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 Vers l'explosion de l'Euro et l'implosion de l'Europe !

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MessageSujet: Vers l'explosion de l'Euro et l'implosion de l'Europe !   Lun 11 Juil - 16:03

Un vent de panique balaie les banques en Bourse

Les valeurs financières ont plongé partout en Europe. A Paris, les grandes banques ont lâché jusqu'à 8 %. Les investisseurs s'inquiètent de plus en plus d'une diffusion de la crise de la dette à l'Italie.

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11/07 | 14:50
Pimco reste exposé à l'Espagne et l'Italie
11/07 | 17:05
Grâce à la crise, l'Allemagne se finance à très bon prix

Les Bourses européennes ont décroché lundi 11 juillet, entraînée par le plongeon des valeurs financières.
Les investisseurs craignent que la crise de la dette qui touche la Grèce ne s'étende, notamment à l'Italie, alors que des signes de contagion augmentent.
« Nous nous trouvons à un des pires moments de la crise monétaire européenne. L'idée de la contagion de la crise grecque à d'autres pays de la zone euro comme l'Italie et l'Espagne prend de l'ampleur », explique Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.
Un ensemble de facteurs -interrogations sur la croissance économique mondiale, risque de récession en Chine, craintes sur l'Europe, inquiétudes sur les banques -, sont en train de se conjuguer pour créer une très forte défiance sur les marchés financiers.
A Paris, le CAC 40 a perdu 2,71 % à 3.807,51 points. Au plus fort de la séance, l'indice a abandonné jusqu'à 3,16 %, sous le seuil de 3.800 points. La Bourse de Francfort a baissé de 2,3 % et celle de Londres de 1 %. Bruxelles plie de 2,5 %.
Les Bourses des pays les plus fragilisés de la région ont subi les pertes les plus importantes : Madrid a fléchi de 2,7 %, Lisbonne de 4,4 % et Milan, qui concentre depuis vendredi les nouvelles inquiétudes, a décroché de 4 %.
Certains professionnels pensent déjà à l'impensable, selon leurs propres termes. « A moins que les dirigeants européens parviennent à se mettre d'accord sur une nouvelle initiative avant la fin de l'été, une nouvelle crise au second semestre paraît de plus en plus inéluctable. Une crise qui pourrait engloutir les marchés obligataires hautement systémiques de l'Espagne et de l'Italie », prévient ainsi Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank.
A Wall Street,à l'heure de la clôture en Europe, les grands indices lâchaient entre 1,1 % et 1,7 %.
Les banques ont plongé en Bourse

Les valeurs des institutions financières -banques et assurance -ont étéparmi les plus malmenées. A Paris, BNP Paribas a chuté de 6,8 %, Crédit Agricole SA de 7,7 % et Société Générale de 5,7 %. Axa plonge de 6,6 %. Les banques françaises ont une exposition significative à la dette italienne : elle s'élevait à 392,5 milliards de dollars à fin 2010 (contre 57 milliards d'exposition à la Grèce), selon les chiffres de la Banque des règlements internationaux (BRI), dans son rapport publié en juin.
L'Italie est endettée à hauteur de 120 % du PIB, sa dette atteint 1.800 milliards d'euros, ce qui représente six fois celle de la Grèce. Fin mai, l'agence de notation Standard & Poor's a ramené de « stable » à « négative » la perspective de sa note sur la dette italienne (A + pour celle à long terme, correspondant à la catégorie investissement de qualité moyenne supérieure).
« Un véritable vent de panique souffle sur le secteur financier provoqué par l'envolée des taux italiens et espagnols sur le marché obligataire qui laisse entrevoir une contagion de la crise de la dette grecque à d'autres pays européens », décrit à l'AFP Guillaume Garabédian, gérant d'actions chez Meeschaert gestion privée.
A la Bourse de Milan, Intesa Sanpaolo a lâché 7,7 % ; à Francfort, Commerzbank a perdu 8,6 % ; ING a reculé de 7,3 % à Amsterdam. L'assureur Ageas (ex Fortis) a dévissé de 9,4 %.
Certains fonds spéculatifs profiteraient de la montée des craintes sur l'Italie pour « shorter » les banques du pays. « Il y a beaucoup d'argent en jeu dans ce genre de négociations », indique dans une note un analyste de Mediobanca cité par Bloomberg. Le « Financial Times » rapporte que le volume de ventes à découvert sur la dette souveraine italienne a sensiblement progressé ces dernières semaines.
L'autorité boursière Consob a annoncé dimanche soir l'adoption d'une mesure pour encadrer les ventes à découvert. L'objectif est de limiter la volatilité du marché.
Les opérateurs de marché attendent avec circonspection la publication des tests de résistance passés par 91 banques en Europe.
Vendredi, le gouverneur de la Banque d'Italie Mario Draghi a assuré que les banques du pays réussiraient les tests avec une marge significative. Cela n'a pas empêché leur sous-performance sur le marché du crédit et leur chute en Bourse, fait remarquer l'équipe crédit de Natixis. « Ceci s'explique par le fait que si les stress tests promettent une information plus détaillée sur l'exposition des banques européennes au risque souverain, celui-ci n'est pas test. Or, les craintes sur la solvabilité des pays périphériques, Italie incluse, ont monté d'un cran la semaine dernière. »
LES ECHOS (AVEC AGENCES)
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MessageSujet: Vers la fin du capitalisme occidental   Lun 11 Juil - 16:04

La zone euro tente d'éviter la contagion de la crise de la dette
Publié le 11-07-11 à 17:50 Modifié à 17:41 Réagir

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BRUXELLES (AP) — Les responsables économiques de l'Union européenne se sont réunis à Bruxelles lundi pour tenter de prévenir une contagion de la crise de la dette à des économies plus importantes de la zone euro, comme l'Italie et l'Espagne, et discuter du deuxième des conditions du plan de sauvetage financier de la Grèce.

Les dissensions sur les voies et l'ampleur de la participation des banques et autres investisseurs privés au second plan de sauvetage troublent les marchés financiers de la zone euro, particulièrement en Italie, où les agences de notation préviennent qu'une implication même volontaire de ces bailleurs de fonds privés serait considérée comme un défaut partiel de paiement de la Grèce sur sa dette colossale.

Les agences attribuent des notes en fonction de la capacité du pays à respecter les échéances des obligations sur sa dette souveraine: plus le risque estimé de défaut de paiement augmente, plus le taux d'intérêt pratiqué par les marchés est élevé, et moins le pays concerné peut emprunter.

La proposition française de rééchelonnement de la dette grecque sur la base du volontariat des banques privées, qui accepteraient d'échanger des obligations arrivant à échéance contre d'autres à plus longue échéance, est ainsi vue par les agences comme un défaut de paiement partiel qui entraînerait une dégradation de la note de la dette.

Les difficultés des Européens à s'entendre sur la formule du nouveau plan de sauvetage de la Grèce, qui a déjà bénéficié, comme l'Irlande et le Portugal, d'un prêt pluriannuel de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), alimentent en outre la crainte des investisseurs de voir la crise de la dette s'étendre à d'autres économies plus importantes, comme l'Italie, très endettée, et l'Espagne, durement frappée par le chômage. La capacité de sauvetage des autres pays de la zone euro (17 en tout) serait probablement insuffisante.

Dans ce contexte, le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a souhaité "une clarification rapide et précise" sur le mécanisme d'un second plan de sauvetage pour la Grèce, afin d'apaiser les marchés. Il a estimé que la réunion des ministres des Finances à Bruxelles lundi pourrait "contribuer à cet objectif".

"Nous avons besoin aujourd'hui d'un message de stabilité très fort, en Grèce mais aussi dans la zone euro", lui a fait écho le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos, à son arrivée à Bruxelles.

La plupart de ses collègues relativisaient quant à eux l'inquiétude concernant l'Italie, soulignant qu'ils avaient jusqu'en septembre pour s'entendre au sujet de la Grèce.

"Je n'ai absolument aucun doute sur le fait que l'Italie prend les bonnes décisions", a affirmé le ministre allemand, Wolfgang Schäuble, faisant référence au plan d'austérité de Rome. "Tout cela relève de l'agitation normale qui précède ce genre de réunions. Il ne faut pas le prendre autant au sérieux."

Mais cette sérénité affichée n'est pas celle des marchés. Le taux d'intérêt à dix ans auquel l'Italie et l'Espagne peuvent se financer sur les marchés a bondi lundi, tandis que l'euro perdait 1,15% contre le dollar, à 1,4044. La bourse de Milan a reculé de 3,4%.

Au coeur des discussions européennes de lundi se trouvait la question de savoir si une participation substantielle des banques privées à un second plan de sauvetage de la Grève valait la peine de laisser ce pays tomber dans le défaut de paiement temporaire.

Le ministre néerlandais des Finances, Jan Kees de Jager, a fait valoir qu'une note de défaut partiel pourrait ne durer "que très peu de temps", suggérant que certains ministres ne considéraient plus devoir éviter cette situation à tout prix.

La Grèce, accablée par une dette souveraine de 340 milliards d'euros, a déjà obtenu un prêt UE-FMI de 110 milliards d'euros en plusieurs tranches en mai 2010 mais elle aura encore besoin de 115 milliards pour tenir jusqu'à la mi-2014, selon la Commission européenne.

Une partie de l'argent viendra toutefois du plan de privatisation de 50 milliards adopté en juin dans le cadre de nouvelles mesures d'austérité d'un montant de 28 milliards d'euros jusqu'en 2015, contrepartie de l'aide internationale. AP

st/v364-339
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MessageSujet: Le début de la fin prévisible   Mar 12 Juil - 6:13

Réuni en urgence à Bruxelles lundi soir, l'Eurogroupe a toutefois différé sa décision sur la Grèce.

La zone euro une nouvelle fois dans la tourmente. Divisés sur les modalités d'une participation du secteur privé à un nouveau plan d'aide à la Grèce, les pays de la zone euro ont décidé lundi soir à Bruxelles de différer leurs décisions sur ce dossier, prenant le risque d'une accélération de la contagion à des pays comme l'Espagne et l'Italie. Les ministres des Finances de la zone euro se sont toutefois dits prêts à augmenter l'enveloppe de leur Fonds de secours financier et de le doter de nouveaux outils.

Tensions sur le dossier grec

Au terme de huit heures de discussions qualifiées d'intenses par plusieurs diplomates, les ministres se sont séparés sans clarifier quelles options de cette participation des banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissements étaient envisagées, se limitant à charger un groupe technique de les étudier au cours des prochains jours.

Ils ont également refusé d'exclure la perspective d'un "événement de crédit" et d'un "défaut sélectif" en Grèce, qui avait pourtant été spécifiquement écartée depuis plus de trois semaines et seule l'opposition de la Banque centrale européenne a cette possibilité a été reprise dans la déclaration finale.

Le Premier ministre grec Georges Papandréou a demandé dans la nuit de lundi à mardi aux dirigeants européens de mettre un terme à leur "cacophonie" sur les remèdes à apporter à la crise de la dette qui menace de se propager. "Il n'y a pas de place pour l'indécision et les erreurs", a-t-il averti. Le ministre français de l'Economie, François Baroin, a pour sa part salué lundi soir la volonté politique "sans faille" de la zone euro de mettre sur pied un second plan d'aide en faveur de la Grèce, qui devrait être prêt "rapidement".

"Préserver la stabilité de la zone euro"

De manière inattendue, les ministres ont en revanche décidé de revoir à nouveau les conditions et le champ d'intervention du fonds de sauvetage "zone euro" (FESF), via notamment un allongement des maturités et un abaissement des taux d'intérêt des prêts versés au pays en difficulté.

"Les ministres se tiennent prêts à adopter de nouvelles mesures qui amélioreront la capacité systémique de l'UE à résister au risque de contagion, notamment en renforçant la flexibilité et le champ du FESF, en allongeant les maturités des prêts et en réduisant les taux d'intérêts", ont-ils indiqué dans un communiqué commun. "Les ministres ont réaffirmé leur volonté absolue à préserver la stabilité financière dans la zone euro", a par ailleurs indiqué Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. De quoi permettre de rassurer les marchés.

En effet, plusieurs pays se sont inquiétés lundi du risque de voir toute la zone euro gagnée par les turbulences provoquées par la crise de la dette sur les marchés, alors que l'Italie tangue à son tour, et ont appelé à des mesures rapides pour stabiliser la situation.
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MessageSujet: Après c'est le tour de la France !...qui se permet de dilapider l'argent qu'elle n'a pas en guerroyant de part le monde !!!!   Mer 13 Juil - 5:20

L’Italie va-t-elle plonger à son tour ?
Vent de panique mardi sur les marchés, inquiets d’un appel au secours international de l’Italie


Silvio Berlusconi SIPA
Depuis le début de la semaine, l’Italie est la nouvelle cible des marchés. Effrayés par la menace d’un possible défaut de paiement, les marchés n’en finissent plus de reculer : en moins d’une semaine, le CAC 40 a perdu plus de 5 %, la Bourse de Francfort, 5,23 %, celle de Milan plus de 7 %… Dans le même temps, le taux auquel emprunte le pays a décollé. De 2,1 %, il y a un mois, il est monté mardi à 3,67 %.
Entre crise politique intérieure et dette excessive, le pays semble être le prochain sur la liste des pays européens à devoir appeler au secours. A l’intérieur, en effet, le gouvernement de Silvio Berlusconi est fortement contesté. Le plan de rigueur proposé par son ministre de l’Economie suscite l’indignation du Parlement italien jusque dans les rangs de la majorité. Cette incapacité du gouvernement italien à mettre en place un programme d’économie ne manque pas d’inquiéter les dirigeants européens.


Plus que l’Espagne, l’Irlande, le Portugal et la Grèce

Car bien qu’elle occupe moins le devant de la scène que la Grèce, l’Irlande ou encore le Portugal, la dette publique de la péninsule est extrêmement importante. L’an dernier, elle a atteint 119 % du PIB. En pourcentage, c’est certes un peu moins que la Grèce (142 %), mais en valeur c’est tout simplement énorme, puisque cela représente 1,843 milliards d’euros. Pour comparer, disons que c’est plus que le PIB cumulé de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne !
Et c’est bien là qu’est le problème. Car la quatrième économie de l’Union européenne devait tomber, ce sont les fondations de toute l’Europe qui seraient mises en péril. L’économie italienne est en effet très liée à celle de ses voisins, notamment en France. Les banques françaises ont apporté un peu plus de 280 milliards d’euros à l’Italie, que ce soit sous forme d’obligations d’Etat ou directement de prêt aux entreprises locales. Et notre pays y exporte chaque année pour plus de 30 milliards d’euros de marchandises (contre à peine 2,2 milliards à destination de la Grèce). En cas de crise économique grave en Italie, la France serait donc directement touchée à son tour, et pourrait dès lors devenir elle aussi la cible des marchés.

Les banques françaises très exposées
L’exposition des banques françaises à la dette grecque inquiète les marchés financiers. Mauvaise nouvelle : l’exposition à celle de l’Italie est trois fois plus importante ! Selon les chiffres de la Banque des règlements internationaux (BRI), l’engagement des banques françaises représentent 392,6 milliards de dollars (280,6 milliards d’euros). A titre de comparaison, l’exposition est de 140,6 milliards de dollars (100,5 milliards d’euros) pour l’Espagne et de 56,6 milliards de dollars (40,46 milliards d’euros) en Grèce. A l’instar de la situation grecque, BNP Paribas est la banque la plus exposée avec 22 milliards d’euros d’engagements. Les assureurs français sont également concernés. Le groupe Axa fait part d’une implication de 6 milliards d’euros et la CNP de 1,11 milliard d’euros.
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MessageSujet: la comédie médiatiques des incapables   Jeu 21 Juil - 17:16

Crise de Euro: quand l'Europe fait son théâtre
Chaque sommet européen est une pièce de théâtre qui ne dit pas son nom. Celui de ce jour (21 juillet 2011) n’échappe pas à la règle. Les acteurs sont formidables…


Rodho
Les crises européennes sont devenu un classique de la mise en scène, digne de l'émission « Au théâtre ce soir » de la grande époque de l’ORTF. Les acteurs sont connus, la scène aussi, le décor quasi éternel. Le scénario suit celui de la tragédie classique.

Acte I, scène 1 : le récitant campe le drame qui va se jouer. L’Europe est menacée d’un danger mortel. La tempête des marchés menace de tout emporter. Plus personne ne sait quoi faire pour affronter le Sphynx de la spéculation. Personne? Vraiment? Heureusement, le mercredi Hera, la chancelière allemande et Zeus, le président français se rencontrent à Berlin, et passent (dit-on) six heures à mettre au point un plan de sauvetage de la Grèce. Au dessert, ils sont rejoints (scène 2) par la grand prêtre d'Apollon à Francfort, histoire de rendre crédible le story telling des « dirigeants-conscients-de-leurs –responsabilités-travaillant-à-sauver le monde ». Satisfaits de leur œuvre, ils vont se coucher (rideau)

Acte II : Le lendemain, le président du conseil européen, Herman Van Rompuy est mis au courant par « le-couple-franco-allemand » et prié, comme Hermès-le-messager-aux-pieds-ailés, de faire connaître la volonté du Moteur-de-l’Europe, aux autres dieux de l’Olympe (il sont 27 en tout, comme chacun sait). Van Rompuy s’exécute promptement, met dans la confidence (scène 2) son aide-messager Jean-Claude Juncker président de l’Eurogroupe, le gardien des enfers, Manuel Barroso, (scène 3), Papandreou le grand prêtre d’Athena (scène 4). Enfin, il convoque le congrès des dieux pour 13 heures (rideau).

Acte III, le rideau s’ouvre sur l’immeuble Justus Lipsius, siège du conseil européen, où 1000 journalistes du monde entier forment le chœur des pleureuses. Après avoir bu l’ambroisie lors d’un repas frugal, puis donné à chacun trois minutes chrono pour réciter le « Chant des rameurs » de l’Iliade (du regretté commissaire Homère…), les 27 dieux , sortent au grand jour et parlent aux hommes, chacun dans leur langue et par l’intermédiaire du chœur des journalistes. La manne des euros se répand sur les nécessiteux, la Fortune sourit à nouveau à sa sœur l’Europe. La crise, qui menaçait la communauté est chassée dans les Enfers. L’euro est sauvé. Rideau ! Applaudissements.

Distribution des rôles principaux: Zeus: Nicolas Sarkozy, Hera: Angela Merkel, le grand prêtre d'Apollon à Francfort: Jean-Claude Trichet... Mise en scène: Herman Van Rompuy...

Avis du critique : Pour cette énième représentation, les acteurs ont joué leur rôle à la perfection. Il faut dire que le scénario avait été musclé. Cette fois-ci, la pièce jouée sous nos yeux a produit, semble-t-il, un résultat tangible. La Grèce devrait voir ses emprunts modifiés, avec un taux d’intérêts ramené à 3,5% au lieu de 5%. Une maturité de 15 ans, voire davantage, au lieu de 7,5 années. Les banques accepteront de racheter des emprunts grecs ou pourront les échanger contre d’autres titres, avec une décote. Le volume de dettes supportés par les Grecs devrait être réduit. Surtout, pour la première fois, les Européens acceptent d’attribuer les milliards d’euros de fonds structurels à Athènes, pour lui permettre une stratégie d’investissement et pas seulement de coupes dans les dépenses. On évoque même « un plan Marshall » pour la Grèce.

Plus généralement, la zone euro se dote enfin d’un instrument, le FESF amélioré, pour lever de l’argent au profit des pays en difficulté (Grèce, Portugal, Irlande), qui peut aussi intervenir sur le marché secondaire pour acquérir des emprunts d’Etat à moindre prix et combattre la spéculation. On s'approche des eurobonds… Ce plan aurait été parfait au tout début de la crise. Personne ne peut penser qu’il serait en mesure de venir à la rescousse de l’Espagne ou de l’Italie, qui sont pourtant déjà attaquées par la spéculation.

Il nous faudra donc assister à d’autres représentations du « Théâtre de l’Europe ».

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MessageSujet: Ca se précise les enfants !   Jeu 4 Aoû - 16:18

La Banque centrale européenne (BCE) a recommencé à acheter, jeudi, des obligations publiques de pays de la zone euro, sur les marchés. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a déclaré que l’institution avait racheté ces obligations au moment même où les investisseurs se détournent de l’Italie, de l’Espagne ou de la France.

Le but de l'institution est limpide : faire baisser les taux d'intérêt pratiqués sur les marchés des dettes publiques, pour alléger le coût de la dette des pays concernés et rétablir un fonctionnement plus normal des marchés. L'opération devrait être confirmée lundi prochain, lors d'une publication par la BCE. Depuis mars, l’institution monétaire n’a procédé à aucun rachat de dette et des propos récemment tenus par des responsables monétaires laissaient entendre que le programme avait pris fin. Mais les difficultés rencontrées par l’Espagne et l’Italie sur les marchés obligataires ont ravivé les pressions exercées sur la BCE, afin qu’elle reprenne ses opérations de rachat.


De l'aide pour les banques

La BCE, qui a décidé de maintenir ses taux d'intérêt à 1,5 %, va également venir en aide aux banques, en mettant à leur disposition des liquidités supplémentaires. Une opération exceptionnelle de prêt, sur six mois, aux banques sera lancée le 9 août avec une maturité au 11 mars 2012, en réaction aux « tensions renouvelées sur certains marchés de la zone euro», a précisé Jean-Claude Trichet.

L'allocation illimitée de crédits de la BCE aux banques, à taux fixe et sur des périodes allant jusqu'à trois mois, est ainsi prolongée jusqu'à janvier 2012. « Nous pensons que c'est approprié dans les conditions actuelles, afin de restaurer le bon fonctionnement sur tous les marchés », a commenté le président de la BCE.

L'inquiètude perdure sur les marchés

L'intervention de la BCE sur les marchés peut se traduire par l'incapacité des États de la zone euro, l'Italie en tête, à rassurer par eux-mêmes les investisseurs. Mercredi soir, l'intervention du président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a peu convaincu. Le chef du gouvernement italien a loué l'économie italienne mercredi et a annoncé, pour rassurer les marchés, un « plan d'action immédiat » pour la croissance. Des mesures peu concrètes qui ont rendu les experts sceptiques. Refusant de commenter spécifiquement les décisions italiennes, Jean-Claude Trichet a déclaré qu'il était « essentiel que l'Italie, comme les autres États de la zone euro, soit en avance sur les attentes » en redressant leurs comptes publics et en menant des réformes structurelles pour améliorer leur compétitivité.
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MessageSujet: La zone euro est en crise, mais chut, la France est en vacances   Sam 6 Aoû - 15:38

La zone euro est en crise, mais chut, la France est en vacances
Par Pierre Haski | Rue89 | 05/08/2011 | 16H08
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Souvenez-vous, c'était il y a un an, c'est-à-dire un siècle ! Le climat politique de ce début août 2010 était électrisé par le discours de Grenoble du Président, quelques jours plus tôt, par la « chasse aux Roms », et par une surenchère sécuritaire qui changea un temps le regard à l'étranger sur la France, s'attirant un édito cinglant du New York Times puis plus tard une attaque sans précédent d'une Commissaire européenne.
Quel contraste : 2011, par comparaison, est un été serein. En tous cas en politique intérieure française (pas trop sur les marchés financiers, en Syrie ou en Libye, ou encore parmi les victimes de la famine en Somalie, mais pas de quoi gâcher les vacances françaises, non ? ).

Même les provoc's de Jean-Marie Le Pen sur les attentats d'Oslo que refuse de condamner sa fille Marine, ou l'ouverture d'une enquête ouverte par la Cour de justice de la République contre Christine Lagarde dans l'affaire Tapie, ne parviennent pas à perturber réellement la trêve estivale.

On cherchera vainement l'écho des clameurs sécuritaires d'il y a un an : à l'exception du dernier carré de la Droite populaire, dans son village d'Astérix des Alpes-Maritimes, c'est silence radio. La République en danger de l'an dernier, le ton martial face à ces « Français d'origine étrangère » qui enfreindraient « nos » lois, tout cela est décidément « très 2010 », donc passé.

L'après Oslo et l'avant 2012
L'explication est double. Le double attentat d'Oslo, d'abord, a contraint la droite traditionnelle à plus de retenue pour ne pas s'exposer au reproche d'alimenter un climat xénophobe et islamophobe qui pourrait inspirer un autre exalté tenté de passer à l'acte.

L'approche de la présidentielle, surtout, oblige à revisiter une stratégie qui n'a pas marché, et restera une tache sur le quinquennat. La reconquête de l'électorat du Front national en faisant de la surenchère sur les thématiques du FN n'a eu qu'un seul résultat : légitimer un peu plus le positionnement des Le Pen, et permis à la fille de prendre son envol en gommant une partie de la dimension caricaturale du père.

Retour, donc, à la « représidentialisation ». Cet été, c'est en père de famille en (re)redevenir que l'on trouve Nicolas Sarkozy dans les magazines (palme d'or au Nouvel Obs fin juillet, ci-dessous).



Le Figaro nous apprend même que dans cet « été de la stratégie », Nicolas Sarkozy a emmené au Cap nègre « un livre de Henry James », une confidence destinée à peaufiner son changement d'image, de l'anti-intello ami de Christian Clavier à l'homme mûr, qui-a-lu-Henry-James-bien-sûr, et peut parler des films de Karl Dreyer.

Sarkozy en décalage avec la crise de la dette de la zone euro
Paternité à venir et lecture à la place des paroles glaçantes et des coups de menton de Grenoble ? La construction d'image est formidable en période pré-électorale, à deux nuances près :

elle conduit à faire passer, non sans raison, les paroles de Grenoble pour de l'opportunisme politique sans lendemain, comme beaucoup d'autres prononcées auparavant, sauf à parier sur l'amnésie des électeurs ;
elle est en décalage frappant avec le climat économique de fin du monde, ou au moins de fin d'un monde, que génère la crise de la dette de la zone euro, la défiance des marchés, les perspectives de croissance en petite forme.
Nicolas Sarkozy a choisi la communication a minima sur la crise de la zone euro. Il reste en vacances, téléphone à Angela (Merkel), mais ne parle pas à des citoyens qu'il ne faut pas affoler sur les plages. L'opposition ne fait guère mieux, à quelques rares exceptions près.

La rentrée, sans doute plus tôt que d'habitude, sonnera le réveil et le retour aux réalités. Les candidats, aussi bien le Président avec son bilan, que ceux qui aspirent à le remplacer, devront répondre aux questions posées par la crise actuelle, par l'ampleur de la dette, par le modèle de croissance, par l'avenir de l'Europe et de la zone euro…

Il peut sembler étonnant que dans un pays en pré-campagne électorale, ces questions ne fassent pas déjà débat. L'an dernier, l'heure semblait suffisamment grave pour que toute la classe politique soit sur le pont à la même date pour s'enflammer autour de l'agenda sécuritaire des gourus de l'Elysée, alors qu'aujourd'hui, on cherche vainement un candidat à la présidence pour nous dire comment il compte sauver l'euro, voire la France ! Serait-ce parce que personne n'a la réponse ?
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MessageSujet: La big grunch a commencé... et ce n'est qu'un début !!!!...les repus vont devoir se bouger les tripes   Lun 8 Aoû - 6:06

PARIS/FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé dimanche qu'elle allait "mettre en oeuvre activement" son programme de rachats d'obligations pour tenter d'endiguer la crise de la dette qui secoue la zone euro et menace de se propager aux économies espagnoles et italiennes.

A quelques heures d'une journée qui s'annonce cruciale sur les marchés, l'institution financière européenne n'a pas précisé les pays qui seront concernés par ce rachat de dettes mais tout laisse à penser qu'il pourrait s'agir d'obligations de l'Espagne et l'Italie.

Dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion téléphonique tard dimanche, la BCE a encouragé Madrid et Rome à mettre en place le plus rapidement possible les mesures de redressement des finances publiques annoncées récemment par ces deux pays pour tenter de rassurer les marchés.

"C'est sur la base de ces estimations que la BCE va mettre en oeuvre activement son programme de rachats d'obligations", écrit la BCE.

L'absence de rachat d'obligations de l'Italie et de l'Espagne par la BCE pour calmer les prix a été particulièrement sanctionnée par les marchés qui y ont vu le signe de divisions internes préjudiciables.

Les marchés espèrent voir la BCE entamer dès lundi le rachat d'obligations d'Etat des deux pays afin de stabiliser leurs prix. Les taux d'intérêt italiens et espagnols ont bondi ces derniers jours à leurs plus hauts niveaux en 14 ans.

COMMUNIQUÉ DE BERLIN ET PARIS

Dans un communiqué conjoint publié dimanche quelques heures avant la fin de la réunion de la BCE, le président français et la chancelière allemande Angela Merkel ont souligné "qu'une mise en oeuvre rapide et complète des mesures annoncées est essentielle pour restaurer la confiance des marchés."

Selon la Corée du Sud, une conférence téléphonique a réuni dimanche matin des responsables financiers du G20, qui regroupe les principales économies mondiales, afin d'évoquer la situation provoquée par les tensions sur la dette dans la zone euro et l'abaissement par Standard & Poor's de la note souveraine des Etats-Unis.

De source britannique, les ministres des Finances du G7 auront sans doute une réunion téléphonique dimanche soir.

"Il est très probable que la réunion téléphonique des ministres des Finance du G7 se déroule plus tard ce soir", a déclaré la source à Reuters, disant s'attendre à ce qu'elle se démarre à partir de 21h00 GMT, avant l'ouverture des marchés financiers.

Le G20 et la Banque centrale européenne se sont activés dans la coulisse pour évaluer les conséquences de la crise de la dette de part et d'autre de l'Atlantique, qui secoue les marchés financiers et fait craindre une rechute des pays occidentaux dans la récession.

Après de fortes turbulences sur les places financières mondiales, qui ont perdu quelque 2.500 milliards de dollars au cours de la semaine écoulée, dirigeants européens et américains se retrouvent à nouveau contraints de rassurer les investisseurs sur la capacité et la détermination de leurs pays à réduire déficits et dettes publiques.

PANIQUE DANS LE GOLFE ET EN ISRAËL

La Bourse saoudienne, la plus importante du monde arabe, a flanché dès samedi, tombant de 5,5% à un plus bas de cinq mois avant d'afficher une hausse infime de 0,08% à la clôture de dimanche.

Mais c'est à Tel Aviv que le repli a été le plus prononcé avec une chute de 6,99% enregistré par l'indice TA-25 israélien. Le TA-100, plus large, a quant à lui fondu de 7,2%.

C'est pour éviter que ces phénomènes se reproduisent lundi à Tokyo, puis en Europe et aux Etats-Unis, que les ministres des Finances du G7 devaient également se contacter dimanche.

Dans son communiqué publié dimanche soir, la BCE juge "fondamental" que les gouvernements se tiennent prêts à activer le Fonds européen de stabilité financière (FESF) sur le marché secondaire quand la transposition dans les pays européens de l'accord du 21 juillet aura été effectuée.

Une extension de la crise à l'Italie ou à l'Espagne, après les plans de sauvetage accordés à la Grèce, l'Irlande et le Portugal, exigerait aux yeux des observateurs un fort relèvement des capacités de prêt du FESF, doté pour l'heure de 440 milliards d'euros.

Cités par l'hebdomadaire Der Spiegel, des experts du gouvernement allemand doutent que l'Italie puisse être remise à flot par le FESF même si le fonds voyait ses capacités tripler, car les besoins de Rome sont selon eux trop importants.

Aux Etats-Unis, l'abaissement de la note souveraine a été dénoncé par le Trésor, qui a estimé que l'agence de notation "oubliait" 2.000 milliards de dollars d'économies budgétaires dans ses calculs.

A Washington, un conseiller économique de la Maison blanche a déploré la décision de S&P de dégrader la note de la dette américaine, de AAA à AA+, qui pourrait à terme se répercuter sur tous les marchés en augmentant le coût de l'emprunt et en compromettant la perspective d'une reprise durable.

Les alliés asiatiques des Etats-Unis, Japon et Corée du Sud, ont renouvelé leur confiance dans les bons du Trésor américains, susceptibles de perdre de la valeur.

Avec Paul Taylor à Paris, Laura McInnis à Washington et les rédactions de Reuters, Jean-Stéphane Brosse, Nicolas Delame et Marine Pennetier pour le service français
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MessageSujet: et now ladies and gentlemens !...THE BIG CRUNCH ! ( annoncé)   Mar 9 Aoû - 8:38

Sarkozy : pendant la crise financière, les surenchères continuent
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Qui voulait parler d'union sacrée ? D'union sacrée avec qui ? Coup sur coup, quelques ténors de Sarkofrance ont choisi de cliver le débat politique, avec la bénédiction de l'Elysée, alors que Nicolas Sarkozy se drape dans un habit prétendument consensuel pour cause de crise financière.

Son envie d'inscrire une « règle d'or » d'équilibre budgétaire dans la Constitution est déjà très mal accueillie en France. Le piège était grossier. Ses surenchères minables ne vont qu'empirer la situation.

Krach estival ?
La belle déclaration conjointe de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n'a pas suffit. Qui aurait pu croire du contraire ? Le communiqué était si creux qu'on en a oublié la teneur. L'important était son timing. Les marchés voulaient des actes politiques forts. Ils ont assisté à une lutte de pouvoir entre chefs de gouvernement et BCE. Les premiers réaliseraient-ils que l'indépendance de la Banque Centrale est une mauvaise chose ?

Lundi, la BCE a racheté des obligations italiennes et espagnoles, après une réunion la veille des directeurs des trésors. Au passage, Silvio Berlusconi a reçu un courrier de mise sous tutelle de la part de la BCE, signé Jean-Claude Trichet, l'actuel gouverneur, et Mario Dragui, son successeur à la fin de l'année : la BCE exige de l'Italie une accélération de l'adoption des mesures de rigueur, et liste, notamment les entreprises qu'elle veut voir privatiser. Qui gouverne l'Italie ?

Dans la journée, les bourses européennes, très volatiles comme ailleurs étaient comme suspendues à l'ouverture de Wallstreet. Dans l'après-midi, sans surprise, la place newyorkaise fut secouée par un joli krach, avec une nouvelle chute, de 5% cette fois-ci. Le Dow Jones est tombé de 5,5%; le S-P500 de 6,8%. Reuters notait que « le plongeon de ce lundi intervient après la plus forte baisse hebdomadaire en deux ans accusé la semaine dernière par Wall Streeet ». En France, le CAC40 a baissé (de 5%) pour la 11ème fois consécutive, un nouveau record. Toutes les bourses, sur tous les continents, ont subi la détérioration. Ce krach estival est mondial.

Selon le directeur d'Opinionway, complaisamment relayé par l'Express, Nicolas Sarkozy s'est « représidentialisé » grâce à cette séquence. « En tongs ? » serait-on tenté de demander. Notre Monarque n'a pas quitté son lieu de villégiature. Chaque jour, un nouveau journaliste nous gratifie d'un nouvel hommage surpuissant à ce président-qui-bosse-pendant-ses-vacances-bien-méritées. Lundi 8 août, c'était Nadège Puljak, journaliste de l'AFP accréditée à l'Elysée, qui décrochait le pompon : « De son lieu de villégiature --la propriété de sa belle-famille dans le Var-- le chef de l'Etat, qui est également cette année patron des G8 et G20, a décidé de prendre le taureau par les cornes et multiplie les contacts tous azimuts. »

Son homologue britannique, David Cameron, a dû rentrer précipitamment à Londres, non pas à cause de la chute des marchés, mais parce Londres a connu trois nuits d'émeutes. Plus de deux cent personnes ont été arrêtées. Un manifestant aurait été tué. L'origine des violences et manifestations est imprécise.

Surenchère estivale !
A l'approche du Grand Scrutin, tous les coups sont permis. Thierry Mariani, ministre des Transports mais surtout co-leader de la droite populaire, a suggéré dimanche 7 août que le gouvernement créé un fichier des allocataires sociaux, afin de mieux détecter les abus : « Contre la fraude, je soutiens la création d’un fichier généralisé des allocataires qui recense toutes les prestations sociales perçues. (...) Cela permettra de constater les abus. Une même personne peut toucher indûment le RSA dans plusieurs départements, car aucun d’entre eux ne croise les dossiers ».

Aussitôt dit, aussitôt fait, Xavier Bertrand, son collègue du Travail et de la Santé, a promis dès dimanche soir, à l'AFP, qu'un tel fichier serait mis en oeuvre avant la fin de l'année : ce sera « la meilleure façon de renforcer la lutte contre des fraudes sociales ». Le ministre espérait augmenter le rendement de la chasse à cette fraude au cumul indu d'allocations sociales, une chasse qui a permis de récupérer « un peu plus d'un milliard d'euros, soit 10 % de plus que l'année précédente ».

Fantastique ! devait s'écrier l'électeur béat d'admiration devant un tel zèle à bien faire. Mais... pourquoi a-t-il fallu attendre 9 mois avant le premier tour de l'élection présidentielle pour y penser ? Finalement, même pour le sympathisant sarkozyste, l'indulgence a ses limites que la Sarkozie ne connaît plus : primo, si ce fichage des modestes est si prioritaire et décisif, ce gouvernement a agit avec une grave incompétence à tant tarder à le mettre en place. Secundo, un rapport parlementaire en juin dernier évaluait la fraude aux prélèvements sociaux par les entreprises à 8 à 15 milliards d'euros. On n'entend pas beaucoup la droite populaire, et encore moins le gouvernement, faire de lumineuses propositions sur le sujet... Question de priorité... électorale ?

Surenchère estivale, bis
Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, était discret ces dernières semaines, après des mois de polémiques en tous genres. Et pour cause, il s'était fait opéré mi-juillet. De retour Place Beauvau mais en partance pour les vacances, le successeur de Nicolas Sarkozy a glissé une nouvelle surenchère anti-migratoire, histoire de ne pas laisser Marine Le Pen seule sur ce terrain. Il s'est ainsi promis d'expulser 30.000 clandestins cette année, contre 28.000 l'an dernier.

On ne sait plus si, comme son prédécesseur Eric Besson, il y inclut la grosse quinzaine de milliers d'immigrés sans papier à Mayotte évacués chaque année, ou les Roumains, Bulgares et autres citoyens européens qui peuvent revenir aussitôt dans notre beau pays (9.000 l'an dernier).

Bêtise estivale
L'ancienne villepiniste Marie-Anne Montchamp, ralliée à Nicolas Sarkozy quand ce dernier la menaça sur sa circonscription, s'est aussi démarquée dès lundi.

Secrétaire d’Etat aux Solidarités auprès de Roselyne Bachelot, elle s'est déclarée persuadée qu'il ne sert à rien d'augmenter les impôts ou cotisations pour rééquilibrer les comptes publics. La preuve, dans son périmètre, elle a trouvé « 2 à 2,5 milliards d’euros de dépenses inappropriées » . Fichtre ! Que fait la police ? « La question n’est pas de remettre des fonds dans l’hôpital public pour des personnes âgées hospitalisées qui ne devraient pas l’être, mais de réorienter cette capacité de financement pour prévenir la perte d’autonomie. »

Chaque ministre, dans les semaines et mois à venir, devra adapter l'argumentaire sarkozyen à son périmètre : (1) il ne faut pas augmenter les impôts, (2) on a trop d'argent gaspillé.

Que la vie est simple en Sarkofrance !
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MessageSujet: Alors que les rumeurs de dégradation de la notre de la France se font de plus en plus insistantes La Bourse de Paris sombre de nouveau    Mer 10 Aoû - 15:23

La Bourse de Paris sombre de nouveau mercredi. Après avoir ouvert en hausse de 1,65 %, le CAC 40 est repassé dans le rouge et perdait 5,07 % à 17 h 05 (suivre le cours en direct), après l'ouverture en baisse de Wall Street. Le Dow Jones perdait plus de 3 % vers 16 heures (heure de Paris). Dans la nuit, les marchés américains et asiatiques ont connu un rebond dont la progression a été confortée par les mesures prises par la Fed pour soutenir l'économie. Les autres grandes places européennes progressent. Londres prend 1,37 %, Francfort - qui a sous-performé mardi - gagne 2,67 %, Milan avance de 1,14 % et Madrid de 0,96 %. Du côté des indices paneuropéens, l'EuroStoxx 50 gagne 1,55 % et l'EuroFirst 300 1,65 %.

Mardi, l'indice vedette parisien a mis un terme à une série de onze séances de baisse d'affilée (- 18,67 % au total) pour rebondir de 1,63 % à 3 176,19 points, toujours au plus bas depuis plus de deux ans. Les investisseurs espéraient beaucoup de la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui se tenait mardi soir et dont les annonces ont soutenu le rebond des Bourses américaines puis asiatiques mercredi matin. Wall Street a retrouvé des forces, signant une forte reprise de 3,98 % pour le Dow Jones et de 5,29 % pour le Nasdaq. Mercredi matin, les marchés asiatiques se sont installés dans le vert, Tokyo terminant en hausse de 1,05 %.

Inquiétudes

La Fed a annoncé qu'elle allait garder son taux d'intérêt directeur près de zéro "au moins jusqu'à mi-2013", tout en envisageant de nouvelles mesures de relance pour aider l'économie sans donner plus de détails. "Certains pourraient avoir attendu plus de la part de la Fed, mais la décision de maintenir les taux d'intérêt pour les deux prochaines années a été clairement suffisante pour permettre aux acheteurs de revenir dans le jeu" sur les marchés, indique Cameron Peacock, analyste chez IG Markets.

Toutes les inquiétudes ne sont pas pour autant dissipées, notamment celles portant sur le ralentissement de l'économie mondiale et la crise de la dette des deux côtés de l'Atlantique qui ont fait chuter les marchés ces derniers jours. La Fed a d'ailleurs souligné que la croissance des États-Unis, première économie mondiale, avait été très décevante depuis le début de l'année, à un rythme annuel de moins de 1 % au premier semestre alors qu'elle tablait sur plus de 3 % début 2011.
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MessageSujet: Les valeurs bancaires françaises chutent lourdement en Bourse mercredi après-midi, plombées par des rumeurs de dégradation de la note de la France et par un regain des craintes d'extension de la crise de la dette à l'Italie.   Mer 10 Aoû - 15:26

PARIS (Reuters) - Les valeurs bancaires françaises chutent lourdement en Bourse mercredi après-midi, plombées par des rumeurs de dégradation de la note de la France et par un regain des craintes d'extension de la crise de la dette à l'Italie.

Après les Etats-Unis, dont la note a été abaissée vendredi soir par l'agence de notation Standard & Poor's, c'est au tour de la France et de son "triple A" d'être scrutés par le marché, qui attend des autorités françaises des réformes budgétaires concrètes.

Interrogés par Reuters, Moody's et Fitch ont redit que la note AAA de la France était assortie d'une perspective stable.

A la mi-journée, Fitch Solutions avait estimé dans une étude que l'incertitude en Europe affectait beaucoup la France sur le marché des dérivés de crédit. "L'évolution des spreads sur la France et l'Allemagne pourrait constituer un signe montrant que les marchés sont de plus en plus préoccupés par la capacité de la zone euro à soutenir les pays les plus affaiblis de l'UE", écrivait Fitch.

A la Bourse de Paris, la chute de l'action Société générale naviguait autour de 18,5% à 16h15 après avoir dépassé momentanément 20%. BNP Paribas et

Crédit agricole abandonnaient 15,68% et 12,52% à 16h15.

Les indices boursiers creusaient aussi leurs pertes dans le sillage d'une baisse de 3% environ de Wall Street à l'ouverture.

"Quand on voit comment les choses ont évolué, il y a beaucoup de pression maintenant sur la France. C'est assez ciblé", souligne un analyste financier basé à Londres qui n'a pas souhaité être nommé, à propos de la chute des bancaires françaises.

"C'est un peu pour défier le système français: 'vous promettez des réformes. C'est bien mais maintenant il faut des annonces concrètes'", ajoute-t-il.

Le gouvernement français a annoncé en fin de matinée que la France prendrait le 24 août les mesures nécessaires pour que ses objectifs de réduction des déficits publics soient atteints quelle que soit l'évolution de la situation économique.

INQUIÉTUDES EN ITALIE

Les banques françaises sont aussi attaquées en raison de leur forte exposition à l'Italie, pays sous la pression des responsables européens pour redresser sa situation budgétaire.

D'après les chiffres de la Banque des règlements internationaux (BRI), les établissements bancaires français sont exposées à hauteur de 410 milliards d'euros à l'Italie, suivis par les banques allemandes avec une exposition de 165 milliards.

BNP Paribas et Crédit agricole sont tout particulièrement exposés à l'Italie en raison de leur filiale locale, respectivement Banca Nazionale del Lavoro et Cariparma.

A la Bourse de Milan, les titres Intesa Sanpaolo et Unicredit ont été réservés à la baisse dans l'après-midi en raison d'une volatilité excessive.

Le marché s'inquiète de la capacité des banques italiennes à se refinancer. En réponse à ces rumeurs qui circulent sur le marché, l'ABI, l'association bancaire italienne, a assuré mercredi matin que les banques italiennes n'avaient pour le moment aucune difficulté à se refinancer.

"L'Italie semble être ce qui inquiète le marché bien que les rendements (de la dette italienne) soient retombés après l'intervention de la BCE", faisait remarquer plus tôt dans la matinée un trader parisien.

EXTENSION DE L'AIDE À LA GRÈCE?

A ces craintes s'ajoutent aussi des informations selon lesquelles l'Union européenne et l'Institut de la finance internationale (IFI) réfléchiraient à un élargissement du plan d'échange de titres de dette souveraine grecs afin d'inclure des obligations à maturité 2024 au lieu de 2020.

Pour certains analystes, cela pourrait du coup se traduire par des dépréciations plus importantes pour les banques qui détiennent de la dette souveraine grecque au-delà de 2020.

"Les banques qui n'ont pas déprécié 100% de leurs positions pourraient avoir un impact supplémentaire", explique un analyste basé à Paris. "C'est vrai pour BNP."

BNP Paribas a indiqué la semaine dernière qu'elle détenait de la dette souveraine grecque au-delà de 2020 sur laquelle elle n'a pas appliqué de décote de 21%.

La Société générale a en revanche fait savoir qu'elle ne détenait plus de dette publique grecque après 2020.

Edité par Dominique Rodriguez
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MessageSujet: Contre la dictature financière, la révolte nécessaire   Mar 16 Aoû - 16:29

Contre la dictature financière, la révolte nécessaire

samedi 13 août 2011

popularité : 42%
Par Edwy Plenel

Face à la catastrophe annoncée et confirmée par la folle journée de ce mercredi écoulé, nous avons rendez-vous avec l’histoire. Car la crise actuelle ne résulte pas d’une inévitable fatalité économique ou d’une éphémère folie financière. Elle est la conséquence de politiques socialement criminelles, mensongères et amorales, qui, si elles ne sont pas défaites par les peuples, entraîneront nos sociétés dans une spirale de violences. Aussi est-il temps d’imposer des solutions s’attaquant à la racine du mal : réalistes parce que radicales.

Il y aura bientôt trois ans, le 25 septembre 2008, ces solutions étaient évoquées par un orateur, indigné devant ce que révélaient, avec le scandale des subprimes, les débuts de la crise qui, aujourd’hui, s’approfondit. Ce n’était alors que refrains sur ces spéculateurs impunis, ces banques avides, ces financiers rapaces, ces Etats impuissants, ces idéologues complices, cette misère sociale, ces injustices croissantes, ces escrocs mondains – l’affaire Madoff allait bientôt éclater –, bref, cet argent fou devenu tueur en série lâché sur le monde, détruisant ses richesses humaines et naturelles, premier ennemi du genre humain et de sa terre nourricière.

C’était en France, à Toulon, et l’orateur tenait à « dire la vérité aux Français », et notamment cette vérité première : « L’idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. » Et il ne cessait de la marteler, en lisant son discours écrit par l’un de ses conseillers. Nos lecteurs nous pardonneront la longueur de la citation, justifiée par la gravité de l’heure tant ces mots bruyants d’hier résonnent aujourd’hui bizarrement, dans le silence feutré des conversations téléphoniques et des communiqués lénifiants qui, trois ans après, tiennent lieu de réactions officielles à une crise historique de nos économies. Informer, c’est aussi, sinon d’abord, se souvenir. Ne pas perdre la mémoire. Se rappeler les engagements pris. Ne jamais croire sur parole et, toujours, mettre en perspective. Voici donc...

« Au fond, c’est une certaine idée de la mondialisation qui s’achève avec la fin du capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l’économie et avait contribué à la pervertir. L’idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. L’idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. Pendant plusieurs décennies, on a donc créé les conditions dans lesquelles l’industrie se trouvait soumise à la logique de la rentabilité financière à court terme. On a caché les risques toujours plus grands qu’on était obligé de prendre pour obtenir des rendements de plus en plus exorbitants. On a mis en place des systèmes de rémunération qui poussaient les opérateurs à prendre de plus en plus de risques absolument inconsidérés.
On a fait semblant de croire qu’en mutualisant les risques on les faisait disparaître. On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de mobiliser l’épargne au profit du développement économique et d’analyser le risque du crédit. On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d’assurance à inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation. On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu d’amortir le choc. C’était une folie dont le prix se paie aujourd’hui ! »

Si l’imposture volait, Nicolas Sarkozy serait chef d’escadrille (clin d’œil aux Tontons flingueurs). Car ce discours de 2008 (dont l’intégralité se trouve ici) est évidemment le sien. Oui, ce discours où « la moralisation du capitalisme financier » devenait « une priorité », où les « questions qui fâchent » allaient enfin être posées, et d’abord « celle des paradis fiscaux », où « aucune institution financière » ne devait désormais « échapper au contrôle d’une autorité de régulation », où c’en était fini des croyances obscurantistes dans l’invisible et miraculeuse main du marché – « Il arrive que l’autorégulation soit insuffisante. Il arrive que le marché se trompe. Il arrive que la concurrence soit inefficace ou déloyale » –, où même les tristement fameuses agences de notation qui défient les démocraties, leurs États et leurs peuples, allaient voir ce qu’elles allaient voir – « Il va falloir contrôler les agences de notation dont j’insiste sur le fait qu’elles ont été défaillantes ».

Trois ans ont passé, et le mystérieux « On » de l’ancienne diatribe présidentielle a continué sans entraves ses ravages, spéculations, prévarications et destructions. Ce n’était évidemment qu’un discours d’opportunité, le temps de conjurer la peur d’un peuple révolté et de sauver les intérêts de ce monde oligarchique en forme de société anonyme dont Nicolas Sarkozy est le fondé de pouvoir. Des mots de démagogue, privés de signification, cachant une politique, exactement contraire, de sauvetage sans conditions de cette finance dérégulée, depuis repartie de plus belle à l’assaut de nos conquêtes sociales, de nos équilibres économiques, de nos volontés populaires et de nos souverainetés nationales. Words, words, words... comme le dit le Hamlet de Shakespeare, et c’est bien une tragédie. Une farce tragique.

Ces imposteurs qui nous gouvernent

« Le monde est au bord du gouffre par la faute d’un système irresponsable », déclarait le 3 octobre 2008, dans la foulée du discours solennel de Toulon, l’invisible premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon. Trois ans après, nous basculons dans ce même gouffre par la faute de ces gouvernants irresponsables. Qui pourrait décemment faire encore confiance à des dirigeants qui n’ont même plus l’excuse d’avoir été pris par surprise ou de s’être trompés par conviction ? Ils savaient ce qu’il en était puisqu’ils le proclamaient eux-mêmes, dans une stratégie de diversion verbale où leurs discours cachaient la réalité de leurs actes, qui les démentaient.

Mediapart l’a d’emblée rappelé, c’est l’occasion ratée de 2008 qui, aujourd’hui, se paye. Et elle fut ratée en toute conscience par ces pompiers incendiaires qui nous tiennent lieu de gouvernants, venus au secours des banques avec notre argent public sans exiger de contrepartie, sans entrer à leur capital, sans les placer sous contrôle... Ainsi remis sur pied, le système financier est reparti sans rigoureuse régulation et sévères garde-fous, sans réforme du système bancaire, sans taxation des mouvements de capitaux, sans interdiction de spéculer sur les dettes des États, sans sanction des paradis fiscaux, sans transparence sur les mouvements spéculatifs, sans rien de tout ce qui était annoncé et promis. Bref, ils nous ont trompés, menti, trahis.

Soyons équitables. Dans l’instant, nos dirigeants ont peut-être cru à ce qu’ils disaient. Tout simplement parce qu’ils avaient peur, saisis de frayeur à la perspective d’une prise de conscience collective transformée en colère populaire. Puis, sans doute eux-mêmes surpris de ne pas rencontrer en 2008 et 2009 un front plus uni et plus déterminé, aussi bien politique que syndical, d’opposition, de résistance et d’exigence, ils sont revenus à leurs chères habitudes, abandonnant sans bruit l’impensable audace qui les avait saisis le temps d’un discours. L’intérêt, toujours l’intérêt, encore l’intérêt, tel est leur seul mot d’ordre. S’enrichir, accumuler, spéculer. L’argent privé plutôt que le bien commun. L’envers de tout idéal.

Mais ils avaient été avertis et n’étaient pas près d’oublier leurs craintes. Aussi leur fallait-il se prémunir de nouvelles déconvenues, en forçant l’avantage qu’une opposition trop divisée et trop frileuse leur avait offert. Affaiblir l’État social, protéger le capital financier, culpabiliser le monde du travail : le programme a depuis été suivi à la lettre, des privilèges fiscaux accordés aux très fortunés jusqu’aux coupes sombres dans la fonction publique, tandis que l’emploi restait sacrifié, miné par le chômage et la précarité. Sans oublier, bien sûr, cette bataille des retraites dont, en 2010, ils ont soigneusement choisi l’agenda – un calendrier impératif et des solutions non négociables – afin d’obtenir une victoire symbolique sur la grande masse des salariés, ouvriers et employés surtout, toutes celles et tous ceux dont les vies de travail sont la seule richesse.

Le stupéfiant discours de Toulon envisageait, excusez du peu, de « refonder le capitalisme sur une éthique, celle de l’effort et celle du travail ». Spectaculairement tenue sur Mediapart, la chronique des peu ragoûtantes coulisses du pouvoir n’a cessé de dévoiler ce qu’il en était réellement de ces intentions vertueuses. Affaires Bettencourt, Tapie/Lagarde, Takieddine (nos dossiers complets sont à consulter ici, là et encore là) : pour s’en tenir aux seuls grands feuilletons de l’année écoulée, ce n’est qu’une déclinaison de passe-droits, d’impunités fiscales, de justices sur mesure, de cadeaux financiers, d’arrangements entre amis, de commissions occultes et de financements parallèles. Avec en prime, notamment dans l’exceptionnelle moisson Takieddine, des paradis fiscaux toujours recommandables, des ventes d’armes toujours corruptibles et des dictatures toujours fréquentables.

Ici, comme dans les vieux romans bourgeois, les cuisines disent la vérité des salons. Nos supposés honnêtes dirigeants y font la soudaine fortune d’intermédiaires obscurs (Ziad Takieddine), promus diplomates occasionnels parce que généreux argentiers, ou d’entrepreneurs déchus (Bernard Tapie), passés par la case prison avant d’être gratifiés d’un juteux préjudice moral auquel ne saurait prétendre le plus innocent des détenus. Dans leur cruelle vérité, les enregistrements de l’affaire Bettencourt avaient brutalement mis à nu ce monde d’imposture dont l’argent est le seul moteur et la seule valeur. Un monde double, scindé entre son apparence jouée et sa réalité vraie. Un monde factice qui a cette particularité d’être l’envers de ce qu’il prétend. Et ce n’est certes pas ce monde-là qui nous sortira du gouffre où il nous a entraînés.

Le coup d’État des intégristes de la finance

En 2008, l’orateur de Toulon faisait l’éloge de la volonté politique et de son instrument privilégié, l’État. Oui, martelait-il, l’État ne saurait être passif face aux marchés et aux financiers. « Il me semble que la question de la légitimité des pouvoirs publics à intervenir dans le fonctionnement du système financier ne se pose plus ! », osait-il, ajoutant : « Il faut bien que l’État intervienne, qu’il impose des règles, qu’il investisse, qu’il prenne des participations... » Trois ans ont passé, et nous avons sous les yeux le spectacle d’une abdication politique face aux intégristes de la finance.

L’actuel emballement de la crise est politique avant d’être économique : son récent déclencheur est le putsch d’une agence de notation contre le gouvernement des États-Unis d’Amérique. Et ce coup d’État financier n’est que le prolongement des spéculations menées en Europe depuis des mois, de la Grèce au Portugal, en passant par l’Espagne et la France, contre des pays, contre leurs finances, contre leurs richesses et, donc, contre leurs peuples. Quel est donc ce monde où l’appréciation fantaisiste de mystérieux sorciers de la finance, incontrôlés et incontrôlables, qui plus est souvent financièrement intéressés à l’effet spéculatif de leurs recommandations, est jugée légitime pour sanctionner la politique d’un pouvoir élu ?

Les « clowns » de Standard & Poor’s, pour reprendre le qualificatif sans appel de l’économiste américain Paul Krugman, Et pas n’importe quelle politique : celle du pire, aussi bien d’un point de vue démocratique que social. Ils l’ont reconnu sans embarras, et cet aveu n’a suscité aucune sursaut chez les opérateurs boursiers, preuve s’il en était besoin que la bataille en cours ne relève pas de la technique financière mais d’un affrontement idéologique.

Pris la main dans le sac par l’administration Obama pour une erreur de calcul portant sur pas moins de 2 000 milliards de dollars, les illuminés de Standard & Poor’s n’ont rien changé à leur appréciation dépréciative, se contentant de modifier leurs additions et d’assumer le caractère partisan de leur jugement en évoquant des « risques politiques » qui « pèsent plus lourd que la partie budgétaire de l’équation ». Comme l’a encore souligné le nobélisé Paul Krugman, « ces gens ne sont certainement pas en position d’émettre un jugement », et néanmoins ne s’en privent pas. Ce sont les mêmes en effet qui, en 2008, accordaient les meilleures notes de confiance et de crédibilité à la banque Lehman Brothers jusqu’à sa faillite dans la tourmente des subprimes.

Cette spéculation sur la pauvreté, qui a ruiné des millions d’Américains, ne les gênait aucunement. De même qu’au temps du capitalisme sauvage, assumé comme tel, il y avait des agences de gros bras pour briser les piquets de grève, Standard & Poor’s n’est qu’une agence de mercenaires de la guerre sociale menée par les spéculateurs contre les travailleurs. À peine avait-elle dévalué la note des États-Unis, qu’elle s’empressait de dégrader les organismes américains de refinancement des prêts immobiliers nationalisés durant la crise, c’est-à-dire les instruments créés par la puissance publique pour en réparer les dégâts humains. De même soutient-elle aujourd’hui le triple A français comme la corde le pendu : à la condition explicite que l’offensive antisociale du gouvernement se poursuive.

En juin dernier, elle faisait savoir que « si les autorités françaises ne poursuivent pas la réforme des retraites, ne continuent pas de modifier la Sécurité sociale et ne consolident pas le budget face au risque d’accroissement des dépenses liées aux retraites et à la santé, alors il est incertain que l’Agence maintienne la note AAA » (lire un rappel ici). Et, lundi 8 août, son président du comité de notation des États vantait non seulement la réforme des retraites française mais le retrait de la politique de relance budgétaire (lire là), ajoutant sans fioritures : « Le gouvernement est resté droit dans ses bottes. Il a connu beaucoup de contestation de la rue, mais il n’a pas cédé à cette pression, ce qui souligne la crédibilité de l’exécutif pour prendre des mesures difficiles. »

Nos démocraties sont aujourd’hui défiées par les mêmes idéologues supposément économistes qui, disciples de Milton Friedman (son histoire est ici sur Wikipédia), ont accompagné les dictatures latino-américaines dans les années 1970 et 1980 sans aucun état d’âme. Convaincus d’avoir raison contre les peuples, auxquels il faudrait d’abord savoir dire non et, surtout, ne pas avoir à rendre de comptes, ils s’accommodent volontiers de pouvoirs autoritaires, où l’exception devient la règle et la répression l’ordinaire.

Conseiller de Barack Obama et ancien journaliste, David Axelrod voit juste en lançant à propos de S&P : « C’est une dégradation Tea Party. » L’agence de notation n’est ici que le bras financier, comme l’on dirait le bras armé, de la droite extrême américaine, guerrière, impérialiste et raciste, xénophobe et homophobe. Là-bas comme ici, d’une élection présidentielle à l’autre en 2012, ce n’est donc pas une crise financière qu’il nous faut affronter, mais une bataille politique qui appelle un sursaut vital. On ne compose pas avec un adversaire déloyal, aveuglément idéologique et profondément amoral, comme l’a trop longtemps cru le président Obama (lire ici l’article de Thomas Cantaloube). Non, on l’affronte, pied à pied, par la construction d’un rapport de force et d’une alternative déterminée.

Aujourd’hui, être réaliste, c’est être radical

Rencontre de la troisième crise du capitalisme, après celles de 1857 et de 1929, et de la troisième révolution industrielle, après celles de la machine à vapeur et de l’électricité, notre époque de bouleversement inattendus et d’événements imprévisibles ne cesse de mettre à l’épreuve nos volontés et nos lucidités. Mais, parallèlement aux révolutions arabes qui inaugurent un incertain réveil des peuples, elle vit cette année son moment de vérité.

La crise dans laquelle nous sommes plongés est le prix à payer de la contre-révolution néolibérale qui, depuis trente ans, sur notre continent notamment, déboussole les peuples, défait les solidarités et accroît les inégalités. De deux choses l’une, soit nous réussissons à la renverser et à inventer un nouveau cours, européen et national, où les exigences démocratiques et sociales reprennent le dessus ; soit, dans sa fuite en avant provoquée par sa propre faillite, cette contre-révolution économique appellera une contre-révolution politique, génératrice de violences et de haines, de libertés perdues et de solidarités brisées.

Car comment peuvent-ils s’en sortir, sinon en faisant taire les peuples ? À la différence des révolutions, improbables par essence, les catastrophes n’arrivent jamais par surprise, mais toujours par habitude – autrement dit, par renoncements successifs et capitulations cumulées. Loin d’être une exception, la morgue de Standard & Poor’s témoigne d’un état d’esprit banal dans ce monde où les politiques ont abdiqué devant les financiers. Ainsi, dans cette Europe qui marche sur la tête, la finance en haut et la politique en bas, la Banque centrale européenne peut-elle imposer ses diktats aux États alors même que ses dirigeants n’ont aucun compte à rendre aux peuples.

Dans la folie du week-end dernier où l’on trouvait normal que nos gouvernants « donnent des gages à la BCE » (lire par exemple ici), il a été trop peu remarqué que ladite banque centrale avait posé ses conditions draconiennes à l’Italie dans une lettre « secrète », révélée par le Corriere della Sera (lire ici l’article du quotidien). Dans ce quasi « programme de gouvernement », selon nos confrères italiens, l’actuel gouverneur, le Français Jean-Claude Trichet, et son successeur, l’Italien Mario Draghi, appellent le gouvernement Berlusconi, dont la corruption avérée ne les inquiètent pas outre mesure, à accentuer la libéralisation de l’économie.

Outre l’exigence de « moins de rigidité sur les contrats à durée indéterminée », donc d’une dérégulation du marché du travail, cette missive en forme d’oukase recommande la privatisation des sociétés municipales qui, dans la péninsule, gèrent souvent les transports publics, la collecte des déchets ou la distribution d’électricité et de gaz. On comprend que ses auteurs aient voulu taire cette lettre : car, en juin dernier, les Italiens se sont prononcés par référendum, à une immense majorité, contre la privatisation de la distribution de l’eau, tout comme ils ont approuvé le refus d’autoriser l’État à construire de nouvelles centrales nucléaires ainsi que celui de faire obstacle au déferrement du président du conseil devant la justice (les résultats des référendums sont consultables ici).

Ce simple épisode de la lettre cachée, et heureusement révélée par la presse, illustre ce b.a.-ba démocratique qu’il nous faut, plus que jamais, défendre contre les fourriers de la dictature des marchés : que le sort des peuples dépend d’abord d’eux-mêmes et exige qu’on leur demande leur avis, ce qui suppose qu’ils soient librement informés grâce au recul des barrières d’opacité et de secret dressées contre l’exigence citoyenne de transparence. Quant aux médecins moliéresques qui prétendent parler en notre nom, imposant leurs remèdes de Diafoirus à des maladies imaginaires, ils doivent être urgemment congédiés tant ils sont les premiers fauteurs de crise. Ne sont-ce pas les agences de notation qui furent « les agents clés de l’effondrement financier », comme le soulignait en janvier dernier la commission gouvernementale américaine d’enquête sur la crise ?

Ne sont-ce pas les plans de sauvetage de la finance et la récession, provoquée par cette crise bancaire et financière commencée en 2008, qui sont à l’origine de l’explosion récente de la dette publique en Europe et dans le monde ? « Le déficit public moyen dans la zone euro n’était que de 0,6% du PIB en 2007, mais la crise l’a fait passer à 7% en 2010 », rappelait le "Manifeste des économistes atterrés", ajoutant surtout que la montée de la dette publique en France et dans de nombreux pays européens « provient largement non pas d’une tendance à la hausse des dépenses publiques mais de l’effritement des recettes publiques », du fait notamment « de la contre-révolution fiscale menée par la plupart des gouvernements depuis vingt-cinq ans » – un coût minimum de 100 milliards d’euros pour la France (lire ici l’article de Laurent Mauduit).

Il faudrait citer toutes les fausses évidences que démonte ce Manifeste, soutenu par Mediapart depuis son lancement fin 2010 (retrouver ici notre article du 10 octobre 2010). Il y en a dix, accompagnées de vingt-deux propositions de mesures « pour sortir de l’impasse » parmi lesquelles celle-ci, prophétique : « Les agences de notation financière ne doivent pas être autorisées à peser arbitrairement sur les taux d’intérêt des marchés obligataires en dégradant la note d’un État. » Ou celle-là, efficace : « Affranchir les États de la menace des marchés financiers en garantissant le rachat des titres publics par la BCE ». La lecture de ce texte aussi clair que concret, dont les propositions sont d’une évidente portée pratique, est revigorante car elle montre que, loin des résignations, il y a des solutions. Mais elles supposent des remises en cause radicales.

Ce Manifeste est né de ce constat atterré, aujourd’hui vérifié par l’expérience, que « la crise économique et financière qui a ébranlé le monde en 2007 et 2008 ne semble pas avoir affaibli la domination des schémas de pensée qui orientent les politiques économiques depuis trente ans » et que « le pouvoir de la finance n’est nullement remis en cause dans ses fondements ». La voie qu’il trace est celle d’une radicalité de bon sens : non pas celle qui se paye de mots ou d’illusions, mais celle qui, fidèle à l’étymologie du mot « radical », s’attaque à la racine du mal. Dans cette acception, être radical, c’est être réaliste : face aux bilans désastreux et aux catastrophes annoncées de politiques construites sur les fausses hypothèses d’une efficience des marchés financiers et d’un poids excessif des États, il faut une autre politique, aux présupposés et aux conclusions radicalement différents.

Rien n’est écrit, tout dépend des peuples

Sans doute faut-il se pincer pour y croire mais il est vrai qu’en 2008, à Toulon, Nicolas Sarkozy jurait nous devoir « la vérité : dans la situation où se trouve l’économie, je ne conduirai pas une politique d’austérité parce que l’austérité aggraverait la récession ». Trois ans après, Alain Minc, symbole de ce petit monde de conseilleurs et d’entremetteurs qui résume une politique réduite à l’agiotage, confie au Monde la vérité vraie de cette politique : « Nicolas Sarkozy est devenu Raymond Barre. Il ne peut plus changer de ligne, préserver la note AAA de la France coûte que coûte. Elle est devenue notre trésor collectif. »

Que Raymond Barre, premier ministre tenant d’une politique d’austérité à la fin du septennat de Valéry Giscard d’Estaing, ait quelque responsabilité dans son échec électoral à la présidentielle de 1981 ne doit pas nous rassurer pour 2012. Concierge utile de cette oligarchie, dont il fait circuler les messages et dit tout haut les basses pensées, Alain Minc est un pronostiqueur catastrophique, au risque parfois du ridicule – en 2008, la crise était selon lui « grotesquement psychologique » (à revoir ici) et, en prime, Mediapart une entreprise vouée à l’échec (à revoir là). L’essentiel est ailleurs, dans ce message idéologique : l’austérité comme seul horizon et les marchés comme seuls maîtres.

Nous savons donc ce qui nous attend, et cela se joue maintenant.Tout en étant concocté dans une opacité totale qui est, en elle-même, un déni de démocratie, l’agenda du pouvoir est transparent : jouer de la crise comme d’un levier pour rendre encore plus définitive la défaite du monde du travail. Terme religieux, où le fétichisme de la croyance détrône la politique comme volonté, « la règle d’or » sur le pourcentage de déficit, tendue comme un piège grossier à l’opposition de gauche, n’a d’autre but, outre de possibles cacophonies socialistes, que cette pédagogie de la fatalité et de la résignation. L’offensive est en route, et ce ne sont pas des communiqués, interviews, déclarations et petites phrases qui l’arrêteront. Mais une mobilisation, évidemment. Un rapport de force. Une lutte.

Le pouvoir le sait qui prend les devants, continuant, voire accélérant, son travail de division du corps social où la chasse aux boucs émissaires est chargée de faire diversion en semant son poison. Lundi 8 août, quand le yo-yo des Bourses donnait le tournis après le putsch américain de S&P, le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, s’empressait d’annoncer un « résultat historique » d’expulsions d’étrangers en 2011 et celui du travail, Xavier Bertrand, promettait d’ici la fin de l’année, et sur une idée de la toujours extrême Droite populaire, « un fichier unique des allocataires sociaux » afin de renforcer « la lutte contre les fraudes sociales ».

Les immigrés et les pauvres, sans oublier les jeunes : l’un des initiateurs du "Manifeste des économises atterrés", Philippe Askenazy, a minutieusement démontré comment ces politiques qui stigmatisent des catégories entières de la population (dont, il le rappelle aussi, les femmes) « ont engendré bon nombre des obstacles auxquels font face l’économie et la société françaises ». Mais peu importe pour les imposteurs qui nous gouvernent : leur souci n’est pas l’intérêt général mais leur survie particulière. Leur force de dominants ne repose que sur la faiblesse des dominés, cette division qu’ils s’emploient à diffuser et à installer, au nom de l’origine, de l’âge, du statut, de la culture ou de la croyance.

Seul un front commun, rassembleur et fraternel, saura enrayer cette machine infernale : une union populaire de toutes celles et tous ceux qui ont pris conscience des enjeux véritables et des urgences essentielles. Avec certes des nuances, toutes les oppositions de gauche revendiquent cette lucidité mais elles restent éparpillées, divisées par leurs différences ou paralysées par leurs ambitions. À nous tous de leur dire, partis, syndicats, mouvements et associations, que ce n’est plus l’heure de jouer petit bras, en soupesant les urnes de demain, en évaluant les chances d’après-demain ou en ruminant les divergences d’hier. Nous n’avons cessé de le répéter à Mediapart, et l’époque appelle une clameur plus ample : jamais un combat n’a été gagné sans avoir été mené, sans avoir su s’opposer, sans avoir réussi à se rassembler, sans s’être donné collectivement le courage de l’engager.

Quant à l’échéance de 2012, celles et ceux qui s’y consacrent devraient savoir qu’une élection n’est jamais un placement spéculatif, mais qu’elle relève d’un travail de tous les jours. Aussi, quand la tragédie s’annonce, le sort des peuples ne saurait être suspendu à un calendrier électoral. Il se joue ici et maintenant. Et, de ce rendez-vous, dépend aussi l’issue électorale. C’est pourquoi nous avons besoin d’une révolte citoyenne, aussi pacifique que majoritaire, qui s’emploie à remettre notre monde sur ses bases. À briser ce cercle infernal où l’argent, devenu la mesure de toute chose, finit par détruire toute valeur.

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MessageSujet: La comédie de l'hypocrisie et de l'incompétence continue ...VIREZ MOI CES CHARLOTS !   Mer 17 Aoû - 10:03

MERCREDI 17 AOÛT 2011

Sarkozy et Merkel inventent le gouvernement économique deux jours par an.
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Elle a donc eu lieu, cette fameuse réunion. Vers 16h, la chancelière allemande est arrivée dans l'enceinte d'un palais en rénovation. Un peu plus tard, la conférence de presse démarrait pour quelques journalistes. Par un curieux sens du planning, cette conférence de presse précédait un « dîner de travail »... Sarkozy était habillé en costume noir, trop grand, chemise blanche et cravate noire. Il avait sa mine des jours sombres et une rage toute contenue.

Quelques heures auparavant, Nicolas Sarkozy avait déjeuné avec son premier ministre François Fillon. Quitte à perdre une journée de vacances, autant l'occuper au mieux.

La veille, le gouvernement allemand avait calmé les ardeurs franco-françaises. Il ne fallait rien attendre d'exceptionnel de cette réunion prévue de longue date. A l'Elysée, on prit le parti de se coucher plutôt qu de d'afficher un quelconque désaccord. Comme Merkel est contre les obligations européennes, Nicolas Sarkozy y est hostile également. C'est ça le leadership ! « Les euro-obligations ne sont pas une réponse adéquate aujourd'hui. Émettre des obligations communes nécessite un degré d'intégration économique et budgétaire entre les pays que nous n'avons pas atteint » avait confié un conseiller élyséen au Figaro.

Sarkozy instrumentalise la crise
La conférence de presse a duré 48 minutes. Sarkozy avait préparé son petit « piège » pour animer le débat politique français. Peu galant, mais puissance invitante, il s'arrogea la parole en introduction.


« Pour tout vous dire, nous avons travaillé d'arrache-pied, pas simplement cet après-midi mais tous ces jours derniers ». Sarkozy avait raison de le préciser. Depuis 3 semaines, son absence estivale, jusqu'à son incroyable ratage médiatique la semaine dernière, a été sévèrement critiquée.
« Je dois vous dire que nous avons entre Allemands et Français une communauté d'analyse et une commune vision de l'avenir. Nous voulons dire notre volonté absolue de défendre l'euro, d'assumer les responsabilités particulières en Europe qui sont celles de l'Allemagne et de la France, et d'avoir sur tous ces sujets une identité de vues entre l'Allemagne et la France complète ».
La bonne nouvelle, le couple franco-allemand est toujours là. La mauvaise, il n'y a plus de couple franco-allemand. Sarkozy suit Merkel, qui n'est pas en fameuse posture. Mais on a peine à voire, dans la pauvreté des annonces du jour, ce qui ressemblait à cet énorme effort.

Rappelant qu'il y avait dans la situation actuelle, des « éléments objectifs », Sarkozy a aussi dénoncé les « rumeurs et les décisions de spéculations », contre lesquelles, a-t-il rappelé « notre volonté de combattre est totale et complète.» Notez la répétition des termes : « totale et complète ».

Il enchaîna : « nous avons donc décidé un certain nombre de propositions communes qui feront l'objet d'une lettre franco-allemande qui sera adressée dès demain matin au président van Rompuy. » Un prochain conseil européen est prévu... en octobre. Quel sens de l'urgence !

En 5 minutes à peine, Nicolas Sarkozy énonça une à une ces fameuses propositions. La liste était rapide, et presque sans surprise. Elle était incomplète.

1. « Instaurer dans la zone euro un véritable gouvernement économique de la zone euro ». Quelques journalistes, ce mercredi matin, oublièrent de placer le terme « véritable » dans les guillemets de la citation. « Ce gouvernement économique sera constitué du conseil européen des chefs d'Etats et de gouvernements, il se réunira deux fois par an, et plus si nécessaire, et il élira un président stable pour deux ans et demi ». Et les deux proposent que l'actuel insignifiant van Rompuy rempile. En d'autres termes, Sarkozy et Merkel ont inventé le gouvernement économique deux jours par an.

2. Merkel et Sarkozy souhaitent ensuite que « les 17 membres de la zone euro adoptent avant l'été, ou au cours de l'été 2012, la règle d'or qui consiste à inscrire dans les constitutions des 17 Etats membres la règle montrant que les lois de finances annuelles doivent se soumettre à un objectif de retour à l'équilibre budgétaire». C'est le piège très voyant que Sarkozy continue de tendre à l'opposition. Cette fois-ci, il a mis le paquet. Il se sert d'un sommet d'urgence en pleine crise monétaire franco-européenne pour instrumentaliser l'affaire jusqu'au bout. Les marchés sanctionnent l'indécision politique, la seule mesure que pond le couple Sarkozy/Merkel est une règle de trajectoire budgétaire équilibrée... Quelle décision ! « C'est une règle de bon sens qui doit conduire à la diminution des déficits et la réduction de l'endettement ». Il a également indiqué que Fillon demanderait à tous les partis politiques ce qu'ils en pensent...

Sarkozy passa 3 de ses 5 minutes d'introduction sur ce fameux sujet, insistant plus que nécessaire. La ficelle était si grosse: « un certain nombre de personnalités qui n'appartiennent pas à la majorité ont déjà fait savoir qu'ils étaient favorables à l'adoption de cette règle. Si un consensus est possible, à ce moment-là, je provoquerai à l'automne la réunion du Congrès. Si un consensus n'est pas possible, et bien c'est les Français qui seront juges lors de l'élection présidentielle des forces politiques qui souhaitent le retour à l'équilibre budgétaire et de celles qui ne le souhaitent pas ».

3. « Les ministres des finances allemand et français déposeront sur la table une proposition commune, dès le mois de septembre prochain, de taxe sur les transactions financières. C'est une priorité pour nous », si prioritaire, qu'elle est expédiée en quelques secondes. C'est une arlésienne du débat politique international depuis plus de 35 ans.

4. Pour conclure, Sarkozy promit « d'autres mesures plus spécifiquement franco-allemandes, conscients que nous sommes que l'Allemagne et la France doivent donner l'exemple de la convergence» . Ainsi, en prévision d'un prochain conseil des ministres franco-allemand prévu début 2012, les ministres des finances des deux pays devront proposer des mesures pour que, à partir de 2013, « cinquantième anniversaire du Traité de l'Elysée», l'Allemagne et la France disposent d'un « impôt sur les sociétés commun, dans son assiette comme dans son taux, pour les sociétés allemandes et pour les sociétés françaises».

Cette mesure est surtout symbolique, un affichage de cette convergence si sensible dans l'argumentaire sarkozyen. Les deux n'ont pas précisé ce qu'ils pensaient faire des niches fiscales. Un peu plus tard dans la conférence, Angela Merkel précisa que ni les entreprises allemandes ni les entreprises françaises ne devaient s'attendre à un alourdissement de leur fiscalité sur les bénéfices. Facialement, l'impôt sur les sociétés est plus élevés en France qu'en Allemagne.

Autre mesure technique franco-allemande, au début de chaque semestre, les gouvernements échangeront leurs hypothèses économiques servant à l'établissement de leur budget.

Sarkozy appela cela « marcher d'un même pas pour défendre l'acquis européen ».

Puis Angela Merkel put, enfin, parler. Et ses propos furent partiellement différents de ceux de son hôte. Sarkozy avait les pouces accrochés à son pupitre, et la mâchoire comme souvent contractée par intermittence.

1. Pour Merkel, « la crise actuelle est une crise de la dette ». Aucune allusion ne fut faite à cette « méchante spéculation » qui aurait décidé d'attaquer « injustement » l'euro ou certaines dettes souveraines (dont celle de la France la semaine dernière). Au contraire, « nos propositions visent à reconquérir la confiance des marchés par nos actes. La crise de l'endettement remonte à plusieurs années pour certains pays. » Pour Mme Merkel, les propositions du jour sont davantage « qualitatives » qu'autre chose, « une nouvelle phase qualitative de coopération au sein de la zone euro ».

2. Angela Merkel rappela la convergence franco-allemande sur la règle d'or, « un frein à l'endettement »: « Il faut que les pays de la zone euro s'engagent plus encore pour que les critères de ce pacte soit mis en oeuvre: des budgets équiibrés et une réduction constante de l'endettement ». Au passage, la chancelière indiqua que les Parlements seront invités à faire « preuve d'auto-responsabilité » budgétaire, à savoir qu'ils devront « s'engager à aller plus loin qu'à simplement prendre connaissance » des éventuelles propositions critiques de la Commission européenne, et « qu'ils les mettent en oeuvre ».

3. « Nous voulons que les fonds de cohésion et les fonds structurels européens soient orientés vers un renforcement de la croissance et de la compétitivité ». Merkel indiqua qu'à partir de 2013, la Commission européenne devrait pouvoir décider de l'utilisation de ces fonds pour les Etats sous programme de soutien.

4. Elle reprit enfin les annonces de Sarkozy (taxe sur les transactions, impot sur les société commun, échanges d'informations pour l'élaboration des budgets « dans le cadre du pacte de stabilité et de croissance »)

Sarkozy avait bien appris sa leçon
L'une des premières (et rares) questions de la presse porta sur les euro-bonds, jugés inéluctables par les Echos. « J'ai l'impression que les gens cherchent la panacée universelle pour sortir de la crise » fustigea Angela Merkel. Sarkozy compléta: « Si chacun peut faire de la dette individuellement, et qu'on demande aux pays les plus stables de la garantir, qu'allons-nous dire à nos peuples ?? » Qui a dit que Sarkozy était favorable aux euro-bonds ? « La croissance, c'est la clé de tout ».

Sarkozy s'est même emballé, jusqu'à tomber dans un raisonnement complètement incompréhensible : il faut, a-t-il expliqué, « l'inscription de la règle d'or dans les constitutions pour réduire les déficits, réduire l'endettement, et restaurer la confiance sans laquelle il n'y aura pas de croissance ». Quel rapport avec les euro-bonds ? Et le lien entre la confiance des marchés financiers et la croissance économique, on l'a vu ces dernières années, est bien loin d'être aussi direct et caricatural. Toujours emballé, notre Monarque poursuivit : « Notre réponse n'est pas idéologique, elle est concrète ! Elle est pratique ! Si demain, nous disons, allez voilà, l'Allemagne et la France, nous allons garantir la dette de tout le monde... » (et il se tourne vers Angela Merkel, comme pour montrer qu'il avait bien appris la leçon) «... dans ces conditions, qu'en sera-t-il 6 mois après de la crédibilité de nos pays ? »

Sarkozy n'est plus à une caricature près.

A une autre question sur le Fond européen de Stabilité Financière, Sarkozy répondit qu'il n'était pas question de la doter davantage, à ce stade. Un autre journaliste s'est demandé quelle conséquence un ralentissement de la croissance pouvait avoir sur le financement du FESF. Merkel botta en touche: « Nous devons renforcer notre potentiel de croissance ». Sarkozy fit de même : « Comme la chancelière, je suis confiant sur les perspectives de croissance de la zone euro et du monde. S'agissant de la France, l'acquis de croissance du premier semestre est de 1,4%. »

La croissance, justement, est le sujet d'inquiétude générale. La multiplication des plans de rigueur cause du souci jusqu'au FMI dirigée par Christine Lagarde (sic !). Au dernier trimestre, le PIB de la zone euro n'a augmenté que de +0,2%.

Frédéric Lemaître, du Monde, leur demanda s'ils souhaitaient des sanctions contre les Etats qui n'adopteraient pas la règle d'or ou qui ne la respecteraient pas. Fâcheuse question. Aucun des deux n'y répondit. Mais la non-réponse fut ... longue. Pas téméraire, Sarkozy laissa d'abord Merkel répondre en premier. Notre proposition ... n'est qu'une proposition, expliqua la chancelière. Et de rappeler les motifs à proposer une règle d'or (ou de plomb): c'est « un engagement indépendant des majorités politiques ». Quant aux sanctions, « elles viendraient de l'intérieur, pas de la Commission».

Sarkozy répondit, à son tour, à côté, évoquant « les deux problèmes de la zone euro », la compétitivité d'une part, et l'endettement et les déficits, d'autre part; notamment en France, « depuis 35 ans ». Il répéta ensuite le sens de la fameuse règle d'or, pour conclure: « qui peut bien être contre une règle de cette nature ? » Et les sanctions si la règle n'est pas adoptée ? Sarkozy avait évacué le sujet. « L'euro nous a permis beaucoup de choses. Car nous sommes plus forts ensemble que seuls. Mais l'euro, ce n'est pas simplement des droits... c'est aussi des règles, des devoirs, une discipline... un vivre ensemble qui implique de la solidarité quand ça ne va pas mais qui implique aussi le respect des règles... (...) Par conséquent, si la règle devait être adoptée par les 17, ce que nous souhaitons, ce ne serait pas une règle optionnelle, mais une règle obligatoire.»

L'homme des 400 milliards d'euros d'endettement supplémentaire depuis 2007 se permet tout. Rappelons-nous le Nicolas Sarkozy de juin 2007, à peine élu, qui allait prévenir la Commission européenne ne respecterait pas son engagement de revenir à moins de 3% du PIB de déficit budgétaire en 2012, un engagement pris... en mars 2007 par le gouvernement Villepin. A l'époque, Sarkozy avait un paquet fiscal à faire passer durant l'été.

A la 39ème minute de cette conférence, le téléphone portable de Nicolas Sarkozy commença à sonner. Le Monarque était en train de discourir sur la convergence économique franco-allemande (« c'est la clé » ). On entendit l'étrange mélodie, tandis que Sarkozy tentait de l'éteindre sans s'interrompre. Pas d'excuse, il conclua rapidement et regarda son téléphone.

Nadège Puljak, de l'AFP, les interrogea sur la création éventuelle d'un ministère commun de l'économie. « En l'état actuel des choses, c'est pas dans le communiqué » commença Sarkozy, avec un gros sourire... « Là encore... vous savez... j'crois qu'il faut prendre les choses dans le bon ordre. C'qu'est envisageable... c'est l'analyse commune, la convergence... dans le respect des identités et des spécificités. Les Allemands et les Français ne sont pas les mêmes.»

A l'issue de cette réunion, l'euro recula encore un peu plus. Ce mercredi, la presse se montrait déçue.

Cette rencontre n'avait convaincu pas grand monde en dehors du clan rapproché de Nicolas Sarkozy.
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MessageSujet: On y arrive ! patience...ensuite après l'écroulement de la tour de Bable...les risques de guerre sont grands...à moins de changer de système et d'abandonner le capitalisme...   Ven 19 Aoû - 11:14

Les Bourses mondiales plongent encore ce vendredi, au lendemain d'une journée noire. Les investisseurs entrevoient le spectre d'une récession aux Etats-Unis et en zone euro et craignent un tarissement des liquidités des banques européennes.

"Les investisseurs se montrent de plus en plus convaincus que le ralentissement de l'économie mondiale est plus fort et plus durable qu'ils le pensaient jusque-là", souligne Christian Parisot, économiste chez le courtier Aurel BGC.

Les mauvaises nouvelles aux Etats-Unis, première économie mondiale, se sont multipliées ces derniers jours: l'immobilier ne redémarre pas, le chômage repart à la hausse et l'activité manufacturière est faible.
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MessageSujet: Le plan grec « hors de contrôle »   Sam 3 Sep - 9:54

Le plan grec « hors de contrôle »
Laurent Pinsolle - Blogueur associé | Jeudi 1 Septembre 2011 à 15:15 | Lu 5944 fois
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Alors que le plan de soutien aux créanciers de la Grèce traîne en longueur, le Parlement hellénique vient de publier un rapport jugeant la dette « hors de contrôle » et affirmant que la récession ne permettra pas de rembourser les créances. Selon Laurent Pinsolle, membre de Debout la République, la Grèce glisse dans une situation proche de celle de l'Argentine en 1999.

Hier, la forte hausse du CAC 40 illustrait mon papier sur « la crise économique (qui) suspend son vol ». Mais entre temps, les choses se sont considérablement compliquées à Athènes entre les revendications de la Finlande et le rapport du parlement grec jugeant « la dette hors de contrôle ».

Menace sur le plan européen

Décidément, les négociations pour finaliser le plan de soutien aux créanciers de la Grèce traînent en longueur. Depuis le 21 juillet, la Finlande, qui doit contribuer à hauteur de 2% des montants, refuse de donner sa garantie sans contrepartie de la Grèce. Elle souhaite en effet recevoir des cautions en cas de non remboursement.

Par exemple, la Grèce pourrait donner une entreprise en garantie qu’Helsinki récupèrerait si Athènes ne pouvait pas honorer sa dette. En effet, ces plans doivent passer dans les parlements nationaux et les parlementaires finlandais ne sont pas très favorables à une telle aide, ce qui explique les exigences du gouvernement.

Malheureusement, il est bien évident que si la Finlande obtenait quoi que ce soit, d’autres pays pourraient faire des demandes équivalentes. L’Autriche, les Pays Bas, la Slovaquie ont déjà indiqué vouloir des garanties similaires, ce qui a fait hurler Jean-Claude Trichet, l’Allemagne et la France. Il est bien évident qu’il n’est pas possible pour la Grèce de donner des garanties équivalentes au montant du plan. Et il est bien évident également qu’il serait difficile de donner des garanties spécifiques à un pays mais pas aux autres.

Si la Finlande obtient quelque chose, la boîte de Pandore sera ouverte. Bref, les difficultés rencontrées dans la négociation du plan semblent indiquer qu’il n’est pas totalement impossible que le plan échoue, même si ce n’est pas l’issue la plus probable.


Athènes sur la voie de l’Argentine

Parallèlement, la situation se tend à Athènes. Le ministre des finances fait tout son possible pour suivre les exigences de la troïka bureaucratique FMI, BCE et Commission, mais la situation commence à inquiéter le Parlement grec. En effet, il vient de publier un rapport jugeant la dette « hors de contrôle » et affirmant que les différents plans « ne peuvent pas restaurer l’état des finances ».

Une partie des autorités du pays commence donc à contester la ligne suivie depuis le printemps 2010. Il faut dire que les résultats sont totalement désastreux. Après une chute du PIB de plus de 4% l’an dernier, la récession devrait s’aggraver cette année (le PIB a baissé de 6.9% au second trimestre ) alors qu’il était prévu que la situation s’améliore (la troïka avait même prévu une légère croissance en 2012 !).

Idem sur le déficit budgétaire, qui devait être de 8% en 2010, mais qui a dépassé 10% et qui progresse en 2011 - , alors qu’il était prévu qu’il descende à 7.6% cette année. Malheureusement, cette issue était prévisible : l’austérité sauvage qui est imposée à Athènes pour rembourser ses créanciers plombe tellement la croissance que ce qui est gagné en réduction de dépenses et en hausses d’impôts est compensé par l’effondrement de l’activité. Dès le printemps 2010, beaucoup d’économistes l’avaient écrit, ainsi que Nicolas Dupont-Aignan, ou votre serviteur. La situation semble sans issue dans le cadre actuel et il est évident qu’il y aura un troisième plan.

Toute la question est de savoir si Athènes arrivera à obtenir une véritable restructuration de sa dette, acceptée par les autorités européennes ou si les dirigeants, lassés de saigner leur pays, ne vont pas finir par regarder l’exemple du défaut argentin comme une bien meilleure solution.

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MessageSujet: Les Bourses européennes décrochent, le CAC 40 passe sous les 3 000 points   Lun 5 Sep - 16:15

Les Bourses européennes décrochent, le CAC 40 passe sous les 3 000 points
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 05.09.11 | 11h15 • Mis à jour le 05.09.11 | 18h04



Les principales Bourses européennes étaient toutes en baisse, lundi 5 septembre à la mi-journée, comme ici la Bourse de Francfort.REUTERS/SONYA SCHOENBERGER

A 2 999,54 points, le CAC 40, l'indice de référence de la Bourse de Paris, a clôturé, lundi 5 septembre, sous la barre psychologique des 3 000 points, après une chute de 4,73 %. La journée a été catastrophique sur toutes les places européennes, à commencer par l'Allemagne, où, à Francfort, l'indice DAX a connu une véritable dégringolade, perdant 5,28 % pour terminer à son niveau le plus bas depuis deux ans. La baisse est importante et générale : Londres (- 3,58 %) ; Milan (- 4,83 %) ; Madrid (- 4,69 %) et Zurich (- 4,04 %) ont également connu des chutes prononcées.



Sur toutes les places, ce sont les valeurs bancaires qui ont été le plus fortement malmenées. L'action de la Société générale, sous le coup avec d'autres banques d'une enquête aux Etats-Unis concernant les subprimes, perd 8,64 % à Paris. La Deutsche Bank, également visée par l'enquête américaine, perdait plus de 8 % à la clôture de la Bourse de Francfort. Ce midi, le PDG de la banque allemande avait estimé que "les perspectives pour les banques européennes en général ne sont pas vraiment roses sur leurs marchés nationaux", à l'occasion d'un discours prononcé dans un congrès bancaire.


Les banques font l'objet de toutes les attentions depuis que la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a appelé à une recapitalisation urgente des établissements financiers et à un renforcement de leurs fonds propres. Une demande réitérée dans un entretien paru lundi dans le quotidien allemand Der Spiegel. "Cela est nécessaire pour éviter une contagion" des problèmes, a-t-elle dit. Le président de BNP Paribas, Michel Pébereau, a pour sa part jugé lundi qu'il n'était "pas si évident" que l'ensemble du système bancaire européen ait besoin d'être recapitalisé, même si c'est "sans doute" nécessaire pour "certaines banques".

L'euro accusait également le coup lundi face à la monnaie américaine, retombant sous 1,42 dollar alors que les investisseurs optent pour les valeurs refuges – et donc le billet vert –, craignant de voir les Etats-Unis plonger en récession.

GOUVERNANCE EUROPÉENNE RENFORCÉE

En fin de semaine dernière, c'est de nouveau la Grèce qui a fait l'objet de toutes les attentions. Le ministre des finances grec, Evangélos Vénizélos, a reconnu que le pays ne respecterait pas son objectif de déficit public pour 2011 du fait de l'aggravation de la récession.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a jugé "absolument impérieux" lundi de renforcer la surveillance économique de la zone euro et de signer les textes européens et les législations nationales "qui doivent permettre de surveiller beaucoup plus étroitement les évolutions budgétaires nationales". S'exprimant devant l'Institut Montaigne, à Paris, M. Trichet a également jugé urgent d'appliquer les décisions prises lors d'un sommet de la zone euro le 21 juillet pour aider la Grèce.

CRÉDIBILITÉ

Ces annonces surviennent alors que la zone euro souffre d'un manque de crédibilité sur sa capacité à surmonter la crise de la dette. Lundi, l'agence de notation Standard and Poor's a menacé de ranger en catégorie spéculative d'éventuelles obligations communes européennes, indique le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.

"Si nous avions une obligation européenne garantie à 27 % par l'Allemagne, 20 % par la France et 2 % par la Grèce, la note serait alors 'C', soit celle de la dette de la Grèce", a déclaré le patron de sa division notation pour l'Europe, Moritz Krämer, au cours d'une conférence en Autriche ce week-end, écrit le quotidien.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé que l'économie européenne allait connaître dans les mois à venir une "croissance modérée" sans toutefois entrer en récession. Les commentaires du chef de l'exécutif européen font écho à l'abaissement des prévisions de l'agence de notation Standard & Poor's concernant l'économie européenne la semaine dernière.
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MessageSujet: La politique du Père la rigueur ne sert à rien !   Mer 7 Sep - 7:32

La crise économique et financière en Europe : chronique de l’été de plomb


La dette publique grecque

Au début de l’été, le gouvernement grec demandait qu’un nouveau crédit de l’UE et du FMI lui soit accordé. Ce prêt devait compléter celui de mai 2010 qui atteignait un total de 110 milliards d’euros et devait être remboursé en 2013. Le taux de rendement atteint par les obligations d’Etat grecques (bien au-delà de 15 %) ne lui permettait pas, en effet, d’envisager même à moyen terme, l’émission de nouveaux titres sur les marchés financiers pour rembourser les titres de la dette publique arrivant à échéance. Le FMI, l’Union européenne et le gouvernement de George Papandréou avait pourtant prévu ce retour en 2013.

Après bien des atermoiements, les dirigeants européens décidaient, le 21 juillet, d’un nouveau plan de financement de la Grèce qui devait, avec la participation des banques et des assurances, s’élever à 159 milliards d’euros. Commençant à comprendre que les taux des prêts et les délais de remboursement exigés étaient impossible à tenir, les oligarques européens avait accepté une nouvelle diminution des taux (de 5,2 % en mai 2010 à 3,2 %) et un nouvel allongement de la durée de remboursement (de 3 ans en mai 2010 à 15 ans, voire 30 ans). Ils continuaient, cependant, à exiger une austérité accrue en contrepartie des prêts accordés. Malgré de puissantes manifestations à l’initiative des syndicats et des « Indignés » grecs, le Parlement grec à majorité socialiste, avait déjà, le 29 juin, approuvé les mesures d’austérité exigées par l’Union européenne.

Les résultats de cette politique apparaissent aujourd’hui en pleine lumière.

Sous le poids des mesures d’austérité la Grèce s’enfonce dans la récession. Son PIB devrait se réduire d’au moins 5 % en 2011, entraînant mécaniquement une baisse des recettes et donc une augmentation du déficit public puis de la dette publique. Le rapport d’une commission d’experts du Parlement grec estimait que la dette publique de la Grèce était « hors contrôle ». La présidente de cette commission a été obligée de démissionner. Il n’était pas possible, en effet, pour le ministre grec des Finances, Evangelos Venizélos « qu’un texte à en-tête du Parlement grec soutienne exactement le contraire de ce que disent le gouvernement et les experts du FMI [1] ».

Le déficit public qui, selon les perspectives de l’Union européenne et du FMI, aurait dû se limiter à 16 milliards d’euros pour toute l’année 2011, atteignait déjà 21 milliards d’euros pour le seul premier semestre 2011. La dette publique s’envole vers les 160 % du PIB grec.

La Troïka (BCE, Commission européenne, FMI) exige pourtant, début septembre, l’accélération du programme de privatisation (les multinationales européennes attendent le butin) et 2,5 milliards d’euros d’économies supplémentaires d’ici la fin de l’année. Ce qui signifie de nouvelles baisses des salaires, des pensions et des prestations sociales, une accélération de la récession et un bond en avant du déficit et de la dette. Ces exigences n’ont même pas pour objet le nouveau prêt de 159 milliards d’euros mais le déblocage de la 6ème tranche du prêt de 110 milliards d’euros accordé en 2010. Devant les réticences du gouvernement grec qui craint une explosion sociale à l’annonce de nouvelles mesures d’austérité frappant un peuple complètement exsangue, les experts de la Troïka ont interrompu les négociations et quitté Athènes le 3 septembre.

Le prêt de 159 milliards d’euros, dont la première tranche n’aurait pas pu être débloquée avant le vote des parlements des pays européens concernés, en octobre ou novembre, devient donc de plus en plus hypothétique.

D’autant plus hypothétique que le Parlement finlandais vient de remettre en question les règles du jeu de l’accord du 21 juillet. Sous la pression du parti des « Vrais finlandais » qui avait obtenu plus de 19 % des suffrages aux dernières élections législatives, la Finlande vient, en effet, de signer un accord bilatéral avec la Grèce lui permettant d’être remboursée en priorité, en contrepartie des garanties qu’elle serait amenée à apporter au prêt du FESF. La Finlande ne représente que 1,78 % des garanties apportées au FESF (garanties calculées en fonction de l’apport des différents Etats-membres au capital de la BCE) mais elle bénéficie d’une note A-A-A dont le FESF peut difficilement se passer pour émettre ses obligations et aller se financer sur les marchés financiers. La plupart des autres Etats européens (en particulier l’Allemagne qui apporte 27 % des garanties) n’acceptent pas le procédé. Les Pays-Bas, quant à eux, exigent de la Grèce, des engagements identiques à ceux accordés à la Finlande.

Les dettes publiques espagnoles et italiennes
Le plan arrêté le 21 juillet devait « rassurer » les marchés financiers et éviter la contagion de la dette publique grecque aux autres dettes publiques européennes. Ce n’est pas vraiment ce qui s’est produit. Le taux de rendement des dettes publiques espagnoles et italiennes qui avaient dépassé 6 % avant l’annonce du plan continue d’approcher les 6 % malgré les interventions (limitées) de la BCE. A un tel taux, il n’est quasiment plus possible pour ces deux pays de se refinancer sur les marchés financiers pour rembourser les titres de leurs dettes publiques arrivant à échéance. Si ces taux se maintiennent ou augmentent, il leur faudra, elles aussi, demander un prêt à l’Union européenne, c’est-à-dire au Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF).

Pourquoi ? Parce que les opérateurs financiers sont tout sauf rassurés. Ils constatent qu’il faudrait plus de 250 milliards d’euros pour éviter un défaut de paiement de la seule Grèce. Ils comparent le montant de la dette publique espagnole (639 milliards d’euros) et celui de la dette italienne (1843 milliards d’euros) au montant de la dette publique grecque (330 milliards d’euros). Il ne leur est pas difficile d’en tirer la conclusion que les capacités du FESF, même renforcées à 500 milliards d’euros et avec l’apport du FMI (250 milliards d’euros) ne pourraient en aucun cas permettre de faire face à la crise de la dette publique de l’un de ces deux pays, ni bien sûr à une crise conjointe. Ils exigent donc des taux d’intérêts plus importants pour acquérir des titres de la dette espagnole ou de la dette italienne.

La politique qui vise à « rassurer les marchés financiers » mène tout droit à l’impasse. Qu’il s’agisse des plans d’austérité, de la « règle d’or », de la nouvelle gouvernance européenne, ou même des euro-obligations. A chaque fois, les opérateurs financiers finissent par percevoir les effets limités, contradictoires des mesures prises ou proposées et loin de se « rassurer » exigent toujours plus : à la fois des taux élevés et la garantie que leurs créances seront honorées jusqu’au dernier centime d’euro.

La Banque Centrale Européenne qui dispose, en théorie, d’une puissance de feu illimitée (elle peut créer de la monnaie ex nihilo) à la différence du FESF et de ses 250 puis 500 milliards d’euros, pourrait casser les reins des spéculateurs. Mais elle n’agit qu’à contrecœur et n’attend que le moment où elle pourrait laisser, comme le prévoit l’accord du 21 juillet, le FESF racheter les titres des dettes publiques espagnoles et italiennes sur le marché secondaire, le marché boursier. Or, ce n’est qu’en octobre ou novembre, après la ratification éventuelle de cet accord par les parlements des différents Etats de la zone euro, que le FESF pourrait commencer les rachats.

C’est proprement ahurissant car si la BCE n’étouffe pas la spéculation sur les dettes publiques espagnoles et italiennes dans l’œuf, elle prend le risque que rien ne puisse, ensuite, arrêter cette crise et son extension d’abord la dette française puis à la dette belge et, au final, à toutes les dettes publiques européennes. Avec une telle politique, la BCE qui se veut la gardienne de l’euro prend le risque de faire éclater la zone euro et donc l’euro. Mais que faire d’autre qu’obéir quand des voix célestes vous ordonnent d’aller faire couronner le dauphin à Reims ?

Les traités européens exigent, en effet, de la BCE qu’elle ait un bon bilan et donc, qu’elle ne rachète pas les titres des dettes publiques mal notés par les agences de notation. La BCE avait fait une exception pour les titres grecs, irlandais et portugais mais cela relève du cauchemar pour ses dirigeants que d’élargir cette exception à des dettes publiques aussi considérables que celle de l’Italie et de l’Espagne.

La Bourse
Le 18 août, les bourses européennes connaissaient un véritable « jeudi noir ». Le CAC 40 perdait 5,48 %, le Dax de Francfort 5,82 %, le FTSE MIB de la bourse de Milan 6,15 %... Au total, la CAC 40 aura baissé de 10 % en août, de 20 % en trois mois. Le 2 septembre, après une accalmie qui avait permis, par exemple, au CAC 40 de rebondir de près de 5,80 % en un peu plus d’une semaine, les cours boursiers repartaient à la baisse : une chute de 3,59 % pour le CAC40, de 3,36 % pour Francfort ou de 3,89 % pour Milan.

Le 5 septembre, la Bourse de Paris termine en dessous de 3000 points après une chute de 4,73 %. La journée a été catastrophique sur toutes les places européennes : Allemagne, où, à Francfort, l'indice DAX dégringole de 5,28 % pour terminer à son niveau le plus bas depuis deux ans. La baisse est générale : Londres (- 3,58 %) ; Milan (- 4,83 %) ; Madrid (- 4,69 %) et Zurich (- 4,04 %) (Le Monde.fr). Ce sont les valeurs bancaires qui sont le plus fortement malmenées : la Société générale perd 8,64 % à Paris. La Deutsche Bank perd plus de 8 %, son PDG estimant que « les perspectives pour les banques européennes en général ne sont pas vraiment roses sur leurs marchés nationaux ».

Les opérateurs financiers, les spéculateurs, sont, en effet, coincés à leur propre piège. D’un côté, ils craignent que les dettes publiques ne puissent être remboursées et exigent des plans d’austérité de plus en plus drastiques pour réduire dettes et déficits publics. De l’autre, ils constatent, comme aujourd’hui, en Grèce que ces plans d’austérité conduisent à la récession et donc à l’impossibilité de rembourser les dettes. C’est ce qui explique le jeu de yo-yo auquel se livrent les indices boursiers, au gré des annonces de plan d’austérité, de crainte de récession, de la perte du A-A-A des Etats-Unis, des chiffres de l’emploi… On appelle cela la « volatilité » des marchés. Et c’est à cette « volatilité » qu’est confié l’avenir de nos économies et de nos sociétés.

Les banques
Les actions du secteur bancaire français, particulièrement exposés au risque des dettes et des économies grecques, espagnoles et italienne, auront, quant à elles perdu près de 40 % de leur valeur boursière en trois mois. Les actions des grandes banques italiennes (UniCredit) ou espagnoles (Santander, BBVA...) dont l’exposition aux dettes publiques de leur propre pays est colossale, subissent le même sort. Ne parlons même pas des actions des banques grecques…

Les opérateurs financiers ont parfaitement compris que les plans d’aide du FMI et du FESF n’étaient pas des plans d’aide à l’Irlande, à la Grèce ou au Portugal mais des plans d’aide aux banques et aux assurances allemandes, françaises, britanniques… très exposées aux risques des dettes publiques de ces pays comme à ceux des dettes publiques (et privées) de l’Espagne et de l’Italie.

Ils ont encouragé les plans d’austérité qui étaient la contrepartie de ces « aides » mais, aujourd’hui, ils doutent de la réussite de ces plans en voyant la récession qui se généralise. Chaque opérateur essaie alors de tirer son épingle du jeu et vend les titres dont il prévoit la dépréciation. Et en les vendant, il entraîne la baisse de la valeur boursière de ces titres. La spéculation la plus agressive, celle des « Hedge funds », s’en mêle, bien évidemment, car il y a gros à gagner en cas de crise aigüe des dettes publiques européennes. Ce n’est, d’ailleurs, qu’en interdisant temporairement, depuis le 18 août, la vente à découvert des actions bancaires que les autorités financières ont pu (jusqu’à maintenant) limiter la spéculation et l’effondrement des valeurs bancaires.

À cette situation s’ajoutent trois autres mauvaises nouvelles pour les banques et ceux qui en détiennent les actions.

Première mauvaise nouvelle : la banque franco-belge-luxembourgeoise Dexia annonce 4 milliards d’euros de pertes pour le 2ème trimestre 2011. La banque avait déjà dû être recapitalisée à hauteur de 6,4 milliards d’euros en 2008, essentiellement par l’Etat et les régions belges (3 milliards), l’Etat français (1 milliard) et la Caisse des dépôts et consignations (2 milliards).

Deuxième mauvaise nouvelle : la déclaration du président du directoire de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, le 4 septembre. Selon lui, certaines banques européennes ne survivraient pas si elles devaient réévaluer la dette souveraine de leurs comptes au prix du marché. Cette déclaration peut être interprétée de deux façons. Soit comme le désaveu de la mise à contribution (pourtant limitée) des banques par l’accord du 21 juillet. Soit par une remise à leur juste place des tests de résistance (stress tests) réussis, en juillet, par 83 banques européennes sur 91. Ces tests, en effet, ne prenaient que marginalement en compte les risques de détérioration des titres des dettes publiques comptabilisés dans les actifs bancaires. Dans les deux cas, elle ne peut qu’inquiéter les « marchés financiers » puisque l’accord du 21 juillet et les stress tests avaient pour principal objectif de les « rassurer ».

Troisième mauvaise nouvelle : le marché interbancaire se tarit. Le marché interbancaire, ce sont les prêts que les banques se font les unes aux autres, parfois pour quelques jours seulement. Lorsque ce marché se tarit, cela signifie que les banques ne se font plus confiance entre elles. Aujourd’hui, elles soupçonnent les autres banques d’avoir en portefeuille des titres des dettes publiques qui seront peut-être bientôt irrécouvrables. Elles préfèrent donc placer leurs liquidités auprès de la BCE et percevoir un intérêt de 0,5 % plutôt que le double ou le triple sur le marché interbancaire. Ce tarissement du marché interbancaire est le signe du passage d’une crise de solvabilité des banques à une crise de liquidités beaucoup plus dangereuse car elle risque de se traduire par une perte de confiance, extrêmement contagieuse, des déposants. Dans le premier cas la question est de savoir si les banques auront suffisamment de capitaux propres pour faire face aux pertes qu’elles subiront. Dans le second cas, il s’agit de savoir si les banques pourront faire face à toutes les demandes de retraits de fonds de leurs déposants.

La crise
L’Union européenne ne représente qu’un des trois secteurs où se développent crise bancaire, crise financière, crise monétaire et crise économique. Les deux autres secteurs sont la Chine où la crise est plus rampante mais où les provinces « entassent des paquets de mauvaises dettes [2] » et les Etats-Unis. Les crises des uns se répercutent sur celles des autres.

La crise des dettes publiques européennes n’est, qui plus est, qu’un moment de la crise structurelle que subit actuellement le capitalisme.
La forme de plus en plus violente que prend cette crise n’était pourtant pas inéluctable. Ses rythmes auraient pu être différents et éviter la dangereuse synchronisation de la crise de la dette publique européenne et de celle de la dette publique états-unienne. Les « fous du Tea party » [3] ont fait tout leur possible pour permettre cette synchronisation. Les idéologues de l’euro avaient, de leur côté, fait toute leur part de chemin.
Le PIB de la Grèce représente, en effet, moins de 3 % du PIB de la zone euro. Ce n’était donc pas, en 2008, alors que la dette publique grecque s’élevait à 120 % de son PIB un problème insurmontable pour cette zone.
Les oligarques européens et le FMI ont réussi à en faire un problème insurmontable. Au lieu d’aider la Grèce sans contrepartie, ils ont décidé de faire un exemple à l’usage de tous les autres pays européens qui seraient tentés de laisser filer leur dette publique. Ils ont donc assorti leurs prêts à la Grèce de conditions draconiennes, de plans d’austérité qui ont produit une baisse sévère des salaires et des pensions et amené une hausse considérable du chômage. Cette baisse de la consommation intérieure grecque, au moment où la généralisation des plans d’austérité à tous les pays de la zone euro freine les exportations grecques, entraîne une récession qui augmente, du même coup, le déficit et la dette publique.

Les dents serrées, les oligarques européens ne cessent pas pour autant d’imposer toujours plus d’austérité. Tout comme l’avaient fait Pierre Laval en France ou Henrich Brüning en Allemagne, au début des années 1930, avec le succès que l’on sait. Ils persévèrent alors que alors que Christine Lagarde, elle-même, devenue Directrice générale du FMI les met en garde et affirme qu’il faudrait peut-être mettre la pédale douce sur les plans d’austérité pour éviter de casser la reprise économique. Une forme de désaveu de la « règle d’or » de Sarkozy qu’elle défendait pourtant becs et ongles lorsqu’elle était ministre de l’Economie et des finances de ce même Sarkozy.

Les dirigeants européens ne veulent toujours pas comprendre que la Grèce n’a pas seulement des problèmes de trésorerie momentanée mais qu’elle est insolvable et qu’elle ne pourra pas rembourser sa dette. Le plus raisonnable, même du point du vue de ces oligarques et des banques européennes, serait donc de restructurer en profondeur la dette publique grecque pour permettre à l’économie grecque de repartir. Mais, prisonniers de leurs dogmes néolibéraux et de leur vision d’une Europe de père-fouettard, les dirigeants européens n’en feront rien sans une mobilisation à la hauteur des enjeux aussi bien du peuple grec que des peuples européens qui subiront de plus en plus l’effet de leurs plans d’austérité, aussi stupides qu’inhumains.

Avec Jean-Jacques Chavigné.
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MessageSujet: L'effondrement se poursuit dans l'inconscience des repus...qui continuent de travailler ...pourquoi ?   Sam 10 Sep - 6:57

Le chef économiste de la Banque centrale européenne, Jürgen Stark, a démissionné vendredi. Comme d'autres officiels allemands, il est opposé au rachat de dette des États en difficulté. L'euro s'est effondré à 1,3650 dollar.

Le feu gagne la caserne de pompiers. La Banque centrale européenne (BCE), qui lutte depuis dix-huit mois pour éteindre l'incendie ravageant les pays endettés de la zone euro, se déchire maintenant au grand jour. Le chef économiste de l'institution, Jürgen Stark, a démissionné vendredi avec fracas de son poste… trois ans avant la fin de son mandat ! Officiellement pour des raisons personnelles, cette démission marque le spectaculaire désaccord de l'économiste avec la stratégie de la BCE, dont il est un membre influent du directoire. Après le départ retentissant d'Axel Weber en mai dernier, Jürgen Stark est le deuxième Allemand de poids à claquer la porte de la banque basée à Francfort. La réaction des marchés a été à la mesure du choc: l'euro a chuté, atteignant un plus bas depuis février à 1,3650 dollar et les obligations d'État italiennes se sont envolées à 5,37 %.

Cette dernière réaction n'est pas anodine: c'est probablement la décision de voler au secours de l'Italie et l'Espagne, prise le 8 août dernier en pleine tempête financière, qui a achevé de diviser le conseil de la BCE. Jürgen Stark était notoirement opposé à cette action, rejoint en cela par le patron de la Bundesbank, Jens Weidmann, ou encore le Néerlandais Klaas Knot.

«Depuis mai 2010, les Allemands sont contre le rachat de dette souveraine par la BCE», rappelle Bruno Cavalier, économiste chez Oddo Securities. Cette décision de politique non conventionnelle consiste pour la banque centrale à acheter sur le marché des obligations d'État, afin de soutenir leur cours et permettre aux pays attaqués de continuer à emprunter. Mais ce faisant, la BCE rompt avec deux dogmes intangibles aux yeux de l'orthodoxie allemande: elle donne l'impression de cautionner les dérives budgétaires des États et surtout, en monétisant la dette, elle rajoute des liquidités sur le marché, prenant le risque de générer des tensions inflationnistes, alors même que son unique mandat consiste à lutter contre l'inflation.

Conscient des reproches qui lui sont faits, le président de la BCE s'était vivement emporté jeudi: «Nous avons assuré la stabilité des prix de manière impeccable -impeccable!- et j'aimerais bien entendre des félicitations pour une institution qui a apporté pendant treize ans la stabilité des prix à l'Allemagne», a martelé Jean-Claude Trichet. Un éclat de voix inhabituel qui a peut-être précipité le départ de Jürgen Stark.

Colère contre la Grèce
Au-delà des querelles internes à la BCE, cette démission est un signe supplémentaire du désarroi des Européens face à la crise de la dette. «L'histoire s'accélère, mais l'Europe n'a toujours pas résolu la question principale : comment couper la contamination qui vient de Grèce et qui gangrène tous les autres pays ?», résume Bruno Cavalier.

Au plan politique, les tensions s'accroissent. Lundi, le président de la Commission, José Manuel Barroso, se rendra à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel. Il s'agit officiellement d'un «échange de points de vue privés». Mais, selon un sondage de la chaîne de télévision ZDF, trois Allemands sur quatre sont aujourd'hui opposés à un élargissement du plan de sauvetage pour les pays surendettés de la zone euro.

Or ils ne sont pas les seuls. Après les Pays-Bas, qui évoquaient ouvertement jeudi la sortie de la Grèce de l'euro, les Finlandais dénonçaient vendredi le manque de discipline budgétaire dans l'Union. Le premier ministre, Jyrki Katainen, estime que ses concitoyens sont «troublés par l'injustice provenant du fait que tout le monde dans l'union monétaire n'applique pas les règles du jeu acceptées». Et le parti des Vrais Finlandais, qui talonne désormais la Coalition nationale pro-européenne, veut aussi qu'Athènes sorte de la zone euro, estimant que ce sont les autres membres de l'Union, aux finances plus saines, qui vont payer les pots cassés. Helsinki a «crevé de faim pour sortir de la crise sans aide», d'où son ressentiment résume un politologue. Mais la Grèce est aussi un obstacle pour l'Irlande, qui s'inquiète par ricochet de ne plus pouvoir revenir sur les marchés à cause d'Athènes.
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MessageSujet: la fin de l'Euro est proche   Mer 21 Sep - 15:35

acques Sapir nous livre aujourd'hui le deuxième volet de son article sur la fin de l'euro, extrait de son nouveau livre qui paraîtra courant novembre. Il aborde le débat sur l'Euro en France. L'auteur considère qu'il y a un tabou de l'Euro dans notre pays : selon lui, nos politiques n'en abordent que les bienfaits sans en dresser un bilan concret...


PEUT-ON DÉBATTRE DE L’EURO EN FRANCE?

( Dessin : Louison )
À voir la violence des réactions que toute tentative a suscitée jusqu’à ces dernières semaines, à lire les accusations multiples qu’un tel projet provoque, on est en droit d’en douter. Pourtant, un débat aujourd’hui s’impose. Longtemps niée par nos gouvernants mais aussi par une large part de l’opposition (et en particulier au PS), la crise de l’Euro s’impose cependant, constituant pour l’instant un horizon indépassable. Sa réalité est d’ailleurs reconnue à l’étranger ; même le journal allemand le Spiegel, lui a consacré un long dossier (1). Il y a donc bien une particularité franco-française à ce débat, ou plutôt à son refus qui ne cède qu’aujourd’hui sous les coups de boutoirs de la réalité.

Il y a bien un tabou de l’Euro, qui dans notre pays traverse le spectre politique et va de la droite à la gauche, voire à une partie de l’extrême-gauche. En témoignent les attaques dont l’auteur de ce texte fut l’objet.

Les racines en sont multiples. La monnaie unique a perdu sa dimension d’instrument, que l’on doit juger à ses effets, pour devenir un véritable fétiche, au sens religieux du terme. L’Euro, c’est la religion de ce nouveau siècle, avec ses faux prophètes aux prophéties sans cesse démenties, avec ses grands prêtres toujours prêts à fulminer une excommunication faute de pouvoir en venir aux bûchers, avec ses sectateurs hystériques. Qu’un dirigeant de l’UMP ou du PS parle sur ce sujet et sa phrase commence immanquablement par un verset sur les « bienfaits » de l’Euro (mais sans jamais préciser, et pour cause, lesquels) ou sur la « nécessité » de défendre la monnaie unique.

Mais, jamais au grand jamais, n’entendons nous un bilan honnête de ce que l’Euro nous a apporté. Aujourd’hui, l’Euro est devenu le symbole du crépuscule de la raison politique et économique, une hypothèse saturante qui justifie le silence sur l’ensemble des autres problèmes.

La violence des réactions et l’outrance des amalgames qui parsèment la presse française traduisent pourtant le fait qu’en dépit d’un effet d’étouffoir médiatique sans précédent qui jusqu’à maintenant continue de sévir on commence bien à parler de la crise de l’Euro. D’ailleurs, même Elie Cohen l’a reconnue et c’est tout dire !

Cette crise a d’ailleurs suscité de nombreux ouvrages, d’hommes politiques comme d’économistes ou de dirigeants d’association (2). Ils présentent chacun différents aspects de la question ; ils l’abordent aussi à partir de points de vue différents.


Les ouvrages publiés à ce jour ont dénoncé l’Euro, et souvent avec de bons arguments. Ce livre a un autre projet. Il veut tenter d’analyser l’Euro et d’amorcer, contre le tabou et les argumentaires religieux, un retour à la raison. Il se propose aussi d’analyser la crise actuelle,de mettre en évidence tant ses origines que la conjonction de politiques particulières qui l’ont rendue inévitable. Il entend montrer au lecteur comment nous en sommes arrivés là, à partir des espoirs – pour certains réels et pour d’autres imaginaires – qui avaient été mis en l’Euro à l’origine.

La crise de l’Euro résulte de trois crises avec leurs propres rythmes qui aujourd’hui se combinent. Cette conjonction produit désormais une situation intenable. Elle laisse percevoir la catastrophe finale.

Retrouvez le premier volet de l'analyse de la crise de l'Euro par Jacques Sapir sur Marianne2.
Rendez-vous demain pour le troisième volet.


(1) Consultable en allemand à l’adresse : http://www.spiegel.de/thema/euro_krise_2010/

(2) Alain Cotta, Sortir de l'euro ou mourir à petit feu, Paris, Plon, 2010, Nicolas Dupont-Aignan, L'euro, les banquiers et la mondialisation : L'arnaque du siècle, Monaco, Éditions du Rocher, 2011, Christian Saint-Etienne, La fin de l'Euro, Paris, Bourrin, 2011, Jean-Jacques Rosa, L'Euro : comment s'en débarrasser ?, Paris, Grasset, 2011, Jacques Nikonoff, Sortons de l’Euro, Paris, Mille et Une Nuit, 2011. On y ajoutera des livres qui comprennent d’assez larges développements sur la monnaie unique : Jean-Pierre Chevènement, La France est-elle finie ?, Paris, Fayard, 2011; Marie-France Garaud, Impostures Politiques, Paris, Fayard, 2010.
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MessageSujet: Le tabou de l'Euro   Jeu 22 Sep - 8:36

Jacques Sapir nous livre aujourd'hui le deuxième volet de son article sur la fin de l'euro, extrait de son nouveau livre qui paraîtra courant novembre. Il aborde le débat sur l'Euro en France. L'auteur considère qu'il y a un tabou de l'Euro dans notre pays : selon lui, nos politiques n'en abordent que les bienfaits sans en dresser un bilan concret...


PEUT-ON DÉBATTRE DE L’EURO EN FRANCE?


À voir la violence des réactions que toute tentative a suscitée jusqu’à ces dernières semaines, à lire les accusations multiples qu’un tel projet provoque, on est en droit d’en douter. Pourtant, un débat aujourd’hui s’impose. Longtemps niée par nos gouvernants mais aussi par une large part de l’opposition (et en particulier au PS), la crise de l’Euro s’impose cependant, constituant pour l’instant un horizon indépassable. Sa réalité est d’ailleurs reconnue à l’étranger ; même le journal allemand le Spiegel, lui a consacré un long dossier (1). Il y a donc bien une particularité franco-française à ce débat, ou plutôt à son refus qui ne cède qu’aujourd’hui sous les coups de boutoirs de la réalité.

Il y a bien un tabou de l’Euro, qui dans notre pays traverse le spectre politique et va de la droite à la gauche, voire à une partie de l’extrême-gauche. En témoignent les attaques dont l’auteur de ce texte fut l’objet.

Les racines en sont multiples. La monnaie unique a perdu sa dimension d’instrument, que l’on doit juger à ses effets, pour devenir un véritable fétiche, au sens religieux du terme. L’Euro, c’est la religion de ce nouveau siècle, avec ses faux prophètes aux prophéties sans cesse démenties, avec ses grands prêtres toujours prêts à fulminer une excommunication faute de pouvoir en venir aux bûchers, avec ses sectateurs hystériques. Qu’un dirigeant de l’UMP ou du PS parle sur ce sujet et sa phrase commence immanquablement par un verset sur les « bienfaits » de l’Euro (mais sans jamais préciser, et pour cause, lesquels) ou sur la « nécessité » de défendre la monnaie unique.

Mais, jamais au grand jamais, n’entendons nous un bilan honnête de ce que l’Euro nous a apporté. Aujourd’hui, l’Euro est devenu le symbole du crépuscule de la raison politique et économique, une hypothèse saturante qui justifie le silence sur l’ensemble des autres problèmes.

La violence des réactions et l’outrance des amalgames qui parsèment la presse française traduisent pourtant le fait qu’en dépit d’un effet d’étouffoir médiatique sans précédent qui jusqu’à maintenant continue de sévir on commence bien à parler de la crise de l’Euro. D’ailleurs, même Elie Cohen l’a reconnue et c’est tout dire !

Cette crise a d’ailleurs suscité de nombreux ouvrages, d’hommes politiques comme d’économistes ou de dirigeants d’association (2). Ils présentent chacun différents aspects de la question ; ils l’abordent aussi à partir de points de vue différents.


Les ouvrages publiés à ce jour ont dénoncé l’Euro, et souvent avec de bons arguments. Ce livre a un autre projet. Il veut tenter d’analyser l’Euro et d’amorcer, contre le tabou et les argumentaires religieux, un retour à la raison. Il se propose aussi d’analyser la crise actuelle,de mettre en évidence tant ses origines que la conjonction de politiques particulières qui l’ont rendue inévitable. Il entend montrer au lecteur comment nous en sommes arrivés là, à partir des espoirs – pour certains réels et pour d’autres imaginaires – qui avaient été mis en l’Euro à l’origine.

La crise de l’Euro résulte de trois crises avec leurs propres rythmes qui aujourd’hui se combinent. Cette conjonction produit désormais une situation intenable. Elle laisse percevoir la catastrophe finale.

Retrouvez le premier volet de l'analyse de la crise de l'Euro par Jacques Sapir sur Marianne2.
Rendez-vous demain pour le troisième volet.


(1) Consultable en allemand à l’adresse : http://www.spiegel.de/thema/euro_krise_2010/

(2) Alain Cotta, Sortir de l'euro ou mourir à petit feu, Paris, Plon, 2010, Nicolas Dupont-Aignan, L'euro, les banquiers et la mondialisation : L'arnaque du siècle, Monaco, Éditions du Rocher, 2011, Christian Saint-Etienne, La fin de l'Euro, Paris, Bourrin, 2011, Jean-Jacques Rosa, L'Euro : comment s'en débarrasser ?, Paris, Grasset, 2011, Jacques Nikonoff, Sortons de l’Euro, Paris, Mille et Une Nuit, 2011. On y ajoutera des livres qui comprennent d’assez larges développements sur la monnaie unique : Jean-Pierre Chevènement, La France est-elle finie ?, Paris, Fayard, 2011; Marie-France Garaud, Impostures Politiques, Paris, Fayard, 2010.
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MessageSujet: L'Euro ? ...c'est fini !   Ven 23 Sep - 15:09

Jacques Sapir nous livre aujourd'hui le quatrième et dernier volet de son article sur la fin de l'euro, extrait de son nouveau livre qui paraîtra courant novembre. L'auteur revient sur le tabou que constitue l'Euro, et dénonce l'attentisme dont ont fait preuve nos politiques, au moment où ils pouvaient encore redresser la situation.


LES INTERDITS DE LA CRISE DE L’EURO.

( Dessin : Louison )
L’Euro, on l’a dit, est le dernier tabou d’une partie de la classe politique de droite comme de gauche. À quoi donc peut-on attribuer ce phénomène et pourquoi une telle cécité en France ?

La monnaie unique concentre en elle des projets économiques, des projets politiques mais aussi des projets, ou plus exactement des représentations, symboliques. Ce sont ces interrelations qui ont rendu le débat à la fois nécessaire et, si ce n’est impossible, à tout le moins extrêmement difficile. Ceci explique aussi la violence des réactions, dès que l’on touche au principe de la monnaie unique.

Il y a, bien entendu, d’autres raisons qui sont moins avouables et moins présentables. Nombreux sont ceux qui ont chanté sur tous les tons les louanges de la monnaie unique, parfois avec des arguments qui étaient parfaitement recevables, mais parfois aussi avec des arguments qui relèvent plus de ce que l’on appelle la « littérature (ou de l’argumentation) à l’estomac ». L’engagement en faveur de la monnaie unique était tel, que tout débat signifiait une remise en cause, et toute remise en cause une perte de légitimité pour nos dirigeants mais aussi leurs conseillers et autres économistes à gages. Or, tous ces gens sont très attachés à cette légitimité, qu’elle soit politique ou médiatique !

Dans le refus de discuter sur la place publique de la crise de l’Euro, il faut aussi voir la peur panique de perdre des positions sociales et des privilèges. Que deviendraient en effet tous ces professionnels de l’euro-Business s’ils devaient admettre qu’ils se sont trompés ?

De très mauvaises raisons expliquent aussi la violence des réactions.

Le fait que le Front National se soit lancé dans la contestation de l’Euro a été invoqué pour tenter de discréditer le débat sur l’Euro. Parler contre l’Euro équivaudrait à reprendre la totalité des thèses du Front National. Mais ceci est un bien faible argument, et Frédéric Lordon a récemment fait litière de telles allégations (1).

Étant un des auteurs régulièrement cités par le Front National, je voudrais à mon tour revenir sur cette question. Tout d’abord, un auteur n’est en rien responsable de ses lecteurs. Le fait de publier un texte, sur papier ou sur internet, revient à abandonner tout contrôle sur comment et par qui peut-il être lu. Seuls comptent les opinions, les idées et les concepts qui ont été exprimés dans ce texte, et je ne récuse ni ne renie aucun de ceux que j’ai pu rendre public depuis que je m’exprime sur la question. J’avoue de plus qu’à tout prendre, je préfère que les militants du Front National lisent du Gréau, du Lordon ou du Sapir plutôt que du Drumont ou du Gobineau.

Ensuite, la méthode utilisée par nos contradicteurs soulève un problème de fond. On ne saurait prétendre qu’une idée, une notion ou un concept soit discrédité parce que certains, dont on ne partage pas les idées politiques, s’en réclament aussi. Par temps de pluie, devrions-nous prétendre contre toute évidence que le soleil brille uniquement parce que tel ou telle, dont on ne partage pas les idées, a dit qu’il pleuvait ? Il faut rappeler ici qu’idées, notions et concepts ne sont pas brevetables. Ils appartiennent à tous et donc à personne.

La méthode de nos contradicteurs révèle ici l’extraordinaire faiblesse de leurs positions.

COMPRENDRE L’EURO POUR MIEUX APPRÉHENDER LES ENJEUX DE SA CRISE.
Les interrelations entre l’économique, le politique et le symbolique constituent ainsi l’objet central de ce livre. Il entend déconstruire au préalable ces interrelations, séparer l’économique du politique, le politique du symbolique.

Il entend aussi tirer les conclusions qui découlent de cette déconstruction et de ce que l’on a appelé un « retour à la raison ». Les miennes ont évolué avec la crise et devant l’incapacité congénitale des gouvernants et des institutions de la zone Euro à réagir et à anticiper.

Ma position initiale était de défendre le principe d’une monnaie commune et non unique. J’appelais dans mon livre puis mon article de 2006 (2) au passage de la seconde vers la première parce que j’anticipais les problèmes qui surgiraient au premier choc d’importance que connaîtrait la zone Euro. Le débat fut enterré avant même de commencer.

La crise cependant accélère le rythme des décisions. On connaît la formule : « le temps nous mord la nuque ». Chaque opportunité aujourd’hui perdue restreint dramatiquement le choix des futurs qui restent encore possibles. Les solutions raisonnablement envisageables à l’été 2009, avant que n’éclate de manière ouverte la crise Grecque, sont devenues de plus en plus irréalistes, voire caduques. L’accélération de la dynamique de la crise imposera des ruptures radicales.

Cette dernière est aussi le produit, et il faut s’en souvenir, de l’inaction et de la pusillanimité des femmes et des hommes qui composent la classe politique en Europe. L’histoire retiendra que l’Euro sans doute est mort de la main de ceux-là même qui prétendaient le défendre.

NOUVEAU COUP DE PANIQUE SUR LES BOURSES
POUR TOUT COMPRENDRE DES CRÉDITS TOXIQUES
POUR SAPIR, NOUS SOMMES PRÈS DE LA FIN DE L'EURO (3)
(1) Voir Fredéric Lordon, « Qui a peur de la démondialisation ? »; Blog La pompe à phynance, URL : http://blog.mondediplo.net/2011-06-13-Qui-a-peur-de-la-demondialisation.

(2) J. Sapir, La fin de l'euro-libéralisme, Le Seuil, Paris, 2006, chapitre 3. ; Idem , « La Crise de l’Euro : erreurs et impasses de l’Européisme, op.cit..

Retrouvez les trois premiers volets de l'analyse de la crise de l'Euro, par Jacques Sapir :
Pour Sapir, nous sommes près de la fin de l'Euro (1)
Pour Sapir, nous sommes près de la fin de l'Euro (2)
Pour Sapir, nous sommes près de la fin de l'Euro (3)
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MessageSujet: Voici le 3   Ven 23 Sep - 15:10

Pour Sapir, nous sommes près de la fin de l'Euro (3)
Jacques Sapir - Tribune | Jeudi 22 Septembre 2011 à 12:01 | Lu 6982 fois
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Jacques Sapir nous livre le troisième volet de son article sur la fin de l'euro, extrait de son nouveau livre qui paraîtra courant novembre. Selon lui, la crise de l’Euro résulte de trois crises combinées, qu'il nous détaille aujourd'hui.



( Dessin : Louison )
POUR SAPIR, NOUS SOMMES PRÈS DE LA FIN DE L'EURO (4)
NOUVEAU COUP DE PANIQUE SUR LES BOURSES
POUR TOUT COMPRENDRE DES CRÉDITS TOXIQUES
La crise de l’Euro ne se limite pas à la crise des dettes souveraines en Europe, même si elle l’englobe. Par crise de l’Euro, il faut entendre en fait trois crises qui se conjuguent et sont désormais intimement liées.
Il y a tout d’abord l’étranglement de certaines économies d’Europe par le montant des dettes tant publiques que privées. La monnaie unique est un vecteur de cette montée de la dette, car elle impose aux pays de se financer sur les marchés financiers. Les institutions de la monnaie unique, du Traité de Maastricht au Traité de Lisbonne, interdisent en effet aux États de recourir soit à des avances de leurs Banques Centrales aux Trésors Publics, soit d’imposer aux banques l’achat de titres de dette en proportion de leur actif (1). Les marchés financiers deviennent alors la seule source de financement possible. Dès lors, ils sanctionnent lourdement tant le montant des dettes que les faibles perspectives de croissance. Mais, le rôle de la monnaie unique dans cette montée des dettes dans certains pays ne se limite pas à cette dimension institutionnelle. La monnaie unique impose aussi un taux de change unique vis-à-vis des autres monnaies pour tous les pays appartenant à la zone Euro. Ce taux engendre une dégradation inexorable de la compétitivité pour de nombreux pays, les conduisant soit à accepter une activité économique réduite soit à soutenir cette dernière. Et pour cela, bien entendu, ils doivent procéder à un déficit budgétaire plus ou moins important, les conduisant à aggraver leur endettement.
Ceci a concerné la Grèce, mais aussi le Portugal, l’Irlande, l’Italie et la France. La crise de la dette des États a concentré l’attention depuis la fin du printemps 2010 en particulier dans le cas de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal. Cette crise a mis en évidence l’incapacité des autorités politiques à réagir à temps et de manière efficace. C’est ce que l’on appelle la crise de la gouvernance dans la zone Euro. Les autorités, qu’il s’agisse des gouvernements ou de la Banque Centrale Européenne, se sont révélées incapables de gérer des situations de crise pourtant aisément prévisibles. Elles se sont révélées dépassées tant pas les événements que par une spéculation qu’elles n’ont nullement cherchée à décourager autrement qu’en paroles.


Vient ensuite une seconde crise qui est quant à elle structurelle. Elle résulte des effets de la monnaie unique sur la dynamique de croissance. Depuis l’introduction de l’Euro, Euro d’abord scriptural puis à partir de 2002 Euro fiduciaire, la croissance des pays de la zone Euro a été régulièrement inférieure à celle des autres pays développés. La zone Euro est même en retard par rapport aux pays d’Europe qui n’en font pas partie, comme la Suède, la Suisse et la Norvège. Cela est dû aux taux d’intérêts imposés par la Banque Centrale Européenne (BCE) mais aussi à la surévaluation générale de l’Euro que nous connaissons depuis 2002. Ici encore certaines économies ont plus été touchées que d’autres, et c’est le cas au premier chef de l’Italie, mais aussi de l’Espagne, du Portugal et, dans une mesure non négligeable, de la France. Cependant, même dans le cas de l’Allemagne, dont on donne en exemple la
« rigueur » et le montant des excédents commerciaux, on constate que la croissance à été particulièrement faible depuis l’introduction de l’Euro. Si le chômage n’a pas explosé dans ce pays, c’est du fait de la dynamique démographique qu’il connaît.
Or, la question de la croissance et du chômage occupe une place centrale dans un contexte économique marqué par la crise économique et financière de 2007-2008, et tout particulièrement pour un pays qui, comme la France, a une dynamique démographique favorable. En fait, on peut montrer que ce problème revient à celui de l’hétérogénéité initiale des économies que les institutions mises en place par le Traité de Maastricht ne permettaient pas de traiter en profondeur. Dès lors, loin de produire une quelconque convergence, la zone Euro a organisé une divergence massive des économies, et de la structure de leurs appareils productifs. C’est aussi le refus de voir ce problème que nous payons aujourd’hui.


La troisième crise est celle des institutions qui encadrent la monnaie unique. On affecte aujourd’hui de découvrir que l’on a créé une monnaie sans règles pour unifier au préalable les politiques budgétaires des États qui sont membres de la zone, les politiques économiques, et plus généralement les réglementations bancaires. En un mot, que la monnaie commune implique un État fédéral. D’après les discours que l’on entend actuellement, c’est à un manque de gouvernance que l’on doit cette crise. Mais, en réalité, les conditions de la constitution de cette gouvernance globale à l’échelle européenne n’existaient et n’existent pas. Il n’était pas possible de réaliser une telle unification des politiques sans établir de puissants mécanismes de transferts entre ceux-ci. Or, ceci fut refusé par les dirigeants politiques et prohibé dans les différents traités dont l’Europe se dota. On découvre ici que l’on ne passe pas impunément un coup de rabot fédéraliste sur cinq siècles d’Histoire ! Cette question de la gouvernance illustre bien comment les dirigeants des différents pays ont été victimes de l’idéologie européiste et du mythe des « Etats-Unis d’Europe ».


Ces trois crises aujourd’hui se télescopent et rendent insoluble la crise immédiate qui se manifeste en Grèce, au Portugal, en Irlande et bientôt en Espagne et en Italie. En réalité, si ces pays se sont endettés, et si on les a laissé faire, c’est en raison des deux autres crises. La crise est donc globale et générale, ce qui rend sa solution au mieux extrêmement coûteuse et dans les faits probablement impossible.
L’existence de ces trois crises était connue depuis longtemps et leurs effets manifestes depuis l’été 2009. Mais, il a fallu que la crise Grecque prenne un tour réellement dramatique, que les Grecs descendent dans la rue en masse mais aussi les Espagnols et les Portugais, pour que l’on commence à débattre d’une crise de l’Euro. Il ne fait aucun doute désormais que l’Euro, par le biais des plans d’austérité qu’il nécessite, est un facteur général de régression sociale pour tous les pays concernés. Le risque est donc qu’aujourd’hui l’Euro, dans sa forme actuelle, rende l’Europe odieuse et discrédite durablement le principe d’une coordination monétaire.

(1) En France, ceci fut interdit par une loi votée en 1973. Mais ce qu’une loi a fait, une autre peut la défaire. Il faut rappeler ici que les avances au Trésor Public ou les « planchers obligatoires de la dette publique » dans les bilans des banques avaient été largement pratiqués après-guerre et avaient fourni au pays le financement à faible coût qui lui avait permis de se reconstruire et de se développer.
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MessageSujet: la Grèce pourrait, de l'avis de la plupart des économistes, ne pas être en mesure de faire de nouveaux efforts   Mer 5 Oct - 16:31

Mais qu'elle soit ou non fautive de n'avoir pas mené à bien les réformes attendues, la Grèce pourrait, de l'avis de la plupart des économistes, ne pas être en mesure de faire de nouveaux efforts. Le remède pourrait donc s'avérer inutile, si ce n'est criminel. Selon les experts de Goldman Sachs, amplifier encore la rigueur, hypothéquerait la croissance jusqu'en 2013 !

"Ce qui a pu fonctionner dans d'autres pays comme l'Argentine (qui a fait défaut sur sa dette fin 2001) à d'autres moments ne s'applique pas au cas grec", souligne Jesus Castillo, économiste spécialiste de la zone euro chez Natixis.

Les efforts réclamés jusqu'ici - d'une ampleur sans précédent au sein de zone euro - ont, de fait, entraîné le pays dans une spirale récessive plus importante que prévue. Le PIB grec, que le FMI voyait se contracter de 3,5 % en 2011, devrait en fait perdre 5,5 %, à en croire les nouvelles prévisions du gouvernement grec. Pour les économistes de Barclays la richesse nationale pourrait même être réduite de 5,8 %.

Résultat, au lieu de se résorber la dette ne fait qu'enfler. De 127 % du PIB en 2009, la créance d'Athènes est passée à 143 % en 2010, et devrait franchir la barre de 160 % en 2011. En 2012 ce ratio progressera encore selon Oddo. "Le FMI a mal apprécié l'impact sur la croissance du programme d'ajustement grec", observe M. Vallee.

En cause ? L'environnement international qui s'est dégradé, ajouté aux graves faiblesses du pays. En ces temps de rigueur, la consommation des Grecs s'est étiolée, trop et trop vite. Les salaires ont baissé (de 40 % pour certains fonctionnaires) quand le taux de chômage progressait de mois en mois. De 7,2 % fin 2008, il a bondi à 16,1 % en juin.

Les recettes fiscales ont mécaniquement fondu tandis que les dépenses sociales (assurance chômage..), qui n'ont pas été coupées, ont augmenté.

Côté exportations, le bilan n'est pas meilleur. Le déficit de la balance commerciale reste supérieur à 11 % du PIB. La Grèce, déjà peu performante avant la crise, est bloquée : partout dans le monde la croissance s'étiole et ses partenaires européens mettent eux aussi en place des plans de rigueur.

Comment sortir de l'impasse ? Laisser plus de temps à Athènes ou gommer une partie de la dette, répondent les experts. Il faut imposer un "hair cut ", une réduction du montant nominal de la créance grecque de l'ordre de 50 % à 60 %, et obliger les créanciers à enregistrer leurs pertes, estime notamment Mme Valla. "Malheureusement on y arrive très lentement", observe-t-elle.
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MessageSujet: Crack des banques européennes...l'écroulement de Babel suit son cours...   Jeu 6 Oct - 15:19

La Banque centrale européenne se porte au secours des banques
LEMONDE.FR | 06.10.11 | 17h07




Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet lors de sa conférence de presse ce jeudi 6 octobre à BerlinREUTERS/THOMAS PETER

Alors que la banque franco-belge Dexia rencontre de graves difficultés, le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a annoncé jeudi 5 octobre une série d'opérations exceptionnelles pour aider les banques de la zone euro à se refinancer.

L'institution de Francfort prévoit deux opérations de refinancement à volume illimité sur environ un an, en octobre et décembre, un instrument exceptionnel qui n'avait plus été employé depuis décembre 2009. Elle leur a aussi promis la somme de 40 milliards d'euros via le rachat d'une partie de leurs actifs, notamment immobiliers....

Président sortant de la BCE, le Français Jean-Claude Trichet tenait sa dernière conférence de presse sur les taux avant de céder la place à l'Italien Mario Draghi. Il a souligné que son paquet de mesures visait à s'assurer que les banques disposeraient de "liquidités" suffisantes pour assumer leurs échéances financières à court terme.

>> Lire notre glossaire : Comprendre les mots de la finance

M. Trichet s'est par ailleurs exprimé sur le fonds de secours européen (FESF). Selon lui, il n'est "pas approprié" que la Banque centrale européenne crée un "effet de levier" pour le FESF en lui permettant de se refinancer auprès d'elle. Les gouvernements de la zone euro "ont la capacité de créer cet effet eux-mêmes", a ajouté M. Trichet lors de la conférence de presse mensuelle sur les taux de la BCE, depuis Berlin.

PAS DE BAISSE DES TAUX

M. Trichet a en outre indiqué que la BCE "a discuté le pour et le contre d'une baisse de taux" et finalement décidé "qu'il était mieux de maintenir" le loyer de l'argent en zone euro à 1,50 %.
Il a ajouté que la décision du statu quo monétaire, qui a déçu les marchés, avait été prise "par consensus", et non "à l'unanimité" du conseil des gouverneurs, lors d'une conférence de presse à Berlin.

Les tenants d'une politique monétaire rigoureuse semblent l'avoir emporté dans un contexte de bond de l'inflation en septembre en zone euro. Un relâchement du crédit aurait permis de donner de l'oxygène à l'économie de la zone, engluée dans une crise de la dette qui menace la Grèce de faillite.

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MessageSujet: C'est l'entente cordiale en Europe malgré les sourires et les rodomontades du nabot   Lun 24 Oct - 15:44

Un petit sourire en coin d’un côté, une sortie furibarde de l’autre. Au sommet européen de dimanche, Nicolas Sarkozy a piqué au vif Italiens et Britanniques. Signe que les esprits - et les egos - s’échauffent du côté de Bruxelles.

Retour à la conférence de presse conjointe du président français et de la chancelière allemande, Angela Merkel. Un journaliste les interroge sur les engagements que Rome doit tenir pour réduire son déficit. Silvio Berlusconi a-t-il su rassurer sur ce point? Sourire complice et un rien narquois échangé par le couple franco-allemand.



L’échange, qui tourne en boucle sur les sites italiens, frise l’incident diplomatique, ce lundi matin. Le ministre italiens des Affaires étrangères, Franco Frattini, critique «les gestes et expressions ridiculisant [son] pays».

«Coup de tête de Zidane»

Il Corriere della Sera, qui publie plusieurs photos des deux dirigeants hilares, parle d’une «claque à l’Italie» tandis que La Repubblica (à gauche) y voit aussi un signe d’«ironie». Propriété de la famille Berlusconi, Il Giornale va encore plus loin en comparant l’affront de Nicolas Sarkozy au «coup de tête de Zidane» au joueur italien Materazzi, en finale de coupe du Monde en 2006. «Le mari de Carla Bruni nous offense en se moquant de nous», s’offusque le journal.

Bizarrement, Angela Merkel, elle, s’en sort bien et seul Sarkozy est visé. Sans doute à cause d’une bisbille, en toile de fond, entre Rome et Paris sur les postes à pourvoir de la Banque centrale européenne. «Le président Sarkozy aspire évidemment fortement à une composante française au sein du directoire de la BCE et aurait peut-être désiré que (Lorenzo) Bini-Smaghi soit retiré d’autorité», glisse Frattini. Sarkozy «sait que cela n’est pas possible et par conséquent chercher à ridiculiser notre pays», accuse-t-il. Pour rappel, Paris avait soutenu la candidature de Mario Draghi à la tête de la BCE et attendait en retour que Bini Smaghi cède son poste à un Français. Ce qu’il a refusé de faire.

«Nous en avons marre»

L’autre scène, qui a vexé, cette fois, les Britanniques, s’est déroulée loin des caméras. Sarkozy et David Cameron. Le Premier ministre britannique, qui a dû reporter ses déplacements en Nouvelle-Zélande et au Japon pour participer au sommet de mercredi, s’agace de la volonté des pays de la zone euro vouloir davantage piloter en commun leurs économies en excluant les membres de l’UE qui ne partagent pas leurs monnaies.

«Nous en avons marre de vous entendre nous critiquer et nous dire ce que nous avons à faire», aurait balancé Sarkozy à Cameron, d’après The Telegraph et The Guardian, qui citent des sources diplomatiques. «Vous dites détester l’euro, vous n’avez pas voulu le rejoindre et maintenant vous voulez vous ingérer dans nos réunions», enfonce le président français.

Et Cameron de défendre: «Il est dans l’intérêt de la Grande-Bretagne que les pays de la zone euro règlent leurs problèmes. Mais cela devient dangereux -et j’en ai parlé franchement avec eux-, s’ils prennent des décisions vitales pour les autres pays du Marché unique, comme des décisions sur les services financiers qui concerne tout le Marché unique.»

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