’un monde nouveau.

Jean Lévy

1. « La plupart de ces enfants meurent de maladies infectieuses curables, notamment de diarrhée, de pneumonie, du paludisme ou de la rougeole, et qui auraient survécu si leurs constitutions physiques et leurs systèmes immunitaires n’avaient pas été affaiblis par la faim et la malnutrition », indique la FAO.

2. Sur le front de la lutte contre la faim et la pauvreté dans le monde , on ne saluera jamais assez le travail des chrétiens engagés à Pax Christi, au CCFD et au Secours Catholique.

(in Golias)
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MessageSujet: Bill Clinton : "Alimentation, énergie, malheurs financiers, tout est lié"   Ven 31 Oct - 16:40

Organisme: FAO Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

Bill Clinton : "Alimentation, énergie, malheurs financiers, tout est lié"
Le président Bill Clinton a appelé la communauté internationale à cesser d'utiliser la crise financière mondiale comme "excuse" pour éluder le problème de la faim qui s'aggrave, ajoutant que l'autosuffisance agricole est la seule réponse à long terme si l'on veut réduire la faim et prévenir d'autres malheurs financiers à l'avenir.

L'ancien président des Etats-Unis s'exprimait au siège des Nations Unies, à New York, au cours de la cérémonie marquant à la fois la célébration de la Journée mondiale de l'alimentation (JMA) et le 63e anniversaire de la FAO.

"La nourriture n'est pas une matière première comme les autres", a dit M. Clinton qui dirige une ONG internationale portant son nom.

"Nous devrions retourner à une politique d'autosuffisance agricole maximum", a souligné M. Clinton. Alors qu'il y aura toujours un marché mondial pour des cultures comme le riz, le blé ou le maïs, a-t-il ajouté "il serait insensé de considérer la nourriture comme un téléviseur couleur et penser qu'il est possible de développer beaucoup de ces pays où je travaille sans renforcer leur capacité à se nourrir par leurs propres moyens".

M. Clinton a préconisé le renforcement du commerce équitable et des programmes de commercialisation directe ainsi que d'autres mesures susceptibles de réduire le déséquilibre entre les producteurs agricoles des pays développés et les agriculteurs - des petits paysans pour la plupart - qui produisent la plus grande partie des aliments consommés dans le monde.

La faim s'aggrave

Le thème de la JMA cette année est La sécurité alimentaire mondiale: les défis du changement climatique et des bioénergies, mais l'événement a pris une connotation plus forte du fait de l'urgence face à l'aggravation de la faim et à la crise financière.

"La crise alimentaire, la crise énergétique, la crise financière montrent que nous vivons dans un monde interdépendant et qu'il n'est pas possible d'échapper à notre destinée commune", a dit le président Clinton.

"Il est très important pour les pays nantis, les particuliers riches et les compagnies prospères de réaliser, même s'ils ont été très durement touchés par la crise financière, qu'ils n'ont pas d'excuse pour éviter de se pencher sur les problèmes des autres, car cela nous évitera une autre crise financière à long terme."

Ban Ki-moon

Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, qui a pris la parole avant M. Clinton, a invité lui aussi les pays à collaborer en vue d'élaborer une "approche complète au problème de la sécurité alimentaire".

"Les difficultés actuelles s'intensifieront si nous ne parvenons pas à prendre une action résolue maintenant", a dit M. Ban Ki-moon.

"Le temps n'est plus où on pouvait se pencher sur un seul problème à la fois", a déclaré de son côté M. Miguel d'Escoto, président en exercice de l'Assemblée générale. Selon lui, les pays donateurs devraient tripler les fonds consacrés à l'assistance au pays en développement.

"Nous devons trouver des solutions qui transcendent les intérêts nationaux étroits et servent tous les peuples, toutes les nations et notre planète si fragile", a dit M. d'Escoto.

Diouf

M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, a mis en garde contre les conséquences sociales plus larges qui pourraient résulter de l'absence de solution au problème de la faim.

"L'élargissement du fossé entre la richesse fabuleuse et la pauvreté abjecte a poussé un grand nombre de démunis et de désespérés à s'exiler, outre mer ou à travers les continents, à la recherche de la terre promise.

"Confrontés à l'immigration, certains riches se sont barricadés dans leurs forteresses. Mais comment contraster l'exode massif sinon par la croissance économique et notamment le développement agricole vu que 70 % des pauvres vivent en milieu rural?"

M. Diouf a appelé à une révision urgente des droits de douane et d'autres barrières techniques qui "dénaturent les règles de la concurrence du commerce international".

"Nous devons bâtir de nouvelles relations internationales qui puissent procurer aux agriculteurs des pays développés des revenus comparables à ceux de leurs concitoyens des secteurs secondaire et tertiaire, mais sans pénaliser les agriculteurs des pays en développement", a souligné M. Diouf.

"Enfin, les Etats-Unis, les pays du G8 dont la présidence sera assurée par le premier ministre italien Silvio Berlusconi, le G5, le Conseil de coopération du Golfe et les autres Etats membres de la FAO et des Nations Unies devraient être capables de convoquer, durant la seconde moitié de 2009, un Sommet mondial sur la sécurité alimentaire au niveau des Chefs d'Etat et de Gouvernement en vue de parvenir à un large consensus pour éradiquer la faim dans le monde.

"Ce nouveau Sommet alimentaire mondial, a poursuivi M. Diouf, devrait permettre de trouver 30 milliards de dollars par an pour développer les infrastructures rurales et stimuler la productivité agricole dans les pays les moins développés."

Selon les derniers chiffres de la FAO, 75 millions de personnes ont rejoint, en 2007, les rangs des affamés, portant à 923 millions le nombre d'affamés.


Source : http://www.newspress.fr/communique_208441_1258.aspx

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MessageSujet: Vers un krash alimentaire mondial   Mer 3 Déc - 11:16

Vers un krash alimentaire mondial

Soirée Théma d’Arte ce soir mardi 2 décembre à 21 heures

mardi 2 décembre 2008

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Alors que la mondialisation est censée être synonyme de croissance, le monde se trouve dans une situation qu'il n'a plus connue depuis trente ans : les stocks de céréales n'assurent plus que 37 jours de nourriture à la population mondiale. C'est bien en-deçà du niveau officiel de la sécurité alimentaire, fixé à soixante jours. Le monde risque d'être plongé dans une crise très grave. Les statistiques indiquent que les récoltes de 2008 seront insuffisantes pour nourrir tous les habitants de la planète, pour la septième fois en huit ans. Au moment même où la demande chinoise en céréales s'est brusquement accélérée, les biocarburants ont commencé à redessiner la carte de l'agriculture mondiale. Aux Etats-Unis, la production d'éthanol à base de maïs engloutit le tiers des récoltes du pays.

______________________

Cela commence par un documentaire choc de 80 minutes d’Yves Billy, qui présente des images fortes, en particulier d’Afrique, d’Argentine et de Chine, entrecoupées de nombreuses interventions très claires de spécialistes qui donnent des clés pour mieux comprendre, dont Bruno Parmentier, qui intervient régulièrement, un peu comme fil rouge, mais aussi par exemple Lester Brown ou Marc Dufumier.

Ce document coup de poing donne une alerte très précise sur ce qui nous attend si nous ne nous saisissons pas collectivement du problème agricole et alimentaire mondial. Malheureusement il ne donne guère de solutions, mais il fixe très clairement les enjeux.

Ci-dessous une interview que Bruno Parmentier a donné à Arte à cette occasion

« Pour une révolution de la pratique agricole »
Directeur de l’ESA (École Supérieure d’Agriculture), Bruno Parmentier, ingénieur des mines et économiste, est l’auteur d’un ouvrage référence Nourrir l’humanité (Ed. La Découverte, 2007, prix Terra 2008) sur le défi alimentaire. Il en décrypte les enjeux.

Pourquoi n’a-t-on pris conscience de la crise alimentaire qu’en 2007 ?

Alors que huit des dix dernières ont été déficitaires en céréales, les stocks préalablement constitués (environ six mois de consommation depuis des décennies) ont un temps permis de maintenir les cours à bas niveau, jusqu’à ce qu’apparaisse la réalité d’une légère pénurie : nos stocks de céréales sont actuellement au plus bas depuis la 2ème guerre mondiale. Or quel que soit le prix, la demande des 6,5 milliards d’habitants sur la planète, elle, ne fléchit pas. Elle augmente même de 2% par an, entre les 80 millions de « convives supplémentaires », la croissance de la consommation de viande et de lait par une partie de la population, notamment les classes moyennes d’Asie, et la production de biocarburants. En outre, au gâchis à la production dans le Sud – les récoltes pourrissent par insuffisance de transports et de stockage -, s’ajoute celui, effrayant, à la consommation dans le Nord. Ainsi, en 2007, les courbes de croissance structurelle de la demande mondiale et celle de l’offre, très dépendante des conditions climatiques, se sont croisées.

Comment vont évoluer l’offre et la demande alimentaire mondiale dans les prochainesdécennies ?

Avec environ 3 milliards d’habitants en plus d’ici 2050, la demande alimentaire variera en fonction des continents. Afin que chacun mange à sa faim, il faudrait doubler la production agricole mondiale, mais en réalité la multiplier par 5 en Afrique, 2, 3 en Asie et 1,9 en Amérique latine. L’offre aura beaucoup de mal à suivre. Pourtant, le XXème siècle a enregistré certains succès en la matière. Ce n’est peut-être pas glorieux, mais alors que la population quadruplait, le chiffre de ceux qui souffraient de la faim est resté stable, à savoir 850 millions. On a donc produit nettement plus, mais avec beaucoup plus de ressources. Désormais, nous allons devoir faire toujours plus, mais avec moins de ressources, ce qui est beaucoup plus difficile.

Moins de terres, mais aussi moins d’eau et d’énergie…

Les terres arables (1,5 milliard d’hectares soit 12% de la planète) ne sont pas extensibles. Bien que les réserves, essentiellement les forêts tropicales, soient mises en culture à un rythme déraisonnable, accélérant le réchauffement climatique, nous perdons plus de terres que nous n’en gagnons, à cause de la pollution et de l’urbanisation massive. La Chine, par exemple, perd 1 million d’hectares par an ! Si en 1960, nous mangions à deux sur un hectare de terre cultivée pour quatre aujourd’hui, nous serons six en 2050. De plus, le réchauffement de la planète augmente les problèmes dus à l’eau et nous aurons à la fois davantage de sécheresse (par exemple depuis cinq ans, il ne peut plus en Australie, qui était un grand pays exportateur de céréales) et davantage d’inondations. Nous exploitons 200 millions d’hectares irrigués sur la planète et ne pourrons augmenter ce chiffre que de 20%, avec d’énormes investissements, tandis que le niveau des nappes phréatiques va baisser de façon très importante dans de nombreuses régions. Enfin, l’agriculture est très « énergétivore » : pour produire une tonne deblé, il faut près de 300 litres de pétrole, pour les engins, mais surtout pour les engrais et les pesticides. Les agriculteurs devront impérativement produire avec moins d’énergie. Dans le même temps, on leur demande de remplir les réservoirs d’essence avec les biocarburants. C’est un défi gigantesque.

Quelles solutions préconisez-vous ?

Au XXème siècle, on a artificialisé au maximum l’activité agricole, et notamment par la chimie, à travers les engrais, les fongicides, les insecticides et les herbicides. Une solution coûteuse, tant sur le plan financier qu’en termes d’énergie, de pollution et d’impact sur la santé. L’âge de la chimie pour l’agriculture est maintenant révolu. Le XXIème siècle devra être celui de la biologie, et en particulier de l’agriculture à « haute intensité environnementale ». Il faut trouver des moyens de faire jouer à la nature le rôle des engrais et des pesticides, c’est à dire par exemple avoir recours à des associations de plantes qui se protègent et se nourrissent entre elles et plus généralement faire appel à la biodiversité. Les vers de terre, par exemple, qui sont d’excellents laboureurs, les abeilles pollinisatrices, les bactéries, les champignons, etc. En outre, comme dans les régions tropicales, nous devrons récolter au moins deux fois l’an : une l’hiver pour nourrir la terre avec des plantes fixant le carbone et l’azote et économiser les engrais, et une l’été pour nourrir les hommes. Cette révolution urgente de toute la pratique agricole implique de vastes programmes de recherches. D’autant qu’il va falloir inventer des milliers d’agricultures, une par canton et par micro-climat…

Que pensez-vous du débat sur les OGM ?

Il est faussé, parce que les premiers OGM n’apportent pas de réelle solution aux problèmes de l’humanité et qu’ils ont été fabriqués par une multinationale américaine spécialisée dans les herbicides et les insecticides, Monsanto, dont le gouvernement américain a assuré des conditions favorisant le monopole, la privatisation du vivant et une impunité face aux dérives. Mais les vrai enjeux sont autres, par exemple la mise au point de céréales moins consommatrices d’eau ou de plantes productrices de protéines ou de vitamines, ou résistantes au froid ou à l’altitude, etc. Il peut y avoir des OGM « de vie ». Tandis que l’Europe bloque sur la question, les OGM plantés dans le monde recouvrent déjà cinq fois la surface agricole française. S’il faut d’abord parier sur une agriculture à haute intensité environnementale, nousdevons aussi lancer des recherches, publiques, sur les OGM en garantissant la sécurité pour calmer les peurs qui se sont multipliées. Car si les paysans échouent, la faim, elle, sera également très dangereuse quand elle engendrera émeutes et guerres.

Quelle est la responsabilité de l’OMC dans la crise alimentaire ?

Depuis vingt ans, la pensée unique a imposé l’idée qu’il fallait arrêter de soutenir les agriculteurs et ouvrir les frontières, pour une plus grande émulation. C’est pourquoi on a retiré à la FAO l’organisation de l’agriculture mondiale pour la confier aux commerçants de l’OMC. On a ainsi expliqué aux États africains que s’acharner à faire de la nourriture ne servait à rien, puisque d’autres pays étaient plus efficaces pour produire. Au nom du remboursement de la dette, la Banque mondiale et le FMI ont découragé le soutien à l’agriculture vivrière, au profit de celle génératrice de devises : arachide, coton, café, cacao... Cette politique s’est effondrée en 2007 lorsque les pays exportateurs de céréales ont fermé leurs frontières, affamant les pays qui avaient bradé leurs agricultures. Si dans l’imaginaire français traumatisé par les pénuries de la 2ème guerre mondiale, la faim est un phénomène urbain, ce sont en réalité des paysans qui meurent aujourd’hui de faim dans le monde, en silence. Le problème n’est donc pas de les nourrir, tâche pratiquement impossible, mais plutôt de cesser de les empêcher de se nourrir eux-mêmes ! D’où la nécessité d’une sorte de « planMarshall » pour reconstruire et soutenir l’agriculture vivrière et familiale dans ces pays. La paix mondiale sera à ce prix.

arte.tv

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article8907

http://television.telerama.fr/tele/emission.php?id=11114179

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MessageSujet: La FAO préoccupée   Lun 12 Jan - 15:02

Crise alimentaire - La FAO préoccupée

Alors que le prix des matières premières a largement baissé ces derniers mois, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture reste inquiète pour l’avenir.

En 2008, 40 millions de personnes ont rejoint les rangs des personnes sous-alimentées sur la planète. Au total, ce sont donc près d’un milliard de personnes qui souffrent quotidiennement de la faim dans le monde. Les prix sont évidemment responsables de cette dégradation et, malgré la baisse récente, la FAO observe que son indice des prix des denrées alimentaires était en octobre 2008 toujours plus haut de 28 % par rapport à son niveau d’octobre 2006. Par ailleurs, la crise financière actuelle inquiète également l’organisme des Nations unies : « Si le recul des prix et les restrictions sur le crédit associés à la crise économique devaient forcer les paysans à réduire les surfaces plantées, un nouveau cycle dramatique affectant les prix des denrées alimentaires pourrait se déclencher », indiquait en décembre le sous-directeur général de la FAO, Hafez Ghanem. Pour faire face à ces menaces, la FAO demande à nouveau aux leaders de la planète d’organiser un Sommet mondial sur la sécurité alimentaire au cours du premier semestre 2009 afin de « jeter les bases d’un nouvel ordre agricole mondial et de trouver 30 milliards par an pour éradiquer rapidement et définitivement la faim ».

http://www.secours-catholique.asso.fr/actualiteinternational_1708.htm
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MessageSujet: La crise alimentaire va s’aggraver   Jeu 12 Fév - 19:50

Les prix agricoles mondiaux sont redescendus, mais ils restent très
élevés. Et le ralentissement économique pèse sur la situation des
populations pauvres.

Oxfam - 26 janvier 2009

Alors que s’ouvre aujourd’hui à Madrid la conférence de haut niveau
sur « La sécurité alimentaire pour tous », Oxfam International publie
un nouveau rapport sur la crise alimentaire et rappelle qu’à l’heure
actuelle, la majorité des personnes souffrant de la faim dans le
monde ne reçoivent toujours aucune assistance.

Ce rapport, intitulé « Un milliard de personnes ont faim », souligne
que malgré la baisse des prix alimentaires ces derniers mois, ils ne
sont pas redescendus à leur niveau d’origine, privant des millions de
personnes supplémentaires d’une alimentation suffisante. La
population souffrant de la faim ne cesse de s’accroître, touchant
aujourd’hui un milliard de personnes, soit près d’une personne sur
six dans le monde.

A cela s’ajoutent la récession économique mondiale qui limite un peu
plus la capacité des pays pauvres à faire face à la crise alimentaire
et l’augmentation des risques liés au changement climatique, qui
accroît la fréquence et l’intensité des inondations, des sécheresses
et des cyclones tropicaux. Les prix des produits alimentaires sont
susceptibles de s’envoler à tout moment.

"La crise alimentaire est plus que jamais d’actualité. L’instabilité
des marchés pétroliers et l’augmentation des risques liés au
changement climatique accentuent la volatilité des prix alimentaires.
Alors que les hausses brutales des prix privent les consommateurs
pauvres de l’accès à la nourriture, leur chute soudaine détruit les
moyens de subsistance des agriculteurs. A cela s’ajoute la récession
économique mondiale, qui détruit des emplois, diminue les recettes
publiques et réduit la capacité des pays du Sud à mettre en place des
mécanismes de protection sociale pour les populations les plus
vulnérables. Un cercle vicieux qui nécessite plus que jamais une
action coordonnée de la communauté internationale " explique Jean-
Denis Crola d’Oxfam France - Agir ici.

Face à cette situation, le soutien de la communauté internationale
est insuffisant pour permettre aux gouvernements des pays touchés par
la crise alimentaire d’assumer leurs responsabilités vis-à-vis des
familles confrontées à la faim et à la pauvreté. Les agences d’aide
privilégient trop souvent la fourniture d’aide alimentaire, en
provenance majoritairement des pays riches, aux solutions locales ou
régionales, plus appropriées.

Le rapport « Un milliard de personnes ont faim » fait des
recommandations fortes pour accroître la protection sociale des
populations les plus vulnérables, comme un soutien aux programmes de
travaux publics, à l’assurance d’un salaire minimum, à des transferts
financiers ciblés ou à la mise en place de mécanismes d’atténuation
des risques des catastrophes naturelles. Pour être efficaces, ces
solutions nécessitent un financement prévisible et durable des
bailleurs de fonds, ce qui, aujourd’hui, n’est toujours pas le cas.

"Face à la crise alimentaire qui perdure, les gouvernements et les
agences d’aide doivent agir immédiatement et prendre des mesures
financières concrètes et coordonnées pour apporter une aide
d’urgence, mais surtout un soutien à long terme aux populations en
situation de pauvreté chronique", affirme Jean-Denis Crola.

Le rapport appelle également à un partenariat mondial renouvelé,
notamment pour améliorer l’efficacité des mécanismes existant et la
cohérence des politiques énergétiques, commerciales, agricoles des
pays riches pour préserver l’agriculture et la sécurité alimentaire
mondiale.

http://reporterre.net/spip.php?article159
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MessageSujet: L'agriculture doit changer pour nourrir le monde   Jeu 12 Fév - 19:51

09/02/2009

Les agriculteurs du monde doivent se convertir
sans tarder à des systèmes agricoles plus durables et plus productifs si
l'on veut nourrir la population croissante de la planète et relever le
défi du changement climatique, selon M. Shivaji Pandey, un des meilleurs
experts de la FAO en matière de cultures, qui s'adressait aux
participants du IVème Congrès mondial sur l'agriculture de conservation

(New Delhi, 4-7 février 2009).

Dans une allocution liminaire prononcée devant 1 000 personnes, M.
Pandey, Directeur de la Division de la production végétale et de la
protection des plantes de la FAO, considère l'agriculture de
conservation comme un pilier de ce changement.

"Le monde n'a d'autre choix que d'intensifier la production agricole
durable afin de satisfaire la demande croissante d'aliments pour les
hommes et les animaux, réduire la pauvreté et protéger les ressources
naturelles. L'agriculture de conservation est un volet essentiel de
cette intensification", souligne M. Pandey.

L'agriculture de conservation vise des systèmes agricoles durables et
rentables. Répudiant les opérations comme le labour mécanique, elle
repose sur trois principes fondamentaux: le travail minimal du sol, les
associations et les rotations culturales et la couverture permanente du
sol. Cela permet d'optimiser la santé et la productivité des terres.
Introduite il y a 25 ans environ, elle est désormais pratiquée sur 100
millions d'hectares dans le monde entier.

Dommages à l'environnement

Les méthodes traditionnelles de culture intensive ont, dans de nombreux
cas, contribué aux dommages occasionnés à l'environnement, faisant
reculer les taux de productivité agricole, alors que le monde a besoin
de doubler sa production vivrière pour nourrir 9 milliards d'êtres
humains en 2050, affirme M. Pandey.

"Dans maintes régions du monde, au nom de l'intensification, les
agriculteurs ont pratiqué à outrance le labour, la fertilisation,
l'irrigation et l'application de pesticides", rappelle-t-il. "Ce
faisant, nous avons perturbé tous les aspects du sol, de l'eau, des
terres, de la biodiversité et des services que fournit un écosystème en
bonne santé. Cela a eu pour conséquence la réduction progressive du taux
de croissance des rendements."

Si les tendances actuelles se poursuivent, le taux de croissance de la
productivité agricole devrait tomber à 1,5% d'ici à 2030, puis à 0,9% de
2030 à 2050, contre une croissance de 2,3% par an enregistrée depuis 1961.

Dans les pays en développement, la croissance des rendements de blé a
chuté d'environ 5% en 1980 à 2% en 2005. Pour le riz, elle est passée de
3,2% à 1,2% pour le riz, et de 3,1% à 1% pour le maïs au cours de la
même période.

Réduire l'empreinte écologique

L'agriculture de conservation pourrait non seulement aider à relever les
rendements mais aussi à fournir divers avantages importants pour
l'environnement, poursuit M. Pandey. Outre le rétablissement de la santé
des sols, elle abaisse également la consommation énergétique dans
l'agriculture, réduisant l'empreinte d'un secteur qui représente
actuellement quelque 30 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet
de serre.

Elle pourrait atténuer davantage les effets du changement climatique en
aidant à piéger le carbone dans le sol et économiser 1 200 km³ d'eau par
an d'ici à 2030, car des sols sains préservent mieux l'humidité et ont
par conséquent moins besoin d'irrigation.

Ce n'est qu'avec l'intensification durable de la production agricole que
l'on peut accomplir de véritables progrès vers la réalisation des
Objectifs du Millénaire pour le développement concernant la réduction de
la faim et de la pauvreté et la sauvegarde de l'environnement, affirme
l'expert de la FAO. Et d'ajouter: "Or, nous allons actuellement dans la
mauvaise direction."

Il a exhorté les gouvernements, les bailleurs de fonds et autres parties
prenantes à fournir un soutien stratégique et financier pour garantir
une adoption rapide et à plus vaste échelle de l'agriculture de
conservation. Il faut accélérer la formation, la recherche participative
et le renforcement des associations d'agriculteurs tout en diffusant le
nouveau matériel nécessaire à l'agriculture de conservation et, au
besoin, en le fabriquant sur place.

Les délégués réunis au Congrès, qui constitue le plus grand
rassemblement de la communauté favorable à l'agriculture de
conservation, sont des agriculteurs, des experts ou des décideurs en
provenance du monde entier.

La conférence, hébergée par le Conseil indien de la recherche agricole
(ICAR) et l'Académie nationale des sciences agricoles (NAAS), a
bénéficié du co-parrainage de la FAO, du FIDA et d'autres organisations
indiennes et internationales. Elle est axée sur les innovations en
agriculture susceptibles d'améliorer l'efficience, favoriser l'équité et
protéger l'environnement.

Pas de source mentionnée. Expéditeur : Jacques Maret
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MessageSujet: Famines 2009   Jeu 23 Avr - 9:03

Plus d’un milliard de personnes vont connaître la famine en 2009



Par Hiram Lee - 22 avril 2009

Dans un rapport remis lundi dernier à l’occasion de la Conférence de Bangkok (Thaïlande)des Nations unies sur la politique alimentaire, Jacques Diouf, secrétaire général de la FAO (Organisme des Nations unies pour l’alimentation et pour l’agriculture) a averti que plus d’un milliard de personnes dans le monde connaîtront très probablement des problèmes de famine en 2009. Ce chiffre dépasse les 963 millions, soit d’après les prévisions de la FAO, autour d’une personne sur sept en 2009.

Diouf a souligné qu’alors que les prix des denrées agricoles de première nécessité comme le riz, le maïs, ou le blé ont baissé par rapport aux prix catastrophiques atteints en 2008, ils demeurent autour de 30 pour cent plus élevés qu’en 2005. La semaine dernière, dans une interview donnée au Financial Times, Diouf a soutenu que la crise alimentaire n'est pas terminée.

Les prix actuels constituent déjà une énorme charge pour les pauvres et pour la classe ouvrière de par le monde. Diouf a prévenu que les prix pourraient une nouvelle fois être au niveau de ceux de 2007 et de 2008 suite à l’absence de crédits actuellement accordés aux agriculteurs, ce qui a nui à leur production et à leur capacité de production et de développement.

En 2007 et en 2008, le prix du maïs a augmenté de 31 pour cent, celui du riz de 74 pour cent, celui du soja de 87 pour cent et celui du blé de 130 pour cent. L’incapacité d’un grand nombre de personnes à accéder dans ces circonstances à des produits alimentaires basiques a provoqué des troubles au niveau mondial et des émeutes de la faim ont éclaté dans pas moins de 30 pays.

La FAO a établi dans le détail une liste des urgences dans le domaine alimentaire. Dans la mise à jour la plus récente des urgences alimentaires, publiée en février, la FAO signale que 32 pays du monde sont dans un état de crise immédiate et d’insécurité alimentaire et ces pays ont besoin d’une aide extérieure. La FAO a accordé une importance particulière à la bande de Gaza, dévastée par les récentes agressions israéliennes ainsi qu'au Kenya, à la Somalie et au Zimbabwe, pays « où la sécurité alimentaire est précaire suite à des récoltes affectées par la sécheresse, à une guerre civile et/ou à la crise économique. »

Selon ce rapport « En Afrique de l’Est, plus de 18 millions sont confrontés à de graves problèmes alimentaires soit à cause de conflits, soit à cause de troubles, soit à cause de mauvaises conditions météo, soit à cause de l’association de ces problèmes. Au Kenya des millions de personnes sont confrontées à des problèmes alimentaires et le gouvernement « a déclaré l’état de catastrophe nationale et a indiqué qu’approximativement 10 millions de personnes n’ont aucune sécurité alimentaire, y compris les 3,2 millions de personnes subissant la sécheresse ».

Toujours selon ce rapport, en Erythrée (en Afrique du Nord Est) « le prix des céréales est toujours élevé, affectant la sécurité alimentaire d’une grande partie de la population tandis que de l'autre côté de sa frontière occidentale, dans le sud du Soudan, malgré une amélioration globale de la fourniture en céréales, des problèmes de transport et du système des marchés rendront impossible tout mouvement des zones excédentaires vers les zones déficitaires ».

De son côté, la Confédération syndicale internationale a publié en mars un rapport intitulé « Un remède contre la faim, pourquoi le monde manque de nourriture » qui essaie de dresser un tableau plus large de la crise tout en se faisant l’écho des prédictions données par Diouf et par la FAO. « En Afrique, les plus pauvres sont les plus durement touchés. 160 millions de personnes essaient de survivre avec moins d’un demi-dollar par jour. La plupart de ces foyers sont des acheteurs nets de nourriture, pas des producteurs. Ceci entraîne que l’augmentation des prix alimentaires frappent durement les budgets domestiques des habitants les plus pauvres des pays en voie de développement. Cet impact est immédiatement ressenti parce que entre 50 et 70 pour cent de leur budget est consacré à la nourriture, écartant par là toute idée de régime équilibré à apport nutritionnel élevé. »

Le rapport continue en affirmant « dans le monde entier, les prix alimentaires n’ont jamais été aussi élevés depuis les années 70 et depuis la crise pétrolière... le choc des prix élevés avait déjà commencé en 2006 et les prix des matières premières agricoles n’a pas cessé d’augmenter jusqu’à la moitié de 2008.Des projections de la FAO à moyen terme indiquent que les prix alimentaires pourraient baisser en 2009 mais qu’ils resteront, au cours des années à venir, bien au dessus de leur niveau antérieur à 2004. »

Après avoir fait un certain nombre de prédictions sinistres concernant la famine mondiale, Diouf a proposé une solution pour faire face à la crise en demandant une aide financière aux dirigeants du G20. Diouf a affirmé que « le premier et le principal élément c’est le besoin d’investir dans la production agricole et ceci exigerait 30 milliards de dollars par an ».

La solution au problème que Diouf, la FAO et d’autres agences chargées de surveiller les urgences alimentaires proposent sont très éloignées du cœur du problème. Si on a besoin de 30 milliards de dollars ou plus par an, il faut se demander sous quel contrôle ou et dans l'intérêt de qui ces investissements devront être réalisés. Laisser entre les mains des dirigeants du G20, et des classes dirigeantes des Etats qu’ils représentent, l’apport de nourriture et sa distribution à la population mondiale, ne fait que conduire la crise alimentaire dans un chaos sans fin.

L’état déjà fragile et anarchique de la production alimentaire mondiale a été fortement aggravé par la crise du crédit et par la spéculation rampante sur la nourriture qui s’est produite lors de l’explosion des bulles du crédit, mais la racine de cette large insécurité alimentaire ne vient pas de la crise actuelle mais de la nature même du système capitaliste lui même, qui a donné naissance à cette crise.




http://www.wsws.org/francais/News/2009/avr09/fami-a22.shtml
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MessageSujet: Pourquoi une faim galopante au XXIe siècle et comment l’éradiquer ?   Lun 27 Avr - 16:43

Lundi 27 avril 2009, par jesusparis



Comment expliquer qu’on soit toujours confronté à la faim au 21ème siècle ? Un habitant de la planète sur sept souffre de la faim en permanence.

Les causes sont connues : une injustice profonde dans la distribution des richesses, un accaparement des terres par une minorité réduite de très grands propriétaires. Selon la FAO [1], 963 millions de personnes souffraient de la faim en 2008. Structurellement, ces personnes appartiennent paradoxalement à la population rurale. Ce sont en majorité des producteurs agricoles qui ne possèdent pas de propriétés ou pas assez de terres, ni de moyens pour les mettre en valeur.

Qu’est-ce qui a provoqué la crise alimentaire de 2007-2008 ?

Il faut souligner qu’en 2007-2008, le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de 140 millions. Cette nette augmentation est due à l’explosion du prix des produits alimentaires [2]. Dans de nombreux pays, cette augmentation des prix de vente des aliments au détail tourne autour de 50 %, parfois plus.

Pourquoi une telle augmentation ? Il est important de comprendre ce qui s’est passé depuis trois ans pour répondre à cette question et, ensuite, mettre en place des politiques alternatives adéquates.

D’une part, les pouvoirs publics du Nord ont augmenté leurs aides et leurs subventions pour les agro-carburants (appelés à tort « biocarburants » alors qu’ils n’ont pourtant rien de bio). Du coup, il est devenu rentable de remplacer les cultures vivrières par des cultures fourragères et d’oléagineux, ou de dévier une partie de la production de grains (maïs, blé…) vers la production d’agro-carburants.

D’autre part, après l’éclatement de la bulle de l’immobilier aux Etats-Unis, puis dans le reste du monde par ricochets, la spéculation des grands investisseurs (fonds de pension, banques d’investissement, hedge funds…) s’est déplacée vers les marchés boursiers où se négocient les contrats sur les denrées alimentaires (principalement trois Bourses des Etats-Unis spécialisées dans les marchés à terme de grains : Chicago, Kansas City et Minneapolis). Il est donc urgent pour les citoyens d’agir pour interdire par voie légale la spéculation sur les aliments… Bien que la spéculation à la hausse ait pris fin au milieu de l’année 2008 et que les prix sur les marchés à terme soient ensuite retombés en flèche, les prix au détail n’ont pas suivi le même mouvement. L’écrasante majorité de la population mondiale dispose de revenus très bas et subit encore aujourd’hui les conséquences dramatiques de l’augmentation des prix des aliments de 2007-2008.

Les dizaines de millions de perte d’emplois annoncées pour 2009-2010 à l’échelle mondiale vont aggraver la situation. Pour contrer cela, il faut que les autorités publiques exercent un contrôle sur les prix alimentaires afin de les faire baisser. L’augmentation de la faim dans le monde n’est pas due pour le moment au changement climatique. Mais ce facteur aura des conséquences très négatives dans l’avenir en termes de production dans certaines régions du monde, en particulier les zones tropicales et subtropicales. La production agricole dans les zones tempérées devrait être moins touchée. La solution consiste en une action radicale pour réduire brutalement les émissions de gaz à effets de serre (le GIEC [3] recommande une diminution de 80 % des émissions pour les pays les plus industrialisés et de 20% pour les autres).

Est-il possible d’éradiquer la faim ?

Eradiquer la faim, c’est tout à fait possible. Les solutions fondamentales pour atteindre cet objectif vital, passent par une politique de souveraineté alimentaire et une réforme agraire. C’est-à-dire nourrir la population à partir de l’effort des producteurs locaux, tout en limitant les importations et les exportations.

Il faut que la souveraineté alimentaire soit au cœur des décisions politiques des gouvernements. Il faut se baser sur les exploitations agricoles familiales utilisant des techniques destinées à produire des aliments dits « bio » (ou « organiques »). Cela permettra en plus de disposer d’une alimentation de qualité : sans OGM, sans pesticides, sans herbicides, sans engrais chimiques. Mais pour atteindre cet objectif-là, il faut que plus de 3 milliards de paysans puissent accéder à la terre en quantité suffisante et la travailler pour leur compte au lieu d’enrichir les grands propriétaires, les transnationales de l’agrobusiness et les commerçants. Il faut aussi qu’ils disposent, grâce à l’aide publique, des moyens pour cultiver la terre (sans l’épuiser). Pour ce faire, il faut une réforme agraire, réforme qui manque toujours cruellement, que ce soit au Brésil, en Bolivie, au Paraguay, au Pérou, en Asie ou dans certains pays d’Afrique. Une telle réforme agraire doit organiser la redistribution des terres en interdisant les grandes propriétés terriennes privées et en fournissant un soutien public au travail des agriculteurs.

Il est important de souligner que le FMI et surtout la Banque mondiale ont d’énormes responsabilités dans la crise alimentaire car ils ont recommandé aux gouvernements du Sud de supprimer les silos à grains qui servaient à alimenter le marché intérieur en cas d’insuffisance de l’offre et/ou d’explosion des prix. La Banque mondiale et le FMI ont poussé les gouvernements du Sud à supprimer les organismes de crédit public aux paysans et ont poussé ceux-ci dans les griffes des prêteurs privés (souvent de grands commerçants) ou des banques privées qui pratiquent des taux usuriers. Cela a provoqué l’endettement massif des petits paysans, que ce soit en Inde, au Nicaragua, au Mexique, en Egypte ou dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Selon les enquêtes officielles, le surendettement des paysans qui touche les paysans indiens est la cause principale du suicide de 150 000 paysans en Inde au cours des dix dernières années. C’est un pays où précisément la Banque mondiale s’est employée avec succès à convaincre les autorités de supprimer les agences publiques de crédit aux agriculteurs. Et ce n’est pas tout : au cours des 40 dernières années, la Banque mondiale et le FMI ont aussi poussé les pays tropicaux à réduire leur production de blé, de riz ou de maïs pour les remplacer par des cultures d’exportation (cacao, café, thé, bananes, arachide, fleurs…). Enfin, pour parachever leur travail en faveur des grandes sociétés de l’agrobusiness et des grands pays exportateurs de céréales (en commençant par les Etats-Unis, le Canada et l’Europe occidentale), ils ont poussé les gouvernements à ouvrir toutes grandes les frontières aux importations de nourriture qui bénéficient de subventions massives de la part des gouvernements du Nord, ce qui a provoqué la faillite de nombreux producteurs du Sud et une très forte réduction de la production vivrière locale.

En résumé, il est nécessaire de mettre en œuvre la souveraineté alimentaire et la réforme agraire. Il faut abandonner la production des agro-carburants industriels et bannir les subventions publiques à ceux qui les produisent. Il faut également recréer au Sud des stocks publics de réserves d’aliments (en particulier de grains : riz, blé, maïs…), (re)créer des organismes publics de crédit aux agriculteurs et rétablir une régulation des prix des aliments. Il faut garantir que les populations à bas revenu puissent bénéficier de bas prix pour des aliments de qualité. L’Etat doit garantir aux petits producteurs agricoles des prix de vente suffisamment élevés afin de leur permettre d’améliorer nettement leurs conditions de vie. L’Etat doit également développer les services publics dans les milieux ruraux (santé, éducation, communications, culture, « banques » de semences…). Les pouvoirs publics sont parfaitement à même de garantir à la fois des prix subventionnés aux consommateurs d’aliments et des prix de vente suffisamment élevés pour les petits producteurs agricoles afin qu’ils disposent de revenus suffisants.

Ce combat contre la faim n’est-il pas partie prenante d’un combat bien plus vaste ?

On ne peut prétendre sérieusement lutter contre la faim sans s’attaquer aux causes fondamentales de la situation actuelle. Or la dette est l’une d’entre elles, et les effets d’annonce sur ce thème, fréquents ces dernières années comme lors des sommets du G8 ou du G20, masquent mal que ce problème demeure entier. La crise globale qui touche le monde aujourd’hui aggrave la situation des pays en développement face au coût de l’endettement et de nouvelles crises de la dette au Sud sont en préparation. Or cette dette a conduit les peuples du Sud, souvent pourvus en richesses humaines et naturelles considérables, à un appauvrissement général. La dette est un pillage organisé auquel il est urgent de mettre fin.

En effet, le mécanisme infernal de la dette publique est un obstacle essentiel à la satisfaction des besoins humains fondamentaux, parmi lesquels l’accès à une alimentation décente. Sans aucun doute, la satisfaction des besoins humains fondamentaux doit primer sur toute autre considération, géopolitique ou financière. Sur un plan moral, les droits des créanciers, rentiers ou spéculateurs ne font pas le poids par rapport aux droits fondamentaux de six milliards de citoyens, piétinés par ce mécanisme implacable que représente la dette.

Il est immoral de demander aux pays appauvris par une crise globale dont ils ne sont nullement responsables de consacrer une grande partie de leurs ressources au remboursement de créanciers aisés (qu’ils soient du Nord ou du Sud) plutôt qu’à la satisfaction de ces besoins fondamentaux. L’immoralité de la dette découle également du fait qu’elle a très souvent été contractée par des régimes non démocratiques qui n’ont pas utilisé les sommes reçues dans l’intérêt de leurs populations et ont souvent organisé des détournements massifs d’argent, avec l’accord tacite ou actif des États du Nord, de la Banque mondiale et du FMI. Les créanciers des pays les plus industrialisés ont prêté en connaissance de cause à des régimes souvent corrompus. Ils ne sont pas en droit d’exiger des peuples qu’ils remboursent ces dettes immorales et illégitimes.

En somme, la dette est un des principaux mécanismes par lesquels une nouvelle forme de colonisation s’opère au détriment des peuples. Elle vient s’ajouter à des atteintes historiques portées également par les pays riches : esclavage, extermination de populations indigènes, joug colonial, pillage des matières premières, de la biodiversité, du savoir-faire des paysans (par le brevetage au profit des transnationales de l’agrobusiness du Nord des produits agricoles du Sud comme le riz basmati indien) et des biens culturels, fuite des cerveaux, etc. Il est plus que temps de remplacer la logique de domination par une logique de redistribution de richesses dans un souci de justice.

Le G8, le FMI, la Banque mondiale et le Club de Paris imposent leur propre vérité, leur propre justice, dont ils sont à la fois juge et partie. Face à la crise, le G20 a pris le relais et cherche à remettre un FMI discrédité et délégitimé au centre du jeu politique et économique. Il faut mettre fin à cette injustice qui profite aux oppresseurs, qu’ils soient du Nord ou du Sud.

Damien Millet, Eric Toussaint

Damien Millet, mathématicien, est porte-parole du CADTM France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org).

Eric Toussaint docteur en sciences politiques, est président du CADTM Belgique. Ils ont écrit ensemble le livre « 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale », CADTM/Syllepse, novembre 2008.
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MessageSujet: La faim ou sous-alimentation se manifestent   Dim 16 Aoû - 15:42

La faim ou sous-alimentation se manifeste lorsque l’apport quotidien de nourriture est inférieur à 2400 calories/jour et qu’il comporte moins de 20 g de protéines animales.

Aujourd’hui, les personnes menacées par la faim chronique sont déjà 950 millions. Elles étaient 800 millions en 2007. Leur nombre a augmenté entretemps à cause de l’expansion de l’agrobusiness - dont les technologies élèvent le prix des aliments - et de l’extension de superficies destinées à la culture d’agro-carburants produits pour assouvir la faim des machines et non des gens.

La faim est l’arme la plus meurtrière inventée par l’injustice humaine. Elle cause plus de morts que toutes les guerres. Elle élimine 23.000 vies par jour, presque 1000 personnes par heure ! Les principales victimes sont les enfants.

Presque personne ne meurt par manque d’aliments. L’être humain supporte presque tout : politiciens corrompus, humiliations, agressions, indifférences, l’opulence de quelques-uns. Même l’assiette vide. C’est pourquoi on ne peut dire que qui que ce soit meure d’absence complète d’aliments. Les affamés, quand ils n’ont rien à manger, mettent en bouche, pour tromper la faim, des résidus de poubelles, des lézards, des souris, des chats, des fourmis et des insectes divers. Le manque de vitamines, d’hydrates de carbone et d’autres substances nutritives essentielles affaiblit l’organisme et le rend vulnérable aux maladies. Les enfants rachitiques meurent d’un simple rhume, par manque de défenses.

Il n’y a que quatre facteurs de mort précoce : accidents (de travail ou de circulation), violence (meurtre, terrorisme ou guerre), maladies (cancer ou SIDA) et faim. Cette dernière produit le plus grand nombre de victimes. Toutefois c’est le facteur qui suscite le moins de mobilisations. Il y a des campagnes répétées contre le terrorisme ou pour traiter le SIDA, mais qui proteste contre la faim ?

Les misérables ne protestent pas. Seul celui qui mange se met en grève, descend dans la rue, manifeste publiquement son mécontentement et ses revendications. Comme ces gens ne souffrent pas de menace de faim, les affamés sont ignorés.

Les dirigeants des nations les plus riches et puissantes du monde réunis en G-8 au début du mois de juin à l’Aquila, en Italie, viennent de décider de libérer 15 milliards de dollars US pour calmer la faim dans le monde.

Quel cynisme se paie le G-8 ! Il est le responsable du fait que les affamés sont en multitude. Ceux-ci n’existeraient pas si les nations métropolitaines n’adoptaient pas des politiques protectionnistes, des barrières douanières, des multinationales d’agro-toxiques et de semences transgéniques. Presque 5 millions d’enfants ne mourraient pas chaque année si le G-8 ne manipulait pas l’OMC, ne stimulait pas l’inégalité sociale et tout ce qui l’augmente : la grande propriété, la spéculation sur les prix des aliments, l’appropriation privée de la richesse.

15 milliards de dollars seulement ! Ces messieurs-dames du G-8 savent-il combien de millions ont été destinés pour sauver, de septembre 2008 à juin 2009, non l’humanité, mais le marché financier ? Mille fois cette somme ! 15 milliards de dollars servent seulement à offrir quelques caramels à quelques affamés.

Sans compter qu’un bonne partie de ces ressources ira dans la bourse des corrompus ou servira de monnaie d’échange électorale. « Je vous donne un pain, votez pour moi ».

Si le G-8 avait réellement l’intention d’éradiquer la faim du monde, il promouvrait des changements dans les structures mercantilistes qui régissent la production et le commerce mondiaux, et il canaliserait plus de ressources vers les nations pauvres que vers les agents du marché financier et l’industrie de guerre.

Si les maîtres du monde voulaient en finir réellement avec la faim, ils déclareraient la grande propriété foncière crime contre l’humanité et permettraient la libre circulation des aliments, comme cela se passe avec l’argent. De même si, au lieu d’attraper quelques narcotrafiquants, ils avaient aussi l’intention d’éradiquer le trafic de drogues, ils se mettraient à détruire définitivement, avec leurs machines de guerre, les champs de plantation de marijuana, de coca, de pavot et autres végétaux, les transformant en zones d’agriculture familiale. Sans matières premières, il n’y a pas de trafiquant capable de produire de la drogue.

Dire que le G-8 essaye d’en finir avec la faim ou de sauver la planète de la dégradation environnementale équivaut à espérer que le Père Noël apporte en cadeau, lors de la prochaine fête de Noël, une vie digne à tous les enfants pauvres. Le cynisme est tel que les dirigeants du monde promettent d’établir des bases de viabilité environnementale à partir de 2050. Or l’un des enseignements évidents de la nature, c’est qu’à moyen terme, nous serons tous morts.
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MessageSujet: la sécurité alimentaire des populations dans un contexte de croissance démographique et de diminution des ressources.   Ven 21 Aoû - 5:36

Disposant d’une superficie insuffisante de terres cultivables, plusieurs pays ont subi en 2008 l'envolée du prix des produits alimentaires (selon la FAO, le prix des céréales avait augmenté de 84% entre mai 2007 et mai 2008). Par ailleurs, les investisseurs financiers, alertés par la dernière crise, s'orientent de plus en plus vers le commerce rentable des denrées alimentaires. La mondialisation du marché foncier, les perspectives alléchantes de profits tirés de la production agricole transforment l'achat de terres arables dans le monde en un phénomène d'une ampleur considérable. Dans une indifférence quasi générale face à cette nouvelle entreprise criminelle.

L'enjeu est pourtant colossal: la sécurité alimentaire des populations dans un contexte de croissance démographique et de diminution des ressources. Mais pouvait-on douter que le capitalisme aille jusqu'au terme de sa logique ? Une logique suicidaire, combien de fois faudra-t-il le rappeler?

Un monopoly géant

Le premier constructeur naval sud-coréen, Hyundai Heavy Industries, vient d'annoncer sa participation à l'effort national pour sécuriser les ressources alimentaires du pays. HHI vient d'acquérir 67,6% des parts de Khorol Zerno, propriétaire et exploitant de 10.000 hectares de terres agricoles dans le grand est russe. Ces terres devraient permettre de produire 60.000 tonnes de maïs et de haricots par an d'ici 2014, soulageant d'autant les fermes sud-coréennes.

A Madagascar, c'est Daewoo Logistics qui projetait de louer plus d'1,3 million d'hectares pour produire de l'huile de palme et du maïs, une surface qui représentait la moitié des terres cultivables du pays (sans oublier que la monoculture appauvrit la terre, justifiant ultérieurement le recours massif à l'utilisation d'engrais et de traitements pour combattre les déséquilibres). Bien entendu, l'entreprise s'engageait à reloger les ménages, à participer à la création d'infrastructures (routes, écoles, adduction d'eau, électricité...), à former les ouvriers malgaches: le monde est surpeuplé de philanthropes! La colère suscitée par les révélations entourant l'entente entre la compagnie et le gouvernement malgache a finalement fait avorter le projet, contribuant aussi à la chute de l'ancien chef d'État, M. Ravalomanana.

En 2006, Pékin a signé des accords de coopération agricole avec plusieurs Etats africains qui ont permis l'installation de quatorze fermes expérimentales en Zambie, au Zimbabwe, en Ouganda et en Tanzanie. D'ici 2010, un million de paysans chinois pourraient être installés sur ces terres. Si officiellement il s'agit d'aider les pays d'accueil à augmenter leur production grâce aux technologies chinoises, il est évident qu'une bonne partie des récoltes sera exportée vers la Chine.

Récemment, Sassou Nguesso aurait proposé de vendre des terres du Congo à des fermiers sud-africains pour une durée de 99 ans ! Dix millions d'hectares - deux fois le territoire de la Suisse - de terres agricoles seraient ainsi destinées à 1300 agriculteurs sud-africains pour cultiver du maïs et du soja, élever de la volaille et des vaches laitières.

Jusqu'à présent, cinq pays se distinguent particulièrement par l'importance de leur prospection et de leurs acquisitions de terres arables à l'étranger : la Chine, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, le Japon et l'Arabie Saoudite. Le total des terres dont ils disposent aujourd'hui atteint plus de 7,6 millions d'hectares à cultiver hors territoire national. Mais l'offensive est plus large : le Qatar dispose de terres en Indonésie, Bahreïn aux Philippines, le Koweït en Birmanie, la Libye en Ukraine, Djibouti en Ethiopie et au Soudan. Au total, alors que le continent africain souffre de fréquentes famines et de sous-nutrition, près de vingt millions d'hectares de terres fertiles -l'équivalent de la France - ont déjà été vendues ou sont en cours de négociation. Les pays d'Europe centrale et orientale risquent, eux aussi, de s'intégrer à la liste des victimes : 15% de la surface totale de la Roumanie seraient entre les mains de propriétaires originaires d'autres pays européens.

Le phénomène d'accaparement des terres n'est certes pas nouveau. Il remonte aux premières colonisations. Mais il se déroule cette fois-ci à l'échelle de la planète, et il concerne le plus souvent les meilleures terres et les plus irriguées. Les Etats visent à suppléer une production intérieure souvent compromise par une urbanisation galopante et la diminution des ressources en eau. Il faut aussi rappeler que la Chine représente 40% de la population active agricole mondiale mais ne possède que 9% des terres arables du globe, et que le Japon et la Corée du Sud importent déjà 60% de leur alimentation de l'étranger. Les acteurs de la finance, eux, considèrent les terres agricoles - et l'énergie - comme un nouvel actif stratégique. Pour avoir une idée plus précise du désastre en gestation, on peut, bien entendu, ajouter à la liste les compagnies internationales de production d'agrocarburants qui ont fait le choix de favoriser les voitures du Nord face aux populations du Sud.

Des conséquences incalculables

Les crises alimentaire et énergétique ont mis en évidence le caractère limité des disponibilités en terres agricoles pour satisfaire à la fois les besoins énergétiques et les besoins alimentaires d'une population mondiale croissante et confrontée à l'épuisement des énergies fossiles.

Certains pays avaient interdit la vente de terres aux étrangers. Ils n'en ont plus le droit, puisque cette décision s'apparenterait à une atteinte à la libre concurrence. Une brèche est désormais ouverte : pétrodollars et réserves en devises facilitent la ruée des prédateurs dans les pays pauvres, avec la complicité des gouvernements prêts à abandonner des pans entiers de souveraineté nationale, c'est-à-dire prêts à trahir leur peuple, puisqu'ils ne sont même pas consultés. Les opérations sont d'autant plus attrayantes que le prix des terres demeure faible: les droits de cession varient entre 5 et 10 dollars l'hectare à l'année, selon les pays ! La concentration du foncier qui s'inscrit dans une dynamique de néocolonialisme va multiplier les conflits entre les petits paysans et l'agrobusiness (or la planète compte aujourd'hui 2,8 milliards de paysans sur une population totale de 6,7 milliards d'habitants). Les cultures vivrières vont subir un nouvel assaut. Nombre de travailleurs, d'agriculteurs, de communautés locales vont perdre l'accès la terre. Les denrées alimentaires, mais aussi les profits générés par les activités agricoles vont être détournés vers d'autres pays.

Les pays en développement ont été contraints d'ouvrir leurs marchés et leurs terres aux multinationales de l'agroalimentaire, aux spéculateurs et aux exportateurs d'aliments subventionnés des pays riches. Ainsi, les terres fertiles qui servaient aux marchés locaux de produits alimentaires ont été détournées au profit de produits de base destinés au marché mondial. Si bien qu'aujourd'hui, environ 70% de ces pays sont des importateurs nets de produits alimentaires. Hier autosuffisant en riz, Haïti l'importe aujourd'hui 50% plus cher. La captation des terres arables va encore accélérer ce phénomène.

Des paysans se trouveront dans un tel état de misère qu'ils seront conduits, soit à se suicider, soit à vendre leur bien et à rejoindre les hordes de sans-terres. Quels sort les États réserveront-ils aux dizaines de millions de paysans dont ils n'auront plus besoin? Et notamment les pays les plus inégalitaires, comme le Paraguay, où plus de 75% des terres agricoles sont la propriété de moins de 1% de la population.

Le président du Comité exécutif du Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l'Afrique de l'Ouest déclarait: La vente massive des terres agricoles africaines s'apparente plus à un pacte colonial qu'à la recherche de nouveaux financements pour le développement de l'agriculture africaine [...] On brade les terres africaines, on contraint des milliers de petits producteurs à la misère. Cela est insupportable.

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MessageSujet: ( suite post précédent)   Ven 21 Aoû - 5:37

Une situation explosive

Alors que nous vivons dans un monde qui produit de plus en plus de richesses, le fossé ne cesse de se creuser entre les riches et les pauvres. Selon le PNUD :

* L'écart entre les 20% les plus riches de la population mondiale et les 20% les plus pauvres est passé d'un rapport de 1 à 32 en 1960 à un rapport de 1 à 74 en 2000.
* Environ 1,2 milliard d'individus survivent avec moins d'un dollar par jour; 2,8 milliards avec moins de deux dollars par jour.
* 325 millions d'enfants ne sont pas scolarisés.
* 900 millions d'adultes ne savent ni lire ni écrire.
* Un habitant de la planète sur six est privé d'accès à l'eau potable; deux milliards de personnes ne disposent pas d'électricité.
* Les 20% de la population mondiale qui habitent dans les pays dits développés consomment 60% de l'énergie mondiale.
* L'aide publique au développement est passée de 60,5 milliards de dollars en 1992 à 52,3 milliards en 2001.
* Entre 200 et 250 milliards de dollars quittent chaque année les pays du Sud au titre du remboursement d'une dette publique qui dépasse aujourd'hui les 2.000 milliards de dollars.

Quand le luxe insolent d'une minorité côtoie un dénuement des masses qui dépasse toute imagination, tout devient possible. La réaction sera, n'en doutons pas, à la mesure des souffrances endurées. De telles inégalités, renforcées par la marchandisation continue des services essentiels qui exclut les populations insolvables, sont insoutenables à moyen terme, et constituent autant de bombes à retardement. Elles seront source à la fois de conflits pour l'accès aux ressources disponibles et de flux migratoires massifs et incontrôlables. Par ailleurs, la gouvernance mondiale destinée à servir les intérêts des sociétés multinationales, les logiques de domination et d'exploitation sur lesquelles sont fondés les rapports sociaux alimentent les frustrations et constituent un terreau favorable aux manipulations ethniques, aux mouvements populistes, à l'essor du fondamentalisme.

Mais surtout les conditions de la production agricole se détériorent à une vitesse alarmante.

De moins en moins de terres fertiles.

Il faut plusieurs siècles pour reconstituer la fine couche de terre qui recouvre la croûte terrestre lorsqu'elle a été dégradée. Les sok jouent un rôle vital dans le développement et: la résistance des plantes. Sans le sol, la vie végétale serait réduite à sa plus simple expression : des mousses et des lichens. Or, un peu partout sur la planète, les sols sont matraqués, soumis à la loi des rendements, abreuvés de substances toxiques. Les lois de l'agronomie sont de fait inféodées au marketing, à la stratégie commerciale, à l'innovation technologique, à la gestion, au management.

L'érosion constitue l'un des dangers les plus importants pour la qualité des sols, d'autant qu'elle entraîne une perte irréversible (17% de la surface du territoire européen sont affectés par l'érosion).

Le bétonnage - ou le bitumage - du sol, par la multiplication des zones urbaines et industrielles, du réseau routier et autoroutier, des voies ferrées, des aéroports, des équipements sportifs et de loisirs, non seulement s'effectue au détriment des terres agricoles, mais en imperméabilisant les sols, les empêche de filtrer l'eau (60.000 hectares disparaissent sous le béton, chaque année en France).

La pollution des sols liée au développement de l'agriculture intensive et leur contamination par des métaux lourds dans les zones industrielles ou très urbanisées ne constituent pas la moins préoccupante des menaces.

Des rendements décroissants

Les rendements moyens des céréales n'augmentent plus sur la planète depuis une quinzaine d'années. Les technologies intensives consomment toujours plus d'eau, d'énergie, de chimie et engendrent risques sanitaires et perte de biodiversité.

Et surtout, la fm du pétrole bon marché va bouleverser une agriculture extrêmement dépendante de cet or noir par une mécanisation de plus en plus sophistiquée (y compris, bien entendu, pour le transport) et le recours massif aux engrais et aux traitements chimiques.

Par ailleurs, l'adoption du mode de vie occidental par les Chinois, entre autres, s'accompagne d'une augmentation de la consommation de viande, qui ne leur apporte aucun bien-être supplémentaire. Or on sait qu'il faut sept calories d'origine végétale pour produire une calorie animale (soit une perte de 86% !!). Quand il est connu de (presque) tous que 50% des terres arables du tiers-monde servent à nourrir notre bétail, ce n'est pas une erreur regrettable, c'est un crime injustifiable.

Il est enfin hautement probable que les changements climatiques entraînent plutôt à la baisse les rendements agricoles dans leur globalité.

Des besoins en hausse

Parallèlement à la baisse des disponibilités, la demande alimentaire s'accroît dangereusement puisque 80 millions d'habitants nouveaux arrivent chaque année (et 60 millions de voitures!), et que nous serons neuf milliards en 2050. Le résultat ne laisse planer aucun doute : alors que le progrès technique a désormais atteint un niveau difficile même à imaginer, le plus grand défi de l'avenir sera tout simplement de nourrir l'humanité. Cruel retournement de l'histoire ! Les émeutes de la faim, qui ont touché trente-six pays en 2007 et 2008, ne sont vraisemblablement que le début d'une longue série de pénuries alimentaires.

La révolution sociale, et rien d'autre

Il est de plus en plus navrant d'entendre les inepties, les litanies de vœux pieux concernant les solutions susceptibles de résoudre la crise: régimes fiscaux efficaces et équitables, généralisation des systèmes de protection sociale, souveraineté en matière de politique monétaire, respect des normes sociales et environnementales, rééquilibrage des termes de l'échange, organisation du commerce mondial sur de nouvelles bases, lutte contre la corruption, redistribution des richesses, taxation internationale des transactions financières, programmes d'élimination de la pauvreté...

Remarquons d'abord que ces mesures, énumérées depuis de nombreuses années pour certaines d'entre elles, sont démenties quotidiennement par une réalité qui, au contraire, se détériore régulièrement. Plus on parle de tempérer le capitalisme, plus il devient sauvage! Pour mettre en œuvre ces mesures, il faudrait en effet que les États soient en capacité de dicter leur volonté au pouvoir économique et financier. Or on sait que ces États se sont délibérément affaiblis depuis dix à quinze ans pour mieux assurer la montée en puissance des multinationales et des banques. Le désengagement de l'État de l'économie n'a toujours visé qu'à laisser le champ libre aux affairistes. Et cette situation est irréversible ! Il faudrait peut-être croire aussi que les institutions internationales comme le FMI, qui ont poussé à la concentration de toutes les richesses dans les mains de quelques grands propriétaires terriens et multinationales, à travers ses aides financières conditionnées à la libéralisation des marchés, vont désormais s'attacher à réaliser le contraire!!

Des résistances s'organisent, et - c'est plutôt rassurant - ce sont les populations qui en ont l'initiative (pas leurs représentants!), méprisant lucidement les prétendues opportunités d'emplois offertes par les investisseurs étrangers. Au Kenya, où le gouvernement accepte de vendre près de 40.000 hectares de la région côtière aux dirigeants du Qatar (qui veut y planter de la canne à sucre destinée à la production d'éthanol), en échange d'infrastructures portuaires, les petits fermiers du delta du Tana sont allés exprimer leur colère à Nairobi en mai dernier. L'un d'eux expliquait: Pour pouvoir manger et aussi vivre en harmonie avec notre nature, nous n'avons besoin de personne, ni de ceux qui préfèrent nos animaux plutôt que nos enfants, ni des dollars des Qataris. Au Mozambique, les écologistes ont réussi à convaincre le pouvoir politique d'abandonner la vente de terres à la Chine.

Au Pakistan, les agriculteurs se mobilisent actuellement pour sensibiliser la population au risque de déplacement de villages entiers si le Qatar signe un accord pour externaliser sa production agricole dans la province du Pendjab. Par ailleurs, au Sénégal, dans une zone où le tourisme se développe de façon considérable, un projet de ferme-école en agrobiologie, anticipant les risques, se pose en alternative contre l'expropriation des terres, l'exode rural et la sauvegarde du patrimoine forestier le plus important de la région. Au Brésil, dans plusieurs États (et plus particulièrement dans celui du Rio Grande do Sul), le Mouvement des travailleurs sans terre lutte pour obtenir une réforme agraire dans le seul but de pouvoir vivre décemment. Comment réagissent les États régulateurs (ou du moins certains d'entre eux) ? En détruisant les campements des militants, en criminalisant le mouvement, et même en visant sa dissolution.

Ces luttes peuvent être exemplaires et la seule solution ne peut, effectivement, venir que des peuples. Il leur appartient de défendre leur droit le plus élémentaire, celui de se nourrir eux-mêmes. Mais pour déstabiliser les oligarchies au pouvoir, pour bouleverser l'ordre social, pour mettre à bas le capitalisme, nous ne ferons pas l'économie d'une révolution sociale. Ou les peuples prendront leurs affaires en mains, ou la planète sera partagée entre les mafias d'affaires et les fanatismes religieux dont les objectifs sont finalement les mêmes, la domination et l'exploitation.
Jean-Pierre Tertrais pour Le Monde Libertaire (France)
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MessageSujet: La lutte contre la faim en Amérique latine est revenue   Dim 20 Sep - 7:19

L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) a déclaré mercredi que la lutte contre la faim en Amérique latine est revenue tandis que la population souffrant de la faim dans la région est passée de 45 à 53 millions.

Dans un communiqué publié mercredi, le représentant de la FAO, José Graziano da Silva, a déclaré que la montée des prix de la nourriture et la crise économique ont mis des millions de personnes dans une situation d'insécurité alimentaire, et que beaucoup de pays touchés ne possèdent pas de ressource pour résoudre ce problème.

L'Amérique latine a réduit huit millions de cas de malnutrition entre 2004 et 2006, mais "les estimations montrent que les progrès dans les 15 dernières années seront perdus en seulement trois ans à cause des prix alimentaires et de la crise économique", selon le représentant.

M. Graziano a indiqué qu'il est indispensable "de renforcer la coopération entre le gouvernement, les donateurs et les agences internationales pour fournir une assistance urgente aux familles touchées.

En même temps, nous pouvons promouvoir des mesures à moyen et long terme afin d'augmenter les capacités de production".

Selon la FAO, la faim dans le monde a atteint cette année un niveau historique en touchant 1,02 milliard de personnes, ce qui signifie qu'une personne sur six dans le monde souffre de la faim.

M. Graziano a précisé qu'"en Amérique latine et aux Caraïbes, la population souffrant de la faim s'élève à 53 millions, soit un recul vers le niveau de malnutrition du début des années 1990".

Les prix de la nourriture ont augmenté d'environ 52% entre la mi-2007 et la mi-2008, et bien qu'ils aient baissé en juillet 2008, les prix des céréales du monde sont plus hauts qu'en 2005, selon lui.

Les éléments qui ont entraîné la crise alimentaire existent encore : la production agricole reste basse; les problèmes de la disponibilité de l'eau et de la possession de la terre persistent; la fréquence des inondations et des sécheresses augmente, a indiqué M. Graziano dans le communiqué, ajoutant que l'investissement dans le développement agricole est moindre que celui recommandé par les experts
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MessageSujet: La faim menace toujours et plus que jamais la corne de l'Afrique   Mer 23 Sep - 11:58

La faim menace toujours et plus que jamais la corne de l'Afrique, affirme la FAO en pointant du doigt tout à la fois le manque de précipitations et les guerres dans la région.

Près de 20 millions dépenderaient actuellement de l'aide alimentaire mondiale notamment en Somalie, et en Éthiopie.

A en croire l'ONU, les perspectives de récolte 2009 sont très inquiétantes dans la Corne de l'Afrique du fait de précipitations en dessous de la moyenne, de conflits et de déplacements de populations. Selon la FAO, près de 20 millions de personnes seraient sous l'assistance de l'aide alimentaire et ce nombre pourrait s'accroître, car la faim menace notamment les agriculteurs des terres marginales, les éleveurs de bétail et les citadins ayant de faibles revenus.

Les effets d'El Niño, qui provoquent habituellement des pluies torrentielles vers la fin de l'année, pourraient aggraver la situation: inondations et torrents de boue pourraient dévaster les cultures sur pied et dans les granges aggravant ainsi les pertes de bétail et les dégâts aux habitations et aux infrastructures.

En Afrique orientale, les prix du maïs, principale culture vivrière, accusent une tendance à la baisse depuis le début de l'année, mais ils restent supérieurs à leurs niveaux d'il y a deux ans. A titre d'exemple, en Ouganda et au Kenya, les prix du maïs en juin 2009 étaient près du double par rapport à leur niveau de juin 2007, préxise la FAO.

La pire crise humanitaire depuis 18 ans

Pour la FAO, il faut s'attendre à une détérioration de la sécurité alimentaire générale en raison de la faiblesse du pouvoir d'achat des ménages. Du côté des éleveurs, le manque de pâturages a aggravé les conditions du bétail et réduit les perspectives du marché. Cela a affecté leurs revenus et leur accès aux cultures vivrières.

Selon l'Unité d'analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition de la FAO, "la Somalie fait face à la pire crise humanitaire qu'elle ait jamais connue depuis 18 ans", car près de la moitié de la population - soit 3,6 millions de personnes - a besoin d'une aide d'urgence. Ce chiffre comprend 1,4 million de ruraux affectés par une grave sécheresse, quelque 655 000 citadins pauvres confrontés à la hausse des prix des produits alimentaires et non alimentaires et 1,3 million de personnes déplacées du fait de l'escalade des combats et des conflits
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