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 Vers l'explosion de l'Euro et l'implosion de l'Europe !

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MessageSujet: l'écroulement se poursuit   Mar 25 Oct - 7:01

Sarkozy: après la Grande Crise, voici la Grand Trouille
Devant les photographes, ils sourient et se complimentent. En coulisses, ils se menacent, se tancent, s'engueulent. Est-ce la peur de l'échec, les prémices d'un sauve-qui-peut politique généralisé ? Les dirigeants européens se retrouveront mercredi après un weekend de tractations non conclusives.

En Sarkofrance, c'est décidé. Quitte à suivre Angela Merkel, autant dramatiser la situation pour intéresser les Français à autre chose que la candidature de François Hollande ou le calamiteux bilan de Nicolas Sarkozy.




Sermons
Angela Merkel avait été fraîche voire froide à l'encontre de Nicolas Sarkozy la semaine dernière. Dimanche, les deux dirigeants s'étaient presque réconciliés sur le dos de Silvio Berlusconi. Le premier ministre italien s'est pris un savon franco-allemand, Sarkozy affirmant qu'il n'était plus question d'octroyer la solidarité européenne à ceux qui n'étaient pas « décidés à faire eux-mêmes des efforts ». Avec ses 1.800 milliards d'euros de dette publique, sa croissance atone et son immobilisme politique, l'ancien meilleur ami et modèle de Nicolas Sarkozy est devenu le vilain petit canard de l'Europe.

Lors de leur conférence de presse commune, Sarkozy et Merkel se sont silencieusement moqués de leur homologue italien. Interrogés sur leur confiance dans le leader italien, les deux se sont regardés avec un large sourire, provoquant l'hilarité de la salle. «Nous faisons confiance au sens des responsabilités de l’ensemble des autorités politiques et économiques de l’Italie»… a complété le président français.

Lundi en fin de journée, Il Cavaliere se défendait: « personne n'est en mesure de donner des leçons à ses partenaires »

Disputes
Un autre échange, tout aussi vif mais plus équilibré, est intervenu entre David Cameron et Nicolas Sarkozy. Le premier ministre britannique s'était plaint de la déstabilisation des économies européennes par la crise de l'euro, que son pays n'a pas adopté: « La crise de la zone euro affecte toutes nos économies, y compris celle de la Grande-Bretagne, a martelé M. Cameron. Il est dans l'intérêt de la Grande-Bretagne que les pays de la zone euro règlent leurs problèmes. Mais cela devient dangereux – et j'en ai parlé franchement avec eux – s'ils prennent des décisions vitales pour les autres pays du marché unique, comme des décisions sur les services financiers, qui concernent tout le marché unique. »

Lundi, la presse britannique s'est fait l'écho de la réponse cinglante et peu diplomatique de Nicolas Sarkozy. « Vous avez perdu une belle occasion de vous taire Nous en avons assez de vous entendre nous critiquer et nous dire ce que nous avons à faire. (...) Vous dites détester l'euro, vous n'avez pas voulu le rejoindre et maintenant vous voulez vous ingérer dans nos réunions », a dit le président français à Cameron, selon le Daily Telegraph et The Guardian. Ce dernier a même titré: « Sarkozy à Cameron: ta gueule sur l'euro ! ».

Angoisses
Il y a trois ans, en 2008, on avait cru revivre 1929. Les messages rassurants de nos dirigeants avaient fait illusion quelques mois. On avait cru s'échapper du Grand Cataclysme grâce, en France, aux titanesques efforts de notre Monarque: suppression des paradis fiscaux, mise au pas des traders, régulation des banques et des marchés, relance de l'économie et investissements « d'avenir » et « d'excellence ».

Depuis 12 mois, un Nicolas Sarkozy en pré-campagne sillonne la France pour répéter devant des audiences acquises à sa cause combien il nous a sorti de la Grande Crise.

Trois plus tard, après la Grande Crise, voici la Grand Trouille.

En fait, les paradis fiscaux sont toujours là, les traders se portent bien, quelque 16.000 milliards de dollars de spéculation financière mondiale échappent à tout contrôle. « Ça prend nécessairement du temps parce que c'est une terre nouvelle, d'une certaine manière, puisque ce qui était il y a trois ans l'une des meilleures signatures, celles des Etats ou des collectivités locales, est aujourd'hui questionné par les investisseurs et les marchés » a reconnu François Baroin lundi. « Le vrai problème, c'est celui des dettes et l'absence de régulation des marchés » a complété le ministre des affaires européennes Jean Leonetti lundi soir sur France 2. Quels aveux !

L'austérité à l'oeuvre aggrave la situation des pays endettés, précipitant leur dégradation de crédit auprès des agences de notation et des marchés. Après la Grèce, l'Irlande, et le Portugal, voici l'Italie qui devrait bénéficier d'un plan de sauvetage. Ce dernier fait l'objet de négociations discrètes ces jours derniers, nous rapportait le Monde. Un défaut partiel de paiement en Grèce déstabilisera nos banques européennes, qu'il faudra renflouer. En France, le directeur de la Banque Centrale était rassurant lundi matin : « Les banques françaises sont bien capitalisées, ne sont pas exposées à des risques particuliers. Le coût supplémentaire que peut avoir le traitement de la dette grecque est quelque chose qui est parfaitement absorbable ».

Récession ?
L'Allemagne de Merkel s'obstine à lâcher crédits et garanties avec parcimonie, pour mieux échanger des plans d'austérité en contre-partie. En France, les 14 milliards d'euros de réductions de niches fiscales et de dépenses ne suffiront pas. Le gouvernement s'apprête à réviser ses prévisions de croissance pour l'an prochain.

Avec +1% de PIB au lieu des +1,75% initialement prévus, ce sont quelque 8 à 10 milliards de recettes fiscales supplémentaires qui feront défaut, et autant de dépenses à réduire si l'objectif de déficit budgétaire doit être tenu. Un cabinet d'études anglo-saxon, Markit, nous promet une entrée en récession ce mois-ci d'octobre.

On comprend que Moody's soit inquiète. Vendredi, Standard and Poor's ajoutait qu'une éventuelle récession précipiterait la dégradation de la note de la France. Nous sommes prévenus.

Dramatisation
En coulisses, l'équipe Sarkozy espère quand même tirer quelque profit de ce contexte dramatique. On appelle cela la stratégie du pire. Depuis juillet et la mise en scène de l'intervention sarkozyenne pour décrocher un accord, notre Monarque s'était fait plutôt discret. Certes, il fut contraint parfois, comme en août, d'interrompre par deux fois ses quatre semaines de repos au Cap Nègre. Mais pour le reste, il continuait ses inaugurations d'usines, visites de fermes, ou autres discours de campagne. Depuis quelques jours, il paraît qu'il « mise énormément sur une sortie de crise pour rebondir » (L'Express ).

Nicolas Sarkozy cherche une issue à son propre impasse. Tout le monde reconnaît qu'il ne fait que suivre Angela Merkel depuis des mois. Dimanche matin, The Guardian - encore lui - titrait: « Sarkozy ne parle plus qu'une langue, l'Allemand ». Samedi soir, l'envoyé spécial de Libération Jean Quatremer s'amusait de voir un Sarkozy en rage sourde regagner sa chambre d'hôtel à Bruxelles pendant qu'Angela Merkel préférait aller trinquer au bar du même établissement.

Depuis 8 jours, l'Elysée a donc choisi la dramatisation. Dimanche soir, Sarkozy parlait avec Merkel devant des journalistes, pour ne rien annoncer. Lundi, François Fillon accueillait les présidents de groupes de l'Assemblée nationale à Matignon.

Mercredi, ce sera donc le Grand Jour, le « Judgment Day »... pour le moment.
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MessageSujet: Les dirigeants shadoks buchent les trous pour en ouvrir d'autres   Jeu 27 Oct - 9:50

Les dirigeants européens réunis à Bruxelles ont effacé la moitié de la dette grecque et garanti les banques pour permettre leur recapitalisation. Le Fonds de stabilisation a été abondé à hauteur de 1000 milliards et la création d'un fonds de garantie privé, où sont espérés les capitaux notamment chinois, est envisagée et doit faire l'objet d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le numéro un chinois. Mais les solutions trouvées ressemblent au gag d'un feuilleton célèbre diffusé au temps de l'ORTF, lorsqu'on ignorait ce qu'était une crise financière.


(Dessin : Louison)
Cette fois-ci les banques vont devoir afficher leurs pertes potentielles. C’est du moins la première décision prise par le Conseil européen (qui regroupe les dirigeants 27 membres de l’Union européenne, qu’ils soient ou non dans l’euro). D’ici au mois de septembre, les principales banques, dites « systémiques » parce que leurs faillites provoqueraient des dégâts collatéraux d’une ampleur inconnue, devront afficher la vérité des comptes.

Mais attention, il ne s’agit pas de savoir combien d’emprunts à tiroirs, de CDS improbables, de swaps sans contreparties ou de subprimes diverses elles conservent dans leurs livres. Non, les Etats membres leur demande de valoriser les emprunts d’Etat au « prix du marché », tel qu’il était au 30 septembre.

Mine de rien. C’est une sorte de petite révolution. D’abord parce que les banques conservaient leurs obligations d’Etat jusqu’à la fin de leur durée en les comptabilisant au prix d’émission, car celles-ci étaient considérées comme le placement le plus sûr et le plus liquide possible. C’était du « fonds propre dur ».

Ensuite parce que des Etats demandent que leurs propres obligations soient dévalorisées. On devrait donc comptabiliser les obligations grecques à environ 46% de leur valeur d’émission, celles de l’Espagne et de l’Italie aux environs de - 20%, peut-être les françaises à - 10%, ou - 5%. Cela s’appelle se tirer une balle dans le pied, car lors des prochaines adjudications d’obligations publiques, les banques qui viennent acheter du « papier » des Etats pourront dire aux directeurs du Trésor de leurs pays : « compte-tenu de la décote au 30 septembre, il faut me verser un taux d’intérêt plus élevés ». Et ce sont les contribuables, qui ensuite assumeront cette charge.

Donald Tusk, Premier ministre polonais et président en exercice du conseil européen a eu beau préciser qu’il s’agissait là « d’une mesure exceptionnelle, et transitoire qui ne durera que de un à trois ans », cela risque bel et bien de renchérir le coût du crédit pour les Etats.

Les banques, elles, devront, avant le 30 juin 2012, trouver de quoi combler non seulement le « trou » comptable constaté à la suite de la dévaluation des emprunts d’Etat, et augmenter leurs fonds propres « durs », à 9% (contre une obligation de 6% aujourd’hui). Selon une estimation de la délégation française, cela représente une masse globale de 106 milliards d’euros au niveau européen, dont une dizaine pour les banques françaises. Pour ce faire, les banques devront chercher l’argent chez elles, en restreignant les bonus et les dividendes versés, sur les marchés, et auprès des Etats si les solutions de marché ne fonctionnent pas. Donald Tusk, visiblement traumatisé par l’expérience socialiste vécue par son pays, avertit : « l’appel aux Etats ne doit pas amener un traitement injuste des propriétaires des banques ». Enfin lorsque les Etats ne peuvent pas aider les banques en difficulté, il sera fait appel au fonds européen de stabilité financière.

Ce sera sans nul doute le cas des banques grecques. Bien sûr le budget d’Athènes est incapable de sortir le moindre cent. De plus ce sont les banques grecques, comme les Grecs, qui vont subir en premier le choc de la « décote » appliquée aux emprunts grecs, qui se discute, non pas à 27 pays, mais entre les seuls 17 membres de la zone euro.

On évoque, du côté des négociateurs français, une décote de 100 milliards sur les 210 milliards d’emprunts placés auprès du privé. Donc 45%. Mais sur ces 210 milliards, 141 milliards sont entre les mains des banques grecques, des fonds de pensions grecs, des assurances grecques, etc… Il faudra bien recapitaliser les principales institutions, du moins les banques et les fonds de retraites, pour permettre au pays de simplement fonctionner. Il faudra donc que le FESF prenne des participations, ou engage des prêts, à hauteur de dizaines de milliards.

Vue ainsi, la solution du défaut partiel, logique pour soulager les comptes publics d’un pays en récession depuis trois ans, ressemble à l’histoire des Shadoks qui creusaient des trous pour en reboucher d’autres, puis s’apercevaient de l’existence des trous qu’ils venaient de creuser, et donc se remettaient à creuser pour les reboucher…

Les dix sept chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro sont donc les shadocks du 21e siècle. A l’heure où sont écrites ces lignes, ils sont à la recherche de la solution pour faire du FESF un instrument capable de faire face à la crise italienne. Il faut avoir une force de frappe d’au moins 1600 milliards d’euros sans faire appel à la banque centrale européenne, solution que n’importe quel Gibi aurait adoptée...

Toujours acharnée à creuser les pauvres bêtes que sont les dirigeants européens tentent de convaincre les banques d'abandonner la moitié au moins des créances qu'elles détiennent sur la Grèce. La discussion n'est pas facile. D'abord parce que officiellement, les négociations ont pour but d'obtenir un accord « volontaire » des banques, avec une association, l'Institut de la finance internationale, basée à Washington. En plus les banques ont compris une chose : plus elles accepteront une décote importante sur les obligations grecques, plus elles devront chercher de la l'argent pour se recapitaliser.

Là aussi, on creuse un trou d'un côté, qu'on rebouche de l'autre. On recreuse, on re rebouche... Pour un peu, on comprendrait la rebuffade du président de l'IFI, Charles Dallara, qui a créé la surprise en pleine nuit en déclarant dans un communiqué publié aux Etats-Unis : « il n'y a aucun accord sur une décote de la dette grecque », au beau milieu du sommet de la zone euro. Comme la décote de la dette grecque conditionne le niveau de la recapitalisation des banques, qui conditionne la hauteur du FESF...

Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Christine Lagarde ont quitté précipitament la réunion de l'Eurogroupe, pour négocier avec les banquiers... Ils leur ont fait savoir que faute d'un accord raisonnable, la Grèce pourrait bien faire défaut sur la totalité de sa dette, et la facture pour les banques serait alors deux fois plus élevée. Il semble que les banquiers soient sensibles à la menace la plus brutale : un accord semble acquis aux alentours de 4 heures du matin...

Alors les Shadocks creusent, creusent... On ne sait quand ils sortiront du trou...


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MessageSujet: Les saltimbanque du spectacle politique à la solde des multinationales ne font que brasser du vent pour retarder l'inéluctable échéance   Jeu 27 Oct - 14:53

«Un accord trop court, peu détaillé, plein d'effets d'annonce»
159 commentaires
Recueilli par DOMINIQUE ALBERTINI


Une pièce d'un euro. (AFP Leon Neal)
Le compromis européen trouvé hier soir représente-t-il une réponse efficace à la crise? Pour l'économiste Alexandre Delaigue (professeur à Saint-Cyr Coëtquidan, co-animateur du blog Econoclaste et chroniqueur pour Libération.fr), les chefs d'Etats et de gouvernement n'ont fait que «gagner du temps».



L'accord obtenu hier soir est-il la réponse-choc attendue, ou est-il encore insuffisant pour mettre un terme à la crise des dettes?

Réponse B: c'est un accord trop court, pas assez détaillé, plein d'effets d'annonce. Par exemple, pour la réduction de la dette grecque détenue par les banques, les 50% annoncés nécessitent encore des négociations avec celles-ci. De même, pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et ses 1000 milliards, reste à savoir comment on va atteindre cette somme. Enfin, le rôle de la Banque centrale européenne n'est toujours pas pris en compte.

S'ils sont insuffisants, ces résultats n'en représentent-ils pas moins une vraie avancée par rapport aux sommets précédents?

Une négociation, c'est l'art du possible. Comme dans les 14 derniers sommets, on a repoussé un peu la canette dans le caniveau, en attendant que quelque chose se passe. On a simplement gagné du temps. Il est vrai qu'une absence d'accord aurait été bien pire.

Gagné du temps avant quoi?

Avant des choix très grands et difficiles pour l'Europe, de nature institutionnelle. Va-t-on se diriger vers une véritable structure fédérale démocratique, ou aller vers un délitement plus ou moins rapide?

Revenons sur les mesures annoncées. 50% de réduction de la dette grecque détenue par les banques, c'est le bon chiffre?

Déjà faut-il que les banques acceptent de subir une perte de cette ampleur. L'International swaps and derivatives association (ISDA) va devoir décider si cette coupe représente ou non un défaut de paiement de la part de la Grèce. [Dans l'affirmative, cela déclencherait les CDS, assurances anti-défaut, avec des effets désastreux sur les marchés, ndlr.] C'est peu probable, car l'ISDA a tendance à être plutôt coulante. Par contre, il est possible qu'une agence de notation considère cette solution comme un défaut.

Et l'indispensable renforcement du FESF, n'y sommes-nous pas – grâce, notamment, à la participation des pays émergents, dont la Chine?

Ca ne coûte rien de se dire que quelques pays émergents achèteront des titres du FESF. Mais ce sont des annonces. En pratique, il n'est pas certain qu'ils le fassent. Il faudrait pour cela que la capacité d'endettement du FESF soit solidement garantie par les Etats. Hors, elle ne peut pas l'être, car plus le FESF emprunte, plus les Etats devront garantir, alors qu'ils sont en situation précaire. D'ailleurs, il est inquiétant de remarquer que la note du FESF est exactement corrélée à celle de la France. Preuve que notre pays est le dernier domino avant la débâcle générale.

Faut-il craindre de voir un jour une grande partie de la dette européenne détenue par la Chine, à l'image de la dette américaine?

La dépendance entre la Chine et l'Europe, comme entre la Chine et les Etats-Unis, serait de toute façon réciproque. Car, en cas de défaut européen, ce seraient les épargnants chinois qui en subiraient les conséquences. De la même façon que c'est pour protéger l'un de ses principaux marchés à l'exportation que la Chine vient aujourd'hui en aide à l'Europe.

Aurait-il été indispensable de permettre à la BCE de faire tourner la planche à billet pour renflouer les Etats?

Le problème de fonds est très simple: ce sont les traités, qui lui interdisent d'être prêteur en dernier ressort pour les Etats. Pourtant, une annonce en ce sens résoudrait le cas grec. Il suffirait à la BCE de dire: Je ne laisserai pas les taux sur les dettes des grands pays européens s'élever de manière inconsidérée. Alors le problème serait réglé avant même que la BCE ait eu besoin d'agir. Mais les traités ne le permettent pas. De plus, les décisions à la BCE sont prises par un conseil dont une bonne partie des membres sont persuadés que son rôle n'est pas d'être ce prêteur en dernier ressort.

L'Europe a-t-elle encore les moyens de ses ambitions?

Non, et le problème est que l'on se cherche des expédients pour cacher ce fait. Et si vous annoncez d'énormes moyens sans pouvoir assurer ensuite, le remède peut être pire que le mal. C'est comme si vous arriviez dans un bar pour arrêter une bagarre avec un pistolet, et quand vous appuyez sur la gachette, c'est un petit drapeau qui sort...

Finalement, quel aurait été l'accord idéal?

Il n'y a pas d'accord idéal. Tous les jours, des dizaines d'articles prétendent expliquer comment sauver la zone euro, en se contredisant les uns les autres. On peut imaginer plein de solutions virtuelles: que demain l'UE et l'eurozone se transforment en Etats-Unis avec un Etat central démocratique, des Etats locaux sans souveraineté et une BCE calquée sur la Banque fédérale américaine.

Mais la question n'est pas de savoir où on veut aller, mais comment on y va, dans un environnement contraint par des logiques de souveraineté divergentes. Chaque dirigeant veut que le système n'explose pas, mais aussi que ce ne soit pas son pays qui subissent les principales contraintes. Il faut trouver un nouveau mécanisme institutionnel. L'idéal serait un système dans lequel les Etats s'engagent de manière crédible à ne pas être surendettés, et où la BCE s'engage de manière crédible à être prêteur en dernier ressort.

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MessageSujet: l'accord signé ne fait que prolonger l'agonie de l'euro   Ven 28 Oct - 12:01

Sapir : l'accord signé ne fait que prolonger l'agonie de l'euro
Jacques Sapir - Tribune | Jeudi 27 Octobre 2011 à 12:00 | Lu 13643 fois
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Les dirigeants de la zone euro ont conclu un accord, vers 4 heures ce jeudi matin, pour tenter de sauver l'euro. Pourtant, selon Jacques Sapir, ce plan anticrise est le « pire accord envisageable », car il va contribuer à nous plonger encore davantage dans la récession et priver l'Europe de son indépendance. D'autant plus qu'il ne suffira pas à sauver la Grèce.



( Dessin : Louison )
L'accord réalisé cette nuit ne fera que prolonger l'agonie de l'Euro car il ne règle aucun des problèmes structurels qui ont conduit à la crise de la dette. Mais, en plus, il compromet très sérieusement l'indépendance économique de l'Europe et son futur à moyen terme. C'est en fait le pire accord envisageable, et un échec eût été en fin de compte préférable.
Nos gouvernements ont sacrifié la croissance et l'indépendance de l'Europe sur l'autel d'un fétiche désigné Euro.

HUIT MESURES ACTÉES
Si nous reprenons les mesures qui ont été actées nous avons :

1. Une réduction partielle de la dette mais ne touchant que celle détenue par les banques. Autrement dit c'est 100 milliards qui ont été annulés et non 180 (50% de 360 milliards). Cela ne représente que 27,8%. La réalité est très différente de ce qu'en dit la presse. Cela ramènera la dette grecque à 120% en 2012, ce qui est certes appréciable mais très insuffisant pour sortir le pays du drame dans lequel il est plongé.

2. Le FESF va se transformer en « fonds de garantie » mais sur les 440 milliards du FESF, seuls 270 milliards sont actuellement « libres ». Comme il faut garder une réserve c'est très probablement 200 milliards qui serviront à garantir à 20% les nouveaux emprunts émis par les pays en difficultés. Cela représente une capacité de 1000 milliards d'emprunts (200 / 0,2). C'est très insuffisant. Barroso avait déclaré qu'il fallait 2200 milliards et mes calculs donnaient 1750 milliards pour les besoins de la Grèce (avant restructuration) du Portugal et de l'Espagne. Cet aspect de l'accord manque totalement de crédibilité.

3. La recapitalisation des banques est estimée à 110 milliards. Mais, l'agence bancaire européenne (EBA) estimait ce matin la recapitalisation à 147 milliards (37 de plus). De plus, c'est sans compter l'impact du relèvement des réserves sur les crédits (le core Tier 1) de 7% à 9% qui devra être effectif en juin 2012. Il faudra en réalité 200 milliards au bas mot, et sans doute plus (260 milliards semblent un chiffre crédible). Tout ceci va provoquer une contraction des crédits (« credit crunch ») importante en Europe et contribuer à nous plonger en récession. Mais, en sus, ceci imposera une nouvelle contribution aux budgets des États, qui aura pour effet de faire perdre à la France son AAA !

4. L'appel aux émergents (Chine, Brésil, Russie) pour qu'ils contribuent via des fonds spéciaux (les Special Vehicles) est une idée très dangereuse car elle va enlever toute marge de manoeuvre vis à vis de la Chine et secondairement du Brésil. On conçoit que ces pays aient un intérêt à un Euro fort (1,40 USD et plus) mais pas les Européens. La Russie ne bougera pas (ou alors symboliquement) comme j'ai pu le constater moi-même lors d'une mission auprès du gouvernement russe en septembre dernier.

5. L'engagement de Berlusconi à remettre de l'ordre en Italie est de pure forme compte tenu des désaccords dans son gouvernement. Sans croissance (et elle ne peut avoir lieu avec le plan d'austérité voté par le même Berlusconi) la dette italienne va continuer à croître.

6. La demande faite à l'Espagne de « résoudre » son problème de chômage est une sinistre plaisanterie dans le contexte des plans d'austérité qui ont été exigés de ce pays.

7. L'implication du FMI est accrue, ce qui veut dire que l'oeil de Washington nous surveillera un peu plus... L'Europe abdique ici son « indépendance ».

8. La BCE va cependant continuer à racheter de la dette sur le marché secondaire, mais ceci va limiter et non empêcher la spéculation.


L
Au vu de tout cela on peut d'ores et déjà tirer quelques conclusions :

- Les marchés, après une euphorie passagère (car on est passé très près de l'échec total) vont comprendre que ce plan ne résout rien. La spéculation va donc reprendre dès la semaine prochaine dès que les marchés auront pris la mesure de la distance entre ce qui est proposé dans l'accord et ce qui serait nécessaire.

- Les pays européens se sont mis sous la houlette de l'Allemagne et la probable tutelle de la Chine. C'est une double catastrophe qui signe en définitive l'arrêt de mort de l'Euro. En fermant la porte à la seule solution qui restait encore et qui était une monétisation globale de la dette (soit directement par la BCE soit par le couple BCE-FESF), la zone Euro se condamne à terme. En recherchant un « appui » auprès de la Chine, elle s'interdit par avance toute mesure protectionniste (même Cohn-Bendit l'a remarqué....) et devient un « marché » et de moins en moins une zone de production. Ceci signe l'arrêt de mort de toute mesure visant à endiguer le flot de désindustrialisation.

- Cet accord met fin à l'illusion que l'Euro constituait de quelque manière que ce soit une affirmation de l'indépendance de l'Europe et une protection de cette dernière.

Pour ces trois raisons, on peut considérer que cet accord est pire qu'un constat d'échec, qui eût pu déboucher sur une négociation concertée de dissolution de la zone Euro et qui aurait eu l'intérêt de faire la démonstration des inconséquences de la position allemande, mais qui aurait préservé les capacités d'indépendance des pays et de l'Europe.

Les conséquences de cet accord partiel seront très négatives. Pour un répit de quelques mois, sans doute pas plus de six mois, on condamne les pays à de nouvelles vagues d'austérité ce qui, combiné avec le « credit crunch » qui se produira au début de 2012, plongera la zone Euro dans une forte récession et peut-être une dépression. Les effets seront sensibles dès le premier trimestre de 2012, et ils obligeront le gouvernement français à sur-enchérir dans l'austérité, provoquant une montée du chômage importante. Le coût pour les Français de cet accord ne cessera de monter.

Politiquement, on voit guère ce que Nicolas Sarkozy pourrait gagner en crédibilité d'un accord où il est passé sous les fourches caudines de l'Allemagne en attendant celles de la Chine. Ce thème sera exploité, soyons-en sûrs, par Marine Le Pen avec une redoutable efficacité. Il importe de ne pas lui laisser l'exclusivité de ce combat.

La seule solution, désormais, réside dans une sortie de l'euro, qu'elle soit négociée ou non.
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MessageSujet: Avouer que l'on s'est trompé ...et fairte autre chose où l'homme serait au centre...   Mer 2 Nov - 10:57

Comme prévu Babel s'écroule devant les yeux horrifiés de ceux qui vite -atosatisfaits ne songent qu'à défendre les intérêts des riches et une logique économique totazlement dépassée

Les hommes n'ont pas à souffrir pour satisfaire des paramètres ou des courbes... mais les courbes et les marchés doivent s'adapter aux hommes , à tous sans exceptions

c'est ce 'ose rappeler Mr Papandréou au monde des nantis

ASSEZ de SOUFFRANCES en pure perte ...ou pour des intérêts financiers

De la pire manière, dans le pire contexte, avec les pires conséquences possibles pour nous tous, Papandréou soulève la seule vraie question. Totalement taboue et même refoulée jusque-là. Impossible à formuler tant elle est vertigineuse, terrifiante pour ceux qui nous gouvernent. Cette question simple : que pensent les peuples de la brutale cure d’austérité qui va s’abattre sur eux ? Merci aux Grecs, à l’avant-garde du désespoir, de la poser et d’y répondre en premier. Et de nous rappeler, au passage, que la crise économique sonne toujours le premier acte de l’ébranlement des démocraties. Nous vivons actuellement les effets d’un fédéralisme de la catastrophe, purement négatif. Qui conduit dans l’urgence à mettre sous tutelle certains Etats, dépouillés de leur souveraineté et repris en main par les prêteurs. Gouvernés, de fait, par les dirigeants élus d’autres pays. Dans ce schéma, les peuples ne sont qu’une variable d’ajustement, la démocratie une procédure risquée. En Europe, à l’âge des économies interconnectées et de l’euro, un fédéralisme positif, doté d’outils de contrôle et de gouvernement, conduira lui aussi à des pertes partielles de souveraineté, ne nous leurrons pas. Mais, il faut encore le rappeler, il devra nécessairement être contrebalancé par des institutions démocratiques sans lesquelles il restera une lettre morte. Ou plus sûrement une bombe à retardement.
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MessageSujet: L'horreur européenne, c'est aussi au Portugal   Mer 9 Nov - 6:18

L'horreur européenne, c'est aussi au Portugal

Laurent Pinsolle
Gaullisme
dim., 06 nov. 2011 13:04 CST
Pendant que la plus grande confusion règne en Grèce avec d'innombrables changements de scénarios, le Portugal souffre. The Economist a consacré un papier sur sa situation, guère reluisante depuis que le pays a décidé de se conformer aux commandements européens.

La grande régression sociale à Lisbonne

En effet, la situation du pays semble prendre la même direction que celle de la Grèce. Alors que Lisbonne avait réussi à sortir de la récession en 2010 avec une croissance d'un peu plus de 1%, le plan d'accompagnement du plan d'aide de 78 milliards d'euros aux créanciers du pays se paie cher d'un point de vue croissance, comme à Athènes. Le pays est retombé en récession puisque le PIB devrait reculer de 2% cette année et encore 3% l'année prochaine.

The Economist cite un syndicaliste qui avance une baisse cumulée de 27% du traitement des fonctionnaires, du fait de la baisse des traitements de base et de la suppression des bonus de Noël. Les Portugais semblent devoir affronter la même paupérisation accélérée que la Grèce. Et le problème est que cette austérité sauvage met en danger la réalisation du plan lui même car la baisse du PIB augmente le poids relatif de la dette et complique sérieusement l'équilibre des comptes publics.

L'impasse européenne

Quand on pense que les opposants à la sortie de la monnaie unique affirment péremptoirement que le retour aux monnaies nationales provoquerait une baisse du pouvoir d'achat ! Mais ce sont leurs cocktails indigestes qui provoquent une baisse sans précédent de la richesse des peuples européens. Bien sûr, une dévaluation renchérirait le prix des produits importés. Mais ici, leurs plans imbéciles réduisent l'ensemble du pouvoir d'achat dans des proportions beaucoup plus importante.

Bien sûr, les pays du Sud de l'Europe ne se révoltent pas encore contre cette Europe qui les torture car elle les a longtemps aidés. Mais, ainsi, elle montre un visage de plus en plus monstrueux et nul doute que les peuples finiront par comprendre qu'il y a une autre voie possible. Georges Papandréou semblait très justement vouloir demander à son peuple de s'exprimer sur le sujet mais une immense incertitude règne aujourd'hui sur ce qui va se passer en Grèce.

Mais qu'ont-ils fait à l'Europe ? Au départ, c'était une belle idée, généreuse, ouverte. Aujourd'hui, c'est un monstre sans la moindre humanité, prêt à appauvrir les peuples pour défendre une monnaie qui devait pourtant permettre davantage de prospérité. La monnaie est un moyen, pas une fin.
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MessageSujet: En Grèce tout baigne...depuis l'action du G20   Mer 9 Nov - 10:15

Désobéissance civile, débrouille : face au diktat de l'Europe, ce qui n'était jusqu'alors que des moyens de survie dans la société grecque risque de se transformer en un véritable mouvement de résistance contre l'occupation bruxelloise, juge l'historien et ethnologue Panagiotis Grigoriou.



( abdallahh - Flickr - cc)
LA « BELLE AVENTURE EUROPÉENNE » : JUSQU'OÙ L'HUMILIATION?
COMMENT PAPANDRÉOU AURAIT PU ÉVITER L'UKASE DU DIRECTOIRE MERKOZIE
EUROPE: BIENVENUE EN MERKOZIE !
« À bas l'occupation, la lutte continue, pour nous, sujets du Protectorat allemand au sud de l'Europe, chers auditeurs, les masques sont tombés, Papadimos l'élu de Merkel et de Sarkozy, ce banquier qui a contribué au maquillage des statistiques grecques lors de l'entrée dans l'euro, cet homme de la BCE et des rapaces internationaux des marchés, ce conseiller de Papandreou sera probablement notre prochain Crime Minister ... Les deux grands partis ont signé par la même occasion, l'acte de leur mise à mort en assassinant la patrie et le peuple. « Socialistes » du P.S. et Nouvelle « Démocratie » (la droite), entrent dans l'incinérateur politique, ce n'est plus une affaire de gauche ou de droite, mais de dignité nationale et de survie. L'Europe dite démocratique, nous disait encore hier, vous êtes sous nos ordres, sinon nous allons vous b... (sic) …. Je crains même, que sous peu, la liberté de parole restante va disparaître … Après les élections de … février, nous verrons éventuellement une grande coalition de tous les collabos, « Argentine plan » - phase II, sauf si …. Chers auditeurs, pensez-vous que vous et votre enfant, chères mamans, avez-vous encore un avenir ? Et bientôt les mamans italiennes ou bien même françaises vont s'en rendre compte. Nous, nous savons ici que désormais, cette Europe n'est pas une Union politique, mais la dictature des criminels de la doctrine du choc, et notre peuple se voit programmé à mourir sous occupation ... Mais la Résistance est là ... », voilà en résumé, l'émission de Georges Trangas ce matin sur Real FM, première radio chez nous, en termes d'audience.

Des appels circulent également sur internet. « Ce n'est plus une affaire de gauche ou de droite, Front Populaire, résistance », puis certains actes précis suivent. Nos coalisés Merkoziens pensent récolter les impôts, extraordinaires et impossibles, donnant ainsi les gages aux directoires de la rapacité financière mondialiste, une ministre du gouvernement français a sans doute trop vite parlé, suggérant « l'aide technique » de la France sur ce point. Déjà plusieurs citoyens, unions d'avocats, ou élus locaux saisissent la Justice sur l'inconstitutionnalité et l'illégalité de ces impôts extraordinaires, y compris de cette nouvelle imposition sur les biens immobiliers, incorporée dans les factures d'électricité. Plusieurs maires et municipalites de l'agglomération d'Attique (la région d'Athènes mais également à Rhodes et ailleurs), Peristeri, Elliniko – Argyroupolis, Saronikos, Nea Ionia, suggèrent aux citoyens de ne pas payer ces impôts, mettant en place un service juridique et technique d'aide à la désobéissance civile, le refus de se soumettre à ces lois, certains maires même, se déclarent prêts à remettre l'électricité aux foyers, au cas où Électricité de Grèce coupe le courant. Le maire de Peristeri a ainsi avisé le fournisseur national d'électricité par voie judiciaire, que si l'électricité est coupée aux foyers dont il y a au moins une personne au chômage (nous arriverons bientôt à un million de chômeurs officiels ici, sur onze millions d'habitants !), chez les retraités touchant 450 euros par mois, dans ce cas, les responsables de l'entreprise auront à faire collectivement et personnellement à des poursuites. A Corfou et ailleurs on met en place les équipes de Robins des bois qui vont remettre l'électricité si besoin. Le mouvement « Je ne paie pas », prend alors une nouvelle dimension, y compris démographique, ces municipalités représentent déjà plusieurs centaines de milliers de citoyens.

Nous apprenons également ce matin par les journaux, que notre résistance au froid fait également feu de tout bois. Personnellement, je l'avais bien observée déjà. Nos forêts sont « exploitées » massivement, par une population n'ayant plus d'autres moyens de chauffage cet hiver. Les fonctionnaires de l'Office National des Forêts, ne peuvent et ne veulent plus contrôler - leurs véhicules n'ont plus de carburants, manquent de crédits, eux-mêmes souvent ne perçoivent plus leurs soldes. « On ferme les yeux lorsque les habitants coupent et ramassent des arbres pour leur usage personnel, mais lorsque nous nous apercevons des camions de trafiquants, cela nous attriste vraiment, mais que faire, on sait que ces gens sont potentiellement armés ...», déclare à la presse un garde forestier sous l'anonymat.

Je reçois également mails et messages en provenance du Net, invitant à une sorte d'école de la survie, comment devenir autonome, comment mettre en valeur son lopin de terre, comment vivre sans électricité. Vous avez dit occupation ? La vie et la mort ne connaissent pas le vide politique.
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MessageSujet: Le scénario du pire est en train de se produire : les banques européennes se débarrassent à tour de bras de la dette souveraine des pays de la zone euro    Ven 11 Nov - 16:02

Le scénario du pire est en train de se produire : les banques européennes se débarrassent à tour de bras de la dette souveraine des pays de la zone euro jugés « à risques », au risque de précipiter la monnaie unique dans le gouffre. Ce mouvement, qui a débuté fin juillet, s’accélère et touche désormais la dette hexagonale qui n’est plus considérée comme un actif tout à fait sûr. C’est ce qui explique la montée accélérée des taux d’intérêt italien et l’écart de taux de plus en plus grand entre les obligations allemandes et françaises. Spéculation ? « Les fonds spéculatifs ne sont que des acteurs périphériques d’un mouvement inquiétant, parce que général : on est face à un désengagement massif des banques du marché des dettes souveraines », analyse un économiste d’une banque française qui a requis l’anonymat.



Ainsi, BNP-Paribas a réduit son exposition aux dettes de la zone euro de près de 21 % en se délestant de 10 milliards d’euros au cours du dernier trimestre, dont 8,3 milliards de dettes italiennes. Le Crédit Agricole a été un peu plus loin en diminuant son exposition de 27 % : en un mois, il a bradé plus d’un milliard de bons du trésor italien et 850 millions de dettes espagnoles. Depuis le 1er juillet, la banque verte a fait passer son exposition de 10,717 milliards sur les cinq pays périphériques à 7,285 milliards. De même, la Société Générale a vendu 650 millions de dettes italiennes, 400 millions de dettes espagnoles, etc. Tous ces mouvements ne sont pas des ventes : elles reflètent aussi l’inscription des obligations détenues à leur valeur de marché, ce qui permettra de recapitaliser au plus juste les établissements bancaires.

Ce sauve-qui-peut général a été lancé par les banques allemandes. Ainsi, la Deutsche Bank, à la fin du mois de juillet, s’est délestée de 8 milliards de dettes italiennes, ce qui a déclenché la descente aux enfers de la péninsule. Car ce mouvement s’autoalimente : chaque vente sur le marché secondaire fait baisser la valeur des obligations d’État (et donc grimper les taux d’intérêt). Ce qui pousse les autres acteurs de marchés à les suivre de crainte de prendre une tôle plus importante. Et de proche en proche, la panique gagne, tout le monde voulant se débarrasser d’actifs jugés fragiles, même si cela est totalement irrationnel : « les marchés sont en train de perdre la raison », se désole-t-on dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, le président français, ceux-ci traitant désormais moins bien l’Italie, « la huitième économie du monde », que la Tunisie ou l’Égypte…

Le pire est que cette défiance à l’égard de la zone euro est alimentée pour l’essentiel par des acteurs de marché européen, banques, assurances, fonds de pension, etc., et non par des établissements non européens. « C’est Cronos qui dévore ses propres enfants », soupire un analyste de banque. Il ne s’agit pas seulement à un mouvement de renationalisation du marché des dettes souveraines qui s’était largement internationalisé avec l’euro. En effet, il semble que les banques se délestent aussi de leur dette domestique : BNP-Paribas a ainsi vendu plus d’un milliard de dettes françaises. Les autres banques, elles, ne « communiquent » pas sur le sujet…

Les États vont avoir du mal à ramener à la raison des marchés qu’ils ont eux-mêmes affolés en ne tenant pas leurs engagements. Dès le début de la crise grecque, fin 2009, la zone euro avait promis ne pas restructurer la dette grecque. En échange, les États ont demandé à leurs banques de ne pas vendre de titres grecs. Mais, le 21 juillet dernier, la zone euro a décidé d’une décote « volontaire » de 21 % en moyenne de la dette grecque, décote portée à 50 % le 27 octobre. Cela a porté un coup mortel à la crédibilité des États, puisque plus rien ne garantit que les autres pays ne soient pas un jour traités de la même façon. Donc, plutôt que de prendre un risque, on vend et, ce faisant, on précipite la crise que l’on redoute…

La décision de recapitaliser les banques, prise le 27 octobre sous la pression des marchés américains qui se défient désormais de l’euro, a accentué ce mouvement. Les États ont, en effet, décidé de les obliger à augmenter leurs fonds propres « durs » (capital, réserves, dividendes non distribués) à 9 % de leur bilan contre 5 % actuellement. Plutôt que de faire appel aux marchés et donc de diluer leur actionnariat, elles ont fait le choix de se débarrasser de leurs actifs jugés les plus fragiles, en l’occurrence les dettes publiques : après tout, si on les oblige à se recapitaliser, c’est parce qu’elles ont prêté aux États de la zone euro… Ce qui leur permet au passage de réduire la taille de leur bilan et donc d’adoucir l’augmentation des fonds propres, ce qui leur permettra de continuer à distribuer bonus et dividendes.

« Si cela se confirme, on ne le tolèrera pas », s’énerve-t-on à l’Élysée : « on a demandé aux banques de ne pas céder d’actifs domestiques et de ne pas réduire l’accès au crédit dans la zone euro ». Or, selon un économiste d’une agence de notation, « on assiste à un clair retrait du financement de l’économie par les banques dans plusieurs pays de la zone euro ». En clair, un refus généralisé de prêter aux entreprises et aux ménages, c’est-à-dire à un « credit crunch ». Si on ajoute à cela la crise de liquidités qui se dessine, les banques refusant à nouveau de se prêter entre elles, et le désengagement des banques du marché des dettes souveraines, on se dirige tout droit vers une dépression de grande ampleur.

« Si les banques ne jouent pas le jeu, on peut faire une recapitalisation forcée », menace un proche du Président de la République. Autrement dit, une prise de participation directe de l’État dans le capital des banques. La menace, venant d’un gouvernement de droite, ne manque pas de sel.
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MessageSujet: L'Euro sombre mais Sarko joue à de Gaulle   Sam 12 Nov - 6:58

L'Euro sombre mais Sarko joue à de Gaulle
Mercredi, il était allé à à Colombey-les-Deux-Églises à l'occasion du 41ème anniversaire de la disparition du Général de Gaulle. L'an dernier, pour le 40ème anniversaire de la disparition du grand homme, Nicolas Sarkozy avait fait les choses en grand. Chapiteau, estrade, caméras, discours fleuve, etc. Cette fois-ci, ce fut plus sobre. Ce vendredi, 11 novembre oblige, Sarkozy jouera encore au chef de guerre pour honorer la fin de la première Grande Guerre. Il est même prévu une inauguration de musée militaire ... à Meaux, dans la commune de Jean-François Copé.

La crise est grave, la récession menace, l'Italie sombre, mais Sarkozy inaugure. Cherchez l'erreur.




Diversions protocolaires
Sur la page de garde d'Elysée.fr, le Général de Gaulle était encore à l'honneur. Nous n'avons pas souvenir - et les archives électroniques du site sont là pour le prouver - d'un tel hommage pour d'autres grands chefs d'Etat du pays. Après tout, si François Mitterrand n'a pas sauvé la France du déshonneur de la collaboration entre 1940 et 1944, il a tout de même marqué l'histoire du pays. On ne reprochera pas à Nicolas Sarkozy d'admirer de Gaulle davantage que Mitterrand. Tout juste pourrait-il s'abstenir de privatiser la Présidence de la République pour ces hommages strictement gaullistes.

Ce mercredi 9 novembre, il avait pris son gros hélicoptère présidentiel pour débouler à Colombey-les-Deux-Eglises, serrer quelques mains, et se faire photographier seul devant l'immense Croix de Lorraine puis la tombe du Général pour le traditionnel dépôt de gerbe. Depuis un an qu'il se re-présidentialise, Sarkozy cherche des symboles. Il a même parcouru quelques mètres à pied pour se rendre dans un restaurant voisin. L'envoyé spécial d'un quotidien local a été enthousiasmé par ce « bain de foule »: « le président est invité à signer un livre d'or. La chaleur de Benghazi dans le fief de De Gaulle ». Fichtre !

Protocole encore, le Monarque inaugure un musée en l'honneur de la Grande Guerre.
Le député-maire, avocat d'affaires Et patron par procuration de l'UMP présidentielle, l'avait annoncé il y a trois ans, le 8 novembre 2008. Pour cette opération, Copé a attiré pas mal de jolis mécènes, tels Véolia, Eiffage, Crédit Agricole, Casino et même Disney Paris. Le musée, 7.000 mètres carrés, a été installé sur les lieux mêmes de la bataille de la Marne.

Catastrophe européenne
En coulisses, le Monarque est au bord de la panique. Il ne sait plus comment contenir la crise, la grande catastrophe, le scénario tant redouté. Son grand show des 26-27 octobre derniers (psychodrame à Bruxelles puis intervention télévisée à Paris) a été bien vite oublié. Nous n'avons pas évité la « catastrophe ». Nous sommes toujours au bord du précipice.

1. La pression des marchés a eu la peau de Silvio Berlusconi, qui a démissionné mercredi. Mais les taux d'intérêts des prêteurs à l'Italie se sont encore inflatés. Les traders n'y croient plus. Mercredi puis jeudi, les Bourses ont encore flanché. Quelle est la différence entre l'Italie et la France ? L'Italie, au moins, dégage un excédent budgétaire. L'Italie doit aussi emprunter 400 milliards d'euros cette année sur les marchés, la France environ 200 milliards. Le Fond européen de Stabilité financière n'est pas crédible. Il a péniblement décroché 3 milliards sur les marchés en début de semaine.

2. Les marges de manoeuvre sont quasi-nulles. Quelques consoeurs et confrères rappellent, à juste titre, que les Etats européens ont abandonné toute politique monétaire depuis l'aube de l'intégration financière européenne; que l'interdiction faite à nos banques centrales de prêter à leurs propres Etats a précipité ces derniers dans les bras de banquiers et marchés privés; que cette privatisation de l'endettement s'est accompagnée, surtout depuis 2000, d'une large défiscalisation générale qui a amoindri les recettes publiques. Sur son seul quinquennat, Nicolas Sarkozy a fait cadeau de quelques 72 milliards d'euros de réductions fiscales (et ceci n'a rien à voir avec la crise !). Ajoutons des dépenses sociales, notamment les assurances maladie et chômage, qui n'ont cessé de progresser à cause du vieillissement et de la précarisation, et la boucle est bouclée.

3. La récession menace en Europe. Jeudi 10 novembre, la Commission européenne s'est inquiétée: « la chute brutale de la confiance freine l'investissement et la consommation, tandis que le ralentissement de la croissance mondiale limite les exportations et que l'assainissement budgétaire à opérer d'urgence pèse sur la demande intérieure ». Et elle prévient: « la croissance s'est arrêtée en Europe ».

France en panne
Jeudi, la même Commission européenne a réévalué à la baisse la prévision de croissance française: 0,6% et non le 1% que Sarkozy venait juste de reconnaître. Notre Monarque a toujours un train de retard. Barroso a aussi demandé davantage de rigueur au gouvernement Sarkozy. Quel affront ! Le couple Sarkozy/Fillon venait juste de nous annoncer « le budget le plus rigoureux depuis 1945 ». En panique, François Baroin et Valérie Pécresse ont lâché l'après-midi même un communiqué pour rassurer Bruxelles que « l'engagement de ramener le déficit à 3% du PIB en 2013 puis à l'équilibre en 2016 sera tenu ».

Il ne reste à Angela Merkel et surtout Nicolas Sarkozy qu'à mendier quelques centaines de milliards d'euros de prêts et garanties à ... la Chine. Quel sera le prix à payer cette fois-ci ? Sarkozy se courbait déjà en 2008 devant la « formidable organisation » des Jeux Olympiques de Pékin. Quelle sera la prochaine courbette ? La Chine est le pire des modèles de développement, une dictature politique et sociale, et un monstre pollueur.

Last but not least, une très mauvaise nouvelle est tombée... pour Nicolas Sarkozy: le SMIC va enfin augmenter. Depuis qu'il a été élu, Sarkozy a rarement été rigoureux sauf sur un sujet, la revalorisation du SMIC. Dès le début de son quinquennat, le Président des Riches avait soigneusement veillé à ne donner aucun coup de pouce au salaire minimum, malgré la multiplication des hausses tarifaires ici ou là. Pire, depuis janvier dernier, l'échéance de revalorisation avait été régulièrement repoussée. Celle de juillet fut ainsi décalée en août, puis à l'automne. Malheureusement pour lui, l'inflation du pays avait repris. L'indexation du SMIC est automatique et légale si l'inflation dépasse 2% sur 12 mois glissants, ce qu'elle a fait au 10 novembre. Le 1er décembre prochain, le SMIC sera ainsi revalorisé de 2,1%.
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MessageSujet: Les banquiers prennent le pouvoir en Eurozone   Lun 14 Nov - 7:39

Les banquiers prennent le pouvoir en Eurozone

Aldous
Agoravox
ven., 11 nov. 2011 12:47 CST
L'épidémie de démissions parmi les premiers ministres européens laisse le champ libre aux banquiers qui dirigent désormais quatre pays européens. En attendant le tour de l'Espagne, de la Slovénie et de la Slovaquie.

Il avait voulu un référendum, Il n'y en aura pas. Conspué et humilié par ses collègues européens qui, il n'y a pas si longtemps, le couvraient d'éloges, Papandréou est contrait de remettre le pays entre les mains d'un banquier.

Un homme du systeme.

Carolos Papadémos, qui vient de prendre la tête d'un gouvernement "de transition" est en effet un familier du cercle financier international.

Vice-président de la Banque centrale Européenne jusqu'en 2010, il a auparavant été gouverneur de la banque centrale grecque. Après des études aux USA (MIT et université de Columbia), il avait même débuté sa carrière dans la Fédéral Reserve Bank de Boston.

Sa mission, qui doit durer 100 jours, sera unique faire adopter à a Grèce les mêmes conditions que la Troïka a déjà imposé au Portugal. Ensuite seulement le peuple sera autorisé à voter pour des législatives anticipées.

Ma qué passa ?

En Italie, Berlusconi a aussi soudainement perdu le soutien du système, mais ce n'est ni à cause de ses frasques sexuelles ni à cause de ses magouilles judiciaires. Non, son faux pas a été d'avoir déclaré samedi que l'euro est "une devise qui n'a jamais convaincu personne".

Cette déclaration, véritable crime de lèse banquier-central a été publiée par le quotidien "Il Sole 24 Ore" et a signé la fin politique du cavalière. Sa majorité qui en avait vu pourtant d'autres, a soudain été pulvérisée.

C'est qu'en Eurozone, on ne blasphème pas impunément le nom de l'Euro. Pas plus qu'on ne soumet les volontés des banquiers au scrutin populaire.

De plus a quoi bien peut servir un Berlusconni quand on a un Mario Draghi, ex vice président de Goldman Sachs à la tête de la BCE ?

Ni au parlement du reste. C'est pour l'avoir ignoré que le portugais José Socratès a perdu en juin le pouvoir et que depuis le Portugal est sous contrôle de la Troïka bancaire. Une situation qui n'émeut guère l'ex-premier ministre portugais José Manuel Barosso.

Troïka au sud comme au nord.

En Irlande, c'est depuis février dernier que le FMI, la BCE et la Commission font la loi, après la démission et le retrait de la vie politique du premier ministre Brian Cowen. Le pays vit depuis une humiliant soumission à un plan de "sauvetage" qui a même viré à la "dispute française" avec Nicolas Sarkozy lors du Conseil Européen.

A qui le tour ?

Les jours au pouvoir de José Louis Zapatero sont également comptés. Il a été contraint d'avancer les élection législatives au 20 novembre. et il y a peu de chances que les socialistes en sortent vainqueurs. Mais avant d'être autoriser à voter les Espagnols auront doit aux aussi a leur plan de liquidation.

La Slovénie aura aussi des législatives anticipées le 4 décembre quand à la Slovaquie elle n'a plus de gouvernement depuis un mois .

Pas de quoi impressionner notre président de l'Europe, Hermann Von Rompuy, dont le pays, la Belgique, s'en passe très bien depuis plus d'un an.

Un peu partout, donc, en Europe, n'ayant plus confiance dans la fidélité de leurs hommes de paille et redoutant que les peuples se rebiffent, les banquiers-centraux se voient contraints de monter directement au charbon pour forcer les états à boire la ciguë.

Nous entrons maintenant dans la phase critique du coup d'état visant à dépouiller les états-nations de ce qui leur reste de souveraineté.

Préparez-vous a être "sauvés" vous aussi dans un proche futur.
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MessageSujet: Max Keiser : « Les banquiers zombies entraînent l'Europe dans l'enfer des banquiers »   Dim 20 Nov - 5:38



Max Keiser : « Les banquiers zombies entraînent l'Europe dans l'enfer des banquiers »


RT
mar., 15 nov. 2011 13:39 CST
Traduit par Résistance 71

Il apparaît que les banquiers prennent totalement contrôle de la politique en Europe., a dit l'analyste financier Max Keiser à RT, ajoutant que cette orientation pourrait mener à la domination globale des institutions banquières.

"Nous ne pouvons pas nous débarrasser des banquiers zombies, on ne peut pas les tuer", a dit Keiser, hôte de l'émission financière de RT "Keiser Report"; "L'Islande a cru qu'elle avait tué ses terroristes zombies banquiers, mais ils se sont relevés de nouveau et sont en train de pomper l'Islande. Ils sont une peste dans le monde et certainement en Europe. Il n'y a pas d'élections, mais ils mettent des banquiers aux commandes pour faire revenir une domination banquière totale alors que le monde est bien engagé sur la pente abrupte savonneuse qui mène à l'enfer des banquiers."

Keiser a indiqué à RT que l'agenda principal de ces banquiers est de créer toujours plus de dette. "Dans la zone Euro, ils ont l'opportunité de ramener tous les comptes de tous les pays ensemble et de créer une nouvelle entité de prêts comme l'EFSF, qui est une nouvelle entité de prêt à hauteur de 5000 milliards d'Euros, et ils veulent bâtir la dessus pour créer des entreprises de prêts à 10 ou 15 000 milliard d'Euros, parce que les banquiers sont payés au prorata de la dette qu'ils créent. Plus de mesures d'austérité amène plus de dette et cela amène plus de paiements pour les banquiers et ainsi plus de terrorisme financier.", a t'il expliqué.

D'après Keiser, une toute petite élite continue de grassement profiter de la situation désastreuse de l'Euro-zone, et elle continue le même plan qu'elle a mené ces dernières années.

"Il y avait auparavant une chose appelée le risque moral qui voulait que lorsqu'une banque prenait des risques, elle serait à un moment donné, pénalisée par le système, mais maintenant,, au plus de risques pris, au plus de récompenses", fit-il remarquer. "JP Morgan va maintenant s'interposer devant les comptes alloués aux clients et voler l'argent de ces comptes. Nous n'avons pas vu ce niveau de braquage et de vol depuis que les nazis ont volé les biens des gens dans les années 1930. Ceci est un scandale éhonté, ceci n'a pas été fait depuis des décennies. Il n'y a aucune réglementation en place ! Les taux d'intérêts sont à zéro pour cent, donc attendez-vous à plus de toute cette escroquerie", a t'il ajouté.

Toujours d'après Keiser, ceci veut dire que l'élite de la finance travaille la main dans la main avec la Banque Centrale Européenne (BCE) et gardent les taux d'intérêt proches de zéro pour cent, ainsi cela leur permet de financer des investissements spéculatifs pour rien du tout.

"Ils ne veulent pas dépenser de l'argent pour emprunter de l'argent et mettre des paris ridicules sur la table. Chaque fois qu'ils perdent un pari, ils imposent alors plus d'austérité. Chaque fois qu'ils gagnent un pari, ils se gardent 100% du profit", déclare Keiser.

Il a aussi insisté sur le fait que mettre des banquiers dans des positions de contrôle politique ressemble à l'attitude de quelqu'un qui a été victime d'un crime.

"Les gens continuent de dire que les banquiers savent mieux que quiconque comment gérer ces crises; mais ces banquiers sont ceux-là même qui ont volés l'argent, alors allons-nous leur donner encore plus d'opportunités de voler encore plus et d'imposer encore plus de mesures d'austérité ? C'est complètement dingue !" a conclu Keiser.

Paolo Ralfone, fondateur de l'organisation à but non-lucratif basée à Bruxelles, le Chipi Network, a dit à RT que la zone Euro a été poussée bien trop tôt comme partie du projet européen.

"L'idée de départ était d'avoir une union monétaire qui aurait poussée pour une union politique. Mais comme nous le voyons, l'union politique n'a jamais été bâtie parce que cela n'était pas la volonté des peuples de la bâtir, maintenant l'union monétaire tremble sur ses bases." A t'il expliqué.

Il a aussi ajouté que la zone euro aura un nouveau départ dans le futur, même si tous les membres de la zone euro et de l'UE se retrouvent encore.

"La façon dont l'union fonctionne sera différente, ou alors elle explosera" ajouta t'il.
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MessageSujet: L'explosion se rapproche   Lun 21 Nov - 18:02

Menace sur le AAA français : pour Moody's, le plan de rigueur n'a pas suffi
Publié le 21.11.2011, 11h35 | Mise à jour : 17h23
L'agence de notation Moody's Investors Service a estimé lundi qu'une hausse des taux des obligations françaises sur les marchés financiers et des perspectives de croissance économique détériorées risquaient d'avoir des conséquences négatives sur la note de la dette de la France. | Lionel Bonaventure
136 réactionsRéagir Mi-octobre, l'agence de notation Moody's Investors Service s'était donné trois mois pour étudier s'il y avait lieu de revoir la note AAA de la France, la meilleure possible. Lundi, l'agence a adressé une nouvelle menace, estimant que la situation économique de la France continue de se dégrader.

Un expert redoute un «problème de démocratie» en EuropeSelon Attali, la France a déjà perdu de facto son triple A
Elle s'inquiète à la fois des taux de plus en plus élevés auxquels doit faire face le pays pour emprunter sur les marchés obligataires et de la dégradation de ses perspectives de croissance. Ce nouvel avertissement a aussitôt plombé la Bourse de Paris, qui affichait toute la journée un recul supérieur à 3%. A 16h50, le CAC 40 cédait 97,83 points pour passer sous les 2 900 points à 2.899,82 points. L'ouverture à la baisse de Wall Street n'a pas rendu les investisseurs optimistes.

Mais paradoxalement la nouvelle a eu peu d'impact sur l'emprunt réalisé par la France sur les marchés lundi après-midi. Le pays a levé comme prévu 7,005 milliards d'euros sur des échéances de court terme. Seule l'émission obligataire avec l'échéance la plus longue s'est soldée par des taux en hausse.

«Des coûts de financement élevés et persistants pourraient accroître les difficultés que le gouvernement français rencontre, conjuguées à une perspective de croissance qui se détériore, avec des implications de crédit négatives», avertit Moody's. Ce qui signifie une potentielle baisse de la note du pays. Le 10 novembre, Standard and Poor's (S&P) une autre agence de notation, avait annoncé la dégradation de la note de la France à certains de ses abonnés avant de se reprendre et de plaider «l'erreur technique».
,
L'écart de taux avec l'Allemagne à un niveau historique

«La semaine dernière, rappelle l'agence, l'écart de taux entre les titres à 10 ans français et allemands a dépassé 200 points de base (2 points de pourcentage), un record depuis la création de la zone euro». La dette française est considérée avec méfiance sur le marché obligataire, visée par les craintes de contagion de la crise de la dette en zone euro qui semble n'épargner que l'Allemagne.

Moody's calcule qu'une hausse de 100 points de base (1 point) des taux d'intérêt entraîne un surcoût de trois milliards d'euros chaque année. «Avec une prévision du gouvernement de croissance du PIB d'à peine 1% en 2012, un taux d'intérêt alourdit rendra plus difficile à atteindre les objectifs de réduction des déficits», selon l'agence de notation.

Les plans de rigueur ne suffisent pas

Moody's estime que «les perspectives de croissance et la crise de la dette européenne», deux «facteurs de risque importants», sont hors du contrôle du gouvernement Fillon. «Les mesures d'austérité fiscale accroissent une pression fiscale déjà élevée et peuvent compromettre la croissance (...), ce qui peut entraîner la nécessité de plus d'austérité fiscale», juge Moody's, ajoutant que «le modèle social français ne peut pas être financé si le potentiel de l'économie française n'est pas préservé».

En clair, les deux plans de rigueur successifs adoptés depuis le printemps risquent de ne pas suffire. Quant aux mesures européennes face à la crise de la dette, elles risquent d'avoir un impact sur les comptes des banques, et vont affecter leur capacité à financer l'économie. Cela pourrait aussi avoir un impact sur les comptes publics si le gouvernement doit les soutenir, pense Moody's.

Dans les salles de marché, la France est de plus en plus considérée comme un pays du sud de l'Europe, au même titre que l'Espagne et l'Italie du fait de sa dette importante (1700 milliards d'euros) et de sa faible croissance. Pour les analystes financiers, le seul moyen de mettre fin à cette épidémie est une action rapide et volontaire de la zone euro, avec notamment une annonce choc lors du prochain sommet européen, le 9 décembre. Tous les yeux sont tournés vers la Banque centrale européenne et l'Allemagne pour qu'ils se prononcent pour des rachats massifs des titres des dettes des pays en difficulté. Mario Draghi et Angela Merkel ont les clefs.
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MessageSujet: L'éclatement se rapproche   Mar 22 Nov - 5:06

Va-t-on vers un éclatement de la zone euro ? L'hypothèse commence à être sérieusement envisagée par les politiques, tant la défiance des marchés envers les dettes publiques en Europe s'étend.

La contagion atteint désormais presque tous les États membres, excepté l'Allemagne. C'est en tout cas ce qu'indique le "spread", véritable thermomètre de la fièvre européenne. Cet indicateur, qui mesure l'écart entre le taux d'intérêt demandé par les investisseurs pour financer la dette allemande - la référence en zone euro - et les autres États, ne cesse d'augmenter. Désormais, le phénomène touche non seulement les pays sous perfusion de l'UE et du FMI - la Grèce, le Portugal, l'Irlande - et les pays fragiles (Italie, l'Espagne) mais aussi, dans une moindre mesure, des pays notés AAA comme les Pays-Bas, la Finlande et l'Autriche !

La France dégradée par rapport à l'Allemagne



Malgré son appartenance à ce club très fermé, la France n'est donc plus à l'abri. Le taux d'intérêt auquel s'échange la dette hexagonale s'écarte dangereusement de celui de l'Allemagne. Jeudi, le "spread" entre les deux pays a atteint 200 points de base, comme on dit dans le jargon financier, soit 2 %. Un record historique. Pour beaucoup d'observateurs, cela signifie que les marchés ont déjà intégré une dégradation de la note souveraine de la France...

Un catastrophisme qu'il convient toutefois de relativiser. Car si le spread franco-allemand augmente, c'est aussi parce que la dette allemande fait figure de valeur refuge en Europe. Résultat, elle s'échange à un taux d'intérêt historiquement faible, inférieur à 2 %. Et si les taux réclamés à Berlin pour financer sa dette baissent, cela fait mécaniquement augmenter le "spread" par rapport aux autres pays... C'est d'ailleurs l'argument qu'a utilisé jeudi François Baroin pour rassurer sur la situation de la France : le ministre de l'Économie a jugé "important de ne pas confondre l'écart de taux, le fameux spread dont nous observons l'évolution, avec le niveau de taux (...) qui est déterminant pour la charge de la dette".

Prophétie autoréalisatrice



Un peu plus tôt dans la journée, l'Agence France Trésor, qui gère la dette française, avait pu se rendre compte de ce niveau lors de l'émission de 8 milliards d'euros de dette. Si elle n'a pas eu de problème de demande pour la dette française, elle a dû consentir des taux d'intérêt en hausse par rapport aux derniers placements de dette de même durée.

Rien de catastrophique pour l'instant : les investisseurs s'échangent la dette hexagonale à 10 ans à un taux tournant autour de 3,50 %, contre près de 7 % pour l'Italie et l'Espagne.

Il n'empêche, la contagion s'étend dangereusement, au point de menacer les piliers du fonds de soutien de la zone euro (FESF) censé protégé les pays en difficulté. Les marchés ne semblent plus croire à l'avenir de la zone euro ; ils parient même de plus en plus sur sa dislocation. Une prophétie, sans doute irrationnelle, mais auto-réalisatrice...

Car les dirigeants de la zone euro ne font rien - ou pas grand-chose - pour les rassurer. Les plans de rigueur mis en place ont contribué à déprimer l'activité économique, sans avoir tous les effets escomptés sur la réduction des déficits. Résultat, la croissance dévisse : en 2012, elle devrait péniblement atteindre 0,5 % du PIB selon les dernières prévisions de la Commission européenne.

Et le FESF n'est toujours pas opérationnel. Sa puissance de feu reste limitée à 250 milliards d'euros (une fois déduits les engagements déjà pris) contre les 1 000 milliards annoncés lors de l'accord européen du 27 octobre. Les solutions techniques envisagées pour augmenter sa puissance financière sans que les États ne remettent la main à la poche restent, pour l'instant, dans l'impasse. Rien de concret ne devrait être finalisé avant janvier malgré les belles promesses européennes et les intenses tractations au G20...

Le rôle de la BCE au centre du jeu



Pour résoudre ce problème, la France fait à nouveau le forcing auprès de l'Allemagne pour obtenir l'aide de la Banque centrale européenne (BCE). Aux yeux de beaucoup d'économistes, c'est la seule institution capable de mettre un terme à la crise, à condition qu'elle s'engage à devenir un prêteur en dernier ressort des États. Autrement dit, il faudrait qu'elle s'engage enfin à racheter la dette des pays en difficulté autant que de besoin. Sauf que l'Allemagne ne veut pas en entendre parler ! "Si les politiciens pensent que la BCE peut résoudre la crise de l'euro, alors ils se trompent", a sèchement rappelé hier la chancelière Allemande, Angela Merkel. L'Italien Mario Draghi, le nouveau président de la BCE, est pour l'instant sur la même ligne, au nom de l'indépendance de son institution.

Tous deux craignent d'encourager le laxisme budgétaire en cas d'intervention massive de l'autorité monétaire. D'autant que la BCE n'est pas restée inactive depuis le début de la crise. Depuis mai 2010, elle a racheté 187 milliards d'euros de dette pour éviter une flambée trop forte des taux d'intérêt. Contrairement à la banque centrale américaine, les traités lui interdisent d'aller plus loin, notamment en achetant directement la dette des États lors de leur émission. Une contrainte que la France aimerait voir contournée pour bénéficier du pouvoir de l'institution de créer de la monnaie sans limite.

En attendant, ce débat sans fin alimente la défiance et rapproche chaque jour un peu plus la zone euro de l'abîme.
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MessageSujet: En Europe, le pouvoir est à Goldman Sachs    Ven 25 Nov - 16:29

En Europe, le pouvoir est à Goldman Sachs

Eduardo Febbro
El Correo
mer., 23 nov. 2011 14:34 CST

Les techniciens de la société sont à la tête de deux gouvernements et de la Banque Centrale Européenne. Ceux-ci appartiennent au réseau que Sachs a tissé sur le Vieux Continent et, à divers degrés, ont participé aux opérations illicites les plus truculentes orchestrées par l'institution étasunienne. De plus, ce ne sont pas les seuls.

L'histoire pourrait combler toutes les attentes des adeptes des théories du complot. Où est le pouvoir mondial ? La réponse tient dans un seul nom et lieu : au siège de la banque d'affaire Goldman Sachs. La banque étasunienne a réussi un exploit peu fréquent dans l'histoire politique mondiale : placer ses hommes à la tête de deux gouvernements européens et de la banque qui régit les destins des économies politiques de l'Union Européenne. Mario Draghi, l'actuel président de la Banque Centrale Européenne ; Mario Monti, le président du Conseil Italien qui a remplacé Silvio Berlusconi ; Lucas Papademos, le nouveau Premier ministre grec, tous appartiennent à la galaxie Goldman Sachs.

Ces trois responsables, dont deux Monti et Papademos, forment l'avant-garde de l'annexion de la politique à la technocratie économique, appartiennent au réseau que Sachs a tissé sur le Vieux Continent et, à divers degrés, ont participé aux opérations illicites les plus truculentes orchestrées par l'institution étasunienne. De plus, ils ne sont pas les seuls. On peut mentionner aussi Petros Christodoulos, aujourd'hui à la tête de l'organisme qui administre la dette publique grecque et dans le passé président du National Bank of Greece, à qui Sachs a vendu le produit financier connu sous le nom de « Swap » et avec lequel les autorités grecques et Goldman Sachs ont orchestré le maquillage des comptes grecs.

Le dragon qui protège les intérêts de Wall Street dispose d'hommes clefs dans les postes les plus décisifs et pas seulement en Europe. Henry Paulson, ex-président de Goldman Sachs, a été nommé ensuite secrétaire du Trésor des États-Unis, tandis que William C. Dudley, autre cadre supérieur de Goldman Sachs, est l'actuel président de la Réserve fédérale de New York.

Mais le cas des responsables européens est plus paradigmatique. Mario Draghi emporte la palme d'or. L'actuel président de la Banque Centrale Européenne, BCE, a été vice-président de Goldman Sachs pour l'Europe entre les années 2002 et 2005. A ce poste, Draghi a eu un rôle plus qu'ambigu. L'intitulé de son poste était « entreprises et dettes souveraines ». Précisément, à ce poste Draghi a eu pour mission de vendre le produit incendiaire « Swap ». Cet instrument financier est un élément déterminant dans l'occultation des dettes souveraines c'est-à-dire dans le maquillage des comptes grecs. Cette ruse fut l'astuce qui a permis à la Grèce de se qualifier pour faire partie des pays qui allaient utiliser l'euro, la monnaie unique européenne. Techniquement, et avec Goldman Sachs comme opérateur, il s'est agi alors de transformer la dette extérieure de la Grèce de dollars en euros. Ainsi, la dette grecque a disparu des bilans négatifs et Goldman Sachs a emporté une juteuse commission.

Ensuite, en 2006, Goldman Sachs a vendu une partie de ce paquet de « Swaps » à la principale banque commerciale du pays, à National Bank of Greece, dirigée par un autre homme de la Goldman Sachs, Petros Christodoulos, ex-trader de la Goldman Sachs et qui est actuellement le directeur de l'organisme de gestion de la dette de la Grèce que lui même et les déjà mentionnés ont contribué à dissimuler d'abord et à augmenter après. Mario Draghi a un historique lourd. L'ex-président de la République Italienne Francesco Cossiga a accusé Draghi d'avoir favorisé Goldman Sachs dans l'attribution de contrats importants quand Draghi était directeur du Tesoro e Italia était en plein processus de privatisation. Ce qui est certain c'est que celui qui est maintenant directeur de la Banque Centrale Européenne apparaît pleinement lié a la vente de « Swaps » dans toute l'Europe.

Dans cette mêlée de falsifications surgit le chef de l'Exécutif grec, Lucas Papademos. Le Premier ministre a été gouverneur de la banque Centrale grecque entre 1994 et 2002. C'est précisément la période pendant laquelle Goldman Sachs a été complice de l'occultation de la réalité économique grecque et en tant que responsable de l'établissement bancaire national, Papademos ne pouvait pas ignorer la ruse qui était monté. Les dates où il a occupé la fonction font de lui un opérateur du montage. Dans la liste des remarquables Mario Monti le suit. L'actuel président du Conseil Italien fut conseillé international de Goldman Sachs dès 2005.

En résumé, plusieurs des hommes qui ont fabriqué la catastrophe ont été appelés à prendre maintenant les rênes de postes clefs et avec la mission de réparer, aux dépens des bénéfices sociaux des peuples, les conséquences des escroqueries qu'eux mêmes ont réalisées. Il n'y a aucun doute qu'il existe ce que les analystes nomment « un gouvernement européen Sachs ».

Le portugais Antonio Borges a dirigé jusqu'à il y a peu - il vient de démissionner - le Département Europe du Fonds monétaire international. Jusqu'à 2008, Antonio Borges a été vice-président de Goldman Sachs. Le disparu Karel Van Miert - Belge - fut commissaire européen à la Concurrence et aussi un cadre Goldman Sachs.

L'Allemand Ottmar Issing a successivement été le président de la Bundesbank, conseiller international de la banque d'affaire étasunienne et membre du Conseil de l'Administration de la Banque Centrale Européenne.

Jim O'Neill est un autre homme du sérail : le président de Goldman Sachs Asset Management, O'Neill, surnommé « Le Gourou » de Goldman Sachs, est l'inventeur du concept de Brics, le groupe de pays émergents composé par le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud. O'Neill est accompagné par un autre poids lourd, Peter Sutherland, ex-président de Goldman Sachs International, membre de la section Europe de la Commission Trilatérale - le même que Lucas Papademos - un ex-membre de la Commission de la Concurrence dans l'Union Européenne, ex procureur général de la République d'Irlande et médiateur influent dans le plan qui a débouché sur le sauvetage de l'Irlande.

Alessio Rastani a entièrement raison. Ce personnage qui s'est présenté à la BBC comme trader et qui a dit il y a quelques semaines : « Les hommes politiques ne gouvernent pas le monde. Goldman Sachs gouverne le monde ». Son histoire est exemplaire, du double jeu, comme le sont les personnalités et les carrières de ces bras mondiaux de Goldman Sachs. Alessio Rastani a dit qu'il était un trader londonien, mais ensuite on a découvert que trader il n'était pas et qu'il pourrait bien faire partie de « Yes Men », un groupe d'activistes, qui à travers la caricature et l'infiltration des médias, dénoncent le libéralisme.

Restera pour les pages de l'histoire mondiale de l'impunité la figure de ces personnages. Employés par une société des États-Unis, elles ont orchestré l'une des plus grandes escroqueries connues à ce jour, dont les conséquences se paient aujourd'hui. Ils ont été récompensés en prenant le gouvernail de la crise avec celles qu'ils ont complotées.
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MessageSujet: L'aggravation se poursuit   Lun 28 Nov - 6:59

L'aggravation rapide de la crise de la dette dans la zone euro menace les notes de solvabilité de tous les pays européens, a averti dimanche l'agence d'évaluation financière américaine, Moody's. Dans un "commentaire spécial" sur les pays européens, l'agence indique qu'elle considère toujours que la zone euro maintiendra son unité sans autre défaillance que celle de la Grèce, mais note que même ce "scénario 'positif' est porteur de conséquences très négatives pour les notes" des Etats européens.
L'agence, qui a récemment averti que la France pourrait perdre son "triple A", lui permettant d'emprunter à des taux avantageux sur les marchés, indique ainsi clairement qu'aucun pays, même parmi ceux jugés les plus solides, comme les Pays-Bas, l'Autriche, la Finlande, voire l'Allemagne, n'est à l'abri d'un abaissement de note.

"L'aggravation ininterrompue de la crise de la dette publique et des banques de la zone euro menace la qualité de crédit de tous les pays européens, écrit l'agence. Alors que la zone euro dans son ensemble possède une force économique et financière énorme, la faiblesse de ses institutions continue d'entraver la résolution de la crise et de peser sur les notes. En l'absence de mesures politiques qui stabiliseraient la situation des marchés à court terme, ou de stabilisation de ces marchés pour toute autre raison, le risque de crédit [associé aux pays européens] va continuer de monter."

Alors que des pays comme l'Italie ou la Hongrie ont de plus en plus de mal à se financer à des taux viables sur les marchés, Moody's écrit que "l'élan politique pour mettre en œuvre une solution efficace à la crise pourrait n'être trouvé qu'après une série de chocs, ce qui pourrait mener davantage de pays à se voir privés d'accès aux marchés du financement pour une période prolongée". L'agence fait là référence aux pays comme l'Irlande, la Grèce, le Portugal ou encore la Hongrie, qui ont dû bénéficier d'un ou plusieurs plans de sauvetage financier de la part de l'Union européenne ou du Fonds monétaire international.

Selon elle, d'autres pays pourraient avoir besoin de faire appel à ce genre de solution si l'UE ne parvient pas à trouver rapidement une réponse adéquate à la crise, et ces pays verraient alors très probablement leur note abaissée à celle d'un investissement "spéculatif". Au vu des événements des dernières semaines, Moody's indique devoir considérer "la probabilité d'un scénario encore plus négatif". Selon elle, "la probabilité de défaillances multiples […] d'Etats de la zone euro n'est plus négligeable" et ne cesse d'augmenter en l'absence de solution à la crise.

Si cette probabilité devait se matérialiser, cela augmenterait la probabilité qu'un ou plusieurs pays quittent la zone euro, ajoute l'agence, pour qui ce scénario d'une "fragmentation de l'euro" aurait des "répercussions négatives pour tous les pays de la zone euro et de l'UE". Pour Moody's, la situation évolue en permanence, et de nouveaux "chocs" (nouveaux plans de sauvetage ou hausse des taux auxquels les Etats empruntent) pendant que les responsables politiques définissent de nouvelles mesures sont "susceptibles de mener à des changements de note au cas par cas" pour certains pays.
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MessageSujet: La Grèce, dossier noir de l'ancien VRP du hors-bilan chez Goldman Sachs   Sam 3 Déc - 5:59

La Grèce, dossier noir de l'ancien VRP du hors-bilan chez Goldman Sachs

Marc Roche
Le Monde
lun., 31 oct. 2011 14:53 CDT
Londres Correspondant - La nature des fonctions de Mario Draghi chez Goldman Sachs entre 2002 et 2005 constitue la grande zone d'ombre du parcours professionnel du nouveau président de la Banque centrale européenne (BCE). En particulier, son rôle dans l'affaire du maquillage des comptes de la Grèce reste un mystère.

Un petit rappel des faits d'abord. En 1999, lorsque la création de l'euro est décidée, la Grèce ne peut adhérer à la monnaie unique. Athènes est à des années-lumière des critères très rigoureux énoncés par le traité de Maastricht. Pour rejoindre le dispositif, la nation hellène n'a d'autre choix que de dissimuler ses déficits.

Dans ce contexte, en 2000, Goldman Sachs International, la filiale britannique de la banque d'affaires américaine, vend au gouvernement socialiste de Costas Simitis un "swap" en devises qui permet à la Grèce de se protéger des effets de change en transformant en euros la dette initialement émise en dollars. L'astuce permet à la Grèce d'inscrire cette nouvelle dette en euros dans son hors-bilan et de la faire momentanément disparaître . Pour sa part, Goldman Sachs empoche des commissions juteuses et voit sa réputation de bon gestionnaire de dette souveraine portée au pinacle.

Et c'est à ce stade qu'intervient M. Draghi. L'intéressé affirme qu'étant entré en fonctions en 2002, il n'a rien eu à voir avec le maquillage orchestré deux ans plus tôt par la banque. Et il a démissionné en 2005, soit un an avant que Goldman Sachs ne revende dans des conditions qu'on ignore encore, ni vu ni connu, une partie du "swap" à la National Bank of Greece, la première ban que commerciale du pays, dirigée par un ancien goldmanien.

Reste que entre ces deux dates, M. Draghi est associé de Goldman Sachs, "vice-président pour l'Europe-Goldman Sachs International, entreprises et dette souveraine", un intitulé du poste qui laisse supposer que M. Draghi a assuré le suivi du contrat grec.

Deux mois après son arrivée au 133 Fleet Street, le siège néogothique de Goldman Sachs International, M. Draghi signe d'ailleurs un article avec le Prix Nobel d'économie Robert C. Merton, justifiant le recours à ces pratiques légales de dissimulation des créances "pour stabiliser les revenus de l'impôt et éviter la soudaine accumulation de dette".

"Conflit d'intérêts"

Enfin, comme l'affirme le New York Times publié le 30 octobre, citant un ex-banquier de Goldman Sachs sous couvert d'anonymat, M. Draghi a été chargé de vendre dans toute l'Europe ce type de produit financier "swap" permettant de dissimuler une partie de la dette souveraine.

Au cours de son audition devant le Parlement européen, le 14 juin 2011, le président de la banque centrale d'Italie avait écarté tout "conflit d'intérêts" et affirmé ne pas avoir conseillé les gouvernements européens sur leur gestion de la dette.

Dans ses fonctions de VRP du hors-bilan, un autre facteur a aidé M. Draghi à vendre ce produit financier à la Grèce : la désorganisation d'Eurostat, l'institut européen de la statistique censé être l'arbitre attitré du respect des critères du traité de Maastricht. Pris dans la tourmente d'un scandale financier interne, il s'en trouve paralysé au moment du lancement de l'euro et le restera jusqu'en 2005.

Pourquoi ce premier de la classe est-il allé se fourvoyer dans l'aventure de Goldman Sachs ? L'argent, la culture d'entreprise très spécifique à cette banque, l'admiration pour les Etats-Unis ? Il y a sans doute un peu de tout cela.

Les liens entre M. Draghi et Goldman Sachs remontent aux privatisations italiennes, au début des années 1990, dont il s'était occupé en tant que directeur du Trésor. Parmi les banques étrangères, Goldman Sachs, qui cherchait alors à se faire une place sur le Vieux Continent, s'était taillée la part du lion de ce gigantesque programme. L'institution avait en particulier obtenu le mandat pour la cession, en 1993, du géant des hydrocarbures ENI.

Certains à Rome, à l'instar de l'ancien président de la République Francesco Cossiga, ont accusé M. Draghi d'avoir favorisé son futur employeur dans l'attribution de contrats de dénationalisations. Ce dont M. Draghi s'est toujours défendu.

En 2006, Luca Montezemelo, l'ex-président de Fiat et l'un de ses anciens condisciples à l'université, a révélé toutefois que la famille Draghi passait régulièrement ses vacances dans le sud de l'Italie en compagnie de Robert Rubin et des siens. Cet ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton a fait toute sa carrière chez Goldman Sachs avant d'en assurer la coprésidence entre 1900 et 1992.
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MessageSujet: La France a été le pays le plus sévèrement menacé lundi par l'agence de notation Standard & Poor's, qui envisage d'abaisser de deux crans la note attribuée à sa dette, actuellement "AAA", sur fond de croissance décevante   Mar 6 Déc - 6:16

La France a été le pays le plus sévèrement menacé lundi par l'agence de notation Standard & Poor's, qui envisage d'abaisser de deux crans la note attribuée à sa dette, actuellement "AAA", sur fond de croissance décevante. L'agence a placé cette note sous "surveillance négative", parmi 15 des 17 pays de la zone euro, tous menacés de voir leur note abaissée. La France et l'Allemagne "pleinement solidaires, confirment leur volonté de prendre toutes les décisions nécessaires, en lien avec leurs partenaires et les institutions européennes pour assurer la stabilité de la zone euro", a réagi l'Élysée dans un communiqué commun avec l'Allemagne.

Mais là où la France se distingue négativement, c'est qu'elle est le seul pays des six pays "AAA" (la meilleure note possible) pour lequel S&P envisage un abaissement de deux crans. La "surveillance négative" signifie qu'il y a plus d'une chance sur deux pour que dans les trois mois à venir, la note de la France passe à "AA+" ou "AA". S&P a un calendrier serré, puisqu'elle veut "conclure sa surveillance aussitôt que possible après le sommet européen du 9 décembre".

Inquiétudes

La France a toujours obtenu des trois grandes agences de notation (S&P, Moody's et Fitch), depuis que la notation des États existe, le "triple A" qui récompense les emprunteurs considérés les plus fiables. Chez S&P, la perspective a toujours été stable depuis qu'elle a été donnée pour la première fois, en 1989. Mais la crise de la dette en zone euro a affaibli les finances publiques françaises, a noté l'agence. Elle a invoqué dans un communiqué ses "inquiétudes quant aux répercussions potentielles sur la France de ce que nous voyons comme une aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires au sein de la zone".

De plus, S&P diverge des prévisions économiques du gouvernement du président Nicolas Sarkozy: elle table sur une croissance de 0,5 % en 2012, moitié moins que l'exécutif. Elle s'inquiète aussi en particulier pour les banques françaises, craignant que la perception de leur santé par leurs homologues étrangères complique leur capacité à se financer à l'étranger. Cela pourrait "accroître le risque qu'il y ait besoin d'injections supplémentaires en capital de la part de l'État ou d'autres interventions semblables", a relevé S&P.

"Règle d'or"

Le ministre de l'Économie François Baroin a assuré sur France 3 que le gouvernement faisait "tout" pour "protéger les économies des Français" et "permettre aux banques de maintenir l'irrigation à l'activité économique". Il a critiqué une annonce selon lui prématurée, qui ne prend pas en compte l'annonce d'un accord entre Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel sur un "nouveau traité" européen, à 27 (les pays membres de l'UE) ou si besoin à 17 (ceux appartenant à l'eurozone), qui prévoirait des "sanctions automatiques" envers les pays qui laisseraient filer leur déficit.

Un abaissement de la note serait un lourd échec pour la politique économique de Nicolas Sarkozy, qui devrait chercher à se faire réélire à la présidence lors d'une élection en avril et mai. Le chef de l'État pousse depuis des mois pour faire adopter par une révision constitutionnelle une "règle d'or" qui doit amener la France vers l'équilibre de ses comptes publics. S&P n'a pas évoqué la question, mais a parlé de l'"engagement" du gouvernement "à prendre des mesures budgétaires supplémentaires - si cela devait être nécessaire". D'après l'agence, cela ne devrait cependant pas suffire à atteindre le déficit de 4,5 % du produit intérieur brut visé en 2012. Elle table sur 4,8 %.
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MessageSujet: Ce qui attend l'Europe   Mer 7 Déc - 5:33

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MessageSujet: L’Euro otage de la nouvelle Sainte Alliance conservatrice   Ven 9 Déc - 17:39

L’Euro otage de la nouvelle Sainte Alliance conservatrice
La zone euro aura son nouveau traité. Il s’annonce comme un carcan de règles budgétaire, bien pratique pour placer les socialistes et les sociaux démocrates en difficulté alors que l’alternance est possible en France et en Allemagne.


(Nicolas Sarkozy et Angela Merkel - wikimedia - cc)
Il est quelquefois bien difficile de s’y reconnaître dans le marais médiatique européen. Même le journaux les plus habitués à traiter de la question en sont à bégayer. A commencer par Le Monde qui a réussi en trois conseils européens à titrer en Une successivement : « Dix jours pour sauver l’euro », « Compte à rebours pour l’Euro » et pour finir « L’avenir à quitte ou double ».
Va comprendre Charles, comme aurait dit une publicité des années 2000…

Pourtant l’information a bien un sens ! Et le futur traité européen dont ont accouché les chefs d’Etat et de gouvernement réunis dans la nuit de jeudi à vendredi est peut-être bien « historique », comme l’affirme Nicolas Sarkozy, quoique l’histoire n’ait, elle, pas de sens…
Ce qui a été acté est effectivement important. D’abord c’est la véritable naissance non pas de deux euros, comme l’attendent certains, mais de deux Europe, puisque la principale nouveauté est que le futur traité ne sera pas un amendement de celui de Lisbonne, mais un traité intergouvernemental liant les 17 pays de la zone euro et ceux qui souhaitent intégrer la monnaie unique. La Grande-Bretagne va donc rester en rade, avec, peut-être la Suède, la Hongrie et la République Tchèque qui consultent leurs parlemnts. A terme, l’Union européenne devrait donc connaître des pressions centrifuges considérables entre une centre fortement intégré et une périphérie anglaise et/ou nordique, profitant de l’accès à une zone de libre échange sans en assumer les conséquences économiques.

Plus immédiatement le projet adopté fixe un carcan budgétaire aux pays de l’euro. A la lecture du texte (en anglais) sur le site du Conseil européen, on peut parler de souveraineté non pas partagée, mais limitée. La « nouvelle règle budgétaire » affirme au premier paragraphe : « Les comptes publics devront être à l’équilibre structurel ou en surplus », avec une marge d’erreur de 0,5%.
Cette règle d’or devra être introduite dans le droit constitutionnel de chaque Etat, et devra comprendre un mécanisme correctif en cas de déviation. La cour de justice européenne aura autorité pour juger de la conformité de cette règle constitutionnelle interne avec le traité !

Le calendrier de convergence de tous les déficits vers l’équilibre sera confié à la Commission de Bruxelles. Les pays en déficit excessif devront soumettre à la Commission et au Conseil (les autres chefs d’Etat et de gouvernement) « un programme de partenariat économique détaillant les réformes structurelles nécessaires pour assurer une correction véritablement durable des déficits excessifs ».

Nos lecteurs y reconnaîtront aisément de quoi il s’agit : santé, retraites, marché du travail, etc. Le contenu du programme et le plan budgétaire annuel seront surveillés conjointement par la Commission et le Conseil. Les Etats devront soumettre leurs programmes d’émission de dettes publiques « ex ante ». La commission pourra demander la révision d’un projet de budget « non conforme ».
Evidemment, des sanctions seront prévues, etc, etc, etc…

A quoi rime une telle ébauche d’artillerie réglementaire ? Bien sûr à rassurer les « marchés », ou les agences de notation. Mais les marchés et les agences, y compris la redoutées Standard & Poor’s, sont tout autant inquiets de la faiblesse de la croissance en Europe et le font savoir. Bien sûr à rassurer l’opinion allemande chauffée à blanc contre les pays « laxiste » de l’euro. Mais ne nous trompons pas : ce pacte « euro maximus » est aussi une véritable machine de guerre politique.

Si on lève un peu les yeux de l’actualité proprement financière on s’aperçoit que les deux pays les plus importants de la zone euro, la France et l’Allemagne, sont au bord de connaître une alternance politique. La France en 2012, et l’Allemagne en 2013, sont promises par les sondeurs à des gouvernements de gauche.
La défaite guette les conservateurs aussi en Italie, où des élections devraient se dérouler au plus tard en 2013…

Avant les échéances , on voit donc à l’œuvre une nouvelle Sainte Alliance des conservateurs. En1815, l’Autriche, la Russie et la Prusse s’étaient entendues contre le retour des révolutions. En 2011, les conservateurs, qu’ils soient politiques ou technocrates, le plus souvent affiliés au PPE (y compris Jean-Claude Trichet, retraité de la BCE), cherchent à verrouiller le cadre économique de l’euro.

L’objectif est évident lorsqu’on regarde le débat présidentiel français, car en s’appuyant sur les négociations européennes, Nicolas Sarkozy parvient petit à petit à contraindre François Hollande à rentrer dans ce moule anti socialiste. En mars 2012, un sommet de l’euro approuvera probablement le nouveau pacte « euro maximus ». A un mois de l’élection, le candidat socialiste aura bien du mal à rendre crédible une politique économique divergente.

Si ce scénario se déroule bien, le président sortant aura réussi une manœuvre politique de grande ampleur qui peut lui ouvrir la voie d’un second quinquennat. Et même si Sarkozy perd l’élection, la politique conservatrice lui survivra, grâce au traité. Comme dans Le Guépard, « il faut que tout change pour que rien ne change ».
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MessageSujet: Le système bancaire proche de l'effondrement   Sam 10 Déc - 4:36

Le système bancaire proche de l'effondrement

Chris Powell
24hGold
ven., 09 déc. 2011 16:21 CST
James Turk, fondateur de GoldMoney et consultant au GATA, indiquait hier lors d'un entretien avec King World News que le système bancaire Européen était passé la semaine dernière très près de l'effondrement à la suite de retraits opérés en très grand nombre. Il indique également que le surendettement d'une nation est toujours suivi d'une dévaluation de devise, et que l'or et l'argent sont toujours à ses yeux en passe de voir leurs prix flamber.

Un extrait de cet entretien, intitulé 'The Banking System is on the Verge of Collapse' est disponible sous le lien suivant :

http://kingworldnews.com/kingworldnews/KWN_DailyWeb/Entries/2011/12/7_Ja...
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MessageSujet: L'Euro : Ce lit de Procuste...   Mar 13 Déc - 16:52

L'Euro : Ce lit de Procuste...

Adrian Salbuchi
RT
lun., 12 déc. 2011 13:21 CST
Traduction : Dominique Muselet pour LGS

Les efforts des leaders européens pour faire rentrer une série de pays différents dans une cage financière rigide sont voués à l'échec. Mais cela fait partie d'un plan sur le long terme pour instaurer une super-monnaie mondiale qui ne pourra qu'apporter plus de souffrances aux travailleurs ordinaires. L'on se demande de plus en plus aujourd'hui "Pourquoi grands dieux les Européens ont-ils accepté de mettre en place une seule monnaie pour toute l'Europe ?"

Dans la mythologie grecque, Procuste était le fils de Poséidon, le dieu des profondeurs marines. Il avait construit un lit de fer à sa taille et il forçait tous ceux qui passaient chez lui à s'y coucher. Si la personne était plus petite que le lit, Procuste l'étirait, brisant ses os, ses tendons et ses veines, jusqu'à ce que la victime soit à la "bonne" taille ; si elle était plus grande, Procuste lui coupait les pieds et les membres.

Ce récit ancien sur le thème de la "taille unique" semble s'être matérialisé à nouveau au 21ème siècle quand les Européens se sont laissés convaincre de s'imposer à eux-mêmes un oxymore ; une contradiction conceptuelle flagrante appelée "l'euro".

La monnaie supra-nationale commune inventée par les Français et les Allemands, boycottée par les Anglais, ignorée par les Suisses, dirigée par les Allemands et acceptée par le reste de l'Europe dans sa bienheureuse ignorance, a finalement tombé le masque et montré son horrible visage : celui d'un système impraticable au service des seuls banquiers au détriment des classes laborieuses.

Il masquait de grossières contradictions aussi larges, profondes et diverses que les tailles, forces, profils, styles, histoires, paramètres économiques, politiques de l'emploi, retraites, industries et ressources humaines et naturelles des 17 pays de la zone euro, de l'Allemagne et la France à une extrémité du spectre, à la Grèce, au Portugal et à l'Irlande à l'autre.

Comme nous l'avons noté dans un article précédent, l'euro a une date d'expiration ; peut-être les eurocrates,qui le mirent au monde il y a 10 ans, espéraient-ils le voir durer un peu plus longtemps, peut-être même atteindre sa majorité... Mais ils savaient certainement que tôt ou tard l'euro allait périr ; qu'il était destiné à périr.

Parce que l'euro n'est pas une fin en soi, mais plutôt une transition, un pont, un essai d'utilisation d'une monnaie supranationale destinée à être remplacée par une monnaie beaucoup plus ambitieuse et plus puissante qui sera mise en circulation par une banque centrale mondiale contrôlée par un groupe de banquiers privés dont la mission sera d'instaurer un Nouvel Ordre Mondial dirigé par l'Elite du Pouvoir Mondial privé.

Le problème aujourd'hui est que l'onde du choc financier qui a frappé l'Europe en 2008 s'est transformée en un véritable tsunami financier qui menace de balayer tous le système de l'euro... Et on n'a encore rien vu !

En fait les problèmes actuels de l'euro ne sont rien d'autre qu'une des nombreuses variantes des problèmes de souveraineté. Parce que, quand des dirigeants irresponsables cèdent la souveraineté entière ou partielle d'un pays - que ce soit sur le plan monétaire, politique, financier, économique, judiciaire ou militaire - ils feraient mieux de bien faire attention à ce qu'ils font et aux implications d'une telle décision sur le moyen et le long terme.

Céder la souveraineté nationale signifie que quelqu'un d'autre, dans un autre endroit, prendra des décisions basées sur les intérêts d'autres personnes. Tant que les intérêts de tous coïncident, tout va bien. Mais dès que les intérêts des différentes parties divergent, il s'ensuit une lutte de pouvoir. Et les luttes de pouvoir ont une chose en commun : le plus fort gagne ; le plus faible perd.

Aujourd'hui nous assistons à une énorme lutte de pouvoir dans la zone euro. Qui va la gagner à votre avis ? Qui va imposer de nouvelles politiques - l'Allemagne ou la Grèce ? la France ou le Portugal ? L'Angleterre ou l'Espagne ? L'Allemagne ou l'Italie ?

Et ça c'est seulement le devant de la scène, ce qu'on montre au public. Il faut aussi regarder derrière, dans les coulisses, où en privé, à l'abri des médias, le vrai pouvoir mondial prend les décisions plus subtiles.

Le nouveau premier ministre italien Mario Monti va-t-il se mettre au service du peuple italien ou des méga-banquiers qui siègent à la puissante Commission Trilatérale* dont il est lui-même le président européen ? La même question se pose pour le président grec, Lucas Papademos, qui fait aussi partie de la Trilatérale. Et elle se pose pour tous les gouvernements des états membres de l'Europe dont les vrais dirigeants sont les principaux banquiers, industriels et magnats de la presse appartenant à la Trilatérale, au club Bilderberg, au Forum Economique Mondial, aux think tanks de Chatham House et aux lobbys privés.

Les élites internationales feront tout leur possible pour maintenir l'euro car il sert de monnaie de transition vers une monnaie mondiale qui remplacera alors l'euro et le dollar américain. La stratégie consiste à organiser la chute contrôlée des deux monnaies tout en préparant une route de pavés jaunes** au "dollar mondial" ou à quelque nouvel oxymore de ce genre.

Il sera facile de faire s'effondrer le dollar : il suffira que les médias dominants se mettent à hurler tous en choeur "Il y a une hyper-inflation du dollar !!!" et le roi nu Dollar, s'effondrera vite. L'euro, de son côté, se dissoudra tout simplement quand ses états membres retourneront a leurs anciennes monnaies, les pesetas, lires, francs, escudos et drachmes.

Est-ce que ce moment est arrivé ? Peut-être pas... encore. Et par conséquent nous allons assister à plus de "traitement d'urgence", de "chimiothérapie financière", pour "aider l'euro" exactement comme nous les avons vus "aider les banques" même si la plupart des banques et l'oxymore euro ne peuvent être sauvés mais maintenus artificiellement vivants comme les "morts-vivants..."

Voilà la question qui se pose aux Grecs, Italiens, Espagnols, Portugais, Irlandais, et même aux Français et aux Allemands : allez-vous accepter l'invitation de vos leaders de Bruxelles, émules de Procruste, de vous coucher sur leur lit ?

Adrian Salbuchi est un analyste politique, auteur, conférencier et commentateur de TV et radio argentin. Son site est : www.asalbuchi.com.ar

Note :

* La Commission Trilatérale (parfois abrégée en Trilatérale) est une organisation privée qui fut créée en 1973 à l'initiative des principaux dirigeants du groupe Bilderberg et du Council on Foreign Relations, parmi lesquels David Rockefeller, Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski. Regroupant 300 à 400 personnalités parmi les plus distinguées et influentes - hommes d'affaires, politiciens, décideurs, « intellectuels » - de l'Europe occidentale, de l'Amérique du Nord et de l'Asie Pacifique (États dont la plupart sont également membres de l'OCDE), son but est de promouvoir et construire une coopération politique et économique entre ces trois zones clés du monde, pôles de la Triade. À l'instar du groupe Bilderberg, il s'agit d'un groupe partisan de la doctrine mondialiste, auquel certains attribuent, au moins en partie, l'orchestration de la mondialisation économique.

** Référence au Magicien d'Oz.
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MessageSujet: Les travailleurs européens confrontés à l'austérité et à la dictature   Sam 17 Déc - 5:24

Les travailleurs européens confrontés à l'austérité et à la dictature

Julie Hyland
WSWS
ven., 16 déc. 2011 14:13 CST
De part et d'autre de la Manche, on n'a guère parlé des implications qu'auront pour la classe ouvrière les mesures prises la semaine passée par le sommet de l'Union européenne (UE). Les médias se sont presque exclusivement concentrés sur le veto britannique brandi par le premier ministre, David Cameron.

Ce quasi silence sur les implications du traité inter-gouvernemental qui est présentement mis en place souligne le mépris des médias européens et de l'élite dirigeante pour les travailleurs. Les mesures du traité prévoient une destruction massive de l'emploi, du niveau de vie et des services sociaux dont dépendent des millions de personnes alors que l'ensemble de l'Europe est transformée en une gigantesque zone d'austérité.

Le traité a été décrit comme un projet pour des « Etats esclaves » au sein de la zone euro. Il s'agit plus exactement d'un avant-projet pour l'asservissement des travailleurs européens qui seront réduits à n'être guère plus qu'une main d'oeuvre en état de servitude pour l'oligarchie financière internationale représentée par la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.

Le cadre juridique sera créé pour mettre en vigueur une « discipline fiscale » dans chaque pays et la Commission européenne et la Cour européenne de Justice seront autorisées à contrôler les budgets nationaux. Les « réformes du marché du travail »seront ancrées dans la constitution afin de supprimer les droits des travailleurs, de prolonger le temps de travail et de réduire les salaires, les retraites et autres droits. Le tout sera étayé par des sanctions automatiques - dont celle de priver les Etats qui ne rempliraient pas ces exigences, de leurs droits de vote communautaire et même éventuellement de les exclure de la zone euro.

Une indication de ce qui est impliqué peut être constatée en Grèce où des budgets de rigueur successifs ont jeté des dizaines de milliers de gens sur le pavé - faisant monter le taux de chômage à presque 20 pour cent et même davantage pour les jeunes. Les retraites doivent de nouveau être réduites de 15 pour cent en janvier et plus de 40.000 salariés du secteur public verront leur salaire réduit jusqu'à 40 pour cent.

Les élites dirigeantes savent que de telles mesures ne peuvent être appliquées démocratiquement. Elles ont d'ores et déjà organisé des coups d'Etat politiques en Grèce et en Italie, mettant en place des gouvernements « de technocrates » dirigés par des banquiers. Ces gouvernements, soutenus par l'ensemble des principaux partis bourgeois, incarnent les forces les plus réactionnaires dont, en Grèce, le parti néo-fasciste LAOS. Une préoccupation clé du sommet de l'UE a été de trouver des mécanismes quasi légaux pour mettre en ouvre ses mesures fiscales sans porter atteinte dans certains pays à la constitutionnalité des dispositions soumises à référendum.

La Grande-Bretagne a été tout aussi catégorique que les 26 autres Etats-membres pour que les travailleurs n'aient pas voix au chapitre sur la politique qui a été décidée à leur encontre. La classe dirigeante européenne est unie pour utiliser la crise économique comme une opportunité pour détruire les acquis sociaux et les droits démocratiques arrachés de haute lutte et rendre le capital européen plus compétitif à l'égard de ses rivaux asiatiques et américains.

Cameron est entièrement d'accord avec cette perspective de renforcer le pouvoir de l'UE dans le but d'imposer des coupes sociales tant que l'oligarchie financière de la City de Londres est protégée.

Le projet de réforme de l'UE qui a été dévoilé par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français, Nicolas Sarkozy, avant le sommet, comprenait des projets pour que les transactions financières en euro soient limitées à la zone euro. Etant donné que plus de 70 pour cent des transactions sur les dérivés en euros sont actuellement effectuées à Londres, le chancelier de l'échiquier, George Osborne, a dénoncé le projet comme une « balle » tirée en plein cour de la City. En fin de compte, la « souveraineté » que Cameron et la bourgeoisie britannique défendent, est celle du quartier des banques de Londres.

Cameron souhaitait un accord par lequel il aurait accepté certaines modifications du traité en échange de garanties de clauses libératoires pour la Grande-Bretagne. Ceci aurait répondu aux exigences de la City et satisfait les Démocrates libéraux pro-UE au sein de la coalition gouvernementale de Cameron tout en apaisant les eurosceptiques de son propre parti Tory. Les garanties libératoires devaient servir de preuve qu'aucun transfert de pouvoir n'était impliqué dans les modifications du traité, évitant ainsi un référendum susceptible de ruiner la coalition et de provoquer la chute du gouvernement Cameron.

Merkel et Sarkozy ont insisté pour qu'il n'y ait toutefois aucune exemption spéciale pour la Grande-Bretagne étant donné que ceci aurait ouvert une « boîte de Pandore » à travers l'Europe. Finalement, le vœu en faveur de clauses libératoires de Cameron a été catégoriquement rejeté.

Déplorant l'issue du sommet, le dirigeant travailliste, Ed Miliband, et le dirigeant Démocrate libéral, Nick Clegg, sont toutefois restés indifférents aux coupes punitives décidées à l'encontre des travailleurs européens. Leur unique critique était qu'il fallait que la Grande-Bretagne dispose d'un siège à la table et contribue à imposer cet agenda.

Le récent sommet a révélé que l'UE était un instrument du capital financier européen pour imposer conjointement des attaques sans précédent à l'encontre de la classe ouvrière européenne - avec ou sans le consentement du gouvernement réactionnaire de Cameron.

La réponse de la classe ouvrière doit être : A bas l'Union européenne et à bas les banques, pour un mouvement unifié de toute la classe ouvrière européenne contre l'austérité et la dictature !

Les travailleurs ne doivent avoir aucune confiance dans la perspective mise en avant par diverses bureaucraties syndicales nationales et leurs annexes petites bourgeoises de « gauche », qui préconisent de courtes grèves de protestation appelées dans le but de faire pression sur des gouvernements nationaux isolés. Partout en Europe, les travailleurs se trouvent à la veille de luttes de classe explosives et d'une confrontation révolutionnaire avec la bourgeoisie qui ne s'arrêtera devant rien pour garder le pouvoir.

Telle est la signification des remarques du général Martin Dempsey, chef d'état-major interarmées américain, lors d'une réunion du « think tank » Atlantic Council à Washington. « La zone euro court un grave danger, » a-t-il dit, en mettant en garde que l'armée américaine pourrait être exposée à son éclatement « en raison du potentiel de troubles sociaux. »

Ces remarques font froid dans le dos étant donné que les Etats-Unis disposent de plus de 80.000 soldats en Europe. L'on peut être sûr que des discussions identiques ont actuellement lieu dans toutes les capitales européennes. Les mesures antidémocratiques qui sont appliquées partout sur le continent soulignent que la bourgeoisie est déterminée à faire passer une contre-révolution sociale par la force brute.

Les travailleurs en Europe doivent énoncer leur propre politique de classe avec tout autant de détermination. Ils doivent forger à l'encontre de l'UE et des gouvernements du patronat un mouvement de masse social et politique pour renverser le capitalisme et mettre en place des gouvernements ouvriers organisés dans le cadre des Etats socialistes unis d'Europe.
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MessageSujet: En Grèce, la crise et la tristesse sont entrées dans la culture   Sam 17 Déc - 5:29

En Grèce, la crise et la tristesse sont entrées dans la culture. Même les agences publicitaires les intègrent dans leurs spots. L'anthropologue et blogueur Panagiotis Grigoriousur nous fait vivre le quotidien d'une Grèce en crise.


Ce matin à la radio on découvre les vœux de la nouvelle ère : « Bonnes fêtes, et la liberté pour 2012 ». Les publicités s'y adaptent également : « La crise amène la tristesse. Si vous voulez retrouver un visage joyeux, venez découvrir nos boutiques... »

Tristesse, maître mot de la matrice culturelle ambiante, mais aussi réalité psychologique. C'est cette tristesse qui m'a frappé en revenant ici, après la parenthèse parisienne. J'ai même eu l'impression qu'en quelques jours seulement, le regard des passants chez nous, s'est vidé d'avantage. Tristesse alors et résignation. Les gens renferment leurs coquilles existentielles car elles sont désormais vides d'argent et d'espoir. On va se retrouver peut-être durant les fêtes, et encore, puis on verra. Les fêtes, façon de parler. Même la mairie d'Athènes a vu ses décorations dans le symbolique. Pas d'arbre sur la place de la Constitution, d'ailleurs, qui n'a pas oublié, que celui de l'année 2008, a été brulé par les émeutiers.

Sur cette place historique, face au Parlement de toutes les hystéries, on ne rencontre plus la foule socialement multicouche des indignés de jadis, occupant également le bitume. Mais c'était l'été. La voie est désormais libre à la circulation, les acheteurs de prestigieuses autos peuvent alors parader. Parmi eux, nombreux sont ceux qui ont versé leur contribution aux excédents de la balance commerciale de l'Allemagne, si chère à Angela Merkel mais payée par nous tous. Ceci dit, on peut encore garer Mercedes et autres Porsche dans la rue à Athènes, mais on se méfie. Déjà, le regard des autres a changé. Et il n'y a pas que le regard. La nuit du 23 Novembre le député P.S. Spyros Kouvelis, est repéré par des inconnus au moment ou il entre dans une voiture, une luxueuse Lexus. Les inconnus le reconnaissent et l'attaquent. Il a été violemment tabassé et il a subi le vol de ses affaires. Mais hier, ces inconnus, par le biais d'internet (sur le site http://athens.indymedia.org, et par un communiqué relayé par la presse, photos à l'appui, par exemple par le journal Kathimerini, www.kathimerini.gr ) ont revendiqué leur acte; lui conférant un caractère politique :

« La nuit du 23 novembre nous avons repéré le député du flico-P.S. S. Kouvelis, il était en train de monter dans une voiture hyper luxueuse, une Lexus, probablement la sienne. Sans hésiter, nous avons décidé de l'attaquer. Nous l'avons tabassé et nous l'avons volé, après tout, les politiques également, ils pratiquent le vol. Dans sa sacoche que nous avons saisi, nous avons trouvé, un ordinateur portable, des documents du flico-P.S., des stylos de luxe, des cartes bancaires correspondant à des comptes, présentant un solde positif à hauteur de 90.000 euros (!!!), et sa pièce d'identité de parlementaire. Ce qui nous a surpris, est qu'il y avait dans son sac également, plein de préservatifs, ils lui servaient à quoi à ce vieux crouton ? Notre acte, constitue une réaction à la violence que nous subissons chaque jour. Liberté à nos camarades. Dans notre lutte, nous saluons aussi nos compagnons emprisonnés. Faisons violence à la violence du pouvoir. Anarchistes Inconnus ».

Je dois en déduire au moins, que les présumés anarchistes ne conçoivent pas que les hommes âgés peuvent aussi avoir une vie sexuelle, et les femmes alors ? Drôle d'anarchistes, non ? Puis, comment ont-ils fait, pour connaître le solde des comptes, liés aux cartes bancaires du député ? En lui faisant avouer son numéro de code ? Spyros Kouvelis de son coté, a évidemment porte plainte, et il a déclaré à la presse que cette affaire est un malheureux cas de vol avec violence et rien de plus.

En tout cas, moins de vingt quatre heures après la mise en ligne de cet épisode, on apprend ce matin que le bureau politique de l'actuel Ministre de la justice (Miltiade Papaioannou – P.S.), a été visé par des inconnus qui ont utilisé des explosifs, l'explosion a eu lieu durant la nuit précédente, un acte, ayant causé seulement des dégâts matériels légers (www.kathimerini.gr ).

Je n'ai pas entendu hier, un seul commentaire compatissant envers le député Kouvelis, me rendant chez Petros, le petit garagiste d'un quartier proche du centre. Je me suis enfin décidé à faire la vidange de ma voiture, millésime … 1992. Après négociations, il a facturé 40 euros TTC, filtre compris. Le garage tourne assez bien. Les gens gardent leurs vieilles autos et inéluctablement il y a des pannes. Mais comme certains de ses clients n'arrivent plus à régler leurs factures, Petros a loué un terrain clos, où il stocke les véhicules appartenant aux mauvais payeurs : «Sans paiement complet je ne restitue plus les bagnoles, entre 2010 et 2010 je suis passé de 10% à 40% de factures impayées, cela devenait ingérable. Sans compter sur la rapacité du fisc. Je déclare tout, j'établis une fiche d'entrée pour chaque voiture, et il y a toujours facture. Mais le fisc n'en tient plus compte et il m'impose à sa guise, considérant d'emblée que j'ai un chiffre d'affaires supérieur, à hauteur de 35%. Ils ont même souligné que le fait d'employer deux personnes à temps plein n'arrange pas le calcul. Je dois donc licencier ou quoi ? Je finirai par licencier et je garderai mon petit garage tout seul, diminuant ainsi mon chiffre d'affaires. Salopards, ils veulent notre mort, économique et physique, regardez bien, l'épicier voisin, il a fait faillite, il n'a pas réouvert après Aout. Finalement, ces anarchistes ont eu quelque part raison avec le député, vous avez vu les nouvelles … moi je n'irais pas jusqu'à' la violence, mais enfin ...».

En effet, la dernière fois que je m'étais rendu chez Petros, j'avais acheté un journal chez l'épicier voisin, c'était en avril ou en mai et il faisait aussi presse relais. À présent, je me demande même si faire vidanger le vaillant moteur essence 1,6 de ma Daihatsu a encore un sens. Elle n'a pratiquement pas bougé depuis Octobre, et je ne sais pas par quel miraculeux new deal, j'arriverai à remplir son réservoir à 1,65 euros le litre. J'hésite même, à déposer ou pas, les plaques d'immatriculation au service des cartes grises, l'immobilisant ainsi durant une année, car la vignette 2012 pour cette auto s'élève à 265 euros, pour cette imposition; l'État ne tient plus compte de l'âge des véhicules et nous payons tous plein pot.

Mais voilà qu'il s'agit bel et bien des pots cassés finalement La discussion chez le garagiste portait également sur ces dizaines de milliers de plaques d'immatriculation, déposées auprès des services de l'État. «Ils sont idiots ou quoi, lorsqu'une voiture disparaît de la circulation, toute une gamme de services et de produits disparaît à son tour, faisant perdre de la TVA et de la TIPP à l'État...» dit Petros. Dans la presse de ce matin on y revient (Elefterotypia, www.enet.gr ), «seulement 5% des voitures dont les propriétaires déposent les plaques, sont des grosses cylindrées, il y a une augmentation de 200% par rapport à 2010, il s'agit de voitures allant de 1000 à 1400 cm3, les gens n'arrivent plus à les entretenir, explique un fonctionnaire lors de la réception des … déposants», note Elefterotypia dans son le reportage.

Cette semaine, même la Troïka fait semblant de nous comprendre. Hier, ses cadres ont audité les ministères du Protectorat. Ils ont déclaré qu'il ne faut plus imposer les Grecs car leur capacité en la matière, s'est épuisée, au contraire, il faut faire des économies et ainsi réduire les salaires dans le pays et évidemment, le nombre de fonctionnaires. D'ailleurs, la Troïka est en colère à ce propos. Le plan gouvernemental dit «de mise en réserve» dans la fonction publique fut annulée dans les faits. Initialement, il était prévu la «mise en réserve» obligatoire pour 20.000 agents du public, se trouvant souvent proche de la retraite. Durant un an, ces «réservistes» vont se contenter du 60% de leur solde et ensuite c'est le chômage sans indemnités. Finalement, les intéressés se sont (légalement) débrouillés pour se retrouver en régime de préretraite, et ceci par milliers. Il n'y a pas eu, un millier de vrais «réservistes», eh oui, l'administration n'écoute plus les ministres et les reformes à la hache passent mal.

Mais c'est n'est pas pour autant la pre-révolution, si chère aux partis de la gauche. Néanmoins, toutes les formes possibles de la rage sont là. Finalement, il semblerait que la tristesse n'arrange rien lorsqu'on veut se frayer un chemin vers la deuxième, la troisième … ou la quatrième voie vers le socialisme ou vers la social-démocratie. Les mendiants gisant sur nos trottoirs ne provoquent plus d'état d'âme chez les passants car ils sont devenus invisibles. La visibilité sociale est ainsi assez mauvaise, celle de l'économie encore plus. L'immeuble abritant l'Ambassade de l'Argentine ici à Athènes est mis en vente, 1200 m2 sur trois niveaux. Si même l'Argentine nous quitte, alors, nous sommes tous mal partis.
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MessageSujet: la zone euro se met sous tutelle du FMI (Le Figaro). Incapables de se diriger eux-mêmes, les européens - attention ce n'est pas une blague - versent de l'argent (150 milliards d'euros) au FMI pour qu'il le reprête à des pays européens en difficulté !    Ven 23 Déc - 4:25

Comme jadis les pays dits « sous-développés », qui sont désormais « émergents » et nous rattrapent à toute vitesse, la zone euro se met sous tutelle du FMI (Le Figaro). Incapables de se diriger eux-mêmes, les européens - attention ce n'est pas une blague - versent de l'argent (150 milliards d'euros) au FMI pour qu'il le reprête à des pays européens en difficulté !

Mais au fait, comment fonctionne cette tuyauterie ? Il s'agit de « prêts bilatéraux des pays au FMI » et, c'est magique, « de tels prêts n'impliquent aucun risque en capital pour leurs souscripteurs, car le FMI est, par construction, toujours remboursé sur ses propres crédits ». On aimerait bien savoir comment car le FMI ne peut pas faire tourner la planche à billets. S'il enregistre des pertes, il faut bien que quelqu'un paye. En outre ces prêts sont en réalité des « avances », elles ne figurent donc pas dans le budget des Etats concernés. C'est magique, on vous le dit, de l'argent circule et il n'est décaissé de nulle part, et toute perte est impossible.

Ceci dit, comme le FMI et l'UE n'ont pas encore inventé la pierre philosophale, il y a quand même un « gage » dans cette affaire. Lisons l'article : « ces avances ne présentent aucun caractère budgétaire pour l'État prêteur: il s'agit en réalité d'accords de swap («échanges») à partir des réserves en devises et en or des banques centrales (telle la Banque de France) et le FMI. » Et voilà : l'or de la Banque de France (2435 tonnes) sert, au moins pour partie, de garantie à ce montage !

L'or de la Banque de France, c'est le patrimoine national, comme la Joconde ou la Tour Eiffel. S'en servir de gage pour un tel montage financier est une HONTE et un SCANDALE. Cette opération a été réalisée en catimini, c'est pitoyable. L'or de la Banque de France doit servir de garantie ultime (c'est notre « arme nucléaire » monétaire), nous exigeons que ce gage soit annulé, et comptez sur ce blog pour suivre l'affaire.
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MessageSujet: C'est parti ! la dégringolade peut commencer !   Ven 13 Jan - 15:48

La note souveraine de la France et de plusieurs pays de la zone euro va être dégradée vendredi par l'agence Standard & Poor's, tandis que l'Allemagne va conserver son "AAA", a déclaré une source gouvernementale européenne. Sous le couvert de l'anonymat, cette source a ajouté que d'autres pays allaient sans doute subir le même sort. L'agence a informé vendredi ces gouvernements de sa décision, selon la source.

Standard & Poor's (S&P) menace depuis le 5 décembre d'abaisser la note de 15 États de la zone euro, dont les six notés "triple A" (Allemagne, Autriche, Finlande, France, Luxembourg et Pays-Bas), une distinction qui leur permet d'emprunter à moindre coût sur les marchés de la dette. L'Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg vont conserver leur "triple A", tandis que la Belgique serait aussi épargnée par cette dégradation collective, selon la même source. Ce pays est actuellement noté "AA", soit deux crans en dessous du meilleur niveau.

Les places financières européennes sont tombées dans le rouge vendredi en début d'après-midi après la diffusion de ces informations. L'euro a aussi accusé une forte baisse par rapport au dollar. L'agence d'évaluation financière s'est refusée à tout commentaire. Bercy a fait de même.
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Vers l'explosion de l'Euro et l'implosion de l'Europe !
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