Agora de l'Ermitage

Libres propos d'un ermite sur les faits de société
 
AccueilS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Vers l'explosion de l'Euro et l'implosion de l'Europe !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: du vent   Jeu 26 Jan - 5:14

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: L'UE ramène la Grèce au Moyen Age   Ven 27 Jan - 5:29

L'UE ramène la Grèce au Moyen Age


L'Humanité
mar., 24 jan. 2012 16:22 CST
La situation en Grèce serait grotesque s'il n'était pas question de millions d'êtres humains. Elle en devient révoltante : humiliation du politique et plongée d'un pays dans la misère.

C'est une bien cruelle réalité que met en lumière l'ONG WWF aujourd'hui : les Grecs sont en train d'abattre sauvagement les arbres de leurs forêts pour se chauffer, ne pouvant plus se permettre de payer du mazout dont les prix se sont envolés. Et il n'y a plus ni ingénieurs ni gardes forestiers pour protéger les étendues boisées, que l'Etat grec n'a plus les moyens de payer.

Mais aujourd'hui également, l'Union Européenne trouve que la Grèce ne fait décidemment pas assez d'efforts. Nouvelle lubie des ministres des finances de la zone euro, ils exigent que tous les partis politiques grecs s'engagent par écrit à mettre en œuvre les réformes d'austérité promises avant de donner son accord au second plan de sauvetage du pays. La Grèce devra rembourser 14,4 milliards d'euros de prêts le 20 mars prochain, ce qu'elle ne peut faire sans l'aide promise. Si cette échéance n'est pas tenue, le défaut de paiement sera inévitable.

Athènes essaye en outre de conclure un accord avec ses créanciers privés à propos de sa dette. 100 milliards d'euros sont en jeu : le but étant de faire une pirouette, de transformer de vieilles échéances en de toutes nouvelles... En se prenant une nouvelle hausse des taux d'intérêt (de 3,5 à 4 % a priori) au passage. Le poids de la dette grecque dans les comptes des banques françaises n'est d'ailleurs pas pour rien dans leur dégradation par Standard&Poor's ce mardi matin.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: la fin se rapproche   Lun 30 Jan - 17:28

La chancelière allemande, Madame Merkel, lors de son allocution au forum de Davos, a demandé du temps pour trouver une solution à la crise de l’euro.

L’Allemagne, grande bénéficiaire de la zone euro où elle réalise plus de 60 % de ses excédents commerciaux, a voulu maintenir celle-ci sans en payer le prix. Mais, c’est parfaitement impossible. On ne peut gagner sur tous les tableaux où, comme diraient des économistes libéraux, il n’y a pas de déjeuner gratuit (there is no free lunch).

L’Allemagne devra donc payer, et elle doit désormais choisir. Soit elle devra payer, et ce jusqu’en 2018 au moins, entre 4 % et 6 % de son PIB pour maintenir la zone euro. Soit elle décide de se résoudre à l’éclatement de la zone euro. Le prix économique en serait moindre, avec environ 2,5 % de son PIB seulement, si l’on en croit les calculs réalisés par Patrick Artus pour le compte de la banque française Natixis. Cependant, le prix politique que l’Allemagne aurait alors à supporter serait exorbitant.

On comprend donc que Madame la chancelière demande du temps. Mais le temps, et Madame Merkel risque de s’en apercevoir très vite, est un bien rare pour les politiciens lorsqu’ils sont rattrapés par leurs erreurs. Dans ces conditions, les appels de Madame Merkel pour disposer d’un peu plus de temps sont à la fois pathétiques et risibles.


Ils sont pathétiques car ils montrent que la dirigeante du pays le plus riche et le plus puissant de la zone euro est à court d’idées et d’argent. L’accord intergouvernemental qu’elle a négocié avec le président français Nicolas Sarkozy prend eau de toute part. Il devrait être entériné dans un sommet européen ce lundi 30 janvier, mais de fait les négociations piétinent du fait de l’opposition de nombreux pays. Si le couple franco-allemand, encore que couple est un bien grand mot quand on sait qui porte la culotte et qui tient la cravache, veut absolument faire entériner cet accord, il devra accepter un grand nombre d’exceptions et d’exemptions, qui le videront de son sens. Voilà le prix à payer pour un accord bâclé.

Ils sont risibles car ils montrent que Madame Merkel vit dans un monde toujours plus éloigné de la réalité. La logique de la crise économique et financière se fait dans une temporalité qui est toute autre que celle des hommes et des femmes politiques. Au lieu d’affronter la crise, elle préfère une fuite en avant qui viole les principes politiques sur lesquels étaient fondées et l’Union européenne et la zone euro, comme l’égalité de traitement entre pays membres.

En effet, dans le même temps, circulait à Bruxelles un projet allemand, sous la forme d’un « non-paper » soit de ce que l’on appellerait dans l’administration française une « note blanche », visant à contrôler directement le budget grec. C’est peu dire qu’une telle « solution » est inacceptable pour Athènes. Quand bien même on forcerait une telle décision dans la gorge des malheureux dirigeants grecs, on créerait un bien dangereux précédent. Une tutelle de cette sorte, sur un pays démocratique, est sans exemple dans l’histoire.

Le ministre grec des finances a d’ailleurs très nettement refusé cette option. Pourtant, il semble bien que le ministre allemand de l’économie soutienne cette option. Dès lors on ne peut que s’interroger sur ce que cherche réellement le gouvernement allemand : rendre inacceptables les conditions à un plan de soutien ?

UNE CRISE MULTIFORME
La politique de l’Allemagne et de sa chancelière nous précipite désormais dans une double crise européenne, économique et politique, et le temps, là, n’y est pour rien. Mais tel est peut-être le fin mot de l’histoire, et la signification cachée de ce plaidoyer pour « du temps » prononcé par Madame Merkel.

Une crise économique, tout d’abord, car la volonté forcenée de Berlin d’imposer des ajustements budgétaires à ses voisins ne peut que provoquer une dépression dans la zone euro. Une crise politique, ensuite, car, avec les nouvelles demandes formulées à la Grèce, c’est tout le système institutionnel sur lequel était bâti l’Union européenne qui est remis en cause. En ce sens, Berlin ré-invente à son profit la « souveraineté limitée » de la « doctrine Brejnev » de 1969. En fait, on peut se demander si le calcul implicite fait par les dirigeants de Berlin est que le maintien de la zone euro leur coûtant plus cher que sa dissolution, il leur faut trouver une bonne excuse pour mettre fin à celle-ci, ou du moins provoquer une crise majeure pour la reconfigurer selon leurs vœux, soit sans les pays « à risques ».

En proposant alors des conditions qui sont explicitement contraires aux règles institutionnelles de l’UE, et qui viole les principes de souveraineté des États, ils entendent provoquer cette crise, mais en mettant la charge de la rupture de la zone euro sur les épaules des pays qui refuseraient ces conditions.

Dès lors, on pourrait mieux comprendre la déclaration faite à Davos. Le temps que demande Madame Merkel n’a pas pour but de sauver la zone euro, mais de faire émerger une nouvelle zone par une crise grave, crise dont l’Allemagne a le sentiment de tenir toutes les clés. Si elle se trompe, alors, elle aura commis une erreur terrible qui aura détruit l’Europe et dont les conséquences pourraient se répercuter sur les décennies à venir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Inhumain »   Jeu 16 Fév - 7:08

Inhumain », c'est l'adjectif utilisé par Laurent Pinsolle pour qualifier le nouveau plan de rigueur sorti des cartons du parlement grec, qui prévoit une coupe franche de 22 % sur le salaire minimum. Le blogueur, qui soutient Nicolas Dupont-Aignan, estime qu'une sortie de l'euro serait la meilleure décision à prendre pour les Grecs, seul moyen de relancer l'économie et réduire le chômage.



(Manifestation à Athènes - Flickr - Piazza del popolo - cc)
Dimanche soir, le Parlement grec a voté un plan absolument inhumain qui avalise une baisse de 22% du salaire minimum — qui va passer sous les 500 euros nets par mois —. Face à cette horreur européenne, il convient de réfléchir aux issues qui s’offrent à la Grèce.

QUAND LES TRANSFERTS NE SONT PAS SUFFISANTS…
Bien sûr, davantage de solidarité permettrait d’aider la Grèce, mais cette solidarité est aujourd’hui freinée par le trucage des comptes, les déficits et le fait que les pays européens et le FMI financent déjà la trésorerie du pays depuis deux ans, même si la Grèce n’est pas responsable de tout. Du coup, elle est difficilement vendable aux peuples et aux dirigeants politiques, notamment en Allemagne, qui tient les cordons de la bourse dans cette construction baroque qu’est la monnaie unique.

Mais ce que démontre le texte voté dimanche, c’est que le problème de la Grèce aujourd’hui n’est pas seulement un problème de financement de sa dette, mais aussi un problème de compétitivité, puisque la troïka s’est attaqué au salaire minimum. Dans un système de change fixe, il n’est plus possible de regagner en compétitivité en dévaluant. La seule solution est une baisse des salaires, ce qui est autrement plus brutal pour le pouvoir d’achat tel que nous pouvons le constater.

LA SORTIE DE L’EURO EST LA SEULE SOLUTION…
De facto, une sortie de la monnaie unique, comme je l’évoquais dès la fin 2009, aurait été la meilleure solution pour les Grecs, et l’est encore aujourd’hui. En dévaluant de 40 à 50 %, la Grèce retrouverait d’un coup une forte compétitivité. Certes, les Grecs perdraient en pouvoir d’achat, mais uniquement sur les produits d’importations, ce qui serait beaucoup moins violent que les baisses uniformes imposées par l’abaissement des salaires en place depuis deux ans.

En outre, cela représenterait un fort encouragement pour les industriels locaux qui deviendraient d’un seul coup beaucoup plus compétitifs, mettant ainsi fin à l’envolée monstrueuse du chômage. La sortie de l’euro permettrait de relancer l’économie, alors que le maintien dans la monnaie unique prépare une longue dépression économique.
Mieux : la dévaluation apporterait beaucoup d’argent au secteur du tourisme (16% du PIB) puisque les mêmes devises apporteraient plus de drachmes.

NDA L’AVAIT COMPRIS AVANT LES AUTRES
EXCLUSIF: DANS UNE LETTRE COMMUNE, SYNDICATS ET PATRONATS GRECS DÉNONCENT LA BAISSE DES SALAIRES
LA GRÈCE DIVISE LES ÉDITORIALISTES MAINSTREAM
ALBA : COMME L'UE MAIS EN DIFFÉRENT (ET EN MIEUX ?)
Bien sûr, une majorité du peuple grec semble vouloir, encore aujourd’hui, garder la monnaie unique. Mais les conséquences prétendument catastrophiques d’une sortie de l’euro (défaut, baisse spectaculaire du pouvoir d’achat) se passent toutes pour essayer de maintenir la Grèce dans l’euro. Nicolas Dupont-Aignan avait bien raison d’interpeller l’Assemblée Nationale en mai 2010 pour souligner que les politiques menées étaient totalement absurdes et mèneraient au chaos.

Lundi soir, il est allé témoigner son soutien à la Grèce en allant à une manifestation de protestation contre les plans inhumains infligés au peuple Grec. Malheureusement, il a été pris à partie par quelques militants du NPA qui n’ont pas hésité à le bousculer, démontrant un manque de tolérance bien peu démocratique.
Heureusement, des militants et des sympathisants du Front de Gauche ont exprimé leur soutien à la démarche de NDA, et je les en remercie.

Ce que les dirigeants européens et la majorité de sa classe politique imposent au peuple grec est totalement inhumain et révoltant. Comment ne pas comprendre la révolte d’un peuple qui se fait saigner pour sauver une monnaie et épargner des créanciers ?
Rendez-vous en avril pour les législatives.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Fine de la démocrassouille européenne : désormais c'est la technocrassouille des lobbys qui écrase les peuples   Sam 3 Mar - 8:06

Cette semaine, la BCE vient de prêter plus de 500 milliards à des banques privées sans que cela provoque le moindre début de débat. Pourtant, de telles décisions devraient être soumises à un contrôle démocratique, d’autant plus que la gestion de la BCE est hautement critiquable.

ENTRE MONÉTARISME ET CASINO
D’un côté, la BCE est parfois dogmatiquement monétariste. Lors de la crise de 2008, elle a vraiment tardé pour baisser ses taux, contrairement à la Fed, allant même jusqu’à les monter en plein début de crise, alors que son équivalent étasunien les avait déjà baissé de 3 points. Cela avait propulsé l’euro à 1,6 dollar, faisant rentrer l’économie européenne en récession un trimestre avant les Etats-Unis. Et elle a répété son erreur en montant ses taux le printemps dernier.

De l’autre, elle a considérablement augmenté son bilan depuis le début de la crise et littéralement noyé les marchés sous les liquidités, en prêtant pas moins de 1 000 milliards d’euros aux banques privées en à peine plus de deux mois. Finalement, la BCE a largement utilisé des moyens non conventionnels pour permettre aux banques de fonctionner. Son bilan, qui tournait autour de 1000 milliards d’euros avant la crise, a sans doute dépassé le cap des 3 000 milliards cette semaine.

UN FÂCHEUX PRÉCÉDENT

Mais si la BCE se montre d’un dogmatisme monétariste incroyable sur l’inflation des prix à la consommation, elle s’est montrée d’un immense laxisme dans la gestion de la croissance de la masse monétaire et l’inflation du prix des actifs. L’examen du bilan annuel 2007 démontre qu’elle a laissé la croissance des prêts et de M3 dépasser les 10%, un niveau qui indiquait pourtant clairement une bulle. Pire, page 32, on voit que la croissance des instruments négociables dépassait 20% !

Encore pire, la page 34 de son rapport annuel démontre clairement les excès du système financier puisque la croissance de la masse monétaire M3 pour les ménages augmentait de 5 à 8% par an mais la croissance de la masse monétaire M3 pour les intermédiaires financiers dépassait souvent les 15% par an et a même pu dépasser les 25% en rythme annuel, signe que le monde financier utilisait l’effet de levier de manière totalement irresponsable et que la BCE le laissait faire.

DE L’INDÉPENDANCE À L’IRRESPONSABILITÉ
Le Général de Gaulle avait dénoncé les « technocrates apatrides et irresponsables ». C’est exactement ce que l’on peut dire de cette BCE. L’opération de cette semaine est extraordinairement choquante étant donnée son ampleur et l’absence totale de contrôle démocratique. Une telle aide doit être validée par le peuple ou ses représentants. En outre, elle entretient le révoltant aléa moral du secteur financier qui se voit refinancé sans la moindre contrainte.

Alors que l’Europe saigne les citoyens pour sauver les banques, quelques pays ont fait le choix inverse : l’Islande, qui s’en porte bien mieux aujourd’hui que beaucoup d’autres pays, mais aussi l’Argentine. L’ancien ministre de l’économie, Roberto Lavagna, a expliqué dans Libération que « nous avons sauvé les gens plutôt que les banques ». Il fait un parallèle entre la situation de son pays et celle de la Grèce en plaidant pour un défaut de la Grèce plutôt que cette cure d’austérité.

L’indépendance des banques est une monstruosité. Des technocrates coupés de la réalité prennent des décisions totalement ubuesques, jonglent avec les milliards, aident les banques mais demandent l’austérité pour les peuples sans le moindre contrôle démocratique. Il est temps d’y mettre fin.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: La crise : le retour !   Jeu 5 Avr - 16:07

Contrairement à ce que prétend le président sortant, la crise est toujours là. Selon l'économiste Jacques Sapir, elle éclatera à nouveau cet été, peut-être même avant. Après avoir diagnostiqué les raisons de ce rebond de la crise des dettes souveraines, Jacques Sapir s'engage et affirme que les principaux candidats n'y sont pas préparés et semblent dans le déni de réalité.


(Des traders au siège de la bourse new-yorkaise, le 2 avril - Richard Drew/AP/SIPA)

Depuis le début de cette semaine, les opérateurs des marchés financiers signifient à tout le monde que la crise de l’euro est toujours d’actualité. Le mercredi 4 avril, l’Espagne a placé avec beaucoup de difficultés un emprunt d’un peu plus de 2,5 milliards avec des taux qui sont passés de 3,38% à 4,42%. La décote sur le marché secondaire de cet emprunt implique un taux d’intérêt de revente de ces titres à 4,8%. Encore ne s’agit-il que de titres à court terme. Les obligations à dix ans espagnoles, qui étaient tombées au début du mois de mars à 5%, sont aujourd’hui à 5,7%.

Les difficultés financières contre lesquelles se débat le pays sont, bien entendu, la cause de cette situation. L’Espagne est dans l’incapacité d’atteindre les objectifs de déficit budgétaire qui lui ont été fixés à la fin de l’année dernière. Pire, elle n’a limité qu'à 8% son déficit pour 2011 qu’au prix d’impayés qu’il lui faudra soit consolider dans son budget (d’où un déficit supplémentaire) soit laisser courir, mais avec le risque que ces impayés ne provoquent à leur tour des impayés sur les impôts de la part des entreprises.

Bien entendu, la contagion est immédiatement apparue. Les taux à dix ans italiens, qui étaient redescendus à 4,8% au début du mois de mars, sont aujourd’hui remontés à 5,4%.

En fait, le phénomène de baisse générale des taux que l’on observait depuis début janvier, et qui était le produit de l’injection massive de liquidités par la Banque centrale européenne (BCE) au profit des banques commerciales (489 milliards en décembre 2011 et 529 milliards en mars, à 1% d’intérêt), s’est arrêté. La BCE a accru son bilan de 30% en quatre mois, mais pour un résultat des plus limités. Le mouvement de hausse des taux a repris.

LA PERMANENCE DE LA CRISE
Il y a à cela plusieurs raisons. Tout d’abord, le fait, fondamental, que la crise que l’Espagne et l’Italie connaissent (avec la Grèce et le Portugal) n’est pas une simple crise de liquidité mais bien une crise de solvabilité. Pour la résoudre, il faudrait que ces pays retrouve le chemin de la croissance. Mais ils en sont bien loin.

L’Espagne, qui a une dette publique encore relativement réduite (69% en 2011) voit son économie s’effondrer. On y annonce une contraction de -1,7% de la production, mais il ne fait guère de doute que celle-ci soit plutôt comprise entre -2,5% et 3%. Le chômage y atteint 23,6% de la population active au 1er mars 2012. Ceci a provoqué une contraction des recettes budgétaires. Le déficit sera donc, en 2012, très supérieur aux 6% annoncés.

L’Italie est avant tout malade de sa dette accumulée (120 % du PIB). Même avec des taux moyens sur cette dette qui sont faibles, elle doit débourser tous les ans une part importante de son PIB. La croissance étant en berne (les prévisions pour le PIB de 2012 indiquent -1,7% et -1% pour 2013), il est clair que les recettes seront moindres que prévues. Le budget italien sera donc encore en déficit pour de nombreuses années, et ce quels que soient les efforts du Premier ministre, Mario Monti.

Ensuite, les crédits accordés par la BCE n’ont eu aucun effet pour les particuliers. Les banques continuent de mettre en œuvre une forte contraction du crédit. L’argent à bon marché qu’elles obtiennent leur a servi à acheter des titres d’Etats, qu’elles se sont empressées d’apporter à la « prise en pension » à la BCE. Le résultat est que le bilan de cette dernière a à la fois fortement augmenté, mais s’est aussi qualitativement détérioré. En fait, avec plus de la moitié de son actif constitué des mauvaises dettes, la BCE s’est transformée en une immense caisse de défaisance. De plus, on constate désormais que les effets de ces injections de crédit sur les dettes souveraines sont terminés. Le nouveau directeur, Mario Draghi, en est conscient et cherche par tous les moyens à éviter une recapitalisation massive qui poserait des problèmes politiques insolubles.

ET LA PERMANENCE DU DÉNI
Les affirmations péremptoires de Nicolas Sarkozy, pour qui la crise est aujourd’hui du passé, semblent bien dérisoires. Mais le discours de son adversaire socialiste, François Hollande, est tout aussi caractéristique de ce déni de la réalité. Il se contente d’affirmer sa volonté de « renégocier » le traité européen du 9 décembre pour y inclure un volet (purement déclaratoire et en aucun cas coercitif) sur la croissance. L’un et l’autre vivent dans le déni de réalité, notre Président parce qu’il en a besoin sous peine de devoir reconnaître l’échec de sa politique, et son adversaire socialiste parce qu’il veut éviter d’évoquer cette réalité. Or, et on le sait bien, le maintien de la zone euro ne pourra avoir comme conséquences que le démantèlement du droit du travail et de la protection sociale [1]. Pour faire passer cette bien amère pilule, on commence à évoquer des solutions aux antipodes de la démocratie. C’est Michel Rocard lui-même qui évoquait, le 2 mars dernier, l’hypothèse d’une dictature militaire pour faire avaler au peuple grec la purge préconisée par la zone euro [2].

Quatre candidats, chacun à leur manière, tentent de ramener le débat là ou il devrait être. François Bayrou est l’un d’entre eux, mais il ne propose rien que rigueur, rigueur et encore rigueur, alors que l’on sait que face aux problèmes de l’heure, celle-ci est non seulement inefficace mais en réalité contre-productive. Qu’il médite donc sur la politique menée par le chancelier Brüning en Allemagne de 1930 à 1932. Marine Le Pen agite aussi ce problème, mais elle le fait sans méthode. Elle propose un référendum sur l’euro alors que c’est sur le Mécanisme européen de stabilité (MES) qu’il faudrait impérativement voter. Nicolas Dupont-Aignan a pour lui la cohérence, et le fait d’avoir anticipé de longue date les problèmes que nous connaissons. Mais il se heurte au mur de la crédibilité politique.
Reste Jean-Luc Mélenchon, dont le programme logiquement ferait exploser la zone euro, mais qui se garde bien d’évoquer cette perspective. Ce faisant, il laisse planer une ambiguïté. Ira-t-il jusqu’au bout ou, devant les conséquences évidentes de l’application des mesures qu’il avance, reculera-t-il au dernier moment, tout comme le fit François Mitterrand en 1983 ?

L’HEURE DES CHOIX
La crise, elle, est toujours là. Comme ces feux de tourbes que l’on croit éteints et qui ressurgissent plus virulents encore qu’avant, elle éclatera à nouveau parce que rien n’est réglé et rien ne peut l’être dans le cadre fixé en décembre et janvier dernier. Elle éclatera donc à nouveau, sans doute cet été, et peut-être même avant. Il nous faut, pour l’affronter, des perspectives claires. Jean-Luc Mélenchon et ses alliés sont devant une responsabilité historique : celle de devoir soit plier l’échine, soit épouser pleinement la cause de la souveraineté nationale qui se combine et non s’oppose à l’internationalisme comme le dit un jour Jaurès : « Un peu d’internationalisme écarte de la Nation, beaucoup y ramène. » Mais s’il choisit la seconde voie, celle du courage, alors se posera la question des alliances. L’hégémonie, concept gramscien dont il est friand, impose aussi d’être construite et non pas simplement postulée. Elle est politique tout autant qu’idéologique. Pour être à la hauteur de la situation historique qui est la notre, il devra abandonner ses habits d’homme d’une gauche trop traditionnelle et accepter de revêtir ceux du père de la Nation, s’il veut sauver la République et nous défaire des bastilles que nous préparent tant la droite que les socialistes.

Pour l’instant il hésite. Qu’il le sache : le temps n’attend pas.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: La fin des illusuons   Dim 15 Avr - 15:43

Où l'on apprend que la crise de la dette rebondit avec les tensions sur les taux d'emprunt de l'Italie et de l'Espagne. Jacques Sapir nous explique pourquoi cela ne fait que commencer et comment il faudrait en sortir.


(JAUBERT/SIPA)

Au début de cette année, nous nagions dans l’optimisme et – s’il faut en croire notre Président – la crise était « derrière nous ». Les crédits à trois ans de la Banque centrale européenne (LTRO ou Longer Term Refinancing Operations) semblaient avoir calmé la vague de spéculation qui avait failli emporter l’euro au mois de novembre dernier. La BCE avait injecté 489 milliards d’euros en décembre et 530 à la fin du mois de février. Le Mécanisme européen de stabilité (MES), adossé à des plans de rigueur généralisés officialisés dans le Pacte budgétaire européen, était censé nous garantir contre un retour de la crise. Enfin, la question de la Grèce était apparemment réglée par la restructuration de la partie de sa dette détenue par des investisseurs privés.

Toutes ces illusions ont éclaté cette semaine. Les taux espagnols et italiens se sont à nouveau brutalement tendus à la suite de l’échec d’une vente de bons du trésor espagnols. Mercredi matin, les taux à dix ans sur la dette espagnole dépassaient 6%. Des rumeurs, entretenues par des membres de la BCE, les faisaient redescendre mercredi et jeudi à 5,8%. Mais, ce vendredi, ils étaient à nouveau à 5,99%. Les taux italiens à dix ans sont quant à eux à 5,50%, tandis que les taux à trois ans sont montés de plus de 1% cette semaine. Plus inquiétant encore : les primes des CDS, ces « assurances de crédits », montrent une ascension constante depuis deux semaines. L’Espagne a ainsi dépassé son précédent maximum, qui datait de décembre dernier.

Les LTRO n’ont pas donné les résultats escomptés. Cela se comprend si l’on prend en compte le doute croissant sur la capacité de l’Espagne et de l’Italie à rétablir tant leur solvabilité interne (la capacité à maintenir une dette stable et à en servir les intérêts) que leur solvabilité externe (la capacité du pays à rembourser les emprunts qu’il contracte pour payer son déficit de la balance commerciale).

Les banques espagnoles ont d’ailleurs dû emprunter à la BCE pour 316 milliards d’euros en mars, alors qu’elle n’avaient emprunté « que » 170 milliards en février. La perception de la qualité du crédit, qu’il soit public ou privé, se dégrade rapidement en Espagne.

En ce qui concerne l’Italie, une part croissante des investisseurs pense que ce pays devra restructurer sa dette avant la fin de l’année. Or, l’exemple de la Grèce, où les gouvernements avaient fait pression sur leurs banques pour qu’elles acceptent l’échange de titre à des conditions très défavorables, est encore frais dans toute les mémoires. Les banques sont donc de plus en plus réticentes non seulement à acheter des dettes nouvelles de l’Italie mais même à conserver les titres italiens qu’elles ont acquis dans leur portefeuille.

À cette situation s’ajoute une fuite des capitaux massive de l’Espagne et de l’Italie, que ce soit vers des pays considérés comme « surs » dans la zone euro (essentiellement l’Allemagne, les Pays-bas et le Luxembourg) ou vers l’extérieur de la zone (la Suisse, les États-Unis et, de plus en plus, les pays asiatiques). Depuis le 1er août 2011, ce ne sont pas moins de 155 milliards d’Euros qui ont quitté l’Espagne pour aller vers les pays « surs » de la zone Euro, dont 65 milliards rien que pour le mois de mars dernier. Cette fuite des capitaux nous indique la mesure de la défiance des investisseurs. Si l’on regarde maintenant la fuite des capitaux hors de la zone Euro, nous avons aussi la mesure de la défiance vis-à-vis de l’euro.

Si l’on ne tient compte que des mouvements à l’intérieur de la zone euro, on peut faire trois constatations :

- Le mouvement, qui a commencé au début de 2010 a connu un premier pic à la fin de la même année, s’est calmé par la suite, pour reprendre de manière continue et explosive depuis août 2011.

- Concentré au départ sur la Grèce, le Portugal et l’Irlande, il a vu la part de l’Espagne et de l’Italie se développer de manière spectaculaire depuis août 2011.

- Si les flux se sont toujours dirigés sur l’Allemagne, en proportion de la taille de cette économie, sa part comme receveur de ces flux tend à diminuer au profit des Pays-Bas, pays dont l’orthodoxie monétaire semble plus rassurer les investisseurs, mais aussi pays plus ouvert et d’ou on peut bien mieux – le cas échéant – faire glisser ses capitaux vers des paradis fiscaux…



Quelles sont alors les options pour la BCE ? Elle peut reprendre ses LTRO. Mais, on l’a déjà écrit, leur efficacité est désormais faible devant les inquiétudes que suscitent la solvabilité de l’Espagne et de l’Italie. Elle peut aussi reprendre ses achats de titres sur le marché secondaire. Mais, d’une part, elle a déjà acheté pour plus de 214 milliards de titres de dettes de pays en difficulté, ce qui pèse sur son bilan si l’on y ajoute les achats de dettes privés « toxiques » fait pour soulager les banques et les prêts consentis à ces dernières. D’autre part, cette politique rencontre désormais l’opposition de plus en plus nette non seulement des représentants allemands mais aussi des représentants néerlandais et finnois en son sein.

La démonstration est désormais faite que la politique monétaire ne peut à elle seule venir à bout de cette crise. Il faut, aussi, un volet de politique budgétaire, et non pas seulement sous la forme de politiques d’austérité mais de politiques de croissance. Il ne peut en effet y avoir de retour à la solvabilité, qui conditionne l’accès à la liquidité, pour les pays en détresse qu'à deux conditions (conjointes) : une forte croissance ou à une croissance modérée avec une forte inflation (il faut une croissance nominale du PIB de 5% à 6%) ; des transferts importants (à hauteur de 3% à 4% du PIB) de l'Allemagne vers les pays à problèmes (Grèce, Portugal, Espagne, Italie) pendant une période de 4 à 6 ans.

Si l'Allemagne est incontestablement prête à faire un geste en direction de la croissance, il ne sera pas à la hauteur de ce qui serait nécessaire, et l’on ne doit entretenir aucune illusion à ce sujet. Dès lors le Pacte budgétaire et le MES vont s’avérer des pièges redoutables dans lesquels les pays européens se seront d’eux-mêmes enfermés. Si l’on ne veut pas que cette crise emporte avec elle tous les acquis sociaux de ces cinquante dernières années et plonge l’Europe dans la misère et le désespoir, il ne nous reste que deux solutions : soit on peut renégocier en profondeur, et non à la marge, le Pacte budgétaire mais il convient de le faire sur la base de mesures unilatérales et en assumant le risque d’une rupture au sein des pays de la zone euro ; soit il faudra déconstruire cette dernière, et le plus vite sera le mieux.

Ni François Hollande, ni Nicolas Sarkozy ne sont prêts à l’une ou à l’autre de ces options. L’avenir de la France s’annonce donc fort sombre.

Jacques Sapir est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et professeur associé au Collège d'économie de Moscou (MSE-MGU).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Comment peut-on faire l'économie d'un vrai débat sur l'euro lorsque l'on sait que les banques et les grandes entreprises se préparent, plus ou moins secrètement, au retour des monnaies nationales?    Mar 17 Avr - 15:34

Comment peut-on faire l'économie d'un vrai débat sur l'euro lorsque l'on sait que les banques et les grandes entreprises se préparent, plus ou moins secrètement, au retour des monnaies nationales? C'est l'une des incohérences de cette campagne que relève notre chroniqueur associé Roland Hureaux. Selon lui, ce cru présidentiel est véritablement «irréel».


(Militants UMP Place de la Concorde - ALFRED/SIPA)
Jamais une campagne électorale n’aura été aussi irréelle que la campagne présidentielle qui se termine !
Est-il utile de s’appesantir sur l’absence de tout débat sur l’euro du côté des principaux candidats : Sarkozy, Hollande, Bayrou, bien sûr et même Mélenchon (1). Alors que sur la planète entière, les banques et directions financières des grandes entreprises se préparent au retour des monnaies nationales, que les agences de notation calculent les futures parités, que la très sérieuse Fondation Wolfson met au concours la meilleure manière de démonter l’euro, les candidats dits sérieux , se refusent à évoquer cet événement pourtant imminent, et a fortiori à dire comment ils s’y préparent.

Pour donner à la monnaie unique, un dernier ballon d’oxygène, le nouveau gouverneur de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, issu de Goldman Sachs, accorde 1 000 milliards d’euros aux banques européennes à 1% avec la faculté de les reprêter aux gouvernements à des taux bien supérieurs. Même Mélenchon, pourtant critique de la BCE ne s’en indigne pas. Il faut que ce soit Sarkozy dans son dernier meeting qui pose le problème!
Le candidat a parlé mais qu’a dit la France ?

Pour en rester à l’international, rien sur les risques de guerre au Proche-Orient qui n’inquiètent apparemment que Cheminade.

Deuxième déni du réel : la question fiscale. Certes, une réforme fiscale destinée à mieux répartir la charge entre les différentes catégories de citoyens, de mettre fin aux exonérations et niches abusives est nécessaire, mais qui s’avise que la France est déjà, parmi les grands pays, le plus imposé du monde ? Prisonniers de la logique perverse des plans de rigueur européens, les candidats que l’on dit sérieux promettent tous une augmentation de la charge fiscale : le débat se résume à savoir si ce sera 60 % (Hollande), 50 % (Bayrou) ou 40 % (Sarkozy) (2). Cela dans le vain espoir de réduire un déficit largement creusé par les intérêts bancaires évoqués. Ce n’est pas être ultra-libéral que de dire que 45 % de prélèvements obligatoires, 55 % de dépenses publiques (3) c’est assez, et que la charge fiscale ne saurait plus être la variable d’ajustement d’une gestion publique de plus en plus calamiteuse. Ce serait seulement prendre en compte les sentiments réels des Français et l’urgence de relancer l’économie.

Troisième impasse, peut-être plus grave car moins perçue par l’opinion. Cette campagne n’a entrainé aucune remise en cause du processus réformateur, non seulement du président sortant, mais de tous les gouvernements qui se sont succédé depuis au moins vingt ans. Si l’on regarde les principaux sujets de mécontentement des Français, aujourd’hui, on trouve presque toujours, non pas une évolution endogène que personne n’aurait contrôlé, mais la conséquence des réformes effectuées au cours des dernières années, en principe pour que les choses aillent mieux et qui les ont en fait empirées.

Une réforme de l’administration locale qui complique au lieu de simplifier, une réforme de l’Etat qui alourdit les charges publiques au lieu de les alléger, une modernisation-libéralisation des services publics qui les désorganise, des réformes de l’éducation nationale qui toutes aggravent les difficultés de l’institution , l’alourdissement d’un système de solidarité mal contrôlé et générateur de frustrations etc.

« La société du spectacle dans sa phase avancée n’est plus pour l’essentiel réformable, mais ce changement est sa nature même pour transmuter les choses en pire ! » (Guy Debord).

Derrière ce processus réformateur vicié, les préjugés sommaires d’une caste qui prétend dicter sa politique aux différentes majorités, obtuse à tout retour d’expérience et souvent aveuglée par l’idéologie. Quand un Jacques Attali, principal auteur de la feuille de route de Nicolas Sarkozy propose ses services à François Hollande, qui rigole ? Qui surtout s’indigne? Le candidat socialiste a déclaré ne remettre en cause ni le RSA (pourtant critiqué par un homme de gauche tel Michel Godet), ni la réforme universitaire (dénoncée par un Marcel Gauchet pas spécialement réactionnaire), ni la réforme communale (et pour cause : la réforme Sarkozy n’était que la continuation de la réforme Joxe ! ). De celle-ci, le candidat socialiste remet en cause le volet région-département qui visait à démonter un certain nombre de féodalités locales, mais non le volet communal qui conduit au contraire à les renforcer.

Nicolas Sarkozy, lui-même, ne se serait pas mis à dos une grande partie de la fonction publique s’il n’avait appliqué aveuglément la loi du 1er août 2001, votée sous Jospin et qui notamment généralise le contrôle par le chiffre.
On a rêvé d’un candidat audacieux qui aurait eu le culot de promettre l’abrogation de (presque) toutes les réformes effectuées depuis vingt ans. Celui-là aurait sans doute pu faire une belle percée. Et il n’aurait, quoi qu’on pense, rien dit d’absurde! Dommage que François Bayrou qui aurait pu porter cette forme de radicalité ait préféré le ronron centriste: ni droite, ni gauche, du social mais de la bonne gestion, un zeste de proportionnelle etc.

Dommage, dommage.
Dommage que cette campagne n’ait mis au jour presque aucun des vrais problèmes de la France, sinon sur le mode outrancier et utopique d’un Jean-Luc Mélenchon ou d’une Marine Le Pen.
Dommage qu’obnubilés par le faux problème de la rigueur, les candidats dits sérieux n’aient annoncé aucune solution aux vrais problèmes qui suscitent tant la colère des électeurs. Ni même montré aucun commencement de prise de conscience de leur nature. Des électeurs qui ne s’abstiendront sans doute pas, quoi qu’on dise, mais qui n’espèrent rien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: les âneries de Lenglet   Mer 18 Avr - 6:49

Décidément, on aimait mieux François Lenglet quand il écrivait dans la Tribune. En passant de l'écrit à l'audiovisuel, l'homme a basculé dans la pensée unique modèle années 1990. Il était sensible aux arguments de l'économie critique, il est devenu l'ambassadeur de la Banque centrale européenne et de Bercy. Il l'avait déjà montré mercredi soir par une comparaison grossière entre la France et l'Allemagne d'un côté, et l'Angleterre et les Etats-Unis de l'autre, destinée à montrer la supériorité de l'euro. Or, une bonne quinzaine d'autres pays ont souffert de l'euro, encore plus que la France et en revanche la Suède, par exemple, s'en est très bien tirée. En deux coups de cuillère à pot, Dupont-Aignan a ridiculisé son contradicteur.

Jeudi soir sur le même plateau de DPDA, Lenglet a vraiment souffert. Cheminade, pourtant peu rompu à ce genre d'exercice (quoique féru en économie) lui a d'abord rabattu son caquet sur la dette. Avant que Jean-Luc Mélenchon se le mange tout cru, en mettant d'abord, les rieurs de son côté : « Vous passez votre temps à recommander des sacrifices aux gens, je comprends que vous ayez toujours l'air triste M. Lenglet ». Le journaliste en était si gêné que ses camarades de plateau ont dû voler àson secours, assurant qu'il était un joyeux drille.

Puis, le chef du Front de Gauche, l'a asticoté en lui rappelant l'ânerie qu'il avait proféré la veille (« Les USA ne font pas tourner la planche a billet ») en lui lâchant la dernière statistique de la Banque fédrale (2 500 milliards de dollars de monnaie sortie des imprimeries américaines). François Lenglet a tenté de lui dire que la logique de son programme était de sortir de l'euro (ce qui peut en effet se défendre). Mélenchon a refusé de le suivre sur ce terrain glissant en lui rappelant qu'à la base de son raisonnement, il y avait sa proposition que la Banque centrale européenne prête aux Etats et non aux banques : « Je défends l'idée que la BCE puisse préter directement aux Etats sans passer par les banques privées. J'ai tellement raison que si la BCE l'avait fait, la Grèce n'aurait pas plongé comme elle l'a fait. La BCE a prêté mille milliards d'euros aux banques privées. Où sont-ils ? Envolés dans la spéculation, hors de l'économie réelle. »

Cette fois-ci, le Lenglet était largué. Pour la première fois depuis qu'il a été embauché par France 2, il n'a pu exhiber qu'un graphique de toute la soirée. C'est dire s'il était destabilisé. Et nous revigorés : Lenglet bâché par un candidat, c'est la politique qui prend sa revanche sur l'économie...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: les nouvelles élections législatives grecques seront «l’acte de décès de la monnaie unique en cas de victoire de Syriza».    Ven 18 Mai - 15:07

Selon notre blogueur associé Laurent Pinsolle, les nouvelles élections législatives grecques seront «l’acte de décès de la monnaie unique en cas de victoire de Syriza». Mais sortie de la Grèce ne signifie pas forcément mort de l'euro pour tout le monde.


(VARIO BAUMGARTEN/VARIO IMAGES/SIPA)
Après d’innombrables péripéties, les élections en Grèce ont débouché sur une impasse. Il a été impossible de nommer un gouvernement, malgré les initiatives répétées du président de la République. Cet échec représente l’acte de décès de la monnaie unique, comme l’a écrit Paul Krugman.

LE SCÉNARIO À VENIR
Les événements à venir semblent déjà écrits. Le nouveau vote devrait donner le pouvoir à Syriza, le parti de la gauche radicale, équivalent du Front de gauche. Si ce parti, qui avait créé la surprise le 6 mai en arrachant la seconde place au Pasok, arrive en première position, alors une grosse majorité du parlement sera alors hostile aux plans européens, ouvrant la voie à une majorité alternative, et non à une mise entre parenthèses de la démocratie, comme l’évoque Georges Ugeux.

Alexis Tsipras devrait alors former un gouvernement avec le DIMAR. Il pourrait avoir besoin du KKE communiste (ce que ce dernier exclut pour l’instant) soit de l’ANEL, le parti de droite issu de Nouvelle démocratie, mais hostile aux saignées de la troïka. Des négociations très tendues commenceront alors avec le FMI, la Commission et la BCE puisque le Syriza refuse de baisser les salaires des fonctionnaires et propose même d’en recruter cent mille de plus !

Il est totalement illusoire d’imaginer que les négociations pourront aboutir. Du coup, la troïka devrait refuser de verser les nouvelles tranches d’aide au pays, mettant la Grèce en défaut. Et malgré sa volonté de rester dans la monnaie unique, le nouveau gouvernement devra instaurer un contrôle des changes strict (s’il ne l’a pas fait avant), revenir à la drachme et prendre le contrôle de sa banque centrale pour trouver le moyen de financer son économie. Une forte dévaluation suivra.

LE PREMIER DOMINO TOMBE
Du même auteur
Un gouvernement sans surprise?
La droitisation de Sarkozy, la faute de la gauche?
A gauche, trois familles politiques
La sortie de la Grèce de l’euro ne signifie pas forcément que la monnaie unique sera démontée rapidement. Les dirigeants européens diront sans doute que le pays n’aurait pas dû rentrer et que sa sortie permettra au contraire d’avoir une zone plus homogène qui pourra mieux fonctionner. De manière significative, les ministres européens préparent le terrain en évoquant la sortie, que ce soit en Allemagne ou en France, signe qu’ils s’y sont sans doute résolus.

Mais il est illusoire de croire que cette sortie règlera tous les problèmes. Par-delà la perte financière, chiffrée à 50 milliards d’euros par François Baroin, que NDA annonçait en 2010 à l’Assemblée, le scénario en place ressemble à la crise monétaire de 1992-1993, où le SME avait explosé sous la pression de la spéculation. Il est bien évident que le Portugal, l’Espagne et l’Italie continueront à être sous pression, sur les taux, la fuite des capitaux et les déséquilibres budgétaires.

C’est la pente suivie par la péninsule ibérique, qui vient de replonger dans une violente récession. On peut imaginer que les élections législatives de 2015 en Espagne ne produiront pas une majorité très favorable à l’austérité, surtout que la Grèce aura démontré entre temps les bienfaits d’un retour aux monnaies nationales. Ce serait alors la fin de l’euro, encore que la France pourrait toujours faire le choix suicidaire de conserver la même monnaie que l’Allemagne…

Les nouvelles élections législatives grecques seront l’acte de décès de la monnaie unique, en cas de victoire de Syriza. Certes, son agonie sera peut-être lente car les dirigeants en place ont trop investi de capital politique pour se dédire, mais la seule question est de savoir quand l’euro sera démonté.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: L’Europe s’enfonce dans une impasse   Mer 30 Mai - 15:18

L’Europe s’enfonce-t-elle dans une impasse? C'est ce que s'évertue à écrire notre blogueur associé Laurent Pinsolle depuis des mois, ne croyant guère aux théories de croissance de François Hollande et aux espoirs de certains dirigeants européens.


(Mario Draghi - SPIEGL/PHOTOWEB/SIPA)
D’une manière ou d’une autre, l’Europe devrait proposer un plan de « croissance » lors de son prochain sommet en juin, si son agenda n’est pas intégralement consacré à un énième sauvetage de l’euro suite aux élections grecques. Mais un examen des propositions amène à relativiser le terme croissance.

QUAND CROISSANCE RIME AVEC LIBÉRALISATION ET INTÉGRATION
Il faut bien constater que les eurocrates n’ont rien appris de la crise. L’examen des plans de croissance démontre un biais très libéral. Bien sûr, la Commission évoque l’augmentation des moyens de la BEI (60 milliards), mais c’est une goutte d’eau pour l’UE. Plutôt que des mesures concrètes, elle propose ainsi la collectivisation des dépenses d’investissement, dont on se demande bien ce que cela pourra apporter à la croissance, si ce n’est celle de ses pouvoirs…

Du côté de la BCE, Mario Draghi évoque un « pacte de croissance », mais en soulignant qu’il « n’y a pas de croissance soutenable sans comptes publics en ordre. Il ne s’agit donc pas de relancer la croissance en creusant les déficits, mais de faire les réformes structurelles afin d’augmenter la flexibilité ». En clair, pas d’assouplissement budgétaire et toujours plus de libéralisation. Il soutient une « union budgétaire » qui « nécessite un abandon de souveraineté ».

Berlin a également apporté sa contribution à la réflexion sur la « croissance ». Le programme n’est pas triste. Le plan en six points du gouvernement proposerait la création de zones franches dans les zones en difficulté (financées comment ?), une diminution des charges sociales (bis), une libéralisation du marché du travail, une accélération de la privatisation des entreprises publiques, ainsi qu’un système de formation inspiré de ce qui se fait en Allemagne, selon le Spiegel.

L’EUROPE S’ENFONCE DANS UNE IMPASSE
Du même auteur
Grèce: un scénario prévisible?
Euro-obligations : les quatre impasses qu'ignore Hollande
Un «bank run» accéléré pour une sortie de crise plus rapide?
Il y a fort à parier qu’un petit plan sera adopté, vu que la grande majorité des pays le souhaite, mais les moyens seront limités. Il faudrait dix fois plus pour relancer les économies européennes. Et le fait d’y intégrer des mesures de libéralisation démontre à nouveau le biais libéral de cette Europe. François Hollande pourra brandir un illusoire succès, mais dans les faits, rien ne changera probablement fin juin lors du prochain sommet européen, malgré les annonces.

Ce qui est intéressant, c’est de constater que pour régler les problèmes posés par trop d’intégration (l’euro), les institutions européennes et les euro béats ne voient bien sûr comme solution qu’une accélération de cette intégration, sans bien expliquer en quoi elle règlerait quoique ce soit aux déséquilibres internes commerciaux de la zone euro. La seule chose qui les intéresse est d’amasser toujours plus de pouvoir à l’échelle européenne, au détriment des États nations.

Mais il y a un os, et même un gros os. Depuis deux ans, l’Allemagne a compris que l’intégration, cela risque de lui coûter très cher. Du coup, si les Allemands sont d’accord pour une évolution fédérale pour assurer la discipline budgétaire, ils sont vent debout contre le « Transferunion » et pas moins de 79% s’opposent aux euros obligations (14% sont pour). Bref, il y a fort à parier que les rêves d’intégration des euro béats ne restent que des rêves, et heureusement car ils ne résoudraient rien.

Oui, il y aura sans doute un plan de croissance européen au prochain sommet, mais il sera probablement aussi dérisoire que tous les plans pondus depuis deux ans et qui n’ont absolument rien résolu à la crise de la zone euro, la faisant grandir à force de ne pas vouloir regarder la réalité en face.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: POURQUOI LA ZONE EURO NE PEUT PAS MARCHER   Ven 1 Juin - 14:45

Après avoir étudié en quoi la monnaie unique européenne n’a pas tenu ses promesses et qu’elle est surtout un moyen de contraindre les européens à accepter une Europe fédérale, il faut étudier pourquoi cette monnaie unique ne marche pas, comme l’annonçaient beaucoup d’économistes il y a 20 ans.

POURQUOI LA ZONE EURO NE PEUT PAS MARCHER
Pour être honnête, le mythe de l’euro peut être séduisant : des pays qui se faisaient la guerre unissent leurs monnaies, pour la paix, pour leur prospérité et pour davantage peser dans un monde dont les équilibres changent. Tout d’abord, on peut douter que la monnaie soit un facteur de paix. Ensuite, il faut bien constater que question prospérité, la zone euro va mal. Certes, les Etats y sont endettés, mais pas plus qu’ailleurs, ce qui démontre qu’il y a un problème spécifique.

Et ce problème spécifique, c’est justement le fait d’avoir une monnaie unique pour des pays différents. En théorie économique, on dit qu’une monnaie doit correspondre à une Zone Monétaire Optimale selon les théories de Robert Mundell. Il y a trois critères majeurs : l’existence d’un budget commun important, la mobilité des travailleurs et l’homogénéité économique. Ces trois critères existent à l’échelle de la France ou des Etats-Unis ou de tous les autres Etats-nations.

En revanche, par un seul n’est vérifié à l’échelle de la zone euro. Le budget commun est faible, les travailleurs sont 90% moins mobiles qu’à l’échelle des Etats-Unis selon une étude rapportée par The Economist et il n’y a pas d’homogénéité économique dans un espace aussi divers, que ce soit au niveau des Smic (qui varient de un à cinq) ou des acteurs économiques, qui restent très nationaux. Bref, ce n’est pas pour rien que les monnaies sont nationales en général.

Pire, comme l’explique Paul Krugman, le fait d’avoir une seule monnaie a tendance à faire diverger les économies au lieu de les faire converger. Paradoxalement, il serait plus simple de rapprocher les économies européennes avec des monnaies distinctes. Comme Jean-Jacques Rosa l’explique, le fait d’avoir une seule monnaie impose une politique unique qui a tendance à renforcer ceux qui vont bien et affaiblir ceux qui vont mal, accentuant les différences au lieu de les résoudre.

LES CERCLES VICIEUX DE LA MONNAIE UNIQUE
Du même auteur
L'euro définitivement dans l'impasse?
Les «plans de croissance européens» irréalisables ?
Grèce: un scénario prévisible?
Le fait d’avoir une seule monnaie pour des pays aussi différents pose de nombreux problèmes. De manière triviale, cela revient à imposer une pointure unique (un 40 par exemple) à des personnes qui ont des pointures différentes (de 36 à 45). Dans les années 2000, la politique monétaire de la BCE était à la fois trop restrictive pour l’Allemagne (et freinait une croissance anémique) tout en stimulant excessivement l’économie espagnole, par des taux trop bas là-bas.

Deuxième cercle vicieux créé par la monnaie unique : une pression à la baisse sur les salaires. En effet, dans l’ancien SME, quand un pays avait plus d’inflation que le voisin, il dévaluait (ce qui est moins brutal qu’une baisse des salaires, comme l’explique Patrick Artus ). Aujourd’hui, le seul moyen de retrouver de la compétitivité est de baisser les salaires, comme en Grèce, où le Smic devrait baisser de 22%. Et cela risque de provoquer une course au moins-disant salarial.

Troisième cercle vicieux : l’impossibilité de rééquilibrer sa balance commerciale. Avant, quand un pays avait un déficit, il dévaluait, ce qui pénalisait les importations et favorisait les exportations. Et quand il était en excédent, sa monnaie s’appréciait. D’ailleurs, les balances commerciales étaient beaucoup plus équilibrées il y a dix ans. Le passage à l’euro rend impossible cet ajustement, ce qui a fait exploser les excédents comme les déficits, autant de bombes à retardement économiques.

Bref, de nombreuses raisons expliquent pourquoi la monnaie unique ne fonctionne pas, comme le soulignent de nombreux économistes. La question qui suit est de savoir s’il faut aller vers plus d’intégration pour corriger les effets pervers de la monnaie unique ou s’il faut revenir à des monnaies nationales.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Banques : l’Espagne s’affale, l’Europe s’affole   Mer 6 Juin - 9:21

Banques : l’Espagne s’affale, l’Europe s’affole

5 juin 2012 à 22:36


"Assume ton emprunt", apostrophe ce Madrilène devant une agence Bankia, samedi. (Photo Andrea Comas. Reuters)
-
A
+
71
Tweeter
Envoyer
Abonnez-vous
à partir de 1€
Les créances faramineuses des établissements espagnols, plombés notamment par des actifs immobiliers douteux, font craindre à l’UE une nouvelle crise bancaire.

Par NATHALIE DUBOIS
Nouveau pic de panique, hier, à bord de la zone euro. L’Espagne a lancé un SOS à ses partenaires alors que les argentiers du G7 tenaient une téléconférence de crise sur les moyens d’éteindre ce nouveau départ d’incendie. Au cœur de ce énième rebond de la crise de l’euro : le chancellement du secteur bancaire espagnol, plombé par une montagne de prêts irrécouvrables et d’actifs immobiliers douteux. Tandis que la quatrième économie du Vieux Continent semble au bord d’un remake de la crise des subprimes, le G7 n’a malheureusement accouché que de bonnes paroles, avec la promesse d’une réponse «rapide».

Pressions. Contrainte le 10 mai d’annoncer la nationalisation de Bankia, l’Espagne soutenait jusqu’ici qu’elle pourrait faire face toute seule au renflouement de ses banques (estimé entre 60 et 200 milliards d’euros). Mais hier, devant le Sénat, à Madrid, changement de ton de Mariano Rajoy : l’Europe «doit soutenir les pays en difficulté», elle «doit dire où elle va, […] dire que l’euro est un projet irréversible», a solennellement lancé le chef du gouvernement conservateur. Malgré d’intenses pressions de l’Allemagne, l’Espagne ne se résout pas à demander un plan d’aide similaire à ce qui a été fait pour le Portugal, l’Irlande ou la Grèce. Pas question de passer sous les fourches caudines de l’Europe et du FMI, qui dicteraient alors leur propre cure d’austérité. L’Espagne ne peut «techniquement pas faire l’objet d’un sauvetage» en raison de sa taille, a ainsi affirmé hier le ministre du Budget, Cristóbal Montoro. De fait, le royaume pèse 12% du PIB de la zone euro (contre seulement 6% pour l’Irlande, le Portugal et la Grèce réunis). Mais comme l’a également reconnu Montoro, le niveau record atteint par les taux des emprunts publics de l’Espagne (6,3% hier) lui ferme l’accès aux marchés.

Comment consolider ses banques dans ces conditions ? Rajoy espère en fait voir aboutir les réflexions en cours pour permettre au fonds de secours de la zone euro de recapitaliser directement les banques en difficulté. Un plan poussé par la Commission et plusieurs pays, dont la France. Ce changement fait partie des multiples solutions à l’étude à Bruxelles et dans toutes les capitales sur l’avenir de la zone euro (lire ci-dessus).

«Leçons». Hier, les Européens ont promis à leurs partenaires du G7 de «répondre rapidement» à cette interminable crise qui inquiète de plus en plus les Etats-Unis et le Japon. Plutôt laconique, le communiqué final fait seulement état d’un débat sur «les réponses politiques à l’étude, notamment les progrès vers une union financière et budgétaire en Europe».

Mais, du côté de Barack Obama, qui joue sa réélection, l’agacement monte. Lundi, le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a déclaré que des «risques sérieux subsistent et qu’il ne fait aucun doute que les marchés restent sceptiques. […] Donc nous pensons que d’autres mesures doivent être prises». Et d’insister sur le fait que l’Europe aurait intérêt à s’inspirer des «leçons apprises de l’expérience» américaine après le krach de Lehman Brothers et la mise sur pied d’un fonds de sauvetage de 600 milliards de dollars (482 milliards d’euros) pour assainir le secteur bancaire.

La pression s’accentue donc pour que la zone euro accouche d’un plan d’ensemble convaincant d’ici trois semaines, à l’occasion du sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin. Signe que l’Allemagne évolue peu à peu, la chancelière Merkel a fait un pas lundi sur le chemin de l’union bancaire réclamée depuis quelques semaines par plusieurs voix en Europe.

A la crise des banques espagnoles s’ajoute toujours celle de la Grèce, dont le sort est suspendu à ses élections du 17 juin (lire page 5). Et, cerise sur le gâteau, l’aveu, hier, par le gouvernement chypriote qu’il y a «une possibilité sérieuse» que l’île ait elle aussi besoin d’un plan de sauvetage de 2 à 3 milliards pour son système bancaire, très exposé à la dette grecque.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: ...et de trois !   Sam 9 Juin - 14:54

Après l'Irlande, la Grèce c'est l'Espagne qui quitte tacitement l'Europe

Les banques espagnoles ont besoin d'au moins 40 milliards d'euros

9 juin 2012 à 09:32

-
A
+
76
Tweeter
Envoyer
Abonnez-vous
à partir de 1€
C'est l'estimation du FMI.

Les banques espagnoles ont besoin d’au moins 40 milliards d’euros de recapitalisation pour faire face à une nouvelle détérioration de l'économie, selon un rapport du Fonds monétaire international publié vendredi.

Le chiffre de 40 milliards résulte de tests de résistance effectués par le Fonds auprès des banques espagnoles, mais une responsable du FMI a indiqué au cours d’une conférence de presse que les banques auraient vraisemblablement besoin de davantage pour s’assurer de l’existence d’un «pare-feu crédible» dans le pire des scénarios, soit une baisse de 4% de la croissance de l’Espagne cette année.

«A notre avis, les tests de résistance représentent un bon indicateur, mais il s’agit d’un niveau plancher de ce qui est nécessaire», a indiqué cette responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Pour convaincre les marchés de leur solidité, certaines banques risquent fort d’avoir besoin de réserves une fois et demie à deux fois supérieures au niveau requis, a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué séparé, le Conseil d’administration du Fonds, qui s’est réuni vendredi à Washington pour évaluer ce rapport, a salué les «progrès importants effectués par les autorités espagnoles pour consolider le secteur bancaire» dans une situation économique difficile.

Notant l’accélération des évènements en Espagne et dans la zone euro, les Etats-membres du FMI ont appelé Madrid à «agir rapidement et à n'épargner aucun effort pour restaurer la confiance dans le système financier et préserver la stabilité financière».

Mais ils ont aussi noté que les tests de résistance n'étaient «pas sensés représenter l’ensemble des besoins en capital» des banques espagnoles, qui risquent d'être bien supérieurs vu qu’elles seront confrontées à des coûts supplémentaires liés aux restructurations nécessaires.

«Pare-feu»

Les tests de résistance étaient destinés à déterminer si les banques espagnoles étaient en mesure de se conformer au calendrier de transition vers l’accord international de renforcement du système bancaire, dit de Bâle III, qui impose à tous les établissements des ratios de fonds propres durs (dits Tier 1) d’un minimum de 7%.

Pour le FMI, «les plus grandes banques seraient suffisamment capitalisées pour supporter une nouvelle détérioration, mais plusieurs banques auraient besoin d’augmenter leurs réserves en capital d’environ 40 milliards d’euros au total pour se conformer au calendrier de transition vers la norme Bâle III», indique le rapport.

«Après cela, il sera indispensable pour chaque banque de communiquer clairement sa stratégie pour se doter d’un pare-feu crédible pour éviter une crise de capitalisation - un pare-feu dont l’expérience montre qu’il vaut mieux le surestimer que le sous-estimer», note dans ce rapport Ceyla Pazarbasioglu, la directrice de l'équipe du Fonds ayant mené ces tests.

Banco Santander et BBVA

Le rapport n’identifie pas les banques ayant échoué aux tests de résistance, mais il situe les deux premières du pays, Banco Santander et BBVA, dans un premier groupe d'établissements «bien capitalisés et prudemment gérés».

En revanche les anciennes caisses d'épargne (Cajas) auront besoin de 21,3 milliards d’euros au minimum, tandis que les banques régionales et celles déjà aidées par le Fonds d’aide public espagnol (Frob) nécessitent 14,4 milliards. Au total, le rapport cite le chiffre de 37,1 milliards de dollars, un montant que le fonds a arrondi à 40 milliards.

«Les tests de résistance (...) ne sont pas une science. Ils donnent une indication», a souligné la responsable du FMI à la presse. Le détail des besoins en capitalisation de chaque banque sera publié «fin juillet début août», a-t-elle précisé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: L'écroulement se poursuit   Sam 9 Juin - 15:01

L'évolution de la situation de la Grèce et de l’Espagne pourrait inciter Moody’s à abaisser la note de nombreux pays de la zone euro, y compris celle de pays bénéficiant de la note maximale Aaa comme la France ou l’Allemagne, a prévenu l’agence de notation financière vendredi.

«Les récents développements en Espagne et en Grèce pourraient mener à des mesures sur les notes de beaucoup de pays de la zone euro», a indiqué Moody’s dans un communiqué.

En particulier, une sortie de la Grèce de la zone euro pourrait mener à des pressions supplémentaires sur les notes des pays de la région, poursuit l’agence de notation.

Elle se traduirait par des pertes substantielles pour les investisseurs en titres grecs, à la fois directement à cause de la conversion de l’euro en devise locale et aussi indirectement à cause des fortes perturbations macroéconomiques qui s’ensuivraient, estime Moody’s.

Le risque d’une sortie de la Grèce de la zone euro menace particulièrement les notes de crédit de Chypre (Ba1, perspectives négatives), du Portugal (Ba3, perspectives négatives), de l’Irlande (Ba1, perspectives négatives), de l’Italie (A3, perspectives négatives) et de l’Espagne (A3, perspectives négatives).

Si la Grèce devait sortir de l’euro, menaçant la survie même de la monnaie unique, Moody’s «examinerait toutes les notes des pays de la zone, y compris celle des pays notés Aaa», la note la plus élevée, comme l’Allemagne et la France.

Les autres pays de la zone euro bénéficiant de la note maximale Aaa chez Moody’s sont l’Autriche, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas.

A l’inverse, selon Moody’s, «le problème bancaire de l’Espagne est largement spécifique et ne devrait pas représenter une source majeure de contagion vers d’autres pays de la zone euro, à l’exception de l’Italie, qui dépend elle aussi de plus en plus de la Banque centrale européenne pour son financement à travers ses banques».

Jeudi, l’agence de notation Fitch, concurrente de Moody’s, avait infligé une lourde sanction à l’Espagne en abaissant sa note de trois crans, à BBB.

Une réunion samedi de hauts fonctionnaires de la zone euro, consacrée à un plan de recapitalisation européen des banques espagnoles, était dans l’air à Bruxelles.

Lundi, le Fonds monétaire international (FMI) devrait publier un rapport chiffrant selon les médias à 40 milliards d’euros les besoins des banques espagnoles.

Du côté de la Grèce, les partenaires et bailleurs de fonds du pays, UE et FMI, ont multiplié ces dernières semaines les avertissements contre un reniement par Athènes de ses engagements de rigueur, menaçant de lui couper les vivres, alors que le pays se rend à nouveau aux urnes le 17 juin.

La chancelière allemande Angela Merkel a répété vendredi que pour que la Grèce reste dans l’euro, «la condition est que le prochain gouvernement grec respecte le mémorandum signé avec le FMI, la BCE et la Commission européenne».
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Crise européenne : après l'Espagne ce sera l'Italie   Mar 12 Juin - 8:25

Crise européenne : après l'Espagne ce sera l'Italie
Mardi 12 Juin 2012 à 05:00 | Lu 3703 fois I 14 commentaire(s)

JACQUES SAPIR - ECONOMISTE

S
Alors que l'on tente de faire croire à l'opinion qu'il suffira de 100 milliards pour résoudre la crise espagnole, Jacques Sapir montre que celle-ci est le résultat de la politique d'austérité et annonce que l'Italie suivra forcément l'Espagne, mettant à mal le Mécanisme européen de solidarité.



L’Espagne connaît aujourd’hui une crise bancaire sans précédent, qui est la conséquence directe et indirecte de son appartenance à l’euro.

L’euro a accéléré le phénomène de désindustrialisation de l’économie espagnole. Celle-ci s’est donc repliée vers le secteur des services et de l’immobilier. Les banques ont largement financé le secteur de l’immobilier prêtant soit aux marchands de biens, agents immobiliers et entrepreneurs, soit aux ménages. Les professionnels ont été les premiers touchés, incapables de vendre leurs produits soit aux touristes, écartés d’Espagne – sauf les plus riches – par les coûts internes et le taux de change de l’euro, soit à la population. La dynamique de la construction s’est brutalement inversée. On est passé de la construction de 1 million de logements par an à environ 80 000 aujourd’hui, soit une division par un facteur de 12 ! De là découle l’explosion du chômage.

La contraction très rapide de la construction a entraîné dans sa chute l’ensemble de l’économie. Elle a eu des conséquences importantes sur la solvabilité générale du pays.


Les ménages, frappés par un chômage grandissant et qui atteint 24,4% de la population active, ont eu de plus en plus de mal à faire face aux intérêts de leur dette et les impayés se sont accumulés. Ceci se traduit désormais par un taux de défaut de 8,3% de l’actif des banques. Une manière très simple de réaliser une estimation du montant des besoins bancaires est de considérer le stock de 3 millions de logements vides, soit 2,5 millions au-dessus de ce qui est considéré comme « normal » par les agents immobiliers. Si l’on estime le prix moyen d’un logement à 100 000 euros, un stock de 2,5 millions de logements aboutit à un total de 250 milliards de créances actuellement « mortes ». On peut certes considérer en étant optimiste que, à terme (d’ici deux à trois ans) et en admettant des baisses de prix de moitié, ces logements puissent trouver preneur. Cela signifierait cependant que l’on a au minimum 125 milliards d’euros de pertes et rien que pour l’immobilier. A celles-ci, il faut ajouter les pertes qui proviennent de la crise économique engendrée pas les différents plans d’austérité.

On doit également considérer que, dans le système bancaire, « les pertes engendrent les pertes ». Plus précisément, les créances qui se révèlent douteuses à un instant ont servi de garantie dans des opérations qui sont déstabilisées par la révélation de ces pertes et qui viennent s’ajouter au stock de pertes initial. Mais la dévalorisation de nouveaux actifs engendre à son tour la déstabilisation de nouvelles opérations, et prévoir la somme totale devient alors un exercice pour le moins aléatoire.

L’agence Fitch est ainsi passée d’une prévision d’un surcoût de 30 milliards d’euros à un surcoût de 60 à 100 milliards ; elle a logiquement dégradée la note de l’Espagne à BBB [1]. Cependant, même cette estimation est inférieure aux réalités et il est certain qu’elle sera réévaluée à la hausse d’ici un à deux mois.

Concrètement, l’Espagne devra, d’ici décembre 2012, trouver 82 milliards pour le financement de sa dette, plus 16 milliards pour celle des régions (qui ont perdu leur accès aux marchés financiers dans le cours de 2011), soit un total de 98 milliards d’euros.

Les besoins totaux de l’Espagne pour la seule stabilisation de son système bancaire seront certainement plus proches de 250 à 300 milliards, dont la moitié au moins devraient être révélés d’ici à la fin de 2012. Si l’on se base sur 125 milliards (somme minimum) de besoins « révélés » dans le cours de 2012, cela signifie que les besoins de financement seront au minimum d’ici décembre de 223 milliards (125 + 98). En fait, la somme de 16 milliards pour soutenir les régions est elle-même sous-estimée. Une somme de 30 milliards est quasi-certaine.

Cela impliquerait que l’Espagne trouve, sur les six derniers mois de l’année, 237 milliards d’euros. Il n’est donc pas étonnant que la hausse des taux exclue de fait l’Espagne des marchés financiers. Elle sera obligée à court terme de demander une aide au Mécanisme européen de stabilité (MES) et elle a de fait demandé une aide à l’Europe le 9 juin 2012.

Le déficit public sur l’exercice 2012 est donc appelé à s’envoler, et ce quelles que soient les hypothèses que l’on peut faire.


(Voir la note [2])

Les opérateurs ont déjà anticipé cette situation et c’est ce qui explique les problèmes, de plus en plus aiguës, rencontrés par l’Espagne pour se financer sur les marchés financiers.

Derrière l’Espagne cependant se profile désormais très visiblement le problème de l’Italie. Ce dernier tient en deux termes : une dette qui représente 120% du PIB et une croissance très faible depuis des années et qui a été cassée par les mesures prises par Mario Monti depuis son accession au poste de Premier Ministre.

La politique de Mario Monti est aujourd’hui un échec : non seulement elle a cassé la croissance et plongé le pays dans la récession, mais encore elle provoque – par une rigueur fiscale accrue alors que l’État est notoirement mauvais payeur – une aggravation sensible de la situation des PME/PMI. Les recettes fiscales, qui ont plafonné en avril, ont commencé à baisser en mai.

Comme il était donc prévisible, la politique de rigueur budgétaire, poussée à l’extrême, provoque une asphyxie de l’économie, qui à son tour engendre une baisse des recettes fiscales. L’Italie, elle aussi, ne tiendra pas ses objectifs de déficit pour 2012.

Le problème se double d’une défiance accrue des banques et des entreprises italiennes vis-à-vis de la politique de Mario Monti. Cette défiance se manifeste par des sorties importantes de capitaux (en direction de la Suisse, de l’Allemagne et des Etats-Unis) et surtout par une raréfaction de l’offre d’épargne en échange des titres publics italiens.

Le résultat est la montée régulière des taux depuis le mois de mars. Ils sont aujourd’hui revenus au niveau de la fin de l’été 2011, un niveau qui est clairement insupportable pour le pays. Il faut donc s’attendre dans les semaines à venir à une dégradation rapide de la situation italienne, qui devrait conduire le gouvernement de Rome à solliciter vers la fin de l’été 2012 à son tour une aide de la zone euro.

Or, le montant de la dette italienne est largement supérieur à celui de la dette française, et tourne autour de 2 000 milliards d’euros. Si l’Italie connaît une crise de liquidité, celle-ci sera à la hauteur de cette dette et les besoins en financement pourrait être compris entre 500 et 850 milliards d’euros.

On voit que ces montants saturent les possibilités du MES. Le drame espagnol, pour spectaculaire qu’il soit aujourd’hui, ne doit pas cacher que le problème fondamental sera celui de la dette italienne.

Si l’Espagne perd la confiance des marchés (ce qui est d’ores et déjà acquis) la spéculation va se porter sur l’Italie. Comme l’aide européenne est en réalité en deçà des besoins de l’Espagne, la situation de l’Italie va désormais rapidement se dégrader.

[1] E. Cluzin, «L'agence Fitch dégrade l'Espagne de trois crans», AFP, 7/06/2012.

[2] Le gouvernement va payer pour 17 milliards d’arriérés dus par les régions pour les fournitures de santé. Source : Reuters.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: La crise financière s'accentue   Mer 13 Juin - 15:25

Crise financière
Il y avait à nouveau la crise financière. L'annonce d'un plan d'aide de 40 à 100 milliards d'euros aux banques espagnoles, samedi dernier, avait soulagé les marchés... quelques instants à peine. Comme toujours, le mécanisme européen peinait à se préciser.
Samedi, l'Espagne avait obtenu les 100 milliards d'euros qu'il lui manquait pour recapitaliser ses banques. François Hollande s'est exprimé de Tulle sur le sujet. L'annonce suivait trois heures de conférence téléphonique entre les ministres des finances de l'eurogroup. « C’est un moment important dans la résolution de la crise, cette nouvelle est de nature à renforcer la confiance dans la zone euro, où la culture de la solidarité se répand. Le signal est fort, serein, massif » a déclaré Pierre Moscovici au JDD. L'an dernier, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient promis que l'aide à la Grèce serait la seule et la dernière. On savait qu'il n'en serait rien.

Lundi matin les marchés financiers semblaient soulagés, à en croire les remontées d'indice ici ou là. Mais l'acalmie fut de courte durée: l'Espagne devait emprunter aux taux records de 6,45 puis 6,85% (à 10 ans). Mardi matin, l'agence Fitch dégradait la note de 18 établissements bancaires du pays, tout comme celle, en France, du Crédit Agricole. Et l'économiste Jacques Sapir s'inquiétait sur une prochaine crise... italienne. La ministre autrichienne des Finances venait d'affirmer que l'Italie risquait prochainement de demander de l'aide.

A Paris, François Hollande s'essayait à prévenir la planète finance: « la croissance ne naîtra pas de dépenses publiques supplémentaires ». Invité du 20 heures de France 2, Jean-François Copé dénonça un futur « tour de vis fiscal » après les législatives... L'argument était rapide. On se souvient des 45 milliards d'euros d'imposition supplémentaires prévus mais non détaillés dans le programme de Nicolas Sarkozy, repris par l'UMP pour 2012-2017...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: L'Euro est en train de sombrer   Jeu 14 Juin - 15:01


Nigel Farage: Pas assez de canots de sauvetage... par CptAnderson

Nigel Farage toujours très juste dans ses analyses, dénonce une fois de plus l'échec total qu'est la zone euro. L'aide de 100 milliards d'euros pour les banques espagnols ne suffiront pas, il faudra près de 400 milliards d'euros.

Quant à la BCE, la sortie de la Grèce de l'euro marquera la faillite de cet établissement trop exposé aux divers renflouements des états. L'euro-Titanic est en train de sombrer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: La crise s'aggrave en Europe   Ven 15 Juin - 7:41

La crise s'aggrave en Europe
Mots clés : Zone Euro, Marchés, François Hollande, Mario Monti, Angela Merkel

Par Alexandrine Bouilhet, Patrick Saint-Paul
Mis à jour le 15/06/2012 à 00:07 | publié le 14/06/2012 à 20:09 Réactions (496)

Recommander4
Alors que les taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie s'envolent, la France et l'Allemagne s'opposent sur la sortie de crise. Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg s'en prennent ouvertement à Angela Merkel.

À trois jours d'élections à haut risque en Grèce, les marchés sont fébriles, les taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie s'envolent, mais l'Europe est aux abonnés absents, paralysée par une opposition frontale entre Paris et Berlin.

Jeudi, les rendements des obligations espagnoles à 10 ans ont atteint 7%, un niveau historique. Sceptiques à l'égard du plan de sauvetage des banques, qui fait jouer au gouvernement espagnol le rôle d'ultime garant du prêt de secours de 100 milliards d'euros, les marchés parient sur un sauvetage d'État qui serait très onéreux pour l'Europe. Par effet de contagion, l'Italie, troisième économie de la zone euro, a vu ses taux d'emprunt grimper à plus de 6 %, un record sur six mois. Dans la tourmente, l'Espagne entraîne aussi l'Italie, troisième économie de la zone euro, qui voit ses taux d'emprunt grimper à plus de 6%, un record sur six mois.

Face à cette situation, l'Europe n'a pas de réponse commune rassurante pour les marchés. Et pour cause: la France et l'Allemagne ne sont plus du tout sur la même longueur d'onde. Alors que François Hollande réclame de «nouveaux instruments financiers», notamment des euro-obligations, pour calmer les marchés, l'Allemagne s'y oppose fermement. Tout comme elle refuse une union bancaire qui ferait du contribuable allemand le bouclier contre une ruée des épargnants européens vers les guichets.

Pour que les choses soient claires, Angela Merkel a fait jeudi une mise au point très ferme, en affirmant que le sauvetage de la zone euro ne saurait reposer sur les seules épaules de l'Allemagne «dont les ressources ne sont pas illimitées». Surtout, elle a mis en garde contre les solutions «faciles» et «rapides», voire «médiocres», qui ramèneraient la crise en Europe à son point de départ. Signe de l'extrême tension qui règne entre Paris et Berlin, Jean-Marc Ayrault l'a aussitôt invitée, dans une réponse inhabituellement cinglante, à «ne pas se laisser aller à des formules simplistes». Dans un entretien à L'Usine nouvelle, Arnaud Montebourg reproche quant à lui à Angela Merkel son «aveuglement idéologique».

Endettement et «manque de compétitivité»
Les solutions «faciles» dénoncées par la chancelière - les euro-obligations et l'union bancaire - ne peuvent être que l'aboutissement d'un processus d'intégration, estime-t-on à Berlin. «Nous ne faisons pas de la politique pour les marchés, mais pour l'avenir des hommes», a insisté Angela Merkel, rappelant que les «mécanismes de mutualisation de la dette sont non seulement anticonstitutionnels (au regard de la loi fondamentale allemande), mais aussi contre-productifs».

Pour Berlin, il n'y aura pas de solution à la crise si l'on ne s'attaque pas à ses deux racines les plus profondes: l'endettement et le «manque de compétitivité», deux tares partagées par la France et l'Italie. Il n'y aura ni transferts budgétaires ni «eurobonds» sans une véritable union politique en Europe, qui nécessite des transferts majeurs de souveraineté.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Espagne : la recapitalisation des banques ne résoudra rien   Ven 15 Juin - 7:58

Espagne : la recapitalisation des banques ne résoudra rien
Jeudi 14 Juin 2012 à 12:00 | Lu 2492 fois I 10 commentaire(s)

LAURENT PINSOLLE - BLOGUEUR ASSOCIÉ
Porte-parole du parti Debout la république dirigé par Nicolas Dupont-Aignan, ancien président... En savoir plus sur cet auteur

S'ABONNER À MARIANNE+ IMPRIMER AUGMENTER LE TEXTE DIMINUER LE TEXTE
L'Espagne, qui a demandé une aide financière à ses pairs européens le 9 juin, a obtenu de recevoir jusqu'à 100 milliards d'euros. Laurent Pinsolle, notre blogueur associé, explique pourquoi ce plan de sauvetage ne sera pas efficace sur le long terme.


(Manifestation à Madrid - ALBERTO MARTIN/EFE/SIPA)
Madrid devrait être la quatrième capitale européenne à recevoir une «aide» européenne pour traverser la crise provoquée par les politiques européennes. Ce septième plan (Athènes en étant déjà au troisième depuis cet hiver) ne devrait pas être le dernier, comme le souligne Jacques Sapir.

MADRID DANS L’IMPASSE EUROPÉENNE
Le cas de l’Espagne est extrêmement paradoxal, comme je l’ai déjà souligné plusieurs fois. Voici un pays qui était donné en exemple à toute l’Europe par la Commission et les défenseurs myopes du néolibéralisme. Forte croissance, budget excédentaire (de 2005 à 2007), plus faible dette publique de l’Union européenne. Tous les clignotants étaient au vert pour qui regardait les indicateurs économiques de manière superficielle. En réalité, l’économie espagnole dépendait de la bulle immobilière.

A un moment, le pays construisait plus de logements que la France et l’Allemagne réunies. Les autorités espagnoles avaient bien tenté de limiter ces excès en mettant en place des normes bancaires contra-cycliques, mais cela n’était pas suffisant face à des taux d’intérêt beaucoup trop bas imposés par la monnaie unique. Et la bulle a également affaibli la compétitivité du pays, accru ses déficits extérieurs, faisant reposer son économie sur l’apport grandissant de capitaux étrangers.

Bref, cette croissance était artificielle, permise et encouragée par la monnaie unique, alors que le maintien de la peseta aurait sans doute permis de largement limiter la bulle (les investisseurs étrangers auraient été alors plus réticents à investir des capitaux qui pouvaient être dévalués, et le crédit aurait sans doute été plus cher). Sans possibilité de dévaluer pour relancer son économie, l’Espagne tente de rééquilibrer ses comptes par une austérité qui plonge son économie dans la récession.

UN ÉNIÈME PLAN QUI NE RÈGLERA RIEN DÉFINITIVEMENT
Du même auteur
Red Bull : l'Europe choisit les marchands contre la santé
Législatives : des Français loin d'être enthousiastes
Dix-huit propositions concrètes pour réguler la finance
Le problème est que cette nouvelle récession affaiblit plus encore les banques, également touchées par la fuite des capitaux, aussi excessive que leur afflux précédent. Bref, l’économie espagnole semble un radeau pris dans une mer tourmentée. Pire, la montée des taux d’intérêt pèse lourdement sur le budget. Aujourd’hui, Madrid emprunte à plus de 6%, près de 5 points de plus que Berlin et 4 de plus que Paris. Du coup, se pose la question du financement de la recapitalisation des banques.

Devant les difficultés de Madrid à trouver 100 milliards de plus, ce sont les fonds européens qui devraient permettre la recapitalisation des banques espagnoles. En outre, ce refinancement serait apporté sans condition contrairement aux autres plans, ce qui va plaire aux Grecs, dont le déficit n’est pas plus élevé… Bref, ce énième plan va certes régler en partie le problème du système financier espagnol, mais comme souvent, on peut douter de son caractère définitif.

En effet, la recapitalisation ne règle pas les problèmes de croissance, de chômage, de déséquilibres commerciaux ou de fuite des capitaux. Rien n’est réglé pour l’Espagne, qui ne peut pas monétiser sa dette, contrairement à la Grande-Bretagne, ce qui est sans doute son talon d’achille, comme le souligne Paul Krugman. Le feuilleton interminable et dérisoire des sommets européens qui ne règlent rien risque malheureusement de continuer.

Ce septième plan européen montre le caractère profondément disfonctionnelle de l’union monétaire européenne, qui ne marche pas et qui semble impossible à faire fonctionner. Bien sûr, beaucoup évoquent des solutions fédérales, mais un examen plus approfondi démontrent qu’elles ne résoudraient rien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Les faux plans de sauvetage   Ven 15 Juin - 15:11

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: C'est l'Euro qui est responsable de la crise !   Sam 23 Juin - 14:42

Avis à ceux qui prétendent qu'une crise des dettes souveraines s’abat sur l'Europe. Pour notre blogueur associé Laurent Pinsolle, la situation financière européenne est exclusivement liée aux méfaits de la monnaie unique.


(Monnaie unique - GILE MICHEL/SIPA)
C’est l'un des combats sémantiques des deux dernières années. Les néolibéraux européistes avaient brièvement réussi à faire parler d’une crise des dettes souveraines avant que la réalité ne finisse à nouveau par s’imposer à tous : il s’agit d’une crise de la zone euro et donc de l’euro.

UNE MYSTIFICATION QUI TOMBE
En 2010, quand les premières crises ont commencé, on parlait bien d’une crise de la zone euro puisque seuls les pays de l’Union économique et monétaire étaient concernés. Les énormes déséquilibres (déficits commerciaux du fait de la divergence des coûts de production) accumulés depuis des années et camouflés par des taux d’intérêt similaires avaient fini par apparaître avec la grande crise financière déclenchée en 2008, qui a provoqué la divergence des taux d’intérêt.

Le fait que la crise débute en Grèce a donné quelques arguments aux néolibéraux qui voulaient profiter de la crise pour avancer leur agenda en parlant de «crise des dettes souveraines» au lieu de crise de la zone euro. Mais rapidement, la situation est devenue plus complexe car l’Espagne et l’Irlande étaient les pays les moins endettés de la zone euro en 2007, avec seulement 40% du PIB de dette. Du coup, il devenait impropre de parler de crise des dettes souveraines.

Mais cela n’a pas empêché certains commentateurs de mélanger les excès du secteur immobilier (privé) avec certains excès de dépenses publiques bien que cela n’ait rien eu à voir. Pire, au contraire, la crise qui touche l’Espagne démontre justement toutes les carences de la monnaie unique car on peut très largement attribuer la bulle immobilière ibérique au passage à l’euro, qui a imposé un argent trop bon marché, sans possibilité pour le gouvernement de faire grand chose.

COMMENT L’EURO PROVOQUE LA CRISE

Par-delà le rôle de la monnaie unique dans les bulles immobilières irlandaise et espagnole (en ne permettant pas à ses pays d’ajuster leurs taux d’intérêt au gonflement de la bulle), l’euro a plusieurs effets qui amplifient la crise. Tout d’abord, l’euro est trop cher, pénalisant les exportateurs et poussant aux délocalisations, sauf en Allemagne. Le creusement des déficits commerciaux explique une bonne partie de l’atonie économique du continent européen depuis 2002.

Ensuite, l’euro pousse à une course mortifère aux salaires les plus faibles puisqu’il n’y a pas possibilité d’ajuster une hausse plus rapide des coûts salariaux par des dévaluations. Résultat, une immense pression à la baisse des salaires se fait jour, ce qui pèse sur la croissance, qui repose aussi sur la croissance du pouvoir d’achat. Plus globalement, les politiques d’austérité (et le refus de la monétisation) accentuent la crise, comme le soulignent de nombreux économistes.

Le dernier point est encore plus structurel, à savoir que l’euro apparaît comme une construction fragile, pouvant être déconstruite. Du coup, les marchés demandent une prime de risque pour le cas où l’euro serait démonté. Et c’est normal car il suffit d’un vote pour remettre en cause la participation d’un pays à l’euro. Cette incertitude condamne l’euro à l’avance car elle ne pourra jamais être levée après cette crise, chose qui n’existerait pas à l’échelle des Etats-Unis ou d’un pays.

Bref, non seulement l’euro ne nous protège pas mais il est bien responsable en bonne partie de la crise que nous traversons aujourd’hui. Et par sa construction même, il restera toujours friable dans les démocraties dans lequelles nous vivons, ce qui condamne cette expérience, à plus ou moins brève échéance.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Black out des médias...et des bosbos démocrassouilleux sur la réussite islandaise !   Jeu 28 Juin - 14:20

La crise financière mondiale, attisée localement par la cupidité aussi surprenante que hors norme des banquiers islandais, a bien failli rayer l'île de la carte en 2008.

Aujourd'hui c'est du côté de Reykjavik - que l'agence de notation Fitch a d'ailleurs relevé d'un cran à la mi-février - et qui a renoué avec la croissance en 2011 jusqu'à tabler sur un taux de 2,7% pour 2013 avec une balance commerciale redevenue excédentaire, que se déroule une véritable révolution dans l'indifférence quasi générale des médias européens.

Petit rappel d'islandais pour les nuls : C'est en 2008 que le phénomène a pris naissance. A l'époque, la Couronne Islandaise était sur le point de rejoindre l'épave du Titanic. Les Polonais employés en masse dans la pêche et la construction, allaient se résoudre à abandonner leur petit paradis d'immigration et à remettre le cap sur Varsovie. La bourse décidait de se mettre en sommeil après une chute de 76% en quelques jours, et le gouvernement nationalisait les banques Glitnir, Landsbanki et Kaupthing, dont la clientèle était - cherchez l'erreur - principalement anglaise et américaine pour leur éviter la faillite. Les dettes du pays frôlant alors 9 fois son PIB...

Entrée en scène fin octobre 2008, du FMI et des pays frères scandinaves auxquels s'est joint la Pologne reconnaissante, qui contribuent respectivement à hauteur de 2,1 et 2,5 milliards de dollars à la réparation des dégâts.

Les pécheurs au harpon islandais qui se méfiaient comme de la peste d'une combine institutionnelle pour leur passer la corde au cou à la grecque, descendent dans la rue et chassent le gouvernement Conservateur de Geir Haarde en exigeant des élections anticipées.

En avril 2009 une nouvelle coalition de socialistes et d'écologistes prend les choses en mains sous la conduite de Johanna Siguroardottir, nouvelle Premier Ministre. Johanna, ex-hôtesse de l'air ayant bossé en usine pour fabriquer du carton d'emballage à poisson, a su garder les pieds sur terre. Première chef de gouvernement au monde à s'être mariée civilement avec sa copine Jonina Leosdottir, la dame n'a peur de rien et n'est pas prête à s'en laisser conter par les vautours de la finance.

Des banquiers à l'amende

Un échéancier de remboursement de 3,5 milliards d'Euros sur 15 ans à 5,5% d'intérêt est donc négocié avec les principaux créanciers du pays et ceux des banques nationalisées. Las, l'islandais de base a fait ses comptes. Il redescend dans la rue pour demander que le projet de loi soit soumis à référendum. Le président lui donne raison en janvier 2010 et la consultation populaire organisée en avril donne 93% de refus de casquer à ce prix là.

Johanna fait donc savoir aux créanciers qu'ils vont devoir revoir leur copie. Afin de les convaincre que les Islandais sont têtus, le Parlement insulaire vote la nomination d'un Procureur Spécial, chargé d'enquêter sur les raisons du naufrage financier et d'en déférer les responsables présumés devant la justice.

Le job est confié à Olafur Thor Hauksson qui n'a aucune compétence en criminalité financière et a été le patron de la très débonnaire police locale au cours des 10 dernières années. C'est le ministre de la Justice qui l'a encouragé à faire acte de candidature car personne d'autre ne s'est présenté pour ce sale travail. Eva Joly qui traquait la débauche financière avant de prendre une veste à l'élection présidentielle - la nôtre - va d'ailleurs payer de sa personne comme consultante pour mettre Olafur au parfum.

Les leçons d'Eva sont profitables : dès le 11 mai 2010, le procureur lance un mandat d'arrêt international contre Sigurdur Einarsson, l'ancien patron de la banque Kaupthing.

Sans doute bouleversé de découvrir sa tronche dans la rubrique des « wanted » du site d'Interpol, Einarsson rentre « volontairement » au pays dès le mois d'Août. Pour y répondre d'accusations de manipulation de marché, fraudes et escroqueries.

En septembre, c'est au tour de l'ancien Premier Ministre Geir Haarde de répondre d'accusations de négligence dans la gestion de la crise financière.

Le 20 janvier 2011, le procureur Spécial qui commence à bien maîtriser son sujet, décide de se faire une petite perquise' à la Banque Centrale Islandaise pour recouper des infos obtenues sur deux seconds couteaux, les MP Bank et Straumur Bank. En sortant, Olafur le justicier rend visite à Jon Thorsteinn Oddleifsson, l'ancien trésorier de la banque Landsbanki et lui passe...les bracelets.

Des enquêtes judiciaires font plier les créanciers

Etrangement, et sans qu'on puisse y lire une quelconque relation de cause à effet, les créanciers reviennent avec une nouvelle proposition d'apurement de la dette islandaise : on passe de 15 à 37 ans et le taux d'intérêt demandé tombe à 3% ! « Non et non ! » persistent à répondre les natifs consultés en Avril 2011 après que le président local, Olafur Ragnar Grimsson ait refusé de ratifier la loi précédente ayant pris en compte la dernière proposition des créanciers.

Comme en écho à l'entêtement de ses compatriotes, le Procureur Hauksson fait arrêter en décembre 2011, Làrus Welding, l'ancien directeur général de la banque Glitnir. En avril 2012, c'est au Luxembourg qu'on retrouvera Hauksson et se petite équipe, supervisant une perquisition effectuée par la police du Grand Duché à sa demande, à la suite d'écoutes téléphoniques d'une petite centaine d'Islandais « ayant exercé par le passé des responsabilités dans le secteur financier islandais ».

Il n'en faudra pas plus pour convaincre ceux qui n'ont pas encore quitté le pays de le faire brutalement en renonçant aux indemnités dodues qu'ils exigeaient jusque là à la suite de la nationalisation des banques et de leur licenciement un brin brutal il est vrai...

La démocratie des volcans

Moins connue que sa grande-sœur athénienne, la démocratie à la sauce islandaise fonctionne tout de même depuis l'an 930. Ayant tiré les leçons de la crise, la convocation d'une assemblée constituante en décembre 2010 était donc une formalité.

Dès février 2011, les 25 élus (10 femmes et 15 hommes) issus de toutes les couches de la société, se mettent au travail. Un mois plus tard, ils deviennent officiellement le « Conseil Constitutionnel ». Lequel adopte à l'unanimité un projet de nouvelle constitution remis au Parlement le 27 juillet 2011.

Le projet devrait être soumis à référendum à la fin du mois- pendant que d'autres s'étriperont sans doute au sommet de Bruxelles - avant son adoption par le parlement ; à sa lecture, on en bave d'envie : le droit effectif de communication au public de toute la documentation détenue par les pouvoirs publics devrait être garantie par la loi ; de même que l'indépendance absolue des tribunaux ; et les sources de revenus des collectivités locales ; tout autant que la possibilité de lancer des commissions d'enquêtes sur les pratiques gouvernementales à la seule demande d'un tiers des membres du parlement ; sans parler des protections constitutionnelles prodiguées au journalisme d'investigation nées de l'Initiative Islandaise pour des Médias Modernes, déjà évoquée par Bakchich, pour lesquelles Wikileaks s'était fortement impliquée.

Les médias qui veulent poursuivre la traque mondiale des banksters nous ayant mis dans ce pétrin, savent donc maintenant où s'installer. De même que Jérôme Kerviel, s'il lui venait un jour l'idée de se lancer dans le consulting en organisation de back-offices dignes de ce nom...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: L'europe est à l'agonie...   Mar 10 Juil - 15:00

Tiraillé entre des peuples lessivés par les plans d'austérité et des créanciers lassés par les plans de sauvetage à répétition, l'Union européenne est exsangue. Comme l'explique notre blogueur associé Laurent Pinsolle, la Finlande pourrait aller jusqu'à quitter la zone euro plutôt que de devoir assumer de nouveaux plans de sauvetage, tandis que la relation entre l'Union et l'Allemagne et le Royaume-Uni n'a de cesse de se dégrader.


(Drapeaux devant le Parlement européen de Strasbourg - PHILIPPE SAUTIER / SIPA)
Le docteur Franken-Delors pensait avoir réussi à imposer une construction fédérale aux pays européens avec l’euro. Mais la fin (plus ou moins prochaine) de son enfant monétaire monstrueux pourrait bien emporter l’ensemble de son projet supranational avec lui…

D’une part, les plans européens de soutien aux créanciers des pays en délicatesse avec les marchés financiers lessivent les peuples concernés par d’incessants plans d’austérité (l’Italie, dernière en date, vient de décider de couper 26 milliards d’euros de dépenses). C’est ainsi que le PIB de la Grèce devrait à nouveau baisser de 7% cette année, le même chiffre qu’en 2011, signe de l’impasse complète de ces politiques d’austérité sauvage, que beaucoup dénoncent.

Mais de l’autre, ils ne plaisent guère non plus aux pays créanciers, où les plans de sauvetage de l’euro commencent à émouvoir les dirigeants politiques. La ministre des finances de la Finlande vient ainsi de déclarer que son pays « ne s’accorchera pas à l’euro à n’importe quel prix et est prête à tous les scénarios ». En clair, Helsinki indique être prête à quitter la monnaie unique plutôt que de prendre de nouveaux engagements financiers pour l’euro.

L'ALLEMAGNE DE PLUS EN PLUS HOSTILE, LONDRES TOUJOURS AUSSI FRILEUSE

La situation ne cesse de se dégrader en Allemagne, malgré la ligne dure d’Angela Merkel qui avait pourtant dit de manière bien peu diplomatique « non à la mutualisation des dettes de son vivant ». Les concessions minimes qu’elle a faites au sommet européen de la semaine dernière (qui doivent encore être traduites dans un traité) ont provoqué la colère d’une partie des députés de la CSU, qui ne veulent plus entendre parler de la moindre concession aux autres pays.

Et ce n’est pas tout. Le débat public allemand diffère largement du débat français. Pas moins de 150 économistes viennent de signer une tribune pour dénoncer l’irresponsabilité des politiques européennes de garantie aux banques ou de mutualisation des dettes sans contrôle sur les budgets. Enfin, à l’initiative d’intellectuels hostiles à l’euro, des recours ont été déposés auprès de la cour de Karlsruhe, poussant le président à repousser la ratification du MES.

Et alors qu’une partie du personnel politique des pays de la zone euro se posent ouvertement la question du maintien dans la monnaie unique, un pays va encore plus que tous les autres : le Royaume-Uni. Il y a vingt ans, on disait que Londres regretterait tôt ou tard de ne pas avoir accepté de faire partie de l’UEM. Là encore, les partisans de Maastricht se sont trompés. Le débat qui a court outre-Manche porte carrément sur le maintien du Royaume Uni dans l’UE.

En effet, un tiers des députés conservateurs viennent de demander solennellement à David Cameron d’organiser un référendum sur le maintien du pays dans l’UE. Et le Premier Ministre semble s’ouvrir à l’idée pour contenir la progression de UKIP de Nigel Farage. L’issue d’un tel référendum est très incertaine car les médias britanniques sont vent debout contre les absurdités de cette Europe technocratique et antidémocratique, même si le marché unique est apprécié.

Bref, sachant la fragilité de l’édifice européen et le nombre grandissant de foyers de contestation, dans les pays « aidés » ou préteurs, le destin de l’Union Européenne semble déjà écrit. Cette construction artificielle va finir par s’effondrer, du fait de la monnaie unique. Reste à savoir quand.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Admin
Admin


Messages : 9371
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Lentement mais sûrement, la tonalité des études sur la fin de la monnaie unique change   Jeu 26 Juil - 14:35

Lentement mais sûrement, la tonalité des études sur la fin de la monnaie unique change. L’analyse plus approfondie des faits conduit les personnes sérieuses à souligner les avantages d’un retour aux monnaies nationales, comme l’illustrent les analyses récentes de Natixis et Merrill Lynch, sur lesquelles revient notre blogueur associé Laurent Pinsolle.

Les Etats-Unis s'en sortent mieux que la zone euro, et ça ne changera pas
En avril dernier, j’avais évoqué ses études qui affirmaient que l’ajustement par une dévaluation monétaire était beaucoup moins douloureux que l’ajustement par une dévaluation interne (baisse des salaires). Le chef économiste de Natixis est allé plus loin avec deux nouvelles études. La première affirme qu’à la fin de l’euro, le mark se réévaluera de 20%, le franc perdra 2%, la lire 12%, la peseta 20% et la drachme 30%, des chiffres qui confirment les scénarios que j’évoque ici depuis le début.

La deuxième, sur l’Espagne, conclut que si la stratégie actuelle ne donne pas « des résultats rapides, elle va échouer : il faudra réduire encore beaucoup plus les salaires pour faire disparaître le déficit extérieur et le déficit public restera très élevé (…) La stratégie de dévaluation et de défaut peut être efficace comme en 1992 avec la forte élasticité-prix des exportations, le fait que la totalité du déficit de la balance courante vient des intérêts payés sur la dette extérieure ».

La banque étasunienne vient de publier une étude assez détaillée et novatrice basée sur la théorie du jeu, en analysant les gains et les pertes de chaque pays européen en cas de fin de la monnaie unique. Surprise, il y aurait bien des gagnants et des perdants à la fin de l’euro. A mille lieues de l’analyse catastrophiste d’ING (qui validait néanmoins les scénarios de parité monétaire), cette analyse affirme que l’Allemagne pourrait perdre 7% de PIB, du fait de pertes d’exportations.

A l’inverse, les pays en déficit qui dévalueraient, gagneraient, avec l’Irlande en pôle-position et un gain de 7% de PIB, puis l’Italie, avec 3%. Merrill Lynch estime également que la Grèce ferait des économies sur le coût de la dette (sans prendre en compte la possibilité de monétisation) et que l’Allemagne y perdrait son statut de pays refuge de la zone euro. En fait, pour la banque, tout dépendra de la capacité de l’Allemagne à convaincre l’Italie de rester, outre un gros risque en Grèce.

Bien sûr, les perroquets euro-béats affirment que la seule solution serait un saut fédéral, mais de plus en plus d’éléments confirment que la transformation de l’euro en une monnaie commune est parfaitement possible et même souhaitable, par-delà le fait que l’étude des solutions fédérales indiquent qu’elles ne sont pas tenables. André-Jacques Holbecq a signé un papier sur le sujet pour la revue Projet qui souligne que la zone euro est trop hétérogène pour partager une même monnaie.

Parallèlement, la fondation Wolfson, qui avait lancé un concours pour définir le meilleur plan de sortie de la monnaie unique, a remis son prix de 250 000 livres au cabinet de consultants Capital Economics. Les recommandations du cabinet sont très pratiques et sont un bon complément aux analyses historiques de Jonathan Tepper, un des finalistes de ce prix, dont j’avais résumé les travaux. Je vous invite également à lire ce papier prémonitoire de 2010 de Bernard Connolly.

Il est impressionnant de constater la croissance des études sérieuses qui démontrent toutes les limites de la monnaie unique. En face, le plus souvent, on en est réduit à des croyances ne reposant sur aucun fait sérieux. Voilà qui devrait faire réfléchir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ermitageagora.discutforum.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Vers l'explosion de l'Euro et l'implosion de l'Europe !   

Revenir en haut Aller en bas
 
Vers l'explosion de l'Euro et l'implosion de l'Europe !
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» Virement vers pays zone SEPA n'utilisant pas l'euro
» 2012: 10/09 Découverte d'une explosion à la surface de Jupiter
» Les huit marches vers le bonheur de Bhante Henepola Gunaratana
» faut il se tourner vers la MECQUE ?
» Pique-nique vers Besançon Association A CHACUN SON SOURIRE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Agora de l'Ermitage :: Sur la place du marché :: Les dérives de l'occident-
Sauter vers: