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 Réchauffement climatique

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MessageSujet: Le réchauffement climatique et l’Afrique   Dim 24 Mai - 8:21

La preuve est faite. L’Afrique commence à subir les effets du réchauffement climatique. Les conditions météorologiques changent, et le nombre de sécheresses et d’inondations augmente avec la hausse des températures de l’air et de l’eau. Symbole de ce phénomène, les glaciers de la chaîne du Ruwenzori, en Afrique centrale, ont fondu de moitié en trente ans.



Pour les populations, les conséquences de ces phénomènes sont graves. Fermiers, éleveurs, communautés de pêcheurs et populations urbaines sont tous affectés par la baisse de la productivité agricole et un accès à l’eau de plus en plus aléatoire. Les maladies à vecteur comme la malaria se contractent aussi plus facilement : si les températures augmentent de seulement 2 °C, 40 à 60 millions d’Africains supplémentaires seront exposés aux risques d’infection.



Le déclin des récoltes atteignant 50 % dans certaines régions africaines, il devient impératif de trouver de nouvelles sources de revenus pour répondre aux besoins des populations locales. La nécessité et le difficile accès aux ressources vitales entraînent déjà des mouvements migratoires nationaux et transnationaux, exacerbant les tensions sociales et, dans de nombreux cas, les risques d’instabilité politique et de violence.



Ces mutations climatiques ont aussi d’immenses implications économiques. Les recettes issues des activités agricoles représentent plus de la moitié du Pib et des emplois de nombreux pays africains. Elles vont inexorablement décliner. Et tandis que les revenus nationaux se contractent, l’augmentation des dépenses publiques devient, elle, de plus en plus indispensable. Les ministres des Finances et de l’Environnement de plusieurs pays d’Afrique se rencontrent à Kigali cette semaine pour définir un plan d’action. Leur rôle est primordial, car les problèmes posés par le changement climatique ne peuvent être résolus par une approche timorée ou exclusivement sectorielle. De leurs décisions dépendent la croissance économique du continent et la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.



Il reste cependant des raisons d’espérer. La lutte contre le changement climatique présente aussi des opportunités, permettant l’essor de nouveaux secteurs et une plus grande diversification des économies africaines.



Certains programmes de lutte contre le réchauffement climatique peuvent générer des revenus significatifs pour les entrepreneurs et les gouvernements des pays pauvres, tout en aidant les pays riches à respecter leurs obligations internationales en matière de développement durable. Ainsi, le Mécanisme de développement propre (Mdp) permet aux pays industrialisés d’investir une partie de leurs programmes nationaux dans ceux des pays en développement, les aidant à se prémunir contre les effets du réchauffement climatique.



Grâce à d’autres programmes comme l’initiative de réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, les pays africains bénéficient de subventions internationales pour entretenir leur patrimoine sylvestre, ce qui permet d’assurer la pérennité de l’absorption du dioxyde de carbone, mais aussi de préserver les sols, les ressources en eau et, d’une manière générale, la biodiversité des forêts africaines.



Les stratégies à long terme de lutte contre le changement climatique peuvent ainsi aider les pays africains à effectuer « un bond en avant » énergétique et technologique. A cette fin, les gouvernements doivent mettre en place des politiques de rénovation des infrastructures nationales et régionales, combinées à des mesures de soutien du secteur privé et favorisant les investissements dans les énergies renouvelables (éolienne, solaire, géothermique et exploitation de la biomasse). À titre d’exemple, des tarifs incitatifs et des mesures permettant aux producteurs d’énergie locaux ou indépendants d’approvisionner leur réseau électrique national doivent être implémentés d’urgence là où ils ne le sont pas encore.



Afin de garantir une future économie verte basée sur l’utilisation efficace des ressources naturelles, il est aussi essentiel d’obtenir un soutien financier et technologique des pays les plus riches. Ce ne serait que justice : l’Afrique abrite 13,8 % de la population mondiale, mais ne consomme que 2,3 % de l’énergie fossile utilisée chaque année dans le monde.



Reconnaître le cas moral posé par l’Afrique, le continent le moins responsable du réchauffement climatique, mais le plus affecté par ses conséquences, ne suffit pas. Les gouvernements africains doivent s’accorder sur la manière dont ils comptent adapter leurs économies, protéger leurs populations et définir le type de soutien qu’ils attendent de la communauté internationale.



Tout d’abord, les gouvernements africains doivent élaborer des stratégies nationales de développement reconnaissant le besoin de s’adapter au changement climatique et d’investir dans des infrastructures et des énergies propres. Il est aussi fondamental de promouvoir et d’accélérer la mise en place de projets « clés en main » visant à apporter aux communautés africaines les énergies abordables et renouvelables encourageant durablement leur développement.



Ensuite, les organisations internationales comme la Banque africaine de développement, les commissions économiques régionales, l’Onu et les institutions de Bretton Woods ont besoin de financements additionnels, d’accroître leurs compétences techniques et de s’impliquer stratégiquement afin d’accompagner le mieux possible les gouvernements africains dans cette tâche.



De son côté, tout nouvel accord international sur le climat doit prendre en compte les besoins spécifiques des pays sous-développés, dont la plupart se situent en Afrique, et inclure des engagements irrévocables leur garantissant l’accès à des ressources financières, ainsi qu’à des transferts de technologie et de savoir-faire en provenance des pays riches. Il devrait également accommoder le Mécanisme de développement propre et d’autres programmes similaires en fonction des besoins des pays africains, au cas par cas, ce qui n’est pas le cas actuellement.



L’importance de la conférence de Copenhague, en décembre prochain, ne peut être sous-estimée. Pour faire entendre leur voix, les pays sous-développés doivent affirmer une position claire. Ils doivent notamment définir un plan d’action avec leurs partenaires pour assurer le financement de ces mesures d’adaptation à travers de nouvelles sources de financement, y compris la bourse du carbone, mais aussi s’assurer que les engagements existants en matière d’aide internationale sont bien respectés.



Que ce soit pour l’Afrique en général ou les pays en développement, il ne sera guère aisé de parvenir à un consensus sur la position à tenir au cours des négociations. L’Afrique n’est pas un monolithe, et les besoins de ses différents pays varient énormément. Toutefois, il est impératif que les pays en développement affirment, en collaboration avec la Chine et les partenaires du G77, une position commune solide, défendue par l’ensemble des chefs d’État africains, afin d’amorcer une campagne politique et diplomatique en vue d’obtenir un accord durable, équitable et solidaire à Copenhague, en décembre.



La réunion des ministres des Finances et de l’Environnement africains à Kigali, cette semaine, doit fédérer les pays africains autour d’une position commune avant le sommet de l’Union africaine, en juillet, et des négociations décisives de Copenhague, en décembre. Il y a bien plus en jeu que le sort des glaciers des Monts de la Lune.



PAR Kofi ANNAN et Nicholas STERN



Source : http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=47155
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MessageSujet: Le réchauffement va plus vite qu’on ne l’imagine   Lun 25 Mai - 6:16

Le réchauffement va plus vite qu’on ne l’imagine





Le monde n’a jamais augmenté aussi rapidement ses émissions à effet de serre, explique Jean Jouzel, climatologue, vice-président du groupe scientifique du Giec.



La Croix : Il ne se passe plus guère de semaine sans publication de travaux scientifiques sur le climat. Cette accélération révèle également une accélération des phénomènes. Le quatrième rapport du Groupe intergouvernemental d’étude sur le climat (Giec) publié il y a deux ans est-il dépassé ?



Jean Jouzel : Il est vrai que l’on assiste à une accélération des phénomènes depuis trois ou quatre ans. Dans le rapport de 2007, on évoquait une baisse de la couverture de glace l’été en Arctique de 7 % tous les dix ans. On n’avait pas du tout imaginé l’emballement des deux derniers étés qui s’est traduit par une chute de 30 % de la superficie de la banquise. L’accélération de l’écoulement des grands glaciers du Groenland, mais aussi des plateformes qui ceinturent la péninsule Antarctique, nous amène à repenser la question de l’élévation des mers. Le rapport du Giec l’a peut-être sous-estimée.



Il faut donc revoir à la hausse l’élévation du niveau des mers ?



D’ici à la fin du siècle, le niveau de la mer pourrait en effet augmenter de plus d’un mètre, comme l’a suggéré Stefan Rahmstorf dans un article paru dans Science. La question n’est toutefois pas encore tranchée. Nous avons un énorme travail de modélisation de la dynamique glaciaire à réaliser, mais le passé est aussi riche d’enseignements : il y a 125.000 ans, le climat était un peu plus chaud qu’aujourd’hui mais la mer était à un niveau 4 à 6 mètres plus élevé en partie à cause d’une fonte partielle du Groenland qui, à échéance de quelques siècles, ne peut être exclue. Le cinquième rapport scientifique du Giec, à paraître en 2013, devrait consacrer une part importante à ce débat scientifique très vif. Le passé nous montre aussi que des changements importants peuvent se produire brutalement sur des échelles de temps très courtes de deux ou trois ans, que le climat peut être très instable.



En revanche, il a fait moins chaud ces dernières années…



L’an 2008 a été moins chaud que 2007. Cela n’obère pas le fait que le réchauffement va plus vite qu’on ne l’imagine. L’Europe de l’Ouest se réchauffe plus vite – plus de 1 °C depuis trente ans – que la moyenne. Peut-être faudra-t-il chercher une explication à cette tendance du côté de la pollution.



On sait que le réchauffement accéléré en Arctique – deux fois plus rapide que la moyenne planétaire – est en partie imputable au carbone suie qui se dépose sur la glace. La neige, plus sale, réfléchit moins bien le rayonnement solaire. Ces aérosols sont notre grand souci. Le carbone suie, qui provient de la pollution due à l’utilisation des énergies fossiles, contribue au réchauffement. En revanche, d’autres aérosols sulfatés ont un pouvoir refroidissant : parce qu’ils modifient la taille des gouttelettes des nuages, ils changent les propriétés optiques de ces derniers. En raison de la grande complexité de leur action, les aérosols sont l’une des causes principales de l’incertitude dans les prédictions de l’évolution du climat. Les observations des satellites météo Calipso et Cloudsat (lancés en 2006) devraient nous éclairer dans les années à venir.



Comment évoluent les émissions de gaz à effet de serre ?



C’est le point le plus préoccupant. On en parle, on en parle. On sent que les opinions publiques et les milieux industriels sont réceptifs au problème. Et pourtant, sur ce front-là aussi, il y a une accélération : on n’a jamais autant augmenté nos émissions des gaz à effet de serre, notamment de CO2. Nous avons atteint en 2008 un niveau de concentration de CO2 de 386 ppm (parties par million) qu’il faut comparer aux 280 ppm de l’époque pré-industrielle. Il faut stabiliser les émissions à un seuil inférieur à 450 ppm si l’on veut que l’augmentation des températures ne dépasse pas 2 à 2,5 °C. Or, un climat avec deux degrés de plus ne nous préserve pas de conséquences lourdes à long terme.



Je ne suis pas loin de partager le cri d’alarme de Jim Hansen. Pour ce grand climatologue américain de la Nasa, nous avons déjà atteint le maximum tolérable. Pour éviter toute conséquence désastreuse, il faut prendre un chemin radical de baisse des émissions pour ne pas dépasser 350 ppm. On n’en prend pas le chemin pour l’instant.



Recueilli par Marie VERDIER - 24/05/2009



Source : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2374509&rubId=786
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MessageSujet: Six degrés en plus d'ici 2100?   Lun 15 Juin - 17:16

Six degrés en plus d'ici 2100?



L’existence et l’importance des changements climatiques ont été contestées pendant des années, mais aujourd’hui le débat est clos. Le phénomène existe bel et bien. Le travail de milliers de chercheurs autour du groupe international d’experts sur le climat (GIEC) a permis de trancher – un résultat récompensé par le prix Nobel en 2007. Mais de nombreux points techniques restent à éclaircir.
L’effet de serre est un mécanisme bien connu. Il a été découvert dès le XIXe siècle : Joseph Fourier le décrit en 1824. En quelques mots, les gaz de l’atmosphère absorbent une partie de l’énergie du rayonnement solaire et, ce faisant, réchauffent la planète. Plus il y a de gaz, plus ils réchauffent. Ces gaz sont nombreux : vapeur d’eau, CO2, méthane, protoxyde d’azote, etc. Grâce à ces gaz, la température moyenne de la Terre est compatible avec la vie. Sans eux, elle chuterait à -18°C.

En 1896 déjà, le chercheur suédois Arrhenius calcule qu’un doublement de la quantité de CO2 dans l’atmosphère augmentera la température moyenne de 4°C.

Une modification historique

Les activités humaines ont amené une augmentation considérable de certains gaz à effet de serre. Pour le CO2, la concentration atmosphérique mondiale est passé d’environ 280 ppm (parties par million) en 1750 à 380 ppm en 2005. Cette augmentation est due essentiellement à l’utilisation des combustibles fossiles (transports et chauffage…) et au changement d’utilisation des terres. Les augmentations du méthane et du protoxyde d’azote sont principalement dues à l’agriculture.

Cette augmentation laisse logiquement prévoir une augmentation de la température de la planète. C’est effectivement ce que l’on observe. En un siècle, entre 1906 et 2005, la température moyenne a augmenté de 0,74 °C. Onze des douze dernières années figurent parmi les douze années les plus chaudes depuis qu’on dispose d’enregistrements (depuis 1850). Cela peut sembler une modification modeste, mais à titre de comparaison, une glaciation planétaire ne correspond qu’à une baisse de 2 à 4 degré.

Précédents

La planète alterne des périodes de réchauffement et de refroidissement (glaciations). Celles-ci sont dues à des oscillations de l’orbite de la Terre et des modifications du rayonnement solaire. Mais ces modifications correspondent à des phénomènes cycliques. Ce n’est pas le cas de l’effet de serre. Les gaz s’accumulent et les effets s’additionnent. Pour l’instant, il n’y a pas de régulation naturelle prévisible. Par ailleurs, les modifications observées actuellement semblent beaucoup plus rapides que celles du passé.

Débats

L’existence du réchauffement climatique ne s’est imposée que progressivement. Pendant des années diverses personnalités ont nié la réalité du phénomène, son importance ou l’implication de l’homme dans celui-ci. Quoique provenant d’horizons divers, et défendant des points de vue parfois très différents, voire contradictoires, ces opposants ont été regroupés sous le terme de « sceptiques », d’après un ouvrage de l’économiste Bjorn Lomborg : The skeptical environmentalist (l’environnementaliste sceptique) [voir débat]. En France, Claude Allègre s’est fait un relai de ces idées. Souvent, les sceptiques profitent d’inconnues sur des parties du sujet pour remettre en cause l’ensemble du phénomène. Certains de ces sceptiques ont été financés par l’industrie pétrolière et en particulier Exxon (Esso en France).

Aujourd’hui, pourtant, le débat est clos. La communauté scientifique s’est organisée dans un effort collectif international autour du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, en anglais IPCC). Elle a mis à jour les différentes inconnues, les zones d’ombre et aussi les points sur lesquels les scientifiques étaient d’accord. Le Giec a publié plusieurs rapports - le dernier, en 2007- qui forment un état de l’art en la matière et qui font référence aujourd’hui : le Giec a même été récompensé par le prix Nobel de la paix en 2007 pour ses travaux.

Les projections du Giec

Les scientifiques du Giec ont, entre autres choses, élaborés différents scénarios sur l’évolution possible du climat. Ces scénarios s’organisent en familles, sur la base d’hypothèses sur les mode de développement – plus ou moins globalisés, plus ou moins rapide, plus ou moins énergivores, etc. Ils évaluent les quantités de gaz à effet de serre qui pourraient être libérés dans l’atmosphère et l’augmentation des températures correspondantes. Il existe de grandes divergences entre ces scénarios, entre les modèles qui les sous-tendent et entre les prévisions qu’ils amènent. Toutefois, on peut en retirer au moins deux conclusions.

La première est que si l’humanité ne change pas son mode de fonctionnement, la quantité de gaz à effet de serre va atteindre des seuils qui affecteront profondément notre climat : le seuil habituellement retenu est de 450 ppm de CO2 dans l’atmosphère (voir ci-dessus).
Ensuite, l’hypothèse moyenne du réchauffement est de l’ordre de +2°C en 2100, mais des scénarios bien plus pessimistes (+6°C et même davantage) ne sont plus exclus.

Le Giec a analysé les conséquences que pourrait avoir un tel réchauffement. [voir fiche Conséquences].

Feedback positifs

Si les lignes générales du fonctionnement climatiques sont aujourd’hui bien comprises, restent de nombreux points à éclaircir, de l’aveu même des scientifiques. Parmi ceux-ci, on peut noter différents mécanismes qui viennent interagir avec l’effet de serre et pourraient l’amplifier. On parle de rétroaction positives (ou positive feedback).

L’un est la fonte des glaces. Les glaces réfléchissent la lumière du soleil : elles en renvoient une partie importante dans l’espace. En revanche, l’eau absorbe la chaleur. La fonte de l’arctique qui est une conséquence du réchauffement renforce à son tour ce mécanisme.
Un autre est la fonte du pergélisol, la couche de terre glacée en Sibérie ou en Amérique. Quand celle-ci fond, les microorganismes qui sont présents se mettent à libérer des gaz à effet de serre.

Enfin, il existe des quantités importantes de CO2 stockées dans les océans et dans les forêts. Il est possible que le réchauffement modifie les fonctionnements des deux, en diminuant considérablement leur capacité de stockage, voire en provoquant la libération de gaz stockés. Mais il n’est pas clair dans quelle mesure.

Protocole de Kyoto

La mobilisation internationale, en particulier autour des scientifiques du Giec, a interpellé les politiques qui ont mis en place un premier accord, l’UNFCC, puis un second qui en dépend, le protocole de Kyoto. Celui-ci fixe des objectifs de réduction des émissions pour les six principaux gaz à effet de serre d’ici 2012. Ces réductions ne concernent que certains pays développés, et pas les USA, qui ne l’ont pas ratifié. Cet accord reste toutefois modeste. Les objectifs de réduction sont insuffisants (-5,2% par rapport aux émissions de CO2 de 1990) et certains pays ne les respectent même pas, comme le Canada, l’Espagne ou le Japon.

Le protocole arrive bientôt à échéance et se pose la question de la période post-2012. Parmi les enjeux des négociations, il y a comment faire participer aux efforts les pays émergents - la Chine, qui n’est pour l’instant tenue à aucune limitation, est devenue le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, et comment faire rentrer les Etats-Unis dans le protocole.

Source : http://www.goodplanet.info/goodplanet/index.php/fre/Energie-climat/Changement-climatique/Changement-climatique/(theme)/268
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MessageSujet: Le CO2 n'est pas entièrement responsable du réchauffement climatique   Ven 17 Juil - 9:40

Le CO2 n'est pas entièrement responsable du réchauffement climatique


Le dioxyde de carbone (CO2) n'est pas l'unique responsable de l'augmentation considérable des températures qui a eu lieu lors d'un phénomène de réchauffement datant de plusieurs millions d'années et appelé Maximum Thermique Paléocène-Eocène.

Le réchauffement considérable de la planète qui a eu lieu il y a 55 millions d'années ne peut pas être expliqué uniquement par l'augmentation des taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère d'après ce que montre une étude, soulignant les vides qui subsistent dans la compréhension des impacts d'un changement climatique rapide.

Lors d'un phénomène de réchauffement baptisé le Maximum Thermique Paléocène-Eocène, les températures ont augmenté de 5 à 9°C en plusieurs milliers d'années. Le monde à cette époque était déjà beaucoup plus chaud qu'aujourd'hui et aucune partie du globe n'était recouverte de glace en surface.

« Nous pensons désormais que le dioxyde de carbone (CO2) n'a pas entraîné l'ensemble du réchauffement et qu'il y avait des facteurs supplémentaires » a déclaré Richard Zeebe, un océanographe de l'Université d'Hawaii à Manoa.

Le dioxyde de carbone que nous mettons actuellement dans l'atmosphère va y rester pendant très longtemps.

« Il y a peut-être eu un facteur déclencheur » a-t-il ajouté. Cela pourrait être un réchauffement très important des océans, qui aurait pu provoquer un rejet catastrophique de méthane provenant des dépôts de méthane situés dans les fonds marins.

Le méthane est un gaz à effet de serre beaucoup plus dangereux que le CO2 lorsqu'il est rejeté par des dépôts d'hydrate situés dans les fonds marins.

Richard Zeebe et ses collègues ont estimé la quantité de CO2 rejetée lors de ce phénomène de réchauffement Paléocène-Eocène en étudiant les cours de sédiments provenant de fonds marins de différents points du globe. Leur étude a été publiée dans le dernier numéro du magazine Nature Geoscience.

Ils ont estimé qu'environ 11 billions de tonnes de CO2 avaient été rejetées sur plusieurs milliers d'années par des dépôts de méthane, conduisant à une augmentation des taux atmosphériques de CO2 de 70% par rapport aux taux précédent le début du réchauffement.

Mais Richard Zeebe a déclaré que ces taux de CO2 ne pouvaient expliquer qu'une augmentation des températures de 1 à 3,5°C. Cela signifie que d'autres facteurs sont à l'origine de l'augmentation de 5 à 9°C des températures.

« Si ce réchauffement supplémentaire, que nous ne comprenons pas réellement, a été provoqué en réponse au réchauffement lié au CO2, alors il est possible qu'un futur réchauffement puisse être plus intense que ce que les scientifiques anticipent actuellement » a déclaré Richard Zeebe.

Il a déclaré que l'étude suggérait qu'il pouvait y avoir des processus atmosphériques ou océaniques encore inconnus ou peu compris qui pouvaient avoir accéléré le réchauffement climatique. Parmi les possibilités, des changements auraient pu intervenir dans les courants océaniques, une augmentation bien plus importante des niveaux de méthane aurait pu avoir lieu, de même que les taux de CO2 auraient pu être plus élevés que ce que l'on pensait précédemment.

Pour le moment, les taux de CO2 ont augmenté de 280 parts par million (ppm) à quasiment 390 ppm depuis le début de la Révolution Industrielle et pourrait dépasser l'augmentation de 70% au cours du siècle, soit à un taux beaucoup plus rapide que ce qui a été enregistré lors du phénomène de réchauffement du Paléocène-Eocène, a déclaré Richard Zeebe.

Tandis que cela pourrait avoir des effets immédiats, cela pourrait beaucoup s'aggraver dans les décennies et les siècles à venir, dans la mesure où les océans, les sols et l'atmosphère essaieront de gérer des taux de CO2 bien plus élevés qu'à l'accoutumée, d'après le scientifique.

« Le dioxyde de carbone que nous mettons actuellement dans l'atmosphère va y rester pendant très longtemps. Une grande partie de ce CO2 va y rester pendant des dizaines de milliers d'années ».


Par Sandra BESSON

Source : http://www.actualites-news-environnement.com/21079-rechauffement-CO2.html
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MessageSujet: Pour Reeves nous sommes au pire des scénarios   Sam 8 Aoû - 15:15

C ette année, le thème du festival de musique de chambre Pablo Casals est "Cosmophonia" ce qui permet au scientifique que vous êtes de vous exprimer sur des sujets d'actualité ?
Michel Lethiec, directeur du festival, aime ajouter des dimensions écologiques à la manifestation. J'ai déjà eu l'occasion de présenter des sujets qui tournent autour de l'astronomie et de l'écologie. C'est un peu ce que je vais refaire lors de la conférence en évoquant l'histoire de l'impact de l'Homme sur la planète avec tous les problèmes que nous connaissons.
Galilée est l'invité de cette édition. Pourquoi ce choix ?
C'est l'Année mondiale de l'astronomie car c'est le 400 e anniversaire du moment où Galilée a regardé pour la première fois dans le ciel avec des lunettes. Grâce à ses
observations il a vraiment bouleversé la pensée humaine : c'était la confirmation du fait que la Terre n'est pas le centre du monde... Pour célé brer ce grand moment historique, Michel Lethiec a décidé de faire jouer ce soir (NDLR : hier soir) une oeuvre de son père, Vicenzo Galilei, qui était musicien. Il y aura aussi du Messiaen, "Appel interstellaire" , ensuite "Les échos" de Haydn : c'est un peu l'image des planètes habitées qui échangeraient des messages... On vient de fêter le 40 e anniversaire des premiers pas de l'homme sur la Lune. Est-ce vraiment important pour l'humanité ?
Scientifiquement, modérément ; psychologiquement, énormément. L'idée que des êtres humains puissent marcher sur la Lune, c'était quelque chose que l'on avait de la difficulté à croire. Ça a l'air tellement lointain ! Revenons sur Terre. Aujourd'hui vous êtes fortement préoccupé par l'avenir de notre planète : qu'est-ce qui vous inquiète le plus ?
Il y a tellement de causes d'inquiétude. La plus spectaculaire c'est le réchauffement climatique. C'est le fait que les glaces des pôles et des glaciers fondent à des vitesses qui sont supérieures à tout ce que l'on avait prévu dans les années 2000. Il avait été envisagé le scénario le "plus pire" et le "moins pire" et la réalité est plus grave que le "plus pire". Alors que l'on pensait que les glaces au Pôle Nord disparaîtraient dans les années 2050, maintenant on pense que c'est en 2020. Ça se rapproche très, très vite. C'est vraiment inquiétant d'abord parce que ça amène une montée du niveau de la mer qui va faire des millions de réfugiés écologiques. Tous les gens qui vivent près du bord de l'eau, au Bangladesh ou dans des grandes villes comme New York, Shanghaï... seront touchés. Les tempêtes aussi sont de plus en plus violentes...
Moins spectaculaire, il y a l'érosion de la biodiversité. C'est visible quand on voit disparaître les rhinocéros gris ; ce n'est pas visible quand on voit disparaître les vers de terre, et les vers de terre c'est toute la fertilisation des sols. La disparition des abeilles, c'est visible aussi et les abeilles, c'est toute la pollinisation. Alors que la population continue à augmenter, les ressources en nourriture sont en diminution. La quantité de terres arables diminue aussi. U n autre problème important, c'est l'usage des pesticides. J'ai des enfants et des petits-enfants et je suis très inquiet de savoir comment ils vont vivre en 2040-2050.
Quelles vous paraissent être les priorités ?
C'est d'abord diminuer les émissions de gaz carbonique. Il va y avoir en décembre une conférence à Copenhague où vont se prendre des décisions qui vont influencer l'humanité pour des siècles. On sait qu'il y a des progrès, on sait qu'il y a des prises de conscience. On a bien vu comment aux Etats-Unis le gouvernement Obama est prêt à envisager le problème, ce que n'envisageait même pas M. Bush. On a vu également que les Chinois sont conscients du problème. Le gouvernement français aussi avec le Grenelle de l'environnement. Un peu partout on voit des signes positifs. La question c'est : "Est-ce que c'est assez rapide ?" Par exemple, les Chinois disent : "On veut bien diminuer mais si les Américains diminuent plus que nous ? Car nous on est encore nouveaux dans le niveau de vie convenable, vous, vous êtes installés..." On sait qu'il faudrait diminuer de 60 à 70 % les émissions de CO2, ce qui veut dire qu'il faudra avoir un mode de vie très différent. Sommes-nous prêts à agir et qui doit agir, l'individu, le politique ?
Entre dire "il faudrait faire ça", c'est une chose, et le faire, c'est une autre chose. On l'a vu avec le Grenelle de l'environnemen t, beaucoup de choses vont dans le bon sens. Je crois que le gouvernement a été très influencé par Nicolas Hulot qui a joué un rôle majeur. Il se fait des choses. Est-ce qu'il s'en fait assez ? Comment cela se passe-t-il dans les autres pays du monde ?
L'Europe, ça va. L'Amérique s'y met. La Chine aussi. L'Inde, ça ne bouge pas beaucoup. Quant aux pays d'Afrique, ils ont d'autres préoccupations alors qu'ils seront les premiers à en souffrir. Alors que la situation écologique est inquiétante et doublée d'une crise économique, quel message allez-vous délivrer ?
Un message alarmant mais pas alarmiste. Jean Monnet dans les années 1950, dans une période où personne ne croyait à l'Europe, disait "L'important ce n'est pas d'être optimiste ou pessimiste, c'est d'être déterminé". Déterminé à faire ce qu'on pense qu'il faut faire quoi qu'il arrive. On ne peut pas prévoir l'avenir. On ne peut qu'espérer.
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MessageSujet: Changements climatiques : les Nations Unies envisagent le pire   Jeu 1 Oct - 16:58

Changements climatiques : les Nations Unies envisagent le pire

Par Rédaction (1er octobre 2009)

La fonte des banquises qui s’accélère. La montée du niveau des mers qui pourrait dépasser deux mètres. La forêt amazonienne ou la toundra sibérienne devenues impossibles à préserver. Plus de 120 millions de réfugiés climatiques… Délires de cassandres prompts au catastrophisme ? Malheureusement non. Tel est le scénario établi par le Programme des Nations Unies pour l’environnement pour le siècle à venir. Si rien n’est fait, nous entrerons dans une spirale infernale des perturbations climatiques.


« Des écosystèmes aussi divers que la forêt amazonienne et la toundra arctique sont peut-être sur le point de subir un changement radical à cause du réchauffement et de l’assèchement. Les glaciers de montagne reculent de manière alarmante et les conséquences en aval de la réduction de l’approvisionnement en eau pendant les mois les plus secs s’étendront sur plusieurs générations. Les rétroactions climatiques et les effets cumulatifs sur l’environnement se développent au cours des systèmes terrestres et adoptent des comportements impossibles à anticiper. Les possibilités d’un réchauffement rapide dû à l’effet de serre sont réelles et n’ont jamais été aussi évidentes. » Ce constat alarmiste est dressé par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) dans son rapport 2009 (intitulé « Avancées scientifiques et développements dans notre environnement en mutation », à télécharger ici). Ce rapport se base sur des informations produites par la communauté scientifique, par des journalistes, des responsables politiques et des organisations non gouvernementales. Il pèse donc plus lourd que les élucubrations d’un Claude Allègre.

La fonte des glaces de l’Arctique, de l’Antarctique et du Groenland, conséquence directe des activités humaines, s’accélère. La réduction des banquises menace de faire basculer de façon irréversible le climat de la planète en modifiant radicalement les équilibres océaniques et les relations entre l’atmosphère et les océans. La hausse du niveau des mers est également revue à la hausse. Le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur les évolutions du climat), en 2007, prévoyait une augmentation de 18 à 59 cm d’ici 2100 liée à la fonte des glaces et à la dilatation des mers, plus chaudes et de moindre teneur en sel. De nouvelles évaluations envisagent une hausse désormais située entre 0,8 et 1,5 mètre, et d’un probable dépassement de 2 mètres au cours du prochain siècle ! Le rapport rappelle que le niveau des mers a précédemment augmenté de 2 cm au cours du 18ème siècle, de 6 cm au 19è et de 19 cm au 20ème…

120 millions de réfugiés

Les conséquences sont redoutables. La modification des littoraux et la disparition de nombreuses terres émergées, comme plusieurs archipels du Pacifique, sont déjà relativement connues. Le PNUE s’intéresse également aux conséquences sur les populations. « Une hausse d’un mètre au niveau mondial aurait les conséquences suivantes : le déplacement d’environ 100 millions de personnes en Asie, principalement dans l’est de la Chine, au Bangladesh et au Vietnam ; de 14 millions en Europe ; et 8 millions en Afrique et Amérique du Sud. Cependant, une nouvelle étude sur la rapidité à laquelle l’arrivée de l’eau de fonte provenant des calottes glacières, ou de son équivalent en glace, dans les océans influencerait le niveau des mers montre que, dans les premières années, les eaux n’envahiraient pas la terre partout à la même vitesse. Cela prendra plusieurs dizaines d’années pour l’eau se répande partout dans le monde. » Avec comme résultat plus de 120 millions de réfugiés climatiques, de la Camargue au Bengladesh, du Delta du Nil aux archipels des Maldives.

Ces scenarii sont scientifiquement établis. On s’interroge donc sur l’incapacité des Etats signataires du Protocole de Kyoto à s’accorder sur des engagements forts et contraignants dans la préparation des négociations de Copenhague en décembre. Mais il y a plus grave. Les évolutions à venir du changement climatique, déterminées par les effets de rétroaction possibles en raison des « ruptures » d’équilibre d’ores et déjà constatés, pourraient bien avoir pour conséquence d’aggraver encore plus la situation. Ainsi, la fonte accélérée des glaces de l’Arctique pourrait libérer des réserves de carbone et de méthane gigantesques, venant renforcer l’effet de serre. Même chose avec le dégel du permafrost, ce sol gelé du Nord de l’Europe continentale, qui contient des réserves considérables de méthane, et qui, une fois enclenché, serait irréversible selon les scientifiques.

Changements climatiques irréversibles

D’autres rétroactions sont également possibles, comme l’affaiblissement des capacités de stockage du carbone des forêts avec le réchauffement, ou encore le bouleversement de la circulation océanique. Ce sont autant d’éléments qui renforcent la probabilité de points de basculement, définis comme « seuil critique auquel une perturbation infime peut altérer l’état ou le développement d’un système sur le plan qualitatif ». Si ce « basculement » survient dans un avenir proche, l’adaptation au changement climatique sera rendue encore plus incertaine.

Pour l’Agence des Nations Unies, le changement climatique constitue le « problème environnemental majeur et fondamental de notre époque » et le « défi le plus important auquel doivent faire face les responsables politiques à de nombreux niveaux ». Mais « les nouvelles sont mauvaises et de plus en plus pessimistes » car « à en croire certaines preuves alarmantes, des points de basculement majeurs, entraînant des changements irréversibles dans les principaux écosystèmes et systèmes terrestres, ont déjà été atteints ou dépassés. »

Il n’est plus temps de tergiverser. Les conclusions, pour le PNUE, sont nettes : « A moins d’une intervention rapide visant à stabiliser, puis à diminuer les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, ces changements engendreront des dommages majeurs pour les écosystèmes, les ressources naturelles, les populations humaines et leurs activités économiques fragiles. Ces ravages pourraient assurément mettre un terme à la prospérité dans les pays développés et mettre en péril la subsistance-même des habitants des pays en développement. » Les chefs d’Etat, ministres, diplomates et économistes qui se réuniront à Copenhague en décembre ont donc une responsabilité historique. S’ils ne sont pas à la hauteur de l’enjeu, nos enfants ne se contenteront pas de nous accuser. Ils nous maudiront.
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MessageSujet: Situation plus alarmante que prévue   Mer 25 Nov - 6:06

e Diagnostic pour Copenhague, dernière alerte des climatologues
24 nov
2009


Températures depuis 1840 Cet après midi, une équipe internationale de climatologues a publié un ultime rapport avant la Conférence de Copenhague. Il présente les dernières avancées de la recherche sur l'évolution actuelle du climat et sa réaction aux émissions massives de gaz à effet de serre par les hommes. Son résumé est ici en français.

«Presque tout est allé plus vite que ce que nous avions prévu. Les émissions de gaz à effet de serre, l’évolution des températures, la hausse du niveau des mers, la fonte des glaciers polaires… Ce qui ressort de ce document alarmant alors qu’il n’exagère rien, c’est qu’il va devenir très vite impossible d’éviter un changement climatique majeur, supérieur aux 2°C de plus évoqués comme limite de l’acceptable, si des décisions importantes ne sont pas prises à Copenhague». C’est ainsi que Nathalie de Noblet, spécialiste de l’usage des sols au Laboratoire des sciences de l’environnement et du climat (CNRS/CEA) présente la rude piqûre de rappel de science injectée aujourd'hui par les climatologues.

Cette injection à destination des gouvernements prend la forme d’un document de 62 pages intitulé «Copenhagen diagnosis». Il résume les avancées les plus récentes de la recherche depuis 2005, absentes du dernier rapport du Giec (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat) paru en 2007.

C’est en août 2008 que l’idée d’un tel rapport est née, en Australie, aux Etats-Unis et en Allemagne. Ses initiateurs, Matthew England, Ben McNeil, Stefan Rahmstorf et Richard Somerville, ont réuni une équipe internationale de 26 scientifiques, la plupart auteurs principaux ou contributeurs des rapport du Giec. Le résultat, clair, appuyé sur des centaines de publications, répond à la plupart des interrogations popularisées par quelques autoproclamés «sceptiques» et lobbyistes d’une économie droguée au carbone fossile. Il montre que les évolutions les plus récentes, tant de la cause du changement climatique - les émissions de gaz à effet de serre et singulièrement celles dues à l’usage massif du charbon, du pétrole et du gaz naturel - que de ses effets, conduisent plutôt à une aggravation du diagnostic scientifique. «A chaque fois que des incertitudes sont résolues, cela débouche sur un changement plus rapide et un climat plus sensible (à l’effet de serre renforcé) que prévu», écrivent les auteurs du rapport. La suite de cette note rapporte certains des points saillants du rapport, mais sa lecture complète est recommandée.

L’évolution des températures, la rapide élévation du niveau des mers, l’augmentation de la vapeur d’eau dans l’air plus chaud (ce qui amplifie l’effet de serre), l’acidification des océans, la réaction des écosystèmes… tous les signaux sont allumés. Certains de manière spectaculaire.

Banquise arctique Ainsi, la rétraction de la banquise arctique durant l’été dépasse depuis trois ans de 40% les prévisions, explosant la limite basse de ces dernières. La réaction des calottes polaires a elle aussi chamboulé les prévisions. Le Groënland et l’Antarctique perdent de la glace par centaines de milliards de tonnes par an. Or, les glaciologues comptaient sur l’Antarctique pour y stocker plus d’eau, en raison de chutes de neige plus abondantes. Du coup, la montée des mers accélère.

Les océans montrent d’autres signes inquiétants : réchauffement, acidification menaçant les organismes à coquilles, extension des zones peu oxygénées, stress des coraux… Tous phénomènes Banquise arctique et modèles qui vont entrer en synergie avec la surpêche et la fragilisation des écosystèmes pour amplifier la pression sur de précieuses ressources naturelles exploitées par l’homme.

Les scientifiques s’inquiètent de voir des «effets de seuils irréversibles» se multiplier au fur et à mesure de la transformation de la planète. Certains sont encore très incertains. Ainsi l’avenir de la mousson africaine, dont dépend la nourriture de dizaines de millions d’habitants du Sahel, demeure énigmatique entre un possible «verdissement» et à l’inverse des sécheresses plus fréquentes et plus rudes qui pourraient exiger un recul massif des hommes vers le sud. D’autres, comme la mousson indienne ou la rétraction des puits de carbone forestier, peuvent mettre en péril de vastes populations ou donner un coup d’accélérateur au changement climatique.

Trajectoire des émissions Ce rapport éclaire crûment les enjeux de la Conférence de Copenhague, réunissant les pays signataires de la Convention Climat de l’ONU. Il montre en effet que la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre doit s’infléchir vite, si l’on veut se donner une chance d’éviter un dérapage climatique majeur après les années 2050. Le dernier graphique du rapport montre comment n’émettre que 750 milliards de tonnes de carbone entre 2010 et 2050 - ce qui donne une chance raisonnable de ne pas dépasser les 2°C supplémentaires - avec trois chemins mathématiquement équivalents. Ils passent par trois dates à partir desquelles les émissions mondiales diminuent, 2011, 2015, 2020. Le premier chemin permet d’utiliser encore du carbone fossile en 2050 et de ne diminuer ses émissions que de 3,7% par an. Mais le troisième suppose un arrêt complet des émissions en 2040, malgré une diminution de 9% par an. Le bon sens populaire est d’accord avec les climatologues et s’oppose aux économistes libéraux : c’est en s’y mettant vite que l’on peut viser le moindre effort.

émissions CO2 depuis 1980 Sur ce graphique, les émissions de gaz carbonique issus de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Elles suivent le pire des scénarios étudiés, quasi alignées sur l’évolution du PIB mondial, comme l’atteste la petite baisse enregistrée depuis 2008, consécutive à la crise économique.

Si les émissions se poursuivent au même rythme, la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère, déjà passée de 280 parties par millions (ppm) avant la révolution industrielle à 385 ppm aujourd’hui pourrait aller jusqu’à 1 000 ppm. Ce «forçage» climatique sans précédent depuis plusieurs millions d’années pourrait provoquer une hausse de la température moyenne de 4 à 7° C. Pour éviter de dépasser 2° C, il faudrait que les émissions mondiales décroissent à partir de 2020 au plus tard, au rythme de 9% par an.

Température depuis 1980 L’évolution des températures annuelles moyennes de la planète depuis 1980 montre une tendance à la hausse assez régulière de 0,2° C par décennie, en bon accord avec les modèles climatiques des simulations sur ordinateurs. Les causes des fortes variations annuelles – cycle d’activité du Soleil, oscillations océaniques (El Niño-La Niña, et en Atlantique Nord), éruptions volcaniques, tel le Pinatubo en 1991 – restent objet de recherche, mais elles ne peuvent plus masquer le renforcement de l’effet de serre. Ainsi, alors que les années 2007, 2008 et 2009 constituent un record de bas niveau d’activité solaire depuis 1910, elles font pourtant partie des dix années les plus chaudes depuis cent cinquante ans, comme toutes les années depuis 2001. L’idée d’un «refroidissement» colportée par «certains médias et lobby» est donc fausse indique le rapport.

Niveau marin depuis 1970 L’une des conséquences majeures du changement climatique sera la hausse du niveau des mers. Leur observation ultraprécise par satellites montre que leur élévation s’accélère, et atteint désormais 3,4 millimètres par an depuis 2003, suivant le haut de la fourchette des prévisions. La cause de cette accélération se situe dans la réaction beaucoup plus rapide que prévue des calottes du Groenland et de l’Antarctique (fonte, ruissellement et décharges d’icebergs) mesurée ces dernières années.

Le rapport affirme qu’il faut doubler l’estimation du niveau marin futur établi par le rapport 2007 du Giec (entre 1 et 2 mètres pour 2100). La menace pèse sur 160 millions de personnes vivant sur des territoires situés à moins d’un mètre au-dessus du niveau marin actuel. Et sur plus de 450 millions vivant à moins de 2 mètres.

Températures d'ici 2100 Voici les dernières simulations du climat futur en fonction des différents scénarios d'émissions de gaz à effet de serre. La comparaison avec les évolutions depuis 1500 ans montrent à quel point le changement que les émissions de gaz à effet de serre peuvent produire sortent des fluctuations naturelles du climat. Le problème majeur posé par ces projections, c'est d'une part que les trajectoires actuelles des émissions conduisent à des réchauffements compris entre 4 et 7°C et d'autre part que les extrêmes de ces projections ne sont pas, dans l'état actuel de nos connaissances, extrêmement... improbables.

La bonne réaction devant un tel risque est donc d'en diminuer la probabilité de survenue en tentant de maitriser nos émissions. Facile à dire... et difficile à faire puisque les combustibles fossiles représentent 80% de nos sources d'énergies actuelles. Devant un tel défi, les attitudes de déni se multiplient. Mais elles n'ont pas plus de valeur que celles, symétriques, qui refusent de voir les bouleversement sociaux, technologiques et culturels que réclame la "décarbonisation" de nos économies et modes de vie. Ainsi, aucune société profondément inégalitaire ne pourra sérieusement espérer contrôler ses émissions, tant que sa partie la plus riche aura accès sans limite à ces sources d'énergie.
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MessageSujet: Pire que prévu   Jeu 26 Nov - 5:55

Le réchauffement climatique est pire que prévu et pourrait atteindre 7 degrés en 2100, affirment 24 climatologues de renom qui soulignent avant le sommet de Copenhague la nécessité d'actions rapides et efficaces.

Synthèse alarmiste

L'Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam, en Allemagne, publie mardi un document de 64 pages représentant une synthèse des travaux scientifiques sur le changement climatique parus depuis le 4e rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec, 2007), assorti d'un appel à agir.

7 dégrés de plus pour 2100

"La température moyenne de l'air devrait se réchauffer entre 2 et 7 degrés en 2100 par rapport à la période pré-industrielle", selon les auteurs.

L'augmentation de 40% des émissions de CO2 entre 1990 et 2008, rend plus difficile à atteindre l'objectif fixé en juillet par plusieurs dirigeants de pays développés et émergents de limiter à 2 degrés le réchauffement global.

"Chaque année de retard dans l'action augmente les chances que le réchauffement dépasse 2°C", avertissent-ils.

"Dernier appel"

Selon Hans Joachim Schellnhuber, directeur de l'institut de Potsdam et membre du Giec, le rapport est un "dernier appel des scientifiques à l'intention des négociateurs sur le climat de 192 pays qui doivent prendre le train de la protection climatique à Copenhague", du 7 au 18 décembre.

"Ils doivent connaître la vérité sans détours sur le réchauffement global et les risques sans précédent qu'il implique", souligne M. Schellnhuber.

A l'attention de ceux qui douteraient encore de l'origine humaine du réchauffement, le document de Potsdam rappelle que durant le dernier quart de siècle, les températures moyennes ont augmenté de 0,19 degré par décennie, ce qui correspond parfaitement aux prévisions calculées sur la base des émissions de gaz à effet de serre.

Catastrophes naturelles

L'un des effets les plus alarmants du changement à venir concerne la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, que ce soit au niveau des températures (canicules) ou des précipitations (sécheresses, inondations).

Montée du niveau des mers

Un autre concerne l'élévation du niveau des mers.

"La montée actuelle du niveau des mers", de 3,4 mm par an durant les 15 dernières années, "est supérieure de 80% aux prévisions passées du Giec", selon les climatologues.

Au lieu d'une fourchette comprise entre 18 et 59 cm d'augmentation, les experts estiment désormais que si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites, la fonte des calottes glaciaires provoquera une montée des eaux comprise entre un et deux mètres d'ici la fin du siècle.

Fonte des glaces

La fonte de la banquise arctique, de 40% plus rapide que ce que le Giec avait prévu, signifie que les océans absorberont davantage la chaleur du Soleil, ce qui en retour accélèrera la fonte des glaces maritimes.

Dommages irrreversibles



Si des mesures efficaces ne sont pas mises en place, plusieurs écosystèmes subiront des dommages irréversibles, souligne le rapport.

La déforestation et des sécheresses plus sévères en Amazonie pourraient ainsi, en quelques décennies, transformer la plus grande forêt tropicale du monde en savane.

Ce poumon de la planète deviendrait alors émetteur net de CO2.

Pour limiter le réchauffement à 2 degrés, il faut que les émissions cessent d'augmenter entre 2015 et 2020 et diminuent ensuite rapidement.

"Une société mondiale décarbonée, avec zéro émissions de CO2 et d'autres gaz à effet de serre durables, doit être atteinte bien avant la fin du siècle", espèrent les climatologues.

(belga/cb)
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MessageSujet: l'automne 2009 se classe au deuxième rang des automnes les plus chauds depuis 1900   Ven 4 Déc - 7:51

Selon les données de Météo-France, l'automne 2009 se classe au deuxième rang des automnes les plus chauds depuis 1900, derrière l'année 2006 qui avait déjà battu des records.

Avec une anomalie de température de + 1,5°C par rapport à la normale calculée sur la période 1971-2000, l'automne 2009 est le deuxième automne le plus chaud depuis 1900*, derrière l'automne 2006 (+ 2,8 °C) et devant celui de 1949 (+ 1,3 °C).

Bien que les mois de septembre et d'octobre furent plutôt doux, c'est le mois de novembre, exceptionnellement chaud, qui a contribué à établir ce deuxième record. Cette situation s'explique notamment par des masses d'air tropicales provenant du sud et du sud-ouest qui se sont établies du Maghreb à l'Allemagne pendant une partie du mois de novembre.

Le mois de septembre a été relativement chaud sur l'ensemble du territoire avec une température moyenne de + 1,1 °C au dessus de la normale. Octobre a connu une anomalie de + 0,8 °C, tandis que novembre s'est démarqué par une température moyenne dépassant de + 2,7 °C la normale !

Cette douceur exceptionnelle classe le mois de novembre 2009 au deuxième rang des mois de novembre les plus chauds depuis 1900, assez loin derrière 1994 (+ 3,3 °C), à égalité avec 1938 et devant 2006 (+ 2,6 °C).

Cette douceur a été généralisée sur le sud-ouest de l'Europe comme en témoigne les températures du 16 novembre 2009 : 30°C en Andalousie, 27°C à Valence en Espagne, et 27°C à Catane en Sicile.

Le même jour, en France, Météo-France a relevé 16°C à Nantes, Paris, Valenciennes, 21°C à Vichy, Albertville, 22°C à Agen, St Girons, Lyon, Marseille, 22,5°C à St Etienne (nouveau record pour une mi-novembre), 24°C à Orthez, Figari, Ajaccio, 25°C à Porto-Vecchio, et 26°C au pied des Pyrénées (près de St Lary) !

Le 19 novembre, il faisait par exemple, 19°C à Bordeaux, Aix-en-Provence, Cannes, Aurillac, Clermont-Ferrand, Ambérieu et Pontarlier (dans le Jura, 830 mètres d'altitude), 20°C à Limoges, 23°C à Luchon (à 600 mètres d'altitude), 24°C à Pau et Biarritz.

Cet automne a été plutôt bien ensoleillé, notamment sur les deux tiers sud de la France.

En revanche, l'ensoleillement a été plus proche de la moyenne (établie pour 1991-2000) au nord de la Seine.

Selon Météo-France, "la pluviométrie de l'automne 2009 a été contrastée : les précipitations ont été sensiblement inférieures aux normales sur la moitié est du pays, mais assez nettement excédentaires sur les régions proches de l'Atlantique et de la Manche.

Dans l'extrême Sud, les pluies ont été particulièrement rares sur le Languedoc-Roussillon où les cumuls ont été près de trois fois inférieurs à la normale."

Si cette douceur a été particulièrement agréable et appréciée à l'approche de l'hiver, elle pourrait aussi être un signe du réchauffement climatique en cours, de manière assez troublante puisque le record de douceur depuis 1900 pour un automne est détenu par l'année 2006, il y a donc seulement 3 ans...

Les prochaines années nous éclaireront davantage sur l'ampleur de ce phénomène.
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MessageSujet: Signaux d'alerte   Sam 5 Déc - 5:57

Les signaux d'alerte du réchauffement climatique en cours se multiplient. Voici une liste de dix phénomènes déjà observables et qui devraient s'aggraver dans les années à venir:

LA FONTE DE LA BANQUISE arctique, qui couvre 15 millions de km2, a commencé. Elle menace la survie d'espèces comme l'ours polaire. Moins les rayons du soleil sont réfléchis par la glace et plus leur chaleur est absorbée par l'eau, ce qui accélère la fonte. Pour la première fois en 2008, le passage du Nord-Ouest - le long de l'Amérique - et le passage du Nord-Est - le long de la Russie- ont été libres de glaces pendant quelques semaines durant l'été.

LA FONTE DES CALOTTES GLACIAIRES, principalement au Groenland et sur le continent antarctique, contribue à l'élévation du niveau des océans. La diminution de la calotte antarctique, limitée jusqu'à la dernière à la partie occidentale de ce continent, atteint désormais les régions côtières de sa partie orientale.

La fonte complète des glaciers groenlandais élèverait le niveau des mers de 7 mètres, celle de la calotte antarctique de plus de 70 mètres.

LA FONTE DES GLACIERS D'ALTITUDE, notamment ceux de l'Himalaya, menace l'approvisionnement en eau de nombreuses régions (Inde du nord, Chine). Les glaciers dans Andes tropicales ont perdu entre 30% et 100% de leur surface en 30 ans, ceux des Pyrénées pourraient tous avoir disparu en 2050. 85% de la calotte glaciaire qui recouvrait le Kilimandjaro en 1912 avait déjà disparu en 2007.

L'ELEVATION DU NIVEAU DES MERS est plus rapide qui prévue, car la fonte des calottes polaires n'avait pas été prise en compte par le dernier rapport du Giec. Les experts de l'ONU avaient alors estimé que la hausse atteindrait de 18 à 59 centimètres d'ici à la fin du siècle. L'élévation pourrait dépasser un mètre, affirment désormais les climatologues. Des Etats insulaires, comme les Maldives seront engloutis. Des régions côtières très densément peuplées (Bangladesh, Vietnam, Pays-Bas) et de nombreuses mégapoles sont menacées.

LES RECIFS DE CORAIL, qui abritent un tiers des espèces marines de la planète, font vivre un demi-milliard de personnes et protègent les côtes des raz-de-marée sont menacés par l'ACIDIFICATION des océans: une légère baisse du PH de l'eau provoque aussi une moindre fixation du calcium par les coquillages, qui se trouvent fragilisés.

LES PHENOMENES METEOROLOGIQUES EXTREMES sont plus nombreux qu'autrefois. Il y aura sans doute dans les années et les décennies à venir davantage de canicules, d'inondations là où il pleut beaucoup, et de sécheresses dans les zones arides.

LE DEBOISEMENT DES FORETS TROPICALES, en premier lieu de l'Amazonie, risque de leur faire perdre leur capacité à stocker le carbone. Actuellement, l'Amazonie recycle chaque année 66 milliards de tonnes du CO2, soit près de trois fois ce que dégagent les carburants fossiles du monde.

LA DESERTIFICATION s'intensifie, notamment au Sahel ou dans le nord de la Chine. Déjà, le lac Tchad a perdu 90% de sa superficie en 40 ans, passant de 25.000 km2 à 2.500 km2.

L'ASSECHEMENT DES TOURBIERES ET DES ZONES HUMIDES a déjà provoqué une augmentation de 20% de leurs rejets de CO2 dans l'atmosphère, selon l'ONG Wetlands International. Les principaux pays émetteurs sont l'Indonésie, la Russie et la Chine.

LE LARGAGE DU METHANE contenu dans les sols autrefois gelés en permanence (permafrosts, pergélisols) du Grand Nord et dans les fonds marins (hydrates de méthane) a commencé. Le méthane est un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2.
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MessageSujet: L’homme est responsable du réchauffement   Ven 11 Déc - 12:51

Au quatrième jour de la conférence de Copenhague, 1700 membres de la communauté scientifique en Grande-Bretagne ont publié une déclaration dans laquelle ils réaffirment que l’homme est le principal responsable de l’effet de serre et du réchauffement de la planète.

A Copenhague même, le plus haut responsable de l’ONU sur le climat, Yvo de Boer, a fait état de «progrès» dans les négociations. Et à Bruxelles, les Vingt-Sept réunis en sommet devaient annoncer leur contribution financière pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique.

«L’Europe devrait prendre sa juste part» à l’effort, a déclaré le Premier ministre suédois Frederik Reinfelt, dont le pays exerce la présidence tournante de l’Union européenne. L’UE devait annoncer en fin de journée le montant qu’elle s’engage à offrir pour la période 2010-2012. La Grande-Bretagne s’est déjà engagée à verser quelque 900 millions d’euros et la Suède 800 millions d’euros.

A la conférence de l’ONU sur le climat de Copenhague, où les délégués de 192 pays sont réunis depuis lundi, le «Monsieur climat» des Nations unies, Yvo de Boer, se montrait plutôt optimiste. «Les gens commencent vraiment à se mettre au travail», a expliqué le secrétaire général de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). «Des progrès appréciables sont réalisés sur un certain nombre de sujets.»

M. de Boer a précisé que des ministres de l’Environnement allaient arriver ce week-end, plus tôt que prévu, pour porter les négociations à un niveau plus élevé, avant le sommet des chefs d’État et de gouvernement mercredi et jeudi prochains.

Le philanthrope milliardaire américain George Soros a jugé jeudi «insuffisant» le fonds de 10 milliards de dollars par an sur trois ans proposé par les nations riches pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique.

En visite à la conférence, il a suggéré de réorienter une partie des ressources du Fonds monétaire international (FMI) vers une nouvelle mission: financer des projets d’énergie verte et d’adaptation au changement climatique dans les pays en développement.

L’homme est responsable du réchauffement

Par ailleurs, plus de 1700 membres de la communauté scientifique en Grande-Bretagne ont publié une déclaration dans laquelle ils réaffirment que l’homme est le principal responsable de l’effet de serre et du réchauffement de la planète.

Les «climato-sceptiques» sont particulièrement actifs alors que se tient la conférence des Nations Unies sur le climat à Copenhague. Ils veulent voir dans des courriels de scientifiques piratés et publiés sur Internet la preuve d’une conspiration destinée à dissimuler les causes du changement climatique et la situation réelle du climat.

La plupart des scientiques estiment que ces courriels, piratés à l’Unité de recherche sur le climat (CRU) de l’Université d’East Anglia, n’amoindrissent en rien la portée et la valeur des résultats scientifiques démontrant l’impact de l’homme sur le climat.

Les scientifiques signataires de la déclaration publiée jeudi disent leur «entière confiance» dans les éléments d’observation et les travaux scientifiques arrivant à la conclusion que le réchauffement de la planète est «dû avant tout aux activités humaines».

Ils soulignent que cette conclusion découle de «décennies de recherches ardues et méticuleuses menées par des milliers de scientifiques du monde entier respectant les critères les plus élevés d’intégrité professionnelle», et que les recherches ont été publiées et vérifiées par leurs pairs, qui ont validé les éléments et la méthode scientifique.

Les signataires déclarent leur soutien aux conclusions du groupe d’experts sur le climat travaillant pour les Nations unies (le GIEC), selon lequel «le réchauffement du système climatique est sans équivoque», et «la plus grande partie de l’élévation des températures dans le monde depuis le milieu du XXe siècle est très probablement due à l’augmentation observée des concentrations de gaz à effet de serre dus à l’activité humaine».
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MessageSujet: Les points sur les I   Sam 16 Jan - 18:28

Les points sur les I


Constaté par l'ensemble de la communauté scientifique, le réchauffement planétaire actuel n'est pas du tout naturel.

Ce n'est pas un complot judéo-maçonnique comme se plaisent à le dénoncer certains sites web négationnistes;o)

Le Soleil est une naine jaune ordinaire au milieu de sa vie et d'une stabilité nucléaire exemplaire.

Ses cycles sont connus et d'extrêmement faible amplitude depuis l'apparition du vivant terrestre.

L'orbite de la Terre autour de notre étoile est, quant à lui, réglé comme du papier musique.


Oui, le réchauffement en cours depuis le début de l'ère industrielle est donc bien dû aux gaz à effet de serre émis par notre civilisation technologique dont la prédation excessive est nuisible à l'ensemble des écosystèmes, qui n'en peuvent plus et dont nous dépendons.


Son ampleur programmée est sans précédent dans l'histoire des espèces évoluées telles que les primates, et surtout extrêmement rapide.

95% des mammifères ne sauront pas s'y adapter.


Demandez aux ours polaires ou aux esquimaux s'ils nient le réchauffement climatique!


Ce réchauffement planétaire en train de naître est dû à 5 causes principales :


- La pollution industrielle par les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz, bois mal exploité, déchets)

- La circulation des véhicules thermiques, terrestres, aériens et nautiques

- La production de l'électricité et du chauffage

- Les rots et pets de nos troupeaux de bovins (D’après les estimations de la FAO, la production mondiale de viande devrait plus que doubler, passant de 229 millions de tonnes en 1999/2001 à 465 millions de tonnes en 2050, tandis que celle de lait devrait grimper de 580 à 1.043 millions de tonnes. Les animaux de boucherie et les animaux laitiers représentent désormais environ 20% de toute la biomasse animale terrestre, ajoute la FAO.)

- Les engrais synthétiques et autres pesticides qui libèrent du protoxyde d'azote, quatrième gaz à effet de serre, 298 fois plus puissant que le CO2



Ces 5 causes entraînent 5 conséquences :


- Les océans ne pourront plus absorber l'excédent de gaz carbonique. C'est déjà le cas!

- Les forêts restantes, style boule à zéro, ne joueront plus leur rôle de puits de carbone

- Le méthane -25 fois plus nocif que le CO2- contenu dans le permafrost des cercles polaires et dans les océans, sera libéré dans l'air

- L'albédo terrestre sera modifié (la glace ne sera plus là pour réfléchir la lumière solaire dans l'espace)

- L'augmentation dans l'atmosphère de la quantité de la vapeur d'eau qui est, rappelons-le, le premier gaz à effet de serre, sans lequel il ferait en moyenne -15°c sur l'ensemble du globe.

Résultat : C'est l'effet boule de neige (si l'on peut dire!) Un réchauffement fatal de 6 à 10 °C à l'horizon des deux prochains siècles.


De quoi anéantir la biodiversité végétale et animale qui aura échappé à la main de l'homme. Et forcément -les uns n'allant pas sans les autres- de quoi réduire l'humanité à des hordes éparses arpentant le désert géant.

Notre civilisation technologique n'aura alors plus d'énergies fossiles, plus de métaux, plus de phosphates, pas assez d'eau potable pour tout le monde, trop de sols épuisés, pas assez de terres fertiles et non sujettes à l'érosion, bref pas de quoi nourrir les milliards d'êtres humains en train de naitre! Plus de quoi faire mumuse!


Que fera alors l'homme, perché sur l'arbre mort?


Michel le 16 janvier 2010
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MessageSujet: La Cia espionne le réchauffement climatique   Mar 19 Jan - 16:24

La CIA a récemment mis à disposition de l’élite scientifique américaine de nombreuses données sur l’environnement et le changement climatique collectées ces dernières années par l’intermédiaire de satellites espions et autres dispositifs classés secret défense.

Dans le cadre du programme de surveillance de l’environnement mis en place par la CIA en octobre 2009 et de la création du centre « Climate Change and National Security », une soixantaine de scientifiques venus de différents horizons professionnels ont obtenu des autorisations pour accéder à des données inédites concernant la santé de notre planète. Le but de cette collaboration étant avant tout de mieux évaluer les changements climatiques et leurs conséquences environnementales.

Tout d’abord un peu d’histoire car cette initiative n’est pas toute neuve…En effet, le programme reprend les bases du projet Medea, pour « Measurements of Earth Data for Environmental Analysis ». Débuté en 1992, celui-ci réunissait un groupe de chercheurs chargés d’informer le gouvernement sur les problèmes environnementaux. Cette première collaboration prit fin sous l’administration de George W. Bush pour la simple et bonne raison que le gouvernement des Etats-Unis ne désirait pas dévoiler le véritable potentiel de ses équipements.

Des images inédites sur l'Arctique ou les forêts de l'Amazonie

Ce nouveau programme est donc une chance inespérée pour accélérer l’avancement de la compréhension du climat. Jusqu’à maintenant, les différentes équipes ont pu travailler sur des images de blocs de glace de l’Arctique ou encore des forêts de l’Amazonie, régions clefs dans les mécaniques climatiques, auxquelles elles n’auraient jamais pu accéder autrement. Ces images, bien que gratuites car elles existent déjà et n’ont aucune autre utilité, possèdent une valeur inestimable scientifiquement parlant.

En revanche, si de nos jours le programme fait l’unanimité chez les chercheurs, c’est encore loin d’être le cas pour tout le monde. Même si la qualité des images déclassifiées pour l’usage exclusif des scientifiques sélectionnés a été réduite, l’idée même d’utiliser du matériel appartenant aux agences fédérales pour surveiller le climat est sujette à controverse.

Pour certains, comme le sénateur républicain John Barrasso, la CIA devrait se concentrer sur le terrorisme. D’autres comme le Directeur de l’Agence, Leon E. Panetta, rappellent qu’il est crucial d’examiner les implications que pourraient avoir les phénomènes tels que la désertification, la hausse du niveau de la mer ou encore les déplacements de population sur la Sécurité Nationale américaine.

Voyant que les contestations commencent à apparaître, certains chercheurs avancent les arguments économiques, souvent les plus efficaces. La fonte des glaciers libérant des espaces marins, leurs recherches pourraient aboutir sur la découverte de nouvelles voies navigables, des accès vers des réserves de pétrole sous-marines ainsi que des zones de pêche. Les scientifiques sont passionnés par cette incroyable collection de données et comptent bien en profiter… Tant qu’ils le peuvent.


Baptiste Decorps pour Thermikenergie - Source : greenzer.fr
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MessageSujet: Réchauffement climatique en Russie   Mar 19 Jan - 16:25

Le ministre russe des Ressources naturelles, Iouri Troutnev, cité par le site ministériel, s'est déclaré lundi convaincu de la réalité du réchauffement climatique global.

"Il y a des choses parfaitement évidentes. Les observations climatiques montrent que ces cent dernières années la température moyenne sur terre a augmenté de 0,75°C, alors qu'en Russie ce réchauffement a été de 1,3°C et en Europe occidentale de 1,5°C. Mais en Russie ce processus est plus dynamique, en raison de sa situation continentale", a indiqué le ministre.

M.Troutnev a cité les données relatives à l'élévation des températures dans certaines agglomérations russes.

"Les tendances constatées dans certaines villes sont encore plus éloquentes: Saint-Pétersbourg et Kazan, plus 3 degrés (en 100 ans), Iakoutsk (Sibérie du Nord-est) et Omsk (Sibérie occidentale), plus 4 degrés. Les chercheurs sont unanimes: le réchauffement climatique a bien lieu", a affirmé le ministre.

Certains experts et chercheurs mondiaux doutent de la réalité du phénomène.
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MessageSujet: Le changement climatique : un symptôme de notre folie économique   Ven 29 Jan - 16:59

Le changement climatique : un symptôme de notre folie économique

par David Suzuki en collaboration avec Faisal Moola


Dans une entrevue accordée à CBC, le premier ministre Stephen Harper a affirmé que la première préoccupation des Canadiens était l’économie. M. Harper s’est souvent servi de l’économie comme excuse pour rejeter nos obligations internationales comme signataire du protocole de Kyoto et pour repousser toute discussion sérieuse sur le besoin criant en matière de réductions nos émissions à effets de serre, de développement d’énergies renouvelables et de création d’emplois verts.

Brandir le spectre d’une catastrophe économique est une façon commode de minimiser l’importance ou d’ignorer d’autres problèmes, bien que la dégradation écologique mondiale comporte d’énormes implications économiques.

L’ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Lord Stern, dans son analyse avant-gardiste des aspects économiques du changement climatique, a conclu qu’agir pour garder les émissions de gaz à effets de serre sous les niveaux risquant d’engendrer un changement climatique désastreux pourrait requérir des investissements de l’ordre de deux à trois pour cent du PIB mondial. Il s’agit d’une énorme somme d’argent, mais un investissement de cette envergure garantirait la création de nouveaux emplois et nous ferait évoluer vers un avenir énergétique plus durable et sain. Il indique que l'échec dans la course à la réduction de gaz à effets de serre détruira l’économie et coûtera davantage que les Première et Deuxième guerres mondiales combinées!

Comment quelqu’un qui prétend se préoccuper de l’économie peut-il ignorer cette réalité? Les défis auxquels nous faisons face sont bien plus profonds qu’une simple chute économique. Ils menacent l’existence même de notre civilisation. La crise environnementale ne concerne pas uniquement les émissions de gaz à effet de serre, la pollution toxique, la disparition des forêts ou les espèces en voie de disparition. Il s’agit de déterminer si la biosphère peut continuer à supporter ses plus grands prédateurs, et aucune autre espèce n’est plus haut placée que les humains au sommet de la chaîne alimentaire.

Lors d’un débat paru dans le journal anglais Guardian entre George Monbiot et Paul Kingsnorth (18 août 2009), tous deux écrivains et environnementalistes de renom, Kingsnorth fait référence à un ensemble de graphes comprenant le même axe horizontal, mesurant la période entre 1750 et 2000. Les graphes mesurent « les niveaux de population, la concentration de CO2 dans l’atmosphère, l’exploitation des pêcheries, la destruction des forêts tropicales, la consommation de papier, le nombre de véhicules motorisés, l’utilisation de l’eau, le taux des espèces en voie de disparition et la totalité du produit national brut de l’économie humaine.»

Ce qui est fascinant, c’est que les courbes des graphes sont presque identiques pour tous les facteurs, aussi disparates soient-ils : « Une ligne débute à gauche de la page, grimpe graduellement au fur et à mesure qu’elle se déplace vers la droite, puis dans le dernier pouce, c’est-à-dire vers 1950, elle fait un virage abrupt vers le haut. »

.../...

La conclusion de M. Kingsnorth? « Ces tendances ont toutes la même origine : une économie humaine avide entraînant le monde directement vers le chaos. »

Il soutient que plusieurs d’entre nous, y compris « une grande partie du mouvement environnemental dominant», ignorent cette réalité parce que «nous sommes toujours attachés à une vision du futur comme une version rehaussée du présent. Nous croyons toujours au "progrès", tel que l’a mollement défini le libéralisme occidental. Même si j’ai tendance à vouloir partager les arguments légèrement plus optimistes de M. Monbiot, j’ai bien peur que M. Kingsnorth ne marque un point.

« Le changement climatique frôle le point de non-retour, pendant que nos chefs battent le tambour pour obtenir une plus grande croissance, argument M. Kingsnorth. Le système économique sur lequel nous nous appuyons ne peut être modifié sans d’abord s’effondrer, puisqu’il s’appuie sur cette croissance pour fonctionner. »

Nous ne pouvons plus nous mettre le doigt dans l’œil et croire que le simple fait de recycler et de composter, de remplacer des ampoules et d’acheter des voitures hybrides va nous faire sortir de ce bourbier. Ces mesures ont du poids, mais elles ne sont que le début. Notre obsession et notre acharnement aveugle envers une constante croissance se trouvent au cœur même de la crise. Si M. Harper était sérieux lorsqu’il a déclaré que l’économie était la plus haute priorité du pays, il devrait d’abord s’occuper de l’état de l’écosphère actuelle. Le changement climatique est le bon endroit où commencer.
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MessageSujet: Le réchauffement de l'Arctique serait beaucoup plus rapide que prévu   Mer 10 Fév - 9:28

Climat : le réchauffement de l'Arctique serait beaucoup plus rapide que prévu
Arctique - Des chercheurs ont mené une étude d'une ampleur sans précédent dans le cercle polaire arctique. Suite à cela, ils assurent que le réchauffement climatique est beaucoup plus rapide que ce qu'annonçaient les pires scénarios concernant cette région.

A partir de juin 2007 et pendant quinze mois, plus de 370 scientifiques venus de vingt-sept pays se sont relayés dans un navire de recherche, le premier à avoir passé un hiver entier en restant mobile dans la région nord du cercle polaire. Ils y ont étudié les changements climatiques et leurs impacts sur l'environnement arctique.

Les résultats de cette étude sont extrêmement alarmants. Le réchauffement climatique se produirait en effet "bien plus vite que ne l'avaient prévu nos modèles les plus pessimistes" a déploré David Barber, enseignant à l'université du Manitoba et l'un des principaux chercheurs de l'étude. Ces modèles prévoyaient que l'océan Arctique serait libre de glace en été d'ici l'an 2100 or, après quinze mois passés dans la région, les experts estiment que l'accélération du réchauffement climatique pourrait entraîner cette fonte entre 2013 et 2030.

"Nous savons que la glace disparaît, le monde entier en est conscient. Ce dont on n'est pas conscient, c'est que cela a un impact sur tout ce qui se trouve dans cet écosystème" a souligné David Barber. Et d'expliquer qu'en raison de la fonte de la banquise, de nombreux mammifères ont dû s'éloigner de la région où ils se reproduisaient, chassaient et fuyaient leurs prédateurs, tandis que d'autres espèces, et notamment des baleines, peuvent désormais s'y rendre, leurs déplacements n'étant plus entravés par les glaces.

Le changement climatique engendre également plus de cyclones en Arctique et la neige que ceux-ci projettent sur la banquise l'empêche de s'épaissir, les vents violents cassant quant à eux la glace.

D'après le Pew Environment Group, cette fonte accélérée de l'Arctique pourrait coûter 2.400 milliards de dollars d’ici 2050, la capacité de la région à refroidir le climat mondial ne cessant de diminuer.


Source : maxisciences.com
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MessageSujet: Climat: «Nous n'avons jamais observé des températures aussi intenses»   Mar 10 Aoû - 3:24

Climat: «Nous n'avons jamais observé des températures aussi intenses»

38 réactions

Par VANESSA TSANGA TABI
Des pluies torrentielles ont ravagé le nord de l'Inde et ont fait 156 morts.



L'ouest de la Russie est en flammes, le Pakistan compte plus de 15 millions de sinistrés après des inondations qui ont frappé le pays il y a une semaine. Même scénario en Chine, où les habitants du nord-est du pays n'ont toujours pas d'eau potable. Des pluies diluviennes se sont abattues sur l'Inde ce lundi faisant près de 150 morts.

Etienne Kapikian, prévisionniste à Météo France, apporte un éclairage sur la situation climatique et catastrophique qui touche actuellement l'Eurasie.

Les incendies dans l'Ouest de la Russie et les inondations en Asie du Sud-Est sont-ils liés?

Je ne dirais pas que ces phénomènes sont liés. La configuration métérologique actuelle favorise les catastrophes naturelles dans l'Ouest de la Russie et en Asie du Sud Est. On pourrait y voir des causes indirectes car au niveau planétaire, il y a une intensité des températures depuis mi-juillet qui favorise d'un côté les incendies et de l'autre les précipitations. C'est le seul lien que l'on pourrait noter.

Pouvez-vous nous décrire plus précisément cette configuration métérologique?

Nous avons une situation bloquée ou très peu mobile dans ces régions avec une alternance de dépressions en Asie du Sud-Est et d'anticyclones en Russie. Cette situation vient se coupler à des températures supérieures à la normale et à des océans également beaucoup plus chauds dans le Pacifique Est et l'Océan Indien. A cause de cet immobilisme, des événements extrêmes se répètent aux mêmes endroits. Avec un mouvement, la canicule en Russie, par exemple, durerait moins longtemps.

Assiste-t-on à des phénomènes exceptionnels?

En Russie, nous n'avons jamais observé des températures aussi intenses. C'est un événement historique! Le dernier record absolu des températures date d'août 1920 avec 36,8°C. En un mois, ce record a été battu six fois.

En Asie du Sud-Est, la situation climatique est également extrême. Mais nous ne pouvons pas encore mesurer l'envergure de ces inondations à répétition.

Quelles sont vos prévisions?

En Russie, il va y avoir une baisse sensible des températures dans le milieu de la semaine. Il y aura une très relative acalmie durant quelques jours mais on va rester autour des 30°C alors que les normales de saison sont à 23°C. L'air restera chaud à très chaud.

Concernant l'Asie du Sud-Est, la configuration métérologique est favorable à une mousson active. Les inondations pourraient toucher d'autres régions voisines du Pakistan, de l'Inde et de la Chine car il y a une grande activité au niveau des précipitations. Il faudra s'attendre à de très fortes pluies.

Sont-ce les effets du réchauffement climatique?

On ne peut pas tout mettre dans le même sac! La Russie serait effectivement l'illustration de ce phénomène. Le réchauffement climatique conduit forcément à la canicule et à la sécheresse. Dans un climat plus chaud, d'ici à 50 ans, ce genre d'événements pourrait devenir de plus en plus courant.

Les inondations qui touchent le Sud-Est de l'Asie sont beaucoup plus difficiles à analyser. Nous sommes dans une région de moussons avec un climat très chaud et des précipitations intenses, nous ne pouvons donc pas attribuer dès aujourd'hui de tels phénomènes au réchauffement climatique. Nous n'avons pas assez de recul pour le savoir. Il faudra donc étudier ces précipitations sur plusieurs années.


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