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 Vers l'extinction de l'humanité ?

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MessageSujet: Vers l'extinction de l'humanité ?   Lun 30 Jan - 11:04

« Il n'y a pas de croissance infinie dans un monde fini », nous avertit SuperNo dans l'un de ses billets, avant d'énumérer la listes des ressources énergétiques qui viendront à manquer dans un avenir proche. Les mariannautes s'interrogent sur la part de responsabilité de chacun dans ce désastre à venir, et établissent ce constat alarmant : nous savons tous que continuer à avancer dans cette direction nous sera fatal, mais nous n'avons pas la volonté de dévier le cap, quand bien même notre survie en dépend. Chronique d'une fin annoncée ou simple crise d'adolescence d'une humanité finalement encore bien jeune ?




La faute à qui ?

Comme lorsqu'une grosse bêtise vient d'être commise, on cherche tout d'abord à trouver le reponsable. En premier lieu, nos dirigeants sont mis en cause car soupçonnés de savoir pertinemment que le système dans lequel nous évoluons nous conduit irrémédiablement à une catastrophe, sans prendre la moindre mesure pour changer la situation. « Je crois que les politiques connaissent bien la situation et savent que nous allons dans le mur à plus ou moins brève échéance », suspecte Sylvie ARCHAMBAULT. « Mais le dire est impensable car cela bouleverserait trop les structures de pensées que nous impose l'idéologie dominante et provoquerait c'est évident des contestations sociales, des émeutes, des révoltes : pensez donc ! on ne fait tenir les peuples tranquilles qu'en leur faisant miroiter l'espoir d'un enrichissement futur... Que se passerait-il si on leur disait que cet espoir dans lequel il ont mis toute leur énergie était nul parce que c'est vers un appauvrissement matériel général que notre monde se dirige inéluctablement ? » 



« C'est pour cette raison », en déduit la Mariannaute « que ce discours, bien que parfaitement lucide, pragmatique, le seul susceptible d'éviter les violences, guerres et barbaries que l'épuisement des ressources nous prépare, est condamné à rester dans la marge des sphères du pouvoir, car la seule ambition des gens au pouvoir est d'y rester. »

Tous les commentateurs ne partagent pas cette opinion. « On a ici un schéma argumentatif des plus classiques : des élites éclairées et qui savent, et un peuple un peu stupide et forcément ignare. Il est contredit par les faits, et deux fois plutôt qu'une », s'oppose ainsi Boudzi ANARCHISTE CONSERVATEUR. « Mais si on l'examine un tant soit peu, que peut-on déjà faire remarquer ? D'abord l'idée que le « personnel politique » - si on préfère cette expression à celle d'élite – connaîtrait bien la situation, etc. laisse pantois. »

« Mais d'où tirent-ils leur savoir ? De leur omniscience native qui leur a permis de n'avoir pas eu à apprendre et d'avoir toujours su ? Quand on s'est rendu compte de la valeur du contenu des messages diplomatiques révélés par Wikileaks – contenu qui a pu servir à prendre parfois des décisions « importantes » -, on aurait pu se dire qu'il aurait très certainement été plus bénéfique d'ouvrir un ou deux bons livres de géographie, d'histoire, d’anthropologie, de psychologie ou de ce qu'on veut. Or ce savoir-là, il n'est pas le fait de quelques oracles inspirés et qui murmurent à l'oreille des hommes politiques, il est plus trivialement sur la place publique, comme par exemple, sur l'étagère d'une librairie, dans une bibliothèque ou sur un site internet un peu informé. Il est le fait de gens connus ou pas et qui prétendent s'adresser en général au plus grand nombre. Ce n'est pas un savoir ésotérique réservé aux initiés d'une quelconque secte. C'est un savoir exotérique soumis à l'appréciation, au jugement ou à la critique de tous ceux qui pensent en savoir assez pour faire part publiquement de leur accord ou désaccord. »

« De ce point de vue-là, il est faux d'affirmer ou de laisser entendre que les élites seraient bien informées et les autres pas », conclut l'internaute. « Peut-être pensez-vous encore vivre au temps des pythagoriciens où le savoir n'était rendu public que très parcimonieusement et où chacun pouvait se prévaloir de connaissances qui n'étaient partagées que par peu. Mais ce type de communauté qui lie chacun des membres par un savoir qu'ils sont seuls à partager s'appelle plus sûrement une secte que ce que les mêmes grecs ont inventé quelques temps après : l'agora. »

Droit dans le mur ?

Pourquoi alors, en dépit de la conscience largement partagée que l'humanité par trop énergivore court à sa perte à plus ou moins brève échéance, le cap tarde-t-il à être dévié ? « Attendre d'être malade pour s'occuper de sa santé, attendre le dernier moment avant de consulter, continuer d'absorber des cochonneries en dépit des alertes corporelles, tout est là. « J'aviserai le moment venu », n'est-ce pas ce que se dit la majorité des personnes ? Voici sans doute une des raisons pour laquelle les comportements écologiques (en fait, de bon sens), tardent à être adoptés. » (Michael SPECHT)

« Chacun d'entre nous connaît une personne qui, après un traitement invalidant pour un cancer du poumon, se remet à fumer de plus belle », poursuit François FRANZ. « Son addiction est devenue plus forte que son instinct de survie. Il en est de même pour l'humanité qui a goûté au confort matériel et aux bienfaits technologiques dont elle se refuse à accepter le coût exorbitant. Mais dans cette descente infernale, nos élites, encore plus accrocs que nous sont devenus nos dealers pour continuer d'assouvir leur passion. Il me semble que si nous voulons nous sortir de cette pente vertigineuse, il nous faut accepter de nous soigner comme pour une addiction. Penser notre changement comme un sevrage en nous dotant des outils psychologiques adaptés. Où l'on voit que la culpabilisation et les appels à la mortification resteront contreproductifs. Et vaines les exhortations des écolos. »

Dès lors, sommes nous tous condamnés par simple manque de volonté ? N'existe-t-il pas d'alternative possible ? « Il faut changer de modèle civilisationnel pour sauver notre espèce », propose Virginie ALBA-SIMM. « Virer gourous, chefs, prêtres, prêtresses, remettre en question nos perceptions de l'histoire à la lumière des découvertes historiques, archéologiques, scientifiques d'hier et d'aujourd'hui pour prendre une autre direction. Mais le travail est colossal et pire, il doit être effectué par tous..... On est très mal barré. »

Pour Sylvie ARCHAMBAULT, il faut « réfléchir aux limites que nous devons poser à cette prédation infernale des ressources de notre terre, poser les fondements anthropologique d'une nouvelle société qui vivrait en harmonie avec son environnement et non en prédatrice, fonder de nouveaux rapports sociaux fondés sur d'autres liens que la course au toujours plus, imposer une répartition plus juste et égalitaire des richesses parce qu'il est possible de faire mieux avec moins... »

« Il est évident que si nous voulons sortir du capitalisme », conclut Boudzi ANARCHISTE CONSERVATEUR, « c'est un autre type anthropologique d'hommes qu'il faudra, et pour lesquels la motivation économique ne sera plus le motif central de leur existence. Qui dit d'autres motivations, dit d'autres manières de se rapporter les uns aux autres, et ceci sur la base d'une répartition égalitaire des « richesses », comme vous le suggérez. Je réalise, comme vous, ce qu'un changement, non pas seulement impliquerait, mais aussi et surtout présupposerait. Le préalable, et pour reprendre votre formule, c'est l'institution d'un nouvel imaginaire. Mais ce genre de chose relève-t-il des choses qui se décrètent?»
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