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 Pour le droit à la nudité : non au puritanisme anglo-saxon !

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MessageSujet: Pour le droit à la nudité : non au puritanisme anglo-saxon !   Ven 1 Juin - 4:16

ACCUEIL > VU SUR LE WEB > SEINS NUS DANS LA RUE, UN DROIT DE LA FEMME ?
Seins nus dans la rue, un droit de la femme ?
Créé le 30-05-2012 à 16h15 - Mis à jour le 31-05-2012 à 23h23Par Jérôme Hourdeaux
Avec l'été ressurgit une curieuse revendication du mouvement américain TopFreedom : le droit de se balader les seins nus. Ce qu'autorise la loi, des deux côtés de l'Atlantique.


Alors que les premiers rayons de soleils estivaux font leur apparition, à New York, un combat débuté il y a plus de 20 ans a repris : celui pour le droit de se balader seins nus dans la ville, au nom de l’égalité des sexes.

Car si la loi américaine punit l’exhibition de toute partie génitale, cette définition, assez simple pour l’homme, pose par contre certains problèmes d’interprétation lorsqu’elle vise les décolletés féminins.

Une bataille qui remonte à 1986

Durant des siècles de puritanisme, la question ne s'est jamais réellement posée, l’idée même de montrer sa poitrine en public étant en soit inconcevable. Mais, au sortir des années 70 et de la révolution sexuelle, de nombreux Etats et villes américains ont été confrontés à des situations inédites : des femmes ont commencé à réclamer le droit de pouvoir, comme les hommes, se balader torse nus. Au motif que leurs seins ne sont pas des organes génitaux.

C’est en 1986 que retentit la première affaire médiatique. Par une après-midi ensoleillée, la police de Rochester, dans l'Etat de New York, verbalise sept femmes pique-niquant les seins à l’air. Deux d’entre elles contestent leur condamnation.

Et six ans plus tard, la plus haute juridiction de l’Etat de New York finit par leur donner gain de cause ! Dans cette décision, rendue en 1992, les magistrats annulent en effet la loi interdisant aux femmes d’enlever le haut en public, au motif que celle-ci constitue une inégalité par rapport aux hommes qui, eux, peuvent exhiber leur torse en toute légalité.

Officiellement, il est donc totalement légal de se balader poitrine à l’air dans l’Etat de New York. Malheureusement, le droit et la morale ne font pas toujours bon ménage. Régulièrement, et plus particulièrement l’été, des femmes sont accostées par des personnes, voire des policiers, leur reprochant leur indécence.

En 2007, une New-Yorkaise a ainsi obtenu 29.000 dollars de la ville en guise de dédommagement après avoir, deux ans plus tôt, été interpellée et placée garde-à-vue alors parce qu’elle se baladait seins nus.

Des militantes seins nus à New York


Moira Johnson (dr)
Chaque été, des militants de ce mouvement connu sous le nom de "Topfreedom", et représentés par des associations telles que TERA, se mobilisent pour rappeler leurs droits. En défiant les policiers par exemple. Ainsi, régulièrement apparaissent de mystérieuses inconnues s’amusant durant quelques jours à sortir dans la rue les seins à l’air.

Ce fut le cas en 2011 dans le quartier de Bowery. Cette année, c’est dans l’East Village qu’une militante du nom de Moira Johnson a affolé les foules. Après avoir été photographiée et filmée par de nombreux manifestants, la jeune femme a finalement été brièvement interpellée le 16 mai dernier.

Autre figure du mouvement Topfreedom, Holly Van Voast est une photographe basée dans le Bronx connue pour pratiquer son art torse nu, et avec une fausse moustache. Après s’être déshabillée, au mois d’octobre 2011, en plein tribunal, cette activiste a de nouveau fait parler d’elle en interrompant une séance de dédicaces du dernier livre du présentateur Jimmy Fallon.

Le mouvement devrait même avoir d’ici quelques mois sa bible photographique grâce au projet "Topless New York", financé par les internautes via le site Kickstar, et visant à mettre en place une exposition, un livre de photos et un calendrier constitués de photos de New-Yorkaises posant les seins nus dans différents lieux de la ville. L’initiateur du projet a d’ores et déjà rassemblé plus d’une centaine de photos consultables sur le site DeviantArt (inscription nécessaire) ainsi que sur le site Model Mayhem.

Et en France, c'est possible ?

Même s’il est particulièrement actif à New York, "TopFreedom" est un mouvement mondial, avec des représentantes dans un bon nombre de pays, dont la France, qui se trouve dans une situation juridique comparable à celle des Etats-Unis.

En effet, l’article 222-32 du code pénal punit d’un an d’emprisonnement et 1.200 euros d’amende le fait de se montrer nu en public. Se promener torse nu n’est donc, théoriquement, pas une infraction. Cependant, de nombreuses municipalités ont pris des arrêtés, parfois contestés, interdisant localement cette pratique.

L’association féministe "Les Tumultueuses" a plusieurs fois brisé l’interdit imposé dans des piscines, provoquant l’intervention de la police. En mai 2009, une dizaine de ses membres s’étaient baignées torses nus dans une piscine publique du centre de Paris afin de "dénoncer la différence de traitement entre hommes et femmes, le corps des femmes étant systématiquement considéré comme plus sexuel que celui des hommes".

"Pas de fonctionnalisation de la monstration de seins"

Mais pour Christophe Colera, chercheur au Laboratoire cultures et sociétés en Europe de Strasbourg, auteur de "La nudité, pratiques et significations" (Éditions du Cygne, 2008) et blogueur, les similitudes entre la France et les Etats-Unis s'arrêtent là:

Il n’y a pas, en France, d’organisation structurée pour la défense du topless comme dans les pays anglo-saxons. Cela vient du fait que nous ne pratiquons pas le même type de lobbying. Les problèmes sont semblables mais nos cultures ont des approches différentes de l’égalité des droits.
En France, nous n’avons pas eu le phénomène puritain que les Etats-Unis ont connu dans les années 80. Cette réaction d’un militantisme féministe typiquement anglo-saxon au puritanisme reaganien est typiquement américain".

La France a pourtant son lot de seins nus sur la plage...

Il y a bien eu, dans les années 90, une grande mode du topless. Mais il y a eu ensuite un fort retour en arrière avec la prise de conscience des dangers du soleil. Il n’y a donc pas eu, chez nous, de fonctionnalisation de la monstration de seins. Peut-être également parce que nous avons plus conscience des risques d’instrumentalisation machiste de ce type d’actions.

Mais les choses changent chez nous. Il y a eu notamment la campagne pour la prévention du cancer du sein, qui a permis de désexualiser la poitrine ou encore l’exemple des féministes ukrainienne FEMEN, dont les actions sont appréciées par de nombreuses féministes françaises."

Reste à trancher la principale question, à la fois juridique et sociale, que pose ce mouvement : la poitrine est-elle oui ou non un organe sexuel ? Christophe Colera répond par l'affirmative :

Certes ne c'est pas un organe génital. Mais un organe sexuel certainement, dans les pratiques, comme dans les représentations, sauf lorsqu'il est associé à la lactation maternelle (de la déesse égyptienne Isis jusqu'à nos Vierges à l'enfant). Un des critères de la sexualisation, c'est justement le fait d'être caché ou non dans les différentes cultures humaines.

Le vêtement en témoigne :

Les civilisations ayant opté pour le vêtement ont quasiment toutes cachés les seins. Plus généralement, on se rend compte que tout ce qui marche sur la différenciation sexuelle est considéré comme sexuel".

Mais le fait de couvrir son corps ne suffit pas à transformer la poitrine en organe sexuel :

Ce qui est intéressant, c'est que même dans les civilisations "nues", il existe un tabou, une gène au niveau du regard et les hommes n'ont pas le droit de regarder trop intensément une poitrine de femme".

Signe supplémentaire de la dimension sexuelle de la poitrine féminine : son volume est même considéré par certains chercheurs comme une adaptation au désir masculin ! Christophe Colera explique :

On peut se demander si, à ce niveau, il n'y a pas une preuve du darwinisme. En effet, les femmes ont aujourd'hui des seins beaucoup plus gros que ce qui est nécessaires pour nourrir un enfant. Certaines thèses expliquent ceci par le fait que les hommes ont toujours eu tendance à choisir des femmes à forte poitrine. Ici, la dimension sexuelle interviendrait alors dans la sélection naturelle".

Le topless, un problème anthropologique.
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