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 C'est dit Flamby le "socialo-bobo" abandonne le social

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MessageSujet: C'est dit Flamby le "socialo-bobo" abandonne le social    Mer 27 Juin - 14:51

La gauche n'est plus ce qu'elle était. C'est le constat fait par Laurent Pinsolle, notre blogueur associé, qui s'appuie sur des articles du «Monde» pour dénoncer les vices, selon lui, de «cette gauche avocate du néolibéralisme».


(Le gouvernement Ayrault s'est réuni lundi pour plancher sur le budget 2013 - LEMOUTON-POOL/SIPA)
C’est un des paradoxes de notre vie politique que de voir une partie importante de la gauche défendre mordicus le néolibéralisme le plus antisocial. Entre un PS qui veut augmenter le Smic de 2% et Le Monde qui annonce qu’augmenter le Smic détruit des emplois , cette «gauche» surprend.

LA MONDIALISATION INVENTE LA GAUCHE ANTISOCIALE
Il y a quelques semaines, dans un papier sur «les trois gauches », j’avais parlé de cette «gauche sociale-libérale», qui n’a plus de social que le nom, parfaitement représentée par cette fondation Terra Nova qui a théorisé l’abandon du peuple par le Parti socialiste. C’est ainsi que dimanche, en écoutant France info, je suis tombé sur une chronique économique qui dénonçait le conservatisme d’Air France, qui ne se serait pas suffisamment adapté à la concurrence.

Pour un peu, le journaliste aurait dénoncé l’attachement conservateur aux acquis sociaux des syndicats ! Pas un mot sur la concurrence déloyale d’un certain nombre de compagnies, qu’elles soient issues de pays produisant du pétrole et qui ont fait des compagnies aériennes un axe de leur développement économique ou de toutes les compagnies qui profitent des salaires beaucoup plus bas des pays en voie de développement pour tailler des croupières à la compagnie…

De même, le Monde a publié une interview sidérante pour un journal qui se dit de gauche, dénonçant toute augmentation du Smic au-dela de l’inflation, affirmant que nous avions trop augmenté les salaires dans les dernières années, que cette augmentation détruit des emplois, du fait de la mondialisation. Bref, le Medef peut être content, le quotidien de référence de la gauche reprend un à un ses arguments. Dans un monde mondialisé, il n’est pas possible de monter les salaires en France.

LES BISOUNOURS DE L’ÉCONOMIE

Mais ce qui est incroyable avec cette interview, c’est l’incapacité de cette gauche à se poser des questions un peu plus fondamentales sur la mondialisation. S’il est impossible de monter les salaires dans ce cadre mondialisé, étant donné les écarts colossaux avec des pays proches (Afrique du Nord, Europe de l’Est), n’y-a-t-il pas carrément un risque de baisse de salaires, comme ce qui se passe dans les pays les plus en difficulté de la zone euro, en Grèce ou au Portugal ?

Et surtout, ceci est-il tout simplement acceptable ? Ne faut-il pas remettre en cause cette mondialisation qui promeut une casse sociale dans nos pays et qui interdit toute progression des salaires pour les classes populaires et moyennes ? Il est curieux que cette gauche n’en vienne pas à se poser cette question. La croissance laisse actuellement 90% de la population sur le bord du chemin. Une petite minorité conserve l’essentiel des profits du peu de croissance qui nous reste.

C’est ce que montrait le terrible chiffre de The Economist : les actifs nets des familles des Etats-Unis ont reculé de 39% depuis 2007, tombant au niveau le plus bas depuis 1992, mais ceux des 10% les plus riches ont réussi à progresser sur la même période, ce qui pose toute de même la question fondamentale de l’inégalité d’un tel système. Cette gauche ne semble pas s’y intéresser, à part en période électorale, comme le fait Barack Obama.

Le problème avec cette gauche, c’est qu’elle soutient tellement la libéralisation de l’économie et la suppression des frontières qu’elle refuse de voir toutes les conséquences néfastes qu’elles apportent. Pire, elle refuse radicalement d’utiliser les frontières pour protéger les plus faibles.
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MessageSujet: Salauds de pauvres...   Mar 21 Aoû - 14:22

Le RSA, son flicage et ses morts

Rédigé par Juan Sarkofrance le Mardi 21 Août 2012 à 10:05 | 72 commentaire(s)

Un homme est mort des suites de ses blessures. Il s'était immolé dans le hall d'une Caisse d'Allocations Familiales à Mantes-la-Jolie. Il était allocataire du RSA, mais le versement du RSA avait été suspendu depuis trois mois pour défaut de justificatifs.




Il lui manquait sa date de cessation d’activité et les fiches de paie correspondant à son activité des mois précédents, d'après Sébastien Rochat d’Arrêt sur images.

Véronique Valentino est revenue sur l'affaire, ce scandale effroyable, pour le site ActuChômage. Bizarrement, les anciens sarkozystes si prompts à s'indigner de tout et de rien n'avaient pas grand chose à dire. D'ailleurs, l'information ne fit même pas l'objet d'un communiqué de l'UMP.

Où était donc Laurent Wauquiez, le chantre de la droite sociale qui nous promettait, en mai 2011, de lutter contre ce cancer social qu'était l'assistanat ?
Bien sûr, certains argumenteront qu'il est bien normal d'être exigeant sur les justificatifs à l'assistance sociale, afin d'éviter la fraude quand il s'agit de la solidarité nationale. Mais combien de bénéficiaires de niches fiscales largement plus coûteuses qu'un RSA à 450 euros mensuels accepteraient le niveau de flicage imposé aux bénéficiaires du RSA ?

Comment ne pas se révolter devant la disproportion d'importance des contrôles imposés aux plus faibles par rapport aux contrôles fiscaux des plus riches ? Rappelez-vous l'anecdote fameuse: Liliane Bettencourt n'avait jamais été contrôlée entre 1995 et 2010, malgré plusieurs dizaines de millions d'euros d'avantages fiscaux chaque année ! La milliardaire aurait-elle supporté ce que les bénéficiaires du RSA supportent en contrôles connus ou à leur insu ? En 2010, en pleine affaire Bettencourt, un représentant du SNUI révélait que le nombre de contrôles approfondis sur les particuliers (ESFP, examens de la situation fiscale personnelle), avait chuté de 5.100 en 2005 à 3.900 en 2009.

Deux poids, deux mesures ? Bien sûr !

En avril 2009, nous nous inquiétons des mesures de contrôle publiées au Journal Officiel,
le décret d'application "n° 2009-404 du 15 avril 2009 relatif au revenu de solidarité active".

Les formalités de contrôle du RSA étaient et demeurent strictes et intrusives comme jamais: les risques de radiation étaient plus plus importants que pour le RMI que le RSA remplaçait. Des modalités du contrôle franchement « perturbantes »: le contrôle peut être réalisé à l'insu du bénéficiaire. Le train de vie de ce dernier peut être espionné à tout moment. Toute « personne morale », publique ou privée, disposant d'informations électroniques sur le bénéficiaire du RSA peut être sollicitée, sans information préalable du bénéficiaire contrôlé. Toute personne morale compétente sur des sujets aussi variés que l'automobile, le matériel hi-fi, les déplacements, les hébergements en hotels, ou le vendeur d'une automobile.

Récemment, les services de l'Etat se sont félicités de l'efficacité de la lutte contre la fraude, à l'occasion de la publication de quelque bilan annuel.

Concernant le RSA, environ 7.500 fraudeurs avaient été démasqués, notamment grâce aux croisements de fichiers et autres contrôles clandestins. Au total, les CAF ont récupéré 105 millions d'euros l'an dernier, sur 15.000 personnes (dont 48% de RSAistes). 105 millions d'euros, pas plus. En 2011, les redressements totaux opérés par les Urssaf se sont élevés à 220 millions d’euros. Ils représentent une forte augmentation (de l’ordre 20 %) par rapport à 2010, supérieure aux objectifs fixés

L'essentiel de la fraude sociale provient du travail illégal. Et elle se chiffre à plus de 3 milliards d'euros. La seule fraude à la TVA par les entreprises est estimée ... à 7 à 9 milliards d'euros de manque à gagner par an !

Mais l'homme qui s'est immolé le 9 août dernier ne fraudait pas. Il peinait à fournir les justificatifs. Il avait 51 ans. Il campait. On aurait pu isoler son cas. Au lendemain de son décès, le 13 août, la ministre en charge des Personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion Marie-Arlette Carlotti a rappelé «qu'il est important d'éviter toute rupture dans le suivi des personnes et qu'il est indispensable d'accompagner chacun de manière continue. Les situations personnelles, aussi complexes que diverses, doivent être prises en compte afin d'apporter un soutien aux personnes en difficultés».

Jeudi 16 août dernier, la CAF de Mantes-la-Jolie a réouvert ses portes.

Une délégation du Mouvement National des Chômeurs et des Précaires a rendu hommage au décédé: « Des deux côtés du guichet, la tension est forte, agents et usagers se sentent abandonnés par les pouvoirs publics, sous pression. Nous appelons les autorités compétentes à réagir, pour que le service public ait les moyens d'accomplir avec sérénité ses activités, pour que toutes les personnes en situation de précarité ne se sentent pas exclues ou traitées comme des citoyens de seconde zone. »

Un cas isolé ? Sans mesurer sans doute la gravité de sa déclaration, le directeur de cabinet du sous-préfet de la Marne a expliqué, à chaud: «c’est un cas courant, les gens à qui on suspend leur allocation puis auxquels on reprend le versement, dès lors qu’ils ont fourni les pièces demandées. Il y a des milliers de gens à qui ça arrive». Comme le rappelle ActuChômage, le RSA est d'abord une usine à gaz: « L’une des conséquences de cette complexité administrative, c’est le non-recours au RSA : plus du tiers des bénéficiaires potentiels ne le demanderaient pas, soit une économie de 5,2 milliards d’euros pour les pouvoirs publics.»

Un machin administratif complexe et ultra- fliqué qui tue... occasionnellement.
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MessageSujet: Le coma militant, par François Hollande   Mar 11 Sep - 10:57

Le coma militant, par François Hollande


Après Sarkozy le boucher, voici François Hollande le traiteur. Le premier nous avait amenés à l’abattoir, le deuxième nous emballe dans la cellophane en douceur. Combien de temps le militantisme va-t-il mettre avant de se réveiller de ce coma ?

Nicolas Sarkozy a pratiqué une social-démocratie violente, brutale mais cela avait le mérite de stimuler un certain militantisme. Alors certains diront que c’était un militantisme simpliste. Mais au moins il avait le mérite d’être réactif. Aujourd’hui, ceux qui nous gouvernent pratiquent, en élèves appliqués, une social-démocratie molle. Leur vraie réussite c’est de faire la même chose que le précédent gouvernement sans éveiller de contestation. Pour les deux équipes tous les chemins de la stigmatisation mènent-ils aux Roms ? C’est toujours le règne de la politique du chiffre à l’image d’Arnaud Montebourg qui s’est vanté sur France 2 de défendre les emplois « un par un », au lieu de penser une politique globale qui permettrait de réformer, de véritablement changer de cap. A trop prendre notre nouveau président pour un « Flamby » on oublie que reculer sur l’imposition à 75 % c’est déjà appliquer une politique libérale.

Tu me la fais à l’envers ?

Politiquement, tactiquement, Hollande déchire. C’est un gestionnaire de génie. D’un côté, il arrive à exploiter le tremblement de terre à droite causé par la défaite de Sarkozy. Avec le traitement social qu’il inflige aux Roms à travers son ministre de l’Intérieur Manuel Valls, comment cette droite dure en décomposition pourrait-elle lui en tenir rigueur ? Avec les mesures économiques en faveur des plus nantis, comment cette droite dure en décomposition pourrait-elle lui en tenir rigueur ? De l’autre côté, parce qu’il est de gauche il peut se permettre de pratiquer une politique libérale qui ne dit pas son nom. A l’envers, il joue une politique de droite pour faire taire la droite, à l’endroit, comme il est de gauche, les gens de gauche n’osent pas l’ouvrir. Dans tous les sens, le Président ramasse le pactole.

Tontonite aigüe

Les médias peuvent toujours dire que le gouvernement est inactif, que le Président est mou, qu’il prend trop de temps pour agir ou qu’il ne mesure pas l’urgence. En réalité pendant ce temps, les moutons, même les moutons noirs, se font tondre. Et la vente de cette laine continue à enrichir les mêmes. Ce coma militant va-t-il durer jusqu’aux municipales ? Jusqu’aux européennes ? Jusqu’à la prochaine présidentielle ? Gageons que le fils spirituel de Jacques Delors est vraiment meilleur que Sarkozy.



Et peut-être même plus fort que Tonton lui-même. Tout en travaillant à donner l’illusion qu’il ne travaille pas, il parvient à capitaliser son « PIB socialiste ». Au sein du parti, sa politique de non-cumul des mandats va amener plus vite au pouvoir une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques qui se révèleront autant de cadres dévoués à sa cause. La fronde des cumulards qui n’acceptent pas cette mesure progressiste n’ira pas jusqu’à renier leur champion. Pris à leur propre piège, ces tenants d’un socialisme revendiqué respecteront, comme à leur habitude, la hiérarchie. François Hollande joue avec les contradictions de chacun et de tout le monde, à droite comme à gauche, chez les nantis comme chez les militants.

A quoi servent les militants quand la gauche est au pouvoir ?

Beaucoup parmi ceux-là ont été tenté par la politique du pire. « Dix ans avec Sarkozy valent mieux que cinq avec Hollande. » Pourquoi ? Parce que « avec Sarkozy, il y aurait eu la révolution et peut-être la VIème République avant la fin du mandat. » Vision simpliste. Avec Sarkozy être militant c’était bête, parfois méchant et toujours facile. Aujourd’hui, l’effort consiste à sortir de ses contradictions : continuer de militer, même après avoir dégagé une droite dure. Être de gauche, mais militer alors que le gouvernement se dit de gauche. A quoi servent les militants quand la gauche est au pouvoir ? C’est la question que se sont posés les syndicats à l’accession au pouvoir de la gauche en 1981 avant de péricliter dans l’imaginaire populaire.

Où étions-nous le 27 août lorsqu’un campement de Roms a été évacué à Evry, (Essonne) ? Où étions-nous le 28 août lorsqu’un campement de 180 Roms ont été expulsé d’un camp à Saint-Priest (Rhône) ? Où étions-nous le 29 août lorsque 600 Roms ont été évacués de deux camps à Stains ? Où étions-nous le 30 août lorsqu’un campement regroupant 64 Roms à Créteil a été évacué en présence des forces de l'ordre et un autre à Marseille ? Sous Sarkozy, nous savions où nous étions. Sous Hollande, nous ne voulons pas le savoir. Pour le moment.

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MessageSujet: pourquoi François Hollande a-t-il été élu ? Pour développer la politique de son prédécesseur, l’amplifier?   Jeu 20 Sep - 10:19

ête de L'Humanité 2012
La vision politique de la Fête de l'Huma 2012 par l'écrivain Gérard Mordillat
Mots clés : gérard mordillat, fête de l'Humanité 2012,
Soyons provocateurs, après tout, c’est la Fête !
J’enfonce une porte ouverte : la Fête de l’Huma est une fête populaire. Certains voudraient nous y coincer les doigts au nom du populisme ; un populisme qui n’a aucune place dans la Fête… Le populisme est un domaine réservé aux bourgeois, qui, par cynisme ou par mépris, voire par cynisme et par mépris, s’arrogent le droit de parler du peuple et au nom du peuple.

Madame Le Pen de Saint-Cloud en est un exemple criant comme toute la clique néofasciste de l’UMP qui se dissimule sous le masque d’une « Droite populaire ». Cette droite – qui pour être de droite l’est jusqu’à l’extrême – ne sera jamais populaire qu’en détournant le sens des mots. Ces fruits déguisés de la politique, ces populistes en loden et carré Hermès, ne sont pas nos adversaires, ce sont nos ennemis et il faudra bien un jour leur faire leur fête…

La Fête de l’Huma est aussi une occasion unique de parler politique au hasard des rencontres et d’entendre ceux qui d’ordinaire sont ignorés ou muselés par les grands médias, d’entendre la voix du peuple, justement…

Que dit-elle ? Des choses très surprenantes.

Par exemple, qu’il y a beaucoup de choses à reprocher à Nicolas Sarkozy, mais qu’il faut reconnaître sa constance et sa détermination dans l’action ; que les engagements qu’il avait pris lors de sa campagne électorale ont presque tous été tenus. Avec mademoiselle Mignon, ils s’étaient promis de livrer l’éducation nationale au privé – et de préférence, au privé confessionnel –, il s’en est fallu d’un cheveu qu’ils y réussissent ; avec madame Bachelot, l’hôpital public devait, corde au cou, faire allégeance à la finance et laisser place libre aux cliniques réservées aux plus nantis de nos concitoyens – là encore, seul le manque de temps a empêché une réussite complète de l’opération – ; au nom de l’entreprise, du profit et de la compétitivité, la justice s’est vue sommée d’oublier la délinquance financière mais de poursuivre avec force les resquilleurs du métro et de condamner sévèrement les hooligans qui refusaient de traverser dans les clous ; passons sur l’énergie que Nicolas Sarkozy a déployée pour ruiner La Poste, les transports, la recherche, la culture, l’université… Un modèle de ténacité à détruire tout ce qui, de près ou de loin, s’apparentait au service public. Et ne parlons pas de la légitimation d’une xénophobie d’État servie avec zèle par messieurs Hortefeux, Besson, Guéant et tous les préfets tenus de faire du chiffre, de chasser l’étranger, le Rom, l’Africain, le Maghrébin et même les Tchétchènes, quitte à faire pleurer André Glucksmann, pourtant fervent laudateur du président. De bouclier fiscal en exonérations d’impôts et de cotisations sociales en passant par les prébendes versées à Bernard Tapie et les affaires de madame Bettencourt, Woerth et consorts, Nicolas Sarkozy a mené une politique de droite, par la droite, pour la droite, défendant les intérêts des plus riches au profit des plus riches sans jamais dévier de sa ligne : faire travailler plus (les plus pauvres) pour faire gagner plus (les plus riches). Et, de ce point de vue, son quinquennat est à graver dans le marbre du néolibéralisme triomphant.

Dès lors, mille fleurs s’épanouissent, mille questions se posent : pourquoi François Hollande a-t-il été élu ? Pour développer la politique de son prédécesseur, l’amplifier, ou pour, dans un premier temps, réparer les dégâts considérables qu’elle a causés et, dans un second, mettre en place les barrières qui empêcheront une fois pour toutes qu’elle puisse un jour, à nouveau, être mise en œuvre ? En d’autres termes, la gauche au pouvoir n’a-t-elle d’autre perspective que de conduire une politique de droite ?

Même sans se bercer d’illusions sur la capacité des socialistes à transformer le monde et encore moins à changer la vie, l’urgence des urgences n’est-elle pas de rendre aux services publics la place qui leur revient ? Soyons provocateurs, après tout, c’est la Fête ! Comme Roosevelt en son temps, qu’attend le gouvernement socialiste pour créer un million d’emplois publics financés par la taxation des revenus des actionnaires du CAC 40 ? Si la finance est l’ennemie désignée de M. Hollande, qu’attendent les députés de la majorité pour voter une loi interdisant les licenciements boursiers ? Et une autre pour séparer les banques de dépôt des banques d’investissement ? Et une autre encore pour assurer un contrôle citoyen de l’activité bancaire ?

Même si cela doit chagriner madame Parisot et le chœur des pleureuses du Medef, plutôt que d’aller à Jouy-en-Josas leur jurer que tout est fait pour l’entreprise dans le meilleur des mondes socialistes, pourquoi ne pas y avoir annoncé que finalement le Smic ne serait pas augmenté de 2 % (pourcentage pathétique et insultant pour les travailleurs pauvres) mais porté à 1 700 euros brut et qu’on allait remettre sur le tapis la réduction du temps de travail, seule voie possible pour développer l’emploi ? À quand la loi sur le vote des étrangers aux élections municipales ? À quand la régularisation des travailleurs sans papiers dont la situation demeure une tache insupportable au fronton de la République ? Que dire de la persécution des Roms quand, désormais, à la xénophobie légitimée par le gouvernement précédent s’ajoute l’hypocrisie du discours : c’est pour leur bien qu’ils sont chassés et persécutés ! Quant au fait que M. Hollande et les socialistes veuillent faire passer au forceps le traité Merkozy, cela ne traduit-il pas un mépris absolu de la voix des citoyens, considérés comme débiles et incapables d’en mesurer les enjeux ? Un président socialiste, un gouvernement socialiste doivent-ils donc tant redouter l’intelligence populaire ?

Comme l’écrit en alexandrins Frédéric Lordon : « Pour qui veut bien les voir, des idées il y en a… » Et ce sont de ces idées auxquelles le gouvernement semble sourd et aveugle que l’on a débattu à la Fête de l’Huma, de ça, de la démocratie, de son dévoiement, de l’éventail des salaires, de la retraite, de la pauvreté qui gagne chaque jour un peu plus de terrain, de musique, de cinéma, de littérature, de l’idée d’appliquer une TVA à 0 % sur le livre comme les Anglais, les Irlandais et les Islandais, et de dix mille choses comme de cette dernière question qui résume toutes les autres : pour François Hollande, mettre en œuvre une politique de gauche, par la gauche, pour la gauche, n’est-il par la seule voie qui ferait de son élection autre chose que l’apothéose du Petit Chose ?



(*) Les Cinq Parties du monde, film de Gérard Mordillat qui a obtenu le Fipa d’or 2012, sera diffusé sur Arte le 28 septembre, à 22 h 20. Le dernier livre de Gérard Mordillat, Ce que savait Jennie, a été publié fin août, aux éditions Calmann-Lévy.

Par gérard mordillat, 
écrivain et cinéaste (*).
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