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 A Sfax, les déchets toxiques empoisonnent la ville

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MessageSujet: A Sfax, les déchets toxiques empoisonnent la ville   Jeu 24 Mai - 14:34

A Sfax, les déchets toxiques empoisonnent la ville
Par Pauline Curtet --

Sfax, capitale économique de la Tunisie, concentre des usines de transformation du phosphate, utilisé pour les engrais. Les déchets de cette industrie, empilés en terril, constituent une menace environnementale difficile à résoudre.

Bienvenue dans un décor de fin du monde. A quelques kilomètres du centre-ville de Sfax, un paysage désolé, vide, déroutant, attend le visiteur. Un immense terril, haut d'environ 50 mètres, d'une couleur grisâtre, se dresse au bord de la mer. Sur la plaine déserte alentour, les plantes ne sont plus vertes, mais grises, salies par la poussière. Cette montagne artificielle, tellement grande qu'elle est visible sur les photos satellites, est un dépôt de « phosphogypse », déchet résultant de la transformation du minerai de phosphate en phosphore.



La Tunisie, 5e exportateur mondial de phosphate

En Tunisie, les mines de phosphate constituent une activité économique majeure. Le pays est ainsi le 5ème exportateur mondial de ce minerai, qui, une fois transformé, sert à fabriquer de l'engrais chimique. A Sfax, plusieurs usines se chargent de laver le phosphate prélevé dans les mines de Gafsa, plus à l'ouest, pour ensuite en prélever le phosphore.

Cette activité génère une grande quantité de déchets, les phosphogypses. La SIAPE (Société industrielle d'acide phosphorique et d'engrais), usine construite en 1952 et située juste à côté du terril, en produit ainsi 650 000 tonnes par an.



« Ce dépôt est une vraie catastrophe environnementale », assure Wassim Chaabane, étudiant en biotechnologie et responsable du site internet "EcologiePlus.com". «Le phosphogypse est radioactif, il contient des substances dangereuses pour l'air et l'eau», s'insurge le jeune écologiste.

Une pollution incontestable
Plusieurs études confirment la radioactivité du phosphogypse, mais à des doses considérées comme négligeables. En revanche, les métaux lourds (plomb, mercure...) et les rejets toxiques (soufre) constituent une menace plus inquiétante, s'infiltrant dans les nappes phréatiques approvisionnant Sfax en eau potable.

A cette pollution, se rajoute le "Lixiviat", un jus produit par les déchets, directement rejeté par un canal dans la mer. « Sur plusieurs hectares, la faune de la mer a déjà disparu car elle n'a pas pu s'adapter», regrette Wassim.



Jusqu'à présent, aucune étude épidémiologique n'a évalué l'impact de ces rejets sur la santé des habitants de Sfax. « Sous le président déchu Ben Ali, on ne pouvait même pas venir prendre en photo le terril. Maintenant, c'est possible. Donc j'espère que les choses vont s'arranger et que l'on pourraévaluer les conséquences de la pollution », glisse le jeune écologiste.

L'environnement, un sujet tabou
A Sfax, le sujet reste cependant tabou. L'industrie du phosphate emploie près de deux mille personnes. Leurs syndicats refusent de communiquer sur la pollution.

Des solutions pour la revalorisation du phosphogypse sont en cours d'élaboration. Des pistes portent, par exemple, sur une utilisation du déchet dans la construction de routes. « Des Japonais voulaient racheter le phosphogypse, mais ça ne s'est jamais fait...», remarque Wassim. Difficile d'imaginer le transport de toutes ces tonnes de poussière toxique...


Des expériences de réhabilitation
Le site de Taparura, un autre dépôt de phosphogypse situé juste à côté de la gare de Sfax, a fait l'objet d'une expérience de revalorisation. A demi enterré dans le sol, isolé par des parois en béton, des arbres ont ensuite été plantés à sa surface. Un projet de construction d'un complexe hôtelier est en cours d'élaboration.

L'expérience est prometteuse mais elle concerne un site beaucoup plus petit que celui de la SIAPE. Cette dernière, considérée comme obsolète, doit fermer ses portes dans quelques années. A la question environnementale succèdera donc une question sociale, celle du reclassement des ouvriers du phosphate.

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