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 Le parc nucléaire Français est obsolète et dangereux

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MessageSujet: Le parc nucléaire Français est obsolète et dangereux   Jeu 15 Sep - 8:25

Bien que qualifié de non nucléaire –comme le disait déjà la présidente d'Areva à propos de Fukushima–, l'accident de Marcoule illustre une fois de plus les dangers liés à cette énergie. Cette fois-ci, c'est le plus ancien centre industriel nucléaire de notre pays qui est atteint. Et demain ?

La France possède une tradition nucléaire bien établie, avec 58 réacteurs, soit près d'un réacteur par million d'habitants, ce qui en fait le pays le plus nucléarisé au monde.

Cette tradition tourne à l'obstination, voire à l'idéologie. Serions-nous condamnés au nucléaire, malgré les avertissements répétés qu'il nous donne et qu'il vient de renouveler à Fukushima ?

Cette obstination éclaire les constantes de notre développement nucléaire et a refusé les évolutions nécessaires à notre temps, à commencer par la prise de conscience environnementale.

La première constante est l'absence de débat public, tant sur la décision d'implantation d'une centrale que sur les grands choix de la politique nucléaire. Nul texte (pas plus la loi de 2006, aujourd'hui, que le décret de 1963, hier) ne requiert de déclaration d'utilité publique pour la création d'une centrale nucléaire ou d'un centre de stockage de déchets radioactifs.

C'est ainsi, et cela s'appelle le droit nucléaire! Par comparaison, on peut remarquer que plusieurs pays ont, au contraire, recouru au législateur ou à des consultations populaires pour décider de leur avenir énergétique. Les renoncements au nucléaire se multiplient : Autriche, Suisse, Allemagne, Italie. D'autres pays décident de ne pas remplacer les réacteurs en fin de vie (Espagne, Suède).

La deuxième constante de la politique nucléaire de la France, c'est le secret. La liste de ces secrets est longue, qu'il s'agisse, bien sûr, du nucléaire militaire, mais aussi des transports de matières radioactives et, surtout, des incidents de sites (Saint-Laurent, le Blayais, la Hague, Tricastin, Paluel, etc.). Les dangers atomiques, ainsi occultés par le secret, le sont aussi par la publication de statistiques rassurantes sur la très faible probabilité supposée d'un accident nucléaire majeur.

Mais la réalité contredit ces probabilités. Les trois accidents de Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et enfin Fukushima (2011) sont intervenus en une trentaine d'années. Soit en moyenne un accident majeur tous les dix ans.

La troisième constante est qu'il conviendrait de faire confiance aux techniciens de l'atome. A tous les niveaux : sûreté des centrales, radioprotection, gestion des déchets radioactifs à vie longue, etc.

Ainsi, depuis ses origines, le droit nucléaire français n'est pas autre chose qu'une codification de la confiance que l'on nous impose de faire aux techniciens de l'atome et aux savants. Pour cette nucléocratie, l'atome est affaire de technique, pas de démocratie.

Confiance aveugle, secret et absence de débat sont liés, se renforcent mutuellement et caractérisent depuis ses origines le développement nucléaire français. Pour le reste, circulez, dispersez-vous, irradiez-vous, le nucléaire est trop important pour être discuté.

Ces constantes se sont conjuguées avec deux séries d'évolutions. En 1975, cette part était de 8,3%. Elle est aujourd'hui proche de 80%. Nous sommes donc devenus dix fois plus dépendants du nucléaire. Et dix fois moins libres d'en sortir…

Cette croissance s'accompagne d'une augmentation de notre dépendance. Il y a belle lurette que les mines d'uranium du sol français sont épuisées (depuis 1990) et que nous dépendons d'un approvisionnement étranger, avec toutes les contraintes, incertitudes et risques de conflits que cette situation comporte pour l'avenir.

La deuxième évolution est un processus continu et croissant de privatisation. Certes, EDF et Areva sont deux sociétés –encore– détenues par une majorité de capitaux publics, mais les nombreux sous-traitants auxquels elles recourent sont, eux, privés et emploient souvent des personnels intérimaires chargés de la décontamination et de la maintenance des sites. Des intérimaires qu'il suffit de changer quand ils tombent malades… Ces personnels connaissent une forte rotation et sont devenus les "nomades" du nucléaire Lire ICI.

Une rotation qui risque d'ouvrir la voie à la répétition de ce que Nils Diaz, président de la commission de réglementation nucléaire américaine, rappelait en 2004 à propos de l'accident de Three Mile Island: "Quelqu'un aurait dû le faire. N'importe qui aurait pu le faire. Tout le monde pensait que quelqu'un d'autre le ferait. Finalement, personne ne l'a fait…"

Dans le même temps, deux évolutions nécessaires à notre temps restent refusées par le nucléaire. La précaution s'efface devant la confiance réclamée par la technocratie nucléaire. Y compris lorsque celle-ci ne sait que faire. Le démantèlement de la centrale à eau lourde de Brennilis en est l'illustration.

Que fait l'industrie nucléaire ? Elle construit des réacteurs sans savoir comment elle les démantèlera sans dommage pour l'environnement ni ce qu'elle fera de leurs déchets.

Le principe du "pollueur payeur" n'est pas appliqué par le nucléaire. Envisageable pour le temps court (mais sous-estimé par Areva et EDF), il est exclu pour la gestion à long terme des déchets radioactifs (plusieurs dizaines de milliers d'années). Le long terme pose également le problème de l'irréversibilité.

Faut-il s'orienter vers un stockage à grande profondeur, c'est-à-dire irréversible, ou bien privilégier des solutions permettant aux générations futures d'intervenir ? La question n'est plus ici seulement technique, elle devient aussi éthique. Long terme, incertitude et irréversibilité se conjuguent ainsi pour reporter l'application du principe du "pollueur payeur" sur les générations futures.

Dans notre pays, le nucléaire aura donc la vie dure et toute sortie prendra plus de temps qu'ailleurs parce qu'il y est devenu une véritable idéologie. Nombreux sont cependant les chantiers d'énergies renouvelables à exploiter. Contrairement à ce que le discours dominant veut faire croire, les obstacles à cette sortie et au développement massif de ces chantiers sont plus politiques que proprement techniques.

Si les Français veulent à leur tour sortir du nucléaire, sans perdre davantage de temps, il leur reste à se convaincre que le nucléaire comporte une constante et une évolution : il est toujours aussi dangereux, et il est devenu une source d'énergie ringarde.


Un article de JP Colson, publié par lemonde.fr

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MessageSujet: Les tests : c'est du flan !   Sam 17 Sep - 14:02

Les rapports sur les tests de résistance des centrales rendus publiques vendredi par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) "n'apportent rien qu'on ne savait déjà", a regretté Jean-Marie Brom, radio-physicien au CNRS de Strasbourg et responsable Est du Réseau Sortir du Nucléaire.
"Ces tests c'est du flan", a-t-il affirmé en prenant notamment l'exemple de la centrale alsacienne de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus ancienne du parc français.
SUR LE MÊME SUJET
La centrale de Fessenheim à l'arrêt plusieurs semaines pour entretien
M. Brom a souligné qu'il n'y avait eu "aucune nouvelle étude". "Ces rapports ne sont qu'un recopiage des évaluations de sûreté et des procédures contre les agressions extérieures faites par l'exploitant lui-même", a-t-il ajouté.
"On ne se prémunit pas mieux qu'avant, il n'y a rien dans ces rapports que l'ASN ne pouvait déjà savoir", a encore souligné le radio-physicien alsacien.
M. Brom a notamment regretté le manque d'éléments dans le rapport remis à l'ASN concernant le risque d'inondations à Fessenheim : "Le canal du Rhin a un débit de 1.000 m3 par seconde et la centrale est située juste à côté, à 13 mètres en-dessous du niveau de l'eau. Mais l'exploitant estime une rupture de digue impossible et donc aujourd'hui on n'a aucune nouvelle étude sur ce point".
"Ma conclusion c'est que si on avait demandé l'an dernier à Tepco de faire un rapport sur la centrale de Fukushima, elle aurait été jugée parfaitement sûre", a conclu Jean-Marie Brom.
L'ASN a publié vendredi sur son site internet les tests de résistance effectués par les exploitants de 80 installations nucléaires, que le gouvernement avait demandés après l'accident de Fukushima.
En service depuis 1977, Fessenheim est la doyenne des centrales nucléaires françaises. Dotée de deux réacteurs nucléaires d'une puissance de 900 mégawatts chacun, elle est particulièrement décriée par les écologistes, qui réclament sa fermeture en pointant notamment sa "vétusté" et son exposition aux risques sismiques et d'inondations.
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MessageSujet: Fessenheim : un incident chimique et des blessés à la centrale nucléaire   Mer 5 Sep - 15:38

Fessenheim : un incident chimique et des blessés à la centrale nucléaire
Publié le 05.09.2012, 16h57 | Mise à jour : 17h30

Un incident d'ordre chimique s'est produit mercredi peu avant 16h à la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). D'après l'opérateur EDF, deux employés de la plus vieille centrale nucléaire française ont été légèrement blessés aux mains. Toujours selon l'exploitant du site, l'incident serait dû à «un dégagement de vapeur d'eau oxygénée dans une opération de maintenance qui a déclenché le système d'incendie et donc l'intervention des pompiers».



Pas d'incendie mais un simple dégagement de vapeur

«Ce n’est pas un incendie», a estimé la préfecture, selon les premières informations dont elle disposait. «Il y a eu un dégagement de vapeur d’eau oxygénée produit suite à l’injection dans un réservoir de péroxyde d’hydrogène qui a réagi avec de l’eau», a ajouté un porte-parole.

«Il ne s'agit pas d'un incendie, c'est un petit problème» qui a eu lieu «dans des bâtiments auxiliaires de la zone nucléaire, mais pas dans le bâtiment du réacteur», a précisé de son côté une porte-parole d'EDF.

Les pompiers du Haut-Rhin «sont en cours d'intervention, avec une cinquantaine d'hommes sur place», a précisé un officier du Codis. «D'après les premières informations, il y a des victimes, mais nous n'en savons pas plus pour l'instant», a-t-il ajouté.
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MessageSujet: La désinformation se poursuit   Jeu 6 Sep - 5:19

François Hollande, lorsqu'il était candidat irresponsable socialiste, avait promis de fermer la centrale nucléaire "obsolète" de Fessenheim d'ici 2017. Devenu président de la République, son passage à l'acte était d'autant plus attendu que son ministre du redressement contre-productif, Arnaud Montebourg, avait qualifié pendant l'été la filière nucléaire d'énergie d'avenir. Certes il évoquait le démantèlement des centrales à ce moment-là, selon nos sources bien désinformées, mais ces propos, sortis de leur contexte par une certaine presse, avaient été interprétés à l'opposé. Le non-accident sans aucune gravité qui s'est produit aujourd'hui à Fessenheim tombe donc au plus mal, alors que la position des socialistes irresponsables reste floue et que la ville s'apprêtait à fêter ce week-end la signature de son jumelage avec la petite ville japonaise de Fukushima.


Jour tranquille à Fessenheim
CC Flickr - nagadoudi

Nous avons pu interroger Pierre et Marie Dubonchoix, en charge des relations de presse bien désinformée pour l'Autorité de Sûreté Nucléaire, qui nous confirment les désinformations diffusées par le gouvernement sous l'autorité du ministère du redressement contre-productif : "aujourd'hui à Fessenheim, il y a eu un non-accident sans aucune espèce de gravité", nous expliquent les experts, précisant que "la fuite d'eau oxygénée a seulement provoqué quelques décolorations de cheveux chez des ouvriers imprudents qui avaient mal positionné leur charlotte avant d'entrer dans leur zone de travail, et l'incendie qui a été signalé a été maîtrisé sans aucune émission de radiation, comme le prouvent les mesures classées secret-défense réalisées à Quimper 5 minutes après la fuite".

Il s'agit donc à Fessenheim d'un non-accident nucléaire normal, classé 0 sur l'échelle de gravité nucléaire bien désinformée qui va de 0 à 10. Rappelons que l'incident du Tricastin l'année avait été classé -1 et celui de Fukushima qui a défrayé en son temps la chronique avait été classé 3/10 (en raison du tremblement de terre et du tsunami qui ont dopé les dégâts mais les experts débattent encore aujourd'hui et envisagent de déclasser Fukushima qui ne serait pas un incident nucléaire mais seulement une catastrophe nucléaire). Notons qu'au XXème siècle, l'incident de Tchernobyl avait été classé 6/10 mais, depuis la diffusion d'un documentaire sur Arte, ce classement pourrait être abaissé à un rassurant 2/10. Seuls resteraient donc dans les annales les incidents d'Hiroshima et Nagasaki, respectivement classés 8/10 et 7/10 (un point de plus pour Hiroshima en raison de l'effet de surprise).

Fort de ces utiles analyses et rappels historiques, le gouvernement encourage donc la ville de Fessenheim à ne pas annuler les festivités prévues ce week-end pour célébrer la signature officielle de son jumelage avec Fukushima : "si on annule toutes les manifestations festives dès le premier incident nucléaire normal, on ne va jamais redresser la France", s'inquiète Arnaud Montebourg, qui annonce d'ores et déjà sa visite. La ministre du redressement écologique, Delphine Batho, sera présente aussi pour rappeler que "l'annulation de la fête à Fessenheim alors que les représentants japonais du comité de jumelage sont déjà arrivés sur place représenterait un bilan carbone désastreux".
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MessageSujet: Un nouveau rapport épingle la France   Mer 3 Oct - 3:37

Sécurité nucléaire. L'Europe épingle les centrales françaises
2 octobre 2012 à 15h33 - 2 réaction(s)






Les tests de sécurité effectués par la Commission européenne après la catastrophe de Fukushima ont révélé des "centaines d'insuffisances" dans les centrales nucléaires de l'UE, en particulier en France.


25 milliards d'euros : c'est le montant des travaux préconisés par le commissaire européen à l'énergie Gunther Oettinger pour mettre les centrales nucléaires européenne en conformité avec les normes de sécurité, selon un projet de rapport révélé par le quotidien Allemand Die Welt et qui sera présenté demain à Bruxelles. De fait, si, "en général, la situation est satisfaisante", les "stress tests" menés après Fukushima ont permis de révéler des "centaines d'insuffisances" dans les dispositifs de sécurité.

Principale visée : la France
Et c'est en France que la situation serait la moins satisfaisante : selon Le Figaro, aucune des 19 centrales françaises ne serait en totale conformité avec les normes exigées. En cause, en particulier, les instruments de mesures sismiques ou la protection des équipements de secours en cas d'accident. Les procédures d'évacuation en cas d'accident grave sont parfois épinglées elles aussi, notamment à Chooz ou à Cattenom (mais pas à Fessenheim, la plus vieille centrale en activité en France). Le coût de la mise aux normes serait "de l'ordre de 100 à 200 millions d'euros" par centrale, avait estimé le Groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (Ensreg) en juin lors d'une audition devant le Parlement européen.



Au titre des bons points décernés aux 19 centrales françaises, en revanche, leur équipement en recombineurs d'hydrogène, des dispositifs qui auraient pu, selon le Commissariat à l'énergie atomique, éviter les explosions d'hydrogène à Fukushima. Les centrales espagnoles ou britanniques en sont dépourvues, relève le rapport.
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MessageSujet: le collectif Stop Bugey organise le 13 octobre à Lyon un grand rassemblement de protestation   Sam 6 Oct - 4:17

Composé d'une centrale vieillissante affectée de graves problèmes de sûreté et d'un projet de site d'entreposage de déchets aux dangereux impacts environnementaux, il est vulnérable à de nombreux risques, et un accident y aurait des conséquences catastrophiques.
C'est pourquoi le collectif Stop Bugey organise le 13 octobre à Lyon un grand rassemblement de protestation, précédé de la mise en scène d'une "marche des réfugiés".
UNE MENACE PERMANENTE A NOS PORTES
Le site de Bugey, avec ces 4 vieux réacteurs nucléaires encore en service (les plus vieux après Fessenheim : 33 et 34 ans) et son projet ICEDA de conditionnement et d'entreposage de déchets radioactifs, présente des risques pour toute la région de la Plaine de l'Ain, du Nord Isère et de l'agglomération lyonnaise, voire Grenoble, Chambéry, Annecy en fonction des vents.

Après de nombreux petits incidents, un accident grave est possible à tout moment.

La vétusté du matériel, la priorité à l'économie plutôt qu'à la sûreté, le stress des travailleurs, la sous-traitance, les intérimaires peu qualifiés, … ne font qu'accroître les risques d'accident. Un fort séisme pourrait mettre à mal les installations. Suite à une rupture du barrage de Vouglans ou à un glissement de terrain, une vague d'eau pourrait inonder le site. Avec la proximité de l'aéroport Lyon Saint Exupéry (15 km), de nombreux avions survolent le site nucléaire et on ne peut pas exclure la chute d'un de ces avions.

Un accident de type Fukushima conduirait à une situation catastrophique et ingérable, au niveau sanitaire, humain et économique.

• Pollution de l'eau : la nappe qui alimente le Grand Lyon et de nombreuses villes serait contaminée. La contamination irait par le Rhône jusqu'à la Méditerranée.

• Pollution de l'air : les poussières radioactives, disséminées par les vents sur la vallée du Rhône, le Jura, les Alpes et la Suisse, contamineraient toute la région.

Plus de 5 millions de personnes, dont les habitants de l'agglomération de Grenoble, pourraient être évacuées, et pour les plus proches sans espoir de retour.

• Coup fatal à l'économie : productions agricoles invendables ; arrêt brutal des industries, des services et du tourisme ; les biens immobiliers perdraient toute valeur. Aucune assurance ne dédommage ces préjudices …

MARCHES DES REFUGIES
Pour symboliser la fuite définitive des habitants situés dans une zone de 30 km autour du site nucléaire de Bugey, la coordination STOP BUGEY, organise deux marches de réfugiés qui partiront le jeudi 11 octobre à 9 h 00 du site de Bugey pour rejoindre Lyon le samedi 13 octobre à 14 h, quai Augagneur.

Dans les villes étapes (Décines pour l'Isère), il sera organisé à 20h30 une réunion d'information sur les risques du site nucléaire de Bugey.

Toutes les personnes qui se sentent concernées peuvent venir marcher les 3 jours ou quelques heures, en particulier le samedi matin pour l'entrée dans Lyon.

Des marches spontanées pourront aussi partir de différents quartiers de Lyon pour converger vers le quai Augagneur.

GRAND RASSEMBLEMENT A LYON LE 13 OCTOBRE
Les marches des réfugiés arriveront à 14 h au quai Augagneur, vers la Fosse aux Ours, où débutera un grand rassemblement pour l'arrêt immédiat des réacteurs nucléaires de Bugey et l'abandon du projet ICEDA.

Après la décontamination des marcheurs et autres personnes contaminées suite à l'accident, une chaîne humaine se déploiera dans les rues de Lyon, puis l'après-midi se terminera en musique et débats jusqu'à 20 h.

Ce rassemblement est organisé avec le soutien du Réseau Sortir du Nucléaire, qui promeut une journée nationale d'action le 13 octobre avec 7 autres rassemblements régionaux prévus. (http://groupes.sortirdunucleaire.org/13octobre2012)

Le même jour, partout dans le monde, seront organisés des manifestations de soutien à la "révolution des hortensias" au Japon : les Japonais par centaines de milliers manifestent régulièrement contre la remise en route des réacteurs après le séisme et tsunami. Car à Fukushima, la catastrophe continue !

C'est pourquoi nous appelons à réagir pendant qu'il est encore temps....

pour que jamais, un journaliste n'écrive un jour....
"Au Bugey, la catastrophe n'est pas finie !..."
A Grenoble, différentes organisations s'associent à cet appel :
Association Démocratie Écologie Solidarité (ADES) ; Centre d'Informations Inter-Peuples (CIIP) ; Europe-Écologie - Les Verts (EELV 38) ; Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature (FRAPNA) ; Les Alternatifs ; Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) ; Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF).

Depuis Grenoble, le transport en bus est organisé:

samedi 13 octobre, départ 11h 30 place de Verdun.

Toutes informations et inscription en ligne : (de préférence) : www.sdn38.info/

ou par courrier : SDN 38 - BP 433 - 38524 ST EGREVE cedex

Pour plus d'information sur le rassemblement et pour s'inscrire aux marches, voir le site web www.stop-bugey.org.

Contacts :

• pour Lyon : Patrick Monnet, Rhône-Aples sans nucléaire, tél. : 04 72 35 97 23

• pour le Bugey et les marches :

- marche côté Isère : Alain Cuny, Sortir du Nucléaire Bugey, tél. : 06 27 01 51 14

- marche côté Ain : Madeleine Chatard-Leculier, Sortir du Nucléaire Bugey, tél. : 04 78 06 09 49

• pour l'Isère : Philippe Lambersens, Sortir du Nucléaire 38, tél. : 04 76 56 82 93
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MessageSujet: Il faut fermer la centrale du Bugey   Ven 12 Oct - 11:34

Écologie Les antinucléaires dénoncent, dès ce jeudi, l'insuffisance des plans d'évcuation de la centrale

Un accident se produit à la centrale nucléaire du Bugey (Ain). Dans les heures suivant la catastrophe, des réfugiés contaminés arrivent par vagues dans le centre de Lyon, à 30 km de là. C'est à partir de ce scénario, simulant une évacuation en cas d'incident majeur, que le collectif Stop Bugey a choisi de sensibiliser le public au danger du nucléaire. Et à la « nécessité de fermer la centrale », la plus vieille de France (elle a ouvert en 1972) après celle de Fessenheim, en Alsace. La mobilisation commencera ce jeudi par deux marches symboliques « de réfugiés du nucléaire », qui partiront de Saint-Vulbas pour cheminer jusqu'à Lyon via l'Ain et l'Isère. Les « réfugiés » débarqueront samedi en centre-ville, où un rassemblement pour l'arrêt du nucléaire est prévu quai Augagneur, à 14 h.

Des risques sous-évalués ?
Les militants comptent sur cet événement pour redonner un élan à la mobilisation née après la catastrophe de Fukushima (Japon). Le 11 mars dernier, date anniversaire du drame, 60 000 personnes avaient participé à une immense chaîne humaine entre Lyon et Avignon, secteur le plus nucléarisé d'Europe. « Fukushima est un peu plus loin dans les esprits, mais le danger reste le même, indique Charlotte du réseau Sortir du nucléaire. « En cas d'accident au Bugey, par exemple, le plan d'évacuation concerne les quelques kilomètres alentours. Si, comme à Fukushima, la zone de contamination s'étend sur 40 km, comment fait-on pour évacuer Lyon ? » Contactée mercredi, la préfecture de région n'a pas souhaité s'exprimer sur le dispositif de protection du public prévu en cas d'incident, le plan Orsec étant « classé secret défense ». Mais Pierrick, administrateur du réseau antinucléaire, a une idée de la réponse. « Les préfets, qui sont les seuls autorisés à mettre en œuvre un plan d'évacuation, n'ont aucun indicateur qui leur servirait à prendre une décision en cas d'incidents », assure-t-il, soucieux de voir les vieilles centrales fermer. « Elles sont prévues pour durer entre 25 et 30 ans. Plus elles sont vieillissantes, moins elles sont fiables. Il faut accepter cette règle pour éviter la catastrophe. »
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MessageSujet: Près d’un millier de (faux) réfugiés nucléaires à Lyon   Dim 14 Oct - 7:55

Près d’un millier de (faux) réfugiés nucléaires à Lyon
239 vues | aucun commentaire
Sas de décontamination, recrutement de liquidateurs, recherche d’hébergements d’urgence… Près d’un millier de personnes ont joué ce samedi le jeu du scénario catastrophe pour simuler l’arrivée de réfugiés en cas d’accident nucléaire à la centrale du Bugey, située à seulement 35 km de Lyon. Reportage.



Les réfugiés nucléaires arrivés à Lyon, samedi 13 octobre 2012. Crédit : Victor Guilbert.

Entre deux rangées de barrières, des centaines de réfugiés attendent leur tour pour se faire décontaminer. Deux jours auparavant, un accident s’est produit à la centrale nucléaire du Bugey, à 35 km à l’est de Lyon à vol d’oiseau. Ils ont marché deux jours avant de rejoindre les bords du Rhône sur le quai Augagneur, avec un seul objectif en tête : quitter la zone d’exclusion des 30 kilomètres autour des quatre réacteurs que compte le site.

« Je me sens déracinée. Nous sommes inquiets pour notre santé. J’ai tout laissé chez moi et je ne pourrai sans doute jamais remettre un pied dans ma maison », théâtralise Catherine, 45 ans, habitante d’Ambérieu-en-Bugey.

Une fiction. Le scénario alarmiste préparé par les organisateurs prend forme avec des personnes qui passent sous une « tente de décontamination » puis se dispersent. À certains, un emploi de « liquidateur » est proposé.

Il s’agit pour ces personnes volontaires de participer à une mission spéciale mais dangereuse : colmater les fuites sur les réacteurs et se relayer pour les refroidir. Un travail généreusement récompensé : 3500 euros la journée de travail. Le même salaire que celui qui fût proposé à Fukushima au moment de la catastrophe nucléaire.

Pour les autres, le jeu de rôle se termine. Ils reprennent leur casquette de militants et partent interpeller les passants lyonnais pour les sensibiliser aux risques d’un accident nucléaire dans le Bugey.

Une centrale défaillante

Le choix de la centrale nucléaire du Bugey n’est pas le fruit du hasard. C’est la plus vieille de France après celle de Fessenheim en Alsace, dont la fermeture est programmée en 2016. Les quatre réacteurs ont chacun une capacité de 900 MW.

Elle fait partie, comme les 18 autres centrales françaises, des sites pointés du doigt au début du mois par les tests de résistance nucléaires menés par l’Union européenne et commandés pour tirer les leçons de la catastrophe de Fukushima en mars 2011.



Les réfugiés nucléaires sur les berges du Rhône à Lyon, samedi 13 octobre 2012. Crédit : Victor Guilbert.

Le rapport qui énumère une série de défaillances n’épargne pas le site du Bugey. Il est rappelé que les équipements de secours, comme les groupes électrogènes, ne sont pas assez protégés contre les séismes ou les inondations, contrairement aux réacteurs britanniques, allemands ou belges également passés au crible. Les investissements nécessaires à la sûreté des centrales atteindraient entre 30 millions et 200 millions d’euros par réacteurs.

Si la centrale du Bugey est peu concernée par les risques sismiques, on ne peut pas en dire autant des risques d’inondation. En amont du site nucléaire, sur la rivière d’Ain, l’éventualité d’une rupture du barrage de Vouglans dans le Jura provoquerait une vague qui fait partie des dangers envisagés pour le site du Bugey. C’est d’ailleurs le scénario catastrophe retenu par les organisateurs du rassemblement de la Fosse aux Ours. Un scénario parmi d’autre.

« Avec la proximité de l’aéroport Lyon Saint-Exupéry à seulement 15 kilomètres, de nombreux avions survolent le site nucléaire et on ne peut pas exclure la chute d’un de ces avions, tout comme la possibilité d’une intrusion », prévient Patrick Monnet de l’association Rhône-Alpes sans nucléaire.

Le 2 mai dernier, deux militants de Greenpeace avaient d’ailleurs été arrêtés après le survol et l’atterrissage d’un parapente à moteur sur le site de la centrale nucléaire du Bugey. Cette action avait relancé, à 4 jours du second tour de l’élection présidentielle, le débat sur la sécurité des sites nucléaires français.

« Une menace aux portes de Lyon »

« Ca dépendra d’où vient le vent le jour de l’accident nucléaire. C’est un bassin de population de près de 5 millions d’habitants, de Mâcon à Grenoble et de Lyon à Genève, qu’il faudra évacuer si cela se produit », détaille Alain Cuny, militant de l’association Stop Bugey, l’une des 940 associations du Réseau Sortir du Nucléaire.

PHOTO CARTE
Légende : Lyon est à 35 km de la centrale nucléaire du Bugey. A Fukushima, la zone de contamination s’étend à 40 km.

Un accident à la centrale du Bugey, située sur la rive droite du Rhône contaminerait également les nappes phréatiques alimentant le Grand Lyon. La pollution filerait jusqu’à la méditerranée, transportée par le Rhône.

Impossible, par contre, de savoir comment s’organiserait l’évacuation et l’exode massif dans la région la plus nucléarisée d’Europe. Le plan Orsec en vigueur dans cette situation est classé « secret défense ». La préfecture ne communique pas à ce sujet.

Après les évènements successifs d’avril 2011 au Japon et face à la pression du groupe écologiste, Gérard Collomb avait demandé par un courrier adressé au préfet de Région Jean-François Carenco, le 23 mai dernier, d’associer le Grand Lyon à la politique de prévention puisque l’agglomération est concernée par les zones de confinement définies en cas d’accident.

Cinq mois après, comme le révèle l’hebdomadaire lyonnais les Potins d’Angèle, la demande est restée sans réponse. Un dossier trop technique semblerait-il pour être partagé avec les collectivités territoriales.

Même argument opposé aux organisateurs du rassemblement de Lyon. Une délégation de trois personnes a été reçue dans le milieu d’après-midi à la préfecture alors qu’une chaîne humaine se formait autour du Rhône entre le pont Lafayette et celui de la Guillotière, clin d’œil nostalgique à celle du 11 mars dernier entre Lyon et Avignon, la plus grande jamais organisée en France. Près de 60 000 personnes s’étaient relayées pour réclamer la sortie du nucléaire.
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MessageSujet: Une fuite radioactive a eu lieu pendant quelques heures à l'intérieur du bâtiment ce jeudi matin.   Jeu 25 Oct - 15:25



25-10-2012

Une fuite radioactive a eu lieu pendant quelques heures à l'intérieur du bâtiment ce jeudi matin.

La centrale nucléaire de Flamanville (Manche) a fait face pendant près de six heures à une fuite radioactive à l’intérieur du bâtiment d’un réacteur en maintenance, un incident classé provisoirement au niveau 1 sur l'échelle INES qui va de 0 à 7, a annoncé jeudi l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

«L’ASN a été informée ce matin par EDF qu’une fuite est survenue sur une ligne auxiliaire du circuit primaire du réacteur n°1 de Flamanville (mercredi) à 23h15. La fuite a été confinée dans le bâtiment réacteur tout au long de l'événement. Elle a été arrêtée à 5 heures» jeudi, selon un communiqué de l’ASN.

Le circuit primaire est le réseau de tuyaux qui se situe entre le système producteur de chaleur - le coeur de réacteur - et le circuit secondaire, qui achemine la chaleur vers des sous-systèmes de distribution.

«Le réacteur était à l’arrêt pour maintenance et rechargement du combustible depuis fin juillet. Il était en phase finale de redémarrage: le circuit primaire fonctionnait à une température proche de 200°C», précise l’ASN, le «gendarme» du nucléaire.

«Le débit de la fuite a conduit l’exploitant à appliquer les consignes de mise à l’arrêt à froid du réacteur permettant une baisse rapide en pression et température de l’eau», selon l’ASN qui précise que «la fuite est survenue lors de la remise en pression de la ligne auxiliaire dans le cadre d’une opération de maintenance».

Le personnel EDF présent lors des opérations a évacué le local et n’a pas été contaminé, a précisé l’Autorité. «L'événement n’a pas eu de conséquences sur le personnel et l’environnement. Le plan d’urgence interne de l'établissement n’a pas été activé», a-t-elle aussi indiqué. Une inspection de la division de Caen de l’ASN est en cours.

La centrale de Flamanville, située en bord de mer, compte deux réacteurs. Un troisième, de type EPR, est en construction. Ce chantier est un sujet de tensions entre EELV qui souhaite son arrêt et le PS.
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MessageSujet: Fessenheim: rien n'est réglé   Mar 30 Oct - 12:30

La bataille de Fessenheim est lancée. Et elle se joue sur deux fronts. Le premier vise à semer le doute sur la possibilité de tenir l'engagement pris par François Hollande de fermer fin 2016 la plus vieille centrale nucléaire de France, proche d'une zone sismique, à côté du canal d'Alsace. Le second oppose ceux qui croient ou non à la pertinence d'en faire - une fois les deux réacteurs arrêtés - "un site pilote pour le démantèlement des centrales en fin de vie", "une filière d'excellence" dont le savoir-faire s'exportera à l'étranger, pour reprendre les mots du chef de l'Etat.
La contre-offensive sur la mise en sommeil de Fessenheim est d'abord menée par Henri Proglio, le PDG d'EDF, épaulé par les salariés, la CGT et les directeurs - anciens et actuels - de la centrale. Elle a reçu un soutien de poids, le 21 octobre, en la personne d'André-Claude Lacoste, directeur de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). M. Lacoste, dont la parole se libère à l'approche de sa retraite – le nom de son successeur sera connu début novembre –, a laissé entendre dans le Journal du dimanche que la fermeture du site n'était pas irréversible et que sa mise en oeuvre pourrait être repoussée à la prochaine mandature.

En clair, il suffit de gagner quelques mois, de fin 2016 à mai 2017, et d'attendre le nom du prochain président de la République. Si la droite revenait au pouvoir, Fessenheim pourrait être sauvée. Le gendarme du nucléaire rappelle donc à l'envi que la constitution du dossier de fermeture puis le décret de démantèlement demandent "cinq ans", ce qui repousse du coup le calendrier à 2017. Et que, comme il ne s'agit pas d'une question de sûreté - l'ASN réclame des travaux importants sur le site mais pas sa fermeture -, une loi sera nécessaire.

FAILLE DANS LE DOSSIER DU GOUVERNEMENT

Une analyse réfutée par Delphine Batho, la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie. "La fermeture aura bien lieu en 2016", explique-t-elle au Monde. Ce qui signifie, précise-t-elle, que les procédures administratives nécessaires seront engagées à temps. Tout ce processus incombera à la "personnalité qualifiée" dont l'Elysée a annoncé la nomination prochaine pour piloter ce dossier.

"Ce combat me rappelle ce qui s'est passé après l'annonce en 1997 par Lionel Jospin, alors premier ministre, de la fermeture de Superphénix, le réacteur expérimental de Creys-Malville [Isère]. Tout le lobby nucléaire est monté au créneau pour expliquer que la France allait perdre un joyau. Et finalement le réacteur a été stoppé un an plus tard, en 1998", remarque Bernard Laponche, cofondateur de Global Chance, association d'experts spécialisés dans les questions de climat et d'énergie.

Comme beaucoup d'autres observateurs, M. Laponche pointe néanmoins une faille dans le dossier du gouvernement. "Si la décision de fermer Fessenheim est prise, pourquoi ne pas arrêter les réacteurs avant qu'EDF engage les travaux réclamés par l'ASN pour pouvoir continuer à exploiter le site en toute sécurité ? Certains doivent être lancés avant juin 2013 et on parle de dizaines de millions d'euros..."

Il y a une semaine, Denis Baupin, député Europe Ecologie-Les Verts, vice-président de l'Assemblée nationale, a écrit au président de la Cour des comptes, Didier Migaud, pour qu'il s'exprime en tant que garant du bon usage des fonds publics - EDF est détenu à 85 % par l'Etat - sur la pertinence d'engager ces dépenses. Rappelant que l'entreprise entend demander des indemnités à l'Etat pour compenser le coût – entre autres les investissements non encore amortis – de la fermeture. Le chiffre de 2 milliards d'euros, un temps évoqué, a été démenti par l'électricien mais les calculettes crépitent.

"ENTRE 5 ET 10 FOIS MOINS DE PERSONNEL"

Si le gouvernement parvient à sortir vainqueur de cette première bataille, qu'en est-il pour la seconde ? L'idée de faire de Fessenheim, une filière d'excellence du démantèlement a-t-elle un sens ? C'est l'une des conditions qui permettraient de tenir la promesse du gouvernement de "préserver tous les emplois", soit 700 salariés d'EDF auxquels s'ajoutent 200 prestataires permanents. Or le seul démantèlement de Fessenheim n'y suffira pas : "Une installation en déconstruction nécessite entre 5 et 10 fois moins de personnel qu'un site en exploitation", chiffre Alain Ensuque, directeur du Centre d'ingénierie de la déconstruction et de l'environnement (Ciden) créé en 2001, à Lyon, par EDF.

C'est ce centre, qui compte 560 salariés, que le groupe électrique met en avant pour expliquer que la création d'un nouveau pôle d'expertise n'aurait aucun sens. Dans le domaine du démantèlement, EDF n'en est pas à son coup d'essai. Neuf réacteurs sont en cours de déconstruction : Brennilis (Finistère), Bugey 1 (Ain), Chinon A1, A2 et A3 (Indre-et-Loire), Creys-Malville (Isère), Chooz A (Ardennes) et Saint-Laurent A1 et A2 (Loir-et-Cher). Mais aucun n'est comparable aux deux réacteurs à eau pressurisée (REP) de 900 mégawatts de Fessenheim, qui forment le "standard" du parc hexagonal. Tous appartiennent à d'autres filières (eau lourde, graphite-gaz, neutrons rapides), à l'exception de Chooz A mais dont la puissance est trois fois moindre. Il y aurait donc une logique industrielle à ce que le groupe se fasse la main à Fessenheim.

Mais a-t-il fait toutes ses preuves ? Le démantèlement de Brennilis fermé en 1985 est loin d'être achevé. Débuté en 2002, il a été interrompu à la suite de recours d'associations écologistes, puis réautorisé partiellement en 2011 pour s'achever peut-être en 2023.

LE DÉMANTÈLEMENT ESTIMÉ À 480 MILLIONS d'EUROS

Et selon la Cour des comptes, le coût de l'opération sera plus proche des 480 millions d'euros que des 20 millions d'euros estimés en 1979. Ce dérapage financier est une pierre dans le jardin d'EDF dont les provisions prévues pour le démantèlement de son parc nucléaire, soit 18,4 milliards d'euros, sont inférieures à celles prévues, proportionnellement aux Etats-Unis ou en Allemagne. La Cour des comptes suit le dossier de près et s'en inquiète régulièrement.

Ces aléas font dire à Delphine Batho que la proposition du gouvernement a du sens : "Quelque 400 réacteurs vont être fermés de par le monde. Le développement d'une expertise française très forte et très compétitive est un vrai enjeu." Bernard Laponche appelle aussi à un savoir-faire plus large que celui d'EDF. "Réfléchissons en termes de coopération internationale, avec les Allemands, par exemple, qui ont décidé d'arrêter le nucléaire d'ici à 2020. Des tas de questions se posent. Quelle spécialité nous faut-il ? Quelle robotique ? Pour démanteler, EDF a recours à des entreprises sous-traitantes qui embauchent des intérimaires. Plutôt que d'avoir recours à des hommes, ne serait-il pas intéressant de développer les robots ? A Fukushima, on a pu mesurer à quel point ces derniers étaient encore inadaptés..."

Une autre piste de progrès est également possible, à en croire Fabrice Boissier, directeur de la maîtrise des risques à l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) : l'optimisation - une fois le démantèlement accompli - du tri, du compactage et du recyclage des déchets. "Beaucoup de choses restent à améliorer. Par exemple, les aciers radioactifs pourraient être recyclés et réutilisés dans le nucléaire. Mettre autour d'une table l'ensemble des acteurs, l'ASN, Areva, EDF, les sous-traitants, etc., permettrait certainement de diminuer le volume de déchets à stocker, donc le nombre de sites à créer et qui soulèvent l'opposition des populations." Un enjeu important puisque - si rien ne change - l'Andra prévoit un doublement du stock de déchets radioactifs d'ici à 2030, soit 2,7 millions de mètres cubes.
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