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 La pauvreté est Française ! désormais la nouvelle république bananière n'a plus rien d'un exemple

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MessageSujet: La pauvreté est Française ! désormais la nouvelle république bananière n'a plus rien d'un exemple   Mar 29 Mai - 14:37

La France mal classée dans la lutte contre la pauvreté des enfants

29 mai 2012 à 13:24 (Mis à jour: 13:36)

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L'Hexagone consacre de gros moyens à l'action publique envers l'enfance défavorisée, mais les résultats ne sont pas à la hauteur, selon un rapport de l'Unicef.

Par FABRICE TASSEL
«En période de récession, l’agenda politique délaisse immédiatement les questions relatives aux enfants.» Voilà le résumé, brutal, qui fonde le rapport d’un des centres de recherche de l’Unicef consacré à la pauvreté des enfants.

L’agence de l’ONU a mené une longue enquête auprès de 125 000 foyers dans 29 pays, soit les 27 de l’Union européenne plus la Norvège et l’Islande. Le constat global est celui d’une aggravation de la situation des enfants, aspect très largement méconnu de la crise entamée en 2008 et dont l’ensemble des effets est encore très loin d’être à son terme.

TÉLÉCHARGEZ ICI le rapport de l'Unicef (au format PDF)
http://www.unicef.fr/userfiles/UNICEF_Innocenti_Mesurer-la-pauvrete-des-enfants_2012%281%29.pdf

Dans ce sombre tableau, surprise: la France est plutôt mal classée dans les 29 pays, et très mal dans le petit groupe des petits les plus riches. Une situation d’autant plus curieuse que nous vivons dans le pays qui, avec le Royaume-Uni et la Suède, consacre le plus de moyens financiers, au travers de prestations, d’allègements fiscaux et de services offerts aux familles, au bien-être des enfants. Un paradoxe qui interroge l’efficacité de l’action publique.

La France est mal classée dans les deux principaux classements de l’Unicef: 18e sur 29 dans le tableau de la privation des enfants, et 14e dans celui consacré à la pauvreté relative.

La privation des enfants est calculé à partir du pourcentage d’enfants privés d’au moins deux des 14 variables jugées nécessaires pour le bien-être d’un enfant: trois repas par jour, et au moins un avec viande, poulet ou poisson, endroit calme pour faire ses devoirs, loisirs réguliers, possibilité d’inviter des amis à la maison etc.

Le classement à partir de la pauvreté relative mesure, lui, le pourcentage d’enfants vivant dans des ménages dont le revenu disponible est à inférieur à 50% du revenu médian national du pays dans lequel ils vivent.

Concernant les privations 10,1% des enfants français sont concernés, ce qui place la France et l’Italie comme les deux seuls pays riches à avoir un taux supérieurs à 10%. Pour la pauvreté relative, la France affiche un taux de 8,8% ce qui la place, avec l’Allemagne cette fois, comme un de deux pays à avoir un taux entre 7 et 10%. Tous les autres pays riches, et notamment ceux d’Europe du Nord, sont en-dessous de 10%. L’Italie et l’Espagne naviguent entre 15 et 20%.

Approche différente

Le débat théorique pour savoir lequel des deux indices (privation ou pauvreté relative) est le plus pertinent, est sans fin, notamment parce que la pauvreté ne s’apprécie par partout de la même façon, et parce que les revenus médians n’ont pas la même signification dans chaque pays.

Il n’empêche: lorsque l’Unicef offre une approche différente, en mesurant la pauvreté selon certaines catégories de population, la France apparaît toujours aussi mal lotie: le taux de privation des enfants issus de familles monoparentales est de 21,1% (14e pays sur 29); le taux de privation des enfants dont les parents ont un faible niveau d’instruction s’élève à 34% (18e); celui des enfants vivant dans des familles frappées par le chômage grimpe à 45,6% (17e); celui des enfants issus de familles migrantes est de 20,5% (19e).

Finalement le seul lot de consolation, mais il est maigre et paradoxal, est de constater qu’en France l’action publique atténue le taux de pauvreté des enfants: ainsi la France et l’Espagne affichent des taux de pauvreté avant impôts et transferts qui sont proches (19,4% et 18,8%) mais l’intervention de l’Etat, dans l'Hexagone, le fait baisser de plus de la moitié tandis que l’action étatique espagnole est presque sans effet.

En somme la France consacre, relativement à d’autres pays, de gros moyens à l’action en faveur des enfants, mais de façon inefficace si l’on observe les résultats finaux.
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MessageSujet: PAUVRETÉ : 10% D'ENFANTS TOUCHÉS, LA FRANCE ÉPINGLÉE   Jeu 31 Mai - 15:37

ACCUEIL > SOCIÉTÉ > PAUVRETÉ : 10% D'ENFANTS TOUCHÉS, LA FRANCE ÉPINGLÉE
Pauvreté : 10% d'enfants touchés, la France épinglée
Créé le 30-05-2012 à 16h03 - Mis à jour à 18h32Par Celine Rastello
Un rapport publié mardi place pourtant la France comme le pays dépensant le plus pour la famille et l'enfance. Interview.
Mots-clés : pauvreté, enfants, Unicef, rapport, France, privations
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Marelle (photo d'illustration) (Marlène Awaad/ Max PPP)
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"Il y a urgence" selon l'Unicef (Fonds des Nations Unies pour l'enfance) qui a publié mardi 29 mai un rapport sur la pauvreté des enfants. En terme de "pauvreté relative", estimée à partir de ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté (ménages dont le revenu est inférieur à 50% du revenu moyen), elle est 14e sur 35 pays dits "riches". Avec 8,8% d'enfants pauvres. Loin derrière l'Islande, la Finlande et Chypre !

La France fait pire encore en terme de "taux de privation", estimé à partir de différents indicateurs concrets : "trois repas par jour", "fruits et légumes frais tous les jours", "endroit calme avec assez d'espace et de lumière pour faire les devoirs", "connexion Internet"... Cette fois, elle se retrouve 18e position avec un taux de 10,1%. Loin derrière, encore, les pays nordiques. C'est pourtant en France, pointe le rapport, que les dépenses publiques pour la famille et l'enfance sont les plus importantes. Nathalie Serruques, responsable de la mission "Enfance en France" à l'Unicef, revient sur ce paradoxe.

Si le calcul de la pauvreté des enfants par rapport au seuil de pauvreté a déjà été établi par le passé, celui du "taux de privation" est nouveau. Quelle lecture faites-vous de ses résultats ?

-Ce calcul est établi à partir de 14 indicateurs définis par l'Union Européenne. Ils sont certes subjectifs, mais permettent d'avoir davantage de précisions sur les conditions de vie des enfants et la réalité de leur situation de pauvreté. Nous considérons qu'un enfant est en situation de privation à partir de deux indicateurs cumulés : l'"équipement de loisir extérieur" et les "ressources financières pour participer à des voyages et des manifestations scolaires" par exemple.

Quels sont les enfants les plus exposés ?

- Ceux issus de familles monoparentales, pour lesquelles il n'y a qu'une seule source de revenus. Les familles migrantes sont également particulièrement exposées, le nombre d'enfants étant souvent plus important et les revenus, moindres. Les nombreuses familles touchées par le chômage sont évidemment très touchées, également.

Tous les enfants sont-ils pris en compte dans ce calcul ?

- Les deux systèmes de mesure concernent la très grande majorité des enfants, ceux qui sont régulièrement présents sur le territoire d'un point de vue administratif. Mais toute une partie des enfants n'est pas comptabilisée car non recensée : les Roms, les mineurs étrangers isolés, les enfants sans abris, ceux qui vivent dans les hôtels sociaux... Par ailleurs, faute de statistiques récentes et régulièrement mises à jour, nos calculs se basent sur des chiffres de 2009, avant la récession économique.

Nous devons donc tenir compte du fait que la situation s'est fortement aggravée depuis. En atteste la hausse de la fréquentation enregistrée par les Restos du cœur ou le Secours Catholique, qui ont du mal à répondre aux demandes. Il y a aussi un décalage entre le début de la crise et le moment où son impact est le plus fort. Il se fait particulièrement ressentir maintenant, les réserves et économies étant pour beaucoup épuisées. Le nombre de personnes qui revendent tout ce qu'ils possèdent (bijoux...) aux caisses de crédits municipaux et pratiquent de plus en plus le troc en atteste également.

Quels indicateurs, parmi ceux retenus, sont ceux qui manquent le plus aux enfants ?

- Les indicateurs qui touchent le plus d'enfants sont le fait de pratiquer "une activité de loisir régulière" (musique, culture, sport) : 6,7%, le fait d'avoir "deux paires de chaussures d'une pointure adaptée à l'enfant" (5,5%) et "quelques vêtements neufs" (5,2%). Faute de moyens, de nombreuses familles recyclent beaucoup les affaires des aînés ou qui leur sont données, qui ne sont pas forcément adaptées à l'enfant. Les "vestiaires" des associations comme le Secours Catholique ou le Secours Populaire fonctionnent encore énormément.

Quelles peuvent être les conséquences de ces privations sur les enfants ?

- Alors qu'un rapport du CERC de 2004 montre qu'un des seuls moyens d'éviter de reproduire la pauvreté passe par la "réussite" scolaire, une des premières conséquences des privations est un niveau scolaire moindre en terme de réussite, voire l'échec scolaire. Le fait de ne pas avoir de lunettes à sa vue peut jouer. Mais ce n'est pas la seule conséquence de la pauvreté. Des conditions de vie dégradées -certains vivent à 7 ou 8 dans la même pièce- dans des environnements délétères ne sont pas non plus sans incidence. Les conséquences sont réelles en terme d'hygiène et d'impact sur la santé à long terme : humidité, présence de plomb dans la peinture, moisissures, acariens...

Comment expliquez-vous que la France soit le pays qui dépense le plus pour la famille et l'enfance, devant le Royaume-Uni et la Suède, et se retrouve si bas dans le classement ?

- La seule explication selon nous, c'est qu'il existe un impact réel de la politique fiscale et des allocations (le "taux de pauvreté" est réduit de moitié grâce à l'intervention de l'Etat) mais aussi un manque d'efficacité criant. L'absence d'une politique nationale de l'enfance comme elle existe dans les pays nordiques est aussi une réponse à cette question. De manière générale, tout cela manque de cohérence et de coordination.

Quelles sont vos priorités et qu'attendez-vous du nouveau gouvernement ?

- Nous demandons qu'une vision nationale de la problématique de l'enfance soit mise en place et qu'entre en vigueur notre proposition de droit à la compensation via des allocations, sur le schéma de ce qui a été mis en place en 2005 pour les personnes en situation de handicap. Cette compensation, qui doit apporter une aide matérielle et humaine, doit être régulièrement réévaluée. En matière d'échec scolaire, ceux qui en souffrent le plus sont aussi ceux qui n'ont pas les moyens de compenser avec un soutien payant. Les associations font leur possible pour rétablir l'égalité, mais nous souhaitons que cela soit officialisé et financé. Dans le cadre d'un ministère dédié à l'enfance, ou d'un Haut-Commissariat sur le modèle de celui de Martin Hirsch. Il viendra peut-être avec les législatives.
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MessageSujet: Enfants pauvres : derrière les chiffres, des vies   Mar 5 Juin - 14:40

Enfants pauvres : derrière les chiffres, des vies

On parle régulièrement de la pauvreté en France, plus rarement du cas des enfants pauvres. L’Unicef vient de publier un rapport qui pointe les retards de la France parmi les pays les plus riches. À Vénissieux, dans tous les quartiers, des enfants sont touchés par cette pauvreté. Témoignages.
Anissa m’avait donné rendez-vous en début d’après-midi, ce lundi 4 juin, aux portes de l’école ou ses trois enfants sont scolarisés. Trois enfants de 4, 6 et 8 ans qu’elles laisse deux fois par semaine à la cantine pour qu’ils prennent un repas équilibré. “Je travaille à mi-temps comme femme de ménage. Mon mari est sans emploi. Au chômage depuis plusieurs années, il ne perçoit presque plus rien.” Ils font avec les aides sociales, et celles des associations. “Cet hiver on allait au Resto du Cœur. Parfois on a des aides d’urgence par la mairie. Avec la CMU, on ne paie pas les visites chez le médecin. Pour les vêtements on fait les braderies du secours populaire.”
Mais combien de temps vont-ils tenir ? “La priorité, c’est de payer le logement : sinon on s’enliserait encore plus vite. Le pire c’est pour nos enfants : on n’invite pas leurs copains à la maison. Notamment pour leurs anniversaires car acheter des jus de fruit, des gâteaux des bonbons pour tous grèverait notre budget.” Pour la cuisine, la maman se rend au marché du Centre tous les mercredis matin, au moment où les forains remballent : “Certains vendeurs me connaissent bien et font des prix vers midi, ce qui me permet de cuisiner quelques légumes. Mais c’est très difficile. Nous comptons à l’euro près.”
Un peu plus loin, à Parilly, il y a ces enfants qui “échappent aux statistiques” et qui vivent dans des camps de Roms dans des conditions de pauvreté extrême. Il y a aussi ceux qui vivaient au Hangar à Vénissieux avant qu’il ne brûle en mars 2011. Après avoir erré plusieurs mois de parc en parc, ils sont pour certains installés dans un autre camp, rue de la Feyssine à Villeurbanne, au bord du périphérique.
Vénissieux accueille également d’autres enfants dont les parents, chassés de leur pays, sont entrés illégalement sur le territoire. Alors que faire face à cette situation ? Ce garçon de 12 ans que je connais depuis longtemps résume bien son ressenti : “Moi je vis dans un foyer depuis que je suis arrivé avec ma mère, et mes deux frères. J’ai honte de dire là ou j’habite. Personne ne connaît ma vie. Au collège, je fais celui pour qui tout va bien mais au fond de moi c’est difficile. J’ai très peur du regard des autres. Car je suis pauvre. Pourtant je n’en veux à personne. Peut être qu’un jour je réussirai et que je tiendrai ma revanche. En travaillant bien au collège, j’intégrerai un lycée. À moins que je sois expulsé. On apprend à vivre ainsi. Mais on ne l’accepte pas”.
Selon l’Unicef, notre pays se situe au 14e rang des 35 pays étudiés, parmi les moins bons élèves des pays les plus riches : la France compterait entre 8,8 % et 10,1 % d’enfants pauvres.
Pour l’Unicef, tout n’est pas si sombre. L’organisation souligne “l’engagement de la France” le plus important en Europe, “les fortes dépenses publiques consacrées aux familles” qui permettent “de diminuer pour moitié le taux de pauvreté relative des enfants”. Mais, faute d’efficacité, l’Unicef plaide pour un suivi plus précis de l’enfant : “l’aider concrètement dans sa scolarité, favoriser l’accès régulier aux sports et aux loisirs, permettre une visite médicale régulière, le doter d’un bureau, d’un ordinateur, d’un accès internet…”.
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MessageSujet: Pauvreté: la lutte des classes peut-elle reprendre ?   Mar 11 Sep - 14:11

Pauvreté: la lutte des classes peut-elle reprendre ?

Rédigé par Juan Sarkofrance le Lundi 10 Septembre 2012 à 13:45 | 71 commentaire(s)

On s'en doutait mais les chiffres font mal. Comme souvent, les bilans tardent à être publiés. Celui-là aurait dû retirer quelques milliers de voix supplémentaires au Président des Riches qui se voulait président protecteur. Ce bilan-là aurait pu et dû dévier le centre de gravité politique des dernières élections quelque part plus à gauche, sur le terrain social et de la relance.




Ce bilan-là, c'est celui de l'INSEE sur les niveaux de vie en France. Le 7 septembre dernier, l'institut a donc publié son évaluation des niveaux de vie en France en 2010. Deux ans de retard pour comprendre combien la pauvreté s'est aggravée durant les trois premières années du quinquennat Sarkozy. Les supporteurs de Nicolas Sarkozy - si nombreux en ces temps de primaires internes pour la présidence de l'UMP - nous/vous expliqueront que c'est la faute à la crise.

Même le niveau de vie médian a baissé. En 2010, il s’élève à 19 270 euros annuels, soit une diminution en euros constants de 0,5 % par rapport à 2009. A ce niveau, le seuil de pauvreté est fixé à 964 euros mensuels (60% de la médiane): « la moitié d’entre elles vivent avec moins de 781 euros par mois.» L'INSEE rappelle que cette année-là, même le SMIC a baissé, de 0,5% en euros constants.

La pauvreté continue de progresser. Elle concerne 8,6 millions de personnes, soit 14,1 % de la population contre 13,5 % en 2009.

Sur tous les critères, avec toutes les mesures, les inégalités ont progressé: « Le niveau de vie baisse ou stagne pour pratiquement toutes les catégories de population sauf pour les plus aisées. »

1. Les inégalités se sont creusées. « Le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20 % de personnes les plus aisées et celle détenue par les 20 % les plus modestes s’élève de 4,3 à 4,5. »

2. Les pauvres sont plus nombreux: 14,1% des Français, un record depuis 1997, en hausse de 0,5 point en un an. Au total, ils sont 8,617 millions (contre 8,0 millions en 2007, 7,8 millions en 2008; 8,2 millions en 2009).

3. La pauvreté frappe surtout les chômeurs (36% d'entre eux), les familles monoparentales (32%!) et les retraités (19%). Le pourcentage de salariés pauvres reste au contraire stable, à 6,3% depuis 2007. L'INSEE note en effet que le chômage n'est pas l'explication principale de l'aggravation de la pauvreté: « contrairement à 2009, le chômage contribue peu à l’évolution globale de la pauvreté ».

4. Cette aggravation est due aux inactifs: les retraités (11 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres), les adultes inactifs autres que les étudiants et retraités (16 %) et, surtout, les inactifs de moins de 18 ans, c’est-à-dire les enfants (63 %).

Car c'est bien la terrible nouvelle de ce rapport, la pauvreté des enfants explose: un enfant sur 5 est pauvre (19,6%). la pauvreté enfantine frappe 2,67 millions de personnes, soit 320.000 de plus en une année !

Ainsi la hausse de la pauvreté frappe surtout les familles monoparentales, et les couples avec enfants (dont les familles nombreuses). L'INSEE avance deux explications: primo, le coup de pouce du gouvernement Sarkozy en faveur des familles a été limité à 2009; après les grandes manifestations sociales de janvier 2009, Nicolas Sarkozy avait été contraint de lâcher deux primes exceptionnelles, non renouvelées en 2010 : 150 euros aux bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire, et une « prime de solidarité active » de 200 euros, aux bénéficiaires du revenu minimum d’insertion, de l’allocation de parent isolé ou d’une aide au logement. Secundo, en 2010, le gouvernement avait refusée toute revalorisation des prestations familiales.




5. Cette dégradation ne date pas d'hier. Quand Laurent Wauquiez, au printemps 2011, dénonçait le cancer social de l'assistanat, était-il au courant ? Bien sûr, et c'en était ignoble. L'INSEE s'attarde sur une comparaison courte, 2007-2010, quatre années, pas même un mandat. Sur une plus longue période, on remarque que la pauvreté a progressé d'un million de personnes en une décennie.

Quel bilan ! Quel boulet !

L'Observatoire des inégalités rappelle que cette dégradation est historique dans notre pays depuis les années soixante.

Le pacte social craque.

Car les plus riches sont devenus plus riches. Qui sera surpris ? Les 10 % des personnes les plus aisées ont un niveau de vie d’au moins 36 270 euros par an, soit 3,5 fois plus que celui des 10% les plus modestes (10 430 euros). « Entre 1996 et 2010, le niveau de vie moyen des 10 % de personnes les plus aisées a augmenté d’environ 2,1 % par an en moyenne, contre 1,4 % pour le niveau de vie moyen de l’ensemble de la population. » Si les revenus du patrimoine contribuent peu et évoluent peu, « les 10 % de personnes les plus aisées détiennent aussi des placements plus risqués, dont les rendements sont plus élevés en 2010. »

Sommes-nous mûr pour un retour de la lutte des classes ? Pas sûr. Certains sociologues expliquent que les classes ne sont plus suffisamment homogènes ou cohérentes pour être mobilisées. La précarité est certes diffuse, massive et croissante. Mais cela ne suffirait pas. Pourtant, les plus riches savent eux rester mobilisés, conscient de leur cohérence et de leur homogénéité.

Dans un ouvrage dénommé « Les ghettos du gotha », publié quelques mois après l'élection de Nicolas Sarkozy, les deux sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon s'attardaient par exemple sur l'entre-soi et les stratégies de résistance et de pouvoir des plus riches, des très riches.

Tout y était.

Un ouvrage indispensable, l'observation détaillée qu'une classe a parfaitement compris l'intérêt de se défendre et de se reproduire.

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