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 Mariage Homosexuel

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MessageSujet: Mariage Homosexuel   Mar 5 Juin - 14:54

Le mariage homosexuel libère l'Eglise
Le Monde.fr | 05.06.2012 à 15h51 • Mis à jour le 05.06.2012 à 15h51

Par Thierry Jaillet, essayiste catholique

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Dans quelques semaines ou quelques mois, le gouvernement va mettre en œuvre l'un des engagements du candidat Hollande : l'ouverture du "droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels". Ce n'est que justice. Mais, je le regrette en tant que catholique pratiquant et engagé, mon Eglise, ou du moins sa partie institutionnelle, va se prononcer contre cette mesure d'équité et de sagesse. En effet, depuis 1968 et l'encyclique Humanae Vitae, fustigeant l'interruption volontaire de grossesse (IVG) et la contraception, nous sommes habitués à ce que notre haut clergé se mêle plus de nos histoires de cul que de spiritualité.

Comme la majorité des Français sont pour le mariage homosexuel, l'angle d'attaque des opposants moralisateurs et plus ou moins homophobes sera l'homoparentalité. Vous rendez-vous compte, ces pauvres enfants, est-ce bien raisonnable qu'ils grandissent sans référent maternel ou paternel ? Réveille-toi, mon frère, ma sœur, 2,8 millions d'enfants vivent dans une famille monoparentale, et leur seul parent, une femme, en général, est, dans la plupart des cas, hétérosexuelle. D'autre part, 40 000 enfants vivent d'ores et déjà avec deux parents homosexuels, et l'on n'a pas détecté chez eux le moindre traumatisme psychologique particulier. Tous les éducateurs sérieux le savent : les difficultés des enfants ne proviennent pas de l'orientation sexuelle de leurs parents, mais de leurs moyens financiers, de leur niveau d'études et de leur intégration dans la société. Mais ce n'est pas avec des arguments de simple raison que l'on peut convaincre sur ce point. L'homoparentalité dérange, on craint faussement qu'elle soit héréditaire, contagieuse, et délétère pour l'espèce humaine. Comment sortir de cette peur irrationnelle qui fait que même des citoyens assez ouverts se disent qu'il faut procéder par paliers, ménager des transitions, distinguer mariage (hétéro) et union civile (homo), de crainte d'encourager l'homophobie, alors qu'il n'y a rien de pire que faire des distinctions pour renforcer les discriminations et l'exclusion ?

Quand on est l'Eglise et que l'on se dit catholique, on doit dialoguer avec tous, se faire le témoin du message du Christ et des Ecritures et ne pas se contenter de répéter les éventuelles âneries des successeurs de Pierre, lequel Pierre, selon l'Evangile et les Actes des Apôtres, sortit quelques énormes sottises que ses frères ne suivirent pas. Alors, plutôt que de l'entretenir, faisons donc reculer la peur de l'homoparentalité.

Depuis la naissance du Christ, nous savons que la seule filiation qui compte n'est ni sexuelle ni reproductrice, mais adoptive. Joseph et Marie deviennent les parents du Christ parce qu'ils l'acceptent comme enfant, alors que leur relation sexuelle ne l'a pas conçu. Joseph eût été une femme que le Christ eût été tout de même incarné. Nous aussi parents, nous déclarons nos enfants à l'état civil, nous les adoptons aux yeux de la loi et de la société, et nous nous engageons dans leur éducation. Mais avec l'Evangile, nous allons plus loin que jouer au papa et à la maman. Nous agrandissons la famille à l'humanité toute entière. Nous reconnaissons Jésus Christ fils du Dieu Vivant (Mt 16, 16), et nous nous disons fils de Dieu et frères en Jésus-Christ, que nous sortions des bourses d'un père homosexuel, de l'utérus d'une mère porteuse, d'une éprouvette, ou de l'Assistance. Et l'important pour nous n'est pas de sacraliser la famille traditionnelle, car la "Sainte Famille" est tout sauf cela, mais de laisser le Christ, dès l'âge de 12 ans, et nos enfants avec lui, "s'occuper des affaires de son Père" (Luc 2, 49). En termes laïques, cela veut dire que ce qui compte, c'est que la société tout entière s'occupe bien des enfants, les éduque, et les considère pour eux-mêmes, pas seulement en tant que fils et filles de leurs parents, hétérosexuels ou pas. Toujours en termes laïques, cela veut dire aussi que les jeunes doivent être associés au plus tôt à la vie de la cité, en tant que futurs citoyens. Dans cette perspective, l'homoparentalité n'est plus un problème, le vrai défi, c'est d'assurer ensemble une parentalité collective, consensuelle, intégrative et démocratique, une socioparentalité.

Au cours des siècles, l'Eglise a construit sa vision du sacrement du mariage, certes pour asseoir son pouvoir sur la société, mais aussi pour assurer le consentement éclairé des époux, empêcher les mariages forcés pour raisons patrimoniales, limiter la traite des femmes, abolir la répudiation et assurer aux enfants un cadre éducatif minimal. Les sociétés modernes et démocratiques se chargent aujourd'hui de ces protections et sauvegardes. L'ouverture du droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels est la dernière étape de cette lente évolution. L'Eglise qui prit en charge, aux temps barbares du IXe siècle, état civil et régulation matrimoniale, voit aujourd'hui la toute fin de son rôle administratif et civil. Le mariage homosexuel, loin de remettre en cause mariage et filiation, libère définitivement l'Eglise de ses préoccupations de gestion quotidienne de la société et lui donne tout loisir de se concentrer sur la diffusion de son message spirituel. Mais pour cela, les croyants ne doivent pas rester les petits enfants mineurs de Notre Père qui est aux cieux et de notre Très Saint-Père le Pape qui est à Rome (tiens, deux pères dans cette famille ?). Non, les baptisés se doivent d'être des adultes majeurs qui, dès leur plus jeune âge, comme Jésus, prennent la parole dans le Temple et dans la ville.
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MessageSujet: L'Eglise en est resté au 19ème siècle...   Sam 3 Nov - 12:39

André Vingt-Trois, une messe contre le mariage pour tous
31 OCTOBRE 2012 | PAR MATHIEU MAGNAUDEIX
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Mardi 30 octobre, 19 heures. La nuit est tombée sur Paris. Mais dans la basilique Sainte-Clotilde, à deux pas de l'Assemblée nationale (VIIe arrondissement de Paris), c'est lumière plein pot et affluence des grands jours. Ce soir, c'est la traditionnelle « messe des responsables politiques » organisée par le Service pastoral d’études politiques (SPEP), l'aumônerie de l'Assemblée nationale, un temps dirigée par Mgr Lustiger. « Le Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, est heureux de vous inviter à la messe qu’il présidera à l’intention des parlementaires et des responsables politiques », signalait l'invitation envoyée à de nombreux parlementaires.


L'invitation envoyée aux parlementaires

La messe va bientôt commencer. L'orgue joue déjà. Des familles ont fait le déplacement, mais aussi des couples âgés, des croyants venus seuls, des élégants en costume et attaché-case. Faisant des allers-retours entre la porte et les bancs, des hommes en long manteau noir placent les personnalités. « Vous êtes parlementaire ? » demandent-ils aux nouveaux arrivants. Les premières personnalités commencent à arriver. Pas de personnalité PS, les visages connus sont tous des responsables de l'UMP. Marc Le Fur, vice-président de l'Assemblée nationale, se place au premier rang. Puis entrent l'ancien président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et le député et ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui gagne sa place rapidement.

Aujourd'hui sénateur, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Pierre Charron, fait son entrée tout sourire, saluant quelques visages connus. On trouve également dans l'assistance les députés Philippe Gosselin, Julien Aubert ou encore Jean-Frédéric Poisson, un proche de Christine Boutin.

Point commun de la plupart de ces élus ? Mis à part Raffarin et Charron, ils font partie des animateurs de l'Entente parlementaire pour la famille, ce groupement de 162 de députés et de sénateurs d'opposition hostiles au mariage et à l'adoption pour tous les couples, ligue tout juste reconstituée en prévision du débat à venir au Parlement.


"Messe des responsables politiques", 30 octobre.© Mathieu Magnaudeix
Le père Laurent Stalla-Bourdillon, directeur du SPEP, prend la parole. « M. le premier ministre, M. le président… », dit-il à l'intention de Jean-Pierre Raffarin et Bernard Accoyer, se félicitant également de la présence de députés. « Merci à chacun et chacune d'avoir répondu à l'invitation de son éminence André Vingt-Trois. »

« Mesdames et messieurs, chers amis, C'est une joie pour moi de célébrer comme chaque année l'eucharistie », entonne André Vingt-Trois. D'habitude, la messe de rentrée a lieu au début du mois d'octobre. Cette année, c'est à la fin du mois. Juste avant la date initialement prévue de présentation du projet de loi sur le mariage et l'adoption pour tous en conseil des ministres – il devait être dévoilé ce mercredi le 31 octobre et sera finalement présenté le 7 novembre. « J'espère que ce décalage n'aura pas été trop nuisible à vos travaux et que nous pourrons rattraper notre retard par l'intensité de notre prière et de nos réflexions », dit l'archevêque de Paris.

Lecture est faite de la lettre de saint Paul aux Éphésiens qui traite du mariage. Après plusieurs textes, dont des psaumes évoquant une nouvelle fois le bonheur conjugal, André Vingt-Trois débute son homélie. Cet été, le cardinal avait fait parler de lui par une proposition de prière du 15 août aux accents très politiques contre le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels. « Pour celles et ceux qui ont été récemment élus pour légiférer et gouverner : que leur sens du bien commun de la société l’emporte sur les requêtes particulières et qu’ils aient la force de suivre les indications de leur conscience », avait-il dit. « Pour les enfants et les jeunes : (...) qu’ils cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère. »

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« Un modèle qui empêchera les enfants d’identifier la dualité sexuelle »

André Vingt-Trois© REUTERS
Ce mardi soir, le prélat a continué dans la même veine. Dès le début de l'homélie, le ton est donné (cliquer ici pour en afficher le texte intégral). « Les lectures liturgiques de ce jour nous invitent à poursuivre la réflexion qui occupe notre pays depuis quelques semaines, je veux parler, vous l’avez compris, de la transformation législative du mariage. » Une digression sur le texte de saint Paul, puis André Vingt-Trois arrive au cœur du sujet :

« Dans le débat qui secoue notre société, bien que l’on nous eût dit qu’il était superflu puisque tout le monde était supposé d’accord, il est assez facile de comprendre qui est en train d’imposer une conception particulière du mariage à la société. Ce n’est pas nous qui entreprenons de substituer au mariage un autre modèle qui empêchera les enfants d’identifier dans leur famille la dualité sexuelle d’un père et d’une mère constitutive de l’humanité. Ce n’est pas nous qui donnons prise à la revendication illégitime d’un “droit à l’enfant”. Ce n’est pas nous qui faisons la promotion d’une réforme de civilisation sans permettre à ceux qui en subiront les conséquences de pouvoir y réfléchir et de donner leur avis. »

Pour le cardinal, l'« alternance politique » n'autorise pas tout. « Dans la vie d’un pays, il est des sujets qui engagent la vie personnelle des citoyens et qui ne dépendent pas simplement d’une majorité électorale, même si elle était importante. Au printemps dernier, les électeurs ont désigné le Président de la République et les députés pour engager de nouvelles orientations politiques. Je ne pense pas que l’organisation des mœurs conjugales et de la transmission de la filiation fasse partie des éléments d’une alternance politique. Elle engage trop profondément l’avenir de la société pour n’être qu’une conséquence automatique d’une élection. C’est pourquoi dans les débats parlementaires qui vont très probablement s’ouvrir sur le mariage ou sur la fin de la vie ou sur la révision des lois de bioéthique, il serait choquant pour la démocratie que les parlementaires ne disposent pas de leur liberté de vote. »

Vient l'appel aux parlementaires à voter selon leur « conscience », face aux « lobbies ». « Face à ces grands enjeux, continue l'archevêque, c’est à la conscience personnelle du responsable politique d’exercer ses choix avec liberté et courage. La liberté doit se gagner et se défendre face aux lobbies qui saturent les espaces de communication. »

Et le cardinal de marteler : « Le courage est nécessaire quand il s’agit pour le responsable politique de prendre ses distances par rapport à son entourage idéologique ou à son parti et d’exposer son image publique. Au cours des dernières semaines, plusieurs l’ont déjà manifesté. N’est-ce pas ce à quoi l’on reconnaît les hommes et les femmes de conviction : leur capacité à se prononcer en vérité devant leur conscience et devant les hommes ? » Avant de conclure par un appel à « déplacer » les montagnes.

Ce week-end, André Vingt-Trois devrait, selon Le Figaro, tenir un nouveau « discours choc » sur le mariage et l'adoption.

Après une dernière prière universelle (« Seigneur nous te confions tous les responsables politiques de notre pays »), vient le moment de la communion. Des dames passent dans les rangs avec des corbeilles pour la quête. À l'intérieur, la messe est bientôt finie. Dehors, un chauffeur au volant d'une grosse berline fait chauffer le moteur en attendant que ça se termine.


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