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 Alors ce changement ? c'est pour quand ?...pas pour maintenant ?...pourtant !!!...

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MessageSujet: Alors ce changement ? c'est pour quand ?...pas pour maintenant ?...pourtant !!!...   Mar 22 Mai - 16:12

A chacune de leur intervention médiatique, le président Hollande, son premier ministre Ayrault et les nouveaux ministres ne cessent d'être interrogés sur le calendrier.

Quelque soit le sujet, la même question revient sans cesse sous des formes différentes: à quand les nouvelles lois et réformes ? A quand le changement ?

Depuis 2002, la presse avait été habituée par Nicolas Sarkozy à une avalanche d'annonces, un « carpet-bombing » qui ne laissait plus le temps à l'analyse ni à la discussion.




La mauvaise impatience
D'abord ministre, Nicolas Sarkozy usa de cette agitation politico-médiatique pour conquérir le pouvoir. Devenu président, l'excitation dura jusqu'en 2010 et l'adoption de la loi sur les retraites. L'ancien Monarque avait alors décidé de se présidentialiser (sic!), quitte à calmer le rythme de ses annonces et apparitions. Il conserva toutefois la sale habitude de sur-réagir au moindre fait divers, et deux déplacements de province par semaine, avec cars de CRS ou gendarmes, estrade ou table ronde, caméras et journalistes.

Voici bientôt trois semaines que Nicolas Sarkozy a été défait. Il faut réapprendre la patience. Non pas que les décisions tardent, mais l'action politique a son inertie. Et la boulimie législative sarkozyenne n'aidait pas.

Education
La prochaine rentrée scolaire sera tout aussi douloureuse que la précédente. Avant même l'élection présidentielle, François Hollande avait prévenu que les créations de postes promises ne pourraient être effectives dès septembre 2012. Nommé ministre, Peillon confirma: « nous allons essayer de faire que la rentrée 2012 qui a été préparée par le gouvernement sortant qui s'accompagne de 14.000 suppressions de postes se passe dans des conditions qui soient un peu meilleures »

Cette semaine, il était également trop tard pour annuler les tests nationaux des quelque 1,6 million d'élèves de CE1 et de CM2. Le ministère a simplement prévenu qu'il n'utiliserait pas les résultats au niveau central: « si ces évaluations peuvent être, localement, une aide pour le suivi par les enseignants des acquis de leurs élèves, les outils qui sont actuellement utilisés ne permettent pas une évaluation scientifiquement incontestable du système éducatif national. (...) Les résultats de ces évaluations ne seront pas transmis à l'administration centrale cette année. »

Justice
La justice est en friche, abîmée, choquée, débordée. La nouvelle Garde des Sceaux a eu l'un de ses premiers chocs, dimanche. Elle visitait la permanence de l'antenne des mineurs au Palais de justice de Paris. Paris n'est pourtant pas la zone la moins bien traitée du territoire.

Taubira a sa « feuille de route ». Et la route sera longue, très longue. Dimanche, elle a déjà prévenu qu'il faudra supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs. Même s'ils sont plus nombreux à être plus violents, il faut des réponses adaptées. Car cette délinquance surprenante qui n'a cessé de croitre sous l'administration Sarkozy trouble nombre de nos mythes éducatifs. « Les mineurs sont des citoyens en devenir, il est nécessaire de redonner à la justice des mineurs sa spécificité ».

Côté prisons, quel retard à rattraper ! La situation carcérale du pays a été largement négligée et aggravée durant les 5 dernières années. La réforme Dati n'était qu'affichage. Sur le tard, l'ancien Monarque a promis quelque 30.000 places supplémentaires de prisons

Police
Certaines décisions pourraient être plus rapides. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, était à Marseille ce lundi. La cité phocéenne est le théâtre de règlements de compte en cascade. Douze personnes ont été tuées par balles depuis janvier. A Marseille, le préfet s'appelle Gardère, un proche de l'ancien maire de Neuilly sur Seine.

Nicolas Sarkozy a nommé tellement de proches ici ou là. Xavier Bertrand, ancien ministre de Sarkofrance, était-il en mission commandée pour s'inquiéter du possible départ de Frédéric Péchenard, directeur de la police nationale, et de Bernard Squarcini, patron de la DCRI ? Libération croyait savoir que leur remplacement serait décidé ce mercredi en Conseil des ministres.

Xavier Bertrand, lui, a fustigé une chasse aux sorcières: «La chasse aux sorcières commence, et je crains que ce ne soit qu’un début. M. Hollande l’avait dit, certains ne l’avaient pas forcément pris au sérieux, nous si» . L'homme est gonflé. Pourrait-il avoir l'honnêteté intellectuelle de reconnaître la soumission politique du couple Péchenard/Squarcini à son ancien mentor ?

Culture
Aurélie Filippetti, la nouvelle ministre de la Culture, a été assaillie de questions de calendrier par les journalistes de la Matinale de France Inter, lundi 21 mai : quand interviendra donc le retour à une TVA à 5,5% pour le livre ? Quand changerez-vous le mode de nomination des dirigeants de l'audiovisuel public ? Quand remplacerez-vous le CSA ? Quand y-aura-t-il une nouvelle convention collective de l'intermittence ? Quand ? Quand ? L'impatience médiatique était sans limite. Pourtant, la jeune ministre connaissait ses dossiers. Et elle avait déjà quelques réponses, comme sur le gel des crédits: «Le précédent gouvernement avait fait des gels budgétaires en début d’année qui ont considérablement pénalisé non seulement les compagnies dramatiques mais aussi les centres chorégraphiques, les festivals, les orchestres».

En matière audiovisuelle, un jeune conseiller régional UMP, Geoffroy Didier, a sommé Audrey Pulvar de démissionner de l'émission « On n'est pas couché », sur France 2, et ce, avant la fin de la semaine ! «En interviewant samedi soir des responsables politiques, dont un leader socialiste, dans le cadre de la campagne des élections législatives et sur une chaîne de télévision du service public, Audrey Pulvar a démontré à quel point elle n’avait aucune déontologie». Le jeune voulait se faire mousser. Il était prévu de longue date que les interviews politiques s'interrompent pendant la campagne, rétorqua la journaliste.

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MessageSujet: Pour l'immigration ce n'est toujours pas l'heure du changement...et pourtant !   Sam 26 Mai - 5:19

La Ligue des Droits de l'Homme (LDH) "déplore" que l'immigration reste "sous la coupe du ministère de l'Intérieur", une décision confirmée vendredi qui "s'inscrit dans la droite ligne de la politique antérieure", sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Selon la LDH, "le gouvernement aborde lui aussi la question de l'immigration sous un angle purement policier, y compris lorsqu'il confie l'intégration des étrangers au ministère de l'Intérieur".

"L'attribution, au ministère de l'Intérieur, de l'essentiel des pouvoirs en matière d'immigration, d'asile et de naturalisation s'inscrit dans la droite ligne de la politique antérieure", selon un communiqué publié après la publication du décret des attributions du ministère de l'Intérieur.

La LDH relève que cette décision de laisser les questions de l'immigration, de l'asile et des naturalisations "sous la coupe du ministère de l'Intérieur", sont contraires à "ce que toutes les associations et tous les spécialistes souhaitaient".

"On verra donc se perpétuer l'arbitraire qu'entraîne l'éclatement des dossiers de naturalisation par préfectures ainsi que des motivations qui relèvent parfois d'une xénophobie avérée", selon la LDH qui dénonce cette "logique policière".

"Ce n'est pas de cette manière que l'on apaisera les tensions artificiellement créées sur ce sujet, et que l'on construira une autre politique, plus efficace, mais aussi plus respectueuse des droits de chacun", met en garde la Ligue.
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MessageSujet: 4ème semaine de la France d'après: Hollande répare, Hollande remplace   Lun 4 Juin - 5:03

4ème semaine de la France d'après: Hollande répare, Hollande remplace

Rédigé par Juan Sarkofrance le Dimanche 3 Juin 2012 à 05:40 | 148 commentaire(s)

Nicolas Sarkozy est revenu, mais le ménage se poursuivait. Pas à pas. Petit pas après petit pas. Sans surprise, on attendait la nouvelle Assemblée. François Hollande continuait un quasi-sans faute.

Cette semaine, la 4ème de la France d'après, fut celle des premiers ménages.


CHAMUSSY/SIPA


Premiers ménages
Mardi, François Hollande a expulsé l'ambassadrice de Syrie. On avait oublié qu'elle était encore là. On ne savait plus pourquoi Nicolas Sarkozy n'avait pas procédé de la sorte dès les premiers massacres...

Le même jour, Jean-Marc Ayrault séchait les critiques en annonçant un prochain plafonnement des rémunérations des patrons d'entreprises publiques. Il y a 10 jours, quelques UMPistes s'étaient dépêchés de crier à l'abandon d'une promesse. Prématurément. « C'est de la com' » a brièvement commenté Jean-François Copé mercredi. L'UMP est silencieuse quand ça l'arrange. L'affaire s'est prolongée jusqu'à chez Air France et Safran, deux entreprises dont l'Etat est actionnaire minoritaire: chez la première, l'assemblée générale des actionnaires a désavoué la décision des administrateurs de verser une indemnité de non-concurrence à l'ancien DG. Chez la seconde, le parachute doré et la retraite chapeau du dirigeant ont été récusées.

Premiers remplacements
Mercredi, le trio de tête de la police française était limogé. On se demandait pourquoi Nicolas sarkozy n'avait pas fait le ménage lui-même. Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale avait tout couvert, tout assumé. Bernard Squarcini avait été si zélé et si secret: le scandale de Tarnac; l'espionnage des journalistes du Monde; la couverture d'Alexandre Djouhri; les affaires Guérini ou du cercle Wagram; ... les pièces à charge ne manquaient pas.

François Hollande, à en croire l'obscure feuille de choux gauchiste dénommée Les Echos, commençait à « imprimer son style ». Lequel ? Il avait pris le train et même la voiture, plutôt que son Airbus présidentiel à 300 millions d'euros acquis par son prédécesseur. Il s'était même rendu à France 2, plutôt que de convoquer les journalistes dans son palais. C'était sa première intervention télévisée depuis l'élection. Elle fut sobre, simple, prudente. Il y avait encore des grincheux pour râler du manque d'annonces. Ils avaient sans doute oublié de lire le programme sur lequel Hollande avait été élu voici 4 semaines.

Aucun état de grâce
Il n'y avait aucun état de grâce. Certes, les sondages étaient excellents. Mais nombre de ministres étaient en risque, tant la bataille politique restait âpre. La presse, même de gauche, ne lâchait pas non plus grand chose, sans attendre l'élection d'une nouvelle Assemblée. Mediapart accusa deux nouveaux conseillers de conflits d'intérêt. L'un n'était même pas en poste. Libération s'agaça d'une trop forte proportion de conseillers « mâles et blancs » dans les ministères. Nous n'aimions pas ce passage à la Lanterne. Vendredi, les syndicats de policiers quasi-unanimes fustigèrent la proposition de Manuel Valls d'imposer la remise d'un récépissé par les forces de l'ordre à chaque contrôle d'identité.

Les choses sérieuses allaient commencer.

A droite, la riposte était toujours maladroite ou outrancière. On tentait de débusquer des affaires. Le PS retira ainsi son investiture à une députée sortante de Marseille, Sylvie Andrieux, accusée de détournements de fonds. L'UMP rechignait à un quelconque ménage. Pire, les « amis de Sarkozy » lancèrent la création de leur association, la veille du retour de leur mentor de son palace marocain. La brochette était belle: Alain Joyandet - qui avait dû démissionner du gouvernement Sarkozy après l'utilisation d'un jet privé sur fond publics, et qui avait pu cumuler le commerce du bois précieux avec sa fonction de ministre de la Coopération; Brice Hortefeux, l'ancien ministre condamné pour injure raciste et mis en cause dans l'affaire Karachi; Christian Estrosi, également amateur de jet privé quand il était ministre.

A droite, on commençait surtout à régler les comptes, sans attendre les scrutins des 10 et 17 juin. Alain Juppé a dû démentir vouloir reprendre la présidence de l'UMP, une intention que Paris Match lui prêtait pourtant citations à l'appui. Au JDD.fr, l'ancien ministre Hervé Morin a flingué son ancien adjoint Jean-Christophe Lagarde (« voyou ») et Rachida Dati (« la plus grande menteuse de la République »). Laquelle a admis qu'elle voterait pour Fillon à Paris mais qu'elle n'en pensait pas moins.

A droite, certains pensait encore que Nicolas Sarkozy aurait dû gagner, que la défaite n'était qu'un malentendu. Nous connaissions ce sentiment. L'ancien Monarque avait pourtant récolté 20 millions de voix contre lui.

Premières urgences
En Conseil des ministres fut adoptée la revalorisation promise de l'allocation de rentrée scolaire (+25%) pour 3 millions de familles. L'hébergement hivernal d'urgence fut prolongé sans date couperet, par Cécile Duflot. Manuel Valls et Marisol Touraine abrogèrent la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers. Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem ont promis une loi sur le harcèlement sexuel. Quelque 1.000 renforts, pour l'essentiel enseignants, seraient dépêchés à la rentrée prochaine dans les établissements publics. Le ministre de l'éducation nationale Vincent Peillon avait décidé de publier 17 rapports tenus secrets par son prédécesseur Luc Chatel. Des inspecteurs avaient alerté Chatel des ravages des réductions d'effectifs sur le remplacement des absences, la division par deux du taux de scolarisation des enfants de 2 à 3 ans en maternelle; ou le coût prohibitif des fameux internats d'excellence si chers à Nicolas Sarkozy.

A Florange, le site restait fermé, et pour au moins 6 mois. Arcelor-Mittal l'a confirmé vendredi. Rappelez-vous ces déclarations de campagne de Nicolas Sarkozy, le 2 avril dernier : « ces travaux ont démarré –, 7 pour la cokerie, 8 millions pour l’usine de fabrication de produits pour l’automobile. C’est de l’investissement pour Florange ! Et il est décidé ». Un vrai mensonge. Le gouvernement Ayrault a déjà en main une liste d'une quarantaine de plans sociaux à venir, la plupart reportés après le scrutin présidentiel. Mardi, le premier ministre avait reçu les partenaires sociaux pour préparer la conférence sociale de juillet. Le soir, Hollande promettait un coup de pouce du SMIC (inférieure à 5% d'après Ayrault ).Le Medef et la droite crièrent au scandale.

Premières résistances
Jeudi soir, le gouvernement français, par la voix de sa ministre des Sports Valérie Fourneyron, annonçait qu'aucun représentant du gouvernement ni, évidemment, le président Hollande, ne se rendrait aux matches de l'Euro de football en Ukraine. Le pays était une sale dictature.

Vendredi, Vladimir Poutine était à Paris, après une escale à Berlin. Il faisait grise mine. Nulle embrassade souriante devant photographes et caméras comme du temps de Nicolas Sarkozy. Le Monarque avait perdu son ami Nicolas, et savait le nouveau président français bien opposé sur la Syrie.

Bachar el Assad avait provoqué un début de réaction onusienne, le weekend dernier, après un nouveau massacre de civils, dont 25 enfants, à Houla. Mardi soir, Hollande n'excluait pas une intervention militaire, une option inacceptable pour Poutine. Le Monarque russe était aussi énervé du boycott politique de l'Ukraine par la France: « Je ne pense pas qu'il faille boycotter des événements sportifs pour des raisons politiques ».

La conférence de presse commune des deux chefs d'Etat fut plutôt tendue. « Monsieur Assad a visité plus souvent Paris que Moscou » confia Poutine. Il avait raison. Jusqu'en décembre 2010, le boucher syrien était l'un des meilleurs alliés de Sarkofrance. « Je n'ai rien à voir dans ces visites. C'est un autre temps » répliqua Hollande. « Le régime de Bachar al-Assad s'est conduit de manière inacceptable, intolérable et a commis des actes qui le disqualifient. (...) Si nous voulons obtenir ce résultat, il doit y avoir des sanctions, il doit y avoir des pressions ». Poutine ne souriait pas. « Les sanctions sont loin d'être toujours efficaces.»

Le même jour, le représentant russe au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a voté contre l'ouverture d'une enquête internationale sur la tuerie d'Houla.

Vladimir était un personnage important, mais un homme indigne.



Nous n'étions plus en Sarkofrance, mais pas encore dans la France d'après.
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MessageSujet: Le capitaine de pédalo se conte de naviguer à vue...courte ...évidement ...bisous ?   Jeu 23 Aoû - 10:08

1 - Aubry rate sa nouvelle offensive anti-Hollande

Elle allait parler, remettre les pendules à l’heure de la gauche orthodoxe grâce au merveilleux prétexte fourni par le démantèlement de campements roms. Las ! Aubry a dû se contenter de banalités en lieu et place de la diatribe envisagée. Car un Valls bien informé s’était fait un plaisir d’indiquer que des collaborateurs du maire de Lille avaient participé à une réunion préparatoire à ces félonies d’Etat, comme aurait pu écrire Plenel du temps de Sarkozy. De l’utilité de remplir des fiches et comptes-rendus quand on est ministre de l’Intérieur. Caramba, encore raté Martine !

Au passage, la Dame des 35 leurres a délivré une formule étonnante : « Les riverains étaient victimes de vols et de rackets et il y avait des problèmes d'insalubrité. Mais maintenant, nous travaillons à trouver une solution. Il y a une urgence à trouver un terrain pour ces familles et on travaille en ce sens main dans la main avec le préfet de région. »

Un autre terrain pour qu’il n’y ait plus de problèmes d’insalubrité, soit. Mais pour les problèmes d’insécurité, il faudra déplacer les futurs riverains ?


2 - Le modèle belge inspire-t-il le pouvoir « hollandais » ?

Une fois détricotées les réformes fiscales sarkoziennes, le président normal et son Premier ministre super-normal se contentent de piloter à vue, reconduisant les mesures les plus populaires du précédent pouvoir bien qu’elles troublent un peu la moraline de gauche, en matière d’immigration ou de sécurité notamment. Mais tout va bien : la croissance zéro, ce n’est pas la récession, se satisfait Monsieur Ayrault. L’immobilisme est couronné de succès quand il conduit à l’immobilité.

A part cela ? Les enseignants vont attendre longtemps les 60 000 emplois promis et, après une ou deux grèves et quelques cabrioles, les autres fonctionnaires réussiront peut-être à troquer la règle du remplacement d’un départ à la retraite sur trois contre des primes. La seule petite différence avec le régime antérieur est qu’on réunira davantage de commissions. Les lecteurs de Marianne, de Télérama, des Inrocks et autres citoyens indignés, impliqués et concernés se sentiront malgré tout a-pai-sés. Ouf ! Il est toujours aussi difficile pour un président de la République d’aller se montrer en banlieue mais il lui est désormais plus simple de se rendre au festival d’Avignon.

Cette politique en pente douce est menée en croisant les doigts pour qu’enfin Monsieur Draghi, au bout de la laisse de Madame Merkel, veuille bien lâcher les milliards d’euros nécessaires au rachat de nos vilaines dettes, sans qu’on sache trop à quel moment l’inflation nous sanctionnera. Cela permettrait de tenir un ou deux ans de plus. Le libéralisme prône le laisser-faire et le socialisme conduit au laisser-aller.

Car, au fond, est-il nécessaire d’entreprendre davantage ? La Belgique vient de nous montrer durant plusieurs années que l’absence de gouvernement est plutôt favorable aux performances économiques. Quand toute action publique est obérée par les marchandages corporatistes, mieux vaut que l’Etat en fasse le moins possible. Le « hollandisme » sera-t-il la version française du « belgicanisme » institutionnel, la droite française jouant le rôle des Flamands, renâclant mais payant quand même, alors que la gauche est l’expression des Wallons, dépensant sur fond de discours social ? Si les petits cochons de la crise ne la mangent pas, une démocratie sous cellophane assurera la grande réconciliation. A-pai-sés vous dis-je …

3 - Les revanchards

Enfin… tel du benzène dans le Perrier ou Dieu dans l’univers, il reste encore quelques traces de méchanceté chez les ultra-normaux qui nous gouvernent. Ainsi a-t-on appris en lisant Le Point que Laurent Binet, qui vient de commettre un opuscule sur la campagne de Hollande, a été le témoin d’un échange édifiant.

Au soir de la victoire de son champion, Valérie Compagne-Première, première twitteuse de France, a demandé à l’entourage proche du nouvel élu « contre qui cette victoire est-elle pour vous une revanche personnelle ? »

Si le propos est vrai, c’est une curieuse conception de la politique où le succès est l’instrument de règlements de comptes, même symboliques. Quant à la réponse de notre Président, qui n’a su désigner que son prédécesseur, elle est injuste pour ses camarades socialistes.

4 - Fafa a dit : « Bachar, il est trop méchant »

Du bac à sable diplomatique où notre ministre des affaires étrangères est parti jouer, on a entendu monter ce sanglot : « Bachar il est méchant, il faut qu’il parte. ». Et : « les kidnappeurs libanais ne sont pas gentils, il faut qu’ils arrêtent ». L’Orient entier tremble de la terreur que ces propos énergiques ont inspiré à tous ces affreux.

5 - Pussyleaks

Nous concédons d’entrée aux anglicistes que le rapprochement de ces deux termes est peu ragoûtant. Aussi leur proposerons-nous en substitution possible : Assangeriot. Même si les déhanchements des Pussy Riot ne mettaient guère en difficulté une foultitude d’officiels et de diplomates, contrairement aux révélations d’Assange, le délateur blondinet d’Internet et les trois minettes russes brûlent le même combustible : la provocation. Et la manière hypocrite dont les pays occidentaux tentent de briser le pauvre Assange ne diffère guère de la brutalité épaisse des nouveaux tsaristes de Moscou. Réagir si méchamment à la provocation est toujours un signe de faiblesse et nous montre qu’Américains, Anglais et Suédois ne se sentent pas beaucoup plus sûrs d’eux que les Russes par les temps qui courent. Comment fait-on pour obtenir la nationalité équatorienne ?
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MessageSujet: Lienemann : «Que Hollande respecte ses engagements»   Jeu 6 Sep - 5:37

Lienemann : «Que Hollande respecte ses engagements»
Mots clés : PS, Traité Européen, Europe, Marie-Noëlle Lienemann

Par Solenn de Royer
Mis à jour le 06/09/2012 à 00:07 | publié le 05/09/2012 à 19:59 Réactions (12)

«L'appel à la discipline ne règle pas les désaccords politiques ou de conscience», affirme Marie-Noëlle Lienemann. Crédits photo : STEPHANE MAHE/REUTERS

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INTERVIEW - Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, explique pourquoi elle va voter contre le traité européen.

LE FIGARO. - Pourquoi voterez-vous contre le traité européen?

Marie-Noëlle LIENEMANN. - Parce qu'il est dangereux pour l'avenir de la France et de l'Europe. Il n'y a dans ce traité qu'un seul choix: l'instauration d'un contrôle budgétaire strict des États par la Commission européenne et l'UE pour que les déficits structurels ne dépassent pas 0,5 % du PIB. Ce qui revient à installer durablement des logiques d'austérité. Or, il y a des périodes où l'on a besoin de booster la croissance par des déficits publics maîtrisés. Avoir un cadre macro-économique budgétaire fixé ad vitam aeternam n'a donc pas d'intérêt politique, au contraire. À force de faire des coupes sombres dans les dépenses publiques, à force de reculs sociaux, on amène les États à une baisse de croissance, voire à la récession. On ne peut pas accepter cela.

Beaucoup, au sein de la majorité, jugent qu'une non-ratification du traité ouvrirait une crise politique majeure…

Mais ils n'ont que ça à dire depuis vingt ans! C'était déjà la même chose en 2005. On nous disait: «La France va être isolée, on va rater le train de la grande Histoire…» C'est faux. Je préfère une crise politique bien gérée, qui amène à renégocier le traité, à une crise structurelle et larvée sur le terrain économique et monétaire.

Le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, a décrété qu'il n'y aurait pas de liberté de vote.

Il y a jamais eu de liberté de vote au PS sur des débats comme celui-là. Ça n'a jamais empêché les socialistes de ne pas voter comme un seul homme! Nous sommes un parti démocratique, dans un pays qui a une tradition de débat politique. L'appel à la discipline ne règle pas les désaccords politiques ou de conscience. François Hollande sait bien que la question européenne a toujours fait débat à gauche. Il y a encore des désaccords, il ne faut pas faire comme s'il y en avait pas. Imaginez le spectacle d'une Assemblée qui voterait unanimement - à l'exception du FN et du Front de gauche - pour un traité qui est rejeté par nos concitoyens, ce serait une claque à la démocratie! Je rappelle que les électeurs de gauche ont voté massivement non à la Constitution européenne en 2005. Ils n'auraient plus confiance dans un PS qui ne serait pas capable de porter leurs convictions.

Le fait que la droite pourrait voter ce texte vous pose-t-il un problème politique?

Ce n'est pas moi qui vais regretter que la droite vote ce traité. C'est un texte qui a été négocié par Nicolas Sarkozy! Et il n'a pas été modifié d'un iota! Quant aux socialistes, je pense que beaucoup ne voteront pas ce traité, que ce soit en votant contre ou en s'abstenant. François Hollande disait que le traité devait être modifié et complété. Modifié, il ne l'est pas. Complété, il l'est, mais de manière faible. Le volet croissance n'est pas suffisant pour compenser l'effet rouleau compresseur de l'austérité. On a d'un côté l'austérité permanente et de l'autre une pichenette de croissance. Par rapport aux engagements pris, on n'est pas dans l'épure! Nos électeurs attendent que François Hollande les respecte.
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MessageSujet: Le changement ? ...pas maintenant   Jeu 27 Sep - 14:02

Le changement, c'est maintenant
27 septembre 2012 Par Jean-Claude POTTIER

Les Roms subissent la même politique d'exclusion et d'expulsion. Etre Rom est un délit. Il n'y a pas plus raciste que cette pratique. Les sans-papiers, de même, ne voient pas d'améliorations les concernant. C'est le recours aux charters qui persiste. On jette des êtres humains hors de nos frontières.

L'islamophobie emprunte une forme apparemment moins féroce, mais elle reste toujours présente et active. En voix off, Copé piétinant M LP, Charlie Hebdo, et bien sûr Valls soi-même.

Lisbonne, Madrid, Athènes : images avares et expédiées lors des JT. Gros plan sur les heurts. La contestation sociale, ce sont les matraques, histoire de mettre en garde.

Les chiffres : le chômage dépasse les 3 M. Et les licenciements à venir sont annoncés froidement. L'austérité poursuit son petit bonhomme de chemin. Le PS au pouvoir envisage les hypothèses de prélèvements.

Enfin, pour faire bonne mesure, les guerres annoncées elles aussi : intervenir au Mali. Car une force africaine risque d'atteindre rapidement ses limites. Il faudra soutenir sur le terrain et intervenir. L'appel persistant d'Hollande à s'interposer en Syrie. Notre président normal multiplie ses adresses à l'ONU pour que celle-ci enfin l'entende et se décide.

Notre allié Israël s'est "amusé" à annoncer une intervention en Iran. Nous savons tous qu'en cas de conflit tous les alliés d'Israël se porteraient au secours du petit Etat. Tout comme nous savons que l'Iran recevrait le soutien de ses alliés.

Une guerre concernant l'ensemble Syrie/Iran reste donc tout à fait envisageable, et même très attendue. Tout l'espace entre Téhéran/Damas et le Mali sera impliqué car sera le témoin proche de guerres s'apparentant à autant de croisades. Il va de soi qu'un tel déploiement de forces et de violences génèrera des turbulences, point de départ d'une autre situation chargée de contentieux.



Rien qui mobiliserait le peuple sur la base d'objectifs sociaux, rien pour calmer la tension internationale. Tout se conjugue pour aiguiser une crise majeure : guerres et/ou révolutions.

Car les peuples d'Europe, dont celui de France, sont acculés à défendre leurs intérêts par la lutte, la rue, l'affrontement. D'autant que cette situation de lutte des classes va favoriser l'émergence d'un fascisme raciste jouant sur la diversion ultra nationaliste. Diversion renforcée par le contexte de guerres et où l'ultra nationalisme jouera son rôle sur les 2 rives de la Méditerranée.

Ceux qui en votant utile ont élu Hollande n'ont pas voulu voir la direction prise par les dirigeants d'Occident. Pour eux, froidement, cyniquement, la solution passe par la réalisation du pire.

Qui attend une quelconque amélioration? Et quelle serait-elle?
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MessageSujet: Que la rue se fasse entendre !   Ven 28 Sep - 14:56

Que la rue se fasse entendre !

26 septembre 2012 à 19:07

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Par PHILIPPE POUTOU Ex-candidat à la présidentielle pour le NPA
Nous n’avons pas le choix, la rentrée sociale ne doit pas être «normale», la rue doit se faire entendre. Nous avons eu un été sans surprise : envolée des prix, montée du chômage, multiplication des plans de suppressions d’emplois ou de fermetures d’usines. Les mauvaises nouvelles s’accumulent tandis que la précarité et la pauvreté continuent de s’aggraver. Derrière les chiffres, il y a des drames humains, des gens qui souffrent. Heureusement, certains ne se résignent pas. Il y a les luttes, les résistances légitimes comme celles des salariés de Fralib ou de Sodimédical, qui durent depuis plus d’un an, celles des salariés de PSA, et la mobilisation à l’usine Ford, où je travaille.

Il y a aussi tous ceux qui s’opposent aux fermetures d’hôpitaux ou de maternités, aux suppressions d’enseignants Rased dans les écoles. Ceux qui refusent les projets néfastes pour l’environnement et la santé des populations comme à Notre-Dame-des-Landes, à Bures, à Clermont… Et puis il y a la colère dans les «banlieues» qui s’est exprimée lors des émeutes dans les quartiers populaires d’Amiens. Une colère légitime face à la brutalité de la crise, à l’humiliation et aux discriminations, face à une violence sociale marquée par la répression policière, à une république incapable d’assurer le respect pour tous. Il y en a marre de ce monde sans autre perspective que la dégradation du niveau de vie de la majorité de la population.

Marre de ce monde capitaliste qui détruit les services publics, les collectifs, la vie sociale. Marre de cette crise qui permet aux grosses fortunes de s’enrichir en exploitant les classes populaires. Il n’y a pas de fatalité, le «désordre» provient de cette organisation économique dirigée par les capitalistes et les financiers. Les choses doivent changer radicalement.

Cette année, on a réussi à régler nos comptes avec un gouvernement réactionnaire, antisocial et raciste. C’est Sarkozy et sa bande que nous avons dégagés. Mais les élections ne font pas tout. Car, à la place, le nouveau gouvernement de «gauche» mène une politique sensiblement identique. Ce gouvernement avait promis une seule chose : «Le changement, c’est maintenant !» Et bien il a déjà renié son engagement ! Les patrons continuent de fermer des usines ou de supprimer des emplois, les salaires n’augmentent pas contrairement aux prix des fruits et légumes ou des carburants, les camps des Roms continuent d’être démantelés et les sans-papiers de se faire expulser. Le changement, le vrai changement viendra d’en bas, du monde des opprimés, car nous défendrons collectivement nos emplois, nos conditions de vie et de travail, notre droit de vivre dignement et décemment.

Nous devons retrouver la confiance en nous-mêmes, dans nos propres forces. Ce n’est pas évident tant nous avons subi de reculs ces dernières années, pris des coups, tant nous avons été divisés et éparpillés. Pour cela, nous avons besoin de reconstruire les réseaux militants, recoller les morceaux du mouvement social et donc faire tomber les barrières entre les milieux militants associatifs, syndicaux et politiques.

La colère existe mais cela ne suffit pas. Il nous faut espérer à nouveau et penser que nous pouvons agir ensemble ; que le progrès social, une vie meilleure pour tous, c’est possible. Il nous faut aussi une perspective politique claire : celle de répartir les richesses entre tous, donc celle de faire payer les grosses fortunes, de combattre le capitalisme et d’imposer une économie qui réponde aux besoins des gens et non aux profits d’une minorité, une économie qui préserve notre santé et notre environnement.

Seules des solutions radicales peuvent répondre à l’urgence sociale. Concrètement, il faut stopper les délocalisations, les fermetures d’entreprises, les suppressions d’emplois, dans le privé ou dans le public. Il faut annuler la dette publique illégitime et créer un monopole public bancaire contrôlé par les salariés qui mettrait le système de crédit au service de la société. Les revenus pour tous doivent être augmentés, c’est un revenu minimum de 1 700 euros dont nous avons besoin. Enfin, il faut un service public de l’énergie qui rompt avec la logique de rentabilité et qui permette de sortir du nucléaire dans les dix ans.

Il n’y a rien à attendre du gouvernement Hollande-Ayrault, qui ne veut pas affronter les financiers et les capitalistes et qui donc ne pourra pas répondre à l’urgence sociale. C’est pour ça que l’objectif politique de cette rentrée, c’est de construire une opposition qui soir à la gauche de ce gouvernement. On n’a pas d’illusions à se faire et nous n’avons pas le droit d’attendre.

Nous avons déjà fait l’expérience de la gauche au pouvoir et nous savons comment ça peut finir. Il ne faut pas que les déceptions finissent à nouveau à favoriser le retour d’une droite dure voire d’une extrême droite. Il nous faut donc préparer une riposte unitaire, une mobilisation générale des salariés, de la population. C’est possible avec l’ensemble de la gauche de la gauche, avec les associations et les syndicats.

Le NPA est de ceux qui appellent à la manifestation unitaire du 30 septembre contre la ratification du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), nous sommes de ceux qui veulent préparer une marche nationale contre les licenciements ou encore reconstruire des collectifs unitaires pour l’égalité des droits et contre le racisme. Pour stopper l’austérité, la dégradation de nos conditions de vie, la montée du racisme et des discriminations, alors la rue doit se faire entendre… maintenant.
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MessageSujet: La pire politique de gauche   Mer 10 Oct - 5:19

Il y a des nuits où, au creux du lit, je fais des rêves. Enivré par la fatigue, j’aime à imaginer un autre 6 mai 2012. Quand l’euphorie taquine mes neurones endormis, j’aime songer que ce soir-là, nous avons assisté à la victoire de Mélenchon.

Mais même dans le temple sanctifié et isolé des rêves, la réalité, parfois, impose ses règles. Ainsi d’autres nuits, où le sommeil se fait moins réparateur, mon esprit imagine la France qui aurait pu naître, si Hollande était devenu le nouveau président de la République.

La victoire de Sarkozy le 6 mai 2012 nous a, disons-le, mis K.O ! Sinon, croyez-moi, je ne me sentirais pas obligé d’écrire sur la politique qu’un concurrent électoral aurait entreprise.

Le programme de Hollande n’est pas celui que je défends. Mais au moins, je le reconnais, la conduite de la gauche libérale n’aurait pas pu être pire que ce que nous vivons actuellement sous Sarkozy.

Je sais que Sarkozy est de droite. Mais cela fait toujours du mal de voir tant de ministres à l’université d’été du Medef, qui viennent y cirer les pompes des patrons. D’ailleurs, cette onction gouvernementale était bien de mauvais augure pour la suite.

Un budget à droite fiscalement

Sarkozy s’apprêterait, lors du prochain budget, à exonérer fiscalement les entreprises à hauteur de 40 milliards d’euros. Ce geste, c’est la condamnation à mort du pacte républicain issu de l’après-guerre.

Dorénavant, la sécurité sociale sera financée uniquement par les travailleurs. Le capital ne se sent donc plus concerné par l’intérêt général. La droite, ici, disons-le, achève un travail de longue haleine.

Je plains les futurs malades. Je les plains, car tant que nous ne reviendrons pas sur cette réforme, leurs soins seront précaires et leurs vies, malheureusement, gâchées par la gourmandise de quelques-uns.

Ce qui est sûr, c’est qu’avec un gouvernement Hollande, cet attentat n’aurait jamais pu être commis. Hollande, j’en suis persuadé, aurait maintenu en l’état le rapport de force qui permet de financer les soins de tous, y compris des patrons. Ce socialiste n’aurait jamais accepté cette exonération de 40 milliards. Car quand on se sent de gauche, les entreprises passent après la vie et l’humain !

Un gouvernement anti-écologie

Que dire alors du reste ? Assurément, l’écologie va souffrir avec ce second mandat de Napoléon. Quel sketch que l’attribution des permis de forage en Guyane ! Sarkozy, peut-être épris par la légende de son Grenelle de l’environnement, a voulu nommer un vrai écologiste au ministère éponyme.

Mal lui en a pris, celle-ci a failli interdire aux pétroliers de détruire la côte guyanaise.

Je ne pense pas que Hollande, surtout avec le contrat gouvernemental signé avec les verts, aurait permis ces forages en haute mer. Lui, il n’y a pas de doute, n’aurait jamais remercié sa ministre sous demande des lobbys pétroliers. Sur cette question écologique, on perçoit une différence notable entre la gauche et la droite.

Ne pas détruire l’écosystème, c’est bien. J’aurai remercié Hollande de son courage de résistance. Mais avouons que la planification écologique défendue par Mélenchon est préférable. Car elle répond et vient résoudre les problèmes sur le long terme. Mais, même dans les rêves, au second tour, on "élimine"...

Hollande, sur l’écologie, aurait donc été bien meilleur que Sarkozy. Le doute, ici, n’a pas sa place.

Une augmentation du SMIC ridicule

Toujours au creux de mon lit, je n’aurais jamais imaginé Hollande augmenter le SMIC de seulement quelques centimes. Sarkozy, par sa campagne, a été piégé. Il a été contraint de faire un geste pour l’électorat populaire qui a voté pour lui. Ce geste, disons-le, est un doigt d’honneur ! L’augmentation permet de s’offrir uniquement un carambar et puis c’est tout.

Hollande, loin de comprendre la nécessité, comme nous, d’augmenter le SMIC à 1.700 euros, aurait, sous la pression de la gauche du PS, probablement consenti à une véritable augmentation du salaire des pauvres. Jamais il ne se serait ridiculisé avec une augmentation d’à peine 2 % en juillet.

J’aime à imaginer qu’inspiré par la mystique de la gauche au pouvoir, il aurait pris le courage d’un véritable électrochoc salarial. J’aurais salué cet effort pour lutter contre la logique de l’austérité.

Si le peuple français avait profité de l’élection présidentielle pour virer Sarkozy, je me sentirais assurément plus reposé et mes rêves seraient plus personnels. Car voir le nouveau ministre de l’Intérieur s’inspirer de son maître me ronge.

Démantèlement des camps de Roms

J’ai honte de constater que l’on continue de s’acharner sur les camps de Roms. Voilà l’œuvre de la droite la plus affreuse qui soit, celle qui consiste à demander à des policiers pauvres de s’attaquer à d’autres pauvres. Sur cette question des Roms et des minorités, nous, l’autre gauche, et la gauche d’Hollande, nous nous retrouvons forcement.

La défense des opprimés et des prolétaires de toutes origines fait partie de notre génétique commune. C’est pourquoi nous nous reconnaissons respectivement membres de la gauche.

D’ailleurs, imaginer le PS s’attaquer aux Roms fait sourire. C’est tout bonnement inconcevable. Et que dire du matraquage médiatique contre la menace islamique que Sarkozy utilise pour noyer le débat politique ? Jamais un président de gauche, même social libéral comme Hollande, n’aurait permis une telle manipulation de l’opinion publique.

Pour toutes ces raisons, je le répète, il faut vraiment virer Sarkozy de l’Élysée ! À cette vitesse, les amis, je ne tiendrais pas 5 ans.

Adoption du TSCG

Je ne pourrais jamais me sentir apaisé tant que le traité du TSCG pèsera de tout son poids sur les institutions de notre République. Il est malheureux que Sarkozy ait trouvé une majorité parlementaire pour ratifier ce traité qu’il a rédigé avec Merkel.

La résistance à la soumission à l’austérité éternelle et aux marchés financiers a par contre été salutaire pour l’ensemble de la gauche. Pour la première fois depuis longtemps, les socialistes se sont montrés dans la rue pour manifester leur opposition avec nous. Aux côtés des Verts et du Front de gauche et de centaines d’associations, le PS est venu manifester, en effet, le 30 septembre à nos côtés.

Enfin, tous les parlementaires socialistes ont voté contre la ratification du traité du TSCG. Comme ne cesse de le répéter Jean Marc Ayrault, on ne peut accepter une telle perte de souveraineté du peuple sans lui demander son avis. La nécessité du référendum a donc permis à toutes les gauches de se retrouver.

Mes rêves, en jouant au jeu de la politique-fiction, me persuadent de continuer à militer pour une présidence de gauche. Il est dur de voir Sarkozy continuer à se trimbaler chaque jour à l’Élysée et d’entendre ses ministres, chaque matin à la radio, continuer de parler de charges et de compétitivité...

La France et son peuple ont besoin d’une véritable gauche au pouvoir. Pour moi, celle de Mélenchon permettrait une rupture nette avec le passé et impulserait un nouvel élan républicain dans les sillons de la nation. Malgré tout, Sarkozy, par sa politique inique, arrive à me convaincre du moindre mal de voir un président comme Hollande au pouvoir.

Car si, le 6 mai, nous avions viré Sarkozy par l’élection du candidat du PS, nous nous serions alors débarrassés de cette politique de plomb qui pèse sur notre moral.

À croire, si on tire une leçon de cette année, que pour battre la politique de la droite, il ne reste aujourd’hui plus que le Front de Gauche et son ancien candidat Mélenchon.
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MessageSujet: Cinq associations ont présenté leur étude sur l'état de la rétention en France. Elles ne constatent pas de «changement notable» depuis l'élection de Hollan   Mar 20 Nov - 16:07

Expulsions : l'avertissement des associations au gouvernement

20 novembre 2012 à 16:25

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AU RAPPORT Cinq associations ont présenté leur étude sur l'état de la rétention en France. Elles ne constatent pas de «changement notable» depuis l'élection de Hollande.

Par FABRICE TASSEL
Critiquer la précédente majorité tout en avertissant l’actuelle : c’est le message adressé hier par cinq associations (la Cimade, France Terre d’Asile, Forum réfugiés, l’Assfam et Ordre de Malte), qui, pour la deuxième année, ont présenté leur rapport commun sur l'état de la rétention en France en 2011. Et disent ne pas constater de «changement notable» depuis l'élection de François Hollande.



«Ni le changement de gouvernement, ni les condamnations par l’Europe n’ont pour l’instant changé la situation : la France continue d’expulser massivement, et dans un contexte de recul des droits», a alerté David Rohi, responsable de la mission «Eloignement» à la Cimade. Il y a quelques jours, la place Beauvau a d’ailleurs indiqué, dans l’indifférence générale, qu’en 2012 il y aura un peu plus d’expulsions qu’en 2011 (33 000), une année pourtant déjà classée «hors norme» pour les cinq associations.

«Mensonge par omission»

Mais derrière les chiffres, plusieurs responsables ont visé deux réalités. En métropole 32 900 personnes ont été éloignées : un chiffre à nuancer puisqu'il recouvre 15 800 aides au retour, dont la moitié sont des Roms roumains et bulgares et non des sans-papiers. Il n’y a donc en réalité «que» 17 000 expulsions forcées, ce qui a amené David Rohi à dénoncer «le bluff consistant à faire croire de la part du gouvernement que la France a besoin d’expulser 32 000 personnes». Une critique de la constante instrumentalisation de l’immigration dans le débat politique, visant à faire croire que la France vit sous la menace de flux migratoires excessifs.

Les associations ont aussi fustigé «le mensonge par omission» du pouvoir qui ne met jamais en avant les 31 300 expulsions d’étrangers réalisées outre-mer (Brésiliens et Surinamais expulsés de Guyane, Comoriens de Mayotte), le plus souvent dans une absence de respect des droits bien plus marquée qu’en métropole. Il faut supposer que le bénéfice politique à communiquer sur ce type d’expulsions est moindre.

«Cinq lois et dix ans de politique du chiffre»

Mais si les attentes par rapport à l’actuel gouvernement sont si fortes, elles visent un dispositif de l’ancienne majorité : la loi Besson rentrée en vigueur en juillet 2011, dont l’idée maîtresse était d’installer la prédominance de l’administration sur le pouvoir judiciaire, en ne permettant au juge des libertés et de la détention de n’intervenir qu’au cinquième jour de la rétention au lieu du deuxième précédemment. Or, avant la loi, le JLD annulait 25% des procédures pour des erreurs lors des interpellations par la police ou lors de la garde à vue des sans-papiers. Cette loi a par ailleurs porté le délai maximum de rétention de 12 à 45 jours, ce qui semble inutile puisque la durée moyenne de rétention est inférieure à dix jours, et 85% des retenus sortent ou sont expulsés avant le dix-septième jour.

«Il faut revenir sur l’architecture née de cinq lois et de dix ans de politique du chiffre», a espéré Pierre Henry, le directeur général de France Terre d’Asile. Pour l’heure, Manuel Valls n’a donné aucune indication sur une révision de la loi Besson. Le rapport demande aussi que la rétention devienne l’exception une fois les alternatives épuisées, comme l’aide au retour (dispositif cependant très coûteux) ou l’assignation à résidence. C’est d’ailleurs ce dernier régime, qui, depuis une circulaire prise par la place Beauvau en juillet, est appliqué aux familles en situation irrégulière avec enfants. La baisse significative du nombre d’enfants derrière des barreaux est un des rares points dont se sont félicitées les associations.
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